Au(x) cinéma(s) du 19 au 25 octobre

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Bonjour à tous !

Cette semaine pas de film cinéclub au CGR. Mais il y a au moins un film sans doute intéressant : Mal de Pierres, de Nicole Garcia, un film "âpre et lumineux".

Au Vox, ne manquez pas le dernier film des Frères Dardenne La Fille Inconnue, "sec et tendu comme un thriller, un diamant des frères Dardenne",  La Danseuse  de Stéphanie Di Giusto, et toujours Juste La Fin Du Monde, le dernier film de Xavier Dolan (que vous pouvez aussi voir à Salernes et au Luc), un film beau et terrible sur l'incommunicabilité.
À Salernes, signalons Victoria de Justine Triet, une comédie pleine de rebondissements et d'humour.
Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez  vite au Vox: c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse.
À Lorgues, vous pouvez voir Brooklyn Village, une belle histoire d'amitié.

La semaine prochaine, nous ne pourrons vous envoyer votre lettre préférée, nous en sommes désolés. Nous vous donnons donc rendez-vous le 2 novembre.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 19 AU 25 OCTOBRE 2016

affiche
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Mal de Pierres
Réalisé par Nicole GARCIA
France 2016 1h56mn
avec Marion Cotillard, Alex Brendemühl, Louis Garrel, Brigitte Rouan, Victoire Du Bois...
Scénario de Nicole Garcia et Jacques Fieschi, librement adapté du roman de Milena Agus
Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole de Provence où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque, la fin des années 1950, où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. « Elle est malade. Ce sont les nerfs… » Gabrielle cause décidément bien des tracas à sa famille qui souhaite, avant toute chose, sauver les apparences. La jeune femme est rebelle, remplie d'une passion bouillante qui fait désordre. Pour sa mère, il n'y a que deux solutions possibles : la faire interner ou la caser avec le premier venu, l'homme fort qui saura l'éloigner, supporter son caractère, ses extravagances et son goût de la liberté. C'est José, un saisonnier agricole espagnol, qui sera l'élu. Lui a les nerfs solides et ça tombe bien, car ils vont être mis à rude épreuve. José avale les couleuvres contre une promotion sociale orchestrée par la famille. Ce couple n'en est pas un – « je ne coucherai pas avec vous, je ne vous aimerai jamais » – même si, souvent, il ne manque pas grand-chose pour que ces deux-là se rencontrent enfin... lire la suite
CGR (Draguignan) : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h et 20h15
Affiche
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Aquarius
Écrit et réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO
Brésil 2016 2h20mn VOSTF
avec Sonia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos, Humberto Carrao...
En plein « coup d’état » au Brésil, un portrait de femme magnifique qui claque comme un manifeste antilibéral et un appel à résister aux puissances de l’argent et au népotisme qui gangrène le pays. « Aquarius », c’est le nom d’une petite résidence modeste construite dans les années quarante, sise face à l’océan et les plages de Recife, sur la très huppée Avenida Boa Viagem. C’est là que vit Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale. Madame Clara, comme l’appellent les habitants du quartier, avec un mélange d’affection et de respect craintif. Il faut dire qu’elle en impose, Clara, sans aucun doute une femme de caractère et belle comme une icône païenne... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 19 à 15h40 et 20h15, jeudi 20 à 18h, vendredi 21 à 14h et 20h15, samedi 22 et mardi 25 à 17h45, dimanche 23 à 15h40 et lundi 24 à 15h40 et 20h
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 19, jeudi 20 et mardi 25 à 20h45, vendredi 21 à 18h15, samedi 22 et dimanche 23 à 16h15, lundi 24 à 18h
Salernes :  vendredi 21 à 16h et mardi 25 à 18h
Le Luc :mercredi 19 à 18h30, jeudi 20 à 19h et samedi 22 à 20h30
Affiche
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La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...
Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin...
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Le Vox (Fréjus)  : mercredi 19, vendredi 20, samedi 22 et dimanche 23 à 14h, 18h30 et 20h45 - vendredi 21 à 14h, 17h50, 20h45 - lundi 24 à 16h15, 18h30 et 20h45 - mardi 25 à 14h, 16h15 et 20h45
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La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista
La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 19 à 16h10, jeudi 20 à 15h40, lundi 24 à 14h, mardi 25 à 18h30
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Victoria
Écrit et réalisé par Justine TRIET
France 2016 1h37mn
avec Virigine Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud, Laure Calamy, Laurent Poitrenaux...
Tous ceux qui aiment les grands classiques de la comédie hollywoodienne, Cukor (Indiscrétions), Hawks (L'Impossible Monsieur Bébé) ou plus récemment Blake Edwards (d'ailleurs on ne nous fera pas croire que le prénom Victoria a été choisi au hasard) – autrement dit tous ceux qui aiment le cinéma – vont être enchantés, emballés par ce film français qui se hisse au niveau des grandes réussites du genre. Ce n'est pas si souvent qu'on peut avancer cette comparaison sans exagérer, on ne va donc pas se priver d'exprimer ici notre enthousiasme, d'autant plus que Victoria ne se contente pas d'être une mécanique comique imparable, il dit aussi plein de choses acérées sur notre monde tel qu'il va. Pas de doute, après le très intéressant mais un peu foutraque La Bataille de Solférino, Justine Triet monte de deux crans, passe à la vitesse supérieure et nous livre un deuxième film remarquablement écrit, construit, maîtrisé de bout en bout... lire la suite
Salernes : jeudi 20 à 16h, vendredi 21 et mardi 25 à 20h30, samedi 22 à 18h
Le Coeur régulier : Affiche
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Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...
De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.
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Lorgues : mercredi 19,  et lundi 24 à 21h - dimanche 23 à 18h
Affiche
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École en vie
Réalisé par Mathilde Syre
Docunmentaire France 2016 1h20
École en vie est un documentaire immersif qui nous plonge dans le quotidien de trois classes où des enseignants de l’école publique pratiquent une pédagogie « active ». Cette pédagogie (Freinet et Montessori notamment) n’est pas seulement appliquée dans des écoles privées. Ainsi, la liberté pédagogique étant un des principes de l’Éducation Nationale, certains enseignants ont choisi de penser l’école et l’apprentissage autrement et des initiatives voient le jour un peu partout. Agnès, Héloise et Nicolas appliquent chacun leur propre méthode, mais ils ont tous en commun la volonté de donner plus de place à l’enfant. L’enfant devient acteur de son apprentissage. Tout part de ses envies, de ses projets. L’adulte n’impose plus, il accompagne chaque élève individuellement. On s’étonne de la liberté laissée aux enfants, qui choisissent eux-mêmes leurs activités, en fonction de leurs envies et de leurs capacités... lire la suite
Lorgues : jeudi 20 à 20h
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Ma vie de Courgette
Réalisé par Claude BARRAS
Film d'animation France/Suisse 2016 1h06mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario de Céline Sciamma, inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette. Grand Prix, Festival du film francophone d'Angoulême • Grand Prix, Festival du film d'animation d'Annecy. Pour les enfants à partir de 7 ans
Courgette ? Courgette ! Pour un garçon, c'est un petit nom charmant mais qui prête un peu à rire… pas bien longtemps. Ce garçonnet qui cache une mine espiègle et tendre sous une tignasse d'un bleu soutenu fait vite oublier qu'il n'est qu'une marionnette dans un décor de carton pâte. Et à la fin du film on a dû mal à le quitter, comme s'il reflétait une part de notre enfance. C'est qu'au delà d'une animation époustouflante de vérité, Ma vie de Courgette aborde des sujets graves tout en les teintant d'humour et de légèreté. Une œuvre tout en nuances et en délicatesse, truffée de petits détails croquignolets qui ne cessent de nous émerveiller. Il y a l'intrigue et puis il y a l'arrière plan, soigné, qui apporte de la fraîcheur dans ce monde de brutes. Notre regard parfois s'attarde sur les nuages immaculés qui peuplent le ciel, les oiseaux qui se taquinent sur une branche… Tout un univers précis et gracieux qui enchante... lire la suite
Cotignac : lundi 24 à 18h
Affiche
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 19, jeudi 20, samedi 22 , dimanche 23, lundi 24 et mardi 25 à 14h - vendredi 21 à 16h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Mal de Pierres
Réalisé par Nicole GARCIA
France 2016 1h56mn
avec Marion Cotillard, Alex Brendemühl, Louis Garrel, Brigitte Rouan, Victoire Du Bois...
Scénario de Nicole Garcia et Jacques Fieschi, librement adapté du roman de Milena Agus

Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole de Provence où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque, la fin des années 1950, où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. « Elle est malade. Ce sont les nerfs… » Gabrielle cause décidément bien des tracas à sa famille qui souhaite, avant toute chose, sauver les apparences. La jeune femme est rebelle, remplie d'une passion bouillante qui fait désordre. Pour sa mère, il n'y a que deux solutions possibles : la faire interner ou la caser avec le premier venu, l'homme fort qui saura l'éloigner, supporter son caractère, ses extravagances et son goût de la liberté. C'est José, un saisonnier agricole espagnol, qui sera l'élu. Lui a les nerfs solides et ça tombe bien, car ils vont être mis à rude épreuve. José avale les couleuvres contre une promotion sociale orchestrée par la famille. Ce couple n'en est pas un – « je ne coucherai pas avec vous, je ne vous aimerai jamais » – même si, souvent, il ne manque pas grand-chose pour que ces deux-là se rencontrent enfin. Mais Gabrielle a la tête ailleurs, elle ne peut se contenter d'un mariage arrangé. Ce sera le grand amour ou rien.

Nicole Garcia filme joliment son héroïne, Marion Cotillard, souvent captive (de sa famille, de son mari ou de l'établissement thermal qui la soigne pour des calcules rénaux, son « mal de pierres »), jouant avec subtilité de l'omniprésence de l'eau (celle du lac, apaisante et qui calme ses fièvres, celle brutale des jets puissants qui lui attaquent le dos et les hanches lors des séances de thalasso, ou encore la mer qui borde sa maison, ou le Rhône sur les rives duquel un amant s'est pendu…). Si la réalisation est classique, Nicole Garcia donne de la chair à ces histoires d'amours qui ne se connectent pas, à ces contretemps des passions. (P.Y. Grenu, Culturebox)

Ce film mélancolique et ardent repose sur Marion Cotillard. C'est la comédienne la plus douée, actuellement, pour provoquer l'émotion et susciter la connivence : qu’on se souvienne de Deux jours, une nuit des frères Dardenne. Ou de The Immigrant, le plus méconnu des James Gray qui, dans une église, la filmait comme une Madone, comme Lillian Gish dans ses chefs d’œuvre muets… Excellente directrice d'acteurs, Nicole Garcia sublime sa sensibilité. Alors qu'elle freine celle de Louis Garrel, toujours prêt à en faire trop et qui devient, soudain, grâce à elle, impressionnant de retenue. Elle offre à Alex Brendemühl, peu connu en France, un magnifique rôle de mari consentant, parce que trop aimant. Le film est âpre et lumineux. Triste, aussi, comme peuvent l'être les vies à contre temps, comme en décrivait, jadis, Maupassant. (P. Murat, Télérama)


CGR (Draguignan) : tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 18h et 20h15


Aquarius
CÉZANNE ET MOIÉcrit et réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO
Brésil 2016 2h20mn VOSTF
avec Sonia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos, Humberto Carrao...

En plein « coup d’état » au Brésil, un portrait de femme magnifique qui claque comme un manifeste antilibéral et un appel à résister aux puissances de l’argent et au népotisme qui gangrène le pays. « Aquarius », c’est le nom d’une petite résidence modeste construite dans les années quarante, sise face à l’océan et les plages de Recife, sur la très huppée Avenida Boa Viagem. C’est là que vit Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale. Madame Clara, comme l’appellent les habitants du quartier, avec un mélange d’affection et de respect craintif. Il faut dire qu’elle en impose, Clara, sans aucun doute une femme de caractère et belle comme une icône païenne.

Mais voilà, Aquarius a été vidé de ses habitants par un important promoteur, qui a racheté tous les appartements dans le but avoué de démolir l’immeuble pour en construire un dix fois plus grand et cent fois plus rentable. Mais Clara résiste. Elle se refuse à vendre son logement malgré la somme que l’on devine rondelette offerte par la compagnie immobilière. C’est ici qu’elle a vécu toute sa vie de femme, d’épouse, de mère, cet appartement, c’est toute son histoire et l’histoire de sa famille.
Elle se retrouve donc seule dans cet immeuble fantôme, bientôt harcelée par les promoteurs. Et on découvrira qu’il y a bien des façons de persécuter un individu… Mais Clara n’est pas une pauvre femme sans défense, elle n’est pas du genre à se laisser impressionner, et elle va rentrer dans une véritable guerre froide avec la société immobilière. Plutôt que de s’affoler ou d’appeler au secours, elle va continuer à vivre sa vie, comme si de rien n’était. Elle va aller à ses séances de rigologie de groupe, elle continue ses baignades matinales dans l’océan menaçant sous le regard et les recommandations bienveillantes d’un maître nageur que l’on devine admiratif – voire un peu plus – de cette femme décidément hors norme. Elle sortira boire des verres et danser avec ses copines et pourquoi pas ramener un homme à la maison, pas trop vieux quand même, et surtout, ce qui est plus compliqué, pas trop con…

Kleber Mendonça Filho, que l’on a découvert il y a deux ans avec le très beau Les Bruits de Recife, signe un récit fort et intelligent, romanesque et universel. C’est David contre Goliath. Et c’est aussi et surtout un film éminemment politique qui raconte deux cultures, deux Brésil qui s’entrechoquent et s’affrontent. Deux visions du monde irréconciliables qui se toisent : la loi de l’argent, des réseaux, des influences contre celle du métissage, de la mixité sociale, du partage et de la dignité. C’est Sonia Braga qui incarne avec une force éblouissante cette idée du monde et cette femme debout, libre et combattante, qui ne renonce pas.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 19 à 15h40 et 20h15, jeudi 20 à 18h, vendredi 21 à 14h et 20h15, samedi 22 et mardi 25 à 17h45, dimanche 23 à 15h40 et lundi 24 à 15h40 et 20h

Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 19, jeudi 20 et mardi 25 à 20h45, vendredi 21 à 18h15, samedi 22 et dimanche 23 à 16h15, lundi 24 à 18h
Salernes :  vendredi 21 à 16h et mardi 25 à 18h
Le Luc :mercredi 19 à 18h30, jeudi 20 à 19h et samedi 22 à 20h30

 

 


La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...

Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin. Dans ce rôle portant tout le film, Haenel étincelle par son énergie, son tranchant, sa dualité enfantine et batailleuse, à la fois petite pieuvre et combattante, moteur crépitant de tous les plans du film.

Bien que personnelle et intime, l’enquête du docteur Davin revêt bien sûr une dimension politique jamais explicitée. La fille sans nom et sans tombe fait écho à toutes les victimes décédées dans l’anonymat des faits divers mais aussi des guerres et des massacres de masse. Quant au défilé de personnages qui somatisent devant la toubib (vomissements, problèmes cardiaques, perte de sommeil…), ils incarnent une honte intériorisée et une culpabilité collective, les nôtres, celles des nantis (plus ou moins) indifférents ou impuissants face au spectacle visible des souffrances du monde.
Comme toujours chez les Dardenne, la portée politique ne découle pas d’un « vouloir dire » mais d’une histoire, de personnages, de situations, de gestes très banals et concrets. Leur beau souci, ce sont les détails. Demander à Haenel une diction blanche, désaffectée (« il faut dominer ses sentiments pour être un bon médecin » dit-elle au début) ; distiller les sonneries de portable qui scandent le film et intensifient ses suspenses ; ménager de longs silences avant que la parole des témoins du drame ne soit accouchée ; multiplier patiemment les écoutes au stéthoscope des bronches d’un patient avant d’énoncer un diagnostic (métaphore de la méthode des Dardenne ?) ; filmer le profil ultra-expressif d’Haenel et saisir la moindre inflexion de son visage comme un événement émotionnel faisant avancer le récit…
Même soin minutieux dans le colorisme, entre les hauts bleus ou rouges de Davin et les murs blancs en fond d’écran. Sec et tendu comme un thriller, politiquement plus parlant que la plupart des films à messages, La Fille inconnue est un nouveau diamant brut de nos orfèvres de Seraing, leur plus éclatant et coupant depuis L’Enfant.

(S. Kaganski, Les inrocks)


Le Vox (Fréjus) :mercredi 19, vendredi 20, samedi 22 et dimanche 23 à 14h, 18h30 et 20h45 - vendredi 21 à 14h, 17h50, 20h45 - lundi 24 à 16h15, 18h30 et 20h45 - mardi 25 à 14h, 16h15 et 20h45

 



La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista

La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.

Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 19 à 16h10, jeudi 20 à 15h40, lundi 24 à 14h, mardi 25 à 18h30

Victoria
Écrit et réalisé par Justine TRIET
France 2016 1h37mn
avec Virigine Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud, Laure Calamy, Laurent Poitrenaux...

Tous ceux qui aiment les grands classiques de la comédie hollywoodienne, Cukor (Indiscrétions), Hawks (L'Impossible Monsieur Bébé) ou plus récemment Blake Edwards (d'ailleurs on ne nous fera pas croire que le prénom Victoria a été choisi au hasard) – autrement dit tous ceux qui aiment le cinéma – vont être enchantés, emballés par ce film français qui se hisse au niveau des grandes réussites du genre. Ce n'est pas si souvent qu'on peut avancer cette comparaison sans exagérer, on ne va donc pas se priver d'exprimer ici notre enthousiasme, d'autant plus que Victoria ne se contente pas d'être une mécanique comique imparable, il dit aussi plein de choses acérées sur notre monde tel qu'il va. Pas de doute, après le très intéressant mais un peu foutraque La Bataille de Solférino, Justine Triet monte de deux crans, passe à la vitesse supérieure et nous livre un deuxième film remarquablement écrit, construit, maîtrisé de bout en bout.

Victoria Spick (drôle de patronyme) mène, comme disaient les anciens, une vie de bâton de chaise. Autrement dit son existence est pour le moins chaotique, pour ne pas dire bordélique. Avocate pour les causes qu'elle peut trouver, elle a une vie sentimentale foireuse qui vogue au bon gré de Tinder (pour les déconnectés, cette application permet aux célibataires et assimilés en manque affectif et / ou sexuel de trouver dans une zone géolocalisée d'éventuels partenaires souffrant des mêmes carences) et s'occupe plutôt très mal de ses enfants qu'elle confie trop souvent à des babysitters surexploités… Il paraît que c'est ce qu'on appelle une vraie femme moderne. Et comme si ça ne suffisait pas, elle va faire deux choix qui ont toutes les chances de s'avérer mauvais, voire catastrophiques : accepter de défendre, contrairement à l'éthique professionnelle, son meilleur ami, accusé par la femme qu'il vient d'épouser de l'avoir poignardée en plein mariage (cérémonie à laquelle Victoria a assisté) ; et prendre comme babysitter et colocataire un ancien client dealer, charmant par ailleurs (excellent Vincent Lacoste, qui joue dans le film un rôle dévolu aux femmes dans les classiques hollywoodiens évoqués plus haut ; Virginie Efira, elle, endosse carrément le rôle de Cary Grant !). Dans le même temps son ex, écrivain raté mais entêté, s'est mis à tenir un blog où il raconte tous les travers de son ancienne compagne, y compris des secrets concernant des clients parfois facilement énervables… Tout cela va avoir des conséquences en cascade, conséquences professionnelles, conséquences sentimentales, conséquences fâcheuses, conséquences rocambolesques surtout, qui ne feront peut-être pas le bonheur de notre personnage mais qui font en tout cas le nôtre !
On ne racontera pas toutes les séquences hilarantes – souvent des scènes de procès – qui ponctuent le film et en font un festival de drôlerie. On citera quand même celle où Victoria dissèque, avec le plus grand sérieux, l'analyse comportementale d'un chien, ou bien celle où elle présente comme pièce à conviction un selfie pris par un chimpanzé… Et encore cette impayable plaidoirie, au lendemain d'une soiré dépressive et médicamentée, qui voit Victoria dérouler son argumentaire comme un 45 tours passé en 33… Stop !

Mais on ne peut pas ne pas insister sur la performance époustouflante de Virginie Efira, qui s'impose définitivement comme une magnifique interprète de comédie (la dernière actrice à nous avoir fait une telle impression, c'était Sandrine Kiberlain dans le Neuf mois ferme de Dupontel, le rôle lui a valu un César, le rendez-vous est pris). Virginie Efira aussi épatante quand elle est volubile et cynique que lorsqu'elle est amoureuse et fragile, craquant sous le vernis. Une grande comédienne pour une formidable comédie !

Salernes : jeudi 20 à 16h, vendredi 21 et mardi 25 à 20h30, samedi 22 à 18h


Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...

De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.

Heureusement au rez-de-chaussée de l'adorable maison, il y a une couturière et son fils, Tony, et les deux garçons accrochent tout de suite : l'un rêve d'être artiste, l'autre d'être acteur, ils vont vite prendre l'habitude de faire le chemin jusqu'à leurs cours, l'un en roller l'autre en skate, de partager leurs chambres qu'un tout petit étage sépare, mangeant chez les parents de l'un ou la mère de l'autre… Et sur ce déracinement si mal vécu en son début par Jake se construit une de ces chouettes amitiés qui vous illuminent une vie.
Côté parents, la sympathie avec la couturière est immédiate : de toute évidence elle était très proche du père qui oubliait d'ailleurs de lui faire payer son loyer, déjà pas très gros. La confection n'est plus ce qu'elle était, et elle a beau s'user les yeux et les doigts à la tâche, Leonor, immigrée d'origine latino américaine, qui élève seule son gamin, n'aurait jamais pu rester là si elle avait dû assumer la grimpette incessante des coûts de l'immobilier… Problème bien connu sur toute la planète et particulièrement dans nos pays gavés, où le travail se concentre dans et autour des villes, attirant une foultitude de personnes en demande de boulot mais dont les salaires ne suivent pas l'augmentation constante du coût de la vie… Les grandes villes, riches de musées, de manifestations culturelles, de festivités diverses, deviennent peu à peu des réserves de nantis et le fossé se creuse inexorablement, tandis que les tensions montent, entre ceux qui ont accès à tout et ceux qui n'ont pas grand chose.
Mine de rien, c'est l'histoire de l'évolution de nos sociétés qui se joue là à Brooklyn village. Ils sont sympas les parents de Jake, mais ils ont besoin de sous… Surtout le père, qui conçoit une forme d'humiliation à gagner moins que sa femme : ne serait-il pas juste qu'à l'occasion de cet héritage tombé du ciel, il rétablisse un peu une égalité financière des apports ? Sans oublier sa sœur qui voudrait bien profiter elle aussi de l'aubaine… Alors peu à peu les relations vont se tendre entre les nouveaux proprios et leur locataire qui ne peut répondre à leurs nouvelles exigences. Jake et Tony, bien loin de ces préoccupations, n'apprécient guère, les relations entre générations se détériorent et Jake entame une grève de la parole, ne répondant plus à ses parents…

Superbe, cette histoire d'amitié, mais pas simple de répondre à la question : a-t-on encore les moyens de vivre au niveau d'aussi jolis sentiments, est-il encore possible que l'amitié puisse survivre à cette nouvelle lutte des classes ? Jack et Tony se tiennent, main dans la main, sur l'abîme qui se creuse entre leurs géniteurs. Savent-ils à quel point leur amitié est précieuse et combien elle va leur manquer s'ils se laissent avaler par les conflits des grands ? (Utopia)


Lorgues : mercredi 19,  et lundi 24 à 21h - dimanche 23 à 18h


École en vie
Réalisé par Mathilde Syre
Docunmentaire France 2016 1h20

École en vie est un documentaire immersif qui nous plonge dans le quotidien de trois classes où des enseignants de l’école publique pratiquent une pédagogie « active ». Cette pédagogie (Freinet et Montessori notamment) n’est pas seulement appliquée dans des écoles privées. Ainsi, la liberté pédagogique étant un des principes de l’Éducation Nationale, certains enseignants ont choisi de penser l’école et l’apprentissage autrement et des initiatives voient le jour un peu partout.

Agnès, Héloise et Nicolas appliquent chacun leur propre méthode, mais ils ont tous en commun la volonté de donner plus de place à l’enfant. L’enfant devient acteur de son apprentissage. Tout part de ses envies, de ses projets. L’adulte n’impose plus, il accompagne chaque élève individuellement. On s’étonne de la liberté laissée aux enfants, qui choisissent eux-mêmes leurs activités, en fonction de leurs envies et de leurs capacités. Mais finalement, ils jouent, cherchent et entrent naturellement dans un processus d’apprentissage. A certains moments, ils travaillent à des projets personnels, à d’autres, ils développent des relations d’entraide et de tutorat, mais chaque expérience est à l’origine de découvertes importantes. Pour les trois enseignants, la remise en question est quotidienne et demande une grande confiance en leurs élèves.

Un film idéal pour donner envie aux parents de regarder différemment l’éducation de leurs enfants et aux enseignants de se questionner sur leurs pratiques et leur positionnement face aux élèves. Un film pour sensibiliser aux nécessaires changements en terme d’éducation.

L’IDEM 84 (Institut coopératif de l’école moderne) a été créé en 1947 par Célestin Freinet et regroupe aujourd’hui des enseignants, des formateurs et des éducateurs autour des principes de la pédagogie Freinet. www.icem-pedagogie-freinet.org

L’OCCE (Office central de coopération à l’école), créé en 1928, développe au sein des établissements de l’Éducation nationale les valeurs de la coopération, notamment la solidarité, le respect des identités, le partage des savoirs et des responsabilités et l’exercice effectif de la démocratie à l’école par les élèves. www2.occe.coop

L’association PMEP (Pédagogie Montessori pour l’enseignement public) a pour but de faire connaître la méthode Montessori dans l’enseignement public par l’intermédiaire de formation, ateliers de travail, stages, séminaires… www.pmep-asso.com


 Lorgues : jeudi 20 à 20h


Ma vie de Courgette
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Claude BARRAS
Film d'animation France/Suisse 2016 1h06mn
Scénario de Céline Sciamma, inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette.
Grand Prix, Festival du film francophone d'Angoulême • Grand Prix, Festival du film d'animation d'Annecy.
Pour les enfants à partir de 7 ans


Courgette ? Courgette ! Pour un garçon, c'est un petit nom charmant mais qui prête un peu à rire… pas bien longtemps. Ce garçonnet qui cache une mine espiègle et tendre sous une tignasse d'un bleu soutenu fait vite oublier qu'il n'est qu'une marionnette dans un décor de carton pâte. Et à la fin du film on a dû mal à le quitter, comme s'il reflétait une part de notre enfance. C'est qu'au delà d'une animation époustouflante de vérité, Ma vie de Courgette aborde des sujets graves tout en les teintant d'humour et de légèreté. Une œuvre tout en nuances et en délicatesse, truffée de petits détails croquignolets qui ne cessent de nous émerveiller. Il y a l'intrigue et puis il y a l'arrière plan, soigné, qui apporte de la fraîcheur dans ce monde de brutes. Notre regard parfois s'attarde sur les nuages immaculés qui peuplent le ciel, les oiseaux qui se taquinent sur une branche… Tout un univers précis et gracieux qui enchante.

De passages tragiques en moments rigolos ou poétiques, on pénètre dans le monde écartelé des enfants qui ont morflé. De ceux que la société essaie de préserver et tente de réparer en les éloignant de leurs proches qui ne les ont parfois pas épargnés. Mais commençons par le commencement… Ce jour-là est un jour comme un autre dans la vie de Courgette. Du moins il commence comme beaucoup d'autres. Dans sa chambre sous les combles, il dessine sur les murs, invente des histoires, des super héros qui le font s'évader. Avec deux bouts de papier, quelques crayons, il se crée tout un monde. Dans le salon au dessous, sa mère, lovée dans un fauteuil devant un soap opéra à la télé, éructe et rumine : « Tous des menteurs… ». Aigreur et vécu qu'elle cuve dans sa bière. Le sol est jonché de cannettes que Courgette vient récupérer histoire de construire des châteaux. Faute de sable ?
Pourquoi la marâtre sort-elle de sa torpeur ? Qu'importe… On comprend que ce n'est pas la première fois qu'elle se met dans une rage folle contre son rejeton. Mais cette fois-là, sans penser à mal et pour se protéger, Courgette rabat la trappe de sa chambre sur la tête de sa daronne qui dégringole dans le raide escalier… Après une audition au commissariat, Courgette va atterrir dans un foyer d'accueil, loin de ce qu'il a toujours connu… Mais tout n'est pas si sombre. D'abord, le flic qui l'interroge est un vrai gentil. Il s'appelle Raymond et la loi de la gravitation universelle a décidé que son crâne était fait pour recevoir les bombes à eau des mômes qui adorent le taquiner. Et puis le foyer qui accueille l'orphelin est une unité à taille humaine.

Les autres gosses ne sont pas forcément tendres, principalement Simon, qui se prend pour un caïd avec sa banane de rockeur rouquin. Pour lui tout nouvel arrivant est un potentiel bouc émissaire qu'on peut discrètement martyriser. Mais tout n'est pas si simple et derrière les fanfaronnades se cachent des êtres déjà bien égratignés. Tous comme des lions coincés derrière les barreaux de souvenirs qui font des ravages et donnent envie de défoncer les murs ou de se battre. Contre qui, contre quoi ? Peut-être tout simplement pour survivre. Le pari éducatif devient alors de transformer cette force dévastatrice en envie de vivre, en joie retrouvée. Et heureusement on la sent tapie dans l'ombre, prête à bondir comme un nouveau départ. Elle explose dans les moments de jeux, de jovialité… Surtout à l'arrivée de la petite dernière : Camille. Avec sa voix de flûte alto cassée, ses grands yeux bleus et son sens de la répartie bien aiguisé, elle peut mettre tout le monde en boîte, même ce gros dur de Simon !

Cotignac : lundi 24 à 18h


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 19, jeudi 20, samedi 22 , dimanche 23, lundi 24 et mardi 25 à 14h - vendredi 21 à 16h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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