Au(x) cinéma(s) du 15 au 21 mars

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Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Paterson de Jim Jarmush, un film poétique et magnifique.

Notre prochaine soirée à thème est : "Adolescences" le dimanche 26 mars. Avec 2 films, Jamais contente d'Emilie Deleuze, "un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence" et Les Géants de Bouli Lanners, "un formidable conte sur l'apprentissage". Et, cela va sans dire, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films...

On peut aussi voir au CGR Patients de Grand corps malade et Mehdi Idir, un film énergique, à l'humour décapant, sur le handicap, le film qui donne une bouffée de bonheur : La la Land avec 1 séance en VO, et La Confession de Nicolas Boukhrief, un film fort sur la spiritualité.

Sinon vous pouvez voir entre autres au Vox, Paris pieds nus de Flona Gordon et Dominique Abel, merveilleuse comédie burlesque et poétique, Chez Nous (et à Lorgues) de Lucas Belvaux  un film engagé sur le parcours politique d'une infirmière du Nord de la France, The Lost City of Z de James Gray, un film épique, Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos, une comédie romantique très drôle, et Moonlight, le très beau film aux Oscars de Barry Jenkins. A Lorgues, Noces le très joli film de Stephan Streker.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Silence de Martin Scorsese, et  Lion de Garth Davis..

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma ! Bonnes vacances à ceux qui en prennent !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 15 AU 21 MARS

affiche
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Paterson
Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...
La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 15 et vendredi 17 à 14h, jeudi 16 et dimanche 19 à 18h, vendredi 17 à 14h et mardi 21 à 11h
Affiche
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La Confession
Écrit et réalisé par Nicolas BOUKHRIEF
France 2017 1h56mn
avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre...
D'après le roman Léon Morin prêtre, de Beatrix Beck
« S'il me manque l'amour, je ne suis rien », dit Léon Morin du haut de sa chaire… et le film parle de l'appel à la transcendance certes, mais aussi de cette force invisible qui attire deux êtres l'un vers l'autre. Une force d'autant plus puissante qu'ici les interdits liés à un idéal fort obligent chacun à résister à une attraction qui se trouve ainsi portée à un niveau d'incandescence qui les marquera à jamais. Dans ce petit village de la province française sous occupation allemande, les hommes sont prisonniers ou ont pris le maquis et les femmes se retrouvent entre elles et continuent à vivre, remplaçant les hommes partout où ils s'activaient : les commerces, les bureaux, les champs... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 15 et mardi 21 à 10h45, 13h30 et 18h, jeudi 16 à 10h45, 13h30, 22h15, vendredi 17 à 10h45 et 13h30, samedi 18 à 10h45, dimanche 19 à 13h30 et 22h15, lundi 20 à 10h45 et 22h20
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Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin
« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? »... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h
Affiche
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Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion
On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30
Affiche
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Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre
Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi  15 à 11h, 15h45, 18h, 20h10, jeudi 16 à 11h,13h45, 15h40, 17h50, vendredi 17 à 11h, 13h45, 15h45, 18h, 20h10, samedi 18 à 11h, 13h20, 18h, 20h10, dimanche 19 à 13h30, 18h, 20h10, lundi 20 à 11h, 13h45, 15h45, 18h, 20h10, mardi 21 à 13h45, 15h45, 18h, 20h10
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Moonlight
Écrit et réalisé par Barry JENKINS
USA 2016 1h51mn VOSTF
avec Trevante Rhodes, Alex. R. Hibbert, Ashton Sanders, Mahershala Ali, Janelle Monae, Naomie Harris, André Holland...
D'après le livre de Tarell Alvin McCraney
Moonlight se passe exclusivement dans la communauté noire défavorisée de Miami, mais pas de confusion : on est à 10 000 lieux du film de ghetto avec guerre des gangs endémique et coups de flingue pour un bout de trottoir où vendre du crack. Moonlight captive et émeut en nous montrant avec sincérité et sensibilité l'évolution et la construction de l'identité d'un enfant au destin tourmenté. Un récit en trois volets où l'on suit Chiron dans le quartier de Liberty à Miami, d'abord à l'âge de neuf ans – il est alors surnommé Little – puis à seize ans en adolescent solitaire avant de le retrouver quand il est devenu un homme de vingt-cinq ans au physique impressionnant et à la prestance de caïd, mais cachant de toute évidence au plus profond quelques blessures jamais refermées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) ; samedi 19 à 13h45, lundi 20 à 18h30, mardi 21 à 16h05
Affiche
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The Lost City of Z
Réalisé par James GRAY
USA 2016 2h23mn VOSTF
avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, Tom Holland...
Scénario de James Gray d'après le livre de David Grann
A moins d'être frappé d'une souche particulièrement virulente du virus de l'immobilisme, il y a en chacun de nous une fascination – qui reste souvent inassouvie – pour les territoires lointains, encore inexplorés, pour ces contrées du globe encore vierges de toute civilisation. Au fil des décennies, ces terres d'aventure absolue se sont raréfiées... Mais il y a un siècle à peine, une immense partie du monde restait à découvrir, construisant la légende des explorateurs intrépides, dont les exploits enflammaient les imaginations. Les périples extraordinaires de ces aventuriers ont nourri bien des romans exaltants (Le Monde perdu de Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, pour n'en citer qu'un) qui firent le bonheur des enfants rêveurs, mais aussi la bande dessinée (Corto Maltese...) et bien entendu le cinéma (King Kong...). Le nouveau et magnifique film de James Gray s'inscrit dans cette tradition épique en s'attachant à l'incroyable et pourtant bien réelle destinée de Percival Harrison Fawcett... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 17h50, 20h45, jeudi 16 à 13h45, 18h05, vendredi 17 à 21h, samedi 18 à 14h45, 21h, lundi 20 à 13h45, 20h et mardi 21 à 20h45
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Monsieur & Madame Adelman
Réalisé par Nicolas BEDOS
France 2017 2h
avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Denis Podalydès, Christiane Millet, Pierre Arditi, Julien Boissellier, Zabou Breitman...
Scénario de Nicolas Bedos et Doria Tillier
Une neurobiologiste tout ce qu'il y a de sérieuse a découvert que l'amour ne durerait que trois ans, le temps à un homme et une femme de tomber raide frappadingue et de procréer. Un état de grâce conditionné par la fabrication de l'ocytocine, fameuse hormone du plaisir, produite en grande quantité par le cerveau amoureux puis déclinant tristement au fil des mois pour sceller la fin du roman, de la belle histoire. Amour ne rimerait donc pas avec toujours… La fulgurance du début, cet état de grâce où l'autre est tellement tout qu'on en oublie les défauts qui font tache dans le tableau, s'effilocherait comme un vieux pull en laine pour finir collé dans un album photo oublié dans le tiroir du bas de la commode de famille… c'est moche. Et bien, sachez-le, réjouissez-vous : il ne faut pas croire les scientifiques, c'est faux archi-faux, totalement faux et j'en ai la preuve : Madame et Monsieur Adelman !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 13h45, 18h15, 20h45, jeudi 16 à 13h45, 18h20, 20h45, vendredi 17 à 13h40, 17h40, 21h, samedi 18 à 13h45, 18h30, 21h, dimanche 19 à 15h30, 18h10, lundi 20 à 13h45, 16h05, 20h45, mardi 21 à 13h45, 18h20, 20h45
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La La Land
Ecrit et réalisé par Damien CHAZELLE
USA 2016 2h08mn
avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K Simmons, Rosemarie Dewitt...
Du haut de ses trente piges, Damien Chazelle confirme que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a talent fou, voilà tout ! Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et confirme que le jeune réalisateur n’a sans doute pas peur de grand chose : ni de croquer à pleines dent dans le mythe, ni de faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor... lire la suite
CGR (Draguignan) : Miracle ! 1 fois en VO mardi 21 à 19h45
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Noces
Écrit et réalisé par Stephan Streker
Belgique/Pakistan 2016 1h37mn VOSTF
avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Neena Kulkarni, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud...
Noces… Oubliez vite les roucoulades, les romances sucrées, les valses interminables… Et dites-vous que s’il y a une pièce montée, ce n’est pas celle à laquelle vous vous attendez. L’ouverture du film annonce la couleur : un panneau rouge sang, un silence lourd comme un repas de fête difficile à digérer… Puis apparaissent sur l’écran les grands yeux noirs de Zahira, son port de tête impérial, ce drôle de grain de beauté au milieu du nez. Que pourrait-il bien lui arriver de terrible, à celle-là ?... lire la suite
Lorgues :  mercredi 15 mars 21h15, samedi 18  mars 18h, dimanche 20h
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Et les mistrals gagnants
Réalisé par Anne-Dauphine JULLIAND
Documentaire France 2016 1h20mn
avec Ambre, Camille, Imad, Charles, Tugdual...
« Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants et les mistrals gagnants » Paroles de la chanson de Renaud. Le film d'Anne-Dauphine Julliand nous fait rencontrer cinq enfants : Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Ils ont entre six et neuf ans, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves. Ils vivent dans l'instant. Avec humour et surtout l'énergie optimiste de leur âge, ils mènent un combat contre des maladies très graves et/ou évolutives. Malgré les traitements lourds, malgré les douleurs parfois insoutenables, ils font preuve d'un appétit de vivre incommensurable, d'une énergie communicative. Ces gamins embrassent la vie sans s’apitoyer sur leur sort, sans nier non plus ce qu’ils éprouvent... lire la suite
Cotignac : vendredi 17 à 20h30
Le Vox (Fréjus) : vendredi 17 à 20h
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Paris pieds nus
Écrit et réalisé par Fiona GORDON et Dominique ABEL
France / Belgique 2016 1h23mn
avec Fiona Gordon, Dominique Abel, Emmanuelle Riva, Pierre Richard, Frédéric Meert, Philippe Martz...
Cette merveilleuse comédie burlesque et poétique nous émeut tout particulièrement car il restera le film posthume d'Emmanuelle Riva, disparue quelques jours avant que soient écrites ces quelques lignes. Après sa prestation bouleversante dans Amour de Michael Haneke, l'immense comédienne qu'elle était nous laissera donc avec un rôle traduisant une tout autre facette de son talent, un personnage drôlatique et tendre de vieille dame canadienne fantasque installée à Paris et perdant légèrement la boule, qui appelle au secours sa nièce perdue de vue pour lui éviter la maison de retraite... lire la suite
Le Vox (Fréjus) mercredi 15 à 13h45, 16h15, jeudi 16 à 16h25, vendredi 17 à 16h et 19h, samedi 18 à 16h15, dimanche 19 à 13h45, mardi 21 à 16h25
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Chez Nous
Réalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy
Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film : « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues.... lire la suite
Lorgues : mercredi 15 à 19h, jeudi 16 à 20h15, samedi 18 à 20h, dimanche 19
Le Vox (Fréjus) : jeudi 16 à 16h, mardi 21 à 20h45
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Le Concours
Réalisé par Claire SIMON
Documentaire France 2016 1h59mn
Au départ 1250 candidats. À l'arrivée 60 élus. Telle est la réalité chiffrée du concours d'entrée à la Femis (Formation et Enseignement aux Métiers de l'Image et du Son), grande école de cinéma française. C'est ce concours que filme Claire Simon, de la journée portes ouvertes jusqu'aux délibérations finales. Elle le filme de manière passionnante, vivante, riche de perspectives, d'enjeux
moraux et affectifs. Un véritable théâtre humain, où les jurés sont « examinés » au même titre que les candidats. La caméra est plantée dans les salles d'examen, on suit les épreuves orales des différentes filières (scénario, image, distribution…). Un montage subtil aboutit à une mosaïque foisonnante, aussi palpitante qu'un film à suspense. La tension est palpable, même si les jurés sont ouverts, à l'écoute. « On n'est pas là pour vous piéger, mais pour faire connaissance », entend-on. Pourtant, il s'agit bien d'une compétition, terrible, d'autant plus compliquée que le jugement ne peut se faire sur une somme de compétences ou de savoirs...
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Cotignac : dimanche 19 mars 19h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Paterson

 

Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...

La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel.

Paterson, c’est le nom de famille du personnage principal qui se lève tous les matins à 6h15 pour avaler son bol de céréales et rejoindre à pied le dépôt de bus duquel il part faire sa tournée. Curiosité des choses, Paterson c’est aussi le nom de la ville du New Jersey où Paterson fait sa tournée pour transporter les habitants qu’il écoute souvent bavarder d’une oreille indiscrète. Paterson enfin, c’est le titre d’un recueil de poèmes que Paterson (le chauffeur) affectionne particulièrement, écrit par William Carlos Williams (1883-1963) sur Paterson (la ville) dans laquelle il habitait naguère lui aussi. Jarmusch a toujours eu un goût pour ces bizarreries : le film n'a pas encore commencé qu'il repose déjà sur un enchevêtrement de sens à explorer. Sauf que contrairement à la plupart des films du cinéaste, Paterson reste sur place, circonscrit à une localité et à quelques lieux récurrents. Et pour cause, notre chauffeur de bus est un type à la vie bien rodée. Il partage avec sa petite amie Laura et leur bouledogue Marvin une harmonie domestique très ritualisée. Laura est aussi excentrique et naïve que Paterson est taiseux et contemplatif. Tous les soirs, il découvre avec circonspection la nouvelle trouvaille créative de sa bien-aimée, sous le regard inébranlable de Marvin, prolongement flegmatique et comique du couple. Tous les menus épisodes de cette vie sont pour Paterson une grande source d'inspiration. Il les consigne dans un petit carnet qu'il transporte partout en une prose ciselée et concrète : évocation des petits bonheurs familiers, de son amour pour Laura, de bribes de conversations glanées au cours de la journée ou de pensées vagabondes surgies au cours de ses trajets. Une poésie d'autant plus touchante qu'elle est modeste et simple (Paterson n'entend pas la publier, contrairement à Laura), témoignage d'un rapport au monde sain et complet.

En attendant que le week-end déjoue subtilement la routine, la répétition stricte du schéma journalier de Paterson est ponctuée de ce que Jim Jarmusch fait le mieux et qui donne au film tout son charme : rencontres aussi improbables que savoureuses, micro-événements comico-burlesques et divagations oniriques intériorisées. En un instant, la mise en scène parvient à transcender l’ordinaire en dénichant dans le commun du réel les manifestations poétiques les plus inattendues, parfois aux frontières du fantastique. Jim Jarmusch joue avec les apparences, multipliant les rimes visuelles et détournant avec amusement les règles consacrées (Paterson attachant Marvin tous les soirs devant son bar préféré comme un cheval devant un saloon). Ce n'est pas pour rien que Jarmusch place son film sous la référence à William Carlos Williams, ce poète américain qui rompit avec la tradition littéraire en utilisant un vocabulaire populaire, débarrassé de toute affèterie, dans le but d'évoquer le monde au plus proche de ce qu'il est. Dans sa foulée, Jim Jarmusch s'en tient à une vision prosaïque du monde et des affects, prouvant ainsi que le cinéma n’a nul besoin d’emphase pour être exaltant. Tant que les sentiments sont purs, ils suffisent à être bouleversants.


CGR (Draguignan) : mercredi 15 et vendredi 17 à 14h, jeudi 16 et dimanche 19 à 18h, vendredi 17 à 14h et mardi 21 à 11h

 

La Confession
Ecrit et réalisé par Nicolas BOUKHRIEF
France 2017 1h56mn
avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre...
D'après le roman Léon Morin prêtre, de Beatrix Beck

« S'il me manque l'amour, je ne suis rien », dit Léon Morin du haut de sa chaire… et le film parle de l'appel à la transcendance certes, mais aussi de cette force invisible qui attire deux êtres l'un vers l'autre. Une force d'autant plus puissante qu'ici les interdits liés à un idéal fort obligent chacun à résister à une attraction qui se trouve ainsi portée à un niveau d'incandescence qui les marquera à jamais.
Dans ce petit village de la province française sous occupation allemande, les hommes sont prisonniers ou ont pris le maquis et les femmes se retrouvent entre elles et continuent à vivre, remplaçant les hommes partout où ils s'activaient : les commerces, les bureaux, les champs… Dans le microcosme de la poste, se retrouvent chaque jour une brochette de filles sous la houlette d'une chef sévère mais sympa. Il y a de la chaleur dans leurs relations formidablement humaines, mélange d'affect, de jalousie, de solidarité : les unes flirtent avec l'occupant, apportent des gourmandises au bureau, les autres soutiennent les résistants, retiennent certaines lettres méchantes… Collées les unes aux autres, elles percutent les moindres états d'âme à demi mot, n'ignorent rien des positions de chacune. Parmi elles Barny fait figure d'idéaliste intransigeante. Fille superbe au regard intense, profondément accrochée à un idéal communiste pur jus, elle vit seule avec sa fille, espérant le retour de son homme.

Quand un nouveau prêtre déboule dans le village, toutes ces femmes privées de leur époux, leur amant, sont en émoi. C'est qu'il est beau, Léon Morin, et d'autant plus troublant que son rôle le rend inaccessible. Il est habité par une foi sincère mais aussi par un profond humanisme qui l'ouvre aux autres. Sa religion n'est ni étriquée ni sectaire, il écoute et comprend, trouvant toujours le petit trait d'humour, le mot qui fait mouche. D'une solide culture, il donne à toutes ces dames des lectures qui les font cogiter et dont elles parlent constamment au boulot.
De quoi agacer Barny qui est la seule à se déclarer athée, qui ne comprend pas cet engouement, irritée par ce prêtre qui ne se démonte jamais et trouve toujours la faille, la phrase juste énoncée d'une voix chaude. Celui qui croyait en Dieu, celle qui n'y croyait pas… Barny va provoquer la rencontre, ou plutôt la confrontation : tous deux sont habités par cette forme de lumière qui caractérise ceux qui se projettent dans une transcendance. Elle est intelligente, passionnée et belle, elle va chercher à comprendre, il va lui donner les arguments de son engagement et sa vision de la vie et des êtres. L'échange est profond, troublant : s'interdisant la fusion des corps, c'est celle des esprits qui ne cesse de croître, laissant dans les cœurs une empreinte indélébile et magnifiée.

On se souvient que Léon Morin prêtre a d'abord été un roman superbe qui a reçu le prix Goncourt en 1952, on se souvient du film de Melville avec Belmondo et Emmanuelle Riva qui vient de disparaître, il y a eu d'autres adaptations… Nicolas Boukhrief en fait une interprétation libre, personnelle et moderne qui rentre fortement en résonance avec l'air du temps et questionne la nature humaine, le désir et le manque, le besoin d'idéal, les frémissements de l'âme, la perspective du néant… le tout dans un contexte exceptionnel de guerre qui bouscule les lignes, force les êtres et les révèle, intensifie leur vie en les confrontant à la mort, à ce désir qui leur donne raison d'exister.
Romain Duris semble l'incarnation même de Léon Morin et sa relation avec Marine Vacth (découverte dans Jeune et jolie d'Ozon) est riche et intense… mais autour de ces deux premiers rôles magnifiques, il y a toute la bande de la poste (Anne le Ny en tête) qui contribue à enrichir constamment le film de récits croisés, de caractères forts, d'échanges passionnants et subtils, et puis il y a l'humour, celui de Léon Morin qui permet la distance : « Parce que la spiritualité rend joyeux. La vraie croyance, l'humanisme, rend heureux. Regardez les moines bouddhistes !… C'est le doute qui rend sombre » dit Nicolas Boukhrief.

CGR (Draguignan) : mercredi 15 et mardi 21 à 10h45, 13h30 et 18h, jeudi 16 à 10h45, 13h30, 22h15, vendredi 17 à 10h45 et 13h30, samedi 18 à 10h45, dimanche 19 à 13h30 et 22h15, lundi 20 à 10h45 et 22h20


Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin

« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? » (Aurore, l'héroïne de Jamais contente)

Enfin ! Vous qui désespérez de comprendre l'adolescent ou – exercice tout aussi malaisé – le préadolescent, cet être étrange au regard parfois / souvent (rayez la mention inutile) absent, qui vous toise comme si vous étiez une amibe, avec qui la communication est aussi facile que celle des papous avec les premiers explorateurs australiens, vous tous, mes sœurs, mes frères, réjouissez vous ! Voilà une joyeuse comédie caustique et intelligente que vous pourrez partager avec vos ados préférés et qui vous permettra d'entamer ou de renouer un semblant de dialogue. Il va sans dire que vous pouvez tout à fait la voir seulement entre adultes consentants, histoire de commencer à entrevoir un mode d'emploi…

Celle qui n'est jamais contente, c'est Aurore, une jeune Parisienne d'un milieu et d'une famille ordinaires, une petite nana pas forcément super brillante (elle redouble sa cinquième), pas particulièrement canon et populaire sans du tout être moche et souffre-douleur, une jeune fille de 13 ans qui a justement l'impression qu'elle est invisible, qu'elle est négligée par ses parents (alors que sa petite sœur, bonne élève, est selon elle la chouchoute), méprisée par ses professeurs… Et c'est parti pour une nouvelle rentrée dont elle sait déjà « qu'elle sera pourrie ». Une vraie petite teigne à la langue bien pendue, qui sait dire à son tout nouveau prof de français – qu'il faut bien un peu bizuter – que la Princesse de Clèves, ça ne tient pas debout. Qui n'a pas forcément l'intention de sortir de nouveau cette année avec le gentil grand dadais de l'année passée qui pourtant la relance (« déjà c'était fatigant de t'aimer tous les jours » lui dit-elle cruellement). Elle peut d'autant plus se permettre de faire la fine bouche qu'elle va être abordée par des lycéens d'au moins quinze ans qui lui proposent de devenir la chanteuse de leur groupe de rock naissant…

Jamais contente est l'adaptation maline et enlevée de la trilogie à succès de Marie Desplechin (la sœur d'Arnaud), Le Journal d'Aurore. Le portrait d'une jeune fille des classes moyennes, loin des clichés et des explications toutes faites. Une jeune fille qui vit à une porte de Paris avec des parents (savoureux Patricia Mazuy et Philippe Duquesne) qui sont tout sauf horribles, compréhensifs et ouverts tout au contraire, même s'il leur arrive forcément d'être exaspérés par la tornade de contradictions qu'ils ont engendrée. Le charme contagieux de ce film épatant tient autant à sa justesse de ton, à sa galerie de personnages tous parfaitement croqués (excellent Alex Lutz dans le rôle du prof de français réveilleur de cancres) qu'à la gouaille incroyable de sa jeune actrice Léna Magnien, une vraie révélation. En secouant bien ce cocktail, Emilie Deleuze réussit un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence.

CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h

Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion

On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle.

Nous sommes dans un endroit indéterminé aux confins forestiers et vallonnés du plat pays, probablement quelque part entre les Ardennes belges et le Luxembourg. Un endroit sombre et majestueux où ne règne pas forcément la prospérité et l’harmonie sociale, on peut même dire que le coin est peuplé d’affreux bouseux wallons à moitié dégénérés, vivant entre casses de voitures, maisons abandonnées et forêts primaires. Une sorte de version belge de l’atmosphère du Delivrance de John Boorman qui se situait dans le Sud profond américain des années 70. Au milieu de tout ça, deux frères à peine adolescents, Zak et Seth, tentent de survivre dans la maison de leurs grands-parents disparus : ils sont livrés à eux-mêmes, avec le strict minimum pour passer l’été, abandonnés semble-t-il par une mère négligente, qu’ils tentent désespérément de joindre au téléphone. Ils sont rejoints par Dany, un autre ado, persécuté par un grand-frère ultra-violent à qui il semble manquer quelques neurones… Et, assez naturellement, ils font tout et n’importe quoi : des virées dans la guimbarde du grand père alors qu’ils sont loin d’avoir l’âge du permis, des nuits passées dans une cabane sur pilotis branlante menaçant de s’effondrer dans la rivière, boire beaucoup, fumer de l’herbe qui fait rêver et parler de sexe sans vraiment l’avoir pratiqué. En quelque sorte ça pourrait être une version moderne et gentiment trash des Quatre cents coups.
Les choses se compliquent un peu quand ils décident, pour se faire un peu d'argent, de louer la maison familiale au trafiquant local de drogue, un gars du genre qui ne rigole pas et qui projette d'y installer sa production…

Les Géants est un formidable conte sur l’apprentissage de la vie, dans des conditions certes un peu limite, un vrai conte avec tout ce qu'il faut pour se laisser embarquer : sa forêt inquiétante, son ogre, sa gentille fée (incarnée par la toujours magnifique Marthe Keller), sa rivière qui est le chemin vers l’espoir… Mais avec aussi la découverte de la faim, de la peur, et d’une certaine forme d’héroïsme face à l’adversité. Parsemé de dialogues décalés et hilarants, d'échappées surréalistes, de personnages de freaks (le trafiquant de drogue et sa fiancée ne sont vraiment pas piqués des hannetons !) aussi effrayants qu’attachants, Les Géants, porté par des comédiens adolescents assez stupéfiants, est surtout merveilleusement poétique, autant par les images qui magnifient la forêt – certains plans font penser à la beauté sépulcrale des tableaux romantiques allemands – que par des scènes d’une douceur infinie, comme celle où nos Pieds Nickelés sont recueillis par une bonne dame et sa fille trisomique, deux fées surgies du chaos, et plongés soudainement dans la chaleur bienheureuse d’un foyer accueillant.

 CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30


Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre

Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon.

Patients raconte une année dans la vie de Ben. Une année pas comme les autres, passée dans un centre de rééducation pour les traumas en tous genre, les poly, les semi, les crâniens, les para, les tétra. Une année pour tenter de se réparer, de se reconstruire, une année toute entière pour apprendre à accepter sa nouvelle condition et peut-être aussi pour s’en échapper.
Coincé dans ce nouveau corps qui ne répond plus présent à l’appel, Ben va faire l’apprentissage complexe et surréaliste de l’assistanat 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Redevenu nourrisson, mais avec la tchatche et l’énergie de ses vingt ans, Ben n’a d’autre choix que de se laisser guider dans ce drôle de nouveau monde où chaque geste banal devient aussi balèze qu’un des douze travaux d’Hercule, et peut provoquer, selon l’humeur et le moral, un fou rire ou des cris de rage.
Dans le centre, c’est une véritable communauté, patients et soignants, qui vit au rythme des séances de kiné, de piscine, des repas… et que le temps est long quand il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre le prochain soin ! Patient, on l’est ici dans tous les sens du terme. Chacun gère son trauma de son côté, avec son histoire, avec ses mots, avec son humour, souvent grinçant, parfois tendre, avec ses forces et chacun aborde la vie et l’avenir comme il le peut. Mais ensemble, la vie dans le centre est tout de même un chouïa moins pénible.

L’histoire de Ben, c’est l’histoire de Fabien Marsaud, plus connu sous son nom d’artiste, Grand Corps Malade, et ce film est tiré de son livre Patients, gros succès de librairie. On prédit à peu près la même destinée à ce film qui va réunir les jeunes, les moins jeunes, les associations, les familles, ceux qui avancent en courant, en boitant, les accidentés, les valides, les vaillants, les cassés, les solides, les cabossés, les réparés, bref, il va embarquer dans le sillon de sa belle énergie ce qu’il est convenu de nommer un large public. Parce qu’il est souvent drôle, terriblement humain et tendre, parce que c’est un chant incroyable qui dit l’amour de la vie et qui raconte aussi, avec une franche sincérité, la force du lien entre les corps cassés et les cœurs généreux, cette force qui donne envie de se battre et d’avancer, avec ou sans roues.
Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule qualité à ce film décidément étonnant, c’est bien sa fraîcheur. Elle vient de ses auteurs, de ses comédiens, tous plus formidables les uns que les autres, mais elle émane surtout de ce refus catégorique de n’aborder cette histoire que via le seul prisme d’une cause, au demeurant tout à fait louable, celle du handicap. En décalant ainsi le regard, tout devient beaucoup plus fort, plus universel, plus intense. Sans jamais chercher à asséner vérité définitive ou morale bien pensante, juste par la force des dialogues et des situations, le film parvient, avec grâce et pudeur, l’air de rien, à profondément changer notre regard sur le handicap ; il le fait avec un peps, une énergie, un humour décapants et ça, c’est formidable.

CGR (Draguignan) :  mercredi  15 à 11h, 15h45, 18h, 20h10, jeudi 16 à 11h,13h45, 15h40, 17h50, vendredi 17 à 11h, 13h45, 15h45, 18h, 20h10, samedi 18 à 11h, 13h20, 18h, 20h10, dimanche 19 à 13h30, 18h, 20h10, lundi 20 à 11h, 13h45, 15h45, 18h, 20h10, mardi 21 à 13h45, 15h45, 18h, 20h10


Moonlight
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Barry JENKINS
USA 2016 1h51mn VOSTF
avec Trevante Rhodes, Alex. R. Hibbert, Ashton Sanders, Mahershala Ali, Janelle Monae, Naomie Harris, André Holland...
D'après le livre de Tarell Alvin McCraney

Moonlight se passe exclusivement dans la communauté noire défavorisée de Miami, mais pas de confusion : on est à 10 000 lieux du film de ghetto avec guerre des gangs endémique et coups de flingue pour un bout de trottoir où vendre du crack. Moonlight captive et émeut en nous montrant avec sincérité et sensibilité l'évolution et la construction de l'identité d'un enfant au destin tourmenté. Un récit en trois volets où l'on suit Chiron dans le quartier de Liberty à Miami, d'abord à l'âge de neuf ans – il est alors surnommé Little – puis à seize ans en adolescent solitaire avant de le retrouver quand il est devenu un homme de vingt-cinq ans au physique impressionnant et à la prestance de caïd, mais cachant de toute évidence au plus profond quelques blessures jamais refermées.

Quand on découvre Chiron, c'est un enfant apeuré qui fuit trois ou quatre petits durs en bermuda et se réfugie dans un de ces appartements abandonnés qui servent de planque aux dealers locaux. C'est ainsi que Chiron va rencontrer Juan, un vendeur de crack au grand cœur (ça « devrait » être un oxymore et pourtant…) qui va devenir pour quelques temps avec sa compagne Teresa – très beau personnage, soigné comme tous les seconds rôles du film – une famille de substitution qui permettra au gamin de trouver affection et confiance.

Moonlight, dont le titre évoque la lueur de la lune perçant l'obscurité de la nuit et de la vie, éclairant la part d'ombre de chacun, décrit de manière formidable comment un petit être grandit et se construit dans toutes ses contradictions alors qu'il est très mal parti dans la vie, enfermé dans une case par une prédestination sociale, culturelle, sexuelle dont il va tenter – ou pas – de se défaire avec l'aide des rencontres qui vont jalonner son parcours. Comment, dans une communauté où tout le monde se connait et où tout le monde obéit à des règles et à un contrôle social pas forcément propice à la liberté individuelle, un jeune garçon noir des quartiers pauvres peut s'affranchir des codes sociaux, de la masculinité revendiquée et presque obligatoire. Comment il peut faire exploser ce statut de souffre-douleur qui lui est assigné depuis l'enfance. Comment il peut concilier l'amour naturel pour sa mère en perdition et la préservation de son avenir. Comment il peut accepter l'amitié protectrice d'un dealer alors que celui ci fournit en produit mortifère sa propre mère. Moonlight est un film éminemment intelligent sur la complexité des âmes et des sentiments : celui qui vous protège et vous aime peut aussi contribuer à la perte de vos proches, celui que vous aimez peut s'avérer aussi votre bourreau malgré lui. Et il faut s'en débrouiller pour grandir.

Pour incarner toute la richesse ambigüe de cette destinée, le réalisateur a trouvé trois comédiens exceptionnels pour les trois périodes de la vie de son personnage principal, avec une palme du cœur à Trevante Rhodes qui incarne Chiron adulte, montagne de muscles incarnant parfaitement, à travers la sobriété du jeu, les blessures profondes et les sentiments intenses qui hantent ses nuits, avec notamment deux scènes bouleversantes de retrouvailles avec sa mère et un ami perdu de vue. Autre personnage fascinant du film : Miami, avec ses palmiers et son soleil permanent, incarnant dans l'imaginaire collectif le paradis subtropical pour retraités fortunés, dont Moonlight nous montre, derrière la beauté et les couleurs, les arrière-cours moins reluisantes, filmées dans un splendide Cinémascope.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) ; samedi 19 à 13h45, lundi 20 à 18h30, mardi 21 à 16h05

The Lost City of Z

Réalisé par James GRAY
USA 2016 2h23mn VOSTF
avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, Tom Holland... Scénario de James Gray d'après le livre de David Grann...

A moins d'être frappé d'une souche particulièrement virulente du virus de l'immobilisme, il y a en chacun de nous une fascination – qui reste souvent inassouvie – pour les territoires lointains, encore inexplorés, pour ces contrées du globe encore vierges de toute civilisation. Au fil des décennies, ces terres d'aventure absolue se sont raréfiées... Mais il y a un siècle à peine, une immense partie du monde restait à découvrir, construisant la légende des explorateurs intrépides, dont les exploits enflammaient les imaginations. Les périples extraordinaires de ces aventuriers ont nourri bien des romans exaltants (Le Monde perdu de Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, pour n'en citer qu'un) qui firent le bonheur des enfants rêveurs, mais aussi la bande dessinée (Corto Maltese...) et bien entendu le cinéma (King Kong...). Le nouveau et magnifique film de James Gray s'inscrit dans cette tradition épique en s'attachant à l'incroyable et pourtant bien réelle destinée de Percival Harrison Fawcett.

Percy Fawcett est, au début du xxe siècle, un jeune officier britannique issu d'une famille quelque peu déchue, en quête de reconnaissance et de gloire. Comme beaucoup, il a fait ses classes dans les colonies britanniques, en Inde et en Afrique, où il a acquis de solides notions de topographie. C'est grâce à elles qu'il se voit proposer en 1906, par la très prestigieuse Société de Géographie britannique, une mission qui va lui permettre de redorer le blason familial : se rendre aux frontières amazoniennes de la Bolivie et du Brésil, alors en conflit territorial, et cartographier les limites des deux pays. Une expédition hautement risquée à l'époque, au cœur d'un territoire hostile, mais qui va prendre une dimension inattendue quand, au détour d'une rivière, Percy va trouver par hasard ce qu'il croit être les vestiges d'une cité perdue, alors que le dogme scientifique affirme que dans ces recoins amazoniens, aucune civilisation amérindienne avancée n'a pu se développer – parfait prétexte à la justification de la colonisation. Prouver la réalité de ces vestiges va devenir l'obsession de son existence, au péril de sa vie, au risque de détruire son mariage – splendide personnage que celui de son épouse, forte, déterminée, bouleversante – et de ne voir qu'à peine grandir ses enfants. Formidable film d'aventures, The Lost City of Z est aussi une réflexion sur la fascination de l'inconnu, sur le vertige qu'elle peut faire naître.

Quand on voit le film, on ne peut pas ne pas penser à l'extraordinaire roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, qui inspira Apocalypse now, ou au génial Aguirre ou la colère de Dieu, de Werner Herzog, qui racontait l'errance désespérée de conquistadors espagnols en territoire amazonien. Le magnifique travail du chef opérateur Darius Khondji donne à la forêt une splendeur inquiétante. Mais le film est aussi le portrait superbe d'une génération perdue, celle qui, à l'époque victorienne, portait les espoirs d'un empire dominateur avant de connaître les horreurs de la Grande Guerre et qui jamais ne s'en releva, préférant se perdre dans l'inconnu pour mieux narguer la mort à laquelle elle avait échappé. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 17h50, 20h45, jeudi 16 à 13h45, 18h05, vendredi 17 à 21h, samedi 18 à 14h45, 21h, lundi 20 à 13h45, 20h et mardi 21 à 20h45


Monsieur & Madame Adelman
LES FLEURS BLEUESRéalisé par Nicolas BEDOS
France 2017 2h
avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Denis Podalydès, Christiane Millet, Pierre Arditi, Julien Boissellier, Zabou Breitman...
Scénario de Nicolas Bedos et Doria Tillier

Une neurobiologiste tout ce qu'il y a de sérieuse a découvert que l'amour ne durerait que trois ans, le temps à un homme et une femme de tomber raide frappadingue et de procréer. Un état de grâce conditionné par la fabrication de l'ocytocine, fameuse hormone du plaisir, produite en grande quantité par le cerveau amoureux puis déclinant tristement au fil des mois pour sceller la fin du roman, de la belle histoire. Amour ne rimerait donc pas avec toujours… La fulgurance du début, cet état de grâce où l'autre est tellement tout qu'on en oublie les défauts qui font tache dans le tableau, s'effilocherait comme un vieux pull en laine pour finir collé dans un album photo oublié dans le tiroir du bas de la commode de famille… c'est moche.
Et bien, sachez-le, réjouissez-vous : il ne faut pas croire les scientifiques, c'est faux archi-faux, totalement faux et j'en ai la preuve : Madame et Monsieur Adelman !

Quand Victor, écrivain qui se cherche encore beaucoup, croise Sarah, étudiante en lettres et grande bringue brune à lunettes, on ne peut pas vraiment dire que c'est le coup de foudre. Il est très autocentré, en pleine crise artistico-existentielle et n'a que faire de cette fille qu'il ne trouve même pas canon. Il est en plus persuadé que c'est le genre d'intello castratrice qui va lui couper net tout élan créatif. Non, aucun intérêt cette fille, et puis Victor a déjà bien du mal à gérer ses petits tracas : sa psychanalyse à rallonge, son frère qui vote à droite, sa mère alcoolique amoureuse de son Yorkshire et son grand bourgeois de père (Pierre Arditi : exquis).
Dans le genre intello, Sarah se pose un peu là, mais avec une certaine fraîcheur, l'air de rien de la fille qui se sait brillante mais qui l'est bien trop pour en mettre plein la vue. Sarah quant à elle, sait immédiatement que sa vie toute entière tournera autour de ce gars là, il y a d'intimes convictions qui n'ont besoin d'aucune garantie sur l'avenir pour exister… Et comme l'écrira un peu plus tard Victor : « N'en déplaise à certains, on rencontre parfois l'amour irrémédiable. » L'amour irrémédiable, celui auquel on n'échappe pas, celui qui vous poursuit, celui qui parvient toujours à ses fins.
Nous sommes à la fin des années soixante-dix, on porte des pantalons et des coupes de cheveux improbables, on vit légers sans téléphone portable et Victor et Sarah, après s'être vaguement cherchés, vont enfin se trouver. Elle sera sa muse, sa plus fidèle lectrice, son intarissable source d'inspiration, son carburant, sa dope, sa came, sa raison d'être et d'écrire… Il sera son homme, son ami, son compagnon de route, son auteur préféré, son refuge, son paysage en technicolor et mieux que tout cela : le complice de chaque instant de grâce que la vie fabrique quand on la parcourt à deux. Sur 45 année, une véritable Odyssée !
Les années passent, le succès arrive enfin, puis un premier enfant qui porte tous les espoirs mais ne sera pas tout à fait à la hauteur de la mission, le pauvre (ça c'est pour la partie cynico-grinçante du film et c'est assez drôle quoiqu'un peu méchant), et puis encore le succès… et puis les biens matériels qui vont avec, l'énorme maison statutaire, le petit personnel (mais si mais si, on peut voter à gauche et avoir du personnel de maison, ça s'appelle la gauche caviar) et puis le ronron, et puis l'endormissement, la fin des flonflons… et là, vous n'y comprenez plus rien, vous relisez le début de ce texte et non, vous n'avez pas rêvé : on y disait bien que l'amour était éternel…

Et bien oui, il le sera, avec ses hauts, ses bas, ses mesquineries, ses parenthèses, ses à côté, ses entorses aux promesses et ses petits arrangements avec les idéaux, ceux du couple, de la famille et du peuple de gauche. Écrit à quatre mains avec un sens aigu du rythme et un penchant naturel pour les dialogues qui font mouche, Monsieur & Madame Adelman est une comédie romantique très drôle autant qu'un hommage appuyé à toutes les muses, à toutes les amoureuses, les célèbres, les discrètes, les anonymes, vous, moi.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 à 13h45, 18h15, 20h45, jeudi 16 à 13h45, 18h20, 20h45, vendredi 17 à 13h40, 17h40, 21h, samedi 18 à 13h45, 18h30, 21h, dimanche 19 à 15h30, 18h10, lundi 20 à 13h45, 16h05, 20h45, mardi 21 à 13h45, 18h20, 20h45


Noces
Écrit et réalisé par Stephan Streker
Belgique/Pakistan 2016 1h37mn VOSTF
avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Neena Kulkarni, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud...

Noces… Oubliez vite les roucoulades, les romances sucrées, les valses interminables… Et dites-vous que s’il y a une pièce montée, ce n’est pas celle à laquelle vous vous attendez. L’ouverture du film annonce la couleur : un panneau rouge sang, un silence lourd comme un repas de fête difficile à digérer… Puis apparaissent sur l’écran les grands yeux noirs de Zahira, son port de tête impérial, ce drôle de grain de beauté au milieu du nez. Que pourrait-il bien lui arriver de terrible, à celle-là ?

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, mène une vie de prime abord ordinaire, court à tout allure quand il s’agit de ne pas arriver en retard au lycée, se tord de rire avec son amie Aurore, glisse des sourires aimants à sa famille, rencontre secrètement son jules, danse sur les musiques effrénées des boîtes de nuit, le tout cadencé par les rituels chers à sa foi religieuse. Son grand frère Amir, l’un de ses plus proches confidents, l’accompagne dans ses moments de doute. Un quotidien aux antipodes d’une tragédie grecque, en somme.
Jusqu’au jour où l’honneur vient mettre sa petite pointe de sel dans l’affaire, ce à quoi Sénèque répondrait dans son exquise toge d’ouate opaline : « L’honneur interdit des actes que la loi tolère ». Voilà, c’est dit : tout déraille. Et sans crier gare, cette Zahira libre comme l’air se retrouve face au dilemme imposé par sa famille : accepter le mariage traditionnel qui lui pend au nez ou ne plus faire partie de leur communauté, tant son refus serait à l’origine d’une turpitude irrémissible. Parfois révoltée (parce que sa conscience lui dit de ne pas plier en deux sa liberté), parfois résignée (parce que l’amour profond et partagé qu’elle a pour sa famille lui assène de se plier en quatre pour elle), Zahira avance péniblement, tâtonne, teste les limites de chacun, à commencer par les siennes. Elle fuit, revient, repart. Sa grande sœur Hina finira par lui dire : « Il ne faut se révolter que si nous avons la possibilité d’agir ». Un écho désenchanté à cette phrase du Noces de Camus : « Et vivre, c’est ne pas se résigner ».

Ce très joli film du réalisateur belge Stephan Streker a le mérite de questionner les raisons de chacun en échappant aux pièges d’un manichéisme qui aurait été de trop. Les acteurs y sont mesurés, touchants, à commencer par Lina El Arabi qui domine le film de sa prestance de grande tragédienne, suivie de près par un Olivier Gourmet aux apparitions bienveillantes qui, cela ne nous surprend plus vraiment, se montre d’une justesse impeccable.(Utopia)

Lorgues :  mercredi 15 mars 21h15, samedi 18  mars 18h, dimanche 20h

La La Land
Écrit et réalisé par Damien CHAZELLE
USA 2016 2h08mn
avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K Simmons, Rosemarie Dewitt...

Du haut de ses trente piges, Damien Chazelle confirme que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a talent fou, voilà tout ! Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et confirme que le jeune réalisateur n’a sans doute pas peur de grand chose : ni de croquer à pleines dent dans le mythe, ni de faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor.
La la land, c’est la comédie musicale comme on n'osait plus la rêver, c’est un étalon lancé à cent kilomètres heure sur la piste de danse étoilée. Ce ne serait que cela, ce serait déjà très bien, mais quand le cavalier qui tient les rênes est un type passionné de musique, brillant, audacieux, fougueux, il devient vite évident que l'on est ici un niveau au-dessus et qu’au-delà du simple film de genre, c’est bien un pan tout entier de l’âge d’or du cinéma hollywoodien que le bougre a décidé de parcourir à bride abattue. La course sera éblouissante et le voyage digne d’un aller-retour sur la lune.

C’est l’histoire de Mia et de Sebastian… Elle est serveuse dans un café niché au creux d’imposants décors d’un grand studio hollywoodien et court obstinément les castings dans l’attente du grand rôle. Il est pianiste de jazz, fan de Thelonius Monk mais pour l'heure il est surtout fauché et doit cachetonner en attendant d’accomplir son rêve : reprendre une mythique boîte de jazz à son compte et y jouer toute la musique qu’il aime. Entre eux, l'indifférence voire le mépris d'abord… avant les étincelles !
Embrassant avec délice tous les clichés, jonglant avec les références les plus prestigieuses – de Chantons sous la pluie à La Fureur de vivre en passant par Un américain à Paris, West Side Story ou les mélos flamboyants à la Douglas Sirk, sans oublier quelques clins d'œil admiratifs autant qu'affectueux à Jacques Demy – La la land parvient pourtant à tout réinventer. Les codes, dont il se moque avec tendresse, les chansons, traditionnelles mais souvent détournées avec humour, les décors, sublimes dans leur écrin de carton pâte mais qui jamais ne font toc, et les deux protagonistes, clichés sur pattes (la jeune serveuse qui veut percer à Hollywood, le musicien idéaliste et un peu dédaigneux qui se veut l’héritier des plus grands) mais terriblement humains. Même le récit, dont la trame est classique, parvient à nous surprendre grâce à une construction singulière (la toute dernière partie du film est en cela une belle trouvaille).

S’il s’agit plus d’un hommage abouti que d’une véritable révolution cinématographique, La la land est une vrai bouffée de bonheur, colorée, enjouée, rythmée, qui vous prend par la taille, vous entraîne dans la danse et ne vous lâche qu’au bout de deux heures… Ou qui ne vous lâche pas, la la la…

CGR (Draguignan) : Miracle ! 1 fois en VO mardi 21 à 19h45

Et les mistrals gagnants
Réalisé par Anne-Dauphine JULLIAND
Documentaire France 2016 1h20mn
avec Ambre, Camille, Imad, Charles, Tugdual...

« Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants et les mistrals gagnants » Paroles de la chanson de Renaud.

Le film d'Anne-Dauphine Julliand nous fait rencontrer cinq enfants : Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Ils ont entre six et neuf ans, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves. Ils vivent dans l'instant. Avec humour et surtout l'énergie optimiste de leur âge, ils mènent un combat contre des maladies très graves et/ou évolutives. Malgré les traitements lourds, malgré les douleurs parfois insoutenables, ils font preuve d'un appétit de vivre incommensurable, d'une énergie communicative. Ces gamins embrassent la vie sans s’apitoyer sur leur sort, sans nier non plus ce qu’ils éprouvent.
Leçon de courage et d’optimisme comme le résume Tugdual : « Quand on est malade, cela n’empêche pas d’être heureux ». La vie avec la maladie reste la vie, avec ses hauts exaltants et ses bas terribles. En célébrant les premiers sans oublier les seconds, le film évite ainsi l’écueil de la sensiblerie pleurnicharde autant que de l’angélisme béat, sans céder à aucun moment à la tentation de la démonstration ou de l’exhibitionnisme. Le regard de la réalisatrice, respectueux des enfants et des familles, l’est aussi du spectateur qui se sent concerné, ému, transporté par ces témoignages sans jamais avoir l’impression d’être voyeur ou manipulé.

« Il est des rencontres qui changent le cours d’une vie. Et les mistrals gagnants est né de ces rencontres. La toute première s’appelle Thaïs. Thaïs, ma fille au prénom de princesse, atteinte d’une maladie incurable au nom barbare : la leucodystrophie métachromatique. Du haut de ses deux ans, Thaïs a ouvert mon cœur en l’invitant à apprécier chaque instant de l’existence. En réalisant qu’une belle vie ne se mesure pas au nombre d’années.
« J’ai ensuite rencontré à de multiples occasions des familles touchées elles aussi par la maladie d’un enfant. Elles m’ont ouvert les yeux. Là encore j’ai vu la force de l’insouciance des enfants. J’ai compris à quel point leur vision de la vie change positivement la nôtre. Et j’ai eu envie de le partager avec le plus grand nombre. J’ai eu envie de le raconter, de le montrer, de manière incontestable : avec des mots et des regards d’enfants…
« Le film se concrétise alors grâce aux rencontres d’alliés précieux, acteurs incontournables de la prise en charge des enfants : les services hospitaliers, les équipes ressources de soins palliatifs, les équipes d’hospitalisation à domicile, les associations de soutien aux enfants malades et à leur famille. Ils nous ouvrent leurs portes avec confiance parce que le sujet de notre film est la raison de leur métier et de leur engagement : ajouter de la vie aux jours, tous les jours. Ils nous accompagnent dans les plus belles rencontres de ce projet : les enfants, cœurs battants, vaillants, vivants de Et les mistrals gagnants. » Anne-Dauphine Julliand (Utopia)

Cotignac : vendredi 17 à 20h30
Le Vox (Fréjus) : vendredi 17 à 20h

Paris pieds nus
Écrit et réalisé par Fiona GORDON et Dominique ABEL
France / Belgique 2016 1h23mn
avec Fiona Gordon, Dominique Abel, Emmanuelle Riva, Pierre Richard, Frédéric Meert, Philippe Martz...

Cette merveilleuse comédie burlesque et poétique nous émeut tout particulièrement car il restera le film posthume d'Emmanuelle Riva, disparue quelques jours avant que soient écrites ces quelques lignes. Après sa prestation bouleversante dans Amour de Michael Haneke, l'immense comédienne qu'elle était nous laissera donc avec un rôle traduisant une tout autre facette de son talent, un personnage drôlatique et tendre de vieille dame canadienne fantasque installée à Paris et perdant légèrement la boule, qui appelle au secours sa nièce perdue de vue pour lui éviter la maison de retraite.

Le film commence au pays des caribous et du sirop d'érable, dans un petit village battu par les tempêtes de neige, où Fiona, la nièce sus-citée, reçoit la lettre à peine cohérente de sa tante Martha. Et voilà la jeune femme un peu gauche, armée de son sac à dos et de son guide, qui quitte sans hésiter sa froidure pour les trottoirs parisiens. Mais rien ne se passe comme prévu, sinon il n'y aurait pas de comédie ! Martha semble avoir déserté son appartement, Fiona se lance donc à sa recherche et va se trouver embringuée dans une succession de péripéties hilarantes qu'on ne vous racontera surtout pas mais qui vont la laisser sans papiers ni argent… Son chemin chaotique va croiser celui de Dom, un clodo chaplinesque qui a construit son petit paradis en toile de tente sur l'Ile aux Cygnes, ce petit coin méconnu dominé par la statue de la Liberté (enfin sa réplique parisienne bonsaï), coincé entre la Maison de la Radio et la Tour Eiffel.
La grande canadienne rousse à l'air faussement godiche et le grand dadais belge à l'air faussement ahuri nous régalent depuis plus de dix ans avec leur cinéma unique et délicieux, hommage assumé aux grand burlesque des débuts du muet et à l'art clownesque. Paris pieds nus s'inscrit donc dans la lignée des formidables Iceberg, Rumba, La Fée, et nous enchante tout pareil. C'est une succession jubilatoire de gags visuels qui nous ravissent dès les premières séquences : ah, cette petite bibliothèque au Canada où tout le monde est soufflé par la tempête de neige à chaque fois que quelqu'un ouvre la porte !

À part ça, le film porte bien son titre et se révèle un superbe hommage à Paris, son architecture unique, son fleuve (tout se passe essentiellement sur ses berges de la Seine), la liberté des Parisiens avec une scène géniale sur les poutrelles de la Tour Eiffel : clin d'œil très clair aux génies du burlesque, Keaton, Chaplin ou Harold Lloyd qui ont de leur côté célébré leurs villes respectives, New York ou Los Angeles. L'art clownesque funambule d'Abel et Gordon est ici complété par le jeu magnifique d'un couple de légende du cinéma : Emmanuelle Riva déjà citée et Pierre Richard, qui nous livrent au passage une belle leçon sur le temps qui passe… Et la scène finale prend une saveur toute particulière après la disparition de la splendide Emmanuelle.

Le Vox (Fréjus) mercredi 15 à 13h45, 16h15, jeudi 16 à 16h25, vendredi 17 à 16h et 19h, samedi 18 à 16h15, dimanche 19 à 13h45, mardi 21 à 16h25

Chez Nous

HARMONIUMRéalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy

Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :

« Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
« Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
« Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
« Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)

Lorgues : mercredi 15 à 19h, jeudi 16 à 20h15, samedi 18 à 20h, dimanche 19
Le Vox (Fréjus) : jeudi 16 à 16h, mardi 21 à 20h45


Le Concours

LA CIGALE, LE CORBEAU ET LES POULETSRéalisé par Claire SIMON
Documentaire France 2016 1h59mn

Au départ 1250 candidats. À l'arrivée 60 élus. Telle est la réalité chiffrée du
concours d'entrée à la Femis (Formation et Enseignement aux Métiers de l'Image
et du Son), grande école de cinéma française. C'est ce concours que filme
Claire Simon, de la journée portes ouvertes jusqu'aux délibérations finales.
Elle le filme de manière passionnante, vivante, riche de perspectives, d'enjeux
moraux et affectifs. Un véritable théâtre humain, où les jurés sont « examinés »
au même titre que les candidats. La caméra est plantée dans les salles d'examen,
on suit les épreuves orales des différentes filières (scénario, image, distribution…). Un montage subtil aboutit à une mosaïque foisonnante, aussi palpitante qu'un film à suspense.
La tension est palpable, même si les jurés sont ouverts, à l'écoute. « On n'est pas là pour vous piéger, mais pour faire connaissance », entend-on. Pourtant, il s'agit bien d'une compétition, terrible, d'autant plus compliquée que le jugement ne peut se faire sur une somme de compétences ou de savoirs. Quelssont alors les critères ? La sensibilité ? L'imaginaire ? Ou bien l'art de se mettre en scène ? C'est tout l'abîme de réflexion ouvert par le film, qui mène, d'ailleurs, à des points de vue divergents au sein du jury.
Le film est drôle : lorsqu'un candidat noie le jury dans le récit d'une généalogie alambiquée. Cruel : certaines sentences nous semblent injustes.
Captivant, car chacun des postulants, performant ou non, apporte avec lui une histoire. Le rapport de séduction joue, mais pas seulement. Car il s'agit aussi,pour le jury, de choisir des filles et des garçons différents, échappant au formatage. Des gens pas forcément aimables : untel, « imbuvable et fou furieux », sera peut-être le futur Nicolas Winding Refn, alors il ne faudrait pas passer à côté…
Le Concours est, au fond, un vrai film politique. Parce qu'il ne cesse d'interroger les vertus et les manques de toute école d'art, la méritocratie, la reproduction des élites…(J.Morice telerama)

Cotignac : dimanche 19 mars 19h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


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