Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 mai

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous,

Cette fois-ci, à Draguignan, nous avons un bon film à voir : La Tête haute d'Emmanuelle Bercot, le film d'ouverture du Festival de Cannes, un film fort et bouleversant sur la jeunesse quand elle perd pied...
Mais ailleurs, il y a aussi beaucoup de bons films à voir : Taxi Téhéran pour ceux qui ne l'ont pas encore vu (et c'est dommage !) à Cotignac, Salernes et au Vox à Fréjus, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence, un film totalement décalé sur l'indifférence et sur l'autorité, Le Labyrinthe du silence qui est un thriller judiciaire au sujet des criminels nazis et Titi, une chronique indienne, un film de la sélection "Un certain regard" du Festival de Cannes...
Vous pourrez aussi voir à Chabran vendredi 22 mai à 20h un film documentaire En quête de sens suivi d'un ciné-débat, proposé par "Colibris"
Nous poursuivons toujours, quant à nous, nos investigations pour trouver la meilleure façon d'enrichir l'offre de films de qualité sur Draguignan : mais pour cela, il faut tenir compte de règlements compliqués ! Nous avançons !
Bonne semaine de cinéma à tous !
A  la semaine prochaine !

Et transférez, adhérez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas) !

PROGRAMMATION DU 20 AU 26 MAI 2015
La Tête haute
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
La Tête haute
Réalisé par Emmanuelle BERCOT
France 2015 2h
avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier...
Scénario d'Emmanuelle Bercot et Marcia Romano
Festival de Cannes 2015, Sélection officielle, Film d'ouverture hors compétition

