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Festival du fim POLAR

Le 12/08/2022

FESTIVAL DU FILM POLAR

Vendredi 7 octobre à 20h00

LES NUITS DE MASHAD de Ali Abassi

Iran 2001, une journaliste de Téhéran plonge dans les faubourgs les plus mal famés de la ville sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de féminicides. Elle va s’apercevoir rapidement que les autorités locales ne sont pas pressées de voir l’affaire résolue. Ces crimes seraient l’œuvre d’un seul homme, qui prétend purifier la ville de ses péchés, en s’attaquant la nuit aux prostituées

Samedi 8 octobre à 20h00

LA NUIT DU 12 de Dominik Moll

Dans les couloirs de la police judiciaire, il se raconte que chaque enquêteur a un crime qui le hante. Un jour ou l’autre, il tombe sur une affaire qui lui fait plus mal que les autres, sans qu’il sache toujours pourquoi. Elle se met à lui tourner dans la tête jusqu’à l’obsession. Yohan vient d’être nommé chef de groupe à la brigade criminelle de Grenoble. Il mène l’enquête pour le meurtre de Clara et fait équipe avec un dénommé Marceau.

Dimanche 9 octobre à 18h00

PETITE FLEUR de Santiago Mitre

Le couple, l’amour et la vie de famille sont de bien belles aventures que vivent José et Lucie. Jusqu’au jour où l’ennui s’installe. Lucie consulte alors un psy pour sauver leur couple. De son côté, José vient me voir, moi, Jean-Claude, leur voisin. Ensemble, nous lançons une nouvelle thérapie. Trinquer, danser et jouer au meurtrier tous les jeudis : la nouvelle recette du bonheur !

Dimanche 9 octobre à 20h15

AS BESTAS de Rodrigo Sorogoyen

Dans une œuvre envoûtante et authentique, Rodrigo Sorogoyen décrit avec brio les rouages mortifères du harcèlement de voisinage avec deux comédiens principaux, Marina Foïs et Denis Ménochet, absolument sidérants de sincérité

 

SOIRÉE ENTRETOILES

Le 12/08/2022

Dimanche 11 septembre à 18h30

LA MAMAN ET LA PUTAIN

Écrit et réalisé par Jean EUSTACHE - France 1973 3h40mn - avec Bernadette Lafont, Françoise Lebrun, Jean-Pierre Léaud, Isabelle Weintgarten, Jacques Renard, Jean-Noël Picq, Jean Douchet, Jean Eustache... Festival de Cannes 1973 : Grand Prix spécial du jury et Prix de la Critique internationale. Directeur de la photographie : Pierre Lhomme - VERSION RESTAURÉE.

Depuis près d’un demi-siècle, La Maman et la putain hante le cinéma, faisant figure de totem pour les cinéphiles et les cinéastes – français mais pas seulement. Le culte qu’il génère auprès de celles et ceux qui font le cinéma aujourd’hui est international, la liste de ses fans, génération après génération, donne le tournis : elle va de Wim Wenders à Michael Haneke, de Jane Campion à Claire Denis, de Jim Jarmusch à Jacques Audiard, de John Waters à Gaspar Noé, à Noah Baumbach, à Cédric Klapisch, à Guillermo Del Toro…

