Au(x) cinéma(s) du 13 au 19 septembre 2017

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Bonjour à tous !

Tout d'abord, nous sommes désolés de l'annulation de dernier moment, par CGR, de la soirée Entretoiles de dimanche ! Nous espérons que vous avez été nombreux à voir à temps  le mail d'annulation !
Cette soirée Entretoiles, est reportée au dimanche 12 novembre, sur le thème"films noirs" avec Le Caire confidentiel de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et K.O. de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable. Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !

CGR vous propose cette semaine en film ciné-club Le Grand Méchant Renard et autres contes de Benjamin Renier et Patrick Imbert, un film qui fait rire aux éclats petits et grands.. Au CGR toujours, vous pouvez aussi voir Les Grands Esprits  de Olivier Ayache Vidal, une réussite entre fiction documentée et comédie populaire et  Dunkerque de Christopher Nolan (mais en VF), une histoire de survie et un film de suspens captivant.

Entretoiles vous proposera ensuite le dimanche 24 septembre un film splendide qui a reçu un ours d'argent à Berlin : Une femme fantastique de Sébastian Lelio. Le 8 octobre Entretoiles vous proposera une soirée avec Petit paysan et Gabriel et La montagne (sous réserve), et enfin le 15 octobre une séance à film unique avec 120 battements par minute.

A Lorgues, rien apparemment, si ce n'est juste ce mercredi Lola Pater ! A Cotignac : Le Dernier Vice-Roi des Indes de Gurinder Chadha, une histoire qui n'en finit pas de peser sur notre actualité, My Cousin Rachel de Roger Michell, une réussite, Visages Villages, un hymne aux simples mortels et Ôtez-moi D'un Doute de Carine Tardieu, un film qui vous rend durablement le sourire.

Au Vox à Fréjus, Une famille syrienne de PH. Van Leeuw, puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, Le Redoutable de Michel Hazunavicus, avec le personnage de Jean Luc Godard dans ses différents motifs, The Party de Sally Potter, un petit bijou atypique et savoureux et enfin Petit Paysan (que nous espérons vous montrer en octobre à Draguignan) de Hubert Charuel, film d'une trempe exceptionnel, chronique de la vie paysanne, filmée comme un film noir, haletant et bouleversant.

Voici le prochain film ciné club au CGR :  I am not your negro

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 13 AU 19 SEPTEMBRE 2017

 

Affiche
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Le Grand Méchant Renard et autres contes
Réalisé par Benjamin RENNER et Patrick IMBERT
Film d'animation France 2017 1h19mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 5/6 ANS, MAIS LES ADULTES AUSSI VONT SE RÉGALER !
Le rideau s’ouvre et… Ah non, attendez, on n’est pas prêt ! Le joyeux bazar interrompt Renard qui présente le spectacle en trois actes. Ah voilà, ça y est, on peut commencer… Dans un verdoyant coin de campagne, une petite ferme vit paisiblement, aux abords de la forêt. Les animaux s’autogèrent, chacun dans le rôle que lui assignent les usages ruraux mais chacun doté d'une personnalité bien marquée. Le chien de garde est partisan du moindre effort et ne pense qu’à dormir, la poule militante organise une milice anti-renards, le canard et le lapin sont deux compères un peu andouilles, un peu nounouilles mais terriblement attachants, et le cochon, à l’inverse, est un être aussi rationnel que pragmatique. Non loin de là, le renard a faim, le renard a la dalle, le renard a les crocs. Il n'a qu'à se servir dans le poulailler me direz-vous… Le problème, c’est que le malheureux est tout sauf effrayant, il est même totalement inoffensif et bien incapable d'aller bouloter la moindre poule... lire la suite
CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
Affiche
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Dunkerque
Écrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...
Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale. Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante... lire la suite
CGR : mercredi 13 à 20h, jeudi 14 à 13h30, vendredi 15 à 11h et 20h, lundi 18 et mardi 19 à 13h30
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Une femme fantastique
Réalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.
Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie… lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h
Affiche
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Les Grands Esprits
Écrit et réalisé par Olivier AYACHE-VIDAL
France 2017 1h46mn
avec Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo, Tabono Tandia, Pauline Huruguen, Léa Drucker...
Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles... lire la suite
CGR : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10
Affiche
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Le Dernier Vice-Roi des Indes
Réalisé par Gurinder CHADHA
GB/Inde 2017 1h50 VOSTF
avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Qureshi, Om Puri, Lily Travers, Mickael Gambon, Jaz Deol...
Scénario de Paul Mayeda Berges, Moira Buffini et Gurinder Chadha
L’entrée en matière a tout pour faire rêver : un palais somptueux, des jets d’eau qui gazouillent, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique ample. Ça vous a un petit air de Downton Abbey, garanti made in England… mais nous sommes en Inde, en 1947, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre.
On se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine qui fleure bon l'empire colonial à son apogée et Gurinder Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a 15 ans le pétulant Joue-là comme Beckham, nous raconte bien autre chose qu’une bluette...
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COTIGNAC : jeu 14 / 20h30
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My Cousin Rachel
Écrit et réalisé par Roger MICHELL
GB 2017 1h46 VOSTF
avec Rachel Weisz, Sam Claflin, Holiday Grainger, Irina Glen, Pierfrancesco Favino...
D'après le roman de Daphné Du Maurier
C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïqueet la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition... lire la suite
COTIGNAC : ven 15 /18h et 20h30
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Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....
À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 16h15, jeudi 14 et vendredi 15 à 18h30, samedi 16 à 13h50, dimanche 17 à 18h45, lundi 18 à 16h15, mardi 19 à 13h50
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Visages Villages
Écrit, réalisé et commenté par Agnès VARDA et JR
Documentaire France 2017 1h29mn
avec JR, AV, des habitants de tous les coins de France qui auraient pu être vous ou moi...
Musique originale de Matthieu Chedid
Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter... lire la suite
COTIGNAC : dim 17 / 18h
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Ôtez-moi D'un Doute
Réalisé par Carine TARDIEU
France 2017 1h40
avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Alice de Lencquesaing, Esteban...
Scénario de Carine Tardieu, Michel Leclerc et Raphaële Moussafir
Il y a des situations, des métiers, comme ça, qui vous titillent immédiatement la curiosité. Démineur, instantanément, on pense : méticuleux et casse-cou. Un job qui demande autant de témérité que de précision, de finesse, de sang froid, d'habileté et de diplomatie. Erwan est démineur. Façonné par et pour son travail, qu'il exerce le long de la côte bretonne au gré des découvertes de mines en mer ou dans les dunes, Erwan abrite donc une âme d'orfèvre dans un corps massif, granitique, taillé pour résister aux tempêtes comme au souffle des grenades. Ça, c'est côté boulot. Après, on ne va pas se mentir, en matière de finesse, d'habileté et de diplomatie, il est quand même vachement plus à son aise avec la dynamite – aux réactions somme toute assez basiques – qu'avec ses contemporains, beaucoup plus complexes à comprendre, délicats à manier – et quasiment impossible à désamorcer... lire la suite
COTIGNAC : LUN18 / 18h et 20h30
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Le Redoutable
Écrit et réalisé par Michel HAZANAVICIUS
France 2017 1h47mn
avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Jean-Pierre Mocky...
Librement adapté des livres d'Anne Wiazemsky, Une année studieuse et surtout Un an après
Précisions liminaires : inutile de bien connaître l'œuvre de Jean-Luc Godard pour apprécier comme il se doit Le Redoutable, nul besoin non plus d'être un cinéphile aguerri. Chacun se laissera embarquer dans cette plongée étonnante et parfois cocasse dans l'univers du cinéaste et dans l'effervescence de Mai 68. Extrêmement plaisant. « Paris, 1967. Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette. Jean-Luc est le cinéaste star de sa génération. Anne est belle comme le petit jour et l’admire. Les jeunes mariés sont gais et heureux. Mais le film est incompris à sa sortie. Jean-Luc, alors, se remet en question : que vaut le cinéma, son cinéma, dans la nouvelle déferlante politique de Mai 68 ? À force de s'éloigner de ses proches pour plonger dans des mouvements collectifs, à force de concepts et de mots, c’est son mariage qu’il va noyer... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h30 et 20h45, jeudi 14 et dimanche 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, vendredi 15 et samedi 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, lundi 18 à 15h30, 17h45, 20h, mardi 19 à 13h50, 18h15 et 20h45
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The Party
Écrit et réalisé par Sally POTTER
GB 2017 1h10 VOSTF
avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Emily Mortimer, Cillian Murphy...
Voilà un petit bijou atypique et savoureux, à la fois farce théâtrale cruelle et critique acide du désenchantement politique dans un pays en plein traumatisme post-Brexit. The Party – qui n'a rien à voir avec l'inégalable comédie homonyme de Blake Edwards – pourrait être le croisement improbable entre La Corde d'Alfred Hitchcock, thriller millimétré se déroulant dans un lieu unique et en temps réel, et Festen, le brûlot du danois Vinterberg dans lequel une réunion de famille tourne au désastre, chacun se balançant au visage vérités enfouies et sales petits secrets gardés trop longtemps sous le tapis… Le point commun entre les deux, et même les trois si l'on inclut le film qui nous occupe aujourd'hui, étant un humour noir cinglant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h15 et 20h45, jeudi 14 VF à 13h50 et VO à 16h45 et 18h30, vendredi 15 VO à 13h50 et 21h, VF 16h15, samedi 16 VO 15h30, 19h et 21h, dimanche 17 VO 15h35, 20h45, VF 17h10, lundi 18 VO 13h50, 15h50 et 20h30, mardi 19 VO 13h50, 15h40 et 20h45
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Petit Paysan
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel.
Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 16h15, 18h45 et 21h, jeudi 7 à 13h50, 16h15 et 21h, vendredi 8 à 13h50, 16h15 et 18h30, samedi 9 à 13h50, 17h30 et 21h, dimanche 10 à 13h50, 15h40 et 19h15, lundi 11 à 13h50, 15h40 et 21h, mardi 12 à 13h50, 18h30 et 21h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

Le Grand Méchant Renard et autres contes
Réalisé par Benjamin RENNER et Patrick IMBERT
Film d'animation France 2017 1h19mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 5/6 ANS, MAIS LES ADULTES AUSSI VONT SE RÉGALER !

Le rideau s’ouvre et… Ah non, attendez, on n’est pas prêt ! Le joyeux bazar interrompt Renard qui présente le spectacle en trois actes. Ah voilà, ça y est, on peut commencer… Dans un verdoyant coin de campagne, une petite ferme vit paisiblement, aux abords de la forêt. Les animaux s’autogèrent, chacun dans le rôle que lui assignent les usages ruraux mais chacun doté d'une personnalité bien marquée. Le chien de garde est partisan du moindre effort et ne pense qu’à dormir, la poule militante organise une milice anti-renards, le canard et le lapin sont deux compères un peu andouilles, un peu nounouilles mais terriblement attachants, et le cochon, à l’inverse, est un être aussi rationnel que pragmatique. Non loin de là, le renard a faim, le renard a la dalle, le renard a les crocs. Il n'a qu'à se servir dans le poulailler me direz-vous… Le problème, c’est que le malheureux est tout sauf effrayant, il est même totalement inoffensif et bien incapable d'aller bouloter la moindre poule.
Sur les conseils du loup (beaucoup trop détesté par le reste des animaux pour pouvoir lui-même approcher de la ferme), le renard décide de chaparder des œufs : eux, au moins, pas besoin de leur faire peur ! Attendre un peu, les laisser éclore et CROC ! Mais voilà que les trois poussins, à peine sortis de l'œuf, n'ont qu'on mot au bec en découvrant le renard à l'affût : « maman !!! » Et notre goupil se retrouve, effaré, chef de famille !

Comment faire pour élever trois poussins quand on est un renard ? Et comment un canard, un lapin et un cochon peuvent livrer un bébé, alors qu’aucun d’eux ne vole comme une cigogne (quand même supposée faire le boulot) ? Enfin, comment sauver Noël quand le père Noël (en plastique certes, mais Canard et Lapin ne veulent pas y croire) est tombé du toit ? Autant de questions loufoques dont les réponses du même métal seront données par les animaux de la troupe de théâtre de la ferme, qui jouent ces trois histoires pour nous.
Après le merveilleux Ernest et Célestine, ce ne sont pas les dessins de Gabrielle Vincent que Benjamin Renner (avec la complicité de Patrick Imbert) va animer cette fois, mais les siens : en l'occurrence ses albums Un bébé à livrer et Le Grand méchant renard. Les trois histoires du film peuvent être vues comme des contes qui abordent des sujets tout ce qu'il y a de réalistes et sérieux, mais dédramatisés, rendus accessibles et drôles parce qu'ils sont transposés dans le monde animal : un renard qui devient la mère célibataire de trois poussins peut questionner sur le fait d’élever seul(e) ses enfants et sur la place du Genre dans la famille. Le renard pas effrayant pour un sou renverse par ailleurs les stéréotypes dans une ambiance pleine d’humour et de dérision…
La musique de Robert Marcel Lepage, bien plus qu’une illustration cartoon, complète les séquences comiques et les émotions. Chaque personnage a son thème musical récurrent, ce qui n’est pas sans rappeler Pierre et le loup.
Pour finir, les dessins en aquarelle, très simples, subliment ce paysage rural et bucolique, restant d’une étonnante fidélité envers les BD, et les voix, loin des horreurs suraiguës et surjouées des dessins animés de TV, sont d’une agréable justesse.

Un film qui nous fait rire aux éclats, conçu « comme un petit bonbon, comme un moment de détente léger, amusant et sans prétention à partager en famille. » (Benjamin Renner). Tout est dit, venez partager ! (Utopia)


CGR : film ciné-club : mercredi 6 et samedi 9 à 11h, jeudi 7 et mardi 12 à 13h15, vendredi 8 et lundi 11 à 16h30
 

Dunkerque
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Christopher NOLAN
USA/GB 2017 1h46 VOSTF
avec Tom Hardy, Cilian Murphy, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Harry Styles, Fionn Whitehead...

Nous n'avons pas pu voir le film de Christopher Nolan, qui ne sera dévoilé que très peu de temps avant sa sortie. Si nous avons décidé de le programmer – alors même que les précédentes super-productions du réalisateur britannique (films fantastiques et de science-fiction principalement) nous avaient paru peu adaptées à nos modestes salles – c'est que les premières informations et les premières images diffusées laissent espérer un grand film historique, extrêmement documenté et réaliste, sur un épisode crucial et finalement peu connu de la Seconde Guerre mondiale.
Fidèle à ses choix qui tranchent radicalement avec les nouvelles habitudes hollywoodiennes, Christopher Nolan a tourné son film à l'ancienne, utilisant de la pellicule 70 mm, refusant une fois de plus la 3D et la tyrannie envahissante des effets spéciaux pour s'attacher avant tout à l'aspect humain de son récit. Sans sacrifier pour autant le côté spectaculaire de son entreprise, comme en témoigne la bande annonce, assez saisissante.
Nous sommes au début de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a lancé une grande offensive dans les Ardennes qui a pris à revers les troupes franco-britanniques engagées en Belgique, les obligeant à reculer jusqu'à la mer du Nord. En mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques et français se retrouvent ainsi encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique vers l'Angleterre. Il faudra la mobilisation et l'action héroïque des forces françaises présentes pour mener à bien ce sauvetage incroyable : en neuf jours, 338 226 combattants seront évacués, dans des conditions dantesques.
Christopher Nolan : « C’est un moment essentiel dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Si cette évacuation n’avait pas été un succès, la Grande-Bretagne aurait été obligée de capituler. Et le monde entier aurait été perdu, ou aurait connu un sort différent : les Allemands auraient sans doute conquis l’Europe, les US ne seraient pas rentrés en guerre… C’est un vrai point de rupture dans la guerre et dans l’histoire du monde. Un moment décisif. Et le succès de l’évacuation a permis à Churchill d’imposer l’idée d’une victoire morale, ce qui lui a ensuite permis de galvaniser ses troupes comme les civils et d’imposer un esprit de résistance alors que la logique de cette séquence aurait dû être celle de la reddition. Sur le plan militaire c’est une défaite ; sur le plan humain c’est une victoire colossale. »
L'histoire s'intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l'Opération Dynamo. Alors que les troupes du Corps expéditionnaire sont évacuées par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d'ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit.
Christopher Nolan : « Dunkerque n'est pas un film de guerre. C'est une histoire de survie et avant tout un film de suspense. Donc bien que le film ait un haut niveau d'intensité, il ne traite pas nécessairement de l'aspect sanglant du combat, ce qui a déjà été très bien fait dans plein d'autres films. On a vraiment essayé une approche différente et d'imposer l'intensité d'une autre façon. » (Utopia)


CGR : mercredi 13 à 20h, jeudi 14 à 13h30, vendredi 15 à 11h et 20h, lundi 18 et mardi 19 à 13h30

 

Une femme fantastique
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Sebastian LELIO
Chili 2017 1h44mn VOSTF
avec Daniele Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Nicolas Saavedra, Sergio Hernandez...
Ours d'argent du Meilleur scénario, Festival de Berlin 2017.

Elle est d'une beauté particulière. On ne sait même pas dire si elle est vraiment belle, mais ce qui est sûr c'est qu'elle accroche le regard et le retient, probablement parce qu'émane d'elle un charme singulier, une sorte de présence intense et vaguement mélancolique qui interpelle : on sait d'emblée qu'elle n'est pas banale. Marina chante dans un bar, là encore sans qu'on sache pourquoi on est sensible à cette voix un poil imparfaite et pourtant superbe. Un homme, la cinquantaine, d'une belle élégance avec ses lunettes et ses cheveux grisonnants, s'approche, un verre à la main, pour l'écouter. On comprend vite quand leurs regards s'accrochent que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Il l'attend. C'est l'anniversaire de Marina et dans le resto asiatique où elle souffle les bougies de ses vingt sept ans, la promesse d'un séjour de rêve vaut déclaration d'amour : il s'appelle Orlando, a sans doute eu une vie avant elle et a largué les amarres, emporté par des sentiments dont le tumulte n'a rien à envier à celui des chutes vertigineuses où il a prévu de l'emmener en guise de cadeau. Et puis la vie…
Que se passe-t-il quand ce qui devait rester secret éclate au grand jour par l'effet d'un accident de cette foutue vie et confronte l'amante à l'épouse délaissée qui n'a jamais compris, jamais accepté le choix atypique de son mari, pas plus que l'un des fils et ses proches qui réagissent avec haine devant cet amour hors norme ? Une réaction tellement violente qu'on se demande si Marina ne sert pas de révélateur à leur part d'ombre, à des désirs inavoués. C'est qu'elle est bien convenable, la famille d'Orlando, et elle ne digère pas qu'il ait ainsi tout bousculé pour une Marina qui représente tout ce qu'ils rejettent, les perturbe, leur fait horreur. Que se passe-t-il quand on meurt dans les bras de la mauvaise personne et que tous s'acharnent à considérer cet amour comme une perversion inacceptable et vous empêchent d'approcher de l'être aimé une dernière fois, vous soupçonnant du pire sans considération pour votre chagrin, vous jetant en pâture aux enquêteurs juste pour avoir été là au mauvais moment et n'avoir pas le bon profil ? Les enquêteurs eux-mêmes ne sont pas très clairs dans leur attitude, bourrés de préjugés, d'idées précuites…
Elle est forte Marina, elle est libre Marina et rien ni personne ne saurait lui dicter sa conduite, ne saurait l'empêcher de vivre sa vie de femme, celle qu'elle a choisi : « on ne nait pas femme, on le devient », l'identité n'est pas liée à la chair. Rien n'est figé et personne n'est condamné à vivre dans ses formes… revendique Marina qui plie mais ne rompt pas. Parfois elle cherche refuge chez son vieux professeur de chant, un type touchant en diable, humain, gentil, bon prof : on en a la démonstration lors du final, quand Marina se produit sur scène, formidable aussi dans son rôle de soliste baroque avec ce petit je ne sais quoi dans la voix qui la rend tellement émouvante et on comprend à l'écouter combien l'amour de la beauté comme l'amour de la vie lui permettent de s'élever au delà des petites saloperies de ses congénères.
Una mujer fantastica ! dit le titre original. Et quand on fouille un peu par ci par là sur internet, on peut trouver des interview de l'actrice parlant d'elle-même et de ses engagements : allez donc voir si vous entendez l'espagnol, ça vaut le détour : Daniela Vega… elle est chanteuse dans la vraie vie. Son réalisateur est intarissable sur sa personnalité : « à la fois très politique et très légère, d'une immense énergie, beaucoup d'intelligence et d'humour ». Elle était associée au projet du film en tant que consultante « c'est quand j'ai fini le scénario que j'ai compris que mon héroïne, c'était elle ». C'est son premier très grand rôle et il paraît que sa personnalité a fait sensation à Berlin où ce splendide film a décroché un Ours d'argent et plusieurs nominations. (Utopia)


CGR : Soirée Entretoiles dimanche 24 à 20h

Les Grands Esprits
Écrit et réalisé par Olivier AYACHE-VIDAL
France 2017 1h46mn
avec Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo, Tabono Tandia, Pauline Huruguen, Léa Drucker...

Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles. Volontiers donneur de leçons, François Foucault ne dédaigne pas à l’occasion de mettre en valeur sa petite personne. Par exemple en pérorant sur l’Éducation nationale, répétant à qui veut l’entendre que l’essentiel des difficultés seront résolues le jour où on aura su imposer une vraie mixité sociale dans les établissements – et pas uniquement parmi les élèves, mais aussi, mais surtout dans les équipes enseignantes, trop systématiquement composées, dans les collèges et lycées « difficiles », de jeunes profs inexpérimentés, en début de carrière, envoyés au feu tandis que leurs homologues mieux nés et mieux diplômés pantouflent dans les établissements cotés des centre-villes. Bon, ce disant, il ne parle pas pour lui, évidement, mais des autres, d’une situation générale. Sauf que, le hasard faisant curieusement bien les choses, il est entendu par « le ministère ». Qui trouve l’idée excellente. Et voilà notre Hussard noir de la République version 2017, avec son cartable bien ciré, son élégant costume et ses belles certitudes, exfiltré malgré lui pour une année scolaire au collège Barbara de Stains. L’occasion de frotter ses belles théories à la réalité d’un établissement classé REP + (pour Réseaux d’Education Prioritaire renforcés), autrement dit : là où le sens de la mission de l’Éducation Nationale serait un peu plus immédiatement perceptible qu’ailleurs.

Entre fiction documentée et comédie populaire, Les Grands esprits évite le piège de la caricature qui s’ouvrait grand sous ses pieds. Et ça marche, et même du feu de dieu ! Certainement parce qu’Olivier Ayache-Vidal apporte un soin méticuleux à décrire de l’intérieur la vie de ce collège en zone défavorisée. Sans les idéaliser, il rend justice aux élèves, aux équipes pédagogiques, qu’il a très longuement côtoyés en préparant son film (deux ans d’immersion), raconte de façon extrêmement documentée et sensible leur « vrai » quotidien, leurs réussites, leurs échecs, leurs lassitudes aussi. On suit d’abord avec curiosité, puis avec de plus en plus d’empathie et de bonheur la composition de Denis Podalydès, la transformation du petit tyranneau de lycée cossu en Daniel Pennac du 9-3. La façon dont il apprend, progressivement, à transmettre et faire aimer tout son beau savoir encyclopédique à des gamins pour lesquels il y a un réel enjeu à le recevoir, sa découverte in-situ de cette banlieue aussi violente qu’attachante, ne se veulent en rien exemplaires. Les Grands esprits n’est pas un pamphlet, ni une charge, ni un mode d’emploi. Il tend simplement un miroir très juste, assez peu complaisant mais globalement positif, à une institution souvent mal aimée, caricaturée et mise à mal par des politiques publiques qui, d’économies budgétaires en réformes structurelles, semblent s’être donné comme objectif de la vider de sa mission originelle. À l’heure où il est de bon ton de le dénigrer, de lui opposer des « alternatives » idylliques qui font leur lit sur un catastrophique manque de moyens, cette réhabilitation énergique et sans fards de l’enseignement public qui pourrait (enfin) réconcilier les enseignants, les élèves et leurs parents, a, en cette rentrée, quelque chose de tout à fait réjouissant. (Utopia)


CGR : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10

Le Dernier Vice-Roi des Indes

AURORERéalisé par Gurinder CHADHA
GB/Inde 2017 1h50 VOSTF
avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Qureshi, Om Puri, Lily Travers, Mickael Gambon, Jaz Deol...
Scénario de Paul Mayeda Berges, Moira Buffini et Gurinder Chadha

L’entrée en matière a tout pour faire rêver : un palais somptueux, des jets d’eau qui gazouillent, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique ample. Ça vous a un petit air de Downton Abbey, garanti made in England… mais nous sommes en Inde, en 1947, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre.
On se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine qui fleure bon l'empire colonial à son apogée et Gurinder Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a 15 ans le pétulant Joue-là comme Beckham, nous raconte bien autre chose qu’une bluette.

Issu de la lignée royale, né au château de Windsor, second fils du prince Louis de Battenberg, Louis Mountbatten est nommé Vice-roi des Indes par Georges VI avec un objectif bien particulier : il doit mettre ses talents de fin négociateur, de diplomate averti, de meneur charismatique au service d’une noble cause, l’indépendance de l’Inde. L’ampleur de la tâche est à l’image du pays, colossale et complexe. Outre son immensité, l’Inde est un territoire traversé par des cultures et des religions très contrastées auxquelles viennent s’ajouter des traditions tribales ancestrales.

Mais rien de tout cela ne semble affaiblir la volonté et l’optimisme de Mountbatten, qui aborde sa mission avec un flegme pragmatique tout britannique. Pour préparer les esprits, on commence donc par changer les habitudes du Palais : recevoir des invités issus de toutes les traditions et faire entrer la cuisine indienne dans les menus officiels. Son épouse et complice Edwina, femme d'esprit cultivée et perspicace, l'accompagnera dans cette évolution (elle entretint dans la réalité une relation privilégiée avec Nehru)…

Mais l’indépendance n’est pas seulement un mot, il faut sur le terrain faire accepter le fait de rendre à un peuple sa liberté souveraine. La tâche s’avère alors bien plus ardue que prévu car chacun veut son territoire : les Hindous et les Musulmans, sans oublier les Sikhs, autant de communautés qui vivaient ensemble sous la domination anglaise mais que l’indépendance va violemment déchirer.
L’épreuve de la réalité commence, et elle sera douloureuse. Pour Lord Mountbatten d’abord qui, après d’âpres négociations avec Nehru et Jinnah, contre l'avis de Ghandi, devra définir les frontières des deux États : l'Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan, à majorité musulmane. Mais surtout pour le pays tout entier, qui va connaître un vaste mouvement de population puisque près de 14 millions de personnes devront être déplacées en fonction de leur appartenance à un des deux camps !

Cette histoire, à travers le portrait de ce couple qui a su saisir le sens de l’histoire et en accepter ses bouleversements, évoque aussi la position ambivalente du Royaume Uni puisque le tracé de la carte en favorisait les intérêts géopolitiques et économiques.
Les négociations menées seront considérées comme une catastrophe par Gandhi qui vit anéantis tous ses efforts pour faire de l'indépendance de l'Inde un moyen de parvenir à une paix sociale entre Hindous et Musulmans… on en mesure les conséquences encore aujourd'hui.

Alors bien sûr, c’est du cinéma, et l’histoire n’a sans doute pas l’indulgence de la fiction vis-à-vis des époux Mountbatten et la violence des massacres qui suivirent nous sera épargnée (environ 1 million de morts en 3 mois)… Tout en faisant un film à audience large et plaisant à déguster, la réalisatrice donne néanmoins une foultitude d'informations qui sont autant de clefs pour comprendre la situation actuelle. Une histoire qui nous concerne aussi parce qu'elle renvoie à l'histoire des colonisations diverses et successives, aux conséquences des négociations associées à la dislocation des empires… Une histoire qui n'en finit pas de peser dans notre actualité.(Utopia)

COTIGNAC : jeu 14 / 20h30

My Cousin Rachel
Écrit et réalisé par Roger MICHELL
GB 2017 1h46 VOSTF
avec Rachel Weisz, Sam Claflin, Holiday Grainger, Irina Glen, Pierfrancesco Favino...
D'après le roman de Daphné Du Maurier

C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïqueet la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition…

Première moitié du xixe siècle. . La campagne anglaise baignée par les vents marins. Des falaises verdoyantes tombant à pic sur une mer capricieuse. Des bois d’où s’évade le parfum des fleurs des champs à l’heure du printemps, mais aussi le vent glacial de l’hiver qui s’engouffre sous les capes et glace les os. C’est ici qu’est né Philip, c’est ici qu’il a grandi, orphelin élevé par Ambroise, un cousin plus âgé qui l’aime comme un fils, c’est ici que sa vie toute entière est déjà écrite : la demeure familiale, l’exploitation et les terres dont il reprendra un jour les commandes.

Mais le cousin est malade et les docteurs lui conseillent de quitter l’Angleterre pour aller chercher les rayons réconfortants du soleil d’Italie. Il part donc, laissant le domaine à son filleul. Les premières nouvelles que Philip reçoit d'Ambroise sont bonnes : la santé va mieux, mais surtout il a fait la connaissance d'une lointaine cousine, Rachel, jeune veuve qui veille sur lui avec bienveillance… Très vite il est question d'amour, qui très vite se concrétise par un mariage… Mais Philip reçoit bientôt de bien étranges lettres : l'écriture devient hésitante, les mots semblent confus et le tracé heurté de l’encre sur le papier traduit un combat contre quelques sombres démons intérieurs. Quelque chose de grave est en train de se passer, Philip le sent, et il a rapidement la conviction que la mystérieuse Rachel n'y est pas étrangère. Philip est trop attaché à son cousin pour le laisser ainsi sombrer dans les rets d'une histoire qui pourrait l'engloutir et il décide de faire le voyage jusqu'en Italie, prêt à affronter cette femme forcément diabolique.

Mais bien entendu, ce n'est pas Philip qui maîtrise les règles du jeu et rien ne va se passer comme il l'avait prévu. Car Rachel est tout sauf une femme prévisible : c'est elle qui va venir en Angleterre ! Si la douceur anime chacun de ses traits fins, si la générosité semble s'afficher dans son regard de braise, quelque chose en elle demeure résolument impénétrable. Rachel n'est plus tout à fait une jeune femme, son histoire et son expérience semblent exercer une bien troublante fascination sur son entourage…

L'efficacité d'un récit tient parfois à peu de choses : une ambiance, un savant mélange d'ingrédients judicieusement choisis et dosés. Dans le registre du film à intrigues en costumes, My cousin Rachel est une réussite. La peinture sociale d'une bourgeoisie un peu guindée, régie par les codes ancestraux et les convenances, est traversée par un souffle de sensualité interdite incarnée par la troublante et peut-être machiavélique Rachel. Rachel : une femme libre, attisant les désirs dans le sillage de sa singulière histoire. Depuis Freud, on le sait : ce que l'imaginaire est capable de concevoir, que ce soit pour la quête de l'extase ou la fabrication des peurs intimes, peut mener l'homme à sa perte autant qu'à sa jouissance. My cousin Rachel se situe quelque part sur ce chemin périlleux…(Utopia)

COTIGNAC : ven 15 /18h et 20h30


Une famille syrienne
Écrit et réalisé par Philippe VAN LEEUW
Belgique/Liban 2017 1h26mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Diamand Abou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas....

À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé.

