Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 janvier

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Bonjour à tous !

Une semaine riche en cinéma et cette fois c'est le Vox qui crée l'événement avec "la semaine Télérama" qui nous propose pas moins de 9 films tous plus intéressants les uns que les autres : Mustang, Much Loved, Fatima, Comme un avion, Life, Phoenix, Taxi Téhéran, Mia Madre et Marguerite... Courez y vite ! Vous trouverez un bref résumé de ces films déjà détaillés dans nos précedentes lettres à la fin.

Mais pourtant, ce n'est pas tout ce que nous avons à nous mettre sous la dent ! A Draguignan 21 nuits avec Pattie, un film "intelligent, vif et malicieux..."
A Cotignac, et au Luc, un film superbe, magnifiquement joué, sur la jeunesse tunisienne et ses entraves A peine j'ouvre les yeux. A Cotignac aussi, le beau film chinois Au delà des montagnes et à Salernes Pain noir, un thriller espagnol sur le franquisme. Et enfin au Vox, Carol de Todd Haynes "d'une beauté, d'une délicatesse, d'une intelligence hors du commun" et Le Garçon et la Bête, un magnifique film d'animation de Mamoru Hosoda.

A noter encore 3 événements pour la semaine suivante :
- Le 29 janvier : Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent proposé par Colibris et suivi d'un débat sur les initiatives locales. Il est conseillé de réserver !
- Le 30 janvier : Deux au carré  en présence de l'acteur Olivier Sitruk - Le film est projeté en soutien à l'action de "Gynécologie sans frontières" qui intervient dans la jungle de Calais ;
- Le 4 février Millions can walk présenté par le festival des films des Droits de l'homme.
Vous trouverez les critiques de ces films ci-dessous !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

Bonne semaine de cinéma !

PROGRAMMATION DU 20 AU 26 JANVIER 2016

 

21 nuits avec Pattie
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
21 nuits avec Pattie
Écrit et réalisé par Arnaud et Jean-Marie LARRIEU
France 2015 1h55mn
avec Isabelle Carré, Karin Viard, André Dussollier, Laurent Poitrenaux, Philippe Rebbot, Denis Lavant, Sergi Lopez, Mathilde Monnier...
Isabelle est morte. Endormie à tout jamais dans son grand mas de l’Aude alors que les travaux de rénovation ne sont même pas encore finis. Sa fille Caroline arrive dans ce trou paumé au milieu des montagnes (très très belles, les montagnes) pour s’occuper du cadavre de cette mère qu’elle n’a jamais vraiment connue, qu’elle n’a jamais vraiment aimée. Et c'était réciproque. Les ouvriers et Pattie, l'accorte voisine, ont bricolé une chambre froide avec des ventilos, histoire de…
Il fait chaud, très chaud au cœur de cet été qui, déjà, fait sonner les trompettes orageuses annonçant le début de la fin. On porte robe courte, on avance torse nu, on boit du vin pour se désaltérer et le soir, on va de bal en bal, de village en village, de vallée en vallée. Parachutée malgré elle dans ce coin de paradis où tout, même la mort, semble si simple, la timide Caroline va devoir composer contre son penchant naturel à la maîtrise des choses, faits et émotions inclus. Il faut dire qu’il est difficile de résister à l’énergie contagieuse, au franc parler cru et à la délicieuse impudeur verbale de Pattie. Pattie qui va de Caroline faire la confidente de ses nombreuses et trépidantes aventures amoureuses, pour ne pas dire sexuelles. Mais coup de théâtre : le corps d’Isabelle disparaît !...
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CGR (Draguignan) : jeudi 21 15h45, vendredi 22 et samedi 23 à 17h45, dimanche 24 à 20h, lundi 25  à 13h30, mardi 26 à 11h
Carol : Affiche
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Carol
Réalisé par Todd HAYNES
GB / USA 2015 1h58mn VOSTF
avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler, Carrie Brownstein...
Festival de Cannes 2015 : Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara
Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 15h30, 17h50 et 20h30 - jeudi 21 à 14h30, 17h30 et 20h15 - vendredi 22 à 14h30, 17h30 et 20h30 - samedi 23 à 15h40, 18h10 et 20h30 - dimanche 24 à 15h45, 18h15 et 20h30 - lundi 25 à 14h30 et 17h - mardi 26 à 14h30, 15h50, 18h10 et 20h30
Le garçon et la bête : Affiche
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Le Garçon et la Bête
Réalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...
En 2012, Mamoru Hosoda se révélait au public français et annonçait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques. Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 13h45 et 20h30 - samedi 23 13h40(VF) et 18h10 (VO) - dimanche 24 13h45 (VF) - mardi 26 (VO)
Pain noir : Affiche
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Pain noir
Écrit et réalisé par Agusti VILLARONGA
Espagne (Catalogne) 2010 1h48mn VOSTF
avec Francesc Colomer, Marina Comas, Nora Navas, Roger Casamajor, Lluïsa Castell, Sergi Lopez...
9 Goyas 2011, dont meilleur film et meilleur réalisateur
Pain noir est une œuvre personnelle et singulière, de la couleur de son titre, d'une lucidité tranchante, qui ne cherche à aucun moment à caresser son spectateur dans le sens du poil… Dès la première séquence, surprenante de tension, on est scotché par l’étrangeté et l’ambiguïté du film. Le jeune Andreu, onze ans, qui sera notre fil directeur, celui par qui seront vus et vécus tous les événements du récit, assiste aux derniers instants d’un petit garçon et de son père dont la charrette vient de tomber d’un chemin de montagne dans un profond ravin. Andreu recueille les dernières paroles du petit malheureux agonisant, un seul mot sortant de sa bouche ensanglantée : « Pitorliua », rappelant soudainement à tout un village une légende bien enfouie comme un sale secret, un fantôme qui hanterait les bois et les grottes de cette région montagneuse... lire la suite
Salernes : samedi 23 à 20h30
Demain
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Demain
Réalisé par Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h
Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 22 à 17h50
CGR (Draguignan) (présenté par Colibris)  : vendredi 29 janvier à 20h, suivi d'un débat sur les initiatives locales
Au-delà des montagnes
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Au-delà des montagnes
Écrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...
En 1999, en Chine, Tao, institutrice, est courtisée par deux hommes, ses amis d'enfance Jinsheng et Liangzi. Alors que Liangzi est employé d'une mine de charbon, Jinsheng est l'heureux propriétaire d'une station-service. Cette romance à trois finit par avoir raison de l'amitié qui unissait les deux hommes, d'autant que Tao choisit d'épouser Jinsheng. En 2014, Liangzi vit dans une autre ville. Toujours employé par une mine de charbon, il apprend qu'il a un cancer. Parallèlement, Tao, qui a divorcé de Jinsheng, vit seule, tandis que leur fils, Dollar, est élevé par son père... lire la suite
Cotignac : jeudi 21 à 20h40
A peine j'ouvre les yeux : Affiche
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À peine j'ouvre les yeux
Écrit et réalisé par Leyla BOUZID
Tunisie 2015 1h42mn VOSTF
avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari...
Beaucoup de prix dans beaucoup de festivals, notamment le Prix du Public et le Prix Label Europa Cinémas à la Mostra de Venise
Tunis, été 2010. Farah est une jeune fille brillante qui vient de réussir son bac avec succès et que sa famille imagine déjà médecin. Mais Farah est aussi une fille à l'énergie débordante – et au caractère bien trempé – qui veut profiter de la vie et de sa jeunesse. Elle sort dans les bars, s'enivre, découvre l'amour dans les bras d'un des musicien du groupe de rock dans lequel elle chante des textes engagés, qui parlent des problèmes de son pays, de sa frustration et de ses rêves qui sont aussi ceux de ses compatriotes. Libre et impulsive, Farah s'oppose à la volonté de sa mère Hayet, qui connaît les interdits de son pays et tente de la protéger en l'éloignant de son groupe. Car dans la Tunisie de Ben Ali, Farah est considérée comme une rebelle, les membres de son groupe sont d'ailleurs surveillés par la police. Mais le désir de liberté est trop fort pour être contenu. Et c'est peu à peu les rouages de la machine répressive qui vont se refermer sur la jeune fille, symbole d'une jeunesse fière et vivante qui veut rester debout, mais risque d'en payer le prix... lire la suite
Cotignac : dimanche 24 à 18h
Le Luc : mercredi 20 et samedi 23 à 18h
Millions Can Walk
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Millions Can Walk
Réalisé par Christoph Schaub et Kamal Musale
Suisse/Inde 2014 1h28mn VOSTF
avec Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi, Biras Topno, Anil Kindo, Rajagopal P.V., Jairam Ramesh, Ramesh Sharma...
Ils sont cent mille en marche, paysans sans terre et Adivasi – les aborigènes de l’Inde – tous en marche. A pied sur les routes poussiéreuses, sur la « National Highway », à travers villes et villages, en marche. L’extraction massive des richesses du sol, l’apparition d’immenses plantations et la construction d’infrastructures pharaoniques les ont chassés de leurs terres et ont sapé les fondements de leur vie paisible. Et cette spirale tourne, inexorablement, toujours plus vite. Ils sont venus du pays entier lutter ensemble pour une existence dans la dignité. Parmi eux, le charismatique Rajagopal, le leader et maître à penser du mouvement. Leur marche de protestation les mène de Gwalior à Delhi, 400 kilomètres plus loin. Ils résistent à la chaleur, à la maladie, aux rigueurs de la route. Car rien ne les déviera de leur résolution : ils ne céderont ni ne rentreront à la maison avant que le gouvernement ait satisfait à leurs revendications... lire la suite
CGR (Draguignan) : Festival du film des Droits de l'homme - Ciné débat Jeudi 4 février à 20h
Deux au carré : Affiche
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Deux au carré
Réalisé par Philippe Dajoux
France 2015 1h27mn
avec Charlie Dupont, Tania Garbarski, Olivier Sitruk...
Deux couples se retrouvent face à face pendant les quelques heures de train qui les séparent de Paris à Cannes : Elise et William sont gérants d’un petit restaurant. Niais à tendance « ploucs », ils sont les antonymes respectifs de Thierry, ancien joueur de foot, et d’Annabelle, présentatrice de la météo. Il n’y a pas de hasard… Quelque chose relie ces improbables personnages… Mais quoi ? Deux au carré est une idée originale de Charlie Dupont, portée ici à l’écran par le réalisateur Philippe Dajoux. Sous de premiers aspects convenus, Deux au carré n’a de cesse de nous cueillir, de nous surprendre à chaque fois que l’on pensait savoir où l’histoire se dirigeait... lire la suite
Film présenté par l'association "Gynécologie sans frontières", en présence de l'acteur Olivier Sitruk : samedi 30 janvier à  18h - Entrée 12€ pour soutenir l'action dans la jungle de Calais


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

21 nuits avec Pattie
21 NUITS AVEC PATTIEÉcrit et réalisé par Arnaud et Jean-Marie LARRIEU
France 2015 1h30mn
avec Isabelle Carré, Karin Viard, André Dussollier, Laurent Poitrenaux, Philippe Rebbot, Denis Lavant, Sergi Lopez, Mathilde Monnier...

A Lourdes, ville dont est originaire la famille Larrieu, la légende raconte que, lassée des pèlerins et des statues en plastique à son effigie, la vierge Marie est apparue dans la chambre d’Arnaud et Jean-Marie, alors enfants, pour leur prodiguer en douce quelques conseils : ne jamais se prendre trop au sérieux ; se fier sans crainte au vent frais de la liberté pour indiquer la voie (lactée, sans issue, ferrée, elle ne précisa pas) ; manier l’humour comme un rempart à la bêtise humaine ; aimer l’odeur des sous-bois ; oser être un peu barge (il est possible qu’elle n’utilisa pas exactement ce terme). Sur le moment, les deux frères ne captèrent pas grand chose à ce discours un brin ésotérique, pensant à une hallucination commune, ou aux effets secondaires d’une intoxication alimentaire (ils avaient mangé des champignons la veille) mais bien des années plus tard, quand ils décidèrent de faire des films, sans même y penser ni le vouloir, ils appliquèrent à la lettre ces conseils mariaux pleins d’un joyeux bon sens. Quel bonheur donc de retrouver Arnaud et Jean-Marie durant ces 21 nuits qui brillent de mille feux et sont un hymne à la vie, celle qui coule comme celle qui n’est plus.

Car Isabelle est morte. Endormie à tout jamais dans son grand mas de l’Aude alors que les travaux de rénovation ne sont même pas encore finis. Sa fille Caroline arrive dans ce trou paumé au milieu des montagnes (très très belles, les montagnes) pour s’occuper du cadavre de cette mère qu’elle n’a jamais vraiment connue, qu’elle n’a jamais vraiment aimée. Et c'était réciproque. Les ouvriers et Pattie, l'accorte voisine, ont bricolé une chambre froide avec des ventilos, histoire de…
Il fait chaud, très chaud au cœur de cet été qui, déjà, fait sonner les trompettes orageuses annonçant le début de la fin. On porte robe courte, on avance torse nu, on boit du vin pour se désaltérer et le soir, on va de bal en bal, de village en village, de vallée en vallée. Parachutée malgré elle dans ce coin de paradis où tout, même la mort, semble si simple, la timide Caroline va devoir composer contre son penchant naturel à la maîtrise des choses, faits et émotions inclus. Il faut dire qu’il est difficile de résister à l’énergie contagieuse, au franc parler cru et à la délicieuse impudeur verbale de Pattie. Pattie qui va de Caroline faire la confidente de ses nombreuses et trépidantes aventures amoureuses, pour ne pas dire sexuelles.
Mais coup de théâtre : le corps d’Isabelle disparaît ! Quand on sait que chez les frères Larrieu, on peut peindre, faire l’amour et rencontrer des ours qui parlent russe au fin fond des Pyrénées, une telle péripétie est finalement assez normale. Il faudra faire comme Caroline : laisser la rationalité au vestiaire et accepter le ton résolument libre et irrévérencieux de ce récit qui, sous ses airs de fantaisie foutraque, est aussi minutieusement écrit que la partition d’un quatuor à cordes et s’écoute comme un poème érotique. C’est intelligent et vif, malicieux sans jamais faire le malin, impudique sans jamais être vulgaire, avec en plus cette insouciance presque enfantine qui ne s’excusera de rien, ni de faire danser les morts, ni de faire vibrer les vivants, ni de parler de sexe sans pourtant ne jamais rien montrer.

Flirtant doucement avec le fantastique, 21 nuits avec Pattie est aussi un voyage intime qui raconte comment deux femmes vont, par la seule force du récit, qu’il soit littéraire ou de comptoir, réunir le frisson de la chair et l’incandescence de l’esprit… Merci Marie, merci Pattie.


CGR (Draguignan) : jeudi 21 15h45, vendredi 22 et samedi 23 à 17h45, dimanche 24 à 20h, lundi 25  à 13h30, mardi 26 à 11h


Carol
CAROLRéalisé par Todd HAYNES
GB / USA 2015 1h58mn VOSTF
avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler, Carrie Brownstein...
Scénario de Phyllis Nagy, d’après le roman de Patricia Highsmith
Festival de Cannes 2015 : Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara


C'est le premier film de Todd Haynes depuis I'm not there (2007), son évocation ébouriffante de la personnalité multiple de Bod Dylan. Il a travaillé entretemps pour la télévision, signant entre autres une très belle Midred Pierceen trois épisodes, avec une Kate Winslet étincelante. Mais rien pour le cinéma pendant plus de huit ans. Autant dire que nous attendions ce Carol avec impatience et nous sommes comblés : c'est d'une beauté, d'une délicatesse, d'une intelligence hors du commun. S’il fallait trouver une filiation à Carol dans la filmographie protéiforme de Todd Haynes, c’est du côté de Loin du paradis qu'il faudrait chercher : un sublime portrait de femme(s), une mise en scène ultra soignée, et les très guindées autant que glamour années cinquante comme écrin à une histoire d’amour contrariée. Mais Todd Haynes n’est pas du genre à se répéter donc ne vous attendez pas à un nouveau sublime mélo à la Douglas Sirk,Carol est d'une autre nature : plus réservé, plus distancié mais non moins passionnant, non moins émouvant si l'on sait percevoir le feu sous la glace.

Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. En attendant de pouvoir se sortir d’une procédure de divorce ô combien difficile (nous sommes en 1952, le mariage est d'airain), elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au prix d’efforts contraints et de sourires forcés.
Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs.
Quand elle croise le regard un peu froid de cette femme à la silhouette parfaite, à l’allure distinguée et aux manières classieuses, Therese est subjuguée. Carol est un continent lointain et inaccessible, l'incarnation divinement séduisante d’un monde auquel elle n’appartient pas et auquel elle n’appartiendra sans doute jamais, elle la petite vendeuse de jouets derrière son comptoir. Lorsqu'elle croise le regard curieux de ce petit bout de nana frêle à l'allure encore juvénile, Carol est fascinée. Therese est une promesse de candeur et d'espoirs pas encore broyés sous le poids des convenances et des conventions, un appel au rêve pour elle qui depuis trop longtemps est prisonnière d’un mariage raté. Avancer en territoire inconnu. Oser s’aimer, peut-être. Partir. Fuir. Mais tenter de demeurer fidèles à leur propre vérité en dépit du tourbillon émotionnel et du climat pesant de ces années d’après-guerre où tout demeure figé mais où le vernis commence à se fissurer…

Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un duo troublant de sensualité et de douceur contenues, les mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre… Un film somptueux. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 15h30, 17h50 et 20h30 - jeudi 21 à 14h30, 17h30 et 20h15 - vendredi 22 à 14h30, 17h30 et 20h30 - samedi 23 à 15h40, 18h10 et 20h30 - dimanche 24 à 15h45, 18h15 et 20h30 - lundi 25 à 14h30 et 17h - mardi 26 à 14h30, 15h50, 18h10 et 20h30


Le Garçon et la Bête
Afficher l'image d'origineRéalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...

En 2012, Les Enfants loups, son merveilleux troisième film, faisait connaître Mamoru Hosoda au public français et révélait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques.

Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence.

Mamoru Hosoda est un conteur à l'imagination foisonnante. Du premier accrochage entre le maître et le disciple jusqu'à la fin, émouvante et apaisée, dix ans s'écoulent, rythmés par mille et un rebondissements et allers-retours entre les deux mondes. Une séquence de quelques minutes — un voyage d'initiation chez des sages — contient, en germe, trois autres films potentiels. Et un plan splendide : un feu de camp sous un ciel étoilé à la Van Gogh.

Dans le cinéma d'animation, la quête d'identité, la mythologie animale, le combat entre le bien et le mal sont des thèmes usés jusqu'à la corde. Mais Hosoda les revitalise. Il a le sens de l'épopée et de la légende. Pourtant, chez cet humaniste, le fantastique n'est qu'un outil pour souligner les petits miracles de la vie quotidienne et des rapports filiaux. Une seule question, éternelle, se pose, quand on est un jeune garçon ou une bête immature : comment devenir adulte ? En apprenant des autres (un fils fait aussi grandir son « père ») et en s'armant pour résister aux ténèbres qui menacent de nous engloutir. Hosoda a alors deux trouvailles merveilleuses. Pour symboliser l'ennemi intérieur d'un adolescent en manque de repères, il convoque Moby Dick, la baleine de Herman Melville, dans les rues de Tokyo. Puis il clôt ce grand film sur la transmission par un sacrifice « paternel » qui fait chaud au coeur, y compris au sens propre. Après presque deux heures de chamailleries comiques, de pics d'émotion et de duels homériques, une chose est sûre : le règne de Miyazaki terminé, l'animation japonaise a trouvé son nouveau seigneur. — Guillemette


Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 13h45 et 20h30 - samedi 23 13h40(VF) et 18h10 (VO) - dimanche 24 13h45 (VF) - mardi 26 (VO)


Pain noir
PAIN NOIRÉcrit et réalisé par Agusti VILLARONGA
Espagne (Catalogne) 2010 1h48mn VOSTF
avec Francesc Colomer, Marina Comas, Nora Navas, Roger Casamajor, Lluïsa Castell, Sergi Lopez...
D'après le roman d'Emili Teixidor
9 Goyas 2011, dont meilleur film et meilleur réalisateur


La moisson de récompense aux Goyas, l'équivalent de nos César, plus le côté historique de l'entreprise (un village catalan en 1944, quelques années après la chute de la République espagnole sous les coups des Franquistes) pouvaient laisser craindre un joli film illustratif, sagement académique et consensuel, avec images d'Épinal, méchants fascistes et pauvres rescapés républicains opprimés. Mais point du tout,Pain noir est une œuvre personnelle et singulière, de la couleur de son titre, d'une lucidité tranchante, qui ne cherche à aucun moment à caresser son spectateur dans le sens du poil…
Dès la première séquence, surprenante de tension, on est scotché par l’étrangeté et l’ambiguïté du film. Le jeune Andreu, onze ans, qui sera notre fil directeur, celui par qui seront vus et vécus tous les événements du récit, assiste aux derniers instants d’un petit garçon et de son père dont la charrette vient de tomber d’un chemin de montagne dans un profond ravin. Andreu recueille les dernières paroles du petit malheureux agonisant, un seul mot sortant de sa bouche ensanglantée : « Pitorliua », rappelant soudainement à tout un village une légende bien enfouie comme un sale secret, un fantôme qui hanterait les bois et les grottes de cette région montagneuse.

Mais l'administration et la police franquistes croient fort peu aux accidents (en l'occurrence ils ont raison) et encore moins aux fantômes et rapidement les soupçons de meurtre se portent sur Farriol, le père d’Andreu, qui, en tant qu’ancien militant « rouge », est le coupable rêvé pour les porte-flingues du régime du Caudillo. La vie paisible d’Andreu bascule alors : son père s’enfuit, sa mère est obligée d’aller travailler en ville à l’usine pour faire survivre la famille et lui doit s’installer la semaine avec ses cousins dont une troublante et effrontée gamine manchote qui n’a peur de rien.
Alors Andreu, quelque peu livré à lui-même, va mener l’enquête pour innocenter son père et devient ainsi un observateur de plus en plus avisé de la vie de ce village et de ses secrets. Et ce qu’il va découvrir ne correspond pas forcément à l’image qu’il pouvait avoir de son entourage et de la vie en général : sa mère semble avoir été très proche du brutal maire fasciste (Sergi Lopez, effrayant), les richissimes propriétaires locaux semblent prêts à protéger sa famille, malgré leurs opinions politiques, sa cousine semble s’accommoder assez bien des attentions de plus en plus appuyées de l’instituteur, préférant cette affection interdite au dégoût qu’elle inspire habituellement aux garçons… Et sa foi dans l’innocence de son père s’effrite peu à peu…

Sur une trame de thriller très habilement menée, flirtant parfois avec le fantastique (et si cette histoire de fantôme avait un fondement ?), servi par une mise en scène brillante qui met en valeur l’étrangeté du paysage montagneux catalan, Pain noir, adapté de ce qui est probablement le best-seller catalan de la décennie, dresse un constat sans appel : la guerre civile et ses lendemains, obligeant les vainqueurs et les vaincus à cohabiter et à « s'arranger », conduisent les individus à oublier les frontières entre le bien et le mal, les poussent aux pires compromissions. Et la malédiction est encore plus terrible pour les opprimés, pour les pauvres, qui n'ont d'autre choix que de se renier, que de s'avilir pour survivre. Seul l'amour pour les proches semble une valeur indépassable. Jusqu'à quand ?


Salernes : samedi 23 à 20h30

Demain
DEMAIN !Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h

Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements…


Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le développement durable cher au greenwashing, vous allez voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer, notre extraordinaire capacité à faire. Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada, Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce, France…
Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur sens du terme, qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines. Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines, c’est forcément inspirant ! »

Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui est aussi un spectacle passionnant et exaltant.


Le Vox (Fréjus) : vendredi 22 à 17h50
CGR (Draguignan) (présenté par Colibris)  : vendredi 29 janvier à 20h, suivi d'un débat sur les initiatives locales

 

 

 

Au-delà des montagnes
AU-DELÀ DES MONTAGNESÉcrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...

Dans le cinéma de Joachim Trier, la littérature, et par extension l’écriture sous toutes ses formes, a quelque chose de séminal. Déjà dans Nouvelle donne, son premier long, les protagonistes Erik et Philip cherchaient à devenir écrivains à tous prix. Tandis qu’Anders tentait de refaire surface en postulant dans la rédaction d’un prestigieux magazine culturelle, dans Oslo, 31 août – l’adaptation cryptique du Feu Follet de Drieu la Rochelle. Ainsi, l’acte d’écrire se présentait à chaque fois comme un horizon cathartique, seule façon d’éviter l’inertie et la mort. Dans Plus fort que les bombes, le cinéaste norvégien conserve cette logique en ancrant son récit autour du personnage de Conrad, cadet d’une famille dont la mère, photoreporter de guerre, a trouvé la mort dans un mystérieux accident de voiture trois ans auparavant. Peu de chances que le prénom de l’adolescent soit un hasard, lorsque l’on sait que l’écrivain Joseph Conrad affirmait qu’il n’avait que la littérature comme moyen d’existence. Si l’auteur de La folie Almayer faisait allusion à l’aspect financier de la chose, nul doute qu’il percevait aussi cet acte créateur comme un antidote. La preuve ici : c’est une fois encore par l’écriture que le jeune Conrad permettra indirectement à chacun dans Plus fort que les bombes de retrouver de la quiétude.A l’occasion des trois ans de la mort de sa mère Isabelle, photographe hyperactive à la renommée internationale, une exposition hommage doit lui être consacrée à New York. Mais rien à faire : Conrad ne parvient pas à faire son deuil et s’enferme dans le mutisme, fuyant les assauts bienveillants de son père Gene. Pendant ce temps, son frère aîné Jonah, jeune professeur de sociologie à l’Université, pense pouvoir conjurer le sort grâce à la récente naissance de son fils. Mais cette échappatoire est un leurre, et ce dernier ne manque pas de tomber dans les bras d’une ex que sa mère trouvait jadis séduisante. Bientôt, ce trio déchiré se retrouve au complet dans la maison familiale. Le temps est venu de réunir les planches contacts d’Isabelle pour préparer l’exposition, mais aussi surtout de dénouer l’indicible, pour que chacun puisse reprendre le cours de sa vie, apaisé.

En y regardant de plus près, Plus fort que les bombes peut se lire sous le prisme de l’Œdipe, du moins de la psychanalyse : Conrad a perdu sa mère et cherche à palier son absence via son attirance pour une camarade de classe. A noter que la séquence onirique dans un sous-bois au clair de Lune, qui traduit sa passion conjointe pour l’adolescente et le souvenir de sa mère, montre en quelques secondes ce que La Forêt des songes a été incapable de produire en 2h de film. De même, Jonah retombe dans les bras d’une ex petite amie dont la mère est également décédée - ces derniers feront d’ailleurs l’amour avec l’un des vieux préservatifs de la mère défunte. Enfin, Gene vit quant à lui une aventure avec une enseignante de lycée de Conrad, qui contribue, sans se substituer à une mère, à accompagner la trajectoire de son fils. Des penchants qui ne tiennent pas du hasard.Via sa dépression latente et son rapport tronqué au monde, Conrad va involontairement permettre à la vérité d’éclore. Une résolution qui s’accompagne d’une mise en scène inventive où s’entremêlent ses rêves, les photographies de sa mère, ses parties de jeux vidéo en ligne – où son père désemparé tente de le retrouver –, les projections mentales de son frère et de Gene. Pour exprimer la façon dont Isabelle a permis à son jeune fils d’accéder à la vérité du monde, ce dernier se rappelle plein cadre au souvenir de photographies comme La fille à la fleur, de Marc Riboud. Masquer ou pas la partie gauche de l’image transforme en effet le sens de l’image. Ainsi, le diable, de même que toute la complexité du monde, seraient bel et bien cachés dans les détails. Cette façon bien particulière d’observer les choses, c’est elle qui permet à Conrad de percevoir ce que son père et son grand frère sont incapables d’assimiler. Mais comme le jeune homme est inapte à transcrire par les mots ce regard si singulier, il ne lui reste que l’écriture pour le partager. Lorsque Jonah, fatigué de le voir s’isoler devant ses jeux vidéo, lui fait remarquer que ses jeux de guerre présentent une vision unilatérale des conflits et de la géopolitique, Conrad ouvre un fichier Word en guise de réponse. Si Jonah juge à la fois étrange et brillant cet agrégat de mots, il vient en réalité sans le savoir de retrouver le chemin vers sa mère.
Dès lors qu’il s’agit de représenter les visions poétiques de Conrad, Joachim Trier éblouit. Reprenant parfois à son compte les codes du teen movie, il donne à son personnage un côté chaotique étonnant. L’on se remémore alors le flot de pensées d’Anders dans Oslo, 31 août. Ce moment prodigieux où il se projetait dans la peau de tous les badauds alentour, pour tenter de savoir si oui ou non le suicide lui serait apparu comme inéluctable s’il était quelqu’un d’autre. Malheureusement, Back Home n’égale qu’à de rares exceptions les réussites de son prédécesseur. La faute peut-être à un casting trop mainstream (Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg), et à des péripéties un peu trop lancinantes. Pour autant, il serait dommage de se détourner du dernier film de Joachim Trier. (à voir à lire)


Cotignac : jeudi 21 à 20h40

 

À peine j'ouvre les yeux
À PEINE J'OUVRE LES YEUXRéalisé par Leyla BOUZID
Tunisie 2015 1h42mn VOSTF
avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari...
Scénario de Leyla Bouzid et Marie-Sophie Chambon
Beaucoup de prix dans beaucoup de festivals, notamment le Prix du Public et le Prix Label Europa Cinémas à la Mostra de Venise


Le cinéma est un outil formidable, un moyen incomparable de s'immerger dans des réalités éloignées des nôtres, de représenter des parties du monde qui nous seraient sinon invisibles, de raconter des histoires qui nous permettent de mieux appréhender des moments clés de l'Histoire. Sur les révolutions qui ont émergé dans de nombreux pays arabes au début de cette décennie, beaucoup de choses ont été dites et montrées. Nous avons vu les images documentaires des immenses manifestations et du renversement des pouvoirs en place, de la répression et des échecs. Nous avons en quelques sortes vécu, via nos écrans, les événements de ces Printemps Arabes, et nous suivons encore leurs conséquences sur les pays concernés.
Mais nous fûmes sans doute nombreux à être surpris par ces mouvements, et à ne pas forcément comprendre, par méconnaissance de la situation de ces pays, les raisons de ces soulèvements. La jeune réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid a donc décidé de situer l'action de son premier film quelques mois à peine avant la révolution de Jasmin, avec la volonté de faire ressentir ce qu'était la vie des Tunisiens – et particulièrement de la jeunesse – sous l'ère Ben Ali : « J’ai voulu revenir sur la sensation d’étouffement, la peur continue qu’on ressentait alors. Il ne faut pas oublier ces émotions. Je parle plus particulièrement de l’atmosphère des derniers mois du régime. Alors que la corruption rongeait tout, les gens étaient agressifs, ils évoluaient dans l’incertitude. C’était un peu une fin de règne. Tout cela explique, au moins en partie, énormément de choses, notamment les raisons de l’explosion qui ont conduit à la révolution ».

Tunis, été 2010. Farah est une jeune fille brillante qui vient de réussir son bac avec succès et que sa famille imagine déjà médecin. Mais Farah est aussi une fille à l'énergie débordante – et au caractère bien trempé – qui veut profiter de la vie et de sa jeunesse. Elle sort dans les bars, s'enivre, découvre l'amour dans les bras d'un des musicien du groupe de rock dans lequel elle chante des textes engagés, qui parlent des problèmes de son pays, de sa frustration et de ses rêves qui sont aussi ceux de ses compatriotes. Libre et impulsive, Farah s'oppose à la volonté de sa mère Hayet, qui connaît les interdits de son pays et tente de la protéger en l'éloignant de son groupe. Car dans la Tunisie de Ben Ali, Farah est considérée comme une rebelle, les membres de son groupe sont d'ailleurs surveillés par la police. Mais le désir de liberté est trop fort pour être contenu. Et c'est peu à peu les rouages de la machine répressive qui vont se refermer sur la jeune fille, symbole d'une jeunesse fière et vivante qui veut rester debout, mais risque d'en payer le prix…

À peine j'ouvre les yeux est donc le portrait d'une jeune fille trop libre pour un système autoritaire qui n'a plus d'autres solutions que la répression et la violence pour perpétuer son règne, étendard d'une jeunesse qui fera entendre sa voix quelques mois plus tard. Le film de Leyla Bouzid suit à un rythme effréné la tignasse bouclée et le visage poupin de son héroïne, plongeant à sa suite dans la vie nocturne tunisienne, ses rues, ses bars et ses boîtes de nuits. Il laisse une grande place à la puissance de la musique – rock inspiré des rythmes du mezoued, musique populaire tunisienne – et aux textes chantés par Farah. Et offre deux magnifiques personnages à deux sublimes actrices autour desquelles le récit se resserre peu à peu : la jeune Baya Medhaffar, dont c'est la première apparition, incarne Farah avec une énergie ébouriffante face à la célèbre chanteuse tunisienne Ghalia Benali, remarquable dans le rôle de sa mère Hayet. (Utopia)

Cotignac : dimanche 24 à 18h
Le Luc : mercredi 20 et samedi 23 à 18h

Millions Can Walk
MILLIONS CAN WALKÉcrit et réalisé par Christoph Schaub et Kamal Musale
Suisse/Inde 2014 1h28mn VOSTF
avec Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi, Biras Topno, Anil Kindo, Rajagopal P.V., Jairam Ramesh, Ramesh Sharma...

Ils sont cent mille en marche, paysans sans terre et Adivasi – les aborigènes de l’Inde – tous en marche. A pied sur les routes poussiéreuses, sur la « National Highway », à travers villes et villages, en marche. L’extraction massive des richesses du sol, l’apparition d’immenses plantations et la construction d’infrastructures pharaoniques les ont chassés de leurs terres et ont sapé les fondements de leur vie paisible. Et cette spirale tourne, inexorablement, toujours plus vite.
Ils sont venus du pays entier lutter ensemble pour une existence dans la dignité. Parmi eux, le charismatique Rajagopal, le leader et maître à penser du mouvement. Leur marche de protestation les mène de Gwalior à Delhi, 400 kilomètres plus loin. Ils résistent à la chaleur, à la maladie, aux rigueurs de la route. Car rien ne les déviera de leur résolution : ils ne céderont ni ne rentreront à la maison avant que le gouvernement ait satisfait à leurs revendications.

Comment lutter pour ses droits sans violence ? Avec ce questionnement à la fois actuel et essentiel, le film de Christoph Schaub et de Kamal Musale rayonne bien au-delà de l’Inde.Millions can walk est un film militant et philosophique, nourri d’émotions et d’images étonnantes, d’une grande force métaphorique. Il développe un véritable suspense : ces hommes et ces femmes réussiront-ils ? Le gouvernement satisfera-t-il à leurs revendications ?
Ce qui se passe en Inde se passe dans le monde entier : au Brésil, en Chine, en Indonésie – la course au développement des pays que l’on appelle émergents. Ils veulent acquérir la richesse de leurs voisins occidentaux. Ils veulent se montrer attractifs pour les investisseurs et maintenir leur taux de croissance au plus haut niveau des marchés mondiaux. Cette dynamique ne tient aucun compte des traditions des aborigènes de l’Inde et des intouchables. Pratiqué à l’échelle globale, ce capitalisme de consommation sauvage - sans valeurs, sans garde-fous, sans éthique ou religion, sans aucune considération pour le futur - est voué à nous conduire à l’apocalypse.

Cette description peut sembler radicale, mais sa réalité est criante pour nos protagonistes Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi et Biras Topno. Ils représentent les 100 000 personnes qui marchent sur Delhi, qui, à leur tour, sont les émissaires des centaines de millions de victimes sans terre, fermiers ou indigènes, expulsés de leur propriété pour satisfaire l’appétit des industries et des multinationales.

CGR (Draguignan) : Festival du film des Droits de l'homme - Ciné débat Jeudi 4 février à 20h


Deux au carré
Afficher l'image d'origineRéalisé par Philippe Dajoux
France 2015 1h27mn
avec Charlie Dupont, Tania Garbarski, Olivier Sitruk...

Deux couples se retrouvent face à face pendant les quelques heures de train qui les séparent de Paris à Cannes : Elise et William sont gérants d’un petit restaurant. Niais à tendance « ploucs », ils sont les antonymes respectifs de Thierry, ancien joueur de foot, et d’Annabelle, présentatrice de la météo.

Il n’y a pas de hasard… Quelque chose relie ces improbables personnages… Mais quoi ?

Deux au carré est une idée originale de Charlie Dupont, portée ici à l’écran par le réalisateur Philippe Dajoux. Sous de premiers aspects convenus, Deux au carré n’a de cesse de nous cueillir, de nous surprendre à chaque fois que l’on pensait savoir où l’histoire se dirigeait.

Ce film pourrait réunir tous les ingrédients qui font d’ordinaire « tourner » les comédies romantiques francophones, mais ici, la magie opère. Tantôt acide, tantôt charmant, subtil, puis potache, le rythme nous garde suspendu aux retournements de situations entre lesquels les personnages s’invitent à nous balader.

Des « interviews » face caméra des personnages viennent entrecouper et relever avec une grivoiserie délicieuse une mise en scène plutôt conventionnelle. Elles ancrent une existence des personnages palpable et achèvent de révéler leurs savoureux dialogues.

La complicité du couple Tania Garbarski – Charlie Dupont est évidente. L’actrice rayonne plus que jamais, et lui se réinvente comptable inadapté pour notre plus grand plaisir. Arthur Jugnot est le liant parfaitement cocasse entre les deux couples, tandis qu’Olivier Sitruk et Elodie Frenck sont aussi touchants que détestables dans ce vaudeville romantique aux accents joliment grotesques.

Deux au carré est un film drôle et poétique, où l’on sent de la part de ses créateurs une réelle sincérité, et malgré quelques notes bleues, on ressort de la salle conquis par son authenticité et son charme loufoque.


Film présenté par l'association "Gynécologie sans frontières", en présence de l'acteur Olivier Sitruk : samedi 30 janvier à  18h - Entrée 12€ pour soutenir l'action dans la jungle de Calais

ET ......

FESTIVAL TELERAMA
(3€50 la place si vous avez le pass Télérama). Au Vox à Fréjus :

1) LIFE
Anton CORBJIN - USA 2015 1h52mn VOSTF - avec Robert Pattinson, Dane DeHaan, Ben Kingsley, Jœl Edgerton, Allessandra Mastronardi... Scénario de Luke Davies.
Le film est inspiré de l'amitié bien réelle qui s'est développée entre le photographe Dennis Stock et James Dean lorsque Stock entreprend un reportage photographique sur le jeune acteur encore inconnu mais dans lequel il pressent déjà la star. Stock est persuadé qu'il tient le sujet qui va faire de lui un photographe de renom et que le fameux magazine Life lui achètera ses photos.
Life est ainsi une œuvre surprenante et singulière, subtile et raffinée, presque timide et anti spectaculaire, exactement à l'image des deux artistes qui en sont les protagonistes.
Vendredi 22 à 14h et 18h et samedi 23 à 16h et 20h30

2) PHOENIX
Christian PETZOLD - Allemagne 2014 1h38mn VOSTF - avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf, Trystan Pütter, Michael Maertens... Scénario de Christian Petzold et Haroun Farocki, d'après le roman de Hubert Monteilhet, « Le Retour des cendres ».
La guerre vient de finir, nous sommes en juin 1945 et Nelly Lenz, chanteuse berlinoise, a survécu par miracle au camp de concentration. Nelly se met en tête de retrouver Johnny, son amour perdu,L'amour de Nelly peut-il encore sauver leur histoire, comment survivre sans amour ?… « Est-il possible de sortir du gouffre nihiliste creusé par les nazis et de reconstruire des émotions telles que l'amour, la compassion, l'empathie, la vie ? » interroge le réalisateur.
Mercredi 20 à 14h et 18h et jedui 21 à 16h et 20h30

3) MIA MADRE
Réalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique
Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière
Samedi 23 à 16h - dimanche 24 à 18h et 20h30 - lundi 25 à 14h

4) FATIMA
Écrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19mn
avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele..
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima Elayoubi
Fatima, c'est plus qu'un magnifique portrait de femme, c'est le portrait d'une foultitude d'autres et même, en filigrane, celui de notre société. C'est un film qui vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu'il sera impossible de regarder de la même manière les passantes inconnues que l'on croise dans la rue têtes nues ou discrètement voilées.
Jeudi 21 à 16h25, samedi 23 à 14h, dimanche 24 à 16h, mardi 26 à18h

5) MARGUERITE
Réalisé par Xavier GIANNOLI
France 2015 2h07mn
avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau, Christa Théret, Denis Mpunga, Sylvain Dieuaide, Aubert Fenoy...
Scénario de Xavier Giannoli, avec la collaboratio de Marcia Romano
Florence Foster Jenkins était une richissime américaine qui se rêvait diva. Persuadée d'être une grande soprano, elle fut beaucoup moquée, mais termina son étonnante carrière sur un concert mémorable à Carnegie Hall (les billets s'arrachèrent des semaines à l'avance, on refusa un monde fou). La particularité de cette grande originale était de ne pas s'entendre chanter, et donc d'être parfaitement inconsciente de la fausseté de sa voix.
Mercredi 20 à 18h, jeudi 21 à 14h, dimanche 24 à 15h50, lundi 25 à 20h

6) COMME UN AVION
Écrit et réalisé par Bruno PODALYDÈS
France 2015 1h45mn
avec Bruno Podalydès, Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui, Vimala Pons, Michel Vuillermoz, Jean-Noël Brouté, Pierre Arditi...
Comme un avion célèbre le pas de côté que nous pouvons tous faire un jour ou l'autre, aussi rangées soient nos vies. Michel transforme un hobby obsessionnel en moyen de s'échapper pour quelques jours dans un havre de paix et de liberté, l'auberge de Laetitia qui semble doucement retirée du monde, en tout épicurisme.
Comme un avion joue autant de l'humour burlesque du personnage de Michel, urbain maladroit, encombré de tout un tas de gadgets inutiles comme s'il se lançait dans un raid sur le Zambèze, que de la poésie engendrée par son escapade
Dimanche 24 à 18h, lundi 25 à 16h05 et 20h, mardi 26 à 14h

7) MUSTANG
Réalisé par Deniz Gamze ERGÜVEN
Turquie 2015 1h37mn VOSTF
avec Günes Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan, Ilayda Akdogan, Ayberk Pekcan...
Scénario de Deniz Gamze Ergüven et Alice Winocour
Mustang nous plonge dans une Turquie qui, depuis quelques années, subit une lente mais indéniable refonte sociale qui ne va pas forcément dans le bon sens… Le film traduit la fougue contagieuse d'une jeune réalisatrice qui manifestement ne se reconnait pas dans ces transformations . C'est une fratrie unie comme les doigts de la main, ces cinq filles belles comme des cœurs, vives, espiègles, d'une complicité qui crève l’écran. Orphelines depuis dix ans, elles sont élevées par une grand-mère Tout est mis en œuvre pour éduquer ces jeunes femmes à devenir de bonnes épouses, dociles, respectueuses de leur mari, de la tradition, de la religion. A la rentrée, aucune ne retourne à l’école, les cours de pratiques ménagères suffisent ! Mais le désir de liberté et d'accomplissement personnel est toujours là…
Samedi 23 à 14h et 18h et dimanche 24 à 14h

8) MUCH LOVED
Ecrit et réalisé par Nabil AYOUCH
Maroc 2015 1h45mn VOSTF
avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane, Sara Elmhamdi Elaloui, Abdellah Didane...
Cest un film audacieux qui balaie fièrement les obscurantismes, les préjugés faciles et surtout les grandes hypocrisies, les uns se nourrissant des autres. D'ailleurs ça n'a pas manqué : dans son pays d'origine, le Maroc, Much loved a fait l'effet d'une bombe. Censure préalable du film, qui ne sera probablement montré que clandestinement, attaques très violentes contre l'équipe allant jusqu'aux menaces explicites de mort contre le réalisateur et son actrice principale, la géniale Loubna Abidar… Alors même que ses contradicteurs ne l'ont généralement pas vu, le film déchaine les réactions de haine. Et pourtant c'est bien un formidable film d'amour. De quel crime parle-t-on ? Celui de montrer sans stigmatisation ni édulcoration le quotidien de quatre prostituées marocaines,
Dimanche 24 à 20h30, lundi 25 à 14h et 18h, mardi 26 à 16h

9) TAXI TEHERAN
Écrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Berlin 2015
C'est un magnifique et allègre bras d'honneur aux barbus barbons barbants. Ce formidable film de résistance nous irrigue de son irréductible énergie et nous amène à nous demander ce qui pourrait bien arrêter la soif du cinéma et de la vie qui habite Panahi. Une leçon de volonté et d'ingéniosité – leçon d'écriture et de mise en scène aussi, en passant – dont bien des cinéastes plus libres de leurs mouvements pourraient s'inspirer…
Mercredi 20 à 16h et 20h30, jeudi 21 à 14h et 18h, vendredi 22 à 20h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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