49 ans après le scandale suscité lors de sa présentation à Cannes en mai 1973 (ce fut une sacrée édition, quand on sait que c’était également l’année de La Grande bouffe !), 40 ans après la disparition de son réalisateur (Jean Eustache s’est suicidé en novembre 1981), La Maman et la putain n’en finit pas de nous « parler ». Il était pourtant devenu rare depuis sa sortie – voire même quasiment invisible, en tout cas dans de bonnes conditions – jamais encore restauré. Il n’en a pas moins continué de symboliser quelque chose comme un absolu du cinéma d’auteur, du cinéma de chambre, du cinéma de la rencontre. Quel que soit l’endroit par lequel on le prenne, il subjugue : sa durée est hors-norme, son noir et blanc a quelque chose d’originel et de fantomatique. Le jeu des comédiens (centré pour l’essentiel autour du trio Lafont, Léau, Lebrun) est anticonformiste dans sa façon de refuser le naturalisme sans pour autant se refuser au sentiment. Sa mise en scène épurée, tout entière dans la retenue, retrouve l’assurance magnétique des classiques, ces « fondamentaux » qu’Eustache admirait plus que tout : Renoir, Lubitsch, Guitry, Pagnol, Mizoguchi, Lang, Dreyer,
Murnau… Dans une totale économie de moyens, la mise en scène de Jean Eustache, par un découpage rigoureux, se mettait toute entière à la disposition d’un « texte de feu », selon les mots de Bernadette Lafont.
Ses interrogations sur le couple, sur la liberté d’aimer sans entrave et sur l’inassumable possession amoureuse, ses mots pris dans la fièvre du discours amoureux, son lyrisme, passant du sublime au ridicule en repassant par le sublime, ont décrit, comme aucun film, l’intime tel qu’il se dit et s’écrit entre des amants tout au long d’une nuit, ou deux, ou cent. En cela, 50 années ne l’ont pas fait vieillir : tout au contraire, La Maman et la putain est le film de ceux qui se posent la question d’avoir à réinventer l’amour.

Eustache tourne La Maman et la putain à Paris, entre Montparnasse et Saint-Germain des Prés, en sept semaines, de début juin à fin juillet 1972, exigeant de ses acteurs qu’ils respectent son texte à la lettre. Il ne pouvait en être autrement pour lui : avant d’en revenir à ses souvenirs d’enfance (Mes petites amoureuses, qui devait être son premier long métrage mais qu’il tourna un an plus tard), il lui fallait écrire, faire jouer, donc entendre et voir, le désordre actuel de sa vie amoureuse pour commencer à la comprendre. La première puissance du film, c’est son caractère écorché, à vif, une histoire éperdue d’amour que seul le cinéma pouvait, éventuellement, consoler.

(Sonia Buchman)

 

SOIRÉE ENTRETOILES

Le 12/08/2022

 

Dimanche 25 septembre à 20h20

LES PASSAGERS DE LA NUIT

Mikhaël HERS - France 2022 1h51mn - avec Charlotte Gainsbourg, Quito Rayon Richter, Noée Abita, Megan Northam, Emmanuelle Béart, Didier Sandre, Laurent Poitrenaux...

LES PASSAGERS DE LA NUITNous sommes en mai 1981 et une effervescence palpable remplit nombre de cœurs d’espérance… Par petites touches sensibles et formidablement justes, Mikhaël Hers nous (re)plonge sensuellement dans toute une époque, sa consistance. Délicatement, il maîtrise à la perfection ses effets, ne laisse rien au hasard. Le grain du film, ses décors, son ambiance sonore, tous ces détails intimes, que l’on devine parfois plus qu’ils ne se montrent, nous immergent totalement dans les années 80 morcelées entre tant de styles opposés, en décadence ou en émergence, disco, punk, funk, musiques dites de variété, chansons à textes et j’en passe… qui font oublier l’actualité brûlante bien que lointaine des guerres, celle des Malouines, celle entre l’Iran et l’Irak, celle du Liban… les catastrophes de Bhopal, Tchernobyl… Et puis l’avènement d’un certain petit virus qui monte qui monte et va décimer les beaux restes des années sex, drugs & rock’n’roll.

 