Le père, le mari de Oum Yazan, on ne le verra jamais. La famille essaiera de le joindre durant toute la journée mais le réseau téléphonique est si perturbé que les rares communications qu'on arrive à établir sont très vite interrompues. Le mari de Halima, lui, on le voit au tout début du film. Il est venu annoncer une bonne nouvelle à sa femme : un journaliste français est disposé à les aider à partir se réfugier au Liban. Quand ? Le soir même. Sauf que, en quittant l’appartement, il est touché par les balles d’un sniper. Est-il toujours vivant ? Est-il mort ? Cette scène, Delhani l’a vue par la fenêtre, elle veut avertir Halima mais Oum Yasan l'en empêche : elle veut avant tout protéger sa famille et il ne faut pas affoler toute la maisonnée avec la révélation de ce drame. De toute façon personne ne peut rien faire, pas question de sortir au risque de s'exposer au feu du sniper… Le plus prudent est d'attendre…

C'est donc de l'intérieur, au plus intime des membres de cette famille piégée, que nous allons ressentir les effets d'une guerre qui les dépasse. Le film réussit parfaitement à nous montrer ce que peut être l'instinct de survie chez des êtres dont on se sent de plus en plus proches. Philippe Van Leeuw alterne avec une grande maîtrise les scènes d'une vie quotidienne presque normale, une vie de tous les jours et de tous les endroits, et d'autres – une surtout, particulièrement saisissante, on ne vous en dit pas plus – tendues, oppressantes, qui bousculent et qui bouleversent. Il nous livre ainsi une puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, les familles de tous les pays déchirés par une guerre. (d'après JJ Corrio, critique-film.fr)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 16h15, jeudi 14 et vendredi 15 à 18h30, samedi 16 à 13h50, dimanche 17 à 18h45, lundi 18 à 16h15, mardi 19 à 13h50

Visages Villages
Écrit, réalisé et commenté par Agnès VARDA et JR
Documentaire France 2017 1h29mn
avec JR, AV, des habitants de tous les coins de France qui auraient pu être vous ou moi...
Musique originale de Matthieu Chedid

Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter, eux, leur univers espiègle et généreux : Agnès, ses sourires émouvants, et ce vaurien de JR qui n'arrête pas de l'asticoter. Comme si le plus grand respect qu'on pouvait témoigner aux « vieilles » était de rester insolent, de ne pas s'apitoyer sur les fragilités d'un corps désormais inadapté aux frasques d'un esprit pétillant, indomptable. Madame Varda, il y a plus de jeunesse, d'énergie et de rébellion sous votre frange bicolore que dans n'importe quelle boîte de nuit branchée !

D'ailleurs ce n'est pas dans un night-club que se sont rencontrés AV et JR. Pas plus que lors d'un de ses vernissages, même si la cinéaste connaissait les collages XXL du photographe. Pas rencontrés non plus à un arrêt de bus… Illustrant chacune de ces situations de manière hilarante, Varda manie l'anaphore avec malice, amorce son récit par un jeu de devinettes. Dans une boulangerie ? Pas plus que sur une route… Quoi que ce soit moins certain, puisque c'est en la prenant ensemble que les deux co-réalisateurs de Visages Villages vont se découvrir l'un l'autre, sous notre regard complice.
Voilà notre glaneuse et notre baroudeur, improbable équipage, embarqués dans une camionnette-photomaton à l'œil gourmand, prêts à croquer tous les passants. On ne se lasse pas de leurs échanges pleins d'humour, de candeur, de pragmatisme, dans lesquels ils se renvoient la balle tendrement, jouant avec les idées, les images, les mots. On prend plaisir à leurs haltes villageoises, à les voir musarder de Pirou Plage aux plages d'Agnès, tout en piquant une tête dans la nouvelle vague. Mais surtout on se régale de leur capacité d'émerveillement communicative, de leur curiosité insatiable pour les autres. Et le hasard (le meilleur assistant d'Agnès Varda, dit-elle !) nous fait rencontrer des gens qui semblent parfois d'un autre temps, d'un autre monde qui sont pourtant les nôtres. En quelques portraits, Agnès et JR donnent une voix aux « masses silencieuses », magnifiant ces anonymes, agrandissant leurs photos comme pour signifier leur importance, leur redonner la fierté d'être ce qu'ils sont.

C'est un hymne aux simples mortels, aux ignorés du CAC 40, aux oubliées de la grande Histoire. À ceux qui œuvrent silencieusement, aux ouvriers, aux paysans, aux héros de l'ombre, aux ombres de leurs ombres, leurs invisibles compagnes : femmes de dockers, de mineurs, fermières, serveuses… C'est un incroyable carillonneur qui virevolte parmi ses cloches. C'est Jeannine si touchante qui se revoit petite fille en train de guetter le « pain d'alouette » que son père ramenait du coron. C'est Patricia l'éleveuse qui résiste à la mode d'écorner les chèvres pour les empêcher de se battre. C'est Jackie le facteur heureux des liens tissés au fil de ses tournées, ou encore cet ingénieur fier de se sentir utile en travaillant dans une usine classée à risques… Tant de visages restés obscurs ou devenus illustres qui seront engloutis un jour par le temps, le vent et les marées.
Le mot de la fin, si on avait le choix, on ne le laisserait pas à Godard (affectueusement évoqué par AV), mais à Pony, artiste méconnu et haut en couleurs : « Je suis né à l'ombre d'une étoile. Ma mère la lune m'a donné sa fraîcheur. Mon père le soleil, sa chaleur. Et l'univers pour y habiter. Tu te rends compte ? C'est quand même une grande place, que j'ai dans la vie ! »(Utopia)

COTIGNAC : dim 17 / 18h


Ôtez-moi D'un Doute
Réalisé par Carine TARDIEU
France 2017 1h40
avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand, Alice de Lencquesaing, Esteban...
Scénario de Carine Tardieu, Michel Leclerc et Raphaële Moussafir

Il y a des situations, des métiers, comme ça, qui vous titillent immédiatement la curiosité. Démineur, instantanément, on pense : méticuleux et casse-cou. Un job qui demande autant de témérité que de précision, de finesse, de sang froid, d'habileté et de diplomatie. Erwan est démineur. Façonné par et pour son travail, qu'il exerce le long de la côte bretonne au gré des découvertes de mines en mer ou dans les dunes, Erwan abrite donc une âme d'orfèvre dans un corps massif, granitique, taillé pour résister aux tempêtes comme au souffle des grenades. Ça, c'est côté boulot. Après, on ne va pas se mentir, en matière de finesse, d'habileté et de diplomatie, il est quand même vachement plus à son aise avec la dynamite – aux réactions somme toute assez basiques – qu'avec ses contemporains, beaucoup plus complexes à comprendre, délicats à manier – et quasiment impossible à désamorcer.

Or notre Erwan, veuf, taiseux, habitué à devoir tenir dans la tempête, va devoir aller puiser des ressources insoupçonnées loin au fond de lui, car la situation est explosive. Premier étoc en vue, la Faculté (mandatée par la compagnie d'assurance) décide que son vieux marin-pêcheur de père, à la santé déclinante, est un danger potentiel en mer et doit dorénavant se résoudre à rester à quai. Un verdict auquel l'ancêtre n'envisage pas de se rendre sans combattre. À tribord, un stagiaire cataclysmique, genre Hrundi V. Bakshi (la catastrophe ambulante interprétée par Peter Sellers dans The party)), qui lui a été fourgué par les services sociaux, menace à force de maladresse de ruiner la petite entreprise de déminage. Au milieu, à son grand désespoir de grand-père en devenir, sa testarde de fille se prépare à donner naissance à un enfant en se fichant éperdument de savoir qui en est le géniteur. Et pour couronner le tout, à l'occasion d'un test ADN censé prévenir tout risque de maladie génétique pour le futur bébé, Erwan découvre à pas loin de 50 balais que son père, son cher vieux papa, n'est pas, ne peut pas être son père. Pas l'ombre d'un chromosome en commun. De quoi vous lézarder le plus compact des menhirs…

Tous les ingrédients pour faire pleurer Margot dûment répertoriés, Carine Tardieu fait un pas de côté. Elle détricote prestement l'écheveau de la tragédie mélodramatique à forte teneur lacrymale en gestation. Et, avec une formidable légèreté, un sens consommé du rythme et un talent très sûr pour les dialogues qui font mouche, elle nous mitonne une très délicate comédie, pour raconter subtilement la réelle gravité de la situation (la recherche de paternité tardive, l'errance émotionnelle du démineur) et les questions, essentielles, qui en découlent : qu'est-ce que l'amour filial ? Qu'est-ce que la famille ? Que veulent dire les liens du sang ? Qui est le père d'Erwan ? Pour citer Pagnol : « Celui qui a donné la vie, ou celui qui a payé les biberons ? » Ou tout simplement celui qui aime… ?

Un soupçon de gravité, un charme ravageur, une drôlerie revigorante, un vrai regard amoureux sur ses personnage : le film de Carine Tardieu, garanti 0% de matières lourdingues et sans misanthropie, servi par un casting aux petits oignons, est de ceux qui vous rendent durablement le sourire, vous font considérer vos voisins, la vie avec bienveillance. Bref, précipitez-vous : de la belle comédie, efficace, intelligente et généreuse, c'est si rare de ce temps !(Utopia)

COTIGNAC : LUN18 / 18h et 20h30



Le Redoutable
Écrit et réalisé par Michel HAZANAVICIUS
France 2017 1h47mn
avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Jean-Pierre Mocky...
Librement adapté des livres d'Anne Wiazemsky, Une année studieuse et surtout Un an après

Précisions liminaires : inutile de bien connaître l'œuvre de Jean-Luc Godard pour apprécier comme il se doit Le Redoutable, nul besoin non plus d'être un cinéphile aguerri. Chacun se laissera embarquer dans cette plongée étonnante et parfois cocasse dans l'univers du cinéaste et dans l'effervescence de Mai 68. Extrêmement plaisant.

« Paris, 1967. Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette. Jean-Luc est le cinéaste star de sa génération. Anne est belle comme le petit jour et l’admire. Les jeunes mariés sont gais et heureux. Mais le film est incompris à sa sortie. Jean-Luc, alors, se remet en question : que vaut le cinéma, son cinéma, dans la nouvelle déferlante politique de Mai 68 ? À force de s'éloigner de ses proches pour plonger dans des mouvements collectifs, à force de concepts et de mots, c’est son mariage qu’il va noyer…
« Mais quel est donc cet objet de cinéma qui s’inspire des deux livres qu’Anne Wiazemsky consacra à son histoire avec “le grand homme” – titre envisagé un temps ? Plus que le pastiche redouté par les gardiens du temple godardien, Le Redoutable est un détournement fantaisiste et attendri de la figure d’un magnifique, mais incorrigible obsessionnel de sa propre révolution permanente. Un Godard si attaché à être de son temps qu’il oublie de vivre ici et maintenant avec la femme qu’il aime.

« Ce n’est donc pas tant le cinéaste qui intéresse Michel Hazanavicius mais le “personnage Godard” dans ses différents motifs. L’homme, aussi, et Louis Garrel relève haut la main ce défi de la variation, passant de l’imitation volontairement outrancière à une incarnation plus subtile du Suisse sincère, jaloux et masochiste, incapable de baisser les armes pour retenir Anne.
« L’esthétique du film, aussi, est un collage. Se mêlent ainsi, dans une remarquable homogénéité, des images de foule manifestante tournée dans la rue, des plans très graphiques en appartement, des correspondances de couleurs pop, et des scènes de bord de mer, sur les hauteurs de Cannes puis en Italie, sous la même lumière éclatante que celle de Raoul Coutard pour Le Mépris. Entre l’artiste qui pérore et la femme qui ne l’écoute plus que d’une oreille, le mépris, justement, s’installe. Jusqu’à cette séquence, belle et tragique, de la fin d’un amour entre chambre et salle de bain, commentée par un extrait de Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes sur le caractère infini de la scène de ménage. Il est lu, en voix off, par Michel Subor, l’acteur principal du Petit Soldat.
« Le fétichisme pour le cinéma de JLG est donc là, plutôt respectueux, délicieuse scène de nu allongé façon Bardot comprise. Mais c’est dans… l’humour que Hazanavicius  rejoint le plus fidèlement le réalisateur d’À bout de souffle et Soigne ta droite, grand blagueur à ses heures. Dans un gag récurrent, Godard, qui veut changer de regard sur le cinéma, casse ses lunettes. Garrel-Godard affirme face caméra qu’un acteur est tellement con qu’il est possible de le lui faire dire… face caméra. Sans oublier ce plan séquence-hilarant, de retour du festival de Cannes 68 annulé, où six personnages se disputent dans une voiture.
« Puisque le grand homme n’eut de cesse de tout désacraliser, n’est-ce pas finalement le plus bel hommage à lui rendre que de le désacraliser à son tour ? D’en faire un héros réellement populaire ? »

(G. Odicino dans Télérama)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h30 et 20h45, jeudi 14 et dimanche 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, vendredi 15 et samedi 17 à 13h50, 18h15 et 20h30, lundi 18 à 15h30, 17h45, 20h, mardi 19 à 13h50, 18h15 et 20h45

The Party
Écrit et réalisé par Sally POTTER
GB 2017 1h10 VOSTF
avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Emily Mortimer, Cillian Murphy...

Voilà un petit bijou atypique et savoureux, à la fois farce théâtrale cruelle et critique acide du désenchantement politique dans un pays en plein traumatisme post-Brexit. The Party – qui n'a rien à voir avec l'inégalable comédie homonyme de Blake Edwards – pourrait être le croisement improbable entre La Corde d'Alfred Hitchcock, thriller millimétré se déroulant dans un lieu unique et en temps réel, et Festen, le brûlot du danois Vinterberg dans lequel une réunion de famille tourne au désastre, chacun se balançant au visage vérités enfouies et sales petits secrets gardés trop longtemps sous le tapis… Le point commun entre les deux, et même les trois si l'on inclut le film qui nous occupe aujourd'hui, étant un humour noir cinglant.

Unité de lieu dans The Party puisque Janet (Kristin Scott Thomas), brillante femme politique, a décidé de fêter par un dîner dans sa maison londonienne sa récente nomination comme ministre de la Santé. Initiative qui laisse de marbre son mari Bill, universitaire désabusé (le génial Timothy Spall, acteur fétiche de Mike Leigh), qui reste étrangement absent et taciturne, enchaînant les verres et passant obstinément des vieux disques sans daigner prononcer un mot. Arrivent progressivement les invités : April, la meilleure amie de Janet, et son mari fantasque, Gottfried, un naturopathe allemand doué pour dire ce qu'il ne faut pas exactement au moment où il ne faut pas, un couple lesbien, Martha et la jeune Jiney qui attend un heureux événement, et le jeune banquier Tom qui semble particulièrement nerveux. Ce qui devait être un moment heureux et serein de fête ne va évidemment pas tourner comme prévu, chacun ayant son secret à déballer, et le salon cosy va devenir le chaudron explosif de tous les psychodrames, de petites trahisons entre amis en coucheries inavouables… Tout ça sur fond de carrière politique affairist terriblement symbolique de cette Angleterre qui a vu le blairisme effacer toute frontière entre la gauche et la droite et qui a mis au coeur de la politique le tout économique et les affairistes en guise de leaders d'opinion.

La comédie cruelle qui se joue dans The Party est donc aussi une réflexion sur un pays qui a perdu ses si chères valeurs démocratiques et ses idéaux prétendument égalitaires. La réalisatrice Sally Potter – inégale mais dont on a jamais oublié le très beau Orlando d'après Virginia Woolfe avec la fabuleuse Tilda Swinton – revient ici à son meilleur et cisèle un huis-clos aux petits oignons, théâtre de la cruauté aux rebondissements stylisés par un élégant noir et blanc. Et surtout The Party est un réjouissant défilé de numéros d'acteurs, tous plus savoureux les uns que les autres : Kristin Scott Thomas est parfaite en femme de pouvoir dont le flegme et la maîtrise de soi vont se fissurer au fur et à mesure que les révélations s'enchaînent, le comédien allemand Bruno Ganz, que la réalisatrice voulait faire jouer depuis son rôle légendaire dans Les Ailes du désir (qui date quand même de 1987 : saluons l’opiniâtreté de la cinéaste) est délicieux dans son rôle d'hurluberlu gaffeur, et Timothy Spall, que nous chérissons particulièrement, est fabuleux dans sa lente descente aux enfers tout au long de la désastreuse soirée.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 13 à 13h50, 18h15 et 20h45, jeudi 14 VF à 13h50 et VO à 16h45 et 18h30, vendredi 15 VO à 13h50 et 21h, VF 16h15, samedi 16 VO 15h30, 19h et 21h, dimanche 17 VO 15h35, 20h45, VF 17h10, lundi 18 VO 13h50, 15h50 et 20h30, mardi 19 VO 13h50, 15h40 et 20h45

Petit Paysan
Réalisé par Hubert CHARUEL
France 2017 1h30mn
avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners, Isabelle Candelier, Marc Barbé...
Scénario de Claude Le Pape et Hubert Charuel

Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable ! C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataires…

Tout pourrait continuer paisiblement sauf que l'irruption d'une mystérieuse maladie en provenance de Belgique, qui touche et décime des troupeaux entiers de bovidés, ne va pas tarder à venir faire tache. Et voilà que notre petit paysan se retrouve un soir au chevet de sa vache Topaze dont les symptômes ne font aucun doute : elle est atteinte de la « fièvre hémorragique ». Que faire ? Accepter l’abattage de son cheptel, principe de précaution oblige ? Perdre ainsi toutes ses vaches, à qui il a consacré tant de vie et d'amour ? Fermer les yeux sur l'effondrement de son propre monde ? Pierre ne peut s'y résoudre. Déterminé à prendre le taureau par les cornes, il se met en quête de toutes sortes d'atermoiements, espérant que le temps jouera en sa faveur et que la pandémie s'évanouira sans meugler gare… Sa sœur Pascale, véto consciencieuse (jouée par la craquante autant qu'impeccable Sara Giraudeau), se retrouve embarquée malgré elle dans cet engrenage infernal. Ainsi parti pour être un film semi-documentaire sur la condition agricole, Petit paysan bascule très vite dans le thriller psychologique, cadencé par la paranoïa de Pierre et ses magouilles tellement alambiquées qu'elles en deviennent presque hilarantes… Pour mieux dissimuler son manège et gagner toujours plus de temps, Pierre se force à renouer avec sa vie sociale, accepte de partir à la chasse et de faire du bowling avec ses amis, invite même la boulangère au restau et peaufine ses cheveux au gel pour l'occasion… Jusqu'où la situation ira-t-elle ? De mal en pis, osons le dire…

Pour vous dire le soin apporté à la préparation du film, Swann Arlaud a effectué un stage auprès d'un agriculteur pour préparer son rôle, lequel agriculteur a dit n'avoir jamais eu affaire à un aussi bon apprenti et ne voulait plus le laisser partir… C'est dire à quel point il est époustouflant dans son rôle d'éleveur habité par son métier. Ajoutez à cela le fait que le réalisateur Hubert Charuel, plus que prometteur, est lui-même fils d'agriculteurs (ses parents et son grand-père jouent d'ailleurs dans le film) et vous voilà en présence d'un Petit paysan qui, en plus d'être une pépite de mise en scène, maîtrise parfaitement son sujet. À voir d'urgence ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 16h15, 18h45 et 21h, jeudi 7 à 13h50, 16h15 et 21h, vendredi 8 à 13h50, 16h15 et 18h30, samedi 9 à 13h50, 17h30 et 21h, dimanche 10 à 13h50, 15h40 et 19h15, lundi 11 à 13h50, 15h40 et 21h, mardi 12 à 13h50, 18h30 et 21h



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