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Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 décembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Au CGR  cette semaine, rien à se mettre sous la dent ! C'est la semaine de Noël, donc place aux enfants avec 3 films d'animation qui,valent le coup : Coco de Lee Unkrich, Drôles de petites bêtes de Antton Krings et Ernest et Célestine en hiver de Julien Chheng (Lorgues).
Sinon à Lorgues le documentaire de Depardon 12 Jours, grand film sur l'enfermement, la relativité de la folie et les limites de la justice, et Marvin ou la belle éducation de Anne Fontaine, un film attachant avec des acteurs exceptionnels (et au Luc)
A Salernes et au Luc, Le Brio une comédie dramatique où l’art de la rhétorique devient une source de suspense jubilatoire.

Au Vox La Villa le nouveau film de Guédiguian entre nostalgie et résignation, Lucky , dont le charme et la réussite  tiennent  à son incroyable acteur de 90 ans Harry Dean Stanton, Wonder de Stephen Chbosky, un film familial lumineux sur l'amour et l'estime de soi, et l'excellent Les gardiennes de Xavier Beauvois

Plusieurs choses à noter dans vos agendas pour le mois de janvier :
-1 soirée Entretoiles le dimanche 14 janvier avec Western de Valeska Grisebach et Détroit de Kathryn Bigelow (et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2) et une autre le 28 janvier avec En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui
- Un film proposé par Colibris le 9 janvier :  La terre et l'ombre
- Une conférence de France Inter le 19 janvier au CGR sur les bienfaits de la bienveillance le 19 janvier avec Christophe André
- Une projection organisée par Collectif Migrants Var Est.au CGR le 18 Janvier à 20h. 5€ +1€ le film sera suivi d 'un débat en présence de La réalisatrice."Sur la route d'Exarcheia" ,un film vivifiant, qui donne la pêche,
- en janvier les films ciné club au CGR seront : Bonhomme de neige de Tomas Afredson, Tout nous sépare de Thierry Kifa et La Villa de Robert Guédiguian

  Nous vous souhaitons à tous de bonnes fêtes de fin d'année. Nous ne ferons pas de mail la semaine prochaine et vous donnons donc rendez vous l'année prochaine le mercredi 3 janvier

Une dernière chose importante à noter : l'assemblée générale annuelle d'Entretoiles qui aura lieu le lundi 22 janvier à 17h30. Nous vous enverrons les convocations en début d'année !
 

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 20 AU 26 DÉCEMBRE 2017

 

Affiche
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Coco
Réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina
Film d'animation USA 2017 1h45mn
Pour les enfants à partir de 6 ans
Oubliez les tombes grisâtres et les tristes pluies de la Toussaint. Au Mexique, le Jour des morts est une fête. Une débauche d’ornements somptueux et de teintes fleuries, un carnaval où la mort se pare du chatoiement de la vie. Dernier-né des studios Pixar, Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision fantastique et baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte. Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres... lire la suite
CGR : tous les jours à 11h, 13h40 et 15h50
Le Luc : mercredi 20 à 9h30 et 14h, jeudi 21 à 14h15, vendredi 22à 9h15, samedi 23 et mardi 26 à 18h, dimanche 24 à 10h30
Cotignac : vendredi 22 à 18h et 20h30
Affiche
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12 Jours
Écrit et réalisé par Raymond DEPARDON
Documentaire France 2017  1h27mn
Les couloirs de l'hôpital, froids, impersonnels, anxiogènes, témoins muets des souffrances psychiques, des errances intérieures, du mal à vivre en paix, du mal à vivre ensemble. C'est ici que l'on mène par la main mais éventuellement par force des femmes et des hommes qui peuvent présenter un danger pour eux-même ou les autres, ou provoquer des troubles à l'ordre public, parfois tout cela en même temps.
Depuis la loi du 27 septembre 2013, les patients hospitalisés sans leur consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant douze jours puis tous les six mois si nécessaire. Parce que la justice ne peut et ne veut se substituer ni à l'expertise psychiatrique ni aux soins, et parce qu'elle souhaite apporter la meilleure réponse à ces personnes, un juge doit donc évaluer, avant la fin des douze jours d'hospitalisation et en étroite collaboration avec les experts médicaux, si l'hospitalisation doit se poursuivre, s'arrêter, ou s'adapter...
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Le Vox : vendredi 22 à 20h
Affiche
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Le Brio
Réalisé par Yvan ATTAL
France 2017 1h35mn
avec Daniel Auteuil, Camelia Giordana, Yasin Houicha, Nozha Khouadra...
Scénario de Yaël Langmann, Victor Saint Macary, Yvan Attal et Bryan Marciano
C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements... lire la suite
Salernes : vendredi 22 et samedi 23 à 20h30, mardi 26 à 18h
Le Luc : mercredi 20 à 18h30, vendredi 22 à 19h, samedi 23 à 21h et dimanche 24 à 16h
Affiche
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Drôles de petites bêtes
Réalisé par Antoon KRINGS et Arnaud BOURON
Film d'animation France / Luxembourg 2017 1h17mn VF
Scénario original d'Antoon Krings, Arnaud Delalande et Christel Gonnard, d'après les célèbres albums d'Antoon Krings. Pour les enfants à partir de 5 ans
Dans un jardin merveilleux vivent de drôles de petites bêtes. Elles ont élu domicile au milieu des tulipes, des roses, des jacinthes et des coquelicots. Il y a Mireille l'Abeille, Siméon le Papillon, Belle la Coccinelle, Camille la Chenille, Loulou le Pou et tous leurs amis… Tout au fond du jardin, Monsieur Citrouille, l'épouvantail, surveille le potager et Lulu la Tortue le cultive avec amour. Les rainettes donnent des concerts de coassements, le soir, dans l'étang, assises sur les feuilles des nénuphars et s'égaillent dans la fraîcheur des roseaux le jour venu. Il y a même une fée, Carole la Luciole, qui fait la fête avec les papillons de nuit ; et un lutin bien sûr, Benjamin, le chouchou de tous !... lire la suite
CGR : mercredi 20 à 11h15, 14h et 18h, samedi 23, dimanche 24, lundi 25 et mardi 26 à 11h15, 14h, et 16h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 14h15 et 16h15, samedi 23 à 13h40 et 15h35, dimanche 24 à 15h30, lundi 25 à 15h, mardi 26 à 13h40
Affiche
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Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine
Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là... lire la suite
Le Luc : mercredi 20 à 20h30 et jeudi 21 à 18h30
Lorgues : mercredi 20 à 21h et vendredi 22 à 19h
Affiche
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Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon
Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 20 à 13h40 et 18h, jeudi 21 à 16h et 20h, vendredi 22 à 13h40et 18h10, samedi 23 à 15h45 et 18h, dimanche 24 à 15h40, lundi 25 à 17h30 et mardi 26 à 15h45
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Wonder
Réalisé par Stephen Chbosky
USA 2017 1h51mn VOSTF
avec Julia Roberts, Owen Wilson, Mandy Patinkin, Jacob Tremblay...
Un film familial aussi enthousiasmant que lumineux sur l’amour et l’estime de soi. L’histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure d’Auggie finira par unir les gens autour de lui,On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux", selon le renard du Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Si cet adage n’est qu’une jolie formule pour les uns, il a une importance capitale pour d’autres, comme le jeune Auggie, personnage principal du roman Wonder, transposé à l’écran par l’écrivain, scénariste, producteur et réalisateur américain Stephen Chbosky... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 VF : 15h40, 20h30, jeudi 21 VF 16h15, 18h30 et VO 20h45, vendredi 22 VO 17h45 et VF 20h45, samedi 23 VF 16h35 et 20h45, dimanche 24 VF 13h40 et 17h50, lundi 25 VF 17h30 et VO 20h30, mardi 26 VO 18h et VF 20h45
Affiche
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La Villa
Réalisé par Robert GUÉDIGUIAN
France 2017 1h47mn
avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan, Robinson Stévenin...
Scénario de Robert Guédiguian et Serge Valetti
Nous voilà plongés une nouvelle fois au cœur de l’Estaque, à prendre son pouls, à respirer son souffle. Si les ingrédients sont les mêmes, ne croyez pas pour autant que Robert Guédiguian va nous servir du déjà vu, du surgelé, du réchauffé. C’est comme en cuisine : regardez la multitude de plats qu’on peut faire avec simplement du beurre et de la farine. Entre la pâte feuilletée, la brioche, les choux, les crêpes… il y a un monde. Entre À la vie à la mort, Marius et Jeannette… et aujourd’hui La Villa… également. Mis bout à bout ils forment comme une chronique sur les idéaux d’une génération, leur confrontation avec un monde en mutation... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 : 16h10 et 20h30, jeudi 21 à 18h35, vendredi 22 à 15h30 et 18h30, samedi 23 à 17h45 et 20h45, dimanche 24 à 17h30, lundi 25 à 15h et 20h30, mardi 26 à 15h45 et 20h45
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Lucky
Réalisé par John Carroll LYNCH
USA 2017 1h28mn VOSTF
avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skeritt, Beth Grant...
Scénario de Logan Sparks et Drago Sumonja
Une preuve de plus qu'un beau film peut se bâtir sur trois fois rien. Lucky, à partir de situations on ne peut plus ordinaires, traitées avec un flegme imperturbable, s'impose tranquillement comme une chronique aussi simple que bouleversante, aussi tendre que drôle sur la fin d'une vie. Il suffit, pour créer un univers et nous embarquer, d'un paysage : le désert californien, de quelques lieux : le bar vieillot et chaleureux, la maison précaire du héros, et surtout d'un acteur hors du commun : Harry Dean Stanton et ses plus de 90 ans au compteur au moment du tournage, son phrasé, sa démarche unique de cowboy sans cheval, ses expressions mi blasées mi ironiques... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 18h15, jedui 21 à 16h15, vendredi 22 à 13h40, samedi 23 à 18h30, dimanche 24 à 16h, mardi 26 à 18h30
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Ernest et Célestine en hiver
Réalisé par Julien CHHENG et Jean-Christophe ROGER
Film d'animation France 2016 48mn
Pour les enfants à partir de 3 ans
Est-il encore besoin de les présenter ? Ernest, le gros ours de Charabie qui aime jouer de la musique et manger de la confiture, et Célestine, la petite souris orpheline qu’il a recueillie chez lui. C’est avec une grande joie que nous retrouvons ces deux compères pour de nouvelles aventures placées sous le signe de l’hiver. Le dessin est toujours aussi beau, les couleurs délicates, le ton malicieux et sensible : un régal ! Bibi : par un jour de grand vent, Ernest et Célestine trouvent un œuf. Sous leurs yeux ébahis, un minuscule oison casse sa coquille et les adopte aussitôt. Durant tout l’été, ils prennent soin de Bibi qui grandit à vue d’œil. Il va bien falloir qu’il retrouve les siens pour la grande migration… lire la suite
Lorgues : samedi 23 à 16h55 et mardi 26 à 16h 


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 Coco

 

 

Réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina
Film d'animation USA 2017 1h45mn
Pour les enfants à partir de 6 ans

Oubliez les tombes grisâtres et les tristes pluies de la Toussaint. Au Mexique, le Jour des morts est une fête. Une débauche d’ornements somptueux et de teintes fleuries, un carnaval où la mort se pare du chatoiement de la vie. Dernier-né des studios Pixar, Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision fantastique et baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte. Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres…

A Santa Cecilia vit une drôle de famille. Tous cordonniers, de génération en génération, depuis que Papi a plaqué Mamie pour aller pousser la chansonnette. A cause de cet ancien trauma, plus personne n’a le droit de produire la moindre note, le plus petit accord de guitare. Miguel, le petit dernier, est bien décidé à braver le tabou. Son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : une formidable mégapole de morts très vivants, de squelettes fantasques, attachants et cocasses. Les gags sont en grande partie assurés par le chien de Miguel, invraisemblable bâtard à la langue pensante. Et les délices du pastiche, par le croustillant latin lover à l’ancienne Ernesto de la Cruz et son tube : Ne m’oublie pas. Mais, comme dans une thérapie familiale, c’est de vérité, de mémoire, de résilience qu’il est question. Où la fête des morts est, avant tout, celle de la vie.

CÉCILE MURY dans Télérama


CGR : tous les jours à 11h, 13h40 et 15h50

12 Jours
Écrit et réalisé par Raymond DEPARDON
Documentaire France 2017  1h27mn

 

 

« De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou » Michel Foucault

Les couloirs de l'hôpital, froids, impersonnels, anxiogènes, témoins muets des souffrances psychiques, des errances intérieures, du mal à vivre en paix, du mal à vivre ensemble. C'est ici que l'on mène par la main mais éventuellement par force des femmes et des hommes qui peuvent présenter un danger pour eux-même ou les autres, ou provoquer des troubles à l'ordre public, parfois tout cela en même temps.

Depuis la loi du 27 septembre 2013, les patients hospitalisés sans leur consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant douze jours puis tous les six mois si nécessaire. Parce que la justice ne peut et ne veut se substituer ni à l'expertise psychiatrique ni aux soins, et parce qu'elle souhaite apporter la meilleure réponse à ces personnes, un juge doit donc évaluer, avant la fin des douze jours d'hospitalisation et en étroite collaboration avec les experts médicaux, si l'hospitalisation doit se poursuivre, s'arrêter, ou s'adapter. C'est ce temps particulier dans le parcours judiciaire et médical des patients/justiciables que Raymond Depardon a choisi de filmer, cet instant bref et pourtant décisif où beaucoup de choses vont se jouer, sur un temps de dialogue très court.
C’est une humanité cabossée, en situation d’extrême faiblesse, que montre Depardon. Une employée d’Orange, parfaitement « normale » en apparence, laisse peu à peu percer sa détresse. Une toute jeune femme, élevée en foyers d’accueil, voudrait revoir sa fillette de deux ans. Un homme demande à la juge de tout faire pour rassurer son père alors qu’il l’a tué dix ans plus tôt… D’autres patients arrivent tout droit d’une chambre d’isolement, voire d’une unité de malades difficiles. La plupart ont le regard dans le vague, plus ou moins abrutis par les médicaments, pas toujours réceptifs aux propos du magistrat.

Filmant comme toujours au plus près des visages qui se crispent, qui se racontent malgré eux, qui souffrent et qui espèrent, Raymond Depardon raconte un domaine de la justice assez méconnu qui pose mille questions sur cette mission délicate de la protection, mais aussi sur la prise en charge de ces êtres parmi les plus fragiles de la société.
Quand la caméra ne filme pas les audiences, elle suit des silhouettes à la démarche incertaine, parfois désarticulées, errant dans des espaces trop petits aux murs trop froids et raconte aussi, à travers les lieux et les ambiances embrumées de la ville, toute la détresse et la solitude de la folie et de dépression. Souvent bouleversant, c'est un film essentiel et précieux pour mieux vivre ensemble. (Utopia)


Le Vox : vendredi 22 à 20h

Le Brio
Réalisé par Yvan ATTAL
France 2017 1h35mn
avec Daniel Auteuil, Camelia Giordana, Yasin Houicha, Nozha Khouadra...

C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements… tout y passe et le gros lard s'en donne à cœur joie parmi les huées de quelques étudiants qui ne supportent plus son attitude cynique et méchante. Le professeur Pierre Mazard est un aigri, solitaire, qui frôle la fin de carrière en ruminant que la littérature n'est plus ce qu'elle était…

Il n'en est pas à son premier dérapage verbal, ce qui lui vaut d'être au bord de se faire éjecter de son poste. Convoqué par ses pairs pour s'expliquer, menacé de sanctions… Vient néanmoins à son secours son supérieur hiérarchique qui apprécie visiblement sa vaste culture : pour montrer qu'il n'est pas l'affreux jojo que tout le monde pense, que Mazard prenne donc sous son aile cette brunette de banlieue et la prépare au concours d'éloquence annuel. L'effet serait garanti si, cette année, une beurette remportait cette prestigieuse compétitions entre universités, faisant ainsi d'une pierre deux coups : éviter la sanction disciplinaire pour Mazard et redorer le blason de la fac d'Assas qui trimballe depuis toujours une piètre image.
Voilà donc que se rejoue sous nos yeux, transposé à notre époque et en plein quartier latin, un nouveau My fair lady sans Audrey Hepburn mais avec une Camelia Giordana qui se débat tout pareil entre la syntaxe et l'imparfait du subjonctif sous la houlette d'un phallocrate bien lourd qui vaut bien ses prédécesseurs dans son approche méprisante du petit peuple, particulièrement des femmes.
Et que croyez vous qu'il arriva ? Noël approche, ses chants de paix, ses scintillantes étoiles et ses rêves œcuméniques : Neila va s'illustrer dans ce concours d'éloquence qui permet au passage de vous rappeler qu'un autre film existe sur le sujet, documentaire celui-là, qu'il s'appelle A voix haute et qu'il vaut le détour.

Ce n'est pas de la dentelle, ce n'est pas la patte minutieuse de l'orfèvre qui travaille le détail… Le trait est large, les caractères drus… mais le rythme est enlevé, les duettistes ont du tempérament, les réparties sont saignantes, souvent drôles et parfois presque tendres, alors Le Brio emporte le morceau. « Intelligente, drôle et grave à la fois, cette comédie est une réponse tonique aux préjugés comme au politiquement correct. Le réalisateur est un môme de Créteil. Il ne se la raconte pas. » C'est Le Canard enchaîné qui l'écrit.(Utopia)


Salernes : vendredi 22 et samedi 23 à 20h30, mardi 26 à 18h
Le Luc : mercredi 20 à 18h30, vendredi 22 à 19h, samedi 23 à 21h et dimanche 24 à 16h


Drôles de petites bêtes
Réalisé par Antoon KRINGS et Arnaud BOURON
Film d'animation France / Luxembourg 2017 1h17mn VF
avec Sonita Alizadeh, ses amis, sa famille, et Rokhsareh Ghaemmaghami...
Scénario original d'Antoon Krings, Arnaud Delalande et Christel Gonnard, d'après les célèbres albums d'Antoon Krings. Pour les enfants à partir de 5 ans

Dans un jardin merveilleux vivent de drôles de petites bêtes. Elles ont élu domicile au milieu des tulipes, des roses, des jacinthes et des coquelicots. Il y a Mireille l'Abeille, Siméon le Papillon, Belle la Coccinelle, Camille la Chenille, Loulou le Pou et tous leurs amis… Tout au fond du jardin, Monsieur Citrouille, l'épouvantail, surveille le potager et Lulu la Tortue le cultive avec amour. Les rainettes donnent des concerts de coassements, le soir, dans l'étang, assises sur les feuilles des nénuphars et s'égaillent dans la fraîcheur des roseaux le jour venu. Il y a même une fée, Carole la Luciole, qui fait la fête avec les papillons de nuit ; et un lutin bien sûr, Benjamin, le chouchou de tous !
Quand Apollon, un grillon saltimbanque au grand cœur, arrive au village des Petites Bêtes, il ne tarde pas à perturber la vie du royaume, à la veille du Jubilé de Marguerite, la reine des abeilles. Entraîné malgré lui dans un complot fomenté par Huguette, la cousine de la reine, visant à s’approprier le trône, Apollon est accusé d’avoir enlevé la souveraine. Cette dernière est en réalité captive des Nuisibles, ennemis du royaume et complices d’Huguette. Apollon, aidé de Mireille l’abeille et de ses nouveaux amis, se lance alors dans une périlleuse mission. Pour libérer la reine et contrecarrer les plans diaboliques de sa traîtresse cousine, les Petites Bêtes devront braver bien des dangers et redoubler d’imagination.

« Il n’est plus besoin de rappeler que la France excelle dans la réalisation de films et de séries d’animation. Drôles de petites bêtes en apporte une nouvelle preuve. On s’émerveille devant la qualité graphique des décors, des personnages, de l’univers du film. Les scènes de jours privilégient les couleurs chaudes : jaune, rouge, orange ; le jardin fleuri est accueillant et la ruche est comme un refuge chaleureux. Les scènes de nuit ont des couleurs plus froides mais sont d’une beauté saisissante, faisant évoluer les personnages dans une obscurité bleutée que viennent percer la pleine lune, les étoiles, les quelques fleurs lumineuses faisant office de lampadaires et le scintillement de Carole la luciole. Plus nombreuses que les scènes de jour, les scènes de nuit apportent toute sa féérie au film, et permettent également de créer un certain suspense, une certaine tension et de susciter autant l’inquiétude que la jubilation chez le spectateur. L’animation est impeccable, fluide, et met parfaitement en valeur le caractère malicieux et attachant des protagonistes. Sont donc ici réunis tous les ingrédients pour que petits et grands passent un excellent moment. » (avoir-alire.com)


CGR : mercredi 20 à 11h15, 14h et 18h, samedi 23, dimanche 24, lundi 25 et mardi 26 à 11h15, 14h, et 16h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 14h15 et 16h15, samedi 23 à 13h40 et 15h35, dimanche 24 à 15h30, lundi 25 à 15h, mardi 26 à 13h40



Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine

Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là.

Avec le recul, pourtant, quand Marvin raconte son histoire, on ne lui sent pas vraiment de rejet ni de haine pour un passé qui le marque pourtant d'une souffrance qui entrave sa vie, l'empêche d'exister : c'est que rien n'est si simple et, malgré tout, sous l'air bourru du père, les coups de gueule et les mots maladroits d'une famille à la vie précaire trop coincée dans une pauvreté qui ne peut qu'engendrer une vision sommaire et réactionnaire du monde, il y a quelque chose qui ressemble à de l'amour.
Le jour où la nouvelle principale déboule dans son collège, elle repère vite que ce garçon délicat et solitaire a du goût pour les lettres et l'horizon de Marvin va s'ouvrir : il suffit qu'elle lui demande de jouer quelque chose de sa vie dans un petit cours de théâtre pour qu'un déclic se produise et que le jeune garçon commence à sortir de l'enlisement qui semblait fatal… Labiche, Victor Hugo, son plaisir pour les mots, leur subtilité libératrice vont le faire choisir pour une classe théâtre, puis il y aura d'autres rencontres, surtout celle avec Abel, metteur en scène grâce à qui il va pouvoir nommer ce qui l'oppresse et franchir une étape de plus… Abel dont l'histoire ressemble à la sienne, et qui a su « faire quelque chose de sa différence », en tirer le meilleur, humain, bienveillant et attentif pour les autres.
Ce qui est formidable dans le film et qu'Anne Fontaine utilise à merveille, c'est sa construction qui nous fait tanguer entre le passé et le présent de Marvin, nous fait ressentir très fort le processus de son évolution, d'autant que le spectacle qu'il sortira de son histoire va devenir comme une forme de dialogue entre l'enfant qu'il était et l'adulte qu'il est en train de devenir. Dans ce spectacle, il joue sa vie, interprétant tous les personnages, dans un dialogue avec son père, avec sa mère, avec lui-même jusqu'à ce qu'il parvienne à une forme de catharsis, de réconciliation avec lui-même, assumant ses désirs, ses amours, sa différence…

Le film ne serait pas aussi attachant si les acteurs n'étaient tous exceptionnels : Grégory Gadebois qui arrive à donner de la subtilité et de la tendresse au personnage du père brutal et gras du bide au point de nous le faire aimer, les deux Marvin, le grand, comme le petit sont en parfaite cohérence… Catherine Mouchet, dans le rôle de la principale, tout comme Vincent Macaigne dans celui d'Abel font exister leurs personnages avec une foultitude de nuances… Et Charles Berling en pygmalion charismatique, et Isabelle Huppert qui joue ici son propre rôle avec beaucoup d'élégance et d'humanité : tous contribuent à faire en sorte que le film soit une sorte d'ode à l'éducation et à la culture qui nous entrainent au-delà de nous-même, nous aident à nous aimer et à grandir. (Utopia)


Le Luc : mercredi 20 à 20h30 et jeudi 21 à 18h30
Lorgues : mercredi 20 à 21h et vendredi 22 à 19h


Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon

Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine.

Les Gardiennes nous transporte donc en 1915 et nous plonge dans le quotidien de la Ferme charentaise du Paridier, tenue par Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet)… Le quotidien est rythmé par le labeur harassant dans les champs, par les tâches pénibles qui autrefois incombaient aux hommes et par la terrible attente des nouvelles du front. Les femmes redoutent plus que tout les visites du maire, qui annoncent souvent le pire, et ne peuvent s'empêcher d'espérer les trop rares et trop courtes permissions qui leur ramènent pour quelques heures les deux fils de la famille, Georges et Constant, ou le mari de Solange, le taciturne Clovis.
Pour répondre aux exigences de la ferme, Hortense va accepter de prendre avec elle la jeune Francine, une orpheline de l'Assistance Publique qui se fait rapidement une place dans la famille par sa ténacité au travail et qui va se rapprocher peu à peu de Georges. Mais l'arrivée en 1917, via Saint-Nazaire et La Rochelle, des premiers soldats américains, fringants et souvent à l'aise financièrement, va peut être changer le destin de la Ferme du Paridier et de ses femmes…

De la même manière qu'il s'était intéressé à la communauté des moines de Thibérine dans le splendide Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois s'attache ici à la communauté de ces femmes soudées par la nécessité de survivre, loin des champs de bataille qui leur confisquent leurs hommes. Comme toujours Beauvois a su choisir des actrices magnifiques, emmenées par Nathalie Baye (qu'il avait déjà dirigée dans Le Petit lieutenant, avec un César à la clé) et Laura Smet, qui incarnent à la perfection ces deux femmes ambivalentes, pas faciles, pas forcément sympathiques mais d'une force, d'une détermination incroyables. Et bien sûr, à travers le destin des femmes se démenant comme elles peuvent à l'arrière, le film évoque la cruauté du sort réservé à tous les hommes broyés par cette absurde tragédie que fut la « grande Guerre », traumatisme majeur du vingtième siècle.

(Utopia)


Le Vox (Fréjus) :mercredi 20 à 13h40 et 18h, jeudi 21 à 16h et 20h, vendredi 22 à 13h40et 18h10, samedi 23 à 15h45 et 18h, dimanche 24 à 15h40, lundi 25 à 17h30 et mardi 26 à 15h45

 

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Au(x) cinéma(s) du 6 au 12 décembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Tout d'abord, notez bien dans vos agendas la prochaine soirée Entretoiles (et la dernière de l'année), sur le thème « Familles d'ici et d'ailleurs », ce dimanche 10 décembre, Nous vous proposons comme d'habitude 2 films : Happy End de Mickael Haeneke, un portrait de famille passé au vitriol et adossé à un problème majeur de notre temps, et Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw, puissante évocation d'un huis clos forcé. Et toujours l'apéritif Entretoiles entre les 2 films.

Au CGR aussi cette semaine, vous pouvez voir Le Sens de la fête de Eric Toledano et Olivier Nakache, le portrait d'une France qu'on n'ose presque plus espérer, et Un beau soleil intérieur de Claire Denis, sur la folie magnifique et la subversion insensée de l'état amoureux, et servi par une palette d'acteurs exceptionnels.

Au Vox, La Villa le nouveau film de Guédiguian entre nostalgie et résignation, Les Gardiennes de Xavier Beauvois qui s'attache à la communauté des femmes pendant la 1ère guerre mondiale, soudées par la nécessité de survivre dans les campagnes, Au revoir là-haut d'Albert Dupontel, film épique, burlesque, lyrique, caustique, politiquement incorrect et poétique tout à la fois, Maryline de Guillaume Gallienne, un film sur la dureté et la cruauté du monde du cinéma mais aussi sur la passion de jouer, En attendant les Hirondelles de Karim Massaoui (aussi à Lorgues), trois histoires reliées par un fil ténu qui se tracent dans l'Algérie contemporaine et Tout mais pas ça une comédie italienne à l humour acide.

A Lorgues cette semaine si vous n'avez pas pu voir Patients de Grand corps malade, c'est le moment !

A Salernes, vous avez la chance de pouvoir vous offrir ce week-end un festival du thriller et du polar avec Le Caire Confidentiel de Tarek Salet, un film qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, singulier et passionnant, Que Dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen, un film vraiment remarquable, Wind River de Taylor Sheridan, un polar tendu et parfaitement mené et Good Time de Benny et Joshua Safdie, un véritable bijou noir.

Enfin à Cotignac, Marvin ou la belle éducation de Anne Fontaine, un film très attachant (aussi au Vox) et Jeune femme de Leonor Serraille, portrait d'une trentenaire peut être emblématique,,,

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films et surtout à dimanche !

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 6 AU 12 NOVEMBRE 2017

 

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Happy End
Écrit et réalisé par Michael HANEKE
France/Autriche 2017 1h47mn
avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Frantz Rogowski...
C’est dans le confort feutré de la bourgeoisie que se montre le plus volontiers le refoulé de toute une société. Ce n’est pas Flaubert qui aurait contredit cette maxime. Michael Haneke n’a eu de cesse, au cours d’une filmographie intransigeante, d’étudier les sources et les manifestations du mal-être de nos populations modernes. Happy end tout à la fois synthétise et affine son travail cinématographique à travers le portrait d’une riche famille industrielle de Calais. Ce petit microcosme très renfermé va être le témoin de quelques phénomènes inquiétants que Michael Haneke orchestre comme un jeu de piste à la fois cinglant et rieur. Aucune violence visuelle ne surgit, et pourtant Haneke ne cède rien de la radicalité de sa mise en scène, une nouvelle fois à son point culminant de pertinence et de précision... lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 10 à 18h
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Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....
À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé... lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 10 à 20h30
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Le Sens de la fête
Écrit et réalisé par Éric TOLEDANO et Olivier NAKACHE
France 2017 1h57mn
avec Jean-Pierre Bacri, Eye Haidara, Gilles Lellouche, Vincent Macaigne, Jean-Paul Rouve, Alban Ivanov, Suzanne Clément, Hélène Vincent...
On ne les présente plus : Toledano et Nakache, binôme inséparable formé depuis plus de 20 ans (ils ont tourné ensemble leurs courts métrages). Le succès phénoménal qui s’est abattu sur eux en a fait les enfants chéris du cinéma français. Parce qu'ils attirent les foules certes, mais aussi parce que leurs films sont réalisés avec un soin, une intelligence, une exigence pas si fréquents dans le cinéma grand public et parce qu'il y a dans leurs histoires et leurs personnages une bienveillance, une humanité, une sensibilité qui rendent le spectateur heureux. Et ça, ce n’est pas rien. Après Driss, dans Intouchables, et Samba, tout deux interprétés par Omar Sy, leur nouveau héros s’appelle Max. Max, c’est Jean-Pierre Bacri, le grand Jean-Pierre Bacri. Petit patron d’une entreprise qui vend mariages et autres cérémonies, tout compris, clés en main. Des fêtes, il en organise depuis 30 ans, et on peut dire qu’il en a un peu sa claque... lire la suite
CGR : mercredi 6, jeudi 7, vendredi 8, samedi 9, lundi 11 et mardi 12 à 10h45
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Un Beau Soleil Intérieur
Réalisé par Claire DENIS
France 2017 1h34mn
avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Josiane Balasko, Nicolas Duvauchelle, Laurent Grevill, Alex Descas, Bruno Podalydès...
Scénario de Claire Denis et Christine Angot
À la source de ce film, la proposition faite par un producteur à Claire Denis d'adapter Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes, bel essai fragmenté et chapitré de 1977, qui évoque la folie magnifique et la subversion insensée de l'état amoureux. Tentation de Claire Denis (rien de ce qui touche au désir n'est étranger à son cinéma), puis doute, puis refus catégorique des ayants droit. L'affaire étant réglée de ce côté, elle rebondit d'un autre, à travers l'association de la cinéaste et de la romancière Christine Angot dans l'écriture d'un film qui s'inspire, assez drôlement, de leurs expériences malheureuses dans ledit domaine amoureux. Ainsi naît ce Beau soleil intérieur, qui ramène Claire Denis sous les sunlights quatre ans après Les Salauds, film amer, mal reçu, qui auralaissé des traces... lire la suite
CGR : mercredi 6 et lundi 11 à 20h, jedui 7 et samedi 9 à 18h, vendredi 11 et mardi 12 à 11h
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Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon
Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 et samedi 9 à 13h40, 17h45, et 20h30, jeudi 7 et lundi 11 à 14h, 17h15 et 20h, vendredi 8 à 13h40, 15h50 et 20h30, dimanche 10 et mardi 12 à 13h40, 15h40 et 20h30
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La Villa
Réalisé par Robert GUÉDIGUIAN
France 2017 1h47mn
avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan, Robinson Stévenin...
Scénario de Robert Guédiguian et Serge Valetti
Nous voilà plongés une nouvelle fois au cœur de l’Estaque, à prendre son pouls, à respirer son souffle. Si les ingrédients sont les mêmes, ne croyez pas pour autant que Robert Guédiguian va nous servir du déjà vu, du surgelé, du réchauffé. C’est comme en cuisine : regardez la multitude de plats qu’on peut faire avec simplement du beurre et de la farine. Entre la pâte feuilletée, la brioche, les choux, les crêpes… il y a un monde. Entre À la vie à la mort, Marius et Jeannette… et aujourd’hui La Villa… également. Mis bout à bout ils forment comme une chronique sur les idéaux d’une génération, leur confrontation avec un monde en mutation... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 et samedi 9 à 13h40, 18h15 et 20h30, jeudi 7 à 13h40, 17h45 et 20h, vendredi 8 et mardi 12 à 13h40, 18h20 et 20h30, dimanche 10 à 13h40, 15h50 et 20h30, lundi 11 à 13h40, 15h et 20h
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Au revoir là-haut
Réalisé par Albert DUPONTEL
France 2017 1h55mn
avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, Niels Arestrup, Mélanie Thierry, Emilie Dequenne, Jonathan Louis... et la formidable Héloïse Balster de Pontoise...
Scénario d’Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d’après son roman, Prix Goncourt 2013
Le roman de Pierre Lemaître, un des Prix Goncourt les plus populaires et les plus appréciés de ces dix dernières années, ample récit foisonnant de personnages inoubliables, de situations fortes, de rebondissements captivants, représentait un sacré défi d'adaptation au grand écran. Et on se dit en voyant le film qu'Albert Dupontel était bel et bien l'homme de la situation : il saute aux yeux que son univers, peuplé de marginaux de tous poils qui peinent à trouver leur place dans une société qui les rejette, embrasse complètement l’œuvre de Lemaître. Et puis il y a son côté corsaire du cinéma, son appétit démesuré, sa folie déjantée que rien ne semble pouvoir effrayer, et sûrement pas un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 9 à 17h45, dimanche 10 à 18h15 et mardi 12 à 18h10
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Maryline
Écrit et réalisé par Guillaume GALLIENNE
France 2017 1h47mn
avec Adeline D'Hermy, Xavier Beauvois, Vanessa Paradis, Alice Pol, Eric Ruf, Lars Edinger, Pascale Arbillot...
Après le triomphe de Guillaume et les garçons, à table, coup d'essai en forme de coup de maître, dans lequel il était au four et au moulin, présent derrière et devant – deux fois plutôt qu'une ! – la caméra, faisant montre d'une volubilité à faire pâlir de jalousie le champion incontesté qu'était jusque là Fabrice Lucchini… Guillaume Gallienne a l'audace, l'intelligence, l'élégance de ne pas chercher à exploiter le filon et de changer résolument de registre. Refusant même de se donner un rôle, il rend dans Maryline un splendide hommage à une des choses qui lui tient de toute évidence le plus à cœur, lui le sociétaire fidèle de la Comédie Française : l'art de la comédie, le jeu d'acteur.
Et il le fait avant tout à travers le cadeau d'un rôle magnifique à une magnifique comédienne : Adeline d'Herny, lumineuse révélation pour les cinéphiles, moins pour les amateurs de théâtre puisque la jeune femme appartient elle aussi à la Comédie Française depuis cinq ans…
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 18h15, jeudi 7, lundi 11 et mardi 12 à 13h40, vendredi 8 à 18h, samedi 9 à 16h30, dimanche 10 à 18h20 et lundi 11 à 15h 
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En attendant les Hirondelles
Réalisé par Karim MOUSSAOUI
Algérie 2017 1h53mn VOSTF
avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani, Nadia Kaci, Hania Amar...
Scénario de Karim Moussaoui et Maud Ameline 
Trois histoires liées par un fil ténu, trois parcours différents qui se tracent dans l’Algérie contemporaine comme pour en définir les contours. Un road movie qui serpente entre paysages ruraux, zone urbaine et même bidonvilles, embrassant ainsi une réalité diverse et complexe. Un territoire en fusion sous une croute sédentaire où la vie bouillonnante qui bourgeonne ne demande qu’à exploser. Ce qui relie les protagonistes entre eux est intangible et ils ne seront pas amenés à se rencontrer. Tous trois sont à une croisée de chemins, aux prises avec des systèmes de valeurs parfois incompatibles. Chacun attend son printemps ou doit le provoquer. Car tous trois tiennent entre leurs mains leur destin et ont toute latitude pour le faire basculer dans un sens ou dans un autre. On est loin d’être dans un pays inerte ou soumis, qui serait accablé sous le poids des traditions ou de son histoire coloniale... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 15h45, vendredi 8 à 18h10, lundi 11 à 20h et mardi 12 à 18h30
Lorgues : samedi 9 à 16h et dimanche 10 à 15h50
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Tout mais pas ça !
Réalisé par Edoardo Maria Falcone
Italie 2017 1h27mn
avec Laura Morante, Alessandro Gassman, Marco Giallini...
L’âge d’or de la comédie noire italienne, le temps des Mario Monicelli, Ettore Scola et autres Dino Risi, semble loin, l’humour transalpin ayant depuis mué vers un esprit de plus en plus poético-pince-sans-rire. Voir un réalisateur encore méconnu (bien qu’il s’agisse d’un quinquagénaire ayant précédemment réalisé deux long-métrages) s’essayer à la veine comique des modèles du genre est donc un pur plaisir. Et même si le postulat, celui d’une famille bourgeoise et laïque qui réagit à l’annonce du fils de devenir prêtre, laisse rapidement deviner vers quelle direction va se diriger son feel-good movie, Edoardo Maria Falcone parvient à nous prendre à contre-pied du début à la fin. Chacune des pistes qu’emprunte, ou plutôt que semble emprunter la comédie, se retrouve en effet désamorcée par des situations bien plus drôles que ne l’aurait été leur développement classique. Entre quiproquos et répliques cinglantes, le scénario est donc chargé de passages propices à la franche rigolade... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 7 à 15h50 et lundi 11 à 18h
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Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre
Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon... lire la suite
Lorgues : mercredi 6 à 19h
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LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là...
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Salernes : samedi 9 à 21h
Affiche
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Que Dios Nos Perdone
Réalisé par Rodrigo SOROGOYEN
Espagne 2016 2h06mn VOSTF
avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Maria Ballesteros...
Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña
Deux ans après La Isla minima de glorieuse mémoire, voici un film remarquable qui prouve que le polar espagnol sait décidément être grand. Réalisé par un nouveau venu (c'est son deuxième long métrage), Rodrigo Sorogoyen, Que Dios nos perdone respecte les règles les plus classiques du genre tout en créant le léger décalage qui fait la différence entre un produit de série et une œuvre marquante, témoin saisissant d'une époque, de ses mœurs publiques et privées, de ses dérives, de ses abandons... lire la suite
Salernes : Samedi 9 à à 18h
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Wind River
Écrit et réalisé par Taylor SHERIDAN
USA 2017 1h51mn VF
avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Gil Birmingham, Jon Bernthal, Julia Jones, Kelsey Asbille, James Jordan...
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE, UN CERTAIN REGARD, CANNES 2017
Pour les lecteurs attentifs des génériques, Taylor Sheridan n’est pas un total inconnu puisque c’est lui qui a écrit les scénarios de Comancheria et de Sicario. Il passe derrière la caméra pour ce qu’il présente comme le troisième et dernier volet d’une trilogie sur le thème de la frontière, que celle-ci soit physique, morale, sociale ou politique. Le premier chapitre, Sicario, abordait l’épidémie de violence, liée au trafic de drogue, le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et le second, Comancheria, se concentrait sur le choc entre l’immense richesse et la pauvreté dans l’Ouest du Texas. Wind River représente donc le dernier chapitre, en forme de catharsis, de cette trilogie. Avec Wind River, nous sommes loin de l’humour qui faisait le charme de Comancheria, plus proches de la brutalité de Sicario… lire la suite
Salernes : Dimanche 10 à 15h
Affiche
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Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine
Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là... lire la suite
Cotignac : jeudi 7 : 18h et 20h30
Le Vox (Fréjus) : jeudi 7 à 20h, lundi 11 à 17h50 et mardi 12 à 15h50
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Jeune Femme
Écrit et réalisé par Léonor SERRAILLE
France 2017 1h37mn
avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard...
Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues)
Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements... lire la suite
Cotignac : lundi 11 à 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 Happy End

 

 

Écrit et réalisé par Michael HANEKE
France/Autriche 2017 1h47mn
avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Frantz Rogowski...

C’est dans le confort feutré de la bourgeoisie que se montre le plus volontiers le refoulé de toute une société. Ce n’est pas Flaubert qui aurait contredit cette maxime. Michael Haneke n’a eu de cesse, au cours d’une filmographie intransigeante, d’étudier les sources et les manifestations du mal-être de nos populations modernes. Happy end tout à la fois synthétise et affine son travail cinématographique à travers le portrait d’une riche famille industrielle de Calais. Ce petit microcosme très renfermé va être le témoin de quelques phénomènes inquiétants que Michael Haneke orchestre comme un jeu de piste à la fois cinglant et rieur. Aucune violence visuelle ne surgit, et pourtant Haneke ne cède rien de la radicalité de sa mise en scène, une nouvelle fois à son point culminant de pertinence et de précision. La noirceur de son regard s’accompagne plus que jamais d’un humour grinçant, laissant au spectateur le soin de faire la part, si besoin, entre le dérisoire et le tragique.

Difficile de dire par où commence exactement l'inexorable affaissement qui va toucher la famille Laurent. Est-ce l’effondrement de ce mur de soubassement dans un des chantiers de construction qui ont fait leur fortune ? Ou est-ce l’arrivée de la toute jeune Ève, treize ans, qui déboule dans la bulle familiale de son père après que sa mère a subi une sérieuse intoxication aux médicaments ? Le père, Thomas joué par Mathieu Kassovitz, est chirurgien, remarié, et ne semble pas connaître grand chose aux habitudes de sa fille. Mais il donne le change, il a appris à le faire, bien et en toutes circonstances. Et puis il y a Anne (Isabelle Huppert), la sœur de Thomas, qui pilote d’une main de fer l’entreprise familiale et doit faire face à cet accident de chantier en même temps qu’elle tente de transmettre la direction à son fils Pierre, effrayé du poids qui se pose sur ses épaules. Mais a-t-il seulement le choix ? Enfin tout en haut, il y a le grand-père Georges (Jean-Louis Trintignant, absolument magistral) : personnage trouble et fascinant, que l’âge et quelques absences de mémoire ont imprégné d’une aigreur de vivre qu’il répand avec l’autorité d’un vieux capitaine d’industrie.

Trois générations réunies dans un hôtel particulier cossu que Michael Haneke décompose soigneusement, déterrant sous chaque petite cachoterie les signes édifiants de dangereuses névroses. Tous travaillent plus ou moins consciemment à maintenir la respectabilité de leur existence et l’apparat de leur famille, au détriment de toutes traces d’amour. Haneke ponctue le récit de quelques scènes d'une maîtrise ahurissante et excelle à analyser comment un mal chemine dans ce rhizome familial, avec la surprise de voir rejaillir à un bout de la chaîne un trouble qui avait été enfoui à un autre.

Ce portrait au vitriol pourrait sembler distant si Haneke n’avait décidé de le situer en bordure de la jungle de Calais. Happy end est un film entièrement adossé à la question des réfugiés et des migrants qu’il place intelligemment en fond, comme un mur de résonances. Les Laurent, unis dans leur décrépitude, sont les derniers privilégiés de notre vieille Europe, fascinée par son autodestruction et incapable de concevoir qu'en face il y a la vie. Si avec Happy end Haneke semble remettre en scène son propre cinéma (une seconde vision permettra à chacun de trouver les correspondances avec Le Septième continent, Caché, Amour ou Le Ruban blanc), c'est précisément pour éprouver la question obsédante de toute son œuvre qui se pose autant aux Laurent qu'à nous tous : comment faire avec la complexité d’un monde qui nous dépasse et auquel nous comprenons si peu ? ( utopia)


CGR : Soirée Entretoiles dimanche 10 à 18h

Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....

 

À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé.

Le père, le mari de Oum Yazan, on ne le verra jamais. La famille essaiera de le joindre durant toute la journée mais le réseau téléphonique est si perturbé que les rares communications qu'on arrive à établir sont très vite interrompues. Le mari de Halima, lui, on le voit au tout début du film. Il est venu annoncer une bonne nouvelle à sa femme : un journaliste français est disposé à les aider à partir se réfugier au Liban. Quand ? Le soir même. Sauf que, en quittant l’appartement, il est touché par les balles d’un sniper. Est-il toujours vivant ? Est-il mort ? Cette scène, Delhani l’a vue par la fenêtre, elle veut avertir Halima mais Oum Yasan l'en empêche : elle veut avant tout protéger sa famille et il ne faut pas affoler toute la maisonnée avec la révélation de ce drame. De toute façon personne ne peut rien faire, pas question de sortir au risque de s'exposer au feu du sniper… Le plus prudent est d'attendre…

C'est donc de l'intérieur, au plus intime des membres de cette famille piégée, que nous allons ressentir les effets d'une guerre qui les dépasse. Le film réussit parfaitement à nous montrer ce que peut être l'instinct de survie chez des êtres dont on se sent de plus en plus proches. Philippe Van Leeuw alterne avec une grande maîtrise les scènes d'une vie quotidienne presque normale, une vie de tous les jours et de tous les endroits, et d'autres – une surtout, particulièrement saisissante, on ne vous en dit pas plus – tendues, oppressantes, qui bousculent et qui bouleversent. Il nous livre ainsi une puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, les familles de tous les pays déchirés par une guerre. (d'après JJ Corrio, critique-film.fr)

CGR : Soirée Entretoiles dimanche 10 à 20h30

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Au(x) cinéma(s) du 8 au 14 novembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Comme nous vous l’annoncions la semaine dernière Entretoiles vous propose dimanche 12 novembre  à 18h et 20h 30 sur le thème “Films noirs” Le Caire Confidentiel de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et K.O. de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable(films qui auraient du être projetés le 10 septembre). Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !

Au CGR dans le cadre du ciné-club pour ceux qui avaient manqué la soirée Entretoiles nouvelle diffusion de 120 battements par minute.

Dans les salles aux alentours à Lorgues et au Vox Brooklyn Yiddish un film délicat et émouvant, récompensé au festival de Deauville. A Lorgues  on peut voir aussi Téhéran Tabou film d animation où à travers le destin de trois femmes et un musicien, Ali Soozandeh brocarde une théocratie hypocrite et schizophrène. Au Vox un documentaire sur la notion d’interêt général: L’interêt genéral et moi.

