Au(x) cinéma(s) du 1er au 7 juin

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Bonjour à tous !

Ce qui retient l'attention, pour cette nouvelle semaine de cinéma, c'est le joli panel de films du monde, de grande qualité,  que vous pouvez voir sur les écrans de la région : Lorgues se distingue tout particulièrement avec le film iranien Nahid, avec toute la richesse des sentiments contradictoires qui le caractérise, le film franco-palestinien Dégradé, "formidable premier film, mêlant comédie et tragédie" et le film vietnamien Mekong stories, beau récit initiatique.

Au Lido, à Saint Raphaël, on peut voir le film Elle de Verhoeven, passé maître dans "l'art de déranger" de cette satire sociale, et aussi Julieta le dernier film d'Almodovar.

Au CGR, on peut voir Mr Holmes, sur le grand âge du célèbre détective, et toujours Café Society de Woody Allen (en VF seulement) mais on peut le voir en VO au Vox et à Salernes

Pas grand chose encore au Vox, si ce n'est quand même, l’inénarrable Ma Loute, champion du film déjanté (à Cotignac aussi).

N'oubliez pas de noter les prochaines propositions Entretoiles : le 13 juin "La Sapienza" de Eugène Green, au Bucéphale, "un film qui procure les mêmes effets qu'une cure de jouvence" ! et le 3 juillet (et non 26 juin comme nous l'avions annoncé) au CGR, une soirée sur le thème "Portraits d'hommes" (pour faire pendant à une de nos précédentes soirées "Portraits de femmes"), avec 2 films: "L'homme qui répare les femmes" de Thierry Michel, ou l'histoire radicale du médecin congolais Denis Mukwege, et "L'histoire du géant timide", film islandais de Dagur Kari, une ode à l'homme dans ce qu'il a de plus beau ! avec bien sûr; l'apéritif Entretoiles entre les deux ! Cette séance terminera la saison avant les vacances d'été !

Voilà ! et puis nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 1ER AU 7 JUIN 2016

