Au(x) cinéma(s) du 11 au 17 mai

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Encore de bonnes surprises pour cette nouvelle semaine de cinéma ! Au CGR, vous pourrez voir le dernier Woody Allen (à 4€90 si vous présentez votre carte Entretoiles) Café Society, un film qui nous transporte dans le passé avec fantaisie. De plus, mercredi à 19h, le film sera précédé de la retransmission en direct de l'ouverture du Festival de Cannes. Vous pourrez aussi voir Room en film "ciné-club", un film difficile sur l'amour fusionnel maternel.

Au Vox, comme d'habitude, beaucoup de bonnes surprises et tout d'abord Ma Loute, un film de Bruno Dumont à la fois "hilarant et terrible" Parmi les autres films que nous avons sélectionnés pour vous, retenons encore L'Avenir de Mia Hansen Love (à Lorgues aussi), un film sur le temps qui passe et la sagesse nécessaire, mais aussi le beau film indien La Saison des femmes de Leena Yadav un film "réjouissant et féministe". Et enfin à Lorgues Le Monstre à 1000 têtes de Rodrigo Pla : un docu-fiction percutant !

Nous ne pouvons pas vous quitter sans vous rappeler que le dimanche 22 mai, Entretoiles vous propose une nouvelle soirée à thème au CGR : "Danser et chanter envers et contre tout" avec à 18 h A peine j'ouvre les yeux de Lela Bouzid, un film tunisien,  lumineux sur la rage de vivre d'une jeune fille libre. Et à 20h30 Desert Dancer de Richard Raymond, un film sur l'histoire vraie d'un danseur iranien.... Et bien sûr, entre les 2 films, apéritif offert par Entretoiles : ceux d'entre vous qui auraient envie d'apporter quelque chose à partager sont les bienvenus !

Et nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 11 AU 17 MAI 2016

Résultat de recherche d'images pour "affiche chaque jour est une fete"
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Café Society
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016
C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage… New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier... lire la suite
CGR (Draguignan) :  le mercredi 11 à 19h : ouverture du Festival de Cannes en direct puis film à 20 h - mercredi 11 : 11h15, 13h45, 15h45, 17h45, 20h, 22h - jeudi 12 et vendredi 13 : 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h, 22h - samedi 14 : 11h15, 13h45, 15h45, 17h45, 19h45 - dimanche 15 : 13h45, 15h45, 17h45, 19h45, 22h15 - lundi 16 : 13h45, 15h45, 19h45 - mardi 17 : 11h, 14h, 16h, 18h et 20h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Room
Réalisé par Lenny ABRAHAMSON
Canada/Irlande 2015 1h58mn VOSTF
avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William H. Macy...
Scénario d'Emma Donoghue, d'après son roman
L'idéal serait de voir Room comme on l'a lu. En ouvrant la première page du roman d'Emma Donoghue (paru en français chez Stock, en  2010, et en Livre de poche), on entend la voix d'un petit garçon qui décrit son environnement avec minutie, émerveillement, le jour de son cinquième anniversaire : un lit, un évier, la lumière qui passe par un vasistas que l'on ne peut ouvrir. La pureté de ce regard transcende et dissimule la réalité. Il faudra quelques chapitres pour parachever la traduction de ces mots d'enfant : Jack et sa maman vivent dans une pièce dont un homme détient les clés… Ce tour de force littéraire devient un tour de force cinématographique : le réalisateur irlandais Lenny Abrahamson se joue de l'espace confiné où vivent Jack et Ma. La caméra adopte tantôt le regard innocent de l'enfant, tantôt la vision désespérée de la mère, enlevée, violée, prisonnière... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 11, samedi 14 et dimanche 15 à 18h, jeudi 12 à 11h, vendredi 13 à 15h45, lundi 16 à 20h et mardi 17 à 13h45
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
À peine j'ouvre les yeux
Réalisé par Leyla BOUZID
Tunisie 2015 1h42mn VOSTF
avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari...
Beaucoup de prix dans beaucoup de festivals, notamment le Prix du Public et le Prix Label Europa Cinémas à la Mostra de Venise
Tunis, été 2010. Farah est une jeune fille brillante qui vient de réussir son bac avec succès et que sa famille imagine déjà médecin. Mais Farah est aussi une fille à l'énergie débordante – et au caractère bien trempé – qui veut profiter de la vie et de sa jeunesse. Elle sort dans les bars, s'enivre, découvre l'amour dans les bras d'un des musicien du groupe de rock dans lequel elle chante des textes engagés, qui parlent des problèmes de son pays, de sa frustration et de ses rêves qui sont aussi ceux de ses compatriotes. Libre et impulsive, Farah s'oppose à la volonté de sa mère Hayet, qui connaît les interdits de son pays et tente de la protéger en l'éloignant de son groupe. Car dans la Tunisie de Ben Ali, Farah est considérée comme une rebelle, les membres de son groupe sont d'ailleurs surveillés par la police. Mais le désir de liberté est trop fort pour être contenu. Et c'est peu à peu les rouages de la machine répressive qui vont se refermer sur la jeune fille, symbole d'une jeunesse fière et vivante qui veut rester debout, mais risque d'en payer le prix... lire la suite
CGR (Draguignan) : séance Entretoiles, horaire unique dimanche 22 mai à 18h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Desert Dancer
Réalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2016 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...
Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), Desert Dancer vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : séance Entretoiles, horaire unique dimanche 22 mai à 20h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
L'Avenir
Écrit et réalisé par Mia HANSEN-LØVE
France 2016 1h40mn
avec Isabele Huppert, André Marcon, Romain Kolinka, Edith Scob, Sarah Le Picard, Solal Forte...
Festival de Berlin 2016 – Ours d'argent de la Meilleure réalisatrice
Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 13h50 et 20h30, jeudi 12 à 17h30, vendredi 13 à 18h30, samedi 14 à 20h45, lundi 16 à 16h et mardi 17 à 13h50
Lorgues : samedi 14 à 18h15 et dimanche 15 à 20h15
Le Coeur régulier : Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...
Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 11 et vendredi 13 à 18h15 - samedi 14 à 13h50 - mardi 17 à 18h15
Salernes : jeudi 12 et dimanche 15  à 20h30, vendredi 13 à 18h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016
C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 13, samedi 14, dimanche 15, lundi 16 et mardi 17 à 13h50, 16h, 18h15, et 20h45
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Dough
Réalisé par John GOLDSCHMIDT
Angleterre 2015 1h34mn VOSTF
avec Jonathan Pryce, Malachi Kirby, Ian Hart, Philipp Davis, Pauline Collins, Jerome Holder...
Scénario de Jonathan Besson
Les esprits grincheux trouveront sans doute un peu légère cette comédie anglaise qui n’est pas sans rappeler quelques-un des grands titres qui firent jadis venir les foules à Utopia. C’était le temps de The Full Monthy, Joue-là comme Beckam… Les Anglais savent toujours y faire dans la comédie sociale efficace et réussissent, sans grands moyens et souvent sans jamais sortir d’un quartier, à nous brosser le portrait d’une fraternité ordinaire et attachante sans blablater pendant des plombes. Un cinéma modeste à hauteur de gens ordinaires, ni héros ni salauds, pas toujours sympathiques, pas toujours très honnêtes mais toujours authentiques et terriblement humains... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 13h50 et 18h30, jeudi 12 à 16h et 20h30, vendredi 13 à 13h50, samedi 14 à 16h10, dimanche 15 à 18h30, lundi 16 à 18h15 et 20h45, mardi 17 à 178h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Un Monstre à mille têtes
Réalisé par Rodrigo PLA
Mexique 2015 1h15mn VOSTF
avec Jana Raluy, Sebastian Aguirre Boëda, Hugo Albores, Daniel Gimenez Cacho...
PRIX DU PUBLIC, FESTIVAL DE BIARRITZ 2015
Le « monstre à mille têtes », c'est le libéralisme sans frein et et ses conséquences, c'est le système kafkaïen qu'il met en place, c'est la nouvelle bureaucratie de l'argent qu'il instaure. Rodrigo Pla, comme dans l'excellent La Zona qui nous l'a révélé (disponible en Vidéo en Poche), s'attaque bille en tête au monstre, et c'est aussi rageur que captivant. Le film commence par un plan éloigné sur une chambre d'où nous parviennent des sons qui pourraient nous faire croire à des ébats amoureux, mais la séquence s'éclaire et l'on comprend rapidement que les gémissements émanent d'un homme qui souffre atrocement. Le mari de Sonia n'en peut plus du cancer qui le ronge. Sonia, quadragénaire tout ce qu'il y a d'ordinaire et de paisible, que rien ne prédispose aux actes irréfléchis, encore moins insensés, va faire ce que toute épouse ferait en de telles circonstances : joindre d'urgence le médecin afin de trouver avec lui le meilleur traitement possible pour soulager son mari, peut-être celui de la dernière chance. Mais voilà, nous sommes au Mexique, laboratoire – comme bien d'autres pays d'Amérique latine – des mesures ultra-libérales les plus délirantes... lire la suite
Lorgues : mercredi 11 à 19h et dimanche 15 à 14h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Médecin de Campagne
Réalisé par Thomas LILTI
France 2016 1h42mn
avec François Cluzet, Marianne Denicourt, Isabelle Sadoyan, Christophe Odent, Patrick Descamps, Felix Moati...
Scénario de Thomas Lilti et Baya Kasmi
On a découvert Thomas Lilti, médecin passionné devenu cinéaste du même métal, avec Hippocrate, formidable portrait d'un jeune interne plongé dans le maelstrom d'un grand hôpital parisien en proie à la réduction des effectifs et à la surchauffe. Son nouveau film nous parachute dans le Vexin, région encore largement rurale à cheval entre la Normandie et les confins de l’île de France. La vie quotidienne est sans doute ici plus sereine, son rythme est plus raisonnable, à la mesure de ces paysages paisibles, qui n'ont guère bougé depuis un siècle… Il n'empêche que pour Jean-Pierre Werner, seul médecin dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, la surchauffe est bien présente aussi. Du matin au crépuscule, il sillonne les départementales de la région, au devant des petits bobos et des grandes solitudes, tour à tour médecin généraliste, psychologue, assistant social, homme à tout faire, dans une campagne peuplée essentiellement de personnages âgées, pour qui il est parfois une des rares visites... lire la suite
Le Luc : mercredi 11 à 16h et dimanche 15 à 20h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Merci Patron !
Réalisé par François RUFFIN
Documentaire France / Belgique 2015 1h30mn
Jocelyne et Serge Klur, ouvriers dans l’industrie textile depuis plus de trente ans, fabriquaient des costumes pour la marque Kenzo dans le nord de la France jusqu’à que leur usine soit délocalisée en Pologne. Désormais au chômage, criblés de dettes, ils risquent simplement de perdre leur maison. Bernard Arnaud est PDG du groupe LVMH. La firme est numéro un mondial du luxe grâce à son portefeuille de plus de soixante marques de prestige dont certaines sont plusieurs fois centenaires. « Groupe à caractère familial, LVMH a pour vocation d’assurer le développement à long terme de chacune de ses Maisons dans le respect de leur identité, leur héritage, leur savoir-faire. » Cette gentille phrase de présentation du groupe sur la page d’accueil de son site internet est située juste en deçà du petit compteur qui nous donne la valeur de l’action en temps réel… François Ruffin, vous connaissez sa voix de journaliste enquêteur dans l’émission Là-bas si j’y suis. Sensible aux sorts et causes des classes populaires aujourd’hui sous-représentées dans les médias mais toujours plus présentes dans la composition de la société française il est également le fondateur du journal de contre-désinformation Fakir que vous pouvez trouver dans tous les bons kiosques mais aussi et toujours à la caisse de votre ciné préféré... lire la suite
Le Luc : mercredi 11 et samedi 14 à 18h, vendredi 13 à 20h30
Le Coeur régulier : Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Le Cœur régulier
Réalisé par Vanja D'ALCANTARA
France 2016 1h35 VOSTF
avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider, Fabrizio Rongione, Masanobu Ando...
Scénario de Vanja D'Alcantara, Gilles Taurand et Emmanuelle Beaugrand-Champagne, d'après le roman d'Olivier Adam
Parfois, quand on a envie que tout cesse, qu'on s'apprête à sauter dans le vide, apparaît une main secourable, qui redonne le courage d'avancer. Au dessus de falaises battues par les vents marins, dans le lointain Japon, s'agrippe une petite maison où veille Daïsuke, un homme entre deux âges, qui guette ceux qui n'ont plus le cœur à vivre. Dans sa bouche, ni jugement, ni mots de consolation. Il est juste une oreille qui écoute. Il a laissé derrière lui son étrange passé, la somme de toutes ses impuissances pour se placer du côté de la barrière où il peut encore tenter de faire bifurquer le cours des choses. Ni héros, ni gourou, il est là où il lui semble devoir être... lire la suite
Cotignac : dimanche 15 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Café Society
AfficheÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016

C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage…
New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier.
À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux de Vonnie, l'assistante de son oncle. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu'au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l'horizon s'éclaire pour Bobby et l'amour semble à portée de main…

Quant au « Café society » du titre, il s'agit d'un club très prisé de l'époque, où se retrouvaient stars et mécènes du cinéma, ainsi que les derniers talents du jazz, dont on imagine bien qu'il va irriguer la bande son du film.
Depuis qu'il ne fait plus l'acteur (sauf occasionnellement pour les autres), Woody Allen ne se prive pas pour choisir ce qui se fait de mieux parmi les comédiens du cinéma américain actuel. Il dirige ici les formidables Jesse Eisenberg et Kristen Stewart, entourés de quelques pointures telles que Steve Carrell ou Parker Posey.