Dans sa tour qui surplombe le rutilant quinzième arrondissement de Paris, la discrète Élisabeth (incroyable, irradiante Charlotte Gainsbourg !) semble planer au-dessus de tout ça. On la découvre secouée de sanglots silencieux, se souciant peu de son ego, de son image. Mais nul pathos là dedans, pas plus que de nostalgie. L’histoire est des plus banales : son mari l’a quittée et elle se retrouve plantée là, entre deux grands enfants presque adultes et quatre murs d’un appartement élégant. Immuablement à sa place, comme elle l’a toujours été, sans regrets exubérants et sans se demander ce qu’elle aurait pu faire d’autre de son existence, ni d’ailleurs que son entourage ne se pose la question. La première réaction étonnée de tous, quand elle manifestera son désir de trouver un travail, confinera à la raillerie. Mais bientôt chacun se reprendra face à une situation pas si simple : un bas de laine qui s’amenuise, l’homme qui fut celui d’une vie et qui ne répond plus aux appels. Tout cela élégamment évoqué en filigrane, l’essentiel restant l’atmosphère de ces temps bénis où la radio, dans un élan d’empathie, laissait aux auditeurs la place d’exister, quand des voix enfumées savaient écouter celle des sans-sommeil, des sans-nom, des esseulés de la vie… À force de les écouter, Élisabeth s’enhardira à faire un pas intimidé vers la maison de la radio près de chez elle et plus spécialement à aller rencontrer Vanda Dorval (Emmanuelle Béart), qui va l’embaucher comme assistante.

Il est doux de se rappeler que les premières fois ne sont pas l’exclusivité de l’adolescence. Celles d’Élisabeth, qui cherche à rebondir, font écho à celles de ces propres enfants, qui aspirent à prendre leur envol. Histoires parallèles d’éducation sentimentale et d’émancipation…

 

Cette saga familiale sans heurts et sans reproches, qui captive grâce à la maestria du réalisateur et à celle des acteurs, va être doucement bouleversée par l’arrivée d’une passagère de la nuit aux grands yeux de fausse innocence, Talulha (Noé Abita, qui une fois de plus transperce l’écran)… Un hymne gracieux à la bienveillance, d’un charme fou, aussi beau qu’un couplet d’Anne Sylvestre : « J’aime les gens qui doutent… j’aime les gens qui tremblent… » (Utopia)

SOIRÉE ENTRETOILES

Le 12/08/2022

Dimanche 25 septembre à 17h45

COMPÉTITION OFFICIELLE

Mariano COHN et Gaston DUPRAT - Argentine 2021 1h54mn VOSTF - avec Penelope Cruz, Antonia Banderas, Oscar Martinez, José Luis Gomez... Scénario d’Andrés Duprat, Gaston Duprat et Mariano Cohn.

Au crépuscule de sa carrière et au sommet de sa réussite entrepreneuriale, un milliardaire se retourne avec scepticisme sur son existence et constate qu’il ne restera pas grand chose de son passage sur terre quand il ne sera plus. L’argent, le pouvoir, les demeures ostentatoire, certes. Les courtisans et leurs courbettes, bien sûr. Mais rien qui marquera l’histoire de son sceau. Le voilà qui réfléchit… L’art ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est par l’art qu’il laissera une trace, c’est grâce à l’art que l’on se souviendra de lui. Et qu’importe s’il n’y connaît rien, s’il n’a jamais ouvert un livre, encore moins visité une exposition ou ressenti le moindre intérêt pour le cinéma. Il a l’essentiel : le pognon, le fric, le flouze. Grâce à sa fortune, il peut s’inventer une nouvelle carrière : producteur de cinéma. Pour frapper un grand coup, il choisit l’adaptation d’un best-seller (acheté à prix d’or et bien entendu pas lu), puis s’entoure d’une cinéaste en vogue, sulfureuse, adulée par les critiques, et des deux « meilleurs comédiens » du moment : Ivan Torres et Felix Rivero.
Il va même jusqu’à prêter sa fondation (un bloc ultra moderne de verre et de béton, aussi glacial qu’un dirigeant du cac 40) pour le travail de préparation et s’offrira bien sûr le privilège de s’inviter, en toute discrétion, aux répétitions.