« Cette année, on a voulu commencer par un bon film » a déclaré Thierry Frémaux, directeur et sélectionneur en chef, après avoir annoncé que La Tête haute serait projeté en ouverture du Festival de Cannes. Il dit vrai, La Tête haute est un très bon, un très beau film. « C’est un film universel, qui exprime bien les questions qui se posent sur nos modèles de société ; un film qui parle de la jeunesse, de transmission, du rapport entre la justice et la société, des mécanismes sociaux et éducatifs mis en place dans un pays comme la France pour traiter des cas de délinquance… Et c'est un film très émouvant. » Là encore, Thierry Frémaux parle d'or.
La Tête haute suit le parcours mouvementé d'un jeune garçon de six à dix-huit ans, qu'une juge des enfants et un éducateur tentent de sauver presque malgré lui..
.. lire la suite
CGR Draguignan : Tous les jours : 11h, 13h45, 16h15, 19h45, 22h15
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence
Écrit et réalisé par Roy ANDERSSON
Suède/Norvège 2014 1h40mn VOSTF
avec Holger Andersson, Nils Westblom, Charlotta Larsson, Viktor Gyllenberg...
Lion d'Or, Festival de Venise 2014
Vous l'aurez compris, Un pigeon perché sur une branche… (titre énigmatique autant qu'intrigant) ne ressemble à rien de connu… sinon aux opus précédents de Roy Andersson, et se classe sans contestation parmi les entreprises les plus originales et les plus surprenantes que puisse nous offrir le cinéma mondial. Le film se présente comme une succession de saynètes statiques, composées et cadrées avec une précision diabolique doublée d'une invention ébouriffante. La première scène, qui montre des individus blafards visitant un musée où des animaux empaillés sont exposés dans des cages de verre, installe d'emblée un climat de poésie absurde et drolatique. Et toutes les séquences suivantes seront du même acabit, pour notre plus grand plaisir... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 20h15, jeudi 21 à 18h15 et 20h30; vendredi 22 à 15h, samedi 23 à 18h15 et 20h30, dimanche 24 à 15h, lundi 25 à 18h15
Taxi Téhéran
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Taxi Téhéran
Ecrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Festival de Berlin 2015
L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux... lire la suite
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : vendredi 22 à 20h30
La Tomette (Salernes) : jeudi 21 à 21h et vendredi 22 à 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 15h, jeudi 21 à 18h15 et 20h30, vendredi 22 à 15h, samedi 23 à 18h15 et 20h30, dimanche 24 à 15h et lundi 25 à 18h15
My Old Lady
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
My Old Lady
Écrit et réalisé par Israël HOROVITZ
USA/GB 2014 1h47mn VOSTF
avec Maggie Smith, Kevin Kline, Kristin Scott Thomas, Dominique Pinon, Noémie Lvovsky...
Le film commence comme une jolie balade romantique dans le « Paris éternel ». Le décor est planté, Mathias, beau quinquagénaire, débarque fraîchement de New York, sans le sou mais plein de projets. En fait surtout un, bien précis : vendre au plus vite l'appartement dont il a hérité de son défunt père… mais il découvre encore plus vite que ce logement délicieux en plein cœur du Marais est habité par une vieille dame, Mathilde, et sa fille Chloé. En fait d'héritage, c'est d'un viager qu'il s'agit, système typiquement français qu'il a du mal à comprendre dans un premier temps et qui vient dans un second ombrager son tout frais bonheur d'héritier unique. On comprend que ce Mathias n'est pas que réussites et bonheur : trois divorces, pas de boulot, totalement fauché, c'était un peu sa dernière chance. Si Mathilde n'est en rien surprise, pas question pour Chloé et Mathias de se supporter le moins du monde : de subterfuges en contre-propositions malhonnêtes, se sera à qui fait la meilleure offre pour acquérir ou vendre en morceaux ce cadeau empoisonné... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 21 à 15h - vendredi 22 à 20h30 - mardi 26 à 14h30 et 20h30
Titli, Une chronique indienne
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Titli, Une chronique indienne
Réalisé par Kanu BEHL
Inde 2014 2h07mn VOSTF
avec Shashank Arora , Lalit Behl , Shivani Raghuvanshi...
Il faut qu'il parte, Titli. Qu'il s'en sorte. Il étouffe sous la coupe de son père et de ses frères, magouilleurs minables, voleurs de voitures qui le forcent à être complice de leurs méfaits et peuvent aller jusqu'à massacrer un type à coups de marteau sous ses yeux. Pour fuir, pour être libre, enfin, Titli (son prénom signifie « papillon ») n'a qu'un rêve : acheter un parking. Cette ambition va devenir un véritable parcours du combattant. Etre indépendant coûte cher. L'argent est sale, toujours, et impossible de faire confiance à quiconque, surtout pas à la police, corrompue jusqu'à la moelle. De quoi transformer un jeune homme asservi et innocent en oppresseur. En salaud, lui aussi... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 18h et 20h30, jeudi 21 à 18h, vendredi 22 à 15h et 18h, samedi 23  18h et 20h30, dimanche 24 à 20h30, mardi 26 à 15h et 18h
Le Labyrinthe du silence
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Le Labyrinthe du silence
Réalisé par Giulio RICCIARELLI
Allemagne 2014 2h03mn VOSTF
avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Gert Voss...
Grand Prix, Prix du Public et Prix du jury étudiant - Festival du Film d'histoire de Pessac 2014
Nous sommes en 1958 à Francfort, la toute jeune République Fédérale d'Allemagne tente de se reconstruire, de panser les blessures de sa société meurtrie par la barbarie nazie. Un peintre en balade lâche soudain chevalet et pinceaux en reconnaissant, derrière les grilles d'une école, un homme qui a été un de ses tortionnaires dans le camp d'extermination d'Auschwitz et qui est devenu depuis professeur, sans être inquiété semble-t-il. Relayé par un journaliste tenace, Thomas Gnielka, le témoignage du peintre juif va changer la vie d'un tout jeune procureur, Johann Radmann, jusque là préposé aux délits routiers. Intègre et obstiné, le jeune magistrat va découvrir non seulement la réticence de ses collègues à prendre en compte la demande de justice d'une victime du régime nazi – la raison d'État prône la réconciliation nationale, pas la recherche des anciens tortionnaires – mais aussi la totale ignorance de beaucoup de ses compatriotes, y compris au sein du Palais de Justice... lire la suite
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : vendredi 22 à 18h
Caprice
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Caprice
Écrit et réalisé par Emmanuel MOURET
France 2015 1h40mn
avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Emmanuel Mouret, Laurent Stocker, Thomas Blanchard...
En musique, « capriccio » désigne des mouvements enjoués, des formes libres… C'est léger, rapide, charmant, intense, souvent virtuose et parfois romantique. Emmanuel Mouret nous livre ici une partition délicieuse, qui brode sur le sentiment amoureux, ses doutes, ses illusions, ses variantes avec vivacité et bonheur. Clément est un heureux instituteur sans ambition particulière, adoré par les gamins qui le pratiquent. Notre héros qui n'en est pas un est complètement subjugué par une actrice sublime et adulée dont il retourne voir plusieurs fois les pièces… Hasard curieux, il se retrouve à trois reprises au théâtre à côté d'une jolie fille qui n'a pas sa langue dans sa poche et voit dans cette proximité répétée un signe du destin : c'est Caprice, alias Anaïs Demoustier, dont on soulignera le talent certain pour jouer les perturbatrices patentées, lui conseillant même, pragmatique et obstinée, de considérer ces deux amours comme complémentaires : « sois infidèle, ne sois pas égoïste »... lire la suite
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : jeudi 21 à 20h30 - dimanche 24 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

