Au(x) cinéma(s) du 12 au 18 octobre

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Bonjour à tous !

En ce mois d'Octobre, Entretoiles s'est penché sur le cinéma roumain : dimanche 16 octobre, notre proposition,  au CGR cette fois ci, sera  : Sieranevada de Crisit Puiu, l'histoire d'un repas familial chaotique, alternant rire et angoisse : le sujet n'est pas sans rappeler celui de Juste La Fin Du Monde de Xavier Dolan... ATTENTION : le film est long donc un seul film cette fois ci et à 19h30 !

Passons maintenant à ce que nous proposent nos écrans : au CGR le film "Cinéclub" est Le fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant, Vous pouvez aussi voir le dernier film de Xavier Dolan Juste La Fin Du Monde, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2016  (ainsi qu'au Vox, à Lorgues, à Salernes et à Cotignac),  Cézanne et moi,  un récit intimiste et libre de l'amitié entre Cézanne et Zola (et à Salernes).

Au Vox, ne manquez pas le dernier film des Frères Dardenne La Fille Inconnue, "sec et tendu comme un thriller, un diamant des frères Dardenne",  La Danseuse  de Stéphanie Di Giusto, Brooklyn village (et à Cotignac), une superbe histoire d'amitié et aussi Déesses indiennes en colère de Pan Nalin, "un film enlevé, servi par des interprètes jubilatoires".

Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez  vite au Vox: c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse.

A Salernes, si vous vous intéressez au vin, alors ne manquez pas trois films ce weekend, très intéressants et documentés, dans le cadre des "Ciné-rencontres" avec dégustation de vin bio le samedi : Résistance naturelleVino Veritas et Vendanges.

A Lorgues, on peut voir Comancheria de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des années..." .et Free state of Jones, de Gary Ross, un film prenant et profond sur un combat pour la liberté et l'égalité en pleine guerre de Sécession.

Signalons aussi pour les enfants à partir de 4 ans "Le p'tit ciné concert" au Pôle culturel Chabran (voir le détail en bas du mail)

