Au(x) cinéma(s) du 15 au 21 avril

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous,

Voilà une belle semaine de cinéma, même sans notre bien nommé Eldorado, quoique celui-ci existe bel et bien...
Tout d'abord ici à Draguignan, au Multiplexe Chabran, dans le cadre des Escapades Littéraires dont le thème cette année est "L'Europe du Nord", nous avons plusieurs films intéressants à voir : Refroidis, un policier à l'humour très noir, Someone you love où deux mondes doivent se rencontrer et se comprendre, et Snow therapy ou les vacances à la neige comme révélateur de la crise de couple.
Pour les enfants, un charmant et poétique dessin animé Les Moomins sur la riviera. CGR nous propose aussi La promesse d'une vie "carte postale hollywoodienne d'un épisode de la grande guerre" qui peut avoir ses adeptes, en VO bien sûr pour les horaires que nous proposons.
Bon ! Mais allons voir ailleurs aussi !
Le cinéma de Cotignac rouvre ses portes ! voyez qu'il y a de l'espoir ! Ils nous proposent Les souvenirs comédie familiale sentimentale décalée et tendre, Timbuktu si quelques uns d'entre vous ont réussi à le rater, Papa ou maman divertissement du dialogue vachard, grand prix du public à l'Alpe d'Huez, American sniper dont nous vous avons déjà parlé et Le dernier loup, somptueuse fable utopique.
A Lorgues, autre cinéma qui nous donne de l'espoir, Birdman que nous attendions avec impatience ici, Crosswind la croisée des vents un film très fort, choc historique et choc ésthétique et Etre et devenir, un documentaire intéressant qui remet en question l'école telle que nous la connaissons. Et un film Brazil dans le cadre des ciné débat citoyens.
Au Vox à Fréjus, vous verrez un "policier-documenteur" où se mêlent l'humour et la dérision de haute volée Le challat de Tunis et à Sainte Maxime Le voyage en chine dont nous vous parlions aussi la semaine dernière avec Yolande Moreau, magnifique dans son rôle.
Voilà pour cette semaine : nous interviendrons à l'inauguration des Escapades Littéraires vendredi 17 à 19 heures pour faire parler un peu de l'Eldo.  En tous cas CGR maintenant ignore superbement Entretoiles : pas de réaction à la proposition qui avait été faite à l'Assemblée Générale Extraordinaire de programmer 4 films par mois plutôt qu'un seul par semaine et pas non plus pour nous informer de la programmation des prochaines semaines...Que d'intérêt pour notre cinéma !!! Nous vous tiendrons au courant  des prochaines avancées : en tous cas, soyez sûrs que nous ne quittons pas le navire !
Bonne semaine de cinéma ! Adhérez ! Transférez ! demandez à recevoir cette lettre si vous ne la recevez pas (même si vous n'êtes pas adhérent)


PROGRAMMATION DU 15 AU 21 AVRIL 2015

Refroidis
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Refroidis
Écrit et réalisé par Hans Petter MOLAND
Norvège 2014 1h50mn VOSTF
avec Stellan Skarsgård, Bruno Ganz, Pål Sverre Hagen, Birgitte Hjort Sørensen, Anders Baasmo Christiansen...
Grand Prix du Festival du Film Policier de Beaune 2014
Le polar nordique a largement fait ses preuves en littérature, au point de devenir quasiment un genre à lui tout seul. Et ce Refroidis vient nous prouver qu'au cinéma aussi il faut compter avec les Scandinaves, leur univers noir d'encre et leur humour du même métal. L'hiver norvégien, un sombre trafic de drogue, une victime innocente, un père revanchard, une guerre des gangs… le décor est planté !... lire la suite
CGR Chabran : vendredi 17 à 20h30
Someone You Love
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Someone You Love
Réalisé par Pernille FISCHER CHRISTENSEN
Danemark 2014 1h35mn VOSTF
avec Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm, Brigitte Hjort Sorensen, Sofus Ronnov...
Scénario de Kim Fupz Aakeson et Pernille Fischer Christensen
Lui, c’est Thomas Jacob : bien qu’il vienne du pays de Lars Von Trier et non de celui des Rolling Stones, c’est une rockstar, un auteur-compositeur mondialement reconnu qui a fait toute sa carrière aux states, comme ne le disent plus que les branchés ringards… Une carrière remplie de disques d’or, de salles combles et de groupies en furie. Une carrière qui lui a procuré des plaisirs divers et variés, licites ou pas, dont on suppose qu’il a usé et abusé. Les femmes bien sûr, l’alcool évidemment, les drogues assurément. Thomas Jacob semble aujourd’hui revenu de tout, c’est un rockeur désabusé qui semble ne plus croire à grand chose et surtout pas à l’illusion d’un bonheur rendu possible grâce à la magie de l’argent et de la gloire... lire la suite
CGR Chabran : Dimanche 19 à 18h30
Snow Therapy
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Snow Therapy
Suède 2014 1h58mn VOSTF
Suède 2014 1h58mn VOSTF
avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettegren, Vincent Wettegren, Kristofer Hivju, Fanni Metelius...
Les vacances à la neige comme révélateur de la crise du couple, du malaise de la famille, de l'ultra-moderne désarroi. « Il a eu tellement peur qu'il s'est enfui en courant ! » Quand Ebba, la protagoniste de Snow therapy, déballe à un couple de quasi inconnus, lors d'un dîner au coin du feu, comment son mari les a lâchement abandonnés, elle et leurs deux enfants, face à une avalanche qui aurait pu être dangereuse, ça jette comme qui dirait un froid dans l'harmonie affichée par cette petite famille modèle suédoise en séjour de détente dans les Alpes françaises… D'autant plus que le mari nie, se défend d'avoir été lâche... lire la suite
CGR Chabran : dimanche 19 à 20h45
Voyage en Chine
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Voyage en Chine
Écrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...
Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place... lire la suite
Carré Gaumont (Sainte Maxime)  : vendredi 17 à 15h40 - lundi 20 à 15h40 et 19h45 et mardi 21 à 15h40
La Promesse d'une vie
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La promesse d'une vie
Réalisé par Russel CROWE
USA 2015 1h51mn VOSTF
avec Russell Crowe, Olga Kurylenko, Yılmaz Erdoğan...
La Promesse d’une vie est une épopée d’aventures se déroulant en 1919, 4 ans après la terrible bataille des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli. Un paysan australien, Joshua Connor se rend en Turquie à la recherche de ses trois fils portés disparus. Malgré les barrages de la bureaucratie militaire, sa détermination ne fléchit pas. Il est d’abord aidé par la belle Ayshe, la propriétaire de l’hôtel dans lequel il séjourne à Constantinople, puis par un officier turc ayant combattu contre ses fils. Pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure, Joshua, accompagné du Commandant Hasan, est contraint de sillonner un pays ravagé par la guerre où la frontière entre le Bien et le Mal n’est plus si nette et l’ennemi si clairement identifiable... lire la suite
CGR Chabran : mercredi 15 à 18h - jeudi 16 et dimanche 19 à 20h15 - vendredi 17 à 13h30 - samedi 18 à 15h45 - lundi 20à 11h et mardi 22 à 22h30
Le Challat de Tunis
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Le challat de Tunis
Documenteur de Kaoucher BEN HANIA
Tunisie 2014 1h30mn VOSTF
Tunis, avant la révolution. En ville une rumeur court, un homme à moto, armé d’un rasoir, balafrerait les fesses des femmes qui ont la malchance de croiser sa route. On l’appelle le Challat, « la lame ». Fait divers local ? Manipulation politique ? D’un quartier à l’autre, on en plaisante ou on s’en inquiète, on y croit ou pas, car tout le monde en parle… sauf que personne ne l’a jamais vu. Dix ans plus tard, sur fond de post-révolution, les langues se délient. Une jeune réalisatrice décide d’enquêter pour élucider le mystère du Challat de Tunis. Ses armes : humour, dérision, obstination... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : Lundi 20 à 20h
Birdman
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Birdman
Réalisé par Alejandro GONZALEZ IÑARRITU
USA 2014 1h59mn VOSTF
avec Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis, Naomi Watts, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Emma Stone, Lindsay Duncan...
4 Oscar 2015, dont Meileur film et Meilleur réalisateur
Alejandro Iñarritu (Amours chiennes, Babel, Biutiful, qui remonte déjà à plus de quatre ans) revient au sommet de sa virtuosité et de son énergie avec cette plongée trépidante dans les coulisses d'un théâtre de Broadway où un acteur hollywoodien sur le retour tente un come-back délirant. Dialogues au cordeau, rythme tendu, distribution exceptionnelle et mise en abyme assez étourdissante,Birdman vous hisse sur ses ailes et vous entraîne dans son tourbillon.
Première scène : Riggan (Michael Keaton, époustouflant, dans un des rôles de sa vie avec Beetlejuice et le flic de Jackie Brown), de dos, médite. Sa sérénité est telle qu'il se met à léviter… En contraste avec son calme olympien, la pièce autour de lui est défraîchie, bordélique, symbole d'agitation et de nervosité : c'est une loge de comédien.
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Le Cinéma (Lorgues) : mercredi 15 à 21h et dimanche 19 à 18h
Crosswind - La croisée des vents
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Crosswind, la croisée des vents
Écrit et réalisé par Martti HELDE
Estonie 2014 1h27mn VOSTF
avec Laura Peterson, Mirt Preegel, Ingrid Isotamm, Einar Hillep, Tarmo Song...
Ce film étonnant est un double choc : un choc historique et un choc esthétique.
Historique : il met en lumière ce que peu d'Européens savent, alors même que l'Estonie a récemment intégré l'Union. Ce petit état balte a connu un drame qu'on peut apparenter à un génocide, causé non par les Nazis, qui occupèrent l'Estonie à partir de la fin de 1941, mais par le grand voisin soviétique, à l'époque dirigé d'une main de fer par Staline....
Esthétique : le jeune réalisateur estonien Matti Helde transmet de manière particulièrement originale cet épisode tragique de l'histoire de son pays. Marqué par la déportation de son propre grand père, il a retrouvé les lettres d'une femme à son mari déporté. Helde en a tiré la trame du récit d'Erna, une jeune mère de famille qui est envoyée en Sibérie avec sa jeune fille Ellide...
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Le Cinéma (Lorgues) : samedi 18 à 18h - lundi 20 à 21h - mardi 22 à 19h
Être et devenir
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Être et devenir
Documentaire de Clara BELLAR
France 2013 1h39mn
C'est une évidence de dire que les enfants sont ce qui nous tient probablement le plus à cœur. Et pourtant il nous paraît naturel de les confier à autrui la majeure partie du temps, de déléguer ce qui conditionnera non seulement leur avenir mais plus largement leur mode de pensée, leur regard sur le monde. Certes l'École de la République a été créée pour donner à chacun, quelles que soient son origine, sa classe sociale, son identité ethnique ou religieuse, les mêmes valeurs et la même chance dans son parcours vers l'âge adulte. Pourtant on peut légitimement s'interroger sur ce principe qui voudrait que chaque enfant acquière les mêmes acquis à la même vitesse, que chaque enfant se doive, quels que soient ses goûts ou ses aptitudes particulières, d'aborder de la même façon, au même moment et au même rythme les mêmes disciplines... lire la suite
Le Cinéma (Lorgues) : samedi 18 à 20h
Les Souvenirs
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Les souvenirs
Réalisé par Jean-Paul ROUVE
France 2014 1h36mn
avec Michel Blanc, Annie Cordy, Mathieu Spinosi, Chantal Lauby, William Lebghil, Audrey Lamy, Flore Bonaventura, Jean-Paul Rouve...
D’après le roman de David Foenkinos "Les Souvenirs"
On pourrait certes tortiller du nez devant les bons sentiments qui pavent le film... mais on aurait bien tort de bouder cette comédie sentimentale et familiale décalée et tendre, qui a tout du « feel good movie » comme on dit dans les rédactions – traduction approximative : un film qui fait du bien. Car tous les personnages, aussi gentils soient-ils, cachent en eux des fêlures, que le temps parfois a creusées. Le film est le fruit du travail commun d’un écrivain à succès – David Foenkinos, auteur/réalisateur deLa Délicatesse, tout récent Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens pour son roman Charlotte – et de Jean Paul Rouve, comédien et réalisateur drôle et délicat qui explore une fois de plus des thèmes qui lui sont chers, en l’occurrence le temps qui passe trop vite et les rapports aux parents que l’on ne doit pas gâcher avant qu’il ne soit trop tard.. lire la suite.
Le cinéma (Cotignac) : vendredi 17 à 18h
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie 2014 1h37mn VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
7 Césars 2015, dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario
Une étendue de sable ocre inondée d'une lumière chaude et dorée… Paysage d'une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l'admirer qu'on s'aperçoit que sa course est celle d'une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu'aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l'un d'entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible, désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n'a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné... lire la suite
Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 19 à 18h
Papa ou maman
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Papa ou Maman
Réalisé par Martin Bourboulon
France 2015 1h25mn
avec Marina Foïs, Laurent Lafitte, Alexadra Desrousseau...
Scénario de Alexandre de la Patellière, Matthieu Delaporte et Jérôme Fansten
Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants... lire la suite
Le Cinéma (Cotignac) : vendredi 17 à 20h30
American Sniper
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American Sniper
Réalisé par Clint EASTWOOD
USA 2014 VOSTF
avec Bradley Cooper , Reynaldo Gallegos , Jake McDorman...
4 Oscar 2015, dont Meileur film et Meilleur réalisateur
Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale... lire la suite
Le Cinéma (Cotignac) : lundi 20 à 20h30
Le Dernier loup
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Le dernier loup
Réalisé par Jean-Jacques ANNAUD
Chine/France 2014 1h55mn VF
avec Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa, Yin Zhusheng, Basen Zhabu, Baoyingexige...
Pour les enfants à partir de 8 ans
1969. La Révolution culturelle est en marche. Des « jeunes instruits », étudiants de Pékin, sont envoyés au loin, en Mongolie-Intérieure, avec pour mission d'enseigner le mandarin aux tribus de bergers nomades afin d'entamer « une œuvre de civilisation ». Modernité forcée contre archaïsme serein, la parabole est claire. Tout paraît étrange et étranger à Chen Zhen, héros timide et attachant, à nous aussi. La nature à la fois splendide et hostile, la vie matérielle sommaire et ritualisée sous l'abri économe des yourtes, mais surtout la vénération anxieuse que ces éleveurs de moutons portent au loup, à la fois divinité tutélaire et prédateur immémorial... lire la suite
Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 19 à 15h
Brazil
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Brazil
Réalisé par Terry GILLIAM
GB 1984 2h22mn VOSTF
avec Jonathan Pryce, Robert de Niro, Michael Palin, Kim Greist, Ian Holm, Ian Richardson...
Scénario de Terry Gilliam, Tom Stoppard et Charles McKeown
Brazil, c'est l'extraordinaire aventure d'un petit fonctionnaire étriqué, qui va goûter tout à coup à l'ivresse de l'amour et de la liberté. Brazil, c'est un univers qu'on qualifierait volontiers de kafkaïen si le terme n'avait pas été galvaudé. Un monde rigide, réglé au millimètre, un monde gris et triste, un monde déshumanisé. C'est l'horreur, mais l'horreur dynamitée par l'humour burlesque, par l'absurde, par l'esprit de contestation. Brazil, c'est la formidable giffle qu'un bouffon généreux et rageur lance à la tête de tous les régimes totalitaires passés, présents et à venir. Brazil, c'est un flot lyrique, visionnaire, tempétueux, dont on sort lessivé, voire bouleversé... lire la suite
Le Cinéma (Lorgues) : jeudi 16 à 20h



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Refroidis
REFROIDISÉcrit et réalisé par Hans Petter MOLAND
Norvège 2014 1h50mn VOSTF
avec Stellan Skarsgård, Bruno Ganz, Pål Sverre Hagen, Birgitte Hjort Sørensen, Anders Baasmo Christiansen...
Grand Prix du Festival du Film Policier de Beaune 2014

Le polar nordique a largement fait ses preuves en littérature, au point de devenir quasiment un genre à lui tout seul. Et ceRefroidis vient nous prouver qu'au cinéma aussi il faut compter avec les Scandinaves, leur univers noir d'encre et leur humour du même métal. L'hiver norvégien, un sombre trafic de drogue, une victime innocente, un père revanchard, une guerre des gangs… le décor est planté ! Partant d'un canevas somme toute classique, le scénariste a pris un malin plaisir à casser les codes du « revenge movie », en ajoutant une dimension sarcastique, une distance sardonique qui imposent un ton très original et font naviguer le film de manière réjouissante entre polar des neiges et comédie givrée. Lorsqu'on aura ajouté que le rôle principal est incarné par le grand Stellan Skarsgård (interprète fétiche de Lars Von Trier) et que Bruno Ganz, autre pointure internationale, compose une figure savoureuse de caïd des Carpates, on aura fait le tour des atouts maîtres de ce polar récemment primé au Festival de Beaune, spécialisé dans le genre.

Nils est conducteur de chasse-neige dans un bled paumé de Norvège. C'est un immigré danois qui habite depuis un bout de temps dans le coin, avec sa femme et son fils. Un gars plutôt amical mais réservé, qui n'a jamais fait de vagues. Il est d'ailleurs tellement intégré et apprécié qu'il reçoit ce soir-là des mains du maire le titre honorifique de « Citoyen de l'année ». Il accepte cette distinction avec la placidité qui lui sert de philosophie : pas de quoi en faire un plat…
C'est avec le même calme apparent qu'il va apprendre par la police que son fils a été retrouvé mort d'une overdose… Mais s'il n'en montre rien, à l'intérieur de son crâne ça cogite, ça s'agite : il ne croit pas une seconde à cette hypothèse de la piquouse trop chargée. Son fils n'était pas un drogué, Nils est donc persuadé qu'il s'agit d'un assassinat et il se met en tête d'en retrouver les auteurs, quels qu'ils soient, où qu'ils se cachent.

De fait c'est bien d'un meurtre qu'il s'agit, maquillé en accident par des truands à la tête d'un juteux trafic de drogue. Nils va donc tout faire pour venger son fils et remonter la piste jusqu'au commanditaire de ce meurtre. En chemin il rencontrera des voyous aux surnoms ridicules, des truands bosniaques qui découvrent avec bonheur les joies du ski, un boss végétalien maniaco-dépressif… Qui n'ont encore aucune idée des dégâts que peut faire un conducteur de chasse-neige déterminé.(Utopia)

CGR Chabran : vendredi 17 à 20h30

 


Someone You Love
SOMEONE YOU LOVERéalisé par Pernille FISCHER CHRISTENSEN
Danemark 2014 1h35mn VOSTF
avec Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm, Brigitte Hjort Sorensen, Sofus Ronnov...
Scénario de Kim Fupz Aakeson et Pernille Fischer Christensen

Lui, c’est Thomas Jacob : bien qu’il vienne du pays de Lars Von Trier et non de celui des Rolling Stones, c’est une rockstar, un auteur-compositeur mondialement reconnu qui a fait toute sa carrière aux states, comme ne le disent plus que les branchés ringards… Une carrière remplie de disques d’or, de salles combles et de groupies en furie. Une carrière qui lui a procuré des plaisirs divers et variés, licites ou pas, dont on suppose qu’il a usé et abusé. Les femmes bien sûr, l’alcool évidemment, les drogues assurément. Thomas Jacob semble aujourd’hui revenu de tout, c’est un rockeur désabusé qui semble ne plus croire à grand chose et surtout pas à l’illusion d’un bonheur rendu possible grâce à la magie de l’argent et de la gloire. Le succès, les courbettes, les plateaux de télévision lui passent des kilomètres au-dessus de la tête sans même effleurer le cynisme détaché qu’il affiche désormais derrière ses lunettes noires.

Et c’est en râlant, comme un vieil éléphant de cirque qui rechigne à effectuer le dernier tour de piste devant la foule enjouée, qu’il revient au Danemark, son pays d’origine où ne manqueront pas de l’attendre, impatients, journalistes et fans. Lui ne pense à rien d’autre qu’à la raison unique de son retour, la seule à le faire encore vibrer, celle qui reste authentique quand tout autour n’est que bling ou toc : la musique, sa musique. Il doit en effet retrouver sa fidèle productrice et amie pour enregistrer ici son nouvel album…
Mais avant de filer au studio d’enregistrement, il lui faudra passer par la case paternité. Car Thomas a eu jadis un enfant, une fille. Qui est aujourd’hui une jeune femme en manque de repères et de fric, qui ne rate jamais l’occasion d’une rarissime visite de son géniteur pour lui rappeler son inconstance d’hier et lui soutirer au passage le fruit sonnant et trébuchant de sa renommée. Les retrouvailles sont glaciales et les paroles incisives comme à l’accoutumée. Mais cette fois il y a une nouveauté, et pas des moindres : Julie lui présente son fils, Noah, gentil gamin un brin taiseux qui compose intelligemment avec les fêlures de sa mère et aborde ce papy rockeur avec timidité et un stylo à la main pour un autographe.
Ce ne devait être qu’une simple visite de politesse. Chacun aurait dû rester dans son monde, le gamin et sa mère dans leur quotidien anonyme, Thomas dans sa bulle créatrice, loin des autres, loin des contingences matérielles et des rappels douloureux de ses erreurs de jeunesse. Raté. Thomas n'en a pas fini avec Julie, et il va surtout devoir compter avec Noah…


Alors bien sûr, on pourra trouver le blouson de cuir noir un peut trop cousu des fils blancs de l'intrigue… mais on s'en fiche parce que c’est raconté avec justesse et la dose suffisante de tendresse pour que l’on soit touché par ces retrouvailles inattendues. Pas de doute, ça fonctionne ! Grâce à la consistance des personnages, grâce à la musique et à l’ambiance neigeuse et froide souvent présente dans le cinéma danois et que l’on a plaisir à retrouver. Grâce enfin à cette belle interprétation de rockeur crooner à la voix cassée, sensuelle et envoûtante, entre Joe Cooker et Leonard Coen. Toute révérence gardée… Une belle et chaleureuse histoire qui, of course baby, se terminera par une chanson dont je vous laisse deviner le titre…(Utopia)

CGR Chabran : Dimanche 19 à 18h30

 


Snow Therapy
SNOW THERAPYRéalisé par Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND
Suède 2014 1h58mn VOSTF
avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettegren, Vincent Wettegren, Kristofer Hivju, Fanni Metelius...

Les vacances à la neige comme révélateur de la crise du couple, du malaise de la famille, de l'ultra-moderne désarroi. « Il a eu tellement peur qu'il s'est enfui en courant ! » Quand Ebba, la protagoniste de Snow therapy, déballe à un couple de quasi inconnus, lors d'un dîner au coin du feu, comment son mari les a lâchement abandonnés, elle et leurs deux enfants, face à une avalanche qui aurait pu être dangereuse, ça jette comme qui dirait un froid dans l'harmonie affichée par cette petite famille modèle suédoise en séjour de détente dans les Alpes françaises… D'autant plus que le mari nie, se défend d'avoir été lâche…
La famille, le couple disions-nous, les rapports homme/femme, les relations avec les enfants, mais aussi la vérité et le mensonge, le courage et la lâcheté ou encore les limites et les ridicules de la société des loisirs, autant de thèmes abordés avec une acuité et une intelligence remarquables par Ruben Ostlund dans ce film brillant et formidablement interprété.

Snow therapy est décomposé en cinq chapitres, un pour chaque jour passé dans la station de ski des Arcs par Tomas qui travaille trop selon sa femme Ebba : il va avoir enfin l'occasion d'accorder un peu de temps à sa famille, à ses deux enfants Vera et Harry… Mais si la première journée se passe bien, dans le classique cliché de l'union (on skie tous ensemble, on fait la sieste tous ensemble, etc), le climat se gâte dès le lendemain avec cette fameuse avalanche – déclenchée et en principe contrôlée par les responsables de la station pour l'entretien des pistes – qui déferle un peut trop vite et un peu trop fort sur la terrasse ensoleillée où la famille déjeune… En dépit des hurlements de sa progéniture et de sa femme, Tomas prend la poudre d'escampette aussi vite que possible. Il n'est qu'une seule chose qu'il n'oublie pas : son téléphone portable ! Il y a au final plus de peur que de mal, les vacanciers s'en sortent seulement humides de la vapeur de neige… mais le ver est dans le fruit, tout l'équilibre familial est ébranlé. De déni en confrontations publiques, Tomas va devoir assumer un acte qui libère en écho d'autres mensonges sur une vie qui semblait en apparence idéale…

Disséquant patiemment la réaction en chaîne à l'œuvre au cœur de son scénario, Ruben Ostlund met à nu les failles et les contradictions de ses personnages. Balançant d'un réalisme socio-psychologique très rigoureux à une habile suggestion de questions existentielles, en passant par des séquences atmosphériques (la montagne, la nuit étoilée et les lumières de la station, la neige tombant à gros flocons), il s'autorise aussi quelques traits d'humour à travers les figures secondaires (les divers témoins de la confrontation du couple) et une scène quasi onirique assez énigmatique. Le film est à la fois très quotidien et très stylisé, terre à terre et distancié. Il prend ainsi une dimension de fable morale complexe qui impressionne durablement. (Utopia)

CGR Chabran : dimanche 19 à 20h45

 



Voyage en Chine
VOYAGE EN CHINEÉcrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...

Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique dans ce très chouette film, premier long métrage de Zoltan Mayer, remarqué jusqu'ici pour son travail de photographe – qui lui a sans doute bien servi pour composer les images magnifiques de ce Voyage en chine. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Si elle prenait le temps, si elle courait le risque de faire une pause, de regarder en arrière, elle en conclurait sans doute qu'elle est un peu passée à côté de sa vie. Mais pas de quoi en faire un plat…

Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place. Sur un coup de tête, Liliane décide d'y aller seule, elle qui n'a jamais été une grande voyageuse intercontinentale… Et la voilà, sans connaître un mot de vocabulaire chinois et en baragouinant un anglais plus qu'approximatif, qui s'embarque pour la Chine, d'abord perdue dans la tentaculaire Shanghaï puis se dirigeant jusqu'à un petit village des montagnes du Sichuan, cette région luxuriante du centre de la Chine, pas très loin des confins himalayens.

C'est d'abord le voyage géographique qui séduit, on ouvre de grands yeux, on s'étonne de chaque détail en même temps que notre héroïne… et en parallèle on est profondément touché par le voyage intérieur qu'entame Liliane : au fur et à mesure qu'elle découvre ce qui faisait la vie de son fils dans ce pays du bout du monde, au fil des rencontres avec la femme qu'il aimait, avec les gens qu'il côtoyait, elle renoue avec lui les liens qui s'étaient rompus… Il y a en particulier cette scène superbe et puissamment évocatrice : Liliane, errant dans le village, entend soudain les échos d'une chanson de Jacques Brel, elle se laisse guider par la musique et arrive jusqu'à une petite cour où un groupe de jeunes gens s'est réuni pour fêter entre amis son fils disparu… Zoltan Mayer filme amoureusement les forêts de bambous où semble flotter l'esprit de Christophe, il traduit de manière très sensible la spiritualité qui se dégage des célébrations taoïstes, et on se met en même temps que Liliane à s'attacher à cette terre belle et hospitalière, à ces gens simples, d'une générosité sans égale, qui savent être drôles et élégants comme la splendide petite amie de Christophe ou la logeuse facétieuse, alter ego chinoise de Liliane.

Carré Gaumont (Sainte Maxime)  : vendredi 17 à 15h40 - lundi 20 à 15h40 et 19h45 et mardi 21 à 15h40

 


La promesse d'une vie
La Promesse d'une vieRéalisé par Russel CROWE
USA 2015 1h51mn VOSTF
avec Russell Crowe, Olga Kurylenko, Yılmaz Erdoğan...

Contre vents et marées, La promesse d’une vie signe les aveux d’un cinéaste idéaliste rêvant d’aventures et de voyages.

L’argument : La Promesse d’une vie est une épopée d’aventures se déroulant en 1919, 4 ans après la terrible bataille des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli. Un paysan australien, Joshua Connor se rend en Turquie à la recherche de ses trois fils portés disparus. Malgré les barrages de la bureaucratie militaire, sa détermination ne fléchit pas. Il est d’abord aidé par la belle Ayshe, la propriétaire de l’hôtel dans lequel il séjourne à Constantinople, puis par un officier turc ayant combattu contre ses fils. Pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure, Joshua, accompagné du Commandant Hasan, est contraint de sillonner un pays ravagé par la guerre où la frontière entre le Bien et le Mal n’est plus si nette et l’ennemi si clairement identifiable.

Notre avis : Sous les traits de Jean Valjean, Noé, Maximus le gladiateur ou Robin des bois, Russell Crowe a fait ses armes à l’infanterie du Septième Art. Homme et comédien d’exception, l’acteur monte au front derrière la caméra et rend hommage à ses racines néo-zélandaises. La sortie de son premier long-métrage, La promesse d’une vie, est prévue pour le centième anniversaire de la bataille des Dardanelles, tentative d’invasion avortée de la Turquie par la Grande-Bretagne et ses alliés durant la Première Guerre Mondiale. Baptême du feu, la Campagne de Gallipoli revêt encore aujourd’hui une importance toute particulière pour les Australiens et les Néo-Zélandais. Le 25 avril, date du début de l’affrontement, demeure l’une des fêtes nationales commémoratives les plus importantes.
©Universal Pictures International France

La promesse d’une vie embrasse la tradition des grands films d’aventure. Une cavalcade contre une tempête de sable, l’assaut mené dans les tranchées par des soldats en première ligne, la construction d’un puits dans le désert, un train pris en embuscade... De bourrasques romanesques en élans audacieux, le film évolue à grand renforts de rebondissements et d’images grandioses. La réalisation maîtrisée, soutenue par un scénario fluide et un montage avisé, fait du long-métrage un voyage fantastique à la lisière du conte. Des arides plaines australiennes aux montagnes rocailleuses Turques, des reflets azuréens de la mer au fourmillement urbain du grand bazaar d’Istanbul, la photographie d’Andrew Lesnie (Le seigneur des Anneaux, Le Hobbit) peint chaque paysage à travers mille couleurs époustouflantes.
Carte postale hollywoodienne, La promesse d’une vie n’échappe pas aux travers du genre auquel il appartient. Les tergiversations amoureuses des protagonistes ennuient presque autant le cinéaste que le spectateur. Le fond sonore, bouffi d’affectation, dessert bien souvent son propos. La réalisation manque parfois d’inspiration et l’on en vient à regretter le manque d’identité visuelle de l’ensemble.© Universal Pictures International France

Malgré les nombreux lieux-communs ressassés par le film, ce dernier d’une vie témoigne d’une humilité profonde. En proposant une réflexion simple sur les conflits armés, Russell Crowe fait preuve d’un discernement bienvenu. Grâce à ses aspirations humanistes, le réalisateur fait de ses convictions un beau moment de cinéma. (A voir à lire)

CGR Chabran : mercredi 15 à 18h - jeudi 16 et dimanche 19 à 20h15 - vendredi 17 à 13h30 - samedi 18 à 15h45 - lundi 20à 11h et mardi 22 à 22h30




Le challat de Tunis
LE CHALLAT DE TUNISDocumenteur de Kaoucher BEN HANIA
Tunisie 2014 1h30mn VOSTF

Tunis, avant la révolution. En ville une rumeur court, un homme à moto, armé d’un rasoir, balafrerait les fesses des femmes qui ont la malchance de croiser sa route. On l’appelle le Challat, « la lame ». Fait divers local ? Manipulation politique ? D’un quartier à l’autre, on en plaisante ou on s’en inquiète, on y croit ou pas, car tout le monde en parle… sauf que personne ne l’a jamais vu. Dix ans plus tard, sur fond de post-révolution, les langues se délient. Une jeune réalisatrice décide d’enquêter pour élucider le mystère du Challat de Tunis. Ses armes : humour, dérision, obstination.

Le Challat de Tunis est une satire sociale malicieuse et insolite, qui nous rappelle les réjouissantes comédies italiennes d’autrefois. À ceci près que le film propose une forme cinématographique hybride et inclassable, qui brouille avec une joyeuse bouffonnerie les frontières entre la fiction et le « documenteur ». Truffé de situations incongrues et de simulacres loufoques, Le Challat de Tunis déjoue les certitudes et les attentes.
Décalé et imprévisible, il n’en finit pas de nous dérouter, de nous amuser, de nous sidérer. Son audacieuse écriture creuse avec humour et légèreté le thème du machisme oriental qui, paradoxalement, se révèle alors profondément pathétique et triste par-delà sa violence manifeste. Grâce à leur omniprésence dans le film, la caméra, le chef opérateur et la cinéaste – trois personnages à part entière dans le récit – créent un entre-deux filmique intéressant et magique. Un lieu de grande souplesse narrative où jaillissent les situations les plus invraisemblables, et la poésie la plus inattendue. La musique, mais aussi des détails d’accessoires, de costumes et de couleurs viennent souvent égayer et aiguiller le regard du spectateur.

La figure du Challat, dressée au début du film comme symbole national fantasmagorique d’une virilité machiste tantôt lubrique tantôt justicière, devient un prétexte filmique pour ériger une constellation de personnages complexes, truculents et inventifs, pleins de contradictions, de lucidité et d’autodérision. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : Lundi 20 à 20h




Birdman
BIRDMANRéalisé par Alejandro GONZALEZ IÑARRITU
USA 2014 1h59mn VOSTF
avec Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis, Naomi Watts, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Emma Stone, Lindsay Duncan...
4 Oscar 2015, dont Meileur film et Meilleur réalisateur

Alejandro Iñarritu (Amours chiennes, Babel, Biutiful, qui remonte déjà à plus de quatre ans) revient au sommet de sa virtuosité et de son énergie avec cette plongée trépidante dans les coulisses d'un théâtre de Broadway où un acteur hollywoodien sur le retour tente un come-back délirant. Dialogues au cordeau, rythme tendu, distribution exceptionnelle et mise en abyme assez étourdissante,Birdman vous hisse sur ses ailes et vous entraîne dans son tourbillon.
Première scène : Riggan (Michael Keaton, époustouflant, dans un des rôles de sa vie avec Beetlejuice et le flic de Jackie Brown), de dos, médite. Sa sérénité est telle qu'il se met à léviter… En contraste avec son calme olympien, la pièce autour de lui est défraîchie, bordélique, symbole d'agitation et de nervosité : c'est une loge de comédien. Riggan fut autrefois une star du cinéma pop-corn, il tente aujourd'hui un revival intello en adaptant pour la scène des textes de Raymond Carver, et il s'est bien entendu réservé un des rôles principaux du futur spectacle qu'il met évidemment lui-même en scène.

C'est un peu sa dernière chance et il a mis dans le projet tous les espoirs qui lui restent, tout son fric, presque toute sa vie. Pour l'instant il reste englué dans sa gloire passée, dépassée, du temps où il jouait un super-héros adulé, Birdman. Quand on le reconnaît dans la rue – c'est de plus en plus rare – c'est de Birdman qu'on lui parle. Quand un journaliste lui demande un interview – tous les 29 Février – c'est pour savoir pourquoi il a refusé, il y a vingt ans, de rempiler pour Birdman 4… Birdman, encore Birdman, toujours Birdman. Il faut dire que lui-même n'arrive pas à se détacher complètement de ce rôle vampire : il est persuadé – à tort ou à raison, à vous de décider – de posséder deux ou trois super-pouvoirs. Comme celui de faire tomber, par la seule force de sa volonté, un projecteur sur le crâne d'un de ses partenaires, cabotin exécrable qui risquait de foutre son spectacle en l'air avec son jeu ampoulé…
Branle-bas de combat suite à ce regrettable « accident » : il faut trouver un remplaçant au débotté, à n'importe quel prix ou presque, au grand dam de Brandon, le producteur de la pièce, binôme pragmatique de l'incontrôlable Riggan. C'est ainsi que Mike (Edward Norton, génial en agité du bocal) entre en scène, brillant, presque trop, qui connaît son Carver sur le bout des doigts, qui affiche d'emblée des envies de tout remanier à sa sauce…

« C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme » chantait Renaud. AvecBirdman c'est pareil. Le film s'impose immédiatement, vous embarque tambour battant et ne vous lâche plus. Car la séquence zen du début est un leurre. Il n'y aura pas de répit, pas de temps mort. Ça avance en permanence, ça bifurque, ça cogne, ça s'agite, ça barde et les acteurs transfusent constamment leurs émotions de la scène aux coulisses et vice-versa, dans un flux continu – le film semble tourné en un unique et vertigineux plan-séquence –, jusqu'à ce que tout fusionne dans un final en apothéose.
Diablement intelligent et redoutablement efficace – tous ceux qui ont aimé le palpitant Whiplash devraient trouver leur bonheur avec le film d'Iñarritu –, Birdman est à la fois un divertissement de haute volée et une étude sans indulgence – on pourra même la trouver cruelle – des travers de ces spécimen particuliers d'humanité que sont les comédiens et les gens de spectacle en général, qui se débattent tant bien que mal avec leurs passions, leurs désirs, leur besoin d'être aimés. Spécimen particuliers sans doute, mais finalement très représentatifs de notre humanité à nous tous…(Utopia)

Le Cinéma (Lorgues) : mercredi 15 à 21h et dimanche 19 à 18h




Crosswind, la croisée des vents
CROSSWIND, la croisée des ventsÉcrit et réalisé par Martti HELDE
Estonie 2014 1h27mn VOSTF
avec Laura Peterson, Mirt Preegel, Ingrid Isotamm, Einar Hillep, Tarmo Song...

Ce film étonnant est un double choc : un choc historique et un choc esthétique.
Historique : il met en lumière ce que peu d'Européens savent, alors même que l'Estonie a récemment intégré l'Union. Ce petit état balte a connu un drame qu'on peut apparenter à un génocide, causé non par les Nazis, qui occupèrent l'Estonie à partir de la fin de 1941, mais par le grand voisin soviétique, à l'époque dirigé d'une main de fer par Staline. L'histoire de l'Estonie est, il faut le dire, complexe et chaotique : indépendante en 1918 à l'issue d'une guerre qui a vu les Estoniens affronter à la fois les Allemands et la nouvelle Armée Rouge, elle est occupée en 1939 par la Russie, sinistre cadeau à Staline dans le cadre du célèbre pacte de non agression germano-soviétique. Et c'est dans ce contexte, alors que montent les tensions entre les Allemands – qui se sont déjà lancés dans la guerre à l'Ouest – et les Soviétiques, que Staline, totalement paranoïaque sur les intentions du peuple estonien, va procéder à sa déportation massive : plusieurs milliers d'hommes considérés comme opposants seront arrêtés et souvent rapidement exécutés, des dizaines de milliers seront enrôlés de force dans l'Armée Rouge et des dizaines de milliers de femmes et d'enfants rejoindront, après des jours de train dans des conditions horrifiques, les camps de travail en Sibérie. Ce qui est terrible, c'est que cette horreur ne s'arrêtera pas au lendemain de la guerre, Staline se vengeant de la collaboration d'une partie des Estoniens avec l'occupant nazi en renforçant sa politique de déportation.

Esthétique : le jeune réalisateur estonien Matti Helde transmet de manière particulièrement originale cet épisode tragique de l'histoire de son pays. Marqué par la déportation de son propre grand père, il a retrouvé les lettres d'une femme à son mari déporté. Helde en a tiré la trame du récit d'Erna, une jeune mère de famille qui est envoyée en Sibérie avec sa jeune fille Ellide. Dans ses lettres, la femme disait qu'elle se sentait comme figée dans son lieu de déportation alors que son âme semblait être restée en Estonie. Le réalisateur l'a prise au mot et a créé un dispositif saisissant, utilisant de magnifiques et impressionnants tableaux figés où parfois des centaines de figurants se sont immobilisés, ce qui a nécessité des mois de préparation et un travail de titan pour chaque plan. Au milieu de ces figures statufiées, la caméra se glisse pour de long plans séquences tout à fait impressionnants, comme cette scène subjuguante d'embarquement des déportés dans les wagons à bestiaux. Puis ce sera quelques autres scènes inoubliables, comme ce cimetière improvisé au milieu des bouleaux sibériens entre lesquels sont enterrées les nombreuses victimes trop fragiles pour supporter ces conditions extrêmes, en premier lieu les enfants.

D'abord déstabilisant, puis fascinant, le dispositif traduit en quelques tableaux, mieux qu'un récit classique, les différentes étapes de la vie d'Erna, entre révolte, résignation puis espoir, tout le long de son exil, de 1941 à la fin des années 1950. (Utopia)

Le Cinéma (Lorgues) : samedi 18 à 18h - lundi 20 à 21h - mardi 22 à 19h




Être et devenir
ÊTRE ET DEVENIRDocumentaire de Clara BELLAR
France 2013 1h39mn

C'est une évidence de dire que les enfants sont ce qui nous tient probablement le plus à cœur. Et pourtant il nous paraît naturel de les confier à autrui la majeure partie du temps, de déléguer ce qui conditionnera non seulement leur avenir mais plus largement leur mode de pensée, leur regard sur le monde. Certes l'École de la République a été créée pour donner à chacun, quelles que soient son origine, sa classe sociale, son identité ethnique ou religieuse, les mêmes valeurs et la même chance dans son parcours vers l'âge adulte. Pourtant on peut légitimement s'interroger sur ce principe qui voudrait que chaque enfant acquière les mêmes acquis à la même vitesse, que chaque enfant se doive, quels que soient ses goûts ou ses aptitudes particulières, d'aborder de la même façon, au même moment et au même rythme les mêmes disciplines. On fait aussi comme si aucune idéologie sous-jacente ne filtrait à travers ce qui est enseigné par l’Éducation nationale, alors que l'on peut légitimement se questionner sur son rôle de plus en plus instrumentalisé par le monde de l'entreprise qui voudrait que l'école ne soit plus l'outil de création de citoyens libres et critiques mais plutôt de futurs « collaborateurs », adaptés (pour ne pas dire soumis) aux besoins de leurs employeurs.

Face à ces questionnements, certains ont fait un choix radical, très complexe dans certains pays comme l'Allemagne ou la France, où la chose est interdite ou dans le meilleur des cas mal tolérée : la pédagogie autonome (en anglais le « unschooling »), concrètement l'éducation faite en famille sans lieu dédié.
C'est le choix qu'ont fait Clara Bellar, cinéaste, artiste et actrice, et son mari, qui vivent entre Paris, Rio et Los Angeles. Une historienne rappelle qu'avant une période récente (le 19ème siècle), une grande partie des enfants se sont construits sans l'aide de l'école. La réalisatrice a parcouru le monde pour aller à la rencontre de quelques autres familles qui ont fait ce choix. Et le résultat, même s'il ne peut être considéré comme statistiquement représentatif, est étonnant. Aux Etats Unis, on rencontre de jeunes mélomanes dont un compositeur de symphonie de 16 ans, tout aussi capables de rattraper en quelques mois son retard en mathématiques. On croise un jeune homme qui, ayant commencé à lire à 12 ans, n'en est pas moins devenu littéraire. Un couple allemand de brasseurs a créé un lieu idyllique qui permet à leurs enfants et ceux des autres d'apprendre autant la botanique que les sciences…

Certes cette pratique nécessite quelques moyens et du temps pour les parents dont l'un doit souvent se rendre très disponible. Mais la réalisatrice lève bien des doutes : une responsable des admissions d'Harvard explique que les enfants issus de la pédagogie autonome sont parmi les meilleurs. Et à voir ces gamins radieux, on a aucune inquiétude sur leur capacité de sociabilisation, même s'ils ne sont pas passés par l'école. Le documentaire est évidemment partial mais il a le mérite de poser les bonnes questions sur un sujet qui reste souvent tabou. (Utopia)

Le Cinéma (Lorgues) : samedi 18 à 20h




Les souvenirs
LES SOUVENIRSRéalisé par Jean-Paul ROUVE
France 2014 1h36mn
avec Michel Blanc, Annie Cordy, Mathieu Spinosi, Chantal Lauby, William Lebghil, Audrey Lamy, Flore Bonaventura, Jean-Paul Rouve...
D’après le roman de David Foenkinos "Les Souvenirs"

On pourrait certes tortiller du nez devant les bons sentiments qui pavent le film... mais on aurait bien tort de bouder cette comédie sentimentale et familiale décalée et tendre, qui a tout du « feel good movie » comme on dit dans les rédactions – traduction approximative : un film qui fait du bien. Car tous les personnages, aussi gentils soient-ils, cachent en eux des fêlures, que le temps parfois a creusées. Le film est le fruit du travail commun d’un écrivain à succès – David Foenkinos, auteur/réalisateur deLa Délicatesse, tout récent Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens pour son roman Charlotte – et de Jean Paul Rouve, comédien et réalisateur drôle et délicat qui explore une fois de plus des thèmes qui lui sont chers, en l’occurrence le temps qui passe trop vite et les rapports aux parents que l’on ne doit pas gâcher avant qu’il ne soit trop tard.

Se côtoient ici trois générations. Au milieu, un Michel Blanc parfait incarne un « jeune » retraité qui se proclame ravi de quitter un travail quelque peu monotone de cadre à la Banque postale, et qui finalement n’est pas si content que ça, le désœuvrement aidant et les repères s’étiolant. Il tourne en rond, menant une vie infernale à son épouse encore active (Chantal Lauby), il rend visite maladivement à ses anciens collègues, il devient irritable, sans réel projet pour occuper son temps. Et puis il y a sa mère Madeleine (Annie Cordy). Récemment veuve et un peu désorientée, elle se retrouve poussée par ses fils, inquiets pour sa santé et sa sécurité, dans une maison de retraite où, encore alerte et avide de liberté, elle se morfond, ne se trouvant aucun atome crochu avec ses co-pensionnaires qui ont trop docilement pris le pli du rythme télé/soupe/dodo. Et puis il y a Romain, le petit fils, qui débute dans la vie, flanqué d’un colocataire pathétiquement obsédé par les filles (drôlissime William Lebghil), et qui vient de trouver un petit boulot nocturne dans un hotel dirigé par un patron dépressif et fantasque. Un petit fils plus proche de sa grand mère que son père ne l’est de sa propre mère...

En fait Les Souvenirs traite joliment des passages de la vie que l’on parvient à franchir ou pas. Le passage de l’adolescence à la vie d’adulte, celui de la vie active à la retraite heureuse ou foirée, celui de la dernière ligne droite de la vie, pour qu’elle soit, même si ce n’est que pour quelques années ou quelques mois, un ultime moment de liberté avant que la Grande Faucheuse nous emporte. Jean Paul Rouve le fait avec la subtilité nécessaire. Et en utilisant bien toutes les facettes de ses remarquables comédiens (tout particulièrement Michel Blanc et Annie Cordy).
Il a su aussi glisser dans le récit grave et mélancolique de Foenkinos une bonne dose de comédie burlesque, avec des personnages secondaires croustillants comme cet hôtelier qu’il incarne lui même, qui sait asséner quelques vérités à Romain, du genre « les vieux, on veut les forcer à faire ce qui nous arrange, alors ils s’enfuient, c’est normal ». Et d’ailleurs la fuite de Madeleine vers sa terre natale du côté d’Etretat est remarquable d’émotion et sonne comme une ode à la liberté à tout âge, contre tous les renoncements. (Utopia)

Le cinéma (Cotignac) : vendredi 17 à 18h




Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie 2014 1h37mn VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
7 Césars 2015, dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario

Une étendue de sable ocre inondée d'une lumière chaude et dorée… Paysage d'une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l'admirer qu'on s'aperçoit que sa course est celle d'une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu'aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l'un d'entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible, désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n'a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu'elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n'est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu'ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c'est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…
C'est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu'on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s'être fait rappeler à l'ordre comme de mauvais garnements qui n'ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l'Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n'a pour tout bouclier qu'une frêle lueur d'espoir contre l'obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l'injustice que rendent ses tribunaux. C'est peu et pourtant… C'est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d'un courage collectif à reconquérir. C'est cet espoir qui permet nombre d'actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s'est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d'une technologie qui n'arrive pas jusque-là… C'est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C'est beau, très beau, d'une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l'allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c'est l'humour – il fallait l'oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration. C'est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…(Utopia)

Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 19 à 18h




Papa ou Maman
PAPA OU MAMANRéalisé par Martin Bourboulon
France 2015 1h25mn
avec Marina Foïs, Laurent Lafitte, Alexadra Desrousseau...
Scénario de Alexandre de la Patellière, Matthieu Delaporte et Jérôme Fansten

Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants.
Après un détour raté dans le thriller (Un illustre inconnu), le duo Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte revient au script humoristique tranchant qui a fait leur renommée. Ce sont les auteurs duPrénom, qui se faisaient un malin plaisir à détricoter le milieu bobo parisien, qui sont donc les auteurs de ce nouveau moment d’humour croustillant. Cette fois-ci, ils placent sous leur scalpel un couple de quadra qui s’apprêtait à vivre la séparation parfaite, en bons amis, sans cris et fracas. Mais c’était avant la promotion professionnelle à l’étranger de l’un et les petites coucheries dans l’entrejambe de l’infirmière plus jeune de l’autre…

Il va falloir désormais se partager les gosses, deux insupportables ados, et un troisième mioche pas mieux élevé, pis, essayer même de les envoyer faire leur puberté chez l’autre, coûte que coûte, au risque de se faire haïr par sa propre progéniture, pour pouvoir poursuivre sa petite vie professionnelle pépère, sans le boulet que sont ces mômes toujours présentés de façon très antipathique, entre grossièretés plein la bouche et téléphones portables scotchés aux mains.
Après l’amour surgit logiquement des sentiments de haine d’une nature belliqueuse, la guerre est donc déclarée et dans ce domaine, Dany deVito avait montré la voie en réalisant, en 1989, un beau pamphlet contre le couple. Le virulent La Guerre des Rose déchaînait Michael Douglas et Kathleen Turner, l’un contre l’autre, dans une sorte de Kramer contre Kramer à l’humour noir où le divorce conduisait à des sommets d’ignominie. Avec Papa ou maman, on n’en est pas là - Laurent Lafitte n’a pas la verve d’un Michael Douglas et Marina Foïs la démesure d’une Turner sortie de ses gonds (quoique) -, mais faute d’un humour caustique et dévastateur, la nouvelle comédie des auteurs du Prénom, dépote quand même.
Entre ton doux dingue et complicité acharnée, le couple Lafitte-Foïs intègre aisément la carapace jubilatoire de parents indignes, sans scrupules quand il s’agit de repousser leur engeance vers l’autre, en lui faisant subir une litanie de vacheries dont la bande annonce révèle quelques exploits, sans tarir le film de ses surprises. Les dialogues sont mesquins et les bons coups sont dispensés avec une certaine cruauté, sans tomber dans le politiquement incorrect qui rendrait ce couple infréquentable et écarterait ainsi le grand public de leur chemin.

Divertissement du dialogue vachard, qui aime les situations de crise, Papa ou maman, Prix du Public à l’Alpe d’Huez, est de la race des comédies bougresses qui savent exploiter leur potentiel comique jusqu’au bout et nous réconcilie donc avec le genre.

Le Cinéma (Cotignac) : vendredi 17 à 20h30




American Sniper
American SniperRéalisé par Clint EASTWOOD
USA 2014 VOSTF
avec Bradley Cooper , Reynaldo Gallegos , Jake McDorman...
4 Oscar 2015, dont Meileur film et Meilleur réalisateur

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Notre avis : Il a suffi de quelques projections pour que les premières retombées critiques du American Sniperde Clint Eastwood soient impétueuses, véhémentes, et pour le moins polémiques ! C’est probablement la brûlante actualité internationale qui lui a valu sa récupération politique globale, où chacun y va de sa petite analyse personnelle qui, au bout du compte, ne fait que se plier à une argumentation préfabriquée propre aux idéaux politiques de chacun des clans s’exprimant. Le message réellement délivré par le long métrage en devient nébuleux tellement les lecteurs ont été conditionnés par l’encre qui a coulé avant même d’avoir pu intégrer les salles obscures. En substance, American Sniper ne peut s’apprécier qu’à une seule et unique condition : l’appréhender comme une pièce complémentaire de la filmographie d’Eastwood, un addenda filmique qui prolonge des obsessions à présent longuement développées au gré d’une carrière riche et précieuse.

Le Cinéma (Cotignac) : lundi 20 à 20h30




Le dernier loup
LE DERNIER LOUPRéalisé par Jean-Jacques ANNAUD
Chine/France 2014 1h55mn VF
avec Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa, Yin Zhusheng, Basen Zhabu, Baoyingexige...
Pour les enfants à partir de 8 ans

Une somptueuse fable utopique – et, en sourdine, politique – déploie des paysages immenses et inconnus, exalte des sentiments primitifs et essentiels, explore une nouvelle fois le monde, ses beautés et ses cruautés, presque exclusivement du point de vue d'un animal. Avec Le Dernier loup, film qui n'a peur de rien, même pas d'être chinois, Jean-Jacques Annaud, fuyant l'exotisme autant que l'anthropomorphisme, a repris ses voyages dans l'espace et le temps.

1969. La Révolution culturelle est en marche. Des « jeunes instruits », étudiants de Pékin, sont envoyés au loin, en Mongolie-Intérieure, avec pour mission d'enseigner le mandarin aux tribus de bergers nomades afin d'entamer « une œuvre de civilisation ». Modernité forcée contre archaïsme serein, la parabole est claire. Tout paraît étrange et étranger à Chen Zhen, héros timide et attachant, à nous aussi. La nature à la fois splendide et hostile, la vie matérielle sommaire et ritualisée sous l'abri économe des yourtes, mais surtout la vénération anxieuse que ces éleveurs de moutons portent au loup, à la fois divinité tutélaire et prédateur immémorial.

Rompant le pacte précaire qui unit et surtout sépare les deux espèces, Chen Zhen, le citadin déplacé, va oser une requête insolente auprès du vieux chef de la tribu : l'autorise-t-on à prélever un petit dans une portée, lui permet-on d'élever un louveteau, dans l'espérance chimérique d'une réconciliation rêvée ?[…] Malgré la tentante transgression que représente la présence du petit loup à l'avenir incertain au sein de la communauté, l'équilibre ancestral, le plus douloureux mais le plus vivable qui soit, celui qui admet que les loups mangent leur part de moutons mais pas davantage, est sur le point d'être rétabli. C'est alors que débarque, venu d'un autre monde, celui des diktats qu'on ne discute pas, le « représentant régional de l'autorité centrale », qui ordonne avec une brutalité bornée, la totale éradication des loups…

Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 19 à 15h




Brazil
BRAZILRéalisé par Terry GILLIAM
GB 1984 2h22mn VOSTF
avec Jonathan Pryce, Robert de Niro, Michael Palin, Kim Greist, Ian Holm, Ian Richardson...
Scénario de Terry Gilliam, Tom Stoppard et Charles McKeown

Il avait pensé baptiser son film « The Ministry of Torture » (Le Ministère de la Torture). Tout un programme... Ou bien, référence oblige, « 1984 1/2 ». Finalement, contre l'avis du studio Universal, qui ne croyait ni au titre ni au film lui-même, l'ex-Monty Python Terry Gilliam s'arrêta sur un titre aussi sobre qu'intriguant : Brazil. Du nom d'une ritournelle, une samba lancinante (chantée par Kate Bush sur la BO) à qui étaient tout à coup attribuées des vertus hautement symboliques : la petite musique que personne ne peut vous empêcher de fredonner représente le rêve, l'imagination, la vie, que la bureaucratie et le totalitarisme tentent de réduire à néant. La révolte de Sam Lowry, ex-employé modèle, contre le système et la hiérarchie, a donné naissance à une fable truculente, enre Kafka et Gogol, Goya et BD Une œuvre visionnaire, irrésistiblement drôle et terriblement effrayante...

Brazil, c'est l'extraordinaire aventure d'un petit fonctionnaire étriqué, qui va goûter tout à coup à l'ivresse de l'amour et de la liberté. Brazil, c'est un univers qu'on qualifierait volontiers de kafkaïen si le terme n'avait pas été galvaudé. Un monde rigide, réglé au millimètre, un monde gris et triste, un monde déshumanisé. C'est l'horreur, mais l'horreur dynamitée par l'humour burlesque, par l'absurde, par l'esprit de contestation. Brazil, c'est la formidable giffle qu'un bouffon généreux et rageur lance à la tête de tous les régimes totalitaires passés, présents et à venir. Brazil, c'est un flot lyrique, visionnaire, tempétueux, dont on sort lessivé, voire bouleversé. Une œuvre impressionnante, profondément originale, qui mêle tous les genres pour en créer un, qui fait référence, qui a suscité des vocations, qui a été copiée moult fois, la plupart du temps sans succès. Dès sa sortie, on l'a qualifié de « film culte », maintenant on peut dire un « classique ». (Utopia)

Le Cinéma (Lorgues) : jeudi 16 à 20h







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Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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