La Tête haute
LA TÊTE HAUTERéalisé par Emmanuelle BERCOT
France 2015 2h
avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier...
Scénario d'Emmanuelle Bercot et Marcia Romano. Festival de Cannes 2015, Sélection officielle, Film d'ouverture hors compétition 

« Cette année, on a voulu commencer par un bon film » a déclaré Thierry Frémaux, directeur et sélectionneur en chef, après avoir annoncé que La Tête haute serait projeté en ouverture du Festival de Cannes. Il dit vrai, La Tête haute est un très bon, un très beau film. « C’est un film universel, qui exprime bien les questions qui se posent sur nos modèles de société ; un film qui parle de la jeunesse, de transmission, du rapport entre la justice et la société, des mécanismes sociaux et éducatifs mis en place dans un pays comme la France pour traiter des cas de délinquance… Et c'est un film très émouvant. » Là encore, Thierry Frémaux parle d'or.
La Tête haute suit le parcours mouvementé d'un jeune garçon de six à dix-huit ans, qu'une juge des enfants et un éducateur tentent de sauver presque malgré lui. Dans le rôle central, Rod Paradot fait sa première apparition à l'écran et on peut déjà parier qu'on reverra ce garçon incroyable, tout à la fois émouvant, effrayant et complexe, rendant à l'écran la fragilité aussi bien que la dureté de cet être en construction.

D'emblée le rythme est donné. Nous sommes dans l'urgence, l'urgence de sauver un enfant de son destin qui semble déjà tout tracé. Malony est un petit bout de six ans et alors que sa mère vocifère dans le bureau du juge des enfants, on sent dans ses regards, saisis au vol par la caméra, la peur, l'incompréhension de ce petiot qui entend sa mère dire qu'il est un démon comme son père, qu'elle n'en peut plus de lui, avant de claquer la porte et de le laisser planté là. Interprétée par une Sara Forestier volontairement défigurée par un mauvais dentier, elle est la mère qu'on aurait envie de secouer un bon coup si on s'arrêtait à une première impression, mais que la cinéaste rendra au fil du récit plus démunie qu'irresponsable.
On retrouve Malony dix ans plus tard au volant d'une voiture, qu'il conduit sans permis évidemment, sa mère hilare à l'arrière, lui disant qu'il pilote comme un dieu (sic). Retour chez la juge, mais cette fois les choses ont changé, ce n'est plus une famille d'accueil qu'on lui propose mais le choix entre une mise à l'épreuve et la prison. On comprend bien que les choses n'ont pas évolué dans le bon sens pour l'adolescent. Déjà à la tête d'un casier judiciaire conséquent, Malony, casquette sur la tête ou capuche sur les yeux, semble irrécupérable. Violent avec ses éducateurs, ne supportant aucune frustration, aucun encadrement, immédiatement ressenti comme une atteinte à sa personne et à ses droits… La juge décide de le placer dans un centre éducatif à la campagne. Malony commence alors un nouveau parcours, en rupture avec son environnement habituel…

Emmanuelle Bercot nous plonge dans les arcanes de l'institution judiciaire chargée de la protection de l'enfance. Un univers qu'elle avait déjà exploré dans le Polisse de Maiwen, qu'elle avait co-écrit et interprété, et dont elle affirme ici encore qu'il est le dernier maillon, l'ultime filet de sécurité pour des milliers d'enfants qui sont les premières victimes d'une société de plus en plus brutale. Son film est juste, intense et souvent bouleversant. (Utopia)

CGR Chabran : Tous les jours : 11h, 13h45, 16h15, 19h45, 22h15


Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence
UN PIGEON PERCHÉ SUR UNE BRANCHE philosophait sur l'existenceÉcrit et réalisé par Roy ANDERSSON
Suède/Norvège 2014 1h40mn VOSTF
avec Holger Andersson, Nils Westblom, Charlotta Larsson, Viktor Gyllenberg...
Lion d'Or, Festival de Venise 2014

« J'ai des dents de vampire, je vous les fais à moitié prix. »