CGR (Draguignan) :  le mercredi 11 à 19h : ouverture du Festival de Cannes en direct puis film à 20 h - mercredi 11 : 11h15, 13h45, 15h45, 17h45, 20h, 22h - jeudi 12 et vendredi 13 : 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h, 22h - samedi 14 : 11h15, 13h45, 15h45, 17h45, 19h45 - dimanche 15 : 13h45, 15h45, 17h45, 19h45, 22h15 - lundi 16 : 13h45, 15h45, 19h45 - mardi 17 : 11h, 14h, 16h, 18h et 20h


Room
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Lenny ABRAHAMSON
Canada/Irlande 2015 1h58mn VOSTF
avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William H. Macy...
Scénario d'Emma Donoghue, d'après son roman

L'idéal serait de voir Room comme on l'a lu. En ouvrant la première page du roman d'Emma Donoghue (paru en français chez Stock, en  2010, et en Livre de poche), on entend la voix d'un petit garçon qui décrit son environnement avec minutie, émerveillement, le jour de son cinquième anniversaire : un lit, un évier, la lumière qui passe par un vasistas que l'on ne peut ouvrir. La pureté de ce regard transcende et dissimule la réalité.
Il faudra quelques chapitres pour parachever la traduction de ces mots d'enfant : Jack et sa maman vivent dans une pièce dont un homme détient les clés… Ce tour de force littéraire devient un tour de force cinématographique : le réalisateur irlandais Lenny Abrahamson se joue de l'espace confiné où vivent Jack et Ma. La caméra adopte tantôt le regard innocent de l'enfant, tantôt la vision désespérée de la mère, enlevée, violée, prisonnière.

On court bien des dangers à exécuter des gestes virtuoses pour dire ou mettre en scène la souffrance. Mais, comme le roman d'Emma Donoghue (qui l'a elle-même adapté pour le cinéma), le film de Lenny Abrahamson ne s'écarte jamais de la perspective humaine de ses deux personnages principaux. Pour y parvenir, il fallait choisir très justement les interprètes. On sait désormais que Brie Larson s'est vu décerner un Oscar pour le rôle de Ma. L'actrice marche sur les traces de Meryl Streep ou de Kate Winslet, fondant son personnage avant tout sur la vraisemblance, en accumulant les signes (expressions, locutions, attitudes) qui disent la force qu'elle oppose à la violence de son geôlier.

Il fallait aussi un enfant qui soit un acteur, sans que cette propension à l'artifice se voie trop (ce n'est pas le moment d'être mignon). Jacob Tremblay (huit ans au moment du tournage, plus vieux que son personnage) restera comme un de ces prodiges enfantins qui donnent toute leur force à un film… Avec sa longue chevelure d'enfant sauvage, son teint blafard, il pourrait faire peur, pourtant il revient sans cesse à la vérité de l'enfance avec ses questions incessantes, ses caprices, ses enthousiasmes.
Brie Larson joue, elle, une très jeune femme prématurément vieillie. Enlevée alors qu'elle était encore au lycée, elle a mis au monde l'enfant né d'un viol, dans lequel elle met tout ce qu'il lui reste d'espoir. Forcée de négocier chaque parcelle de son existence avec son geôlier (que l'on voit à peine), elle a développé une ruse guerrière impressionnante, qu'elle exerce au seul profit de son fils. On peut aussi voir Room comme l'image d'un amour fusionnel, qui ne laisse aucun espace à ses protagonistes.

Plus tard Room prend un autre risque, celui de se frotter à la normalité de la vie quotidienne. Après un moment de tension presque insupportable, fils et mère retrouvent le monde et, privés de l'ennemi, doivent trouver à employer leurs forces autrement… Ma doit supporter le regard des autres, les noms qu'on donne à ce qui lui est arrivé. Lenny Abrahamson ne fait qu'effleurer la dimension collective de cette peur qui resurgit à chaque fois qu'une captive est libérée, en Autriche ou aux États-Unis… Le cinéaste préfère s'attacher à la douleur de la jeune femme qui doit affronter la répulsion qu'elle inspire à son père et la protection étouffante que lui offre sa mère. Cette seconde partie dilue forcément le formidable impact du début de Room. Elle est pourtant indispensable à ce film qui, à partir de la plus mortifère des situations, cultive délicatement les raisons de vivre.

(T. Sotinel, Le Monde)

 

CGR (Draguignan) : mercredi 11, samedi 14 et dimanche 15 à 18h, jeudi 12 à 11h, vendredi 13 à 15h45, lundi 16 à 20h et mardi 17 à 13h45


À peine j'ouvre les yeux
ImageRéalisé par Leyla BOUZID
Tunisie 2015 1h42mn VOSTF
avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari...
Scénario de Leyla Bouzid et Marie-Sophie Chambon. Beaucoup de prix dans beaucoup de festivals, notamment le Prix du Public et le Prix Label Europa Cinémas à la Mostra de Venise

Le cinéma est un outil formidable, un moyen incomparable de s'immerger dans des réalités éloignées des nôtres, de représenter des parties du monde qui nous seraient sinon invisibles, de raconter des histoires qui nous permettent de mieux appréhender des moments clés de l'Histoire. Sur les révolutions qui ont émergé dans de nombreux pays arabes au début de cette décennie, beaucoup de choses ont été dites et montrées. Nous avons vu les images documentaires des immenses manifestations et du renversement des pouvoirs en place, de la répression et des échecs. Nous avons en quelques sortes vécu, via nos écrans, les événements de ces Printemps Arabes, et nous suivons encore leurs conséquences sur les pays concernés.
Mais nous fûmes sans doute nombreux à être surpris par ces mouvements, et à ne pas forcément comprendre, par méconnaissance de la situation de ces pays, les raisons de ces soulèvements. La jeune réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid a donc décidé de situer l'action de son premier film quelques mois à peine avant la révolution de Jasmin, avec la volonté de faire ressentir ce qu'était la vie des Tunisiens – et particulièrement de la jeunesse – sous l'ère Ben Ali : « J’ai voulu revenir sur la sensation d’étouffement, la peur continue qu’on ressentait alors. Il ne faut pas oublier ces émotions. Je parle plus particulièrement de l’atmosphère des derniers mois du régime. Alors que la corruption rongeait tout, les gens étaient agressifs, ils évoluaient dans l’incertitude. C’était un peu une fin de règne. Tout cela explique, au moins en partie, énormément de choses, notamment les raisons de l’explosion qui ont conduit à la révolution ».

Tunis, été 2010. Farah est une jeune fille brillante qui vient de réussir son bac avec succès et que sa famille imagine déjà médecin. Mais Farah est aussi une fille à l'énergie débordante – et au caractère bien trempé – qui veut profiter de la vie et de sa jeunesse. Elle sort dans les bars, s'enivre, découvre l'amour dans les bras d'un des musicien du groupe de rock dans lequel elle chante des textes engagés, qui parlent des problèmes de son pays, de sa frustration et de ses rêves qui sont aussi ceux de ses compatriotes. Libre et impulsive, Farah s'oppose à la volonté de sa mère Hayet, qui connaît les interdits de son pays et tente de la protéger en l'éloignant de son groupe. Car dans la Tunisie de Ben Ali, Farah est considérée comme une rebelle, les membres de son groupe sont d'ailleurs surveillés par la police. Mais le désir de liberté est trop fort pour être contenu. Et c'est peu à peu les rouages de la machine répressive qui vont se refermer sur la jeune fille, symbole d'une jeunesse fière et vivante qui veut rester debout, mais risque d'en payer le prix…

À peine j'ouvre les yeux est donc le portrait d'une jeune fille trop libre pour un système autoritaire qui n'a plus d'autres solutions que la répression et la violence pour perpétuer son règne, étendard d'une jeunesse qui fera entendre sa voix quelques mois plus tard. Le film de Leyla Bouzid suit à un rythme effréné la tignasse bouclée et le visage poupin de son héroïne, plongeant à sa suite dans la vie nocturne tunisienne, ses rues, ses bars et ses boîtes de nuits. Il laisse une grande place à la puissance de la musique – rock inspiré des rythmes du mezoued, musique populaire tunisienne – et aux textes chantés par Farah. Et offre deux magnifiques personnages à deux sublimes actrices autour desquelles le récit se resserre peu à peu : la jeune Baya Medhaffar, dont c'est la première apparition, incarne Farah avec une énergie ébouriffante face à la célèbre chanteuse tunisienne Ghalia Benali, remarquable dans le rôle de sa mère Hayet. (Utopia)


CGR (Draguignan) : séance Entretoiles, horaire unique dimanche 22 mai à 18h


Desert Dancer
Afficher l'image d'origineRéalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2014 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...

Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), DESERT DANCER vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté… On pense aux « Chats persans » de Bahman Ghobadi devant ce sujet, sauf qu’ici il s’agit moins de musique que de danse. Le spectateur ne peut que s’émouvoir devant le parcours d’Afshin (Reece Ritchie, convaincant) et de ces jeunes gens courageux, mais aussi de son mentor…La passion de la danse est bien décrite  – on pense toutes proportions gardées à « Billy Elliot »,  car Afshin a la danse dans le sang, il est avide de connaissances en la matière et essaie d’apprendre de façon autodidacte. Afshin se révèle par la danse.Il vit pour sa passion. Cependant le contexte sociopolitique des deux films n’est absolument pas le même.Le film est aussi une belle histoire d’amour,  Afshin tombe amoureux d’une jeune fille (Freida Pinto),  qui a appris la danse par sa mère, ancienne danseuse décédée d’une overdose …

La scène du spectacle de danse dans le désert est poétique, c’est une métaphore de ce qu’a vécu Afshin et ses amis. Un autre moment de danse vous donnera des frissons, je n’en dis pas plus. Les chorégraphies sont intéressantes et les acteurs principaux sont totalement crédibles en danseurs.Le film est ponctué de moments de suspense intense. Comment le héros  menacé de mort va – t-il s’en sortir ? Dans la vraie vie, Afshin Ghaffarian a obtenu l’asile politique en France, a étudié au CND et a monté sa propre compagnie depuis. Ses amis vont -ils être tués ? On a régulièrement la larme à l’œil.J’ignore dans quelle mesure certaines scènes ont été romancées,  mais on ressent beaucoup de choses en regardant « Desert Dancer ».Véritable déclaration d’amour à la danse et plaidoyer pour la liberté et l’art sur toutes ses formes. Un beau film qui prône la liberté d’expression, l’amour et la fraternité.

Desert Dancer est de ces réalisations surprenantes qui, à frôler régulièrement la catastrophe, finissent par trouver une grâce funambulesque au-dessus des gouffres. Ces derniers avaient pourtant des allures abyssales.

Racontant les jeunes années iraniennes du danseur et chorégraphe engagé Afshin Ghaffarian, le film est interprété entièrement en anglais par un casting essentiellement anglophone – mais si bien choisi, si bien suivi par une caméra mobile sans excès, agile, que son naturel donne envie d’y croire. Visiblement construit à partir de deux scènes de danse – tout à fait belles au demeurant – entre lesquelles il s’efforce avec plus ou moins d’adresse de jeter des ponts et de la matière, il avance au fil d’une écriture fragile – mais toujours prompte à esquiver le sentimentalisme,...(Le Monde)


CGR (Draguignan) : séance Entretoiles, horaire unique dimanche 22 mai à 20h30

L'Avenir
Écrit et réalisé par Mia HANSEN-LØVE
France 2016 1h40mn
avec Isabele Huppert, André Marcon, Romain Kolinka, Edith Scob, Sarah Le Picard, Solal Forte...
Festival de Berlin 2016 – Ours d'argent de la Meilleure réalisatrice

Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir…
La vie de Nathalie est rythmée par ses cours qu’elle donne à des jeunes gens tout feu tout flamme qui l’écoutent ou qui ne l’écoutent pas, préférant sécher pour aller manifester, se rassembler, revendiquer. Nathalie aussi, dans sa jeunesse, militait, mais c’était hier, le passé, une autre époque. Aujourd’hui elle veut simplement assurer ses cours tranquillement, suivre le fil de sa vie rangée avec ses livres, ses élèves et sa mère un peu folle qui se suicide trois fois par semaine.

C’est aussi cela, le propre du temps qui passe, de la roue qui tourne : hier encore, on berçait sa couvée et aujourd’hui, il faut materner ses vieux parents. Et les vieille mamans angoissées, c’est parfois très pénible… Celle de Nathalie, dans son genre, est un spécimen fort intéressant.
Nathalie glisse sur ces lendemains avec la force tranquille d’une femme fière de son parcours, des ses réussites familiales et professionnelle ; forte aussi d’une vie intellectuelle riche et intense, habitée par les auteurs, les philosophes, les penseurs qui accompagnent chacun de ses pas, chacune de ses pensées vagabondes ou muries.
Les retrouvailles avec Mathieu, un ancien élève brillant qu’elle a mis sur la voie de la philosophie et dont elle suit le travail, vont coïncider avec cet instant précis de la vie de Nathalie où les événements vont se bousculer pour la malmener. Elle devrait s’effondrer, elle pourrait imploser, ou rester à terre en attendant le coup de grâce final… Mais sous ses allures frêles, s'appuyant sur la somme de ces instants d’avant qui forment son passé, elle va tenter de se fabriquer un avenir car, oui, l’avenir existe même quand on a depuis longtemps passé l’âge d’oser le questionner.

On connaît, pour les avoir appréciées dans ses précédents films, la délicatesse et l’intelligence d’écriture de Mia Hansen Love, brillante réalisatrice qui s’attache ici à un portrait fort et subtil d’une femme qui arrive comme on le dit banalement à un tournant de sa vie. Elle réussit le pari de ne jamais plomber son propos et glisse une belle tendresse dans le regard qu’elle porte sur cette génération qui n’est pas la sienne. A contrario, la manière dont elle parle de la jeunesse, de ses rêves, de ses utopies ne se fait jamais en opposition. Au fond, chacun n’est que la face passée ou à venir de la même pièce et tout n’est que mouvement.
C’est un beau film sur le temps qui passe et la sagesse dont il faut faire preuve pour accepter le cycle de la vie qui œuvre pour chaque humain. C’est aussi un film qui dit qu’avec la pensée et l’affection des autres, on est plus fort pour y arriver. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 13h50 et 20h30, jeudi 12 à 17h30, vendredi 13 à 18h30, samedi 14 à 20h45, lundi 16 à 16h et mardi 17 à 13h50
Lorgues : samedi 14 à 18h15 et dimanche 15 à 20h15


La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...

Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête.

Il y a Rani, la toujours sage, celle qui s'étiole dans une morne tenue de jeune veuve et peine à élever seule son insupportable fiston. Il y a Bijli, la délurée, celle dont le métier est de se trémousser, d'émoustiller ces messieurs, voire un peu plus à la demande de son patron. Entre les deux femmes : un monde ! Et pourtant Rani refuse, malgré l'opprobre de son entourage, de renier cette amitié « contre nature », construite dans les ferments de l'enfance. Cette façon de résister, de tenir tête, c'est peut-être un de leurs points communs les plus forts. Chacune a réussi à s'émanciper de la gouvernance d'un homme : l'une en n'en ayant aucun, l'autre en les ayant tous. Pourtant, sous leurs carapaces d'amazones indomptables, toutes deux partagent ce désir inavoué de l'autre, la même sensualité, une soif inextinguible de romantisme. Les hormones qui les titillent, torrides, poussent leurs corps à exulter. Oser rêver de s'échouer sur des rivages voluptueux d'un monde de jouissances et de libertés inaccessibles aux femmes ? C'est déjà franchir bon nombre d'interdits.
Bijli et Rani représentent tout un pan de la population féminine de leur pays, mais le tableau resterait incomplet sans Lajjo, la femme maltraitée par un mari qui lui reproche sa stérilité ; et sans la toute jeune Lehar Khan, qui incarne a elle seule le cercle vicieux que chaque génération a tendance à reproduire. Celui dans lequel s'enferre Rani en voulant la marier avec son propre fils, faisant subir aux deux jeunes ce qu'elle a dû endurer jadis à son corps défendant. Difficile de sortir des schémas que la pression sociale martèle sans arrêt.

Pourtant la bande des quatre (Rani, Bijli, Lajjo et Lehar) va s'enhardir peu à peu et devenir un quatuor explosif, vibrant, exalté. Si elles n'ont pas encore les mots pour la décrire, sourd une saine révolte grisante, radieuse. Sentir le vent dans ses cheveux, déposer son voile, mettre les voiles… Tant de choses à expérimenter, à inventer. Certes, en face ils ont la puissance pour les rappeler à l'ordre, mais qu'est-ce que la puissance face à la force que donne le sentiment de n'avoir rien à perdre ?


Le Vox (Fréjus) :mercredi 11 et vendredi 13 à 18h15 - samedi 14 à 13h50 - mardi 17 à 18h15
Salernes : jeudi 12 et dimanche 15  à 20h30, vendredi 13 à 18h


Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016. Photographie magnifique de Guillaume Deffontaines

C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant.

Nous sommes en 1910 dans la baie de Slack, quelque part entre Boulogne sur Mer et Calais, lieu de villégiature estivale pour les bourgeois de la métropole lilloise qui viennent profiter des bains de mer et des falaises offrant une vue imprenable sur les côtes britanniques, 40 km en face. Les Van Peteghem font partie de ces envahisseurs privilégiés. André (Luchini), industriel pompeux qui se pique de son bon goût pour l'architecture et les automobiles, vient là accompagné de son épouse, la fragile Isabelle (Valeria Bruni-Tedeschi), de leur deux filles et de leur neveu Billie. Complèteront bientôt le tableau des bourgeois en vacances le frère de Madame, Christian, et la sœur de Monsieur, Aude.
Mais le séjour va être perturbé par de mystérieuses disparitions en série de touristes, sur lesquelles enquête un duo de limiers aussi gauches qu'imbéciles, l'éléphantesque inspecteur Machin et son maigre adjoint Malfoy, les Laurel et Hardy de la police locale. Se pourrait-il que les Beaufort, famille de pêcheurs de moules de la baie – qui, idée surréaliste, font aussi office de porteurs pour les estivants qui ne veulent pas se mouiller les pieds –, aient quelque chose à se reprocher ? La relation naissante entre Ma Loute, le fils des pêcheurs, et Billie Van Peteghem, qui s'habille en fille dès qu'il (elle ?) en a l'occasion et qui dégage un charme pour le moins troublant, a-t-elle un lien quelconque avec l'affaire ? Nous n'en dirons pas plus tant le scénario réserve quelques surprises… que nous qualifierons pudiquement de perturbantes…

Car Bruno reste Dumont et il ne faut évidemment pas vous attendre à une plaisante comédie familiale. Comme annoncé plus haut, Ma Loute est à la fois hilarant, jouant à fond le jeu du comique grotesque et dévastateur – on saluera ici la performance histrionesque des trois « vedettes » à qui Dumont fait subir un traitement de choc – et terrible, d'un pessimisme célinien. D'un côté la nullité vaniteuse de la bourgeoisie dégénérée, de l'autre la misère bornée des prolétaires. Ma Loute, c'est donc le mélange détonant de la caricature burlesque, de la comédie policière à la Gustave le Rouge, le créateur de Chéri Bibi, des brûlots antibourgeois d'un Octave Mirbeau (Journal d'une femme de chambre) ou d'un Georges Darien (Le Voleur) et de la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel. Ce qui nous amène tout naturellement à signaler la beauté renversante des images composées par Bruno Dumont et son chef opérateur Guillaume Deffontaines, qui nous offrent des plans magnifiques des paysages du Nord, lumière irréelle, couleurs pastels, horizon bas…


Le Vox (Fréjus) : vendredi 13, samedi 14, dimanche 15, lundi 16 et mardi 17 à 13h50, 16h, 18h15, et 20h45


Dough
THE ASSASSINRéalisé par John GOLDSCHMIDT
Angleterre 2015 1h34mn VOSTF
avec Jonathan Pryce, Malachi Kirby, Ian Hart, Philipp Davis, Pauline Collins, Jerome Holder...
Scénario de Jonathan Besson

Les esprits grincheux trouveront sans doute un peu légère cette comédie anglaise qui n’est pas sans rappeler quelques-un des grands titres qui firent jadis venir les foules à Utopia. C’était le temps de The Full Monthy, Joue-là comme Beckam… Les Anglais savent toujours y faire dans la comédie sociale efficace et réussissent, sans grands moyens et souvent sans jamais sortir d’un quartier, à nous brosser le portrait d’une fraternité ordinaire et attachante sans blablater pendant des plombes. Un cinéma modeste à hauteur de gens ordinaires, ni héros ni salauds, pas toujours sympathiques, pas toujours très honnêtes mais toujours authentiques et terriblement humains.

Nat Dayan est le patron d’une petite boulangerie aussi casher que familiale, nichée au cœur d’un quartier populaire de Londres dont on pressent bien qu’il sera bientôt amené à disparaître. Un de ces quatre, un promoteur immobilier sans scrupules viendra raser tout ça pour y construire quelques parkings, un centre commercial où la pâtisserie industrielle trouvera sa place entre le rayon bricolage et les légumes sous vides.
Fatigué et un peu usé de se lever tous les jours aux aurores pour mettre la main à la pâte (dough, c’est pâte en anglais), Nat Dayan ne veut pourtant pas partir en vacances et encore moins prendre sa retraite. Sa boulangerie est toute sa vie et pas question d’arrêter de fournir le quartier et la communauté en brioches, muffins et autres délicieux petits pains. Mais s’il est têtu comme une mule, il demeure lucide sur son état et finit par accepter l’idée de prendre un apprenti. Ayyash n’était pas forcément la personne vers laquelle il se serait spontanément tourné : jeune, Noir et Musulman pratiquant, autant dire pas vraiment le candidat naturel. Mais Ayyash est le fils de la dame qui vient tous les jours faire le ménage chez Nat, alors après tout, pourquoi pas lui donner sa chance, elle lui assure que c’est un gentil petit gars, travailleur, honnête… Ayyash va se révéler être un apprenti dévoué et très doué, un peu trop doué peut-être… Les deux vont aussi se trouver quelques points communs dans la manière dont chacun prie son Dieu… l’occasion de quelques scènes cocasses.
Les mauvaises langues vont bien sûr ce méfier de ce Mohammed venu d’Ethiopie ou d’Arabie, enfin, de ce Noir musulman qui est sûrement aussi un peu terroriste. Mais Nat s’en moque car depuis qu’Ayyash travaille à ses côtés, les ventes ont explosé aussi sûrement que les petits pains se multipliaient si l'on en croit certaines Écritures… et puis comme par miracle, lui-même a retrouvé sa joie de vivre, son rire et l’envie de faire un peu plus attention à lui et aux autres. Bien sûr, tout cela cache quelque chose qui n’est sans doute pas très orthodoxe…

Terriblement british par son ton, son humour et tous ses personnages secondaires à la langue bien pendu, Dough est un petit condensé vivifiant d’optimisme et de joie de vivre ensemble qui fait un bien fou par sa simplicité un brin naïve de penser que rien n’est perdu d’avance si chacun prend le temps de dépasser ses préjugés. Au passage bien entendu, le film tord le coup à tous les clichés qui nous polluent le cœur et l’esprit et dénonce enfin les deux plus grands fléaux de l’humanité qui avancent souvent comme deux andouilles main dans la main : l’ignorance et la connerie.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 13h50 et 18h30, jeudi 12 à 16h et 20h30, vendredi 13 à 13h50, samedi 14 à 16h10, dimanche 15 à 18h30, lundi 16 à 18h15 et 20h45, mardi 17 à 178h30



Le Bois dont les rêves sont faits
ImageRéalisé par Claire SIMON
Documentaire France 2015 2h26mn

Dans ce titre se trouve déjà toute la poésie dont le film tient la promesse. Il véhicule l’imaginaire, la part d’intimité et les potentialités d’un lieu, le Bois de Vincennes, que Claire Simon a filmé au gré de quatre saisons, au fil du rythme de la nature. Elle fait de nous les promeneurs curieux de ce havre en marge de la frénésie citadine, les interlocuteurs momentanés de ses habitants plus ou moins temporaires. Filmer la vie d’un bois, c’est certes en sillonner les sentiers, en humer les senteurs, y côtoyer ses promeneurs. Mais c’est aussi embrasser son immense pouvoir de fiction. Le bois est l’endroit des fantasmes, des croyances, de l’évasion, des secrets, de l’expérience sensorielle. Il idéalise tout ce que nous refusons de la ville, du stress et de la contrainte. Et cela, il le fait en un instant : une odeur de sous-bois, une palette de couleurs, quelques chants d’oiseaux et voilà le monde sauvage à portée de main. Le bois est l’endroit où ressurgit l’enfance, un lieu où se mêlent la magie et la beauté, où le temps suspend son cours. Voilà pourquoi ce fabuleux documentaire porte en lui mille et une fictions qui nous transportent en observateurs attentionnés vers autant de rencontres, témoignages et autres récits intimes et passionnants.

L’idée de ce documentaire, simple et pourtant si forte, c’est d’avoir conçu le bois comme un petit monde en soi. Tout le monde vient au bois : des hommes et des femmes de tous âges, de tous horizons, de toutes classes. On y vient pour se ressourcer, pour faire de l’exercice, pour travailler, pour chercher l’amour ou pour des rapports fugaces. Le point commun entre tous ces gens est d'y venir pour accomplir quelque chose d’intérieur, souvent avec la régularité d’un rituel. Prenez cet homme, enfant de la Libération, d’une mère française et d’un GI, qui fait de la musculation en soulevant des troncs d’arbres : ce qu’il fait, dit-il, c’est bon pour le mental. Et comme on vient là pour une certaine liberté, comme ici on a le droit d’être différent, alors les langues parlent avec une authenticité rare. En ville l’image est suspecte. Ici au bois la caméra baladeuse de Claire Simon ne cause aucune gène. Elle enregistre avec fluidité une succession de rencontres – de très belles rencontres – et collecte les morceaux de vie que les personnages donnent à voir ou à entendre. Un peintre que la tombée du soir n'arrête pas, une prostituée et sa « chambre » à ciel ouvert, un réfugié cambodgien plongé dans ses souvenirs, un éleveur de pigeons qui élabore le grand lâcher, un homosexuel guettant le sexe au coin des fourrés, des sans-abris anéantis par le sommeil, des pêcheurs de carpe, un mateur aux méthodes bien rodées… Et comme dans tout lieu en marge, il s'y tient parfois des tragédies. Avec beaucoup de sensibilité, la réalisatrice filme à égalité tous ceux qu'elle croise, sans voyeurisme ni jugement.

Au fil de ce documentaire, la voix de Claire Simon nous guide sous l’humus du bois, là où la vie fourmille, dévoilant ce que ce lieu recèle d’invisible. Munie de sa caméra et d’un dispositif minimaliste, elle imprègne son film d’intimité et d’équilibre. Au point de laisser deviner qu’elle ne diffère en rien de tous ceux qu’elle interroge ; qu’elle aussi se rend au bois pour y satisfaire un besoin personnel, y rencontrer des gens, y laisser un peu de sa solitude peut-être. Et plus que tout, revenir encore et encore se blottir au cœur de cette grande utopie qu’est le bois, où règnent la liberté, le merveilleux et la diversité. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 11 à 15h45, jeudi 12 et dimanche 15 à 13h50


Un Monstre à mille têtes
AfficheRéalisé par Rodrigo PLA
Mexique 2015 1h15mn VOSTF
avec Jana Raluy, Sebastian Aguirre Boëda, Hugo Albores, Daniel Gimenez Cacho...
Scénario de Laura Santullo
PRIX DU PUBLIC, FESTIVAL DE BIARRITZ 2015


Le « monstre à mille têtes », c'est le libéralisme sans frein et et ses conséquences, c'est le système kafkaïen qu'il met en place, c'est la nouvelle bureaucratie de l'argent qu'il instaure. Rodrigo Pla, comme dans l'excellent La Zona qui nous l'a révélé (disponible en Vidéo en Poche), s'attaque bille en tête au monstre, et c'est aussi rageur que captivant.
Le film commence par un plan éloigné sur une chambre d'où nous parviennent des sons qui pourraient nous faire croire à des ébats amoureux, mais la séquence s'éclaire et l'on comprend rapidement que les gémissements émanent d'un homme qui souffre atrocement. Le mari de Sonia n'en peut plus du cancer qui le ronge. Sonia, quadragénaire tout ce qu'il y a d'ordinaire et de paisible, que rien ne prédispose aux actes irréfléchis, encore moins insensés, va faire ce que toute épouse ferait en de telles circonstances : joindre d'urgence le médecin afin de trouver avec lui le meilleur traitement possible pour soulager son mari, peut-être celui de la dernière chance. Mais voilà, nous sommes au Mexique, laboratoire – comme bien d'autres pays d'Amérique latine – des mesures ultra-libérales les plus délirantes. Résultat : la santé est entre les mains de mutuelles privées, promptes à encaisser des cotisations mensuelles extravagantes, beaucoup moins à prendre en charge les frais médicaux ou hospitaliers quand elles considèrent que vous avez déjà un orteil dans la tombe. La décision d'un nouveau traitement pour le mari de Sonia appartient donc au médecin conseil de la mutuelle. Évidemment injoignable en cette veille de week-end…

Qu'à cela ne tienne, Sonia réunit tous les documents nécessaires et se rend en compagnie de son adolescent de fils au siège de la mutuelle. Et tout va s'emballer quand elle croise le dit médecin qui prétend ne pas être là, raquette de squash à la main, s'apprêtant à partir. Prouvant (et approuvant !) que l'amour d'un proche et l'instinct de survie peuvent tranformer une femme sans histoires en louve prête à protéger sa meute, le film et ses personnages basculent alors dans l'engrenage inéluctable d'un thriller social palpitant… Sonia n'a d'autre choix que de franchir les limites de la légalité pour faire face à un système bureaucratique, injuste et corrompu qui nourrit un peu plus les riches et laisse crever ceux qui ne le sont pas.

Rodrigo Pla et sa scénariste ont été inspirés par le documentaire canadien The Corporation (programmé chez nous en 2005), qui décrivait l'action criminelle des multinationales (en particulier les sociétés pharmaceutiques ou liées à la santé) contre l'intérêt des citoyens. La mise en scène remarquablement rythmée et tendue renforce le propos. Elle oppose la course effrénée de Sonia à la froideur aseptisée et inhumaine des locaux de la mutuelle, au luxe glacé des villas des différents dirigeants. Et cette froideur des lieux est bien sûr le reflet de celle des humains qui y travaillent, qui y vivent.
Aux accès de violence s'opposent des moments comme suspendus, figés, qui cassent volontairement le caractère dramatique des situations, qui pointent l'absurdité, le ridicule des puissants et de leur mode de vie, comme quand Sonia surgit au milieu des vestiaires d'un club de sport où les responsables de la mutuelle sont nus et pathétiques face à sa détermination inflexible. Et le récit direct de l'action s'enrichit d'éléments extérieurs qui apportent une autre résonance, permettent un certain recul : le témoignage de la réceptionniste de la mutuelle, ou les débats du procès qui aura lieu hors champ, bien après le terme du périple désespéré de la mère et du fils.(Utopia)

Lorgues : mercredi 11 à 19h et dimanche 15 à 14h30

Médecin de Campagne
Réalisé par Thomas LILTI
France 2016 1h42mn
avec François Cluzet, Marianne Denicourt, Isabelle Sadoyan, Christophe Odent, Patrick Descamps, Felix Moati...
Scénario de Thomas Lilti et Baya Kasmi

On a découvert Thomas Lilti, médecin passionné devenu cinéaste du même métal, avec Hippocrate, formidable portrait d'un jeune interne plongé dans le maelstrom d'un grand hôpital parisien en proie à la réduction des effectifs et à la surchauffe. Son nouveau film s'intéresse encore à la médecine – le titre ne laisse aucun doute sur la question – mais, bien loin des grands complexes hospitaliers parisiens, il nous parachute dans le Vexin, région encore largement rurale à cheval entre la Normandie et les confins de l’île de France. La vie quotidienne est sans doute ici plus sereine, son rythme est plus raisonnable, à la mesure de ces paysages paisibles, qui n'ont guère bougé depuis un siècle… Il n'empêche que pour Jean-Pierre Werner, seul médecin dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, la surchauffe est bien présente aussi. Du matin au crépuscule, il sillonne les départementales de la région, au devant des petits bobos et des grandes solitudes, tour à tour médecin généraliste, psychologue, assistant social, homme à tout faire, dans une campagne peuplée essentiellement de personnages âgées, pour qui il est parfois une des rares visites.

Les consultations à domicile s'enchaînent – très belles scènes qui témoignent bien du regard chaleureux de Thomas Lilti, en même temps que de sa connaissance approfondie de son sujet – et quand il revient, quasi systématiquement en retard, à son cabinet, la salle d'attente est souvent pleine de patients… Pas de doute, la tâche est rude. Et les confrères ne se bousculent pas au portillon pour accepter de s'installer dans une région pas spécialement attractive et fort peu lucrative : travailler dix à douze heures par jour à ce prix là, c'est du sacerdoce !
Mais pour l'instant, ce n'est pas la surcharge de travail qui préoccupe Jean-Pierre. C'est même tout le contraire : ce qui le mine, c'est qu'il risque d'être obligé d'arrêter. Le diagnostic de son confrère et ami qui, dans la première scène du film, lui fait passer un examen du cerveau est sans appel : il souffre d'une tumeur temporale, il va lui falloir suivre un traitement lourd, fatiguant, donc il n'a pas d'autre choix que de lever drastiquement le pied et de se trouver dare-dare un remplaçant…
C'est comme ça que débarque Nathalie, qui a tout pour déplaire au vieil ours Jean-Pierre, habitué à travailler tout seul, à ne s'expliquer de rien à personne, et claffi de préjugés éventuellement machistes : Nathalie est incontestablement une femme, une citadine qui n'a aucune expérience de la campagne, incapable de distinguer un jars d'un canard, et qui en plus a suivi un parcours peu orthodoxe puisqu'ancienne infirmière ayant repris des études de médecine sur le tard… Ce qui nous vaudra quelques scènes de bizutage aussi répréhensibles que cocasses. Mais Nathalie a un sacré tempérament et une vraie compétence et elle va s'accrocher, jusqu'à gagner la confiance de son confrère mal embouché…

Thomas Lilti livre un bel hommage, d'une évidente authenticité, à cette profession de médecin de campagne, somme toute méconnue et guère valorisée – pas étonnant qu'elle soit en voie de disparition –, en première ligne face à la crise générale de notre système de santé. Et il agrémente cette chronique bien sentie d'une fine trame romanesque où l'amour et la peur de la mort vont se croiser. Pour incarner ce couple a priori pas du tout fait pour s'entendre mais dont les solitudes vont évidemment se rapprocher, Marianne Denicourt et François Cluzet excellent. (Utopia)

Le Luc : mercredi 11 à 16h et dimanche 15 à 20h30


Merci Patron !
AfficheRéalisé par François RUFFIN
Documentaire France / Belgique 2015 1h30mn

Jocelyne et Serge Klur, ouvriers dans l’industrie textile depuis plus de trente ans, fabriquaient des costumes pour la marque Kenzo dans le nord de la France jusqu’à que leur usine soit délocalisée en Pologne. Désormais au chômage, criblés de dettes, ils risquent simplement de perdre leur maison. Bernard Arnaud est PDG du groupe LVMH. La firme est numéro un mondial du luxe grâce à son portefeuille de plus de soixante marques de prestige dont certaines sont plusieurs fois centenaires. « Groupe à caractère familial, LVMH a pour vocation d’assurer le développement à long terme de chacune de ses Maisons dans le respect de leur identité, leur héritage, leur savoir-faire. » Cette gentille phrase de présentation du groupe sur la page d’accueil de son site internet est située juste en deçà du petit compteur qui nous donne la valeur de l’action en temps réel… François Ruffin, vous connaissez sa voix de journaliste enquêteur dans l’émission Là-bas si j’y suis. Sensible aux sorts et causes des classes populaires aujourd’hui sous-représentées dans les médias mais toujours plus présentes dans la composition de la société française il est également le fondateur du journal de contre-désinformation Fakir que vous pouvez trouver dans tous les bons kiosques mais aussi et toujours à la caisse de votre ciné préféré.

À priori pas grand chose en commun entre ces trois protagonistes. Sauf que Les Klur travaillaient pour Kenzo, que Kenzo appartient au groupe LVMH et que Ruffin a une fâcheuse tendance à prendre fait et cause pour les valeureux travailleurs plutôt que pour les patrons de multinationales. Notre journaliste d’investigation s’invite donc à une assemblée générale du groupe LVMH et tente de prendre la parole. Sitôt monté sur l’estrade sitôt délogé, il semble difficile de croire que David puisse encore l’emporter sur Goliath. Mais il prend des forces, avale quelques petits fours, une rasade de champagne et fomente une action digne d’un Robin des bois des temps modernes, tendance carnavalesque. Du suspense donc, de l’émotion, de la franche rigolade, et même de l’espionnage sont au programme de ce thriller social qui semble s’inscrire, telle une nouvelle variante des pieds Nickelés version Picarde contre entreprise tentaculaire, dans la longue caravane des combats pour des causes désespérées mais qui, au final, nous conforte dans l’idée que, tel que le proclame Fakir à longueur de numéros : « À la fin, c’est nous qu’on va gagner ! » (Utopia)

Le Luc : mercredi 11 et samedi 14 à 18h, vendredi 13 à 20h30


Le Cœur régulier
Réalisé par Vanja D'ALCANTARA
France 2016 1h35 VOSTF
avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider, Fabrizio Rongione, Masanobu Ando...
Scénario de Vanja D'Alcantara, Gilles Taurand et Emmanuelle Beaugrand-Champagne, d'après le roman d'Olivier Adam

Parfois, quand on a envie que tout cesse, qu'on s'apprête à sauter dans le vide, apparaît une main secourable, qui redonne le courage d'avancer. Au dessus de falaises battues par les vents marins, dans le lointain Japon, s'agrippe une petite maison où veille Daïsuke, un homme entre deux âges, qui guette ceux qui n'ont plus le cœur à vivre. Dans sa bouche, ni jugement, ni mots de consolation. Il est juste une oreille qui écoute. Il a laissé derrière lui son étrange passé, la somme de toutes ses impuissances pour se placer du côté de la barrière où il peut encore tenter de faire bifurquer le cours des choses. Ni héros, ni gourou, il est là où il lui semble devoir être.

Tout cela est étranger à Alice (Isabelle Carré), à son pays (la France), à sa réalité. Douillettement installée dans un quotidien impeccable : jolie maison design, sages chérubins, mari aimant (Léo). Chaque chose à sa place et pas plus de place pour la fantaisie que pour un grain de poussière. Alice pourrait être une illustration du poème de Jean Richepin : « Possédant pour tout cœur un viscère sans fièvre, un coucou régulier, et garanti dix ans ». Cette chose qui bat en elle, parfois un peu trop fort, qui brouille son regard sous ces cils disciplinés… elle évite d'y prêter attention et s'acharne à la faire taire. Nul soupir n'émane de ses lèvres sagement fardées et si tel était le cas, on imagine sans peine comment les braves gens de son entourage fondraient sur celle qui a tout pour être heureuse.
Elle se meut par habitude, sans conviction, comme si elle passait à côté de sa propre vie, à côté d'elle-même. Alors que Léo se régale de soirées fréquentées par des gens de sa condition sociale, triés sur le volet, il s'étonne de voir sa femme étrangement absente, en souffrance d'une chose qu'elle ne sait même pas nommer.

C'est dans ce couple qui s'étiole que déboule, sans crier gare, Nathan, le jeune frère d'Alice. Vif, indépendant, bohème, vivant de l'air du temps, n'ayant pas peur d'avouer ses faiblesses, ses sentiments, ivre d'un amour incommensurable pour la vie. C'est une brise rafraîchissante qui déferle dans la maisonnée. Tout semble soudain respirer : les meubles, la cuisine qui déborde soudain de casseroles pleine de pâte à crêpes, les gosses qui se lèchent les doigts, osant rire de tout, comme mus par un droit à la désobéissance… et Alice qui s'illumine soudain. C'est un joyeux bordel ! Tous se régalent, s'enthousiasment, mis à part Léo, sans doute jaloux de voir le frangin prodigue réussir là où lui-même échoue depuis trop longtemps.
Nathan parle de ses voyages, de ses rencontres, d'une en particulier qui l'a bouleversé. Mais tout en babillant, il voit ce que les autres ne savent pas voir et pose la seule vraie question : « T'es où ma sœur, mon Alice ? Tu restes là, coincée dans ta petite vie parfaite… » Alice va alors entreprendre un voyage qui la conduira tout au bord des falaises de Tojimbo, que son frère arpenta, là où l'espoir peut renaître parfois. Au bout de son cheminement elle trouvera quelque chose qu'elle n'attendait pas. Un roulement de plus en plus régulier, comme celui d'un cœur qui bat…


Cotignac : dimanche 15 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


×