Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 décembre 2017

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Au CGR  cette semaine, rien à se mettre sous la dent ! C'est la semaine de Noël, donc place aux enfants avec 3 films d'animation qui,valent le coup : Coco de Lee Unkrich, Drôles de petites bêtes de Antton Krings et Ernest et Célestine en hiver de Julien Chheng (Lorgues).
Sinon à Lorgues le documentaire de Depardon 12 Jours, grand film sur l'enfermement, la relativité de la folie et les limites de la justice, et Marvin ou la belle éducation de Anne Fontaine, un film attachant avec des acteurs exceptionnels (et au Luc)
A Salernes et au Luc, Le Brio une comédie dramatique où l’art de la rhétorique devient une source de suspense jubilatoire.

Au Vox La Villa le nouveau film de Guédiguian entre nostalgie et résignation, Lucky , dont le charme et la réussite  tiennent  à son incroyable acteur de 90 ans Harry Dean Stanton, Wonder de Stephen Chbosky, un film familial lumineux sur l'amour et l'estime de soi, et l'excellent Les gardiennes de Xavier Beauvois

Plusieurs choses à noter dans vos agendas pour le mois de janvier :
-1 soirée Entretoiles le dimanche 14 janvier avec Western de Valeska Grisebach et Détroit de Kathryn Bigelow (et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2) et une autre le 28 janvier avec En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui
- Un film proposé par Colibris le 9 janvier :  La terre et l'ombre
- Une conférence de France Inter le 19 janvier au CGR sur les bienfaits de la bienveillance le 19 janvier avec Christophe André
- Une projection organisée par Collectif Migrants Var Est.au CGR le 18 Janvier à 20h. 5€ +1€ le film sera suivi d 'un débat en présence de La réalisatrice."Sur la route d'Exarcheia" ,un film vivifiant, qui donne la pêche,
- en janvier les films ciné club au CGR seront : Bonhomme de neige de Tomas Afredson, Tout nous sépare de Thierry Kifa et La Villa de Robert Guédiguian

  Nous vous souhaitons à tous de bonnes fêtes de fin d'année. Nous ne ferons pas de mail la semaine prochaine et vous donnons donc rendez vous l'année prochaine le mercredi 3 janvier

Une dernière chose importante à noter : l'assemblée générale annuelle d'Entretoiles qui aura lieu le lundi 22 janvier à 17h30. Nous vous enverrons les convocations en début d'année !
 

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 20 AU 26 DÉCEMBRE 2017

 

Affiche
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Coco
Réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina
Film d'animation USA 2017 1h45mn
Pour les enfants à partir de 6 ans
Oubliez les tombes grisâtres et les tristes pluies de la Toussaint. Au Mexique, le Jour des morts est une fête. Une débauche d’ornements somptueux et de teintes fleuries, un carnaval où la mort se pare du chatoiement de la vie. Dernier-né des studios Pixar, Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision fantastique et baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte. Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres... lire la suite
CGR : tous les jours à 11h, 13h40 et 15h50
Le Luc : mercredi 20 à 9h30 et 14h, jeudi 21 à 14h15, vendredi 22à 9h15, samedi 23 et mardi 26 à 18h, dimanche 24 à 10h30
Cotignac : vendredi 22 à 18h et 20h30
Affiche
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12 Jours
Écrit et réalisé par Raymond DEPARDON
Documentaire France 2017  1h27mn
Les couloirs de l'hôpital, froids, impersonnels, anxiogènes, témoins muets des souffrances psychiques, des errances intérieures, du mal à vivre en paix, du mal à vivre ensemble. C'est ici que l'on mène par la main mais éventuellement par force des femmes et des hommes qui peuvent présenter un danger pour eux-même ou les autres, ou provoquer des troubles à l'ordre public, parfois tout cela en même temps.
Depuis la loi du 27 septembre 2013, les patients hospitalisés sans leur consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant douze jours puis tous les six mois si nécessaire. Parce que la justice ne peut et ne veut se substituer ni à l'expertise psychiatrique ni aux soins, et parce qu'elle souhaite apporter la meilleure réponse à ces personnes, un juge doit donc évaluer, avant la fin des douze jours d'hospitalisation et en étroite collaboration avec les experts médicaux, si l'hospitalisation doit se poursuivre, s'arrêter, ou s'adapter...
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Le Vox : vendredi 22 à 20h
Affiche
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Le Brio
Réalisé par Yvan ATTAL
France 2017 1h35mn
avec Daniel Auteuil, Camelia Giordana, Yasin Houicha, Nozha Khouadra...
Scénario de Yaël Langmann, Victor Saint Macary, Yvan Attal et Bryan Marciano
C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements... lire la suite
Salernes : vendredi 22 et samedi 23 à 20h30, mardi 26 à 18h
Le Luc : mercredi 20 à 18h30, vendredi 22 à 19h, samedi 23 à 21h et dimanche 24 à 16h
Affiche
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Drôles de petites bêtes
Réalisé par Antoon KRINGS et Arnaud BOURON
Film d'animation France / Luxembourg 2017 1h17mn VF
Scénario original d'Antoon Krings, Arnaud Delalande et Christel Gonnard, d'après les célèbres albums d'Antoon Krings. Pour les enfants à partir de 5 ans
Dans un jardin merveilleux vivent de drôles de petites bêtes. Elles ont élu domicile au milieu des tulipes, des roses, des jacinthes et des coquelicots. Il y a Mireille l'Abeille, Siméon le Papillon, Belle la Coccinelle, Camille la Chenille, Loulou le Pou et tous leurs amis… Tout au fond du jardin, Monsieur Citrouille, l'épouvantail, surveille le potager et Lulu la Tortue le cultive avec amour. Les rainettes donnent des concerts de coassements, le soir, dans l'étang, assises sur les feuilles des nénuphars et s'égaillent dans la fraîcheur des roseaux le jour venu. Il y a même une fée, Carole la Luciole, qui fait la fête avec les papillons de nuit ; et un lutin bien sûr, Benjamin, le chouchou de tous !... lire la suite
CGR : mercredi 20 à 11h15, 14h et 18h, samedi 23, dimanche 24, lundi 25 et mardi 26 à 11h15, 14h, et 16h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 14h15 et 16h15, samedi 23 à 13h40 et 15h35, dimanche 24 à 15h30, lundi 25 à 15h, mardi 26 à 13h40
Affiche
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Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine
Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là... lire la suite
Le Luc : mercredi 20 à 20h30 et jeudi 21 à 18h30
Lorgues : mercredi 20 à 21h et vendredi 22 à 19h
Affiche
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Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon
Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 20 à 13h40 et 18h, jeudi 21 à 16h et 20h, vendredi 22 à 13h40et 18h10, samedi 23 à 15h45 et 18h, dimanche 24 à 15h40, lundi 25 à 17h30 et mardi 26 à 15h45
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Wonder
Réalisé par Stephen Chbosky
USA 2017 1h51mn VOSTF
avec Julia Roberts, Owen Wilson, Mandy Patinkin, Jacob Tremblay...
Un film familial aussi enthousiasmant que lumineux sur l’amour et l’estime de soi. L’histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure d’Auggie finira par unir les gens autour de lui,On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux", selon le renard du Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Si cet adage n’est qu’une jolie formule pour les uns, il a une importance capitale pour d’autres, comme le jeune Auggie, personnage principal du roman Wonder, transposé à l’écran par l’écrivain, scénariste, producteur et réalisateur américain Stephen Chbosky... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 VF : 15h40, 20h30, jeudi 21 VF 16h15, 18h30 et VO 20h45, vendredi 22 VO 17h45 et VF 20h45, samedi 23 VF 16h35 et 20h45, dimanche 24 VF 13h40 et 17h50, lundi 25 VF 17h30 et VO 20h30, mardi 26 VO 18h et VF 20h45
Affiche
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La Villa
Réalisé par Robert GUÉDIGUIAN
France 2017 1h47mn
avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan, Robinson Stévenin...
Scénario de Robert Guédiguian et Serge Valetti
Nous voilà plongés une nouvelle fois au cœur de l’Estaque, à prendre son pouls, à respirer son souffle. Si les ingrédients sont les mêmes, ne croyez pas pour autant que Robert Guédiguian va nous servir du déjà vu, du surgelé, du réchauffé. C’est comme en cuisine : regardez la multitude de plats qu’on peut faire avec simplement du beurre et de la farine. Entre la pâte feuilletée, la brioche, les choux, les crêpes… il y a un monde. Entre À la vie à la mort, Marius et Jeannette… et aujourd’hui La Villa… également. Mis bout à bout ils forment comme une chronique sur les idéaux d’une génération, leur confrontation avec un monde en mutation... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 : 16h10 et 20h30, jeudi 21 à 18h35, vendredi 22 à 15h30 et 18h30, samedi 23 à 17h45 et 20h45, dimanche 24 à 17h30, lundi 25 à 15h et 20h30, mardi 26 à 15h45 et 20h45
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Lucky
Réalisé par John Carroll LYNCH
USA 2017 1h28mn VOSTF
avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skeritt, Beth Grant...
Scénario de Logan Sparks et Drago Sumonja
Une preuve de plus qu'un beau film peut se bâtir sur trois fois rien. Lucky, à partir de situations on ne peut plus ordinaires, traitées avec un flegme imperturbable, s'impose tranquillement comme une chronique aussi simple que bouleversante, aussi tendre que drôle sur la fin d'une vie. Il suffit, pour créer un univers et nous embarquer, d'un paysage : le désert californien, de quelques lieux : le bar vieillot et chaleureux, la maison précaire du héros, et surtout d'un acteur hors du commun : Harry Dean Stanton et ses plus de 90 ans au compteur au moment du tournage, son phrasé, sa démarche unique de cowboy sans cheval, ses expressions mi blasées mi ironiques... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 18h15, jedui 21 à 16h15, vendredi 22 à 13h40, samedi 23 à 18h30, dimanche 24 à 16h, mardi 26 à 18h30
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Ernest et Célestine en hiver
Réalisé par Julien CHHENG et Jean-Christophe ROGER
Film d'animation France 2016 48mn
Pour les enfants à partir de 3 ans
Est-il encore besoin de les présenter ? Ernest, le gros ours de Charabie qui aime jouer de la musique et manger de la confiture, et Célestine, la petite souris orpheline qu’il a recueillie chez lui. C’est avec une grande joie que nous retrouvons ces deux compères pour de nouvelles aventures placées sous le signe de l’hiver. Le dessin est toujours aussi beau, les couleurs délicates, le ton malicieux et sensible : un régal ! Bibi : par un jour de grand vent, Ernest et Célestine trouvent un œuf. Sous leurs yeux ébahis, un minuscule oison casse sa coquille et les adopte aussitôt. Durant tout l’été, ils prennent soin de Bibi qui grandit à vue d’œil. Il va bien falloir qu’il retrouve les siens pour la grande migration… lire la suite
Lorgues : samedi 23 à 16h55 et mardi 26 à 16h 


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 Coco

 

 

Réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina
Film d'animation USA 2017 1h45mn
Pour les enfants à partir de 6 ans

Oubliez les tombes grisâtres et les tristes pluies de la Toussaint. Au Mexique, le Jour des morts est une fête. Une débauche d’ornements somptueux et de teintes fleuries, un carnaval où la mort se pare du chatoiement de la vie. Dernier-né des studios Pixar, Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision fantastique et baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte. Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres…

A Santa Cecilia vit une drôle de famille. Tous cordonniers, de génération en génération, depuis que Papi a plaqué Mamie pour aller pousser la chansonnette. A cause de cet ancien trauma, plus personne n’a le droit de produire la moindre note, le plus petit accord de guitare. Miguel, le petit dernier, est bien décidé à braver le tabou. Son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : une formidable mégapole de morts très vivants, de squelettes fantasques, attachants et cocasses. Les gags sont en grande partie assurés par le chien de Miguel, invraisemblable bâtard à la langue pensante. Et les délices du pastiche, par le croustillant latin lover à l’ancienne Ernesto de la Cruz et son tube : Ne m’oublie pas. Mais, comme dans une thérapie familiale, c’est de vérité, de mémoire, de résilience qu’il est question. Où la fête des morts est, avant tout, celle de la vie.

CÉCILE MURY dans Télérama


CGR : tous les jours à 11h, 13h40 et 15h50

12 Jours
Écrit et réalisé par Raymond DEPARDON
Documentaire France 2017  1h27mn

 

 

« De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou » Michel Foucault

Les couloirs de l'hôpital, froids, impersonnels, anxiogènes, témoins muets des souffrances psychiques, des errances intérieures, du mal à vivre en paix, du mal à vivre ensemble. C'est ici que l'on mène par la main mais éventuellement par force des femmes et des hommes qui peuvent présenter un danger pour eux-même ou les autres, ou provoquer des troubles à l'ordre public, parfois tout cela en même temps.

Depuis la loi du 27 septembre 2013, les patients hospitalisés sans leur consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant douze jours puis tous les six mois si nécessaire. Parce que la justice ne peut et ne veut se substituer ni à l'expertise psychiatrique ni aux soins, et parce qu'elle souhaite apporter la meilleure réponse à ces personnes, un juge doit donc évaluer, avant la fin des douze jours d'hospitalisation et en étroite collaboration avec les experts médicaux, si l'hospitalisation doit se poursuivre, s'arrêter, ou s'adapter. C'est ce temps particulier dans le parcours judiciaire et médical des patients/justiciables que Raymond Depardon a choisi de filmer, cet instant bref et pourtant décisif où beaucoup de choses vont se jouer, sur un temps de dialogue très court.
C’est une humanité cabossée, en situation d’extrême faiblesse, que montre Depardon. Une employée d’Orange, parfaitement « normale » en apparence, laisse peu à peu percer sa détresse. Une toute jeune femme, élevée en foyers d’accueil, voudrait revoir sa fillette de deux ans. Un homme demande à la juge de tout faire pour rassurer son père alors qu’il l’a tué dix ans plus tôt… D’autres patients arrivent tout droit d’une chambre d’isolement, voire d’une unité de malades difficiles. La plupart ont le regard dans le vague, plus ou moins abrutis par les médicaments, pas toujours réceptifs aux propos du magistrat.

Filmant comme toujours au plus près des visages qui se crispent, qui se racontent malgré eux, qui souffrent et qui espèrent, Raymond Depardon raconte un domaine de la justice assez méconnu qui pose mille questions sur cette mission délicate de la protection, mais aussi sur la prise en charge de ces êtres parmi les plus fragiles de la société.
Quand la caméra ne filme pas les audiences, elle suit des silhouettes à la démarche incertaine, parfois désarticulées, errant dans des espaces trop petits aux murs trop froids et raconte aussi, à travers les lieux et les ambiances embrumées de la ville, toute la détresse et la solitude de la folie et de dépression. Souvent bouleversant, c'est un film essentiel et précieux pour mieux vivre ensemble. (Utopia)


Le Vox : vendredi 22 à 20h

Le Brio
Réalisé par Yvan ATTAL
France 2017 1h35mn
avec Daniel Auteuil, Camelia Giordana, Yasin Houicha, Nozha Khouadra...

C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements… tout y passe et le gros lard s'en donne à cœur joie parmi les huées de quelques étudiants qui ne supportent plus son attitude cynique et méchante. Le professeur Pierre Mazard est un aigri, solitaire, qui frôle la fin de carrière en ruminant que la littérature n'est plus ce qu'elle était…

Il n'en est pas à son premier dérapage verbal, ce qui lui vaut d'être au bord de se faire éjecter de son poste. Convoqué par ses pairs pour s'expliquer, menacé de sanctions… Vient néanmoins à son secours son supérieur hiérarchique qui apprécie visiblement sa vaste culture : pour montrer qu'il n'est pas l'affreux jojo que tout le monde pense, que Mazard prenne donc sous son aile cette brunette de banlieue et la prépare au concours d'éloquence annuel. L'effet serait garanti si, cette année, une beurette remportait cette prestigieuse compétitions entre universités, faisant ainsi d'une pierre deux coups : éviter la sanction disciplinaire pour Mazard et redorer le blason de la fac d'Assas qui trimballe depuis toujours une piètre image.
Voilà donc que se rejoue sous nos yeux, transposé à notre époque et en plein quartier latin, un nouveau My fair lady sans Audrey Hepburn mais avec une Camelia Giordana qui se débat tout pareil entre la syntaxe et l'imparfait du subjonctif sous la houlette d'un phallocrate bien lourd qui vaut bien ses prédécesseurs dans son approche méprisante du petit peuple, particulièrement des femmes.
Et que croyez vous qu'il arriva ? Noël approche, ses chants de paix, ses scintillantes étoiles et ses rêves œcuméniques : Neila va s'illustrer dans ce concours d'éloquence qui permet au passage de vous rappeler qu'un autre film existe sur le sujet, documentaire celui-là, qu'il s'appelle A voix haute et qu'il vaut le détour.

Ce n'est pas de la dentelle, ce n'est pas la patte minutieuse de l'orfèvre qui travaille le détail… Le trait est large, les caractères drus… mais le rythme est enlevé, les duettistes ont du tempérament, les réparties sont saignantes, souvent drôles et parfois presque tendres, alors Le Brio emporte le morceau. « Intelligente, drôle et grave à la fois, cette comédie est une réponse tonique aux préjugés comme au politiquement correct. Le réalisateur est un môme de Créteil. Il ne se la raconte pas. » C'est Le Canard enchaîné qui l'écrit.(Utopia)


Salernes : vendredi 22 et samedi 23 à 20h30, mardi 26 à 18h
Le Luc : mercredi 20 à 18h30, vendredi 22 à 19h, samedi 23 à 21h et dimanche 24 à 16h


Drôles de petites bêtes
Réalisé par Antoon KRINGS et Arnaud BOURON
Film d'animation France / Luxembourg 2017 1h17mn VF
avec Sonita Alizadeh, ses amis, sa famille, et Rokhsareh Ghaemmaghami...
Scénario original d'Antoon Krings, Arnaud Delalande et Christel Gonnard, d'après les célèbres albums d'Antoon Krings. Pour les enfants à partir de 5 ans

Dans un jardin merveilleux vivent de drôles de petites bêtes. Elles ont élu domicile au milieu des tulipes, des roses, des jacinthes et des coquelicots. Il y a Mireille l'Abeille, Siméon le Papillon, Belle la Coccinelle, Camille la Chenille, Loulou le Pou et tous leurs amis… Tout au fond du jardin, Monsieur Citrouille, l'épouvantail, surveille le potager et Lulu la Tortue le cultive avec amour. Les rainettes donnent des concerts de coassements, le soir, dans l'étang, assises sur les feuilles des nénuphars et s'égaillent dans la fraîcheur des roseaux le jour venu. Il y a même une fée, Carole la Luciole, qui fait la fête avec les papillons de nuit ; et un lutin bien sûr, Benjamin, le chouchou de tous !
Quand Apollon, un grillon saltimbanque au grand cœur, arrive au village des Petites Bêtes, il ne tarde pas à perturber la vie du royaume, à la veille du Jubilé de Marguerite, la reine des abeilles. Entraîné malgré lui dans un complot fomenté par Huguette, la cousine de la reine, visant à s’approprier le trône, Apollon est accusé d’avoir enlevé la souveraine. Cette dernière est en réalité captive des Nuisibles, ennemis du royaume et complices d’Huguette. Apollon, aidé de Mireille l’abeille et de ses nouveaux amis, se lance alors dans une périlleuse mission. Pour libérer la reine et contrecarrer les plans diaboliques de sa traîtresse cousine, les Petites Bêtes devront braver bien des dangers et redoubler d’imagination.

« Il n’est plus besoin de rappeler que la France excelle dans la réalisation de films et de séries d’animation. Drôles de petites bêtes en apporte une nouvelle preuve. On s’émerveille devant la qualité graphique des décors, des personnages, de l’univers du film. Les scènes de jours privilégient les couleurs chaudes : jaune, rouge, orange ; le jardin fleuri est accueillant et la ruche est comme un refuge chaleureux. Les scènes de nuit ont des couleurs plus froides mais sont d’une beauté saisissante, faisant évoluer les personnages dans une obscurité bleutée que viennent percer la pleine lune, les étoiles, les quelques fleurs lumineuses faisant office de lampadaires et le scintillement de Carole la luciole. Plus nombreuses que les scènes de jour, les scènes de nuit apportent toute sa féérie au film, et permettent également de créer un certain suspense, une certaine tension et de susciter autant l’inquiétude que la jubilation chez le spectateur. L’animation est impeccable, fluide, et met parfaitement en valeur le caractère malicieux et attachant des protagonistes. Sont donc ici réunis tous les ingrédients pour que petits et grands passent un excellent moment. » (avoir-alire.com)


CGR : mercredi 20 à 11h15, 14h et 18h, samedi 23, dimanche 24, lundi 25 et mardi 26 à 11h15, 14h, et 16h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 14h15 et 16h15, samedi 23 à 13h40 et 15h35, dimanche 24 à 15h30, lundi 25 à 15h, mardi 26 à 13h40



Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine

Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là.

Avec le recul, pourtant, quand Marvin raconte son histoire, on ne lui sent pas vraiment de rejet ni de haine pour un passé qui le marque pourtant d'une souffrance qui entrave sa vie, l'empêche d'exister : c'est que rien n'est si simple et, malgré tout, sous l'air bourru du père, les coups de gueule et les mots maladroits d'une famille à la vie précaire trop coincée dans une pauvreté qui ne peut qu'engendrer une vision sommaire et réactionnaire du monde, il y a quelque chose qui ressemble à de l'amour.
Le jour où la nouvelle principale déboule dans son collège, elle repère vite que ce garçon délicat et solitaire a du goût pour les lettres et l'horizon de Marvin va s'ouvrir : il suffit qu'elle lui demande de jouer quelque chose de sa vie dans un petit cours de théâtre pour qu'un déclic se produise et que le jeune garçon commence à sortir de l'enlisement qui semblait fatal… Labiche, Victor Hugo, son plaisir pour les mots, leur subtilité libératrice vont le faire choisir pour une classe théâtre, puis il y aura d'autres rencontres, surtout celle avec Abel, metteur en scène grâce à qui il va pouvoir nommer ce qui l'oppresse et franchir une étape de plus… Abel dont l'histoire ressemble à la sienne, et qui a su « faire quelque chose de sa différence », en tirer le meilleur, humain, bienveillant et attentif pour les autres.
Ce qui est formidable dans le film et qu'Anne Fontaine utilise à merveille, c'est sa construction qui nous fait tanguer entre le passé et le présent de Marvin, nous fait ressentir très fort le processus de son évolution, d'autant que le spectacle qu'il sortira de son histoire va devenir comme une forme de dialogue entre l'enfant qu'il était et l'adulte qu'il est en train de devenir. Dans ce spectacle, il joue sa vie, interprétant tous les personnages, dans un dialogue avec son père, avec sa mère, avec lui-même jusqu'à ce qu'il parvienne à une forme de catharsis, de réconciliation avec lui-même, assumant ses désirs, ses amours, sa différence…

Le film ne serait pas aussi attachant si les acteurs n'étaient tous exceptionnels : Grégory Gadebois qui arrive à donner de la subtilité et de la tendresse au personnage du père brutal et gras du bide au point de nous le faire aimer, les deux Marvin, le grand, comme le petit sont en parfaite cohérence… Catherine Mouchet, dans le rôle de la principale, tout comme Vincent Macaigne dans celui d'Abel font exister leurs personnages avec une foultitude de nuances… Et Charles Berling en pygmalion charismatique, et Isabelle Huppert qui joue ici son propre rôle avec beaucoup d'élégance et d'humanité : tous contribuent à faire en sorte que le film soit une sorte d'ode à l'éducation et à la culture qui nous entrainent au-delà de nous-même, nous aident à nous aimer et à grandir. (Utopia)


Le Luc : mercredi 20 à 20h30 et jeudi 21 à 18h30
Lorgues : mercredi 20 à 21h et vendredi 22 à 19h


Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon

Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine.

Les Gardiennes nous transporte donc en 1915 et nous plonge dans le quotidien de la Ferme charentaise du Paridier, tenue par Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet)… Le quotidien est rythmé par le labeur harassant dans les champs, par les tâches pénibles qui autrefois incombaient aux hommes et par la terrible attente des nouvelles du front. Les femmes redoutent plus que tout les visites du maire, qui annoncent souvent le pire, et ne peuvent s'empêcher d'espérer les trop rares et trop courtes permissions qui leur ramènent pour quelques heures les deux fils de la famille, Georges et Constant, ou le mari de Solange, le taciturne Clovis.
Pour répondre aux exigences de la ferme, Hortense va accepter de prendre avec elle la jeune Francine, une orpheline de l'Assistance Publique qui se fait rapidement une place dans la famille par sa ténacité au travail et qui va se rapprocher peu à peu de Georges. Mais l'arrivée en 1917, via Saint-Nazaire et La Rochelle, des premiers soldats américains, fringants et souvent à l'aise financièrement, va peut être changer le destin de la Ferme du Paridier et de ses femmes…

De la même manière qu'il s'était intéressé à la communauté des moines de Thibérine dans le splendide Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois s'attache ici à la communauté de ces femmes soudées par la nécessité de survivre, loin des champs de bataille qui leur confisquent leurs hommes. Comme toujours Beauvois a su choisir des actrices magnifiques, emmenées par Nathalie Baye (qu'il avait déjà dirigée dans Le Petit lieutenant, avec un César à la clé) et Laura Smet, qui incarnent à la perfection ces deux femmes ambivalentes, pas faciles, pas forcément sympathiques mais d'une force, d'une détermination incroyables. Et bien sûr, à travers le destin des femmes se démenant comme elles peuvent à l'arrière, le film évoque la cruauté du sort réservé à tous les hommes broyés par cette absurde tragédie que fut la « grande Guerre », traumatisme majeur du vingtième siècle.

(Utopia)


Le Vox (Fréjus) :mercredi 20 à 13h40 et 18h, jeudi 21 à 16h et 20h, vendredi 22 à 13h40et 18h10, samedi 23 à 15h45 et 18h, dimanche 24 à 15h40, lundi 25 à 17h30 et mardi 26 à 15h45

 

Wonder
Wonder : Photo Julia RobertsRéalisé par Stephen Chbosky
USA 2017 1h51mn VOSTF
avec Julia Roberts, Owen Wilson, Mandy Patinkin, Jacob Tremblay...

Un film familial aussi enthousiasmant que lumineux sur l’amour et l’estime de soi. L’histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure d’Auggie finira par unir les gens autour de lui,On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux", selon le renard du Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Si cet adage n’est qu’une jolie formule pour les uns, il a une importance capitale pour d’autres, comme le jeune Auggie, personnage principal du roman Wonder, transposé à l’écran par l’écrivain, scénariste, producteur et réalisateur américain Stephen Chbosky. Atteint d’une maladie cranio-faciale, dont les soins ont suscité dès sa naissance une série d’opérations, de traitements et autres contraintes médicales, ce jeune garçon de dix ans est sur le point de vivre une grande aventure : sa première rentrée scolaire. Écarté du cursus scolaire normal pendant des années en raison de sa maladie, Auggie, dont le visage porte encore les cicatrices des traitements, devra affronter le regard des autres, réussir sa rentrée tout en se faisant des amis, aidé par une famille qui a toujours été aux petits soins pour lui tout en ne cachant pas son inquiétude.
Entre une mère qui a mis sa carrière d’illustratrice de côté, un père d’une grande douceur qui préfère l’humour à la discipline et une sœur qui a bien été obligée de s’effacer pour laisser ses parents s’occuper de son petit frère malade, le récit est teinté d’humanité et de bienveillance, laissant le rire prendre la place le plus possible sur les larmes malgré une émotion palpable à chaque plan. Divisé en chapitres, qui s’attardent chacun sur le point de vue d’un personnage sur l’histoire d’Auggie (son professeur, son meilleur ami, sa sœur…), le film est un bijou de bonne humeur et parvient à évoquer des thématiques graves avec un regard neuf, humain et argumenté. Le rapport à la maladie, l’importance de l’amitié, mais également le harcèlement scolaire sont abordés avec finesse mais aussi beaucoup de délicatesse. Le réalisateur ne se positionne pas en moralisateur, en accusateur, mais essaye de faire comprendre la souffrance des uns lorsqu’ils sont confrontés à d’autres. L’apitoiement n’est ici pas de rigueur, et la leçon de vie que transmet le long métrage ne peut qu’éveiller les consciences sans susciter cet agacement et cette susceptibilité qu’il est fréquent de manifester lorsque l’on nous expose nos erreurs.
Deux mondes se conjuguent : ceux des enfants et des adultes, afin de mettre en lumière l’importance capitale de l’éducation dans l’acceptation d’enfants comme Auggie.
Éduquer l’attitude, le regard, est peut-être la première étape pour permettre à ces élèves de mieux vivre avec leur handicap, leur maladie ou leur "différence" - le mot étant ici enfin un compliment, et non une accusation. Si les points positifs sont donc très nombreux, l’on pourra regretter tout de même que le scénario se base sur une famille de carte postale, dans une Amérique bien pensante, bien lotie et majoritairement blanche. Auggie, malgré sa maladie, a grandi dans un environnement privilégié qui lui a permis de bénéficier des meilleurs soins et d’un contexte économique favorable. Dans ce déluge de bons sentiments, de pensées positives et d’estime de soi, il est naturel de se demander comment son enfance se serait déroulée si ses parents avaient été pauvres.
Pire encore, pour rappeler que nous sommes tous différents et susceptibles d’être rejetés par les autres, le meilleur copain d’Auggie est un élève boursier qui tait ce détail afin de ne pas être traité différemment par ses camarades. Quand une grave maladie est comparée à un contexte économique délicat afin de mettre ces deux élèves au même niveau, il est normal de ressentir un malaise, et de s’étonner de l’environnement idéalisé dépeint par le film. Alors que le scénario distille chaque détail intelligemment, le contexte financier et familial casse l’équilibre tant il est trop beau pour qu’on y croit vraiment. Tout est trop propre, trop limpide, trop clair... Bref, irréaliste. Reste le casting, absolument parfait, entre la lumineuse Julia Roberts, le sensible et drôle Owen Wilson, et un panel de jeunes acteurs talentueux qui composeront sans nul doute, demain, la nouvelle génération de comédiens qui prendront la relève des George Clooney, Matt Damon et autres Christian Bale. Difficile d’imaginer autrement le destin du jeune Jacob Tremblay, déjà impeccable dans Room et ici prodigieux en petit garçon fragile, dont l’humour et l’autodérision le sauvent de toutes les situations.
Pépite de bonne humeur, le film rappelle surtout qu’il faut s’aimer, malgré les difficultés, l’entourage et le regard des autres, parfois si difficile à supporter. Un feel-good movie indispensable.(àvoiràlire)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 VF : 15h40, 20h30, jeudi 21 VF 16h15, 18h30 et VO 20h45, vendredi 22 VO 17h45 et VF 20h45, samedi 23 VF 16h35 et 20h45, dimanche 24 VF 13h40 et 17h50, lundi 25 VF 17h30 et VO 20h30, mardi 26 VO 18h et VF 20h45

La Villa
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Robert GUÉDIGUIAN
France 2017 1h47mn
avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan, Robinson Stévenin...
Scénario de Robert Guédiguian et Serge Valetti

Nous voilà plongés une nouvelle fois au cœur de l’Estaque, à prendre son pouls, à respirer son souffle. Si les ingrédients sont les mêmes, ne croyez pas pour autant que Robert Guédiguian va nous servir du déjà vu, du surgelé, du réchauffé. C’est comme en cuisine : regardez la multitude de plats qu’on peut faire avec simplement du beurre et de la farine. Entre la pâte feuilletée, la brioche, les choux, les crêpes… il y a un monde. Entre À la vie à la mort, Marius et Jeannette… et aujourd’hui La Villa… également. Mis bout à bout ils forment comme une chronique sur les idéaux d’une génération, leur confrontation avec un monde en mutation.

Dans La Villa, bien sûr Ariane Ascaride est là, et Darroussin aussi, ainsi que toute une bande de fidèles. Ce coup ci c’est pour un conte qui prend des allures de bilan inquiet mais peut-être pas désabusé. Que reste-t-il des rêves de la classe ouvrière, du mode de vie d’un quartier vivant, vibrant, convivial et solidaire ? Que va-t-il rester de la ville tranquille si tous la laissent en pâture aux faiseurs de frics, aux promoteurs immobiliers ?
Robert Guédiguian n’a jamais oublié ses origines de fils de docker marseillais. Il les as transcendées pour créer au fil du temps une œuvre de vrai cinéma populaire. Une fois de plus il nous entraîne avec bonheur au bord des côtes de son enfance battues par les flots faussement paisibles.
C’est dans une maison perchée au dessus des calanques qu’un vieux restaurateur décline peu à peu. Son fils Armand, qui a repris les fourneaux et s’occupe quotidiennement de son père, finit par battre le rappel. C’est ainsi qu’un beau jour débarquent sa sœur Angèle, qui a quitté depuis longtemps le bercail familial pour poursuivre une brillante carrière d’actrice, ainsi que son frère Joseph en pleine déconfiture affective. Retrouvailles joyeuses qui seront jalonnées par de vivifiants règlements de compte.(a voir, à lire)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 : 16h10 et 20h30, jeudi 21 à 18h35, vendredi 22 à 15h30 et 18h30, samedi 23 à 17h45 et 20h45, dimanche 24 à 17h30, lundi 25 à 15h et 20h30, mardi 26 à 15h45 et 20h45

Lucky

Réalisé par John Carroll LYNCH
USA 2017 1h28mn VOSTF
avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skeritt, Beth Grant...
Scénario de Logan Sparks et Drago Sumonja

Une preuve de plus qu'un beau film peut se bâtir sur trois fois rien. Lucky, à partir de situations on ne peut plus ordinaires, traitées avec un flegme imperturbable, s'impose tranquillement comme une chronique aussi simple que bouleversante, aussi tendre que drôle sur la fin d'une vie. Il suffit, pour créer un univers et nous embarquer, d'un paysage : le désert californien, de quelques lieux : le bar vieillot et chaleureux, la maison précaire du héros, et surtout d'un acteur hors du commun : Harry Dean Stanton et ses plus de 90 ans au compteur au moment du tournage, son phrasé, sa démarche unique de cowboy sans cheval, ses expressions mi blasées mi ironiques.

Lucky vit donc quelque part au milieu de nulle part, à quelques encablures de Los Angeles mais très loin des fastes de la Cité des Anges, dans une bourgade de western qui pourrait voir passer Zorro et quelques mariachis égarés. Aujourd'hui à la retraite d'on ne sait quel passé professionnel, Lucky partage désormais sa vie entre les mots croisés, les jeux télévisés, et des haltes plus ou moins longues dans le snack et le bar local, où il a quotidiennement les mêmes rituels et où il retrouve les mêmes amis qui supportent paisiblement ses accès de mauvaise humeur. Le film est finalement, à l'heure où l'injonction est à la nouveauté, la flexibilité, l'aventure permanente sans lesquelles le modèle néo libéral décrète qu'on rate sa vie, un hommage à la petite routine quotidienne qui construit ce que nous sommes, avec son réseau d'amis fidèles, sa communauté que l'on respecte même si parfois on est fatigué de voir toujours les mêmes tronches, mais ces tronches sont là pour vous quand ça va mal ou quand, comme c'est le cas de Lucky, la fin est proche…
La réussite et le charme de Lucky tiennent donc avant tout à un acteur incroyable. Harry Dean Stanton a débuté sa carrière (ça donne le tournis) dans les années 1950, vous ne pouvez pas l'avoir oublié en héros du Paris Texas de Wenders, et vous l'avez sans aucun doute repéré dans trois films d'un homonyme du réalisateur de Lucky, un certain David Lynch : Sailor et Lula, Twin Peaks, fire walk with me et Une histoire vraie. David Lynch qui incarne d''ailleurs ici un vieil ami fantasque qui compte faire de sa tortue centenaire sa légataire… John Caroll Lynch a construit le rôle de Lucky pour Stanton, parce que l'acteur partageait selon lui avec le personnage la même soif de liberté, la même indépendance, et probablement le même caractère de cochon ! Stanton savait évidemment être arrivé à cette période de la vie où l'on peut estimer le temps qu'il vous reste en mois plutôt qu'en années et tout aussi évidemment le rendu est magnifique, en particulier dans quelques scènes : cette consultation au cours de laquelle le médecin local conseille à Lucky, en parfaite santé si ce n'est son grand âge, d'accepter sereinement sa finitude ; ou ce moment où Lucky confie à une infirmière sa peur de la mort…

Harry Dean Stanton est décédé quelques semaines après la présentation du film au Festival de Locarno. Son interprétation est le superbe testament d'un acteur trop peu utilisé pendants ses six décennies de carrière. Et le personnage de Lucky restera sans doute comme un des plus beaux derniers rôles de l'histoire du cinéma…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 18h15, jedui 21 à 16h15, vendredi 22 à 13h40, samedi 23 à 18h30, dimanche 24 à 16h, mardi 26 à 18h30

Ernest et Célestine en hiver
TÉHÉRAN TABOURéalisé par Julien CHHENG et Jean-Christophe ROGER
Film d'animation France 2016 48mn
Pour les enfants à partir de 3 ans

Est-il encore besoin de les présenter ? Ernest, le gros ours de Charabie qui aime jouer de la musique et manger de la confiture, et Célestine, la petite souris orpheline qu’il a recueillie chez lui. C’est avec une grande joie que nous retrouvons ces deux compères pour de nouvelles aventures placées sous le signe de l’hiver. Le dessin est toujours aussi beau, les couleurs délicates, le ton malicieux et sensible : un régal !

Bibi : par un jour de grand vent, Ernest et Célestine trouvent un œuf. Sous leurs yeux ébahis, un minuscule oison casse sa coquille et les adopte aussitôt. Durant tout l’été, ils prennent soin de Bibi qui grandit à vue d’œil. Il va bien falloir qu’il retrouve les siens pour la grande migration…

Le Bouton d’accordéon : Ernest organise un concert pour Célestine et ses amies, mais sa polka sonne faux ! Il manque une touche à son accordéon ! Tout le monde se met à la recherche du bouton perdu. La souris verte aurait-elle quelque chose à voir avec sa disparition ?

Le Bal des souris : Célestine est invitée au bal des souris ! Une grande fête qui réunira souris des villes, souris des champs, même la souris verte ! Mais tout le monde ne voit pas le bal d’un bon œil, un grand vent froid emporte la robe de bal de Célestine… La fête serait-elle compromise ?

Blizzard : l’hiver s’installe et tous les ours se préparent à hiberner. Tous, sauf Ernest ! Il a promis à Célestine qu’il s’endormirait plus tard, car les ours de Charabie résistent mieux aux grands froids. Ils décident de cuisiner un dernier festin, mais Célestine manque de farine pour préparer son gâteau. La voilà en route pour le moulin de ses amies souris, sous un terrible blizzard… (Utopia)


Lorgues : samedi 23 à 16h55 et mardi 26 à 16h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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