C'est le nouveau film, toujours aussi fascinant, du réalisateur suédois Roy Andersson (Chansons du deuxième étage, Nous les vivants) et il pourrait être vu comme la rencontre improbable entre le burlesque de Laurel et Hardy (un duo de personnages très pince-sans-rire sert de fil rouge au récit), le tragique absurde à la Beckett et une recherche picturale qui associerait pêle-mêle Bruegel, l'expressionnisme allemand d'Otto Dix ou Georg Scholz et la géniale rigueur de composition d'un Edward Hopper…
Vous l'aurez compris, Un pigeon perché sur une branche… (titre énigmatique autant qu'intrigant) ne ressemble à rien de connu… sinon aux opus précédents de Roy Andersson, et se classe sans contestation parmi les entreprises les plus originales et les plus surprenantes que puisse nous offrir le cinéma mondial. Le film se présente comme une succession de saynètes statiques, composées et cadrées avec une précision diabolique doublée d'une invention ébouriffante. La première scène, qui montre des individus blafards visitant un musée où des animaux empaillés sont exposés dans des cages de verre, installe d'emblée un climat de poésie absurde et drolatique. Et toutes les séquences suivantes seront du même acabit, pour notre plus grand plaisir.
Comme dit plus haut, deux personnages portent le récit : deux vendeurs d'articles de farces et attrapes, à la dégaine et aux visages tristes comme un jour sans pain, qui déballent partout où ils passent, sans aucune conviction ni talent de vendeurs, leurs dents de vampires XXL ou le masque en latex de « Pépé l'édenté », laissant leurs clients potentiels plus que dubitatifs : de marbre.

L'autre fil conducteur est une phrase que plusieurs personnages répètent à l'envi à un interlocuteur au téléphone : « je suis heureux que vous alliez mieux ». Mais là encore, aucune conviction, décalage absolu entre les mots de réconfort et l'allure sinistre, le ton absent de celui ou celle qui les prononce mécaniquement : l'un des locuteurs, après avoir ânonné sa phrase d'une voix blanche, se tire d'ailleurs une balle dans la tête… Rire d'outre-tombe garanti !
Car Un pigeon perché sur une branche… est une réflexion aussi cruelle que miséricordieuse sur l'indifférence qui envahit nos vies. Sur un ferry, un homme vient de mourir, frappé d'une crise cardiaque après avoir fait la queue à la cafeteria, et la seule question que pose la caissière est : « que va t-on faire du contenu de son plateau, puisqu'il a été payé ? ». Le verre de bière sera vite attribué à un volontaire… Mais le film est aussi une charge sauvage contre l'autorité. Une scène surréaliste, se jouant de l'anachronisme, présente le roi mythique Charles XII de Suède, héros malheureux de la bataille de Poltova contre les troupes de Pierre 1er de Russie, rentrer à cheval, l'air martial, dans la brasserie du coin… Un autre tableau montre un groupe de richissimes vieillards assister impavides au supplice d'esclaves noirs introduits dans un énorme cylindre en cuivre qui tourne comme une machine à musique…

Finalement ce sont bien nos deux compères colporteurs, ces parias vivant dans un asile de nuit, aussi pathétiques soient-ils, qui apparaissent comme les derniers tenants de ce qui nous reste d'humanité, avec leur amitié indéfectible ponctuée de chamailleries dérisoires. C'est saisissant tellement c'est beau, tellement c'est tragique, tellement c'est drôle… C'est du Roy Andersson.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 20h15, jeudi 21 à 18h15 et 20h30; vendredi 22 à 15h, samedi 23 à 18h15 et 20h30, dimanche 24 à 15h, lundi 25 à 18h15
 


Taxi Téhéran
TAXI TÉHÉRANÉcrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Berlin 2015

C'est un magnifique et allègre bras d'honneur aux barbus barbons barbants. Les BBB (c'est plus court comme ça), ce sont les mollahs du régime iranien et leurs fonctionnaires zélés qui ont tenté par tous les moyens de faire taire le réalisateur Jafar Panahi. En 2010, les autorités l'ont d'abord emprisonné puis, après l'avoir libéré, lui ont interdit toute sortie du territoire et surtout ont essayé de l'empêcher de tourner. Mais on ne peut pas interdire à un être humain de respirer et durant les cinq dernières années, Panahi a naturellement désobéi en tournant clandestinement trois films, montrés dans les plus grands festivals internationaux. Taxi Téhéran a donc été projeté au Festival de Berlin où il a reçu à l'unanimité du jury la récompense suprême, l'Ours d'or. Panahi bloqué à Téhéran, c'est sa toute jeune nièce qui est venue recevoir en son nom la statuette, une gamine formidable qui est une des protagonistes importantes du film. Un grand moment !

L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux.
La première séquence montre une discussion ubuesque autour de la justice, entre une institutrice et un homme ostensiblement macho, qui croit aux vertus d'exemplarité de la peine de mort, y compris pour les délits mineurs. La femme rappelle le triste record de l'Iran en terme d'exécutions capitales, avant de comprendre que l'homme est lui même voleur à la tire… Plus tard, Jafar le taximan chargera pour l’hôpital une femme et son mari accidenté, l'épouse se préoccupant surtout du testament improvisé du blessé, que notre chauffeur est sommé d'enregistrer sur son téléphone portable : l'épisode souligne en creux la précarité du sort des femmes. Il y aura aussi cette avocate porteuse d'un énorme bouquet de fleurs, une femme au sourire aussi magnifique que son courage, comme son échange avec Jafar nous le fera deviner…
Mais Taxi Téhéran est aussi une merveilleuse et drôlatique déclaration d'amour au cinéma, à sa vitalité, à son pouvoir d'évocation et de transmission. Un vendeur à la sauvette de DVD reconnaît immédiatement Jafar Panahi, s'avérant connaître mieux le cinéma d'auteur mondial que bien des cinéphiles auto-déclarés… et nous montre à quel point la passion du cinéma ne saurait être étouffée par les ayatollahs. On savourera la géniale tractation entre le vendeur et Panahi autour des films de Woody Allen… On jubilera aussi à la séquence hilarante avec la nièce citée plus haut, quand la petite fille un peu peste énumère les conditions imposées pour la réalisation d'un d'un court métrage dans le cadre scolaire : respect bien entendu du voile et autres règles de bienséance religieuse mais aussi interdiction du « réalisme sordide » – oncle Jafar semble s'interroger mais on sent bien qu'intérieurement il se gondole…

Ce formidable film de résistance nous irrigue de son irréductible énergie et nous amène à nous demander ce qui pourrait bien arrêter la soif du cinéma et de la vie qui habite Panahi. Une leçon de volonté et d'ingéniosité – leçon d'écriture et de mise en scène aussi, en passant – dont bien des cinéastes plus libres de leurs mouvements pourraient s'inspirer…(Utopia)

Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : vendredi 22 à 20h30
La Tomette (Salernes) : jeudi 21 à 21h et vendredi 22 à 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 15h, jeudi 21 à 18h15 et 20h30, vendredi 22 à 15h, samedi 23 à 18h15 et 20h30, dimanche 24 à 15h et lundi 25 à 18h15
 


My Old Lady
MY OLD LADYÉcrit et réalisé par Israël HOROVITZ
USA/GB 2014 1h47mn VOSTF
avec Maggie Smith, Kevin Kline, Kristin Scott Thomas, Dominique Pinon, Noémie Lvovsky...

Le film commence comme une jolie balade romantique dans le « Paris éternel ». Le décor est planté, Mathias, beau quinquagénaire, débarque fraîchement de New York, sans le sou mais plein de projets. En fait surtout un, bien précis : vendre au plus vite l'appartement dont il a hérité de son défunt père… mais il découvre encore plus vite que ce logement délicieux en plein cœur du Marais est habité par une vieille dame, Mathilde, et sa fille Chloé. En fait d'héritage, c'est d'un viager qu'il s'agit, système typiquement français qu'il a du mal à comprendre dans un premier temps et qui vient dans un second ombrager son tout frais bonheur d'héritier unique. On comprend que ce Mathias n'est pas que réussites et bonheur : trois divorces, pas de boulot, totalement fauché, c'était un peu sa dernière chance. Si Mathilde n'est en rien surprise, pas question pour Chloé et Mathias de se supporter le moins du monde : de subterfuges en contre-propositions malhonnêtes, se sera à qui fait la meilleure offre pour acquérir ou vendre en morceaux ce cadeau empoisonné.

Le casting est impeccable et le jeu d'acteur tout en finesse. Kevin Kline toujours juste, Kristin Scott Thomas immarcescible et Maggie Smith (qu'on peut voir aussi dans le second Indian Palace) pour toujours rayonnante portent le film. Ils cristallisent à eux trois toutes les histoires de vie d'une famille, plutôt de deux familles. Car sans dévoiler l'intrigue, vous saisirez aisément, fines mouches que vous êtes, que notre Mathias n'hérite pas par hasard – Mathias/Mathilde, on vous laisse deviner les connivences – de cet appartement. Il est lié à lui depuis bien longtemps, et il deviendra le lieu des révélations, la clef d'années de souffrance et de sentiment d'abandon, de solitude ineffable, puis leur catharsis et sûrement le salut de chacun.
Ce film n'est définitivement pas seulement une plaisante comédie de situation, c'est aussi un drame sur les existences torturées depuis l'enfance, les héritages, l'atavisme un peu trop lourd et les labyrinthes tortueux des secrets et du dysfonctionnement familial. On passe sa vie à vouloir plaire ou déplaire, à essayer de s'affranchir, mais on reste toujours le fils de son père.

Plus histoire progresse, et plus Chloé avec sa vie d'adulte craintive et Mathias avec sa colère incoercible vont se raconter, se rencontrer et se reconnaître, s'autoriser à laisser l'opaque et le superflu derrière eux. Chacun de ces trois personnages garde sa part d'ombre et d’égoïsme, tout autant que l'élan de vie doit rester plus fort. Jusqu'où l’égoïsme est-il acceptable pour préserver son bonheur ? Est-il vraiment possible de pardonner ? C'est un film émouvant sur les relations et les liens familiaux, tout simplement, offert avec force aux spectateurs par des huis-clos et des portraits de personnages finalement seuls avec eux-même puis éclairés par leurs choix plus justes. Pour ce qui est du décor, les amoureux de Paris seront servis, on arpente la ville et les bords de Seine, « le sang » de Paris, comme le désigne le trop rare Dominique Pinon qui incarne ici un drolatique agent immobilier. 

Le film est l'adaptation de la pièce à succès titrée en français « Très chère Mathilde », portée à l'écran par l'auteur lui-même. Réalisateur débutant, Israël Horovitz est un scénariste et dramaturge américain aussi productif que reconnu : plus de 50 pièces traduites dans le monde entier, et c'est aujourd’hui l’écrivain le plus joué en France. Ce film fait du bien, la vie toujours continue et fait des cadeaux, et il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse… (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 21 à 15h - vendredi 22 à 20h30 - mardi 26 à 14h30 et 20h30


Titli, Une chronique indienne
TITLI Réalisé par Kanu BEHL
Inde 2014 2h07mn VOSTF
avec Shashank Arora , Lalit Behl , Shivani Raghuvanshi...

Il faut qu'il parte, Titli. Qu'il s'en sorte. Il étouffe sous la coupe de son père et de ses frères, magouilleurs minables, voleurs de voitures qui le forcent à être complice de leurs méfaits et peuvent aller jusqu'à massacrer un type à coups de marteau sous ses yeux. Pour fuir, pour être libre, enfin, Titli (son prénom signifie « papillon ») n'a qu'un rêve : acheter un parking. Cette ambition va devenir un véritable parcours du combattant. Etre indépendant coûte cher. L'argent est sale, toujours, et impossible de faire confiance à quiconque, surtout pas à la police, corrompue jusqu'à la moelle. De quoi transformer un jeune homme asservi et innocent en oppresseur. En salaud, lui aussi...

Bienvenue dans la banlieue de Delhi, sa misère qui colle à la peau, son économie parallèle, son système patriarcal qui broie les individus. Ce premier long métrage indien, présenté l'an dernier à Cannes dans la section Un certain regard, est un choc. On est à l'opposé des romances à l'eau de rose bollywoodiennes : dans le minable garni où les hommes du clan s'entassent, le père végète toute la journée devant la télévision en robe de chambre, et le frère aîné, en marcel crasseux, se racle bruyamment la gor­ge pour mieux cracher dans le lavabo. Quand il ne fomente pas un coup foireux, il roue de coups un pauvre ­livreur qui a le malheur de lui tenir tête. On est à mi-chemin entre le drame social et le polar poisseux : entre Affreux, sales et méchants, d'Ettore Scola, et Les Affranchis, de Martin Scorsese. Avec une caméra toujours en mouvement, le jeune réalisateur indien capte chaque détail du quotidien. A la manière d'un reporter, il suit les trajets à moto de son héros, entre le cloaque périphérique et le centre-ville moderne où les hommes en costume ne sont pas plus civilisés que les miséreux. Deux mondes, mais le même bruit, la même fureur, la même rapacité. Comment trouver sa place entre ces deux enfers ? Grâce à une femme. Marié contre son gré, Titli va trouver en sa jeune épouse une alliée surprise. Car cette jeune fille forcée à vivre (et à servir) dans la promiscuité masculine a un secret... C'est en observant les femmes, leur courage, leur ingéniosité, leur dévouement que le réalisateur condamne avec le plus de force la ­société indienne patriarcale : fières et décidées à ne plus se taire, à ne plus être à la merci des hommes, au risque d'être battues comme plâtre, les femmes du film sont magnifiques. Et c'est à elles, à l'arraché, que Kanu Behl donne raison, après avoir fait vomir à son héros (au sens propre du terme ) la violence qui s'installait en lui. Elles incarnent l'avenir, le vent du changement, la belle fuite en avant. Impossible de tuer le père sans elles. — Guillemette Odicino (Télérama)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 20 à 18h et 20h30, jeudi 21 à 18h, vendredi 22 à 15h et 18h, samedi 23  18h et 20h30, dimanche 24 à 20h30, mardi 26 à 15h et 18h



