Au(x) cinéma(s) du 1er au 7 novembre 2017

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Voici ce qui vous attend cette semaine dans vos cinémas. Au CGR pas de film de ciné club pendant les vacances de Toussaint. Nous vous annonçons déjà les soirées Entretoiles : le 12 Novembre une soirée “Polars” avec Le Caire Confidentiel et K.O.  et le 26  novembre le film russe Faute d’amour. Le 10 décembre  une soirée avec les films Happy End et Une Famille syrienne.

Dans  les salles  alentour  des nouveautés : à Lorgues un film bulgare Taxi Sofia et un film d’Amos Gitai À l’ouest du Jourdain . Au Vox, Jeune femme et Corps et âmes film primé au Festival de Berlin.

Et ne manquez surtout pas à CGR et dans les salles aux alentours  Au revoir là-haut  pour ceux qui ont aimé le roman de Pierre Lemaître et qui sont curieux de voir comment Albert Dupontel l’a adapté à l’écran : ils ne seront pas déçus !
 
Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)
 
Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

PROGRAMMATION DU 1ER AU 7 NOVEMBRE 2017
Affiche
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Taxi Sofia
Réalisé par Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn VOSTF
avec Vassil Vassilev-Zuek, Ivan Barnev, Assen Blatechki, Irini Zhambonas, Vasil Banov...
Scénario de Simeon Ventsislavov et Stephan Komandarev
« Il n'y a que deux sortes de chauffeurs de taxi », rigolait Desproges : « Ceux qui vous racontent leur putain de vie, qui parlent, parlent, parlent alors qu'on voudrait la paix. Et ceux qui se taisent, qui se taisent, rien, pas bonjour, alors qu'on est tout seul derrière, au bord de mourir de solitude… ». C’était avant l’avènement d’une troisième catégorie de chauffeurs : cultivés, ayant souvent plus de conversation et d’esprit que leurs passagers. Professeur, scientifique, musicien… le jour, taxi la nuit… À Sofia, s'il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangréné par la corruption... lire la suite
Lorgues : ven 3 / 17h00 VOST, dim 5 / 20h20 VOST, lun 6 / 19h00
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À l'ouest du Jourdain
Réalisé par  Amos Gitaï
Documentaire Israël / France 1 h 24 min
Trente-cinq ans après son film Journal de campagne, le réalisateur israélien Amos Gitaï a décidé de retourner filmer dans les territoires occupés et de partir à la rencontre de celles et ceux qui cherchent des solutions pour sortir de l’impasse dans laquelle les décisions politiques les enferment. Il participe à une réunion du Cercle des parents, une association de mères israéliennes et palestiniennes ayant perdu des enfants à cause du conflit, ainsi qu’à une séance de B’Tselem, une organisation de droits de l’Homme qui encourage les femmes palestiniennes à filmer les exactions commises dans les territoires occupés. Il visite une école bédouine actuellement menacée de démolition en raison de la récente loi dite de « régularisation » de l’occupation de terres palestiniennes par des colons. Il interroge des responsables politiques et des journalistes israéliens. Ces rencontres sont entrecoupées par des extraits d’un entretien du cinéaste avec Yitzhak Rabin, peu avant son assassinat : on est stupéfaits de l’espoir que transmettent encore aujourd’hui ses paroles et de sa vision presque prophétique de la situation de son pays… lire la suite
Lorgues :  ven 3 / 19h00 VOST, sam 4 / 20h40 VOST, lun 6 / 17h00
Affiche
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Au revoir là-haut
Réalisé par Albert DUPONTEL
France 2017 1h55mn
avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, Niels Arestrup, Mélanie Thierry, Emilie Dequenne, Jonathan Louis... et la formidable Héloïse Balster de Pontoise...
Scénario d’Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d’après son roman, Prix Goncourt 2013
