Au(x) cinéma(s) du 15 au 21 juillet

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous,

Dehors, il fait trop chaud : allez vous mettre à l'ombre des salles obscures ! Rafraichissez-vous en allant déguster à Lorgues Comme un avion de Bruno Podalydès, et vous laisser emporter par sa poésie ou bien admirez le beau film turc Mustang et sa vitalité que rien n'arrête au CGR de Draguignan, au Vox à Fréjus  ou au Luc...
Vous pouvez aussi vous laisser bluffer par le jeu de grands comédiens dans Valley of love ou encore retrouver votre âme d'enfant avec Vice Versa, ou enfin découvrir le dernier Vinterberg, Loin de la foule déchaînée...
Enfin, bref, pas grand chose de nouveau, c'est vrai, mais de beaux moments en perspective... et à l'ombre, vous dis-je !!!
Comme toujours, on vous le redit : Transférez, adhérez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 15 AU 21 JUILLET 2015
Mustang
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Mustang
Réalisé par Deniz Gamze ERGÜVEN
Turquie 2015 1h37mn VOSTF
avec Günes Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan, Ilayda Akdogan, Ayberk Pekcan...
Scénario de Deniz Gamze Ergüven et Alice Winocour
Mustang nous plonge dans une Turquie qui, depuis quelques années, subit une lente mais indéniable refonte sociale qui ne va pas forcément dans le bon sens… Le film traduit la fougue contagieuse d'une jeune réalisatrice qui manifestement ne se reconnait pas dans ces transformations. C’est le dernier jour de l’année dans ce collège d’un village de bord de mer. Un moment bien particulier qui draine son lot d’émotions fortes et de sentiments contradictoires. La tristesse de quitter ses camarades de classes, la joie d'être délivré des obligations quotidiennes, de pouvoir vivre les aventures palpitantes des vacances. Après les séparations et les embrassades, place à l’euphorie de ceux qui restent : les cinq sœurs et quelques garçons se dirigent vers une plage magnifique pour se prêter à des batifolages aquatiques gentiment chahuteurs. Mais ces jeux innocents et joyeux ne sont pas du goût de tout le monde et suscitent un scandale aux conséquences inattendues... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 15 à 16h, jeudi 16 à 18h15, vendredi 17 à 14h, samedi 18 à 11h, dimanche 19 à 20h, lundi 20 à 18h et mardi 21 à 16h30
Le Vox (Fréjus) : du mercredi 15 au mardi 21 à 18h30 et jeudi 16, vendredi 17, lundi 20 et mardi 21 à 21 h
Le Luc : mercredi 15, samedi 18 et dimanche 19 à 18h et vendredi 17 à 21h
Vice Versa
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Vice Versa
Réalisé par Pete Docter et Ronaldo Del Carmen
Film d'animation USA 2015 1h42mn VF
avec les voix de Charlotte Le Bon (Joie), Marilou Berry (Tristesse), Mélanie Laurent (Dégoût), Gilles Lelouche (Colère) et Pierre Niney (Peur)...
Pour les enfants à partir de 5 ans
Au récent festival de Cannes, le dernier opus des studios Pixar-Disney aura été l’un des films les plus applaudis. Pas de chance, il n’était pas en compétition ! Le voici qui arrive en salle… alors ne ratez pas ce formidable voyage aussi drôle qu’émouvant dans l’esprit d’une enfant. Un récit d’une rare intelligence dans le monde très codifié des films d’animation.
Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, onze ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais..
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CGR (Draguignan) : du mercredi 15 au dimanche 19 et mardi 21 : 11h15, 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et lundi 20 : 11h15, 13h30, 15h45, et 20h15
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à mardi 21 : 15h
Salernes : vendredi 17 à 14h et dimanche 19 à 21h
Valley Of Love
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Valley Of Love
Écrit et réalisé par Guillaume NICLOUX
France 2015 1h32mn
avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner, Aurelia Thierret...
« - Oh putain, la chaleur ! » En une seule phrase Gérard rend palpables les cinquante degrés qui s'abattent sur ses épaules et qui ne le lâcheront plus, nuit et jour, durant son séjour dans la Vallée de la Mort. Comme son ex-compagne, Isabelle, qu'il n'a pas revue depuis des années, il a reçu une lettre de Michaël, leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt, leur enjoignant de se retrouver à cette date bien précise dans cet endroit aussi magique qu'infernal. Ce qu'Isabelle aborde comme une énigme avec des réponses à découvrir à la clef, Gérard le vit comme une véritable punition infligée depuis l'au-delà, sadiquement, par leur rejeton. C'est que Michaël a tout prévu pour cette semaine que doivent passer ensemble ses deux parents. D'abord le fait que ni l'un ni l'autre ne sauraient lui refuser cette dernière volonté. Ensuite, tout est méticuleusement indiqué dans sa missive posthume : l'ordre des lieux touristiques à visiter, les horaires à respecter. Pour être sûr de bien les ferrer, il a pimenté la chose d'une dimension thaumaturgique, promettant lui aussi de se rendre au rendez-vous : tel un revenant ? Voilà les ex-amants prisonniers d'un étrange pèlerinage que jamais ils n'auraient souhaité et dont ils ne peuvent imaginer les conséquences... lire la suite
Lorgues : mercredi 15 et lundi 20 à 17h et dimanche 19 à 21h
Salernes : vendredi 17 à 21h
Comme un avion
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Comme un avion
Écrit et réalisé par Bruno PODALYDÈS
France 2015 1h45mn
avec Bruno Podalydès, Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui, Vimala Pons, Michel Vuillermoz, Jean-Noël Brouté, Pierre Arditi...
Michel est infographiste dans une boite tranquillement dirigée par son copain Rémi, quelque part dans l'Ouest parisien. Toute la journée il reste derrière son écran à modéliser en 3D des formes diverses. Mais quand vient la fin de la journée, l'esprit de Michel s'élève au firmament à travers sa passion : la glorieuse histoire de l'Aéropostale, qui fut fatale à Saint Exupéry. Chez lui l'attend souvent Rachel (lumineuse Sandrine Kiberlain), la femme de sa vie, qui regarde avec tendresse ses petites manies et accepte sans sourciller la décoration de l'appartement.
Mais la vie du monomaniaque va prendre un tour étrange : en cherchant des palindromes (des mots qui se lisent de droite à gauche aussi bien que de gauche à droite), il s'attarde sur une image de kayak (qui en est un, palindrome). Et soudainement se rend compte de la silhouette purement aéronautique de l'objet. Son obsession se transfère d'un coup sur l'embarcation. Il commande en secret un modèle de luxe en kit, qu'il assemble à grand peine dans son salon avant de le monter sur le toit de son immeuble… La suite va voir notre Michel, finalement soutenu par Rachel, se lancer à l'assaut d'un très paisible cours d'eau, puis s'arrimer au bout de seulement quelques kilomètres à proximité d'une auberge estivale tenue par Lætitia (Agnès Jaoui troublante de sensualité) pour finalement bien plus de temps qu'il ne faudrait.
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Lorgues : mercredi 15 à 19h, dimanche 19 à 17h et lundi 20 à 21h10
Loin de la foule déchaînée
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Loin de la foule déchaînée
Réalisé par Thomas VINTERBERG
GB/USA 2014 1h59mn VOSTF
avec Carey Mulligan, Matthias Schœnaerts, Juno Temple, Michael Sheen, Tom Sturridge...
Scénario de David Nicholls, d’après le roman de Thomas Hardy
C’est le fruit superbe de la rencontre improbable entre un réalisateur danois touche-à-tout et un romancier anglais naturaliste de la fin du xixe siècle. C’est aussi la preuve vibrante que la littérature traverse les décennies en majesté, sans souffrir ni des modes ni des esprits grincheux. Et c’est pour tout dire assez rassurant de constater qu’il nous est encore possible, dans un monde abasourdi de technologie, esclave du virtuel, d’être touchés droit au cœur par une histoire d’amour épique dont l’intelligence n’a d’égal que le romantisme.
Tout se passe dans la campagne anglaise. Dans une nature brute et sauvage où les éléments indomptables imposent leurs règles aux humains. Cette terre, Bathsheba Everdene la connaît par cœur et l’aime plus que de raison. Vivant avec sa tante dans une petite ferme isolée, elle s’acharne avec obstination à en tirer le meilleur. Si elle vivait en 2015, on pourrait dire de Bathsheba qu'elle est une sacrée nana ! Une force de caractère, obstinément indépendante, farouchement attachée à sa liberté. Elle ne se sent liée à aucun rang, à aucun fiancé, à aucun mari. Un mari ? Pour quoi faire ?.
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Lorgues : mercredi 15 à 21h, dimanche 19 à 19h, et lundi 20 à 19h

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Mustang
MUSTANGRéalisé par Deniz Gamze ERGÜVEN
Turquie 2015 1h37mn VOSTF
avec Günes Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan, Ilayda Akdogan, Ayberk Pekcan...
Scénario de Deniz Gamze Ergüven et Alice Winocour 

Mustang nous plonge dans une Turquie qui, depuis quelques années, subit une lente mais indéniable refonte sociale qui ne va pas forcément dans le bon sens… Le film traduit la fougue contagieuse d'une jeune réalisatrice qui manifestement ne se reconnait pas dans ces transformations.
C’est le dernier jour de l’année dans ce collège d’un village de bord de mer. Un moment bien particulier qui draine son lot d’émotions fortes et de sentiments contradictoires. La tristesse de quitter ses camarades de classes, d’en être séparé pour un temps qui parait une éternité, la joie d'être délivré des obligations quotidiennes, de pouvoir vivre les aventures palpitantes des vacances. La tristesse, Lale et ses quatre sœurs la vivent effectivement, serrant bien fort copines et copains dans leurs bras. Lale se montre particulièrement émue par le départ d’une de ses enseignantes pour Istanbul. Après les séparations et les embrassades, place à l’euphorie de ceux qui restent : les cinq sœurs et quelques garçons se dirigent vers une plage magnifique pour se prêter à des batifolages aquatiques gentiment chahuteurs. Mais ces jeux innocents et joyeux ne sont pas du goût de tout le monde et suscitent un scandale aux conséquences inattendues. L’honneur est en jeu, il faut répondre à l’accusation d’une voisine, une de ses gardiennes d’une morale d’un autre temps qui crie à la débauche. La grand-mère se lamente, l’oncle l'accuse de laxisme et promet la remise au pas.

Mais rien ne semble atteindre cette fratrie unie comme les doigts de la main, ces cinq filles belles comme des cœurs, vives, espiègles, d'une complicité qui crève l’écran. Orphelines depuis dix ans, elles sont élevées par une grand-mère un peu dépassée devant les désirs adolescents qui s’expriment avec un insolent naturel. Malgré la dureté de leur oncle, elles s’arrangent avec les interdits et se créent des espaces de libertés telle Sonay qui n’hésite pas à faire le mur pour rejoindre son amoureux.
Puis vient la goutte d'eau qui fait déborder le vase du puritanisme familial lorsque elles bravent l’interdiction de se rendre à un match de foot : le pot au rose est découvert au travers d’une scène assez comique. À partir de là, serrage de vis en règle : on les revêt de longues robes « couleur de merde » – dixit Lale – et on les accompagne au village comme pour les exposer. Une vaste entreprise matrimoniale se met branle et dès lors tout sera fait pour pour empêcher les sœurs d’échapper à ce destin contraint : on met sous clef ordinateurs et téléphones, on installe des barreaux aux fenêtres, on rehausse les murs d’enceinte de la maison, qui se transforme en prison. Et commence le défilé ridicule des familles de prétendants. Tout est mis en œuvre pour éduquer ces jeunes femmes à devenir de bonnes épouses, dociles, respectueuses de leur mari, de la tradition, de la religion. A la rentrée, aucune ne retourne à l’école, les cours de pratiques ménagères suffisent ! Mais le désir de liberté et d'accomplissement personnel est toujours là…

Ne vous y trompez pas, Mustang est bien plus un appel à l'affirmation, et si nécessaire à la révolte des filles et des femmes que le constat fataliste d’une société en régression. À travers cette chronique vivifiante d'adolescence rebelle, la réalisatrice nous dit clairement qu'il faut garder l'espoir, qu'il y a des espaces de liberté à sauvegarder ou à conquérir. Même si le combat quotidien est difficile…
La Turquie, avec une population à 99% musulmane, a été fondée en 1923 comme république laïque, mais depuis 2002 le gouvernement Erdogan a entamé un retour à la morale religieuse. En 2012, Recep Tayyip Erdogan comparait l'interruption volontaire de grossesse – autorisée depuis 1983 jusqu'à dix semaines de grossesse – à un meurtre et, fin 2014, il atteignait des sommets en affirmant haut et fort, Coran à l'appui, que les femmes ne pouvaient être considérées comme les égales des hommes… (Utopia)

CGR (Draguignan) : mercredi 15 à 16h, jeudi 16 à 18h15, vendredi 17 à 14h, samedi 18 à 11h, dimanche 19 à 20h, lundi 20 à 18h et mardi 21 à 16h30
Le Vox (Fréjus) : du mercredi 15 au mardi 21 à 18h30 et jeudi 16, vendredi 17, lundi 20 et mardi 21 à 21 h
Le Luc : mercredi 15, samedi 18 et dimanche 19 à 18h et vendredi 17 à 21h


Vice Versa
VICE-VERSARéalisé par Pete Docter et Ronaldo Del Carmen
Film d'animation USA 2015 1h42mn VF
avec les voix de Charlotte Le Bon (Joie), Marilou Berry (Tristesse), Mélanie Laurent (Dégoût), Gilles Lelouche (Colère) et Pierre Niney (Peur)...
Pour les enfants à partir de 5 ans

Au récent festival de Cannes, le dernier opus des studios Pixar-Disney aura été l’un des films les plus applaudis. Pas de chance, il n’était pas en compétition ! Le voici qui arrive en salle… alors ne ratez pas ce formidable voyage aussi drôle qu’émouvant dans l’esprit d’une enfant. Un récit d’une rare intelligence dans le monde très codifié des films d’animation.

Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, onze ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…
Peter Docter c’est aussi le scénariste de Toy story, Là Haut, Monstres et Cie ou encore Wall-E, et oui excusez du peu mais le monsieur est comme qui dirait une pointure dans son genre, voire la référence en la matière. Car tous les titres mentionnés plus haut sont devenus, pour plusieurs générations de spectateurs, des jalons, des repères, comme le furent pendant des dizaines d’années les productions du studio aux grandes oreilles.

Vice-Versa nous propose de suivre pas à pas la construction psychologique d’une enfant, de sa naissance à son passage à l’adolescence, rien de moins, et tout ça de l’intérieur, depuis le cerveau, imaginé comme l’unité centrale d’un super ordinateur. Vice-Versa donne à voir la construction des souvenirs, les bons mais aussi les mauvais ou encore ce qui reste des expériences vécues par la petite fille et qui participent de son caractère et de son développement, de ce qui devient des repères de vie.
Tout cela est magnifiquement amené, avec beaucoup d’intelligence et de délicatesse tout en restant follement drôle.
Le dynamisme, la grande créativité et l’humour de Vice-Versa donnent un coup de vieux à beaucoup de films d’animation sortis ces dernières années. Vice-Versa plaira aux parents et aux enfants… même si les subtilités de cette aventure échapperont aux plus petits. Cerise sur le gâteau, Disney et Pixar ont choisi d’excellents comédiens pour le doublage de la version française : Charlotte Le Bon (Joie), Marilou Berry (Tristesse), Mélanie Laurent (Dégoût), Gilles Lelouche (Colère) et Pierre Niney (Peur). Un casting cinq étoiles pour un film de rêves. (Utopia)

CGR (Draguignan) : du mercredi 15 au dimanche 19 et mardi 21 : 11h15, 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et lundi 20 : 11h15, 13h30, 15h45, et 20h15
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à mardi 21 : 15h
Salernes : vendredi 17 à 14h et dimanche 19 à 21h

Valley Of Love
VALLEY OF LOVEÉcrit et réalisé par Guillaume NICLOUX
France 2015 1h32mn
avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner, Aurelia Thierret...

« - Oh putain, la chaleur ! » En une seule phrase Gérard rend palpables les cinquante degrés qui s'abattent sur ses épaules et qui ne le lâcheront plus, nuit et jour, durant son séjour dans la Vallée de la Mort. Comme son ex-compagne, Isabelle, qu'il n'a pas revue depuis des années, il a reçu une lettre de Michaël, leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt, leur enjoignant de se retrouver à cette date bien précise dans cet endroit aussi magique qu'infernal. Ce qu'Isabelle aborde comme une énigme avec des réponses à découvrir à la clef, Gérard le vit comme une véritable punition infligée depuis l'au-delà, sadiquement, par leur rejeton. C'est que Michaël a tout prévu pour cette semaine que doivent passer ensemble ses deux parents. D'abord le fait que ni l'un ni l'autre ne sauraient lui refuser cette dernière volonté. Ensuite, tout est méticuleusement indiqué dans sa missive posthume : l'ordre des lieux touristiques à visiter, les horaires à respecter. Pour être sûr de bien les ferrer, il a pimenté la chose d'une dimension thaumaturgique, promettant lui aussi de se rendre au rendez-vous : tel un revenant ? Voilà les ex-amants prisonniers d'un étrange pèlerinage que jamais ils n'auraient souhaité et dont ils ne peuvent imaginer les conséquences.

Ces retrouvailles imposées résonnent de manière étrange. Elles sont autant celles des personnages que celles d'Isabelle Huppert et de Gérard Depardieu, qui n'avaient pas tourné ensemble depuis 35 ans et Loulou, de Maurice Pialat – Valley of love est par ailleurs produit par Sylvie Pialat, la veuve du cinéaste. Les protagonistes de l'histoire sont, eux aussi, acteurs. Et la coïncidence d'avoir un réalisateur qui porte le prénom de Guillaume, comme le fils défunt de Depardieu, rajoute un peu au trouble ambiant. Les dialogues savoureux semblent autant de fils d'Ariane lançant une passerelle entre la vraie vie des deux artistes et la trame de l'intrigue. On rit de leurs facéties. Des farces que Gérard fait au commun des mortels en signant un autographe. On goûte leur l'humour, leur sens de l'auto-dérision, de l'auto-critique. Isabelle constatant : « Tu les as bien épuisées, les femmes de ta vie », Gérard essoufflé par sa propre envergure ogresque lui répliquant : « Je me suis surtout bien épuisé moi ».

Les heures s'écoulent, succulentes ou douloureuses, entre ce père et cette mère, faisant remonter les amertumes du passé, les rancœurs mal lavées, les culpabilités qu'on ne parvient jamais à enfouir définitivement. Et on en vient à les aimer, à guetter, à espérer avec Isabelle le retour du fils prodigue, son souffle, son pardon. Ce passage obligé, presque initiatique, agit comme une catharsis. Les deuils y sont multiples. Celui des corps, de la jeunesse perdue, de l'enfant disparu, des parents qu'ils auraient voulu être mais n'ont pas été. Les voilà à découvert, sans pouvoir se fuir, sans pouvoir ni complètement s'aimer, ni complètement se haïr. Riches de ne plus être dans le paraître, de n'avoir plus à se justifier. Et nous voilà touchés. Abasourdis par le panorama écrasant et somptueux de cette Amérique torride, extrême. Émus par un homme, une femme, par le voyage qu'offrent ces corps qu'on survole comme des paysages où le temps a gravé son empreinte, révélatrice de vécus, de choix de vie si différents. On en ressort bluffés par ces deux monstres du cinéma, Huppert et Depardieu, immenses acteurs sur lesquels tout repose, cette alliance sacrée entre un mammouth funambule et une souris tragédienne. (Utopia)

Lorgues : mercredi 15 et lundi 20 à 17h et dimanche 19 à 21h
Salernes : vendredi 17 à 21h



Comme un avion

COMME UN AVIONÉcrit et réalisé par Bruno PODALYDÈS
France 2015 1h45mn
avec Bruno Podalydès, Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui, Vimala Pons, Michel Vuillermoz, Jean-Noël Brouté, Pierre Arditi...

Si l'on excepte ses adaptations de Gaston Leroux où il joue à Rouletabille, Bruno Podalydès consacre ses films(Dieu seul me voit, Liberté Oléron, Adieu Berthe…) à des personnages ordinaires dont soudainement la foldinguerie éclate au grand jour de manière comico-poétique. Et ça donne des comédies aussi originales que réjouissantes…
Le personnage de Michel (joué par le réalisateur lui-même) n'échappe pas à la règle. Il est infographiste dans une boite tranquillement dirigée par son copain Rémi, quelque part dans l'Ouest parisien. Toute la journée il reste derrière son écran à modéliser en 3D des formes diverses. Mais quand vient la fin de la journée, l'esprit de Michel s'élève au firmament à travers sa passion : la glorieuse histoire de l'Aéropostale, qui fut fatale à Saint Exupéry. Et quand il met le contact de son scooter pour rentrer chez lui, il s'imagine un peu en Mermoz derrière le manche à balai de son Latécoère. Chez lui l'attend souvent Rachel (lumineuse Sandrine Kiberlain), la femme de sa vie, qui regarde avec tendresse ses petites manies et accepte sans sourciller la décoration de l'appartement, uniquement dévolue à la compagnie aérienne et aux objets qui s'y rapportent. Les collègues ne s'y trompent pas et quand c'est l'anniversaire de Michel, les cadeaux sont exclusivement liés à l'aviation.

Mais la vie du monomaniaque va prendre un tour étrange : en cherchant des palindromes (des mots qui se lisent de droite à gauche aussi bien que de gauche à droite), il s'attarde sur une image de kayak (qui en est un, palindrome). Et soudainement se rend compte de la silhouette purement aéronautique de l'objet. Son obsession se transfère d'un coup sur l'embarcation. Il commande en secret un modèle de luxe en kit, qu'il assemble à grand peine dans son salon avant de le monter sur le toit de son immeuble… La suite va voir notre Michel, finalement soutenu par Rachel, se lancer, une fois l'intégralité de l'équipement du kayakiste hi-tech commandé, à l'assaut d'une rivière, en l'occurrence un très paisible cours d'eau, puis s'arrimer au bout de seulement quelques kilomètres à proximité d'une auberge estivale tenue par Lætitia (Agnès Jaoui troublante de sensualité) pour finalement bien plus de temps qu'il ne faudrait.

Comme un avion célèbre le pas de côté que nous pouvons tous faire un jour ou l'autre, aussi rangées soient nos vies. Michel transforme un hobby obsessionnel en moyen de s'échapper pour quelques jours dans un havre de paix et de liberté, l'auberge de Laetitia qui semble doucement retirée du monde, en tout épicurisme.
Comme un avion joue autant de l'humour burlesque du personnage de Michel, urbain maladroit, encombré de tout un tas de gadgets inutiles comme s'il se lançait dans un raid sur le Zambèze, que de la poésie engendrée par son escapade. Et le film est habité par une galerie de personnages secondaires touchants ou drôles : formidable Vimala Pons en jeune serveuse bohème un chouia dépressive, qui pleure à chaque pluie en souvenir d'un chagrin d'amour arrosé, ou Michel Vuillermoz en client éternel de l'auberge qui s'enfile absinthe sur absinthe entre deux travaux de peinture, et pour finir l'hilarant Pierre Arditi, dans le rôle d'un pêcheur irascible qui ressemble diablement à Pierre Arditi…(Utopia)

Lorgues : mercredi 15 à 19h, dimanche 19 à 17h et lundi 20 à 21h10
 

Loin de la foule déchaînée
LOIN DE LA FOULE DÉCHAÎNÉERéalisé par Thomas VINTERBERG
GB/USA 2014 1h59mn VOSTF
avec Carey Mulligan, Matthias Schœnaerts, Juno Temple, Michael Sheen, Tom Sturridge...
Scénario de David Nicholls, d’après le roman de Thomas Hardy

C’est le fruit superbe de la rencontre improbable entre un réalisateur danois touche-à-tout et un romancier anglais naturaliste de la fin du xixe siècle. C’est aussi la preuve vibrante que la littérature traverse les décennies en majesté, sans souffrir ni des modes ni des esprits grincheux. Et c’est pour tout dire assez rassurant de constater qu’il nous est encore possible, dans un monde abasourdi de technologie, esclave du virtuel, d’être touchés droit au cœur par une histoire d’amour épique dont l’intelligence n’a d’égal que le romantisme.
Tout se passe dans la campagne anglaise. Dans une nature brute et sauvage où les éléments indomptables imposent leurs règles aux humains. Cette terre, Bathsheba Everdene la connaît par cœur et l’aime plus que de raison. Vivant avec sa tante dans une petite ferme isolée, elle s’acharne avec obstination à en tirer le meilleur. Si elle vivait en 2015, on pourrait dire de Bathsheba qu'elle est une sacrée nana ! Une force de caractère, obstinément indépendante, farouchement attachée à sa liberté. Elle ne se sent liée à aucun rang, à aucun fiancé, à aucun mari. Un mari ? Pour quoi faire ?

Tout à côté de la ferme vit un berger taiseux, Gabriel Oak, qui préfère la compagnie des bêtes à celle des hommes… même si il n’est pas insensible à la beauté rayonnante de Bathseba. Mais le temps est loin d'être venu d'une déclaration d'amour… Imaginez alors qu’un terrible événement va se produire, laissant le berger sur la paille. Et puis imaginez une mort, celle d’un vieil oncle, propriétaire terrien fortuné qui n’a qu’une nièce comme unique héritière… nièce qui n’est autre que Bathsheba.
Avec son caractère et sa personnalité, la jeune femme va tout naturellement prendre les rênes de la propriété, dirigeant tout son monde avec justesse et fermeté. Mais si elle n’a aucun mal à se faire accepter par les ouvriers agricoles, qui perçoivent bien qu’elle aime le travail de la terre autant qu’eux, c’est une tout autre affaire avec les acheteurs de grain, ces beaux messieurs à chapeaux hauts qui pensent que sa place est à la broderie, au coin du feu. Rusée et déterminée comme jamais, elle va imposer ses règles… bien décidée à garder sa liberté en dépit des avances d’un certain William Boldwood, prospère exploitant d’un âge plus avancé (comprendre la petite cinquantaine) qui va lui faire une cour en bonne et dûe forme. Mais elle a tort de se croire à l’abri des tourments amoureux…
Quant à Gabriel, il est toujours là, jamais loin… C'est l'ange gardien qui ne dit mot, d’une honnêteté sans faille et d’une fidélité à toute épreuve, autant de discrètes qualités qu’une jeune femme, aussi intelligente soit-elle, ne peut pas voir quand elle est occupée à défendre sa propre fierté.

Des personnages qui se croisent, des histoires parallèles qui se tissent et forment comme des fleurs en dentelles dans l’intrigue principale, des quiproquos terribles et des non-dits qui n’en finissent pas de trahir les élans du cœur… le récit est d'une foisonnante richesse et se nourrit du climat de tragédie rurale, d’hypocrisie sociale et d’humour cruel propre à la littérature anglaise de cette période. C’est beau comme un tableau de Turner, et remarquablement interprété par une troupe de comédiens sans faille.

Lorgues : mercredi 15 à 21h, dimanche 19 à 19h, et lundi 20 à 19h


Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

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