Au(x) cinéma(s) du 10 au 16 février

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Bonjour à tous !

Cette semaine, ce sont les cinémas de Fréjus et celui de Lorgues qui nous propose les plus belles sélections de films ! A Draguignan mais aussi à Lorgues, vous pourrez voir le beau documentaire animalier de Jacques Perrin Les Saisons. Et à Salernes et au Vox, Le documentaire du moment, bourré d'espoir : Demain.
Mais dans les événements cinématographiques, vous avez de quoi faire ! Notons par exemple au Vox et à Cotignac Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners, qui un film sur les laissés pour compte , à l'humour suréaliste, au regard généreux et à la poésie mélancolique...
A Lorgues : Le dernier jour d'Ytzhak Rabin de Amos Gitaï qui est un film choc, passionnant, mélant archives et fiction sur cet assassinat. Au Vox, un autre film passionnant : Spotlight de Tom McCarthy, "vibrant pladoyer pour la démocratie et la presse écrite ! Toujours au Vox Peur de rien de Danielle Arbid, ou le parcours chaotique et plein de vie d'une jeune libanaise arrivée en France et qui ne veut pas accepter le carcan.
Mais, ce n'est pas fini : vous avez heureusement encore Les Innocentes  de Anne Fontaine dont on nous dit que ce film est "un moment de grâce", Les délices de Tokyo de Naomi Kawase, plein de poésie et d'humanité, Carol de Todd Haynes, un beau film d'amour, La Terre et l'ombre caméra d'Or à Cannes, et deux beaux films d'animation : Le garçon et la bête et Tout en haut du monde...
C'est beau cette profusion, non ? Que du bonheur !

Plus bas, vous trouverez pour les adhérents et ceux que ça intéresse un petit compte rendu de l'AG de mercredi dernier.
Bonne semaine de cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 10 AU 16 FEVRIER 2016

 

