Au(x) cinéma(s) du 16 au 22 décembre

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Pas de nouveauté cette semaine dans nos cinémas ! Mais une pépite quand même avec la séance Entretoiles de ce jeudi, 20h, à Lily Pons, qui projette Still the Water, un très beau film japonais de Naomi Kawase, où il sera question de rapport entre deux adolescents, du rôle d'une mère chamane et de symbiose avec une nature immense, belle et inquiétante... Un beau film à ne pas manquer !

Sur les écrans, vous pouvez toujours voir le magnifique Mia Madre de Nanni Moretti qui nous entraîne avec brio dans son monde sensible, Un + une de Claude Lelouch, romance tournée vers l'Inde, Back Home de Joachim trier (Oslo 31) où une famille tente de se reconstruire après un deuil, Taj Mahal, un film indien qui colle aux récents événements tragiques qui nous ont endeuillés, et enfin Nous trois ou rien de Kheiron, à Cotignac. Il y a aussi à CGR Chabran le documentaire de Luc Jacquet Il était une forêt, jeudi à 20h.

Nous vous  donnons donc rendez vous jeudi 17 décembre à 20h pour Still the water !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

Bonne semaine de cinéma !


PROGRAMMATION DU 16 AU 22 DECEMBRE 2015

 

Still the Water
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Still the Water
Écrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2014 1h59mn VOSTF
avec Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Tetta Sugimoto...
Élément capable d'éroder sournoisement ou d'anéantir dans un élan les œuvres les plus imposantes en ramenant chacun à un peu plus d'humilité. Toutes ces eaux qui nous traversent, nous constituent, nous entourent perpétuellement, encerclent la petite île verdoyante d'Amami, l'île de l'enfance de Naomi Kawase où se situe l'action. C'est là, qu'enfin apaisé après une redoutable tempête, l'océan ramène sur la plage le corps d'un homme aux multiples tatouages et ses énigmes… Mais la plus grande énigme, pour la jeune Kyoko et son ami Kaiko, reste encore celle de la vie. Tels deux inséparables, ils sillonnent la nature, nez au vent, à l'affut d'indices, de pensées, d'expériences, ne perdant aucune goutte des scènes qui se déroulent dans leur univers. Ils sont comme les faces opposées d'une même pièce. Pour Kyoko tout semble aisé, elle se confronte aux éléments avec une candeur et une gourmandise sereines, et même toute habillée dans sa tenue d'écolière, elle ne résiste jamais au plaisir de plonger dans la grande bleue. Kaiko, lui, se défie de cette dernière qu'il trouve trop vivante, terriblement immense et pleine de mystères inquiétants qui grouillent sournoisement. Kaiko a peur de l'inconnu, Kyoko s'en réjouit, le désire... lire la suite
Salle Lily Pons (Théâtre de Draguignan) : séance unique le jeudi 17 décembre 20h. 5€
Un + une
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Un + une
Ecrit et réalisé par Claude LELOUCH
France 2015 1h53mn
avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert...
Après Salaud, on t’aime et Ces amours là, Claude Lelouch nous offre un cinquante-quatrième film avec Un plus Une. Le réalisateur nous enivre avec poésie dans une romance sur les berges du Gange et nous fait vivre un certain art de la culture indienne, imprégné de spiritualité (et de désordre). Un film délicat et rayonnant qui met en scène deux couples en chassé croisé interprétés par Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert et Alice Pol. Antoine et Alice forment un couple de musiciens. Compositeur de bandes originales de film, Antoine est appelé en Inde pour enregistrer la musique du film d’un grand réalisateur local dont le titre choisi sera Juliette et Roméo. Sur place, les mondanités d’usage attendent l’artiste campé par Jean Dujardin, convié à un diner à l’ambassade de France. Assis à côté de l’épouse de l’ambassadeur, il va faire renverser le coeur de la belle Anna, interprétée par Elsa Zylberstein. Un jeu de séduction va alors s’installer durablement entre les deux personnages et constituer la colonne vertébrale du film... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 16 et samedi 19 à 13h30, 15h45, 18h, 20h15, et 22h30 - jeudi 17 et lundi 21 à 13h30, 15h45, 18h et 22h - vendredi 18 à 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et 22h15 - dimanche 20 et mardi 22 : 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et 22h
Les Cowboys
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Les Cowboys
Réalisé par Thomas BIDEGAIN
France 2015 1h45mn
avec François Damiens, Finnegan Oldfield, Agathe Dronne, John C. Reilly, Ellora Torchia, Antoine Chappey...
Scénario de Thomas Bidegain et Noé Debré
Thomas Bidegain n’est pas un inconnu dans le cinéma français. En tant que scénariste, il possède même une sacrée carte de visite. Rien qu’avec Jacques Audiard, il a signé Un prophète, De rouille et d’os et Dheepan. Les Cowboys est donc son premier film en tant que réalisateur Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Le film débute en 1994, dans l’est de la France, lors d’un festival de musique country, ce genre de rassemblement où vous passez pour un zombie si vous ne portez pas votre stetson, votre veste à franges et vos santiags, avec ou sans éperons. Alain – François Damiens, aussi convaincant que dans Suzanne – figure importante de cette petite communauté, monte sur scène pour interpréter un morceau puis danse avec sa fille Kelly, sous le regard attendri de sa femme et de son fils Georges, dit Kid. Mais quelques heures plus tard, alors que la fête touche à sa fin, Kelly a disparu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 16 à 20h30, jeudi 17 à 13h50, samedi 19 à 18h15, dimanche 20 à 17h55 et mardi 22 à 20h30
Mia Madre
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Mia Madre
Réalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique
Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage !.
.. lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 16 à 16h et 18h15 - jeudi 17 à 18h10 et 20h30 - vendredi 18 et samedi 19 à 16h et 20h30 - dimanche 20 à 13h50 et 17h50 - lundi 21 à 17h45 et 20h - mardi 22 à 13h50 et 18h10
Back Home
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Back Home
Réalisé par Joachim TRIER
USA / France / Allemagne 2015 1h49mn
avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg, Amy Ryan, David Strathairn...
A l’occasion des trois ans de la mort de sa mère Isabelle, photographe hyperactive à la renommée internationale, une exposition hommage doit lui être consacrée à New York. Mais rien à faire : Conrad ne parvient pas à faire son deuil et s’enferme dans le mutisme, fuyant les assauts bienveillants de son père Gene. Pendant ce temps, son frère aîné Jonah, jeune professeur de sociologie à l’Université, pense pouvoir conjurer le sort grâce à la récente naissance de son fils. Mais cette échappatoire est un leurre, et ce dernier ne manque pas de tomber dans les bras d’une ex que sa mère trouvait jadis séduisante. Bientôt, ce trio déchiré se retrouve au complet dans la maison familiale. Le temps est venu de réunir les planches contacts d’Isabelle pour préparer l’exposition, mais aussi surtout de dénouer l’indicible, pour que chacun puisse reprendre le cours de sa vie, apaisé... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 16 à 13h50 et 20h30, jeudi 17 et mardi 22 à 15h55, vendredi 18 à 13h50 et 18h15 - samedi 19 à 13h50 - dimanche 20 et lundi 21 à 20h
Taj Mahal
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Taj Mahal
Écrit et réalisé par Nicolas SAADA
France 2015 1h30mn
avec Stacy Martin, Louis-Do de Lencquesaing, Gina McKee, Alba Rohrwacher...
L'hôtel Taj Mahal, c'est l'hôtel le plus luxueux de Bombay, une énorme pièce montée qui trône sur une ville cosmopolite, une des plus grandes places financières du monde, mais grouillante de pauvres qui espèrent grappiller quelques miettes de cette concentration de richesse, à proximité des grands hôtels et des cafés... Jamais Louise n'aurait dû se trouver là si la maison, prévue par l'entreprise de son père qui l'a muté là pour deux ans, avait été prête. Deux ou trois jours d'attente supplémentaires à l'hôtel, pas la mer à boire, même si le luxe excessif de la suite qui leur échoit n'est pas vraiment leur milieu naturel. Réception de bienvenue avec les autres cadres de la boîte... Louise a dix-huit ans, ne se sent pas vraiment à l'aise. Lorsqu'elle sort pour découvrir la ville, le harcèlement dont elle fait l'objet ne lui donne pas vraiment envie de traîner dehors. Quand ses parents proposent de sortir dîner en ville, elle préfère rester à l'hôtel et les laisser partir en amoureux. Elle se plonge dans la lecture d'un bouquin, mais très vite des bruits dans le hall de l'hôtel l'alertent : des gens qui courent, puis des détonations, des cris... lire la suite
Lorgues : mercredi 16 et lundi 21 à 19h et samedi 19 à 20h15
Nous trois ou rien
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Nous trois ou rien
Réalisé par KHEIRON
France 2015 1h42mn
avec Gérard Darmon, Zabou Breitman, Michel Vuillermoz, Eriq Ebouaney, Leïla Bekhti...
D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble. Révélé par le Jamel Comedy Club et par la mini-série Bref de Canal +, Kheiron Tabib est d’abord connu pour ses talents d’humoriste et de rappeur. Avec Nous trois ou rien, le jeune artiste français d’origine iranienne, étend encore sa palette artistique, pour notre plus grand plaisir. Car, si ce premier long-métrage est une telle réussite, c’est grâce à la richesse, l’originalité et l’efficacité de son scénario. Tout commence dans une prison iranienne, où Hibat (interprété par Kheiron lui-même) est incarcéré depuis sept ans pour avoir osé contester l’action du Shah. Ainsi, dès les premières minutes, le film fait nécessairement écho aux nombreux conflits et aux tensions qui secouent la péninsule arabe depuis trop longtemps... lire la suite
Cotignac : vendredi 18 à 18h
Mune, le gardien de la lune
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Mune, le gardien de la lune
Réalisé par Benoît Philippon et Alexandre Heboyan
Film d'animation France 2015 1h26mn
avec les voix de Omar Sy, Izïa Higelin, michael Gregorio...
Pour les enfants à partir de 5 ans
Depuis des temps immémoriaux, peuples du jour et de la nuit coexistent autour d’un équilibre instauré par les deux astres vénérés, sur lesquels veille un gardien. Quand Mune, un petit faune frêle et peu sûr de lui se voit désigné contre toute attente « gardien de la lune », son initiation à cette nouvelle fonction vire rapidement à la catastrophe. Les ratés se succèdent au point de mettre son monde en péril. Aidé de Sohone, le nouveau gardien du soleil (son parfait opposé : grand, fort, hardi auquel Omar Sy prête sa voix), ils vont devoir se confronter au retour du puissant Necross, titan de roche et de lave à l’âme corrompue qui voit dans les erreurs de Mune l’occasion de prendre sa revanche sur ceux qui l’ont jadis banni de la surface de la terre... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 3 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Still the Water
STILL THE WATERÉcrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2014 1h59mn VOSTF
avec Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Tetta Sugimoto...

Tout est dit dans ce titre en apparence simple mais qu'on peut dérouler presque à l'infini. Jeu de mots difficile à traduire de manière synthétique et limpide dans notre langue. « Still water » c'est l'eau dormante ou plate. C'est aussi le début d'un proverbe qui incite à se méfier de l'eau qui dort… Still the water, littéralement, c'est « Encore (ou toujours) l'eau », sous entendu omniprésente…
L'eau qui berce, qui lave, qui abreuve, protège l'embryon, purifie les morts. Celle du ciel et des mers qui se déchaîne, indomptable, contre laquelle parfois se battent les hommes pour survivre. Celle du Styx ou du Gange, de toutes les croyances qu'elles soient aliénantes ou libératrices. Élément capable d'éroder sournoisement ou d'anéantir dans un élan les œuvres les plus imposantes en ramenant chacun à un peu plus d'humilité. Toutes ces eaux qui nous traversent, nous constituent, nous entourent perpétuellement, encerclent la petite île verdoyante d'Amami, l'île de l'enfance de Naomi Kawase où se situe l'action. C'est là, qu'enfin apaisé après une redoutable tempête, l'océan ramène sur la plage le corps d'un homme aux multiples tatouages et ses énigmes…

Mais la plus grande énigme, pour la jeune Kyoko et son ami Kaiko, reste encore celle de la vie. Tels deux inséparables, ils sillonnent la nature, nez au vent, à l'affut d'indices, de pensées, d'expériences, ne perdant aucune goutte des scènes qui se déroulent dans leur univers. Ils sont comme les faces opposées d'une même pièce. Pour Kyoko tout semble aisé, elle se confronte aux éléments avec une candeur et une gourmandise sereines, et même toute habillée dans sa tenue d'écolière, elle ne résiste jamais au plaisir de plonger dans la grande bleue. Kaiko, lui, se défie de cette dernière qu'il trouve trop vivante, terriblement immense et pleine de mystères inquiétants qui grouillent sournoisement. Kaiko a peur de l'inconnu, Kyoko s'en réjouit, le désire. Deux philosophies qui s'affrontent. Deux philosophies pour affronter la vie, qui se complètent aussi. Entre la jeune fille confiante, un brin téméraire et le garçon méfiant, il est une complicité que les mots seuls ne suffisent pas à définir. Celle de deux corps qui s'ouvrent, de deux êtres qui s'éloignent peu à peu de l'enfance dans un beau voyage initiatique qui les entraîne dans des tourbillons de sensualité, où tout est candeur, fraîcheur, comme autant de gouttelettes qui viennent apaiser les morsures du soleil.

Ne vous plaignez pas qu'on ne vous raconte pas plus en avant l'histoire de ce monde, celui de Naomi Kawase et de ces personnages. Il suffit de savoir que tout y est harmonie, qu'il n'y a rien à redouter, que nous y avons notre place comme les deux adolescents, les pères, les mères… Comme celle de Kyoko qui est chamane et connait des langages dont le simple mortel ignore jusqu'à l'existence. Ceux des arbres et des animaux, des esprits qui peuplent toute chose. Ce qu'elle apprend à sa fille n'a pas de prix et ça pourrait s'appeler « accepter le bonheur en toute simplicité sans redouter la fragilité de nos vies éphémères ». Et le film est à son image, tout comme elle il nous baigne dans des flots de tendresse, nous submerge peu à peu d'une vague de sérénité dont on sort ébahi, heureux…(Utopia)


Salle Lily Pons (Théâtre de Draguignan) : séance unique le jeudi 17 décembre 20h. 5€


Un + une
Résultat de recherche d'images pour "un + une"Écrit et réalisé par Claude LELOUCH
France 2015 1h53mn
avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert...

Après Salaud, on t’aime et Ces amours là, Claude Lelouch nous offre un cinquante-quatrième film avec Un plus Une. Le réalisateur nous enivre avec poésie dans une romance sur les berges du Gange et nous fait vivre un certain art de la culture indienne, imprégné de spiritualité (et de désordre). Un film délicat et rayonnant qui met en scène deux couples en chassé croisé interprétés par Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert et Alice Pol.

Antoine et Alice forment un couple de musiciens. Compositeur de bandes originales de film, Antoine est appelé en Inde pour enregistrer la musique du film d’un grand réalisateur local dont le titre choisi sera Juliette et Roméo. Sur place, les mondanités d’usage attendent l’artiste campé par Jean Dujardin, convié à un diner à l’ambassade de France. Assis à côté de l’épouse de l’ambassadeur, il va faire renverser le coeur de la belle Anna, interprétée par Elsa Zylberstein. Un jeu de séduction va alors s’installer durablement entre les deux personnages et constituer la colonne vertébrale du film.

Comme un catalyseur de la magie indienne, le personnage crédule et fleur bleue d’Anna est formidablement exploité par Claude Lelouch qui en dresse une peinture aux mille nuances sentimentales, soulignées par l’humour d’Antoine, charmeur irrésistible et mystérieux. Avec son sens du timing, le réalisateur et scénariste (le scénario est co-signé par Valérie Perrin) offre des tirades souvent drôles et percutantes, toujours dans l’émotion au service d’un romantisme où vient parfois se nicher le spectre dramatique.

Mais Un plus une  ne se limite pas à une romance joliment tournée et parée de mots justes. C’est aussi un film tourné vers l’Inde, ses rites spirituels, son peuple si nombreux et fourmillant, son Gange sacré et sa célèbre divinité vivante Amma qui étreint des dizaines de milliers de pèlerins venus la voir chaque jour pour guérir de tous les maux. Claude Lelouche semble fasciné par ce pays qu’il filme avec beaucoup d’amour à travers des plans en longueur mais d’une grande beauté. Il propose dans UN plus Une un véritable voyage au milieu de la foule indienne que la caméra filme comme un seul être : dans le train, en bateau ou encore à pied.

Comme le réalisateur en a l’habitude, il multiplie les hommages amoureux au septième art (Ces amours là n’était-il pas un hommage appuyé – et auto-biographique – à son amour de la réalisation ?). C’est plus particulièrement la place de la musique dans le cinéma qui est cette fois mise en abîme avec sensibilité, voire avec sensualité. A travers le personnage d’Antoine et son travail qu’on admire dans certaines séquences du film, Un plus une est aussi un clin d’oeil à cette profession de compositeur. Le film est ainsi habillé d’une bande originale à l’architecture omniprésente qu’il parait important sinon fondamental de souligner.


CGR (Draguignan) : mercredi 16 et samedi 19 à 13h30, 15h45, 18h, 20h15, et 22h30 - jeudi 17 et lundi 21 à 13h30, 15h45, 18h et 22h - vendredi 18 à 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et 22h15 - dimanche 20 et mardi 22 : 13h30, 15h45, 18h, 20h15 et 22h


Les Cowboys
LES COWBOYSRéalisé par Thomas BIDEGAIN
France 2015 1h45mn
avec François Damiens, Finnegan Oldfield, Agathe Dronne, John C. Reilly, Ellora Torchia, Antoine Chappey...
Scénario de Thomas Bidegain et Noé Debré

Thomas Bidegain n’est pas un inconnu dans le cinéma français. En tant que scénariste, il possède même une sacrée carte de visite. Rien qu’avec Jacques Audiard, il a signé Un prophète, De rouille et d’os et Dheepan. Mais, visiblement, il ne se contentait pas d’écrire, il devait aussi observer, apprendre, emmagasiner avec le désir de passer derrière la caméra. Les Cowboys est donc son premier film en tant que réalisateur Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Rarement un titre aura été aussi bien choisi. Du début à la fin, en effet, sous des aspects différents, nous sommes renvoyés, non seulement à l’univers des cowboys, même si les personnages principaux sont bien français, mais aux références du western en tant que genre cinématographique.
Le film débute en 1994, dans l’est de la France, lors d’un festival de musique country, ce genre de rassemblement où vous passez pour un zombie si vous ne portez pas votre stetson, votre veste à franges et vos santiags, avec ou sans éperons. Alain – François Damiens, aussi convaincant que dans Suzanne – figure importante de cette petite communauté, monte sur scène pour interpréter un morceau puis danse avec sa fille Kelly, sous le regard attendri de sa femme et de son fils Georges, dit Kid. Mais quelques heures plus tard, alors que la fête touche à sa fin, Kelly a disparu. La vie de cette famille va basculer quand ils vont apprendre très rapidement qu’elle est partie avec le garçon qu’elle aime, Ahmed, et qu’elle s’est convertie à l’islam. Le père s’engage alors dans une quête obsessionnelle à laquelle participera son fils.

Thomas Bidegain ne cache pas les films qui ont inspiré le sien. Hardcore de Paul Schrader d’abord, dans lequel un père, calviniste intégriste, retrouve la trace de sa fille disparue dans le milieu du cinéma pornographique. La Prisonnière du désert de John Ford ensuite, où le personnage raciste interprété par John Wayne part à la recherche de sa nièce enlevée par des Indiens. Cela dit, ces références avouées n’empêchent pas Thomas Bidegain de réaliser une œuvre originale et profonde. C’est un film populaire et ambitieux qu’il nous propose, démontrant que l’on peut s’adresser au plus grand nombre avec intelligence et délicatesse. Les codes du western sont bien entendu présents : héros solitaire, chevauchées vers des horizons infinis, guet-apens des Indiens, échange de squaws, calumet de la paix, pistolets, arcs et flèches… Mais, au-delà de ce cadre, ce que raconte Les Cowboys, c’est l’histoire d’un homme ordinaire, déterminé à retrouver sa fille, mais totalement désarmé face à des événements qui le dépassent. C’est également l’histoire d’un fils qui, alors qu’il cherchait la reconnaissance de son père, se trouvera lui-même en s’émancipant des représentations binaires de celui-ci. Il aura fallu pour cela passer des fausses évidences d’un cowboy à la pleine conscience de la complexité du monde.

Le jeune Finnegan Oldfield, qui joue le rôle du fils, tient parfaitement sa place auprès de François Damiens, définitivement un grand acteur à qui il ne reste plus qu’à sélectionner ses rôles avec davantage de rigueur. Quant à Thomas Bidegain, il a franchi avec aisance l’écueil du « film de scénariste », c’est-à-dire celui où l’histoire prend le dessus. Certes, l’histoire qu’il nous raconte est forte, mais elle est menée de main de maître par un réalisateur à part entière, qui devrait rencontrer un succès public mérité. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 16 à 20h30, jeudi 17 à 13h50, samedi 19 à 18h15, dimanche 20 à 17h55 et mardi 22 à 20h30


Mia Madre
MIA MADRERéalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique

Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage ! Cette voix qui ordonne, c'est celle de Margherita ! Elle aussi trouve que quelque chose cloche. Est-ce le débit de l'eau, le débit des mots, les ouvrières trop apprêtées ? Elle analyse, s'angoisse, se démultiplie : rabroue le caméraman, rouspète contre les techniciens, passe à la question son assistante, gourmande gentiment une actrice : « Tu joues très bien. Mais ne sois pas ton personnage, n'oublie pas que tu es juste à côté. » « - Ah oui ! Euh… » La comédienne admirative s'efforce de comprendre, mais dès que la réalisatrice tourne le dos, une telle moue dubitative s'empare de sa frimousse qu'on explose de rire !


Être le personnage, tout en restant à côté ? Nébuleux leitmotiv schizophrénique que Margherita martèle désespérément à chacun de ses acteurs, qui prennent dès lors des airs inspirés pour cacher la tempête qu'elle provoque sous leur crâne ! C'est fichtrement drôle… Nanni Moretti se projette dans cette femme, ses angoisses, ses colères, ses incohérences, son envie de tout maîtriser qui la rend tyrannique. À travers elle, il raconte sa passion du cinéma, ses agacements, caricature le milieu avec tendresse, se moque de lui-même…
La journée de tournage achevée, rien n'entame son rythme frénétique. Margherita continue de vouloir tout gérer comme un plateau de tournage : sa famille, ses amours… Mais les personnages de la vraie vie sont moins malléables, on ne maîtrise pas le scénario, certaines choses vous dépassent comme la maladie, la mort… C'est au chevet d'Ada, sa vieille mère subtile et espiègle coincée à l'hôpital, que à peu les choses se dénouent, que tout est remis en perspective. C'est là que ses liens avec son frère Giovanni (interprété par Nanni Moretti) se renforcent. Pourtant, elle le trouve exaspérant, avec ses airs de premiers de la classe, son calme, sa patience, sa présence constante et dévouée… Tout ce qu'elle ne parvient pas à être !

Ada (Giulia Lazzarini, géniale !), quant à elle, curieuse et gourmande de tout, dévore chaque instant avec bonhommie. Elle passe chaque événement au crible des enseignement des philosophes grecs, des belles lettres. Et on comprend d'où tout ce petit monde a tiré ce sens de l'auto-dérision, le recul nécessaire pour affronter avec élégance les affres de la vie. C'est la grande classe !
Et le tableau serait incomplet si on oubliait Barry Huggins (John Turturro), acteur italo-américain qui tient le premier rôle du film tourné à l'intérieur du film ! Hâbleur intarissable, fanfaron insupportable, il cabotine jusqu'à épuiser son entourage et principalement Margherita ! Moments irrésistiblement drôles qui permettent de parler de choses graves à la légère, en ne sombrant jamais dans l'auto-apitoiement. Une belle leçon de vie, comme de cinéma. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 6 à 16h et 18h15 - jeudi 17 à 18h10 et 20h30 - vendredi 18 et samedi 19 à 16h et 20h30 - dimanche 20 à 13h50 et 17h50 - lundi 21 à 17h45 et 20h - mardi 22 à 13h50 et 18h10

 

 

 

Back Home
BACK HOMERéalisé par Joachim TRIER
USA / France / Allemagne 2015 1h49mn
avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg, Amy Ryan, David Strathairn...

Dans le cinéma de Joachim Trier, la littérature, et par extension l’écriture sous toutes ses formes, a quelque chose de séminal. Déjà dans Nouvelle donne, son premier long, les protagonistes Erik et Philip cherchaient à devenir écrivains à tous prix. Tandis qu’Anders tentait de refaire surface en postulant dans la rédaction d’un prestigieux magazine culturelle, dans Oslo, 31 août – l’adaptation cryptique du Feu Follet de Drieu la Rochelle. Ainsi, l’acte d’écrire se présentait à chaque fois comme un horizon cathartique, seule façon d’éviter l’inertie et la mort. Dans Plus fort que les bombes, le cinéaste norvégien conserve cette logique en ancrant son récit autour du personnage de Conrad, cadet d’une famille dont la mère, photoreporter de guerre, a trouvé la mort dans un mystérieux accident de voiture trois ans auparavant. Peu de chances que le prénom de l’adolescent soit un hasard, lorsque l’on sait que l’écrivain Joseph Conrad affirmait qu’il n’avait que la littérature comme moyen d’existence. Si l’auteur de La folie Almayer faisait allusion à l’aspect financier de la chose, nul doute qu’il percevait aussi cet acte créateur comme un antidote. La preuve ici : c’est une fois encore par l’écriture que le jeune Conrad permettra indirectement à chacun dans Plus fort que les bombes de retrouver de la quiétude.A l’occasion des trois ans de la mort de sa mère Isabelle, photographe hyperactive à la renommée internationale, une exposition hommage doit lui être consacrée à New York. Mais rien à faire : Conrad ne parvient pas à faire son deuil et s’enferme dans le mutisme, fuyant les assauts bienveillants de son père Gene. Pendant ce temps, son frère aîné Jonah, jeune professeur de sociologie à l’Université, pense pouvoir conjurer le sort grâce à la récente naissance de son fils. Mais cette échappatoire est un leurre, et ce dernier ne manque pas de tomber dans les bras d’une ex que sa mère trouvait jadis séduisante. Bientôt, ce trio déchiré se retrouve au complet dans la maison familiale. Le temps est venu de réunir les planches contacts d’Isabelle pour préparer l’exposition, mais aussi surtout de dénouer l’indicible, pour que chacun puisse reprendre le cours de sa vie, apaisé.

En y regardant de plus près, Plus fort que les bombes peut se lire sous le prisme de l’Œdipe, du moins de la psychanalyse : Conrad a perdu sa mère et cherche à palier son absence via son attirance pour une camarade de classe. A noter que la séquence onirique dans un sous-bois au clair de Lune, qui traduit sa passion conjointe pour l’adolescente et le souvenir de sa mère, montre en quelques secondes ce que La Forêt des songes a été incapable de produire en 2h de film. De même, Jonah retombe dans les bras d’une ex petite amie dont la mère est également décédée - ces derniers feront d’ailleurs l’amour avec l’un des vieux préservatifs de la mère défunte. Enfin, Gene vit quant à lui une aventure avec une enseignante de lycée de Conrad, qui contribue, sans se substituer à une mère, à accompagner la trajectoire de son fils. Des penchants qui ne tiennent pas du hasard.Via sa dépression latente et son rapport tronqué au monde, Conrad va involontairement permettre à la vérité d’éclore. Une résolution qui s’accompagne d’une mise en scène inventive où s’entremêlent ses rêves, les photographies de sa mère, ses parties de jeux vidéo en ligne – où son père désemparé tente de le retrouver –, les projections mentales de son frère et de Gene. Pour exprimer la façon dont Isabelle a permis à son jeune fils d’accéder à la vérité du monde, ce dernier se rappelle plein cadre au souvenir de photographies comme La fille à la fleur, de Marc Riboud. Masquer ou pas la partie gauche de l’image transforme en effet le sens de l’image. Ainsi, le diable, de même que toute la complexité du monde, seraient bel et bien cachés dans les détails. Cette façon bien particulière d’observer les choses, c’est elle qui permet à Conrad de percevoir ce que son père et son grand frère sont incapables d’assimiler. Mais comme le jeune homme est inapte à transcrire par les mots ce regard si singulier, il ne lui reste que l’écriture pour le partager. Lorsque Jonah, fatigué de le voir s’isoler devant ses jeux vidéo, lui fait remarquer que ses jeux de guerre présentent une vision unilatérale des conflits et de la géopolitique, Conrad ouvre un fichier Word en guise de réponse. Si Jonah juge à la fois étrange et brillant cet agrégat de mots, il vient en réalité sans le savoir de retrouver le chemin vers sa mère.
Dès lors qu’il s’agit de représenter les visions poétiques de Conrad, Joachim Trier éblouit. Reprenant parfois à son compte les codes du teen movie, il donne à son personnage un côté chaotique étonnant. L’on se remémore alors le flot de pensées d’Anders dans Oslo, 31 août. Ce moment prodigieux où il se projetait dans la peau de tous les badauds alentour, pour tenter de savoir si oui ou non le suicide lui serait apparu comme inéluctable s’il était quelqu’un d’autre. Malheureusement, Back Home n’égale qu’à de rares exceptions les réussites de son prédécesseur. La faute peut-être à un casting trop mainstream (Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg), et à des péripéties un peu trop lancinantes. Pour autant, il serait dommage de se détourner du dernier film de Joachim Trier. (à voir à lire)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 16 à 13h50 et 20h30, jeudi 17 et mardi 22 à 15h55, vendredi 18 à 13h50 et 18h15 - samedi 19 à 13h50 - dimanche 20 et lundi 21 à 20h


Taj Mahal
TAJ MAHALÉcrit et réalisé par Nicolas SAADA
France 2015 1h30mn
avec Stacy Martin, Louis-Do de Lencquesaing, Gina McKee, Alba Rohrwacher...