Affiche
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Mr. Holmes
Réalisé par Bill CONDON
GB 2015 1h44mn VOSTF
avec Ian Mckellen, Laura Linney, Milo Parker, Hiroyuki Sanada, Hattie Morahan, Patrick Kennedy, Roger Allam...
Scénario de Jeffrey Hatcher, d’après le roman Les Abeilles de Mr Holmes de Mitch Cullin
Le Mr Holmes de Bill Condon, imaginé par le romancier Micth Cullin, se situe plus tard, alors que le détective s'est retiré pour élever ses abeilles dans les bocages verdoyants du Sud de l'Angleterre. Quand je dis plus tard, c'est beaucoup plus tard puisque nous sommes en 1947, si bien que Holmes a… 93 ans ! On ne peut pas prétendre qu'il a la même vivacité que du temps où il traquait Moriarty et résolvait des mystères a priori insolubles. Certes son œil encore acéré sait, à partir de quelques indices, deviner les derniers déplacements de sa gouvernante, mais il clopine de sa chambre jusqu'à ses ruches d'un pas de sénateur et surtout, plus terrible, il se rend compte, tests de son médecin à l'appui, que sa mémoire – qui fit sa force – décline jour après jour... lire la suite
CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 1er à 17h45, jeudi 2 à 13h45, vendredi 3 à 15h45, samedi 4 à 18h, dimanche 3 à 19h45, lundi 6 à 20h et mardi 7 à 11h
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Café Society
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016
C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage… New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier... lire la suite
CGR (Draguignan) :  en VF uniquement ! : mercredi 1, samedi 4 et dimanche 5 à 20h, jeudi 2 à 11h15 et 16h, vendredi 3 et mardi 7 à 11h15, 14h et 16h, lundi 6 à 11h15 et 15h45
Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er VF : 13h50 et VO : 16h15, jeudi 2 VF ! 16h05 et VO : 18h, vendredi 3 VF : 16h15 et VO : 18h40, samedi 4 Vf : 16h15 et VO 20h45, dimanche 5 VF : 16h et VO : 20h45, lundi 6 VF : 16h05 et VO : 18h05, mardi 7 : VF 16h05 et VO : 20h45
Salernes : VO mercredi 1er, vendredi 3 et samedi 5 à 21h, jeudi 2 et lundi 6 à 18h
Affiche
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Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016
C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er à 15h50 et 18h15, jeudi 2 à 13h50 et 20h45, vendredi 3 à 16h15 et 18h15, samedi 4 et dimanche 5 à 16h05 et 18h15, lundi 6 à16h15 et mardi 7 à 18h15
Cotignac : jeudi 2 à 21h
Affiche
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A War
Écrit et réalisé par Tobias LINDHOLM
Danemark 2015 2h VOSTF
avec Pilou Asbaek, Tuva Novotny, Dar Salim, Soren Malling, Charlotte Munck...
Dans le petit matin gris, une troupe progresse à travers un massif montagneux. Des ombres que l'on pourrait prendre pour de paisibles randonneurs si elles n'étaient arnachées comme des chevaliers teutoniques. Nous sommes en Afghanistan et nous cheminons avec précaution aux côtés d'un petit groupe d'hommes membres du corps expéditionnaire danois en charge de protéger les populations et de maintenir l'ordre dans les villes et les campagnes. Une simple opération de police, comme l'affirmaient sans rire les autorités françaises au beau temps des colonies, elles-mêmes en charge à l'époque du maintien de l'ordre en Algérie. Hier, les Aurès avec l'armée française, aujourd'hui la province de Helmand avec l'armée danoise. Mêmes contreforts escarpés, même végétation chiche, même villages misérables accrochés à la montagne, mêmes opérations de police qui tentent de taire leur nom alors qu'il s'agit bien d'une guerre... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er, vendredi 3 et mardi 7 à 13h50, 18h15, et 20h45, jeudi 2, samedi 4 et dimanche 5 à 13h50, 18h30 et 20h45, lundi 6 à 13h50 et 20h45
Affiche
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Julieta
Écrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...
« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar. Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité. Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur... lire la suite
Lido (Saint-Raphaël) : lundi 6 et mardi 7 à 16h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Elle
Écrit et réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...
Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise. Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer... lire la suite
Lido (Saint-Raphael) : mercredi 1er à 16h et 18h40, jeudi 2, vendredi 3, samedi 4, dimanche 5, lundi 6 et mardi 7 à 16h, 18h40 et 21h15
Affiche
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Nahid
Réalisé par Ida PANAHANDEH
Iran 2015 1h45mn VOSTF
avec Sareh Bayat, Pejman Bazeghi, Navid Mohammad Zadeh, Milad Hossein Pour...
Scénario d'Ida Panahandeh et Arsaian Amiri
Pour faire référence à un film iranien qui a connu un succès retentissant, on peut sans tricher dire que Nahid s'inscrit dans la droite ligne de Une séparation, d'Ashgar Farhadi (disponible en Vidéo en Poche, ainsi que trois autres de ses films iraniens). Dans Une séparation, on suivait le divorce douloureux et contrarié de Nader et Simin, une rupture dans laquelle venait interférer le combat de Reza, une femme de ménage accusant Nader de l'avoir violemment bousculée au point de compromettre sa grossesse. Cette femme de ménage était incarnée par une actrice exceptionnelle, Sareh Bayat, qui tient justement le rôle principal de Nahid ! Mais contrairement au film de Farhadi, où les personnages principaux appartenaient à un milieu plutôt aisé, Nahid est une jeune mère divorcée qui vit dans un petit port de la mer Caspienne et se débat pour sa survie quotidienne grâce à un petit travail de secrétariat. Elle se démène aussi pour avoir la garde de son fils au comportement difficile. Il faut dire que le père de l'enfant est un homme paradoxal, joueur invétéré et toxicomane irresponsable mais toujours amoureux de son ex-épouse et père aimant envers et contre tout... lire la suite
Lorgues : mercredi 1er à 19h et samedi 4 à 20h
Affiche
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Dégradé
Écrit et réalisé par Tarzan et Arab ABU NASSER
Palestine / France 2015 1h23mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Maisa Abdelhadi, Nelly Abou Sharaf, Manal Awad, Mirna Sakhla, Wedad Al Naser, Dina Shebar...
Depuis que les Italiens ont abandonné le créneau, trop rares sont les cinéastes, issus de ces quatre coins du monde où on s'en prend plein la poire plus souvent qu'à son tour, qui tâchent de se colleter vraiment avec la représentation de la banale désespérance de leurs concitoyens. Vraiment, c'est à dire en y instillant ce qu'il faut d'humour, de violence, de cruauté si nécessaire, pour qu'en ressorte d'autant plus vivace toute l'humanité des populations qui n'ont guère que la survie pour horizon quotidien. Et s'il y a un territoire d'où l'on ne s'attendait pas à voir émerger une résurgence de la comédie italienne, satirique et sociale, que nous avons tant aimée, c'est bien la Palestine – même si par moments, les films d'Elia Suleiman portaient en germe des fragments de ce regard doux-amer... lire la suite
Lorgues : mercredi 1er à 17h, samedi 4 à 18h et lundi 5 à 21h15
Affiche
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Mekong Stories
Écrit et réalisé par PHAN DANG DI
Vietnam 2015 1h42mn VOSTF
avec do Thi Hai Yen, Le Cong Hoang, Truong The Vinh, Nguyer Ha Phong...
Scénario de Diego Vivanco
Vietnam, au début des années 2000. L’État lutte contre la crise économique et la surpopulation. Originaire de la campagne, Vu, vingt ans, débarque à Saïgon pour étudier la photographie. Il loue une chambre dans une maison au bord du fleuve, partagée avec deux amis, Thang, serveur dans une boîte de nuit, qui vit de petits trafics, et Cuong, chanteur de rue. Armé d’un nouvel appareil photo offert par son père, Vu part à la découverte des environs. Le jeune homme est vite attiré par le séduisant Thang. Avec lui, il découvre le monde de la nuit et fait bientôt la rencontre de Van, une jeune femme qui rêve de devenir danseuse de ballet... lire la suite
Lorgues : samedi 4 à 16h et dimanche 5 à 21h15
Peur de rien : Affiche
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Le Potager de mon grand-père
Réalisé par Martin Esposito
Documentaire France 2016 1h16mn
Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé avec amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger. La protection de la planète et le retour à des habitudes de vie plus saines sont devenues de véritables enjeux politiques qui semblent désormais inspirer le cinéma. Après le Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui nous avait fait voyager à travers le monde à la recherche de solutions durables, ce documentaire signé Martin Esposito nous promène sous le ciel de Provence dans un jardin familial, celui de Vincent Esposito. Après avoir réalisé en 2008 Super Trash, un documentaire choc dénonçant le problème du traitement des déchets et de la surconsommation, ce jeune réalisateur a ressenti la nécessité de nous faire partager les valeurs et le savoir-faire d’un monde oublié à qui il souhaite redonner toutes ses lettres de noblesse... lire la suite
Cotignac : vendredi 3 à 21h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Mr. Holmes
Réalisé par Bill CONDON
GB 2015 1h44mn VOSTF
avec Ian Mckellen, Laura Linney, Milo Parker, Hiroyuki Sanada, Hattie Morahan, Patrick Kennedy, Roger Allam...
Scénario de Jeffrey Hatcher, d’après le roman Les Abeilles de Mr Holmes de Mitch Cullin

En dehors de Dieu, il est probablement le seul personnage de fiction dont certains croient qu'il existe réellement. Encore aujourd'hui, dans l'immeuble cossu du 221b Baker Street, quelques touristes candides croient visiter l'appartement où un détective mondialement connu aurait vécu et reçu les clients qui lui confièrent ses célèbres enquêtes. Sherlock Holmes n'est pourtant et évidemment que la créature fantasmatique imaginée par un médecin militaire devenu écrivain, Sir Arthur Conan Doyle. Les aventures de Sherlock Holmes, supposément narrées par le Docteur John Watson, alter ego autant que faire-valoir consentant de son génial ami, sont censées s'être arrêtées au lendemain de la première Guerre Mondiale, son auteur désirant définitivement stopper la saga. Il avait bien tenté une première fois de faire mourir le détective dans les célèbres chutes de Reichenbach, en 1893, mais les lecteurs en furie avaient exigé sa résurrection, manifestant devant les locaux du Strand qui publiait les enquêtes de Holmes en feuilleton.

Le Mr Holmes de Bill Condon, imaginé par le romancier Micth Cullin, se situe plus tard, alors que le détective s'est retiré pour élever ses abeilles dans les bocages verdoyants du Sud de l'Angleterre. Quand je dis plus tard, c'est beaucoup plus tard puisque nous sommes en 1947, si bien que Holmes a… 93 ans ! On ne peut pas prétendre qu'il a la même vivacité que du temps où il traquait Moriarty et résolvait des mystères a priori insolubles. Certes son œil encore acéré sait, à partir de quelques indices, deviner les derniers déplacements de sa gouvernante, mais il clopine de sa chambre jusqu'à ses ruches d'un pas de sénateur et surtout, plus terrible, il se rend compte, tests de son médecin à l'appui, que sa mémoire – qui fit sa force – décline jour après jour…

C'est justement autour de la mémoire qu'il va se lancer un ultime défi avant le saut dans l'inconnu. A partir de bribes de souvenirs, de quelques éléments conservés, il va tenter de résoudre une affaire qui l'a tenu en échec près de vingt ans auparavant et qui le hante depuis. Parallèlement des flash-back nous projettent dans son précédent voyage – qui sera le dernier : celui qu'il fit au lendemain de la guerre jusqu'à Hiroshima, à la rencontre d'un ami japonais. Question pour le cartésien que fut toujours Holmes : comment l'intelligence scientifique a-t-elle pu produire le mal absolu ?
Mr Holmes est beaucoup de choses plaisantes et touchantes à la fois… C'est un récit à tiroirs où la mémoire se construit comme une enquête du détective, par bribes qui s'assemblent peu à peu, le tout sur un ton pince sans rire so british avec entre autres l'évacuation des clichés liés au personnage – Sherlock Holmes n’a jamais porté de casquette de chasseur et n’a fumé la pipe que dans l’imagination de Watson. C'est aussi une belle réflexion sur la transmission, sur la capacité à se laisser envahir par les sentiments au soir de sa vie, alors qu'on s'est toujours cadenassé jusque-là… Holmes, se sachant dans ses derniers jours, va s'investir dans sa relation avec le tout jeune fils de sa gouvernante, en qui il voit un jeune prodige capable peut-être d'appliquer toutes les connaissances et raisonnements qui ont construit sa propre vie…
Peaufiné avec un soin maniaque, le film doit évidemment beaucoup au charismatique Ian McKellen, impressionnant de présence et de nuances en Sherlock Holmes finissant. (Utopia)


CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 1er à 17h45, jeudi 2 à 13h45, vendredi 3 à 15h45, samedi 4 à 18h, dimanche 3 à 19h45, lundi 6 à 20h et mardi 7 à 11h


Café Society
AfficheÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016

C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage…
New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier.
À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux de Vonnie, l'assistante de son oncle. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu'au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l'horizon s'éclaire pour Bobby et l'amour semble à portée de main…

Quant au « Café society » du titre, il s'agit d'un club très prisé de l'époque, où se retrouvaient stars et mécènes du cinéma, ainsi que les derniers talents du jazz, dont on imagine bien qu'il va irriguer la bande son du film.
Depuis qu'il ne fait plus l'acteur (sauf occasionnellement pour les autres), Woody Allen ne se prive pas pour choisir ce qui se fait de mieux parmi les comédiens du cinéma américain actuel. Il dirige ici les formidables Jesse Eisenberg et Kristen Stewart, entourés de quelques pointures telles que Steve Carrell ou Parker Posey.


CGR (Draguignan) :  en VF uniquement ! : mercredi 1, samedi 4 et dimanche 5 à 20h, jeudi 2 à 11h15 et 16h, vendredi 3 et mardi 7 à 11h15, 14h et 16h, lundi 6 à 11h15 et 15h45

Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er VF : 13h50 et VO : 16h15, jeudi 2 VF ! 16h05 et VO : 18h, vendredi 3 VF : 16h15 et VO : 18h40, samedi 4 Vf : 16h15 et VO 20h45, dimanche 5 VF : 16h et VO : 20h45, lundi 6 VF : 16h05 et VO : 18h05, mardi 7 : VF 16h05 et VO : 20h45

Salernes : VO mercredi 1er, vendredi 3 et samedi 5 à 21h, jeudi 2 et lundi 6 à 18h



Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016. Photographie magnifique de Guillaume Deffontaines

C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant.

Nous sommes en 1910 dans la baie de Slack, quelque part entre Boulogne sur Mer et Calais, lieu de villégiature estivale pour les bourgeois de la métropole lilloise qui viennent profiter des bains de mer et des falaises offrant une vue imprenable sur les côtes britanniques, 40 km en face. Les Van Peteghem font partie de ces envahisseurs privilégiés. André (Luchini), industriel pompeux qui se pique de son bon goût pour l'architecture et les automobiles, vient là accompagné de son épouse, la fragile Isabelle (Valeria Bruni-Tedeschi), de leur deux filles et de leur neveu Billie. Complèteront bientôt le tableau des bourgeois en vacances le frère de Madame, Christian, et la sœur de Monsieur, Aude.
Mais le séjour va être perturbé par de mystérieuses disparitions en série de touristes, sur lesquelles enquête un duo de limiers aussi gauches qu'imbéciles, l'éléphantesque inspecteur Machin et son maigre adjoint Malfoy, les Laurel et Hardy de la police locale. Se pourrait-il que les Beaufort, famille de pêcheurs de moules de la baie – qui, idée surréaliste, font aussi office de porteurs pour les estivants qui ne veulent pas se mouiller les pieds –, aient quelque chose à se reprocher ? La relation naissante entre Ma Loute, le fils des pêcheurs, et Billie Van Peteghem, qui s'habille en fille dès qu'il (elle ?) en a l'occasion et qui dégage un charme pour le moins troublant, a-t-elle un lien quelconque avec l'affaire ? Nous n'en dirons pas plus tant le scénario réserve quelques surprises… que nous qualifierons pudiquement de perturbantes…

Car Bruno reste Dumont et il ne faut évidemment pas vous attendre à une plaisante comédie familiale. Comme annoncé plus haut, Ma Loute est à la fois hilarant, jouant à fond le jeu du comique grotesque et dévastateur – on saluera ici la performance histrionesque des trois « vedettes » à qui Dumont fait subir un traitement de choc – et terrible, d'un pessimisme célinien. D'un côté la nullité vaniteuse de la bourgeoisie dégénérée, de l'autre la misère bornée des prolétaires. Ma Loute, c'est donc le mélange détonant de la caricature burlesque, de la comédie policière à la Gustave le Rouge, le créateur de Chéri Bibi, des brûlots antibourgeois d'un Octave Mirbeau (Journal d'une femme de chambre) ou d'un Georges Darien (Le Voleur) et de la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel. Ce qui nous amène tout naturellement à signaler la beauté renversante des images composées par Bruno Dumont et son chef opérateur Guillaume Deffontaines, qui nous offrent des plans magnifiques des paysages du Nord, lumière irréelle, couleurs pastels, horizon bas…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er à 15h50 et 18h15, jeudi 2 à 13h50 et 20h45, vendredi 3 à 16h15 et 18h15, samedi 4 et dimanche 5 à 16h05 et 18h15, lundi 6 à16h15 et mardi 7 à 18h15

Cotignac : jeudi 2 à 21h



A War
Écrit et réalisé par Tobias LINDHOLM
Danemark 2015 2h VOSTF
avec Pilou Asbaek, Tuva Novotny, Dar Salim, Soren Malling, Charlotte Munck...

Dans le petit matin gris, une troupe progresse à travers un massif montagneux. Des ombres que l'on pourrait prendre pour de paisibles randonneurs si elles n'étaient arnachées comme des chevaliers teutoniques. Nous sommes en Afghanistan et nous cheminons avec précaution aux côtés d'un petit groupe d'hommes membres du corps expéditionnaire danois en charge de protéger les populations et de maintenir l'ordre dans les villes et les campagnes. Une simple opération de police, comme l'affirmaient sans rire les autorités françaises au beau temps des colonies, elles-mêmes en charge à l'époque du maintien de l'ordre en Algérie. Hier, les Aurès avec l'armée française, aujourd'hui la province de Helmand avec l'armée danoise. Mêmes contreforts escarpés, même végétation chiche, même villages misérables accrochés à la montagne, mêmes opérations de police qui tentent de taire leur nom alors qu'il s'agit bien d'une guerre.
A war d'ailleurs, dès les premières images, nous enfonce bien cette évidence dans le crâne. Une explosion violente éclate comme pour nous confirmer que l'on ne joue pas un remake de La Grande vadrouille. Un des hommes du petit groupe vient de sauter sur une mine, posée la nuit précédente par les talibans. Nous sommes loin de l'imagerie bonhomme d'Hollywood véhiculée par les exploits d'Audie Murphie, le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale où les choses guerrières se passaient à l'écran comme à la parade, « vivez jeune, mourez jeune et faites un beau cadavre » disait James Dean.

Rien de tout cela dans la situation décrite en ouverture du film. Dans un plan aussi sec que la caillasse alentour, se vide de son sang un jeune corps qui tressaille, les yeux chargés d'effroi à l'approche de la mort. Une chose tellement incongrue à cet âge de la vie, pendant que tout autour s'affolent les copains qui découvrent avec stupeur que la guerre peut tuer, tandis que se déploie la mobilisation du ban et de l'arrière ban de la chaîne de commandement pour disputer les restes pantelants du gamin à la camarde.
Rien de tel, se prend on à penser, que des instants semblables pour comprendre toute l'absurdité d'un tel conflit. Mais que venait-il faire dans cette galère, cet heureux rejeton d'un petit pays fait pour le bonheur alors qu'il aurait été tellement plus simple et moins cruel de ne pas la faire cette guerre en le laissant mourir, soixante ans plus tard, dans son lit.
Alors, bien sûr, on sait que, là ou ailleurs, il n'est plus d'usage d'enseigner l'histoire à nos chères têtes blondes. Mais quand même, nier à ce point la spécificité de l'Afghanistan relève d'une singulière ignorance de son histoire, car, excusez du peu, ce pays et ses habitants d'une incroyable rudesse se montrèrent toujours rétifs à toute forme d'intrusion au point que même le Royaume Uni, la puissance coloniale championne toutes catégories, dont on disait que le soleil ne se couchait jamais sur son empire, dut plier bagage craintivement à la fin du xixe siècle devant la résistance acharnée des autochtones. Un siècle plus tard, on se souvient aussi que les Soviétiques, appelés au secours par le régime communiste de Babrak Karmal, durent aussi se retirer après un conflit qui laissa l'ogre russe parfaitement chancelant. Plus près de nous encore, on sait combien les Américains, après avoir contribué à chasser les Russes, sont eux-mêmes largement tenus en échec par les talibans et il ne fait aucun doute qu'ils seront eux-mêmes appelés un jour à quitter le pays.

On peut, du coup, s'interroger sur les raisons qui poussèrent ce petit pays d'Europe du Nord à embarquer des troupes dans une pareille aventure et ce d'autant plus qu'engoncé dans son humanisme et son respect de l'état de droit, ce pays de cocagne n'était pas le plus armé pour affronter un conflit dans lequel tous les coups sont permis, même les plus tordus. L'histoire en effet nous rappelle aussi de quoi furent capables Anglais, Russes et Américains dans leurs guerres coloniales pour imposer leurs lois. Et c'est tout le sujet de ce film ardent et généreux : comment ce petit pays, pétri d'humanité et de respect des droits de l'homme, peut-il s'inscrire sans perdre son âme dans une guerre d'une barbarie absolue faite sur mesure pour des barbares.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 1er, vendredi 3 et mardi 7 à 13h50, 18h15, et 20h45, jeudi 2, samedi 4 et dimanche 5 à 13h50, 18h30 et 20h45, lundi 6 à 13h50 et 20h45


Julieta
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgÉcrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...

« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar

Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité.

Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur.
Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía, la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt.
Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé. (Utopia)

 

Lido (Saint-Raphaël) : lundi 6 et mardi 7 à 16h30

Elle
Réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...

Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise.

 Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.Dix ans - une éternité - que l’on n’avait pas croisé l’insoumis Paul Verhoeven, lui dont le précédent film distribué en salles, Black Book, signait le retour aux Pays-Bas, sa terre natale. Fatigué de subvertir Hollywood, ses mythes et ses utopies, le papa de Robocop renaît encore une fois avec Elle. Et bonne nouvelle : les concessions lui sont toujours aussi impensables dans cette production sous bannière française. Mené tambour battant par Isabelle Huppert, le film est une adaptation d’un roman de Philippe Djian, Oh... (Prix Interallié 2012). Œuvre tranchante à tel point raccordée au style de Verhoeven qu’elle laissait craindre la superficialité, du moins la tautologie. Fort heureusement, la rencontre entre le néerlandais et Huppert fait vite oublier ces quelques réserves : la corrélation du duo est celle d’un artiste et de sa muse. D’autre part, le parfum de scandale et le dynamitage de la bonne conscience ne sont pas les seuls points de convergence de Elle. Car Verhoeven, lassé d’offrir comme il le fait souvent à ses spectateurs de quoi exorciser leur amoralité refoulée, explore cette fois d’autres territoires infiniment plus vertigineux. D’où une structure polymorphe complexe. Tout à la fois thriller, drame social que comédie grotesque, Elle est le récit d’une double transmutation fracassante : celle du cinéma de Verhoeven, puis celle d’Isabelle Huppert. Le "hollandais violent" trouve en l’actrice le porte-étendard absolu de sa provocation. Une association fructueuse à laquelle il fallait s’attendre, mais qui atteint des sommets d’inventivité étourdissants, dentelés d’ambigüité et d’inconfort. Réduire cependant Elle à une simple hybridation synthétique des précédentes fulgurances du cinéaste ne serait pas lui faire honneur. L’Eros et le Thanatos, composantes séminales de Verhoeven, servent toujours à sonder une question plus tortueuse - ici les relents de la vieille bourgeoisie française. Même si ses petites manies transgressives continuent d’imprégner le moindre plan et la moindre tournure de phrase. Mais une transfiguration plus implacable a lieu cette fois, comme si le réalisateur s’égayait de sa propre mythologie, déconstruisant son système de pensée jusqu’à l’absurde. Michelle - la Elle du titre - est une dirigeante de société de jeux vidéo, espace professionnel connu pour sa misogynie crasse. Cette femme caractérise de façon assez fantasque à elle seule toutes les attributions les plus formatées de la féminité : mère d’un garçon à la petite amie tyrannique, elle est séparée d’un écrivain raté, l’amante du compagnon de sa meilleure amie et associée, mais aussi la fille d’un tueur en série sur le point de trépasser derrière les barreaux. Sa mère, nymphomane notoire, n’accepte quant à elle pas de faner. Un jour qu’elle se trouve seule chez elle, Michelle est agressée puis violée par un homme à cagoule noire - la scène est foudroyante et impitoyable. Elle reprend conscience allongée dans les débris de verre de la porte, caresse son chat - personnage clé et presque magique de Elle - puis prend un bain, mais choisit résolument et en silence de continuer sa vie comme si de rien n’était. Ces tâches de sang rouges écarlates qui tranchent à la surface avec la mousse blanche du bain, seul témoignage de son sexe meurtri, seront l’unique cri d’alarme allégorique de cette femme a priori inébranlable. Alors que l’on pourrait imaginer Michelle devenir dès lors l’héroïne d’un thriller-Cluedo où l’entourage serait petit à petit passé au crible par celle-ci, Verhoeven en décide autrement. "Elle" ne sera pas la protagoniste tétanisée dans l’attente infinie et angoissée d’une possible récidive, mais fera au contraire tout pour inverser les rôles. Où la chassée devient chasseresse.Plutôt que de percevoir en ces viols répétés un possible plaisir tordu de la part de Michelle, il s’avère nécessaire de déplacer le curseur. Cette femme au demeurant insubmersible souffre intérieurement, bien que Verhoeven choisisse de passer outre la psychologie pour ne s’en tenir qu’à son combat. C’est la virulence et le caractère insoutenable des outrages sexuels qui pousse Michelle à se détacher d’elle-même et à ne plus se focaliser que sur sa vengeance. "Elle", cette autre en elle lui permettant de faire abstraction de ce cauchemar, va agir comme un réceptacle. Comme si les atrocités vécues glissaient vers un inconscient passif-actif. Dans cette configuration, Michelle va ainsi passer de victime à prédateur. Comme les mantes religieuses de Spetters, Basic Instinct et autres Showgirls, Michelle reprend peu à peu le contrôle, dans une recherche de pouvoir symbolique assez stupéfiante. Qu’importent finalement pour elle les affres de la violence sexuelle, la souffrance n’est plus qu’un lointain souvenir, dès lors qu’il est question de domination. Sans doute la posture royale et mutique de son chat, seul témoin insensible des viols, aura-t-il insufflé à Michelle cette dynamique prédatrice. À noter que Verhoeven multiplie les allégories à ce niveau, notamment lorsque le félin profite de l’état d’inconscience d’un moineau pour l’éventrer.
Réduits à l’état d’objets inertes et emasculés, les hommes ne représentent bientôt plus pour Michelle que des cosses tributaires de sa toute-puissance - voir la scène dans la cave de l’orgasme se poursuivant longtemps après l’éjaculation de l’oppresseur. Il faudrait décidément être aveugle pour continuer à dénoncer une quelconque complaisance sexiste chez Verhoeven. À mesure que Michelle achève sa mutation - que seule Isabelle Huppert était à même de retranscrire - et reprend le contrôle sur son environnement social, le cinéaste passe d’une dynamique glaciale et sardonique à de la fable pure. Deux transformations viennent alors de s’achever : celle de Michelle et du réalisateur, passé pour l’une de victime à reine inflexible des hommes, pour l’autre de chantre d’un monde inhumain à logisticien de la métamorphose. Quelque chose d’infiniment vivant, de presque biologique, ressort de cette vision du sang et des sécrétions conjuguées de la sorte, à l’instar des pendus de La Chair et le Sang. Usant du rire, de la peur, du mauvais goût - voir les scènes de jeu vidéo désopilantes - et de la honte comme d’un matériau malléable à l’infini, cette nouvelle satire sociale de Verhoeven prend une tournure presque cosmique. Nous attendions cela depuis fort longtemps. (àvoiràlire)