Les Saisons : Affiche
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Les Saisons
Réalisé par Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
Documentaire France 2015 1h37mn
Depuis "Le Peuple Migrateur" (2001), "La Planète Bleue" (2003), "Océans" (2010), Jacques Perrin s'est fait la spécialité de la réalisation de films documentaires. Avec sa voix si particulière, il tend à nous éveiller une conscience écologique au cours d'une heure trente de film. Mais sa démarche va au-delà du réquisitoire contre l'influence malsaine de l'homme sur son environnement... qu'on pourrait lui attribuer trop facilement. D'abord, il renouvelle le genre "docu" en créant une proximité qu'on avait jamais ressenti jusqu'à alors. Comme à peu près dans ses derniers films, il s'entoure de la meilleure équipe pour livrer les images les plus percutantes. Alors que beaucoup de cameramans se contenteraient de filmer depuis le champ de vision de l'oeil humain, Jacques Perrin essaye de saisir des instants de vie à l'échelle des animaux, à même le sol... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 10, jeudi 11, vendredi 12, lundi 15 et mardi 16 à 11h et 17h45 - samedi 13 et dimanche 14 à 17h45
Lorgues : mercredi 10 à 15h et dimanche 14 à 14h
Les Innocentes : Affiche
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Les Innocentes
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2016 1h55mn VOSTF
avec Lou De Laâge, Agata Buzek, Vincent Macaigne, Agata Kulesza, Joana Kulig...
Scénario de Sabrina B. Karine, Alice Vial, Anne Fontaine et Pascal Bonitzer, sur une idée de Philippe Maynial
Ce film est un moment de grâce. Et même davantage tant l'univers dans lequel il nous plonge nous confronte à quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être humain éprouve un jour ou l'autre, particulièrement lorsqu'il est confronté à des situations d'exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand mystère, tout comme la mort, cette découverte que, parfois, la question de la transcendance s'impose intensément à nous. Il nous a rarement été donné de voir exprimée au cinéma, avec une telle subtilité et une telle force, la complexité de la nature humaine et de ses aspirations les plus intimes, révélée ici par une histoire qui, pour être douloureuse, ne parvient pas à détruire la petite lumière d'espoir et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par un amour insubmersible qui la dépasse... lire la suite
Le Vox (Fréjus)  : mercredi 10 et vendredi 12 à 14h, 18h et 20h30 - jeudi 11 à 15h45, 18h et 20h30 - samedi 13 à 15h45, 18h15 et 20h45 - dimanche 14 à 15h45, 18h10 et 20h30 - lundi 15 à 14h, 15h50 et 18h20 - mardi 16 à 15h45, 18h15 et 20h30
Demain
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Demain
Réalisé par Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h
Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 12 à 18h10 et dimanche 14 à 15h40
Salernes : dimanche 14 à 15h
Les Premiers, les Derniers : Affiche
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Les Premiers, les Derniers
Écrit et réalisé par Bouli LANNERS
Belgique/France 2015 1h38mn
avec Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément, David Murgia, Serge Riaboukine, Michael Lonsdale, Max von Sydow, Aurore Broutin, Lionel Abelanski...
Le Belge Bouli Lanners fait partie de nos grands chouchous, à la fois comme acteur et depuis ses débuts de réalisateur. On aime chez lui cette étrange alchimie d'humour surréaliste, de poésie mélancolique, de regard à la fois généreux et sans concession sur une humanité qui va à vau-l'eau dans des univers toujours un peu décalés. Les Premiers, les derniers s'inscrit de plain pied dans cette veine féconde. Ses deux héros sont deux hommes de main chargés par un mystérieux commanditaire de retrouver un téléphone volé contenant des informations compromettantes. Mais Gilou et Cochise ne sont pas des chasseurs de prime de toute première fraîcheur, aucune chance qu'on les confonde avec Steve Mc Queen, notamment Gilou, affublé d'un petit chien ridicule et parfaitement incapable de courir plus de cent mètres sans risquer la crise cardiaque. Les voilà perdus dans la plaine de Beauce, dont l'horizon désespérément dépourvu de relief et la densité au km2 feraient déprimer un clown sous euphorisants. Leur chemin va croiser un jeune couple de handicapés en fuite et une bande d'autochtones fort peu accueillants... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 12 à 16h10 - samedi 13 à 14h - lundi 15 à 18h05 - mardi 16 à 20h35
Cotignac : vendredi 12 à 20h30
Spotlight : Affiche
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Spotlight
Réalisé par Tom McCARTHY
USA 2015 2h08mn VOSTF
avec Michael Keaton, Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Brian d'Arcy James, Liev Schreiber, Stanley Tucci, Billy Crudup, John Slattery, Jamey Sheridan...
Scénario de Josh Singer et Tom McCarthy
De Bas les masques (1952) de Richard Brooks aux Hommes du président (1976) d'Alan J. Pakula ou à Révélations (1999) de Michael Mann, le journaliste incarne depuis longtemps, dans le cinéma hollywoodien, une véritable sentinelle de la démocratie. Dénonçant sans relâche la criminalité, la corruption de la classe politique, le cynisme du « big business », les pires dérives de l'hystérie anticommuniste ou les erreurs judiciaires, il est une vigie qui pointe les dysfonctionnements de la société américaine, parfois au péril de sa vie. C'est dans cette solide tradition que s'inscrit ce remarquable Spotlight qui, comme souvent dans ce genre d'entreprise, s'inspire de faits réels. Ici, l'équipe de journalistes d'investigation du Boston Globe, surnommée « Spotlight », enquête sur une affaire de crimes pédophiles perpétrés – et dissimulés – par l'Église catholique. Pour autant, il ne faut pas chercher la moindre héroïsation du reporter. Car ce qui intéresse McCarthy, c'est de montrer le journaliste, ce soutier de la démocratie, au travail... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 17h50 - jeudi 11 et lundi 15 à 20h30 - vendredi 12 à 15h45 et 20h30 - samedi 13 à 20h45 - dimanche 14 à 18h et mardi 16 à 18h05
Les délices de Tokyo : Affiche
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Les Délices de Tokyo
Écrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2015 1h53mn VOSTF
avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida...
D'après le roman An, de Durian Sukegawa
Tokyo… Un quartier, excentré, banal et terne, s'il n'y avait… les cerisiers en fleurs ! Les voilà qui rivalisent d'exubérance, déployant de subtiles dentelles de pétales, saupoudrant d'un rose fragile le monde grisonnant des hommes. Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées et sans charme. Mais le printemps peine à pénétrer dans certaines boutiques. Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l'image de son gérant et de la pâte « an » des « dorayakis » qu'il cuisine… Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Qu'importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous pourlécher les babines et entendre votre ventre gargouiller… Mais ne croyez pas que vous avez affaire à un film culinaire : nous sommes dans l'univers de Naomi Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la vie. Ces dorayakis se révèlent être plus que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l'essence des choses, la saveur de l'enfance, l'attention aux autres, aux moindres petites choses. Ils sont une invitation à s'ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 18h, jeudi 11 à 15h45, samedi 13 à 16h, dimanche 14 à 18h15, lundi 15 à 20h35 et mardi 16 à 15h45
La Terre et l'ombre : Affiche
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La Terre et l'ombre
Écrit et réalisé par César ACEVEDO
Colombie 2015 1h37mn VOSTF
avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa, Marleyda Soto...
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2015
« Nous avons vu vingt-six premiers films et nous avons trouvé notre trèfle à quatre feuilles dans un champ de cannes à sucre. » Sabine Azéma, Présidente du jury de la Caméra d'Or 2015
Cette année un petit pays – plus connu il n'y a guère pour ses trafics de drogue endémiques et ses guerres civiles interminables que pour sa cinématographie – nous a particulièrement gâté. Ce pays, c'est la Colombie. Il y a quelques semaines, nous vous présentions le fascinant L'Étreinte du serpent, de Ciro Guerra, qui nous entraînait au cœur de l'Amazonie. Aujourd'hui arrive une nouvelle et exaltante découverte : La Terre et l'ombre. Autre réalisateur, autre région. Le premier plan impressionne par sa rigueur et son sens du cadre, surtout lorsqu'on sait que le jeune César Acevedo signe son premier film. On y voit un homme d'un certain âge qui remonte une route interminable, longeant un champ de cannes à sucre à perte de vue. Au loin monte dans l'air un énorme nuage de poussière.
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Le Vox (Fréjus) : lundi 15 à 20h
Peur de rien : Affiche
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Peur de rien
Réalisé par Danielle ARBID
France 2015 2h
avec Manal Issa, Vincent Lacoste, Paul Hamy, Damien Chapelle, Dominique Blanc...
Scénario de Danielle Arbid, Julie Peyr et Pierre Schoeller
Il y a des rencontres qui changent tout. Des gens qui font bouger les lignes. Ceux qu'on admire et dont on emboîte le pas. Ceux qui vous détestent et vous mettent des bâtons dans les roues. Mais quand on est vorace, qu'on a soif de vivre, on prend tout pêle-mêle et on avale les obstacles, on se muscle dans l'adversité, on en fait une force. Quand Lina débarque à Paris dans les années 1990, c'est pour croquer la vie à pleines dents. Et tous ceux qui la croient malléable, sous ses airs retenus de jeune fille docile de dix-huit ans, vont en faire les frais. Être née dans un pays perpétuellement en guerre, ça forge un caractère. Ce qu'elle a laissé derrière elle, plus qu'un Liban aux abois, c'est un carcan vers lequel elle ne veut surtout pas retourner et dans lequel elle a puisé une volonté de survivre contre laquelle on ne peut rien... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 10, vendredi 12 et dimanche 14 à 13h50 et 20h30 - jeudi 11 à 13h50 et 18h10 - samedi 13 à 15h45 et 18h15 - lundi 15 à 14h et 18h05 - mardi 16 à 13h50 et 20h30
Tout en haut du monde : Affiche
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Tout en haut du monde
Film d'animation de Rémi CHAYÉ
France 2015 1h20mn
avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols, Rémi Caillebot...
PRIX DU PUBLIC Festival du film d’animation d’Annecy 2015
1882… Plongée dans la majestueuse Saint Pétersbourg de l'époque, son palais de marbre, ses dorures, ses calèches et ses canaux romantiques… Un endroit digne d'un conte de fée !
Sacha a tout juste quatorze ans. Fruit d'une aristocratie russe cossue, notre candide blondinette semble avoir un avenir tout tracé. Sa famille, son père surtout, imagine lui trouver un beau parti qui renforcera encore sa position sociale. À l'âge où les jeunes filles en fleurs ne rêvent que de robes couleur de lune et de pantoufles de vair, Sacha rêve de coques, de haubans, de drisses, de cordages, de bastingages, de compas… bref de bateaux ! D'un surtout : le Davaï ! Un magnifique voilier conçu par son grand-père explorateur Ouloukine. Pour Sacha, c'est plus qu'une simple embarcation échouée dans la mythologie familiale, c'est le dernier lien qui la relie à celui qu'elle a tant aimé, le lien ténu de l'espoir.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 14h et 16h15 - jeudi 11, vendredi 12, samedi 13, dimanche 14 et mardi 16 à 14h - - lundi 15 à 16h15
Carol : Affiche
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Carol
Réalisé par Todd HAYNES
GB / USA 2015 1h58mn VOSTF
avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler, Carrie Brownstein...
Festival de Cannes 2015 : Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara
Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs... lire la suite
Cotignac : jeudi 11 à 20h30
Le Luc : mercredi 10, samedi 13 et dimanche 14 à 18h et vendredi 12 à 21h
Le garçon et la bête : Affiche
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Le Garçon et la Bête
Réalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...
En 2012, Mamoru Hosoda se révélait au public français et annonçait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques. Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence... lire la suite
Cotignac : lundi 15 à 18h
Mia Madre
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Le dernier jour d’Yitzhak Rabin
Réalisé par Amos GITAÏ
Israël 2015 2h33 VOSTF
avec Yitzhak Hiskiya, Pini Mittelman, Tomer Sisley, Michael Warshviak, Einat Weizman...
Scénario d'Amos Gitaï et Marie-José Sanselme
4 Novembre 1995. Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, l'homme des accords d'Oslo, le Prix Nobel de la paix, est assassiné sur la place des Rois d'Israël à Tel Aviv après un long et vibrant discours contre la violence et pour la paix. Son assassin : un étudiant juif religieux d'extrême-droite… Vingt ans après, Amos Gitaï réalise un film passionnant et important, clairement intitulé Le Dernier jour d'Yitzhak Rabin, qui mêle images d’archives et fiction. Un film qui décompose, jour après jour, parfois même minute après minute, les semaines ayant précédé et suivi le drame. Un film choc pour tous ceux qui suivent les déchirements du conflit israélo-palestinien. Pourquoi choc ? Parce que la plupart de ceux qui, à l’époque, ont crié leur haine de Rabin – accusé de trahir le peuple juif au profit de l’ennemi palestinien, avec lequel il avait entrepris de négocier la paix –, la plupart de ceux-là sont aujourd’hui au pouvoir en Israël. Les religieux, les nationalistes, les colons, et surtout Benyamin Nétanyahou, l’actuel Premier ministre... lire la suite
Lorgues : mercrei 10 et lundi 15 à 19h
Desert Dancer : Affiche
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Desert Dancer
Réalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2016 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...
Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), Desert Dancer vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté... lire la suite
Lorgues : jeudi 11 et mardi 16 à 18h - samedi 13 à 20h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Les Saisons
Les Saisons : AfficheRéalisé par Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
Documentaire France 2015 1h37mn

Depuis "Le Peuple Migrateur" (2001), "La Planète Bleue" (2003), "Océans" (2010), Jacques Perrin s'est fait la spécialité de la réalisation de films documentaires. Avec sa voix si particulière, il tend à nous éveiller une conscience écologique au cours d'une heure trente de film. Mais sa démarche va au-delà du réquisitoire contre l'influence malsaine de l'homme sur son environnement... qu'on pourrait lui attribuer trop facilement.

D'abord, il renouvelle le genre "docu" en créant une proximité qu'on avait jamais ressenti jusqu'à alors. Comme à peu près dans ses derniers films, il s'entoure de la meilleure équipe pour livrer les images les plus percutantes. Alors que beaucoup de cameramans se contenteraient de filmer depuis le champ de vision de l'oeil humain, Jacques Perrin essaye de saisir des instants de vie à l'échelle des animaux, à même le sol. La technologie la plus moderne est au service de son oeil de réalisateur et sa passion lui permet d'obtenir des plans de qualité d'une image léchée. Pari réussi, nous sommes frappés par tant de réalisme, si bien que la caméra peut tout autant suivre une course de loups affamés poursuivant un sanglier, que s'insérer dans un tronc d'arbre à travers un trou minuscule pour voir ce qu'il s'y cache à l'intérieur, ou encore effectuer un long plan séquence dans lequel elleprécède l'envol d'un scarabé à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Autre exemple, lorsqu'on s'arrête sur la vie des insectes, le moindre détail est perçu dans le tachement des ailes... Jacques Perrin est passé maître dans l'art des films tableaux renversants, ce qui prouve, une fois encore, que la 3D n'est pas inéluctable pour asseoir le spectateur au coeur d'un film. Mais ce n'est pas le plus surprenant, car ils insufflent une dose de fiction qui muscle un peu le film, et s'attardent parfois sur le parcours de certains gibiers... Et plus qu'un réel film environnemental c'est une réelle histoire sur des bêtes qui sont considérés comme des personnages. L'Homme apparaît furtivement. Jacques Perrin a donc voulu inverser les rôles. Par-dessus ses images qu'il commente très légèrement, la musique prend une place prépondérante et c'est finalement elle, qui annote les scènes.Le synchronisme entre les changements d'ambiance, par exemple des percusions plus graves pour annoncer un danger, ou plus légères, lorsqu'il s'agit de résolutions d'enjeux, confortent les animaux dans leurs places centrales. Son film c'est une fresque historique sur notre continent européen, mais pas du point de vu des Hommes : depuis les débuts de l'ère glaciaire avec l'époque des grandes forêts "primaires" dans lesquelles vivaient des animaux exotiques, précédant l'installation des tribus humaines sédentaires qui ont progressivement conduit à la lente dérofestation et à la disparition de certaines espèces, paroxysme atteint avec les grandes Révolutions Industrielles des siècles plus tard... En préambule, Jacques Perrin rappelle les dramatiques conséquences de l'activité humaine sur le réchauffement climatique et ses bouleversements sur l'éco-système. Mais il est encore possible de vivre avec ses partenaires de planète. Car Jacques Perrin est avant-tout un homme d'action, bien ancré dans les réalités. Certes, il a fait le pari de filmer la vie d'animaux qui ont disparu depuis bien longtemps, mais pas question pour lui de recourir à des effets spéciaux. Son équipe s'est rendue aux confins de l'Europe, à Bélovej, à la limite de la Pologne, où on trouve une des dernières forêts "primitives" de l'ère glaciaire, mais également en Scandinavie...Ce grand monsieur a le souci du réalisme et le sens des réalités. Il participe positivement à retourner les mentalités en faveur d'une protection de l'environnement, à laisser croire qu'un autre avenir est possible, et il le défend bien en citant notamment l'ensemble des associations et fondations, qui le soutiennent dans sa démarche, ainsi que les projets possibles en devenir : re-peuplement des forêts, protection des espèces, mise en place d'un développement durable... Mais pas question de se lancer en politique, seul son regard d'artiste compte. Et c'est bien son rôle que de tracer l'avenir grâce à sa vision et sans se soucier des contraintes, qui peuvent entraver sa liberté. "Il faut faire des films politiques sur la nature" comme il le rappelle à la fin de la projection.

 

 

CGR (Draguignan) :  mercredi 10, jeudi 11, vendredi 12, lundi 15 et mardi 16 à 11h et 17h45 - samedi 13 et dimanche 14 à 17h45
Lorgues : mercredi 10 à 15h et dimanche 14 à 14h

 

Les Innocentes
LES INNOCENTESRéalisé par Anne FONTAINE
France 2016 1h55mn VOSTF
avec Lou De Laâge, Agata Buzek, Vincent Macaigne, Agata Kulesza, Joana Kulig...
Scénario de Sabrina B. Karine, Alice Vial, Anne Fontaine et Pascal Bonitzer, sur une idée de Philippe Maynial

Ce film est un moment de grâce. Et même davantage tant l'univers dans lequel il nous plonge nous confronte à quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être humain éprouve un jour ou l'autre, particulièrement lorsqu'il est confronté à des situations d'exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand mystère, tout comme la mort, cette découverte que, parfois, la question de la transcendance s'impose intensément à nous. Il nous a rarement été donné de voir exprimée au cinéma, avec une telle subtilité et une telle force, la complexité de la nature humaine et de ses aspirations les plus intimes, révélée ici par une histoire qui, pour être douloureuse, ne parvient pas à détruire la petite lumière d'espoir et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par un amour insubmersible qui la dépasse.
C'est plus qu'un beau film, c'est une expérience à la fois humaine et quasi spirituelle qui parvient à nous faire oublier qu'on a déjà vu certains des acteurs incarner d'autres personnages dans d'autres films, tant ils semblent ici uniques, portés par la cohérence d'un groupe qui se fond dans la réalité d'un autre temps, d'un autre pays. Le film a été tourné en Pologne, la plupart du temps dans un couvent désaffecté, avec des actrices (particulièrement inspirées) et acteurs polonais et français, dans des conditions de découverte mutuelle qui renforcent encore l'impression d'authenticité. Si l'histoire de départ est bien réelle – celle de Madeleine Pauliac, jeune et jolie Française, provisoire médecin-chef de l'hôpital de Varsovie en 1945 –, elle sert ici de révélateur à des relations aussi universelles qu'intemporelles qui prennent une intensité particulière dans le huis-clos de ce couvent austère, magnifié par les images de Caroline Champetier. La part faite aux chants grégoriens, interprétés essentiellement par les comédiennes, contribue au sentiment de sérénité, de plénitude si particulières à l'ambiance monastique qui contraste ici avec la violence de la situation.

1944 : la Pologne a été dévastée par l'occupation allemande. Tandis que les autochtones tentent de survivre, la Croix Rouge française s'est installée dans ce qu'il reste d'un hôpital pour soigner et rapatrier les Français qui se trouvent encore sur le territoire polonais. L'équipe médicale n'a pas pour mission de s'occuper des Polonais, et quand une jeune religieuse vient demander du secours, on l'éconduit dans un premier temps, mais Mathilde Beaulieu, interne de vingt-cinq ans, se laisse toucher par sa détresse et accepte de la suivre jusque dans son couvent, malgré l'interdiction qui lui est faite de s'éloigner du cadre de sa mission. Là, elle découvre une communauté de Bénédictines qui continuent à vivre leur vie de moniales, rythmée par les sept offices quotidiens, mais qui cachent dans la honte et le désarroi un secret terrible. Les soldats de l'armée rouge, suivant le reflux de l'armée allemande, ont pénétré dans le couvent à plusieurs reprises, brutalisé, violé les jeunes religieuses et certaines sont sur le point d'accoucher. La mère Abbesse est d'abord réticente à l'intervention de Mathilde, tant elle redoute que l'horreur de leur situation soit connue à l'extérieur du couvent. Mais peu à peu une relation se noue entre la médecin athée, engagée corps et âme au service des autres, et la trentaine de nonnes qu'elle va tenter d'aider autant que possible, s'immergeant dans leur quotidien, à l'écoute de leurs choix sans pour autant modifier ses orientations personnelles. Mettant sa propre vie en péril, elle préservera le plus longtemps possible leur secret, ne demandant que tardivement de l'aide au médecin qui lui est le plus proche et avec qui d'ailleurs elle a une de ces relations dont on imagine qu'elles sont inévitables dans ce genre de lieu et de situation, entre fraternité et désir, complicité et réconfort nécessaire…
Les Innocentes est bien plus que le récit prenant d'un moment d'histoire peu connu, le film rayonne de cette lumière intérieure qui caractérise ceux qu'une conviction profonde élève au dessus des contingences les plus difficiles, jusqu'à atteindre une sorte d'intensité harmonique rare et positive. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 et vendredi 12 à 14h, 18h et 20h30 - jeudi 11 à 15h45, 18h et 20h30 - samedi 13 à 15h45, 18h15 et 20h45 - dimanche 14 à 15h45, 18h10 et 20h30 - lundi 15 à 14h, 15h50 et 18h20 - mardi 16 à 15h45, 18h15 et 20h30


Demain
DEMAIN !Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h

Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements…


Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le développement durable cher au greenwashing, vous allez voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer, notre extraordinaire capacité à faire. Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada, Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce, France…
Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur sens du terme, qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines. Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines, c’est forcément inspirant ! »

Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui est aussi un spectacle passionnant et exaltant.


Le Vox (Fréjus) : vendredi 12 à 18h10 et dimanche 14 à 15h40
Salernes : dimanche 14 à 15h

Les Premiers, les Derniers
LES PREMIERS LES DERNIERSÉcrit et réalisé par Bouli LANNERS
Belgique/France 2015 1h38mn
avec Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément, David Murgia, Serge Riaboukine, Michael Lonsdale, Max von Sydow, Aurore Broutin, Lionel Abelanski...

Vous l'aurez remarqué, le Belge Bouli Lanners, à l'instar de ses camarades en cinéma Delépine et Kervern, fait partie de nos grands chouchous, à la fois comme acteur et depuis ses débuts de réalisateur. On aime chez lui cette étrange alchimie d'humour surréaliste, de poésie mélancolique, de regard à la fois généreux et sans concession sur une humanité qui va à vau-l'eau dans des univers toujours un peu décalés. Bouli Lanners, ce pourrait être un curieux mélange entre des Frères Dardenne qui auraient cédé un peu de réalisme pour être drôles tout en étant lucides et les sus-nommés Délépine et Kervern avec un ton un chouïa plus grave et plus tendre.

On le sait et on le chérit aussi pour ça, Bouli Lanners a toujours aimé les laissés pour compte. Dans Eldorado, c'était un jeune voleur que le héros – incarné par le réalisateur lui-même – accompagnait à travers la Wallonie, dans un road movie trépidant et épique, pour retrouver sa famille dans le Sud du pays. Dans Les Géants, il filmait avec une empathie contagieuse un groupe d'enfants livrés à eux mêmes au cœur de l'été et de la forêt. Bouli Lanners aime à la folie les paysages désolés de fin de monde, la plaine wallonne désertée dans Eldorado, les montagnes forestières des Ardennes belges dans Les Géants.
Les Premiers, les derniers s'inscrit de plain pied dans cette veine féconde. Ses deux héros sont deux hommes de main chargés par un mystérieux commanditaire de retrouver un téléphone volé contenant des informations compromettantes. Mais Gilou et Cochise ne sont pas des chasseurs de prime de toute première fraîcheur, aucune chance qu'on les confonde avec Steve Mc Queen, notamment Gilou (Bouli Lanners), affublé d'un petit chien ridicule et parfaitement incapable de courir plus de cent mètres sans risquer la crise cardiaque. Les voilà perdus dans la plaine de Beauce, dont l'horizon désespérément dépourvu de relief et la densité au km2 feraient déprimer un clown sous euphorisants. Leur chemin va croiser un jeune couple de handicapés en fuite et une bande d'autochtones fort peu accueillants.

Au-delà de l'intrigue étonnante parce que jamais prévisible, la force du film tient au formidable duo Albert Dupontel / Bouli Lanners, parfaits en losers magnifiques unis à la vie à la mort par l'amitié et les galères. Et on n'oubliera surtout pas les rôles secondaires : Suzanne Clément, la comédienne fétiche de Xavier Dolan, Serge Riaboukine impayable en beauf brutal et borné, et les vieux sages Michael Lonsdale et Max Von Sydow dans des apparitions lumineuses.
Visuellement le film est splendide : Bouli Lanners donne une dimension épique au paysage uniforme et monotone de la plaine beauceronne et en fait ressortir les étrangetés, comme le vestige de ce monorail surélevé qui devait rejoindre Paris et Orléans et qui, abandonné au milieu des années soixante-dix, s'arrête de manière incongrue au milieu de la forêt. Ou dans cette scène qui voit un cerf surgir dans un hangar désert où se trouve le corps oublié d'un homme décédé il y a bien longtemps… Jouant en virtuose d'une lumière volontairement crépusculaire, qui crée une atmosphère à la fois envoûtante et inquiétante, Bouli Lanners va dans le sens du beau titre apocalyptique de son film, mais c'est pour mieux faire surgir cette humanité et cette générosité que l'on croyait perdues.

Le Vox (Fréjus) : vendredi 12 à 16h10 - samedi 13 à 14h - lundi 15 à 18h05 - mardi 16 à 20h35
Cotignac : vendredi 12 à 20h30


Spotlight
SPOTLIGHTRéalisé par Tom McCARTHY
USA 2015 2h08mn VOSTF
avec Michael Keaton, Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Brian d'Arcy James, Liev Schreiber, Stanley Tucci, Billy Crudup, John Slattery, Jamey Sheridan...
Scénario de Josh Singer et Tom McCarthy

De Bas les masques (1952) de Richard Brooks aux Hommes du président (1976) d'Alan J. Pakula ou à Révélations (1999) de Michael Mann, le journaliste incarne depuis longtemps, dans le cinéma hollywoodien, une véritable sentinelle de la démocratie. Dénonçant sans relâche la criminalité, la corruption de la classe politique, le cynisme du « big business », les pires dérives de l'hystérie anticommuniste ou les erreurs judiciaires, il est une vigie qui pointe les dysfonctionnements de la société américaine, parfois au péril de sa vie.
C'est dans cette solide tradition que s'inscrit ce remarquable Spotlight qui, comme souvent dans ce genre d'entreprise, s'inspire de faits réels. Ici, l'équipe de journalistes d'investigation du Boston Globe, surnommée « Spotlight » (littéralement « le projecteur »), enquête sur une affaire de crimes pédophiles perpétrés – et dissimulés – par l'Église catholique. Pour autant, il ne faut pas chercher la moindre héroïsation du reporter. Car ce qui intéresse McCarthy, c'est de montrer le journaliste, ce soutier de la démocratie, au travail.

Non, son quotidien n'est pas ponctué de révélations spectaculaires et de satisfactions flattant l'ego. Bien au contraire, ses tâches sont le plus souvent répétitives et ingrates, son environnement est celui d'un bureau gris et exigu éclairé par des néons suspendus à un faux plafond, ses interlocuteurs le considèrent comme un gêneur et sa vie privée est vampirisée par son métier. D'ailleurs le réalisateur ne s'attache à ses personnages qu'à travers le prisme professionnel, sans s'attarder inutilement sur leur sphère personnelle qui aurait risqué de parasiter leur indéfectible trajectoire. D'où les plans éloquents de Sasha Pfeiffer (Rachel McAdams) interrogeant inlassablement les victimes et tentant d'approcher les bourreaux, ou encore ceux de Michael Rezendes (Mark Ruffalo) harcelant littéralement l'avocat des survivants et de Matty Carroll (Brian d'Arcy James) épluchant scrupuleusement les archives du journal.
McCarthy excelle à camper cette petite ruche industrieuse que forme le groupe Spotlight – les visages anxieux minés par la fatigue croissante et les rebuffades récurrentes, les innombrables appels téléphoniques infructueux, les allées et venues entre le journal, le Palais de justice et le bureau des avocats – et à humer l'atmosphère solidaire qui règne à la rédaction. Outre sa pugnacité, c'est l'autre grand atout du groupe : la complémentarité de ses membres qui, tous, savent qu'ils ont une note à jouer dans la partition et qu'ils occupent une fonction essentielle, chacun à sa place.
Peu à peu, le travail acharné des journalistes esquisse les contours des violences insondables subies par les jeunes victimes d'hier. À cet égard, la force de Spotlight, c'est le traitement du hors-champ. S'il ne fait preuve d'aucune fausse pudeur dans l'évocation des viols, le cinéaste évite soigneusement les flash-back insistants, le pathos racoleur. Entre les témoignages recueillis et la reconstitution des faits, le film donne pourtant à sentir l'envergure du traumatisme…

Ce plaidoyer pour la fonction salvatrice de la presse écrite ne serait pas aussi puissant s'il n'était pas ancré dans un contexte géographique bien spécifique. Car dans le film, la responsabilité écrasante de l'Église se confond avec celle de Boston : Boston la patricienne, discrète et « provinciale », Boston qui exècre l'ostentation, et surtout Boston la catholique, où le crime s'épanouit pourtant… « La ville prospère quand ses grandes institutions travaillent main dans la main » déclare, sûr de son fait, le cardinal Law au rédacteur en chef du Globe lors d'un entretien privé. De fait c'est toute la ville qui semble complice des agissements criminels de ses prélats : ici, l'Église, impalpable et omniprésente, s'est insinuée dans le cœur et l'âme des fidèles, si bien qu'ils ont d'eux-mêmes intégré l'impérieuse obligation du silence… Dans ce film subtil qui ne tombe jamais dans l'écueil du manichéisme, tout le monde, ou presque, partage les mêmes origines et, partant, une responsabilité collective… Un film passionnant, de bout en bout ! (F. Garbarz, Positif)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 17h50 - jeudi 11 et lundi 15 à 20h30 - vendredi 12 à 15h45 et 20h30 - samedi 13 à 20h45 - dimanche 14 à 18h et mardi 16 à 18h05


Les Délices de Tokyo
LES DÉLICES DE TOKYOÉcrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2015 1h53mn VOSTF
avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida...
D'après le roman An, de Durian Sukegawa

Tokyo… Un quartier, excentré, banal et terne, s'il n'y avait… les cerisiers en fleurs ! Les voilà qui rivalisent d'exubérance, déployant de subtiles dentelles de pétales, saupoudrant d'un rose fragile le monde grisonnant des hommes. Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées et sans charme. Mais le printemps peine à pénétrer dans certaines boutiques. Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l'image de son gérant et de la pâte « an » des « dorayakis » qu'il cuisine… Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Qu'importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous pourlécher les babines et entendre votre ventre gargouiller… Mais ne croyez pas que vous avez affaire à un film culinaire : nous sommes dans l'univers de Naomi Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la vie. Ces dorayakis se révèlent être plus que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l'essence des choses, la saveur de l'enfance, l'attention aux autres, aux moindres petites choses. Ils sont une invitation à s'ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem…

Mais revenons à Sentaro. Pour lui, les jours se suivent… Le réveil sonne l'heure de la clope qu'il fume, solitaire, sur une terrasse, avant de se mettre au boulot sans conviction. Des litres de pâte qu'il transforme en dizaines de petites crêpes pour les gosiers voraces d'une poignée de collégiennes qui les ingurgitent en se moquant de lui, de ses airs bougons. Seule Wakana semble prendre racine, une fois la nuée de ses copines passée. Elle n'a guère d'alternative puisque ses camarades filent vers des cours particuliers qu'elle n'a pas les moyens de s'offrir. Elle n'ose tout bonnement plus espérer accéder à l'université faute de l'argent nécessaire. C'est une drôle de complicité qui se tisse en silence entre le quadragénaire et la collégienne. La tristesse désabusée de ces deux égratignés de la vie n'a pas besoin de mots pour s'exprimer.
Les jours pourraient dériver ainsi longtemps encore, lorsqu'une drôle de petite vieille, hésitante et bancale, passe sa frimousse dans l'embrasure de la petite échoppe. Le patron cherche un commis pour l'aider ? Elle dit être la femme de la situation ! Sentaro refuse, la voyant trop âgée, trop abimée, trop tordue de la tête aux mains… Poliment il tente de la dissuader en lui parlant du salaire minable… Mais, chose saugrenue, ne voilà-t-il pas que la grand-mère, loin de se décourager, négocie son salaire encore à la baisse ! Sentaro ne sait plus comment s'en dépêtrer… D'autant que tous les jours la dame semble revenir à la charge jusqu'à l'obliger à goûter la délicieuse pâte « an » qu'elle a réalisée : un comble pour celui qui déteste le sucré ! Voilà comment Tokue va finir par imposer sa présence réjouissante dans le quartier, bouleverser la routine de Sentaro, à coup de savoir faire, à coup de savoir être. Elle semble ré-enchanter le monde partout où elle vient piétiner, hésitante et gauche. Étonnante Tokue qui sait écouter aussi bien les murmures des feuilles qui frissonnent que ceux du cœur des hommes ou des haricots rouges qui patientent dans la casserole.
Ceci n'est qu'un début, un prétexte ou presque, vous le découvrirez lorsque le film va basculer dans un tout autre registre évoquant un pan honteux de l'histoire nipponne… Et on comprend que l'indéracinable capacité d'émerveillement de Tokue a cru dans la fange d'un terrible passé. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 18h, jeudi 11 à 15h45, samedi 13 à 16h, dimanche 14 à 18h15, lundi 15 à 20h35 et mardi 16 à 15h45


La Terre et l'ombre
LA TERRE ET L'OMBREÉcrit et réalisé par César ACEVEDO
Colombie 2015 1h37mn VOSTF
avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa, Marleyda Soto...
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2015

« Nous avons vu vingt-six premiers films et nous avons trouvé notre trèfle à quatre feuilles dans un champ de cannes à sucre. » Sabine Azéma, Présidente du jury de la Caméra d'Or 2015

Cette année un petit pays – plus connu il n'y a guère pour ses trafics de drogue endémiques et ses guerres civiles interminables que pour sa cinématographie – nous a particulièrement gâté. Ce pays, c'est la Colombie. Il y a quelques semaines, nous vous présentions le fascinant L'Étreinte du serpent, de Ciro Guerra, qui nous entraînait au cœur de l'Amazonie. Aujourd'hui arrive une nouvelle et exaltante découverte : La Terre et l'ombre.
Autre réalisateur, autre région. Le premier plan impressionne par sa rigueur et son sens du cadre, surtout lorsqu'on sait que le jeune César Acevedo signe son premier film. On y voit un homme d'un certain âge qui remonte une route interminable, longeant un champ de cannes à sucre à perte de vue. Au loin monte dans l'air un énorme nuage de poussière… L'homme se colle aux cannes à sucre, et soudainement surgit à toute vitesse un camion énorme, tractant plusieurs remorques successives. Bienvenue dans la vallée du Cauca, une région agricole aujourd'hui exclusivement dévolue à la culture d'exportation de la canne à sucre.
Peu après, l'homme, Alfonso, se présente au seuil d'une petite maison à l'ombre d'un grand arbre séculaire. Dans cette maison vivent Gerardo, qui souffre d'une maladie pulmonaire et reste alité, sa femme Esperanza, sa mère Alicia et son jeune fils Manuel. L'accueil est étrange. Manuel est timide, Alicia carrément distante et hostile. On comprend qu'Alfonso fut son mari, parti depuis dix-sept ans tenter sa chance ailleurs… Et le voilà qui revient pour soutenir son fils Gerardo…

La Terre et l'ombre est la chronique très touchante d'une famille brisée qui cherche tant bien que mal à se reconstruire. On suit les premiers échanges entre Alicia et Alfonso qui ne se parlaient plus depuis près de vingt ans. Et aussi les efforts du grand père pour créer un lien avec son petit fils à travers des petites choses : la construction d'une mangeoire à oiseaux – il faut savoir que les volatiles ont fui depuis longtemps les parages avec l'extension de la canne –, l'achat d'un cerf volant… La mise en scène est d'une grande rigueur, privilégie la précision du cadre et le travail sur le son (la respiration gutturale du malade qui envahit la maison, les cannes à sucre qui brûlent…). Tout s'exprime avec le minimum de dialogues et de mouvements de caméra, mais toujours avec des plans magnifiquement justes, qui scrutent les visages des acteurs, dont beaucoup sont des non professionnels.
Le film raconte aussi cette monoculture de la canne à sucre qui exploite les sans terre, qui les rend malades, comme Gerardo, victimes des cendres qui tombent sans discontinuer autour des maisons, qui détruit les systèmes paysans ancestraux, ciment de la société traditionnelle, grâce auxquels tout le monde avait de quoi vivre. Au milieu des cannes, se joue ainsi une splendide tragédie où meurent les paysages et les hommes.

Le Vox (Fréjus) : lundi 15 à 20h


Peur de rien
PEUR DE RIENRéalisé par Danielle ARBID
France 2015 2h
avec Manal Issa, Vincent Lacoste, Paul Hamy, Damien Chapelle, Dominique Blanc...
Scénario de Danielle Arbid, Julie Peyr et Pierre Schoeller

Il y a des rencontres qui changent tout. Des gens qui font bouger les lignes. Ceux qu'on admire et dont on emboîte le pas. Ceux qui vous détestent et vous mettent des bâtons dans les roues. Mais quand on est vorace, qu'on a soif de vivre, on prend tout pêle-mêle et on avale les obstacles, on se muscle dans l'adversité, on en fait une force. Quand Lina débarque à Paris dans les années 1990, c'est pour croquer la vie à pleines dents. Et tous ceux qui la croient malléable, sous ses airs retenus de jeune fille docile de dix-huit ans, vont en faire les frais. Être née dans un pays perpétuellement en guerre, ça forge un caractère. Ce qu'elle a laissé derrière elle, plus qu'un Liban aux abois, c'est un carcan vers lequel elle ne veut surtout pas retourner et dans lequel elle a puisé une volonté de survivre contre laquelle on ne peut rien.
Tout cela, l'oncle éloigné qui l'accueille en banlieue parisienne ne le voit pas. Et quand il se comporte en prédateur avec sa belle nièce brune, il ne s'attend certes pas à ce que la situation lui échappe à ce point. Cela fait belle lurette que ce petit chaperon rouge n'a peur de rien et certainement pas du grand méchant loup. Nina prend son paquetage et fuit comme elle peut, à l'aveuglette. La voilà perdue dans une capitale qui lui est inconnue, dans un pays dont elle ne connait pas les codes. C'est loin d'être glorieux, ni rassurant, mais dans le fond, à ce premier homme, elle devra beaucoup. Là où elle aurait été contrainte de suivre une voie toute tracée par sa famille, la voilà livrée à elle-même, allant où la mènent ses pas, ses intuitions, se construisant au fil des aventures. Voyage initiatique stimulant, excitant, non dénué d'humour, où elle va apprendre non seulement qui sont tous ces Français, mais surtout qui elle est.
Au départ pourtant, la perspective n'est pas réjouissante. Où dormir sinon dans un foyer pour femmes paumées ? Comment s'alimenter, trouver du travail, quand on est une étrangère sans papiers ? Mais tous ces parcours de combattante vont s'émailler de hasards qui vont la bousculer, faire bifurquer ses pas… Un jour c'est une prof passionnante et atypique qui parle de choses qu'elle n'a jamais entendues (Dominique Blanc, précieuse qui n'a pas peur du ridicule)… Un autre jour c'est un certain Jean-Marc, bourré de charme et de pognon, qui la traite comme une princesse… Un autre encore, elle fraiera avec une bande de royalistes pas piqués des vers ! Puis comme elle ne s'encombre d'aucun préconçu, elle deviendra copine avec un étudiant communiste… Parcours chaotique et cocasse, mais qui ressemble à celui de tant de jeunes filles qui se cherchent et ne s'embarrassent pas de préjugés tant elles ont tout à découvrir. En fait, plus que l'instinct grégaire, l'amour ou tout autre sentiment, c'est la curiosité insatiable de Nina qui la dirige et la rend pétillante.
« Ce n'est pas un film autobiographique », dit la réalisatrice… mais il résonne trop juste pour n'avoir pas été en partie vécu. La rage de vivre jouissive de Lina est, on le devine, la même que celle de Danielle Arbid à son arrivée en France, et l'actrice principale lui ressemble, physiquement comme dans son désir d'émancipation. Décidément ces jolies pérégrinations initiatiques revigorent mieux qu'un voyage organisé en pays benoîtement exotique !

PS : de Danielle Arbid vous aviez pu voir Dans les champs de bataille (l'enfance au Liban) et Un homme perdu…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 10, vendredi 12 et dimanche 14 à 13h50 et 20h30 - jeudi 11 à 13h50 et 18h10 - samedi 13 à 15h45 et 18h15 - lundi 15 à 14h et 18h05 - mardi 16 à 13h50 et 20h30


Tout en haut du monde
TOUT EN HAUT DU MONDEFilm d'animation de Rémi CHAYÉ
France 2015 1h20mn
avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols, Rémi Caillebot...
Scénario de Claire Paoletti Patricia Valeix. PRIX DU PUBLIC Festival du film d’animation d’Annecy 2015. Pour les enfants à partir de 7 ans. Musique originale de Jonathan Morali (Syd Matters)

1882… Plongée dans la majestueuse Saint Pétersbourg de l'époque, son palais de marbre, ses dorures, ses calèches et ses canaux romantiques… Un endroit digne d'un conte de fée !
Sacha a tout juste quatorze ans. Fruit d'une aristocratie russe cossue, notre candide blondinette semble avoir un avenir tout tracé. Sa famille, son père surtout, imagine lui trouver un beau parti qui renforcera encore sa position sociale. À l'âge où les jeunes filles en fleurs ne rêvent que de robes couleur de lune et de pantoufles de vair, Sacha rêve de coques, de haubans, de drisses, de cordages, de bastingages, de compas… bref de bateaux ! D'un surtout : le Davaï ! Un magnifique voilier conçu par son grand-père explorateur Ouloukine. Pour Sacha, c'est plus qu'une simple embarcation échouée dans la mythologie familiale, c'est le dernier lien qui la relie à celui qu'elle a tant aimé, le lien ténu de l'espoir…

Le monde imaginaire de Sacha a basculé le jour où Ouloukine, parti à la conquête du pôle nord, a été porté disparu avec son vaisseau pourtant réputé insubmersible (en général c'est un qualificatif qui ne porte pas chance, on se souvient du Titanic…). Dès lors, fidèle à la complicité qui les liait, Sacha s'est plongée dans les notes de son aïeul, a lu et relu ses écrits, est devenu sa plus fidèle experte, malgré son jeune âge… Elle s'est mise à étudier les cartes marines, à appris à compter en nœuds, en milles, à se diriger en plein large… En théorie, bien sûr… Car en pratique, le seul cap que son rang lui impose de tenir, c'est de devenir une future épouse présentable et soumise. D'ailleurs ce soir va être celui de son premier bal qui se doit de devenir inoubliable. Tous les facteurs sont réunis pour qu'elle puisse faire grande impression sur ses potentiels prétendants. Parée de ses plus beaux atours, Sacha esquisse donc docilement ses premiers pas de danse avec le neveu du Tsar, le Prince Tomsky… Ce qui doit rendre vertes de jalousie ses copines la laisse indifférente. Ce Prince-là n'est pas si charmant puisqu'il traite Ouloukine de vieux fou et se moque d'elle. Et c'est là que l'indomptable Sacha va commettre l'irréparable… ou plutôt en être injustement accusée… Et injustement punie…
Alors, en plein cœur de la nuit, Sacha prend une décision qui va changer le cours de sa vie. En cachette elle enfourche un cheval et met les voiles au sens figuré tout en espérant pouvoir le faire bientôt au sens propre. Direction la mer et ses embruns, le grand large et peut-être bien la banquise dans le sillage d'Ouloukine et du Davaï… Tout en haut du monde ! Voilà Sacha embarquée dans une terrible épopée, drôle, poétique, touchante où elle va commencer par se frotter à ceux qui n'appartiennent pas à sa classe sociale, à l'univers des vrais marins, ceux qui disent qu'une femme à bord, ça porte la poisse !

Vous l'aurez compris, on vous recommande plus que chaleureusement ce petit bijou d'animation enthousiasmant. Le choix du dessin tout en à-plats, celui de la musique qui, au lieu de tenter de coller absolument à l'ambiance de l'époque, ajoute une touche contemporaine bienvenue… C'est une œuvre limpide, intelligente, dans laquelle petits ou grands trouveront leur compte, chacun avec un niveau de lecture différent. Il parle tout autant d'aventure que de transmission, de passion ! (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 10 à 14h et 16h15 - jeudi 11, vendredi 12, samedi 13, dimanche 14 et mardi 16 à 14h - - lundi 15 à 16h15


Carol
CAROLRéalisé par Todd HAYNES
GB / USA 2015 1h58mn VOSTF
avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler, Carrie Brownstein...
Scénario de Phyllis Nagy, d’après le roman de Patricia Highsmith
Festival de Cannes 2015 : Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara


C'est le premier film de Todd Haynes depuis I'm not there (2007), son évocation ébouriffante de la personnalité multiple de Bod Dylan. Il a travaillé entretemps pour la télévision, signant entre autres une très belle Midred Pierceen trois épisodes, avec une Kate Winslet étincelante. Mais rien pour le cinéma pendant plus de huit ans. Autant dire que nous attendions ce Carol avec impatience et nous sommes comblés : c'est d'une beauté, d'une délicatesse, d'une intelligence hors du commun. S’il fallait trouver une filiation à Carol dans la filmographie protéiforme de Todd Haynes, c’est du côté de Loin du paradis qu'il faudrait chercher : un sublime portrait de femme(s), une mise en scène ultra soignée, et les très guindées autant que glamour années cinquante comme écrin à une histoire d’amour contrariée. Mais Todd Haynes n’est pas du genre à se répéter donc ne vous attendez pas à un nouveau sublime mélo à la Douglas Sirk,Carol est d'une autre nature : plus réservé, plus distancié mais non moins passionnant, non moins émouvant si l'on sait percevoir le feu sous la glace.

Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. En attendant de pouvoir se sortir d’une procédure de divorce ô combien difficile (nous sommes en 1952, le mariage est d'airain), elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au prix d’efforts contraints et de sourires forcés.
Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs.
Quand elle croise le regard un peu froid de cette femme à la silhouette parfaite, à l’allure distinguée et aux manières classieuses, Therese est subjuguée. Carol est un continent lointain et inaccessible, l'incarnation divinement séduisante d’un monde auquel elle n’appartient pas et auquel elle n’appartiendra sans doute jamais, elle la petite vendeuse de jouets derrière son comptoir. Lorsqu'elle croise le regard curieux de ce petit bout de nana frêle à l'allure encore juvénile, Carol est fascinée. Therese est une promesse de candeur et d'espoirs pas encore broyés sous le poids des convenances et des conventions, un appel au rêve pour elle qui depuis trop longtemps est prisonnière d’un mariage raté. Avancer en territoire inconnu. Oser s’aimer, peut-être. Partir. Fuir. Mais tenter de demeurer fidèles à leur propre vérité en dépit du tourbillon émotionnel et du climat pesant de ces années d’après-guerre où tout demeure figé mais où le vernis commence à se fissurer…

Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un duo troublant de sensualité et de douceur contenues, les mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre… Un film somptueux. (Utopia)

Cotignac : jeudi 11 à 20h30
Le Luc : mercredi 10, samedi 13 et dimanche 14 à 18h et vendredi 12 à 21h


Le Garçon et la Bête
Afficher l'image d'origineRéalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...

En 2012, Les Enfants loups, son merveilleux troisième film, faisait connaître Mamoru Hosoda au public français et révélait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques.

Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence.

Mamoru Hosoda est un conteur à l'imagination foisonnante. Du premier accrochage entre le maître et le disciple jusqu'à la fin, émouvante et apaisée, dix ans s'écoulent, rythmés par mille et un rebondissements et allers-retours entre les deux mondes. Une séquence de quelques minutes — un voyage d'initiation chez des sages — contient, en germe, trois autres films potentiels. Et un plan splendide : un feu de camp sous un ciel étoilé à la Van Gogh.

Dans le cinéma d'animation, la quête d'identité, la mythologie animale, le combat entre le bien et le mal sont des thèmes usés jusqu'à la corde. Mais Hosoda les revitalise. Il a le sens de l'épopée et de la légende. Pourtant, chez cet humaniste, le fantastique n'est qu'un outil pour souligner les petits miracles de la vie quotidienne et des rapports filiaux. Une seule question, éternelle, se pose, quand on est un jeune garçon ou une bête immature : comment devenir adulte ? En apprenant des autres (un fils fait aussi grandir son « père ») et en s'armant pour résister aux ténèbres qui menacent de nous engloutir. Hosoda a alors deux trouvailles merveilleuses. Pour symboliser l'ennemi intérieur d'un adolescent en manque de repères, il convoque Moby Dick, la baleine de Herman Melville, dans les rues de Tokyo. Puis il clôt ce grand film sur la transmission par un sacrifice « paternel » qui fait chaud au coeur, y compris au sens propre. Après presque deux heures de chamailleries comiques, de pics d'émotion et de duels homériques, une chose est sûre : le règne de Miyazaki terminé, l'animation japonaise a trouvé son nouveau seigneur. — Guillemette

Cotignac : lundi 15 à 18h


Le dernier jour d’Yitzhak Rabin
LE DERNIER JOUR D'YITZHAK RABINRéalisé par Amos GITAÏ
Israël 2015 2h33 VOSTF
avec Yitzhak Hiskiya, Pini Mittelman, Tomer Sisley, Michael Warshviak, Einat Weizman...
Scénario d'Amos Gitaï et Marie-José Sanselme

4 Novembre 1995. Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, l'homme des accords d'Oslo, le Prix Nobel de la paix, est assassiné sur la place des Rois d'Israël à Tel Aviv après un long et vibrant discours contre la violence et pour la paix. Son assassin : un étudiant juif religieux d'extrême-droite…

Vingt ans après, Amos Gitaï réalise un film passionnant et important, clairement intitulé Le Dernier jour d'Yitzhak Rabin, qui mêle images d’archives et fiction. Un film qui décompose, jour après jour, parfois même minute après minute, les semaines ayant précédé et suivi le drame. Un film choc pour tous ceux qui suivent les déchirements du conflit israélo-palestinien. Pourquoi choc ? Parce que la plupart de ceux qui, à l’époque, ont crié leur haine de Rabin – accusé de trahir le peuple juif au profit de l’ennemi palestinien, avec lequel il avait entrepris de négocier la paix –, la plupart de ceux-là sont aujourd’hui au pouvoir en Israël. Les religieux, les nationalistes, les colons, et surtout Benyamin Nétanyahou, l’actuel Premier ministre.
« En deux heures et trente minutes, Amos Gitaï nous fait revivre vingt ans de lente déconstruction d’un rêve, celui de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte et en paix. Ce rêve se serait-il concrétisé si Rabin n’avait pas été assassiné ? On ne le saura jamais. Ce qui est certain en revanche, c’est que l’on n’en a jamais été aussi loin qu’aujourd’hui.

« Méthodiquement, Nétanyahou a déconstruit tout ce que Rabin avait commencé à construire, désespérant ce qui reste de la gauche israélienne, transformant les Palestiniens en ennemis et accélérant la colonisation de la Cisjordanie. Encore 800 logements situés dans quatre colonies juives ont été légalisés fin octobre, alors que la tension est à un de ses pics dans les territoires. “Sous Nétanyahou, les Palestiniens n’ont plus rien à perdre. Ils n’ont ni horizon ni espoir, uniquement l’occupation, la saisie de terres, la misère et le chômage”, écrit début novembre Nehemia Shtrasler dans le quotidien Haaretz.
« Pire, compte tenu du rapport de forces au sein de son gouvernement, Nétanyahou pourrait laisser monter au pouvoir ces religieux radicaux qui militent pour aller prier sur l’Esplanade des mosquées. Menaçant de transformer un conflit territorial en conflit religieux. Ce qui, dans le contexte régional actuel, serait pure folie. C’est ce que raconte Le Dernier jour d'Yitzhak Rabin : la catastrophe passée et à venir. »

(Alexandra Schwartzbrod, Libération)

Lorgues : mercrei 10 et lundi 15 à 19h


Desert Dancer
Afficher l'image d'origineRéalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2014 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...

Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), DESERT DANCER vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté… On pense aux « Chats persans » de Bahman Ghobadi devant ce sujet, sauf qu’ici il s’agit moins de musique que de danse. Le spectateur ne peut que s’émouvoir devant le parcours d’Afshin (Reece Ritchie, convaincant) et de ces jeunes gens courageux, mais aussi de son mentor…La passion de la danse est bien décrite  – on pense toutes proportions gardées à « Billy Elliot »,  car Afshin a la danse dans le sang, il est avide de connaissances en la matière et essaie d’apprendre de façon autodidacte. Afshin se révèle par la danse.Il vit pour sa passion. Cependant le contexte sociopolitique des deux films n’est absolument pas le même.Le film est aussi une belle histoire d’amour,  Afshin tombe amoureux d’une jeune fille (Freida Pinto),  qui a appris la danse par sa mère, ancienne danseuse décédée d’une overdose …

La scène du spectacle de danse dans le désert est poétique, c’est une métaphore de ce qu’a vécu Afshin et ses amis. Un autre moment de danse vous donnera des frissons, je n’en dis pas plus. Les chorégraphies sont intéressantes et les acteurs principaux sont totalement crédibles en danseurs.Le film est ponctué de moments de suspense intense. Comment le héros  menacé de mort va – t-il s’en sortir ? Dans la vraie vie, Afshin Ghaffarian a obtenu l’asile politique en France, a étudié au CND et a monté sa propre compagnie depuis. Ses amis vont -ils être tués ? On a régulièrement la larme à l’œil.J’ignore dans quelle mesure certaines scènes ont été romancées,  mais on ressent beaucoup de choses en regardant « Desert Dancer ».Véritable déclaration d’amour à la danse et plaidoyer pour la liberté et l’art sur toutes ses formes. Un beau film qui prône la liberté d’expression, l’amour et la fraternité.

Desert Dancer est de ces réalisations surprenantes qui, à frôler régulièrement la catastrophe, finissent par trouver une grâce funambulesque au-dessus des gouffres. Ces derniers avaient pourtant des allures abyssales.

Racontant les jeunes années iraniennes du danseur et chorégraphe engagé Afshin Ghaffarian, le film est interprété entièrement en anglais par un casting essentiellement anglophone – mais si bien choisi, si bien suivi par une caméra mobile sans excès, agile, que son naturel donne envie d’y croire. Visiblement construit à partir de deux scènes de danse – tout à fait belles au demeurant – entre lesquelles il s’efforce avec plus ou moins d’adresse de jeter des ponts et de la matière, il avance au fil d’une écriture fragile – mais toujours prompte à esquiver le sentimentalisme,...(Le Monde)


Lorgues : jeudi 11 et mardi 16 à 18h - samedi 13 à 20h

COMPTE RENDU SUCCINCT DE L'AG :

Nous avons retracé l'activité d'Entretoiles depuis presqu'un an que l'Eldorado a fermé : , le mail hebdomadaire, la recherche de partenariat avec le Pôle Culturel, le partenariat un peu pingre jusqu'à présent avec CGR, le partenariat avec les Escapades littéraires, les soirées à Lily Pons (et les problèmes de relation avec la CAD, de qualité de projection et de coût qu'elle pose), la recherche de partenariat avec le Théâtre qui semble tomber à l'eau, le fait que tout ce qui touche à la CAD semble systématiquement bloqué, et l'essai qu'on voudrait faire avec le Bucéphale.
Ensuite, un petit bilan financier préparé par Édith, où on a pu mettre en évidence que projeter dans des salles extérieures à CGR est un exercice périlleux financièrement, et dans lequel on perd de l'argent à chaque fois. Et donc ça ne peut guère durer en l'état...
Les adhérents présents ont suggéré, pour renflouer les caisses d'Entretoiles, de proposer 3 sortes de prix d'adhésion : 15€ pour l'adhésion ordinaire, 20€ pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur. On a adopté le principe.
Il n'y a pas eu de vote pour le bureau, faute de candidats...
Quelqu'un a suggéré que nos films soient projetés à 19h30 plutôt que 20h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


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