L'hôtel Taj Mahal, c'est l'hôtel le plus luxueux de Bombay, une énorme pièce montée qui trône sur une ville cosmopolite, une des plus grandes places financières du monde, mais grouillante de pauvres qui espèrent grappiller quelques miettes de cette concentration de richesse, à proximité des grands hôtels et des cafés... Jamais Louise n'aurait dû se trouver là si la maison, prévue par l'entreprise de son père qui l'a muté là pour deux ans, avait été prête. Deux ou trois jours d'attente supplémentaires à l'hôtel, pas la mer à boire, même si le luxe excessif de la suite qui leur échoit n'est pas vraiment leur milieu naturel. Réception de bienvenue avec les autres cadres de la boîte... Louise a dix-huit ans, ne se sent pas vraiment à l'aise. Lorsqu'elle sort pour découvrir la ville, le harcèlement dont elle fait l'objet ne lui donne pas vraiment envie de traîner dehors. Quand ses parents proposent de sortir dîner en ville, elle préfère rester à l'hôtel et les laisser partir en amoureux. Elle se plonge dans la lecture d'un bouquin, mais très vite des bruits dans le hall de l'hôtel l'alertent : des gens qui courent, puis des détonations, des cris... La réception qu'elle appelle, affolée, lui répond de rester dans sa chambre et son père au téléphone lui conseille de tout éteindre et de se planquer dans la salle de bain... C'est que là où ils sont, ses parents apprennent vite que le Taj Mahal est attaqué par des hommes armés, de petits attroupements se forment autour des écrans télé pour suivre en direct l'agitation autour de l'hôtel, l'arrivée des forces de police. On ne saura ce qui se passe que du point de vue de Louise, depuis sa chambre où elle est enfermée et de celui de ses parents, qui cherchent désespérément à se rapprocher de l'hôtel et restent en contact téléphonique avec elle, son père surtout, qui va la rassurer pendant cette longue nuit qui va voir l'embrasement de l'hôtel...

Le film ne donne pas d'indications particulières, on n'apprend rien des circonstances, on vit les choses de l'intérieur comme un touriste ordinaire, sans jamais quitter Louise... Le scénario fait référence à une série d'attaques terroristes qui ont eu lieu à Bombay en novembre 2008, dans une dizaine de lieux emblématiques de la ville. Bilan : près de 180 morts et 300 blessés. Une attaque considérée par beaucoup comme le « 11 septembre indien » et qui a eu des conséquences immédiates au niveau politique (démission du ministre de l'intérieur...).

Propriété de la plus riche famille de l'Inde, le Taj Mahal a été créé par Samjeti Tata qui, au début du siècle dernier, a construit sa fortune sur l'exploitation du coton. Ce jour de Novembre 2008, des personnalités de tous les pays étaient dans l'hôtel, notamment la chef du gouvernement de Madrid, plusieurs députés européens, des hommes d'affaires... Il faut savoir que de nombreuses entreprises du monde entier investissent en Inde, où la main d'œuvre est bon marché (un tiers des dix-huit millions d'habitants de Bombay vivent dans des bidonvilles) et certains craignaient que de tels attentats, conduits par une poignée d'hommes déterminés jusqu'à la mort, dans un pays déjà bien marqué par le terrorisme ne soit pas sans conséquence sur l'économie et le tourisme. Actuellement avec ses 7,5% de croissance annuelle, l'Inde est en train de passer devant la Chine et Christine Lagarde chante les louanges de sa belle santé économique. On se garde bien de s'interroger sur le taux de chômage au risque de contredire ceux qui prétendent que pour lutter contre le chômage il faut d'abord trouver de la croissance.

Lorgues : mercredi 16 et lundi 21 à 19h et samedi 19 à 20h15


Nous trois ou rien
Afficher l'image d'origineRéalisé par KHEIRON
France 2015 1h53mn
avec Gérard Darmon, Zabou Breitman, Michel Vuillermoz, Eriq Ebouaney, Leïla Bekhti...

Une œuvre cinématographique et sociale audacieuse, qui dépasse largement toutes les polémiques dont se rassasient les médias à longueur de journées.

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Révélé par le Jamel Comedy Club et par la mini-série Bref de Canal +, Kheiron Tabib est d’abord connu pour ses talents d’humoriste et de rappeur. Avec Nous trois ou rien, le jeune artiste français d’origine iranienne, étend encore sa palette artistique, pour notre plus grand plaisir. Car, si ce premier long-métrage est une telle réussite, c’est grâce à la richesse, l’originalité et l’efficacité de son scénario. Tout commence dans une prison iranienne, où Hibat (interprété par Kheiron lui-même) est incarcéré depuis sept ans pour avoir osé contester l’action du Shah. Ainsi, dès les premières minutes, le film fait nécessairement écho aux nombreux conflits et aux tensions qui secouent la péninsule arabe depuis trop longtemps. Malgré les cellules vétustes, les gardiens violents et tyranniques et les grillages de barbelés qui entourent le centre de détention, Kheiron parvient à nous faire oublier l’enfer carcéral grâce à des situations cocasses, des personnages hauts en couleur (comme par exemple un maniaque fétichiste, obsédé par les chaussures, qui ne peut s’empêcher de voler les babouches de ses codétenus et du personnel pénitentiaire) et des dialogues extra-croustillants, dignes de Michel Audiard. S’inspirant de l’histoire de ses parents, l’humoriste se moque ouvertement du régime de Mohammad Reza Pahlavi – dont le personnage apparaît sous les traits d’un vieil enfant gâté et capricieux – et filme avec beaucoup d’entrain les prémices de la Révolution populaire, qui aboutira à la nouvelle Constitution de 1979.Au milieu des manifestations, dans une société de propagande et de terreur militaire, Hibat rencontre la jeune et belle Fereshteh (Leïla Bekhti), dont il tombe éperdument amoureux. Après de longues heures de négociations avec les parents de cette dernière – un père attaché aux traditions et une mère plus progressiste, campés par Gérard Darmon et Zabou Breitman – les tourtereaux finissent par se marier et par donner naissance à un enfant prénommé… Kheiron. Soucieux de l’avenir de leur fils, Hibat et Fereshteh parviennent, au moyen de combines aussi improbables qu’hilarantes, à fuir l’Iran et à rejoindre la France. La seconde partie du film prend alors des allures de chronique sociale, tendre, juste, drôle et émouvante.
Le couple de protagonistes, qui a pris ses quartiers en plein cœur de la banlieue parisienne, s’attache à aider ses concitoyens à s’insérer dans la société et le monde du travail. Hibat devient éducateur social, tandis que Fereshteh travaille auprès de femmes cherchant à s’émanciper du machisme et de la misogynie des hommes. Transcendant la démagogie lourdingue de certains films, tels Agathe Cléry, d’Etienne Chatiliez, Kheiron fait voir, en douceur et en humour, l’utopie de l’intégration et du vivre ensemble, tout en gardant le sens des réalités, passant habilement de la drôlerie à la gravité, sans jamais tomber dans la surenchère vulgaire ou larmoyante.Les partis pris de mise en scène ne sont pas en reste. Fort de son expérience dans le stand-up, Kheiron compose finement ses plans, en travaillant, de manière très rigoureuse, l’espace filmique où évoluent ses personnages. Même les décors les plus chargés (notamment la grande salle où Hibat et Fereshteh célèbrent leurs noces) paraissent épurés à l’écran, et sont très agréables à regarder. Le jeu des comédiens, quant à lui, est précis, tout en restant ouvert et généreux.
Grande réussite comique et dramatique, Nous trois ou rien est bien parti pour devenir l’un des plus grands succès populaires (au sens noble du terme) de cette fin d’année, et achever de consacrer son réalisateur comme l’un des artistes les plus complets de sa génération. (Avoir - alire)


Cotignac : vendredi 18 à 18h


Mune, le gardien de la lune
MUNE le gardien de la luneRéalisé par Benoît Philippon et Alexandre Heboyan
Film d'animation France 2015 1h26mn
avec les voix de Omar Sy, Izïa Higelin, michael Gregorio...
Pour les enfants à partir de 5 ans


Présenté en juin dernier à Annecy dans le cadre du festival d’animation, Mune, le gardien de la lune des réalisateurs français Benoît Philippon et Alexandre Heboyan nous incite à évoquer l’effervescence française qui germe actuellement dans le terreau fertile du cinéma d’animation. D’Hélène Giraud et Thomas Szabo (Minuscule, la vallée des fourmis perdues) à Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Phantom Boy) en passant par Franck Ekinci et Christian Desmares(Avril et le monde truqué, tout récent Cristal du long métrage à Annecy), les dernières productions hexagonales ont su se démarquer fièrement du tout-venant dicté par les standards hollywoodiens.
Mune, le gardien de la lune, avec cependant un potentiel plus tourné vers l’international, renferme lui aussi une singularité offrant un souffle unique à ce projet. Le duo Philippon/Heboyan donne vie à un monde féerique (un métissage rafraîchissant entre fantastique et fantasy) doté d’une créativité débordante. La mythologie de cet fable rêveuse truffée de créatures merveilleuses où il est possible de décrocher la lune et d’harponner le soleil enchante par ses étonnantes trouvailles esthétiques.

Depuis des temps immémoriaux, peuples du jour et de la nuit coexistent autour d’un équilibre instauré par les deux astres vénérés, sur lesquels veille un gardien. Quand Mune, un petit faune frêle et peu sûr de lui se voit désigné contre toute attente « gardien de la lune », son initiation à cette nouvelle fonction vire rapidement à la catastrophe. Les ratés se succèdent au point de mettre son monde en péril. Aidé de Sohone, le nouveau gardien du soleil (son parfait opposé : grand, fort, hardi auquel Omar Sy prête sa voix), ils vont devoir se confronter au retour du puissant Necross, titan de roche et de lave à l’âme corrompue qui voit dans les erreurs de Mune l’occasion de prendre sa revanche sur ceux qui l’ont jadis banni de la surface de la terre…
Malgré des intentions scénaristiques on ne peut plus classiques, Mune et ses personnages attachants, immergés dans un patchwork de couleurs splendides, va courtiser l’imaginaire des enfants en définissant les contours d’une belle ode à la responsabilisation emplie d’espoir et d’émotion. Les adultes apprécieront le savoir-faire auquel viennent se greffer en toute homogénéité quelques séquences d’animation traditionnelle. La proposition artistique offerte parMune le gardien de la lune se montre au bout du compte assez singulière et imaginative pour faire succomber un large public devant le charme de ce très joli conte lunaire. (d’après Pierre Vedral sur avoir-alire.com)

Le Luc : mercredi 16 à 9h15

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

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