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 12 AU 18 OCTOBRE 2016

affiche
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Sieranevada
Écrit et réalisé par Cristi PUIU
Roumanie 2016 2h53mn VOSTF
avec Mimi Branescu, Judith State, Bogdan Dumitrache, Dana Dogaru, Ana Ciontea...
Le nouveau film de Cristi Puiu (le grand nom, avec Cristian Mungiu, du cinéma roumain, réalisateur du mémorable La Mort de Dante Lazarescu), passionnant, foisonnant, virtuose, autour d'une cérémonie familiale censée rassembler et apaiser et qui tourne à la foire d'empoigne. Quarante jours après la mort de son père, Lary, médecin de son état, la quarantaine barbue et bourrue, vient passer son Samedi au sein de la famille réunie, comme le veut la tradition, pour saluer la mémoire du défunt. Ça commence sur les chapeaux de roues… avec une voiture pourtant à l’arrêt, garée en double file. La scène de micro-embouteillage crée d’emblée un double suspense. Pressés et agacés, les protagonistes se reprochent mutuellement leur retard au repas funéraire où ils sont attendus. L’habitacle de la voiture, comme plus tard l’appartement entre les murs duquel se passe la majorité du film, se transforme alors en cocotte-minute prête à imploser sous les règlements de compte familiaux... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles dimanche 16 octobre à 19h30, suivi d'un apéritif dinatoire
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 12 et vendredi 14 à 18h, jeudi 13 à 14h, samedi 15 à 17h45, lundi 17 à 16h et mardi 18 à 11h
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Cézanne et moi
Écrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...
C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola. Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi 13 et lundi 17 à 11h15 et 18h - vendredi 14, dimanche 16 et mardi 18 à 18h
Salernes : jeudi 13 à 18h et mardi 18 à 21h
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
CGR (Draguignan) :jeudi 13, dimanche 16, lundi 17 et mardi 18 à 16h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 12, jeudi 13, vendredi 14, samedi 15, lundi 17 à 14h, 18h30, 20h45 - dimanche 16 à 16h15 et 20h45 -  - mardi 18 à 14h et 20h45
Lorgues : samedi 15 à 18h30, dimanche 16 à 20h30 et lundi 17 à 21h
Salernes :  mercredi 12, vendredi 14 et mardi 18 à 18h, jeudi 13 et lundi 17 à 20h30
Cotignac : vendredi 14 et mardi 18 à 20h30
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La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...
Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin...
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Le Vox (Fréjus) : Tous les jours : 14h, 16h15, 18h30 et 20h45
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Déesses indiennes en colère
Réalisé par Pan Nalin
Inde 2016 1h44mn VOSTF
avec Rajshri Deshpande, Sandhya Mridul, Amrit Maghera, Pavleen Gujral, Anushka Manchanda, Tannishtha Chatterjee...
Bienvenue à Goa, la station balnéaire et méridionale du sous continent indien. Ses rizières de cartes postales où barbotent les buffles, ses plages au sable blanc éclatant , et ses palmiers qui craquent au vent au bord de la mer d’Arabie.
Dans les années 70, dans cet état catholique donc étrangement plus permissif que le Kerala voisin, les hippies ont trouvé leur Eden. Un petit mélange de nature paradisiaque, de vie au coût dérisoire pour n’importe quel va-nu-pieds occidental, et de spiritualité orientale vite digérée a fait le succès du lieu. Et aujourd’hui la démocratisation des voyages et le capitalisme à l’indienne a fait de Goa la destination hype pour les jeunes Américains en springbreak exotique, les soldats israëliens en permission et pour les nouvelles classes supérieures indiennes qui y acquièrent des villas coloniales où ils boivent des mojitos aprés avoir remplacé les sitars traditionnels par des DJ's à la mode.
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Le Vox (Fréjus) : dimanche 16 et mardi 18 à 18h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...
De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 12 et vendredi 14 à 18h30, jeudi 13, samedi 15,  dimanche 16 et lundi 17 à 16h15, mardi 18 à 16h15 et 20h45
Cotignac : jeudi 13 à 20h30
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La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista
La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 12 et samedi 15 à 16h et 20h45, jeudi 13 et vendredi 14 à 16h et 18h30, dimanche 16 à 14h et 20h45, lundi 17 et mardi 18 à 14h et 18h30
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
Lorgues : mercredi 12 à 19h30, samedi 15 à 20h30 et lundi 17 à 17h
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Free State Of Jones
Réalisé par Gary ROSS
USA 2016 2h19 VOSTF
avec Matthew McConaughey, Gugu Mbatha-Raw, Mahershala Ali, Keri Russel, Christopher Berry, Brad Carter...
Scénario de Gary Ross et Leonard Hartman
Dès la première scène, le film nous embarque : un champ de bataille qui n’est rien d’autre qu’un champ de cadavres, des soldats qui avancent vers la mort, peur au ventre et baïonnette au fusil, le regard perdu vers un horizon en ruine et des ennemis qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau. Des vieux, des jeunes, des très jeunes même, lancés dans cette folie meurtrière décrétée comme toujours par les puissants, les grands propriétaires, bien en sécurité dans les états-majors ou leurs exploitations de coton. Cela pourrait se passer en 1916 à Verdun, mais nous sommes en 1863, en pleine guerre de Sécession et ici comme ailleurs, ici comme toujours, la chair à canon est la chair des paysans, des ouvriers, des miséreux, des pauvres diables... lire la suite
Lorgues : mercredi 12 à 17h, jeudi 13 à 20h, samedi 15 à 16h, dimanche 16 à 18h
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Résistance Naturelle
Réalisé par Jonathan NOSSITER
Documentaire Italie 2014 1h23mn VOSTF
Quel régal ! Résistance naturelle est plus qu’un nouveau film sur le vin et la viticulture, c’est un véritable appel à la rébellion ! Mais une rébellion douce, sereine, avec un verre de Chianti naturel à la main. Jonathan Nossiter (qui avait déjà réalisé en 2004 le fameux Mondovino) est allé les rencontrer, ces vignerons pas comme les autres, qui résistent aux assauts de l’agro-chimico-industrie, du marché et de la mondialisation, en s’entêtant à produire un vin artisanal et naturel.
Ils sont quatre, vivent et cultivent en Italie, en Toscane, en Emilie-Romagne ou dans le Piémont, s’appellent Elena Pantaleoni et Stefano Bellotti - personnage principal du film et figure impressionnante, porteur d’un immense savoir, capable de vous convaincre en moins de deux que la nourriture industrielle est un pas vers le totalitarisme… savoureux !...
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Salernes : samedi 15 à 18h
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Vino Veritas
Réalisé par Pascal Obadia
Documentaire France 2016 1h22mn
« In vino veritas » disaient les romains… Aujourd’hui, on pourrait transformer l’expression en : « In pesticidio veritas ». Toute plaisanterie gardée, ce néologisme latiniste est pourtant réaliste car, les lecteurs de l'indispensable rubrique « conflits de canard » du Canard Enchaîné ne l'ignorent pas, le vin est devenu une des denrée les plus polluées au monde. Vino Veritas est un voyage dans l'univers du vin, une balade à travers les vignes d'Europe. Le documentaire donne la parole aux nouveaux vignerons qui considèrent la nature comme élément incontournable dans l'élaboration d'un vin de qualité, d'un vin vivant. « Bios », « bio-dynamiciens » ou « naturels », quelle que soit l'appellation, une réflexion mondiale fait son chemin. Alors que l’ensemble de nos aliments est aujourd’hui soumise à des contrôles de plus en plus stricts, nous sommes face à un manque total d’informations concernant le vin... lire la suite
Salernes : samedi 15 à 20h30
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Vendanges
Réalisé par Paul Lacoste
Documentaire France 2013 1h22mn
Bien sûr, le titre de ce très chouette documentaire n’est pas menteur : de vendanges et de vignes, il en sera bien sûr beaucoup question. Mais bien que cette avant-première vous soit ici présentée dans le cadre d’un festival du film d’environnement, il aurait pu tout aussi aisément trouver sa place dans un cycle « travail et cinéma ». Car le cœur du film, et ce qui en fait son originalité tout autant que sa force, c’est d’aborder à travers ce temps particulier que sont les vendanges la question ô combien d’actualité du travail précaire. Dans un jadis pas si lointain, les vendanges étaient l’occasion pour des travailleurs venus de pays plus ou moins lointains de trouver dans les régions françaises, terres de vignobles ou d’arbres fruitiers, un job saisonnier qui, même s’il était physiquement éprouvant, offrait toujours mieux que le rien du tout de leurs terres natales... lire la suite
Salernes : vendredi 14 à 20h30
Affiche
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 12, vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 à 14h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Sieranevada
Écrit et réalisé par Cristi PUIU
Roumanie 2016 2h53mn VOSTF
avec Mimi Branescu, Judith State, Bogdan Dumitrache, Dana Dogaru, Ana Ciontea...

Le nouveau film de Cristi Puiu (le grand nom, avec Cristian Mungiu, du cinéma roumain, réalisateur du mémorable La Mort de Dante Lazarescu), passionnant, foisonnant, virtuose, autour d'une cérémonie familiale censée rassembler et apaiser et qui tourne à la foire d'empoigne.
Quarante jours après la mort de son père, Lary, médecin de son état, la quarantaine barbue et bourrue, vient passer son Samedi au sein de la famille réunie, comme le veut la tradition, pour saluer la mémoire du défunt.

Ça commence sur les chapeaux de roues… avec une voiture pourtant à l’arrêt, garée en double file. La scène de micro-embouteillage crée d’emblée un double suspense. Pressés et agacés, les protagonistes se reprochent mutuellement leur retard au repas funéraire où ils sont attendus. L’habitacle de la voiture, comme plus tard l’appartement entre les murs duquel se passe la majorité du film, se transforme alors en cocotte-minute prête à imploser sous les règlements de compte familiaux. L’autre forme de tension, plus discrète, provient de la mise en scène. Cette première séquence est filmée à distance, depuis l’autre bout de la route, comme par une caméra de surveillance. Une caméra qui n’entend pas tout mais qui voit tout.
Cristi Puiu filme en temps réel un repas familial chaotique réunissant une quinzaine de participants entassés dans cet appartement où chacun court et se bouscule. Abandonnant certains protagonistes pour se concentrer sur d’autres, la caméra passe de pièce et pièce, chacune étant le théâtre d’une sous-intrigue. Le réalisateur nous plonge dans cette famille affairée comme une fourmilière en panique. La caméra capte tout cela à hauteur d’homme, immergée et pourtant curieusement distante, comme si elle épousait le point de vue même du défunt et le regard ironique que celui-ci pourrait porter sur la vaine agitation des vivants.
De la recette de la soupe à l’histoire entière de la Roumanie communiste et même jusqu’au 11 Septembre : les membres de cette famille mettent tout sur la table, discutent de tout et n’arrivent à s’entendre sur rien. Au milieu d’une cacophonie accentuée par une radio que personne ne songe pourtant à éteindre (oh, du Ace of Base !), chacun tente de sauver les meubles et s’affaire à respecter les habitudes familiales et les rituels funéraires jusqu’à l’absurde. Jusqu’à décaler le véritable début du repas, sans cesse retardé dans un running gag absurde et kafkaien. On pense au Bunuel de L'Ange exterminateur ou du Charme discret de la bourgeoisie…

Sieranevada (ne cherchez pas à trouver une signification littérale au titre, Cristi Puiu l'a choisi avant tout pour sa sonorité et son étrangeté…) pratique avec brio l'art de la variation des registres : alternant rire et angoisse, la dérive de cette famille coincée entre héritage historique non résolu et traditions vides de sens a beau durer près de trois heures, elle est passionnante jusqu’au bout.

(G. Coutaut, filmdeculte.com)


CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles dimanche 16 octobre à 19h30, suivi d'un apéritif dinatoire


Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

 

 

CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 12 et vendredi 14 à 18h, jeudi 13 à 14h, samedi 15 à 17h45, lundi 17 à 16h et mardi 18 à 11h


Cézanne et moi
CÉZANNE ET MOIÉcrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...

C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola.
Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée…
Alors bien entendu, on a connu plus sobre et plus intimiste dans les portraits au cinéma de grands artistes : Pialat quand il fait son inoubliable Van Gogh ou même Michel Bouquet quand il incarne Renoir au crépuscule de sa vie… Danièle Thompson est dans une autre démarche, plus flamboyante et son histoire est à l’image de cette amitié incandescente entre deux fougues inépuisables que rien ne semble freiner… alors oui bien sûr, parfois, on a un peu le tournis, ça s’enflamme et ça jaillit de tous côtés, ça explose souvent, ça va et vient entre les époques, les œuvres, les succès, les déceptions. Mais à chaque fois que le film semble s’alourdir, l’écriture reprend le flambeau du récit. Les dialogues sont ciselés avec une rare intelligence, le rythme est parfait, le ton juste et le verbe reprend toujours ses droits, portés par deux comédiens habités par l’aura de ces grands hommes.

Il faut dire qu’elle est intense, cette histoire d’amitié, elle ne connaît pas la tiédeur. Cézanne et Zola se rencontrent à Aix, ils ont treize ans et partagent les mêmes rêves, les mêmes utopies… tous deux montent à Paris, fréquentent les même quartiers : Montmartre, les Batignolles, tous deux crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, tous deux ont soif de reconnaissance et de gloire aussi… Mais alors que Zola va connaître rapidement le succès et devenir très vite « un auteur » reconnu et respecté, son ami Paul, impétueux, colérique, intransigeant avec son art et avec lui-même, ne parvient pas à percer et s’enferme peu à peu dans la posture de l’artiste incompris et maudit, bohème, éternellement fauché, irrémédiablement tourmenté. Danièle Thompson film cette douloureuse marche à contre-courant des deux hommes, l’un filant tranquillement vers la gloire avec tout le confort, la sécurité et les concessions que cela suppose, l’autre fuyant tout compromis, toute modération dans son rapport aux autres pour servir un art dont il sent pourtant qu’il est plus fort ou plus grand que lui, un art qui, comme le succès, lui échappe.
Au cœur du film, comme un point d’ancrage, il y a un roman de Zola, L’œuvre qui scellera définitivement la brouille entre les deux hommes. Une œuvre qui interroge précisément la place de l’artiste et de la création, mais pose au-delà le lien douloureux et complexe entre la fiction et le vécu. Pour la peinture, l’époque est passionnante : on y croise Monsieur Manet et les premiers peintres impressionnistes (que Zola, jeune critique d’Art défendra), on y croise aussi (bon d’accord, de loin) les tumultes politiques…

Au-delà d’un film sur l’œuvre (magistrale) de Zola ou sur la peinture (tout aussi majeure) de Cézanne, Cézanne et moi est finalement le récit intimiste et libre (quoique parfaitement documenté) de l’amitié entre Paul et Émile mise à l’épreuve du feu de la célébrité et de celui, peut-être plus dangereux encore, de l’orgueil. (Utopia)


CGR (Draguignan)  : jeudi 13 et lundi 17 à 11h15 et 18h - vendredi 14, dimanche 16 et mardi 18 à 18h
Salernes : jeudi 13 à 18h et mardi 18 à 21h

 

Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)

CGR (Draguignan) :jeudi 13, dimanche 16, lundi 17 et mardi 18 à 16h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 12, jeudi 13, vendredi 14, samedi 15, lundi 17 à 14h, 18h30, 20h45 - dimanche 16 à 16h15 et 20h45 -  - mardi 18 à 14h et 20h45
Lorgues : samedi 15 à 18h30, dimanche 16 à 20h30 et lundi 17 à 21h
Salernes :  mercredi 12, vendredi 14 et mardi 18 à 18h, jeudi 13 et lundi 17 à 20h30
Cotignac : vendredi 14 et mardi 18 à 20h30


La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...

Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin. Dans ce rôle portant tout le film, Haenel étincelle par son énergie, son tranchant, sa dualité enfantine et batailleuse, à la fois petite pieuvre et combattante, moteur crépitant de tous les plans du film.

Bien que personnelle et intime, l’enquête du docteur Davin revêt bien sûr une dimension politique jamais explicitée. La fille sans nom et sans tombe fait écho à toutes les victimes décédées dans l’anonymat des faits divers mais aussi des guerres et des massacres de masse. Quant au défilé de personnages qui somatisent devant la toubib (vomissements, problèmes cardiaques, perte de sommeil…), ils incarnent une honte intériorisée et une culpabilité collective, les nôtres, celles des nantis (plus ou moins) indifférents ou impuissants face au spectacle visible des souffrances du monde.
Comme toujours chez les Dardenne, la portée politique ne découle pas d’un « vouloir dire » mais d’une histoire, de personnages, de situations, de gestes très banals et concrets. Leur beau souci, ce sont les détails. Demander à Haenel une diction blanche, désaffectée (« il faut dominer ses sentiments pour être un bon médecin » dit-elle au début) ; distiller les sonneries de portable qui scandent le film et intensifient ses suspenses ; ménager de longs silences avant que la parole des témoins du drame ne soit accouchée ; multiplier patiemment les écoutes au stéthoscope des bronches d’un patient avant d’énoncer un diagnostic (métaphore de la méthode des Dardenne ?) ; filmer le profil ultra-expressif d’Haenel et saisir la moindre inflexion de son visage comme un événement émotionnel faisant avancer le récit…
Même soin minutieux dans le colorisme, entre les hauts bleus ou rouges de Davin et les murs blancs en fond d’écran. Sec et tendu comme un thriller, politiquement plus parlant que la plupart des films à messages, La Fille inconnue est un nouveau diamant brut de nos orfèvres de Seraing, leur plus éclatant et coupant depuis L’Enfant.

(S. Kaganski, Les inrocks)

Le Vox (Fréjus) : Tous les jours : 14h, 16h15, 18h30 et 20h45


Déesses indiennes en colère
Réalisé par Pan Nalin
Inde 2016 1h44mn VOSTF
avec Rajshri Deshpande, Sandhya Mridul, Amrit Maghera, Pavleen Gujral, Anushka Manchanda, Tannishtha Chatterjee...

Bienvenue à Goa, la station balnéaire et méridionale du sous continent indien. Ses rizières de cartes postales où barbotent les buffles, ses plages au sable blanc éclatant , et ses palmiers qui craquent au vent au bord de la mer d’Arabie.
Dans les années 70, dans cet état catholique donc étrangement plus permissif que le Kerala voisin, les hippies ont trouvé leur Eden. Un petit mélange de nature paradisiaque, de vie au coût dérisoire pour n’importe quel va-nu-pieds occidental, et de spiritualité orientale vite digérée a fait le succès du lieu. Et aujourd’hui la démocratisation des voyages et le capitalisme à l’indienne a fait de Goa la destination hype pour les jeunes Américains en springbreak exotique, les soldats israëliens en permission et pour les nouvelles classes supérieures indiennes qui y acquièrent des villas coloniales où ils boivent des mojitos aprés avoir remplacé les sitars traditionnels par des DJ's à la mode. Frieda, Laxmi , Suranjana, Joanna, Pamela, Madhureeta, et Nargis sont sept femmes modernes qui vont se retrouver là à l’invitation mystérieuse de Frieda, une photographe dont la cote est en train de monter. Il y a là une actrice qui a bien du mal avec les codes sexistes du cinéma Bollywood, une femme d’affaires sous tension, une furie obsédée par le crime impuni qu’a subi son frère, une femme mal mariée, une ingénue et même une syndicaliste.

Un panel totalement hétéroclite (avec entre autres le conflit ouvert entre la chef d’entreprise et la syndicaliste) mais finalement assez représentatif des femmes des nouvelles sociétés urbaines indiennes.
Le film commence par le portrait assez savoureux de toutes ces femmes qui vont se retrouver pour un mariage pour le moins atypique. La première partie drôle et enfiévrée très « girly » (les spectateurs atteints d’une surdose de virilité risquent de s’agacer) présente avec humour et tendresse la saga de ces sept nanas en goguette qui, malgré leurs différences, sont bien décidé à faire la fête, et à échanger sur leurs problèmes de filles dans le contexte très particulier de la société indienne, encore très marquée par la division de classe mais plus que tout par une vision totalement rétrograde du rôle de la femme, et ce en dépit du rôle social et économique, voire politique, important que certaines jouent désormais. Comme le souligne un des personnages, comment une civilisation qui vénère des déesses toutes puissantes peut autant asservir la femme.
Mais pendant ce temps les filles s’extasient sur les tablettes de chocolat du beau gosse voisin, rabrouent les lourdingues du coin, ironisent sur leurs déboires sentimentaux ou professionnels. Et en cela déjà le film de Pan Nalin, à qui on devait déjà le film à succès Samsara (qui faisait le portrait d’un jeune moine tibétain en proie à la découverte de ses désirs sexuels), se démarque de Bollywood qui ne centre jamais totalement un film sur les personnages féminins qui n’y existent généralement que par leur rapport aux hommes et à leurs intrigues amoureuses. Et d’ailleurs le réalisateur eut bien du mal à faire financer son film. Mais surtout Pan Nalin s’attaque de manière tout-à-fait touchante à un sujet endémique de la société indienne : les violences sexuelles, phénomène tragique mais que les différentes mesures répressives ne semblent pas endiguer.

Tout comme La Saison des Femmes, Déesses indiennes en colère réussit le pari de tenir le spectateur en haleine dans un film enlevé servi par des actrices souvent jubilatoires tout en grattant la société indienne où ça fait mal. Et cela s’avère salutaire. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : dimanche 16 et mardi 18 à 18h30


Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...

De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.

Heureusement au rez-de-chaussée de l'adorable maison, il y a une couturière et son fils, Tony, et les deux garçons accrochent tout de suite : l'un rêve d'être artiste, l'autre d'être acteur, ils vont vite prendre l'habitude de faire le chemin jusqu'à leurs cours, l'un en roller l'autre en skate, de partager leurs chambres qu'un tout petit étage sépare, mangeant chez les parents de l'un ou la mère de l'autre… Et sur ce déracinement si mal vécu en son début par Jake se construit une de ces chouettes amitiés qui vous illuminent une vie.
Côté parents, la sympathie avec la couturière est immédiate : de toute évidence elle était très proche du père qui oubliait d'ailleurs de lui faire payer son loyer, déjà pas très gros. La confection n'est plus ce qu'elle était, et elle a beau s'user les yeux et les doigts à la tâche, Leonor, immigrée d'origine latino américaine, qui élève seule son gamin, n'aurait jamais pu rester là si elle avait dû assumer la grimpette incessante des coûts de l'immobilier… Problème bien connu sur toute la planète et particulièrement dans nos pays gavés, où le travail se concentre dans et autour des villes, attirant une foultitude de personnes en demande de boulot mais dont les salaires ne suivent pas l'augmentation constante du coût de la vie… Les grandes villes, riches de musées, de manifestations culturelles, de festivités diverses, deviennent peu à peu des réserves de nantis et le fossé se creuse inexorablement, tandis que les tensions montent, entre ceux qui ont accès à tout et ceux qui n'ont pas grand chose.
Mine de rien, c'est l'histoire de l'évolution de nos sociétés qui se joue là à Brooklyn village. Ils sont sympas les parents de Jake, mais ils ont besoin de sous… Surtout le père, qui conçoit une forme d'humiliation à gagner moins que sa femme : ne serait-il pas juste qu'à l'occasion de cet héritage tombé du ciel, il rétablisse un peu une égalité financière des apports ? Sans oublier sa sœur qui voudrait bien profiter elle aussi de l'aubaine… Alors peu à peu les relations vont se tendre entre les nouveaux proprios et leur locataire qui ne peut répondre à leurs nouvelles exigences. Jake et Tony, bien loin de ces préoccupations, n'apprécient guère, les relations entre générations se détériorent et Jake entame une grève de la parole, ne répondant plus à ses parents…

Superbe, cette histoire d'amitié, mais pas simple de répondre à la question : a-t-on encore les moyens de vivre au niveau d'aussi jolis sentiments, est-il encore possible que l'amitié puisse survivre à cette nouvelle lutte des classes ? Jack et Tony se tiennent, main dans la main, sur l'abîme qui se creuse entre leurs géniteurs. Savent-ils à quel point leur amitié est précieuse et combien elle va leur manquer s'ils se laissent avaler par les conflits des grands ? (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 12 et vendredi 14 à 18h30, jeudi 13, samedi 15,  dimanche 16 et lundi 17 à 16h15, mardi 18 à 16h15 et 20h45
Cotignac : jeudi 13 à 20h30


La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista

La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.

Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli... (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 12 et samedi 15 à 16h et 20h45, jeudi 13 et vendredi 14 à 16h et 18h30, dimanche 16 à 14h et 20h45, lundi 17 et mardi 18 à 14h et 18h30


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


Lorgues : mercredi 12 à 19h30, samedi 15 à 20h30 et lundi 17 à 17h


Free State Of Jones
Réalisé par Gary ROSS
USA 2016 2h19 VOSTF
avec Matthew McConaughey, Gugu Mbatha-Raw, Mahershala Ali, Keri Russel, Christopher Berry, Brad Carter...
Scénario de Gary Ross et Leonard Hartman

Dès la première scène, le film nous embarque : un champ de bataille qui n’est rien d’autre qu’un champ de cadavres, des soldats qui avancent vers la mort, peur au ventre et baïonnette au fusil, le regard perdu vers un horizon en ruine et des ennemis qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau. Des vieux, des jeunes, des très jeunes même, lancés dans cette folie meurtrière décrétée comme toujours par les puissants, les grands propriétaires, bien en sécurité dans les états-majors ou leurs exploitations de coton. Cela pourrait se passer en 1916 à Verdun, mais nous sommes en 1863, en pleine guerre de Sécession et ici comme ailleurs, ici comme toujours, la chair à canon est la chair des paysans, des ouvriers, des miséreux, des pauvres diables.

Free state of Jones nous plonge dans cette guerre finalement assez méconnue chez nous et pourtant ô combien passionnante car elle porte en elle toutes les bases, mais aussi toutes les contradictions de l’histoire complexe et douloureuse des États-Unis, alors encore jeune démocratie bâtie sur un génocide, celui des Indiens, et nourrie par un asservissement, celui des Noirs. Magistralement documenté et réalisé avec toute l'ampleur qui sied à un grand film hollywoodien, Free state of Jones est un film complexe et profond qui raconte, avant tout, le parcours d’un homme révolté : Newton Knight, fermier du Mississippi qui prit la tête d’un groupe modeste de paysans et d’esclaves pour se battre contre les États confédérés. Un vrai personnage de cinéma inspiré d'un homme qui a bel et bien existé : charismatique, intrépide, audacieux, épris de justice et de liberté, qui fonda le premier État d’hommes libres où Noirs et Blancs seraient sur un pied d’égalité, l’État libre de Jones.

Mais revenons un peu en arrière… Newton Knight est donc un fermier pauvre des États du Sud. Il ne possède pas d’esclaves et s’oppose moralement à la sécession mais s’est pourtant porté volontaire, pour servir dans le même régiment que ses voisins, sa famille, ses amis dans ce Sud résolument pro-esclavage. En tant qu’aide-soignant, il n’a pas à combattre les soldats de l’Union dont il partage les idéaux. Écœuré de voir son neveu de quatorze ans tué sur le champ de bataille, écœuré par l’incessante boucherie, écœuré par la « Twenty Negro Law » qui permet aux riches propriétaires d’au moins vingt esclaves d’échapper à la conscription, il prend la décision irrévocable de ramener le corps de son neveu sur les terres de sa famille et devient alors déserteur, autant dire un homme à abattre.
Dans les marécages où il trouve refuge, il va vivre auprès d’esclaves noirs en fuite et prend alors conscience que quelle que soit la couleur de sa peau, chacun est l’esclave d’un plus riche, d'un plus puissant. Il s'aperçoit aussi que l’armée des Confédérés pille les maigres ressources de ceux qui ne sont pas sur le front au nom de l’effort de guerre. Les vieux, les femmes, les enfants se voient ainsi déposséder de leurs biens : le maïs, le coton, les bêtes. Newton décide alors de réunir une improbable armée d’hommes et de femmes prêts à défendre leur territoires, leurs biens et, au-delà, le fragile mais indispensable rêve d’égalité et de justice pour tous. (Utopia)

Lorgues : mercredi 12 à 17h, jeudi 13 à 20h, samedi 15 à 16h, dimanche 16 à 18h


Résistance Naturelle
Réalisé par Jonathan NOSSITER
Documentaire Italie 2014 1h23mn VOSTF

Quel régal ! Résistance naturelle est plus qu’un nouveau film sur le vin et la viticulture, c’est un véritable appel à la rébellion ! Mais une rébellion douce, sereine, avec un verre de Chianti naturel à la main. Jonathan Nossiter (qui avait déjà réalisé en 2004 le fameux Mondovino) est allé les rencontrer, ces vignerons pas comme les autres, qui résistent aux assauts de l’agro-chimico-industrie, du marché et de la mondialisation, en s’entêtant à produire un vin artisanal et naturel.
Ils sont quatre, vivent et cultivent en Italie, en Toscane, en Emilie-Romagne ou dans le Piémont, s’appellent Elena Pantaleoni et Stefano Bellotti - personnage principal du film et figure impressionnante, porteur d’un immense savoir, capable de vous convaincre en moins de deux que la nourriture industrielle est un pas vers le totalitarisme… savoureux ! – Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa.

Tous, à leur manière, sont remontés contre ce monde qui continue à foutre en l’air la planète avec les pesticides et autres produits chimiques divers et variés. Contre ces papes de l’œnologie et vignerons suppôts du profit-roi qui jouent le jeu des actionnaires pour imposer toujours plus leurs lois et leurs pinards au goût sucré ou boisé… Contre ces normes industrielles et administratives absurdes appliquées à leurs produits de terroir (le mot, paraît-il, n’existe pas en italien), comme la DOC (Denominazion di Origine Controllata – l’équivalent des AOC, Appellations d’Origine Contrôlée françaises), qui bannissent de leur appellation des vins merveilleux comme par exemple le Chianti de Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa, réalisé selon la tradition toscane, à partir des cépages historiques, et qui ne peut pas s’appeler Chianti car issu de vignes non traitées chimiquement… entre autres. On croit rêver…

Évidemment, on ne peut s’empêcher de penser à Emmanuel Giboulot, notre vigneron bourguignon qui, début avril de cette année, s’est vu condamné à 500 euros d’amende pour avoir refusé de traiter ses vignes chimiquement contre la flavescence dorée…
On connaît tous ce processus qui veut nous entraîner dans une docilité, une standardisation des productions dans tous les domaines, y compris le cinéma, et Jonathan Nossiter lance d’ailleurs des passerelles réjouissantes entre les vins et les films… Des extraits (Pasolini, Chaplin…) viennent nourrir les démarches des uns et des autres, y compris celle du réalisateur. De ce rapprochement entre culture, viticulture, agriculture, il résulte un film unique et riche, tonique et mobilisateur, aussi artisanal, naturel et joyeux que les vins qu’il défend.

C'EST QUOI, UN VIN NATUREL ? C’est le résultat d’un choix viticole et philosophique visant à retrouver l’expression naturelle du terroir. Il est issu de raisins travaillés en Agriculture Biologique, sans désherbants, pesticides, engrais ou autres produits de synthèse. Les vendanges sont manuelles et lors de la vinification, le vigneron s’efforce de garder la caractère vivant du vin. Les interventions techniques pouvant altérer la vie bactérienne du vin sont proscrites, ainsi que tout ajout de produit chimique, à l’exception, si besoin, de sulfites en très faible quantité. Les doses maximales de SO2 total tolérées sont de 30mg/l pour les rouges, 40mg/l pour les blancs. (Utopia)


Salernes : samedi 15 à 18h


Vino Veritas
ImageRéalisé par Pascal Obadia
Documentaire France 2016 1h22mn

« In vino veritas » disaient les romains… Aujourd’hui, on pourrait transformer l’expression en : « In pesticidio veritas ». Toute plaisanterie gardée, ce néologisme latiniste est pourtant réaliste car, les lecteurs de l'indispensable rubrique « conflits de canard » du Canard Enchaîné ne l'ignorent pas, le vin est devenu une des denrée les plus polluées au monde. Vino Veritas est un voyage dans l'univers du vin, une balade à travers les vignes d'Europe. Le documentaire donne la parole aux nouveaux vignerons qui considèrent la nature comme élément incontournable dans l'élaboration d'un vin de qualité, d'un vin vivant.
« Bios », « bio-dynamiciens » ou « naturels », quelle que soit l'appellation, une réflexion mondiale fait son chemin. Alors que l’ensemble de nos aliments est aujourd’hui soumise à des contrôles de plus en plus stricts, nous sommes face à un manque total d’informations concernant le vin. De fait, tout AOC qu'ils se présentent, ils sont dans leur grande majorité contaminés par toutes sortes de produits chimiques à fortes doses, le lobby de cette industrie florissante se préoccupant moins des considérations environnementales que de leurs bénéfices toujours plus importants… Évidemment, au final, c’est le consommateur qui trinque. Une opposition s’organise chez certains viticulteurs qui souhaitent proposer un vin vierge de toute agrochimie, même dans les phases de vinification.

« Fidèle photographie du monde viticole en 2016, Vino Veritas est un formidable témoin de l’amnésie générale dans laquelle nous vivons depuis cinquante ans. Pascal Obadia nous livre un film sincère et équilibré, à la façon d’un road movie dans lequel chacun explique avec franchise et parfois crédulité les raisons qui motivent chaque viticulteur, soit à continuer comme si de rien n’était, soit à aller vers plus de nature et vers un plus grand respect de l’environnement et de nous-mêmes ». (raisin.digital – l'appli des vins naturels) (Utopia)

Salernes : samedi 15 à 20h30


Vendanges
ImageRéalisé par Paul Lacoste
Documentaire France 2013 1h22mn

Bien sûr, le titre de ce très chouette documentaire n’est pas menteur : de vendanges et de vignes, il en sera bien sûr beaucoup question. Mais bien que cette avant-première vous soit ici présentée dans le cadre d’un festival du film d’environnement, il aurait pu tout aussi aisément trouver sa place dans un cycle « travail et cinéma ». Car le cœur du film, et ce qui en fait son originalité tout autant que sa force, c’est d’aborder à travers ce temps particulier que sont les vendanges la question ô combien d’actualité du travail précaire.
Dans un jadis pas si lointain, les vendanges étaient l’occasion pour des travailleurs venus de pays plus ou moins lointains de trouver dans les régions françaises, terres de vignobles ou d’arbres fruitiers, un job saisonnier qui, même s’il était physiquement éprouvant, offrait toujours mieux que le rien du tout de leurs terres natales.

Aujourd’hui, le travail est toujours saisonnier, mais les travailleurs viennent presque en voisins. Ils sont femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, retraités, étudiants, licenciés, chômeurs, et sont devenus les nouveaux visages du monde du travail, là où la précarité vaut toujours mieux que le rien du tout ou les miettes que leur propose la société.
Durant le temps des vendanges, quelque part dans le Sud de la France, du côté du Tarn, une singulière communauté va se créer sous l’œil de la caméra de Paul Lacoste, petit échantillon d’humanité hétéroclite qui va devoir vivre, ramasser, tailler et suer ensemble sous un même soleil de plomb, sous une même pluie glaçante. Dans un savant montage où la parole des hommes laisse place à la simple beauté rugueuse des paysages et des gestes, chacun en dira un peu sur sa propre histoire, sur les choix assumés ou les situations subies, sur son rapport à ce drôle de monde que l’on nomme « du travail ».

Autant d’êtres qui racontent aussi ce besoin de lien social, entre amitié un peu forcée et fraternité dans le labeur qui se noue le temps d’une saison, sous le regard bienveillant mais toujours un brin patriarcal du propriétaire du vignoble qui, d’une certaine manière, reproduit la figure du patronat.
Documentaire sobre et superbement filmé qui évoque aussi la beauté et la rudesse du travail agricole et la manière dont l’humain, à la fois ouvrier dompteur et pantin fragile, tente de trouver sa place, entre les rangées de vignes autant qu’au milieu de ses semblables. (Utopia)

Salernes : vendredi 14 à 20h30


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 12, vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 à 14h

>> Le samedi 15 octobre à 15 h à l’auditorium du Pôle culturel Chabran.
>> Le P'tit Ciné-concert 3
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>> Films d'animation
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>> Tout public à partir de 4 ans
>> Durée : 45mn
>> Sur le même principe que Le P'tit Ciné-Concert 2 (2010), le Philharmonique propose la création d'une bande sonore interprétée en direct sur une nouvelle série de courts-métrages d'animation. C'est le cinquième spectacle pour la famille et le jeune public de la compagnie. Au programme la suite des aventures de Bob le mouton, La forêt scarabée, Dip n' dance, d'autre surprises spécialement conçues pour le Philharmonique de la Roquette...   Un spectacle à partager en famille!
>> Spectacle gratuit, réservez vos places à l'accueil du Pôle culturel ou au 04 83 08 30 30.

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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