Le Labyrinthe du silence
LE LABYRINTHE DU SILENCERéalisé par Giulio RICCIARELLI
Allemagne 2014 2h03mn VOSTF
avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Gert Voss...
Grand Prix, Prix du Public et Prix du jury étudiant - Festival du Film d'histoire de Pessac 2014 

Nous sommes en 1958 à Francfort, la toute jeune République Fédérale d'Allemagne tente de se reconstruire, de panser les blessures de sa société meurtrie par la barbarie nazie. Un peintre en balade lâche soudain chevalet et pinceaux en reconnaissant, derrière les grilles d'une école, un homme qui a été un de ses tortionnaires dans le camp d'extermination d'Auschwitz et qui est devenu depuis professeur, sans être inquiété semble-t-il.
Relayé par un journaliste tenace, Thomas Gnielka, le témoignage du peintre juif va changer la vie d'un tout jeune procureur, Johann Radmann, jusque là préposé aux délits routiers. Intègre et obstiné, le jeune magistrat va découvrir non seulement la réticence de ses collègues à prendre en compte la demande de justice d'une victime du régime nazi – la raison d'État prône la réconciliation nationale, pas la recherche des anciens tortionnaires – mais aussi la totale ignorance de beaucoup de ses compatriotes, y compris au sein du Palais de Justice : la majorité des gens qu'il questionne ne connaît même pas l'existence d'Auschwitz ! Heureusement Radmann aura le soutien du procureur général Fritz Bauer, lui même Juif exilé en Scandinavie durant la guerre alors qu'il était jeune parquetier.

Le Labyrinthe du silence évoque l'histoire tout à fait réelle du procès historique mais méconnu de quelques uns des SS d'Auschwitz (malheureusement seulement 22 des 6000 qui ont servi dans le camp de concentration !) qui s'est tenu de 1963 à 1965. Un procès historique parce que, contrairement à celui de Nüremberg en 1945-1946, engagé par les Alliés contre les dignitaires du régime vaincu, celui-ci fut mené par la jeune justice allemande et s'attaquait bien à la machine concentrationnaire et d'extermination et non uniquement aux crimes de guerre strico sensu. Il visait ainsi tous les niveaux du système, depuis le simple kapo zélé jusqu'aux responsables du camp. Le film rend remarquablement la complexité de cette entreprise dantesque. Les procureurs ont dû affronter tous les blocages possibles à tous les échelons d'une administration comptant encore dans ses rangs nombre d'anciens nazis : documents introuvables, volonté affichée de la police de ne pas collaborer, dans un contexte politique où le chancelier Adenauer lui-même faisait tout pour freiner le nécessaire devoir de reconnaissance de la culpabilité d'une grande partie du peuple allemand.
Mais il fallut aussi recueillir les témoignages de victimes souvent réticentes après qu'on les ait ignorées plus d'une décennie, sans compter que beaucoup de ces témoins avaient quitté l'Allemagne… La complexité était aussi psychologique pour bien des protagonistes, car une grande majorité parmi ceux qui avaient plus de quarante ans étaient d'anciens membres du Parti nazi, y compris dans l'entourage des procureurs, comme le montre une très belle scène dans laquelle le jeune Radmann est confronté au passé de sa propre famille… Le film montre au passage le rôle ambigu des sauveurs américains, qui s'accommodent de la présence aux affaires des anciens nazis pour assurer la gestion du pays, la priorité étant désormais pour eux la lutte contre l'influence soviétique. Rôle ambigu aussi des Israéliens, qui établissent une priorité discutable dans la capture des anciens responsables nazis, Eichmann leur paraissant par exemple plus important que le terrible docteur Mengele – qui leur échappera d'ailleurs et mourra accidentellement au Brésil après avoir vécu tranquille pendant vingt ans.

