Au(x) cinéma(s) du 22 au 28 juillet

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Bonjour à tous,

Cette semaine, prenez la direction de Fréjus pour vous régaler de Microbe et Gasoil, un "bijou d'invention bricoleuse et d'humour décalé", nous dit-on, et aussi des Nuits blanches du facteur, un autre film, russe, magnifique et poétique. Mais il faudra encore faire un petit tour à Lorgues pour ne pas rater non plus Une seconde mère, un film salué de toutes parts...
A Draguignan, vous pourrez voir Valley of love.
Voilà ! Bonne semaine de cinéma !

Comme toujours, on vous le redit : Transférez, adhérez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 22 AU 28 JUILLET 2015
Microbe et Gasoil
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Microbe et Gasoil
Écrit et réalisé par Michel GONDRY
France 2015 1h43mn
avec Ange Dargent, Théophile Bacquet, Diane Besnier, Audrey Tautou, Fabio Zenoni, Laurent Poitrenaux, Sacha Bourdo...
Voilà un film jubilatoire qui arrive à point nommé en ce début d'été, un film à voir tout seul ou à deux ou à plusieurs, à voir en famille, composée, recomposée, décomposée. Un film qui devrait rassembler toutes les générations par sa tendresse, son intelligence, sa fantaisie, sa foldinguerie. Microbe a quatorze ans, si on l'appelle comme ça c'est parce qu'il est évidemment plus gringalet que la moyenne, ce qui forcément le rend timide et peu conquérant avec les filles… En plus de ça, il doit se coltiner une maman un poil dépressive, décidément trop gentille et trop affectueuse (l'hilarante Audrey Tautou). Et puis un jour débarque dans la classe un nouveau, très vite surnommé Gasoil parce qu'il a souvent les mains dans le cambouis. Avec son père mi antiquaire-mi ferrailleur, sa mère mégère et son blouson sorti tout droit de Thriller de Michael Jackson, il détonne dans le collège propret. Entre les deux garçons pas franchement intégrés, pas franchement populaires pour ne pas dire têtes de Turc, l'amitié va être immédiate, au point d'envisager un rêve fou... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 24, dimanche 26 et mardi 28 à 16h30
Les Nuits blanches du facteur
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Les Nuits blanches du facteur
Réalisé par Andreï KONTCHALOVSKI
Russie 2014 1h41mn VOSTF
avecAleksey Tryapitsyn, Irina Ermolova, Timur Bondarenko, Viktor Kolobkov...
Lion d'Argent, Festival de Venise 2014
Nous sommes au bord du lac Kenozero, dans le grand nord russe, à quelques encablures de la Mer Blanche : une région où les paysages ne sont pas loin d'être inchangés depuis les incursions vikings. Splendeur de ce pays, fait de lacs et de forêts immenses que ne semble pas avoir atteint l'industrialisation (on sait tout de même les Russes peu obsédés par les questions écologiques) si ce n'est, de temps en temps, une fusée qui zèbre l'horizon : le cosmodrome n'est pas très loin. Mais la contrepartie est le quasi-abandon par le pouvoir central des populations éparpillées autour du lac. Le seul lien entre les habitants, c'est Aleksey, le facteur, qui parcourt des dizaines de kilomètres dans une barcasse pour apporter les lettres qui se font rares, et faire au passage le boulanger ou l'épicier ambulant pour des gens de plus en plus âgés et de plus en plus isolés (la plupart des acteurs n'en sont pas et jouent leur propre rôle)... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 et samedi 25 à 18h50, vendredi 24 et mardi 28 à 16h30, jeudi 23 à 16h30, 18h50 et 21h15, dimanche 26 à 16h30 et 21h15, lundi 27 à 16h30 et 18h50
Valley Of Love
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Valley Of Love
Écrit et réalisé par Guillaume NICLOUX
France 2015 1h32mn
avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner, Aurelia Thierret...
« - Oh putain, la chaleur ! » En une seule phrase Gérard rend palpables les cinquante degrés qui s'abattent sur ses épaules et qui ne le lâcheront plus, nuit et jour, durant son séjour dans la Vallée de la Mort. Comme son ex-compagne, Isabelle, qu'il n'a pas revue depuis des années, il a reçu une lettre de Michaël, leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt, leur enjoignant de se retrouver à cette date bien précise dans cet endroit aussi magique qu'infernal. Ce qu'Isabelle aborde comme une énigme avec des réponses à découvrir à la clef, Gérard le vit comme une véritable punition infligée depuis l'au-delà, sadiquement, par leur rejeton. C'est que Michaël a tout prévu pour cette semaine que doivent passer ensemble ses deux parents. D'abord le fait que ni l'un ni l'autre ne sauraient lui refuser cette dernière volonté. Ensuite, tout est méticuleusement indiqué dans sa missive posthume : l'ordre des lieux touristiques à visiter, les horaires à respecter. Pour être sûr de bien les ferrer, il a pimenté la chose d'une dimension thaumaturgique, promettant lui aussi de se rendre au rendez-vous : tel un revenant ? Voilà les ex-amants prisonniers d'un étrange pèlerinage que jamais ils n'auraient souhaité et dont ils ne peuvent imaginer les conséquences... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 22 à 16h, jeudi 23, lundi 27 et mardi 28 à 18h, vendredi 24 à 13h30, samedi 25 à 11h et dimanche 26 à 20h15
Une seconde mère
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Une seconde mère
Écrit et réalisé par Anna MUYLAERT
Brésil 2014 1h52mn VOSTF
avec Regina Casé, Michel Joelsas, Camila Márdila, Karine Teles...
Si on devait parier sur film de cette gazette qui pourrait remporter le prix du public, ce serait sans doute celui-ci qu'on choisirait ! Ce formidablement attachant, terriblement humain Une seconde mère, avec son style fluide, léger, enjoué, brut de décoffrage.
Au bord d'une piscine bien proprette semble cheminer une caravane de jouets luxueux. Un bébé chien pataud gambade au milieu. Une femme à la peau mate s'occupe d'un môme aux cheveux sombres. Elle le regarde avec toute l'attention, toute la tendresse d'une mère qu'elle n'est pourtant pas. On le devine à sa façon un peu gauche de refuser de venir nager avec l'enfant, à sa tenue vestimentaire qui ne cadre pas avec le standing de la propriété, à sa manière de rester « à sa place »… Autant de signes qui trahissent sa condition de domestique interchangeable, hormis, peut-être, dans le regard du garçonnet qui la considère comme une seconde mère. Celle constamment présente à ses côtés alors que ses parents officiels sont accaparés par leur vie trépidante. Rapidement, au détour d'un coup de fil, on comprend que cette dame a dû laisser sa propre fille au loin afin d'obtenir cette place. Ironie d'une société brésilienne où personne, par contrecoup, ne semble pouvoir élever son propre mioche, comme par un effet de perpétuel ricochet.
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Lorgues : mercredi 22 à 20h et lundi 27 à 17h

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Microbe et Gasoil
MICROBE ET GASOILÉcrit et réalisé par Michel GONDRY
France 2015 1h43mn
avec Ange Dargent, Théophile Bacquet, Diane Besnier, Audrey Tautou, Fabio Zenoni, Laurent Poitrenaux, Sacha Bourdo...

Voilà un film jubilatoire qui arrive à point nommé en ce début d'été, un film à voir tout seul ou à deux ou à plusieurs, à voir en famille, composée, recomposée, décomposée. Un film qui devrait rassembler toutes les générations par sa tendresse, son intelligence, sa fantaisie, sa foldinguerie. Un film qui donnera envie aux ados débutants de profiter des vacances pour s'affranchir un peu de leurs parents et aux parents inquiets de nature de les laisser faire en toute confiance.
Aux commandes de ce film qui fait du bien, l'imprévisible et follement talentueux Michel Gondry. Il est libre, Michel. Jamais là où on croit pouvoir l'attendre, toujours surprenant, toujours inventif, toujours prêt à se lancer et à nous embarquer avec lui dans la grande ou la petite aventure… Ici c'est celle de deux collégiens, deux titis versaillais formidablement attachants. Microbe a quatorze ans, si on l'appelle comme ça c'est parce qu'il est évidemment plus gringalet que la moyenne, ce qui forcément le rend timide et peu conquérant avec les filles… En plus de ça, il doit se coltiner une maman un poil dépressive, décidément trop gentille et trop affectueuse (l'hilarante Audrey Tautou), adepte de gourous bidon, traînant régulièrement son fiston à des soirées mystiques dont il se passerait bien. Il est aussi affublé d'un frère aîné, punk, qui fait de son univers sonore un enfer sur terre. Microbe tente de tout oublier dans le dessin et la rêvasserie, ce qui n'est guère compatible avec les bons résultats scolaires.

Et puis un jour débarque dans la classe un nouveau, très vite surnommé Gasoil parce qu'il a souvent les mains dans le cambouis. Avec son père mi antiquaire-mi ferrailleur, sa mère mégère et son blouson sorti tout droit de Thriller de Michael Jackson, il détonne dans le collège propret. Entre les deux garçons pas franchement intégrés, pas franchement populaires pour ne pas dire têtes de Turc, l'amitié va être immédiate, au point d'envisager un rêve fou entre le dessinateur et le bricoleur : construire, avec des matériaux de récup et un moteur de tondeuse, un mini mobil-home pour partir en vacances sur les routes de France… Et ils vont passer à l'acte !

Inspiré d'un projet d'enfance réel – bien qu'inabouti – de Michel Gondry (qui fut lui-même collégien versaillais fils de parents hippies), le film passe de la chronique familiale et scolaire drôlatique au film d'aventures réjouissant. Microbe et Gasoil est délicieusement atypique et un peu hors du temps, l'exact contraire d'un film « branché ». Les deux ados – qui sont allergiques à la technologie et s'expriment de manière assez châtiée, ce qui crée un décalage assez désopilant – vont croiser lors de leur périple un couple de dentistes possessif en mal d'enfants, une équipe asiatique autant que patibulaire de football américain, des masseuses thaïlandaises qui peuvent être coiffeuses… tout ça jusqu'au Morvan. On passe vraiment un merveilleux moment, vivifiant, rafraichissant, avec ce petit bijou d'invention bricoleuse et d'humour décalé, illuminé par deux jeunes acteurs épatants, Ange Dargent et Théophile Bacquet.

Le Vox (Fréjus) : vendredi 24, dimanche 26 et mardi 28 à 16h30


Les Nuits blanches du facteur
LES NUITS BLANCHES DU FACTEURRéalisé par Andreï KONTCHALOVSKI
Russie 2014 1h41mn VOSTF
avec Aleksey Tryapitsyn, Irina Ermolova, Timur Bondarenko, Viktor Kolobkov...
Lion d'Argent, Festival de Venise 2014

C'est le grand retour d'Andrei Konchalovski, grand cinéaste russe assez méconnu (Le Premier maître, Le Bonheur d'Assia, Riaba ma poule…), qui travailla avec Tarkovski, qui réalisa plusieurs films à Hollywood, dont le grandiose Runaway Train qu'on vous a montré il n'y a pas si longtemps… Andrei Kontchalovski est revenu au pays et c'est d'ailleurs dans la veine naturaliste de son premier chef d’œuvre, Le Bonheur d'Assia (un film que le régime soviétique rejeta en 1967 car il donnait une vision trop sombre des kolkhozes), qu'il nous propose cette très belle chronique d'un petit bout de Russie à travers les yeux de son facteur.

Nous sommes au bord du lac Kenozero, dans le grand nord russe, à quelques encablures de la Mer Blanche : une région où les paysages ne sont pas loin d'être inchangés depuis les incursions vikings. Splendeur de ce pays, fait de lacs et de forêts immenses que ne semble pas avoir atteint l'industrialisation (on sait tout de même les Russes peu obsédés par les questions écologiques) si ce n'est, de temps en temps, une fusée qui zèbre l'horizon : le cosmodrome n'est pas très loin. Mais la contrepartie est le quasi-abandon par le pouvoir central des populations éparpillées autour du lac. Le seul lien entre les habitants, c'est Aleksey, le facteur, qui parcourt des dizaines de kilomètres dans une barcasse pour apporter les lettres qui se font rares, et faire au passage le boulanger ou l'épicier ambulant pour des gens de plus en plus âgés et de plus en plus isolés (la plupart des acteurs n'en sont pas et jouent leur propre rôle).
Le film suit le petit rituel quotidien d'Aleksey, ses réveils difficiles après une soirée trop arrosée (même s'il est loin d'être le plus gros consommateur de vodka parmi les postiers), puis sa laborieuse tournée, ses rencontres avec les habitants qu'il faut parfois aider à retrouver leur chemin et le plaisir de retrouver une jolie maman pour qui il a le béguin malgré la différence d'âge. Kontchalovski filme magnifiquement la splendeur de cette vie en pleine nature, mais il montre aussi la tristesse et le désarroi de la plupart des gens qui vivent dans ce paradis de plus en plus perdu. Ce qui n'empêche pas le film d'être souvent drôle, ou onirique : Aleksey, dans ses nuits de solitude, croit voir un petit chat gris fantôme qui le scrute obstinément…

Quand on vole le moteur du bateau d'Aleksey, quand il comprend que l'administration ne pourra pas le remplacer avant plusieurs mois, quand il apprend que son amour transi a décidé de partir à la ville, Aleksey hésite : fera-t-il lui aussi le grand saut vers la ville, comme beaucoup, pour chercher un nouvel avenir, une nouvelle vie ?
Irrigué par une poésie à la fois lyrique et prompte à la dérision, porté par la mise en scène splendide de Kontchalovski – qui lui a valu un « Lion d'Argent » bien mérité à Venise – Les Nuits blanches du facteur nous offre une belle fable élégiaque qui transcende la simple description d'un paradis rural qui se meurt.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 et samedi 25 à 18h50, vendredi 24 et mardi 28 à 16h30, jeudi 23 à 16h30, 18h50 et 21h15, dimanche 26 à 16h30 et 21h15, lundi 27 à 16h30 et 18h50


Valley Of Love
VALLEY OF LOVEÉcrit et réalisé par Guillaume NICLOUX
France 2015 1h32mn
avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner, Aurelia Thierret...

« - Oh putain, la chaleur ! » En une seule phrase Gérard rend palpables les cinquante degrés qui s'abattent sur ses épaules et qui ne le lâcheront plus, nuit et jour, durant son séjour dans la Vallée de la Mort. Comme son ex-compagne, Isabelle, qu'il n'a pas revue depuis des années, il a reçu une lettre de Michaël, leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt, leur enjoignant de se retrouver à cette date bien précise dans cet endroit aussi magique qu'infernal. Ce qu'Isabelle aborde comme une énigme avec des réponses à découvrir à la clef, Gérard le vit comme une véritable punition infligée depuis l'au-delà, sadiquement, par leur rejeton. C'est que Michaël a tout prévu pour cette semaine que doivent passer ensemble ses deux parents. D'abord le fait que ni l'un ni l'autre ne sauraient lui refuser cette dernière volonté. Ensuite, tout est méticuleusement indiqué dans sa missive posthume : l'ordre des lieux touristiques à visiter, les horaires à respecter. Pour être sûr de bien les ferrer, il a pimenté la chose d'une dimension thaumaturgique, promettant lui aussi de se rendre au rendez-vous : tel un revenant ? Voilà les ex-amants prisonniers d'un étrange pèlerinage que jamais ils n'auraient souhaité et dont ils ne peuvent imaginer les conséquences.

Ces retrouvailles imposées résonnent de manière étrange. Elles sont autant celles des personnages que celles d'Isabelle Huppert et de Gérard Depardieu, qui n'avaient pas tourné ensemble depuis 35 ans et Loulou, de Maurice Pialat – Valley of love est par ailleurs produit par Sylvie Pialat, la veuve du cinéaste. Les protagonistes de l'histoire sont, eux aussi, acteurs. Et la coïncidence d'avoir un réalisateur qui porte le prénom de Guillaume, comme le fils défunt de Depardieu, rajoute un peu au trouble ambiant. Les dialogues savoureux semblent autant de fils d'Ariane lançant une passerelle entre la vraie vie des deux artistes et la trame de l'intrigue. On rit de leurs facéties. Des farces que Gérard fait au commun des mortels en signant un autographe. On goûte leur l'humour, leur sens de l'auto-dérision, de l'auto-critique. Isabelle constatant : « Tu les as bien épuisées, les femmes de ta vie », Gérard essoufflé par sa propre envergure ogresque lui répliquant : « Je me suis surtout bien épuisé moi ».

Les heures s'écoulent, succulentes ou douloureuses, entre ce père et cette mère, faisant remonter les amertumes du passé, les rancœurs mal lavées, les culpabilités qu'on ne parvient jamais à enfouir définitivement. Et on en vient à les aimer, à guetter, à espérer avec Isabelle le retour du fils prodigue, son souffle, son pardon. Ce passage obligé, presque initiatique, agit comme une catharsis. Les deuils y sont multiples. Celui des corps, de la jeunesse perdue, de l'enfant disparu, des parents qu'ils auraient voulu être mais n'ont pas été. Les voilà à découvert, sans pouvoir se fuir, sans pouvoir ni complètement s'aimer, ni complètement se haïr. Riches de ne plus être dans le paraître, de n'avoir plus à se justifier. Et nous voilà touchés. Abasourdis par le panorama écrasant et somptueux de cette Amérique torride, extrême. Émus par un homme, une femme, par le voyage qu'offrent ces corps qu'on survole comme des paysages où le temps a gravé son empreinte, révélatrice de vécus, de choix de vie si différents. On en ressort bluffés par ces deux monstres du cinéma, Huppert et Depardieu, immenses acteurs sur lesquels tout repose, cette alliance sacrée entre un mammouth funambule et une souris tragédienne. (Utopia)

CGR (Draguignan) : mercredi 22 à 16h, jeudi 23, lundi 27 et mardi 28 à 18h, vendredi 24 à 13h30, samedi 25 à 11h et dimanche 26 à 20h15


Une seconde mère

UNE SECONDE MÈREÉcrit et réalisé par Anna MUYLAERT
Brésil 2014 1h52mn VOSTF
avec Regina Casé, Michel Joelsas, Camila Márdila, Karine Teles...

Si on devait parier sur film de cette gazette qui pourrait remporter le prix du public, ce serait sans doute celui-ci qu'on choisirait ! Ce formidablement attachant, terriblement humain Une seconde mère, avec son style fluide, léger, enjoué, brut de décoffrage.
Au bord d'une piscine bien proprette semble cheminer une caravane de jouets luxueux. Un bébé chien pataud gambade au milieu. Une femme à la peau mate s'occupe d'un môme aux cheveux sombres. Elle le regarde avec toute l'attention, toute la tendresse d'une mère qu'elle n'est pourtant pas. On le devine à sa façon un peu gauche de refuser de venir nager avec l'enfant, à sa tenue vestimentaire qui ne cadre pas avec le standing de la propriété, à sa manière de rester « à sa place »… Autant de signes qui trahissent sa condition de domestique interchangeable, hormis, peut-être, dans le regard du garçonnet qui la considère comme une seconde mère. Celle constamment présente à ses côtés alors que ses parents officiels sont accaparés par leur vie trépidante. Rapidement, au détour d'un coup de fil, on comprend que cette dame a dû laisser sa propre fille au loin afin d'obtenir cette place. Ironie d'une société brésilienne où personne, par contrecoup, ne semble pouvoir élever son propre mioche, comme par un effet de perpétuel ricochet.

C'est ainsi que démarre l'histoire de Val et du petit Fabinho. Bienvenue dans la haute bourgeoisie de Sao Paulo !
Scène suivante, Val descend les escaliers pour commencer son service et réveiller la maisonnée. Toujours aussi brune, toujours aussi joviale et généreuse. Ses épaules se sont voutées sous le poids des années, son pas est devenu plus lourd : quelle merveilleuse actrice que Regina Casé ! Elle incarne Val au plus profond de sa chair. Ellipse d'une dizaine d'années donc : le chiot est devenu un robuste labrador, Fabinho a grandi, en même temps que sa complicité avec l'employée de maison. C'est à Val qu'il confie ses secrets, ses amours, ses angoisses. Elle qui le réconforte, le dorlote toujours comme un gros bébé qu'il est sous sa carapace de beau jeune homme nubile qui se désespère d'être encore puceau. Pour ses employeurs, Carlos et Barbara, Val fait presque partie de la famille. Mais c'est ce « presque » qui marque toute la différence. C'est comme un venin subtil qui s'insinue dans les mots policés, un agacement qui pointe sous les sourcils épilés de madame Barbara. Les dominants n'ont pas besoin de faire montre de force quand les dominés ont la servilité atavique. Val, corvéable à merci, anticipe chaque désir, avale sans même les nommer les humiliations ordinaires. Elle accepte tout de ceux qui sont devenus sont seul repère puisque, depuis longtemps, sa propre fille, Jessica, lassée d'attendre le retour d'une daronne fantôme, a cessé de répondre à ses appels…

Et puis c'est un véritable coup de théâtre intime qui se produit : Jessica téléphone à Val et lui demande de l'accueillir quelques temps ! Val frémit de joie et exulte quand ses patrons, avec la libéralité qui sied à leur rang, lui octroient la faveur d'héberger sa progéniture dans sa chambre de bonne.
C'est une jeune fille pleine d'assurance qui débarque parmi eux, avec sa soif d'ascension sociale. Jessica, après avoir visité la maison cossue, la piscine tentatrice, est choquée par l'exiguité de la pièce où loge celle qu'elle ne parvient pas à appeler « maman ». Loin de se comporter comme une subalterne, comme « une citoyenne de seconde classe », sous l'œil médusé de sa mère, elle s'acclimate au foyer comme si les barrières sociales n'existaient pas. Les garçons de la maison en sont tout émoustillés, tandis qu'on sent la jalousie de Barbara croître ainsi que la pétoche et la honte de Val, de plus en plus déconcertée par la belle effrontée que rien ne semble impressionner. Comment pourrait-elle se douter que toute la détermination de Jessica repose sur un pesant secret ?

Lorgues : mercredi 22 à 20h et lundi 27 à 17h


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Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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