Au(x) cinéma(s) du 11 au 17 janvier

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Bonjour à tous !

Cette semaine, au CGR en film ciné-club, c'est J'avance vers toi avec les yeux d'un sourd, un documentaire de Laetitia Carton dans lequel "on se laisse embarquer, tout en poésie".
Notez dès maintenant la prochaine soirée que vous propose Entretoiles le 29 janvier, sur le thème "Croire" avec 2 films : Les Voisins de Dieu, un film israelien de Meni Yaesh où on peut avoir l'espoir que les "pires têtes de bois puissent s'ouvrir à la tolérance" et Le Disciple, un film russe de Kiril Sebrennikov qui montre un féroce combat contre l'obscurantisme. Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films.

Au  Vox, on peut voir Le Divan de Staline de Fanny Ardant, un film audacieux et attachant, Ouvert la Nuit de Edouard Baer, un film tourbillonnant, épique et joyeux, Primaire de Hélène Angel (aussi à Cotignac) un film bouillonnant et généreux comme une cour d'école. Mais aussi Manchester by the sea, de Kenneth Lonergan (aussi à Cotignac), le portrait touchant d'un homme qui a tout perdu. Cigarettes et Chocolat chaud de Sophie Reine "un premier film sympa comme tout bien rythmé et drolatique" au Luc et à Salernes , ou encore Parterson de Jim Jarmusch, un film magnifique et poétique, qu'on peut encore voir un tout petit peu au Vox..
A Lorgues, un magnifique film d'animation, conte philosophique, plutôt pour adultes : La Jeune Fille Sans Mains de Sébastien Laudenbach.

Vous devez avoir reçu une convocation à l'assemblée générale d'Entretoiles qui se tiendra le VENDREDI 20 JANVIER A 18H dans la salle C de la MSJ. : nous vous y espérons nombreux !