A Cotignac le dernier Polanski Une Histoire Vraie, adaptation d’un roman de Delphine De Vigan et Détroit le film de Kathryn Bigelow  très impressionnant.  Enfin au Luc Numéro Une où Tonie Marshall rend compte avec mordant des jeux de domination avec une Emmanuelle Devos parfaite.
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)
 
Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

PROGRAMMATION DU 8 AU 14 NOVEMBRE 2017

 

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LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là...
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Soirée Entretoiles : Dimanche 12 à 18h au CGR
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K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine... lire la suite
Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 12 à 20h30
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120 BATTEMENTS PAR MINUTE
Réalisé par Robin CAMPILLO
France 2017 2h20mn
avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade...
Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.
C'est un film à la fois énergique et bouleversant qui raconte – sachant que le réalisateur et le co-scénariste furent partie prenante de l'histoire – ce que fut l'aventure d'Act-Up, cette association née au début des années 1990 pour défendre les droits et la visibilité des personnes atteintes du virus du Sida. L'aventure intense d'une bande de jeunes garçons et filles tous unis contre une maladie mortelle inconnue, apparue à la fin des années 80 et qui devait décimer en une décennie toute une partie de la communauté homosexuelle mais aussi des populations marginalisées (toxicomanes, prostitué(e)s, personnes incarcérées).
Les militants d'Act-Up (et le film par capillarité) n'étaient ni larmoyants ni tristes (même si les décès réguliers de leurs compagnons les affectaient), mais bien au contraire combattaient et souhaitaient continuer à danser, faire la fête et aimer. Ils menaient des actions spectaculaires qui choquaient l'opinion publique tout en la réveillant, en l'informant : sur l'inaction des pouvoirs publics, sur la réalité de la maladie, sur la duplicité des laboratoires pharmaceutiques spéculant sur la mort. Ce faisant ils vivaient leurs passions à cent à l'heure, dans une course contre la montre et la grande faucheuse...
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CGR (Draguignan) : mer 8/10h45, jeu 9/13h30, ven 10 et sam 11/22h15, lun 19h30, mar 10h40
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Brooklyn Yiddish
Réalisé par Joshua Z WEINSTEIN
USA 2017 1h22mn VOSTF
avec Menashe Lustig, Ruben Niborski, Yœl Weisshaus, Meyer Schwartz...
Scénario de Joshua Z. Weinstein, Alex Lipschultz et Musa Syeed. Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 : Prix du Jury
Voilà un très joli film, extrêmement attachant, qui réussit à nous toucher profondément tout en s'intéressant à une communauté fermée sur elle-même, presque impénétrable. Une preuve de plus que certains sujets sont universels et qu'on peut s'adresser au monde entier à partir de territoires et de personnages absolument singuliers.
Bienvenue à Borough Park, au sud de Brooklyn, New-York city. Le quartier est en grande partie le fief des Juifs ultra-orthodoxes qui y vivent en relative autarcie. Parmi tous ces hommes en habit noir et couvre-chefs traditionnels, la caméra s'attache à celui qui sera notre « héros » : Menashe, physique rondouillard et démarche pataude. Menashe est le modeste employé d'une supérette casher, un peu maladroit et inconstant, régulièrement tancé par son sinistre patron pour ses erreurs et ses retards, assez fréquents il faut bien le dire...
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Lorgues : sam 11 / 18h15 VOST, dim 12 / 16h15 VOST, lun 13 / 19h15
Le Vox (Fréjus) : Mer 08 15:40, Jeu 09 16:05 20:00, Ven 10 13:45 16:40, Sam 11 15:40, Dim 12 15:30 20:15, Lun 13 13:45 20:00, Mar 14 16:15 18:15
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Téhéran Tabou
Écrit et réalisé par Ali SOOZANDEH
Film d'animation Iran/Allemagne 2017 1h36mn VOSTF
Téhéran n’est pas celle que vous croyez. Ni prude, ni soumise, pas plus que délurée. Disons plutôt qu’elle est un peu tout cela à la fois. C’est une vie à deux vitesses que la ville offre à ses habitants. En public, ils se montrent rangés, policés, moralisateurs. À l’abri des regards, chacun lâche ses démons. Sous les portraits des ayatollahs, sages comme des images, défilent les scènes les plus scabreuses. On aime boire, prendre des substances illicites, baiser. Mais ayant dit cela, on sombrerait vite dans les clichés pour touristes voyeurs alors que Téhéran tabou est tout l’inverse. Le film est une satire sociale incisive qui n’a pas froid aux yeux quand il dénonce crument la corruption qui règne à tous les étages. Il n’épargne ni les juges, ni les flics, ni les mollahs trop gras pour être des ascètes… lire la suite
Lorgues : mer 8 / 19h15, lun 13 / 21h00 
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L’intérêt général et moi
Réalisé par Sophie METRICH et Julien MILANESI
Documentaire France 2015 1h21mn
Un film éclairant, tonique, vivant et sensible, sur la notion d'intérêt général et plus particulièrement sur la construction du discours politique par les oligarques autour de cette notion pour nous convaincre du bien fondé de ces grands projets. On a envie de dire : enfin ! C'est un vaste débat qu'ouvrent nos deux réalisateurs et le sujet a dû être bien difficile et délicat à appréhender, de manière objective, puisqu'ils se sont durant plusieurs années opposés à la construction de l'autoroute Langon-Pau. Mais pari lancé et réussi sans doute aussi parce qu'en tant que miltants, justement, ils n'oublient pas de nous rappeler, et c'est un des grands intérêts de leur film, que derrière de froides décisions ce sont des vies, des territoires, des espaces naturels qui sont détruits ou devront l'être... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : ven10/ 20h
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D'après une Histoire Vraie
Réalisé par Roman POLANSKI
France 2017 1h40mn
avec Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez, Josée Dayan, Noémie Lvovsky, Brigitte Roüan...
Scénario de Roman Polanski et Olivier Assayas, d'après le roman de Delphine Le Vigan
Un regard de prédatrice, des lèvres de vamp… Elle (sublime Éva Green) a la beauté heureuse de celles qui n’ont pas besoin d’artifices pour la mettre en valeur. Énigmatique créature, d’emblée envoûtante, presque trop parfaite pour être vraie. « Elle » ! Le pronom sonne comme un absolu féminin, faussement modeste dans son laconisme. Il colle bien à la façon cavalière dont cette séductrice aborde sans ambages Delphine Dayrieux, écrivaine dont la renommée incite pourtant à la déférence. Se croyant enfin seule, aspirant à quelques instants de répit après une interminable séance de dédicaces, Delphine fusille tout d’abord d’une œillade noire et agacée cette présence surgie de nulle part qui lui glisse : « Allez, un dernier petit effort pour votre grande admiratrice… » On se dit qu’elle devrait l’envoyer paître, on s’étonne qu’elle ne réagisse pas, qu'elle se laisse hypnotiser par le regard vert félin de la belle inconnue à la voix profonde, par son phrasé lent et majestueux... lire la suite
Cotignac : lun 13/ 18h
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Numéro Une
Réalisé par Tonie MARSHALL
France 2017 1h50mn
avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Richard Berry, Samy Frey, Benjamin Biolay, Francine Bergé, Anne Azoulay, John Lynch, Bernard Verley, Jérôme Deschamps...
Scénario de Tonie Marshall et Marion Doucet, avec la collaboration de Raphaëlle Bacqué
Ils ont beau être des milliards, les hommes sont fragiles quand leur destin tient dans le creux de mains invisibles ! Peut-être est-ce pour fuir cette réalité que certains ont besoin de se sentir puissants et partent à la conquête du pouvoir. Ils ne sont que quelques uns à parvenir au sommet, qui défendent jalousement leur pré carré. Nous voilà dans un de leurs fiefs, à Paris. Les hautes tours phalliques de La Défense fendent le ciel comme si elles voulaient posséder la lune. Derrière leurs murs de verre, les centre névralgiques d’imposantes entreprises cotées en bourse se gorgent de richesses sur le dos du pauvre monde. Leurs cadres supérieurs – qui peuvent rarement s’encadrer les uns les autres – s’affairent à des tâches nébuleuses. Un microcosme étranger au commun des mortels que nous sommes, mais qui pour autant ne va pas nous laisser insensible et va vite devenir captivant... lire la suite
Le Luc : mer 8 / 16h, jeu 9/ 18h30, dim 12/16h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.

Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là…
Nourredine est un de ces policiers qui arpentent la nuit les rues survoltées de la mégalopole égyptienne, moins pour protéger les citoyens que pour rançonner petits commerçants et magouilleurs en tous genres à qui lui et ses collègues assurent protection contre rétribution. Car dans l'Egypte de Moubarak, où la police et encore plus la Sécurité nationale sont toutes puissantes, chaque citoyen a intégré la corruption comme un fait normal. Noureddine n'est ni meilleur ni pire que les autres : à quoi bon ne pas profiter de sa position quand tout le système vous y incite, et que personne ne semble devoir vous réfréner ? Il est même probable qu'il n'a pas le choix, c'est le principe de toutes les dictatures et de tous les systèmes mafieux : quand le crime et les abus de pouvoir deviennent la norme, ne pas y participer devient dangereux.
Mais ce soir-là n'est pas comme les autres : on découvre le corps sans vie d'une chanteuse dans une suite du prestigieux Nile Hilton. Une femme de chambre soudanaise désormais introuvable semble avoir été témoin du meurtre. Pour Noureddine et ses collègues, la course contre la montre débute pour trouver la jeune femme en fuite avant que les meurtriers ne la fassent taire définitivement.
L'affaire va se corser quand il s'avère qu'un homme d'affaires proche de l'entourage de Moubarak pourrait être lié au meurtre. Pour une fois, Nourredine décide de ne pas enterrer une affaire délicate pour le régime, pour une fois il choisit de ne pas en profiter pour monnayer son inaction. Pourquoi ? Une soudaine bouffée de conscience professionnelle ? Un réveil politique dans un contexte pré-insurrectionnel ? Les beaux yeux de la troublante Gina, chanteuse tunisienne amie de la victime ? En tout cas il va se retrouver pris dans un dangereux engrenage…
Maitrisant parfaitement les ressorts du polar, Tarek Saleh nous offre avec son inspecteur Noureddine un formidable personnage de anti-héros, qu'il fait se débattre dans un contexte historique, politique, social… superbement décrit. Rien que dans cette scène emblématique où on voit les policiers essayant de contenir les manifestants se retourner sans hésiter contre les snipers de Moubarak qui commencent à tirer sur la foule, on saisit le climat révolutionnaire du moment, on sait que le pays va basculer…
Pas étonnant que ce film remarquable ait remporté la récompense suprême dans deux festivals aussi différents que celui du film indépendant de Sundance (créé par Robert Redford) et celui du film policier de Beaune : Le Caire Confidentiel joue et gagne sur plusieurs tableaux, c'est pour ça qu'il est singulier et passionnant. (Utopia)


Soirée Entretoiles : Dimanche 12 à 18h au CGR

K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.

Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine. Après Simon Werner a disparu, son premier long métrage, Fabrice Gobert signe là un film ambitieux et fait preuve d’une étonnante maîtrise dans la mise est scène (ne serait-ce que dans le choix du cinémascope qui donne aux images une force particulière).
Le salaud, c’est Antoine Leconte, homme de télévision, homme de pouvoir qui a toutes les qualités requises pour le job : arrogant, dominateur, cynique, incapable de la moindre empathie avec son entourage qu’il n'oublie jamais d'humilier avec le sourire, histoire d’asseoir son pouvoir. Il règne, avec sa gueule de beau gosse et son sourire carnassier, sur toute une petite cour mais lorsqu’il rentre le soir dans sa belle et vaste demeure des quartiers chics, croyez-vous qu’il tombe la veste pour enfiler les pantoufle du gentil mari doux et aimant ? Non, il est toujours le même salaud. Sa femme d’ailleurs, largement cocufiée, va le quitter tant elle est au bout du rouleau.
Des types comme ça ont des ennemis, forcément, et forcément un jour, c’est la tuile. Antoine se retrouve plongé dans un coma profond… Quand il en sort, tout a l'air pareil mais les choses ont changé. On ne le reconnaît plus comme avant, il y a moins de courbettes, il semble avoir moins d’autorité, mois d’ascendant sur les autres… Et pourtant son univers est toujours là, bien en place ! Le soir, quand il se présente à la grille de sa maison des beaux quartiers, pour enfin rentrer chez lui, le code ne fonctionne plus. En fait ce sont tous les codes d’Antoine qui ne fonctionnent plus…
Commence alors une descente aux enfers, ou dans un autre monde, pas un monde parallèle, non, le monde qui était à côté de lui et que, du haut de son arrogance, il ne voyait pas… Mais peut-être que non, peut-être que tout cela n’était qu’un rêve, peut-être qu’il est fou, peut-être qu’il s’agit d’un vaste complot, à moins que…
Il y a milles vies dans celle d’Antoine Leconte et mille interprétation de ce K.O. qui s’ancre à la fois dans une approche sociétale du monde du travail, ses rapports de domination et de castes, mais aussi dans une vision plus romanesque : celle de l’âme, de la reconquête de l’amour perdu, sans oublier bien entendu le fantastique. Efficace en diable. (Utopia)


Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 12 à 20h30

120 BATTEMENTS PAR MINUTE
Réalisé par Robin CAMPILLO
France 2017 2h20mn
avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade...
Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.

C'est un film à la fois énergique et bouleversant qui raconte – sachant que le réalisateur et le co-scénariste furent partie prenante de l'histoire – ce que fut l'aventure d'Act-Up, cette association née au début des années 1990 pour défendre les droits et la visibilité des personnes atteintes du virus du Sida. L'aventure intense d'une bande de jeunes garçons et filles tous unis contre une maladie mortelle inconnue, apparue à la fin des années 80 et qui devait décimer en une décennie toute une partie de la communauté homosexuelle mais aussi des populations marginalisées (toxicomanes, prostitué(e)s, personnes incarcérées).
Les militants d'Act-Up (et le film par capillarité) n'étaient ni larmoyants ni tristes (même si les décès réguliers de leurs compagnons les affectaient), mais bien au contraire combattaient et souhaitaient continuer à danser, faire la fête et aimer. Ils menaient des actions spectaculaires qui choquaient l'opinion publique tout en la réveillant, en l'informant : sur l'inaction des pouvoirs publics, sur la réalité de la maladie, sur la duplicité des laboratoires pharmaceutiques spéculant sur la mort. Ce faisant ils vivaient leurs passions à cent à l'heure, dans une course contre la montre et la grande faucheuse.
Si ce film est à ce point emballant, enthousiasmant, transportant, c'est peut-être parce qu'il est exceptionnel de voir réunis dans une même œuvre la force du politique, de la lutte commune et la puissance individuelle de personnages magnifiquement campés, aussi impliqués dans le combat d'Act-Up que dans leurs histoires d'amour à la vie à la mort.
Dans 120 Battements par minute, on voit des réunions d'amphi enflammées au cours desquelles les militants se déchirent pour le choix de la stratégie à mener, les plus radicaux s'opposant toujours aux plus pragmatiques. Et c'est passionnant de découvrir le frémissement des idées en marche. On voit des actions choc, parfois réussies, parfois ratées, parce que la lutte se nourrit aussi de la leçon des échecs. Mais on voit aussi naître une magnifique d'histoire d'amour entre un jeune militant radical se sachant malade – et dont la colère n'a d'égale que sa rage de vivre – et un garçon épargné par le virus qui, amoureux comme on peut l'être une ou deux fois dans sa vie, veut mener son histoire jusqu'au bout… et c'est waouuuuuch ! Mais jamais cette histoire individuelle n'affadit la lutte collective, à l'inverse elle la fait vibrer, l'irradie jusqu'au bout, jusqu'à un final que je ne veux évidemment pas vous gâcher.
120 battements par minute – le titre fait allusion au rythme de la musique house qui enflamma autant les nuits parisiennes que les manifestations d'Act-Up, les premières à se doter d'énormes camions sono –, porté par des acteurs pour la plupart inconnus (à l'exception d'Adèle Haenel) mais sublimes (notamment l'incroyable Nahuel Perez Biscayart, qui incarne le plus écorché vif des militants) est une leçon de vie, bien au-delà du Sida ou de la question homosexuelle, une ode formidable à la vitalité de la lutte pour revendiquer nos choix individuels de vie. (Utopia)


CGR (Draguignan) : mer 8/10h45, jeu 9/13h30, ven 10 et sam 11/22h15, lun 19h30, mar 10h40

Brooklyn Yiddish
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Joshua Z WEINSTEIN
USA 2017 1h22mn VOSTF
avec Menashe Lustig, Ruben Niborski, Yœl Weisshaus, Meyer Schwartz...
Scénario de Joshua Z. Weinstein, Alex Lipschultz et Musa Syeed. Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 : Prix du Jury

Voilà un très joli film, extrêmement attachant, qui réussit à nous toucher profondément tout en s'intéressant à une communauté fermée sur elle-même, presque impénétrable. Une preuve de plus que certains sujets sont universels et qu'on peut s'adresser au monde entier à partir de territoires et de personnages absolument singuliers.
Bienvenue à Borough Park, au sud de Brooklyn, New-York city. Le quartier est en grande partie le fief des Juifs ultra-orthodoxes qui y vivent en relative autarcie. Parmi tous ces hommes en habit noir et couvre-chefs traditionnels, la caméra s'attache à celui qui sera notre « héros » : Menashe, physique rondouillard et démarche pataude. Menashe est le modeste employé d'une supérette casher, un peu maladroit et inconstant, régulièrement tancé par son sinistre patron pour ses erreurs et ses retards, assez fréquents il faut bien le dire. Menashe est veuf depuis un an, il a un fils d'une dizaine d'années, l'adorable Ruben. Mais la tradition hassidique dit qu'un veuf, surtout quand il est pauvre, doit trouver une nouvelle épouse avant de récupérer la garde de son enfant, confié en attendant à des parents proches, en l'occurrence la sœur et le beau-frère. Mais Menashe n'a pas le cœur à chercher une nouvelle compagne, et les rendez-vous galants arrangés par les marieuses tournent au fiasco absolu. Il va donc négocier avec le rabbin de sa communauté une semaine à l'essai pour avoir seul la garde de son fils et prouver qu'il est un véritable Mensch, un homme un vrai en yiddish…

Mais les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l'espérait : dépassé par son travail et les heures supplémentaires qu'on lui impose, il a toutes les peines du monde à respecter le rythme d'un écolier de 10 ans, par ailleurs il croule sous les dettes, le dîner qu'il s'obstine à vouloir organiser en mémoire de sa femme n'est pas une franche réussite, et il a une fâcheuse tendance à abuser de la boisson à la moindre fête pour oublier ses soucis… Tant et si bien que son fils va être tenté de retourner chez ses oncle et tante, pourtant pas marrants !
Le film de Joshua Weinstein frappe d'abord par son authenticité. Entièrement tourné en yiddish, il décrit avec une précision documentaire les us et coutumes de cette communauté méconnue, sans tomber dans les clichés, sans en occulter les travers : la manière notamment dont sont traitées les femmes, reléguées aux tâches ménagères, interdites par exemple de conduire, mais aussi – et Menashe en est la première victime – le poids exorbitant du groupe qui contrôle absolument tout de la vie privée et familiale, qui juge et condamne.

Mais le film nous touche surtout grâce aux personnages de Menashe et de son fils. Et pour cause : Joshua Weinstein s'était vu interdire par la communauté hassidique de tourner un documentaire sur elle, avant de rencontrer Menashe Lustig, qui lui a raconté sa propre histoire de commis d'épicerie, veuf et en proie aux problèmes de garde de son fils. Weinstein a alors décidé de tourner cette fiction avec ces acteurs non professionnels rejouant des situations directement adaptées de leur propre vie.
Profitant de la stature chaplinesque de Menashe, figure burlesque de l'éternel maladroit qui sait aussi émouvoir par sa douleur de veuf et de père empêché, Weinstein va largement au-delà de l'aspect documentaire et nous donne un très beau film sur le deuil et sur le lien père-fils.(Utopia)


Lorgues : sam 11 / 18h15 VOST, dim 12 / 16h15 VOST, lun 13 / 19h15
Le Vox (Fréjus) : Mer 08 15:40, Jeu 09 16:05 20:00, Ven 10 13:45 16:40, Sam 11 15:40, Dim 12 15:30 20:15, Lun 13 13:45 20:00, Mar 14 16:15 18:15

 

 

Téhéran Tabou
TÉHÉRAN TABOUÉcrit et réalisé par Ali SOOZANDEH
Film d'animation Iran/Allemagne 2017 1h36mn VOSTF

 

Téhéran n’est pas celle que vous croyez. Ni prude, ni soumise, pas plus que délurée. Disons plutôt qu’elle est un peu tout cela à la fois. C’est une vie à deux vitesses que la ville offre à ses habitants. En public, ils se montrent rangés, policés, moralisateurs. À l’abri des regards, chacun lâche ses démons. Sous les portraits des ayatollahs, sages comme des images, défilent les scènes les plus scabreuses. On aime boire, prendre des substances illicites, baiser. Mais ayant dit cela, on sombrerait vite dans les clichés pour touristes voyeurs alors que Téhéran tabou est tout l’inverse. Le film est une satire sociale incisive qui n’a pas froid aux yeux quand il dénonce crument la corruption qui règne à tous les étages. Il n’épargne ni les juges, ni les flics, ni les mollahs trop gras pour être des ascètes…
Le dicton qui qualifierait le mieux le rapport du réalisateur à sa terre natale serait le fameux « qui aime bien châtie bien ». C’est un film fougueux, courageux, sombre, qu’il nous offre. S’y côtoient la beauté, la désillusion, la révolte qui monte. On comprend dès les premiers plans qu’il était impensable de tourner en direct dans le pays des gardiens de la révolution. Judicieusement, Ali Soozandeh, qui était déjà un professionnel de l’animation, a choisi la technique de la rotoscopie (utilisée par exemple dans Valse avec Bachir ou La Passion Van Gogh…) afin de mettre en scène ses protagonistes. En partant de prises de vue réelles et en redessinant les acteurs, les décors… il peut restituer fidèlement l’ambiance particulière d’une capitale en perpétuelle ébullition sans risquer la censure. Les reflets de la ville se font et se défont dans les flaques, dans les imaginaires, tour à tour glauques ou chatoyants, comme pour mieux souligner la violence subie par ses maillons faibles au risque de choquer quelques amoureux du majestueux pays complexe et accueillant qu’est l’Iran.

La première scène donne le ton. Une dame au regard désabusé monte dans un taxi avec son jeune fils handicapé. Mais ce n'est pas elle pas la cliente, c’est le chauffeur qui devra payer ses services. Le môme à l’arrière n’a d’autre choix que le silence. Il est le témoin muet, l’alibi d’une mère qui se prostitue pour leur survie. Plus loin une épouse qui ne rêve que de travailler honnêtement ne peut pas être embauchée sans l’autorisation que son mari, pourtant en taule, lui refuse. Il y a aussi cette jouvencelle prête à se faire opérer illicitement pour retrouver son hymen perdu dans un instant d’égarement. Puis cette autre qui enchaîne les avortements en cachette… Sans le soutien social d’une famille, ou du sexe fort, les voilà toutes jetées en pâture entre des mains peu scrupuleuses, baladeuses. À Téhéran, savoir dire non est plus utile que savoir respirer.
Pourtant qu’elles sont belles, ces Iraniennes avec leurs gestes gracieux, leurs longs doigts effilés qui réajustent machinalement leur foulard à longueur de temps. Jeunes filles en fleur, mamans ou putains, toutes dépendent du bon vouloir des hommes. Mais le pouvoir de ces derniers semble bien amer. On ne les sens pas plus libérés et épanouis que celles sur lesquelles ils l’exercent éhontément. L’hypocrisie qui règne, souveraine, est la porte ouverte à toutes les formes de chantage, d’esclavage, de trafics qu’aucun Dieu ne bénirait.
Parfois un rayon de soleil, une envolée poétique procurent une bouffée d’air frais. Sans oublier les séances de photos cocasses où un photographe pince-sans-rire s’évertue à changer l’arrière plan comme si le sort de ses clients en dépendait : « C’est pour un service public ? Alors mieux vaut mettre du noir en fond ». Mais il ne suffit pas de gratter le vernis d’une société vérolée pour la rendre vertueuse et pour certains la seule échappatoire sera la fuite…(Utopia)


Lorgues : mer 8 / 19h15, lun 13 / 21h00

L’intérêt général et moi

 

Réalisé par Sophie METRICH et Julien MILANESI
Documentaire France 2015 1h21mn

Un film éclairant, tonique, vivant et sensible, sur la notion d'intérêt général et plus particulièrement sur la construction du discours politique par les oligarques autour de cette notion pour nous convaincre du bien fondé de ces grands projets. On a envie de dire : enfin !
C'est un vaste débat qu'ouvrent nos deux réalisateurs et le sujet a dû être bien difficile et délicat à appréhender, de manière objective, puisqu'ils se sont durant plusieurs années opposés à la construction de l'autoroute Langon-Pau. Mais pari lancé et réussi sans doute aussi parce qu'en tant que miltants, justement, ils n'oublient pas de nous rappeler, et c'est un des grands intérêts de leur film, que derrière de froides décisions ce sont des vies, des territoires, des espaces naturels qui sont détruits ou devront l'être.

Pour illustrer leur sujet, ils ont choisi trois grands projets : l'A65 citée plus haut, construite et vide, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes vieux de plus de 40 ans et un projet ferroviaire pharaonique, la LGV GPSO. Et ils ont rassemblé des interviews de gens touchés dans leur quotidien, d'élus, de dirigeants politiques nationaux et locaux, d'associatifs engagés, de militants, de journalistes, de fonctionnaires… À travers ces différentes interventions, ils soulignent l'importance de la parole, de l'écoute, du lien social et nous engagent à nous questionner : qui détermine l'intérêt général ? Comment ? Suis-je concerné ? Consulté ? Les processus décisionnaires sont pointés du doigt et l'on en vient à se demander au fond : qu’est-ce qu’une démocratie au xxie siècle ? Quelle société organise-t-elle ? (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : ven10/ 20h

 

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Au(x) cinéma(s) du 1er au 7 novembre 2017

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Voici ce qui vous attend cette semaine dans vos cinémas. Au CGR pas de film de ciné club pendant les vacances de Toussaint. Nous vous annonçons déjà les soirées Entretoiles : le 12 Novembre une soirée “Polars” avec Le Caire Confidentiel et K.O.  et le 26  novembre le film russe Faute d’amour. Le 10 décembre  une soirée avec les films Happy End et Une Famille syrienne.

Dans  les salles  alentour  des nouveautés : à Lorgues un film bulgare Taxi Sofia et un film d’Amos Gitai À l’ouest du Jourdain . Au Vox, Jeune femme et Corps et âmes film primé au Festival de Berlin.

Et ne manquez surtout pas à CGR et dans les salles aux alentours  Au revoir là-haut  pour ceux qui ont aimé le roman de Pierre Lemaître et qui sont curieux de voir comment Albert Dupontel l’a adapté à l’écran : ils ne seront pas déçus !
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)
 
Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

PROGRAMMATION DU 1ER AU 7 NOVEMBRE 2017
Affiche
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Taxi Sofia
Réalisé par Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn VOSTF
avec Vassil Vassilev-Zuek, Ivan Barnev, Assen Blatechki, Irini Zhambonas, Vasil Banov...
Scénario de Simeon Ventsislavov et Stephan Komandarev
« Il n'y a que deux sortes de chauffeurs de taxi », rigolait Desproges : « Ceux qui vous racontent leur putain de vie, qui parlent, parlent, parlent alors qu'on voudrait la paix. Et ceux qui se taisent, qui se taisent, rien, pas bonjour, alors qu'on est tout seul derrière, au bord de mourir de solitude… ». C’était avant l’avènement d’une troisième catégorie de chauffeurs : cultivés, ayant souvent plus de conversation et d’esprit que leurs passagers. Professeur, scientifique, musicien… le jour, taxi la nuit… À Sofia, s'il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangréné par la corruption... lire la suite
Lorgues : ven 3 / 17h00 VOST, dim 5 / 20h20 VOST, lun 6 / 19h00
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À l'ouest du Jourdain
Réalisé par  Amos Gitaï
Documentaire Israël / France 1 h 24 min
Trente-cinq ans après son film Journal de campagne, le réalisateur israélien Amos Gitaï a décidé de retourner filmer dans les territoires occupés et de partir à la rencontre de celles et ceux qui cherchent des solutions pour sortir de l’impasse dans laquelle les décisions politiques les enferment. Il participe à une réunion du Cercle des parents, une association de mères israéliennes et palestiniennes ayant perdu des enfants à cause du conflit, ainsi qu’à une séance de B’Tselem, une organisation de droits de l’Homme qui encourage les femmes palestiniennes à filmer les exactions commises dans les territoires occupés. Il visite une école bédouine actuellement menacée de démolition en raison de la récente loi dite de « régularisation » de l’occupation de terres palestiniennes par des colons. Il interroge des responsables politiques et des journalistes israéliens. Ces rencontres sont entrecoupées par des extraits d’un entretien du cinéaste avec Yitzhak Rabin, peu avant son assassinat : on est stupéfaits de l’espoir que transmettent encore aujourd’hui ses paroles et de sa vision presque prophétique de la situation de son pays… lire la suite
Lorgues :  ven 3 / 19h00 VOST, sam 4 / 20h40 VOST, lun 6 / 17h00
Affiche
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Au revoir là-haut
Réalisé par Albert DUPONTEL
France 2017 1h55mn
avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, Niels Arestrup, Mélanie Thierry, Emilie Dequenne, Jonathan Louis... et la formidable Héloïse Balster de Pontoise...
Scénario d’Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d’après son roman, Prix Goncourt 2013
Le roman de Pierre Lemaître, un des Prix Goncourt les plus populaires et les plus appréciés de ces dix dernières années, ample récit foisonnant de personnages inoubliables, de situations fortes, de rebondissements captivants, représentait un sacré défi d'adaptation au grand écran. Et on se dit en voyant le film qu'Albert Dupontel était bel et bien l'homme de la situation : il saute aux yeux que son univers, peuplé de marginaux de tous poils qui peinent à trouver leur place dans une société qui les rejette, embrasse complètement l’œuvre de Lemaître. Et puis il y a son côté corsaire du cinéma, son appétit démesuré, sa folie déjantée que rien ne semble pouvoir effrayer, et sûrement pas un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il... lire la suite
CGR (Draguignan) : mer 1 jeu 2    vend 3    sam 4   dim 5   lun 6   mar 7 / 19h45 et 22h, lun 6 et mardi 7/ 13h30 et 16h
Cotignac : jeu 2  18h et 20h30
Salernes : mer 1  ven 3 et mar 7 / 20h30, lun 6 / 18h
Affiche
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Jeune femme
Écrit et réalisé par Léonor SERRAILLE
France 2017 1h37mn
avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard...
Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues)
Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : Mer 01 13:40 18:15 20:45 Jeu 02 13:40 20:30 Ven 03 13:40 16:00 18:15 Sam 04 13:40 18:15 20:30 Dim 05 13:40 15:45 17:55 Lun 06 13:40 18:00 20:00 Mar 07 13:40 15:50 20:30
Affiche
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Corps et âme
Écrit et réalisé par Ildiko ENYEDI
Hongrie 2017 1h56mn VOSTF
avec Alexandra Borbély, Geza Morcsanyi, Reka Tenki, Zoltan Schneider...
Ours d’Or, Festival de Berlin 2017
Comme souvent les grands films, celui-ci nous captive et nous embarque dès les premières images. Premier plan : un couple de cervidés majestueux marche dans la neige d’une forêt endormie pour l’hiver. Distants et étrangement solidaires, ils s’observent du coin de l’œil, se cajolent secrètement. Plan suivant : une vache aux yeux expressifs, coincée dans une cellule trop étroite, essaie de happer une brise d’air frais venue du dehors. Désespérément seule dans un univers de béton, loin de son élément naturel.  En quelques secondes nous sommes à la croisée de deux mondes. Du premier on peut rêver, mais toujours le second vous rattrape, réaliste et clinique. Comme la blancheur immaculée de la graisse des bêtes que l’on sacrifie. Car nous sommes dans l’endroit le plus improbable pour faire naître une histoire d’amour. Et pourtant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : Mer 01 15:25 Jeu 02 15:25 17:45 Ven 03 15:25 18:15 Sam 04 15:25 Dim 05 20:30 Lun 06 15:45 17:55 Mar 07 15:45 20:30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Taxi Sofia
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn VOSTF
avec Vassil Vassilev-Zuek, Ivan Barnev, Assen Blatechki, Irini Zhambonas, Vasil Banov...
Scénario de Simeon Ventsislavov et Stephan Komandarev

« Il n'y a que deux sortes de chauffeurs de taxi », rigolait Desproges : « Ceux qui vous racontent leur putain de vie, qui parlent, parlent, parlent alors qu'on voudrait la paix. Et ceux qui se taisent, qui se taisent, rien, pas bonjour, alors qu'on est tout seul derrière, au bord de mourir de solitude… ».
C’était avant l’avènement d’une troisième catégorie de chauffeurs : cultivés, ayant souvent plus de conversation et d’esprit que leurs passagers. Professeur, scientifique, musicien… le jour, taxi la nuit… À Sofia, s'il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangréné par la corruption. Forts de tout ce qu'ils voient et entendent au volant, ils ont pu en conclure que si la Bulgarie est un pays peuplé d’optimistes, c’est que les pessimistes et les réalistes l’ont quitté depuis longtemps, avec Dieu en prime pour faire bonne mesure ! S’embarquer avec eux est un voyage jubilatoire, peuplé d’anecdotes kafkaïennes qui dressent un diagnostic infaillible sur une société bulgare en pleine déliquescence.

L'épisode qui ouvre le film est basé sur un incident véritable qui a mis en émoi tout le pays. Au petit matin, avant d’emmener sa gamine à l’école, Micho découvre son entreprise assaillie par des usuriers, huissiers et autres rapaces. Il essaie de redresser la situation mais nul crédit ne va lui être accordé. Chacun en profitera au contraire pour essayer de le pressurer un peu plus, lui réclamer des pots-de-vin disproportionnés, jusqu’à ce que sa position ne soit plus tenable. Constatant qu'il n'a plus rien à espérer de personne, notre entrepreneur malchanceux, après avoir mis sa fillette à l’abri, commettra un acte réjouissant dont beaucoup rêveraient en de pareilles circonstances : il va abattre son banquier ! Pourtant Micho était prêt à tout pour s’en sortir honnêtement. Même à conduire un taxi la nuit après une dure journée de travail…
L'affaire fera l'objet de vifs débats, relayés par la radio. Le trait de génie du film, d’une grande puissance formelle et narrative, est de les suivre de l’intérieur, depuis cinq autres taxis, chaque chauffeur ayant sa propre histoire poignante ou/et drôle à raconter. Chaque parcours, si différent soit-il, témoigne de la même galère due à cette double vie menée pour essayer de joindre les deux bouts dans un pays où même les lycéennes sont prêtes à tout pour plumer les plus riches et méprisent les losers qui sont assez idiots pour trimer dans un pays où la probité ne paie plus. Au volant des taxis, on croisera des individus incroyables : un retraité déprimé, une mère de famille excédée, un prêtre décomplexé… On est loin d’imaginer jusqu’où chaque nouveau conducteur (et conductrice, il y a une femme dans le lot) va nous entraîner et ce qu'il va advenir de son passager. Celui qui menace de se suicider en se jetant du haut d’un pont passera-t-il à l'acte ? Et ce boulanger épuisé par une vie de trop dur labeur ? Qu’arrivera-t-il à ce chirurgien qui doit transplanter son dernier cœur avant de s’exiler ? Ou encore à cet homme d’affaire vaniteux qui navigue d’un aéroport à un autre, se gavant sans vergogne sur le dos des plus faibles ?

Tout cela devient très vite prenant. Les répliques fusent comme autant de perles pour construire ce bijou d’humour noir et d’humanité. Le titre original du film est Posoki = Directions… Faisant allusion non seulement à celles que suivent les taxis, mais à celles que devraient emprunter les Bulgares pour sortir des ornières d’un pays où personne n’ose plus rêver d’autre chose que de survie.

Lorgues : ven 3 / 17h00 VOST, dim 5 / 20h20 VOST, lun 6 / 19h00

À l'ouest du Jourdain
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Amos Gitaï
Documentaire Israël / France 1 h 24 min

Trente-cinq ans après son film Journal de campagne, le réalisateur israélien Amos Gitaï a décidé de retourner filmer dans les territoires occupés et de partir à la rencontre de celles et ceux qui cherchent des solutions pour sortir de l’impasse dans laquelle les décisions politiques les enferment. Il participe à une réunion du Cercle des parents, une association de mères israéliennes et palestiniennes ayant perdu des enfants à cause du conflit, ainsi qu’à une séance de B’Tselem, une organisation de droits de l’Homme qui encourage les femmes palestiniennes à filmer les exactions commises dans les territoires occupés. Il visite une école bédouine actuellement menacée de démolition en raison de la récente loi dite de « régularisation » de l’occupation de terres palestiniennes par des colons. Il interroge des responsables politiques et des journalistes israéliens. Ces rencontres sont entrecoupées par des extraits d’un entretien du cinéaste avec Yitzhak Rabin, peu avant son assassinat : on est stupéfaits de l’espoir que transmettent encore aujourd’hui ses paroles et de sa vision presque prophétique de la situation de son pays...

« Face à une situation politique bloquée, des initiatives individuelles émergent. On assiste à une mutation de la résistance pacifique. Ce film parle d’une réponse possible. Celle, émouvante, de gens qui n’ont pas le pouvoir mais auxquels restent un idéal, une opinion, qui les poussent à agir quels que soient les risques, les conséquences, les insultes et les accusations. Quand j’ai démarré ce projet j’ai dit aux producteurs : "si vous attendez un film où tous les Palestiniens sont des terroristes, et tous les Israéliens des salauds de colons, ne comptez pas sur moi, je veux aller chercher les fissures dans le mur". » Amos Gitaï ( Utopia)


Lorgues :  ven 3 / 19h00 VOST, sam 4 / 20h40 VOST, lun 6 / 17h00

Au revoir là-haut

Réalisé par Albert DUPONTEL
France 2017 1h55mn
avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, Niels Arestrup, Mélanie Thierry, Emilie Dequenne, Jonathan Louis... et la formidable Héloïse Balster de Pontoise...
Scénario d’Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d’après son roman, Prix Goncourt 2013

Le roman de Pierre Lemaître, un des Prix Goncourt les plus populaires et les plus appréciés de ces dix dernières années, ample récit foisonnant de personnages inoubliables, de situations fortes, de rebondissements captivants, représentait un sacré défi d'adaptation au grand écran. Et on se dit en voyant le film qu'Albert Dupontel était bel et bien l'homme de la situation : il saute aux yeux que son univers, peuplé de marginaux de tous poils qui peinent à trouver leur place dans une société qui les rejette, embrasse complètement l’œuvre de Lemaître. Et puis il y a son côté corsaire du cinéma, son appétit démesuré, sa folie déjantée que rien ne semble pouvoir effrayer, et sûrement pas un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il.

Quoiqu’il en soit, Dupontel signe un grand beau film à la fois épique et burlesque, lyrique et caustique, politiquement incorrect et poétique en diable qui réunit toutes les qualités que l’on aime chez lui, avec une maîtrise qui impressionne. Quant à l'éternelle question de la fidélité à l'œuvre littéraire, on dira que Dupontel a pris quelques libertés quant à la lettre – ajoutant quelques épisodes purement cinématographiques – mais a tout à fait respecté l'esprit du roman, dont on retrouve à l'écran toute la verve et la puissance (il ne vous aura d'ailleurs pas échappé que Pierre Lemaître lui-même co-signe le scénario).
Novembre 1918. A quelques jours de l’Armistice, Edouard Péricourt sauve Albert Maillard d’une mort certaine. Rien en commun entre ces deux hommes si ce n’est la guerre et le lieutenant Pradelle qui, en donnant l’ordre d’un assaut absurde, brise leurs vies en même temps qu’il lie leurs destins. Sur les ruines du carnage de la première guerre mondiale, chacun va tâcher de survivre : Pradelle, plus cynique que jamais, symbole du grand capitalisme, s’apprête à faire fortune sur le dos des morts tandis qu’Albert et Edouard, condamnés à vivre, vont tenter de monter une arnaque monumentale, comme une revanche sur tous ces salauds planqués qui les ont envoyés au casse-pipe.

Au revoir là-haut, c’est l’histoire d’une tragédie racontée comme une farce, c’est un cœur tendre enrobé dans le mauvais esprit d’un voyou, c’est la puissance d’un regard généreux qui englobe aussi dans cette sublime histoire d’amitié une charge contre les puissants, les salauds, les politiques véreux ou va-t-en guerre… et c’est le film le plus abouti et le plus romanesque d’un vrai cinéaste.


CGR (Draguignan) : mer 1 jeu 2    vend 3    sam 4   dim 5   lun 6   mar 7 / 19h45 et 22h, lun 6 et mardi 7/ 13h30 et 16h
Cotignac : jeu 2  18h et 20h30
Salernes : mer 1  ven 3 et mar 7 / 20h30, lun 6 / 18h


Jeune femme
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Léonor SERRAILLE
France 2017 1h37mn
avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard...
Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues)

Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements…

Paula est sans doute emblématique de toutes ces trentenaires contemporaines un peu larguées, tenaillées entre leurs dépendances affectives et un désir d’indépendance et de liberté qu’elles ont du mal à conquérir. Ce qu'elle vit là, c'est plus qu’une rupture, c’est presque la perte d’elle-même tant elle était habituée à n’exister que par le regard de son homme, de ce photographe qui la valorisait. Pour garder quelque chose de lui, elle ira jusqu’à kidnapper son chat… Une bête plutôt inintéressante et moche, un véritable boulet qu’elle ne semble même pas apprécier. Mais que ne ferait-elle pas pour garder un petit lien ténu avec celui qu’elle a aimé, qui l'a aimée ? Paumée, à la rue avec ce crétin de félin sur les bras, abandonnée dans un Paris où elle ne connaît personne, après des années paradisiaques passées au Mexique, on la sent vraiment mal barrée.
On ne sait d’où elle a tiré cette hargne d’animal blessé. N’empêche que c’est dans cette rage qu’elle va puiser la force nécessaire pour rebondir. Ce largage dans Paris devient presque une chance et va lui permettre de s’émanciper. Son manque d’amour propre lui octroie toutes les audaces. Prête à tout, sans vergogne, Paula fait feu de tout bois. Malheur à celle qui pense l’avoir reconnue dans la rue : Paula débarque chez elle et s’incruste avec sa brosse à dents pour le meilleur et pour le pire. Une annonce de garde d'enfant passe à sa portée ? Notre héroïne se la joue nounou, une nounou peu conventionnelle, trouble-fête qui va vite faire tache dans un foyer trop bien rangé ! On cherche une vendeuse de culottes ? Qu’à cela ne tienne : elle s’improvise marchande et décroche le poste lors d’un entretien d’embauche des plus burlesques. Bien sûr elle se fait larguer de partout, vu que tout cela n’est que de l’esbroufe et que sur la durée, il faut bien qu'elle finisse par se l'avouer : elle ne sait rien faire, à part être elle-même et c’est déjà énorme. Cette tête de mule incarne à elle seule toute une génération débrouille secouée par la crise et qui n’a d’autre perspective que de vivre d’expédients et de petits boulots.

Le rôle principal est endossé avec un brio fracassant par Laetitia Dosch qui explose à l’écran. Elle impose un jeu d’une incroyable sincérité, porte le film avec une énergie folle, soutenant sans faillir son rythme endiablé. Grace à elle Paula est plus qu’une simple gonzesse compliquée, elle lui donne toute la complexité d’une jeune femme qui se cherche, assume ses faiblesses, ses contradictions, finit par ne plus avoir peur ni honte d’elle-même. Une jeune femme parmi tant d’autres, inoubliable.

Le Vox (Fréjus) : Mer 01 13:40 18:15 20:45 Jeu 02 13:40 20:30 Ven 03 13:40 16:00 18:15 Sam 04 13:40 18:15 20:30 Dim 05 13:40 15:45 17:55 Lun 06 13:40 18:00 20:00 Mar 07 13:40 15:50 20:30

Corps et âme
Écrit et réalisé par Ildiko ENYEDI
Hongrie 2017 1h56mn VOSTF
avec Alexandra Borbély, Geza Morcsanyi, Reka Tenki, Zoltan Schneider...
Ours d’Or, Festival de Berlin 2017

Comme souvent les grands films, celui-ci nous captive et nous embarque dès les premières images. Premier plan : un couple de cervidés majestueux marche dans la neige d’une forêt endormie pour l’hiver. Distants et étrangement solidaires, ils s’observent du coin de l’œil, se cajolent secrètement. Plan suivant : une vache aux yeux expressifs, coincée dans une cellule trop étroite, essaie de happer une brise d’air frais venue du dehors. Désespérément seule dans un univers de béton, loin de son élément naturel.
En quelques secondes nous sommes à la croisée de deux mondes. Du premier on peut rêver, mais toujours le second vous rattrape, réaliste et clinique. Comme la blancheur immaculée de la graisse des bêtes que l’on sacrifie. Car nous sommes dans l’endroit le plus improbable pour faire naître une histoire d’amour. Et pourtant… C’est bien dans un abattoir des plus proprets que la magie va se produire. Il faut dire que le directeur de l’établissement est un personnage très éloigné de l'idée qu'on pourrait s'en faire. Endre n’a rien d’un boucher sanguinaire et insensible. Seuls ceux qui ont de l’empathie pour les bêtes ont de la place dans son métier, il le dit sans détours. De lui se dégage une sensation de puissance douce, de distance semblable à celle des vieux cerfs nobles et sauvages qui savent que pour eux la partie est terminée et se contentent de survivre, solitaires, en marge de la harde et de l’observer.

Du haut de son bureau, le monde semble devenu insignifiant. Pourtant, un matin, parmi ses employés, quelque chose attire son regard. Plus qu’une silhouette c’est une attitude qu’il remarque. Celle d’une jeune femme blonde et gracile, qui se tient en retrait du groupe. Elle a le regard d'une biche aux abois et semble vouloir se tapir à l’ombre de grands arbres qui n'existent pas dans la cour goudronnée. Renseignements pris, elle est la nouvelle contrôleuse qualité, tatillonne, taiseuse, qui passe aux yeux de tous pour une sorte de bêcheuse tant elle n’essaie pas de communiquer. Mais en est-elle capable ? Le soir, dans son appartement aussi aseptisé qu’une maison de poupée, elle remet en scène sa journée de manière cocasse, les personnages qui l’ont peuplée, un surtout… Puis, au réveil, elle repart vers son boulot, accomplissant impeccablement sa mission. Chaque jour arrive comme une vague de routine où elle se replonge sans mot dire. Sauf à son psy, un vieux bonhomme usé qui ne cesse comiquement de lui seriner « Maria, vous ne voudriez pas vous trouver un psychiatre pour adultes ? » Et tombe toujours le même « non », au grand désespoir du praticien. Tout le film est émaillé de ces fines scènes colorées de l’intérieur, poétiques, drôles, qui créent autour des personnages un patchwork subtil et attachant.
On se prend à espérer que la main de Endre frôle celle de Maria. On se désespère quand cette dernière le repousse, les renvoyant tous deux à leur immense solitude, à leurs handicaps respectifs. Car l’incapacité de Maria à aller au contact des autres, si elle est moins apparente que la paralysie qui frappe le bras de son patron, n’en est pas moins violente.
Il faudra l’intervention d’une croustillante rousse pulpeuse pour les projeter dans une autre dimension, celle de leurs songes. Après avoir pensé à quelque méchante plaisanterie, Maria et Endre vont devoir se plier à l’évidence déroutante. Au cœur de chaque nuit, dans le creux intime de leurs rêves, ils galopent ensemble. Lui le cerf solitaire, elle la biche effarouchée…

Dans ce film splendide, les mots en disent moins long que les regards. Et celui de la réalisatrice n’est pas loin d’évoquer l’univers tendre d’un Buster Keaton : une ironie douce amère mâtinée de compassion. Une forme de désespérance joyeuse, discrète, qui nous ramène humblement à notre condition humaine. L’essentiel restant à tout jamais invisible pour nos yeux (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : Mer 01 15:25 Jeu 02 15:25 17:45 Ven 03 15:25 18:15 Sam 04 15:25 Dim 05 20:30 Lun 06 15:45 17:55 Mar 07 15:45 20:30

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358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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Au(x) cinéma(s) du 4 au 10 octobre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

C’est ce dimanche 8 Octobre qu'a lieu notre soirée  Entretoiles avec 2 films (entrecoupés d’un apéritif ) sur le thème: ”Qu’avons nous fait de notre jeunesse ?” illustré par les films  Petit Paysan et Gabriel et la montagne respectivement à 18h et 20h30.

Au CGR ainsi qu’au Luc  vous pourrez voir au ciné-club (hélas en V.F ) Wind River, un film entre enquête policière et cinéma d’aventures dont le scénariste  est celui de Comancheria. A Lorgues on vous propose  cette semaine le film Le Redoutable pour les admirateurs de Godard et Une famille syrienne, un film poignant, quoiqu’un peu austère, sur l’atroce banalité de la guerre.

À Cotignac et au Luc ne ratez pas le dernier Techiné : Nos années folles : inspirée de faits réels, une histoire trouble et troublante sur le désir et l'identité.