Justement, parlons-en des répétitions. Lola Cuevas (Penelope Cruz en rousse incendiaire) est une artiste exigeante, intraitable sur la préparation de son film. Elle dirige d’une main de fer ce qu’elle considère comme étant les fondations de son œuvre. Laquelle sera grandiose, elle en est intimement convaincue. Ses comédiens quant à eux sont plus dubitatifs sur sa direction d’acteur et sur les techniques de préparation qu’elle leur impose… A quoi bon tout ce cirque, ces exercices d’introspection, ces face-à-face conceptuels ? Ils sont des comédiens professionnels, non ?
Justement, parlons-en des comédiens. Tout les oppose et disons-le clairement : ils se détestent. Félix (Antonia Banderas) est une superstar internationale, habituée des grosses productions à succès, le genre à faire de la pub pour des petites capsules de café en aluminium, à soigner ses abdos et son style vestimentaire, à rouler en Porsche et à se pavaner aux bras d’une bombe bien balancée, si possible mannequin de profession. Ivan (Oscar Martinez), lui, vient du milieu plus confidentiel du théâââtre, il ne s’encombre pas de ces choses superflues que sont les apparences, la notoriété, les prix d’interprétation, il est fidèle en amour et marié depuis de longues années avec une auteure de livres pour enfants à la beauté tout intérieure. Le soir, dans leur vieux canapé, ils écoutent de la musique concrète et s’extasient comme il se doit, au moment où il se doit.
Deux carrières antinomiques, deux écoles artistiques, deux cartes du monde et surtout deux egos surdimensionnés vont s’affronter, sous l’œil à la fois aiguisé, féministe, militant et souvent exaspéré de Lola Cuevas – qui n’a rien à leur envier côté hypertrophie du moi. La bataille va être saignante… et pour nous, spectateurs, assez jubilatoire.

Comédie cinglante sur le monde du cinéma et plus généralement de la création, sur ses tics de langage, ses codes abscons, son arrogance et sa superficialité, Compétition officielle est aussi, bien sûr, un excellent film de cinéma : sens du rythme et du montage, équilibre parfaitement dosé entre humour et cynisme, drame et farce, fiction et réalité. Et trois comédiens qui s’en donnent visiblement à cœur joie, maitrisant à la perfection l’art du second degré.

CINÉ-CLUB

Le 12/08/2022

Semaine du 14 au 20 septembre 

LA RUCHE

Écrit et réalisé par Blerta BASHOLLI - Kosovo 2021 1h24mn VOSTF - avec Ylka Gashi, Cun Lajci, Aurita Agushi, Kumrije Hoxha...

Ce n’est pas un hasard si La Ruche a fait le tour des festivals du monde entier et gagné de nombreux prix (dont 3 majeurs à Sundance : Grand prix du jury, Prix de la meilleure réalisatrice et Prix du public). C’est que ce formidable petit film, depuis son minuscule Kosovo, défend pour ses personnages un principe fondamental et que l’on voudrait universel : celui de l’autodétermination.
Dans un Kosovo encore meurtri par la guerre (l’action se passe sept ans après la fin du conflit), Fahrije, dont le mari est porté disparu, se voit contrainte, comme de nombreuses femmes de son village, de subvenir seule aux besoins de sa famille. À la douleur de l’impossible deuil s’ajoute celle de l’incapacité de la communauté à soutenir les femmes dans leurs réponses à cette réalité nouvelle. Pire, elle condamne sévèrement leurs initiatives, et n’hésite pas à saboter et détruire en toute impunité le fruit de leur labeur pour maintenir un ordre imaginaire, une domination qu’on suppose multiséculaire.

Car ici le patriarcat n’est pas un concept, la violence de sa loi s’éprouve dans tous les corps (des oppresseurs comme des opprimées), se loge dans les désirs et dans les moindres gestes du quotidien ; elle attaque les rêves, étouffe les possibles, et barre même la route à la solidarité intrafamiliale. Laquelle est ici, précisément, la destination de tous ces efforts. Et pourtant Fahrije ne demande pas la lune : depuis quelques temps le miel que produisent les ruches de son mari ne se vend plus aussi bien, alors elle voudrait lancer une production d’avjar, une spécialité locale à base de poivrons rouges ; idéalement monter une coopérative avec toutes ces femmes qui sont dans la même déréliction, pour qu’elles puissent s’aider elles-mêmes et prendre en main leur destin. Mais pour ça, il faut évidemment une certaine marge de manœuvre, il faut un peu d’espace, ce que la société refuse obstinément aux femmes. Mais malgré les obstacles et les qu’en dira-t-on assassins, Fahrije ne semble pas prête à capituler devant l’inextinguible pression sociale. Au contraire, geste après geste, action après action, se dessine peu à peu une lutte solide, qui pourtant jamais ne dira son nom.

La Ruche dresse donc le portrait de l’humble autant qu’opiniâtre résistance de cette femme, et s’affranchit dans sa forme des diktats du genre : libre de tout misérabilisme et fuyant une facile héroïsation hollywoodienne de son personnage principal, le film, bien qu’inspiré d’une histoire vraie, ne force à aucun endroit l’adhésion compassionnelle des spectateurs. Au contraire, en évitant la séduction et en ne magnifiant pas sa protagoniste, le film fait le pari de conquérir son public par l’évidence de la raison plutôt que par l’affect, en bâtissant son récit au moyen d’une réalisation sobre particulièrement maitrisée.
Car vous l’aurez compris, dans La Ruche les forces d’oppression et de domination ne sont pas souterraines, la vie y est dure, laborieuse, mais une fenêtre d’espoir et d’affirmation demeure. Ici résistance et combat ne sont pas de vains mots mais des gestes qui investissent le réel et s’incarnent dans le quotidien (et à l’heure où l’on prône le lâcher prise à tout va, le film ne peut être que grandement salutaire).
Les actions de Fahrije vont donc doucement rayonner sur son entourage, faire bouger quelques consciences et confirmer une fois de plus que les principes de solidarité et de collectivité peuvent tout (y compris faire naître de la joie, comme en témoigne une très belle scène de sororité). D’ailleurs ce rayonnement est toujours vivant, on en veut pour preuve l’existence même de ce film ! Et sa présence sur nos écrans, pour que cette belle et forte histoire arrive jusqu’à nous tous. (Utopia)

CINÉ-CLUB

Le 12/08/2022

Semaine du 12 au 18 octobre

I COMETE

Écrit et réalisé par Pascal TAGNATI - France 2021 2h08 - avec Jean-Christophe Folly, Pascal Tagnati, Apollonia Bronchain Orsoni, Davia Benedetti...

C’est l’été, les vacances. Sur la place du village, quelques personnes végètent à l’ombre assises sur les marches de l’église, discutant avec l’accent et des expression du coin. Dans cette image d’Épinal de torpeur méditerranéenne, il y a pourtant déjà un léger couac. Leur brève conversation prend des virages un peu fous et avant que la nonchalance estivale reprenne le dessus dans un rire, on aura aperçu un bref éclat de nervosité, comme une pensée négative déjà envolée à peine a-t-elle traversé l’esprit. Aucune ombre ne semble pourtant planer sur ce village corse qui a tout d’un coin de paradis. Discrète et élégante, la mise en scène vient encadrer la placidité magnétique des paysages boisés, si bien que dans les scènes d’intérieurs, la moindre fenêtre ouverte sur un arbre a déjà quelque chose d’émouvant et magique.



Mais la carte postale se trouble. La chaleur humaine qui anime ces différentes scénettes se fait plus intense : analyse de l’identité d’un club de foot, rivalités de cours de récrés, blagues de cul reloues… sous des apparences banales, chaque discussion vire au cul-de-sac, à l’échauffement des esprits. Comme une alarme impossible à éteindre, ce qui finit toujours par revenir dans ces conversations, ce sont des codes masculins qui s’imposent sans nuance, une fierté bravache et toxique faite d’affrontements bruts et de microagressions homophobes. Ce qui se réveille, c’est la claustrophobie d’une mentalité insulaire, une absence de remise en question qui donne à cet éden des airs de prison.
Pascal Tagnati parvient à exposer cette tension sous-jacente sans jamais montrer de réelle violence à l’écran et sans charger son écriture de raccourcis faciles… Tagnati a trouvé une distance singulière mais idéale pour traduire l’ambivalence empoisonnée de cette communauté et pour révéler avec une finesse intranquille les violents mystères qui se cachent derrière nos quotidiens.

(G. Coutaut, lepolyester.com)