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 11 AU 17 JANVIER

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J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd
Réalisé par Laetitia CARTON
Documentaire France 2015 1h45mn
Toutes les projections du film sont sous-titrées pour le public sourd et malentendant
C'est tout en poésie qu'on se laisse embarquer dans ce film. La réalisatrice rend hommage à un ami et à travers lui à toute une communauté : les sourds. Les sourds sont nombreux, a priori plus de 6% de la population. Les institutions, la société en général et la plupart des entendants considèrent la surdité comme un handicap. Et si c'était simplement une différence ?
Ce film est un voyage à la découverte d'une langue : la langue des signes. Avec elle, nous découvrons des histoires de vie, des amitiés, une famille qui veut une bonne éducation pour ses enfants, des entendants qui essaient d'apprendre, des militants (étiez-vous conscients qu'en France il pouvait être nécessaire de devoir militer pour parler sa langue ?).
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CGR (Draguignan) : mercredi 11, samedi 14 et dimanche 15 à 17h50, jeudi 12, vendredi 13 et mardi 17 à 11h, lundi 16 à 13h45
Affiche
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Les Voisins de Dieu
Écrit et réalisé par Meni YAESH
Israël 2011 1h38mn VOSTF
avec Roy Assaf, Gal Friedman, Itzik Golan, Rotem Ziesman-Cohen...
Habemus papam ! Après une bonne quinzaine d'errances et de quête de guide, nous voilà dotés d'un nouveau garant de l'unité catholique. Sous couvert d'un autre étendard religieux, tout aussi propice à l'ouverture et à la tolérance, Les Voisins de Dieu nous emmène chez les jeunes des quartiers d'une ville d'Israël. Trois bons gaillards, issus du courant Breslev, qui prône une pratique religieuse plutôt cool et joyeuse tout en respectant la loi juive et les Mitzvas, mais qui permet en même temps de boire, fumer de l'herbe et jouer au foot, autant d'activités innocentes qui ne sauraient s'accompagner cependant de la compagnie du moindre jupon. Et voilà nos loustics auto-proclamés gardiens de l'ordre et de la vertu de leur quartier de Bat Yam, ville champignon limitrophe de Jaffa... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 18h
Affiche
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Le Disciple
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV
Russie 2016 1h58 VOSTF
avec Petr Skvortsov, Viktoria Isakova, Svetlana Bragarnik, Anton Vasiliev...
D'après la pièce Martyr, de Marius von Mayenburg
Veniamin est un adolescent à la gueule d'ange, troublé par la vie qu'il sent bouillonner en lui et qui l'a sans doute déjà un peu écorché. Mais ça on va tout aussitôt l'oublier ! C'est la première originalité du sujet qui n'enfonce pas des portes ouvertes. L'analyse est ailleurs, bien plus dérangeante. On met les pieds hors des sentiers battus et on ne sait pas où le chemin va nous conduire. En tout cas on est vite embarqué et dépassé, comme l'entourage du beau gosse.
Première scène, nous voilà dans l'antre d'une famille de la petite ville de Kaliningrad. Un appartement rococo et sombre, qui suinte la misère intellectuelle. À l'arrière plan une télé, éternelle compagne perpétuellement allumée, débite ses sornettes. À peine Veniamin met-il les pieds à l'intérieur qu'une blonde un peu épaisse, mal coiffée et sans éclat, sa mère, se met à éructer, exigeant des explications. La voit-on sous le prisme du regard du garçon, ou est-elle vraiment cette harpie, inquisitrice vulgaire, qui choque, pousse son fils dans ses derniers retranchements ?...
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CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 20h
Affiche
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Manchester by the sea
Ecrit et réalisé par Kenneth LONERGAN
USA 2016 2h16mn VOSTF
avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges, Gretchen Mol, CJ Wilson...
C’est bien depuis la mer qu’il faut découvrir Manchester by-the-Sea, Massachusetts, petite ville côtière des Etats-Unis repérable sur la carte à quelques centimètres de Boston. Depuis la mer, tout paraît calme et serein : les bateaux de pêche vont et viennent, les résidences plantées au bord de l’eau semblent couler des jours indéfiniment paisibles, même les bâtisses industrielles du port, couleur rouge brique, semblent s’intégrer avec élégance au paysage. Depuis la mer, Manchester by-the-Sea est une ville où il fait bon vivre, une ville où l’on naît et où l’on meurt, sans l’once d’un regret de n’en être jamais parti, sans avoir eu l’envie ni le goût d’un ailleurs tant la vie ici semble belle et simple. Depuis la mer, la vue d’ensemble décrit des courbes et des couleurs en parfaite harmonie avec les hommes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 13 à 15h50, dimanche 15 à 20h15 et mardi 17 à 18h05
Cotignac : jeudi 12 à 18h et 20h30
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Le Divan de Staline
Écrit et réalisé par Fanny ARDANT
France/Portugal 2016 1h32mn
avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Paul Hamy, François Chattot, Luna Picoli-Truffaut...
D'après le roman de Jean-Daniel Baltassat
Soit un énorme palais décadent orné d'inquiétantes gargouilles, perdu au fond de bois profonds en Géorgie, le genre d'antre fait sur mesure pour un ogre solitaire et pas gentil du tout comme on en croise dans les contes qui font peur aux enfants et frissonner même ceux qui les racontent. Staline s'est isolé pour quelques jours avec son étrange et belle maitresse Lidia Semionova. Elle lui lit Pouchkine, il écoute la Callas chantant l'aria de Lady Macbeth qui « convoque les pouvoirs du mal pour l'ambition de son mari : Callas a dans sa voix la folie des rêves et la terreur des visions »… Il fume la pipe dans son fauteuil, il a l'air cruel d'un gros matou perfide qui semble s'amuser de la crainte qu'il inspire. Ses généraux n'en mènent pas large, mais Lidia lui tient tête. Dans le bureau où il dort trône un divan en tout point identique à celui du bureau de Freud à Londres. Alors germe dans son esprit tordu l'idée d'un jeu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 16h10 et 18h05, jeudi 12 14h, 16h30 et 20h30, vendredi 13 à 14h, 16h30 et 20h45, samedi 14 à 14h, 18h30 et 20h45, dimanche 15 à 14h, 16h10 et 18h30, lundi 16 à 14h, 18h45 et 20h45, mardi 17 à 14h, 16h et 20h45
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Cigarettes et chocolat chaud
Réalisé par Sophie REINE
France 2016 1h38mn
avec Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas, Fanie Zanini...
Scénario de Sophie Reine et Gladys Marciano
Un premier film sympa comme tout, bien rythmé et drolatique. À voir en famille (mais pas obligé !). On imagine dès le titre les volutes de fumée des adultes s'entremêlant aux parfums chocolatés de l'enfance. Petites joies simples et sensuelles auxquelles on revient toujours en grandissant. Pélerinage discret vers les instants douillets de l'âge tendre et son goût contrasté d'insouciance et d'interdits. Petits, on prend conscience du monde et de ses contradictions, surtout celles des grands qui semblent prendre un malin plaisir à faire ce qu'ils nous interdisent. Comme les cigarettes : il n'est pas plus convenable de fumer devant des gosses que de les accompagner en retard à l'école ou de les y oublier. Le genre de choses que fait perpétuellement Denis Patar. Une conduite qui pourrait le faire passer pour un père indigne et pourtant !... lire la suite
Le Luc : jeudi 12 à 19h, vendredi 13 à 21h, samedi 14 à 18h30
Salernes : jeudi 12 à 20h30
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Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin
Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 14h et 20h45, jeudi 12 à 14h, 16h et 20h30, vendredi 13 et samedi 14 à 14h, 18h30 et 20h45, dimanche 15 à 14h, 18h15 et 20h30, lundi 16 à 14h, 16h15 et 18h, mardi 17 à 14h, 18h40 et 20h45
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Paterson
Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...
La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel... lire la suite
Le Vox (Fréjus)  : samedi 14 à 18h15 et lundi 15 à 20h
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La Jeune Fille Sans Mains
Écrit et réalisé par Sébastien LAUDENBACH
Film d'animation France 2016 1h13mn
avec les voix de Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Philippe Laudenbach, Sacha Bourdo...
Scénario inspiré par Olivier Py et librement adapté du conte (peu connu) des frères Grimm. Pour les enfants à partir de 8 ans
Le froufrou du vent qui secoue le linge en train de sécher, la fraîcheur de l'eau qui ruisselle sur les corps, la douceur des mains qui frottent inlassablement le linge, l'odeur du bois que l'on fend… En quelques traits minimalistes, voilà un océan de sensualité qui s'ouvre à nous. C'est toute la magie de ce magnifique film d'animation atypique où tout est suggéré à la façon de certaines estampes à l'encre de chine. La maestria du dessin est enchanteresse : l'image se fait vibrante, le trait terriblement vivant. On ne cesse d'être impressionné par les effets que peuvent créer un simple pinceau sur une tout ordinaire page blanche. Dès lors, il n'y a qu'à se laisser porter par ce conte philosophique dont la morale (quasiment anticapitaliste), pourtant venue de temps lointains, semble toujours d'actualité... lire la suite
Lorgues : mercredi 11 à 17h, samedi 14 à 20h15, dimanche 15 janvier à 16h,lundi 16 janvier à 21h
Affiche
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Personal Shopper
Écrit et réalisé par Olivier ASSAYAS
France 2016 1h45mn VOSTF
avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz, Anders Danielsen Lie, Nora Von Waldstätten...
FESTIVAL DE CANNES 2016 : PRIX (PAS VOLÉ !) DE LA MISE EN SCÈNE (ex-aequo avec Baccalauréat qui ne l'a pas volé non plus !)
Pendant ses deux années d'exil sur l'île de Jersey, Victor Hugo faisait tourner les tables et parler les esprits dans son immense maison perdue au creux d'une sombre vallée où s'engouffraient les tempêtes… Il a transcrit plusieurs cahiers de ses conversations avec des entités invisibles, convaincu jusqu'à son dernier souffle que les âmes continuent d'exister dans un éther qui enveloppe les vivants et parfois acceptent de se manifester pour peu qu'on les sollicite… Maureen est une jeune américaine au physique résolument moderne qui, depuis Paris, a en charge la garde-robe d'une célébrité. Un boulot dont elle s'acquitte avec précision, rapidité, exactitude : courir d'un grand couturier à l'autre, d'un créateur de bijoux à l'autre… se procurer pour chacune des apparitions publiques de l'impitoyable Kyra, sa patronne, des modèles qu'elle ne portera qu'une seule fois, les déposer à l'heure dite dans la penderie d'un appartement désert, recevant ses ordres sur son smartphone sans qu'il y ait d'échange vraiment humain, contrôlant sur internet le résultat de ses choix... lire la suite
Cotignac : vendredi 13 à 20h30
Affiche
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Primaire
Réalisé par Hélène ANGEL
France 2016 1h45mn
avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Olivia Côte, Guilaine Londez, Patrick D'Assumçao...
Scénario de Yann Coridian et Hélène Angel, avec le concours d'Olivier Gorce et Agnès de Sacy
Elle a une pêche d'enfer Florence, et le charisme décapant et sauvage de Sara Forestier ! Une vitalité, une présence, une imagination débordantes, à faire craquer des hordes de gamins indisciplinés. Florence est institutrice, enfin, maîtresse, heu… pardon, je veux dire Professeur des écoles puisque l’institution adore les nouvelles appellations, les nouveaux sigles, les nouveaux programmes… Pour Florence, qu’importe le titre, puisqu’elle a plus que la motivation : la passion. Enseigner est pour elle un engagement, un émerveillement, un défi permanent qu’elle n’a de cesse de réinventer, de nourrir, puisant son énergie et ses idées dans la relation avec ces bambins qu’elle accompagne et pour lesquels elle est prête à tout donner : son temps, son talent, son empathie... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 16h, jeudi 12 à 16h et 18h25, vendredi 13 à 16h15 et 18h30, samedi 14 à 16h10, dimanche 15 à 18h05, lundi 16 à 14h et 15h55, mardi 17 à 16h30 et 20h45
Cotignac : dimanche 15 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par Laetitia CARTON
Documentaire France 2015 1h45mn
Toutes les projections du film sont sous-titrées pour le public sourd et malentendant

C'est tout en poésie qu'on se laisse embarquer dans ce film. La réalisatrice rend hommage à un ami et à travers lui à toute une communauté : les sourds. Les sourds sont nombreux, a priori plus de 6% de la population. Les institutions, la société en général et la plupart des entendants considèrent la surdité comme un handicap. Et si c'était simplement une différence ?
Ce film est un voyage à la découverte d'une langue : la langue des signes. Avec elle, nous découvrons des histoires de vie, des amitiés, une famille qui veut une bonne éducation pour ses enfants, des entendants qui essaient d'apprendre, des militants (étiez-vous conscients qu'en France il pouvait être nécessaire de devoir militer pour parler sa langue ?).

Dans ce film, on découvre que des gens sont contraints à « oraliser », apprendre à former des sons quand on ne les entend pas (ça paraît pourtant absurde ?)… Oraliser a un prix : beaucoup d'énergie et de difficultés. Et tout ça pour quoi ? Ressentir bien plus intensément l'impression d'être inadapté au monde, d'être handicapé. A Ramonville, à deux pas de chez nous, il existe une école où les sourds peuvent parler leur langue. Et là, miracle (miracle ?), les enfants sont aussi éveillés, vivants, inventifs, curieux que dans n'importe quelle autre école. Dans cette école, les entendants et les sourds partagent les cours et la cour de récré. Et alors ils arrivent très bien à communiquer.
Ce film, c'est tout ça. A la fois très intime et tout à fait universel tant le témoignage va au-delà des histoires personnelles. C'est un appel à l'ouverture et à la curiosité. On sort de la salle en ayant envie de parler avec les mains. Parce que c'est beau mais pas seulement. Aurions nous oublié le langage du corps ? Les expressions du visage ? Les regards, le sourire ? Tout ça communique aussi et mérite qu'on y prête attention.
Espérons que le temps du film ne sera que le début d'une vision nouvelle, plus curieuse car, comme l'a si joliment écrit Victor Hugo, « Qu’importe la surdité de l’oreille quand l’esprit entend ? La seule surdité, la vrai surdité, la surdité incurable, c’est celle de l’intelligence. »


CGR (Draguignan) : mercredi 11, samedi 14 et dimanche 15 à 17h50, jeudi 12, vendredi 13 et mardi 17 à 11h, lundi 16 à 13h45

Les Voisins de Dieu
Écrit et réalisé par Meni YAESH
Israël 2011 1h38mn VOSTF
avec Roy Assaf, Gal Friedman, Itzik Golan, Rotem Ziesman-Cohen...

 

Habemus papam ! Après une bonne quinzaine d'errances et de quête de guide, nous voilà dotés d'un nouveau garant de l'unité catholique. Sous couvert d'un autre étendard religieux, tout aussi propice à l'ouverture et à la tolérance, Les Voisins de Dieu nous emmène chez les jeunes des quartiers d'une ville d'Israël. Trois bons gaillards, issus du courant Breslev, qui prône une pratique religieuse plutôt cool et joyeuse tout en respectant la loi juive et les Mitzvas, mais qui permet en même temps de boire, fumer de l'herbe et jouer au foot, autant d'activités innocentes qui ne sauraient s'accompagner cependant de la compagnie du moindre jupon. Et voilà nos loustics auto-proclamés gardiens de l'ordre et de la vertu de leur quartier de Bat Yam, ville champignon limitrophe de Jaffa.

Trois caïds du Talmud donc, qui s’évertuent, entre deux parties de Backgammon et quelques verres d'arak, de faire respecter ce qu'ils ont interprété des leçons inculquées de manière humoristique par le Rabbin Nahman. Musiciens à leurs heures, Avi, Kobi et Taniv se chauffent sur des psaumes rythmés de techno, qu'ils scandent avec ferveur et s'en vont, soirs de Shabbat de préférence, faire des tournées de surveillance des quartiers. La violence qu'ils sont capables de déployer va se montrer à la hauteur de la haine et du mépris qu'ils éprouvent envers ceux qui ne suivent pas les règles les plus strictes du Judaïsme. Sûrs d'eux, ils ne font pas dans la dentelle quand il s'agit de réprimander voire d'intimider ceux qui ne pensent et ne font pas comme eux.
Fan de films d'action des années 80, le réalisateur s'en donne à cœur joie dans des scènes d'action « coup de poing » qui témoignent, par ce biais, des mœurs quasiment fascistes de ces « gardiens » de Dieu.

Mais cette image délirante et pervertie de la religion, aux antipodes d'une pratique mesurée de la foi, va être bouleversée par une rencontre. Miri, jeune femme libre et moderne, habitante du quartier, est perçue très vite comme mécréante aux yeux de nos petites frappes. Elle arbore décolletés plongeants, jupes raccourcies, et nourrit une sensibilité religieuse humaniste qui fait fi depuis longtemps du bric-à-brac idolâtre qui encadre la pratique religieuse de nos loubards. Bien qu'un peu impressionnée par son culot, sa liberté de pensée, son côté non conformiste et rebelle, Avi lui ferait bien tâter de ses biscotos en lui écrasant le nez dans une façon bien à lui de la ramener à l'amour de Dieu. Mais difficile, malgré ses copains, de taper sur une si petite créature quand on a de si gros poings. La belle, au lieu d'encaisser des coups, finira par faire germer des doutes dans la tête de la bête. Elle deviendra pour Avi source de réflexion, puis, finalement d'affection. Notre Avi commencera alors à mettre de l'eau dans son vin de messe sous l'œil éberlué de ses acolytes. Pas manichéen pour deux sous et décrivant des personnages complexes, immatures de prime abord mais capables, au fil des rencontres et des confrontations, de faire preuve d'empathie, Les Voisins de Dieu laissent planer l'espoir que les pires têtes de bois peuvent parfois s'ouvrir à la tolérance.


CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 18h

 

Le Disciple
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV
Russie 2016 1h58 VOSTF
avec Petr Skvortsov, Viktoria Isakova, Svetlana Bragarnik, Anton Vasiliev...
D'après la pièce Martyr, de Marius von Mayenburg

Veniamin est un adolescent à la gueule d'ange, troublé par la vie qu'il sent bouillonner en lui et qui l'a sans doute déjà un peu écorché. Mais ça on va tout aussitôt l'oublier ! C'est la première originalité du sujet qui n'enfonce pas des portes ouvertes. L'analyse est ailleurs, bien plus dérangeante. On met les pieds hors des sentiers battus et on ne sait pas où le chemin va nous conduire. En tout cas on est vite embarqué et dépassé, comme l'entourage du beau gosse.
Première scène, nous voilà dans l'antre d'une famille de la petite ville de Kaliningrad. Un appartement rococo et sombre, qui suinte la misère intellectuelle. À l'arrière plan une télé, éternelle compagne perpétuellement allumée, débite ses sornettes. À peine Veniamin met-il les pieds à l'intérieur qu'une blonde un peu épaisse, mal coiffée et sans éclat, sa mère, se met à éructer, exigeant des explications. La voit-on sous le prisme du regard du garçon, ou est-elle vraiment cette harpie, inquisitrice vulgaire, qui choque, pousse son fils dans ses derniers retranchements ? Elle ne comprend rien à sa progéniture mais, après tout, c'est le lot de bien des parents. Les crises d'adolescence, les confrontations qui tournent aux insultes n'ont rien de surprenant. Ce qui l'est davantage, ce sont les passages de la bible que Veniamin déclame, exigeant le repentir de la divorcée (donc pécheresse) ! Ce serait presque drôle. Tout ça pour obtenir une dispense pour le cours de piscine !?

La piscine ! Nous y voici… Les corps à demi dénudés, troublants. Surtout celui de cette donzelle filiforme en bikini rouge qui sait comment attirer les regards. Veniamin, caparaçonné sous ses vêtements sobres, a du mal à cacher son émoi. Sa camarade de classe ne semble d'ailleurs pas insensible à son charme. Il suffirait d'un rien pour que l'histoire s'achève de manière banale par des bécots et la découverte du sexe opposé. Au lieu de cela, le prude se claquemure dans la lecture de la Bible qu'il ne lâche jamais…
Sonne l'heure de la classe de sciences où l'on enseigne les théories de l'évolution, la contraception : toutes choses contraires aux textes sacrés ! Vous imaginez la suite ? Ne croyez pas que ce soit si facile ! Certes notre bel apôtre va y aller de son couplet biblique, semer la zizanie, contredire sa prof, Elena Lvovna, jusqu'à atterrir dans le bureau de la principale. Mais c'est là que ça se corse. Tout autre élève s'en serait sorti avec un blâme, une colle, mais pas Veniamin ! Charismatique, brillant, ce manipulateur autoritaire va tenir tête aux adultes jusqu'à complètement retourner son auditoire. En bout de course c'est l'enseignante qui se fait réprimander !
À compter de ce moment, Elena Lvovna entame un féroce combat contre l'obscurantisme jusqu'à en perdre la mesure. Athée, rationaliste, elle va étudier les Évangiles afin de démonter les arguments fallacieux de son élève et leur duel, d'abord oral, va devenir toujours plus tendu, cruel, sanglant…
La mise en scène percutante, rythmée, ne laisse pas le temps de souffler. Les acteurs sont parfaits ! Difficile de ne pas rester rivé à son siège, subjugué et effrayé par la figure emblématique du prédicateur tout aussi brillant que monstrueux. Aussi délirant soit-il, on comprend le basculement des adultes, rendus d'autant plus malléables par des années de soumission à la dictature de la pensée. C'est une analyse intemporelle qui peut s'appliquer à toutes les formes de fanatismes, d’extrémismes. Démonstration implacable, s'il en fallait encore une, qu'en s'appuyant sur les textes sacrés on peut tout aussi bien faire la guerre que l'amour.

CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 20h

Manchester by the sea
Ecrit et réalisé par Kenneth LONERGAN
USA 2016 2h16mn VOSTF
avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges, Gretchen Mol, CJ Wilson...

C’est bien depuis la mer qu’il faut découvrir Manchester by-the-Sea, Massachusetts, petite ville côtière des Etats-Unis repérable sur la carte à quelques centimètres de Boston. Depuis la mer, tout paraît calme et serein : les bateaux de pêche vont et viennent, les résidences plantées au bord de l’eau semblent couler des jours indéfiniment paisibles, même les bâtisses industrielles du port, couleur rouge brique, semblent s’intégrer avec élégance au paysage. Depuis la mer, Manchester by-the-Sea est une ville où il fait bon vivre, une ville où l’on naît et où l’on meurt, sans l’once d’un regret de n’en être jamais parti, sans avoir eu l’envie ni le goût d’un ailleurs tant la vie ici semble belle et simple. Depuis la mer, la vue d’ensemble décrit des courbes et des couleurs en parfaite harmonie avec les hommes… mais depuis la mer, les hommes, on les distingue à peine, silhouettes frêles en mouvement dont on ne soupçonne pas les visages, dont on n’imagine pas les fêlures, dont on ne voit ni les sourires ni les larmes.

Lee Chandler a quitté Manchester by-the-Sea, la ville de son enfance, là où il aurait dû vivre heureux et puis vieillir. Il a quitté ses amis, sa famille, son frère, son neveu pour s’installer dans une métropole dont on comprend vite qu’elle lui apporte les deux seules choses qu'il semble désormais désirer : l’anonymat et un boulot alimentaire, en l’occurrence concierge à tout faire. Pendant qu’il répare les toilettes, vide les poubelles, déneige les allées, visse ou repeint, Lee n’a pas trop le temps de penser aux raisons qu’ils l’ont poussé à partir loin de Manchester. On imagine assez vite, par son regard perdu dans le vide d’une profonde solitude, par son air détaché de tout et de tous, que Lee a vécu un drame. Un drame dont on ne revient pas vivant. On peut dire que Lee est un homme déjà mort, en sursis forcé en attendant l’ultime délivrance.
Mais Lee va devoir revenir à Manchester, retrouver ce qu’il reste de sa famille, retrouver le clapotis de l’eau sur la coque increvable du bateau de pêche de son frère, retrouver les embruns marins et la saveur amère du bonheur disparu. Il va aussi faire la connaissance d’un jeune garçon qu’il avait laissé enfant : Patrick, son neveu.

Manchester by the sea, c’est une tragédie grecque portée par une chanson de Dylan, c’est l’Amérique laborieuse qui vit au rythme des saisons, des naissances et des enterrements, c’est aussi le portrait d’une famille morcelée par les drames et celui d’une communauté humaine simple et bienveillante. Mais plus que tout, c’est le portrait touchant de Lee, admirable Casey Affleck, un homme qui n’aura d’autre choix que celui de vivre. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : vendredi 13 à 15h50, dimanche 15 à 20h15 et mardi 17 à 18h05
Cotignac : jeudi 12 à 18h et 20h30


Le Divan de Staline

 

Afficher l'image d'origineÉcrit et réalisé par Fanny ARDANT
France/Portugal 2016 1h32mn
avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Paul Hamy, François Chattot, Luna Picoli-Truffaut...
D'après le roman de Jean-Daniel Baltassat

Soit un énorme palais décadent orné d'inquiétantes gargouilles, perdu au fond de bois profonds en Géorgie, le genre d'antre fait sur mesure pour un ogre solitaire et pas gentil du tout comme on en croise dans les contes qui font peur aux enfants et frissonner même ceux qui les racontent. Staline s'est isolé pour quelques jours avec son étrange et belle maitresse Lidia Semionova. Elle lui lit Pouchkine, il écoute la Callas chantant l'aria de Lady Macbeth qui « convoque les pouvoirs du mal pour l'ambition de son mari : Callas a dans sa voix la folie des rêves et la terreur des visions »…
Il fume la pipe dans son fauteuil, il a l'air cruel d'un gros matou perfide qui semble s'amuser de la crainte qu'il inspire. Ses généraux n'en mènent pas large, mais Lidia lui tient tête. Dans le bureau où il dort trône un divan en tout point identique à celui du bureau de Freud à Londres. Alors germe dans son esprit tordu l'idée d'un jeu, Staline installe sa maitresse en retrait :
- « Toi sur le fauteuil et moi sur le divan. Moi je me souviens de mes rêves et toi tu fais le charlatan. »
- Pourquoi tu veux jouer à ça ?
- Ça te fait peur d'entendre mes rêves ?… »

Dans le château de Barbe bleue se joue alors une curieuse et fascinante relation où on mesure les effets du pouvoir absolu sur celui qui l'exerce comme sur ceux qui le subissent ou sur celle qui l'affronte… Staline raconte ses rêves, ses obsessions tandis que Lidia réplique. Un jeune peintre, Danilov, invité par Lidia, attend d'être reçu par Staline pour lui présenter son projet d'un monument qu'il a conçu à sa gloire. Les généraux de Staline l'interrogent, eux-mêmes imprégnés d'un sentiment de peur qui redescend jusqu'au plus petit serviteur en cascade. Il y a quelque chose de terrifiant dans cette relation à trois dont on ne sait jamais vraiment comment elle va évoluer et Depardieu est formidable, tantôt le regard froid, intense et cynique, tantôt touchant et humain, un bourreau dans l'âme capable de s'émouvoir à la vue d'une fleur… sorte de monstre grandiose à qui Emmanuelle Seigner donne une troublante réplique.

Dans le roman, l'histoire se passe trois ans avant la mort de Staline dans un palais du grand duc Mikhaïlovitch. Fanny Ardant n'a pas voulu dater son film pas plus qu'elle n'a cherché à se rapprocher du personnage réel de Staline… et le château est au Portugal ! Il s'agissait plutôt de faire une forme de fable : vous ne trouverez pas ici le Staline des livres d'histoire et des documentaires et, comme dans un conte, les grilles du château s'ouvrent symboliquement au début et se ferment à la fin. La musique de Chostakovitch ajoute aux crépusculaires images un mystère, une ampleur qui fait de ce film audacieux un objet hors du temps, hors des modes, mais fichtrement attachant.

 

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 16h10 et 18h05, jeudi 12 14h, 16h30 et 20h30, vendredi 13 à 14h, 16h30 et 20h45, samedi 14 à 14h, 18h30 et 20h45, dimanche 15 à 14h, 16h10 et 18h30, lundi 16 à 14h, 18h45 et 20h45, mardi 17 à 14h, 16h et 20h45


Cigarettes et chocolat chaud

 

Réalisé par Sophie REINE
France 2016 1h38mn
avec Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas, Fanie Zanini...
Scénario de Sophie Reine et Gladys Marciano

Un premier film sympa comme tout, bien rythmé et drolatique. À voir en famille (mais pas obligé !). On imagine dès le titre les volutes de fumée des adultes s'entremêlant aux parfums chocolatés de l'enfance. Petites joies simples et sensuelles auxquelles on revient toujours en grandissant. Pélerinage discret vers les instants douillets de l'âge tendre et son goût contrasté d'insouciance et d'interdits. Petits, on prend conscience du monde et de ses contradictions, surtout celles des grands qui semblent prendre un malin plaisir à faire ce qu'ils nous interdisent. Comme les cigarettes : il n'est pas plus convenable de fumer devant des gosses que de les accompagner en retard à l'école ou de les y oublier. Le genre de choses que fait perpétuellement Denis Patar. Une conduite qui pourrait le faire passer pour un père indigne et pourtant ! Dans l'intimité de sa famille, ce gros ours nonchalant aux manières un peu spéciales (parfaitement incarné par Gustave Kervern !) est surtout un véritable papa poule. Il suffit de regarder la manière dont s'épanouissent ses deux filles, joyeuses, sans complexes, pour en être assuré. Peut-être n'ont-elles pas les codes traditionnels ? Pourtant elles semblent pouvoir s'adapter à tout. Jamais en difficulté face à leurs interlocuteurs qu'elles prennent un malin plaisir à désarçonner grâce à leur sens de la répartie. Même les flics ! Ben oui ! C'est chez eux que la cadette de neuf ans (prénommée Mercredi, la pauvre !) atterrit régulièrement dès que son paternel oublie un peu trop les horaires. Elle les tutoie, les amadoue, les appelle par leur petit nom, va jusqu'à les taquiner sans qu'ils fassent mine de broncher. Mais cette fois-là : rien n'y fait… Quand Denis arrive au commissariat, un signalement a été fait auprès des services sociaux. Autant dire : le début des emmerdements.

Les services en question sont incarnés par une jeune femme lisse et formatée par sa fonction d'assistante sociale. Lorsqu'elle vient auditionner la famille Patar, Séverine, avec son œil inquisiteur de professionnelle, a tôt fait de noter le moindre détail qui cloche. Le branlebas de combat, la vague de rangement provoquée par l'annonce de sa venue n'a pas suffi à planquer tout ce qui traînait. Quant à l'audition des sœurettes : c'est la catastrophe ! Entre Mercredi qui lui raconte qu'elle peut rester au lit même s'il y a un contrôle en classe et Janine son aînée qui explique comment son père gruge la cantine, la demoiselle est servie ! C'est bien parce que les frangines se montrent ravies et enthousiasmées par les méthodes éducatives de leur paternel que Séverine ne les place pas illico presto en famille d'accueil, se contentant d'imposer à Denis un « stage de parentalité » (ça existe vraiment !) pour redresser la barre… Et c'est pas gagné quand on se trouve face à quelqu'un qui assume un mode d'éducation hors système, libertaire, et qui prône la rébellion. Mais Denis est tellement touchant quand il déclare vouloir protéger à tout prix ses enfants d’un monde « où les mamans et les cochons d’Inde meurent sans prévenir »…

C'est donc sur le ton de la comédie enlevée, enjouée et tendre que Sophie Reine fait ses débuts derrière la caméra, mais pas dans le monde du cinéma puisqu'elle a fait ses classes sur les bancs de montage. C'est sans doute pour cette raison qu'elle maîtrise aussi bien du premier coup la réalisation et réussit à nous emporter dans son univers si particulier, illuminé par des lucioles… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : jeudi 5 à 16h10

 

Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin

Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi.

Luigi (Edouard toujours délicieusement Baer) est le directeur inspiré et définitivement imprévisible d’un théâtre parisien. C’est la veille de la première et sur scène, il n’y a pas que les rideaux de velours rouge qui sont tendus. Il n’y a plus un sou dans les caisses et l’équipe n’a pas été payée depuis… depuis trop longtemps. Ils ont beau tous aimer très fort ce sympathique Luigi de patron, ils ont beau aimer l’art avec un grand A, et le théâtre parisien privé, faut quand même pas pousser l’intermittent dans les orties. Grève générale donc. Pendant que dans la salle un célèbre metteur en scène excessivement japonais et son assistante-interprète complètement sadique tentent de mener à terme les ultimes répétitions, dussent-elles épuiser le grand Michel Galabru qui aimerait bien rentrer chez lui, Luigi, fidèle à lui-même, a totalement le contrôle de la situation. Rien ni personne, nippon ni gréviste, ni sa meilleure amie et administratrice, ni la nuit et encore moins Paris ne l’empêcheront de lever le rideau le lendemain pour la première représentation.

Le pognon n’est qu’une histoire d’argent et les histoires, Luigi, il maîtrise : scénario, dialogues, costumes et même la bande son, tout lui va, rien n’est grave, tout peut arriver y compris le meilleur, il suffit juste d’y croire. Assisté d’une stagiaire de Sciences-Po aussi rationnelle et stressée qu’il est zen et lunaire, aussi sûre de son jugement qu’il est à l’aise avec ses doutes, le voilà parti au cœur de la nuit en quête d’argent frais. Mais les vieux tours de passe-passe de Luigi, son baratin et ses blagues un peu lourdingues ont pris du plomb dans l’aile… Luigi n’est plus tout à fait le magicien de la nuit, le séducteur saltimbanque qu’il était, le monde autour de lui n’est plus tout à fait le même et les gens, ces autres qui l’inspirent, ont peut être envie d’avoir la paix, voir comme Michel d’aller se coucher.

Tourbillonnant, virevoltant, épique, mélancolique, joyeux, insomniaque, Ouvert la nuit est un film de mission qui ressemble à Cendrillon… passé minuit, le smoking du dandy redeviendra la tenue de travail du garçon de café et le carrosse doré une flûte en plastique contenant un champagne tiède… Mais chut… Luigi le doux, l’inconstant, le rêveur, l'irresponsable, le tchatcheur a peut-être un ultime tour dans sa poche trouée. Un homme qui, comme le poète Ferré, parle à un chimpanzé n’a peut-être pas encore dévoilé sa dernière tirade.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 14h et 20h45, jeudi 12 à 14h, 16h et 20h30, vendredi 13 et samedi 14 à 14h, 18h30 et 20h45, dimanche 15 à 14h, 18h15 et 20h30, lundi 16 à 14h, 16h15 et 18h, mardi 17 à 14h, 18h40 et 20h45


Paterson

Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...

La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel.

Paterson, c’est le nom de famille du personnage principal qui se lève tous les matins à 6h15 pour avaler son bol de céréales et rejoindre à pied le dépôt de bus duquel il part faire sa tournée. Curiosité des choses, Paterson c’est aussi le nom de la ville du New Jersey où Paterson fait sa tournée pour transporter les habitants qu’il écoute souvent bavarder d’une oreille indiscrète. Paterson enfin, c’est le titre d’un recueil de poèmes que Paterson (le chauffeur) affectionne particulièrement, écrit par William Carlos Williams (1883-1963) sur Paterson (la ville) dans laquelle il habitait naguère lui aussi. Jarmusch a toujours eu un goût pour ces bizarreries : le film n'a pas encore commencé qu'il repose déjà sur un enchevêtrement de sens à explorer. Sauf que contrairement à la plupart des films du cinéaste, Paterson reste sur place, circonscrit à une localité et à quelques lieux récurrents. Et pour cause, notre chauffeur de bus est un type à la vie bien rodée. Il partage avec sa petite amie Laura et leur bouledogue Marvin une harmonie domestique très ritualisée. Laura est aussi excentrique et naïve que Paterson est taiseux et contemplatif. Tous les soirs, il découvre avec circonspection la nouvelle trouvaille créative de sa bien-aimée, sous le regard inébranlable de Marvin, prolongement flegmatique et comique du couple. Tous les menus épisodes de cette vie sont pour Paterson une grande source d'inspiration. Il les consigne dans un petit carnet qu'il transporte partout en une prose ciselée et concrète : évocation des petits bonheurs familiers, de son amour pour Laura, de bribes de conversations glanées au cours de la journée ou de pensées vagabondes surgies au cours de ses trajets. Une poésie d'autant plus touchante qu'elle est modeste et simple (Paterson n'entend pas la publier, contrairement à Laura), témoignage d'un rapport au monde sain et complet.

En attendant que le week-end déjoue subtilement la routine, la répétition stricte du schéma journalier de Paterson est ponctuée de ce que Jim Jarmusch fait le mieux et qui donne au film tout son charme : rencontres aussi improbables que savoureuses, micro-événements comico-burlesques et divagations oniriques intériorisées. En un instant, la mise en scène parvient à transcender l’ordinaire en dénichant dans le commun du réel les manifestations poétiques les plus inattendues, parfois aux frontières du fantastique. Jim Jarmusch joue avec les apparences, multipliant les rimes visuelles et détournant avec amusement les règles consacrées (Paterson attachant Marvin tous les soirs devant son bar préféré comme un cheval devant un saloon). Ce n'est pas pour rien que Jarmusch place son film sous la référence à William Carlos Williams, ce poète américain qui rompit avec la tradition littéraire en utilisant un vocabulaire populaire, débarrassé de toute affèterie, dans le but d'évoquer le monde au plus proche de ce qu'il est. Dans sa foulée, Jim Jarmusch s'en tient à une vision prosaïque du monde et des affects, prouvant ainsi que le cinéma n’a nul besoin d’emphase pour être exaltant. Tant que les sentiments sont purs, ils suffisent à être bouleversants.


Le Vox (Fréjus)  : samedi 14 à 18h15 et lundi 15 à 20h

La Jeune Fille Sans Mains
PREMIER CONTACTÉcrit et réalisé par Sébastien LAUDENBACH
Film d'animation France 2016 1h13mn
avec les voix de Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Philippe Laudenbach, Sacha Bourdo...
Scénario inspiré par Olivier Py et librement adapté du conte (peu connu) des frères Grimm. Pour les enfants à partir de 8 ans

Le froufrou du vent qui secoue le linge en train de sécher, la fraîcheur de l'eau qui ruisselle sur les corps, la douceur des mains qui frottent inlassablement le linge, l'odeur du bois que l'on fend… En quelques traits minimalistes, voilà un océan de sensualité qui s'ouvre à nous. C'est toute la magie de ce magnifique film d'animation atypique où tout est suggéré à la façon de certaines estampes à l'encre de chine. La maestria du dessin est enchanteresse : l'image se fait vibrante, le trait terriblement vivant. On ne cesse d'être impressionné par les effets que peuvent créer un simple pinceau sur une tout ordinaire page blanche. Dès lors, il n'y a qu'à se laisser porter par ce conte philosophique dont la morale (quasiment anticapitaliste), pourtant venue de temps lointains, semble toujours d'actualité.

Il était une fois un pauvre meunier, travailleur honnête et courageux. Mais l'eau du ruisseau qui alimentait son moulin cesse soudain de couler, de telle sorte qu'il ne peut plus moudre et que progressivement la maisonnée s'appauvrit toujours plus. Un jour, alors qu'il arpente la forêt à la recherche de quelques vivres, lui apparaît un étrange personnage au port imposant, qui lui promet la richesse éternelle. À cela une seule condition : que notre bonhomme lui donne « ce qui se trouve » derrière sa bicoque. L'appât du gain fait vite oublier toute prudence au miséreux qui conclut trop vite le marché, pensant qu'il n'y a guère qu'un pommier à perdre dans ce marché de dupe. Il oublie que dans les branchages de cet arbre accueillant, son unique fille aime à se prélasser… Il ne sait pas qu'il vient de vendre le fruit de sa chair au diable !
Quand il s'en revient à la maison, une eau dorée coule à flot. Au lieu d'être ravie par le phénomène, sa femme l'observe, inquiète, pressentant une intervention démoniaque et murmurant : « Cet or est si brillant et pourtant il me semble si sale… ». Elle questionne son mari, le supplie de rompre le pacte… En vain…

Le temps passe. Plus il passe, plus le domaine prospère, l'humble masure s'est transformée en palais tape à l'œil et imposant, comme tous ceux des nouveaux riches parvenus. Le démon ne se manifeste pas pour réclamer son dû, comme pour laisser le modeste meunier pendre goût à cette richesse mal acquise, le lier chaque jour un peu plus. Le père change de comportement et devient peu à peu méconnaissable, oublieux des valeurs, des enseignements qu'il professait jadis. Toujours plus aveuglé par le luxe, toujours plus vorace et cupide. Seules la mère et sa progéniture restent inquiètes, redoutant l'épée de Damoclès qui infailliblement viendra anéantir leur bonheur.
Comme on s'en doute, un jour le malin se présente sous une nouvelle forme, mais ce n'est là que le début d'une incroyable épopée. Car la sage donzelle, trop bien élevée, est si pure qu'il ne pourra pas l'emporter…(utopia)


Lorgues : mercredi 11 à 17h, samedi 14 à 20h15, dimanche 15 janvier à 16h,lundi 16 janvier à 21h


Personal Shopper

Afficher l'image d'origineÉcrit et réalisé par Olivier ASSAYAS
France 2016 1h45mn VOSTF
avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz, Anders Danielsen Lie, Nora Von Waldstätten...
FESTIVAL DE CANNES 2016 : PRIX (PAS VOLÉ !) DE LA MISE EN SCÈNE (ex-aequo avec Baccalauréat qui ne l'a pas volé non plus !) 

Pendant ses deux années d'exil sur l'île de Jersey, Victor Hugo faisait tourner les tables et parler les esprits dans son immense maison perdue au creux d'une sombre vallée où s'engouffraient les tempêtes… Il a transcrit plusieurs cahiers de ses conversations avec des entités invisibles, convaincu jusqu'à son dernier souffle que les âmes continuent d'exister dans un éther qui enveloppe les vivants et parfois acceptent de se manifester pour peu qu'on les sollicite…
Maureen est une jeune américaine au physique résolument moderne qui, depuis Paris, a en charge la garde-robe d'une célébrité. Un boulot dont elle s'acquitte avec précision, rapidité, exactitude : courir d'un grand couturier à l'autre, d'un créateur de bijoux à l'autre… se procurer pour chacune des apparitions publiques de l'impitoyable Kyra, sa patronne, des modèles qu'elle ne portera qu'une seule fois, les déposer à l'heure dite dans la penderie d'un appartement désert, recevant ses ordres sur son smartphone sans qu'il y ait d'échange vraiment humain, contrôlant sur internet le résultat de ses choix. Pendant que l'une s'expose aux caméras, l'autre œuvre dans l'ombre pour la prochaine prestation de celle qui la commande, glissant comme un fantôme, un double ignoré et invisible de la vedette dont elle a la taille, la pointure… Drôle de boulot, drôle de monde qui semble ne pas concerner vraiment cette Maureen un peu étrange, plutôt solitaire mais qui sous son aspect lisse semble troublée par des mystères qui l'aspirent.

Lorsque le film commence, son amie la dépose devant la maison isolée où vivait Lewis, son jumeau récemment disparu. Que cherche-t-elle, qu'espère-t-elle en s'installant dans les pièces vides avec l'intention d'y passer quelques nuits ? Ils en parlaient souvent ensemble, elle se savait médium comme lui. Lewis croyait à l'âme, elle n'y croyait pas et ils s'étaient promis que le premier disparu se manifesterait pour faire savoir à l'autre s'il reste quelque chose de nous après le dernier souffle : le parquet grince, une fenêtre bat, une forme la frôle… Maureen n'a pas peur des fantômes, et celui-là elle l'espère, elle l'attend, il ne peut être que bienveillance et rien ne peut inquiéter celle qui souhaite un signe de cette moitié d'elle-même dont la disparition brutale l'a laissée comme coupée en deux.
Il y a un décalage immense entre cette attente et le monde dans lequel elle travaille, celui terriblement matérialiste de la mode, du paraître, du papier glacé, des visages sans rides, des corps standardisés, du luxe mondialisé. Dans le train pour Londres, lui parviennent alors des textos anonymes, qui lui donnent l'impression que quelqu'un la suit en permanence et même la précède… Un dialogue étrange s'installe. Ces manifestations viennent-elles d'un monde parallèle, sont-elles une émanation de son propre esprit, ou d'un personnage bien vivant et un peu malsain ?… D'ailleurs ce monde où elle évolue, est il bien réel ? N'est-elle pas déjà une forme de fantôme qui ne cesse de se faufiler dans l'univers vain de vivants vidés de leur substance profonde… Existe-t-il dans les limbes une âme en souffrance qui tente de se rapprocher de Maureen, ou les fugaces apparitions qui la hante ne sont-elles que l'expression de l'absurdité d'une vie en quête de sens…

« … Je veux le ciel et la terre me veut ; les étoiles me tirent par les cheveux et les clous du cercueil me tiennent par les pieds. Les ténèbres me crient : à bas ! Et les soleils me disent : debout !… Les âmes ont leurs lois comme les astres… il y a les âmes fixes, il y a les âmes vagabondes, il y a les nébuleuses d'âme… » Extraits du Livre des tables de Victor Hugo… (Utopia)

Cotignac : vendredi 13 à 20h30


Primaire

Afficher l'image d'origineRéalisé par Hélène ANGEL
France 2016 1h45mn
avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Olivia Côte, Guilaine Londez, Patrick D'Assumçao...
Scénario de Yann Coridian et Hélène Angel, avec le concours d'Olivier Gorce et Agnès de Sacy

Elle a une pêche d'enfer Florence, et le charisme décapant et sauvage de Sara Forestier ! Une vitalité, une présence, une imagination débordantes, à faire craquer des hordes de gamins indisciplinés. Florence est institutrice, enfin, maîtresse, heu… pardon, je veux dire Professeur des écoles puisque l’institution adore les nouvelles appellations, les nouveaux sigles, les nouveaux programmes… Pour Florence, qu’importe le titre, puisqu’elle a plus que la motivation : la passion. Enseigner est pour elle un engagement, un émerveillement, un défi permanent qu’elle n’a de cesse de réinventer, de nourrir, puisant son énergie et ses idées dans la relation avec ces bambins qu’elle accompagne et pour lesquels elle est prête à tout donner : son temps, son talent, son empathie.
Florence est de ces enseignants qui croient dur comme fer au pouvoir magique des mots, de la transmission et qui pensent que rien n’est jamais perdu pour un élève tant qu’un adulte peut le prendre par la main et lui montrer la voie. C’est un peu naïf, elle se casse parfois les dents, elle en fait quelquefois des tonnes, mais elle poursuit sa route, obstinée, convaincue qu’elle est dans le vrai. Pas question de laisser ne serait-ce qu'un des gamins qu'on lui confie à la traîne – à part le sien parfois peut-être. Mais on demande toujours plus à ceux qu'on a toujours sous la main et qui font tellement partie de vous-mêmes qu'on oublie qu'ils sont fragiles…

Elle va s'intéresser tout particulièrement à Sacha (qui n’est pas dans sa classe, ce qui complique les choses) : un enfant agité, secret, un gamin pas franchement teigneux mais à fleur de peau dont l’équipe enseignante réalise vite qu’il est livré à lui-même, délaissé par une mère débordée qui compense en lui glissant quelques billets pour que le môme se débrouille seul. Interpellée dans son rôle de mère et d’enseignante, Florence se met en tête de l’aider… quitte à perturber les habitudes de l’équipe pédagogique, quitte à outrepasser son rôle, quitte à se mettre elle-même en danger. Habitée par sa rage de bien faire et sa générosité, Florence ne réalise pas que tout n’est pas toujours aussi simple qu’elle le voudrait. Cerise sur le gâteau, c’est pile poil le moment où le mammouth, euh pardon, l’Education Nationale, choisit pour l’inspecter dans sa classe de CM2, heu pardon, de deuxième année du cycle 3.

Primaire est un film généreux, bouillonnant comme une cour d’école, lumineux comme le regard d’un enfant quand il comprend que des lettres alignées font des mots et que ces mots ont un sens. Si ce film ambitieux peut sembler dense, tant le métier et le monde qu’il décrit sont riches et intenses, il n’est en rien simpliste et introduit moult nuances. Ni tract ni complainte, c’est simplement un formidable hommage à un métier formidable qui a tant à offrir et qui est paradoxalement toujours malmené par les gouvernements successifs.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 16h, jeudi 12 à 16h et 18h25, vendredi 13 à 16h15 et 18h30, samedi 14 à 16h10, dimanche 15 à 18h05, lundi 16 à 14h et 15h55, mardi 17 à 16h30 et 20h45
Cotignac : dimanche 15 à 18h


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358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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