Enfin au Vox les nouveautés :  un film de Michel Haneke Happy End, portrait au vitriol d’une riche famille industrielle de Calais,  ainsi que deux documentaires: celui de Barbet Schroeder Le Vénérable W , un portrait glacial de l’intolérance et Le maitre est l‘enfant pour initier les parents curieux sur la méthode Montessori et faire réfléchir les réfractaires.
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 4 AU 10 OCTOBRE 2017

 

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Petit Paysan
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel.
Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataire... lire la suite
GGR : Soirée Entretoiles dim 8 à 18h
Affiche
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Gabriel et la montagne
Réalisé par Fellipe BARBOSA
Brésil 2017 2h12mn VOSTF
avec João Pedro Zappa, Caroline Abras...
Scénario de Fellipa Barbosa, Lucas Paraizo et Kirill Mikhanovsky
C'est une superbe lettre d'amitié filmée que le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa a envoyé par-delà le monde des vivants et des morts à son ami disparu Gabriel Buchmann. La disparition du jeune homme nous est révélée dès la première séquence, sublime. Sur les contreforts splendides d'une montagne du Malawi, dans des gestes infiniment répétés depuis probablement des millénaires, deux paysans fauchent en descendant la pente. Jusqu'à la découverte inopinée du corps d'un touriste blanc. Gabriel Buchmann était un jeune compagnon de lycée de Fellipe Barbosa. Un garçon issu comme lui de la bourgeoisie de Rio, dans un pays marqué par les inégalités... lire la suite
GGR : Soirée Entretoiles dim 8 à 20h30
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Wind River
Écrit et réalisé par Taylor SHERIDAN
USA 2017 1h51mn VF
avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Gil Birmingham, Jon Bernthal, Julia Jones, Kelsey Asbille, James Jordan...
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE, UN CERTAIN REGARD, CANNES 2017
Pour les lecteurs attentifs des génériques, Taylor Sheridan n’est pas un total inconnu puisque c’est lui qui a écrit les scénarios de Comancheria et de Sicario. Il passe derrière la caméra pour ce qu’il présente comme le troisième et dernier volet d’une trilogie sur le thème de la frontière, que celle-ci soit physique, morale, sociale ou politique. Le premier chapitre, Sicario, abordait l’épidémie de violence, liée au trafic de drogue, le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et le second, Comancheria, se concentrait sur le choc entre l’immense richesse et la pauvreté dans l’Ouest du Texas. Wind River représente donc le dernier chapitre, en forme de catharsis, de cette trilogie. Avec Wind River, nous sommes loin de l’humour qui faisait le charme de Comancheria, plus proches de la brutalité de Sicario… lire la suite
CGR : mer 4 / 13h40 jeu 5/ 11h  ven 6 /13h30 sam 7/15h45 lun 9/ 20h mardi 10 /11h
Le Luc :  mer 4/20h30 ven 6/19h
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Le Redoutable
Écrit et réalisé par Michel HAZANAVICIUS
France 2017 1h47mn
avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Jean-Pierre Mocky...
Librement adapté des livres d'Anne Wiazemsky, Une année studieuse et surtout Un an après
Précisions liminaires : inutile de bien connaître l'œuvre de Jean-Luc Godard pour apprécier comme il se doit Le Redoutable, nul besoin non plus d'être un cinéphile aguerri. Chacun se laissera embarquer dans cette plongée étonnante et parfois cocasse dans l'univers du cinéaste et dans l'effervescence de Mai 68. Extrêmement plaisant. « Paris, 1967. Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette. Jean-Luc est le cinéaste star de sa génération. Anne est belle comme le petit jour et l’admire. Les jeunes mariés sont gais et heureux. Mais le film est incompris à sa sortie. Jean-Luc, alors, se remet en question : que vaut le cinéma, son cinéma, dans la nouvelle déferlante politique de Mai 68 ? À force de s'éloigner de ses proches pour plonger dans des mouvements collectifs, à force de concepts et de mots, c’est son mariage qu’il va noyer... lire la suite
Lorgues : mer 4 à 19h, sam 7 à 20h10, lun 9 à 17h
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Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....
À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé... lire la suite
Lorgues : ven 6 et lun 9 à 21h
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Happy End
Écrit et réalisé par Michael HANEKE
France/Autriche 2017 1h47mn
avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Frantz Rogowski...
C’est dans le confort feutré de la bourgeoisie que se montre le plus volontiers le refoulé de toute une société. Ce n’est pas Flaubert qui aurait contredit cette maxime. Michael Haneke n’a eu de cesse, au cours d’une filmographie intransigeante, d’étudier les sources et les manifestations du mal-être de nos populations modernes. Happy end tout à la fois synthétise et affine son travail cinématographique à travers le portrait d’une riche famille industrielle de Calais. Ce petit microcosme très renfermé va être le témoin de quelques phénomènes inquiétants que Michael Haneke orchestre comme un jeu de piste à la fois cinglant et rieur. Aucune violence visuelle ne surgit, et pourtant Haneke ne cède rien de la radicalité de sa mise en scène, une nouvelle fois à son point culminant de pertinence et de précision... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mer 4 à 13h50 18h30 20h45, jeu 5 à 13h50 16h 15 20h45, ven 6 à 13h50 18h30 20h45, sam 7 à 18h30 21h, dim 8 à 13h45 18h30 20h45, lun 9 à 16h10 17h50, mar 10 à 16h20 18h30 20h45
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Le Vénérable W.
Réalisé par Barbet SCHROEDER
Documentaire France / Birmanie 2017 1h40mn VOSTF
avec la voix de Bulle Ogier
« La haine est certainement le plus durable des plaisirs… » (Lord Byron)
Dans sa robe couleur safran, ce moine à l'air poupon, humblement assis face à la caméra, provoque d'emblée un élan d'empathie. D'autant qu'une religion qui ne s'embarrasse ni de dieux ni de maîtres pourrait a priori sembler constituer un bon rempart contre tous les intégristes monothéistes prêts à en découdre pour prouver que le seul bon dieu est le leur. Et si le bouddhisme, qui prône un amour sans limite envers tous les êtres, était la solution aux désordres du monde, du moins de ceux du Myanmar (ou Birmanie) ? On se laisse bercer par les paroles apaisantes qu'Ashin Wirathu prononce, son calme charismatique… On écoute sans déplaisir le récit vite brossé de son enfance, son arrivée dans un premier monastère… On verrait presque en lui une victime, un opprimé, devenu un cador de la méditation grâce à neuf ans dans les geôles de la junte militaire. Presque un héros non violent façon Gandhi en quelque sorte… À l'écouter… Puis une petite phrase dérape...
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Le Vox : dim 8/18h et mar 10/ 18h30
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Le Maître est l'enfant
Réalisé par Alexandre MOUROT
Documentaire France 2017 1h30mn
avec les 28 enfants âgés de 3 à 6 ans et leur maître Christian Maréchal, dans la plus ancienne école Montessori de France, à Roubaix...
« Que serait l'adulte sans l'enfant qui l'aide à s'élever ? » Maria Montessori
Quand le réalisateur Alexandre Mourot est devenu père, il a tout naturellement observé sa fille, sa façon d'être, de réagir au monde autour d'elle… Il s’est aperçu qu’en ne cherchant à la guider, à la contrôler en permanence, qu’en ne dirigeant pas ses actions et ses gestes, elle déployait une énergie folle et elle semblait trouver un vrai bonheur à apprendre par elle-même, à découvrir et à progresser… Ces premiers constats, qui ont donné lieu à de premières images, lui ont donné envie de poursuivre ses observations et l’ont amené à s’intéresser à la pédagogie Montessori. Il a alors recherché des écoles qui s’inscrivaient dans ces pratiques et choisi de poser sa caméra dans l’une d’entre-elles pour observer ce qui s’y passait.
.. lire la suite
Le Vox : mer 4 et mar 10/16h jeu 5 ven 6 sam 7 dim 8 lun 9 / 13h50 Jeu 5 /18h30 ven  et lun /16h10
Affiche
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Nos Années Folles
Réalisé par André TÉCHINÉ
France 2017 1h43mn
avec Pierre Deladonchamps, Céline Sallette, Grégoire Leprince-Ringuet, Michel Fau, Virginie Pradal...
Scénario d'André Téchiné et Cédric Anger, d'après le livre de Fabrice Virgili
C'est le très beau portrait d'un couple, un homme et une femme emportés par le désir de liberté et le désir tout court qui fuient l'horreur de la guerre et les contraintes d'une société normée. C'est aussi le portrait puissant d'une époque tragique qui vit nombre de valeurs traditionnelles basculer. Une époque succédant à un terrible carnage qui endeuilla chaque village français et dont on dit qu'il précipita le pays dans la « modernité ». Mais quelle modernité ? Cette étrange expression, « les années folles », par laquelle on désigna la décennie qui suivit la Grande Guerre, cachait bien des blessures... lire la suite
Cotignac : dim 8/18h
Le Luc : jeu 5/ 19h sam 7/ 18h30 dim 8/16h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Petit Paysan
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel

Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataires…

Tout pourrait continuer paisiblement sauf que l'irruption d'une mystérieuse maladie en provenance de Belgique, qui touche et décime des troupeaux entiers de bovidés, ne va pas tarder à venir faire tache. Et voilà que notre petit paysan se retrouve un soir au chevet de sa vache Topaze dont les symptômes ne font aucun doute : elle est atteinte de la « fièvre hémorragique ». Que faire ? Accepter l’abattage de son cheptel, principe de précaution oblige ? Perdre ainsi toutes ses vaches, à qui il a consacré tant de vie et d'amour ? Fermer les yeux sur l'effondrement de son propre monde ? Pierre ne peut s'y résoudre. Déterminé à prendre le taureau par les cornes, il se met en quête de toutes sortes d'atermoiements, espérant que le temps jouera en sa faveur et que la pandémie s'évanouira sans meugler gare… Sa sœur Pascale, véto consciencieuse (jouée par la craquante autant qu'impeccable Sara Giraudeau), se retrouve embarquée malgré elle dans cet engrenage infernal. Ainsi parti pour être un film semi-documentaire sur la condition agricole, Petit paysan bascule très vite dans le thriller psychologique, cadencé par la paranoïa de Pierre et ses magouilles tellement alambiquées qu'elles en deviennent presque hilarantes… Pour mieux dissimuler son manège et gagner toujours plus de temps, Pierre se force à renouer avec sa vie sociale, accepte de partir à la chasse et de faire du bowling avec ses amis, invite même la boulangère au restau et peaufine ses cheveux au gel pour l'occasion… Jusqu'où la situation ira-t-elle ? De mal en pis, osons le dire…

Pour vous dire le soin apporté à la préparation du film, Swann Arlaud a effectué un stage auprès d'un agriculteur pour préparer son rôle, lequel agriculteur a dit n'avoir jamais eu affaire à un aussi bon apprenti et ne voulait plus le laisser partir… C'est dire à quel point il est époustouflant dans son rôle d'éleveur habité par son métier. Ajoutez à cela le fait que le réalisateur Hubert Charuel, plus que prometteur, est lui-même fils d'agriculteurs (ses parents et son grand-père jouent d'ailleurs dans le film) et vous voilà en présence d'un Petit paysan qui, en plus d'être une pépite de mise en scène, maîtrise parfaitement son sujet. À voir d'urgence ! (Utopia)


GGR : Soirée Entretoiles dim 8 à 18h

Gabriel et la montagne
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Fellipe BARBOSA
Brésil 2017 2h12mn VOSTF
avec João Pedro Zappa, Caroline Abras...
Scénario de Fellipa Barbosa, Lucas Paraizo et Kirill Mikhanovsky

C'est une superbe lettre d'amitié filmée que le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa a envoyé par-delà le monde des vivants et des morts à son ami disparu Gabriel Buchmann. La disparition du jeune homme nous est révélée dès la première séquence, sublime. Sur les contreforts splendides d'une montagne du Malawi, dans des gestes infiniment répétés depuis probablement des millénaires, deux paysans fauchent en descendant la pente. Jusqu'à la découverte inopinée du corps d'un touriste blanc. Gabriel Buchmann était un jeune compagnon de lycée de Fellipe Barbosa. Un garçon issu comme lui de la bourgeoisie de Rio, dans un pays marqué par les inégalités.

A l'issue de brillantes études d'économie, alors que la plupart des autres étudiants concouraient pour les meilleures universités mondiales, Gabriel avait décidé de prendre une année sabbatique pour voyager et se confronter en Afrique de l'Est à la misère qui est le produit de cette économie libérale mondialisée dont on lui avait enseigné les rouages. Mais alors que d'autres, y compris sa petite amie, choisissaient de lutter contre le discours libéral sur place et de manière le plus souvent théorique, lui avait préféré entreprendre un tour du monde en finissant par l'Afrique, prenant la route du Kenya, puis descendant plus au Sud vers la Tanzanie et le Malawi. À l'écart évidemment des circuits touristiques, il choisissait de trouver chaque nuit refuge chez les habitants, même les plus modestes, souvent éberlués par ce blanc riche qui acceptait de dormir à même la terre battue au milieu de la case familiale.
Ce qui fait la force inouïe du film, c'est le procédé cinématographique par lequel Fellipe Barbosa évoque son ami, retrace son voyage libre et sans entraves à la rencontre du monde et de l'autre, cet humain si proche et si différent. Barbosa aurait pu réaliser un documentaire à partir des nombreuses photos prises par Gabriel Buchmann et y associer quelques interviews. Il a au contraire préféré la fiction, mais en l'ancrant profondément dans la réalité : en dehors des personnages de Gabriel et de sa fiancée incarnés par deux acteurs professionnels, tous les autres protagonistes, notamment africains, sont interprétés par celles et ceux qui ont réellement rencontré Gabriel lors de son périple, la fiction étant entrecoupée de témoignages face caméra. Ce qui donne une authenticité saisissante et bouleversante à ce film qui a nécessité un travail d'enquête un peu fou, Fellipe Barbosa retrouvant même par hasard, à Zanzibar, un mendiant qui avait guidé Gabriel.

Remarquablement construit, magnifiquement filmé, Gabriel et la montagne est une splendide preuve que l'humanité et l'amitié peuvent transcender les barrages culturels, économiques et sociaux pour peu qu'on veuille bien ouvrir son cœur, mais le film ne tombe jamais dans l'angélisme. Dans son premier long métrage, le beau Casa grande (montré à Utopia en 2015, on va essayer de l'avoir en Vidéo en Poche), Fellipe Barbosa décrivait avec acuité les antagonismes sociaux au Brésil et la montée en puissance des classes moyennes supérieures enfermées dans leurs ghettos sécurisées. Dans ce Gabriel et la montagne encore plus beau, il montre bien, n'épargnant pas Gabriel et sa naïveté agaçante, les limites d'un tourisme qui se veut humanitaire mais ne peut s'affranchir des fractures que les classes dominantes occidentales ont créées. (Utopia)


GGR : Soirée Entretoiles dim 8 à 20h30

 

 

Wind River
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Taylor SHERIDAN
USA 2017 1h51mn VF
avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Gil Birmingham, Jon Bernthal, Julia Jones, Kelsey Asbille, James Jordan...
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE, UN CERTAIN REGARD, CANNES 2017

 

Pour les lecteurs attentifs des génériques, Taylor Sheridan n’est pas un total inconnu puisque c’est lui qui a écrit les scénarios de Comancheria et de Sicario. Il passe derrière la caméra pour ce qu’il présente comme le troisième et dernier volet d’une trilogie sur le thème de la frontière, que celle-ci soit physique, morale, sociale ou politique. Le premier chapitre, Sicario, abordait l’épidémie de violence, liée au trafic de drogue, le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et le second, Comancheria, se concentrait sur le choc entre l’immense richesse et la pauvreté dans l’Ouest du Texas. Wind River représente donc le dernier chapitre, en forme de catharsis, de cette trilogie. Avec Wind River, nous sommes loin de l’humour qui faisait le charme de Comancheria, plus proches de la brutalité de Sicario.

Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue au cœur de l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, on comprend qu’elle ne lui est pas inconnue. On comprend également que cela le renvoie vers un passé douloureux. Malgré la gravité du crime, le FBI envoie sur place une jeune femme, nouvelle recrue, mal équipée physiquement aussi bien que moralement. Complètement étrangère aux codes culturels de ce territoire qui est comme un pays étranger pour qui n’est pas d’ici. Même si elle semble professionnelle et de bonne volonté, elle ne pourra pas s’en sortir seule. Cory, fortement lié à la communauté amérindienne et plus encore à la famille de la victime, va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

« Wind River explore ce qui constitue sans doute à la fois les vestiges les plus tangibles de la Frontière américaine et le plus grand échec des Etats Unis : la réserve amérindienne. Au niveau le plus intime, il s’agit de l’étude de la manière dont un homme continue à avancer après une tragédie, sans arriver à tourner la page. À un niveau plus global, c’est l’étude des conséquences nées du fait de forcer un peuple à vivre sur une terre qui n’était pas destinée à l’accueillir. Il est question d’un territoire sauvage, brutal, où le paysage lui-même est un ennemi. De terres où l’addiction et le meurtre tuent plus que le cancer, où le viol est considéré comme un rite de passage pour les jeunes filles devenant femmes. De terres où la loi des hommes cède devant celle de la nature. Nulle part ailleurs en Amérique du Nord les choses n’ont moins évolué au cours du siècle dernier, et nul autre lieu en Amérique n’a davantage souffert de ces maigres changements. » Taylor Sheridan

Sheridan signe un polar tendu et parfaitement mené, magnifiant la nature hostile et grandiose de cette région enneigée qui, au premier abord, inspire plutôt calme et sérénité mais qui recèle sous sa surface immaculée la face sombre d’un rêve americain depuis longtemps enseveli (Utopia)


CGR : mer 4 / 13h40 jeu 5/ 11h  ven 6 /13h30 sam 7/15h45 lun 9/ 20h mardi 10 /11h
Le Luc :  mer 4/20h30 ven 6/19h


Le Redoutable
Écrit et réalisé par Michel HAZANAVICIUS
France 2017 1h47mn
avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Jean-Pierre Mocky...
Librement adapté des livres d'Anne Wiazemsky, Une année studieuse et surtout Un an après

Précisions liminaires : inutile de bien connaître l'œuvre de Jean-Luc Godard pour apprécier comme il se doit Le Redoutable, nul besoin non plus d'être un cinéphile aguerri. Chacun se laissera embarquer dans cette plongée étonnante et parfois cocasse dans l'univers du cinéaste et dans l'effervescence de Mai 68. Extrêmement plaisant.

« Paris, 1967. Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette. Jean-Luc est le cinéaste star de sa génération. Anne est belle comme le petit jour et l’admire. Les jeunes mariés sont gais et heureux. Mais le film est incompris à sa sortie. Jean-Luc, alors, se remet en question : que vaut le cinéma, son cinéma, dans la nouvelle déferlante politique de Mai 68 ? À force de s'éloigner de ses proches pour plonger dans des mouvements collectifs, à force de concepts et de mots, c’est son mariage qu’il va noyer…
« Mais quel est donc cet objet de cinéma qui s’inspire des deux livres qu’Anne Wiazemsky consacra à son histoire avec “le grand homme” – titre envisagé un temps ? Plus que le pastiche redouté par les gardiens du temple godardien, Le Redoutable est un détournement fantaisiste et attendri de la figure d’un magnifique, mais incorrigible obsessionnel de sa propre révolution permanente. Un Godard si attaché à être de son temps qu’il oublie de vivre ici et maintenant avec la femme qu’il aime.

« Ce n’est donc pas tant le cinéaste qui intéresse Michel Hazanavicius mais le “personnage Godard” dans ses différents motifs. L’homme, aussi, et Louis Garrel relève haut la main ce défi de la variation, passant de l’imitation volontairement outrancière à une incarnation plus subtile du Suisse sincère, jaloux et masochiste, incapable de baisser les armes pour retenir Anne.
« L’esthétique du film, aussi, est un collage. Se mêlent ainsi, dans une remarquable homogénéité, des images de foule manifestante tournée dans la rue, des plans très graphiques en appartement, des correspondances de couleurs pop, et des scènes de bord de mer, sur les hauteurs de Cannes puis en Italie, sous la même lumière éclatante que celle de Raoul Coutard pour Le Mépris. Entre l’artiste qui pérore et la femme qui ne l’écoute plus que d’une oreille, le mépris, justement, s’installe. Jusqu’à cette séquence, belle et tragique, de la fin d’un amour entre chambre et salle de bain, commentée par un extrait de Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes sur le caractère infini de la scène de ménage. Il est lu, en voix off, par Michel Subor, l’acteur principal du Petit Soldat.
« Le fétichisme pour le cinéma de JLG est donc là, plutôt respectueux, délicieuse scène de nu allongé façon Bardot comprise. Mais c’est dans… l’humour que Hazanavicius  rejoint le plus fidèlement le réalisateur d’À bout de souffle et Soigne ta droite, grand blagueur à ses heures. Dans un gag récurrent, Godard, qui veut changer de regard sur le cinéma, casse ses lunettes. Garrel-Godard affirme face caméra qu’un acteur est tellement con qu’il est possible de le lui faire dire… face caméra. Sans oublier ce plan séquence-hilarant, de retour du festival de Cannes 68 annulé, où six personnages se disputent dans une voiture.
« Puisque le grand homme n’eut de cesse de tout désacraliser, n’est-ce pas finalement le plus bel hommage à lui rendre que de le désacraliser à son tour ? D’en faire un héros réellement populaire ? »

(G. Odicino dans Télérama)


Lorgues : mer 4 à 19h, sam 7 à 20h10, lun 9 à 17h

Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....

À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé.

Le père, le mari de Oum Yazan, on ne le verra jamais. La famille essaiera de le joindre durant toute la journée mais le réseau téléphonique est si perturbé que les rares communications qu'on arrive à établir sont très vite interrompues. Le mari de Halima, lui, on le voit au tout début du film. Il est venu annoncer une bonne nouvelle à sa femme : un journaliste français est disposé à les aider à partir se réfugier au Liban. Quand ? Le soir même. Sauf que, en quittant l’appartement, il est touché par les balles d’un sniper. Est-il toujours vivant ? Est-il mort ? Cette scène, Delhani l’a vue par la fenêtre, elle veut avertir Halima mais Oum Yasan l'en empêche : elle veut avant tout protéger sa famille et il ne faut pas affoler toute la maisonnée avec la révélation de ce drame. De toute façon personne ne peut rien faire, pas question de sortir au risque de s'exposer au feu du sniper… Le plus prudent est d'attendre…

C'est donc de l'intérieur, au plus intime des membres de cette famille piégée, que nous allons ressentir les effets d'une guerre qui les dépasse. Le film réussit parfaitement à nous montrer ce que peut être l'instinct de survie chez des êtres dont on se sent de plus en plus proches. Philippe Van Leeuw alterne avec une grande maîtrise les scènes d'une vie quotidienne presque normale, une vie de tous les jours et de tous les endroits, et d'autres – une surtout, particulièrement saisissante, on ne vous en dit pas plus – tendues, oppressantes, qui bousculent et qui bouleversent. Il nous livre ainsi une puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, les familles de tous les pays déchirés par une guerre. (d'après JJ Corrio, critique-film.fr)

 

 

Lorgues : ven 6 et lun 9 à 21h Happy End

 

 

 

Écrit et réalisé par Michael HANEKE
France/Autriche 2017 1h47mn
avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Frantz Rogowski...

C’est dans le confort feutré de la bourgeoisie que se montre le plus volontiers le refoulé de toute une société. Ce n’est pas Flaubert qui aurait contredit cette maxime. Michael Haneke n’a eu de cesse, au cours d’une filmographie intransigeante, d’étudier les sources et les manifestations du mal-être de nos populations modernes. Happy end tout à la fois synthétise et affine son travail cinématographique à travers le portrait d’une riche famille industrielle de Calais. Ce petit microcosme très renfermé va être le témoin de quelques phénomènes inquiétants que Michael Haneke orchestre comme un jeu de piste à la fois cinglant et rieur. Aucune violence visuelle ne surgit, et pourtant Haneke ne cède rien de la radicalité de sa mise en scène, une nouvelle fois à son point culminant de pertinence et de précision. La noirceur de son regard s’accompagne plus que jamais d’un humour grinçant, laissant au spectateur le soin de faire la part, si besoin, entre le dérisoire et le tragique.

Difficile de dire par où commence exactement l'inexorable affaissement qui va toucher la famille Laurent. Est-ce l’effondrement de ce mur de soubassement dans un des chantiers de construction qui ont fait leur fortune ? Ou est-ce l’arrivée de la toute jeune Ève, treize ans, qui déboule dans la bulle familiale de son père après que sa mère a subi une sérieuse intoxication aux médicaments ? Le père, Thomas joué par Mathieu Kassovitz, est chirurgien, remarié, et ne semble pas connaître grand chose aux habitudes de sa fille. Mais il donne le change, il a appris à le faire, bien et en toutes circonstances. Et puis il y a Anne (Isabelle Huppert), la sœur de Thomas, qui pilote d’une main de fer l’entreprise familiale et doit faire face à cet accident de chantier en même temps qu’elle tente de transmettre la direction à son fils Pierre, effrayé du poids qui se pose sur ses épaules. Mais a-t-il seulement le choix ? Enfin tout en haut, il y a le grand-père Georges (Jean-Louis Trintignant, absolument magistral) : personnage trouble et fascinant, que l’âge et quelques absences de mémoire ont imprégné d’une aigreur de vivre qu’il répand avec l’autorité d’un vieux capitaine d’industrie.

Trois générations réunies dans un hôtel particulier cossu que Michael Haneke décompose soigneusement, déterrant sous chaque petite cachoterie les signes édifiants de dangereuses névroses. Tous travaillent plus ou moins consciemment à maintenir la respectabilité de leur existence et l’apparat de leur famille, au détriment de toutes traces d’amour. Haneke ponctue le récit de quelques scènes d'une maîtrise ahurissante et excelle à analyser comment un mal chemine dans ce rhizome familial, avec la surprise de voir rejaillir à un bout de la chaîne un trouble qui avait été enfoui à un autre.

Ce portrait au vitriol pourrait sembler distant si Haneke n’avait décidé de le situer en bordure de la jungle de Calais. Happy end est un film entièrement adossé à la question des réfugiés et des migrants qu’il place intelligemment en fond, comme un mur de résonances. Les Laurent, unis dans leur décrépitude, sont les derniers privilégiés de notre vieille Europe, fascinée par son autodestruction et incapable de concevoir qu'en face il y a la vie. Si avec Happy end Haneke semble remettre en scène son propre cinéma (une seconde vision permettra à chacun de trouver les correspondances avec Le Septième continent, Caché, Amour ou Le Ruban blanc), c'est précisément pour éprouver la question obsédante de toute son œuvre qui se pose autant aux Laurent qu'à nous tous : comment faire avec la complexité d’un monde qui nous dépasse et auquel nous comprenons si peu ? ( utopia)


Le Vox (Fréjus) : mer 4 à 13h50 18h30 20h45, jeu 5 à 13h50 16h 15 20h45, ven 6 à 13h50 18h30 20h45, sam 7 à 18h30 21h, dim 8 à 13h45 18h30 20h45, lun 9 à 16h10 17h50, mar 10 à 16h20 18h30 20h45

 

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Au(x) cinéma(s) du 27 septembre au 3 octobre 2017

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Au ciné-club de  CGR cette semaine Ava un film de Lea Mysius, recit d’apprentissage à l atmosphère envoutante. À Lorgues et Salernes Barbara, film inclassable, original et poétique, où se révèle une Jeanne Balibar stupéfiante de ressemblance. À noter que ce film sera programmé à CGR au mois de novembre.

Au Vox quatre  nouveautés:  Le Professeur de Violon film bresilien où la musique est omniprésente, Un beau soleil interieur, un film de Claire Denis largement inspiré de son propre vécu , Espèces menacées, trois destins familiaux entrelacés et Que Dios Nos Perdone de Sorogoyen, un nouveau polar ibérique d ‘exception. Enfin à Cotignac le film Gauguin-Voyage de tahiti, une tranche de vie du parcours du peintre.

N’oubliez pas Le 8 octobre  la soirée Entretoiles  avec 2 films Petit Paysan et Gabriel et La Montagne et enfin le 15 octobre une séance à film unique avec 120 battements par minute.

Pour info les prochains films projetés à CGR dans le cadre du ciné club seront Wind River, les Proies, Barbara et Otez moi d’un doute.
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 27 SEPTEMBRE AU 3 OCTOBRE 2017
Affiche
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Ava
Réalisé par Léa MYSIUS
France 2017 1h45mn
avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, Tamara Cano, Baptiste Archimbaud, Franck Beckman...
Scénario de Léa Mysius et Paul Guilhaume
Dès la première séquence, on sait que ce premier film étonnant va nous plonger dans un univers à la fois sensuel et trouble. Nous sommes quelque part au bord de l’océan (à la pointe du Médoc, saura-t-on plus tard, non loin de Bordeaux) et un long plan séquence assez ébouriffant nous fait découvrir une petite plage puis une jetée où s’entassent de manière anarchique des familles de baigneurs. Au chaos des enfants qui se chahutent et des parents qui crient pour les appeler, répond celui des couleurs vives saturées de la lumière estivale, celles des maillots bon marché, des parasols de plage et des serviettes bigarrées, bien loin de l’ordre bourgeois des plages plus chics d’Arcachon, à quelques dizaines de kilomètres... lire la suite
CGR en ciné-club : mer 17h45, jeu 13h30, ven 16h, sam,dim 17h40, lun 20h, mar 11h
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Gauguin - Voyage de Tahiti
Réalisé par  Edouard DELUC
France 2017 1h42 VF (et un peu de VOSTF)
avec Vincent Cassel, Tuheï Adams, Malik Zidi, Pua-Taï Hikutini, Pernille Bergendorff, Marc Barbé...
Scénario d'Edouard Deluc, Etienne Comar, Thomas Lilti et Sarah Kaminsky, librement adapté des écrits de Paul Gauguin Noa Noa, Voyage de Tahiti
Les films évoquant les grandes figures de l'art se suivent. On en a rarement vu autant. Au risque de nous fatiguer, de nous perdre en route, avec l'impression que le filon devient un peu trop facile ? Mais non : comment diable être lassé par ces récits, par ces portraits de personnages hors du commun qui ont tant apporté à l’Art et donc au bonheur d'être vivant ? Comment se lasser de contempler une oeuvre qui prend forme et vie sous nos yeux, comment en vouloir aux réalisateurs d’être irrémédiablement attirés par la lumière, l’aura et les démons intimes de ces créateurs de génie ? Quelle vie que celle de Paul Gauguin ! Gauguin fut artiste peintre mais aussi docker, aventurier, poète… A Tahiti, il fut surtout une sorte de Robinson idéaliste en quête d’un rêve absolu : celui d’un art pur et sans concession qui se serait affranchi des convenances de l’époque, des codes imposés par les castes dominantes, du diktat de l’art bourgeois en vogue dans les salons parisiens… lire la suite
Cotignac : lun 2/18 et 20h30
Affiche
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Que Dios Nos Perdone
Réalisé par Rodrigo SOROGOYEN
Espagne 2016 2h06mn VOSTF
avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Maria Ballesteros...
Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña
Deux ans après La Isla minima de glorieuse mémoire, voici un film remarquable qui prouve que le polar espagnol sait décidément être grand. Réalisé par un nouveau venu (c'est son deuxième long métrage), Rodrigo Sorogoyen, Que Dios nos perdone respecte les règles les plus classiques du genre tout en créant le léger décalage qui fait la différence entre un produit de série et une œuvre marquante, témoin saisissant d'une époque, de ses mœurs publiques et privées, de ses dérives, de ses abandons... lire la suite
Le Vox : lun 2/20h, mar 3/18h20
Affiche
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Barbara
Réalisé par Mathieu AMALRIC
France 2017 1h37
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani, Aurore Clément, Grégoire Colin, Fanny Imber...
Scénario de Mathieu Amalric et Philippe Di Folco. PRIX JEAN VIGO 2017
L'air de rien, s'attaquer à un film sur Barbara, en terme d'inconscience, ça doit se situer à peu près entre la promenade en canot pneumatique dans un lagon infesté de crocodiles et l'ascension solitaire de l'Everest par la face nord. Une espèce de pari totalement déraisonnable, dont on doit se dire sur le moment que l'idée est séduisante, mais un quart de seconde plus tard la considération un peu sérieuse des obstacles à surmonter suffirait à faire renoncer le plus aguerri des casse-cou. Or donc, nous pouvons estimer que Mathieu Amalric a cette fois largement dépassé le seuil du raisonnable. Pour notre plus grand bonheur... lire la suite
Lorgues : mer 27/19h, vend 29/17h, sam 30/20h, lundi 2/21h10
Salernes : mer 27/20h30, jeu 28/18h, sam 30/20h30, dim 1/18h, mar 3/20h30
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Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio Machado
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...
Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes... lire la suite
Le Vox : ven 29  / 21h
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Un Beau Soleil Intérieur
Réalisé par Claire DENIS
France 2017 1h34mn
avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Josiane Balasko, Nicolas Duvauchelle, Laurent Grevill, Alex Descas, Bruno Podalydès...
Scénario de Claire Denis et Christine Angot
À la source de ce film, la proposition faite par un producteur à Claire Denis d'adapter Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes, bel essai fragmenté et chapitré de 1977, qui évoque la folie magnifique et la subversion insensée de l'état amoureux. Tentation de Claire Denis (rien de ce qui touche au désir n'est étranger à son cinéma), puis doute, puis refus catégorique des ayants droit. L'affaire étant réglée de ce côté, elle rebondit d'un autre, à travers l'association de la cinéaste et de la romancière Christine Angot dans l'écriture d'un film qui s'inspire, assez drôlement, de leurs expériences malheureuses dans ledit domaine amoureux. Ainsi naît ce Beau soleil intérieur, qui ramène Claire Denis sous les sunlights quatre ans après Les Salauds, film amer, mal reçu, qui auralaissé des traces... lire la suite
Le Vox : mer 27 13:50 18:20 20:45, jeu 28 13:50 18:20 20:45, ven 29 16:10 18:30 21:00 13:50, sam 30 13h50 18:30 21:00, dim 1 13:50 16:10 18:30, lun 2 13:50 16:10 20:45, mar 3 16:00 18:20 20:45
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Espèces menacées
Réalisé par Gilles BOURDOS
France 2017 1h44
avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément, Eric Elmosnino, Damien Chapelle, Brigitte Catillon, Alice de Lencquesaing...
Scénario de Gilles Bourdos et Michel Spinoza, d'après les nouvelles de Richard Bausch publiées sous le même titre
Ils s'aiment trop ou ne s'aiment pas assez, ou alors les deux à la fois, mais surtout ils n'arrivent pas à parler, et quand ils parlent ils ne s'entendent pas, ne s'écoutent pas. Ils s'aiment mal. Ils sont tous attachants, ils sont jeunes ou le sont moins, ils sont beaux ou ne se posent pas la question : jeune fille en fleur dont le mec part en vrille le soir de son mariage et qui en guise de nuit de noces reste accrochée au téléphone à parler à son père ; parents obnubilés par l'avenir de leur enfant ; mère exclusive qui ne laisse pas respirer un fils qui pourtant ne cesse de donner des preuves de son attachement ; père qui ne supporte pas l'idée que l'amoureux de sa fille soit plus âgé que lui... lire la suite
Le Vox : mer 27 13:50 16:00 20:00 , jeu 28 13:50 18:30 20:45, ven 29 13:50 18:30 21:00, sam 30 16:05 18:30 21:00, dim 1 13:50 16:00 20:45, lun 2 13:50 16:00 21:00, mar 3 13:50 16:10 21:00

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Ava
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Léa MYSIUS
France 2017 1h45mn
avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément, Eric Elmosnino, Damien Chapelle, Brigitte Catillon, Alice de Lencquesaing...
Scénario de Léa Mysius et Paul Guilhaume

Dès la première séquence, on sait que ce premier film étonnant va nous plonger dans un univers à la fois sensuel et trouble. Nous sommes quelque part au bord de l’océan (à la pointe du Médoc, saura-t-on plus tard, non loin de Bordeaux) et un long plan séquence assez ébouriffant nous fait découvrir une petite plage puis une jetée où s’entassent de manière anarchique des familles de baigneurs. Au chaos des enfants qui se chahutent et des parents qui crient pour les appeler, répond celui des couleurs vives saturées de la lumière estivale, celles des maillots bon marché, des parasols de plage et des serviettes bigarrées, bien loin de l’ordre bourgeois des plages plus chics d’Arcachon, à quelques dizaines de kilomètres. Mais la caméra s’attache à un étrange chien noir qui contraste avec les couleurs de l’été et qui longe la grève avant de s’arrêter devant une adolescente endormie : il en profite pour lui dévorer ses frites. L’ado, c’est Ava, treize ans, mauvaise tête et un peu renfermée, comme bien des gamines de son âge, qui est là en vacances, dans une ambiance parfois électrique, avec sa mère, aussi extravertie et fofolle qu’Ava est réservée.

Cette première scène n’est pas anodine puisque le chien noir mais aussi le contraste entre la lumière et l’obscurité seront les fils directeurs du récit. Car Ava ne le sait pas encore dans les premières minutes du film, mais cet été est au sens propre le dernier été qu’elle verra de ses yeux puisqu’elle est atteinte d’une rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative qui va peu à peu lui ôter toute vision nocturne avant de réduire considérablement la vision diurne à un petit cercle. Face à l’inéluctable, la mère l’a décidé, ce sera leur plus bel été. Mais mère et fille n’en ont pas forcément la même vision, d’autant que la mère, très affairée à sa relation enflammée avec un nouvel amant plus jeune, oublie assez vite de s’occuper d’Ava. Celle-ci va donc prendre le large et faire d’elle-même l’apprentissage de la vie tant qu’elle a encore pleinement ses facultés : ça passera notamment par la rencontre avec Juan, un jeune gitan, propriétaire du fameux chien noir et en délicatesse avec la maréchaussée.
Ce qui est formidable, c’est que le film, dans son énergie et sa manière de montrer la rage de vivre d’Ava, parvient à nous faire oublier le tragique du destin de l’adolescente, ce qui évacue tout l’aspect plombant et impose au contraire un ton pêchu voire joyeux, avec quelques moments franchement cocasses.
Durant cet été pas comme les autres, Ava, tout en parcourant le long chemin vers l’acceptation de sa maladie et de ses conséquences, va découvrir l’amour, la sexualité (que le film aborde d’ailleurs frontalement, sans complaisance mais sans fausse pudeur), mais aussi développer ses autres sens pour anticiper ce que sera sa nouvelle vie. Tout ça un peu en marge des conventions et des vies balisées, aux côtés de Juan et de ses amis gitans (très jolie scène de mariage traditionnel que n’aurait pas reniée Kusturica).

Le film, solaire, est porté par le jeu remarquable de ses trois comédiens : la révélation Noée Abita, à la fois mutine et rageuse, au regard charbon comme la nuit qui l’entoure peu à peu ; la toujours épatante Laure Calamy, formidable en mère sensuelle et un chouia irresponsable, ce qui ne l’empêche pas d’être infiniment aimante ; et le jeune Juan Cano, gitan andalou qui joue à merveille ce garçon mystérieux et sauvage, complice actif de l’éveil d’Ava. Léa Mysius, remarquée et primée dans plusieurs festivals pour trois courts métrages qui sortaient vraiment du lot, tout récemment co-scénariste des Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin, s’impose avec ce premier long-métrage comme une réalisatrice plus que prometteuse.(Utopia)

CGR en ciné-club : mer 17h45, jeu 13h30, ven 16h, sam,dim 17h40, lun 20h, mar 11h

Gauguin - Voyage de Tahiti
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Edouard DELUC
France 2017 1h42 VF (et un peu de VOSTF)
avec Vincent Cassel, Tuheï Adams, Malik Zidi, Pua-Taï Hikutini, Pernille Bergendorff, Marc Barbé...
Scénario d'Edouard Deluc, Etienne Comar, Thomas Lilti et Sarah Kaminsky, librement adapté des écrits de Paul Gauguin Noa Noa, Voyage de Tahiti

Les films évoquant les grandes figures de l'art se suivent. On en a rarement vu autant. Au risque de nous fatiguer, de nous perdre en route, avec l'impression que le filon devient un peu trop facile ? Mais non : comment diable être lassé par ces récits, par ces portraits de personnages hors du commun qui ont tant apporté à l’Art et donc au bonheur d'être vivant ?
Comment se lasser de contempler une oeuvre qui prend forme et vie sous nos yeux, comment en vouloir aux réalisateurs d’être irrémédiablement attirés par la lumière, l’aura et les démons intimes de ces créateurs de génie ?

Quelle vie que celle de Paul Gauguin ! Gauguin fut artiste peintre mais aussi docker, aventurier, poète… A Tahiti, il fut surtout une sorte de Robinson idéaliste en quête d’un rêve absolu : celui d’un art pur et sans concession qui se serait affranchi des convenances de l’époque, des codes imposés par les castes dominantes, du diktat de l’art bourgeois en vogue dans les salons parisiens. La parenthèse assez courte à laquelle s’attache
Gauguin, voyage de Tahiti est bien plus qu’une simple « période » dans l’oeuvre du peintre : c’est le choix assumé d’une expérience artistique et humaine vécue comme une ascèse, dans une démarche spirituelle où la nature, loin d'être un simple sujet, devient la source même de la création autant que du bonheur enfin atteint.

1891, Paris. Paul Gauguin, personnage hors-normes à la poursuite d’un rêve hédoniste, veut se libérer des conventions, renouer avec cette nature « sauvage » qui l’a déjà mené en Bretagne, à Panama ou en Martinique, trouver sa muse, son « Ève primitive », la femme qu’il cherche et qui le distinguera. Il accomplit alors un acte téméraire, sacrificiel : il quitte Paris, ses amis artistes, femme et enfants et s’embarque pour la Polynésie, où il va peindre avec rage, mais dans l’indifférence générale, soixante-six chefs d’oeuvre en dix-huit mois. Ces tableaux figureront un tournant dans son travail, influenceront les fauves et les cubistes et marqueront l’avènement de l’art moderne. Habité par sa peinture, il vivra dans le dénuement, il partagera au coeur de la forêt la vie de celle qui sera la grande inspiratrice de ces tableaux : Tehura, « sa femme Tahitienne », sensuelle, généreuse.

C'est avec le souffle et l'ampleur des grands films d'aventure que la caméra d'Edouard Deluc nous met dans les pas de cet homme qui s’enfonce dans ces étendues vierges, et le tempo du film, à la fois organique et mutique, donne à la narration les allures d’une quête mystique. On pense à La leçon de piano de Jane Campion, on pense à Terrence Malick, on pense aux livres de Joseph Conrad… Quant à Vincent Cassel, il incarne magistralement ce Gauguin à fleur de peau, et restitue toute l’ampleur et la folie de celui qui fut sans doute le plus radical et le plus courageux de tous, parce qu’il osa partir au bout du monde pour écouter le silence qui laisserait enfin entendre les voix intérieures qui guideraient sa main. (Utopia)


Cotignac : lun 2/18 et 20h30

Que Dios Nos Perdone

Réalisé par Rodrigo SOROGOYEN
Espagne 2016 2h06mn VOSTF
avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Maria Ballesteros...
Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña

Deux ans après La Isla minima de glorieuse mémoire, voici un film remarquable qui prouve que le polar espagnol sait décidément être grand. Réalisé par un nouveau venu (c'est son deuxième long métrage), Rodrigo Sorogoyen, Que Dios nos perdone respecte les règles les plus classiques du genre tout en créant le léger décalage qui fait la différence entre un produit de série et une œuvre marquante, témoin saisissant d'une époque, de ses mœurs publiques et privées, de ses dérives, de ses abandons.

Nous sommes à Madrid pendant l'été 2011. Un moment difficile pour les autorités qui préparent l'arrivée du pape Benoît XVI dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse et qui, dans le même temps, font face à une autre jeunesse, moins facile à canaliser : le mouvement des « indignados » est en effet en train de naître place de la Puerta del Sol. La police madrilène est donc déjà sur les dents quand survient une série de crimes particulièrement atroces dont les victimes sont toutes de vieilles dames parfaitement respectables.

Les inspecteurs Velarde et Alfaro sont chargés de l'enquête et la consigne de leurs supérieurs ne souffre pas de discussion : « Pas de vagues ! » Or, si une certaine discrétion, pour une raison qu'on vous laisse découvrir, peut caractériser l'inspecteur Velarde, c'est loin d'être la qualité principale de son collègue. Ce binôme, excellemment interprété par Antonio de la Torre et Roberto Alamo, concourt grandement à la réussite du film. Les deux flics sont totalement différents mais parfaitement complémentaires, dans la grande tradition des duos du cinéma noir. Par ailleurs, leurs vies privées respectives, chaotique pour l'un, trop lisse pour l'autre, dévoileront des failles intimes pas toujours compatibles avec la profession qu'ils exercent, les responsabilités qu'elle implique et la disponibilité maximale que réclame une enquête de plus en plus difficile. Car le tueur ne chôme pas…

Qu'il s'agisse du contexte politique, entre cortèges de fidèles dans les rues et manifs de contestataires sur les places, qu'il s'agisse de la peinture d'une ville en mouvement, Madrid étant un personnage à part entière de l'intrigue, ou qu'il s'agisse de l'analyse subtile de la psychologie des personnages – et pas seulement celle des deux flics, on comprend que Rodrigo Sorogoyen et sa co-scénariste Isabel Peña ont effectué en amont un très rigoureux travail d'écriture. Ce type même de travail qui manque parfois aux films de cinéma alors qu'il fait la force des séries télévisées actuelles, en particulier policières. Pour ce qui est de la réalisation, la scène de poursuite, tournée dans la ville caméra à l'épaule, avec un nombre impressionnant de figurants, montre à elle seule la maîtrise du metteur en scène.(Utopia)


Le Vox : lun 2/20h, mar 3/18h20


Barbara
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Mathieu AMALRIC
France 2017 1h37
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani, Aurore Clément, Grégoire Colin, Fanny Imber...
Scénario de Mathieu Amalric et Philippe Di Folco. PRIX JEAN VIGO 2017

L'air de rien, s'attaquer à un film sur Barbara, en terme d'inconscience, ça doit se situer à peu près entre la promenade en canot pneumatique dans un lagon infesté de crocodiles et l'ascension solitaire de l'Everest par la face nord. Une espèce de pari totalement déraisonnable, dont on doit se dire sur le moment que l'idée est séduisante, mais un quart de seconde plus tard la considération un peu sérieuse des obstacles à surmonter suffirait à faire renoncer le plus aguerri des casse-cou. Or donc, nous pouvons estimer que Mathieu Amalric a cette fois largement dépassé le seuil du raisonnable. Pour notre plus grand bonheur.

Barbara était une chanteuse hors du commun ? Il faut donc que le film soit, lui aussi, hors du commun. De Barbara, qui se sera précautionneusement tenue toute sa vie à l'écart de la presse et des « people », on ne sait rien – ou si peu. Ce qu’elle aura suggéré dans ses chansons, ce qu'elle aura fugacement évoqué au détour d'une interview, trois fois rien. Le film est un anti-biopic, fait de bribes et de broc, de sensations et de simili-anecdotes, de rêveries réinventées mêlées d'images retrouvées.
Il y aurait un « mystère Barbara », une légende d’amour passionnel avec le public, une véritable communion. Le film raconte cette émotion indicible, la rend palpable et vivante au commun des mortels comme à celles et ceux qui la vécurent, chaque soir de spectacle, à l’unisson. À l’image de la Dame en noir, le film, tour à tour généreux et secret, explose comme un feu d’artifice de talent et d’orgueil pour immédiatement après capter tout en douceur la fragile humanité ou la fêlure intime.

Cerise sur le gâteau, parce que sinon l'entreprise paraîtrait encore trop simple, trop balisée, le film ne doit pas être vraiment un film sur la chanteuse Barbara – ni tout à fait un film sur la femme Barbara. Pour décrypter le lien magique mais tellement ténu qui unit l'une aux autres, le film joue jusqu'au vertige d'un jeu de miroirs à mille facettes, d'une mise en abyme (comme on dit chez les doctes critiques) vertigineuse, où un réalisateur (évidemment incarné par Mathieu Amalric lui-même) dirige une comédienne (Jeanne Balibar) dans le biopic qu’il réalise (avec plus ou moins de recul) sur Barbara. Elle Barbara apparaît bien et belle à l’écran : extraits de films, de concerts et d’images d’archives. Et peu à peu s’opère une étrange alchimie.
Tandis que le réalisateur du film dans le film perd pied, au fur et à mesure que la comédienne s’approprie son rôle, le récit s’effiloche doucement en touches impressionnistes tantôt réalistes, tantôt oniriques. Il arrive que la frontière entre réalité documentaire et fiction se fait de plus en plus incertaine. Jeanne Babibar est Barbara. Ou Barbara est Jeanne Balibar. On ne sait plus. On aurait envie de crier bravo à la performance devant la course d'obstacles – et pourtant non, c'est à un pur moment de poésie brute, faisant preuve d'une inventivité visuelle, sonore et émotionnelle de tous les instants.

Ceux qui ne connaissent rien de Barbara pourront-ils l’apprécier ? On prend le pari que oui, pourvu qu’ils aiment simplement le mystère de la musique. C’est-à-dire les soupirs, les échos, le murmure, le silence, tout ce dont le chant de Barbara est aussi constitué.(utopia)

Lorgues : mer 27/19h, vend 29/17h, sam 30/20h, lundi 2/21h10
Salernes : mer 27/20h30, jeu 28/18h, sam 30/20h30, dim 1/18h, mar 3/20h30

Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio Machado
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...

Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes…

Si la trame de cette histoire peut paraître classique, la grande réussite du film est la sincérité avec laquelle il nous plonge à la fois dans le monde de la musique et dans la ville de São Paulo. Et c’est avec beaucoup de plaisir que nous voyons les différents personnages du film, tous crédibles et touchants, s’ouvrir aux autres et s’épanouir au contact de la musique. Et si la réalité et ses difficultés reprennent souvent le dessus, cette expérience de la musique en commun restera pour chacun une promesse d’évasion… (Utopia)

Le Vox : ven 29  / 21h

Un Beau Soleil Intérieur
Réalisé par Claire DENIS
France 2017 1h34mn
avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Josiane Balasko, Nicolas Duvauchelle, Laurent Grevill, Alex Descas, Bruno Podalydès...
Scénario de Claire Denis et Christine Angot

À la source de ce film, la proposition faite par un producteur à Claire Denis d'adapter Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes, bel essai fragmenté et chapitré de 1977, qui évoque la folie magnifique et la subversion insensée de l'état amoureux. Tentation de Claire Denis (rien de ce qui touche au désir n'est étranger à son cinéma), puis doute, puis refus catégorique des ayants droit. L'affaire étant réglée de ce côté, elle rebondit d'un autre, à travers l'association de la cinéaste et de la romancière Christine Angot dans l'écriture d'un film qui s'inspire, assez drôlement, de leurs expériences malheureuses dans ledit domaine amoureux. Ainsi naît ce Beau soleil intérieur, qui ramène Claire Denis sous les sunlights quatre ans après Les Salauds, film amer, mal reçu, qui auralaissé des traces.

Le résultat de cette genèse à la fois sinueuse et impromptue est une passionnante et, rapportée au cinéma de Claire Denis, surprenante expérience cinématographique, qui tout à la fois emporte quelque chose de l'approche diaprée, immersive et fragmentaire de Barthes du sentiment amoureux, exfiltre l'incisive et ironique noirceur d'Angot sur le même chapitre, déporte enfin le cinéma fiévreux et tellurique de Claire Denis du côté de la comédie sentimentale dépressive et discursive, quelque part entre Woody Allen et Chantal Akerman. L'opération prend la forme d'une rutilante constellation d'acteurs, tous excellents, tous se prêtant avec grâce aux coupes cruelles des deux laborantines en chef, tous tournant à titres variés et en durées inégales autour d'un astre triste qu'incarne, de manière particulièrement bien sentie, avec un quelque chose de sensuellement relâché, Juliette Binoche. Quinquagénaire un peu paumée, très à fleur de peau, divorcée avec enfant, à la recherche de l'amour véritable, Isabelle, artiste peintre, navigue à vue dans une sociologie et une topographie parisiennes qui semblent vouées à ne fabriquer que du même. Bars, appartements, maisons de campagne (dans le Perche ou le Lot), théâtres, galeries, restaurants, commerces de bouche. Aussi bien passe-t-elle d'un amant à l'autre comme un bateau glisse, au risque de se briser, entre un chapelet d'écueils. Xavier Beauvois y pose, avec une gourmande nonchalance, en banquier marié et goujat offreur de fleurs (« j'arrive du Brésil, j'ai une envie folle de te niquer »). Philippe Katerine est le voisin sympa et déprimé qui maraude en bob et cabas à la poissonnerie Secretan, tentant à chaque fois le plan « invitation au pied levé » sans y croire une seconde, en quoi sa lucidité l'honore. Mais encore Laurent Grévill dans le rôle de l'ex qui tente de se remettre dans la course à marche et geste forcés, Nicolas Duvauchelle dans celui de l'acteur ontologiquement incapable de s'arrêter de mettre à l'épreuve son pouvoir de séduction, et bien d'autres encore. Tous ne peuvent être cités, il y en a trop. Voici d'ailleurs le côté « laboratoire » de la mise en scène : l'enchaînement ininterrompu des expériences, le dérèglement invasif du discours amoureux, le principe marabout-de-ficelle qui gouverne le désir de l'héroïne, les lamentables petites agonies qui systématiquement en résultent.

Pour contredire enfin les esprits chagrins qui s'en réjouiraient, cette épopée du désenchantement mène droit à une scène d'essence surréelle et radieuse, au cours de laquelle Isabelle consulte en la personne délicate de Gérard Depardieu, dans une partition infiniment douce et évasive, un voyant. Ici, le langage ne sert plus à définir ou à conquérir, il est un onguent passé comme un velours sur l'âme de la souffrante, une pommade messianique annonçant la venue d'une « nouvelle personne »… Scène d'anthologie, assurément, du cinéma français, petite merveille atmosphérique façon « beau soleil intérieur ». (J. Mandelbaum)

Le Vox : mer 27 13:50 18:20 20:45, jeu 28 13:50 18:20 20:45, ven 29 16:10 18:30 21:00 13:50, sam 30 13h50 18:30 21:00, dim 1 13:50 16:10 18:30, lun 2 13:50 16:10 20:45, mar 3 16:00 18:20 20:45

Espèces menacées

AURORERéalisé par Gilles BOURDOS
France 2017 1h44
avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément, Eric Elmosnino, Damien Chapelle, Brigitte Catillon, Alice de Lencquesaing...
Scénario de Gilles Bourdos et Michel Spinoza, d'après les nouvelles de Richard Bausch publiées sous le même titre

Ils s'aiment trop ou ne s'aiment pas assez, ou alors les deux à la fois, mais surtout ils n'arrivent pas à parler, et quand ils parlent ils ne s'entendent pas, ne s'écoutent pas. Ils s'aiment mal. Ils sont tous attachants, ils sont jeunes ou le sont moins, ils sont beaux ou ne se posent pas la question : jeune fille en fleur dont le mec part en vrille le soir de son mariage et qui en guise de nuit de noces reste accrochée au téléphone à parler à son père ; parents obnubilés par l'avenir de leur enfant ; mère exclusive qui ne laisse pas respirer un fils qui pourtant ne cesse de donner des preuves de son attachement ; père qui ne supporte pas l'idée que l'amoureux de sa fille soit plus âgé que lui…

Ils ressemblent à des gens qu'on croise tous les jours, avec chacun leurs histoires bancales, les liens qu'ils nouent et dénouent, leurs douleurs et leurs joies dont le souffle variable les fait vaciller tout le temps. Des gens bien dans l'air du temps, bien trempés dans notre époque. Ils ont comme une incapacité à penser le monde et les autres autrement qu'à partir d'eux-mêmes, des bornes qu'ils se donnent, de leurs obsessions. Le bonheur est à portée de main et ils passent à côté sans le voir, sans le reconnaître faute d'écoute, de perspicacité, perdus dans une demande d'amour perpétuellement insatisfaite parce qu'elle ignore le réel tout simple, qui ne demande qu'à être vu avec un poil de bienveillance. Ils pataugent dans leur vie et se rendent malheureux à force de ne pas accepter l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'ils voudraient qu'il soit.

Le film excelle à capter le moment où les choses se grippent, où les tensions s'exacerbent, où la comédie vire au tragique. La solitude alors s'ajoute à la déception d'avoir perdu une affection irremplaçable après avoir, à force de surdité, de malentendus et de maladresses provoqué une situation de non retour. C'est drôle, c'est triste, c'est tendre, c'est touchant, c'est follement humain et ça rend un peu furieux car tout ces gens là auraient pu être bien ensemble, ils avaient tout pour ça dans un monde qui a la chance de ne pas avoir faim ou froid et finalement ils n'ont que le malheur qu'ils s'inventent. Tous sont condamnés à regarder le temps qui passe et il leur en reste assez pour regretter longtemps les trains qu'ils n'ont pas su prendre, les bonheurs qu'ils n'ont pas su retenir. Certains cependant tirent leur épingle du jeu et arrivent à faire bifurquer leur vie vers son côté lumineux : après le mal être et l'orage, il arrive aussi que l'espoir rebondisse. Parce que tous ont en réserve la possibilité de choisir la tolérance plutôt que l'incompréhension, l'acceptation plutôt que le rejet… C'est un film comme un bouquet de nouvelles, un film « mosaïque » où les situations se répondent, sans pour autant être liées, qui aboutit au bout du compte à la vision d'une société en mal de projets, en mal d'idéal, de repères qui donneraient un peu le goût et le sens de la relativité, une société qui tourne en rond sur elle-même.

Les comédiens sont superbes, on affectionne particulièrement Grégory Gadebois et Alice Isaaz, sa fille, mais tous jouent leur partition avec densité et donnent furieusement envie de se précipiter sur le bouquin de Richard Bausch dont le film n'emprunte qu'une partie des nouvelles.(Utopia)

Le Vox : mer 27 13:50 16:00 20:00 , jeu 28 13:50 18:30 20:45, ven 29 13:50 18:30 21:00, sam 30 16:05 18:30 21:00, dim 1 13:50 16:00 20:45, lun 2 13:50 16:00 21:00, mar 3 13:50 16:10 21:00


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Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 septembre 2017

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Tout d’abord un petit rappel de la soirée organisée le  dimanche 24 au CGR  à 20h30 avec le film  : Une femme fantastique de Sébastian Lelio qui a recu un Ours d’or à Berlin.
Le 8 octobre Entretoiles vous proposera une soirée avec Petit Paysan et Gabriel et La Montagne (sous réserve), et enfin le 15 octobre une séance à film unique avec 120 Battements Par Minute. Au cine-club au  CGR cette semaine  en VF I Am Not Your Negro un film de Raoul Peck  qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies.

A Lorgues une film espagnol  Que Dios Nos Perdone, un thriller haletant glauque et très violent. A Cotignac Barbara pour les fans de la chanteuse disparue.

A Cotignac Un vent de liberté film iranien qui séduit par son écriture très fine, précise, et par la qualité de ses acteurs.
Enfin au Vox outre les mêmes films que la semaine dernière Faute d'amour un film russe du réalisateur de Léviathan, qui a remporté le prix du Jury au dernier festival de cannes.
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 20 AU 26 SEPTEMBRE 2017
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
I Am Not Your Negro
Réalisé par Raoul PECK
Documentaire France / USA 2016 1h33mn VOSTF
Écrit par James Baldwin et Raoul Peck. Texte dit par Samuel L. Jackson
« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur ». Il est plus que jamais indispensable d'écouter la parole, de lire les mots de l'écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), qui sont la chair et l'âme de ce magnifique documentaire réalisé de main de maître par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Un film qui évoque l'Histoire américaine à travers le destin tragique de trois leaders incontestés de la lutte des Noirs : Medgar Evers, mort assassiné le 12 juin 1963. Malcolm X, mort assassiné le 21 février 1965. Martin Luther King Jr, mort assassiné le 4 avril 1968... lire la suite
CGR en ciné-club : Mer 20 et sam 23 / 17h50, jeu 21 /19h50, ven 22/ 15h30, lun 25 /20h, mar 26/13h50
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Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Une femme fantastique
Réalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.
Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie… lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h
Affiche
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120 Battements Par Minute
Réalisé par Robin CAMPILLO
France 2017 2h20mn
avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade...
Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.
C'est un film à la fois énergique et bouleversant qui raconte – sachant que le réalisateur et le co-scénariste furent partie prenante de l'histoire – ce que fut l'aventure d'Act-Up, cette association née au début des années 1990 pour défendre les droits et la visibilité des personnes atteintes du virus du Sida. L'aventure intense d'une bande de jeunes garçons et filles tous unis contre une maladie mortelle inconnue, apparue à la fin des années 80 et qui devait décimer en une décennie toute une partie de la communauté homosexuelle mais aussi des populations marginalisées (toxicomanes, prostitué(e)s, personnes incarcérées). Les militants d'Act-Up (et le film par capillarité) n'étaient ni larmoyants ni tristes (même si les décès réguliers de leurs compagnons les affectaient), mais bien au contraire combattaient et souhaitaient continuer à danser, faire la fête et aimer... lire la suite
LORGUES : jeu 21 et sam 23/18h, ven 22 et dim 24/ 20h30, mer 20/ 21h, ven 22/ 16h30, sam 23/ 21h, lun 25 /21h
SALERNES : jeu 21 et sam 23/18h, ven 22 et dim 24/ 20h30
LE LUC : Mer 20/ 20h30, jeu21 /13h30, dim 24 18h30
LE VOX : Jeu 21/15h35, sam 23 /13h50, mar 26/15h30
Affiche
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Que Dios Nos Perdone
Réalisé par Rodrigo SOROGOYEN
Espagne 2016 2h06mn VOSTF
avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Maria Ballesteros...
Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña
Deux ans après La Isla minima de glorieuse mémoire, voici un film remarquable qui prouve que le polar espagnol sait décidément être grand. Réalisé par un nouveau venu (c'est son deuxième long métrage), Rodrigo Sorogoyen, Que Dios nos perdone respecte les règles les plus classiques du genre tout en créant le léger décalage qui fait la différence entre un produit de série et une œuvre marquante, témoin saisissant d'une époque, de ses mœurs publiques et privées, de ses dérives, de ses abandons... lire la suite
LORGUES : mer 20/ 18h35, sam 23 / 18h30, lun 25 /18h30
Affiche
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Barbara
Réalisé par Mathieu AMALRIC
France 2017 1h37
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani, Aurore Clément, Grégoire Colin, Fanny Imber...
Scénario de Mathieu Amalric et Philippe Di Folco. PRIX JEAN VIGO 2017
L'air de rien, s'attaquer à un film sur Barbara, en terme d'inconscience, ça doit se situer à peu près entre la promenade en canot pneumatique dans un lagon infesté de crocodiles et l'ascension solitaire de l'Everest par la face nord. Une espèce de pari totalement déraisonnable, dont on doit se dire sur le moment que l'idée est séduisante, mais un quart de seconde plus tard la considération un peu sérieuse des obstacles à surmonter suffirait à faire renoncer le plus aguerri des casse-cou. Or donc, nous pouvons estimer que Mathieu Amalric a cette fois largement dépassé le seuil du raisonnable. Pour notre plus grand bonheur... lire la suite
COTIGNAC : Jeu 21/ 18h et 20h30
Affiche
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Un Vent de liberté
Écrit et réalisé par Behnam BEHZADI
Iran 2016 1h24 VOSTF
avec Sahar Dolatshahi, Ali Mossafa, Ali Reza Aghakhani, Setareh Pesyani...
Un voile de pollution grise envahit Téhéran, étouffant, tout particulièrement les jours où les couches d'air frais et d'air chaud s'inversent. C'était d'ailleurs le titre original du film : Inversion, un titre peu évocateur reconnaissons-le, surtout pour qui ne connaît pas le phénomène. Une brume chaude et grise vous prend alors à la gorge, vous toussez, vous avez du mal à respirer, les fragiles ont consigne de se calfeutrer chez eux, les écoles ferment… Pourtant la vie continue. Au bout de quelques jours les miasmes se dissipent et tout le monde oublie. Jusqu'au prochain épisode. On subit mais on accepte parce qu'on a fait sa vie là, qu'on aime sa ville et que de toute façon il n'y a pas vraiment le choix. On s'habitue à ne pas avoir le choix... lire la suite
COTIGNAC : Ven 22/ 18het 20h30, Dim 24 /18h
Affiche
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Faute d'amour
Réalisé par Andreï ZVIAGUINTSEV
Russie 2017 2h07mn VOSTF
avec Marianna Spivak, Alexei Rozine, Matvei Novikov, Marina Vassilieva...
Scénario d’Oleg Neguine et Andreï Zviaquintsev. PRIX DU JURY, FESTIVAL DE CANNES 2017
Si jamais il y a eu de la tendresse entre Boris et Genia, cela devait être dans une autre vie. Aujourd'hui il n'y a plus que mépris réciproque et violence verbale. Le couple est en train de divorcer et chacun attend avec hâte que leur appartement soit vendu pour se séparer définitivement et entamer une nouvelle vie. Genia pourra définitivement s'installer chez son amant, Anton, un homme très aisé dont elle semble sérieusement éprise. Quant à Boris, il rejoindra sa jeune maîtresse, Macha, déjà enceinte de ses œuvres. Nous sommes en Russie, chez des gens qui n'ont pas de problèmes de fin de mois. Pas des oligarques qui vivent six mois de l'année sur leur yacht au large de la côte d'azur, mais des Moscovites qui ont su s'adapter avec aisance au capitalisme. Boris travaille dans une entreprise qui semble prospère et Genia gère un institut de beauté. Ils ne parleraient pas russe, on pourrait penser que ce début de film se déroule à New York, Paris ou Berlin... lire la suite
LE VOX : Mer 20/13H50 18H15 20H45, Jeu 21/13h50 18h15 20h45, ven22  /13h50 18h15 21h, sam 23/ 15h25 18h25 20h30, lundi 25 /13h50 20h, mardi 26 13h50 18h15 20h45

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

I Am Not Your Negro
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Raoul PECK
Documentaire France / USA 2016 1h33mn VOSTF
Écrit par James Baldwin et Raoul Peck. Texte dit par Samuel L. Jackson

« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur »
« Humainement, personnellement, la couleur n'existe pas, politiquement elle existe. » James Baldwin

Il est plus que jamais indispensable d'écouter la parole, de lire les mots de l'écrivain afro-américain James Baldwin(1924-1987), qui sont la chair et l'âme de ce magnifique documentaire réalisé de main de maître par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Un film qui évoque l'Histoire américaine à travers le destin tragique de trois leaders incontestés de la lutte des Noirs : Medgar Evers, mort assassiné le 12 juin 1963. Malcolm X, mort assassiné le 21 février 1965. Martin Luther King Jr, mort assassiné le 4 avril 1968. À travers leur personnalité et leur parcours, à travers leur combat, à travers les pouvoirs, les puissances, les croyances, les préjugés qu'ils ont dû affronter, I am not your negro (quel titre !) nous donne un éclairage passionnant sur l'évolution et l'état actuel de nos sociétés.

James Baldwin, jeune écrivain ouvertement homosexuel, avait quitté les États-Unis ségrégationnistes et homophobes pour rejoindre en 1948 le Paris Rive gauche et bohème de l'après guerre, bien plus ouvert. Mais au début des années 60, alors que débutait la lutte pour les droits civiques aux USA, il se lie d'amitié avec les trois leaders cités plus hauts, malgré leurs différences, malgré leurs divergences. Leurs assassinats(pour Medgar Evers, le jour même de le déclaration de John Kennedy sur les droits civiques !) inspirent le texte splendide qui accompagne le film en voix off et qui est le fil directeur reliant les images d'archives et les interviews de Baldwin lui-même. Une des premières séquences d'interview télé met en lumière, de manière tragiquement ironique, le profond ancrage de la pensée raciste ordinaire : ça se passe en 1965, un journaliste persuadé d'être bienveillant rappelle à son invité que « les Noirs ont connu de nombreux progrès récents, et qu'on les voit même dans les publicités » ! L'écrivain rétorque que tant qu'on parlera comme cela des Noirs, rien ne sera réglé…

Nombre d'images d'archives sont saisissantes… On croit avoir tout vu de la connerie crasse des théories racistes, mais dans cet extrait où une blanche ségrégationniste déclare que si Dieu peut pardonner le meurtre ou l'adultère, il ne pardonnera jamais la fin de la ségrégation à l'école… on se dit que la réalité peut dépasser la fiction. On citera encore ces images terrifiantes de visages – y compris d'enfants – déformés par la haine quand, en 1957, la jeune Dorothy Counts, 15 ans, est la première collégienne noire d'un État du Sud à tenter de rentrer dans un collège blanc, encadrée par des policiers qui la protègent.

Le film de Raoul Peck – réalisateur entre autres de Lumumba, splendide portrait du leader africain – restitue toute la grandeur, toute la dignité, toute l'intelligence du combat pour la justice et les droits civiques des Afro-américains, aujourd'hui confrontés au racisme de l'Etat Trump. Il n'est probablement pas indifférent que Raoul Peck soit haïtien, citoyen du premier pays à s'être libéré par ses propres moyens du joug colonial, face à ce qui était alors la première armée occidentale au monde, celle de Napoléon. Et comme le rappelait James Baldwin, la liberté ne se donne pas, elle se prend. C'est ce qu'on fait les Haïtiens, sans attendre l'abolition de l'esclavage accordé par les dominants. Black Lives Matter ! (Utopia)

CGR en ciné-club : Mer 20 et sam 23 / 17h50, jeu 21 /19h50, ven 22/ 15h30, lun 25 /20h, mar 26/13h50

Une femme fantastique
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.

Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie…
Que se passe-t-il quand ce qui devait rester secret éclate au grand jour par l'effet d'un accident de cette foutue vie et confronte l'amante à l'épouse délaissée qui n'a jamais compris, jamais accepté le choix atypique de son mari, pas plus que l'un des fils et ses proches qui réagissent avec haine devant cet amour hors norme ? Une réaction tellement violente qu'on se demande si Marina ne sert pas de révélateur à leur part d'ombre, à des désirs inavoués. C'est qu'elle est bien convenable, la famille d'Orlando, et elle ne digère pas qu'il ait ainsi tout bousculé pour une Marina qui représente tout ce qu'ils rejettent, les perturbe, leur fait horreur. Que se passe-t-il quand on meurt dans les bras de la mauvaise personne et que tous s'acharnent à considérer cet amour comme une perversion inacceptable et vous empêchent d'approcher de l'être aimé une dernière fois, vous soupçonnant du pire sans considération pour votre chagrin, vous jetant en pâture aux enquêteurs juste pour avoir été là au mauvais moment et n'avoir pas le bon profil ? Les enquêteurs eux-mêmes ne sont pas très clairs dans leur attitude, bourrés de préjugés, d'idées précuites…
Elle est forte Marina, elle est libre Marina et rien ni personne ne saurait lui dicter sa conduite, ne saurait l'empêcher de vivre sa vie de femme, celle qu'elle a choisi : « on ne nait pas femme, on le devient », l'identité n'est pas liée à la chair. Rien n'est figé et personne n'est condamné à vivre dans ses formes… revendique Marina qui plie mais ne rompt pas. Parfois elle cherche refuge chez son vieux professeur de chant, un type touchant en diable, humain, gentil, bon prof : on en a la démonstration lors du final, quand Marina se produit sur scène, formidable aussi dans son rôle de soliste baroque avec ce petit je ne sais quoi dans la voix qui la rend tellement émouvante et on comprend à l'écouter combien l'amour de la beauté comme l'amour de la vie lui permettent de s'élever au delà des petites saloperies de ses congénères.
Una mujer fantastica ! dit le titre original. Et quand on fouille un peu par ci par là sur internet, on peut trouver des interview de l'actrice parlant d'elle-même et de ses engagements : allez donc voir si vous entendez l'espagnol, ça vaut le détour : Daniela Vega… elle est chanteuse dans la vraie vie. Son réalisateur est intarissable sur sa personnalité : « à la fois très politique et très légère, d'une immense énergie, beaucoup d'intelligence et d'humour ». Elle était associée au projet du film en tant que consultante « c'est quand j'ai fini le scénario que j'ai compris que mon héroïne, c'était elle ». C'est son premier très grand rôle et il paraît que sa personnalité a fait sensation à Berlin où ce splendide film a décroché un Ours d'argent et plusieurs nominations. (Utopia)


CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h

120 Battements Par Minute
Réalisé par Robin CAMPILLO
France 2017 2h20mn
avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade...
Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.
C'est un film à la fois énergique et bouleversant qui raconte – sachant que le réalisateur et le co-scénariste furent partie prenante de l'histoire – ce que fut l'aventure d'Act-Up, cette association née au début des années 1990 pour défendre les droits et la visibilité des personnes atteintes du virus du Sida. L'aventure intense d'une bande de jeunes garçons et filles tous unis contre une maladie mortelle inconnue, apparue à la fin des années 80 et qui devait décimer en une décennie toute une partie de la communauté homosexuelle mais aussi des populations marginalisées (toxicomanes, prostitué(e)s, personnes incarcérées).
Les militants d'Act-Up (et le film par capillarité) n'étaient ni larmoyants ni tristes (même si les décès réguliers de leurs compagnons les affectaient), mais bien au contraire combattaient et souhaitaient continuer à danser, faire la fête et aimer. Ils menaient des actions spectaculaires qui choquaient l'opinion publique tout en la réveillant, en l'informant : sur l'inaction des pouvoirs publics, sur la réalité de la maladie, sur la duplicité des laboratoires pharmaceutiques spéculant sur la mort. Ce faisant ils vivaient leurs passions à cent à l'heure, dans une course contre la montre et la grande faucheuse.
Si ce film est à ce point emballant, enthousiasmant, transportant, c'est peut-être parce qu'il est exceptionnel de voir réunis dans une même œuvre la force du politique, de la lutte commune et la puissance individuelle de personnages magnifiquement campés, aussi impliqués dans le combat d'Act-Up que dans leurs histoires d'amour à la vie à la mort.
Dans 120 Battements par minute, on voit des réunions d'amphi enflammées au cours desquelles les militants se déchirent pour le choix de la stratégie à mener, les plus radicaux s'opposant toujours aux plus pragmatiques. Et c'est passionnant de découvrir le frémissement des idées en marche. On voit des actions choc, parfois réussies, parfois ratées, parce que la lutte se nourrit aussi de la leçon des échecs. Mais on voit aussi naître une magnifique d'histoire d'amour entre un jeune militant radical se sachant malade – et dont la colère n'a d'égale que sa rage de vivre – et un garçon épargné par le virus qui, amoureux comme on peut l'être une ou deux fois dans sa vie, veut mener son histoire jusqu'au bout… et c'est waouuuuuch ! Mais jamais cette histoire individuelle n'affadit la lutte collective, à l'inverse elle la fait vibrer, l'irradie jusqu'au bout, jusqu'à un final que je ne veux évidemment pas vous gâcher.
120 battements par minute – le titre fait allusion au rythme de la musique house qui enflamma autant les nuits parisiennes que les manifestations d'Act-Up, les premières à se doter d'énormes camions sono –, porté par des acteurs pour la plupart inconnus (à l'exception d'Adèle Haenel) mais sublimes (notamment l'incroyable Nahuel Perez Biscayart, qui incarne le plus écorché vif des militants) est une leçon de vie, bien au-delà du Sida ou de la question homosexuelle, une ode formidable à la vitalité de la lutte pour revendiquer nos choix individuels de vie. (Utopia)

LORGUES : jeu 21 et sam 23/18h, ven 22 et dim 24/ 20h30, mer 20/ 21h, ven 22/ 16h30, sam 23/ 21h, lun 25 /21h
SALERNES : jeu 21 et sam 23/18h, ven 22 et dim 24/ 20h30
LE LUC : Mer 20/ 20h30, jeu21 /13h30, dim 24 18h30
LE VOX : Jeu 21/15h35, sam 23 /13h50, mar 26/15h30

Que Dios Nos Perdone
Réalisé par Rodrigo SOROGOYEN
Espagne 2016 2h06mn VOSTF
avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Maria Ballesteros...
Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña

Deux ans après La Isla minima de glorieuse mémoire, voici un film remarquable qui prouve que le polar espagnol sait décidément être grand. Réalisé par un nouveau venu (c'est son deuxième long métrage), Rodrigo Sorogoyen, Que Dios nos perdone respecte les règles les plus classiques du genre tout en créant le léger décalage qui fait la différence entre un produit de série et une œuvre marquante, témoin saisissant d'une époque, de ses mœurs publiques et privées, de ses dérives, de ses abandons.

Nous sommes à Madrid pendant l'été 2011. Un moment difficile pour les autorités qui préparent l'arrivée du pape Benoît XVI dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse et qui, dans le même temps, font face à une autre jeunesse, moins facile à canaliser : le mouvement des « indignados » est en effet en train de naître place de la Puerta del Sol. La police madrilène est donc déjà sur les dents quand survient une série de crimes particulièrement atroces dont les victimes sont toutes de vieilles dames parfaitement respectables.

Les inspecteurs Velarde et Alfaro sont chargés de l'enquête et la consigne de leurs supérieurs ne souffre pas de discussion : « Pas de vagues ! » Or, si une certaine discrétion, pour une raison qu'on vous laisse découvrir, peut caractériser l'inspecteur Velarde, c'est loin d'être la qualité principale de son collègue. Ce binôme, excellemment interprété par Antonio de la Torre et Roberto Alamo, concourt grandement à la réussite du film. Les deux flics sont totalement différents mais parfaitement complémentaires, dans la grande tradition des duos du cinéma noir. Par ailleurs, leurs vies privées respectives, chaotique pour l'un, trop lisse pour l'autre, dévoileront des failles intimes pas toujours compatibles avec la profession qu'ils exercent, les responsabilités qu'elle implique et la disponibilité maximale que réclame une enquête de plus en plus difficile. Car le tueur ne chôme pas…

Qu'il s'agisse du contexte politique, entre cortèges de fidèles dans les rues et manifs de contestataires sur les places, qu'il s'agisse de la peinture d'une ville en mouvement, Madrid étant un personnage à part entière de l'intrigue, ou qu'il s'agisse de l'analyse subtile de la psychologie des personnages – et pas seulement celle des deux flics, on comprend que Rodrigo Sorogoyen et sa co-scénariste Isabel Peña ont effectué en amont un très rigoureux travail d'écriture. Ce type même de travail qui manque parfois aux films de cinéma alors qu'il fait la force des séries télévisées actuelles, en particulier policières. Pour ce qui est de la réalisation, la scène de poursuite, tournée dans la ville caméra à l'épaule, avec un nombre impressionnant de figurants, montre à elle seule la maîtrise du metteur en scène.(Utopia)


LORGUES : mer 20/ 18h35, sam 23 / 18h30, lun 25 /18h30


Barbara
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Mathieu AMALRIC
France 2017 1h37
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani, Aurore Clément, Grégoire Colin, Fanny Imber...
Scénario de Mathieu Amalric et Philippe Di Folco. PRIX JEAN VIGO 2017

L'air de rien, s'attaquer à un film sur Barbara, en terme d'inconscience, ça doit se situer à peu près entre la promenade en canot pneumatique dans un lagon infesté de crocodiles et l'ascension solitaire de l'Everest par la face nord. Une espèce de pari totalement déraisonnable, dont on doit se dire sur le moment que l'idée est séduisante, mais un quart de seconde plus tard la considération un peu sérieuse des obstacles à surmonter suffirait à faire renoncer le plus aguerri des casse-cou. Or donc, nous pouvons estimer que Mathieu Amalric a cette fois largement dépassé le seuil du raisonnable. Pour notre plus grand bonheur.

Barbara était une chanteuse hors du commun ? Il faut donc que le film soit, lui aussi, hors du commun. De Barbara, qui se sera précautionneusement tenue toute sa vie à l'écart de la presse et des « people », on ne sait rien – ou si peu. Ce qu’elle aura suggéré dans ses chansons, ce qu'elle aura fugacement évoqué au détour d'une interview, trois fois rien. Le film est un anti-biopic, fait de bribes et de broc, de sensations et de simili-anecdotes, de rêveries réinventées mêlées d'images retrouvées.
Il y aurait un « mystère Barbara », une légende d’amour passionnel avec le public, une véritable communion. Le film raconte cette émotion indicible, la rend palpable et vivante au commun des mortels comme à celles et ceux qui la vécurent, chaque soir de spectacle, à l’unisson. À l’image de la Dame en noir, le film, tour à tour généreux et secret, explose comme un feu d’artifice de talent et d’orgueil pour immédiatement après capter tout en douceur la fragile humanité ou la fêlure intime.

Cerise sur le gâteau, parce que sinon l'entreprise paraîtrait encore trop simple, trop balisée, le film ne doit pas être vraiment un film sur la chanteuse Barbara – ni tout à fait un film sur la femme Barbara. Pour décrypter le lien magique mais tellement ténu qui unit l'une aux autres, le film joue jusqu'au vertige d'un jeu de miroirs à mille facettes, d'une mise en abyme (comme on dit chez les doctes critiques) vertigineuse, où un réalisateur (évidemment incarné par Mathieu Amalric lui-même) dirige une comédienne (Jeanne Balibar) dans le biopic qu’il réalise (avec plus ou moins de recul) sur Barbara. Elle Barbara apparaît bien et belle à l’écran : extraits de films, de concerts et d’images d’archives. Et peu à peu s’opère une étrange alchimie.
Tandis que le réalisateur du film dans le film perd pied, au fur et à mesure que la comédienne s’approprie son rôle, le récit s’effiloche doucement en touches impressionnistes tantôt réalistes, tantôt oniriques. Il arrive que la frontière entre réalité documentaire et fiction se fait de plus en plus incertaine. Jeanne Babibar est Barbara. Ou Barbara est Jeanne Balibar. On ne sait plus. On aurait envie de crier bravo à la performance devant la course d'obstacles – et pourtant non, c'est à un pur moment de poésie brute, faisant preuve d'une inventivité visuelle, sonore et émotionnelle de tous les instants.

Ceux qui ne connaissent rien de Barbara pourront-ils l’apprécier ? On prend le pari que oui, pourvu qu’ils aiment simplement le mystère de la musique. C’est-à-dire les soupirs, les échos, le murmure, le silence, tout ce dont le chant de Barbara est aussi constitué.(utopia)

COTIGNAC : Jeu 21/ 18h et 20h30

Un Vent de liberté
Écrit et réalisé par Behnam BEHZADI
Iran 2016 1h24 VOSTF
avec Sahar Dolatshahi, Ali Mossafa, Ali Reza Aghakhani, Setareh Pesyani...

Un voile de pollution grise envahit Téhéran, étouffant, tout particulièrement les jours où les couches d'air frais et d'air chaud s'inversent. C'était d'ailleurs le titre original du film : Inversion, un titre peu évocateur reconnaissons-le, surtout pour qui ne connaît pas le phénomène. Une brume chaude et grise vous prend alors à la gorge, vous toussez, vous avez du mal à respirer, les fragiles ont consigne de se calfeutrer chez eux, les écoles ferment… Pourtant la vie continue. Au bout de quelques jours les miasmes se dissipent et tout le monde oublie. Jusqu'au prochain épisode. On subit mais on accepte parce qu'on a fait sa vie là, qu'on aime sa ville et que de toute façon il n'y a pas vraiment le choix. On s'habitue à ne pas avoir le choix.

Niloofar est une belle femme de trente cinq ans, avec une famille : des frères, des sœurs, des oncles, des tantes… Elle vit avec sa mère qui n'en fait qu'à sa tête, refuse de respecter les consignes de prudence et sort voir les copines par tous les temps… jusqu'au jour où elle fait un malaise. À l'hôpital le toubib est formel : la pollution va la tuer si elle ne quitte pas Téhéran l'enfumée…
Après quelques conciliabules familiaux, on conclut qu'il n'est pas question pour le frère de s'éloigner de la capitale : il a son commerce ; pareil pour la sœur aînée qui a mari et enfants… Niloofar est donc désignée à l'unanimité moins une voix, la sienne : elle quittera son boulot, elle ira vivre à la campagne avec sa mère… Sauf que Niloofar a elle aussi sa vie, dont elle ne dit pas tout à sa famille, avec une possible histoire d'amour qui pointe son nez, un amour qui remonte à loin, interrompu déjà par des obligations familiales, des malentendus… et qui pourrait devenir enfin possible. De plus, ses activités lui plaisent, elle aussi aime Téhéran et elle n'en peut plus qu'on décide à sa place de ce que sera sa vie…
A Téhéran comme ailleurs, allez savoir pourquoi, ce sont souvent les filles qui s'occupent des mères vieillissantes. Les hommes ont trop à faire et puis ne savent pas : ce n'est pas dans leur culture, c'est bien connu… Niloofar n'a jamais eu le choix de rien et pourtant cette fois elle se rebelle : ras la casquette d'être la fille modèle, aimante et douce, ras le bol de faire des concessions ! L'affrontement va opposer les frère et sœurs… et personne ne songe à demander l'avis de la mère qui semble se moquer de la campagne et de la pollution, souhaitant simplement qu'on la laisse vivre elle aussi selon ses propres choix. A Téhéran comme ailleurs, il ne fait pas bon être femme, il ne fait pas bon être dans un état de faiblesse et les décisions prises « pour le bien de l'intéressé » le sont souvent pour préserver avant tout la tranquillité de ceux qui décident à sa place.(utopia)

La pollution est un problème récurrent à Téhéran, située dans une cuvette entourée de montagnes. Un Comité d'urgence de la pollution atmosphérique veille et prend à chaque poussée des mesures pour rendre l'atmosphère plus vivable : suspension de la circulation dans le centre ville, de l'activité des mines et usines aux alentours, des travaux de construction. Des ambulances stationnent sur les grandes places, prêtes à intervenir… Entre mars 2015 et mars 2016, 5 834 personnes ont perdu la vie à Téhéran à cause de la pollution ! Cette histoire de famille, avec ses petits soucis affectifs et les désirs de liberté de l'héroïne, traduit donc bien la nécessité vitale que ressentent les habitants et plus encore les habitantes de la capitale iranienne de pouvoir simplement respirer ! Au propre comme au figuré.

COTIGNAC : Ven 22/ 18het 20h30, Dim 24 /18h

Faute d'amour

AURORERéalisé par Andreï ZVIAGUINTSEV
Russie 2017 2h07mn VOSTF
avec Marianna Spivak, Alexei Rozine, Matvei Novikov, Marina Vassilieva...
Scénario d’Oleg Neguine et Andreï Zviaquintsev. PRIX DU JURY, FESTIVAL DE CANNES 2017

Si jamais il y a eu de la tendresse entre Boris et Genia, cela devait être dans une autre vie. Aujourd'hui il n'y a plus que mépris réciproque et violence verbale. Le couple est en train de divorcer et chacun attend avec hâte que leur appartement soit vendu pour se séparer définitivement et entamer une nouvelle vie. Genia pourra définitivement s'installer chez son amant, Anton, un homme très aisé dont elle semble sérieusement éprise. Quant à Boris, il rejoindra sa jeune maîtresse, Macha, déjà enceinte de ses œuvres. Nous sommes en Russie, chez des gens qui n'ont pas de problèmes de fin de mois. Pas des oligarques qui vivent six mois de l'année sur leur yacht au large de la côte d'azur, mais des Moscovites qui ont su s'adapter avec aisance au capitalisme. Boris travaille dans une entreprise qui semble prospère et Genia gère un institut de beauté. Ils ne parleraient pas russe, on pourrait penser que ce début de film se déroule à New York, Paris ou Berlin.

Juste les derniers moments d'une crise à gérer avant que chacun puisse se reconstruire sur de nouvelles bases. A priori donc, rien de vraiment compliqué, si ce n'était ce petit caillou dans la chaussure qui pourrait empêcher le couple de repartir d'un bon pied. Ce tout petit caillou, c'est Aliocha, leur fils d'une douzaine d'années. Aliocha ouvre le film dans une très belle scène qui dit énormément de choses. Le jeune garçon, comme il doit le faire tous les jours, sort de son collège, traverse un bois, longe une rivière en regardant au loin les immeubles où il vit. Où il vit chez ses parents, plutôt qu'avec ses parents car ceux-ci, entre leur travail et leur vie privée, sont rarement présents. Et quand ils sont là, c'est pour se haïr ouvertement ou pour se rejeter à la figure la garde future d'Aliocha comme s'il s'agissait d'un bibelot qu'on n'aime pas spécialement mais qu'on est obligé d'emporter. Lui entend tout, encaisse tout, pleure sans qu'aucun de ses parents ne le voie, même quand ils sont dans la même pièce.

Après Elena, après Leviathan, Faute d'amour est encore un grand film d'Andreï Zviaguintsev. Un film sur l'enfance malheureuse qu'il traite avec un regard extrêmement délicat et nous ne sommes pas près d'oublier le visage du jeune Matveï Novikov pleurant dans la salle de bain. Un film sur un couple, Boris et Genia, capable de se déchirer, voire même de se déchiqueter, de manière totalement égoïste sans penser un seul instant aux dégâts provoqués autour d'eux. Mais aussi un film sur le couple en général, cette association parfois composée de deux individus incapables de réfléchir à l'avenir, aveuglés qu'ils sont par le bonheur présent. En effet, on ne peut s'empêcher de penser que tout va recommencer. Dans le même lieu, avec ce couple qui vient visiter l'appartement. Dans d'autres lieux, avec ces deux nouveaux couples formés par Boris et sa nouvelle compagne, par Genia et son nouveau compagnon. Enfin un film sur la Russie actuelle. Leviathandénonçait un pays rongé par la corruption, Faute d'amour montre un pays miné par l'individualisme, la relation que Genia entretient avec son portable étant particulièrement révélatrice, et un état failli qui n'assure pas à ses citoyens le minimum qu'ils sont en droit d'attendre. Seul éclair dans ce tableau, la mobilisation réelle d'une association de citoyens bénévoles palliant les carences de la police.

Faute d'amour a obtenu le Prix du jury lors du dernier Festival de Cannes. Nombreux pensent que c'est la Palme d'Or qu'il aurait dû recevoir…(Utopia)

LE VOX : Mer 20/13H50 18H15 20H45, Jeu 21/13h50 18h15 20h45, ven22  /13h50 18h15 21h, sam 23/ 15h25 18h25 20h30, lundi 25 /13h50 20h, mardi 26 13h50 18h15 20h45


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Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Date et signature :

Au(x) cinéma(s) du 13 au 19 septembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Tout d'abord, nous sommes désolés de l'annulation de dernier moment, par CGR, de la soirée Entretoiles de dimanche ! Nous espérons que vous avez été nombreux à voir à temps  le mail d'annulation !
Cette soirée Entretoiles, est reportée au dimanche 12 novembre, sur le thème"films noirs" avec Le Caire confidentiel de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et K.O. de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable. Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !

CGR vous propose cette semaine en film ciné-club Le Grand Méchant Renard et autres contes de Benjamin Renier et Patrick Imbert, un film qui fait rire aux éclats petits et grands.. Au CGR toujours, vous pouvez aussi voir Les Grands Esprits  de Olivier Ayache Vidal, une réussite entre fiction documentée et comédie populaire et  Dunkerque de Christopher Nolan (mais en VF), une histoire de survie et un film de suspens captivant.

Entretoiles vous proposera ensuite le dimanche 24 septembre un film splendide qui a reçu un ours d'argent à Berlin : Une femme fantastique de Sébastian Lelio. Le 8 octobre Entretoiles vous proposera une soirée avec Petit paysan et Gabriel et La montagne (sous réserve), et enfin le 15 octobre une séance à film unique avec 120 battements par minute.

A Lorgues, rien apparemment, si ce n'est juste ce mercredi Lola Pater ! A Cotignac : Le Dernier Vice-Roi des Indes de Gurinder Chadha, une histoire qui n'en finit pas de peser sur notre actualité, My Cousin Rachel de Roger Michell, une réussite, Visages Villages, un hymne aux simples mortels et Ôtez-moi D'un Doute de Carine Tardieu, un film qui vous rend durablement le sourire.

Au Vox à Fréjus, Une famille syrienne de PH. Van Leeuw, puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, Le Redoutable de Michel Hazunavicus, avec le personnage de Jean Luc Godard dans ses différents motifs, The Party de Sally Potter, un petit bijou atypique et savoureux et enfin Petit Paysan (que nous espérons vous montrer en octobre à Draguignan) de Hubert Charuel, film d'une trempe exceptionnel, chronique de la vie paysanne, filmée comme un film noir, haletant et bouleversant.

Voici le prochain film ciné club au CGR :  I am not your negro

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 13 AU 19 SEPTEMBRE 2017

 

Affiche
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Le Grand Méchant Renard et autres contes
Réalisé par Benjamin RENNER et Patrick IMBERT
Film d'animation France 2017 1h19mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 5/6 ANS, MAIS LES ADULTES AUSSI VONT SE RÉGALER !
Le rideau s’ouvre et… Ah non, attendez, on n’est pas prêt ! Le joyeux bazar interrompt Renard qui présente le spectacle en trois actes. Ah voilà, ça y est, on peut commencer… Dans un verdoyant coin de campagne, une petite ferme vit paisiblement, aux abords de la forêt. Les animaux s’autogèrent, chacun dans le rôle que lui assignent les usages ruraux mais chacun doté d'une personnalité bien marquée. Le chien de garde est partisan du moindre effort et ne pense qu’à dormir, la poule militante organise une milice anti-renards, le canard et le lapin sont deux compères un peu andouilles, un peu nounouilles mais terriblement attachants, et le cochon, à l’inverse, est un être aussi rationnel que pragmatique. Non loin de là, le renard a faim, le renard a la dalle, le renard a les crocs. Il n'a qu'à se servir dans le poulailler me direz-vous… Le problème, c’est que le malheureux est tout sauf effrayant, il est même totalement inoffensif et bien incapable d'aller bouloter la moindre poule... lire la suite
CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
Affiche
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Dunkerque
Écrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...
Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale. Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante... lire la suite
CGR : mercredi 13 à 20h, jeudi 14 à 13h30, vendredi 15 à 11h et 20h, lundi 18 et mardi 19 à 13h30
Résultat de recherche d'images pour "affiche chaque jour est une fete"
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Une femme fantastique
Réalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.
Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie… lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h
Affiche
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Les Grands Esprits
Écrit et réalisé par Olivier AYACHE-VIDAL
France 2017 1h46mn
avec Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo, Tabono Tandia, Pauline Huruguen, Léa Drucker...
Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles... lire la suite
CGR : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10
Affiche
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Le Dernier Vice-Roi des Indes
Réalisé par Gurinder CHADHA
GB/Inde 2017 1h50 VOSTF
avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Qureshi, Om Puri, Lily Travers, Mickael Gambon, Jaz Deol...
Scénario de Paul Mayeda Berges, Moira Buffini et Gurinder Chadha
L’entrée en matière a tout pour faire rêver : un palais somptueux, des jets d’eau qui gazouillent, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique ample. Ça vous a un petit air de Downton Abbey, garanti made in England… mais nous sommes en Inde, en 1947, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre.
On se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine qui fleure bon l'empire colonial à son apogée et Gurinder Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a 15 ans le pétulant Joue-là comme Beckham, nous raconte bien autre chose qu’une bluette...
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COTIGNAC : jeu 14 / 20h30
Affiche
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My Cousin Rachel
Écrit et réalisé par Roger MICHELL
GB 2017 1h46 VOSTF
avec Rachel Weisz, Sam Claflin, Holiday Grainger, Irina Glen, Pierfrancesco Favino...
D'après le roman de Daphné Du Maurier
C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïqueet la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition... lire la suite
COTIGNAC : ven 15 /18h et 20h30
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Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....
À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 16h15, jeudi 14 et vendredi 15 à 18h30, samedi 16 à 13h50, dimanche 17 à 18h45, lundi 18 à 16h15, mardi 19 à 13h50
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Visages Villages
Écrit, réalisé et commenté par Agnès VARDA et JR
Documentaire France 2017 1h29mn
avec JR, AV, des habitants de tous les coins de France qui auraient pu être vous ou moi...
Musique originale de Matthieu Chedid
Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter... lire la suite
COTIGNAC : dim 17 / 18h
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Ôtez-moi D'un Doute
Réalisé par Carine TARDIEU
France 2017 1h40
avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Alice de Lencquesaing, Esteban...
Scénario de Carine Tardieu, Michel Leclerc et Raphaële Moussafir
Il y a des situations, des métiers, comme ça, qui vous titillent immédiatement la curiosité. Démineur, instantanément, on pense : méticuleux et casse-cou. Un job qui demande autant de témérité que de précision, de finesse, de sang froid, d'habileté et de diplomatie. Erwan est démineur. Façonné par et pour son travail, qu'il exerce le long de la côte bretonne au gré des découvertes de mines en mer ou dans les dunes, Erwan abrite donc une âme d'orfèvre dans un corps massif, granitique, taillé pour résister aux tempêtes comme au souffle des grenades. Ça, c'est côté boulot. Après, on ne va pas se mentir, en matière de finesse, d'habileté et de diplomatie, il est quand même vachement plus à son aise avec la dynamite – aux réactions somme toute assez basiques – qu'avec ses contemporains, beaucoup plus complexes à comprendre, délicats à manier – et quasiment impossible à désamorcer... lire la suite
COTIGNAC : LUN18 / 18h et 20h30
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Le Redoutable
Écrit et réalisé par Michel HAZANAVICIUS
France 2017 1h47mn
avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Jean-Pierre Mocky...
Librement adapté des livres d'Anne Wiazemsky, Une année studieuse et surtout Un an après
Précisions liminaires : inutile de bien connaître l'œuvre de Jean-Luc Godard pour apprécier comme il se doit Le Redoutable, nul besoin non plus d'être un cinéphile aguerri. Chacun se laissera embarquer dans cette plongée étonnante et parfois cocasse dans l'univers du cinéaste et dans l'effervescence de Mai 68. Extrêmement plaisant. « Paris, 1967. Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette. Jean-Luc est le cinéaste star de sa génération. Anne est belle comme le petit jour et l’admire. Les jeunes mariés sont gais et heureux. Mais le film est incompris à sa sortie. Jean-Luc, alors, se remet en question : que vaut le cinéma, son cinéma, dans la nouvelle déferlante politique de Mai 68 ? À force de s'éloigner de ses proches pour plonger dans des mouvements collectifs, à force de concepts et de mots, c’est son mariage qu’il va noyer... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h30 et 20h45, jeudi 14 et dimanche 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, vendredi 15 et samedi 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, lundi 18 à 15h30, 17h45, 20h, mardi 19 à 13h50, 18h15 et 20h45
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The Party
Écrit et réalisé par Sally POTTER
GB 2017 1h10 VOSTF
avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Emily Mortimer, Cillian Murphy...
Voilà un petit bijou atypique et savoureux, à la fois farce théâtrale cruelle et critique acide du désenchantement politique dans un pays en plein traumatisme post-Brexit. The Party – qui n'a rien à voir avec l'inégalable comédie homonyme de Blake Edwards – pourrait être le croisement improbable entre La Corde d'Alfred Hitchcock, thriller millimétré se déroulant dans un lieu unique et en temps réel, et Festen, le brûlot du danois Vinterberg dans lequel une réunion de famille tourne au désastre, chacun se balançant au visage vérités enfouies et sales petits secrets gardés trop longtemps sous le tapis… Le point commun entre les deux, et même les trois si l'on inclut le film qui nous occupe aujourd'hui, étant un humour noir cinglant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h15 et 20h45, jeudi 14 VF à 13h50 et VO à 16h45 et 18h30, vendredi 15 VO à 13h50 et 21h, VF 16h15, samedi 16 VO 15h30, 19h et 21h, dimanche 17 VO 15h35, 20h45, VF 17h10, lundi 18 VO 13h50, 15h50 et 20h30, mardi 19 VO 13h50, 15h40 et 20h45
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Petit Paysan
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel.
Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 16h15, 18h45 et 21h, jeudi 7 à 13h50, 16h15 et 21h, vendredi 8 à 13h50, 16h15 et 18h30, samedi 9 à 13h50, 17h30 et 21h, dimanche 10 à 13h50, 15h40 et 19h15, lundi 11 à 13h50, 15h40 et 21h, mardi 12 à 13h50, 18h30 et 21h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

Le Grand Méchant Renard et autres contes
Réalisé par Benjamin RENNER et Patrick IMBERT
Film d'animation France 2017 1h19mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 5/6 ANS, MAIS LES ADULTES AUSSI VONT SE RÉGALER !

Le rideau s’ouvre et… Ah non, attendez, on n’est pas prêt ! Le joyeux bazar interrompt Renard qui présente le spectacle en trois actes. Ah voilà, ça y est, on peut commencer… Dans un verdoyant coin de campagne, une petite ferme vit paisiblement, aux abords de la forêt. Les animaux s’autogèrent, chacun dans le rôle que lui assignent les usages ruraux mais chacun doté d'une personnalité bien marquée. Le chien de garde est partisan du moindre effort et ne pense qu’à dormir, la poule militante organise une milice anti-renards, le canard et le lapin sont deux compères un peu andouilles, un peu nounouilles mais terriblement attachants, et le cochon, à l’inverse, est un être aussi rationnel que pragmatique. Non loin de là, le renard a faim, le renard a la dalle, le renard a les crocs. Il n'a qu'à se servir dans le poulailler me direz-vous… Le problème, c’est que le malheureux est tout sauf effrayant, il est même totalement inoffensif et bien incapable d'aller bouloter la moindre poule.
Sur les conseils du loup (beaucoup trop détesté par le reste des animaux pour pouvoir lui-même approcher de la ferme), le renard décide de chaparder des œufs : eux, au moins, pas besoin de leur faire peur ! Attendre un peu, les laisser éclore et CROC ! Mais voilà que les trois poussins, à peine sortis de l'œuf, n'ont qu'on mot au bec en découvrant le renard à l'affût : « maman !!! » Et notre goupil se retrouve, effaré, chef de famille !

Comment faire pour élever trois poussins quand on est un renard ? Et comment un canard, un lapin et un cochon peuvent livrer un bébé, alors qu’aucun d’eux ne vole comme une cigogne (quand même supposée faire le boulot) ? Enfin, comment sauver Noël quand le père Noël (en plastique certes, mais Canard et Lapin ne veulent pas y croire) est tombé du toit ? Autant de questions loufoques dont les réponses du même métal seront données par les animaux de la troupe de théâtre de la ferme, qui jouent ces trois histoires pour nous.
Après le merveilleux Ernest et Célestine, ce ne sont pas les dessins de Gabrielle Vincent que Benjamin Renner (avec la complicité de Patrick Imbert) va animer cette fois, mais les siens : en l'occurrence ses albums Un bébé à livrer et Le Grand méchant renard. Les trois histoires du film peuvent être vues comme des contes qui abordent des sujets tout ce qu'il y a de réalistes et sérieux, mais dédramatisés, rendus accessibles et drôles parce qu'ils sont transposés dans le monde animal : un renard qui devient la mère célibataire de trois poussins peut questionner sur le fait d’élever seul(e) ses enfants et sur la place du Genre dans la famille. Le renard pas effrayant pour un sou renverse par ailleurs les stéréotypes dans une ambiance pleine d’humour et de dérision…
La musique de Robert Marcel Lepage, bien plus qu’une illustration cartoon, complète les séquences comiques et les émotions. Chaque personnage a son thème musical récurrent, ce qui n’est pas sans rappeler Pierre et le loup.
Pour finir, les dessins en aquarelle, très simples, subliment ce paysage rural et bucolique, restant d’une étonnante fidélité envers les BD, et les voix, loin des horreurs suraiguës et surjouées des dessins animés de TV, sont d’une agréable justesse.

Un film qui nous fait rire aux éclats, conçu « comme un petit bonbon, comme un moment de détente léger, amusant et sans prétention à partager en famille. » (Benjamin Renner). Tout est dit, venez partager ! (Utopia)


CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
 

Dunkerque
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...

Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale.
Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante.
Nous sommes au début de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a lancé une grande offensive dans les Ardennes qui a pris à revers les troupes franco-britanniques engagées en Belgique, les obligeant à reculer jusqu'à la mer du Nord. En mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques et français se retrouvent ainsi encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique vers l'Angleterre. Il faudra la mobilisation et l'action héroïque des forces françaises présentes pour mener à bien ce sauvetage incroyable : en neuf jours, 338 226 combattants seront évacués, dans des conditions dantesques.
Christopher Nolan : « C’est un moment essentiel dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Si cette évacuation n’avait pas été un succès, la Grande-Bretagne aurait été obligée de capituler. Et le monde entier aurait été perdu, ou aurait connu un sort différent : les Allemands auraient sans doute conquis l’Europe, les US ne seraient pas rentrés en guerre… C’est un vrai point de rupture dans la guerre et dans l’histoire du monde. Un moment décisif. Et le succès de l’évacuation a permis à Churchill d’imposer l’idée d’une victoire morale, ce qui lui a ensuite permis de galvaniser ses troupes comme les civils et d’imposer un esprit de résistance alors que la logique de cette séquence aurait dû être celle de la reddition. Sur le plan militaire c’est une défaite ; sur le plan humain c’est une victoire colossale. »
L'histoire s'intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l'Opération Dynamo. Alors que les troupes du Corps expéditionnaire sont évacuées par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d'ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit.
Christopher Nolan : « Dunkerque n'est pas un film de guerre. C'est une histoire de survie et avant tout un film de suspense. Donc bien que le film ait un haut niveau d'intensité, il ne traite pas nécessairement de l'aspect sanglant du combat, ce qui a déjà été très bien fait dans plein d'autres films. On a vraiment essayé une approche différente et d'imposer l'intensité d'une autre façon. » (Utopia)


CGR : mercredi 13 à 20h, jeudi 14 à 13h30, vendredi 15 à 11h et 20h, lundi 18 et mardi 19 à 13h30

 

Une femme fantastique
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.

Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie…
Que se passe-t-il quand ce qui devait rester secret éclate au grand jour par l'effet d'un accident de cette foutue vie et confronte l'amante à l'épouse délaissée qui n'a jamais compris, jamais accepté le choix atypique de son mari, pas plus que l'un des fils et ses proches qui réagissent avec haine devant cet amour hors norme ? Une réaction tellement violente qu'on se demande si Marina ne sert pas de révélateur à leur part d'ombre, à des désirs inavoués. C'est qu'elle est bien convenable, la famille d'Orlando, et elle ne digère pas qu'il ait ainsi tout bousculé pour une Marina qui représente tout ce qu'ils rejettent, les perturbe, leur fait horreur. Que se passe-t-il quand on meurt dans les bras de la mauvaise personne et que tous s'acharnent à considérer cet amour comme une perversion inacceptable et vous empêchent d'approcher de l'être aimé une dernière fois, vous soupçonnant du pire sans considération pour votre chagrin, vous jetant en pâture aux enquêteurs juste pour avoir été là au mauvais moment et n'avoir pas le bon profil ? Les enquêteurs eux-mêmes ne sont pas très clairs dans leur attitude, bourrés de préjugés, d'idées précuites…
Elle est forte Marina, elle est libre Marina et rien ni personne ne saurait lui dicter sa conduite, ne saurait l'empêcher de vivre sa vie de femme, celle qu'elle a choisi : « on ne nait pas femme, on le devient », l'identité n'est pas liée à la chair. Rien n'est figé et personne n'est condamné à vivre dans ses formes… revendique Marina qui plie mais ne rompt pas. Parfois elle cherche refuge chez son vieux professeur de chant, un type touchant en diable, humain, gentil, bon prof : on en a la démonstration lors du final, quand Marina se produit sur scène, formidable aussi dans son rôle de soliste baroque avec ce petit je ne sais quoi dans la voix qui la rend tellement émouvante et on comprend à l'écouter combien l'amour de la beauté comme l'amour de la vie lui permettent de s'élever au delà des petites saloperies de ses congénères.
Una mujer fantastica ! dit le titre original. Et quand on fouille un peu par ci par là sur internet, on peut trouver des interview de l'actrice parlant d'elle-même et de ses engagements : allez donc voir si vous entendez l'espagnol, ça vaut le détour : Daniela Vega… elle est chanteuse dans la vraie vie. Son réalisateur est intarissable sur sa personnalité : « à la fois très politique et très légère, d'une immense énergie, beaucoup d'intelligence et d'humour ». Elle était associée au projet du film en tant que consultante « c'est quand j'ai fini le scénario que j'ai compris que mon héroïne, c'était elle ». C'est son premier très grand rôle et il paraît que sa personnalité a fait sensation à Berlin où ce splendide film a décroché un Ours d'argent et plusieurs nominations. (Utopia)


CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h

Les Grands Esprits
Écrit et réalisé par Olivier AYACHE-VIDAL
France 2017 1h46mn
avec Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo, Tabono Tandia, Pauline Huruguen, Léa Drucker...

Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles. Volontiers donneur de leçons, François Foucault ne dédaigne pas à l’occasion de mettre en valeur sa petite personne. Par exemple en pérorant sur l’Éducation nationale, répétant à qui veut l’entendre que l’essentiel des difficultés seront résolues le jour où on aura su imposer une vraie mixité sociale dans les établissements – et pas uniquement parmi les élèves, mais aussi, mais surtout dans les équipes enseignantes, trop systématiquement composées, dans les collèges et lycées « difficiles », de jeunes profs inexpérimentés, en début de carrière, envoyés au feu tandis que leurs homologues mieux nés et mieux diplômés pantouflent dans les établissements cotés des centre-villes. Bon, ce disant, il ne parle pas pour lui, évidement, mais des autres, d’une situation générale. Sauf que, le hasard faisant curieusement bien les choses, il est entendu par « le ministère ». Qui trouve l’idée excellente. Et voilà notre Hussard noir de la République version 2017, avec son cartable bien ciré, son élégant costume et ses belles certitudes, exfiltré malgré lui pour une année scolaire au collège Barbara de Stains. L’occasion de frotter ses belles théories à la réalité d’un établissement classé REP + (pour Réseaux d’Education Prioritaire renforcés), autrement dit : là où le sens de la mission de l’Éducation Nationale serait un peu plus immédiatement perceptible qu’ailleurs.

Entre fiction documentée et comédie populaire, Les Grands esprits évite le piège de la caricature qui s’ouvrait grand sous ses pieds. Et ça marche, et même du feu de dieu ! Certainement parce qu’Olivier Ayache-Vidal apporte un soin méticuleux à décrire de l’intérieur la vie de ce collège en zone défavorisée. Sans les idéaliser, il rend justice aux élèves, aux équipes pédagogiques, qu’il a très longuement côtoyés en préparant son film (deux ans d’immersion), raconte de façon extrêmement documentée et sensible leur « vrai » quotidien, leurs réussites, leurs échecs, leurs lassitudes aussi. On suit d’abord avec curiosité, puis avec de plus en plus d’empathie et de bonheur la composition de Denis Podalydès, la transformation du petit tyranneau de lycée cossu en Daniel Pennac du 9-3. La façon dont il apprend, progressivement, à transmettre et faire aimer tout son beau savoir encyclopédique à des gamins pour lesquels il y a un réel enjeu à le recevoir, sa découverte in-situ de cette banlieue aussi violente qu’attachante, ne se veulent en rien exemplaires. Les Grands esprits n’est pas un pamphlet, ni une charge, ni un mode d’emploi. Il tend simplement un miroir très juste, assez peu complaisant mais globalement positif, à une institution souvent mal aimée, caricaturée et mise à mal par des politiques publiques qui, d’économies budgétaires en réformes structurelles, semblent s’être donné comme objectif de la vider de sa mission originelle. À l’heure où il est de bon ton de le dénigrer, de lui opposer des « alternatives » idylliques qui font leur lit sur un catastrophique manque de moyens, cette réhabilitation énergique et sans fards de l’enseignement public qui pourrait (enfin) réconcilier les enseignants, les élèves et leurs parents, a, en cette rentrée, quelque chose de tout à fait réjouissant. (Utopia)


CGR : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10

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Soirée Entretoiles du 10 septembre

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Un petit rappel de la 1ère soirée Entretoiles de l'année, ce dimanche 10 septembre, sur le thème"films noirs" avec "Le Caire confidentiel" de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et "KO" de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable.

Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !

Affiche
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LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là...
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Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR
Affiche
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K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine... lire la suite
Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là…
Nourredine est un de ces policiers qui arpentent la nuit les rues survoltées de la mégalopole égyptienne, moins pour protéger les citoyens que pour rançonner petits commerçants et magouilleurs en tous genres à qui lui et ses collègues assurent protection contre rétribution. Car dans l'Egypte de Moubarak, où la police et encore plus la Sécurité nationale sont toutes puissantes, chaque citoyen a intégré la corruption comme un fait normal. Noureddine n'est ni meilleur ni pire que les autres : à quoi bon ne pas profiter de sa position quand tout le système vous y incite, et que personne ne semble devoir vous réfréner ? Il est même probable qu'il n'a pas le choix, c'est le principe de toutes les dictatures et de tous les systèmes mafieux : quand le crime et les abus de pouvoir deviennent la norme, ne pas y participer devient dangereux.
Mais ce soir-là n'est pas comme les autres : on découvre le corps sans vie d'une chanteuse dans une suite du prestigieux Nile Hilton. Une femme de chambre soudanaise désormais introuvable semble avoir été témoin du meurtre. Pour Noureddine et ses collègues, la course contre la montre débute pour trouver la jeune femme en fuite avant que les meurtriers ne la fassent taire définitivement.
L'affaire va se corser quand il s'avère qu'un homme d'affaires proche de l'entourage de Moubarak pourrait être lié au meurtre. Pour une fois, Nourredine décide de ne pas enterrer une affaire délicate pour le régime, pour une fois il choisit de ne pas en profiter pour monnayer son inaction. Pourquoi ? Une soudaine bouffée de conscience professionnelle ? Un réveil politique dans un contexte pré-insurrectionnel ? Les beaux yeux de la troublante Gina, chanteuse tunisienne amie de la victime ? En tout cas il va se retrouver pris dans un dangereux engrenage…
Maitrisant parfaitement les ressorts du polar, Tarek Saleh nous offre avec son inspecteur Noureddine un formidable personnage de anti-héros, qu'il fait se débattre dans un contexte historique, politique, social… superbement décrit. Rien que dans cette scène emblématique où on voit les policiers essayant de contenir les manifestants se retourner sans hésiter contre les snipers de Moubarak qui commencent à tirer sur la foule, on saisit le climat révolutionnaire du moment, on sait que le pays va basculer…
Pas étonnant que ce film remarquable ait remporté la récompense suprême dans deux festivals aussi différents que celui du film indépendant de Sundance (créé par Robert Redford) et celui du film policier de Beaune : Le Caire Confidentiel joue et gagne sur plusieurs tableaux, c'est pour ça qu'il est singulier et passionnant. (Utopia)

Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR


K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine. Après Simon Werner a disparu, son premier long métrage, Fabrice Gobert signe là un film ambitieux et fait preuve d’une étonnante maîtrise dans la mise est scène (ne serait-ce que dans le choix du cinémascope qui donne aux images une force particulière).
Le salaud, c’est Antoine Leconte, homme de télévision, homme de pouvoir qui a toutes les qualités requises pour le job : arrogant, dominateur, cynique, incapable de la moindre empathie avec son entourage qu’il n'oublie jamais d'humilier avec le sourire, histoire d’asseoir son pouvoir. Il règne, avec sa gueule de beau gosse et son sourire carnassier, sur toute une petite cour mais lorsqu’il rentre le soir dans sa belle et vaste demeure des quartiers chics, croyez-vous qu’il tombe la veste pour enfiler les pantoufle du gentil mari doux et aimant ? Non, il est toujours le même salaud. Sa femme d’ailleurs, largement cocufiée, va le quitter tant elle est au bout du rouleau.
Des types comme ça ont des ennemis, forcément, et forcément un jour, c’est la tuile. Antoine se retrouve plongé dans un coma profond… Quand il en sort, tout a l'air pareil mais les choses ont changé. On ne le reconnaît plus comme avant, il y a moins de courbettes, il semble avoir moins d’autorité, mois d’ascendant sur les autres… Et pourtant son univers est toujours là, bien en place ! Le soir, quand il se présente à la grille de sa maison des beaux quartiers, pour enfin rentrer chez lui, le code ne fonctionne plus. En fait ce sont tous les codes d’Antoine qui ne fonctionnent plus…
Commence alors une descente aux enfers, ou dans un autre monde, pas un monde parallèle, non, le monde qui était à côté de lui et que, du haut de son arrogance, il ne voyait pas… Mais peut-être que non, peut-être que tout cela n’était qu’un rêve, peut-être qu’il est fou, peut-être qu’il s’agit d’un vaste complot, à moins que…
Il y a milles vies dans celle d’Antoine Leconte et mille interprétation de ce K.O. qui s’ancre à la fois dans une approche sociétale du monde du travail, ses rapports de domination et de castes, mais aussi dans une vision plus romanesque : celle de l’âme, de la reconquête de l’amour perdu, sans oublier bien entendu le fantastique. Efficace en diable. (Utopia)

Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30

Au(x) cinéma(s) du 6 au 12 septembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Et voilà ! Entretoiles est de retour après une longue interruption estivale et vous apporte aujourd'hui une belle moisson de plaisirs cinématographiques !

Commençons par la 1ère soirée Entretoiles de l'année, ce dimanche 10 septembre, sur le thème"films noirs" avec "Le Caire confidentiel" de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et "KO" de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable. Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !
CGR vous propose en film ciné-club "Django" de Etienne Comar, sur la vie du grand Django Reinhart sous l’occupation et superbement interprété par Reda Kateb. Au CGR toujours, vous pouvez aussi voir Dunkerque de Christopher Nolan (mais en VF), une histoire de survie et un film de suspens captivant.
Entretoiles vous proposera ensuite le dimanche 24 septembre un film splendide qui a reçu un ours d'argent à Berlin : Une femme fantastique de Sébastian Lelio
A Lorgues : Djam de Tony Gatlif qui renoue avec le meilleur de son inspiration, Lola Pater de Nadir Moknèche sur les secrets de famille et Les sentinelles de Pierre Pezerat, sur une des luttes contre Monsanto.
Au Vox à Fréjus, Une famille syrienne de PH. Van Leeuw, puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, 120 battements par minute de Robin Campillo, film énergique et bouleversant sur l'aventure d'Act up, et enfin Petit paysan (que nous espérons vous montrer en octobre à Draguignan) de Hubert Charuel, film d'une trempe exceptionnel, chronique de la vie paysanne, filmée comme un film noir, haletant et bouleversant.
Voici les prochains films ciné club au CGR : Le grand méchant renard et I am not your negro

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 6 AU 12 SEPTEMBRE 2017

 

Affiche
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LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là...
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Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR
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K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine... lire la suite
Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30
Affiche
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DJANGO
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
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DUNKERQUE
Écrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...
Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale. Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante... lire la suite
CGR : jeudi 7, vendredi 8, samedi 9, dimanche 10; lundi 11 et mardi 12 à 11h et 20h
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UNE FEMME FANTASTIQUE
Réalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.
Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie… lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h
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DJAM
Écrit et réalisé par Tony GATLIF
France/Grèce/Turquie 2017 1h37 VOSTF
avec Daphné Patakia, Simon Abkarian, Maryne Cayon, Kimon Kouris, Solon Lekkas...
Tony Gatlif est un cinéaste qui, plus que tout autre probablement, a mis la musique au cœur de son cinéma. La musique et tout ce qu'elle apporte de récits, de mythes, d'élan, de liberté. Il part ici à la rencontre d'une culture qu'il n'avait pas encore explorée, à l’extrémité orientale de la Méditerranée, la « mare nostrum » de l'Antiquité, qui a vu au fil des millénaires naître et mourir les espoirs des hommes. Pas étonnant pour un homme qui, de père kabyle et de mère gitane, s'est toujours défini comme méditerranéen. Bienvenue donc à Mytilène, sur l'ile de Lesbos, île emblématique puisque grecque mais située à quelques encablures des côtes turques. On y découvre Djam, jeune fille libre et fantasque, affolant les désirs des hommes. La première scène – très belle – nous la montre dansant le long d'un grillage évoquant d'emblée la frontière dérisoire que le monde occidental tente de dresser face à l'arrivée des migrants venus de l'Orient si loin et pourtant si proche. Et dès cette première séquence, on comprend que la musique, en l'occurrence le rebetiko, sera le fil directeur du film. Le rebetiko, c'est cette étonnante musique triste et enivrante que les Grecs, chassés de Turquie par Atatürk au début du xxe siècle, chantaient dans les quartiers populaires d'Athènes ou de Thessalonique... lire la suite
LORGUES mer 6/17h , ven 8 /21h15 , sam 9 /18h15
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LOLA PATER
Écrit et réalisé par Nadir MOKNÈCHE
France 2017 1h35
avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Nadia Kaci, Lucie Debay, Lubna Azabal, Véronique Dumont, Raphaëlle Lubansu...
Parmi les petits plaisirs délectables que peuvent vous procurer les films, il y a celui de se plonger dans les secrets de famille des autres. Par exemple dans ceux de ce charmant brun trentenaire : Zino. Alors qu'il se recueille sur la tombe fraîchement creusée de sa mère dans le carré musulman d'un cimetière parisien, il est loin d'imaginer la vague déferlante qui va venir balayer le récit maternel. De son père absent elle lui disait peu. Elle en avait supprimé les traces, les photos. Il se serait volatilisé, aurait abandonné femme et enfant sans une explication ni un regard en arrière. Sujet délicat, rarement abordé, jamais creusé pour ne pas blesser l'épouse délaissée un quart de siècle plus tôt. Mais les histoires que gobe sans broncher un fiston aimant tiennent rarement le choc devant un notaire, catégorie bien renseignée et fouineuse s'il en est, dès qu'il s'agit de droits de succession. C'est ainsi que l'homme de loi va retrouver la trace du paternel prétendument disparu et se faire un devoir de communiquer son adresse... lire la suite
LORGUEs mer 13 /19h et 21h
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LES SENTINELLES
Réalisé par Pierre Pezerat
documentaire France 2015 1h44mn
Henri Pezerat, chercheur et militant, a consacré la deuxième moitié de sa vie à défendre les victimes ouvrières contre les atteintes à la Santé au Travail. Le film raconte comment il a été un acteur important, même si méconnu, de l’interdiction de l’amiante en France, comment, à sa mort en 2009, sa compagne Annie et quelques autres ont repris le flambeau de sa lutte, en créant l’association qui porte son nom. Qu’ils soient victimes de l’amiante, des pesticides ou d’autres poisons, ces hommes et ces femmes retrouvent leur dignité dans le combat pour faire reconnaître leur maladie et demander des comptes à ceux qui les ont empoisonnés. Ce besoin de justice s’affranchit totalement du cadre socio-culturel de ceux qui sont victimes, il va casser le clivage qui peut exister entre les milieux aussi éloignés que le monde ouvrier et le monde paysan. Que ce soit avec l’amiante, ou avec les pesticides, au xxe ou au xxie siècle, les pratiques de certains industriels peu scrupuleux et de leurs lobbies sont toujours les mêmes, et en plus ça marche. D’abord, il s’agit de produire au moindre prix une marchandise, quelqu’en soit son caractère dangereux, puis d’organiser le mensonge sur sa non dangerosité... lire la suite
LORGUES lun 11/ 20h
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UNE FAMILLE SYRIENNE
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....
À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 et jeudi 7 à 13h50, 18h30 et 21h, vendredi 8 et mardi 12 à 13h50, 16h et 21h, samedi 9 à 13h50, 19h20 et 21h10, dimanche 10 à 13h50, 17h30 et 21h
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120 BATTEMENTS PAR MINUTE
Réalisé par Robin CAMPILLO
France 2017 2h20mn
avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade...
Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.
C'est un film à la fois énergique et bouleversant qui raconte – sachant que le réalisateur et le co-scénariste furent partie prenante de l'histoire – ce que fut l'aventure d'Act-Up, cette association née au début des années 1990 pour défendre les droits et la visibilité des personnes atteintes du virus du Sida. L'aventure intense d'une bande de jeunes garçons et filles tous unis contre une maladie mortelle inconnue, apparue à la fin des années 80 et qui devait décimer en une décennie toute une partie de la communauté homosexuelle mais aussi des populations marginalisées (toxicomanes, prostitué(e)s, personnes incarcérées).
Les militants d'Act-Up (et le film par capillarité) n'étaient ni larmoyants ni tristes (même si les décès réguliers de leurs compagnons les affectaient), mais bien au contraire combattaient et souhaitaient continuer à danser, faire la fête et aimer. Ils menaient des actions spectaculaires qui choquaient l'opinion publique tout en la réveillant, en l'informant : sur l'inaction des pouvoirs publics, sur la réalité de la maladie, sur la duplicité des laboratoires pharmaceutiques spéculant sur la mort. Ce faisant ils vivaient leurs passions à cent à l'heure, dans une course contre la montre et la grande faucheuse...
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 6, jeudi 7 et mardi 12 à 15h45, vendredi 8,samedi 9, dimanche 10 et lundi 11 à 18h
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PETIT PAYSAN
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel.
Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 16h15, 18h45 et 21h, jeudi 7 à 13h50, 16h15 et 21h, vendredi 8 à 13h50, 16h15 et 18h30, samedi 9 à 13h50, 17h30 et 21h, dimanche 10 à 13h50, 15h40 et 19h15, lundi 11 à 13h50, 15h40 et 21h, mardi 12 à 13h50, 18h30 et 21h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là…
Nourredine est un de ces policiers qui arpentent la nuit les rues survoltées de la mégalopole égyptienne, moins pour protéger les citoyens que pour rançonner petits commerçants et magouilleurs en tous genres à qui lui et ses collègues assurent protection contre rétribution. Car dans l'Egypte de Moubarak, où la police et encore plus la Sécurité nationale sont toutes puissantes, chaque citoyen a intégré la corruption comme un fait normal. Noureddine n'est ni meilleur ni pire que les autres : à quoi bon ne pas profiter de sa position quand tout le système vous y incite, et que personne ne semble devoir vous réfréner ? Il est même probable qu'il n'a pas le choix, c'est le principe de toutes les dictatures et de tous les systèmes mafieux : quand le crime et les abus de pouvoir deviennent la norme, ne pas y participer devient dangereux.
Mais ce soir-là n'est pas comme les autres : on découvre le corps sans vie d'une chanteuse dans une suite du prestigieux Nile Hilton. Une femme de chambre soudanaise désormais introuvable semble avoir été témoin du meurtre. Pour Noureddine et ses collègues, la course contre la montre débute pour trouver la jeune femme en fuite avant que les meurtriers ne la fassent taire définitivement.
L'affaire va se corser quand il s'avère qu'un homme d'affaires proche de l'entourage de Moubarak pourrait être lié au meurtre. Pour une fois, Nourredine décide de ne pas enterrer une affaire délicate pour le régime, pour une fois il choisit de ne pas en profiter pour monnayer son inaction. Pourquoi ? Une soudaine bouffée de conscience professionnelle ? Un réveil politique dans un contexte pré-insurrectionnel ? Les beaux yeux de la troublante Gina, chanteuse tunisienne amie de la victime ? En tout cas il va se retrouver pris dans un dangereux engrenage…
Maitrisant parfaitement les ressorts du polar, Tarek Saleh nous offre avec son inspecteur Noureddine un formidable personnage de anti-héros, qu'il fait se débattre dans un contexte historique, politique, social… superbement décrit. Rien que dans cette scène emblématique où on voit les policiers essayant de contenir les manifestants se retourner sans hésiter contre les snipers de Moubarak qui commencent à tirer sur la foule, on saisit le climat révolutionnaire du moment, on sait que le pays va basculer…
Pas étonnant que ce film remarquable ait remporté la récompense suprême dans deux festivals aussi différents que celui du film indépendant de Sundance (créé par Robert Redford) et celui du film policier de Beaune : Le Caire Confidentiel joue et gagne sur plusieurs tableaux, c'est pour ça qu'il est singulier et passionnant. (Utopia)

Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR

K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine. Après Simon Werner a disparu, son premier long métrage, Fabrice Gobert signe là un film ambitieux et fait preuve d’une étonnante maîtrise dans la mise est scène (ne serait-ce que dans le choix du cinémascope qui donne aux images une force particulière).
Le salaud, c’est Antoine Leconte, homme de télévision, homme de pouvoir qui a toutes les qualités requises pour le job : arrogant, dominateur, cynique, incapable de la moindre empathie avec son entourage qu’il n'oublie jamais d'humilier avec le sourire, histoire d’asseoir son pouvoir. Il règne, avec sa gueule de beau gosse et son sourire carnassier, sur toute une petite cour mais lorsqu’il rentre le soir dans sa belle et vaste demeure des quartiers chics, croyez-vous qu’il tombe la veste pour enfiler les pantoufle du gentil mari doux et aimant ? Non, il est toujours le même salaud. Sa femme d’ailleurs, largement cocufiée, va le quitter tant elle est au bout du rouleau.
Des types comme ça ont des ennemis, forcément, et forcément un jour, c’est la tuile. Antoine se retrouve plongé dans un coma profond… Quand il en sort, tout a l'air pareil mais les choses ont changé. On ne le reconnaît plus comme avant, il y a moins de courbettes, il semble avoir moins d’autorité, mois d’ascendant sur les autres… Et pourtant son univers est toujours là, bien en place ! Le soir, quand il se présente à la grille de sa maison des beaux quartiers, pour enfin rentrer chez lui, le code ne fonctionne plus. En fait ce sont tous les codes d’Antoine qui ne fonctionnent plus…
Commence alors une descente aux enfers, ou dans un autre monde, pas un monde parallèle, non, le monde qui était à côté de lui et que, du haut de son arrogance, il ne voyait pas… Mais peut-être que non, peut-être que tout cela n’était qu’un rêve, peut-être qu’il est fou, peut-être qu’il s’agit d’un vaste complot, à moins que…
Il y a milles vies dans celle d’Antoine Leconte et mille interprétation de ce K.O. qui s’ancre à la fois dans une approche sociétale du monde du travail, ses rapports de domination et de castes, mais aussi dans une vision plus romanesque : celle de l’âme, de la reconquête de l’amour perdu, sans oublier bien entendu le fantastique. Efficace en diable. (Utopia)

Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30

 

DJANGO
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée.
1943. Django, au sommet de son art, reconnu, adulé, fait swinguer le tout Paris aux Folies Bergères avec son quintet. Comme bon nombre d’artistes français de cette époque, on joue devant un parterre composé en partie d’officiers allemands, sans trop se soucier du chaos lointain, ni de ce qui se trame aux quatre coins de l’Europe. Django a sa guitare, sa famille, sa canne à pêche, son public et une certaine immunité acquise par sa célébrité et son talent… Cette guerre, c’est celle des gadjos, certainement pas la sienne.
Mais l’Allemagne en veut toujours plus et l'agent du guitariste négocie avec l'occupant une magistrale tournée qui le mènerait à Berlin, orchestrée par la propagande nazie, pour le bon plaisir des hauts officiers du Reich, avec, aux premiers rangs Gœbbels et peut-être même Hitler. Flairant le danger, Django décide alors de fuir en zone libre, aidé par la belle et mystérieuse Louise De Klerk, une vieille connaissance, amatrice éclairée de jazz, reine des nuits parisiennes, admiratrice fidèle, et peut-être encore plein d’autres choses plus ou moins secrètes, plus ou moins avouables…
A Thonon-les-Bains, il va attendre plusieurs semaines le moment propice pour un passage en Suisse. Entouré de sa famille proche – sa femme enceinte, sa mère qui est aussi sa costumière et son meilleur impresario, son frère qui l’accompagne sur scène – mais aussi de sa famille de cœur et d’histoire – les habitants d'un camp tzigane rencontrés sur place – Django va découvrir la terrible réalité de son temps.
Avec ce qu’il faut de fiction et d’entorses bienveillantes à la réalité, Django nous offre le portrait admiratif – mais pas toujours aimable – d’un musicien hors norme qui va voir sa vie et son art bouleversés au contact de l’horreur en marche. Si les scènes de concerts sont remarquablement filmées et rendent toute l’énergie vitale de ce jazz manouche, la manière dense et pudique dont le film traite de l’oppression puis de l’extermination du peuple tzigane est particulièrement émouvante.
À travers ce personnage mythique interprété par Reda Kateb avec le talent, la grâce, la gouaille dandy qu'on lui connaît, Django interroge la place de l’artiste et de l’art dans ces moments terribles de l’histoire où la poésie et la liberté sont elles aussi pourchassées, parquées, exécutées. Si le film s’ouvre sur le roi du swing parisien, il évolue peu à peu vers quelque chose de plus mélancolique et se referme sur le « Requiem pour mes frères tziganes » pour orgue, orchestre et chœur. Jouée une seule fois à la Libération, cette messe funèbre dont la partition est aujourd’hui perdue fut dédiée par Django à tous les Tziganes massacrés pendant la Seconde Guerre mondiale. (Utopia)

CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
 

DUNKERQUE
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...
Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale.
Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante.
Nous sommes au début de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a lancé une grande offensive dans les Ardennes qui a pris à revers les troupes franco-britanniques engagées en Belgique, les obligeant à reculer jusqu'à la mer du Nord. En mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques et français se retrouvent ainsi encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique vers l'Angleterre. Il faudra la mobilisation et l'action héroïque des forces françaises présentes pour mener à bien ce sauvetage incroyable : en neuf jours, 338 226 combattants seront évacués, dans des conditions dantesques.
Christopher Nolan : « C’est un moment essentiel dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Si cette évacuation n’avait pas été un succès, la Grande-Bretagne aurait été obligée de capituler. Et le monde entier aurait été perdu, ou aurait connu un sort différent : les Allemands auraient sans doute conquis l’Europe, les US ne seraient pas rentrés en guerre… C’est un vrai point de rupture dans la guerre et dans l’histoire du monde. Un moment décisif. Et le succès de l’évacuation a permis à Churchill d’imposer l’idée d’une victoire morale, ce qui lui a ensuite permis de galvaniser ses troupes comme les civils et d’imposer un esprit de résistance alors que la logique de cette séquence aurait dû être celle de la reddition. Sur le plan militaire c’est une défaite ; sur le plan humain c’est une victoire colossale. »
L'histoire s'intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l'Opération Dynamo. Alors que les troupes du Corps expéditionnaire sont évacuées par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d'ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit.
Christopher Nolan : « Dunkerque n'est pas un film de guerre. C'est une histoire de survie et avant tout un film de suspense. Donc bien que le film ait un haut niveau d'intensité, il ne traite pas nécessairement de l'aspect sanglant du combat, ce qui a déjà été très bien fait dans plein d'autres films. On a vraiment essayé une approche différente et d'imposer l'intensité d'une autre façon. » (Utopia)

CGR : jeudi 7, vendredi 8, samedi 9, dimanche 10; lundi 11 et mardi 12 à 11h et 20h

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Au(x) cinéma(s) du 21 au 27 juin

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est encore Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées (que vous pouvez aussi voir à Fréjus).

Pour ce début d'été, et pour terminer cette année en beauté, nous vous rappelons qu'Entretoiles  vous propose  une soirée à 2 films sur le thème "Films d'Asie",  avec Adieu Mandalay de Midi Z, un film qui nous émeut et nous captive et Tunnel de Kim Seong-hun,un vrai divertissement spectaculaire et loin d'être idiot,  avec l'apéritif Entretoiles entre les deux bien sûr,  le dimanche 2 juillet (et non le 25 juin comme annoncé auparavant).
Par ailleurs dans la programmation ordinaire de CGR, vous pouvez profiter de Marie-Francine de Valérie Lemercier, un joli film dans l'air du temps, touchant et juste. Et aussi de Ce qui nous lie de Cédric Klapisch, un véritable conte initiatique... et enfin Patients de Grand Corps Malade, avec 4 horaires curieux, mais c'est un film sur le handicap qui mérite son succès !

À Lorgues, allez voir Une Famille heureuse de Nana et Simon, un beau film intelligent et délicat., L'Amant Double de François Ozon, un film résolument contemporain et thriller érotique (et aussi au Vox, à Salernes et au Luc) et Après la tempête de Kore Eda et à Salernes, Rodin de Jacques Doillon, troublant voyage dans le temps

Au Vox à Fréjus, allez voir Ava de Léa Mysius qui a eu le prix de la semaine de la critique au Festival de Cannes cette année, K.O. de Fabrice Gobert, un film noir bien ficelé, Nothingwood de Sonia Kronland, un magnifique documentaire franco-afghan, Churchill de Jonathan Telittzky, qui nous éclaire sur un destin hors du commun,
Au CGR, la semaine prochaine en ciné-club, vous pourrez voir :  Après la tempête de Kore Eda., puis GloryAuroreRodin et L'Amant Double.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 21 AU 27 JUIN 2017

 

Affiche
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 21 20h, jeudi 22 à 18h, vendredi 23 à 13h45 et samedi 24 à 10h50
Le Vox (Fréjus) : vendredi 23 à 15h et dimanche 25 à 16h
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Ce qui nous lie
Écrit et réalisé par Cédric KLAPISCH
France 2016 1h53mn
avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Jean-Marc Roulot...
Scénario de Cédric Klapisch et Santiago Amigorena
Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 15h50, 18h, 20h15, jeudi 22, dimanche 25 et lundi 26 à 11h, 13h30, 15h50, 18h et 20h15, vendredi 23 à 11h, 13h30, 18h, 20h15, samedi 24 à 13h30, 18h, 20h15, mardi 27 à 11h, 13h30, 15h50 et 18h
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Adieu Mandalay
Écrit et réalisé par Midi Z
Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF
avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants...
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CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 18h (suivi de l'apéritif Entretoiles)
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Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won
Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 20h30
Cotignac : jeudi 22 à 20h30
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Marie-Francine
Réalisé par Valérie LEMERCIER
France 2017 1h35mn
avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Philippe Laudenbach, Denis Podalydès...
Scénario de Valérie Lemercier et Sabine Haudepin
Valérie Lemercier est épatante dans la peau de Marie-Francine, grande fille un peu lunaire, décalée et attachante, désespérément incapable d'avoir l'air d'avoir la maturité qui sied habituellement aux femmes de son âge. Le nez rivé à son microscope, à observer des microbes s'agiter, elle n'a pas vu filer le temps, prenant la vie comme elle venait sans compter les heures ni les ans, satisfaite de son petit bout de bonheur, sans désir d'un ailleurs… Mais il y a des jours où tout se met de traviole, les catastrophe s'enchaînent, tout se déglingue sans qu'on ait anticipé une seule seconde : ravie de voir son mari chéri venir la chercher au boulot, elle tombe sur ses jolies fesses quand il lui annonce qu'il prend la tangente pour une minette de 32 ans qu'elle n'avait même pas remarquée. Elle n'a pas encore séché la grosse larme qui lui brouille le microscope que, dans la foulée, son patron la vire sans ménagement !... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 16h et 18h, jeudi 22 à 11h, 14h, 20h10, vendredi 23 et mardi 27 à 11h, 16h, et 18h, samedi 24 et dimanche 25 à 16h, 18h et 20h10, lundi 26 à 11h, 14h, 16h, 18h
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Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre
Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon... lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 25, lundi 26 et mardi 27 à 9h et nuit de dimanche 25 à 00h45
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Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...
Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés. Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences... lire la suite
Lorgues : jeudi 22 à 20h15, dimanche 25 à 21h10
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
Lorgues : samedi 24 à 20h10, lundi 26 à 19h
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K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21, samedi 24, lundi 26 à 14h, 18h30 et 21h, jeudi 22 et vendredi 23 à 15h, 18h30 et 21h, dimanche 25 et lundi 26 à 16h15, 18h30 et 21h
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Ava
Réalisé par Léa Mysius
France 2017 105 minutes
avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, Tamara Cano…
La Semaine de la Critique cannoise déniche des premiers films audacieux et marquants. Après Mimosas d’Olivier Laxe et Grave de Julia Ducournau, c’est Ava de Léa Mysius qui a été consacré cette année : l’été de ses treize ans, une jeune fille apprend qu’elle va très bientôt perdre définitivement la vue. Très physique, au plus près des sensations, le film impose une énergie solaire et rageuse. Sortie le 21 juin. Le plan d’ouverture, nonchalant et inquiétant, montre un grand chien noir jais errant tranquillement sur une petite plage saturée de soleil. Alanguis, comme écrasés de chaleur, les estivants se laissent renifler sans broncher, l’animal poursuivant sa progression... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 14h, 18h30, 21h, jeudi 22 et vendredi 23 à 15h, 18h30 et 21h, samedi 24 et mardi 27 à 14h, 16h15 et 21h, dimanche 25 et lundi 26 à 14h, 15h50 et 21h
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Lou Andreas-Salomé
Réalisé par Cordula KABLITZ-POST
Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Katharina Lorenz, Nicole Heesters, Liv Lisa Fries, Matthias Lier, Alexander Scheer, Harald Schrott...
« Je ne puis vivre selon un idéal, mais je puis vivre certainement ma propre vie. En agissant ainsi, je ne représente aucun principe mais […] quelque chose qui est tout chaud de vie et plein d’allégresse. » Une bouffée de liberté traverse l’écran, une présence magnifique habite le film, un esprit vif argent, une vie captivante. Force et beauté. Et une liberté pure, brute, que Lou von Salomé taille comme un diamant tout au long de sa vie avec comme seuls outils une intelligence prodigieuse, au service d’une soif insatiable de connaissance, et une énergie digne de l’ensemble des volcans japonais. Une séquence marquante du film nous plonge dans le regard de l’actrice incarnant Lou au moment où, alpaguée par le nazisme montant, cloîtrée dans sa demeure, elle décide d’écrire, avec l'appui d'un jeune éditeur, ses mémoires. On voit valser dans ses yeux la vitalité, l’énergie sereine d’une vie qui a été portée avec conviction, joie et liberté... lire la suite
Cotignac : vendredi 23 juin à 20h30
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Nothingwood
Réalisé par Sonia KRONLUND
Documentaire France / Afghanistan 2017 1h25mn VOSTF
avec l'incroyable Salim Shaheen, ses non moins incroyables actrices et acteurs et le peuple cinéphile d'Afghanistan...
Festival de Cannes 2017 : Quinzaine des réalisateurs
Dans l'histoire du cinéma, les faiseurs de grands navets sont de deux types. Il y a ceux gonflés de pouvoir et d'argent qui réussissent à faire financer leur mégalomanie par l'industrie du cinéma. Le cinéma français en compte quelques uns, on vous laisse le plaisir de les repérer (un indice ou deux sur l'un des plus éminents d'entre eux : il est communément désigné par les trois lettres initiales de ses prénom et nom et il est par ailleurs philosophe)… Mais il y a une autre catégorie beaucoup plus intéressante et rigolote : les fêlés dont la passion dévorante et enfantine du cinéma les pousse, en dépit de toute règle, de tout canon esthétique, à réaliser leurs films à tout prix, et souvent sans aucun moyen si ce n'est un enthousiasme qu'ils réussissent à rendre suffisamment contagieux pour entraîner quelques complices dans l'aventure... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :  mercredi 21, samedi 24 et dimanche 25 à 14h et 18h30, jeudi 22 à 15h et 21h, vendredi 13 à 18h30, lundi 26 à 14h et 16h30, mardi 27 à 14h et 18h15
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Churchill
Réalisé par Jonathan TEPLITZKY
GB 2016 1h38mn VOSTF
avec Brian Cox, Miranda Richardson, John Slattery, James Purefoy, Ella Purnell...
Scénario d’Alex Von Tunzelmann 
Un film ne peut évidemment pas suffire pour faire le tour de cette emblématique figure dont l’envergure et l’étoffe sont dignes des plus grands héros de fiction. La gouaille, le panache, le verbe mais aussi et surtout le sens du devoir autant que celui, comme inné, de l’histoire : Winston George Churchill est un monument à lui tout seul. Comme un film tout entier ne saurait suffire pour embrasser son légendaire embonpoint et encore moins sa longue et passionnante existence, Jonathan Teplitzky et son scénariste ont donc eu la bonne idée de ne surtout pas chercher à faire le tour de la question, impossible aventure, mais plutôt de tenter d’en restituer une parcelle de la complexité, d’en saisir un peu de l’esprit, d’en cerner les contours. Le projet est captivant car il nous éclaire sur un destin hors du commun en le cueillant à un moment tout particulier où le basculement de l’histoire va de pair avec les fêlures les plus intimes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 et samedi 24 à 16h15, dimanche 25 à 14h, lundi 26 à 18h30 et mardi 27 à 21h
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L'Amant Double
Écrit et réalisé par François OZON
France 2017 1h47mn
avec Marine Vacht, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, Myriam Boyer, Dominique Reymond...
Librement adapté du roman Lives of the twins de Rosamond Smith alias Joyce Carol Oates. Festival de Cannes 2017 : sélection officielle, en compétition
Comment se réinventer à chaque film ? Quelques mois seulement après la sortie de son précédent opus, François Ozon remet du gaz dans ses turbines à fiction, pousse le manche à fond et le curseur dans le noir foncé… Lointainement inspiré d’un obscur roman policier de Joyce Carol Oates (publié sous le pseudo de Rosamond Smith), L’Amant double décrit à sa manière les paradoxes d'Ozon, sa gémellité avec un autre lui-même, tordu et alambiqué, quand son apparence tenterait de nous vendre un premier de la classe, gendre idéal et auteur mainstream divertissant. Après l’œuvre romanesque à laquelle se prêtait un fiévreux Pierre Niney dans Frantz, voici une histoire qui invite à des lectures superposées du réel et s’amuse à nous embrumer de ses fausses pistes. Une jeune femme, Chloé, en proie à d’importantes poussées dépressives, débute une psychothérapie. Proie idéale d’un bon vieux transfert, elle tombe raide dingue de Paul, son psy, et s’installe bientôt avec lui. Mais, intriguée par plusieurs incohérences biographiques de son amant, elle en vient à s’interroger sur une possible double vie de celui-ci. Réalité ou fantasme ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 16h15, samedi 24 et mardi 27 à 18h30
Salernes : jeudi 22 et samedi 24 à 21h, vendredi 23 et dimanche 25 à 18h, mardi 27 à 21h
Lorgues : mercredi 21 à 19h, samedi 24 à 18h, lundi 26 à 21h20
Le Luc : mercredi 21 à 18h
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Rodin
Écrit et réalisé par Jacques DOILLON
France 2017 1h59mn
avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Bernard Verley, Anders Danielsen Lie...
Festival de Cannes 2017 : Sélection officielle, en compétition
La tradition veut qu'un film ne soit pas montré avant sa première projection dans le grand palais des Festivals lorsqu'il est sélectionné pour la compétition cannoise. Mais des rumeurs nous parviennent qui laissent présager le meilleur, pour un sujet de taille : Rodin, formidable personnage dont Lindon semble être le double, tourmenté, passionné, acharné au travail et amoureux de la glaise qui le rattache à cette terre… matériau que Rodin place avant tous les autres dans sa hiérarchie personnelle, devant le bronze, la pierre, le bois, l'or même. Une glaise qu'il pétrit, caresse, frappe, plie, bat revenant sans cesse sur son ouvrage, des mois, des années, jamais satisfait… à quel moment une œuvre a-t-elle atteint sa plénitude ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 24 et mardi 27 à 16h
Salernes : jeudi 22 et lundi 26 à 18h, vendredi 23 et dimanche 25 à 21h
Le Luc : Vendredi 23 à 19h, dimanche 25 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture

Après l'oubli – assez incompréhensible – par le comité de sélection du très beau Trois souvenirs de ma jeunesse il y a deux ans, Arnaud Desplechin est de retour dans la sélection officielle du Festival de Cannes, hors compétition – il s'en fiche probablement un peu et nous aussi – mais en ouverture. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire.
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité. Mais on peut bien évidemment plonger avec Ismaël et ses fantômes en étant vierge de toutes traces cinéphiles, le voyage n’en sera pas moins agréable, ni moins fort, peut-être même sera-t-il encore plus surprenant, plus déconcertant. C’est un film à tiroirs, un puzzle, un subtil assemblage de morceaux de vies éclatés, comme Desplechin les affectionne. Un film où la fiction dans la fiction se joue de nous et des codes classiques de narration, où le fantastique n’est jamais très loin. Un récit qui caresse comme pour s’en moquer les histoires d’amour tourmentées de ces pantins faits de chair et de mélancolie, puis qui glisse doucement vers la farce avant de se tourner comme par erreur vers le film d’espionnage et de finir dans les beaux draps de la comédie dramatique, sous lesquels, immanquablement, s’agite le trio amoureux (un homme, deux femmes). Autant dire que vous serez un peu baladé au milieu de ces personnages un peu fous… fous d’amour ou de regrets, fous de l’irruption inattendue des fantômes du passé, fous de la laborieuse fabrication d’un film, fous d'être promenés dans les arcanes des services secrets internationaux…

En dire trop serait sacrilège… alors voilà ce qu’en dit le maître de marionnettes : « C'est le portrait d'Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n'y rien comprendre. C'est le portrait d'Ismaël, un réalisateur de films qui traverse sa vie sans n'y rien comprendre non plus. C'est le retour d'une femme, d'entre les morts. C'est aussi un film d'espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock… » Ismaël (Mathieu Amalric, qui ré-endosse ici l'identité d'Ismaël Vuillard qu'il avait dans Rois et reine) – pas plus que Bloom, son maître en même temps que son exbeau-père – ne se remet pas de la mort de sa jeune épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans. Il vit cependant une relation forte avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne discrète mais passionnée : il l'aime, elle l'aime aussi, ils sont heureux, voilà tout. Mais à la veille du tournage de son nouveau film, consacré au portrait d'Ivan, personnage largement inspiré par son frère, Carlotta, pourtant déclarée officiellement morte, revient. Et bouleverse tout. Sylvia s'enfuit… Ismaël refuse que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou, s'échappe du tournage et s'enferme dans sa maison familiale à Roubaix. Peut-être qu’en tirant les ficelles des personnages de son film, loin du monde, il parviendra à recomposer les fragments passés et présents de sa tumultueuse existence… (Utopia)


CGR (Draguignan) :  mercredi 21 20h, jeudi 22 à 18h, vendredi 23 à 13h45 et samedi 24 à 10h50
Le Vox (Fréjus) : vendredi 23 à 15h et dimanche 25 à 16h

Ce qui nous lie
Écrit et réalisé par Cédric KLAPISCH
France 2016 1h53mn
avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Jean-Marc Roulot...
Scénario de Cédric Klapisch et Santiago Amigorena

Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres…Tous ces petits riens insignifiants qui peaufinent une personnalité, forment un goût, donnent envie de le partager.

Il y a sans doute un peu de tout cela qui monte à la gorge de Jean quand il pénètre dans la vaste cour qu'il quitta gringalet à la peau douce pour y revenir en solide barbu que chacun peine quelques instants à reconnaître. L'accueil va être mitigé, entre joie exubérante pour les uns, tristesse et colère pour les autres. Si sa sœur Juliette aussitôt lui ouvre les bras, son petit frère Jérémie se montre sévère, ne voulant rien oublier, ni pardonner… Eux deux n'ont eu d'autre choix que de rester, de ne pas lâcher le domaine, d'assumer seuls les responsabilités qui incombaient à leur aîné. Mais les choses dures enfin dites, au besoin sans ménagement, il est clair qu'un même amour ne les a pas lâchés et anime leur parcours… L'amour du terroir, du travail bien fait, du vin qui raconte à chaque gorgée la vie des hommes, leurs choix, leurs sensibilités. Et avant qu'ils ne le formulent eux-mêmes, on commence à percevoir ce qui les lie… Sans réussir toutefois à imaginer si ce sera suffisant pour raccommoder les déchirures, rattraper les moments manqués, ni ce que sera la chute… En attendant on n'a plus envie de les lâcher et on va boire leur histoire jusqu'à la dernière goutte, comme étonnés de s'être si vite attachés à ces inconnus. Enivrés par leurs ivresses, leurs liesses communicatives, leurs coups de blues, leurs coup de gueules. Avec eux on se prendra à guetter les saisons. On rêvera de vendanges ! De « Paulée » !

C'est fou le chemin que l'on va parcourir avec cette fratrie indomptable dans sa Bourgogne natale ! Un véritable conte initiatique parsemé de mots magiques : Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Meursault… Comme quoi il n'est pas forcément besoin de partir loin pour beaucoup voyager : les plus belles visites sont celles que l'on fait dans le cœur des hommes et des femmes, de leurs passions, de leurs envies de transmettre. Et à travers cette belle aventure profondément humaine, on sent que Cédric Klapisch nous parle de la sienne, qu'il est en train de nous susurrer qu'il en va de la paysannerie, de la viticulture, de tous les métiers artisanaux comme il en va de tous les arts et du sien également… Il y a là un cousinage qu'il ne renie pas. Un plaisir de déguster sans rien recracher, pas comme les gens trop policés aux culs et lèvres pincées ! Son plaisir, celui de ses acteurs est palpable, communicatif…

CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 15h50, 18h, 20h15, jeudi 22, dimanche 25 et lundi 26 à 11h, 13h30, 15h50, 18h et 20h15, vendredi 23 à 11h, 13h30, 18h, 20h15, samedi 24 à 13h30, 18h, 20h15, mardi 27 à 11h, 13h30, 15h50 et 18h

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Au(x) cinéma(s) du 14 au 20 juin

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Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées (que vous pouvez aussi voir à Lorgues, à Salernes, au Luc, et à Cotignac !)
Pour le mois de juin, et pour terminer cette année en beauté, Entretoiles  vous propose  une soirée à 2 films sur le thème "Films d'Asie",  avec Adieu Mandalay de Midi Z, un film qui nous émeut et nous captive et Tunnel de Kim Seong-hun,un vrai divertissement spectaculaire et loin d'être idiot,  avec l'apéritif Entretoiles entre les deux bien sûr,  le dimanche 2 juillet (et non le 25 juin comme annoncé auparavant).
Par ailleurs dans la programmation ordinaire de CGR, vous pouvez profiter de Marie-Francine de Valérie Lemercier, un joli film dans l'air du temps, touchant et juste. Et aussi de Ce qui nous lie de Cédric Klapisch, un véritable conte initiatique...

À Lorgues, allez voir I Am Not Your Negro de Raoul Peck, un magnifique documentaire sur l'histoire difficile des noirs américains, et Emily Dickinson A Quiet Passion de Terence Davies, un film qui retourne l'âme
Au Vox à Fréjus, allez voir Nothingwood de Sonia Kronland, un magnifique documentaire franco-afghan, Churchill de Jonathan Telittzky, qui nous éclaire sur un destin hors du commun,  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb, L'Amant Double de François Ozon, un film résolument contemporain et thriller érotique, et enfin Rodin de Jacques Doillon, troublant voyage dans le temps.