Lido (Saint-Raphael) : mercredi 1er à 16h et 18h40, jeudi 2, vendredi 3, samedi 4, dimanche 5, lundi 6 et mardi 7 à 16h, 18h40 et 21h15


Nahid
NAHIDRéalisé par Ida PANAHANDEH
Iran 2015 1h45mn VOSTF
avec Sareh Bayat, Pejman Bazeghi, Navid Mohammad Zadeh, Milad Hossein Pour...
Scénario d'Ida Panahandeh et Arsaian Amiri

Pour faire référence à un film iranien qui a connu un succès retentissant, on peut sans tricher dire que Nahid s'inscrit dans la droite ligne de Une séparation, d'Ashgar Farhadi (disponible en Vidéo en Poche, ainsi que trois autres de ses films iraniens). Dans Une séparation, on suivait le divorce douloureux et contrarié de Nader et Simin, une rupture dans laquelle venait interférer le combat de Reza, une femme de ménage accusant Nader de l'avoir violemment bousculée au point de compromettre sa grossesse. Cette femme de ménage était incarnée par une actrice exceptionnelle, Sareh Bayat, qui tient justement le rôle principal de Nahid ! Mais contrairement au film de Farhadi, où les personnages principaux appartenaient à un milieu plutôt aisé, Nahid est une jeune mère divorcée qui vit dans un petit port de la mer Caspienne et se débat pour sa survie quotidienne grâce à un petit travail de secrétariat. Elle se démène aussi pour avoir la garde de son fils au comportement difficile. Il faut dire que le père de l'enfant est un homme paradoxal, joueur invétéré et toxicomane irresponsable mais toujours amoureux de son ex-épouse et père aimant envers et contre tout…

C'est la complexité des situations, ainsi que les sentiments contradictoires des personnages qui font la richesse du film. Étrangeté de la loi iranienne : Nahid peut avoir la garde de l'enfant à condition de ne pas se remarier. Les choses se compliquent donc quand elle noue une relation durable avec Masoud, un élégant gérant d'hôtel qui accepte mal cette situation ubuesque et consent à se plier à une autre spécificité ubuesque de la loi : un mariage temporaire, qui permet aux intéressés de s'engager pour une heure ou quelques mois sans que cela soit inscrit dans les registres d’état civil ! Mais évidemment la chose va arriver jusqu'aux oreilles de l'ex-mari, d'autant que l'orgueil de Masoud supporte de plus en plus mal cette vie de secret.
La jeune réalisatrice Ida Panahandeh décrit à merveille les déchirements de Nahid, qui sont probablement ceux de bien des femmes divorcées en Iran, dénonçant au passage l'hypocrisie et le piège du mariage temporaire : Nahid est avant tout une mère courage prête à tout pour son enfant qui ne lui en est pas forcément reconnaissant, mais c'est aussi une amante passionnée qui aimerait vivre pleinement son amour, et parfois enfin une ex-épouse compatissante, qui sait que son ex-mari n'est pas seulement un monstre irresponsable. Sans compter qu'elle n'est pas complètement insensible à la flamme qu'il a toujours pour elle… Dans ce rôle à multiples facettes, Sareh Bayat est magnifique.

Ida Panahandeh, dont c'est la première fiction après plusieurs documentaires, a choisi de tourner son film en automne, dans l'atmosphère nuageuse et grise des bords de la mer Caspienne, au Nord de l'Iran. Elle a trouvé là le cadre parfait pour son très sensible et brillant théâtre des sentiments et des regrets. Une nouvelle grande réalisatrice iranienne est née…

Lorgues : mercredi 1er à 19h et samedi 4 à 20h

Dégradé
ImageÉcrit et réalisé par Tarzan et Arab ABU NASSER
Palestine / France 2015 1h23mn VOSTF
avec Hiam Abbass, Maisa Abdelhadi, Nelly Abou Sharaf, Manal Awad, Mirna Sakhla, Wedad Al Naser, Dina Shebar...

Depuis que les Italiens ont abandonné le créneau, trop rares sont les cinéastes, issus de ces quatre coins du monde où on s'en prend plein la poire plus souvent qu'à son tour, qui tâchent de se colleter vraiment avec la représentation de la banale désespérance de leurs concitoyens. Vraiment, c'est à dire en y instillant ce qu'il faut d'humour, de violence, de cruauté si nécessaire, pour qu'en ressorte d'autant plus vivace toute l'humanité des populations qui n'ont guère que la survie pour horizon quotidien. Et s'il y a un territoire d'où l'on ne s'attendait pas à voir émerger une résurgence de la comédie italienne, satirique et sociale, que nous avons tant aimée, c'est bien la Palestine – même si par moments, les films d'Elia Suleiman portaient en germe des fragments de ce regard doux-amer. Et pourtant : porté par une mise en scène impeccable, une écriture au cordeau et des interprètes unanimement épatants, Dégradé tient toutes les promesses de cette proposition de cinéma qui rend justice aux petites gens, aux sans-grade, aux oubliés de l'Histoire, dans le Gaza d'aujourd'hui dont on sait si peu de choses, une fois que les bombardements israéliens se sont momentanément interrompus. Et, singulièrement, aux figures féminines de cette société qui tente de s'organiser normalement – si tant est que quoi que ce soit puisse être normal sur un territoire qui est comme une prison à ciel ouvert donnant sur la mer…

Soit, donc, dans la bande de Gaza, un salon de coiffure féminin, où s'activent une patronne, d’origine russe, et son apprentie, autour d'une douzaine de femmes de tous âges et de toutes conditions venues là se faire belles, profiter de l'accalmie, sortir de chez elles, simplement être ensemble. Ça virevolte entre les ciseaux, les fers à friser et les téléphones portables avec une efficacité très, très relative, tout en insistant sur l'urgence de la situation de chacune : qui son mariage, qui son accouchement imminent, qui le retour au foyer de son homme, qui son divorce en instance… Le salon se révèle très vite un petit théâtre du quotidien gazaoui où on évoque presque avec insouciance les pénuries alimentaires, le trafic d’essence, les drones israéliens, les tracas de la vie de couple, le rationnement, les incessantes coupures d'électricité (« quand ça coupe, on dort, quand ça marche on regarde les Feux de l'amour »). Comme partout, le ping-pong verbal du salon de coiffure fait se répondre les situations individuelles et les considérations politiques, avec une acuité et un humour féroces, comme lorsqu'on évoque le parcours du combattant que constitue, pour de banals déplacements, le passage successif des différents checkpoints, du Hamas d’abord, du Fatah ensuite et ceux d’Israël pour finir. Mais très vite, la tension monte d'un cran. Le lion du zoo de Gaza a été enlevé par la famille d'Ahmad, l'amoureux de la jeune apprentie, et le Hamas, menant une expédition punitive, impose un couvre-feu à effet immédiat. Dès lors, cloitrées dans les petits 30m2 du salon, les relations entre coiffeuses et clientes vont logiquement s'exacerber et révéler des facettes moins glorieuses de leurs vies confinées.

On pense évidemment à Caramel, ou à Vénus Beauté Institut, mais ici le salon de coiffure comme métaphore de la société prend une dimension tragique, le possible symbole de la futilité se colletant radicalement avec la violence de la réalité guerrière – les rafales de mitraillettes et les tirs de mortier s'intensifient progressivement, rendant le chaos extérieur, invisible, effroyablement présent. La vie quotidienne à Gaza nous est immédiatement familière. Sans se laisser aller à trop expliciter les origines de la folie dont ils décrivent les conséquences, les frères Nasser s'inspirent, comme on dit, d'un fait réel (l'enlèvement du lion, la répression qui s'en est suivie) mais font un pas de côté et tiennent jusqu'au bout le parti-pris de ce huis-clos oppressant qui mêle la comédie à la tragédie. Et, dénouant grandes et petites intrigues, ils rendent finalement justice à chacune des figures féminines de la société gazaouie, qui sont le vrai sujet de ce formidable (premier) film.

Lorgues : mercredi 1er à 17h, samedi 4 à 18h et lundi 5 à 21h15

Mekong Stories
Écrit et réalisé par PHAN DANG DI
Vietnam 2015 1h42mn VOSTF
avec do Thi Hai Yen, Le Cong Hoang, Truong The Vinh, Nguyer Ha Phong...
Scénario de Diego Vivanco

Vietnam, au début des années 2000. L’État lutte contre la crise économique et la surpopulation. Originaire de la campagne, Vu, vingt ans, débarque à Saïgon pour étudier la photographie. Il loue une chambre dans une maison au bord du fleuve, partagée avec deux amis, Thang, serveur dans une boîte de nuit, qui vit de petits trafics, et Cuong, chanteur de rue. Armé d’un nouvel appareil photo offert par son père, Vu part à la découverte des environs. Le jeune homme est vite attiré par le séduisant Thang. Avec lui, il découvre le monde de la nuit et fait bientôt la rencontre de Van, une jeune femme qui rêve de devenir danseuse de ballet.


Avoir vingt ans à Saïgon au début des années 2000, c'était l'âge des possibles à plus d'un titre : la récente levée de l'embargo américain faisait changer la vie à toute vitesse, explique le réalisateur. Le film incarne ce moment charnière à travers une bande de jeunes gens, logés chichement au bord du Mékong. Un trio se détache : l'apprenti photographe, probable double de l'auteur, l'aspirante danseuse et le petit trafiquant. Une fille, deux garçons et trois possibilités, au moins : le désir circule, des nuits chaudes dans les boîtes de nuit, récemment ouvertes, aux siestes dans la nature, presque sur l'eau. L'angoisse existentielle et amoureuse flotte au-dessus des corps peu vêtus : qui aimer et comment trouver sa place, ou, à défaut, survivre, dans un monde qui se libère, pour le meilleur et pour le pire ?
Ce récit initiatique au pluriel, le cinéaste l'éloigne du film choral classique. Impressionniste, fluide, presque liquide, son style envoûte. La sensualité guide l'agencement et la teneur des scènes. Les sentiments et la sexualité des personnages se révèlent incidemment, au détour d'un plan, comme si on les découvrait en même temps qu'eux. Les virées dans la mangrove et sur le fleuve deviennent pure fantasmagorie, avec étreintes dionysiaques dans la boue, en pleine nuit.

De sordides réalités affleurent aussi. Dans ce pays trop peuplé, on paie les hommes pauvres pour qu'ils se fassent stériliser : une menace et une tentation pour les personnages. Les scènes de chahut banal ou d'ivresse minable entre potes sont filmées, elles, comme des instants d'éternité. A cause de ce Saïgon en suspens, on pense à Marguerite Duras, forcément. Mais surtout aux deux cinéastes chinois qui ont le mieux perpétué son art de la langueur nostalgique : Tsaï Ming-Liang et Wong Kar-wai. Comme un film du second, Mekong stories pourrait s'intituler Nos années sauvages.

(L. Guichard, Télérama)

Lorgues : samedi 4 à 16h et dimanche 5 à 21h15


Le Potager de mon grand-père
Afficher l'image d'origineRéalisé par Martin Esposito
Documentaire France 2015 1h16mn

Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé avec amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger. La protection de la planète et le retour à des habitudes de vie plus saines sont devenues de véritables enjeux politiques qui semblent désormais inspirer le cinéma. Après le Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui nous avait fait voyager à travers le monde à la recherche de solutions durables, ce documentaire signé Martin Esposito nous promène sous le ciel de Provence dans un jardin familial, celui de Vincent Esposito. Après avoir réalisé en 2008 Super Trash, un documentaire choc dénonçant le problème du traitement des déchets et de la surconsommation, ce jeune réalisateur a ressenti la nécessité de nous faire partager les valeurs et le savoir-faire d’un monde oublié à qui il souhaite redonner toutes ses lettres de noblesse.

Nostalgique, Vincent Esposito, 85 ans évoque l’époque où, en famille, il cultivait toutes ces parcelles de terre. Mais c’est un battant et il ne reste pas triste longtemps. Il lui suffit de retourner à ses plantations pour retrouver goût à la vie. Son jardin, c’est sa thérapie. C’est bien ce qui donne envie à son petit-fils de le suivre. En élève appliqué, il pose des questions, il copie les gestes de son grand-père et comprend que même s’il est rude (peut-être même parce qu’il est rude ?) le contact avec la terre l’apaise. Nous offrant des plans larges aux couleurs multiples et aux senteurs qu’il nous est facile d’imaginer, le documentariste filme encore et toujours pour que nous puissions tous profiter de ce bel héritage. Tout au long de l’année, on sème, on cueille, on récolte, on fait même des conserves de tomates et de haricots en vue de l’hiver à venir. Rien n’arrête Papy Vincent. Même quand il tombe de l’échelle, il se relève en riant. Seul Martin a eu peur. En plus d’être légèrement cascadeur, il a l’œil qui frétille, Papy. Sans jugement d’aucune sorte, mais quand même avec une pointe de commisération, il regarde le jardin de son voisin aux légumes parfaitement alignés et aux calibres parfaits, poussés à l’aide de quelques produits qu’ils jugent peu recommandables. Chez lui, c’est un peu le désordre. Mais il revendique cette anarchie horticole. En lui sommeille, l’âme d’un rebelle, de celui qui n’est pas prêt à se plier aux lois du marché et c’est pour ça qu’on l’aime. La seule loi qui peut le faire obéir, c’est celle de la nature et des saisons.

Certes, il n’est pas comédien professionnel mais il sait parfaitement nous suggérer, non sans malice, sa compassion plus ou moins feinte, face aux tomates chétives de sa belle-sœur, grandies sans amour selon lui. Car Papy Vincent est drôle et généreux. On prend plaisir à l’écouter délivrer son message de bon sens. Sa parole posée et authentique nous persuade sans difficulté de la nécessité de ce retour aux sources. Un Dialogue avec mon jardinier tout simple mais tellement bénéfique pour le corps et pour l’esprit. (àvoiràlire)


Cotignac : vendredi 3 à 21h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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