Utilisant intelligemment le personnage du jeune procureur idéaliste découvrant à la fois la complexité de son métier et l'histoire cachée de son pays, ponctué de moments particulièrement forts et émouvants, Le Labyrinthe du silence se suit tout autant comme un thriller judiciaire que comme un plaidoyer nécessaire contre l'oubli. (Utopia)

Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : vendredi 22 à 18h


Caprice
CAPRICEÉcrit et réalisé par Emmanuel MOURET
France 2015 1h40mn
avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Emmanuel Mouret, Laurent Stocker, Thomas Blanchard...

En musique, « capriccio » désigne des mouvements enjoués, des formes libres… C'est léger, rapide, charmant, intense, souvent virtuose et parfois romantique : Paganini composa 24 caprices pour violon, Brahms en écrivit plusieurs pour le piano en fin de carrière, ce qui prouve bien que la légèreté de l'expression suppose une virtuosité qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain… Et il n'est peut-être pas anodin qu'Emmanuel Mouret ait choisi de donner ce prénom à une de de ses héroïnes qui donne son titre au film : car, à y repenser, il ne fait pas autre chose ici que nous livrer une partition délicieuse, qui brode sur le sentiment amoureux, ses doutes, ses illusions, ses variantes avec vivacité et bonheur. C'est mitonné aux petits oignons, on sent bien que tout est travaillé jusqu'au moindre détail, la moindre virgule, et pourtant on ne sent pas une seconde le tourment du perfectionniste à l'ouvrage qu'est Mouret : le film coule, heureux, drôle et néanmoins troublant car il pose les questions que tout le monde se pose : qu'est ce que l'amour ? Aimons-nous vraiment quand nous croyons aimer, est-ce une illusion, « un honnête mensonge, un heureux malentendu » ?

Clément – Emmanuel Mouret en personne, parfait dans un rôle très au point de séducteur malgré lui, incertain et maladroit, qui justement plait parce qu'il ne cherche pas à plaire et se contente de laisser entrevoir l'éblouissement qui le saisit quand il se retrouve devant l'objet de ses rêves… Clément, disais-je, est un heureux instituteur sans ambition particulière, adoré par les gamins qui le pratiquent. Notre héros qui n'en est pas un est complètement subjugué par une actrice sublime et adulée dont il retourne voir plusieurs fois les pièces… Hasard curieux, il se retrouve à trois reprises au théâtre à côté d'une jolie fille qui n'a pas sa langue dans sa poche et voit dans cette proximité répétée un signe du destin : c'est Caprice, alias Anaïs Demoustier, dont on soulignera le talent certain pour jouer les perturbatrices patentées et qui illumine un autre film de cette gazette, À trois on y va, autre variation inspirée sur l'amour et ses aléas…
La belle actrice adulée par Clément, qui a pour prénom Alicia – merveilleuse Virginie Efira –, se sort à peine de déconvenues amoureuses qui l'ont blessée et voit dans ce garçon drôle et touchant une possibilité d'amour sans mensonges, un antidote à une célébrité et un confort social qui lui valent flatteries et courtisans trompeurs. La modestie et la délicatesse de Clément, qui a du mal à croire au conte de fées qui lui tombe du ciel, sont un indéniable atout : il est doux et profond, trop émerveillé de ce qui lui arrive pour être du genre à vouloir faire d'elle un papillon de plus accroché à un quelconque tableau de chasse.
Un bonheur n'arrivant jamais seul, Caprice ne renonce pas à cet amour désigné par la main du hasard en personne et poursuit Clément de ses assiduités, peu découragée par ses réticences et ses déclarations de fidélité à une autre, lui conseillant même, pragmatique et obstinée, de considérer ces deux amours comme complémentaires : « sois infidèle, ne sois pas égoïste ».

Aime-ton, ou aime-t-on être aimé ? Aime-t-il Caprice ou est-il seulement flatté, lui, l'obscur maître d'école, par toutes ces manifestations amoureuses qu'il n'est pas sûr de mériter ?… Que ces sentiments sont compliqués à comprendre ! Pour rien au monde, il ne voudrait mentir à Alicia… mais Caprice est une petite perfide, une obstinée qui ne lâche pas le morceau facilement et a plus d'un tour dans son sac. Heureusement le directeur d'école de Clément, qui est aussi son copain, pas désagréable à regarder et à fréquenter par ailleurs, est prêt à le conseiller, voire à l'aider dans la recherche d'un équilibre qui lui permettrait d'aimer qui veut l'aimer sans que la chose ne vire à la catastrophe… (Utopia)

Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : jeudi 21 à 20h30 - dimanche 24 à 18h

Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :