Au(x) cinéma(s) du 15 au 21 juin

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Allez... pour cette semaine, un petit conseil d'ami cinéphile : allez voir à CGR L'Avenir de Mia Hansen Love, "un portrait fort et subtil d'une femme qui arrive à un tournant de sa vie"...
Dans le reste des salles obscures, pas de nouveauté à proposer mais ce n'est pas pour autant qu'il n'y a rien à voir ! Vous pouvez voir Elle et l'excellente performance d'Isabelle Huppert au Vox, à Lorgues et à Salernes. Le film italien de Paolo Virzi, sur le sujet délicat de la santé mentale, excellemment joué par Valeria Bruni Tedeschi (par contre, si comme le dit la critique, ce film vous rend 'fou de joie", mettez nous un petit mail pour nous expliquer comment et pourquoi on peut être fou de joie après l'avoir vu....),  et aussi Julieta de Almodovar et Ma Loute de Bruno Dumont (au Vox et à Salernes).
A Lorgues, il y a aussi le beau film indien La Saison des femmes.

N'oubliez pas de noter la proposition suivante d' Entretoiles : le 3 juillet (et non 26 juin comme nous l'avions annoncé) au CGR, une soirée sur le thème "Portraits d'hommes" (pour faire pendant à une de nos précédentes soirées "Portraits de femmes"), avec 2 films: "L'homme qui répare les femmes" de Thierry Michel, ou l'histoire radicale du médecin congolais Denis Mukwege, et "L'histoire du géant timide", film islandais de Dagur Kari, une ode à l'homme dans ce qu'il a de plus beau ! avec bien sûr; l'apéritif Entretoiles entre les deux ! Cette séance terminera la saison avant les vacances d'été !

Voilà ! et puis nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 15 AU 21 JUIN 2016

Affiche
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L'Avenir
Écrit et réalisé par Mia HANSEN-LØVE
France 2016 1h40mn
avec Isabele Huppert, André Marcon, Romain Kolinka, Edith Scob, Sarah Le Picard, Solal Forte...
Festival de Berlin 2016 – Ours d'argent de la Meilleure réalisatrice
Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 15 et lundi 20 à 13h30, jeudi 16 à 15h45, vendredi 17 à 17h30, samedi 18 à 17h45, dimanche 19 à 19h45 et mardi 21 à 11h15
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Café Society
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016
C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage… New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 et lundi 20 à 15h en VF, jeudi 16 à 15h en VO, vendredi 17 à 18h15 en VF, samedi 18, dimanche 19 et mardi 21 à 18h15 en VO
Lorgues : mercredi15 à 21h30, samedi 18 à 18h10, dimanche 19 à 19h et lundi 20 à 21h20
Affiche
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Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016
C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 20h45, samedi 18 à 18h15 et mardi 21 à 15h  Salernes : jeudi 16 à 18 et samedi 18, dimanche 19 à 21h
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Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs
Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience. Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15, vendredi 17, samedi 18, dimanche 19 et mardi 21 à 15h et 20h45 - jeudi 16 et lundi 20 à 18h15 et 20h45
Affiche
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Julieta
Écrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...
« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar. Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité. Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 15 à 18h15, jeudi 16 en VF à 15h et en VO à 18h15, vendredi 17 en VF à 15h et en VO à 20h45, samedi 18 et lundi 20 en VF à 15h et en VO à 20h45, dimanche 19 en VF à 18h15 et en VO à 20h45, mardi 21 en VO à 18h15 et 20h45
Le Coeur régulier : Affiche
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Elle
Écrit et réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...
Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise. Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer... lire la suite
Le Lido (Saint-Raphael) : mercredi 15 samedi 18 et dimanche 19 à 16h10, jeudi16, vendredi 17, lundi 20 et mardi 21 à 13h50
Lorgues : mercredi 15 à 17h, samedi 18 à 20h, dimanche 19 à 21h et lundi 20 à 19h 
Salernes : jeudi 16 et mardi 21 à 21h, vendredi 17 et dimanche 19 à 18h
Le Coeur régulier : Affiche
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La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...
Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête... lire la suite
Lorgues : mercredi 15 à 19h20 et samedi 18 à 18h
Affiche
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Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio MACHADO
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...
Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves... lire la suite
Cotignac : dimanche 19 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

L'Avenir
Écrit et réalisé par Mia HANSEN-LØVE
France 2016 1h40mn
avec Isabele Huppert, André Marcon, Romain Kolinka, Edith Scob, Sarah Le Picard, Solal Forte...
Festival de Berlin 2016 – Ours d'argent de la Meilleure réalisatrice

Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir…
La vie de Nathalie est rythmée par ses cours qu’elle donne à des jeunes gens tout feu tout flamme qui l’écoutent ou qui ne l’écoutent pas, préférant sécher pour aller manifester, se rassembler, revendiquer. Nathalie aussi, dans sa jeunesse, militait, mais c’était hier, le passé, une autre époque. Aujourd’hui elle veut simplement assurer ses cours tranquillement, suivre le fil de sa vie rangée avec ses livres, ses élèves et sa mère un peu folle qui se suicide trois fois par semaine.

C’est aussi cela, le propre du temps qui passe, de la roue qui tourne : hier encore, on berçait sa couvée et aujourd’hui, il faut materner ses vieux parents. Et les vieille mamans angoissées, c’est parfois très pénible… Celle de Nathalie, dans son genre, est un spécimen fort intéressant.
Nathalie glisse sur ces lendemains avec la force tranquille d’une femme fière de son parcours, des ses réussites familiales et professionnelle ; forte aussi d’une vie intellectuelle riche et intense, habitée par les auteurs, les philosophes, les penseurs qui accompagnent chacun de ses pas, chacune de ses pensées vagabondes ou muries.
Les retrouvailles avec Mathieu, un ancien élève brillant qu’elle a mis sur la voie de la philosophie et dont elle suit le travail, vont coïncider avec cet instant précis de la vie de Nathalie où les événements vont se bousculer pour la malmener. Elle devrait s’effondrer, elle pourrait imploser, ou rester à terre en attendant le coup de grâce final… Mais sous ses allures frêles, s'appuyant sur la somme de ces instants d’avant qui forment son passé, elle va tenter de se fabriquer un avenir car, oui, l’avenir existe même quand on a depuis longtemps passé l’âge d’oser le questionner.

On connaît, pour les avoir appréciées dans ses précédents films, la délicatesse et l’intelligence d’écriture de Mia Hansen Love, brillante réalisatrice qui s’attache ici à un portrait fort et subtil d’une femme qui arrive comme on le dit banalement à un tournant de sa vie. Elle réussit le pari de ne jamais plomber son propos et glisse une belle tendresse dans le regard qu’elle porte sur cette génération qui n’est pas la sienne. A contrario, la manière dont elle parle de la jeunesse, de ses rêves, de ses utopies ne se fait jamais en opposition. Au fond, chacun n’est que la face passée ou à venir de la même pièce et tout n’est que mouvement.
C’est un beau film sur le temps qui passe et la sagesse dont il faut faire preuve pour accepter le cycle de la vie qui œuvre pour chaque humain. C’est aussi un film qui dit qu’avec la pensée et l’affection des autres, on est plus fort pour y arriver. (Utopia)

CGR (Draguignan) : mercredi 15 et lundi 20 à 13h30, jeudi 16 à 15h45, vendredi 17 à 17h30, samedi 18 à 17h45, dimanche 19 à 19h45 et mardi 21 à 11h15


Café Society
AfficheÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016

C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage…
New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier.
À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux de Vonnie, l'assistante de son oncle. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu'au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l'horizon s'éclaire pour Bobby et l'amour semble à portée de main…

Quant au « Café society » du titre, il s'agit d'un club très prisé de l'époque, où se retrouvaient stars et mécènes du cinéma, ainsi que les derniers talents du jazz, dont on imagine bien qu'il va irriguer la bande son du film.
Depuis qu'il ne fait plus l'acteur (sauf occasionnellement pour les autres), Woody Allen ne se prive pas pour choisir ce qui se fait de mieux parmi les comédiens du cinéma américain actuel. Il dirige ici les formidables Jesse Eisenberg et Kristen Stewart, entourés de quelques pointures telles que Steve Carrell ou Parker Posey.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 et lundi 20 à 15h en VF, jeudi 16 à 15h en VO, vendredi 17 à 18h15 en VF, samedi 18, dimanche 19 et mardi 21 à 18h15 en VO

Lorgues : mercredi15 à 21h30, samedi 18 à 18h10, dimanche 19 à 19h et lundi 20 à 21h20


Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016. Photographie magnifique de Guillaume Deffontaines

C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant.

Nous sommes en 1910 dans la baie de Slack, quelque part entre Boulogne sur Mer et Calais, lieu de villégiature estivale pour les bourgeois de la métropole lilloise qui viennent profiter des bains de mer et des falaises offrant une vue imprenable sur les côtes britanniques, 40 km en face. Les Van Peteghem font partie de ces envahisseurs privilégiés. André (Luchini), industriel pompeux qui se pique de son bon goût pour l'architecture et les automobiles, vient là accompagné de son épouse, la fragile Isabelle (Valeria Bruni-Tedeschi), de leur deux filles et de leur neveu Billie. Complèteront bientôt le tableau des bourgeois en vacances le frère de Madame, Christian, et la sœur de Monsieur, Aude.
Mais le séjour va être perturbé par de mystérieuses disparitions en série de touristes, sur lesquelles enquête un duo de limiers aussi gauches qu'imbéciles, l'éléphantesque inspecteur Machin et son maigre adjoint Malfoy, les Laurel et Hardy de la police locale. Se pourrait-il que les Beaufort, famille de pêcheurs de moules de la baie – qui, idée surréaliste, font aussi office de porteurs pour les estivants qui ne veulent pas se mouiller les pieds –, aient quelque chose à se reprocher ? La relation naissante entre Ma Loute, le fils des pêcheurs, et Billie Van Peteghem, qui s'habille en fille dès qu'il (elle ?) en a l'occasion et qui dégage un charme pour le moins troublant, a-t-elle un lien quelconque avec l'affaire ? Nous n'en dirons pas plus tant le scénario réserve quelques surprises… que nous qualifierons pudiquement de perturbantes…

Car Bruno reste Dumont et il ne faut évidemment pas vous attendre à une plaisante comédie familiale. Comme annoncé plus haut, Ma Loute est à la fois hilarant, jouant à fond le jeu du comique grotesque et dévastateur – on saluera ici la performance histrionesque des trois « vedettes » à qui Dumont fait subir un traitement de choc – et terrible, d'un pessimisme célinien. D'un côté la nullité vaniteuse de la bourgeoisie dégénérée, de l'autre la misère bornée des prolétaires. Ma Loute, c'est donc le mélange détonant de la caricature burlesque, de la comédie policière à la Gustave le Rouge, le créateur de Chéri Bibi, des brûlots antibourgeois d'un Octave Mirbeau (Journal d'une femme de chambre) ou d'un Georges Darien (Le Voleur) et de la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel. Ce qui nous amène tout naturellement à signaler la beauté renversante des images composées par Bruno Dumont et son chef opérateur Guillaume Deffontaines, qui nous offrent des plans magnifiques des paysages du Nord, lumière irréelle, couleurs pastels, horizon bas…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 20h45, samedi 18 à 18h15 et mardi 21 à 15h  Salernes : jeudi 16 à 18 et samedi 18, dimanche 19 à 21h


Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs

Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience.
Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains ».

Il fallait un certain culot pour embrasser un tel thème sans avoir peur de faire rire. Mais attention, pas un rire moqueur ou pire encore cynique. Bien au contraire, Paolo Virzi nous offre l'occasion d'un rire salvateur et sincère. Un rire qui vient comme une libération, comme un sort jeté à la tête du malheur qui guette nos deux folles et qui a déjà une bonne longueur d'avance. Le réalisateur signe une œuvre tendre, sans pathos ni caricature, qui aborde avec autant d'intelligence que d'humour le sujet sensible de l'internement et de la normalité. Mais surtout il dresse un portrait amoureux de ces héroïnes ordinaires, de ces femmes qui se battent, se débattent, pour vivre et gagner leur part de joie et de bonheur.
Et on peut parier que l'aventure n'aurait pas été aussi heureuse sans l'immense talent de ses deux interprètes.
Sans du tout minimiser la performance de Micaella Ramazzotti, Valéria Bruni-Tedeschi, déjà présente dans le précédent film du réalisateur, Les Opportunistes – et qu'on peut voir aussi dans le détonnant Ma Loute de Bruno Dumont –, livre sans doute une de ses plus belles performances. Elle porte le film, littéralement, y insuffle une force, un rythme et une énergie qui entrainent tout et tous sur son passage. Elle est enthousiaste aussi bien que désespérée mais jamais vaincue ni à court d'une de ses idées génialement dévastatrices. Et la comédienne démontre ici toute l'étendue de son talent comique.
Les deux actrices construisent un duo que l'on a l'habitude de voir formé par des hommes : l'auguste et le clown blanc. Deux amochées de la vie, issues de milieux sociaux diamétralement opposés, trahies par les hommes et partageant un savoir quasi encyclopédique en matière de pharmacopée. Une sorte de Thelma et Louise de la psychiatrie, une échappée belle, qui on l'espère vous rendra fous de joie à votre tour.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 15, vendredi 17, samedi 18, dimanche 19 et mardi 21 à 15h et 20h45 - jeudi 16 et lundi 20 à 18h15 et 20h45


Julieta
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgÉcrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...

« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar

Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité.

Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur.
Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía, la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt.
Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé. (Utopia)

 

Le Vox (Fréjus) :mercredi 15 à 18h15, jeudi 16 en VF à 15h et en VO à 18h15, vendredi 17 en VF à 15h et en VO à 20h45, samedi 18 et lundi 20 en VF à 15h et en VO à 20h45, dimanche 19 en VF à 18h15 et en VO à 20h45, mardi 21 en VO à 18h15 et 20h45

 


Elle
Réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...

Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise.

 Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.Dix ans - une éternité - que l’on n’avait pas croisé l’insoumis Paul Verhoeven, lui dont le précédent film distribué en salles, Black Book, signait le retour aux Pays-Bas, sa terre natale. Fatigué de subvertir Hollywood, ses mythes et ses utopies, le papa de Robocop renaît encore une fois avec Elle. Et bonne nouvelle : les concessions lui sont toujours aussi impensables dans cette production sous bannière française. Mené tambour battant par Isabelle Huppert, le film est une adaptation d’un roman de Philippe Djian, Oh... (Prix Interallié 2012). Œuvre tranchante à tel point raccordée au style de Verhoeven qu’elle laissait craindre la superficialité, du moins la tautologie. Fort heureusement, la rencontre entre le néerlandais et Huppert fait vite oublier ces quelques réserves : la corrélation du duo est celle d’un artiste et de sa muse. D’autre part, le parfum de scandale et le dynamitage de la bonne conscience ne sont pas les seuls points de convergence de Elle. Car Verhoeven, lassé d’offrir comme il le fait souvent à ses spectateurs de quoi exorciser leur amoralité refoulée, explore cette fois d’autres territoires infiniment plus vertigineux. D’où une structure polymorphe complexe. Tout à la fois thriller, drame social que comédie grotesque, Elle est le récit d’une double transmutation fracassante : celle du cinéma de Verhoeven, puis celle d’Isabelle Huppert. Le "hollandais violent" trouve en l’actrice le porte-étendard absolu de sa provocation. Une association fructueuse à laquelle il fallait s’attendre, mais qui atteint des sommets d’inventivité étourdissants, dentelés d’ambigüité et d’inconfort. Réduire cependant Elle à une simple hybridation synthétique des précédentes fulgurances du cinéaste ne serait pas lui faire honneur. L’Eros et le Thanatos, composantes séminales de Verhoeven, servent toujours à sonder une question plus tortueuse - ici les relents de la vieille bourgeoisie française. Même si ses petites manies transgressives continuent d’imprégner le moindre plan et la moindre tournure de phrase. Mais une transfiguration plus implacable a lieu cette fois, comme si le réalisateur s’égayait de sa propre mythologie, déconstruisant son système de pensée jusqu’à l’absurde. Michelle - la Elle du titre - est une dirigeante de société de jeux vidéo, espace professionnel connu pour sa misogynie crasse. Cette femme caractérise de façon assez fantasque à elle seule toutes les attributions les plus formatées de la féminité : mère d’un garçon à la petite amie tyrannique, elle est séparée d’un écrivain raté, l’amante du compagnon de sa meilleure amie et associée, mais aussi la fille d’un tueur en série sur le point de trépasser derrière les barreaux. Sa mère, nymphomane notoire, n’accepte quant à elle pas de faner. Un jour qu’elle se trouve seule chez elle, Michelle est agressée puis violée par un homme à cagoule noire - la scène est foudroyante et impitoyable. Elle reprend conscience allongée dans les débris de verre de la porte, caresse son chat - personnage clé et presque magique de Elle - puis prend un bain, mais choisit résolument et en silence de continuer sa vie comme si de rien n’était. Ces tâches de sang rouges écarlates qui tranchent à la surface avec la mousse blanche du bain, seul témoignage de son sexe meurtri, seront l’unique cri d’alarme allégorique de cette femme a priori inébranlable. Alors que l’on pourrait imaginer Michelle devenir dès lors l’héroïne d’un thriller-Cluedo où l’entourage serait petit à petit passé au crible par celle-ci, Verhoeven en décide autrement. "Elle" ne sera pas la protagoniste tétanisée dans l’attente infinie et angoissée d’une possible récidive, mais fera au contraire tout pour inverser les rôles. Où la chassée devient chasseresse.Plutôt que de percevoir en ces viols répétés un possible plaisir tordu de la part de Michelle, il s’avère nécessaire de déplacer le curseur. Cette femme au demeurant insubmersible souffre intérieurement, bien que Verhoeven choisisse de passer outre la psychologie pour ne s’en tenir qu’à son combat. C’est la virulence et le caractère insoutenable des outrages sexuels qui pousse Michelle à se détacher d’elle-même et à ne plus se focaliser que sur sa vengeance. "Elle", cette autre en elle lui permettant de faire abstraction de ce cauchemar, va agir comme un réceptacle. Comme si les atrocités vécues glissaient vers un inconscient passif-actif. Dans cette configuration, Michelle va ainsi passer de victime à prédateur. Comme les mantes religieuses de Spetters, Basic Instinct et autres Showgirls, Michelle reprend peu à peu le contrôle, dans une recherche de pouvoir symbolique assez stupéfiante. Qu’importent finalement pour elle les affres de la violence sexuelle, la souffrance n’est plus qu’un lointain souvenir, dès lors qu’il est question de domination. Sans doute la posture royale et mutique de son chat, seul témoin insensible des viols, aura-t-il insufflé à Michelle cette dynamique prédatrice. À noter que Verhoeven multiplie les allégories à ce niveau, notamment lorsque le félin profite de l’état d’inconscience d’un moineau pour l’éventrer.
Réduits à l’état d’objets inertes et emasculés, les hommes ne représentent bientôt plus pour Michelle que des cosses tributaires de sa toute-puissance - voir la scène dans la cave de l’orgasme se poursuivant longtemps après l’éjaculation de l’oppresseur. Il faudrait décidément être aveugle pour continuer à dénoncer une quelconque complaisance sexiste chez Verhoeven. À mesure que Michelle achève sa mutation - que seule Isabelle Huppert était à même de retranscrire - et reprend le contrôle sur son environnement social, le cinéaste passe d’une dynamique glaciale et sardonique à de la fable pure. Deux transformations viennent alors de s’achever : celle de Michelle et du réalisateur, passé pour l’une de victime à reine inflexible des hommes, pour l’autre de chantre d’un monde inhumain à logisticien de la métamorphose. Quelque chose d’infiniment vivant, de presque biologique, ressort de cette vision du sang et des sécrétions conjuguées de la sorte, à l’instar des pendus de La Chair et le Sang. Usant du rire, de la peur, du mauvais goût - voir les scènes de jeu vidéo désopilantes - et de la honte comme d’un matériau malléable à l’infini, cette nouvelle satire sociale de Verhoeven prend une tournure presque cosmique. Nous attendions cela depuis fort longtemps. (àvoiràlire)


Le Lido (Saint-Raphael) : mercredi 15 samedi 18 et dimanche 19 à 16h10, jeudi16, vendredi 17, lundi 20 et mardi 21 à 13h50

Lorgues : mercredi 15 à 17h, samedi 18 à 20h, dimanche 19 à 21h et lundi 20 à 19h

Salernes : jeudi 16 et mardi 21 à 21h, vendredi 17 et dimanche 19 à 18h

La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...

Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête.

Il y a Rani, la toujours sage, celle qui s'étiole dans une morne tenue de jeune veuve et peine à élever seule son insupportable fiston. Il y a Bijli, la délurée, celle dont le métier est de se trémousser, d'émoustiller ces messieurs, voire un peu plus à la demande de son patron. Entre les deux femmes : un monde ! Et pourtant Rani refuse, malgré l'opprobre de son entourage, de renier cette amitié « contre nature », construite dans les ferments de l'enfance. Cette façon de résister, de tenir tête, c'est peut-être un de leurs points communs les plus forts. Chacune a réussi à s'émanciper de la gouvernance d'un homme : l'une en n'en ayant aucun, l'autre en les ayant tous. Pourtant, sous leurs carapaces d'amazones indomptables, toutes deux partagent ce désir inavoué de l'autre, la même sensualité, une soif inextinguible de romantisme. Les hormones qui les titillent, torrides, poussent leurs corps à exulter. Oser rêver de s'échouer sur des rivages voluptueux d'un monde de jouissances et de libertés inaccessibles aux femmes ? C'est déjà franchir bon nombre d'interdits.
Bijli et Rani représentent tout un pan de la population féminine de leur pays, mais le tableau resterait incomplet sans Lajjo, la femme maltraitée par un mari qui lui reproche sa stérilité ; et sans la toute jeune Lehar Khan, qui incarne a elle seule le cercle vicieux que chaque génération a tendance à reproduire. Celui dans lequel s'enferre Rani en voulant la marier avec son propre fils, faisant subir aux deux jeunes ce qu'elle a dû endurer jadis à son corps défendant. Difficile de sortir des schémas que la pression sociale martèle sans arrêt.

Pourtant la bande des quatre (Rani, Bijli, Lajjo et Lehar) va s'enhardir peu à peu et devenir un quatuor explosif, vibrant, exalté. Si elles n'ont pas encore les mots pour la décrire, sourd une saine révolte grisante, radieuse. Sentir le vent dans ses cheveux, déposer son voile, mettre les voiles… Tant de choses à expérimenter, à inventer. Certes, en face ils ont la puissance pour les rappeler à l'ordre, mais qu'est-ce que la puissance face à la force que donne le sentiment de n'avoir rien à perdre ?


Lorgues : mercredi 15 à 19h20 et samedi 18 à 18h


Le Professeur de Violon
NAHIDRéalisé par Sérgio MACHADO
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...

Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes…

Si la trame de cette histoire peut paraître classique, la grande réussite du film est la sincérité avec laquelle il nous plonge à la fois dans le monde de la musique et dans la ville de São Paulo. Et c’est avec beaucoup de plaisir que nous voyons les différents personnages du film, tous crédibles et touchants, s’ouvrir aux autres et s’épanouir au contact de la musique. Et si la réalité et ses difficultés reprennent souvent le dessus, cette expérience de la musique en commun restera pour chacun une promesse d’évasion…

Cotignac : dimanche 19 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

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