Au(x) cinéma(s) du 14 au 20 septembre

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Et vive le cinéma cette semaine car il y a foison de films à voir, de délicieuses soirées en perspective !

Commençons par la proposition Entretoiles ce dimanche 18 septembre, au CGR, une soirée "Suède", liée à d'autres événements suédois de ce weekend des 17 et 18 septembre  à Draguignan, et en partenariat avec l'Association Culture Provence Suède. Avec à 18h30 My skinny sister, une délicate chronique de l'amour entre 2 sœurs. Puis à 21h Le Lendemain, présenté au Festival de Cannes, et salué par la critique sur la solitude d'un adolescent paria. Comme à l'habitude, un apéritif dinatoire sera servi entre les 2 films, mais cette fois-ci, ce sera un apéritif suédois offert par l’Association et Ikéa.

CGR vous propose aussi en avant-première, le dernier film de Xavier Dolan Juste La Fin Du Monde , Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2016, mais aussi Un petit boulot de Pascal Chaumeil, un "polar acide et plaisant", et Comancheria, de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des années..." (et au Vox pour la VO...)

Au Vox, le dernier film de François Ozon, Frantz, un très beau film romanesque, Le Fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant. Mais aussi, voici le retour de notre lanceur d'alerte qu'est Michael Moore avec Where To Invade Next où il nous propose de découvrir les vertus du "nous", au lieu de l'obsession du "soi". Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez y vite : c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse. Et aussi, pour les enfants, le film d'animation Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur, qui aborde très joliment la question des droits de l'enfant.

Nous sommes heureux aussi de relayer les "Ciné-soupes" de l'Usine de la Redonne, au Flayosquet, qui propose tous les 2ème mercredi du mois, un film sur un sujet sociétal ou environnemental, suivi d'une soupe maison ! Ce mercredi, c'est En quête de sens de Nathanaël Coste et Marc de la Menardière, un film "qui apporte un message d'espoir à ceux qui se sentent impuissants".
Encore 2 bons films à Cotignac : Truman et L'effet aquatique, et au Luc Dans les forêts de Sibérie !

Vous voyez qu'il y a de quoi faire !
A dimanche pour la soirée Suède !