Au CGR, la semaine prochaine en ciné-club, vous pourrez voir : Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, encore la semaine prochaine , puis Après la tempête de Kore Eda., puis Glory, et Aurore.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 14 AU 20 JUIN 2017

 

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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 14 ,  à 17h30, jeudi 15 et dimanche 18 à 20h, vendredi 16 et mardi 20 à 14h, samedi 17 et lundi 19 à 10h50
Lorgues: mercredi 14 à 20h20 et samedi 17 à 20h
Salernes : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 à 18h, samedi 17 à 20h30 et mardi 20 à 18h
Le Luc : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 à 19h, samedi 17 à 18h
Cotignac : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 et mardi 20 à 18h
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Ce qui nous lie
Écrit et réalisé par Cédric KLAPISCH
France 2016 1h53mn
avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Jean-Marc Roulot...
Scénario de Cédric Klapisch et Santiago Amigorena
Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres... lire la suite
CGR (Draguignan) : Tous les jours à 10h50, 13h30, 15h30, 18h et 20h15
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Adieu Mandalay
Écrit et réalisé par Midi Z
Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF
avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants...
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CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 18h (suivi de l'apéritif Entretoiles)
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Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won
Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 20h30
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Marie-Francine
Réalisé par Valérie LEMERCIER
France 2017 1h35mn
avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Philippe Laudenbach, Denis Podalydès...
Scénario de Valérie Lemercier et Sabine Haudepin
Valérie Lemercier est épatante dans la peau de Marie-Francine, grande fille un peu lunaire, décalée et attachante, désespérément incapable d'avoir l'air d'avoir la maturité qui sied habituellement aux femmes de son âge. Le nez rivé à son microscope, à observer des microbes s'agiter, elle n'a pas vu filer le temps, prenant la vie comme elle venait sans compter les heures ni les ans, satisfaite de son petit bout de bonheur, sans désir d'un ailleurs… Mais il y a des jours où tout se met de traviole, les catastrophe s'enchaînent, tout se déglingue sans qu'on ait anticipé une seule seconde : ravie de voir son mari chéri venir la chercher au boulot, elle tombe sur ses jolies fesses quand il lui annonce qu'il prend la tangente pour une minette de 32 ans qu'elle n'avait même pas remarquée. Elle n'a pas encore séché la grosse larme qui lui brouille le microscope que, dans la foulée, son patron la vire sans ménagement !... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 14, samedi 17 et dimanche 18 à 16h, 18h et 20h15, jeudi 15, vendredi 16 et mardi 20 à 10h50, 13h45, 16h, 18h, et 20h15, lundi 19 à 10h50, 13h45, 16h, 18h et 20h30
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I Am Not Your Negro
Réalisé par Raoul PECK
Documentaire France / USA 2016 1h33mn VOSTF
Écrit par James Baldwin et Raoul Peck. Texte dit par Samuel L. Jackson
« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur ». Il est plus que jamais indispensable d'écouter la parole, de lire les mots de l'écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), qui sont la chair et l'âme de ce magnifique documentaire réalisé de main de maître par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Un film qui évoque l'Histoire américaine à travers le destin tragique de trois leaders incontestés de la lutte des Noirs : Medgar Evers, mort assassiné le 12 juin 1963. Malcolm X, mort assassiné le 21 février 1965. Martin Luther King Jr, mort assassiné le 4 avril 1968... lire la suite
Lorgues : samedi 17 à 16h, dimanche 18 a 21h30
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Emily Dickinson, A Quiet Passion
Écrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell…
Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume ! Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! »... lire la suite
Lorgues : dimanche 18 à 19h, lundi 19 à  21h
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 16h05, vendredi 16 et samedi 17 à 18h30 et dimanche 18 à 14h
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Nothingwood
Réalisé par Sonia KRONLUND
Documentaire France / Afghanistan 2017 1h25mn VOSTF
avec l'incroyable Salim Shaheen, ses non moins incroyables actrices et acteurs et le peuple cinéphile d'Afghanistan...
Festival de Cannes 2017 : Quinzaine des réalisateurs
Dans l'histoire du cinéma, les faiseurs de grands navets sont de deux types. Il y a ceux gonflés de pouvoir et d'argent qui réussissent à faire financer leur mégalomanie par l'industrie du cinéma. Le cinéma français en compte quelques uns, on vous laisse le plaisir de les repérer (un indice ou deux sur l'un des plus éminents d'entre eux : il est communément désigné par les trois lettres initiales de ses prénom et nom et il est par ailleurs philosophe)… Mais il y a une autre catégorie beaucoup plus intéressante et rigolote : les fêlés dont la passion dévorante et enfantine du cinéma les pousse, en dépit de toute règle, de tout canon esthétique, à réaliser leurs films à tout prix, et souvent sans aucun moyen si ce n'est un enthousiasme qu'ils réussissent à rendre suffisamment contagieux pour entraîner quelques complices dans l'aventure... lire la suite
Le Vox (Fréjus) mercredi 14, samedi 17 et dimanche 18 à 14h, 18h30, 21h, jeudi 15, vendredi 16 et mardi 20 à 15h, 18h30 et 21h, lundi 19 à 15h, 18h, 21h
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Churchill
Réalisé par Jonathan TEPLITZKY
GB 2016 1h38mn VOSTF
avec Brian Cox, Miranda Richardson, John Slattery, James Purefoy, Ella Purnell...
Scénario d’Alex Von Tunzelmann 
Un film ne peut évidemment pas suffire pour faire le tour de cette emblématique figure dont l’envergure et l’étoffe sont dignes des plus grands héros de fiction. La gouaille, le panache, le verbe mais aussi et surtout le sens du devoir autant que celui, comme inné, de l’histoire : Winston George Churchill est un monument à lui tout seul. Comme un film tout entier ne saurait suffire pour embrasser son légendaire embonpoint et encore moins sa longue et passionnante existence, Jonathan Teplitzky et son scénariste ont donc eu la bonne idée de ne surtout pas chercher à faire le tour de la question, impossible aventure, mais plutôt de tenter d’en restituer une parcelle de la complexité, d’en saisir un peu de l’esprit, d’en cerner les contours. Le projet est captivant car il nous éclaire sur un destin hors du commun en le cueillant à un moment tout particulier où le basculement de l’histoire va de pair avec les fêlures les plus intimes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 et samedi 17 à 14h, 18h30 et 21h, jeudi 15, vendredi 16, lundi 19 et mardi 20 à 15h, 18h30 et 21h, dimanche 18 à 16h20, 18h30 et 21h
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L'Amant Double
Écrit et réalisé par François OZON
France 2017 1h47mn
avec Marine Vacht, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, Myriam Boyer, Dominique Reymond...
Librement adapté du roman Lives of the twins de Rosamond Smith alias Joyce Carol Oates. Festival de Cannes 2017 : sélection officielle, en compétition
Comment se réinventer à chaque film ? Quelques mois seulement après la sortie de son précédent opus, François Ozon remet du gaz dans ses turbines à fiction, pousse le manche à fond et le curseur dans le noir foncé… Lointainement inspiré d’un obscur roman policier de Joyce Carol Oates (publié sous le pseudo de Rosamond Smith), L’Amant double décrit à sa manière les paradoxes d'Ozon, sa gémellité avec un autre lui-même, tordu et alambiqué, quand son apparence tenterait de nous vendre un premier de la classe, gendre idéal et auteur mainstream divertissant. Après l’œuvre romanesque à laquelle se prêtait un fiévreux Pierre Niney dans Frantz, voici une histoire qui invite à des lectures superposées du réel et s’amuse à nous embrumer de ses fausses pistes. Une jeune femme, Chloé, en proie à d’importantes poussées dépressives, débute une psychothérapie. Proie idéale d’un bon vieux transfert, elle tombe raide dingue de Paul, son psy, et s’installe bientôt avec lui. Mais, intriguée par plusieurs incohérences biographiques de son amant, elle en vient à s’interroger sur une possible double vie de celui-ci. Réalité ou fantasme ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14, samedi 17 et dimanche 18 à 16h et 21h, jedui 15 à 21h, vendredi 16 et mardi 20 à 15h, lundi 19 à 18h30
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Rodin
Écrit et réalisé par Jacques DOILLON
France 2017 1h59mn
avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Bernard Verley, Anders Danielsen Lie...
Festival de Cannes 2017 : Sélection officielle, en compétition
La tradition veut qu'un film ne soit pas montré avant sa première projection dans le grand palais des Festivals lorsqu'il est sélectionné pour la compétition cannoise. Mais des rumeurs nous parviennent qui laissent présager le meilleur, pour un sujet de taille : Rodin, formidable personnage dont Lindon semble être le double, tourmenté, passionné, acharné au travail et amoureux de la glaise qui le rattache à cette terre… matériau que Rodin place avant tous les autres dans sa hiérarchie personnelle, devant le bronze, la pierre, le bois, l'or même. Une glaise qu'il pétrit, caresse, frappe, plie, bat revenant sans cesse sur son ouvrage, des mois, des années, jamais satisfait… à quel moment une œuvre a-t-elle atteint sa plénitude ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 18h30, jeudi 15 et lundi 19 à 15h, vendredi 16 et mardi 20 à 21h, samedi 17 et dimanche 18 à 16h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture

Après l'oubli – assez incompréhensible – par le comité de sélection du très beau Trois souvenirs de ma jeunesse il y a deux ans, Arnaud Desplechin est de retour dans la sélection officielle du Festival de Cannes, hors compétition – il s'en fiche probablement un peu et nous aussi – mais en ouverture. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire.
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité. Mais on peut bien évidemment plonger avec Ismaël et ses fantômes en étant vierge de toutes traces cinéphiles, le voyage n’en sera pas moins agréable, ni moins fort, peut-être même sera-t-il encore plus surprenant, plus déconcertant. C’est un film à tiroirs, un puzzle, un subtil assemblage de morceaux de vies éclatés, comme Desplechin les affectionne. Un film où la fiction dans la fiction se joue de nous et des codes classiques de narration, où le fantastique n’est jamais très loin. Un récit qui caresse comme pour s’en moquer les histoires d’amour tourmentées de ces pantins faits de chair et de mélancolie, puis qui glisse doucement vers la farce avant de se tourner comme par erreur vers le film d’espionnage et de finir dans les beaux draps de la comédie dramatique, sous lesquels, immanquablement, s’agite le trio amoureux (un homme, deux femmes). Autant dire que vous serez un peu baladé au milieu de ces personnages un peu fous… fous d’amour ou de regrets, fous de l’irruption inattendue des fantômes du passé, fous de la laborieuse fabrication d’un film, fous d'être promenés dans les arcanes des services secrets internationaux…

En dire trop serait sacrilège… alors voilà ce qu’en dit le maître de marionnettes : « C'est le portrait d'Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n'y rien comprendre. C'est le portrait d'Ismaël, un réalisateur de films qui traverse sa vie sans n'y rien comprendre non plus. C'est le retour d'une femme, d'entre les morts. C'est aussi un film d'espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock… » Ismaël (Mathieu Amalric, qui ré-endosse ici l'identité d'Ismaël Vuillard qu'il avait dans Rois et reine) – pas plus que Bloom, son maître en même temps que son exbeau-père – ne se remet pas de la mort de sa jeune épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans. Il vit cependant une relation forte avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne discrète mais passionnée : il l'aime, elle l'aime aussi, ils sont heureux, voilà tout. Mais à la veille du tournage de son nouveau film, consacré au portrait d'Ivan, personnage largement inspiré par son frère, Carlotta, pourtant déclarée officiellement morte, revient. Et bouleverse tout. Sylvia s'enfuit… Ismaël refuse que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou, s'échappe du tournage et s'enferme dans sa maison familiale à Roubaix. Peut-être qu’en tirant les ficelles des personnages de son film, loin du monde, il parviendra à recomposer les fragments passés et présents de sa tumultueuse existence… (Utopia)


CGR (Draguignan) :  mercredi 14 ,  à 17h30, jeudi 15 et dimanche 18 à 20h, vendredi 16 et mardi 20 à 14h, samedi 17 et lundi 19 à 10h50
Lorgues: mercredi 14 à 20h20 et samedi 17 à 20h
Salernes : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 à 18h, samedi 17 à 20h30 et mardi 20 à 18h
Le Luc : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 à 19h, samedi 17 à 18h
Cotignac : mercredi 14 à 20h30, vendredi 16 et mardi 20 à 18h

Ce qui nous lie
Écrit et réalisé par Cédric KLAPISCH
France 2016 1h53mn
avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Jean-Marc Roulot...
Scénario de Cédric Klapisch et Santiago Amigorena

Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres…Tous ces petits riens insignifiants qui peaufinent une personnalité, forment un goût, donnent envie de le partager.

Il y a sans doute un peu de tout cela qui monte à la gorge de Jean quand il pénètre dans la vaste cour qu'il quitta gringalet à la peau douce pour y revenir en solide barbu que chacun peine quelques instants à reconnaître. L'accueil va être mitigé, entre joie exubérante pour les uns, tristesse et colère pour les autres. Si sa sœur Juliette aussitôt lui ouvre les bras, son petit frère Jérémie se montre sévère, ne voulant rien oublier, ni pardonner… Eux deux n'ont eu d'autre choix que de rester, de ne pas lâcher le domaine, d'assumer seuls les responsabilités qui incombaient à leur aîné. Mais les choses dures enfin dites, au besoin sans ménagement, il est clair qu'un même amour ne les a pas lâchés et anime leur parcours… L'amour du terroir, du travail bien fait, du vin qui raconte à chaque gorgée la vie des hommes, leurs choix, leurs sensibilités. Et avant qu'ils ne le formulent eux-mêmes, on commence à percevoir ce qui les lie… Sans réussir toutefois à imaginer si ce sera suffisant pour raccommoder les déchirures, rattraper les moments manqués, ni ce que sera la chute… En attendant on n'a plus envie de les lâcher et on va boire leur histoire jusqu'à la dernière goutte, comme étonnés de s'être si vite attachés à ces inconnus. Enivrés par leurs ivresses, leurs liesses communicatives, leurs coups de blues, leurs coup de gueules. Avec eux on se prendra à guetter les saisons. On rêvera de vendanges ! De « Paulée » !

C'est fou le chemin que l'on va parcourir avec cette fratrie indomptable dans sa Bourgogne natale ! Un véritable conte initiatique parsemé de mots magiques : Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Meursault… Comme quoi il n'est pas forcément besoin de partir loin pour beaucoup voyager : les plus belles visites sont celles que l'on fait dans le cœur des hommes et des femmes, de leurs passions, de leurs envies de transmettre. Et à travers cette belle aventure profondément humaine, on sent que Cédric Klapisch nous parle de la sienne, qu'il est en train de nous susurrer qu'il en va de la paysannerie, de la viticulture, de tous les métiers artisanaux comme il en va de tous les arts et du sien également… Il y a là un cousinage qu'il ne renie pas. Un plaisir de déguster sans rien recracher, pas comme les gens trop policés aux culs et lèvres pincées ! Son plaisir, celui de ses acteurs est palpable, communicatif…

CGR (Draguignan) : Tous les jours à 10h50, 13h30, 15h30, 18h et 20h15

Adieu Mandalay
Écrit et réalisé par Midi Z
Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF
avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...

Notre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants.

Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c'est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l'avait marqué, lui le Birman qui avait eu la chance de faire ses études à l'étranger et avait profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, Liangqing et Guo. Un couple qui nait dans l'exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Car le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d'argent grâce à son travail, aussi ingrat soit-il, pour envoyer de l'argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle tout au contraire est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile à l'usine et rêve d'un avenir probablement loin de la Birmanie.

Le cinéaste passe très habilement de l'observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l'image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d'authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, comme celle où un collègue de notre couple se blesse cruellement à l'usine et est évacué manu militari, quasiment sans soins. Mais il y aussi une vraie recherche plastique, volontiers contemplative, à la fois dans la manière dont est filmée l'usine (magnifique jeu sur les fumées crachées par les machines) et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières (on peut penser parfois aux ambiances vaporeuses des films d'Apichatpong Wheerasethakul). Le côté tragédie grecque d'un récit maîtrisé de bout en bout renforce l'impression de voir s'affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).


CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 18h (suivi de l'apéritif Entretoiles)

Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won

Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse.

En plus de bousculer les spectateurs, ce renversement narratif permet d’étudier les différents protagonistes qui sont tous confrontés à une situation extrême : Jeong-soo, bien sûr, tente de survivre, c'est une occupation à plein-temps ; Se-hyun, son épouse, communique régulièrement avec son mari tout en portant le poids et le jugement du pays qui se demande si le gigantisme des moyens déployés n'est pas disproportionné pour sauver un seul et unique survivant ; Dae-kyong, le chef de l’opération de sauvetage, doit quant à lui trouver un équilibre entre valeurs éthiques et obligations administratives… Tout cela est très habilement et intelligemment agencé…
L’apparition d’une deuxième personne accidentée – une jeune femme flanquée d'un chien assez marrant – dans les décombres permet de renouveler le récit, qui évite ainsi de tomber dans l’automatisme, tout en introduisant des questionnements sur l’intégrité de Jung-soo, puisqu'il doit désormais partager ses maigres vivres… et les réserves d'énergie de son téléphone portable.

Mélangeant les genres et les registres avec une belle énergie qu'on retrouve dans la plupart des films coréens, Tunnel fait alterner sans cesse le drame et la comédie. Plus d'une fois des situations plutôt drôles ont des conséquences dramatiques, et vice-versa. On citera juste la séquence où l'essai d'un collier anti-aboiement sur le chien cité plus haut entraînera un nouvel éboulement, ou encore ce gros plan ingénieux lorsque Jeong-soo est contraint de boire sa propre urine.
Le film porte par ailleurs un regard féroce sur l'attitude de la presse et des autorités coréennes. Tandis que les officiels pensent en chiffres et en visibilité médiatique, les journalistes font fi de l'éthique la plus élémentaire pour fournir du contenu sensationnaliste – la séquence avec les drones est à ce titre l’un des moments les plus drôles du film. Enfin, le scénario évoque une forme de culpabilité nationale, conséquence (in)directe du tragique incident du ferry Sewol et des problématiques de sécurité. Au final un vrai divertissement spectaculaire qui oublie d'être idiot et qui capte notre attention de bout en bout. (Utopia)


CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 20h30

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Au(x) cinéma(s) du 7 au 13 juin

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Une Vie Ailleurs de Olivier Peyon, un récit tendre et sans polémique.
Pour le mois de juin, et pour terminer cette année en beauté, Entretoiles  vous propose  une soirée à film unique avec Une Famille heureuse de Nana Ekvtimishvili, un film tour à tour drôle, acide, subtil ou bouleversant  le dimanche 11 juin, à 20h, et une soirée à 2 films sur le thème "Films d'Asie",  avec Adieu Mandalay de Midi Z, un film qui nous émeut et nous captive et Tunnel de Kim Seong-hun,un vrai divertissement spectaculaire et loin d'être idiot,  avec l'apéritif Entretoiles entre les deux bien sûr,  le dimanche 2 juillet (et non le 25 juin comme annoncé la semaine dernière).
Par ailleurs dans la programmation ordinaire de CGR, vous pouvez profiter de Marie-Francine de Valérie Lemercier, un joli film dans l'air du temps, touchant et juste. Et aussi de Massilia Sound System, le film de Christian Philibert, un documentaire qui défend une vision populaire, métissée et solidaire de la cité marseillaise.

À Lorgues, allez voir De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces (et au Luc), Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant. et à Salernes Le Professeur de Violon de Sergio Machado, un film qu'on regarde avec beaucoup de plaisir.

Au Vox à Fréjus, allez voir Le Chanteur de Gaza, film palestinien de Hany Abu-Assad, un de ces contes vrais et trop rares qui réchauffent le cœur. Sinon, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées,  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb, L'Amant Double de François Ozon, un film résolument contemporain et thriller érotique, Rodin de Jacques Doillon, troublant voyage dans le temps.

Enfin à Cotignac, un film d'animation : Psiconautas, un chef d’œuvre à marquer d'une pierre blanche.

Au CGR, la semaine prochaine en ciné-club, vous pourrez voir : Les fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin pendant 2 semaines, puis Après la tempête de Kore Eda.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!) 

PROGRAMMATION DU 7 AU 13 JUIN 2017

 

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Une Vie Ailleurs
Écrit et réalisé par Olivier Peyon
France 2016 1h36mn
avec Isabelle Carré, Ramzy Bedia, Dylan Cortès, Virginia Méndez, Maria Duplaa...
Scénario de Cecilia Rouaud et Olivier Peyon
C’est en Uruguay que Sylvie retrouve enfin la trace de son fils, enlevé il y a quatre ans par son ex-mari. Avec l’aide précieuse de Mehdi, elle part le récupérer mais arrivés là-bas, rien ne se passe comme prévu… La mère est-elle celle qui donne la vie ou celle qui prend soin de l’enfant au quotidien ? Autour de cette éternelle question sociétale, Olivier Peyon bâtit un récit tendre et sans polémique, nourri de l’essai L’Amour en plus dans lequel Elisabeth Badinter – à qui il a d’ailleurs consacré un documentaire – remet en cause l’instinct maternel. Le réalisateur nous livre ainsi une réflexion sensible et non manichéenne sur la vie, en faisant de ses personnages des héros maladroits que leur générosité et leur aptitude au pardon transformeront en humains attachants... lire la suite
CGR (Draguignan) Ciné-club : mercredi 7 et samedi 10 à 18h10, jeudi 8 à 11h, vendredi 9 à 13h40 et 18h10, lundi 12 à 18h10 et 20h, mardi 13 à 11h et 18h10
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h
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Adieu Mandalay
Écrit et réalisé par Midi Z
Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF
avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants...
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CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 18h (suivi de l'apéritif Entretoiles)
Affiche
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Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won
Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 20h30
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Marie-Francine
Réalisé par Valérie LEMERCIER
France 2017 1h35mn
avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Philippe Laudenbach, Denis Podalydès...
Scénario de Valérie Lemercier et Sabine Haudepin
Valérie Lemercier est épatante dans la peau de Marie-Francine, grande fille un peu lunaire, décalée et attachante, désespérément incapable d'avoir l'air d'avoir la maturité qui sied habituellement aux femmes de son âge. Le nez rivé à son microscope, à observer des microbes s'agiter, elle n'a pas vu filer le temps, prenant la vie comme elle venait sans compter les heures ni les ans, satisfaite de son petit bout de bonheur, sans désir d'un ailleurs… Mais il y a des jours où tout se met de traviole, les catastrophe s'enchaînent, tout se déglingue sans qu'on ait anticipé une seule seconde : ravie de voir son mari chéri venir la chercher au boulot, elle tombe sur ses jolies fesses quand il lui annonce qu'il prend la tangente pour une minette de 32 ans qu'elle n'avait même pas remarquée. Elle n'a pas encore séché la grosse larme qui lui brouille le microscope que, dans la foulée, son patron la vire sans ménagement !... lire la suite
CGR (Draguignan) : tous les jours à 11h, 13h50, 16h, 18h, et 20h15
Affiche
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
Lorgues : mer 7 / 17h00, jeu 8 / 20h15 , dim 11 / 21h10
Le Luc : mercredi 7/20h30, samedi10/18h30
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
Lorgues : mer 7 / 21h10   VF, sam 10 / 20h00   VOST
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Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio Machado
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...
Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes... lire la suite
Salernes : mercredi 7, dimanche 11 et lundi 12 à 18h, jeudi 8 à 20h30
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Le Chanteur de Gaza
Réalisé par Hany ABU-ASSAD
Palestine 2016 1h40mn VOSTF
avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah, Ahmed Al Rock, Abdel Kareem Barakeh, Nadine Labaki...
Scénario de Hani Abu-Assad et Sameh Zoabi
L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 8 à 21h, vendredi 9 à 15h, samedi 10 à 16h, dimanche 11 à 14h, mardi 12 à 18h30
Affiche
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7, vendredi 9 et samedi 10 à 21h, jeudi 8 à 18h15, dimanche 11 à 18h30, lundi 12 à 15h, mardi 13 à 15h et 21h
Affiche
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 14h, jeudi 8 à 18h15, vendredi 9 à 15h, dimanche 11 à 16h10 et mardi 12 à 18h30
Affiche
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Aurore
Réalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin
On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 à 16h25, samedi 10 à 16h30 et dimanche 11 à 14h
Affiche
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Massilia Sound System - Le Film
Réalisé par Christian Philibert
Documentaire France 2016 1h40mn
avec Blù, DJ Kayalik, Tatou, Papet J, Gari...
Réaliser un film documentaire sur un groupe de musique n’est pas une première. Mais quand il est signé Christian Philibert et que ces musiciens sont ceux de Massilia Sound System, l’objet cinématographique devient un portrait collectif qui déborde largement du cadre des studios d’enregistrement, salles de concerts et autres anecdotes de tournée. Le talent de Massilia se résume en une phrase : chanter des textes identifiés à une culture régionale sur des rythmes venus d’un bout du monde avec lesquels ils n’ont en apparence rien en commun et faire ainsi la démonstration du contraire. C’est ainsi qu’est né le reggae occitan... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi 8 à 20h15
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L'Amant Double
Écrit et réalisé par François OZON
France 2017 1h47mn
avec Marine Vacht, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, Myriam Boyer, Dominique Reymond...
Librement adapté du roman Lives of the twins de Rosamond Smith alias Joyce Carol Oates. Festival de Cannes 2017 : sélection officielle, en compétition
Comment se réinventer à chaque film ? Quelques mois seulement après la sortie de son précédent opus, François Ozon remet du gaz dans ses turbines à fiction, pousse le manche à fond et le curseur dans le noir foncé… Lointainement inspiré d’un obscur roman policier de Joyce Carol Oates (publié sous le pseudo de Rosamond Smith), L’Amant double décrit à sa manière les paradoxes d'Ozon, sa gémellité avec un autre lui-même, tordu et alambiqué, quand son apparence tenterait de nous vendre un premier de la classe, gendre idéal et auteur mainstream divertissant. Après l’œuvre romanesque à laquelle se prêtait un fiévreux Pierre Niney dans Frantz, voici une histoire qui invite à des lectures superposées du réel et s’amuse à nous embrumer de ses fausses pistes. Une jeune femme, Chloé, en proie à d’importantes poussées dépressives, débute une psychothérapie. Proie idéale d’un bon vieux transfert, elle tombe raide dingue de Paul, son psy, et s’installe bientôt avec lui. Mais, intriguée par plusieurs incohérences biographiques de son amant, elle en vient à s’interroger sur une possible double vie de celui-ci. Réalité ou fantasme ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 16h10, 18h30 et 21h, jedui 8 et mardi 13 à 15h et 21h, vendredi 9 à 18h15 et 21h, dimanche 11 à 14h, 18h30 et 21h, lundi 12 à 15h et 17h45
Cotignac : jeudi 8 à 18h et 20h30
Affiche
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Rodin
Écrit et réalisé par Jacques DOILLON
France 2017 1h59mn
avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Bernard Verley, Anders Danielsen Lie...
Festival de Cannes 2017 : Sélection officielle, en compétition
La tradition veut qu'un film ne soit pas montré avant sa première projection dans le grand palais des Festivals lorsqu'il est sélectionné pour la compétition cannoise. Mais des rumeurs nous parviennent qui laissent présager le meilleur, pour un sujet de taille : Rodin, formidable personnage dont Lindon semble être le double, tourmenté, passionné, acharné au travail et amoureux de la glaise qui le rattache à cette terre… matériau que Rodin place avant tous les autres dans sa hiérarchie personnelle, devant le bronze, la pierre, le bois, l'or même. Une glaise qu'il pétrit, caresse, frappe, plie, bat revenant sans cesse sur son ouvrage, des mois, des années, jamais satisfait… à quel moment une œuvre a-t-elle atteint sa plénitude ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 14h, 18h30 et 21h, jeudi 8 et vendredi 9 à 15h, 18h15 et 21h, dimanche 11 à 16h, 18h30 et 21h, lundi 12 et mardi 13 à 15h, 18h30 et 21h
Affiche
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Psiconautas
Écrit et réalisé par Alberto VASQUEZ et Pedro RIVERO
Film d'animation Espagne 2016 1h15mn VOSTF
avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Bernard Verley, Anders Danielsen Lie...
D'après le roman graphique d'Alberto Vasquez. PAS DU TOUT POUR LES ENFANTS
Sur une île ravagée par une catastrophe écologique, les habitants tentent de survivre vaille que vaille ; les adultes veules ou malades en niant la réalité, leurs enfants en rêvant de s'enfuir par tous les moyens, fussent les plus dangereux. Birdboy s'envole à tire d'aile dans les paradis artificiels quand sa meilleure amie Dinky entreprend une quête périlleuse dans les zones dévastées, à la recherche d'une embarcation pour mettre les voiles vers de plus vertes prairies. Mais partout le danger rôde, et plus pernicieuse encore, la désolation, qui transit les cœurs et dévore les espoirs... lire la suite
Cotignac : lundi 12 à 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Une Vie Ailleurs
Écrit et réalisé par Olivier Peyon
France 2016 1h36mn
avec Isabelle Carré, Ramzy Bedia, Dylan Cortès, Virginia Méndez, Maria Duplaa...
Scénario de Cecilia Rouaud et Olivier Peyon

C’est en Uruguay que Sylvie retrouve enfin la trace de son fils, enlevé il y a quatre ans par son ex-mari. Avec l’aide précieuse de Mehdi, elle part le récupérer mais arrivés là-bas, rien ne se passe comme prévu…
La mère est-elle celle qui donne la vie ou celle qui prend soin de l’enfant au quotidien ? Autour de cette éternelle question sociétale, Olivier Peyon bâtit un récit tendre et sans polémique, nourri de l’essai L’Amour en plus dans lequel Elisabeth Badinter – à qui il a d’ailleurs consacré un documentaire – remet en cause l’instinct maternel. Le réalisateur nous livre ainsi une réflexion sensible et non manichéenne sur la vie, en faisant de ses personnages des héros maladroits que leur générosité et leur aptitude au pardon transformeront en humains attachants.

Actrice caméléon, Isabelle Carré joue avec la même intensité une ingénue ou une femme engagée et affirme aimer les rôles ambivalents. Elle nous le confirme en se glissant avec aisance dans la peau de Sylvie, cette jeune femme sèche qui n’attire pas d’emblée la sympathie malgré la difficulté de sa situation, prête à s’embarquer dans n’importe quelle combine pour récupérer la chair de sa chair. Son visage fatigué et peu souriant, sa voix tantôt sourde tantôt péremptoire, son agitation perpétuelle restituent avec précision les états d’âme de cette maman qui culpabilise de n’avoir pas toujours su trouver tous les codes de la « mère parfaite » et qui, rêvant de rattraper le temps perdu, se noie dans une urgence stérile et même destructrice. Épaulée par un médiateur de choix, Mehdi incarné par un Ramzy Bedia inattendu, elle saura retrouver la sérénité.
Dépouillé de ses pitreries habituelles et revêtu du costume d’assistant social au grand cœur, Ramzy nous sert un véritable numéro d’ acteur, parfaitement dosé entre virilité et sensibilité. Pivot central de ce casting essentiellement féminin, il assure avec douceur et humanité la cohésion entre les personnages. Il éclate d’une sincérité touchante dans toutes les scènes avec les enfants, tout particulièrement avec Dylan Cortès, comédien en devenir, capable malgré son jeune âge de communiquer toute une palette de sentiments d’un seul regard. Il vient d’ailleurs d’obtenir le prix du Meilleur Espoir au théâtre dans son pays.

Olivier Peyon plante son décor au cœur d’une petite ville d’Uruguay et nous fait bénéficier de la chaleur météorologique (qui sert également d’éclairage naturel au film) et de la douceur de vivre de ce lieu où les enfants vivent en toute liberté et les adultes en harmonie, confirmant le climat d’apaisement dans lequel s’installe subtilement le récit au fur et à mesure de son déroulement. Symbole d’authenticité et de grands espaces, une vieille camionnette brinquebalante et sans portes occupe une place à part entière et ajoute une bonne dose de joie de vivre à cette histoire délibérément positive mais jamais mièvre. A l’image du caractère des personnages, la réalisation se dévoile imperceptiblement et nous laisse le temps de savourer sans brusquerie ce plaidoyer affectueux mais néanmoins humoristique en faveur de la compréhension et du partage, quelles que soient les erreurs commises. (C. Levanneur, avoir-alire.com)

CGR (Draguignan) Ciné-club : mercredi 7 et samedi 10 à 18h10, jeudi 8 à 11h, vendredi 9 à 13h40 et 18h10, lundi 12 à 18h10 et 20h, mardi 13 à 11h et 18h10

Une Famille heureuse

HARMONIUMRéalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili

La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan.

Mais ceci étant dit, nul besoin de s'intéresser particulièrement à la Géorgie
pour être touché par le film, dont le propos et la portée sont universels. Car ce qui arrive aux protagonistes d'Une famille heureuse – le titre est doucement ironique – pourrait concerner à quelques spécificités culturelles près n'importe quelle famille des classes moyennes ou populaires de nos contrées. Ce dont il est question, c'est l'usure naturelle du temps qui passe, c'est la destruction des liens forts et de tout un tas de belles choses par ce tueur implacable qu'est l'habitude. Ce dont il question, ce sont les choix qui peuvent s'imposer à chacun d'entre nous pour faire rebondir sa vie lorsque l'âge mûr arrive puis s'installe.

Manana est une quinquagénaire – dont tout porte à penser qu'elle est équilibrée – qui vit depuis 25 ans avec son mari Soso, un homme tendre et prévenant, mais aussi avec ses vieux parents, son fils, sa fille et son gendre qui s'est peu à peu incrusté au sein du foyer. Tout ce petit monde rassemblé dans un appartement agréable mais un peu exigu pour une telle smala ! Une famille géorgienne ordinaire, pour qui le quotidien est parfois bruyant et compliqué, la confrontation entre les générations s'avérant conflictuelle et folklorique, entre papy un peu gâteux, grand-mère d'une exubérance très méditerranéenne, jeunes un peu sans gêne et parents au milieu... qui supportent tout ça la plupart du temps en silence. Un seul truc dénote dans ce chaos somme toute harmonieux : le côté dépressif et taciturne de Manana, que rien ne semble devoir illuminer. D'ailleurs ce jour-là est celui de son 52e anniversaire et elle n'a en rien envie de le fêter. Cependant nous sommes en Géorgie et on ne rate jamais une occasion de boire et festoyer, et famille, collègues, voisins s'invitent d'eux mêmes, ce qui a pour résultat de pousser Manana à se replier davantage encore sur elle-même... Et le lendemain, elle annonce à Soso qu'elle veut le quitter, abandonner la maison pour vivre seule. La nouvelle plonge évidemment toute la famille dans l'incompréhension, et ils ont beau faire, rien ne semble pouvoir la faire changer d'avis... On ne vous dévoilera pas la suite des événements, mais ce n'est que le dé- but d'un engrenage où vont apparaître au grand jour les petits secrets plus ou moins avouables de chacun. Le genre d'épreuve dont on en ressort détruit ou au contraire grandi...

Le film est tour à tour drôle, acide, subtil, parfois bouleversant. Aucun des personnages n'est blanc ou noir, aucun n'est à aucun moment jugé. Une chronique familiale intelligente et sensible. Une étude subtile de l'usure du couple. Et plus particulièrement un magnifique portrait de femme.

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h

Adieu Mandalay
Écrit et réalisé par Midi Z
Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF
avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...

Notre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants.

Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c'est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l'avait marqué, lui le Birman qui avait eu la chance de faire ses études à l'étranger et avait profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, Liangqing et Guo. Un couple qui nait dans l'exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Car le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d'argent grâce à son travail, aussi ingrat soit-il, pour envoyer de l'argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle tout au contraire est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile à l'usine et rêve d'un avenir probablement loin de la Birmanie.

Le cinéaste passe très habilement de l'observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l'image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d'authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, comme celle où un collègue de notre couple se blesse cruellement à l'usine et est évacué manu militari, quasiment sans soins. Mais il y aussi une vraie recherche plastique, volontiers contemplative, à la fois dans la manière dont est filmée l'usine (magnifique jeu sur les fumées crachées par les machines) et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières (on peut penser parfois aux ambiances vaporeuses des films d'Apichatpong Wheerasethakul). Le côté tragédie grecque d'un récit maîtrisé de bout en bout renforce l'impression de voir s'affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).


CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles le dimanche 2 juillet à 18h (suivi de l'apéritif Entretoiles)

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Au(x) cinéma(s) du 31 mai au 6 juin

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces. Dans sa programmation ordinaire, CGR présente toujours Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.

Pour le mois de juin, et pour terminer cette année, Entretoiles  propose,  une soirée à film unique avec Une famille heureuse de Nana Ekvtimishvili le dimanche 11 juin, à 20h, et une soirée à 2 films sur le thème "Films d'Asie", (pour laquelle on attend la confirmation de CGR),  avec Adieu Mandalay de Midi Z et Tunnel de Kim Seong-hun, avec l'apéritif Entretoiles entre les 2, le dimanche 25 juin.

Au Vox à Fréjus, allez voir Le Chanteur de Gaza, film palestinien de Hany Abu-Assad, un de ces contes vrais et trop rares qui réchauffent le cœur. Sinon, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées,  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb,  Une Famille heureuse de  Nana Ekvtimishvili, un film tour à tour drôle, acide, subtil ou bouleversant (avec Entretoiles le 11 juin)
A Lorgues, cette semaine, c'est Les Mauvaises herbes de Louis Bélanger, un film qui "réjouit son monde" et à Salernes, A voix haute de Stéphane Freihas, un documentaire captivant et emballant.

Au CGR, la semaine prochaine en ciné-club, vous pourrez voir : Une Vie ailleurs de Olivier Peyon.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 31 MARS AU 6 AVRIL 2017

 

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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 juin et lundi 5 à 17h45, jeudi 1er à 11h et 17h45, vendredi 2 et mardi 6 à 11h et 16h, dimanche 4 à 20h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et mardi 6 à 18h30, jeudi 1er à 21h, vendredi 2 à 15h, dimanche 4 à 14h, lundi 5 à 18h
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 et lundi 5 à 22h30, jeudi 1er, vendredi 2, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30 et 22h30
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Le Chanteur de Gaza
Réalisé par Hany ABU-ASSAD
Palestine 2016 1h40mn VOSTF
avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah, Ahmed Al Rock, Abdel Kareem Barakeh, Nadine Labaki...
Scénario de Hani Abu-Assad et Sameh Zoabi
L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 16h15 et 21h, jeudi 1er à 15h et 18h30, vendredi 2 à 18h30, lundi 5 à 16h et 18h30, mardi 6 à 21h
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15 et 21h, jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h et 21h, samedi 3 à 14h, 18h45 et 21h, dimanche 4 à 14h et 21h, lundi 5 à 13h30, 16h15 et 18h30
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Les Mauvaises herbes
Réalisé par Louis BÉLANGER
Québec 2016 1h47mn
avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard, Myriam Côté...
Scénario de Louis Bélénger et Alexis Martin. Festival du Film francophone d'Angoulême : Prix du Scénario et Prix du Public
Youhou, c'est le printemps ! Crocus, jonquilles, primevères, tulipes pointent leur nez tour à tour… Alors rien de tel pour célébrer tout ça qu'une joyeuse comédie concoctée par nos cousins québecois et qui rend hommage à l'herbe dont il est toujours plus ou moins question que son usage soit dépénalisé… Autant vous dire tout de suite que le printemps n'est pas de saison dans le film ! Nous sommes à Montréal au cœur de l'hiver, neige abondante et température glaciale de rigueur. Jacques Sauvageau est un comédien un peu raté qui vivote entre représentations théâtrales de seconde zone et publicités télévisuelles. Le problème, c'est qu'il ne ne se contente pas de jouer sur scène, il joue aussi aux machines à sous, qui lui boulottent la plus grande partie de ses modestes cachets. Et il se trouve qu'il a eu la très mauvaise idée de s'endetter lourdement auprès d'un usurier assez peu sensible à l'art théâtral dès qu'il s'agit de retard dans les remboursements. Le début du film nous apprend que Jacques est très très à la bourre et que son prêteur est très très impatient. Au point que ça le rend très très menaçant... lire la suite
Lorgues : jeudi 1 à 20h15, samedi 3 à 18h, dimanche 4 à 21h, lundi 5 à 19h
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 18h40
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 16h10, jeudi 1er et dimanche 4 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 16h15 et mardi 6 à 15h
Affiche
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À voix haute - La force de la parole
Réalisé par Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire France 2016 1h39mn
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
C'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes... Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute... De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non... lire la suite
Salernes : vendredi 2 et dimanche 4 à 20h30, samedi 3 et dimanche 4 à 18 h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga

Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change...

Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, celle de Paris et celle de la banlieue, celle du foyer et celle du lycée, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer... Chad Chenouga, qui a connu une trajectoire comparable à celle de Nassim, le héros, adapte ici avec Christine Paillard la pièce de théâtre qu’il a écrite et lui-même mise en scène en 2011 au Théâtre des Amandiers. Un scénario qui a valu à ses deux auteurs le Grand Prix Sopadin 2015 du meilleur scénariste, une référence.

« J’avais envie de transmettre les énergies d’un groupe d’adolescents, au travers de la danse, de leurs meurtrissures cachées, de leurs parcours chaotiques. J’avais envie aussi de raconter les deux mondes séparés de Nassim... Je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres... Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir.
« Tout au long du processus d’écriture, ma volonté était de prendre une certaine distance par rapport à ma propre histoire, mais en préservant la justesse de mon ressenti et de celle des personnages que l’on avait créés. Il s’agissait aussi de ne sur- tout pas tout dire, de transmettre en priorité un sentiment de vitalité plus que raconter de bout en bout les parcours des uns et des autres.
« Quand j’ai proposé à Yolande Moreau le rôle de la directrice du foyer, Madame Cousin, elle m’a dit : “Cette histoire ne raconte pas d’histoires, j’y crois”. J’étais content. » Chad Chenouga

 

CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 juin et lundi 5 à 17h45, jeudi 1er à 11h et 17h45, vendredi 2 et mardi 6 à 11h et 16h, dimanche 4 à 20h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et mardi 6 à 18h30, jeudi 1er à 21h, vendredi 2 à 15h, dimanche 4 à 14h, lundi 5 à 18h

Get Out
Get Out : Photo Allison Williams, Daniel KaluuyaÉcrit et réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...

Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez !

Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. C’est beau, léché, avec un piqué de cinéma qui redore le blason du cinéma de genre, loin des found-footages habituels auxquels Blumhouse Productions nous avait habitués tout au long de la décennie. Get out, c’est en fait le retour aux thrillers pavillonnaires anxiogènes des années 70-80, ceux qu’affectionnait un certain John Carpenter dans Halloween : la nuit des Masques, avec le même sens de l’espace, ample et structuré.

La banlieue américaine (Suburb, en VO) est le cadre du film de Jordan Peele, cet espace sans problème des productions Amblin Entertainment, ciment de la "whitocracy" où la diversité, amorphe, est un concept urbain lointain. Avec une ironie féroce, le cinéaste y injecte la menace noire, ce cliché défavorisé des quartiers pauvres de la ville, cet élément de résistance à l’hégémonie blanche, qui pourrait être un avatar de gang, ou, pourquoi pas, un élément comique de seconde catégorie pour suspendre la tension dans des gags vaseux. Il n’en sera rien.
Le protagoniste principal a l’intelligence de sa conscience, celle d’un jeune homme bien dans ses baskets, avec une vraie épaisseur psychologique, conscient qu’en se rendant chez les parents "blancs" de sa copine, dans une banlieue tranquille, il va se frotter aux stéréotypes racistes d’une catégorie bien-pensante de la population.

Ce qui aurait pu être une version ethnique de Mon beau-père et moi se transforme en une virée paranoïaque dans l’enfer blanc d’une population repliée sur sa communauté, avec ses modes de pensées où l’ébène interpelle avec la complaisance de la hiérarchie sociale, mais aussi physique. Pourtant loin d’une simple chasse à l’homme noir, la virée lynchienne de Jordan Peele dans cet univers barré, se joue des codes de couleurs pour présenter la différence ethnique comme une norme sociale et culturelle, basée sur la relativité. Le protagoniste principal joué par un quasi inconnu - Daniel Kaluuya, absolument épatant -, apparaît plus équilibré que n’importe quel autre élément de casting, blanc ou noir. Autour de lui, tous les représentants de la communauté noire, chez les parents de la petite-amie, semblent avoir subi un lavage de cerveau ahurissant ou sont sous l’influence des séances d’hypnose de la mère, psychiatre mal-intentionnée, jouée par Catherine Keener, complètement allumée.
Naît de ce décalage entre la normalité du héros et la dégénérescence de cette belle famille au protocole étrange, une ironie forcément savoureuse qui apporte un humour salvateur, au milieu de moments flippants ou à la suite de scènes d’angoisse pétrifiantes, à l’esthétique sombre d’un Under the Skin.

Avec plus de 170M$ au box-office américain, Get Out est devenu un phénomène. Plus gros succès du producteur Jason Blum (Split, Paranormal Activity, Insidious), carton historique pour le cinéma d’épouvante (on a - à peu près- jamais vu ça !), Get Out a tout d’une date maline dans son genre et les Français devraient se ruer sur l’électro-choc. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 et lundi 5 à 22h30, jeudi 1er, vendredi 2, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30 et 22h30

 

Le Chanteur de Gaza

 

AURORERéalisé par Hany ABU-ASSAD
Palestine 2016 1h40mn VOSTF
avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah, Ahmed Al Rock, Abdel Kareem Barakeh, Nadine Labaki...
Scénario de Hani Abu-Assad et Sameh Zoabi

L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille… Toute la première partie du film décrit de manière à la fois joyeuse et réaliste le quotidien de ces enfants palestiniens qui pourraient être les alter ego d'un Antoine Doinel dans Les 400 Coups.

La deuxième partie suit Mohamed désormais adulte et devenu chauffeur de taxi, qui a fait un trait sur la plupart de ses rêves d'enfant. Mais les circonstances qui dirigent la vie des hommes vont le pousser à reprendre le micro, avec la seule ambition de se produire sur des scènes locales. Mais le succès dépasse ses espérances et avec les encouragements de tous ses amis va naître un rêve fou : concourir pour l'émission « Arab Idol », l'équivalent moyen oriental de nos télé-crochets à succès « The Voice » ou « Nouvelle Star ». Autant dire que ce ne sera pas facile : tout est plus compliqué quand on est un jeune Gazaoui sans le sou. Les liaisons internet pour les présélections en visioconférence sont aléatoires et peuvent dépendre d'un groupe électrogène au fonctionnement chaotique, même quand on veut communiquer avec la Cisjordanie si proche. Se rendre en Égypte pour la sélection est une expérience longue et pleine de dangers : le passage des checkpoints, la corruption obligatoire des officiels… Et quand on arrive enfin à l'hôtel cairote qui accueille la compétition, comment réussir à faire partie des sélectionnés quand une foule de candidats potentiels fait la queue depuis des jours ?

On suit donc Mohammed qui franchit les différentes étapes de la compétition (que les allergiques aux télés-crochets se rassurent, là n'est quand même pas le nœud du film) et ce qui est formidable, c'est l'engouement que va créer son parcours dans tout le peuple palestinien, même à Gaza où en théorie le Hamas condamne la futilité de ce genre de compétitions musicales : on verra pourtant des cadres du très sérieux mouvement islamiste se débrouiller pour ne louper aucune des émissions au cours desquelles Mohammed Assaf se produit. Car Mohammed n'est pas juste un crooner de charme, il n'hésite pas à venir sur les télés arabes chanter la résistance de son peuple et ainsi galvaniser tous les téléspectateurs autour de la cause gazaouie. Et Le Chanteur de Gaza, très chouette film palestinien pour une fois visible par tous, toutes générations confondues, s'avère un joyeux chant de résistance, hommage à la liberté, à la vitalité, à la détermination de la jeunesse palestinienne.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 16h15 et 21h, jeudi 1er à 15h et 18h30, vendredi 2 à 18h30, lundi 5 à 16h et 18h30, mardi 6 à 21h

Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture

Après l'oubli – assez incompréhensible – par le comité de sélection du très beau Trois souvenirs de ma jeunesse il y a deux ans, Arnaud Desplechin est de retour dans la sélection officielle du Festival de Cannes, hors compétition – il s'en fiche probablement un peu et nous aussi – mais en ouverture. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire.
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité. Mais on peut bien évidemment plonger avec Ismaël et ses fantômes en étant vierge de toutes traces cinéphiles, le voyage n’en sera pas moins agréable, ni moins fort, peut-être même sera-t-il encore plus surprenant, plus déconcertant. C’est un film à tiroirs, un puzzle, un subtil assemblage de morceaux de vies éclatés, comme Desplechin les affectionne. Un film où la fiction dans la fiction se joue de nous et des codes classiques de narration, où le fantastique n’est jamais très loin. Un récit qui caresse comme pour s’en moquer les histoires d’amour tourmentées de ces pantins faits de chair et de mélancolie, puis qui glisse doucement vers la farce avant de se tourner comme par erreur vers le film d’espionnage et de finir dans les beaux draps de la comédie dramatique, sous lesquels, immanquablement, s’agite le trio amoureux (un homme, deux femmes). Autant dire que vous serez un peu baladé au milieu de ces personnages un peu fous… fous d’amour ou de regrets, fous de l’irruption inattendue des fantômes du passé, fous de la laborieuse fabrication d’un film, fous d'être promenés dans les arcanes des services secrets internationaux…

En dire trop serait sacrilège… alors voilà ce qu’en dit le maître de marionnettes : « C'est le portrait d'Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n'y rien comprendre. C'est le portrait d'Ismaël, un réalisateur de films qui traverse sa vie sans n'y rien comprendre non plus. C'est le retour d'une femme, d'entre les morts. C'est aussi un film d'espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock… » Ismaël (Mathieu Amalric, qui ré-endosse ici l'identité d'Ismaël Vuillard qu'il avait dans Rois et reine) – pas plus que Bloom, son maître en même temps que son exbeau-père – ne se remet pas de la mort de sa jeune épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans. Il vit cependant une relation forte avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne discrète mais passionnée : il l'aime, elle l'aime aussi, ils sont heureux, voilà tout. Mais à la veille du tournage de son nouveau film, consacré au portrait d'Ivan, personnage largement inspiré par son frère, Carlotta, pourtant déclarée officiellement morte, revient. Et bouleverse tout. Sylvia s'enfuit… Ismaël refuse que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou, s'échappe du tournage et s'enferme dans sa maison familiale à Roubaix. Peut-être qu’en tirant les ficelles des personnages de son film, loin du monde, il parviendra à recomposer les fragments passés et présents de sa tumultueuse existence… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15 et 21h, jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h et 21h, samedi 3 à 14h, 18h45 et 21h, dimanche 4 à 14h et 21h, lundi 5 à 13h30, 16h15 et 18h30

Les Mauvaises herbes
Réalisé par Louis BÉLANGER
Québec 2016 1h47mn
avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard, Myriam Côté...
Scénario de Louis Bélénger et Alexis Martin. Festival du Film francophone d'Angoulême : Prix du Scénario et Prix du Public

Youhou, c'est le printemps ! Crocus, jonquilles, primevères, tulipes pointent leur nez tour à tour… Alors rien de tel pour célébrer tout ça qu'une joyeuse comédie concoctée par nos cousins québecois et qui rend hommage à l'herbe dont il est toujours plus ou moins question que son usage soit dépénalisé…
Autant vous dire tout de suite que le printemps n'est pas de saison dans le film ! Nous sommes à Montréal au cœur de l'hiver, neige abondante et température glaciale de rigueur. Jacques Sauvageau est un comédien un peu raté qui vivote entre représentations théâtrales de seconde zone et publicités télévisuelles. Le problème, c'est qu'il ne ne se contente pas de jouer sur scène, il joue aussi aux machines à sous, qui lui boulottent la plus grande partie de ses modestes cachets. Et il se trouve qu'il a eu la très mauvaise idée de s'endetter lourdement auprès d'un usurier assez peu sensible à l'art théâtral dès qu'il s'agit de retard dans les remboursements. Le début du film nous apprend que Jacques est très très à la bourre et que son prêteur est très très impatient. Au point que ça le rend très très menaçant.

Notre comédien n'a d'autre choix que de se carapater toutes affaires cessantes et prendre le premier bus vers nulle part, encore affublé de son costume de scène, un seyant ensemble Louis XVI fort peu adapté à la campagne québécoise en hiver. Le voilà au bord de la congélation ultime, obligé de demander le gîte à un fermier septuagénaire pas qu'un peu étonné de voir débarquer ce touriste perruqué et chaussé de souliers vernis.
Tout se complique quand le fermier taciturne s'avère être le cultivateur productiviste d'un produit à très haute valeur ajoutée : le cannabis. Jacques va devenir ouvrier agricole malgré lui, otage – de plus en plus volontaire – de son hôte, l'un trouvant son intérêt dans une planque tranquille, l'autre trouvant à bon marché main d'œuvre et compagnie dans sa solitude rurale. Les deux compères sont bientôt rejoints par une invitée qui n'en demandait pas tant, une employée du service des eaux trop curieuse, plutôt fantasque et résolument lesbienne.

Dans la lignée du très plaisant Starbuck qui fit un triomphe dans nos salles il n'y a guère, Les Mauvaises herbes réjouit son monde avec ses situations cocasses et ses dialogues savoureux, évidemment pimentés par le délicieux vocabulaire québécois et portés par trois excellents comédiens incarnant trois personnages réunis par le plus grand des hasards – et par un scénario malin comme un singe – et qui vont devoir s'entendre pour faire face à des circonstances improbables. L'ambiance enneigée et l'humour décalé du film créent un climat chaleureux nourri par le regard tendre que porte le réalisateur sur ces trois êtres un peu à côté des normes acceptables et des rôles attendus, qui vont se compléter, former une « famille » joyeusement dysfonctionnelle et trouver dans cette expérience un nouveau rebond à leurs vies encalminées.(Utopia)

Lorgues : jeudi 1 à 20h15, samedi 3 à 18h, dimanche 4 à 21h, lundi 5 à 19h

Une Famille heureuse

HARMONIUMRéalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili

La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan.

Mais ceci étant dit, nul besoin de s'intéresser particulièrement à la Géorgie
pour être touché par le film, dont le propos et la portée sont universels. Car ce qui arrive aux protagonistes d'Une famille heureuse – le titre est doucement ironique – pourrait concerner à quelques spécificités culturelles près n'importe quelle famille des classes moyennes ou populaires de nos contrées. Ce dont il est question, c'est l'usure naturelle du temps qui passe, c'est la destruction des liens forts et de tout un tas de belles choses par ce tueur implacable qu'est l'habitude. Ce dont il question, ce sont les choix qui peuvent s'imposer à chacun d'entre nous pour faire rebondir sa vie lorsque l'âge mûr arrive puis s'installe.

Manana est une quinquagénaire – dont tout porte à penser qu'elle est équilibrée – qui vit depuis 25 ans avec son mari Soso, un homme tendre et prévenant, mais aussi avec ses vieux parents, son fils, sa fille et son gendre qui s'est peu à peu incrusté au sein du foyer. Tout ce petit monde rassemblé dans un appartement agréable mais un peu exigu pour une telle smala ! Une famille géorgienne ordinaire, pour qui le quotidien est parfois bruyant et compliqué, la confrontation entre les générations s'avérant conflictuelle et folklorique, entre papy un peu gâteux, grand-mère d'une exubérance très méditerranéenne, jeunes un peu sans gêne et parents au milieu... qui supportent tout ça la plupart du temps en silence. Un seul truc dénote dans ce chaos somme toute harmonieux : le côté dépressif et taciturne de Manana, que rien ne semble devoir illuminer. D'ailleurs ce jour-là est celui de son 52e anniversaire et elle n'a en rien envie de le fêter. Cependant nous sommes en Géorgie et on ne rate jamais une occasion de boire et festoyer, et famille, collègues, voisins s'invitent d'eux mêmes, ce qui a pour résultat de pousser Manana à se replier davantage encore sur elle-même... Et le lendemain, elle annonce à Soso qu'elle veut le quitter, abandonner la maison pour vivre seule. La nouvelle plonge évidemment toute la famille dans l'incompréhension, et ils ont beau faire, rien ne semble pouvoir la faire changer d'avis... On ne vous dévoilera pas la suite des événements, mais ce n'est que le dé- but d'un engrenage où vont apparaître au grand jour les petits secrets plus ou moins avouables de chacun. Le genre d'épreuve dont on en ressort détruit ou au contraire grandi...

Le film est tour à tour drôle, acide, subtil, parfois bouleversant. Aucun des personnages n'est blanc ou noir, aucun n'est à aucun moment jugé. Une chronique familiale intelligente et sensible. Une étude subtile de l'usure du couple. Et plus particulièrement un magnifique portrait de femme.

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 18h40

Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko

Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée.

1943. Django, au sommet de son art, reconnu, adulé, fait swinguer le tout Paris aux Folies Bergères avec son quintet. Comme bon nombre d’artistes français de cette époque, on joue devant un parterre composé en partie d’officiers allemands, sans trop se soucier du chaos lointain, ni de ce qui se trame aux quatre coins de l’Europe. Django a sa guitare, sa famille, sa canne à pêche, son public et une certaine immunité acquise par sa célébrité et son talent… Cette guerre, c’est celle des gadjos, certainement pas la sienne.
Mais l’Allemagne en veut toujours plus et l'agent du guitariste négocie avec l'occupant une magistrale tournée qui le mènerait à Berlin, orchestrée par la propagande nazie, pour le bon plaisir des hauts officiers du Reich, avec, aux premiers rangs Gœbbels et peut-être même Hitler. Flairant le danger, Django décide alors de fuir en zone libre, aidé par la belle et mystérieuse Louise De Klerk, une vieille connaissance, amatrice éclairée de jazz, reine des nuits parisiennes, admiratrice fidèle, et peut-être encore plein d’autres choses plus ou moins secrètes, plus ou moins avouables…
A Thonon-les-Bains, il va attendre plusieurs semaines le moment propice pour un passage en Suisse. Entouré de sa famille proche – sa femme enceinte, sa mère qui est aussi sa costumière et son meilleur impresario, son frère qui l’accompagne sur scène – mais aussi de sa famille de cœur et d’histoire – les habitants d'un camp tzigane rencontrés sur place – Django va découvrir la terrible réalité de son temps.

Avec ce qu’il faut de fiction et d’entorses bienveillantes à la réalité, Django nous offre le portrait admiratif – mais pas toujours aimable – d’un musicien hors norme qui va voir sa vie et son art bouleversés au contact de l’horreur en marche. Si les scènes de concerts sont remarquablement filmées et rendent toute l’énergie vitale de ce jazz manouche, la manière dense et pudique dont le film traite de l’oppression puis de l’extermination du peuple tzigane est particulièrement émouvante.
À travers ce personnage mythique interprété par Reda Kateb avec le talent, la grâce, la gouaille dandy qu'on lui connaît, Django interroge la place de l’artiste et de l’art dans ces moments terribles de l’histoire où la poésie et la liberté sont elles aussi pourchassées, parquées, exécutées. Si le film s’ouvre sur le roi du swing parisien, il évolue peu à peu vers quelque chose de plus mélancolique et se referme sur le « Requiem pour mes frères tziganes » pour orgue, orchestre et chœur. Jouée une seule fois à la Libération, cette messe funèbre dont la partition est aujourd’hui perdue fut dédiée par Django à tous les Tziganes massacrés pendant la Seconde Guerre mondiale.(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 16h10, jeudi 1er et dimanche 4 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 16h15 et mardi 6 à 15h

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Au(x) cinéma(s) du 24 au 30 mai

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Sage Femme de Martin Provost, "un film ample et magique" nous dit-on...

Mais l'événement de la semaine, c'est celui-là : Entretoiles vous invite à venir partager avec nous ce  dimanche 28 mai,  une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films : Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces. et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films ! Venez nombreux !

Dans sa programmation ordinaire, CGR présente Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues et à Salernes,  Tunnel de Kim Seong-hun, un vrai divertissement très spectaculaire et à Lorgues seulement, L'Opéra un documentaire de Jean Stéphane Bron, envoûtant de bout en bout.
Au Vox à Fréjus, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées. Au Vox et au Luc :  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb, Au Vox seulement, allez voir Une Famille heureuse de  Nana Ekvtimishvili, un film tour à tour drôle, acide, subtil ou bouleversant. A Cotignac,  Après la tempête de Kore Eda, infatigable peintre des familles japonaises et enfin au Vox et au Luc allez voir Aurore de Blandine Lenoir, un film subtil et vivifiant.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir : De toutes mes forces de Chad Chenouga.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 17 AU 24 MAI

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Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...
C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !... lire la suite
CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 24 à 17h45, jeudi 25 à 15h45, vendredi 26 et samedi 27 à 17h30, lundi 29 à 20h et mardi 30 à 13h45
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 16h25 et 21h, dimanche 28 à 16h15 et 18h30, lundi 29 à 15h, 20h45, mardi 30 à 15h et 21h
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : Tous les jours à 20h10 et 22h30
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Aurore
Réalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin
On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24, jeudi 25, samedi 27 et dimanche 28 à 14h
Le Luc : mercredi 24 mai et dimanche 28 à 18h, vendredi 26 à 21h, samedi 27 à 21h
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Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won
Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse... lire la suite
Lorgues : mercredi 24 à 16h, jeudi 25 à 20h15, samedi 27 à 18h15, lundi 29 à 21h15
Salernes : samedi  27 à 18h, dimanche 28 à 21h, lundi 29 à 20h30
Affiche
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 et dimanche 28 à 14h, 16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 14h, 16h15, 18h30 et 21h, vendredi 26 et mardi 30 à 15h, 18h30 et 21h, lundi 29 à 15h, 18h15 et 20h45
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L'Opéra
Film documentaire de Jean-Stéphane BRON
Documentaire France 2016 1h50mn
avec tous ceux qui s’activent pour faire vivre l’Opéra de Paris...
Scène d’ouverture splendide sur le toit de l’opéra Bastille. On surplombe Paris sous les pâles rayons du soleil qui s’éveille : océan d’immeubles et de monuments encore grisés par la nuit qui s’achève, ciel aux bleus hésitants, volutes de nuages teintés de blancs et de gris luminescents. Deux pompiers, rendus minuscules par ce décor grandiose, s’activent sur une musique magistrale, de toute beauté. L’instant d’après, plongée directe dans un bureau cossu où l’on va assister à un conseil d’administration digne d’un scénario d’opéra bouffe. Pris avec distanciation, les non dits, les manœuvres diplomatiques… deviennent autant de petits clins d’œils comiques et parfois cyniques qui donneront complexité et relief à la suite du récit... lire la suite
Lorgues : samedi 27 à 16h, dimanche 28 à 21h10, lundi 29 à 21h15
Affiche
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Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...
Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés. Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences... lire la suite
Cotignac : lundi 29 mai à 18h
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 18h20, jeudi 25 à 18h30 et 21h, vendredi 26 à 15h et 21h, samedi 27 à 16h et 18h30, dimanche 28 à 16h et 20h45, lundi 29 à 18h15 et 20h45, mardi 30 à 15h et 21h
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 25 à 14h, vendredi 26 et mardi 30 à 18h30, samedi 27 à 21h, dimanche 28 à 18h25 et lundi 29 à 15h
Le Luc : mercredi 24 à 20h30, jeudi 25 à 18h30, samedi 27 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...

C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !
Avoir réuni tout ce petit monde à l’écran, savoir lui donner vie, n’est pas le moindre talent de Martin Provost (le réalisateur de Séraphine). L’intrigue est là, prenante. Elle brode en filigrane un pamphlet percutant pour une société plus juste où la finance ne prendrait pas le pas sur l’humain. C’est d’une beauté simple et saisissante comme tous ces petits riens de l’existence qu’on oublie trop souvent d’admirer et qui s’accumulent pêle-mêle devant nos sens engourdis.
Les reflets sur l’asphalte mouillé après la pluie, les murmures de la nature, la sensualité d’une main qui s’avance, timide, la patience des graines, le premier fris- son d’un nourrisson : son premier cri, sa première larme, son premier sourire. De tout cela, sans bêtifier, Claire (Catherine Frot), sage-femme de son état, ne se lasse pas. Pourtant, il y aurait de quoi ! Oh ! combien de vagins, combien de fontanelles elle aura vu passer entre ses mains expertes en trente ans de carrière ! Des bébés de toutes les couleurs, des pour lesquels tout paraît d’emblée facile, d’autres dont la première bouffée d’air semble moins insouciante, plus amère. Des mères parfois battantes, radieuses, parfois effrayées... Même rituels toujours renouvelés... Pourtant aucune lassitude dans les gestes précis de Claire et de ses consœurs, leurs expressions sont plus éloquentes qu’un long discours. Malgré les gémissements, la sueur et le sang, chaque nouvelle mise au monde reste aussi grisante et précieuse que la toute première fois.

Et c’est vidée de toute énergie, après ses heures de garde, que notre sage-femme
s’en retourne vers sa cage d’immeuble en banlieue pour s’endormir, alors qu’au loin, Paris s’éveille. Une vie de célibataire réduite à peu de choses à côté d’un métier si prenant. Cultiver son jardin (un petit lopin ouvrier), regarder les salades et son grand fils (étudiant en médecine) pousser... Et surtout respirer, pédaler au grand air, se ressourcer pour pouvoir encore donner le meilleur aux prochaines parturientes qui ne manqueront pas de venir frapper à la porte du service public. C’est un coup de téléphone qui va venir briser l’apparente quiétude de Claire, une voix surgie de son adolescence, et qui la propulse des décennies en arrière. Cette voix au bout du fil, celle de Béatrice (Catherine Deneuve), l’ancienne amante de son père défunt, est comme une claque qui résonne, synonyme d’un impossible pardon... Claire raccroche aussi sec. Mais Béatrice insiste... L’espace d’un premier rendez-vous, voilà deux antithèses réunies : l’une, telle la fourmi, sérieuse, méticuleuse, responsable ; l’autre, telle la cigale, hâbleuse, joueuse, rêveuse. L’une s’oubliant pour les autres, l’autre ne vivant que pour attirer leurs regards, surtout celui des hommes... Entre l’une et l’autre, des choix de vie irréconciliables. Entrevue tendue et explosive entre deux aimants à la polarité opposée.

Claire, pour oublier l’interlude, se réfugie derechef dans ses plantations, essayant de retrouver le calme... Mais un malheur n’arrivant jamais seul, voilà que le fils d’un vieux voisin malade vient troubler sa solitude... Elle prend des airs renfrognés pour dissuader l’intrus (Olivier Gourmet)...
Car Claire est bien décidée à ne laisser ni le passé ni le monde extérieur pénétrer dans son intimité. Ce cocon intérieur dans lequel elle se protège, depuis des années, mais où elle oublie peut-être un peu de vivre, il va bien falloir qu’elle en brise un peu la carapace.(Utopia)


CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 24 à 17h45, jeudi 25 à 15h45, vendredi 26 et samedi 27 à 17h30, lundi 29 à 20h et mardi 30 à 13h45

Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...

C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté.

Suite au mariage d’une troisième colocataire, Nour, étudiante en informatique, débarque un matin dans l’appartement pour occuper la place vacante. Discrète et studieuse, pudique et voilée, Nour ne souhaite qu’une chose : pouvoir étudier en toute tranquillité et recevoir de temps en temps, en toute chasteté, son fiancé. Nour va bientôt se marier mais pour l’heure, elle est surtout concentrée sur ses examens. Chacune vit sa vie sans porter de jugement sur celle des autres, elles se croisent parfois, au petit matin, autour d’un café, parfois elles se parlent et parfois pas, elles ont appris à respecter leurs choix, leurs rythmes de vie autant que leurs envies. Laila est sans doute la plus libre. Elle est avocate et traite aussi bien ses affaires en arabe qu'en hébreu, elle fait exactement ce qu’elle veut, s’habille comme bon lui semble en maitrisant d’une poigne de velours sa destinée. Elle est belle, sexy, sensuelle, insoumise, volontaire, rebelle et si elle aime, c’est selon ses règles. Salma est DJ amateur et vivote de petits boulots en petits boulots : cuistot, barmaid, elle a trouvé à Tel Aviv le bouillonnement culturel et musical qui correspond à sa curiosité, à ses élans. Mais quand elle retourne dans son village, elle redevient la petite fille bien docile qu’elle était, écoutant sans broncher le discours de ses parents qui veulent la marier très vite et n’ont de cesse de lui présenter des garçons bien sous tous rapports. Mais les apparences sont souvent trompeuses… Nour quant à elle se pose bien des questions. Ses études sont un moyen pour elle de s’affranchir du système patriarcal dans lequel elle a toujours évolué mais elle pressent bien que son futur mari préfèrerait la voir derrières ses fourneaux plutôt que dans un bureau. Si elle pouvait être docile, aimante et silencieuse, ce serait la femme idéale… Mais la femme idéale, c’est peut-être celle qui a décidé de danser, ou pas.
Suite à une rencontre, un événement qui sera peut-être doux comme un baiser ou violent comme une claque, elles vont chacune être rattrapée par la terrible réalité d’une société pleine de conservatismes et de tabous.

C’est cette société que Maysaloun Hamoud tente de secouer et de faire évoluer à travers ce film lumineux, éminemment féministe et engagé. Membre de « Palestinema », un groupe de jeunes cinéastes dont le but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est très minoritaire, son engagement artistique n’est pas sans rappeler celui de Ronit Elkabetz, voir même de Nabil Ayouch dont les héroïnes de Much Loved pourraient être les cousines de cœur de Laila, Selma et Nour. Et pour ne rien gâcher, la bande son, issue de la scène underground palestinienne, est particulièrement soignée… et vous donne une furieuse envie de bouger.(Utopia)

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h

De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga

Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change...

Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, celle de Paris et celle de la banlieue, celle du foyer et celle du lycée, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer... Chad Chenouga, qui a connu une trajectoire comparable à celle de Nassim, le héros, adapte ici avec Christine Paillard la pièce de théâtre qu’il a écrite et lui-même mise en scène en 2011 au Théâtre des Amandiers. Un scénario qui a valu à ses deux auteurs le Grand Prix Sopadin 2015 du meilleur scénariste, une référence.

« J’avais envie de transmettre les énergies d’un groupe d’adolescents, au travers de la danse, de leurs meurtrissures cachées, de leurs parcours chaotiques. J’avais envie aussi de raconter les deux mondes séparés de Nassim... Je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres... Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir.
« Tout au long du processus d’écriture, ma volonté était de prendre une certaine distance par rapport à ma propre histoire, mais en préservant la justesse de mon ressenti et de celle des personnages que l’on avait créés. Il s’agissait aussi de ne sur- tout pas tout dire, de transmettre en priorité un sentiment de vitalité plus que raconter de bout en bout les parcours des uns et des autres.
« Quand j’ai proposé à Yolande Moreau le rôle de la directrice du foyer, Madame Cousin, elle m’a dit : “Cette histoire ne raconte pas d’histoires, j’y crois”. J’étais content. » Chad Chenouga

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 16h25 et 21h, dimanche 28 à 16h15 et 18h30, lundi 29 à 15h, 20h45, mardi 30 à 15h et 21h

Get Out
Get Out : Photo Allison Williams, Daniel KaluuyaÉcrit et réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...

Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez !

Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. C’est beau, léché, avec un piqué de cinéma qui redore le blason du cinéma de genre, loin des found-footages habituels auxquels Blumhouse Productions nous avait habitués tout au long de la décennie. Get out, c’est en fait le retour aux thrillers pavillonnaires anxiogènes des années 70-80, ceux qu’affectionnait un certain John Carpenter dans Halloween : la nuit des Masques, avec le même sens de l’espace, ample et structuré.

La banlieue américaine (Suburb, en VO) est le cadre du film de Jordan Peele, cet espace sans problème des productions Amblin Entertainment, ciment de la "whitocracy" où la diversité, amorphe, est un concept urbain lointain. Avec une ironie féroce, le cinéaste y injecte la menace noire, ce cliché défavorisé des quartiers pauvres de la ville, cet élément de résistance à l’hégémonie blanche, qui pourrait être un avatar de gang, ou, pourquoi pas, un élément comique de seconde catégorie pour suspendre la tension dans des gags vaseux. Il n’en sera rien.
Le protagoniste principal a l’intelligence de sa conscience, celle d’un jeune homme bien dans ses baskets, avec une vraie épaisseur psychologique, conscient qu’en se rendant chez les parents "blancs" de sa copine, dans une banlieue tranquille, il va se frotter aux stéréotypes racistes d’une catégorie bien-pensante de la population.

Ce qui aurait pu être une version ethnique de Mon beau-père et moi se transforme en une virée paranoïaque dans l’enfer blanc d’une population repliée sur sa communauté, avec ses modes de pensées où l’ébène interpelle avec la complaisance de la hiérarchie sociale, mais aussi physique. Pourtant loin d’une simple chasse à l’homme noir, la virée lynchienne de Jordan Peele dans cet univers barré, se joue des codes de couleurs pour présenter la différence ethnique comme une norme sociale et culturelle, basée sur la relativité. Le protagoniste principal joué par un quasi inconnu - Daniel Kaluuya, absolument épatant -, apparaît plus équilibré que n’importe quel autre élément de casting, blanc ou noir. Autour de lui, tous les représentants de la communauté noire, chez les parents de la petite-amie, semblent avoir subi un lavage de cerveau ahurissant ou sont sous l’influence des séances d’hypnose de la mère, psychiatre mal-intentionnée, jouée par Catherine Keener, complètement allumée.
Naît de ce décalage entre la normalité du héros et la dégénérescence de cette belle famille au protocole étrange, une ironie forcément savoureuse qui apporte un humour salvateur, au milieu de moments flippants ou à la suite de scènes d’angoisse pétrifiantes, à l’esthétique sombre d’un Under the Skin.

Avec plus de 170M$ au box-office américain, Get Out est devenu un phénomène. Plus gros succès du producteur Jason Blum (Split, Paranormal Activity, Insidious), carton historique pour le cinéma d’épouvante (on a - à peu près- jamais vu ça !), Get Out a tout d’une date maline dans son genre et les Français devraient se ruer sur l’électro-choc. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : Tous les jours à 20h10 et 22h30

 

Aurore

 

AURORERéalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin

On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25.

Avouez que ça vous en bouche un coin ! Notre Aurore qui, comme la plupart de ses amies, se trouve confrontée à la solitude amoureuse (son ex est allé voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte), à la ménopause (ah ! les bouffées de chaleur), à la maternité longuement mûrie de sa fille Marina (devenir grand-mère, non merci), au départ de sa fille cadette Lucie (dire qu’il y a 16 ans, il fallait encore lui donner la becquée) et à la perte de son job (tant qu’à faire). Décidément, qu’il est beau de ne pas naître femme histoire de mieux le devenir dans une société où la féminité connaît ses brèves heures de gloire avant celles de son obsolescence programmée… Dans ces conditions, après être femme devenue, ne faudrait-il pas tout simplement : renaître ?
C’est le déclic qui s’active dans l’esprit d’Aurore lorsqu’elle croise par hasard Totoche, son amour d’adolescence, perdu de vue depuis des lustres. Chic type en l’occurrence. Médecin, prévenant, belle allure encore, une pincée de nostalgie au fond de la prunelle… Il n’en faut pas plus – ni moins – pour qu’Aurore se retrouve de nouveau saisie par ce sentiment dont elle s’aperçoit qu’il est resté intact au fil du temps. L’eau a beau couler sous les ponts, ça ne les empêche pas de tenir… Il en va de même pour l’amour, dès lors qu’on s’intéresse un peu à ce type d’architecture informelle. Et voilà qu’Aurore, éperdument « totochisée », replonge dans la frénésie romantique de ses quinze ans. De son côté, en bon mâle responsable, Totoche a construit quelques barrages et se montre moins enthousiaste. Si la vie était simple…
Mais au fond, ce qui sauve Aurore de sa solitude de cinquantenaire délaissée n’est pas tant le fait de tomber amoureuse que celui de retrouver sa dignité et son éclat, intacts, le surgissement de ses rêves de jeunesse marquant essentiellement le décloisonnement d’une destinée vouée à l’échec social, à l’acceptation résignée des stéréotypes de genre et de génération. Moralité : il n’y a pas d’âge, qu’on soit femme ou homme, pour aimer, pour être heureux, pour se connaître, pour exister. Ce qui fait de cette formidable et joyeusement subversive comédie un film à voir toutes affaires cessantes par tous les garçons et les filles de tous les âges, jeunes, plus vieux, parents, grands-parents, ados… C’est d’ailleurs la rencontre de personnages de toutes générations et la confrontation de leurs expériences diverses et variées qui permettra à Aurore d’apprendre à être en phase avec elle-même.

Agnès Jaoui, sublime Aurore, redonne de la chair et de l’esprit, des formes et du fond, à un cinéma de comédie trop souvent habité par des corps formatés et des cerveaux maigrelets : on ne se lasse pas de contempler ses hanches, ses fesses et sa poitrine de Madone, généreuses et bouleversantes, on n’en finit pas d’être épaté par sa vivacité, son naturel, son intelligence, son humour imprévisible. Bref nous sommes tous des Totoche envoyant valser la prudence et la pusillanimité (13 lettres), prêts à (re) tomber amoureux de cette magnifique femme de 52 ans. Et merci à Bertrand Belin pour la bande originale qu’il a ici composée, incroyablement subtile et vivifiante, à l’image du film ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 24, jeudi 25, samedi 27 et dimanche 28 à 14h
Le Luc : mercredi 24 mai et dimanche 28 à 18h, vendredi 26 à 21h, samedi 27 à 21h

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Au(x) cinéma(s) du 17 au 23 mai

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Gimme Danger de Jim Jarmush, très différent de Paterson, et déclaration d'amour filmée aux Stooges.
Entretoiles vous invite à venir partager avec nous  dimanche 28 mai,  une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces. et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !
Dans sa programmation ordinaire, CGR présente Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.
Par ailleurs, Colibris vous propose La Cigale, le corbeau et les poulets en présence de Olivier Azam qui animera le débat, une fable et une farce délirante et cocasse.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues, Fantastic Birthday de Rosemary Myers, comédie acidulée et pop, Les Initiés de John Trengove, récit rare parvenu de l'ancien pays de l'Apartheid.
A Salernes, allez voir Aurore de Blandine Lenoir, un film subtil et vivifiant. et De l'autre côté de l'espoir de Kaurismaki, une petite merveille.

Au Vox à Fréjus, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées, L'Homme aux 1000 visages d'Alberto Rodriguez récit hallucinant d'un imbroglio politico-policier, Le Procès du Siècle de Mick Jackson, qui tient le spectateur en haleine, La jeune fille et son aigle, film mongol de Otto Bell beau et dépaysant,  Emily Dickinson, A Quiet Passion de Terence Davies, film rare qui vous retourne l'âme et Après la tempête de Kore Eda, infatigable peintre des familles japonaises et À Voix Haute, de Stéphane De Freihas, un documentaire emballant et captivant.

A Cotignac, Félicité de Alain Gomis, "un cinéma lumineux avec de purs moments de grâce
Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir : Sage Femme de Martin Provost et De toutes mes forces de Chad Chenouga.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 17 AU 24 MAI

Affiche
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Gimme Danger
Écrit et réalisé par Jim JARMUSH
Documentaire USA 2016 1h48mn VOSTF
avec les membres de The Stooges : Iggy Pop, Ron Asheton, Scott Asheton, Dave Alexander, James A. Williamson, Steve Mackay, Mike Watt, le manager Danny Fields...
« Depuis les débuts du rock'n roll, peu de groupes peuvent se comparer aux Stooges avec leur mélange incomparable de pulsations viscérales, de psychédélisme déjanté, de rythmes à la fois blues et country portant des paroles névrotiques minimalistes. Sans oublier Iggy Pop, le leader du groupe, fauve grognant et grondant mais soucieux de son apparence qui réincarne aussi bien Nijinski, Bruce Lee et Harpo Marx qu'Arthur Rimbaud. Pionniers dans l'histoire du rock, les Stooges ont marqué des générations entières d'artistes » (Jim Jarmush).... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 17 et mardi 23 à 11h, jeudi 18 et lundi 22 à 18h, vendredi 19 à 13h45, samedi 20 à 22h, dimanche 21 à 20h
 
Affiche
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h
 
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
 
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La Cigale, le corbeau et les poulets
Réalisé par Olivier AZAM
Documentaire France 2016 1h35mn
C’est une histoire qui ferait rigoler le plus sinistre des neurasthéniques : elle est tout ce qu’il y a de vraie et a néanmoins toutes les apparences d’une farce délirante et cocasse… On rit certes beaucoup à écouter les protagonistes du film se dépêtrer de cette affaire, mais on est aussi un brin admiratif de leur capacité à imposer tranquillement et avec bonne humeur leur volonté infatigable de résister à ce qui les défrise, irréductibles villageois qui mènent leur révolution tranquillement depuis un petit bled de l’Hérault.
L’histoire du film commence sous le règne de Sarkozy : un petit village de campagne, à deux pas de Montpellier, son clocher, sa mairie et… son bureau de tabac, atypique et animé, où tout le village passe et où se retrouve une poignée de trublions qui fourrent leur nez partout, affichent leurs convictions et publient une gazette qu’ils ont nommé La Commune. Rien ne saurait les faire taire tant l’exercice de l’expression démocratique fait partie de leurs gènes… D’aucuns les trouvent sacrément casses-burnes (ceux qui détiennent un embryon de pouvoir), mais pour plein d’autres, ils sont les indispensables « emmerdeurs jouissifs » qui empêchent l’enlisement des cervelles...
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CGR (Draguignan) : vendredi 19 à 20h30, présenté par Colibris, débat animé par le réalisateur
Le Vox (Fréjus) : vendredi 19 à 19h
 
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 17, jeudi 18, vendredi 19, samedi 20 et mardi 23 à 13h50, 20h10, et 22h20, dimanche 21 à 13h50 et 22h20, lundi 22 à 20h10 et 22h20
 
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La jeune fille et son aigle
Film documentaire d'Otto BELL
Mongolie 2016 1h27mn VF
Pour les enfants à partir de 8 ans
Bon, la musique est parfois un chouia envahissante, je vous le concède… mais bon sang de bonsoir que les images sont belles ! Et grandioses et somptueux les paysages de l'Altaï mongol : à perte de vue ce ne sont que plaines immenses perchées entre des sommets enneigés et arides avec, au cœur de cette immensité, quelques yourtes qui fument… Sans ce décor d'une ampleur à vous couper le souffle, les hommes depuis plus de mille ans dressent les aigles royaux, seuls êtres vivants qui osent regarder le soleil en face. C'est une pratique ancestrale qui se transmet de père en fils, dans un long, solitaire et obstiné apprentissage : grimper jusqu'au nid de l'aigle, capturer un aiglon peu après sa naissance, de préférence une femelle, plus forte, plus fidèle, l'affamer d'emblée et commencer à tisser une relation avec elle en la nourrissant pour la dresser à chasser les renards et autres prédateurs qui menacent les maigres troupeaux. C'est tout un art dont les nomades Mongols sont fiers et qui fait l'objet d'un festival chaque année : chacun sort son plus beau costume, coiffés de chapeaux de renard ou de zibeline… car il ne fait pas chaud à cette hauteur là. Après quelques années à pratiquer la chasse, le chasseur rend à l'aigle sa liberté et en guise de cadeau d'adieu, il arrive qu'il leur laisse un mouton fraichement abattu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 à 15h50, vendredi 19 à 15h, samedi 20, dimanche 21 et mardi 23 à 14h
 
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Le Procès du siècle
Réalisé par Mick JACKSON
USA/GB 2016 1h51mn VOSTF
avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott...
Scénario de David Hare, d’après le livre de Deborah Lipstadt
Si vous n’êtes ni enseignant en lycée ni parent d’adolescents, vous n’en avez peut-être pas conscience : une des principales plaies du xxie siècle est probablement le développement exponentiel des théories conspirationnistes sur internet. Il n’y a pas si longtemps, les idées les plus nauséabondes et les plus délirantes de l’extrême droite n’étaient véhiculées que par le bouche à oreille et les publications confidentielles de quelques groupes nazillons. Désormais les théories les plus dingos et malfaisantes se propagent en trois clics et quelques secondes auprès de millions de gens, qui sont malheureusement souvent jeunes et au début de leurs humanités, pour reprendre une expression désuète. Et voilà les cours d’histoire de lycées parasités par des jeunes gens qui se disent hors système et contestent l’enseignement de leurs professeurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jedui 18 à 20h45
 
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Emily Dickinson, A Quiet Passion
Écrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell…
Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume ! Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 à 18h15, vendredi 19 et lundi 22 à 15h, samedi 21 à 15h55, dimanche 21 à 14h et mardi 23 à 20h45
 
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Fantastic birthday
Réalisé par Rosemary MYERS
Australie 2016 1h20mn VOSTF
avec Bethany Whitmore, Harrison Feldman, Matthew Whittet, Amber McMahon, Eamon Farren...
Scénario de Matthew Whittet (qui joue également le père), d'après sa pièce de théâtre (déjà mise en scène à Adélaïde, ville du Sud de l'Australie, par Rosemary Myers, dont c'est le premier film)
Venue d'Australie (ça devient rare) mais sous influence d'une veine indépendante américaine qui va de Wes Anderson à Spike Jonze, une comédie acidulée et pop, une fantaisie décalée qui séduit d'emblée par sa fraîcheur, sa liberté de ton, mais qui n'oublie pas d'être grave et mélancolique quand il le faut. Une chronique aussi sensible qu'originale du passage à l'âge adulte – ou plus précisément, et c'est moins commun, de la fin de l'enfance et de l'entrée dans l'adolescence. Une vraie découverte. Greta Driscoll va bientôt avoir quinze ans, elle n'est pas vraiment bien dans sa peau, plutôt du genre introvertie et complexée, et elle débarque dans un nouveau collège. Comme de juste elle a du mal à s'intégrer, n'a pas les codes, ne trouve pas la clef qui ouvre la porte de la popularité... lire la suite
Lorgues : jeudi 18 à 20h15, samedi 20 à 18h, dimanche 21 à 19h
 
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Les Initiés
Réalisé par John TRENGOVE
Afrique du Sud 2016 1h28mn VOSTF
avec Nakhane Touré, Bongile Mantsai, Niza Jay Ncoyini, Thobani Mseleni...
Scénario de John Trengove, Malusi Bengu et Thando Mgqolozana, d'après son roman A man who is not a man
C'est une étrange histoire de sueur, de sang, de salive et autres humeurs de source vive… Un récit rare parvenu de l'ancien pays de l'Apartheid, dont on ne peut empêcher l'ombre de rôder dans nos têtes même s'il n'est pas évoqué, même si on ne voit quasiment aucun blanc à l'écran. De la première à la dernière minute, on retient son souffle, subjugué par cette palpitante visite au pays des non-dits, plongé dans les arcanes de rites secrets accessibles uniquement à une minorité d'initiés. Pour les Xhosa, ethnie d'Afrique du Sud, on ne nait pas homme, on le devient. Dans cette cambrousse apparemment déserte, ils arrivent de tous les coins du pays, ces jeunes mâles Xhosa, sans réellement savoir ce qui les attend, mais avec la ferme conviction que, quelques semaines plus tard, abandonnant à jamais derrière eux les oripeaux étriqués de leur enfance, ils seront enfin considérés comme des hommes à part entière. Passage obligé que franchirent leurs pères, leurs grands-pères et tant de générations avant eux... lire la suite
Lorgues : mercredi 17 à 19h, samedi 20 à 20h
 
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Aurore
Réalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin
On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 à 14h, jeudi 18 à 15h, vendredi 19 à 17h, samedi 20 à 14h et 15h50, dimanche 21 à 16h, lundi 22 à 18h15 et mardi 23 à 14h et 16h10
Salernes : mercredi 17 et dimanche 21 à 18h, vendredi 19 et lundi 22 à 20h30
 
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À voix haute - La force de la parole
Réalisé par Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire France 2016 1h39mn
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
C'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes... Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute... De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 à 20h, jeudi 18 à 18h15, dimanche 21 à 16h25 et mardi 23 à 18h
 
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45, jedui 18 à 15h, 18h15, 20h45, vendredi 19 à 15h, 18h30, 21h, samedi 20 à 14h, 16h15, 18h30 et 21h, dimanche 21 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45, lundi 22 à 15h, 17h30, 20h, mardi 23 à 16h, 18h30, 20h45
 
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L'Homme aux mille visages
Réalisé par Alberto RODRIGUEZ
Espagne 2016 2h02mn VOSTF
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot...
Scénario de Rafael Cobos et Alberto Rodriguez
Ça pourrait être le mariage improbable et jubilatoire entre les péripéties d'un film d'espionnage et les affres d'un scandale politique qui ferait passer les successives affaires Fillon pour un forfait de cour de récréation. Un scandale symptomatique de la difficulté de l'Espagne nouvellement démocratique des années 80/90 à rompre définitivement avec les mauvaises habitudes d'un pouvoir terroriste et mafieux. Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l'ETA est le prétexte à l'installation d'un système militaro-policier qui s'affranchit souvent des règles de justice et de droits humains, comme au bon vieux temps du Caudillo... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 17 et dimanche 21 à 20h45, jeudi 18 à 18h15, vendredi 19 à 21h, samedi 20 à 18h30, lundi 22 à 20h30 et mardi 23 à 15h50
 
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Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...
Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés. Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences... lire la suite
Le Vox (Fréjus)  : mercredi 17 à 15h45 et jeudi 18, dimanche 21 à 20h45
 
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L’autre côté de l’espoir
Écrit et réalisé par Aki KAURISMAKI
Finlande 2017 1h40mn VOSTF
avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji, Janne Hyytiäinen, Ilkka Koivula, Nuppu Koivu...
FESTIVAL DE BERLIN 2017 : Ours d’argent du meilleur réalisateur
Dès les premières images on retrouve avec un bonheur intense Aki Kaurismaki et son univers de cinéma muet rehaussé de couleurs saturées, de bande son rockabilly et d’accessoires issus au plus tard des années 60. Mais L'Autre côté de l’espoir est bien ancré dans notre époque et nous propulse dans une actualité des plus urgentes au travers de deux personnages aussi fabuleux qu’inoubliables : Wikhström, Finlandais pépère en train de mettre sa vie de quin- quagénaire sur de nouveaux rails, et Khaled, jeune réfugié syrien échoué à Helsinki et demandeur de papiers. Avec son humour pince-sans-rire, le cinéma de Kaurismaki a toujours été l’abri des laissés-pour-compte, des prolétaires... lire la suite
Salernes : mercredi 17 à 20h30, vendredi  19 et mardi 22 à 18h, dimanche 21 à 20h
 
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Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY
La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine... lire la suite
Cotignac : lundi 22 à 20h30
 


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Gimme Danger
Écrit et réalisé par Jim JARMUSH
Documentaire USA 2016 1h48mn VOSTF
avec les membres de The Stooges : Iggy Pop, Ron Asheton, Scott Asheton, Dave Alexander, James A. Williamson, Steve Mackay, Mike Watt, le manager Danny Fields...

« Depuis les débuts du rock'n roll, peu de groupes peuvent se comparer aux Stooges avec leur mélange incomparable de pulsations viscérales, de psychédélisme déjanté, de rythmes à la fois blues et country portant des paroles névrotiques minimalistes. Sans oublier Iggy Pop, le leader du groupe, fauve grognant et grondant mais soucieux de son apparence qui réincarne aussi bien Nijinski, Bruce Lee et Harpo Marx qu'Arthur Rimbaud. Pionniers dans l'histoire du rock, les Stooges ont marqué des générations entières d'artistes » (Jim Jarmush).

Rien de plus opposé a priori que la douceur minimaliste de Paterson et l'énergie sauvage de Gimme danger… Et pourtant le cinéaste y aborde finalement le même sujet : le processus créatif. Celui, réglé, ritualisé, millimétré du chauffeur de bus poète Paterson, humble créateur d'une œuvre d'une fantaisie et d'une délicatesse infinies. Et celui, plus violent, plus agressif, plus transgressif, des Stooges, l'un des meilleurs groupes de rock de l'histoire selon Jim Jarmush.
Ce n'est pas vraiment un documentaire que nous propose Jarmush, mais plutôt une sorte de déclaration d'amour filmée aux Stooges. Un essai, comme le qualifie le réalisateur lui-même, composé en toute subjectivité, pour essayer de nous convaincre que les Stooges ont été et resteront, définitivement, parmi les tout meilleurs. Nous sommes en pleine révolution contre-culturelle, dans l’Amérique de la fin des années 60. Et le rock animal et survolté des Stooges fait des ravages. Ils poseront les fondations de ce qu’on appellera plus tard le punk et le rock alternatif.

Mais c’est moins de cette épopée que de leurs aventures et mésaventures des débuts dont il est question. De leurs expérimentations où nous suivons le guide Iggy, l’iguane à la voix rauque qui nous parle de son enfance. De ce fameux parc à roulottes où il vivait avec ses parents. De sa façon de bouger, essayant, explique-t-il « d’imiter les chimpanzés ou les babouins ».
C'est aussi un retour sur le contexte politique, social et culturel de l'époque qui nous est proposé. Avec, comme en contrepoint, une mise en scène très classique, où de superbes images et photos d'archive, dont pas mal d'inédites, viennent entrecouper les entretiens avec Iggy Pop et les autres membres successifs encore vivants du groupe.

« Donne-moi du danger petite étrangère. Et je sens ton soulagement. Donne-moi du danger petite étrangère. Et je sens ta maladie. Il n'y a rien dans mes rêves. Juste quelques souvenirs horribles. » (Paroles de Gimme danger, chanson des Stooges) (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 17 et mardi 23 à 11h, jeudi 18 et lundi 22 à 18h, vendredi 19 à 13h45, samedi 20 à 22h, dimanche 21 à 20h

 

 

Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...

C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté.

Suite au mariage d’une troisième colocataire, Nour, étudiante en informatique, débarque un matin dans l’appartement pour occuper la place vacante. Discrète et studieuse, pudique et voilée, Nour ne souhaite qu’une chose : pouvoir étudier en toute tranquillité et recevoir de temps en temps, en toute chasteté, son fiancé. Nour va bientôt se marier mais pour l’heure, elle est surtout concentrée sur ses examens. Chacune vit sa vie sans porter de jugement sur celle des autres, elles se croisent parfois, au petit matin, autour d’un café, parfois elles se parlent et parfois pas, elles ont appris à respecter leurs choix, leurs rythmes de vie autant que leurs envies. Laila est sans doute la plus libre. Elle est avocate et traite aussi bien ses affaires en arabe qu'en hébreu, elle fait exactement ce qu’elle veut, s’habille comme bon lui semble en maitrisant d’une poigne de velours sa destinée. Elle est belle, sexy, sensuelle, insoumise, volontaire, rebelle et si elle aime, c’est selon ses règles. Salma est DJ amateur et vivote de petits boulots en petits boulots : cuistot, barmaid, elle a trouvé à Tel Aviv le bouillonnement culturel et musical qui correspond à sa curiosité, à ses élans. Mais quand elle retourne dans son village, elle redevient la petite fille bien docile qu’elle était, écoutant sans broncher le discours de ses parents qui veulent la marier très vite et n’ont de cesse de lui présenter des garçons bien sous tous rapports. Mais les apparences sont souvent trompeuses… Nour quant à elle se pose bien des questions. Ses études sont un moyen pour elle de s’affranchir du système patriarcal dans lequel elle a toujours évolué mais elle pressent bien que son futur mari préfèrerait la voir derrières ses fourneaux plutôt que dans un bureau. Si elle pouvait être docile, aimante et silencieuse, ce serait la femme idéale… Mais la femme idéale, c’est peut-être celle qui a décidé de danser, ou pas.
Suite à une rencontre, un événement qui sera peut-être doux comme un baiser ou violent comme une claque, elles vont chacune être rattrapée par la terrible réalité d’une société pleine de conservatismes et de tabous.

C’est cette société que Maysaloun Hamoud tente de secouer et de faire évoluer à travers ce film lumineux, éminemment féministe et engagé. Membre de « Palestinema », un groupe de jeunes cinéastes dont le but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est très minoritaire, son engagement artistique n’est pas sans rappeler celui de Ronit Elkabetz, voir même de Nabil Ayouch dont les héroïnes de Much Loved pourraient être les cousines de cœur de Laila, Selma et Nour. Et pour ne rien gâcher, la bande son, issue de la scène underground palestinienne, est particulièrement soignée… et vous donne une furieuse envie de bouger.(Utopia)

 

 

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h

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Au(x) cinéma(s) du 10 au 16 mai

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Ouvert la nuit de Edouard Baer un film "tourbillonnant, virevoltant, épique, mélancolique et joyeux ! "
Dimanche, le 14 mai, Entretoiles vous invite à venir partager avec nous Félicité de Alain Gomis, "un cinéma lumineux avec de purs moments de grâce". Et le dimanche 28 mai, nous vous proposons une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !
Dans sa programmation ordinaire, CGR présente Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues, Grave de Julie Ducorneau, une chronique adolescente doublée d'un suspense haletant, The Young Lady de William Oldroyd, le drame de l'amour interdit et À Voix Haute, de Stéphane De Freihas, un documentaire emballant et captivant.
A Salernes, allez voir Django de Etienne Comar, le portrait admiratif mais pas toujours aimable du célèbre Django Reinhardt, et au Luc, Corporate de Nicolas Silhol, une histoire pleine de suspense menée comme un polar.

Au Vox à Fréjus, on vous propose Cessez-le-feu d'Emmanuel Courcol, un film touchant sur  l'après guerre , Le Procès du Siècle de Mick Jackson, qui tient le spectateur en haleine, La jeune fille et son aigle, film mongol de Otto Bell beau et dépaysant,  Emily Dickinson, A Quiet Passion de Terence Davies, film rare qui vous retourne l'âme et Après la tempête de Kore Eda, infatigable peintre des familles japonaises.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Gimme Danger de Jim Jarmush et Sage Femme de Martin Provost.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 10 AU 16 MAI

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Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin
Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 10 à 11h15, jeudi 11, samedi 13 et dimanche 14 à 18h, vendredi 12 à 13h45, lundi 15 à 15h45, mardi 16 à 20h 
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Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY
La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : tous les jours à 13h30, 15h45, 20h10, 22h20
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La jeune fille et son aigle
Film documentaire d'Otto BELL
Mongolie 2016 1h27mn VF
Pour les enfants à partir de 8 ans
Bon, la musique est parfois un chouia envahissante, je vous le concède… mais bon sang de bonsoir que les images sont belles ! Et grandioses et somptueux les paysages de l'Altaï mongol : à perte de vue ce ne sont que plaines immenses perchées entre des sommets enneigés et arides avec, au cœur de cette immensité, quelques yourtes qui fument… Sans ce décor d'une ampleur à vous couper le souffle, les hommes depuis plus de mille ans dressent les aigles royaux, seuls êtres vivants qui osent regarder le soleil en face. C'est une pratique ancestrale qui se transmet de père en fils, dans un long, solitaire et obstiné apprentissage : grimper jusqu'au nid de l'aigle, capturer un aiglon peu après sa naissance, de préférence une femelle, plus forte, plus fidèle, l'affamer d'emblée et commencer à tisser une relation avec elle en la nourrissant pour la dresser à chasser les renards et autres prédateurs qui menacent les maigres troupeaux. C'est tout un art dont les nomades Mongols sont fiers et qui fait l'objet d'un festival chaque année : chacun sort son plus beau costume, coiffés de chapeaux de renard ou de zibeline… car il ne fait pas chaud à cette hauteur là. Après quelques années à pratiquer la chasse, le chasseur rend à l'aigle sa liberté et en guise de cadeau d'adieu, il arrive qu'il leur laisse un mouton fraichement abattu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 et dimanche 14 à 14h, 16h25, jedui 11 à 15h, samedi 13 à 13h50, lundi 15 à 20h45, mardi 16 à 14h
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Le Procès du siècle
Réalisé par Mick JACKSON
USA/GB 2016 1h51mn VOSTF
avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott...
Scénario de David Hare, d’après le livre de Deborah Lipstadt
Si vous n’êtes ni enseignant en lycée ni parent d’adolescents, vous n’en avez peut-être pas conscience : une des principales plaies du xxie siècle est probablement le développement exponentiel des théories conspirationnistes sur internet. Il n’y a pas si longtemps, les idées les plus nauséabondes et les plus délirantes de l’extrême droite n’étaient véhiculées que par le bouche à oreille et les publications confidentielles de quelques groupes nazillons. Désormais les théories les plus dingos et malfaisantes se propagent en trois clics et quelques secondes auprès de millions de gens, qui sont malheureusement souvent jeunes et au début de leurs humanités, pour reprendre une expression désuète. Et voilà les cours d’histoire de lycées parasités par des jeunes gens qui se disent hors système et contestent l’enseignement de leurs professeurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 15h45, jedui 11 à 18h15, dimanche 14 à 20h45
Cotignac : lundi 15 à 18h
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Emily Dickinson, A Quiet Passion
Écrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell…
Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume ! Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi10 et dimanche 14 à 14h, 18h15 et 20h45, jeudi 11 à 15h, 18h15 et 20h45, vendredi 12 et lundi 15 à 15h et 20h45, samedi 13 à 15h45 et 18h30, mardi 16 à 16h et 20h45
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Cessez-le-feu
Écrit et réalisé par Emmanuel COURCOL
France 2017 1h45mn
avec Romain Duris, Céline Salette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schlitz, Wabinlé Nabié...
Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Éteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 et mardi 14 à 18h15, et vendredi 12 à 15h
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 et dimanche 14 à 18h20, jeudi 11 et mardi 16 à 20h45, samedi 13 à 15h45
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
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Grave
Écrit et réalisé par Julia DUCORNAU
France / Belgique 2016 1h38mn
avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Joana Preiss, Laurent Lucas, Bouli Lanners, Marion Vernoux...
Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2017 : Grand Prix et Prix de la critique. Interdit aux moins de 16 ans
Ceux qui ne sont pas atteints comme moi d'une affreuse myopie ne connaissent pas l'avantage considérable que nous les bigleux, les serpents à lunettes, les binoclards, avons au cinéma face à un film d'horreur réussi. Alors que vous, les valides des yeux, les fermez convulsivement – quand vous ne plongez pas carrément sous votre siège – à chaque scène terrifiante, il nous suffit discrètement de baisser un chouïa nos binocles pour ne pas voir l'objet de tant d'effroi. Et il faut bien dire que Grave, formidable thriller horrifique signé d'une jeune réalisatrice quasi inconnue, ne manque pas de moments propices au sursaut d'épouvante et au détournement de regard… Un film hybride remarquablement maîtrisé, qui mêle chronique adolescente très bien vue et suspense haletant digne des maîtres Hitchcock ou Cronenberg... lire la suite
Lorgues : samedi 13 à 18h30, dimanche 14 à 21h
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The Young Lady
Réalisé par William OLDROYD
GB 2016 1h29mn VOSTF
avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomi Ackie...
Scénario d'Alice Birch, d'après le roman de Nikolai Leskov Lady Macbeth du district de Mtensk
The young lady paraît ainsi se nourrir, se gorger de ces femmes tragiquement amoureuses, de cette littérature romantique et noire pour façonner son héroïne, une héroïne nouvelle, inédite : Katherine (comme chez Brontë, tiens donc). Dans le fond et dans sa forme, le film reprend plusieurs points, quelques particularités de chaque roman pour en faire, là aussi, une sorte de mélange, un alliage parfait : l’amour interdit, la manipulation, le meurtre, le désespoir, la mort, la différence de classe, et la lande tout autour... Nous voyons donc une jeune femme asservie par un patriarcat brutal s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres, non plus par amour et par passion (même si ça pourrait être le cas au début), mais presque par vengeance de ce qu’elle a subit : mariée de force, cloîtrée dans le manoir familial, délaissée par monsieur et réduite au rôle d’épouse obéissante... lire la suite
Lorgues : jeudi 11 à 20h15, samedi 13 à 16h, dimanche 14 à 19h
Affiche
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À voix haute - La force de la parole
Réalisé par Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire France 2016 1h39mn
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
C'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes... Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute... De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non... lire la suite
Lorgues : mercredi 10 à 16h30, samedi 13 à 20h10
Cotignac : vendredi 12 à 20h30
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Salernes : mercredi 10 mai à 18h, jeudi 11 à 20h30, vendredi 12 à 18h, lundi 15 à 20h30
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Corporate
Réalisé par Nicolas SILHOL
France 2017 1h35mn
avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Violaine Fumeau, Stéphane De Groodt, Alice de Lencquesaing...
Scénario de Nicolas Silhol et Nicolas Fleureau
Elle est grande, élancée, élégante avec ses costards, ses talons, ses jolis chemisiers blancs dont elle n'arrête pas de changer, asséchant ses aisselles pour être toujours impeccable, chassant cette horrible odeur humaine qui pourrait altérer l'image qu'elle se donne de dure performante. Émilie est prête à tout pour grimper les échelons des responsabilités dans une entreprise qu'elle a dans la peau, ambitieuse et sans faille. Elle a un regard magnifique, qu'elle a réussi à dompter, ne laissant rien paraître de ses émotions, battante, terrible, glacée. C'est que, parmi les rouages qui activent cette grosse boite anonyme semblable à plein d'autres, où les dirigeants ne communiquent avec leurs cadres que par Skype, elle occupe un rôle prééminent d'encadrement du personnel, sous la houlette d'un DRH charmeur (Lambert Wilson) qui lui confie les missions délicates, flatte son côté « killeuse » de choc, lui jurant qu'elle est la meilleure, lui demandant toujours davantage... lire la suite
Le Luc : mercredi 10 à 20h30, jeudi 11 et samedi 13 à 18h, dimanche 14 à 16h
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Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...
Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés. Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 et dimanche 14 à 15h55 et 20h45, jedui 11 à 18h15 et 20h45, vendredi 12 à 15h et 20h45, samedi 13 à 13h50 et 21h, lundi 15 à 15h et 18h15, mardi 16 à 14h, 18h15 et 20h45


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin

Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi.

Luigi (Edouard toujours délicieusement Baer) est le directeur inspiré et définitivement imprévisible d’un théâtre parisien. C’est la veille de la première et sur scène, il n’y a pas que les rideaux de velours rouge qui sont tendus. Il n’y a plus un sou dans les caisses et l’équipe n’a pas été payée depuis… depuis trop longtemps. Ils ont beau tous aimer très fort ce sympathique Luigi de patron, ils ont beau aimer l’art avec un grand A, et le théâtre parisien privé, faut quand même pas pousser l’intermittent dans les orties. Grève générale donc. Pendant que dans la salle un célèbre metteur en scène excessivement japonais et son assistante-interprète complètement sadique tentent de mener à terme les ultimes répétitions, dussent-elles épuiser le grand Michel Galabru qui aimerait bien rentrer chez lui, Luigi, fidèle à lui-même, a totalement le contrôle de la situation. Rien ni personne, nippon ni gréviste, ni sa meilleure amie et administratrice, ni la nuit et encore moins Paris ne l’empêcheront de lever le rideau le lendemain pour la première représentation.

Le pognon n’est qu’une histoire d’argent et les histoires, Luigi, il maîtrise : scénario, dialogues, costumes et même la bande son, tout lui va, rien n’est grave, tout peut arriver y compris le meilleur, il suffit juste d’y croire. Assisté d’une stagiaire de Sciences-Po aussi rationnelle et stressée qu’il est zen et lunaire, aussi sûre de son jugement qu’il est à l’aise avec ses doutes, le voilà parti au cœur de la nuit en quête d’argent frais. Mais les vieux tours de passe-passe de Luigi, son baratin et ses blagues un peu lourdingues ont pris du plomb dans l’aile… Luigi n’est plus tout à fait le magicien de la nuit, le séducteur saltimbanque qu’il était, le monde autour de lui n’est plus tout à fait le même et les gens, ces autres qui l’inspirent, ont peut être envie d’avoir la paix, voir comme Michel d’aller se coucher.

Tourbillonnant, virevoltant, épique, mélancolique, joyeux, insomniaque, Ouvert la nuit est un film de mission qui ressemble à Cendrillon… passé minuit, le smoking du dandy redeviendra la tenue de travail du garçon de café et le carrosse doré une flûte en plastique contenant un champagne tiède… Mais chut… Luigi le doux, l’inconstant, le rêveur, l'irresponsable, le tchatcheur a peut-être un ultime tour dans sa poche trouée. Un homme qui, comme le poète Ferré, parle à un chimpanzé n’a peut-être pas encore dévoilé sa dernière tirade.


CGR (Draguignan) : mercredi 10 à 11h15, jeudi 11, samedi 13 et dimanche 14 à 18h, vendredi 12 à 13h45, lundi 15 à 15h45, mardi 16 à 20h

Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY

La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine.
Ce pourrait bien être une quête vaine… Mais non ! Car s'élève une voix intemporelle, profonde, puissante, magnétique. La voix de Félicité qui berce, vous transporte ailleurs, dans une forme de rêve, de méditation, peut-être même de transe. Elle semble réveiller la vie, alors que le regard de la chanteuse semble étrangement vouloir la fuir. Nul besoin de comprendre les mots, la mélodie évidente, éternelle, raconte tout à leur place : le présent intimement entrelacé au passé, le réalisme à l'onirisme. Mélange de tradition et de modernité sur lequel le temps n'a plus d'emprise. Après tout, ce que nous appelons l'avenir deviendra un jour un passé immémorial pour nos lointains descendants.

Tabu, mécanicien bien charpenté (et bien alcoolisé pour l'heure), semble comme hypnotisé, transfiguré. Il oublie l'espace d'un instant ses manières brutes, ses provocations violentes qui escamotent ses bons côtés. Impossible de résister à cette vague douce qui le transperce. Son regard de mauvais démon prend des airs angéliques. Mais cette belle femme plantureuse à la voix chaude, qui n'a pas l'abord facile, n'est certainement pas pour lui. La soirée finira donc, comme trop souvent, en queue de poisson…

Le matin venu, le réveil est lent et rude pour les noctambules. On retrouve Félicité le regard sombre, accablée par la chaleur pesante de sa piaule sans charme. D'autant plus mal lunée que son réfrigérateur est en panne. Quand le réparateur qui se présente se trouve être le même Tabu qui a semé la zizanie sur son lieu de travail, elle est d'autant moins encline à lui accorder sa confiance. Elle lui fait la leçon, le rembarre. Lui la regarde bien penaud… C'est par là que va commencer leur étrange aventure… Qui pourrait-être classique mais ne le sera pas ! Si le récit débute dans une forme aux codes familiers, c'est pour mieux nous ferrer et il va vite s'en émanciper de manière brillante, extrêmement vivante. Son originalité et sa richesse prennent racine dans ses interstices. Tantôt des silences habités de mille voix nous propulsent dans le songe d'une nuit équatoriale. Tantôt les envolées lyriques du « Fratres » d’Arvo Pärt jouées par un incroyable orchestre symphonique surgit de nulle part font naître en nous un véritable sentiment d'élévation. De purs moments de grâce, hypnotiques, où l'on se sent trimballés comme d'impuissants fœtus dans une matrice à la fois rassurante et immense, universelle. C'est un cinéma des contrastes, lumineux, qui n'occulte jamais pour autant la part d'obscurité des hommes et de leur société.

Quand Félicité va apprendre que son fils a eu un accident de moto, tout va basculer. Ici, au Congo, nulle sécurité sociale pour les indigents. Le système est sans cœur et on opère uniquement ceux qui ont les moyens de payer. Pour sauver la jambe de l'adolescent, il faudrait accumuler une montagne d'argent. Voilà cette femme digne, qui jamais n'a quémandé, prête à pulvériser tous les obstacles. Comme si la peur de la perte la ramenait elle-même à la vie. Cette détermination tenace, énergique, sans concession va ébranler Tabu, qui, oubliant presque de la désirer, va se mettre à son service, sans plus rien attendre en retour. Et si l'impossible rédemption tenait en cela… tout simplement donner au lieu de prendre…

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h


Get Out
Get Out : Photo Allison Williams, Daniel KaluuyaÉcrit et réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...

Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez !

Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. C’est beau, léché, avec un piqué de cinéma qui redore le blason du cinéma de genre, loin des found-footages habituels auxquels Blumhouse Productions nous avait habitués tout au long de la décennie. Get out, c’est en fait le retour aux thrillers pavillonnaires anxiogènes des années 70-80, ceux qu’affectionnait un certain John Carpenter dans Halloween : la nuit des Masques, avec le même sens de l’espace, ample et structuré.

La banlieue américaine (Suburb, en VO) est le cadre du film de Jordan Peele, cet espace sans problème des productions Amblin Entertainment, ciment de la "whitocracy" où la diversité, amorphe, est un concept urbain lointain. Avec une ironie féroce, le cinéaste y injecte la menace noire, ce cliché défavorisé des quartiers pauvres de la ville, cet élément de résistance à l’hégémonie blanche, qui pourrait être un avatar de gang, ou, pourquoi pas, un élément comique de seconde catégorie pour suspendre la tension dans des gags vaseux. Il n’en sera rien.
Le protagoniste principal a l’intelligence de sa conscience, celle d’un jeune homme bien dans ses baskets, avec une vraie épaisseur psychologique, conscient qu’en se rendant chez les parents "blancs" de sa copine, dans une banlieue tranquille, il va se frotter aux stéréotypes racistes d’une catégorie bien-pensante de la population.

Ce qui aurait pu être une version ethnique de Mon beau-père et moi se transforme en une virée paranoïaque dans l’enfer blanc d’une population repliée sur sa communauté, avec ses modes de pensées où l’ébène interpelle avec la complaisance de la hiérarchie sociale, mais aussi physique. Pourtant loin d’une simple chasse à l’homme noir, la virée lynchienne de Jordan Peele dans cet univers barré, se joue des codes de couleurs pour présenter la différence ethnique comme une norme sociale et culturelle, basée sur la relativité. Le protagoniste principal joué par un quasi inconnu - Daniel Kaluuya, absolument épatant -, apparaît plus équilibré que n’importe quel autre élément de casting, blanc ou noir. Autour de lui, tous les représentants de la communauté noire, chez les parents de la petite-amie, semblent avoir subi un lavage de cerveau ahurissant ou sont sous l’influence des séances d’hypnose de la mère, psychiatre mal-intentionnée, jouée par Catherine Keener, complètement allumée.
Naît de ce décalage entre la normalité du héros et la dégénérescence de cette belle famille au protocole étrange, une ironie forcément savoureuse qui apporte un humour salvateur, au milieu de moments flippants ou à la suite de scènes d’angoisse pétrifiantes, à l’esthétique sombre d’un Under the Skin.

Avec plus de 170M$ au box-office américain, Get Out est devenu un phénomène. Plus gros succès du producteur Jason Blum (Split, Paranormal Activity, Insidious), carton historique pour le cinéma d’épouvante (on a - à peu près- jamais vu ça !), Get Out a tout d’une date maline dans son genre et les Français devraient se ruer sur l’électro-choc. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : tous les jours à 13h30, 15h45, 20h10, 22h20

 

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Au(x) cinéma(s) du 3 au 9 mai

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Riche semaine  de cinéma pour les cinéphiles que vous êtes !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Loving  de Jeff Nichols. "une vraie, belle et formidable réussite" !
Notez nos prochaines propositions  Entretoiles :  le dimanche 14 mai,  Félicité de Alain Gomis, "un cinéma lumineux avec de purs moments de grâce". Et le dimanche 28 mai, nous vous proposons une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !
Les ciné débats vous proposent vendredi au CGR  Chez Nous de Lucas Belvaux, un film fort et engagé.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues, L'autre côté de l'espoir une petite merveille que nous offre Aki Kaurismaki, Je danserai si je veux (et aussi à Salernes) et Sage Femme de Martin Provost, un film ample et magique

Au Vox à Fréjus, on vous propose Cessez-le-feu d'Emmanuel Courcol, un film touchant sur  l'après guerre , Le procès du siècle de Mick Jackson, qui tient le spectateur en haleine, La jeune fille et son aigle, film mongol de Otto Bell beau et dépaysant, et Emily Dickinson, A Quiet Passion de Terence Davies, film rare qui vous retourne l'âme
Au Luc, allez voir Orpheline de Arnaud des Pallières, aussi surprenant que fascinant.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Ouvert la nuit d'Edouard Baer, Gimme Danger de Jim Jarmush et Sage Femme de Martin Provost.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 3 AU 9 MAI

Affiche
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Loving
Écrit et réalisé par Jeff NICHOLS
USA 2016 2h03mn VOSTF
avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas, Michael Shannon, Nick Kroll...
La vraie, belle, formidable réussite de Jeff Nichols, c'est d'avoir su restituer l'humanité, la simplicité, le refus catégorique de tout héroïsme de la part de Mildred et Richard Loving, amoureux, amants puis mari et femme, dont la petite histoire se retrouve au cœur d'un de ces tourbillons vertigineux qui façonnent l'Histoire. Pas qu'ils refusent le combat, ils ont si peu à y perdre, mais dans le tumulte qu'ils provoquent, ils se mettent volontairement en retrait, avec humilité et dignité. Et le film, d'une classe folle, tout aussi humble et digne, adopte leur regard et leur distance, les magnifie sans en faire des icônes, accompagne leur lutte sans jamais verser dans l'hagiographie, souligne l'émotion sans sombrer dans le pathos... lire la suite
CGR (Draguignan) en VO :  mercredi 3 et mardi 9 à 11h, jeudi 4 et lundi 8 à 13h30, vendredi 5 à 17h40, samedi 6 à 22h et dimanche 7 à 20h
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Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY
La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h
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Chez Nous
Réalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy
Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film : « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues.... lire la suite
Ciné débat à CGR (Draguignan) : vendredi 5 mai à 20h
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La jeune fille et son aigle
Film documentaire d'Otto BELL
Mongolie 2016 1h27mn VF
Pour les enfants à partir de 8 ans
Bon, la musique est parfois un chouia envahissante, je vous le concède… mais bon sang de bonsoir que les images sont belles ! Et grandioses et somptueux les paysages de l'Altaï mongol : à perte de vue ce ne sont que plaines immenses perchées entre des sommets enneigés et arides avec, au cœur de cette immensité, quelques yourtes qui fument… Sans ce décor d'une ampleur à vous couper le souffle, les hommes depuis plus de mille ans dressent les aigles royaux, seuls êtres vivants qui osent regarder le soleil en face. C'est une pratique ancestrale qui se transmet de père en fils, dans un long, solitaire et obstiné apprentissage : grimper jusqu'au nid de l'aigle, capturer un aiglon peu après sa naissance, de préférence une femelle, plus forte, plus fidèle, l'affamer d'emblée et commencer à tisser une relation avec elle en la nourrissant pour la dresser à chasser les renards et autres prédateurs qui menacent les maigres troupeaux. C'est tout un art dont les nomades Mongols sont fiers et qui fait l'objet d'un festival chaque année : chacun sort son plus beau costume, coiffés de chapeaux de renard ou de zibeline… car il ne fait pas chaud à cette hauteur là. Après quelques années à pratiquer la chasse, le chasseur rend à l'aigle sa liberté et en guise de cadeau d'adieu, il arrive qu'il leur laisse un mouton fraichement abattu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 16h30, vendredi 5 à 14h et 21h, samedi 6 à 14h et 16h, dimanche 7 à 14h et 16h25, lundi 8 à 16h10 et 18h, mardi 9 à 15h
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Le Procès du siècle
Réalisé par Mick JACKSON
USA/GB 2016 1h51mn VOSTF
avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott...
Scénario de David Hare, d’après le livre de Deborah Lipstadt
Si vous n’êtes ni enseignant en lycée ni parent d’adolescents, vous n’en avez peut-être pas conscience : une des principales plaies du xxie siècle est probablement le développement exponentiel des théories conspirationnistes sur internet. Il n’y a pas si longtemps, les idées les plus nauséabondes et les plus délirantes de l’extrême droite n’étaient véhiculées que par le bouche à oreille et les publications confidentielles de quelques groupes nazillons. Désormais les théories les plus dingos et malfaisantes se propagent en trois clics et quelques secondes auprès de millions de gens, qui sont malheureusement souvent jeunes et au début de leurs humanités, pour reprendre une expression désuète. Et voilà les cours d’histoire de lycées parasités par des jeunes gens qui se disent hors système et contestent l’enseignement de leurs professeurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 14h, 20h45, jeudi 4 et mardi 9 à 20h45, vendredi 5 à 14h et 18h30, samedi 6 à 14h et 21h, dimanche 7 à 16h15, lundi 8 à 18h30
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Emily Dickinson, A Quiet Passion
Écrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell…
Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume ! Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi 4, lundi 8 et mardi 9 à 18h00 et 20h45, vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 à 18h15 et 21h
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Cessez-le-feu
Écrit et réalisé par Emmanuel COURCOL
France 2017 1h45mn
avec Romain Duris, Céline Salette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schlitz, Wabinlé Nabié...
Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Éteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 et vendredi 5 à 16h15, jeudi 4 à 15h, samedi 6 à 21h, dimanche 7 à 16h, lundi 8 à 14h
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai
Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 16h, dimanche 7 et lundi 8 à 21h
Salernes : mercredi 3 à 18h, samedi 6 à 20h30 et mardi 9 à 20h25
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai
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L’autre côté de l’espoir
Écrit et réalisé par Aki KAURISMAKI
Finlande 2017 1h40mn VOSTF
avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji, Janne Hyytiäinen, Ilkka Koivula, Nuppu Koivu...
FESTIVAL DE BERLIN 2017 : Ours d’argent du meilleur réalisateur
Dès les premières images on retrouve avec un bonheur intense Aki Kaurismaki et son univers de cinéma muet rehaussé de couleurs saturées, de bande son rockabilly et d’accessoires issus au plus tard des années 60. Mais L'Autre côté de l’espoir est bien ancré dans notre époque et nous propulse dans une actualité des plus urgentes au travers de deux personnages aussi fabuleux qu’inoubliables : Wikhström, Finlandais pépère en train de mettre sa vie de quin- quagénaire sur de nouveaux rails, et Khaled, jeune réfugié syrien échoué à Helsinki et demandeur de papiers. Avec son humour pince-sans-rire, le cinéma de Kaurismaki a toujours été l’abri des laissés-pour-compte, des prolétaires... lire la suite
Lorgues : jeudi 4 à 20h15, lundi 8 à 19h
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Glory
Réalisé par Kristina GROZEVA et Petar VALCHANOV
Bulgarie 2016 1h41mn VOSTF
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
Scénario de Kristina Grozera, Petar Valchanov et Decho Taralezhkov
« C’est une belle chose d’être honnête, mais il est également important d’avoir raison. » Winston Churchill. Voilà un film jubilatoire et acide à la fois, un conte cruel solidement ancré dans la réalité contemporaine de son pays : la Bulgarie (profitons-en, les films bulgares sont rarissimes sur nos écrans). Ce film a en même temps le goût délicieusement doux-amer du meilleur de la comédie italienne des années 60, celle qui observait la société transalpine sans angélisme, avec une lucidité d’autant plus efficace qu’elle était drôle... lire la suite
Cotignac : dimanche à 20h30
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Orpheline
Réalisé par Arnaud des PALLIÈRES
France 2016 1h51mn
avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Vega Cuzytek, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou...
Scénario de Christelle Berthevas et Arnaud des Pallières
C'est un récit surprenant, aussi déstabilisant que fascinant, écrit par les deux orfèvres du scénario que sont Arnaud des Pallières et Christelle Berthevas, qui avaient déjà composé ensemble Michael Koolhas,
remarquable western moyenâgeux avec Madds Mikkelsen, d'après une nouvelle d'Heinrich Von Kleist. Cette fois c'est un scénario original, l'intrigue est bien actuelle, en tout cas son point de départ puisque nous allons découvrir à rebours dans le temps les quatre vies d'une jeune femme, tour à tour enfant campagnarde et malheureuse, adolescente fuyant un père violent et perdu, jeune fille aventurière et indépendante aux liaisons dangereuses et enfin future mère et directrice d'école installée avant que.
.. lire la suite
Le Luc : mercredi 3 à 20h30, vendredi 5 à 21h, samedi 6 à 21h
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L'Homme aux mille visages
Réalisé par Alberto RODRIGUEZ
Espagne 2016 2h02mn VOSTF
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot...
Scénario de Rafael Cobos et Alberto Rodriguez
Ça pourrait être le mariage improbable et jubilatoire entre les péripéties d'un film d'espionnage et les affres d'un scandale politique qui ferait passer les successives affaires Fillon pour un forfait de cour de récréation. Un scandale symptomatique de la difficulté de l'Espagne nouvellement démocratique des années 80/90 à rompre définitivement avec les mauvaises habitudes d'un pouvoir terroriste et mafieux. Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l'ETA est le prétexte à l'installation d'un système militaro-policier qui s'affranchit souvent des règles de justice et de droits humains, comme au bon vieux temps du Caudillo... lire la suite
Salernes : jeudi 4 à 18h, dimanche 7 à 18h
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Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...
C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !... lire la suite
Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Loving
LOVINGÉcrit et réalisé par Jeff NICHOLS
USA 2016 2h03mn VOSTF
avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas, Michael Shannon, Nick Kroll...

La vraie, belle, formidable réussite de Jeff Nichols, c'est d'avoir su restituer l'humanité, la simplicité, le refus catégorique de tout héroïsme de la part de Mildred et Richard Loving, amoureux, amants puis mari et femme, dont la petite histoire se retrouve au cœur d'un de ces tourbillons vertigineux qui façonnent l'Histoire. Pas qu'ils refusent le combat, ils ont si peu à y perdre, mais dans le tumulte qu'ils provoquent, ils se mettent volontairement en retrait, avec humilité et dignité. Et le film, d'une classe folle, tout aussi humble et digne, adopte leur regard et leur distance, les magnifie sans en faire des icônes, accompagne leur lutte sans jamais verser dans l'hagiographie, souligne l'émotion sans sombrer dans le pathos.
C'est que Mildred et Richard Loving ne se veulent en rien exemplaires de quoi que ce soit. Tout ce qu'ils demandent, en définitive, se résume en peu de choses : qu'on les laisse vivre, paisiblement, chez eux, élever leur petite famille, pas trop loin de leurs parents, dans ce petit coin d'Amérique rurale qu'ils ont toujours connu. Problème, et de taille : Mildred est noire, Richard est blanc – et dans l'État de Virginie où ils vivent, en 1958, le Racial Integrity Act en vigueur interdit les mariages mixtes, considérés comme une « menace à la paix et la dignité de la communauté ».

Richard Loving, maçon, un peu charpentier, est un taiseux, un rien tête de mule. Blanc, noir, qu'importe : sa famille, sa classe, n'est pas raciale mais sociale. Les ouvriers, artisans, paysans, qu'il côtoie dans son bled, à la santé desquels il trinque à la fin d'une semaine de labeur, n'ont pas de couleur. Qu'il bricole des carburateurs pour organiser des courses de voitures le Dimanche ou qu'il scelle, l'une après l'autre, des briques dans les murs qu'ils monte, les maisons qu'il bâtit, il avance dans la vie de la même façon : avec l'obstination, la certitude de faire quelque chose de droit, de juste, de bien. De fait, lorsque sa Mildred se retrouve enceinte, il ne cherche pas midi à quatorze heure : ils filent dans l'État voisin de Washington DC pour légaliser leur union – et ni une ni deux, presque ingénument, reviennent au nid filer le parfait amour et reprendre le train train de leur vie bien réglée. Arrêtés, jugés, ils sont condamnés à de la prison avec sursis, peine assortie de 25 ans d’exil hors du territoire de Virginie. Et comme il leur est dit, ce n'est pas de la ségrégation puisque noire et blanc encourent la même peine…
Transplantée à Washington, ville pleine de bruit, de danger et de fureur, la famille (rapidement enrichie de trois enfants) peine à retrouver l'harmonie antérieure. Mais c'est là, à la télévision, que Mildred découvre la figure de Martin Luther King et la grande marche pour les droits civiques. Là que la femme noire qu'elle est s'éveille à une conscience politique, là que va naître l'idée et grandir la détermination de se battre pour faire reconnaître son union, ses droits et ceux de sa famille.

L'affaire Loving vs. Virginia (Loving contre l'État de Virginie) est un épisode peu connu chez nous du « mouvement des droits civiques aux États Unis ». Pour autant, Jeff Nichols ne semble qu'à peine nous raconter le long combat des époux Loving, jusqu'au jugement de la Cour suprême des États Unis rendant inconstitutionnelles toutes les lois interdisant les unions mixtes. Pas de prêchi-prêcha, pas de coups d'éclat ni de confessions tire-larmes, pas de révélations fracassantes ni de vibrantes plaidoiries de tribunal, il fait l'économie de tous les poncifs du genre, laisse tout ce fatras hors-champ. Mais nous invite à partager du temps qui s'étire au quotidien, tout ce qui témoigne à l'évidence du « crime » de s'aimer. Dans une très belle séquence, alors que leurs avocats tentent de médiatiser l'« affaire Loving », un photographe du magazine Life vient dans leur retraite faire un reportage sur les époux hors la loi. Et, ne sachant où trouver sa place, comment tirer le portrait de ceux-là qui ne pensent tellement pas à se mettre en avant, il finit par s'oublier, partager le bonheur simple de la famille et en tirer les plus beaux des clichés. De la même façon, Jeff Nichols met au rencard les effets de mise en scène virtuose qui ont fait sa petite renommée, comme si la fragilité du sujet, des personnages, imposait délicatesse, sobriété et respect. C'est insensiblement, tout comme Mildred semble toujours s'excuser d'avoir à combattre – mais n'en lâche pas la lutte pour autant – que se tisse le fil de la petite histoire qui la relie à la grande. Bien que relatant un épisode des années 60, Loving n'a rien de la reconstitution historique traditionnelle et, à cinquante ans de distance, tend un miroir à nos sociétés contemporaines, l'Amérique trumpiste au premier chef bien sûr, mais le repli réactionnaire ne semble pas connaître de frontières. Loving (le film) est un beau récit populiste, au vrai sens noble, littéraire, du terme. Un film qui nous raconte avec une empathie non feinte et sans la moindre condescendance, que ce ne sont pas les grandes figures héroïques, mais les gens du peuple, des Mildred et des Richard Loving, qui écrivent l'Histoire. C'est rarissime – et absolument enthousiasmant.

« Je ne suis toujours pas versée dans la politique, mais je suis fière que notre nom à Richard et à moi soit celui d'un arrêt de la Cour qui puisse favoriser l'amour, l'engagement, l'équité et la famille, ce que tant de personnes, noires ou blanches, jeunes ou vieilles, homo ou hétéros, recherchent dans la vie. Je suis pour la liberté de se marier pour tous. C'est de ça qu'il s'agit dans Loving (l'arrêt) et dans loving (l'amour). » (Mildred Loving, en 2007)


CGR (Draguignan) en VO : mercredi 3 et mardi 9 à 11h, jeudi 4 et lundi 8 à 13h30, vendredi 5 à 17h40, samedi 6 à 22h et dimanche 7 à 20h

Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY

La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine.
Ce pourrait bien être une quête vaine… Mais non ! Car s'élève une voix intemporelle, profonde, puissante, magnétique. La voix de Félicité qui berce, vous transporte ailleurs, dans une forme de rêve, de méditation, peut-être même de transe. Elle semble réveiller la vie, alors que le regard de la chanteuse semble étrangement vouloir la fuir. Nul besoin de comprendre les mots, la mélodie évidente, éternelle, raconte tout à leur place : le présent intimement entrelacé au passé, le réalisme à l'onirisme. Mélange de tradition et de modernité sur lequel le temps n'a plus d'emprise. Après tout, ce que nous appelons l'avenir deviendra un jour un passé immémorial pour nos lointains descendants.

Tabu, mécanicien bien charpenté (et bien alcoolisé pour l'heure), semble comme hypnotisé, transfiguré. Il oublie l'espace d'un instant ses manières brutes, ses provocations violentes qui escamotent ses bons côtés. Impossible de résister à cette vague douce qui le transperce. Son regard de mauvais démon prend des airs angéliques. Mais cette belle femme plantureuse à la voix chaude, qui n'a pas l'abord facile, n'est certainement pas pour lui. La soirée finira donc, comme trop souvent, en queue de poisson…

Le matin venu, le réveil est lent et rude pour les noctambules. On retrouve Félicité le regard sombre, accablée par la chaleur pesante de sa piaule sans charme. D'autant plus mal lunée que son réfrigérateur est en panne. Quand le réparateur qui se présente se trouve être le même Tabu qui a semé la zizanie sur son lieu de travail, elle est d'autant moins encline à lui accorder sa confiance. Elle lui fait la leçon, le rembarre. Lui la regarde bien penaud… C'est par là que va commencer leur étrange aventure… Qui pourrait-être classique mais ne le sera pas ! Si le récit débute dans une forme aux codes familiers, c'est pour mieux nous ferrer et il va vite s'en émanciper de manière brillante, extrêmement vivante. Son originalité et sa richesse prennent racine dans ses interstices. Tantôt des silences habités de mille voix nous propulsent dans le songe d'une nuit équatoriale. Tantôt les envolées lyriques du « Fratres » d’Arvo Pärt jouées par un incroyable orchestre symphonique surgit de nulle part font naître en nous un véritable sentiment d'élévation. De purs moments de grâce, hypnotiques, où l'on se sent trimballés comme d'impuissants fœtus dans une matrice à la fois rassurante et immense, universelle. C'est un cinéma des contrastes, lumineux, qui n'occulte jamais pour autant la part d'obscurité des hommes et de leur société.

Quand Félicité va apprendre que son fils a eu un accident de moto, tout va basculer. Ici, au Congo, nulle sécurité sociale pour les indigents. Le système est sans cœur et on opère uniquement ceux qui ont les moyens de payer. Pour sauver la jambe de l'adolescent, il faudrait accumuler une montagne d'argent. Voilà cette femme digne, qui jamais n'a quémandé, prête à pulvériser tous les obstacles. Comme si la peur de la perte la ramenait elle-même à la vie. Cette détermination tenace, énergique, sans concession va ébranler Tabu, qui, oubliant presque de la désirer, va se mettre à son service, sans plus rien attendre en retour. Et si l'impossible rédemption tenait en cela… tout simplement donner au lieu de prendre…

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h


Chez Nous

 

HARMONIUMRéalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy

Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :

« Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
« Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
« Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
« Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)

 

Ciné débat à CGR (Draguignan) : vendredi 5 mai à 20h

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Au(x) cinéma(s) du 26 avril au 2 mai 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Jackie de Pablo Larrain, "un grand moment de cinéma brillant", nous dit la critique !

Notez si ce n'est pas déjà fait la prochaine soirée Entretoiles, ce dimanche 30 avril,  sur le thème "Femmes des USA" avec 2 films : 20th Century Women de Mike Mills, chronique généreuse, hymne à la vie, à la jeunesse et à l'amour et Certaines Femmes de Kelly Reichardt dont la beauté tient à l'empathie que nous fait éprouver la réalisatrice pour ses personnages.

Notez aussi le vendredi 28 avril  à 20h, Irrintza, le cri de la génération climat, un film qui "donne vraiment la pêche", en présence des réalisateurs et proposé par Colibris pour clore le Festival de la Terre.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues, L'autre côté de l'espoir une petite merveille que nous offre Aki Kaurismaki, Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et Sage Femme de Martin Provost, un film ample et magique (qu'on peut voir aussi au Vox et au Luc)

Au Vox à Fréjus, on vous propose Cessez-le-feu d'Emmanuel Courcol, un film touchant sur  l'après guerre (et à Cotignac), Corporate de Nicolas Silhol (à Cotignac aussi), mené comme un polar plein de suspense, un film passionnant et The Young Lady de William Olbroyd, drame de l'amour interdit

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Loving de Jeff Nichols et Ouvert la nuit d'Edouard Baer.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 26 AVRIL AU 2 MAI

Affiche
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Jackie
Réalisé par Pablo LARRAIN
USA/Chili 2016 1h40mn VOSTF
avec Natalie Portman, Peter Sasgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, John Hurt...
Scénario de Noah Oppenheim. Prix du Scénario, Festival de Venise 2016 • Grand Prix, Festival de Toronto 2016
Un mois à peine après le formidable Neruda ( courez le voir si ce n'est pas déjà fait), un nouveau film de Pablo Larrain, un nouveau regard décalé et passionnant sur un personnage célèbre, une figure cette fois tellement médiatique qu'elle pourrait détourner du film le spectateur légitimement méfiant : il aurait tort, il se priverait d'un grand moment de cinéma brillant et suprêmement intelligent. Jackie nous fait vivre l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, et les quelques jours qui suivront, du point de vue de la rescapée abasourdie, de la veuve immédiatement transformée en icône planétaire... lire la suite
CGR (Draguignan) en VO : mercredi 26 et dimanche 30 à 11h, jeudi 27 à 20h, vendredi 28 et lundi 1er à 13h30, et mardi 2 à 18h
Affiche
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20th Century Women
Écrit et réalisé rar Mike MILLS
USA 2016 1h59mn VOSTF
avec Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning, Billy Crudup, Lucas Jade Zumann, Thea Gill...
Bande son formidable, à base de Talking Heads & Co
Ce beau film pourrait être une strophe apocryphe, féminine et californienne, ajoutée au célèbre poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme, mon fils. Une strophe qui raconterait la nécessité de s’ouvrir au monde en général et aux personnes du sexe opposé en particulier, qui inciterait à le faire en restant généreux, tendre et toujours à l’écoute, une strophe comme un appel au libre arbitre, à l’insouciance, à l'intelligence de l'âme autant qu'à celle du cœur. Cette strophe, ce serait Dorothea qui la murmurerait, pensive, clope au bec, sur un air de Billie Holiday, au volant de sa vieille bagnole, le long de la route des plages à Santa Barbara en pensant à Jamie, son fils unique... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles "Femmes des USA", dimanche 30 avril 18h
Affiche
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Certaines Femmes
Écrit et réalisé par Kelly REICHARDT
USA 2016 1h47mn VOSTF
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros...
Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d'un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d'un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite construire sa maison avec les pierres présentes sur le terrain d’un vieil homme. En compagnie de son mari, elle rend visite à ce dernier et tente de le convaincre. Ryan n'est d'aucune aide. Cette négociation est une nouvelle fois révélatrice du fossé qui s'est creusé dans leur couple. Jamie, une jeune femme solitaire, travaille dans un ranch. Lors d'un cours du soir, elle tombe sous le charme de Beth, une jeune avocate harassée par les kilomètres qu'elle doit parcourir pour faire classe... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles "Femmes des USA", dimanche 30 avril 20h30
Affiche
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Cessez-le-feu
Écrit et réalisé par Emmanuel COURCOL
France 2017 1h45mn
avec Romain Duris, Céline Salette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schlitz, Wabinlé Nabié...
Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Éteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 26 à 13h45, 16h, 18h30, jeudi 27 à 14h, 16h10 et 18h30, vendredi 28 et samedi 29 à 14h, 16h15 et 21h, dimanche 30 à 14h et 21h, lundi 1er à 14h et 16h, mardi 2 à 14h, 16h15 et 18h30
Cotignac : jeudi 27 à 20h30
Affiche
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Corporate
Réalisé par Nicolas SILHOL
France 2017 1h35mn
avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Violaine Fumeau, Stéphane De Groodt, Alice de Lencquesaing...
Scénario de Nicolas Silhol et Nicolas Fleureau
Elle est grande, élancée, élégante avec ses costards, ses talons, ses jolis chemisiers blancs dont elle n'arrête pas de changer, asséchant ses aisselles pour être toujours impeccable, chassant cette horrible odeur humaine qui pourrait altérer l'image qu'elle se donne de dure performante. Émilie est prête à tout pour grimper les échelons des responsabilités dans une entreprise qu'elle a dans la peau, ambitieuse et sans faille. Elle a un regard magnifique, qu'elle a réussi à dompter, ne laissant rien paraître de ses émotions, battante, terrible, glacée. C'est que, parmi les rouages qui activent cette grosse boite anonyme semblable à plein d'autres, où les dirigeants ne communiquent avec leurs cadres que par Skype, elle occupe un rôle prééminent d'encadrement du personnel, sous la houlette d'un DRH charmeur (Lambert Wilson) qui lui confie les missions délicates, flatte son côté « killeuse » de choc, lui jurant qu'elle est la meilleure, lui demandant toujours davantage... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 26 à 18h, vendredi 28 et mardi 2 à 14h, samedi 29 à 18h45, lundi 1er à 16h05
Cotignac : jeudi 27 à 18h
Affiche
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The Young Lady
Réalisé par William OLDROYD
GB 2016 1h29mn VOSTF
avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomi Ackie...
Scénario d'Alice Birch, d'après le roman de Nikolai Leskov Lady Macbeth du district de Mtensk
The young lady paraît ainsi se nourrir, se gorger de ces femmes tragiquement amoureuses, de cette littérature romantique et noire pour façonner son héroïne, une héroïne nouvelle, inédite : Katherine (comme chez Brontë, tiens donc). Dans le fond et dans sa forme, le film reprend plusieurs points, quelques particularités de chaque roman pour en faire, là aussi, une sorte de mélange, un alliage parfait : l’amour interdit, la manipulation, le meurtre, le désespoir, la mort, la différence de classe, et la lande tout autour... Nous voyons donc une jeune femme asservie par un patriarcat brutal s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres, non plus par amour et par passion (même si ça pourrait être le cas au début), mais presque par vengeance de ce qu’elle a subit : mariée de force, cloîtrée dans le manoir familial, délaissée par monsieur et réduite au rôle d’épouse obéissante... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 26 à 18h05, jeudi 27 à 16h15, vendredi 28 et dimanche 30 à 16h05, samedi 29 à 16h30 et lundi 1er à 14h
Affiche
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
Lorgues : mercredi 26 à 19h10, samedi 29 à 16h, dimanche 30 à 21h et lundi 1er à 21h
Affiche
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Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...
C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !... lire la suite
Lorgues : mercredi 26 à 17h et samedi 29 à 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 26 à 15h50, vendredi 28 et mardi 2 à 16h, dimanche 30 à 15h45
Le Luc :  mercredi 26 à 20h30,  jeudi 27 à 18h30, samedi 29 à18h et dimanche 30 à 16h
Affiche
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L’autre côté de l’espoir
Écrit et réalisé par Aki KAURISMAKI
Finlande 2017 1h40mn VOSTF
avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji, Janne Hyytiäinen, Ilkka Koivula, Nuppu Koivu...
FESTIVAL DE BERLIN 2017 : Ours d’argent du meilleur réalisateur
Dès les premières images on retrouve avec un bonheur intense Aki Kaurismaki et son univers de cinéma muet rehaussé de couleurs saturées, de bande son rockabilly et d’accessoires issus au plus tard des années 60. Mais L'Autre côté de l’espoir est bien ancré dans notre époque et nous propulse dans une actualité des plus urgentes au travers de deux personnages aussi fabuleux qu’inoubliables : Wikhström, Finlandais pépère en train de mettre sa vie de quin- quagénaire sur de nouveaux rails, et Khaled, jeune réfugié syrien échoué à Helsinki et demandeur de papiers. Avec son humour pince-sans-rire, le cinéma de Kaurismaki a toujours été l’abri des laissés-pour-compte, des prolétaires... lire la suite
Lorgues : jeudi 27 à 20h15 , lundi 1er à 19h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Jackie
Réalisé par Pablo LARRAIN
USA/Chili 2016 1h40mn VOSTF
avec Natalie Portman, Peter Sasgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, John Hurt...
Scénario de Noah Oppenheim. Prix du Scénario, Festival de Venise 2016 • Grand Prix, Festival de Toronto 2016

Un mois à peine après le formidable Neruda ( courez le voir si ce n'est pas déjà fait), un nouveau film de Pablo Larrain, un nouveau regard décalé et passionnant sur un personnage célèbre, une figure cette fois tellement médiatique qu'elle pourrait détourner du film le spectateur légitimement méfiant : il aurait tort, il se priverait d'un grand moment de cinéma brillant et suprêmement intelligent. Jackie nous fait vivre l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, et les quelques jours qui suivront, du point de vue de la rescapée abasourdie, de la veuve immédiatement transformée en icône planétaire.

Un dispositif narratif particulièrement ingénieux permet d'appréhender la personnalité complexe de cette femme sous différents aspects et à différents moments. Deux scènes, dont on voit des extraits tout au long du film, sont à cet égard particulièrement éclairantes. D'abord, une émission de télé reconstituée qui montre, en noir et blanc, une Jackie à ses tout débuts de première dame, hésitante et touchante, proposer aux téléspectateurs une visite de la Maison Blanche et annoncer les travaux de restauration qu'elle souhaite mettre en œuvre. Ensuite, le rendez-vous qu'elle donne à un journaliste du magazine Life, quelques jours après l'assassinat de JF Kennedy. Elle en dira beaucoup lors de cet entretien, mais en laissera publier peu car son objectif est de commencer à bâtir la légende de son mari. Pour cela, elle doit rester maîtresse du jeu en donnant sa version des événements. Entre ces deux moments, on comprend que la petite débutante a beaucoup appris des règles de la communication moderne et de l'utilisation des médias. Les presque trois années passées à la Maison Blanche avaient en effet aguerri cette femme cultivée, qui parlait couramment l'anglais, le français, l'espagnol et l'italien. Il lui faudra néanmoins une force considérable pour organiser à sa façon, construction de la légende oblige, les funérailles de son mari, contre l'avis du conseiller du nouveau président Lyndon Johnson.

Natalie Portman, filmée de très près, présente dans toutes les scènes, est Jackie Kennedy. Inutile d'en dire davantage sur cette exceptionnelle performance. Les acteurs autour d'elle sont parfaits, de Peter Sarsgaard (Robert Kennedy) à Greta Gerwig, avec une mention spéciale pour John Hurt que l'on découvre en prêtre catholique dans une scène qui nous permet, au-delà des apparences exigées par la fonction de première dame, d'aller au plus profond de la personnalité de Jackie et de constater toute la lucidité qu'elle conserve sur son mariage, sur la personnalité de son mari et ce que signifiait d'entrer dans le clan Kennedy.

Un soin extraordinaire a été apporté à la reconstitution, décors, voitures, vêtements… Ce qui ne nous étonne pas d'un film tourné aux USA avec des moyens importants. Ce qui surprend davantage, c'est la qualité de la musique qui, au lieu de peser comme souvent, accompagne et souligne intelligemment.
On ne doute pas qu'un bon réalisateur américain aurait pu faire de cette histoire un bon film. Mais on ne doute pas non plus que nous n'aurions pas échappé à de pénibles couplets patriotiques. Ce n'est pas faire injure au pur talent de Pablo Larrain de prétendre qu'un Chilien, ne se faisant aucune illusion sur la politique américaine, était particulièrement bien placé pour que Jackie soit, non pas un film de plus sur un moment de l'histoire des États Unis, mais tout simplement un grand film.

 

CGR (Draguignan) en VO : mercredi 26 et dimanche 30 à 11h, jeudi 27 à 20h, vendredi 28 et lundi 1er à 13h30, et mardi 2 à 18h


20th Century Women
Écrit et réalisé rar Mike MILLS
USA 2016 1h59mn VOSTF
avec Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning, Billy Crudup, Lucas Jade Zumann, Thea Gill...
Bande son formidable, à base de Talking Heads & Co

Ce beau film pourrait être une strophe apocryphe, féminine et californienne, ajoutée au célèbre poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme, mon fils. Une strophe qui raconterait la nécessité de s’ouvrir au monde en général et aux personnes du sexe opposé en particulier, qui inciterait à le faire en restant généreux, tendre et toujours à l’écoute, une strophe comme un appel au libre arbitre, à l’insouciance, à l'intelligence de l'âme autant qu'à celle du cœur. Cette strophe, ce serait Dorothea qui la murmurerait, pensive, clope au bec, sur un air de Billie Holiday, au volant de sa vieille bagnole, le long de la route des plages à Santa Barbara en pensant à Jamie, son fils unique.

1979. Dorothea Field a déjà 50 ans. L’époque n’est plus tout à fait la marmite bouillonnante des années contestataires, elle se glisse sagement dans les années quatre-vingt de l’ère Reagan. Jamie n’est plus un enfant, ce bébé né d’un amour fugace qu’elle élève seule depuis 14 ans. Les années ont filé et elle n’a rien vu venir : Jamie est un ado d’une autre époque que la sienne et le lien, tellement fort, qui l'unit à sa mère est en train inévitablement de se distendre, on appelle ça grandir. Toute maman poule qu’elle est un peu quand même, sous ses allures de féministe libre et indépendante, Dorothea est taraudée par une question : comment aider cet ado un peu renfermé à devenir une belle personne ? Comment l’aider à affronter cette parenthèse à la fois excitante et terrifiante à l’issue de laquelle il sera un (jeune) homme ? Pas la peine de chercher dans les manuels, ni chez les psy, ni même tenter de s’imposer face à lui en professeur de la vie, position ô combien facile quand on est parents… Pas besoin de chercher loin : les guides sont à côté d’elle, mieux encore : sous son toit.
Abbie, Julie et William, co-locataires avec lesquels Dorothea partage sa grande et belle demeure trop lourde à assumer financièrement, sont les alliés idéaux pour ce projet, qu'elle doit mener à bien avant qu'il ne soit tard, avant qu'elle n'ait plus la patate, avant que son fils n'ait pris de sales habitudes de macho ou de petit con, avant qu'il n'ait été trop formaté pour entrer dans le moule des convenances, de la bienséance, du système. Abbie : photographe un peu tourmentée mais résolument pleine de vie alors même que son corps joue une interminable partie d’échecs avec une saloperie. Julie : jeune fille aussi effrontée que perdue qui joue à cache-cache avec son mal être dans des liaisons sans saveur mais revient toujours se glisser en toute innocence sous les draps de Jamie, son meilleur ami. William : gaillard aux mains rugueuses mais délicates qui aiment modeler la glaise, rafistoler les moteurs des vielles caisses et caresser les seins des femmes.
Une équipe enseignante imparfaite, insoumise et terriblement humaine, avec ses cassures, ses singularités, avec ses trajectoires heureuses ou mélancoliques. Une équipe qui va donner à Jamie du grain à moudre, des œuvres emblématiques à lire ou simplement quelques expériences à partager.

D’une grâce ensoleillée et mélancolique à la fois, portée par la sublime Annette Bening dont chaque ride aux coins des yeux raconte mieux que des mots les milles et un épisodes de la vie de son personnage, 20th century women est une chronique généreuse qui raconte avec tendresse le temps qui passe sur les êtres et les époques, pour le meilleur et le pire, préférant toujours ne garder que le meilleur. Car ce portrait tendre d'une mère inoubliable, drôle, pétillante, envahissante… est un hymne à la vie, à la jeunesse et à l'amour sous toutes ses coutures.


 CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles "Femmes des USA", dimanche 30 avril 18h


Certaines Femmes
Écrit et réalisé par Kelly REICHARDT
USA 2016 1h47mn VOSTF
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros...

 

Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d'un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d'un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite const