Au(x) cinéma(s) du 11 au 17 avril 2018

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Cette semaine, beaucoup de beaux films à voir, comme souvent finalement !
Tout d'abord, l'événement de la semaine c'est la soirée Entretoiles le  dimanche 15 avril  sur le thème "Partir ?" avec Une Saison en France de Mahamat Saleh Haroun, le nouveau film d'un des plus grands cinéastes africains et Les Bienheureux de Sofia Djama où l'on voit que le cinéma algérien n'a pas fini de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité, avec, bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les deux ! A ce sujet, nous vous incitons vivement à apporter votre contribution au buffet, quelque chose à grignoter et partager !
Par ailleurs, un membre d'Entretoiles se tiendra dans le hall pour ceux qui voudraient adhérer ou renouveler leur adhésion.

À CGR, vous pouvez voir  dans le cadre du ciné club Gaspard va au mariage d'Anthony Cordier, douce comédie décalée. Colibris nous propose L'Intelligence des arbres de Guido Tölke et Julia Antel qui explore les modes de communication des arbres avec un peu (trop ?) d'anthropomorphisme. Et dans la programmation ordinaire, on peut voir (au Luc aussi) Ready Player One de Steven Spielberg, un pur divertissement palpitant !
À noter que les prochains films à venir seront  La Forme de l’eau  et Eva.

Au Vox, à Fréjus, vous pouvez voir L'Île aux chiens de Wes Anderson, drôle, intelligent, profond, et plastiquement sublime, Kings de Deniz Gemize Ergüven qui nous avait régalés avec Mustang et qui revient avec la même vitalité et la même fougue du récit, Mektoub My Love d'Abdellatif Kechiche, observateur des passions des corps et des âmes (à Cotignac aussi), La Mort de Staline de Armando Lanucci, habile mélange d'humour noir, de cynisme et de loufoquerie, interdit en Russie, et Madame Hyde de Serge Bozon, fable sur la transmission.

À Lorgues, La Belle et la Belle de Sophie Fillières, un conte ludique et charmant, Moi, Tonya de Craig Gillepsie, véritable tragédie contemporaine, Tesnota, une vie à l'étroit de Kantemir Balagov, film sec, tendu, et sans artifice, et Frost de Sharunas Bartras d'une admirable beauté.

À Salernes, Lady Bird de Greta Gerwig, joli film sur le passage de l'adolescence à la vie d'adulte et Hostiles de Scott Cooper (aussi à Cotignac), un western grave et majestueux.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Notez aussi dans vos agendas la journée du 12 mai qui verra se tenir La saison 1 d'Entrelivres, résurrection des Escapades littéraires, avec tout au long de la journée, rencontres avec des écrivains, éditeurs, libraires etc...journée qui se finira au CGR par un film :  Fuocoammare, par delà Lampedusa de Gianfranco Rosi. Vous recevrez prochainement la programmation détaillée de la journée sur vos boîtes mail.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

PROGRAMMATION DU 11 AU 17 AVRIL 2018

 

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Une Saison en France
Écrit et réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN
C'est le nouveau film, tourné en France, d'un des plus grands cinéastes africains actuels. Après avoir sublimé et exploré sans complaisance, dans plusieurs films mémorables (Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris), la réalité et les fictions de son Tchad natal, Mahamat-Saleh Haroun, qui vit le plus souvent en France, a pensé qu'il fallait maintenant qu'il « questionne la mémoire de l'exil qui se fabrique ici, qu'il montre des visages qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma dominant. » C'est ainsi qu'il consacre aujourd'hui ce beau film à ceux qui ont quitté l'Afrique pour échapper à la guerre ou au désespoir économique et qui tentent de trouver une place dans un pays qui se revendique de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, un pays qui sut être le refuge de bien des exilés. C'est donc l'histoire d'Abbas, qui était professeur de français en Centrafrique et qui a fui avec sa famille la guerre civile dans son pays, un pays artificiellement créé, marqué par l'impérialisme français et ses fantoches... lire la suite
Soirée Entretoiles CGR : dimanche 15 avril 18h
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Les Bienheureux
Ecrit et réalisé par Sofia DJAMA
Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui s'exprime, qui nous raconte les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu'ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement. L’histoire se passe sur une journée et une nuit, à Alger, si belle, si mystérieuse quelque que soit la lumière qui l’éclaire ; elle prend corps à travers plusieurs protagonistes, de différentes générations et origines sociales... lire la suite
Soirée Entretoiles CGR : dimanche 15 avril à 20h30
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Gaspard va au mariage
Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...
Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance... lire la suite
Ciné-club CGR : mercredi 11 à 17h40, jeudi 12 à 11h, vendredi 13 à 19h50, samedi 14 à 14h et lundi 16à 22h
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L'Intelligence des Arbres
Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres... lire la suite
Proposé par Colibris au CGR : jeudi 12 avril à 20h
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L'Île aux chiens
Réalisé par Wes ANDERSON
L'Île aux chiens est une merveille qui prouve, après le déjà formidable Fantastic Mr Fox (mais L'Île aux chiens est plus adulte), que Wes Anderson est un maître du cinéma d'animation : ce moyen d'expression particulier est un terrain idéal pour son invention débordante, sa fantaisie tendre, sa poésie loufoque, sa philosophie candide. C'est évidemment l'animation qui permet à Wes Anderson de faire exister Chief, Rex, King, Boss, Duke ou Spots… ces chiens follement courageux, débrouillards, tchatcheurs, gouailleurs, et finalement bien plus sensés que ces humains vaniteux qui croient tout savoir sur tout… Nous sommes ici devant une réussite majeure du cinéaste, qui enchantera tous ceux qui sont sensibles à son univers unique, qu'il vive à travers des personnages en chair et en os ou à travers des marionnettes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 VF à 13h50, 18h15 et VO à 20h45, jeudi 12 VF 16h10, 20h30 VO 18h15, vendredi 13 VF 13h50, 18h30 et VO 21h, samedi 14 VF 13h40, 18h30, VO 15h35, dimanche 15 VF 16h, 18h15, VO 20h30, lundi 16 VF 15h40, 17h50, VO 20h, mercredi 17 VF 16h05, 21h, VO 18h30
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Kings
Écrit et réalisé par Deniz GAMZE ERGÜVEN
On se souvient du très joli et très primé Mustang, le premier film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven. Si Kings est très différent, il y a malgré tout un réel cousinage. On retrouve la même vitalité des personnages, une fougue du récit, une thématique qui résonne comme une urgence vitale. La cinéaste adopte le point de vue des laissés pour compte : celui des jeunes filles turques dans l’un, celui des minorités ethniques américaines dans l’autre. Et si dans Kings on a parfois l’impression de nager en plein délire, le plus délirant, justement, est que rien n’y est inventé… À commencer par le personnage principal, la pétillante Millie… Difficile d’imaginer plus pêchue qu’elle. Une drôlesse au grand cœur prête à ramasser tous les mômes errants. Et dans son quartier de South Central (Los Angeles) dans les années 90, les mioches paumés, ce n'est pas ce qui manque. De sorte que, lorsqu’on pénètre chez Millie, ça fiche le tournis tellement ça vit ! ... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 13h50, 18h30, 20h45, jeudi 12 16h40, 18h30, 20h30, vendredi 13 13h40, 18h50, 21h, samedi 14 13h40, 17h40, 21h35, dimanche 15 14h, 16h20, 21h10, lundi 16 13h50, 16h20, 21h, mardi 17 13h50, 18h30, 21h
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La Mort de Staline
Réalisé par Armando IANNUCCI
Dur de passer du Jeune Karl Marx, programmé l'année dernière à Utopia, à La Mort de Staline. De l'aimable philosophie à l'abominable barbarie. Et comment s'y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son dernier souffle, la bagatelle de 5 millions d'exécutions, plus 5 millions d'individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s'y prendre si ce n'est par la farce ? L'inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 15h50, 18h15, 20h45, jeudi 12 13h50, 18h20, vendredi 13 13h50, 18h25, 21h, samedi 14 15h30, 17h45, dimanche 15 15h50, 18h15, 20h30, lundi 16 15h50, 18h15, 20h45, mardi;17 13h50, 16h05, 21h
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Mektoub My Love : Canto Uno
Réalisé par Abdellatif KECHICHE
Au moment où l'on écrit ses lignes, les frimas de l'hiver glacent encore nos corps endormis, et voilà que déboule cet incroyable torrent visuel de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l'amour sans entraves, aux corps libérés. On est au cœur de l'été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu'à danser ou aller à la plage. Amine, qui fait ses études à Paris mais qui surtout se cherche (il écrit aussi des scénarios de cinéma), est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l'amour : scène d'une intensité digne de celles que l'on pouvait voir dans La Vie d'Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle – même si elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 13 15h30
Cotignac : vendredi 13 20h30
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Madame Hyde
Écrit et réalisé par Serge BOZON
Après le déjà azimuté Tip Top, voici Madame Hyde, nouveau film de Serge Bozon, le grand inventeur de révoltes logiques. Ce qu’il présente lui-même comme un « film sur l'éducation » reprend ses grandes lignes au célèbre Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, en racontant l’histoire de Madame Géquil (Isabelle Huppert), une très maladroite professeure de physique, enseignant dans un lycée de banlieue. La mauvaise prof y affronte un mauvais élève, l’insolent Malik (Adda Senani), qui marche avec l’aide d’un déambulateur.
Le film raconte leur rencontre, le cheminement de leur changement mutuel, le périple d’un apprentissage en commun. Cela passe par un événement qui semble pourtant purement extérieur, objectif : une nuit, Madame Géquil prend la foudre dans son laboratoire, et la voici muée en Madame Hyde, « femme de feu » qui hante les cités la nuit sur les traces de Malik, et trouve pour son enseignement diurne une énergie soudaine et profitable...
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 16h, vendredi 13 16h15, lundi 16 13h50, mardi 17 13h
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Moi, Tonya
Réalisé par Craig GILLESPIE
Qui se souvient de Tonya Harding ? Bientôt vous ne serez pas près de l’oublier ! Grâce à ce film épatant qui raconte son histoire si particulière et va vous transporter dans un véritable tourbillon de vie ébouriffant. L'histoire d’une petite fille qui avait tout pour devenir, qui est même devenue l’espace d’un instant, envers et contre tout, la meilleure patineuse artistique du monde avant de tomber dans la disgrâce et dans l’oubli. Il faut dire que soudoyer une bande de crétins pour aller briser la jambe de sa rivale (Nancy Kerrigan) avant les jeux olympiques de 1994, ce n’était pas très fair play. Mais est-ce bien la vérité ? Où est-elle ? Existe-t-il une vérité univoque ? N’est-elle pas plus complexe que les médias l’ont décrété à l’époque ?
Remontée dans le temps qui commence façon faux documentaire. Face caméra : interview de la mère Harding. Interview de l’ex-mari Jeff Gillooly. Interview du garde du corps Shawn Eckhardt. Interview de Tonya…
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Lorgues : mercredi 11 19h, samedi 14 et dimanche 15 18h, lundi 16 21h
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La Belle et la Belle
Écrit et réalisé par Sophie FILLIERES
C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques. Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse... lire la suite
Lorgues : mercredi 11 17h, vendredi 13 21h25, samedi 14 20h20, dimanche 15 16h
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Tesnota – Une vie à l’étroit
Réalisé par Kantemir BALAGOV
C’est un coup d’éclat, un premier film d’une force époustouflante, de ceux que le cinéma – jeune ou mature – peut offrir de meilleur. Son jeune réalisateur Kantemir Balagov a retenu un fait divers survenu en 1998 (il n’avait alors que 7 ans) dans sa ville natale de Naltchik, capitale de Kabardino-Balkarie, une des sept républiques autonomes caucasiennes de Russie. Le film relate l’histoire d’une famille juive dont les enfants, Ilana l’électron libre et son frère cadet David, vont chercher la voie de l’émancipation sur fond de tensions politiques et ethniques dans le Caucase post-soviétique. Brillant dans sa forme, entier dans ses moindres recoins, Tesnota bouleverse par la densité du portrait qu’il dresse d’une jeunesse empêtrée dans des problèmes qui la précèdent. On retiendra longtemps le personnage d’Ilana, jeune femme d’une trempe hors du commun, lointaine cousine de la Rosetta des frères Dardenne, déterminée à échapper à tous les carcans... lire la suite
Lorgues : mercredi 11 21h20, vendredi 13 19h10, lundi 16 16h25
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Frost
Réalisé par Sharunas BARTAS
Venu de l’autre côté du froid, le lituanien Sharunas Bartas est le prince de la mélancolie fatale, du plan qui cristallise, des sentiments qui expirent, du monde qui s’efface. Bientôt trente ans que cette œuvre confidentielle, d’une admirable beauté formelle et d’une douleur sans fond, fait vivre cette couleur rare, ce blanc tremblant de la ténuité des choses et des êtres, sous le grand chapiteau du cinéma mondial… Un couple de jeunes Lituaniens se retrouve, un peu par hasard et au terme d’une décision hâtivement prise, au volant d’une camionnette bourrée de vivres et de vêtements à destination des militaires ukrainiens qui défendent le territoire national contre les séparatistes russes. Munis de quelques laissez-passer et de leur inexpérience en matière d’action humanitaire, ils ne se doutent pas qu’un long et pénible périple les attend jusqu’au front... lire la suite
Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 20h
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Lady Bird
Écrit et réalisé par Greta GERWIG
Actrice, danseuse, scénariste, Greta Gerwig dévoile progressivement ses multiples talents et réalise un formidable premier film qui va casser la baraque. Les critiques américaines sont enthousiastes, les récompenses pleuvent, les premiers spectateurs outre-Atlantique sont emballés, le bouche à oreille est en marche… On vous attend !
Quand votre mère vous gonfle, ressasse toujours les mêmes rengaines, quoi faire d’autre que de sauter de la voiture en marche pour ne plus l’entendre ? C’est en tout cas ce que fait Christine ! Un brin radicale, la drôlesse (Saoirse Ronan, sincère, espiègle, bouleversante) et pourtant si touchante. À 17 ans, elle a l’âge de toutes les rêveries, de toutes les angoisses aussi. La peur de n’être rien, de ne rien devenir. Elle a aussi l’âge d’enquiquiner son monde, de vouloir le fuir, d’en avoir honte. Surtout ne pas se laisser emprisonner dans ses comportements petit-bourgeois, dans ses murs étroits, ceux de Sacramento que Christine rêve de quitter tout comme une bête à bon Dieu abandonne derrière elle sa chrysalide...
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Salernes : vendredi 13 18h et lundi 16 20h30
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Hostiles
Écrit et réalisé par Scott Cooper
Un capitaine de cavalerie (Christian Bale), ancien combattant amer et austère, hanté par sa guerre contre les Amérindiens, reçoit l’ordre d’une mission à ses yeux cuisante : escorter un chef cheyenne emprisonné et très malade, jusque sur sa terre natale, au Montana. Sur leur route, le soldat et ses hommes croisent une femme (Rosamund Pike, la superlady glaçante de Gone Girl) dont la famille a été massacrée par des Comanches. Hagarde, elle se joint au convoi bizarre, composé de survivants comme elle. Le périple, lent, à travers des paysages amples et sauvages. Le souci de réalisme quant au dialecte et aux coutumes des Cheyennes. La violence qui peut surgir à tout moment, à l’extérieur ou à l’intérieur du groupe. Voilà ce qui fait l’attrait de ce western grave, majestueux, avec quelques touches d’emphase. Scott Cooper (Crazy Heart, Les Brasiers de la colère), auteur de cette histoire assez forte sur des ennemis de longue date contraints de faire alliance, accorde à chacun de ses héros une densité, un vécu qui éclairent leurs actes... lire la suite
Salernes : mercredi 11 18h, vendredi 13, samedi 14 et mardi 17 20h30
Cotignac : vendredi 13 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Une Saison en France
http://fr.web.img3.acsta.net/c_300_300/pictures/17/11/08/17/42/0357831.jpgÉcrit et réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN
France 2017 1h41mn
avec Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Aalayna Lys, Ibrahim Burama Darbœ, Bibi Tanga, Léonie Simaga...

C'est le nouveau film, tourné en France, d'un des plus grands cinéastes africains actuels. Après avoir sublimé et exploré sans complaisance, dans plusieurs films mémorables (Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris), la réalité et les fictions de son Tchad natal, Mahamat-Saleh Haroun, qui vit le plus souvent en France, a pensé qu'il fallait maintenant qu'il « questionne la mémoire de l'exil qui se fabrique ici, qu'il montre des visages qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma dominant. » C'est ainsi qu'il consacre aujourd'hui ce beau film à ceux qui ont quitté l'Afrique pour échapper à la guerre ou au désespoir économique et qui tentent de trouver une place dans un pays qui se revendique de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, un pays qui sut être le refuge de bien des exilés…
C'est donc l'histoire d'Abbas, qui était professeur de français en Centrafrique et qui a fui avec sa famille la guerre civile dans son pays, un pays artificiellement créé, marqué par l'impérialisme français et ses fantoches (souvenons-nous du tristement fameux Bokassa). L'épouse d'Abbas est morte en chemin – son fantôme hante nombre de ses nuits –, le laissant père esseulé de deux jeunes enfants, l'exubérante Asma et le discret Yacine. Sur ces ruines, Abbas tente de reconstruire sa vie à Paris, travaillant sur un marché où il a rencontré Carole, une fleuriste qui s'est attachée à cet homme courageux et cultivé. Comme son titre l'indique, le film se déroule sur une saison, un hiver qui sépare peut être l'espoir des désillusions, le temps de l'interminable attente administrative, entre le dépôt d'une demande et la réponse de la commission nationale du droit d'asile.

Une saison en France montre parfaitement les réalités quotidiennes de ces exilés, leur vie toujours en suspens : les enfants tentent d'avoir une vie d'élèves français comme les autres tout en sachant qu'elle sera rythmée par les déménagements intempestifs ; Abbas et son ami Étienne – également demandeur d'asile, intellectuel comme lui, qui a trouvé refuge dans une cabane de fortune – attendent tous deux désespérément de savoir enfin s'ils vont être régularisés ou expulsés, dans l'incapacité de faire quelque projet que ce soit, dans l'impossibilité de seulement s'engager dans une histoire d'amour. Carole, de son côté, attend elle aussi dans l'angoisse que la situation de l'homme qu'elle aime s'éclaircisse, pour construire avec lui un éventuel avenir.
Il est ici essentiellement question de dignité, celle qu'on tente de préserver malgré les conditions matérielles difficiles, malgré les humiliations, malgré les tracasseries de l'administration et de la police. Avec en permanence les questions qui taraudent : et si la vie ici était impossible ? Et s'ils avaient fait le mauvais choix, malgré la guerre là bas ? Et si le bonheur était ailleurs ?
Quand on regarde les implacables statistiques qui placent la France dans les derniers rangs des pays occidentaux pour l'accueil des réfugiés, on se dit tristement qu'on a une partie de la réponse. Et le film de Mahamet-Saleh Haroun paraît décidément salutaire. (Utopia)


Soirée Entretoiles CGR : dimanche 15 avril 18h

Les Bienheureux
I AM NOT YOUR NEGROEcrit et réalisé par Sofia DJAMA
Algérie / France 2017 1h42mn VOSTF
avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi, Amine Lansari, Lyna Khoudri...

Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui s'exprime, qui nous raconte les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu'ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement.

L’histoire se passe sur une journée et une nuit, à Alger, si belle, si mystérieuse quelque que soit la lumière qui l’éclaire ; elle prend corps à travers plusieurs protagonistes, de différentes générations et origines sociales. Il y a d’abord le couple bourgeois formé par Samir et Amal, d’anciens quatre-vingt-huitards, des militants qui ont participé en octobre 1988 aux émeutes qui ont conduit à la fin du parti unique et à l’ouverture démocratique. Pourtant, ils sont revenus de bien des rêves et espoirs et cette soirée d’anniversaire de leurs vingt ans de mariage a de tristes allures de bilan. Et puis il y a leur fils, Fahim, jeune adulte plus ancré dans le présent et dans sa ville, dans laquelle il erre avec ses amis étudiants, Reda et Feriel, avant de rejoindre des jeunes d’un tout autre milieu social, dans un quartier populaire, où l’humour, l’alcool et le shit – et pourquoi pas aussi la quête de spiritualité – aident à tuer l’ennui. Autour, dehors, il y a Alger. Une ville qui semble garder en elle le secret des morts, des disparus et porte comme un fardeau le poids des années d'une guerre civile que l’on tente d’oublier mais à laquelle chacun pense, toujours, tout le temps, tant elle a embarqué dans sa spirale de violence la société algérienne toute entière. L’avenir a du mal à se construire et c’est bien le portrait d’un pays figé dans un immobilisme déconcertant qui est ici brossé, sans concession… un pays si jeune mais dirigé par un gouvernement usé jusqu’à la corde.
Alger est donc bien le personnage central du film, avec des moments de déambulation dans ses rues folles, avec ses immeubles décrépis qui écrasent les personnages par un trop-plein d’histoire, avec sa sonorité contrastée entre le Taqwacore (une espèce de punk muslim hyper connecté au présent) et la chanson française engagée qui sent la naphtaline. Alger n’est pas qu’un cadre, elle est le centre d’attraction et de répulsion de chaque personnage : on regrette de ne pas l’avoir quittée à temps, on voudrait la fuir ou y rester enraciné à tout jamais, on la regarde avec tendresse, dégout ou amertume face à ce qu’elle est devenue et devant ce qu’elle ne sera jamais.

« Je voulais deux points de vue générationnels pour montrer les conséquences de la bigoterie et de la politique sur l’intimité des gens. Résignation pour les uns, cynisme pour les autres… Il y a les adultes qui avaient vingt ans en octobre 1988 lors du soulèvement populaire et leurs enfants âgés de vingt ans en 2008 (ma génération), période à laquelle se déroule l’histoire, quelques années, donc, après la guerre civile. Amal et Samir, les parents, veulent fêter leur vingtième anniversaire de mariage au restaurant. Mais cette nuit-là va les forcer à rompre avec ce rituel : ils vont devoir faire face à l’échec socio-politique dont ils sont en partie responsables en tant qu’ex-militants. Au même moment, Fahim et ses amis errent dans une Algérie différente, sous tension, mais dans laquelle ils trouvent des espaces de liberté, car, contrairement à leurs aînés, ils continuent de rêver en créant leurs propres codes, en vivant avec leur société et en essayant de s’y frayer un chemin sans la juger. En une nuit, je les confronte tous à des contretemps permanents… » Sofia Djama (critique utopia)


Soirée Entretoiles CGR : dimanche 15 avril à 20h30

Gaspard va au mariage

 

 

Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...

Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance...

Voici qu’on tient, au moins le temps d’un film, notre Wes Anderson français. Celui de La Famille Tenenbaum et d’A bord du Darjeeling Limited, qui mettait en scène des fratries de trentenaires inconsolables, en deuil de leurs dons enfantins et de leurs chastes amours incestueuses. La comparaison avec l’Américain ne s’arrête pas aux thèmes : avec Gaspard va au mariage, hanté par toutes sortes de chimères, le réalisateur Anthony Cordier accède à une drôlerie poétique absente de ses deux premiers longs métrages, Douches froides (2005) et Happy Few (2010).

Gaspard (Félix Moati) est un garçon d’aujourd’hui, encore libre comme l’air mais pas léger pour autant. Il s’est tenu, pendant des années, à l’écart de sa famille, qui tient un zoo dans le Limousin. Invité au remariage de son père et mal dans sa solitude, il convainc, en chemin, une fille paumée de tenir, pendant la noce, le rôle de sa petite amie. Laetitia Dosch, la révélation du récent Jeune Femme, aux accents imprévisibles et délicieusement énervants, permet alors au film de quitter, dès les premières minutes, les rails du naturalisme.

Sur place, la maison familiale, située au milieu du zoo, a tout d’un vieux coffre plein de jouets cassés. L’entreprise coule. Les souvenirs d’une mère radieuse (Elodie Bouchez), disparue top tôt, planent encore. La compagne du père, un infidèle compulsif, se ravise quant au mariage. Les frère et sœur restent englués dans leur enfance. Lui (Guillaume Gouix) se dévoue entièrement à ce zoo qu’il a toujours connu. Elle (Christa Théret) aussi, en s’identifiant, qui plus est, à une ourse dont elle garde en permanence la fourrure sur elle, façon Peau d’âne…

La proximité entre les hommes, les animaux et la nature, discrètement féerique, ou maléfique, renvoie sans cesse à l’univers des contes, transgressions incluses. De fait, chaque personnage se retrouve bientôt devant une frontière invisible, contraint à se métamorphoser. Et le film captera la dernière étreinte familiale avant la dispersion inévitable. Entre-temps, grâce à sa formidable troupe d’acteurs, Anthony Cordier accumule assez d’humour, de sensualité et d’énergie pour que cet enterrement, qui ne dit pas son nom, reste une fête. Des plus réussies. (Télérama)


Ciné-club CGR : mercredi 11 à 17h40, jeudi 12 à 11h, vendredi 13 à 19h50, samedi 14 à 14h et lundi 16à 22h

L'Intelligence des Arbres
Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Documentaire France 2016

Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres. Une petite révolution scientifique popularisée par le forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, dans lequel il prouve que les arbres sont des êtres sociaux, qui communiquent et se soutiennent entre eux par le système racinaire. L’empathie, le langage et même l’amitié sont des facultés que cet observateur, soutenu par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), prête depuis peu au monde végétal. Avec ses entretiens en pleine forêt, ce documentaire assume son côté pédagogique, dans la lignée du livre dont il est la déclinaison.(Télérama)


Proposé par Colibris au CGR : jeudi 12 avril à 20h

 

 

 

L'Île aux chiens
Écrit et réalisé par Wes ANDERSON
USA 2017 1h41mn
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...
Pour les enfants à partir de 10 ans. SUPERBE FILM D'ANIMATION CERTES, MAIS PAS POUR LES ENFANTS AVANT 10/12 ANS - VOSTF et VF 

L'Île aux chiens est une merveille qui prouve, après le déjà formidable Fantastic Mr Fox (mais L'Île aux chiens est plus adulte), que Wes Anderson est un maître du cinéma d'animation : ce moyen d'expression particulier est un terrain idéal pour son invention débordante, sa fantaisie tendre, sa poésie loufoque, sa philosophie candide. C'est évidemment l'animation qui permet à Wes Anderson de faire exister Chief, Rex, King, Boss, Duke ou Spots… ces chiens follement courageux, débrouillards, tchatcheurs, gouailleurs, et finalement bien plus sensés que ces humains vaniteux qui croient tout savoir sur tout… Nous sommes ici devant une réussite majeure du cinéaste, qui enchantera tous ceux qui sont sensibles à son univers unique, qu'il vive à travers des personnages en chair et en os ou à travers des marionnettes.

L'action nous transporte dans un futur proche au Japon, pays où c’est plutôt le chat qui est vénéré : le « maneki-neko 招き猫 », qui apporte bonheur et prospérité. En raison d’une épidémie de grippe canine, le Maire de Megasaki, le très sec et autoritaire Kobayashi, ordonne par décret la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville. Envoyés sur l’Ile poubelle, lieu de stockage des détritus plus ou moins biodégradables de la cité, les chiens de toutes races et de toutes conditions sociales se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes et à leurs questions existentielles, contraints de survivre en nombre dans cet espace clos bientôt appelé « L’île aux chiens ». Mais débarque un jour en avion le jeune Atari Kobayashi, bien décidé à braver tous les interdits pour retrouver son compagnon Spots. Aidé par une bande de cinq chiens aussi intrépides qu'attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville. Pendant ce temps, à Megasaki, la résistance pro-canine s’organise et un éminent scientifique cherche l’antidote à la grippe. Et arrivé là, on ne vous a presque rien dit…
C'est drôle, intelligent, profond sans en avoir l'air et plastiquement sublime. Écrit à huit mains, en hommage à un grand cinéaste japonais : « Akira Kurosawa et ses modestes équipes de coauteurs travaillaient ensemble à l’élaboration des scénarios », explique Wes Anderson. « C’est une pratique également assez courante dans le cinéma italien : les films sont écrits à plusieurs autour d’une table. On a essayé de s’en inspirer à notre façon ». Le résultat est là : un film d'aventures captivant qui est aussi une fable d'anticipation, un conte politique, une échappée poétique… Une familière sensation de foisonnement, d'imagination en ébullition, saisit le spectateur de L'Île aux chiens, comme souvent dans les films de Wes Anderson où chaque dialogue aux petits oignons, chaque plan millimétré, bien que chargés de références, semblent n'appartenir qu'à lui, ainsi que ce délicieux mélange de nostalgie et de modernité.
Nous nous refusons à croire qu'une éventuelle allergie au cinéma d'animation pourrait vous amener à vous priver de ce film absolument emballant, ce serait un gâchis sans nom. On vous attend donc, en anglais ou en français. Pas impossible même que vous ayez envie de voir les deux versions !

PS : À LA DEMANDE EXPRESSE DE WES ANDERSON, DEUX VERSIONS POUR L'ÎLE AUX CHIENS, une version en anglais sous-titrée en français, une version en français.
Wes Anderson, francophile invétéré et résident parisien à temps partiel, a souhaité montrer son film en France dans une double version : la version originale anglaise sous-titrée et la version française qu'il considère comme une seconde version originale puisqu'il l'a réalisée lui-même avec son souci habituel de la perfection, choisissant avec soin les comédiens. Son distributeur a ainsi demandé aux salles qui habituellement ne programment les films qu'en VOSTF de projeter les deux versions.

Cette version française n'est donc pas du tout projetée pour un public enfantin puisque le film ne s'adresse pas aux plus jeunes : nous ne le conseillons pas aux enfants avant 10/12 ans. D'ailleurs cette version française est en partie sous-titrée puisque les humains nippons du film s'expriment en japonais, seuls les chiens parlent français (c'est la même chose dans la version anglaise : seuls les chiens parlent la langue de Shakespeare avec divers accents américains).

Dans les grilles horaires, le film est donc annoncé : ÎLE AUX CHIENS VOSTF ou ÎLE AUX CHIENS VF. À vous de choisir, ou pas. Les voix de la version en anglais : Bryan Cranston, Edward Norton, Bob Balaban, Bill Murray, Jeff Goldblum, Liev Shreiber, Scarlett Johansson, Greta Gerwig, Frances McDormand, F. Murray Abraham, Harvey Keitel… Les voix de la version en français : Vincent Lindon, Romain Duris, Yvan Attal, Hippolyte Girardot, Mathieu Amalric, Louis Garrel, Léa Seydoux, Greta Gerwig, Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Jean-Pierre Léaud…(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 VF à 13h50, 18h15 et VO à 20h45, jeudi 12 VF 16h10, 20h30 VO 18h15, vendredi 13 VF 13h50, 18h30 et VO 21h, samedi 14 VF 13h40, 18h30, VO 15h35, dimanche 15 VF 16h, 18h15, VO 20h30, lundi 16 VF 15h40, 17h50, VO 20h, mercredi 17 VF 16h05, 21h, VO 18h30

Kings
Écrit et réalisé par Deniz GAMZE ERGÜVEN
USA 2018 1h27mn VOSTF
avec Halle Berry, Daniel Craig, Kaalan Walker, Lamar Johnson, Rachel Hilson...

On se souvient du très joli et très primé Mustang, le premier film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven. Si Kings est très différent, il y a malgré tout un réel cousinage. On retrouve la même vitalité des personnages, une fougue du récit, une thématique qui résonne comme une urgence vitale. La cinéaste adopte le point de vue des laissés pour compte : celui des jeunes filles turques dans l’un, celui des minorités ethniques américaines dans l’autre. Et si dans Kings on a parfois l’impression de nager en plein délire, le plus délirant, justement, est que rien n’y est inventé…

À commencer par le personnage principal, la pétillante Millie… Difficile d’imaginer plus pêchue qu’elle. Une drôlesse au grand cœur prête à ramasser tous les mômes errants. Et dans son quartier de South Central (Los Angeles) dans les années 90, les mioches paumés, ce n'est pas ce qui manque. De sorte que, lorsqu’on pénètre chez Millie, ça fiche le tournis tellement ça vit ! Ça court, ça chahute, ça se marre, ça chouine, ça fait des bêtises… ouf ! Ça écoute parfois… Bon… pas longtemps et en insistant beaucoup ! Va savoir, parmi la tripotée de gamins qui grouillent dans tous les coins, lesquels sont les siens et ceux qui sont de passage ! Il y en a de presque tous les âges, de presque toutes les couleurs. Le soir au coucher, le matin au réveil, à l’heure des câlins, on n'en n’oublie aucun. Interdiction d’être jaloux : le cœur humain est assez grand pour accueillir plusieurs arches de Noé. Ici chacun a droit à la même attention, Millie dût-elle galoper en permanence pour préparer le biberon de la petite dernière qui crie famine alors que les grands ne veulent pas rentrer pour dresser la table. Que d’énergie, que de patience déployées ! Millie finit pourtant toujours par mettre au pas son petit monde, même le voisin d’en face qui ne s’entend plus penser avec tout ce vacarme !

Alors, pour avoir quelques minutes de tranquillité, la seconde nounou du lieu, c’est fatalement un peu la télé. C’est par elle, entre deux dessins animés, que parviennent les bribes d’informations du monde alentour. À travers elle (et quelques scènes de rue) on sent progressivement que l’ambiance devient toujours plus électrique. Dans ce quartier dont nul ne sort jamais, comme s’il était emprisonné dans de puissantes frontières invisibles, toute la population afro-américaine retient son souffle. Nous sommes en 1992, à l’heure du procès de quatre policiers qui n’y sont pas allés de main morte en tabassant Rodney King. Pas moins de cinquante six coups de matraque filmés par un vidéaste amateur dont les images vont faire le tour du globe. Les os brisés, de multiples séquelles, Rodney King passe à la postérité et devient malgré lui le symbole des violences policières qu’une part de la population subissait jusqu’alors dans l’anonymat. Les preuves sont flagrantes, il ne reste à la justice qu’à faire son devoir. Tous veulent y croire, Millie aussi… C’est alors que tombe le verdict : l’étincelle qui va mettre le feu à la poudrière déjà gonflée à bloc. Quelques heures plus tard, South Central est méconnaissable. Une fois de plus, ceux qui souffrent se trompent d’ennemi, la violence est définitivement aveugle et Millie continue de courir pour d’autres raisons…

La grande réussite du film est de restituer de l’intérieur l’ambiance de l’époque, de nous embarquer dans ce même tourbillon qui engloutit soudain les habitants tout en continuant de nous faire sourire, parce que la vie doit continuer et qu’on ne refuse pas au passage une petite romance loufoque qui permet de digérer le tout… Le film est dédié à un certain Ryan, le petit fils de la véritable Millie,  (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 13h50, 18h30, 20h45, jeudi 12 16h40, 18h30, 20h30, vendredi 13 13h40, 18h50, 21h, samedi 14 13h40, 17h40, 21h35, dimanche 15 14h, 16h20, 21h10, lundi 16 13h50, 16h20, 21h, mardi 17 13h50, 18h30, 21h


La Mort de Staline
Réalisé par Armando IANNUCCI
GB 2017 1h48mn VOSTF
avec Steve Buscemi, Jeffrey Tambor, Olga Kurylenko, Jason Isaacs, Simon Russell Beale, Paddy Considine, Rupert Friend, Michael Palin (ex Monty Python)...
D'après la bande dessinée française de Fabien Nury et Thierry Robin

Dur de passer du Jeune Karl Marx, programmé l'année dernière à Utopia, à La Mort de Staline. De l'aimable philosophie à l'abominable barbarie. Et comment s'y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son dernier souffle, la bagatelle de 5 millions d'exécutions, plus 5 millions d'individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s'y prendre si ce n'est par la farce ? L'inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre.
On se souvient au passage de cette blague qui courait au bon vieux temps dans les pays communistes à l'évocation de ces arrestations à l'heure du laitier : « Boum boum ! Tapait le poing sur la porte ! Ouvrez ! faisait la grosse voix à l'extérieur. Qui est-ce ? gémissait alors plaintivement la petite voix à l'intérieur. Gestapo !… criait la voix dehors. Ouf ! se rassurait alors la petite voix. » C'est sur ce mode, en effet, que nous est racontée la mort de Staline : un énorme malentendu avec une idéologie devenue caricature. « Ils nous vendront la corde pour les pendre » avait dit Lénine. Force est de constater que ses successeurs surent en faire entre eux-mêmes un aussi mauvais usage.

Dès les premières images de cette mort annoncée, la messe est d'ailleurs dite. Nous sommes dans un de ces temples soviétiques dressés à la gloire de la culture, où se donnent des concerts de musique classique. La représentation vient de se terminer et déjà le public se disperse. A la régie, deux techniciens somnolent en attendant d'aller se coucher. Nous sommes le 3 mars 1953 et soudain le téléphone sonne : au bout du fil, une voix impérieuse annonce que le camarade Staline exige que lui soit livré dans les plus brefs délais l'enregistrement du concert. Panique à bord. Nos deux lascars, quasiment assoupis derrière leur console, n'ont pas enregistré la moindre note. L'ombre du goulag se profile… Il faut rattraper dans la rue les spectateurs, en retrouver d'autres pour remplir la salle : balayeurs, ouvriers de nuit sur le chemin de leur travail, ivrognes qui cuvent leur vodka dans le ruisseau… et trouver à l'arrache un chef d'orchestre qui croit mourir de peur quand les hommes de la milice frappent à sa porte.
À la même heure, après avoir réuni au Kremlin le présidium pour évoquer une nouvelle affaire de complot – la routine, quoi –, Staline emprunte une des trois limousines devant le mener à sa datcha de Kontsevo près de Moscou, les deux autres étant des leurres occupés par des sosies, chaque voiture prenant chaque soir des chemins différents. Après un repas sur le pouce avec quatre de ses ministres encore en état de grâce, il monte se coucher dans une de ses sept chambres, toutes fermées par une porte blindée gardée par deux officiers du NKVD (les six autres aussi bien sûr). Pendant ce temps, le concert et son enregistrement ont repris dans l'angoisse générale alors que, derrière la porte blindée, va se jouer le destin de l'URSS…

Alors, bravo et merci à Armando Iannucci, réalisateur écossais de son état, de nous offrir le régal de découvrir un Nikita Khrouchtchev sous les traits de Steve Buscemi et un Molotov sous ceux de l'ex Monty Python Michael Palin dans une production absurde, hilarante et terrifiante où tout ce petit monde soviétique épouse sans sourciller la langue de Shakespeare.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 15h50, 18h15, 20h45, jeudi 12 13h50, 18h20, vendredi 13 13h50, 18h25, 21h, samedi 14 15h30, 17h45, dimanche 15 15h50, 18h15, 20h30, lundi 16 15h50, 18h15, 20h45, mardi;17 13h50, 16h05, 21h

Mektoub My Love : Canto Uno
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Abdellatif KECHICHE
France / Italie 2017 2h55mn
avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Lou Luttiau, Hafsia Herzi, Mel Einda...
Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalia Lacroix, d'après le roman de François Bégaudeau

Au moment où l'on écrit ses lignes, les frimas de l'hiver glacent encore nos corps endormis, et voilà que déboule cet incroyable torrent visuel de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l'amour sans entraves, aux corps libérés composée par Abdellatif Kechiche, palmé à Cannes en 2013 pour La Vie d'Adèle.

On est au cœur de l'été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu'à danser ou aller à la plage. Amine, qui fait ses études à Paris mais qui surtout se cherche (il écrit aussi des scénarios de cinéma), est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l'amour : scène d'une intensité digne de celles que l'on pouvait voir dans La Vie d'Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle – même si elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni…
Peu après Toni et Amine se rendent à la plage où ils draguent gentiment des vacancières, Charlotte et Céline. Charlotte s'amourache très vite de Toni, qui se sert de ce genre d'amourettes comme paravent à sa relation avec Ophélie, tandis que Céline va papillonner d'aventures en aventures, filles et garçons confondus.

Le film va suivre les circonvolutions festives et sensuelles de ce groupe de jeunes gens durant trois heures qu'on ne voit absolument pas passer, tant Kechiche sait nous attraper pour nous entraîner dans cet ouragan de tchatche et de corps déchainés. Le tout dans une ambiance joyeusement méditerranéenne où tout le monde (et on s'en réjouit) se fout des différentes origines des uns et des autres. Mais tout cela pourrait être anecdotique voire répétitif si Kechiche ne maitrisait pas admirablement les cassures de rythmes. Alternent les séquences bluffantes d'énergie, quand toutes les générations confondues s'éclatent à la mer ou dansent dans les boites de nuits – scène d'anthologie avec un groupe de filles en transe, parmi lesquelles l'impressionnante Hafsia Herzi, dont on se souvient dans La Graine et le mulet du même Kechiche –, et des moments beaucoup plus sereins voire élégiaques : un des plus beaux nous montre Amine, passionné de photographie, guetter la nuit l'accouchement d'agneaux dans la ferme des parents d'Ophélie. Après les débordements festifs, Kechiche parvient à nous émouvoir aux larmes face à l'apparition simple et belle de la vie.

Kechiche, à côté du tourbillon des corps, parvient à générer le mystère et la poésie à travers un couple atypique et platonique mais à la tension sexuelle omniprésente : la terrienne et voluptueuse Ophélie, pour qui semble avoir été créé le qualificatif de callipyge et dont Kechiche filme les formes avec gourmandise, et Amine, témoin beau et troublant des amours des autres, confident tendre et à l'écoute, intellectuel qui aime regarder la nuit des classiques du cinéma soviétique pendant que d'autres s'enivrent. Un personnage fascinant dont on peut se demander s'il n'est pas l'alter ego du réalisateur, lui-même observateur derrière sa caméra de la furia des corps et des passions des âmes.(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : vendredi 13 15h30
Cotignac : vendredi 13 20h30


Madame Hyde
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Serge BOZON
France 2017 1h35mn
avec Isabelle Huppert, Adda Senani, Romain Duris, José Garcia, Guillaume Verdier...
Inspiré en toute liberté foldingue du roman de Robert Louis Stevenson Le Cas étrange du Dr. Jekyll et de Mr Hyde

Après le déjà azimuté Tip Top, voici Madame Hyde, nouveau film de Serge Bozon, le grand inventeur de révoltes logiques. Ce qu’il présente lui-même comme un « film sur l'éducation » reprend ses grandes lignes au célèbre Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, en racontant l’histoire de Madame Géquil (Isabelle Huppert), une très maladroite professeure de physique, enseignant dans un lycée de banlieue. La mauvaise prof y affronte un mauvais élève, l’insolent Malik (Adda Senani), qui marche avec l’aide d’un déambulateur.

Le film raconte leur rencontre, le cheminement de leur changement mutuel, le périple d’un apprentissage en commun. Cela passe par un événement qui semble pourtant purement extérieur, objectif : une nuit, Madame Géquil prend la foudre dans son laboratoire, et la voici muée en Madame Hyde, « femme de feu » qui hante les cités la nuit sur les traces de Malik, et trouve pour son enseignement diurne une énergie soudaine et profitable. Or, contrairement au Docteur Jerry et Mister Love de et avec Jerry Lewis (1963), qui adaptait déjà le conte de Stevenson en milieu scolaire, ce n’est pas la transformation qui intéresse Bozon, mais la transmission. Là où Lewis était prof de chimie, Huppert est prof de physique, qui ne croit qu’aux « lois de la nature », accessibles par la réflexion et non par l’expérience.

Le trajet moral des deux personnages forme un chiasme : le handicapé physique, assoiffé d’expérience, fait le pur chemin vers la logique, quand la handicapée morale, férue de raisonnement, fait le trajet inverse vers l’expérience physique. Au point de croisement entre les deux corps, un coup de foudre, des étincelles, un incendie qui redistribue et interchange la matière. La transmission ne laisse pas les corps indemnes, mais fait passer sans retour ses éléments de l’un à l’autre, et de l’autre à l’un : c’est la pédagogie bozonienne, son naturalisme géométrique, où chacun devra vivre le drame physique de l’autre pour le comprendre. « Un bon prof ne doit pas être aimé, il doit être compris ! », dit Géquil, et cela vaut sans doute pour les bons films. Ils se laissent pourtant aimer, comme malgré eux, quand le film va plus vite que la pensée et que l’incompréhension libère sa charge érotique de 100 000 volts.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 16h, vendredi 13 16h15, lundi 16 13h50, mardi 17 13h

Moi, Tonya
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Craig GILLESPIE
USA 2017 2h01mn VOSTF
avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan, Paul Walter Hauser, Julianne Nicholson...
Scénario de Steven Rogers

Qui se souvient de Tonya Harding ? Bientôt vous ne serez pas près de l’oublier ! Grâce à ce film épatant qui raconte son histoire si particulière et va vous transporter dans un véritable tourbillon de vie ébouriffant. L'histoire d’une petite fille qui avait tout pour devenir, qui est même devenue l’espace d’un instant, envers et contre tout, la meilleure patineuse artistique du monde avant de tomber dans la disgrâce et dans l’oubli. Il faut dire que soudoyer une bande de crétins pour aller briser la jambe de sa rivale (Nancy Kerrigan) avant les jeux olympiques de 1994, ce n’était pas très fair play. Mais est-ce bien la vérité ? Où est-elle ? Existe-t-il une vérité univoque ? N’est-elle pas plus complexe que les médias l’ont décrété à l’époque ?
Remontée dans le temps qui commence façon faux documentaire. Face caméra : interview de la mère Harding. Interview de l’ex-mari Jeff Gillooly. Interview du garde du corps Shawn Eckhardt. Interview de Tonya… Toutes aussi drôles, intrigantes, contradictoires, chacun essayant de redorer son blason. Quatre versions différentes des mêmes faits… Auxquelles viendront s’additionner une cinquième, une sixième… puis celle du FBI, puis une énième interprétation : la vôtre en tant que spectatrice ou spectateur. Toutes aussi crédibles que discutables. C’est une des trouvailles de ce film pêchu : ne jamais rétrécir les pistes de l’enquête. Il nous trimballe simultanément dans chaque récit, juxtapose les témoignages bruts, les anecdotes et laisse chacun se forger son intime conviction. On se pique vite au jeu : Tonya Harding est un sacré personnage !

1974, Tonya glisse sur une patinoire sous l’œil glaçant et les sarcasmes cruels de sa mère Lavona, qui la bouscule sans ménagement malgré ses quatre ans. Longtemps Tonya n’aura d’autre choix que de subir, d’intégrer que sous les rudoiements se cache l’amour maternel, qu’ils en sont le témoignage. Lavona se comporte avec tous en véritable peau de vache intrépide, vulgaire. Et c’est évidemment ce qu’elle fait ce jour-là avec la prof de patinage classieuse à laquelle elle essaie de refourguer la petite. D’abord Diane Rawling refuse : Tonya est trop jeune, mal fagotée, le cours est complet… Mais Lavona ne cède pas et fait patiner sa fille devant ce beau monde, cette classe sociale qui n’est pas la leur. Est-ce la technique de la fillette qui fait fléchir la volonté de Diane ? Ou un élan de commisération envers ce bout de chou pour lequel le patinage sera « le seul moyen de se sortir du ruisseau » ? Commence alors un parcours plein de suspens et de revers de médailles entre le coach et l’enfant indomptable qui devra apprendre à se policer, à sacrifier tout ce qui n’a pas trait à sa passion. Un véritable combat à coups de patins, pendant des années, pour faire partie de l’équipe nationale, se sortir de sa condition, mais surtout gagner l’estime d’elle-même, refuser la voix de sa mère dans sa tête qui lui serine qu’elle n’est « qu’une bonne à rien qui patine comme une grosse gouine ». Ni les pirouettes, ni les sauts, ni les révérences ne suffiront à la faire taire, cette voix. Il lui faudra atteindre l’excellence, réussir ce qu’aucune patineuse n’a jamais réussi. Mais Tonya aura beau devenir la meilleure, quelque chose au dessus d’elle planera toujours, comme une sorte de plafond de verre.

Moi, Tonya est une véritable tragédie contemporaine, d'une énergie folle, qui égratigne plus sûrement le rêve américain qu’une lame la glace. Son rythme trépidant, aussi agité que la vie de son héroïne, tient en haleine de bout en bout. L’ambiance des entraînements et des compétitions – les scènes de patinages sont époustouflantes – est reconstituée avec une précision bluffante. Les scènes de la vie quotidienne de Tonya, ses relations houleuses avec un mari immature et violent, sont tout aussi riches et crédibles, tous les acteurs sont formidables. L’analyse est fine et lève le voile sur les dessous peu glorieux d’un sport de haut niveau et d’une société qui exigent des athlètes non seulement d’être les meilleures mais en plus de représenter l’éternel féminin désirable, docile et bien élevé… (Utopia)


Lorgues : mercredi 11 19h, samedi 14 et dimanche 15 18h, lundi 16 21h

La Belle et la Belle

I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Sophie FILLIERES
France 2017 1h36mn
avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud, Lucie Desclozaux, Brigitte Roüan, Aurélie Dupont...

C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques.
Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse. Il faut dire qu’elle a choisi pour les interpréter des filles formidables qu’elle connaît bien : Sandrine Kiberlain, dont on ne doute plus une seule seconde de l’incroyable potentiel comique et qui interpréta son premier rôle dans son premier court-métrage Des filles et des chiens, et Agathe Bonitzer, qu’elle a déjà dirigée dans Un chat un chat et qui n’est autre que sa fille.

Point de bête, donc, dans cette histoire-ci, mais bien deux belles pour le prix d’une, ou plutôt une belle pour le prix de deux… je m’explique. Au cours d’une soirée, Margaux, 20 ans, fait la connaissance improbable de Margaux, 45 ans. Margaux 20 est pétillante, belle comme un cœur qui reste à prendre et profite de sa jeunesse, de son insouciance et de la vie, tout en cultivant une douce mélancolie qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle était déjà revenue de bien des questionnements existentiels de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit en plein dedans, l’air de rien. Margaux 45 est pétillante, belle comme un astre qui reste à prendre et trimballe sa nonchalance, sa vitalité et son manteau rouge tout en cultivant une douce folie juvénile qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle n’était pas encore revenue de bien des questionnement existentielles de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit encore en plein dedans, l’air de rien.
Face au miroir où la blonde et la rousse se croisent, déployant sans le savoir les mêmes gestes et même intonations de voix, il faut bien se rendre à l’évidence : ces deux-là ne sont qu’une seule et même personne, rapprochées par 25 ans qui ne font plus qu’une microseconde. Acquis ce présupposé qui n’a besoin ni d’explications rationnelle ou paranormale, ni de précisions, ni même de preuves – manquerait plus que ça ! –, nous allons suivre les deux Margaux sur le chemin de leur vie, entre un passé composé de futurs antérieurs et de presque parfait pour ce qui est du choix des chemins à suivre et des amoureux à conquérir.

Et comme dans tout conte qui se respecte, aussi improbable soit-il, il y aura un prince, altier, beau gosse, charmeur et délicat qui pourra sans aucun problème conquérir le cœur de Margaux 25 autant que (re)découvrir celui de Margaux 45… la réciproque étant également vraie ! C’est frais, très drôle, délicat comme un poème de Prévert dont Sophie Filière emprunte, sans le savoir (?), le phrasé simple et touchant, s’exprimant avec fougue comme le flot d’une rivière qui coulerait, comme par enchantement, dans un délicieux contre-courant… (Utopia)


Lorgues : mercredi 11 17h, vendredi 13 21h25, samedi 14 20h20, dimanche 15 16h

Tesnota – Une vie à l’étroit

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenRéalisé par Kantemir BALAGOV
Russie 2017 1h58mn VOSTF
avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova, Atrem Tsypin...
Scénario de Kantemir Balagov et Anton Yarush

C’est un coup d’éclat, un premier film d’une force époustouflante, de ceux que le cinéma – jeune ou mature – peut offrir de meilleur. Son jeune réalisateur Kantemir Balagov a retenu un fait divers survenu en 1998 (il n’avait alors que 7 ans) dans sa ville natale de Naltchik, capitale de Kabardino-Balkarie, une des sept républiques autonomes caucasiennes de Russie. Le film relate l’histoire d’une famille juive dont les enfants, Ilana l’électron libre et son frère cadet David, vont chercher la voie de l’émancipation sur fond de tensions politiques et ethniques dans le Caucase post-soviétique. Brillant dans sa forme, entier dans ses moindres recoins, Tesnota bouleverse par la densité du portrait qu’il dresse d’une jeunesse empêtrée dans des problèmes qui la précèdent. On retiendra longtemps le personnage d’Ilana, jeune femme d’une trempe hors du commun, lointaine cousine de la Rosetta des frères Dardenne, déterminée à échapper à tous les carcans. Ne cédant à aucun effet, résistant aux explications faciles, le film de Balagov a l’intensité de son personnage, porté par l’interprétation éblouissante de son actrice – premier rôle et véritable révélation aussi – Darya Zhovner.

Le film débute quelques instants avant le dîner de fiançailles du fils David. Vêtue de sa salopette de mécanicienne, Ilana rentre du garage auto de son père. Elle croise David sur le pas de la porte familiale. Le frère et la sœur s’offrent alors un temps suspendu sur le côté de la maison, partagent une cigarette, bavardent en cachette, puis s’enlacent dans une étrange étreinte. Ce soir, David va choisir Léa, une fille juive du village, mais rien n’effacera la complicité qu’Ilana et David ont scellé dans la promiscuité familiale. Dedans, les préparatifs vont bon train. Les intérieurs, tels que les filme Bagalov, ont une ambivalence annonciatrice : les couleurs saturées évoquent la chaleur d’un cocon tandis que l’exiguïté des lieux enserre les corps des personnages, contraints au contact permanent. Mais Ilana n’est pas d'un tempérament à se laisser encercler très longtemps. Une fois les festivités bien lancées, elle file en douce rejoindre son bien-aimé Nazim, gaillard à l’imposante carrure. Et l’on comprend vite pourquoi celui-ci n’a pas été convié au repas. Nazim appartient à la généalogie des Kabardes, peuple traditionnel caucasien à majorité musulmane. Dès lors, les amoureux sont contraints à la quasi clandestinité. Sans d’autre endroit où aller, ils badinent à l’arrière de la maison, puis s’amusent à feindre d'enfermer Ilana dans le coffre de la voiture : fabuleuse scène où le désir de fuite des deux amants se charge progressivement d’une tension palpable.
Et puis, dans la nuit, on apprend que les jeunes fiancés Léa et David ont été kidnappés. La région est une véritable poudrière identitaire au lendemain de la première guerre de Tchétchénie (une séquence crue et intense viendra nous le rappeler). Si bien qu’aucun parent ne compte s’adresser à la police pour régler un problème à caractère antisémite. C’est donc vers la communauté juive qu’on se tourne pour rassembler l’argent de la rançon. Mais voilà, toute solution a un prix et ce que les parents de David sont résolus à admettre pour sauver leur fils, Ilana n'est pas prête à l'accepter…

Avec intelligence, Tesnota écarte d’emblée la piste du polar. Qu'importent les auteurs de ce rapt, Balagov colle à son héroïne, plonge pieds joints au cœur des communautés juive et kabarde, et explore jusqu’au bout la portée intime de cette tragédie. Ici les choix de chacun ne vont jamais sans renoncement et les affects cachent toujours quelque chose d'astringent. Film sec, tendu et sans artifice, Tesnota frappe par la profondeur des sentiments qu'il parvient à saisir : ceux d'une jeune femme déterminée à revendiquer inlassablement sa liberté sans renoncer à l'amour des siens. (Utopia)


Lorgues : mercredi 11 21h20, vendredi 13 19h10, lundi 16 16h25

Frost

I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Sharunas BARTAS
Lituanie / Pologne / Ukraine 2017 2h VOSTF
avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis...
Scénario de Sharunas Bartas et Anna Cohen Yanay. Directeur de la sublime photographie : Eitvydas Doskus

Venu de l’autre côté du froid, le lituanien Sharunas Bartas est le prince de la mélancolie fatale, du plan qui cristallise, des sentiments qui expirent, du monde qui s’efface. Bientôt trente ans que cette œuvre confidentielle, d’une admirable beauté formelle et d’une douleur sans fond, fait vivre cette couleur rare, ce blanc tremblant de la ténuité des choses et des êtres, sous le grand chapiteau du cinéma mondial…

Un couple de jeunes Lituaniens se retrouve, un peu par hasard et au terme d’une décision hâtivement prise, au volant d’une camionnette bourrée de vivres et de vêtements à destination des militaires ukrainiens qui défendent le territoire national contre les séparatistes russes. Munis de quelques laissez-passer et de leur inexpérience en matière d’action humanitaire, ils ne se doutent pas qu’un long et pénible périple les attend jusqu’au front.
Fort de cette entame, le spectateur attend quant à lui quelque chose qui s’annonce à la fois comme un road-movie, un film engagé, peut-être même un film de guerre. Si rien de tout cela n’est évidemment étranger à Frost, on sera probablement plus près de la vérité en disant qu’il s’agit plutôt d’un grand film d’amour. Il faudra en effet pas mal de temps pour s’apercevoir que Rokas et Inga se sont vraisemblablement engagés dans cette aventure intempestive peut-être moins pour s’éprouver comme citoyens du monde que comme couple. Frost serait à ce titre une sorte de Voyage en Italie (Rossellini) septentrional et postmoderne, au cours duquel un couple d’amoureux se perd dans les nuits alcoolisées et les steppes enneigées, avant de mesurer, devant le danger réel de la guerre enfin atteinte, enfin étreinte, à quel point l’imminence de la mort rend précieux l’amour et la vie.

Ce long voyage est d’ailleurs traversé de moments magnifiques. Le surréalisme de cet hôtel luxueux où se retrouvent une délégation d’humanitaires, les discours dont ils s’abreuvent, l’épreuve de l’infidélité qui s’y joue, avec une Vanessa Paradis absolument admirable dans le rôle d’une femme qui confie, au creux de la nuit, son désarroi amoureux au jeune Rokas. Plus loin, ces plans de neige et de désolation qui disent l’ultime et atroce vérité de la guerre, qui consiste simplement à tuer ou à être tué. Tout meurtri qu’il soit, l’humanisme de Bartas est là.

(J. Mandelbaum, Le Monde)


Lorgues : vendredi 13 16h50, samedi 14 15h40, dimanche 15 20h20, lundi 16 18h40

Lady Bird

I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Écrit et réalisé par Greta GERWIG
USA 2017 1h33mn VOSTF
avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet, Beanie Feldstein...

Actrice, danseuse, scénariste, Greta Gerwig dévoile progressivement ses multiples talents et réalise un formidable premier film qui va casser la baraque. Les critiques américaines sont enthousiastes, les récompenses pleuvent, les premiers spectateurs outre-Atlantique sont emballés, le bouche à oreille est en marche… On vous attend !
Quand votre mère vous gonfle, ressasse toujours les mêmes rengaines, quoi faire d’autre que de sauter de la voiture en marche pour ne plus l’entendre ? C’est en tout cas ce que fait Christine ! Un brin radicale, la drôlesse (Saoirse Ronan, sincère, espiègle, bouleversante) et pourtant si touchante. À 17 ans, elle a l’âge de toutes les rêveries, de toutes les angoisses aussi. La peur de n’être rien, de ne rien devenir. Elle a aussi l’âge d’enquiquiner son monde, de vouloir le fuir, d’en avoir honte. Surtout ne pas se laisser emprisonner dans ses comportements petit-bourgeois, dans ses murs étroits, ceux de Sacramento que Christine rêve de quitter tout comme une bête à bon Dieu abandonne derrière elle sa chrysalide. Lady Bird (ladybird = coccinelle en anglais), c’est d’ailleurs le surnom qu’elle se donne, faisant table rase du passé et de son nom de baptême pour se sentir prête à s’envoler loin de son enfance corsetée par la religion.

Alors que sa daronne la verrait bien continuer ses études dans la lénifiante filière catholique qu'elle lui a imposée, Lady Bird, elle, rêve de grande ville, de grande université foisonnante, faisant fi des menaces qui planent, les ailes du récent 11 septembre notamment, qui viennent d’engloutir leur part du rêve américain : nous sommes en 2002. Les angoisses de cette société désemparée qui tentent de la clouer au sol, l’adolescente en fleur ne veut pas les entendre, se raccrochant sans faillir à cette belle insouciance qu’on lui demande d’abdiquer. Cheveux rouges, langue bien pendue, faute de savoir briller dans l’univers trop propret de son bahut, elle est bien partie pour faire tourner en bourrique les bonnes sœurs, les curés, les saintes nitouches qui ont la beauté facile de celles qui ont été langées dans la soie. Avec sa grande amie Julie, elles ne ratent jamais une occasion de se goinfrer d’hosties comme d’autres boulotent des chips, tout en se racontant leurs caresses intimes. Cette année charnière du baccalauréat, traversée de questions existentielles qui filent les chocottes, est aussi celle de l’expérimentation. Se marrer, mater les garçons, rêver de baisers et de grands soirs décoiffants : ce sont des petits riens qui peuplent une vie, la rendent plus acceptable, la remplissent d’un bonheur qu’on ne sait pas toujours reconnaître.
Petit à petit, on réalise que les choses que Lady Bird affirme détester sont peut-être celles auxquelles elle tient le plus et qu’elle a peur de perdre. À commencer par la relation avec sa flippante maman Marion. Il est clair que ces deux-là s'aiment d'un amour presque fusionnel, sinon elles ne s'engueuleraient pas autant ! Tandis que mère et fille s’affrontent inlassablement pour se réconcilier la minute suivante, Larry, qui porte la double casquette de père et époux, observe leurs scènes avec le regard bienveillant d’un sage un peu usé face à ces tensions qui le dépassent. Il est à l’image de cette société en perte de repères, laminée par le chômage et un brin dépressive, même si elle ne veut pas le montrer. Larry est ce confident à l’humour apaisant, cet allié secret dont Lady Bird a tant besoin pour s’évader…

C'est un film d’une bien belle intensité dans sa capacité à retranscrire, sans pathos, la complexité des rapports familiaux et le passage à l’âge adulte. Rien n’est lourdement appuyé dans la construction du récit. La réalisatrice, à l’instar de son héroïne, fait ces pas de côté malicieux qui surprennent, rendent le moindre instant unique, essentiel. Elle donne de l’étoffe à chaque personnage, le rend attachant, crédible avec toute la panoplie de ses contradictions. Tout est légèreté, composition enjouée, duveteuse, qui volète sur le temps qui passe. À peine a-t-on pensé qu’on traversait un moment charnière qu’il a déjà filé. L’étape est franchie sans qu’on ait vu le gué qu’on imaginait infranchissable.(Utopia)


Salernes : vendredi 13 18h et lundi 16 20h30

Hostiles

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenÉcrit et réalisé par Scott Cooper
USA 2017 2h15mn VOSTF
avec Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Ben Foster, Stephen Lang, Q'orianka Kilcher, Timothée Chalamet...
D'après Donald E. Stewart

Un capitaine de cavalerie (Christian Bale), ancien combattant amer et austère, hanté par sa guerre contre les Amérindiens, reçoit l’ordre d’une mission à ses yeux cuisante : escorter un chef cheyenne emprisonné et très malade, jusque sur sa terre natale, au Montana. Sur leur route, le soldat et ses hommes croisent une femme (Rosamund Pike, la superlady glaçante de Gone Girl) dont la famille a été massacrée par des Comanches. Hagarde, elle se joint au convoi bizarre, composé de survivants comme elle.

Le périple, lent, à travers des paysages amples et sauvages. Le souci de réalisme quant au dialecte et aux coutumes des Cheyennes. La violence qui peut surgir à tout moment, à l’extérieur ou à l’intérieur du groupe. Voilà ce qui fait l’attrait de ce western grave, majestueux, avec quelques touches d’emphase. Scott Cooper (Crazy Heart, Les Brasiers de la colère), auteur de cette histoire assez forte sur des ennemis de longue date contraints de faire alliance, accorde à chacun de ses héros une densité, un vécu qui éclairent leurs actes. Le Far West ici décrit est un monde impitoyable, qui appelle facilement la vengeance, la cruauté, le sauve-qui-peut. Même si certains personnages se rapprochent du western humaniste prônant l’altruisme et le sacrifice. A ce titre, Christian Bale compose une figure héroïque et tourmentée comme on n’en voit plus guère. Visage anguleux et marmoréen, il fascine par le tumulte sourd qu’il apporte à son personnage de revenant, au feu intérieur jamais éteint.

(Jacques Morice, Télérama)


Salernes : mercredi 11 18h, vendredi 13, samedi 14 et mardi 17 20h30
Cotignac : vendredi 13 18h


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