Au(x) cinéma(s) du 19 au 25 août

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Bonjour à tous,

Les vacances ne sont pas terminées mais, après cette interruption de deux semaines, nous revoilà pour vous donner encore et toujours envie de voir de beaux films ici et ailleurs !

Nous avons pas mal de projets que nous allons mettre en place à cette rentrée et vous faire connaître tout début septembre !

Pour cette semaine, nous vous proposons à Draguignan Victoria, un film policier qui a reçu le Prix de Beaune, et au Vox à Fréjus La belle saison, un film fort qui parle des tsunamis féministes des années 1970, While we're young pour passer "un excellent moment en excellente compagnie" (Utopia) et Amy, un beau documentaire sur la grande chanteuse....

Voilà ! Bonne semaine de cinéma !

Comme toujours, on vous le redit : Transférez, adhérez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 19 AU 25 AOUT 2015
Victoria
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Victoria
Réalisé par Sebastian SCHIPPER
Allemagne 2014 2h20mn VOSTF
avec Laïa Costa, Frederik Lau, Frank Rogowski, Burak Yigit, Max Mauff...
Grand Prix du Festival du film policier de Beaune 2015
C'est l'énergie fiévreuse et électrique de la nuit qui donne son tempo si particulier à ce thriller haletant, qui emporte Victoria (épatante Laïa Costa) dans une course effrénée vers une issue jusqu'au dernier instant incertaine…
Le film débute par la lumière éblouissante et syncopée du stroboscope d'une boîte de nuit de Mitte, le quartier branché de Berlin. Peu à peu, alors que la caméra se fraie un chemin au milieu des corps dansant dans la pénombre, on devine celui de Victoria, énergisé par la techno qui monte et monte. Elle va vers le bar et tente d'engager la conversation avec le barman, en vain. On comprend que la jolie Victoria est seule, d'ailleurs elle finit par sortir du club, il est un peu moins de 6h du matin. Et elle tombe sur quatre lascars turbulents qui se sont vus refuser l'entrée. Des gars un peu chiens des rues, qui lui font croire qu'une voiture est à eux alors que pas du tout, un peu borderline mais gentils. L'un, complètement ivre, fête son anniversaire, bien que plus franchement en état d'apprécier l'occasion. Un autre, Sonne, a plus de bagout et s'avère même assez charmant, et quand il propose à Victoria de finir la nuit sur un toit de la ville, la jeune espagnole accepte. Elle doit ouvrir dans deux heures le café où elle travaille comme serveuse, elle n'a pas vraiment envie de rentrer chez elle avant.
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CGR (Draguignan) : jeudi et lundi à 10h50, vendredi et mardi à 15h45, samedi à 13h20 et dimanche à 19h55
Amy
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Amy
Réalisé par Asif KAPADIA
Documentaire USA 2015 2h07mn VOSTF
avec Amy Winehouse, Mark Ronson, Tony Bennett...
Amy Winehouse est morte à vingt-sept ans, au pic de sa jeunesse, comme Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin. La disparition de ces idoles rock, à la fin des années 1960, avait donné prise aux fantasmes et aux légendes les plus folles. Quarante ans plus tard, peu de zones d'ombre demeurent autour de la mort de la diva soul londonienne : les images pullulent et s'échangent à flux continu sur la Toile. La caméra suivait déjà la chanteuse bien avant ses premiers enregistrements, quand elle sortait de l'enfance et prenait des poses de princesse sexy pour chanter Happy Birthday à une copine. Elle ne l'a pas quittée, jusqu'au zoom final sur son cadavre roulé dans un drap, disséminé sur les écrans du monde entier.
Amy Winehouse est l'une des premières icônes filmées partout et par tout le monde, de sa naissance (ou presque) à sa mort au cœur de l'été 2011. En piochant dans ce foisonnement de séquences, le cinéaste britannique d'origine indienne Asif Kapadia tisse une chronique dérangeante et triste à pleurer, qui met en lumière, avec une crudité rare, la foire aux célébrités brûlant une jeune femme en peu d'années.
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Le Vox (Fréjus) : jeudi à 21h15
La Belle saison
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La Belle saison
Réalisé par Catherine CORSINI
France 2015 1h45mn
avec Cécile de France, Izia Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch, Bruno Podalydès...
Scénario de Catherine Corsini et Laurette Polmanss
C'était le printemps et il faisait doux, le soleil dorait les peaux, les jupes raccourcissaient, les corsages s'entr'ouvraient… finis les genoux couverts, les chignons torsadés, les poses contraintes, les yeux baissés ! Il soufflait une petite brise folle qui agitait les cervelles, les cheveux étaient offerts à la caresse du vent, il y avait des rires partout, ça chantait à tue tête, elles osaient tout à coup fumer dans la rue… Quel joli temps que ce temps là ! Les femmes en avaient bavé des interdits et refusaient de continuer à se soumettre à des lois faites par les hommes, gueulaient dans les rues à se casser la voix : « oui papa, oui patron, oui monsieur : y'en a marre ! »… exigeaient le droit de disposer librement de leur corps, prenaient la parole et ne la lâchaient plus, ça partait dans tous les sens dans un joyeux bordel qui en agaçait plus d'un… et parfois plus d'une... lire la suite
Le  Vox (Fréjus) : mercredi, vendredi, samedi et mardi : 14h30, 18h40 et 21h -  Jeudi, dimanche et lundi : 16h40, 18h40 et 21h
While We're Young
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
While We're Young
Écrit et réalisé par Noah BAUMBACH
USA 2015 1h37mn VOSTF
avec Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried, Charles Grodin...
Noah Baumbach nous livre un modèle de comédie new-yorkaise, autrement dit diablement intelligente, voire cérébrale (ce qui n'est pas un défaut), brillante, sophistiquée, drôle, mélancolique, merveilleusement interprétée (Ben Stiller et Naomi Watts sont particulièrement bons et justes et crédibles) et délivrant quelques vérités bien senties sur pas mal de sujets qui n'intéressent pas seulement la petite communauté arty du New-York bohème.
New York donc. La communauté artistique donc. Des hommes et des femmes. En couple. Leurs névroses souvent tordantes apparaissent à travers des conversations relevées et éloquentes, des échanges qui amusent ou déchirent, des scènes douces, amères, ou les deux en même temps. Deux couples. Josh et Cornelia ont bien entamé la quarantaine. Jamie et Darby s'épanouissent dans la vingtaine. Une vingtaine vintage, en quelque sorte, puisque volontiers tournée vers le passé : ces deux jeunes ostensiblement non conformistes consomment la culture de leurs « aînés » à la façon d'hier (disques vinyles, films sur VHS), aiment faire du patin à roulettes et utiliser une machine à écrire (électrique quand même) plutôt qu'un ordinateur. Des électrons libres qui ne manquent pas de séduire Josh et Cornelia, aux prises avec une maturité-venue-par-surprise-et-bien-trop-tôt. Attendez, là, avoir besoin de lunettes pour lire ? Faire de l'arthrite ? C'est pour eux ? Pas possible ! Pas déjà !..
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Le Vox (Fréjus) : jeudi à 21h et dimanche à 18h30 et 21h

Et si vous voulez en savoir un peu plus...


Victoria

VICTORIARéalisé par Sebastian SCHIPPER
Allemagne 2014 2h20mn VOSTF
avec Laïa Costa, Frederik Lau, Frank Rogowski, Burak Yigit, Max Mauff...
Grand Prix du Festival du film policier de Beaune 2015

C'est l'énergie fiévreuse et électrique de la nuit qui donne son tempo si particulier à ce thriller haletant, qui emporte Victoria (épatante Laïa Costa) dans une course effrénée vers une issue jusqu'au dernier instant incertaine…
Le film débute par la lumière éblouissante et syncopée du stroboscope d'une boîte de nuit de Mitte, le quartier branché de Berlin. Peu à peu, alors que la caméra se fraie un chemin au milieu des corps dansant dans la pénombre, on devine celui de Victoria, énergisé par la techno qui monte et monte. Elle va vers le bar et tente d'engager la conversation avec le barman, en vain. On comprend que la jolie Victoria est seule, d'ailleurs elle finit par sortir du club, il est un peu moins de 6h du matin. Et elle tombe sur quatre lascars turbulents qui se sont vus refuser l'entrée. Des gars un peu chiens des rues, qui lui font croire qu'une voiture est à eux alors que pas du tout, un peu borderline mais gentils. L'un, complètement ivre, fête son anniversaire, bien que plus franchement en état d'apprécier l'occasion. Un autre, Sonne, a plus de bagout et s'avère même assez charmant, et quand il propose à Victoria de finir la nuit sur un toit de la ville, la jeune espagnole accepte. Elle doit ouvrir dans deux heures le café où elle travaille comme serveuse, elle n'a pas vraiment envie de rentrer chez elle avant…

Ce qui frappe tout de suite le spectateur c'est que, depuis le début, la caméra n'a pas cessé de suivre Victoria et sa bande de « chevaliers servants ». Aucune pause, aucun changement d'axe, aucun montage. C'est la prouesse virtuose de la mise en scène : filmer en un seul plan et en temps réel les pérégrinations de Victoria jusqu'à l'aube. Des pérégrinations de moins en moins tranquilles ! La vie de la jeune femme aurait pu reprendre son cours tranquille après que Sonne l'ait raccompagnée jusqu'au café où elle travaille… mais par un concours de circonstances que l'on ne vous dévoilera pas, elle va se trouver embarquée dans un improbable braquage matinal. Et chacun sait que les braquages, au cinéma comme dans la vraie vie, se déroulent rarement comme leurs auteurs l'avaient prévu. C'est ainsi que Victoria, la petite Espagnole expatriée mimi et spontanée, va devoir chercher au fond d'elle même des ressources insoupçonnées pour s'en sortir…

Au-delà de la performance de mise en scène qui vous tient en haleine jusqu'au dernier instant, le film séduit par sa maîtrise des ruptures de ton : aventures nocturnes rigolotes dans une tonalité que n'auraient pas renié les maîtres de la Nouvelle Vague – avec la séquence assez magique sur un toit surplombant Berlin –, moments plus graves et sensibles quand Victoria confie à Sonne les souffrances de son enfance et de son adolescence vouées à la pratique intensive du piano, promise qu'elle était à un avenir trop grand pour elle, puis film noir palpitant quand la mécanique fatale du braquage se met en place… Et on n'oubliera pas Victoria, passant en une aube berlinoise de l'insouciance quasi-adolescente à la détermination magnifique d'une survivante.

CGR (Draguignan) : jeudi et lundi à 10h50, vendredi et mardi à 15h45, samedi à 13h20 et dimanche à 19h55


Amy
AMYRéalisé par Asif KAPADIA
Documentaire USA 2015 2h07mn VOSTF
avec Amy Winehouse, Mark Ronson, Tony Bennett...

Amy Winehouse est morte à vingt-sept ans, au pic de sa jeunesse, comme Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin. La disparition de ces idoles rock, à la fin des années 1960, avait donné prise aux fantasmes et aux légendes les plus folles. Quarante ans plus tard, peu de zones d'ombre demeurent autour de la mort de la diva soul londonienne : les images pullulent et s'échangent à flux continu sur la Toile. La caméra suivait déjà la chanteuse bien avant ses premiers enregistrements, quand elle sortait de l'enfance et prenait des poses de princesse sexy pour chanter Happy Birthday à une copine. Elle ne l'a pas quittée, jusqu'au zoom final sur son cadavre roulé dans un drap, disséminé sur les écrans du monde entier.
Amy Winehouse est l'une des premières icônes filmées partout et par tout le monde, de sa naissance (ou presque) à sa mort au cœur de l'été 2011. En piochant dans ce foisonnement de séquences, le cinéaste britannique d'origine indienne Asif Kapadia tisse une chronique dérangeante et triste à pleurer, qui met en lumière, avec une crudité rare, la foire aux célébrités brûlant une jeune femme en peu d'années.

Asif Kapadia est un documentariste accrocheur. Amy regorge d'images saisissantes, d'autant plus inédites qu'elles ont été filmées dans l'intimité de la chanteuse. Tous ses proches (même ceux qui dénoncent le film aujourd'hui) sont de la partie et livrent leur témoignage en voix off. On se demande quels pactes diaboliques furent scellés pour qu'il nous soit permis de voir la fille d'East Finchley, un quartier du nord de Londres, voguer d'appartements en chambres d'hôtel, d'auditions en coulisses, de cuite en cuite et d'amoureux en amoureux. Jusqu'aux centres de désintoxication, filmés de l'intérieur par Blake, le beau gosse de Camden avec qui elle a abordé le versant dur de la drogue (crack et héroïne) et pour qui elle était prête à se damner (« Je ferai tout comme toi »). Le pic de la déprime est atteint quand son ange noir, qui maigrit et se décompose au fil de l'histoire, demande à sa douce de chanter, rien que pour lui, dans la chambre de la clinique, une version ultime de Rehab — le tube d'Amy Winehouse sur la dépendance.
Tous ces documents ont pour effet de nous river à l'écran, sans qu'on en soit fier pour autant. Leur vertu est de nous faire communiquer, comme rarement, avec la musique et ses sources… (L. Rigoulet, Télérama)

Le Vox (Fréjus) : jeudi à 21h15


La Belle saison
LA BELLE SAISONRéalisé par Catherine CORSINI
France 2015 1h45mn
avec Cécile de France, Izia Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch, Bruno Podalydès...
Scénario de Catherine Corsini et Laurette Polmanss

C'était le printemps et il faisait doux, le soleil dorait les peaux, les jupes raccourcissaient, les corsages s'entr'ouvraient… finis les genoux couverts, les chignons torsadés, les poses contraintes, les yeux baissés ! Il soufflait une petite brise folle qui agitait les cervelles, les cheveux étaient offerts à la caresse du vent, il y avait des rires partout, ça chantait à tue tête, elles osaient tout à coup fumer dans la rue… Quel joli temps que ce temps là ! Les femmes en avaient bavé des interdits et refusaient de continuer à se soumettre à des lois faites par les hommes, gueulaient dans les rues à se casser la voix : « oui papa, oui patron, oui monsieur : y'en a marre ! »… exigeaient le droit de disposer librement de leur corps, prenaient la parole et ne la lâchaient plus, ça partait dans tous les sens dans un joyeux bordel qui en agaçait plus d'un… et parfois plus d'une.

1971 : Delphine vit à la campagne et file un coup de main dans la ferme familiale pour aider une mère qui bosse sans salaire et ne pipe pas mot, soumise aux décisions d'un mari qui la consulte à peine. Mais c'était comme ça pour les épouses de fermiers, les femmes de commerçants, plein d'autres… et quand les femmes se retrouvaient seule après toute une vie de labeur, il leur restait tout juste le « minimum vieillesse » et une vague pension de « réversion ». Noémie Lvovsky dans la peau de la mère de Delphine est l'incarnation parfaite de ce qu'étaient les femmes en ce temps là… Delphine de son côté ne rechigne pas : elle aime bien ses parents, elle aime ce corps à corps avec la nature, elle respire la force vive, l'amour de la terre et son père est fier de ce « garçon manqué » comme on disait, qui a assez d'énergie pour prendre le relais. En vérité Delphine se voit mal dans une vie tracée d'avance avec le gentil mari que sa mère aimerait bien lui coller, avec la marmaille qui ne manquerait pas de lui pousser trop vite… Les désirs de la jeune femme vont ailleurs, trop libre, trop indépendante, trop atypique : tout attachée qu'elle est à ses racines, elle profite d'une déception sentimentale pour rompre le licou familial et fonce vers Paris pour gagner son indépendance financière, son indépendance tout court.
Les débuts ne sont pas tout roses et son boulot n'est pas folichon. Mais elle est libre, n'a de comptes à rendre à personne… réceptive à ce parfum décapant de printemps parisien, accessible à toutes les découvertes. Puis un jour plus beau encore que les autres, elle se retrouve à prendre la défense d'une fille qu'un mec harcèle dans la rue… et là, sa vie s'emballe, embarquée qu'elle est avec une bande de nanas délurées et rigolardes où Carole fait autorité. Carole : elle est prof, elle est lumineuse, belle à s'en taper la tête contre les murs et le cœur de Delphine n'en peut plus de battre sous l'effet d'une attirance qui lui donne toutes les audaces. Carole a un compagnon, mais très vite l'évidence s'impose : ce qui se passe entre elles est plus fort que tout, et leur engagement réciproque pour une émancipation collective des femmes les rapproche, exalte leur esprit, les jette l'une vers l'autre…
C'est une histoire d'amour superbe qui commence là et le regard que pose Catherine Corsini sur la relation des deux femmes donne à voir toute l'intensité d'une passion charnelle, filmant les corps avec une sensualité et une tendresse qui les embellit, sans voyeurisme et sans vulgarité. Libres elles sont et même leur attirance réciproque ne les fera pas renoncer à leur autonomie fraîchement gagnée…

Catherine Corsini filme juste, filme fort et son film raconte comme aucun autre auparavant ce tsunami joyeux qui venait des femmes et bousculait l'ordre établi… « J'étais celle qui attend, mais je peux marcher devant » chantait Anne Sylvestre et les filles faisaient sauter le verrou qui les privait du droit à la parole, à l'avortement et à la contraception, et à plein d'autres choses : par la force de leur mouvement collectif elles faisaient changer les lois et découvraient le rôle subversif de l'amour. Drôle d'époque dont Corsini rend formidablement la vitalité irrépressible. OXI ! C'était un non, franc et massif qu'elles opposaient à une société dominée par les hommes et encore maintenant on continue à bénéficier des acquis de ces luttes-là. Le film de Corsini, jubilatoire, emballant, est un hommage magnifique rendu à celles qui osèrent déposer une gerbe sur la tombe de la femme du soldat inconnu, parader pour le premier défilé homosexuel, signer le manifeste des 343 salopes… et pour autant que le climat de cette époque soit rendu avec une parfaite justesse, le film dégage une force et un enthousiasme qui le jette comme un pavé joyeux dans un présent un poil désespérant et rappelle que les filles ne manquent toujours pas ici et là de bastilles à prendre… tant s'en faut ! (Utopia)

Le  Vox (Fréjus) : mercredi, vendredi, samedi et mardi : 14h30, 18h40 et 21h -  Jeudi, dimanche et lundi : 16h40, 18h40 et 21h


While We're Young
WHILE WE’RE YOUNGÉcrit et réalisé par Noah BAUMBACH
USA 2015 1h37mn VOSTF
avec Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried, Charles Grodin...

Noah Baumbach, on l'avait laissé sur le petit nuage du succès aussi considérable qu'inattendu de son précédent film : Frances Ha (désormais disponible en Vidéo En Poche). Une miniature charmante et pleine d'allant, un peu anodine mais charmante. Avec ce While we're young (traduction littérale : pendant ou tant que nous sommes jeunes), celui qu'on peut considérer comme le favori au titre officiel de successeur certifié de Woody Allen place la barre nettement plus haut et nous livre un modèle de comédie new-yorkaise, autrement dit diablement intelligente, voire cérébrale (ce qui n'est pas un défaut), brillante, sophistiquée, drôle, mélancolique, merveilleusement interprétée (Ben Stiller et Naomi Watts sont particulièrement bons et justes et crédibles) et délivrant quelques vérités bien senties sur pas mal de sujets qui n'intéressent pas seulement la petite communauté arty du New-York bohème.

New York donc. La communauté artistique donc. Des hommes et des femmes. En couple. Leurs névroses souvent tordantes apparaissent à travers des conversations relevées et éloquentes, des échanges qui amusent ou déchirent, des scènes douces, amères, ou les deux en même temps. Deux couples. Josh et Cornelia ont bien entamé la quarantaine. Jamie et Darby s'épanouissent dans la vingtaine. Une vingtaine vintage, en quelque sorte, puisque volontiers tournée vers le passé : ces deux jeunes ostensiblement non conformistes consomment la culture de leurs « aînés » à la façon d'hier (disques vinyles, films sur VHS), aiment faire du patin à roulettes et utiliser une machine à écrire (électrique quand même) plutôt qu'un ordinateur. Des électrons libres qui ne manquent pas de séduire Josh et Cornelia, aux prises avec une maturité-venue-par-surprise-et-bien-trop-tôt. Attendez, là, avoir besoin de lunettes pour lire ? Faire de l'arthrite ? C'est pour eux ? Pas possible ! Pas déjà !
L'amitié se tisse entre les quatre, d'autant que les meilleurs – pour ne pas dire seuls – amis du couple « mûr » viennent d'avoir un enfant, et il faut bien le dire : il n'y a rien de plus barbant pour un couple sans enfant que de fréquenter un couple qui vient d'en avoir un, surtout quand tout ce beau monde commence à prendre de la bouteille ; d'autant également que Josh, qui enseigne le cinéma à la fac en attendant de mettre un point final au documentaire sur lequel il travaille depuis dix ans (!), retrouve beaucoup de lui-même jeune en Jamie, aspirant documentariste qui fait partie de ses étudiants, mais en auditeur libre, pas question non plus de rentrer dans le moule universitaire. Naissance d'un tandem mentor/élève menant une quête artistique, quoi.

Le décor est planté, les protagonistes bien campés. Les deux premiers tiers du film sont piquants, vifs, délurés, servis par des dialogues naturels en mots et honnêtes en émotions. Le dernier tiers prend un virage assez inattendu, il déstabilise un peu par une gravité que n'annonçait pas l'heure précédente.
Aujourd'hui lui-même dans la mi-quarantaine, Noah Baumbach explore ici avec adresse, sans illusions mais sans cynisme, le fossé entre deux générations où la jalousie peut aller (ou va) dans les deux sens. L'anxiété des plus âgés et la liberté de penser des plus jeunes sont-elles antagoniques ou complémentaires ? Ou le reflet du passé pour les uns et de l'avenir pour les autres ? Ou les deux faces, maquillées par l'âge ou la jeunesse, d'une même médaille ? Question subsidiaire : l'ambition et le calcul qui va souvent avec sont-ils bien du côté où on croit qu'ils sont ?
On peut donc émerger de While we're young avec un tas de questions en tête et quelques réflexions en bandoulière. On peut aussi simplement y passer un bon moment en bonne compagnie. Ou plutôt, un excellent moment. En excellente compagnie.
(merci à S. Sarfati, lapresse.ca)

Le Vox (Fréjus) : jeudi à 21h et dimanche à 18h30 et 21h

Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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