Le roman de Pierre Lemaître, un des Prix Goncourt les plus populaires et les plus appréciés de ces dix dernières années, ample récit foisonnant de personnages inoubliables, de situations fortes, de rebondissements captivants, représentait un sacré défi d'adaptation au grand écran. Et on se dit en voyant le film qu'Albert Dupontel était bel et bien l'homme de la situation : il saute aux yeux que son univers, peuplé de marginaux de tous poils qui peinent à trouver leur place dans une société qui les rejette, embrasse complètement l’œuvre de Lemaître. Et puis il y a son côté corsaire du cinéma, son appétit démesuré, sa folie déjantée que rien ne semble pouvoir effrayer, et sûrement pas un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il... lire la suite
CGR (Draguignan) : mer 1 jeu 2    vend 3    sam 4   dim 5   lun 6   mar 7 / 19h45 et 22h, lun 6 et mardi 7/ 13h30 et 16h
Cotignac : jeu 2  18h et 20h30
Salernes : mer 1  ven 3 et mar 7 / 20h30, lun 6 / 18h
Affiche
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Jeune femme
Écrit et réalisé par Léonor SERRAILLE
France 2017 1h37mn
avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard...
Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues)
Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : Mer 01 13:40 18:15 20:45 Jeu 02 13:40 20:30 Ven 03 13:40 16:00 18:15 Sam 04 13:40 18:15 20:30 Dim 05 13:40 15:45 17:55 Lun 06 13:40 18:00 20:00 Mar 07 13:40 15:50 20:30
Affiche
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Corps et âme
Écrit et réalisé par Ildiko ENYEDI
Hongrie 2017 1h56mn VOSTF
avec Alexandra Borbély, Geza Morcsanyi, Reka Tenki, Zoltan Schneider...
Ours d’Or, Festival de Berlin 2017
Comme souvent les grands films, celui-ci nous captive et nous embarque dès les premières images. Premier plan : un couple de cervidés majestueux marche dans la neige d’une forêt endormie pour l’hiver. Distants et étrangement solidaires, ils s’observent du coin de l’œil, se cajolent secrètement. Plan suivant : une vache aux yeux expressifs, coincée dans une cellule trop étroite, essaie de happer une brise d’air frais venue du dehors. Désespérément seule dans un univers de béton, loin de son élément naturel.  En quelques secondes nous sommes à la croisée de deux mondes. Du premier on peut rêver, mais toujours le second vous rattrape, réaliste et clinique. Comme la blancheur immaculée de la graisse des bêtes que l’on sacrifie. Car nous sommes dans l’endroit le plus improbable pour faire naître une histoire d’amour. Et pourtant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : Mer 01 15:25 Jeu 02 15:25 17:45 Ven 03 15:25 18:15 Sam 04 15:25 Dim 05 20:30 Lun 06 15:45 17:55 Mar 07 15:45 20:30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Taxi Sofia
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn VOSTF
avec Vassil Vassilev-Zuek, Ivan Barnev, Assen Blatechki, Irini Zhambonas, Vasil Banov...
Scénario de Simeon Ventsislavov et Stephan Komandarev

« Il n'y a que deux sortes de chauffeurs de taxi », rigolait Desproges : « Ceux qui vous racontent leur putain de vie, qui parlent, parlent, parlent alors qu'on voudrait la paix. Et ceux qui se taisent, qui se taisent, rien, pas bonjour, alors qu'on est tout seul derrière, au bord de mourir de solitude… ».
C’était avant l’avènement d’une troisième catégorie de chauffeurs : cultivés, ayant souvent plus de conversation et d’esprit que leurs passagers. Professeur, scientifique, musicien… le jour, taxi la nuit… À Sofia, s'il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangréné par la corruption. Forts de tout ce qu'ils voient et entendent au volant, ils ont pu en conclure que si la Bulgarie est un pays peuplé d’optimistes, c’est que les pessimistes et les réalistes l’ont quitté depuis longtemps, avec Dieu en prime pour faire bonne mesure ! S’embarquer avec eux est un voyage jubilatoire, peuplé d’anecdotes kafkaïennes qui dressent un diagnostic infaillible sur une société bulgare en pleine déliquescence.

L'épisode qui ouvre le film est basé sur un incident véritable qui a mis en émoi tout le pays. Au petit matin, avant d’emmener sa gamine à l’école, Micho découvre son entreprise assaillie par des usuriers, huissiers et autres rapaces. Il essaie de redresser la situation mais nul crédit ne va lui être accordé. Chacun en profitera au contraire pour essayer de le pressurer un peu plus, lui réclamer des pots-de-vin disproportionnés, jusqu’à ce que sa position ne soit plus tenable. Constatant qu'il n'a plus rien à espérer de personne, notre entrepreneur malchanceux, après avoir mis sa fillette à l’abri, commettra un acte réjouissant dont beaucoup rêveraient en de pareilles circonstances : il va abattre son banquier ! Pourtant Micho était prêt à tout pour s’en sortir honnêtement. Même à conduire un taxi la nuit après une dure journée de travail…
L'affaire fera l'objet de vifs débats, relayés par la radio. Le trait de génie du film, d’une grande puissance formelle et narrative, est de les suivre de l’intérieur, depuis cinq autres taxis, chaque chauffeur ayant sa propre histoire poignante ou/et drôle à raconter. Chaque parcours, si différent soit-il, témoigne de la même galère due à cette double vie menée pour essayer de joindre les deux bouts dans un pays où même les lycéennes sont prêtes à tout pour plumer les plus riches et méprisent les losers qui sont assez idiots pour trimer dans un pays où la probité ne paie plus. Au volant des taxis, on croisera des individus incroyables : un retraité déprimé, une mère de famille excédée, un prêtre décomplexé… On est loin d’imaginer jusqu’où chaque nouveau conducteur (et conductrice, il y a une femme dans le lot) va nous entraîner et ce qu'il va advenir de son passager. Celui qui menace de se suicider en se jetant du haut d’un pont passera-t-il à l'acte ? Et ce boulanger épuisé par une vie de trop dur labeur ? Qu’arrivera-t-il à ce chirurgien qui doit transplanter son dernier cœur avant de s’exiler ? Ou encore à cet homme d’affaire vaniteux qui navigue d’un aéroport à un autre, se gavant sans vergogne sur le dos des plus faibles ?

Tout cela devient très vite prenant. Les répliques fusent comme autant de perles pour construire ce bijou d’humour noir et d’humanité. Le titre original du film est Posoki = Directions… Faisant allusion non seulement à celles que suivent les taxis, mais à celles que devraient emprunter les Bulgares pour sortir des ornières d’un pays où personne n’ose plus rêver d’autre chose que de survie.

Lorgues : ven 3 / 17h00 VOST, dim 5 / 20h20 VOST, lun 6 / 19h00

À l'ouest du Jourdain
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par  Amos Gitaï
Documentaire Israël / France 1 h 24 min

Trente-cinq ans après son film Journal de campagne, le réalisateur israélien Amos Gitaï a décidé de retourner filmer dans les territoires occupés et de partir à la rencontre de celles et ceux qui cherchent des solutions pour sortir de l’impasse dans laquelle les décisions politiques les enferment. Il participe à une réunion du Cercle des parents, une association de mères israéliennes et palestiniennes ayant perdu des enfants à cause du conflit, ainsi qu’à une séance de B’Tselem, une organisation de droits de l’Homme qui encourage les femmes palestiniennes à filmer les exactions commises dans les territoires occupés. Il visite une école bédouine actuellement menacée de démolition en raison de la récente loi dite de « régularisation » de l’occupation de terres palestiniennes par des colons. Il interroge des responsables politiques et des journalistes israéliens. Ces rencontres sont entrecoupées par des extraits d’un entretien du cinéaste avec Yitzhak Rabin, peu avant son assassinat : on est stupéfaits de l’espoir que transmettent encore aujourd’hui ses paroles et de sa vision presque prophétique de la situation de son pays...

« Face à une situation politique bloquée, des initiatives individuelles émergent. On assiste à une mutation de la résistance pacifique. Ce film parle d’une réponse possible. Celle, émouvante, de gens qui n’ont pas le pouvoir mais auxquels restent un idéal, une opinion, qui les poussent à agir quels que soient les risques, les conséquences, les insultes et les accusations. Quand j’ai démarré ce projet j’ai dit aux producteurs : "si vous attendez un film où tous les Palestiniens sont des terroristes, et tous les Israéliens des salauds de colons, ne comptez pas sur moi, je veux aller chercher les fissures dans le mur". » Amos Gitaï ( Utopia)


Lorgues :  ven 3 / 19h00 VOST, sam 4 / 20h40 VOST, lun 6 / 17h00

Au revoir là-haut

Réalisé par Albert DUPONTEL
France 2017 1h55mn
avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, Niels Arestrup, Mélanie Thierry, Emilie Dequenne, Jonathan Louis... et la formidable Héloïse Balster de Pontoise...
Scénario d’Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, d’après son roman, Prix Goncourt 2013

Le roman de Pierre Lemaître, un des Prix Goncourt les plus populaires et les plus appréciés de ces dix dernières années, ample récit foisonnant de personnages inoubliables, de situations fortes, de rebondissements captivants, représentait un sacré défi d'adaptation au grand écran. Et on se dit en voyant le film qu'Albert Dupontel était bel et bien l'homme de la situation : il saute aux yeux que son univers, peuplé de marginaux de tous poils qui peinent à trouver leur place dans une société qui les rejette, embrasse complètement l’œuvre de Lemaître. Et puis il y a son côté corsaire du cinéma, son appétit démesuré, sa folie déjantée que rien ne semble pouvoir effrayer, et sûrement pas un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il.

Quoiqu’il en soit, Dupontel signe un grand beau film à la fois épique et burlesque, lyrique et caustique, politiquement incorrect et poétique en diable qui réunit toutes les qualités que l’on aime chez lui, avec une maîtrise qui impressionne. Quant à l'éternelle question de la fidélité à l'œuvre littéraire, on dira que Dupontel a pris quelques libertés quant à la lettre – ajoutant quelques épisodes purement cinématographiques – mais a tout à fait respecté l'esprit du roman, dont on retrouve à l'écran toute la verve et la puissance (il ne vous aura d'ailleurs pas échappé que Pierre Lemaître lui-même co-signe le scénario).
Novembre 1918. A quelques jours de l’Armistice, Edouard Péricourt sauve Albert Maillard d’une mort certaine. Rien en commun entre ces deux hommes si ce n’est la guerre et le lieutenant Pradelle qui, en donnant l’ordre d’un assaut absurde, brise leurs vies en même temps qu’il lie leurs destins. Sur les ruines du carnage de la première guerre mondiale, chacun va tâcher de survivre : Pradelle, plus cynique que jamais, symbole du grand capitalisme, s’apprête à faire fortune sur le dos des morts tandis qu’Albert et Edouard, condamnés à vivre, vont tenter de monter une arnaque monumentale, comme une revanche sur tous ces salauds planqués qui les ont envoyés au casse-pipe.

Au revoir là-haut, c’est l’histoire d’une tragédie racontée comme une farce, c’est un cœur tendre enrobé dans le mauvais esprit d’un voyou, c’est la puissance d’un regard généreux qui englobe aussi dans cette sublime histoire d’amitié une charge contre les puissants, les salauds, les politiques véreux ou va-t-en guerre… et c’est le film le plus abouti et le plus romanesque d’un vrai cinéaste.


CGR (Draguignan) : mer 1 jeu 2    vend 3    sam 4   dim 5   lun 6   mar 7 / 19h45 et 22h, lun 6 et mardi 7/ 13h30 et 16h
Cotignac : jeu 2  18h et 20h30
Salernes : mer 1  ven 3 et mar 7 / 20h30, lun 6 / 18h


Jeune femme
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Léonor SERRAILLE
France 2017 1h37mn
avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard...
Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues)

Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements…

Paula est sans doute emblématique de toutes ces trentenaires contemporaines un peu larguées, tenaillées entre leurs dépendances affectives et un désir d’indépendance et de liberté qu’elles ont du mal à conquérir. Ce qu'elle vit là, c'est plus qu’une rupture, c’est presque la perte d’elle-même tant elle était habituée à n’exister que par le regard de son homme, de ce photographe qui la valorisait. Pour garder quelque chose de lui, elle ira jusqu’à kidnapper son chat… Une bête plutôt inintéressante et moche, un véritable boulet qu’elle ne semble même pas apprécier. Mais que ne ferait-elle pas pour garder un petit lien ténu avec celui qu’elle a aimé, qui l'a aimée ? Paumée, à la rue avec ce crétin de félin sur les bras, abandonnée dans un Paris où elle ne connaît personne, après des années paradisiaques passées au Mexique, on la sent vraiment mal barrée.
On ne sait d’où elle a tiré cette hargne d’animal blessé. N’empêche que c’est dans cette rage qu’elle va puiser la force nécessaire pour rebondir. Ce largage dans Paris devient presque une chance et va lui permettre de s’émanciper. Son manque d’amour propre lui octroie toutes les audaces. Prête à tout, sans vergogne, Paula fait feu de tout bois. Malheur à celle qui pense l’avoir reconnue dans la rue : Paula débarque chez elle et s’incruste avec sa brosse à dents pour le meilleur et pour le pire. Une annonce de garde d'enfant passe à sa portée ? Notre héroïne se la joue nounou, une nounou peu conventionnelle, trouble-fête qui va vite faire tache dans un foyer trop bien rangé ! On cherche une vendeuse de culottes ? Qu’à cela ne tienne : elle s’improvise marchande et décroche le poste lors d’un entretien d’embauche des plus burlesques. Bien sûr elle se fait larguer de partout, vu que tout cela n’est que de l’esbroufe et que sur la durée, il faut bien qu'elle finisse par se l'avouer : elle ne sait rien faire, à part être elle-même et c’est déjà énorme. Cette tête de mule incarne à elle seule toute une génération débrouille secouée par la crise et qui n’a d’autre perspective que de vivre d’expédients et de petits boulots.

Le rôle principal est endossé avec un brio fracassant par Laetitia Dosch qui explose à l’écran. Elle impose un jeu d’une incroyable sincérité, porte le film avec une énergie folle, soutenant sans faillir son rythme endiablé. Grace à elle Paula est plus qu’une simple gonzesse compliquée, elle lui donne toute la complexité d’une jeune femme qui se cherche, assume ses faiblesses, ses contradictions, finit par ne plus avoir peur ni honte d’elle-même. Une jeune femme parmi tant d’autres, inoubliable.

Le Vox (Fréjus) : Mer 01 13:40 18:15 20:45 Jeu 02 13:40 20:30 Ven 03 13:40 16:00 18:15 Sam 04 13:40 18:15 20:30 Dim 05 13:40 15:45 17:55 Lun 06 13:40 18:00 20:00 Mar 07 13:40 15:50 20:30

Corps et âme
Écrit et réalisé par Ildiko ENYEDI
Hongrie 2017 1h56mn VOSTF
avec Alexandra Borbély, Geza Morcsanyi, Reka Tenki, Zoltan Schneider...
Ours d’Or, Festival de Berlin 2017