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 14 AU 20 SEPTEMBRE 2016

Affiche
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My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...
Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr... lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre, SOIRÉE SUÈDE
Affiche
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Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...
Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier...
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CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
En Avant Première, CGR (Draguignan) : lundi 19 à 20h
Affiche
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Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison
C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 14 et dimanche 18 à 17h45, jeudi 15 à 15h45 et 20h, vendredi 16, lundi 19 et mardi 20 à 15h45 et 17h45, samedi 17 à 17h45 et 20h, dimanche 18 à 17h45
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 14 et dimanche 18 à 16h, 18h et 20h, jeudi 15 et lundi 19 à 11h15, 13h30, 16h et 18h, vendredi 16 à 11h15, 13h30, 16h et 20h, samedi 17 à 16h, mardi 20 à 11h15, 13h30, 16h, 18h, 20h
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 14, samedi 17, dimanche 18 et lundi 19 à 20h45, jeudi 15 à 16h20  , vendredi 16 à 18h30 et 20h45, mardi 21 à 18h30
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 et vendredi 16 à 14h et 16h20, jeudi 15 et lundi 19 à 14h et 18h, samedi 17 à 16h20, dimanche 18 à 14h, mardi 21 à 14h et 16h15
Le Coeur régulier : Affiche
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Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...
L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 16h et 20h45, jeudi 15 à 16h et 18h25, vendredi 16 à 16h, 18h25, 20h45, samedi 17 à 14h, 18h25, 20h45, dimanche 18 à 16h, 18h25, 20h45, lundi 20 à 14h, 16h15, 18h25 et mardi 21 à 14h, 16h15, 20h45
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
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Le Vox (Fréjus) : dimanche 18 à 14h et lundi 19 à 20h
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Where To Invade Next
Écrit et réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.
Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière. Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14, lundi 19 et mardi 20 : 14h, 18h25, 20h45 - jeudi 15 à 14h, 18h25 et 20h45 - vendredi 16 à 17h, dimanche 18 à 14h, 16h20 et 20h45
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En quête de sens
Réalisé par Nathanael Coste et Marc de La Ménardiere
France 2014 1h27mn
avec Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Hervé Kempf, Arnaud Desjardins, Satish Kumar, Samdong Rimpoche, Trinh Xuan Thuan, Bruce Lipton, Tim Jackson...
Quand Nathanaël rend visite à Marc à New York en septembre 2008, les deux amis ne se sont pas vus depuis dix ans et leurs trajectoires les ont éloigné : alors que Nathanaël vient de finir un film sur la gestion de l’eau en Inde, Marc, lui, exporte de l’eau en bouteille pour une grande multinationale… Installé à deux pas de Wall Street, Marc vit le rêve américain sans se poser de questions. Suite à un accident, il ingurgite depuis son lit une série de documentaires que lui a prêté Nathanaël… Dès lors, sa conscience ne le laissera plus tranquille, et les deux amis décident de prendre la route avec une caméra et un micro pour essayer de comprendre à quel moment notre civilisation s’est égarée et d’où pourrait venir un véritable changement... lire la suite
Usine de la Redonne (Le Flayosquet) : Ciné soupe (film suivi d'une soupe) : mercredi 14 à 20h
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Truman
Réalisé par Cesc GAY
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi, Eduard Fernandez, Alex Brendemühl...
Scénario de Cesc Gay et Tomas Aragay
Truman, c'est un grand rouquin au museau sombre et au regard expressif, un clébard haut sur pattes plus humble et moins contrariant qu'un humain. Un de ceux qui semblent tout capter en un clin d'œil et qui, avec un simple soupir qui vise juste, vous remettent à votre place. S'il n'est pas le centre de l'histoire, il n'en est pas moins un enjeu et surtout un des éléments tendres et comiques qui la parsèment de respirations jubilatoires, de moments de grâce. Il est l'œil attentif qui suit chacun des gestes des hommes, semble les inciter à rester légers, à prendre le recul nécessaire face aux embûches de la vie. C'est sans doute pour cela que Julian (le follement séduisant et charismatique Ricardo Darin) le considère comme un véritable compagnon de vie. Inséparables comme les éléments d'un vieux couple qui n'auraient plus besoin de se parler pour se comprendre... lire la suite
Cotignac : Dimanche 18 à 18h
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L'Effet aquatique
Écrit et réalisé par Solveig ANSPACH
France 2016 1h23mn
avec Florence Loiret Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot, Esteban, Olivia Côte...
Plus jamais, après avoir découvert cette comédie romantique burlesque et désopilante, vous ne direz avec désinvolture « Désolé, j'ai piscine » pour échapper à une invitation non désirée. Vous emploierez encore moins l'expression « zizi de piscine » (qui désigne le rétrécissement en principe inexorable de l'instrument masculin plongé dans l'eau froide et chlorée) car, vous allez le voir, la piscine ça peut être sacrément bandant ! Croyez en l'expérience de Samir, un quadragénaire plus habitué à l'air qu'à l'eau puisque grutier de son état, qui va trouver l'amour à la piscine Maurice Thorez de Montreuil, en la personne d'Agathe, maître nageuse, pourtant revêche et mal embouchée de prime abord... lire la suite
Cotignac : jeudi 15 à 21h
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Dans les forêts de Sibérie
Réalisé par Safy NEBBOU
France 2016 1h45mn
avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidhikhine..
Scénario de Safy Nebbou et David Œlhoffen, d'après le livre de Sylvain Tesson. Musique originale de Ibrahim Maalouf
Certes il y a un réalisateur aux commandes, mais à lire le dossier presse, on comprend bien l'intensité de la réflexion collective et du partage qui ont présidé à la fabrication du film. Cela en fait le fruit d'une belle aventure humaine, une passionnante collaboration à tous les niveaux. L'écrivain, les scénaristes, le cinéaste, le directeur de la photographie, les acteurs, le compositeur… fédérés et solidaires afin de raconter et partager quelque chose à la fois de très universel et de très intime, presque indicible… Le périple débute dans une modeste bicoque, où nous sommes simplement accueillis par une femme russe dont le chant ruisselle du lait de la tendresse humaine. On s'immerge dans l'ambiance, les gestes, les sons des autochtones : les mots que l'on ne comprend pas, dont on devine la signification. Ça, c'est ce qu'on vit un peu dès qu'on est touriste quelque part. Mais peut-être le tourisme est-il le meilleur moyen trouvé par l'homme pour ne pas voyager et se fuir lui-même, fuir sa réalité ? Teddy, lui, fait le chemin inverse. Il part vers le dépouillement, l'isolement, la solitude et son voyage commence quand il se retrouve minuscule face à l'infini de la neige. Un voyage qu'on va vivre par procuration, sans geler nos petites fesses, mais en se laissant transporter... lire la suite
Le Luc : mercredi 14 à 14h30, samedi 17 à 16h30 et dimanche 18 à 15h
Affiche
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Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Réalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF
Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants. Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 14h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...

Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr…

Tout pourrait continuer ainsi, dans cette espèce de déséquilibre familial harmonieux où chacun trouve finalement sa place, cahin-caha, malgré petites bisbilles et menues jalousies… Mais on sent bien, dans le volontarisme forcené de la patineuse, sa soif perpétuelle d'exercice, ses obsessions culinaires que s'installe un malaise de plus en plus palpable.
My skinny sister, au titre évocateur même pour l'anglophile balbutiant (skinny = maigre), pose un très beau regard sur un fléau qui touche des millions d'adolescentes, leur famille, leurs amies : l'anorexie, une maladie qui s'accompagne le plus souvent du terrible déni de l'intéressée, laquelle finit par se couper du reste du monde, parfois avec agressivité, toute à son obsession morbide. Il montre aussi à quel point les proches ne se doutent pas de la gravité de la situation jusqu'au jour, souvent tardif, où la maladie a fait des ravages profonds, tant physiologiques que psychologiques. Tout cela est traité avec une grande authenticité, une grande justesse et on n'est pas du tout étonné que la réalisatrice déclare « avoir une expérience personnelle des troubles alimentaires…

Mais ce qui est très beau dans My skinny sister, c'est qu'il échappe avec grâce au film à thèse sur l'anorexie pour s'épanouir en une très belle et très délicate chronique de l'amour entre deux sœurs et des tourments de l'adolescence. Avec ses moments bouleversants mais aussi ses moments extrêmement drôles et impertinents, à l'image de l'imprévisible et craquante Stella. On rit de bon cœur à l'audace de la gamine qui drague ouvertement le prof de patinage de sa sœur à qui elle dédie des poèmes licencieux. Et face au désarroi des parents qui, entre coercition et dialogue, ne savent plus quoi faire pour enrayer la spirale infernale dans laquelle s'enferme leur fille aînée, c'est bien leur irréductible benjamine qui, avec son énergie et son appétit de vivre, va peu à peu sauver Katya, envers et contre tout, et d'abord envers et contre elle-même… (Utopia)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 18h30, SOIRÉE SUÈDE


Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...

Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier…
Quel crime horrible a bien pu commettre l'adolescent pour être l'objet d'une telle haine ? Magnus von Horn, l'auteur de cet impressionnant premier film, distille les indices au compte-gouttes avec une maîtrise de vieux routier du scénario : pas d'explications psychologiques dans les rares et courts dialogues. L'incertitude habilement entretenue sur le passé maintient une tension permanente. On sent à tout moment que la violence, contenue tant bien que mal par les appels au calme des enseignants, peut éclater…

La mise en scène, par ses cadres oppressants, sa lumière glacée (superbe photo du Polonais Lukasz Zal, le chef opérateur d'Ida, disponible en Vidéo en Poche) exprime constamment la solitude de John, en proie à l'incompréhension de ses proches et à l'intolérance des lycéens.
Le jeune cinéaste, décidément très prometteur, a aussi un sens du casting surprenant. Pour incarner son héros paria, il a choisi un chanteur pour adolescentes très populaire en Suède. Dans ce premier rôle au cinéma, Ulrik Munther compose un personnage buté, opaque, qui voudrait se fondre dans la masse mais en est systématiquement exclu. Qui rêve de se faire oublier mais, rongé par la culpabilité, est en quête de rédemption…

(S. Douhaire, Télérama)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE


Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)


En Avant Première, CGR (Draguignan) : lundi 19 à 20h

Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison

C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. La tradition dans le genre est plutôt anglo-saxonne (le scénario est d'ailleurs adapté d'un roman de l'américain d'origine écossaise Iain Levison) ou belge. Ou alors il faut remonter aux polars parodiques et anars des années soixante, dont les plus réussis étaients souvent dialogués par Michel Audiard.
Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service.

Dans ces conditions, difficile de refuser un petit boulot, surtout quand il peut vous rapporter près vingt mille euros en une journée. À ce tarif, inutile de vous dire que ce n'est pas n'importe quel petit boulot : Gardot, le bookmaker-mafieux local demande à Jacques de tuer sa femme adultère. Il lui fait sa proposition dans une scène aux dialogues savoureux : « Pourquoi tu me demandes ça à moi ? — Parce que tu es un ami » répond Gardot. D'ailleurs l'humour noir et très efficace du film réside essentiellement dans ce personnage de Gardot, un truand à l'ancienne, capable de buter son homme de main sur un simple soupçon, mais aussi de s'inquiéter de tous ses amis et de se montrer affable, avec un air débonnaire de bon bourgeois affublé de petits chiens ridicules. Un rôle savoureux que le scénariste-dialoguiste Michel Blanc a mitonné aux petits oignons pour Michel Blanc l'excellent acteur. Romain Duris, qui se bonifie comme un vieil Armagnac, lui donne parfaitement la réplique dans le rôle de l'ouvrier bon gars qui se laisse embarquer par nécessité dans une spirale meurtrière. Parce que c'est bien connu : quand on a tué une fois, on peut remettre ça plus facilement. Et tant mieux si ça permet de se débarrasser du cadre sadique (savoureusement incarné par Alex Lutz) envoyé par la compagnie pétrolière pour chercher des poux dans la tête de son ami Tom !

Au fil d'un scénario qui dit plein de choses sans en avoir l'air, Pascal Chaumeil livre un polar acide qu'on suit avec plaisir au premier degré sans jamais oublier l'arrière plan bien présent : les ravages du capitalisme sauvage face auxquels l'ouvrier floué pourrait être tenté de réagir en sortant le calibre (la présence de Gustave Kervern aidant, on pense évidemment au bien aimé Louise-Michel de lui-même et Benoît Delépine, à voir ou revoir en Vidéo en Poche)…


CGR (Draguignan) : mercredi 14 et dimanche 18 à 17h45, jeudi 15 à 15h45 et 20h, vendredi 16, lundi 19 et mardi 20 à 15h45 et 17h45, samedi 17 à 17h45 et 20h, dimanche 18 à 17h45


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 14 et dimanche 18 à 16h, 18h et 20h, jeudi 15 et lundi 19 à 11h15, 13h30, 16h et 18h, vendredi 16 à 11h15, 13h30, 16h et 20h, samedi 17 à 16h, mardi 20 à 11h15, 13h30, 16h, 18h, 20h
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 14, samedi 17, dimanche 18 et lundi 19 à 20h45, jeudi 15 à 16h20  , vendredi 16 à 18h30 et 20h45, mardi 21 à 18h30


Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 et vendredi 16 à 14h et 16h20, jeudi 15 et lundi 19 à 14h et 18h, samedi 17 à 16h20, dimanche 18 à 14h, mardi 21 à 14h et 16h15


Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...

L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.

Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l'absence, jusqu'à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d'Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d'Adrien n'est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ?
François Ozon a été inspiré par la pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite au lendemain de la Guerre, quand la France voulait croire en une paix et une réconciliation possibles… Cette pièce avait déjà inspiré Ernst Lubistsch pour l'un de ses films les plus méconnus, Broken Lullaby (1932). Dans les deux cas, c'est le jeune Français qui était le personnage central, par qui le lecteur / spectateur suivait le déroulement du récit. Ozon, grand dramaturge des femmes, a fait de la jeune Anna le cœur de son film : magnifique personnage (incarné par une actrice tout aussi magnifique : Paula Beer) à la fois passionné et rigoureux, en proie aux plus grands tourments avant de trouver une juste voie. Face aux traumatismes de la guerre, qui ont laissé les hommes comme des enfants peureux, c'est bien la femme qui domine la situation…

Tourné majoritairement dans un très beau noir et blanc qui donne une réelle authenticité à cette Allemagne se réveillant péniblement de la guerre (on pense à la saga Heimat d'Edgar Reitz, on pense aussi au Ruban blanc de Haneke), Frantz est un très beau film romanesque, qui évoque l'espoir – peut-être vain – dans la réconciliation de peuples qui se sont récemment déchirés, qui dit le tourment des âmes prises dans la fureur de l'histoire et qui peuvent se fourvoyer, se désespérer, se racheter, s'élever, se mentir… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 16h et 20h45, jeudi 15 à 16h et 18h25, vendredi 16 à 16h, 18h25, 20h45, samedi 17 à 14h, 18h25, 20h45, dimanche 18 à 16h, 18h25, 20h45, lundi 20 à 14h, 16h15, 18h25 et mardi 21 à 14h, 16h15, 20h45


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Le Vox (Fréjus) : dimanche 18 à 14h et lundi 19 à 20h


Where To Invade Next
Réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.

Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière.

Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump.

Après une pause de 7 ans, la plus longue de son illustre carrière (Bowling For Columbine, Roger & Moi et Fahrenheit 9/11 sont ses oeuvres les plus célèbres), Moore revient aux valeurs qui sont les siennes, et prêche à nouveau sa bonne parole dans une Amérique évangélique, plus sensible aux discours religieux et de réussite personnelle que par ceux de partage et de socialisme. En 2016, l’apôtre de la classe ouvrière revient secouer l’Amérique en lui proposant l’alternative sociale qu’elle a toujours niée, et en fantasmant cette fois-ci l’importation - ce qui est un jargon opportun pour une telle économie de marché - du meilleur des démocraties étrangères. Propulsé par la mort de son père vers des rivages lointains, hors de ses frontières (en Amérique, il ne filme point), comme pour exorciser la douleur et éviter la dépression certaine, Michael Moore a donc voyagé vers des terres bien connues des Français, mais souvent dénigrées par les clichés ethnocentriques d’une Amérique peu curieuse de l’autre, convaincue de sa supériorité par l’économie, qui pourtant ne couvre qu’une minorité d’Américains, laissant à terre indigents et l’ancienne classe moyenne, annihilée avec l’avènement de la mondialisation exponentielle.

Aux clichés d’une Europe et d"une Afrique (il visite aussi la Tunisie) au bord du chaos, il a décidé d’éclaircir l’obscurantisme d’une nation, en renvoyant dos à dos le négativisme ambiant par des clichés positifs dont peut s’enorgueillir chaque nation. Non sans manipulation de discours, le metteur en scène dresse des portraits consensuels de pays qui semblent tous bâtis sur une utopie sociale qui, malheureusement, n’existe pas ou du moins qui peut paraître exagérée, mais l’intention est de proposer une contrepartie à l’Amérique libérale et conservatrice, en lui faisant miroiter un pot-pourri culturel instructif, bien que naïf.
Mais au diable la naïveté, les bonnes intentions et l’efficacité de l’approche, par la satire inoffensive, la parodie de l’impérialisme américain fait mouche. Michael Moore part à la reconquête de ses principes, brassant des thèmes bien connus dans sa filmographie, faisant tomber pendant 2 heures instructives et délicieusement cocasses les frontières des états pour évoquer le monde comme une constellation d’idées glorieuses à généraliser sur le globe aux détriments de la pluralité des peuples, comme si elles pouvaient s’appliquer partout. Armé d’une caméra et de la bannière étoilée, le géant du documentaire engagé s’amuse à incarner l’envahisseur américain prêt à s’arroger le meilleur des cultures étrangères et provoque l’hilarité en se présentant comme un colonialiste yankee avide du meilleur pour faire fructifier sa propre patrie.
De la généreuse politique des congés payés en Italie aux prisons idylliques norvégiennes, où l’on s’assure que les prisonniers sont heureux, choyés par un sens national du pardon qui ferait de Un Prophète et Un justicier dans la ville deux films de science-fiction, on apprend, un peu, on s’amuse, beaucoup, tout en gardant ses distances vis-à-vis de la réalité dépeinte à l’écran, toutefois construite sur des chiffres authentiques.

Durant ces deux heures, qui peinent juste un peu durant la dernière demi-heure, ouvertement féministe, mais redondante et hors rythme, Michael Moore découvre la vie sans stress dans les usines allemandes, où l’on oeuvre aussi pour le bien-être des employés que pour celui de l’entreprise ; il dépeint les cantines françaises, et même des villes pauvres de Normandie, comme des modèles de nutrition, loin de la malbouffe américaine, ce qui ravive les clichés à la Ratatouille ; il évoque l’université gratuite en Slovénie et les manifestations étudiantes dans le monde pour faire vivre le droit à l’éducation supérieure d’une jeunesse mondiale qui réfute l’obligation de crédit à vie dès sa 20e année ; il dresse le portrait magnifique d’une école finlandaise fondée sur le principe d’égalité entre tous les établissements, et donc entre tous les élèves, où les devoirs sont bannis pour légitimer une vision de l’épanouissement de l’apprenant par l’écoute, la solidarité et l’envie d’apprendre. Moins sardonique qu’à l’accoutumée, se plaçant bien moins en danger qu’auparavant, lorsqu’il se frottait aux grands lobbies et aux entreprises tentaculaires, avec une volonté de subvertir le système de l’intérieur, Michael Moore, 60 ans, n’a nullement perdu de sa bonhomie et de son humanité salvatrice. En épousant l’international, il démontre son amour inconditionnel pour sa patrie que d’aucuns défendraient dans la violence des armes à feu, mais qu’il a décidé d’exhorter en ravivant la flamme des grands idéaux, ceux des pères fondateurs qui aujourd’hui s’étoufferaient en découvrant ce qu’est devenu leur héritage. Au lieu de l’obsession du soi, il propose de croire avant tout dans les vertus du nous. Pourquoi punir et entretenir les ravages et les haines, quand on peut comprendre et améliorer en profondeur le monde. (àvoiràlire)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 14, lundi 19 et mardi 20 : 14h, 18h25, 20h45 - jeudi 15 à 14h, 18h25 et 20h45 - vendredi 16 à 17h, dimanche 18 à 14h, 16h20 et 20h45


En quête de sens
Réalisé par Nathanael Coste et Marc de La Ménardiere
France 2014 1h27mn
avec Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Hervé Kempf, Arnaud Desjardins, Satish Kumar, Samdong Rimpoche, Trinh Xuan Thuan, Bruce Lipton, Tim Jackson...

Quand Nathanaël rend visite à Marc à New York en septembre 2008, les deux amis ne se sont pas vus depuis dix ans et leurs trajectoires les ont éloigné : alors que Nathanaël vient de finir un film sur la gestion de l’eau en Inde, Marc, lui, exporte de l’eau en bouteille pour une grande multinationale… Installé à deux pas de Wall Street, Marc vit le rêve américain sans se poser de questions. Suite à un accident, il ingurgite depuis son lit une série de documentaires que lui a prêté Nathanaël… Dès lors, sa conscience ne le laissera plus tranquille, et les deux amis décident de prendre la route avec une caméra et un micro pour essayer de comprendre à quel moment notre civilisation s’est égarée et d’où pourrait venir un véritable changement.

En quête de sens est un projet documentaire qui est né d’un constat partagé par un nombre croissant de citoyens : notre société occidentale est malade, prisonnière d’une logique qui engendre plus de destructions, d’injustices et de frustrations que d’équilibre et de bien être. L’impératif de rentabilité économique à court terme prend aujourd’hui le pas sur l’intérêt général en dépit du bon sens. La logique prédatrice qui s’impose comme la norme, assombrit notre avenir commun. Pour sortir de cette impasse ce n’est pas de plus de savoir, de plus de technologie, ou de croissance dont les hommes ont besoin, mais de plus de recul, de bon sens, en un mot : de plus de sagesse.

Tissé autour de rencontres improbables, de doutes et de joies, ce film apporte un message d’espoir à ceux qui se sentent impuissants : le changement est en marche de par le monde.(Utopia)

Usine de la Redonne (Le Flayosquet) : Ciné soupe (film suivi d'une soupe) : mercredi 14 à 20h


Truman
Réalisé par Cesc GAY
Espagne 2015 1h46mn VOSTF
avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi, Eduard Fernandez, Alex Brendemühl...
Scénario de Cesc Gay et Tomas Aragay

Truman, c'est un grand rouquin au museau sombre et au regard expressif, un clébard haut sur pattes plus humble et moins contrariant qu'un humain. Un de ceux qui semblent tout capter en un clin d'œil et qui, avec un simple soupir qui vise juste, vous remettent à votre place. S'il n'est pas le centre de l'histoire, il n'en est pas moins un enjeu et surtout un des éléments tendres et comiques qui la parsèment de respirations jubilatoires, de moments de grâce. Il est l'œil attentif qui suit chacun des gestes des hommes, semble les inciter à rester légers, à prendre le recul nécessaire face aux embûches de la vie. C'est sans doute pour cela que Julian (le follement séduisant et charismatique Ricardo Darin) le considère comme un véritable compagnon de vie. Inséparables comme les éléments d'un vieux couple qui n'auraient plus besoin de se parler pour se comprendre.
Julian n'est pourtant pas un ermite misanthrope : aimer son chien ne l'empêche pas d'aimer les gens. Ici, à Madrid, il est entouré de potes fidèles, surtout son amie et ex-amoureuse Paula qui veille à distance, s'inquiète, solidaire, toujours prête à se rendre disponible où et quand il le faut. Et comme tous ceux qui veulent le bien des autres, parfois, elle sait ne pas ou ne veut plus écouter Julian, prête à se battre comme une louve pour le protéger, fut-ce à son corps défendant.

C'est ainsi que, sur un appel pressant de Paula, tout droit venu du lointain Québec et d'un lointain passé, débarque Tomas (Javier Camara, bien sûr impeccable) avec pour mission secrète d'infléchir une décision importante que doit prendre son vieil ami Julian… Les retrouvailles sont belles. Ni les années ni les océans qui les ont séparés ne semblent avoir ébranlé les fondements profonds d'une telle camaraderie. À travers les silences, les boutades, les provocations sans complaisance, transpirent un respect immense, une complicité qui ferait rêver tout le monde, sauf Truman, lequel ne voit pas d'un bon œil l'intrusion de cet inconnu qui perturbe son intimité avec son maître. Truman qui fait donc un peu la gueule à Tomas qui le lui rend bien. Et c'est fichtrement cocasse de voir le manège de ces deux-là dont le seul point commun semble être Julian…
Mais tout cela, dans le fond, n'est qu'une trame au second plan pour aller à l'essentiel, au cœur de nos humanités. Les véritables personnages de l'histoire, ce sont tous ces sentiments qui la traversent, la bouleversent. Nos peurs face à l'inconnu, à l'incompréhensible. L'acceptation des choix de ceux qu'on aimerait pouvoir garder toujours à nos côtés. La grande classe de ces amitiés profondes, indéfectibles, où l'on finit par prendre l'autre tel qu'il est sans rien attendre en retour.

Il fallait des êtres beaux, dignes, subtils, pleins d'humour pour parler de choses aussi profondes sans lourdeurs, sans fioritures superflues. Voilà deux grands acteurs réunis pour la première fois (ils étaient tous les deux au générique du précédent film de Cesc Gay, Les Hommes, de quoi parlent-ils ?, mais ils n'avaient aucune scène en commun). Et c'est du pur bonheur !

Cotignac : Dimanche 18 à 18h


L'Effet aquatique
Écrit et réalisé par Solveig ANSPACH
France 2016 1h23mn
avec Florence Loiret Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot, Esteban, Olivia Côte...

Plus jamais, après avoir découvert cette comédie romantique burlesque et désopilante, vous ne direz avec désinvolture « Désolé, j'ai piscine » pour échapper à une invitation non désirée. Vous emploierez encore moins l'expression « zizi de piscine » (qui désigne le rétrécissement en principe inexorable de l'instrument masculin plongé dans l'eau froide et chlorée) car, vous allez le voir, la piscine ça peut être sacrément bandant !
Croyez en l'expérience de Samir, un quadragénaire plus habitué à l'air qu'à l'eau puisque grutier de son état, qui va trouver l'amour à la piscine Maurice Thorez de Montreuil, en la personne d'Agathe, maître nageuse, pourtant revêche et mal embouchée de prime abord. Passons sur le fait qu'il est peut-être incongru que Maurice Thorez, leader communiste historique, ait donné son nom à un établissement nautique, mais bon en même temps, on peut se dire qu'il n'y a pas mieux pour abolir la différence de classe que la piscine : une fois tout le monde moulé dans son petit slip de bain, plus de patrons ni d'ouvriers, tout le monde à égalité dans le grand ou le petit bain.

Mais revenons à Samir et Agathe. Samir sait parfaitement nager, mais comme il ne sait comment aborder Agathe, il va s'inscrire aux cours de natation, en prenant soin de trafiquer les plannings pour être sûr de se retrouver avec elle et non avec sa collègue délurée, qui lui fout un peu les jetons. Et si faire semblant d'être un barboteur débutant ne suffit pas, il est prêt à suivre sa naïade jusqu'en Islande, où elle est envoyée pour un congrès de maîtres-nageurs, ce qui va lui permettre de retrouver sa copine Didda, élue municipale un jour sur deux, ce qui lui laisse l'autre pour laisser libre cour à son inspiration de poétesse punk. Une fois sur place, notre Samir va être amené à se faire passer pour le représentant israélien, en charge d'un projet d'une « piscine de la paix » ! Et tout finira probablement dans un lagon de carte postale chauffé par l'énergie volcanique. Tout cela est de la plus haute et de la plus réjouissante fantaisie !
L'Effet aquatique est le troisième volet de la trilogie franco-islandaise de notre chère Solveig Anspach (dont nous avons programmé tous les films, le dernier en date : Lulu femme nue) disparue prématurément avant la fin du montage. Back soon se déroulait intégralement au pays des trolls et de Björk, Queen of Montreuil était situé tout entier en Seine Saint-Denis. Et on découvrait dans ces deux premiers volets les personnages de Didda, d'Agathe, de Samir. Avec L'Effet aquatique la boucle est bouclée, qui emmène tout son petit monde de Montreuil jusqu'en Islande. Mais sachez bien qu'il n'est pas du tout indispensable d'avoir vu les deux premiers films pour prendre un plaisir fou à celui-ci !

Solveig Anspach et son complice Jean-Luc Gaget usent à merveille du comique de l'absurde, avec des personnages secondaires savoureux (Philippe Rebbot, hilarant en directeur de piscine et dragueur foireux), et d'une poésie qu'on imagine très scandinave : douce, décalée, romantique. Une belle histoire d'amour funambule, qui nous transporte d'un monde aquatique domestique à un monde aquatique sauvage et grandiose, en jouant subtilement du côté érotique des lieux et des situations (Solveig Anspach dit avoir été très marquée par le troublant Deep end réalisé par Jerzy Skolimowski en 1970, éducation sensuelle d'un adolescent dans une piscine londonienne), en exaltant surtout la liberté et la générosité de personnages formidablement attachants. Un testament joyeux et frais que nous laisse la réalisatrice… et on espère que de là où elle est, elle nous verra rire et applaudir.