Comme souvent les grands films, celui-ci nous captive et nous embarque dès les premières images. Premier plan : un couple de cervidés majestueux marche dans la neige d’une forêt endormie pour l’hiver. Distants et étrangement solidaires, ils s’observent du coin de l’œil, se cajolent secrètement. Plan suivant : une vache aux yeux expressifs, coincée dans une cellule trop étroite, essaie de happer une brise d’air frais venue du dehors. Désespérément seule dans un univers de béton, loin de son élément naturel.
En quelques secondes nous sommes à la croisée de deux mondes. Du premier on peut rêver, mais toujours le second vous rattrape, réaliste et clinique. Comme la blancheur immaculée de la graisse des bêtes que l’on sacrifie. Car nous sommes dans l’endroit le plus improbable pour faire naître une histoire d’amour. Et pourtant… C’est bien dans un abattoir des plus proprets que la magie va se produire. Il faut dire que le directeur de l’établissement est un personnage très éloigné de l'idée qu'on pourrait s'en faire. Endre n’a rien d’un boucher sanguinaire et insensible. Seuls ceux qui ont de l’empathie pour les bêtes ont de la place dans son métier, il le dit sans détours. De lui se dégage une sensation de puissance douce, de distance semblable à celle des vieux cerfs nobles et sauvages qui savent que pour eux la partie est terminée et se contentent de survivre, solitaires, en marge de la harde et de l’observer.

Du haut de son bureau, le monde semble devenu insignifiant. Pourtant, un matin, parmi ses employés, quelque chose attire son regard. Plus qu’une silhouette c’est une attitude qu’il remarque. Celle d’une jeune femme blonde et gracile, qui se tient en retrait du groupe. Elle a le regard d'une biche aux abois et semble vouloir se tapir à l’ombre de grands arbres qui n'existent pas dans la cour goudronnée. Renseignements pris, elle est la nouvelle contrôleuse qualité, tatillonne, taiseuse, qui passe aux yeux de tous pour une sorte de bêcheuse tant elle n’essaie pas de communiquer. Mais en est-elle capable ? Le soir, dans son appartement aussi aseptisé qu’une maison de poupée, elle remet en scène sa journée de manière cocasse, les personnages qui l’ont peuplée, un surtout… Puis, au réveil, elle repart vers son boulot, accomplissant impeccablement sa mission. Chaque jour arrive comme une vague de routine où elle se replonge sans mot dire. Sauf à son psy, un vieux bonhomme usé qui ne cesse comiquement de lui seriner « Maria, vous ne voudriez pas vous trouver un psychiatre pour adultes ? » Et tombe toujours le même « non », au grand désespoir du praticien. Tout le film est émaillé de ces fines scènes colorées de l’intérieur, poétiques, drôles, qui créent autour des personnages un patchwork subtil et attachant.
On se prend à espérer que la main de Endre frôle celle de Maria. On se désespère quand cette dernière le repousse, les renvoyant tous deux à leur immense solitude, à leurs handicaps respectifs. Car l’incapacité de Maria à aller au contact des autres, si elle est moins apparente que la paralysie qui frappe le bras de son patron, n’en est pas moins violente.
Il faudra l’intervention d’une croustillante rousse pulpeuse pour les projeter dans une autre dimension, celle de leurs songes. Après avoir pensé à quelque méchante plaisanterie, Maria et Endre vont devoir se plier à l’évidence déroutante. Au cœur de chaque nuit, dans le creux intime de leurs rêves, ils galopent ensemble. Lui le cerf solitaire, elle la biche effarouchée…

Dans ce film splendide, les mots en disent moins long que les regards. Et celui de la réalisatrice n’est pas loin d’évoquer l’univers tendre d’un Buster Keaton : une ironie douce amère mâtinée de compassion. Une forme de désespérance joyeuse, discrète, qui nous ramène humblement à notre condition humaine. L’essentiel restant à tout jamais invisible pour nos yeux (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : Mer 01 15:25 Jeu 02 15:25 17:45 Ven 03 15:25 18:15 Sam 04 15:25 Dim 05 20:30 Lun 06 15:45 17:55 Mar 07 15:45 20:30

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