Cotignac : jeudi 15 à 21h


Dans les forêts de Sibérie
Réalisé par Safy NEBBOU
France 2016 1h45mn
avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidhikhine...
Scénario de Safy Nebbou et David Œlhoffen, d'après le livre de Sylvain Tesson. Musique originale de Ibrahim Maalouf

Certes il y a un réalisateur aux commandes, mais à lire le dossier presse, on comprend bien l'intensité de la réflexion collective et du partage qui ont présidé à la fabrication du film. Cela en fait le fruit d'une belle aventure humaine, une passionnante collaboration à tous les niveaux. L'écrivain, les scénaristes, le cinéaste, le directeur de la photographie, les acteurs, le compositeur… fédérés et solidaires afin de raconter et partager quelque chose à la fois de très universel et de très intime, presque indicible…
Pour ne rien vous cacher, au tout début du film, on se demande un peu où on est tombé. Rien ne permet au spectateur de se raccrocher à des éléments familiers. On s'embarque en terre inconnue en même temps que le protagoniste, Teddy, parti très loin pour fuir le brouhaha parisien, les sollicitations de son monde, goûter une nouvelle forme de liberté. Nous voilà ensemble coupés de nos repères et on ne sait pas où l'aventure va nous mener. Le périple débute dans une modeste bicoque, où nous sommes simplement accueillis par une femme russe dont le chant ruisselle du lait de la tendresse humaine. On s'immerge dans l'ambiance, les gestes, les sons des autochtones : les mots que l'on ne comprend pas, dont on devine la signification. Ça, c'est ce qu'on vit un peu dès qu'on est touriste quelque part. Mais peut-être le tourisme est-il le meilleur moyen trouvé par l'homme pour ne pas voyager et se fuir lui-même, fuir sa réalité ? Teddy, lui, fait le chemin inverse. Il part vers le dépouillement, l'isolement, la solitude et son voyage commence quand il se retrouve minuscule face à l'infini de la neige. Un voyage qu'on va vivre par procuration, sans geler nos petites fesses, mais en se laissant transporter…

Nous voici un peu perdus au fin fond de la forêt sibérienne, époustouflés par la beauté des paysages, par des silences ou par une musique qui vous vrille les sens et le cœur (Ibrahim Maalouf, faut-il le répéter ?). Uniquement reliés au monde (en tout cas au monde organisé, socialisé) par un lac gelé… à condition que les glaces ne décident pas de fondre. Teddy est enfin seul dans la petite cabane de bois qu'il a achetée. Seul avec lui-même, ses pensées, ses joies enfantines… loin du brouhaha parisien… Seul ? Pas si sûr… Il y a une ou des présences qu'il ressent ou qu'il devine, même s'il ne sait pas décrypter les traces, les murmures, les frôlements de la nature. Végétal ? Animal ? Humain ? Les récits que lui ont fait ceux qui l'ont accueilli deviennent plus présents : il y a longtemps un meurtrier serait venu se réfugier ici pour fuir le châtiment des hommes…
Mort, vivant ? Nul ne le sait. Puis ce sont des pièges posés pour se nourrir qu'il découvre par hasard… Bientôt il n'y aura plus de doute… Ce sera une magnifique rencontre entre deux solitaires, entre deux solitudes. Dense, intense, magnifiquement filmée. Et on n'aura plus de doute sur le chemin parcouru, ni sur le bonheur d'avoir cheminé à leurs côtés. (Utopia)

Le Luc : mercredi 14 à 14h30, samedi 17 à 16h30 et dimanche 18 à 15h


Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Afficher l'image d'origineRéalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF

Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants.

Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments. Croyant bien faire, Iqbal part pour la ville à la recherche d'aide. Mais il va croiser le chemin d'odieux personnages sans scrupules et sans coeur, prêts à tout pour faire de l'argent sur le dos des plus démunis, en l’occurrence les enfants pauvres, corvéables à souhait, qu'ils exploitent dans une manufacture de tapis aux allures de prison. Mais le jeune garçon a de la ressource, et beaucoup d'espoir.

Ce film est librement inspiré de l’histoire vraie d'Iqbal Masih, enfant pakistanais réduit à l’esclavage dès ses quatre ans pour rembourser la dette familiale. A 9 ans, il fuit l’usine de tapis dans laquelle il travaille enchaîné douze heures par jour. Grâce à un avocat, Iqbal devient à dix ans l'une des figures mondiales de la lutte contre l’esclavage moderne, multipliant les interventions dans des conférences internationales pour l’UNICEF ou encore devant les Nations Unies à New-York. Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais fermera plusieurs dizaines de fabriques de tapis où travaillaient des enfants dans des conditions d’esclavage, en libérant ainsi plus de 3 000. Mais à douze ans Iqbal est assassiné par la « mafia du tapis » pakistanaise, dans son village, alors qu’il faisait du vélo... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 14 à 14h


Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

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désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

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