Au(x) cinéma(s) du 20 au 26 mars 2019

Bonjour à tous,
 
Cette semaine ne manquez pas à CGR l’événement de notre saison cinématographique  le FESTIVAL DE CINÉMA ASIATIQUE, qu'Entretoiles vous propose sur 3 jours: les 22, 23 et 24 mars :
La série complète de Senses,  de Hamaguchiune splendide chronique d'émancipation au Japon, en 5 épisodes qui ne sont pas de trop pour explorer le cheminement intérieur des héroïnes. A la fin des Senses, on a l'impression de quitter quatre amies proches. C'est un récit fleuve, galvanisant, prenant et passionnant. Épisodes 1 et 2 : vendredi 22 à 18h et épisodes 3, 4 et 5 dimanche 24 à 17h

The spy gone North, de Jong-bin Yoon, un thriller coréen, sur le thème du double jeu, qui flirte avec la mort, et qui se savoure en tant que leçon d'histoire traitée à la manière d'un pur film d'espionnage. Samedi 23 mars à 18 h.

Une affaire de famille de Kore Eda, Palme d'or au Festival de Cannes, l'émerveillement d'être happé par les choses simples de la vie d'une famille qui pourtant, vit de rapines et de petits trafics... Dimanche 24 mars à 21h30
 
- L'intervention de Bastian Meiressonne, spécialiste du cinéma asiatique, Directeur artistique du festival de cinéma asiatique de Vesoul (90 films), dimanche 24 mars à 21 h et après Une affaire de famille.
- Buffet apéritif asiatique, offert par Entretoiles, dans le hall de CGR, dimanche 24 mars à 19h45
 
Vous pouvez dès à présent acheter à CGR le Pass du Festival, pour l'ensemble des films ( Prix adhérent = 22€ et non adhérent = 34€ ). Les prix des films à l'unité sont comme d'habitude : adhérent 4€90 et non adhérent 9€90.. Voici le lien pour acheter le pass par internet 
 
Nous vous espérons nombreux à venir partager ces beaux moments de cinéma avec nous !  
  
Cette semaine pas de films de ciné club à CGR. Les prochains seront  Ben is back, la Favorite, Jusqu'à la garde, Vice et Grâce à Dieu .Dans le programme normal  Rebelles,un film politiquement incorrect et résolument feministe qui donne un coup de fouet à la comédie française

 
A Lorgues vous pourrez voir un documentaire franco-libanais  Kabullywood , un manifeste bienfaisant en faveur de la culture et des libertés, My beautiful Boy,une histoire émouvante d'un père tentant d arracher son fils à la drogue et Long Way Home, le portrait pudique et poignant d’une jeunesse abandonnée dans un angle mort de l’Amérique  
Au Luc   Stan & Ollie de Jon S. Bair, un  biopic émaillé de numéros amusants qui évoque avec nostalgie la période précédant la séparation des comédiens .
Au Vox (aussi au Luc) un film de Josie Rourke Marie Stuart, reine d'Ecosse deux destins de femmes fortes qui affrontent, différemment, la domination masculine, la trahison, le poids de la religion, le dernier film  de Xavier Dolan  Ma vie avec John F. Donavan (également à Cotignac) un récit fascinant, d'un romantisme échevelé et à l'émotion contagieuse, Dernier Amour de Benoit Jacquot  inspiré des Mémoires de Casanova, un film chinois Les Eternelsune fresque ambitieuse qui parle de passion, de sacrifice, de résilience et qui captive par sa description d 'une Chine contemporaine tourmentée, Santiago Italia un documentaire de Nano Moretti, qui relate avec intelligence le parcours vers l Italie de nombreux réfugiés chiliens après le coup d'état militaire du 11 septembre 1976 et  Venez donc prendre le café chez nous une comédie italienne, un conte cruel un brin pervers.
 
Bonne  semaine de cinéma!

 Nous vous rappelons que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et les films Entetoiles et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (si vous avez demandé à la recevoir et que vous ne la recevez pas, c'est que votre adresse n'était pas assez lisible : redemandez !) (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!). Vous pouvez aussi consulter le site d'Entretoiles : entretoiles.e-monsite.com

SENSES    1 et 2   3 et 4   5

Ryusuke HAMAGUCHI - Japon 2015 5h VOSTF - avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Maiko Mihara, Rira Kawamura... Scénario de Ryusuke Hamaguchi, Tadashi Nohara et Tomoyoki Takahashi.

 
À quoi rêvent les femmes japonaises d’aujourd’hui ? À avoir plus de temps pour elles. Senses leur donne celui nécessaire pour se retrouver dans une splendide chronique d’émancipation… Au Japon, 100 000 personnes disparaissent chaque année sans laisser de traces. On les appelle les « évaporés ». C'est ce qui va se passer avec Jun : du jour au lendemain elle disparaît, elle s'évapore, laissant ses trois meilleures amies dans le désarroi. Sa disparition va entraîner un séisme intime en chacune d’elles, les amenant à questionner leur amitié comme leurs vies respectives. Car Jun était le pilier du groupe, celle qui leur avait permis de toutes se rencontrer…

Ryûsuke Hamaguchi donne une ampleur inédite à la situation en libérant une parole trop longtemps mise en sourdine. Sans rien montrer d’une hystérie généralisée ou d’actes physiques extrêmes, le chamboulement émotionnel n’en est pas moins intense. Il est à la source de remous intérieurs qui vont pousser les héroïnes à se poser des questions essentielles, à même de changer la destinée de chacune, parce que les réponses apportées s’émancipent du poids moral de toute une société. Comment aimer ? Peut-on avoir confiance en l’autre ? Doit-on tout se dire ? Ai-je la vie que je souhaite ? Des interrogations qui reflètent bien la perplexité affective dans laquelle flottent les sociétés contemporaines… Senses les remet au centre de tout, rappelant la nécessité d’une interaction sociale, quelle qu’en soit la forme.
Pour éviter des réponses toutes faites, Hamaguchi prend le temps d’une analyse collective, notamment par le biais du séminaire d’un artiste-activiste (baptisé « écouter son centre ») auquel participe la bande d’amies, parmi d'autres. Celui-ci va avoir un effet cathartique imprévu…

Hamaguchi filme avec une rare acuité les dynamiques de groupe qui transparaissent. Chaque personnage laisse éclore, dans des successions de gestes faussement anodins, des traits de caractères et des secrets enfouis, faisant éclater les faux-semblants, mettant à jour tout un système de mensonges et de dissimulations liés au statut et à la condition féminine, dans un monde qui persiste à vouloir les contraindre dans des codes et des schémas patriarcaux (pas propres au Japon mais dont les aspects paraissent ici inouïs de notre point de vue occidental et biaisé…). Il y a quelque chose du cinéma de John Cassavetes dans la maîtrise du jeu d’acteur improvisé, le faisant passer pour parfaitement naturel à l’écran…
Cinq épisodes ne sont pas de trop pour explorer le cheminement intérieur des héroïnes et leur rendre une parole trop longtemps empêchée. Vivre ainsi au plus près des émotions des personnages est un privilège suffisamment rare pour qu’on s’en délecte pleinement. À la fin de Senses, cette impression de quitter quatre amies proches, avec leurs qualités et leurs défauts, nous ferait presque espérer une suite à ce récit fleuve, galvanisant, prenant et toujours passionnant.  (Utopia)
 
CGR SOIREE ENTRETOILES   Épisodes 1 et 2 : vendredi 22 à 18h         épisodes 3, 4 et 5 dimanche 24 à 17h
 

THE SPY GONE NORTH

Écrit et réalisé par Jong-bin YOON - Corée du Sud 2018 2h21mn VOSTF - avec Jung-min Hwang, Sung-min Lee, Ji-hoon Ju, Jin-woong Jo... L'ÉTRANGE FESTIVAL 2018 : Grand Prix du Jury et Prix du Public
 
Prenant place au début des années 90, The Spy gone north débute de manière efficace en envoyant en mission l’agent sud-coréen See Young s’infiltrer en Corée du Nord afin de dénicher une information capitale au sujet de l’arme nucléaire. À cet instant, la Corée du Sud est dans le flou total : les voisins du Nord seraient-ils déjà en sa possession ? La première partie du film, très immersive, nous rappelle instantanément l’époque du thriller paranoïaque des années 70. See Young devra devenir un homme d’affaires et la moindre erreur pourrait lui coûter très cher. Dès son arrivée en Corée du Nord, il sait pertinemment qu’il va être surveillé, d’où les nombreux micros cachés un peu partout qu'il a trouvés dans sa chambre d’hôtel. Pour ferrer le gros poisson, il devra jouer double jeu afin de solidifier toujours plus une couverture très fragile, quitte à flirter avec la mort.
 
Cette histoire – vraie – dite de l’espion appelé « Black Venus », passionnante au demeurant, s’avère bien vite une sorte de prétexte pour mieux plonger au cœur des relations glaciales entre les deux Corées. Le Nord nous est montré en guerre, sous le joug de la dictature qui y règne encore aujourd’hui, tandis que le Sud tente de faire bouger les choses, de se développer et de prospérer. Alors que le stratagème commercial porte ses fruits et que l’agent See Young approche finalement le général Kim-Jong-Il (père de l’actuel Kim-Jong-Un), la mission va prendre une tout autre tournure lorsque les masques commencent à tomber. Ces échanges avec le général sont travaillés dans la mise en scène tout en tension, alors qu’un ou deux éléments penchent du côté du burlesque, mélange détonant dont est coutumier le cinéma coréen. La ressemblance du comédien interprétant le général est bluffante et la reconstitution impeccable.
 
Ample, de par sa longueur et le lyrisme de sa mise en scène, assez éloigné des polars retors et violents qui sont également la marque du cinéma coréen, ce Spy gone north se savoure en tant que leçon d’histoire traitée à la manière d’un pur film d’espionnage à l’ancienne, où les filatures et les champs/contre-champs serrés remplacent les courses-poursuites et les bastons. Le film s'impose ainsi comme l’un des rares et des meilleurs à traiter des relations complexes entre les deux Corées depuis le Joint Security Area de Park Chan-Wook, programmé chez nous l'été dernier. (Utopia)
 
 CGR SOIREE ENTRETOILES      Samedi 23 mars à 18 h.  
 

UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA - Japon 2018 2h01mn VOSTF - avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka, Kilin Kiki... Palme d'Or, Festival de Cannes 2018.
 
 
Si ce n’est un miracle, c’est pour le moins un émerveillement ! D’un film à l’autre, avec les mêmes ingrédients principaux, le délicat Kore-Eda parvient à inventer de nouvelles recettes subtiles et purement délicieuses. Sans se lasser, sans nous lasser, il explore toujours plus intensément ces liens qui nous unissent, se font, se défont… Thématique quasi obsessionnelle sur la filiation, le lignage avec laquelle il parvient à se renouveler, à nous surprendre. Le titre ici nous met fatalement sur la piste, nous sommes bien dans l’univers de prédilection du cinéaste nippon, celui de I wish, Tel père, tel fils, Notre petite sœur, Après la tempête… Une fois de plus nous allons être happés, passionnés par ces choses simples de la vie, ces infimes miracles sans fin qui ne disent pas leur nom mais bousculent les êtres, les animent, aident à ne pas sombrer et à avancer. 

Quand on y songe, c’est une chose insensée que de vils libéraux de tous poils essaient de nous faire croire que les pires canailles de notre société sont les pauvres hères qui se débrouillent pour gruger les allocations familiales, les impôts ou ces grands temples de la consommation que sont les grandes surfaces… Le pauvre, le misérable comme dirait Hugo, est par nature suspecté d’être filou malhonnête ou flemmard inemployable. Ces inepties prospèrent chez nous, elles fleurissent visiblement aussi au Japon, ainsi sans doute que partout ailleurs dans le monde… Et bien je serais prête à parier que, mises bout à bout, toutes les petites combines des gens modestes de par le monde ne représentent guère que l’argent de poche de quelques grandes fortunes mondiales, si ce n’est d’une seule !

Alors quitte à être mis au ban de la société, autant ne pas l’être pour rien, surtout quand on n'a guère le choix. Que faire quand l’avenir n’a pas d’horizon ? Si ce n’est essayer de survivre sans s’embarrasser de plus de principes que ceux qui pratiquent éhontément l’exil fiscal à grande échelle. C’est ainsi que, modestement, la famille Shibata tout entière, passée experte dans l’art du système D, fauche, traficote, bricole, grenouille… Sous la houlette d’Osamu, le père, attentif et jovial, chacun de ses membres apprend l’art de la débrouille en faisant parfois preuve d’une remarquable inventivité. L’application des plus jeunes à perfectionner leurs techniques de vol à l’étalage fait plaisir à voir ! À cette école forcée de la vie, chacun devient plus malin qu’un singe. Le soir venu, on se rassemble, on rigole beaucoup, on se dorlote tendrement en partageant le butin modique autour de l’adorable grand-mère (l’extraordinaire actrice Kirin Kiki) qu’on ne laisserait pour rien au monde dans un EHPAD aseptisé, même si on en avait les moyens. 

Au milieu des grands immeubles, la minuscule maison hors d’âge des Shibata fait l’effet d’un havre précaire, mais goulument vivant, où s’entassent heureusement la mère qui cuisine, sa fille qui tapine légèrement, les autres qui rapinent… C’est mal, sans doute, amoral diront certains. Mais est-ce qu’une société richissime qui n’offre que des miettes et aucune perspective aux pauvres qu’elle créée ne l’est pas plus encore ? On a beau condamner, on s’attache progressivement à ces personnages de peu et leurs péchés nous semblent soudains véniels. D’autant plus quand Osamu et son jeune fils Shota ramènent un soir à la maison une toute petite fille, une frêle créature tétanisée par le froid de la nuit, la violence de ses parents qui ne la désiraient pas, alors qu'elle est si craquante ! Et même si on n’a guère les moyens de nourrir une bouche supplémentaire, personne n’a le cœur de la ramener sur le balcon glacial de l’immeuble sinistre qui lui servait de refuge… 
L’histoire de ce petit oisillon recueilli, de cette famille hors cadre, devient alors comme une parabole, un conte moderne à la morale cinglante : Kore-Eda cachait de la paille de fer sous son gant de velours…  (Utopia)
 
 CGR SOIREE ENTRETOILES    Dimanche 24 mars à 21h30

 

REBELLES

Écrit et réalisé par Allan MAUDUIT - France 2018 1h45mn - avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy, Simon Abkarian... Scénario de Jérémie Guez et Allan Mauduit.

 
 
 
Si vous n’aimez que les choses délicates, les œuvres raffinées, le bon goût, les bons mots… Si vous avez frémi au phrasé exquis et subtil de Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières et si la soie, le velours, le satin apportent à votre quotidien toute la douceur et la délicatesse dont vous avez besoin pour vous épanouir… et bien, n’achetez pas de place pour venir voir Rebelles. Vous risqueriez d’être furieusement en colère contre nous (dans le meilleur des cas), voire de subir un choc cinématographique aigu, et chacun sait qu’un CCA peut être au moins aussi grave qu’un anaphylactique. Car de dentelles, de rubans fleuris, d’alexandrins, dans ce film, il n’y en a point. Alors quoi ? On a retourné notre veste en tweed à Utopia ? On aime le gros rouge qui tache quand vous aviez toujours cru que nous ne jurions que par les vins bio naturels sans sulfites ni phosphates, élevés en cuve centenaire au clair de (pleine) lune ? Non, pas du tout. 
On a beau aimer le cinéma haut perché, défendre les Auteurs et les œuvres complexes, nous avons toujours été assez friands (peut-être pas la majorité de nos troupes, mais quand même) de ce cinéma irrévérencieux et mal poli qui flirte parfois avec le mauvais goût mais parvient à nous rendre sympathiques les pires sans foi ni loi, parce qu’ils sont toujours du côté des oubliés, des petites gens, des besogneux, et que leurs aventures, même répréhensibles, ont toujours le goût de la revanche sur les injustices de la vie, ses dominations, qu’elles soient sociales ou de genre.

Nous sommes avec Rebelles bien plus dans un esprit Groland, ou celui des premiers films d’Albert Dupontel que du côté de Ken Loach et ça décoiffe sévère, à grands coups de truelle. C’est assez jubilatoire, souvent très drôle, et c’est enlevé par un trio féminin pétaradant qui vaut à lui seul le détour et fonctionne à plein régime, façon feu d’artifice. Alors oui, bien sûr, ça tache un peu, et non, ce n’est pas la grande classe, mais si vous acceptez de mettre votre bon goût légendaire (vous venez chez nous quand même et ça, c’est un signe qui ne trompe pas) de côté, l’effet poilade est garanti. 
Quand elle débarque du Sud de la France, sa valise en carton au bout de ses ongles impeccablement manucurés, en faisant la tronche parce qu’obligée de retourner vivre chez maman dans ses Hauts de France natals, Sandra ne se doute pas encore qu’elle va bientôt devenir riche, très riche. Elle ne connaît pas non plus celles qui deviendront ses deux complices à la vie, à la mort : Nadine, flegmatique ouvrière qui entretient un mari paresseux mais qui cache sous son tablier le costume d’une Bonnie Parker, et Marilyn, mère célibataire punk et survoltée, prête à dézinguer la terre entière pour une bonne cuite. Il sera question de boîtes de conserves, en très grande quantité, de la bande des Belges avec lesquels il vaut mieux ne pas trop faire les marioles, et d’un sac bourré de biftons, « le début des emmerdes », comme dirait Nadine, clown blanc de la bande, la plus ancrée dans le réel, la plus lucide.(Utopia)
CGR      mer20 jeu21 lun25 mar26/ 10h15  15h55  17h45  19h45          ven22/10H45  15H55  17H45         sam23 et dim24/10H45  15H55  19h45
 
 

KABULLYWOOD

Écrit et réalisé par Louis MEUNIER - documentaire France/Afghanistan 2018 1h25mn VOSTF - avec Roya Heydari, Omid Rawendah, Ghulam Reza Rajabi...
C’est un geste banal pour nous, pour vous : pousser les portes d’un cinéma et s’ouvrir au vaste monde. Rêver, penser, rire, voyager, se faire peur dans l’obscurité de la salle, partageant avec autrui ce moment précieux où intime et collectif font sens, le regard rivé dans la même direction, celle de l’écran blanc. 
Pourtant, dans quelques zones livrées au fanatisme, à l’obscurantisme, à la guerre, avoir tout simplement l’idée du cinéma peut s’avérer extrêmement dangereux. Mais la jeunesse a pour elle des armes insoupçonnées, qui peuvent relever les défis les plus fous : la soif d’art et de liberté, l’envie de la joie partagée, l’espérance de lendemains plus justes et plus colorés.
A Kaboul en Afghanistan, quatre étudiants décident d’accomplir un projet audacieux et complètement fou : rénover un vieux cinéma abandonné qui a miraculeusement survécu à 30 ans de guerre. Comme un acte de résistance contre le fondamentalisme des talibans, ils vont aller au bout de leur rêve, prenant d’incroyables risques, se mettant à dos leur famille ou leur entourage, risquant tout pour la musique, la peinture, le cinéma.
Inspiré par l’expérience du réalisateur Louis Meunier, parti en 2002 vivre en Afghanistan, où il restera 10 ans, Kabullywood est un merveilleux hommage à la jeunesse afghane qui se bat pour la liberté d’expression en même temps qu’un témoignage dramatique sur le joug imposé par les talibans.Le film a été très compliqué à tourner : l’équipe a été la cible de nombreuses attaques armées, et un attentat a mis fin à la rénovation, bien réelle, du cinéma Aryub. Cette urgence se ressent à l’écran, et la réalité croise la fiction, parfois maladroitement, dans une réalisation qui raconte aussi, en arrière plan, la société afghane contemporaine, la formidable effervescence culturelle qui régnait avant l’arrivée des talibans. A lui seul, le portrait bouleversant de l’opérateur de l’ancien cinéma, qui raconte comment il a enterré des bobines de film pour les sauver de la folie meurtrière des fous de Dieu, mérite de voir ce film. Pour sa sincérité, pour son militantisme, pour son portrait de celles et ceux prêts à tout pour défendre la cultures sous toutes ses formes, Kabullywood force l’admiration et les quatre jeunes comédiens sont remarquables et furieusement attachants. (Utopia)
 
LORGUES    mer20/20h30     jeu21/16h
 
MY BEAUTIFUL BOY
Felix van Groeningen USA 2H01avec Steve Carell, Thimothé Chalamet ,Mauret Tierney

Trois ans après Belgica, le réalisateur des plébiscités La Merditude des Choses et Alabama Monroe poursuit son ascension et signe son premier film américain. Avec My Beautiful Boy, le flamand Felix van Groeningen s’attaque à un drame dur et poignant racontant l’histoire douloureuse d’un père qui s’est battu sans relâche, encore et encore pendant plus de dix ans, pour sortir son fils de l’enfer de la drogue. Produit par Plan B, la société de Brad Pitt, My Beautiful Boy est l’adaptation de deux romans conjugués en un seul long-métrage. D’un côté, celui de David Sheff, le père en question ici interprété par Steve Carrell, qui avait raconté ce combat difficile dans un livre de mémoires particulièrement bouleversant. De l’autre, celui de Nic Sheff, son fils incarné dans My Beautiful Boy par l’étoile montante Timothée Chalamet, qui avait également publié un livre parallèlement à celui de son paternel, où il racontait la tragédie de son addiction.  
 
Dans un style très différent, My Beautiful Boy pourrait bien venir se ranger aux côtés des plus grands films témoignant du fléau de la drogue, sur l’étagère où reposent les Panique à Niddle ParkTrainspotting et autre Requiem for a Dream. L’apport du film de Van Groeningen au genre, en plus de tordre le cou à l’idée reçue selon laquelle la drogue est souvent associée à la précarité et aux bas-fonds de grandes villes, est d’apporter un nouvel éclairage sur ce Mal en explorant non pas le combat d’un jeune homme ou sa tentative de reconstruction après des années de déchéances (ce qui a été fait mainte et mainte fois), mais d’observer conjointement l’addiction, les tentatives pour s’en sortir, l’espoir et les rechutes, le tout à travers le prisme d’une famille toute entière ébranlée par cet engrenage infernal. Et plus qu’un simple pamphlet contre la drogue, My Beautiful Boyde devenir une histoire d’amour filiale, une histoire de résilience et de fatalisme, mais aussi une histoire questionnant les rapports parents-enfants et l’éducation via le portrait de ce père impliqué en plein désarroi qui s’interroge sur les liens forts et complices créés avec son fils et qui semblent se retourner contre lui aujourd’hui 
 Incarnée par deux immenses comédiens qui offrent des interprétations viscérales et dévastatrices de conviction (Chalamet brille encore et mention à Steve Carrell dont c’est clairement l’année du sacre après ses fabuleuses performances dans Marwen et le prochain Vice), l’histoire de My Beautiful Boy est une déflagration émotionnelle dont la dureté est à aller chercher dans le réalisme que tente d’entretenir Van Groeningen pour traiter son sujet. En mêlant à son drame le portrait d’un adolescent qui essaie de comprendre sa souffrance et pourquoi il a vrillé, et celui d’un père qui cherche où il a pu échouer, My Beautiful Boy s’enrichit constamment en s’efforçant d’explorer, même brièvement, toutes les pistes et directions qui s’offrent à lui. A ce titre, peut-être que le film aurait mérité davantage de longueur pour justement avoir le loisir de devenir une fresque cinématographique plus ample et totale. Mais déjà en deux heures, Van Groeningen arrive à faire beaucoup avec un mélodrame qui remue en profondeur  (Mondociné)
 
LORGUES   mer20//18h
 

LONG WAY HOME

(Night comes on) Jordana SPIRO - USA 2018 1h27mn VOSTF - avec Dominique Fishback, Tatum Marilyn Hall, Max Casella, John Jelks, James McDaniel... Scénario de Jordana Spiro et Angelica Nwandu.
 
Splendide premier film sensible et organique ! Jordana Spiro (jusque là actrice) filme juste et intensément aussi bien ses personnages principaux que ceux qui passent furtivement à l’arrière plan, avec un respect et une pudeur palpables. En quelques plans bien sentis, elle dresse le portrait d’une ville, Philadelphie, d’un pays, d’une époque, les siens. Il en résulte ce petit joyau percutant qui, tout en empruntant la voie bien balisée du road-movie, progressivement la transcende, nous surprend en nous emmenant plus loin, en terres inconnues, pourtant tellement proches, intimes et universelles. Elle donne à comprendre l’intérieur de cœurs partis à la dérive, avides d’une difficile rédemption  
Le film s’amorce par quelques instants sensuels, impressionnistes : froissements d’étoffes, la chaleur d’un lit où l’on se love, petite, entre deux parents, un ventre rond qui présage la venue d’un nouveau bébé, le bruit de l’océan au loin, qui n’est autre, en définitive, que le ronronnement des voitures… En peu de mots, on devine que la famille LaMere n’a pas les moyens de ses rêves balnéaires.
 
Puis la caméra subrepticement glisse dans un univers clos, une cellule grise dont Angel LaMere s’apprête à sortir, la veille de ses dix huit ans. Malgré le cadre rigide de l’établissement pénitentiaire pour mineurs, ceux qui l’entourent semblent bienveillants, désireux de proposer des pistes vers un avenir improbable, essayant malgré tout de l’aiguiller sans grands moyens et sans grand espoir de réussite. Une mère morte, un père assassin, une petite sœur de dix ans, Abby, placée dans une énième famille d’accueil peu encline à accueillir la plus grande désormais majeure, nul havre de paix en vue où se réfugier… le proche avenir d'Angel a tout de la rue sans issue.
La première bouffée d’air frais hors les murs se passe sous un soleil qui irradie de solitude, et ce n’est pas le vide intersidéral de la messagerie du portable enfin rechargé qui va la meubler. Mis à part son contrôleur judiciaire et sa sœurette, tous semblent avoir lâché l’affaire. Pourtant Angel efface en bloc tous les messages d’Abby. Et ça fait un pincement au cœur : tant d’espérance transparaissait dans la petite voix enjouée qui, patiemment, persiste à demander des nouvelles au seul être qui lui reste. On se dit que ces deux-là pourraient se réchauffer, se reconstruire ensemble. On pense Angel bien insensible ou inconsciente avant de commencer à comprendre. Elle est tout au contraire extrêmement lucide. Sous ses airs arrogants, assurés, son fatalisme, elle planque une grande vulnérabilité et un profond désarroi. Marginalisée, stigmatisée, elle n’a plus rien à offrir de bon à ceux qu’elle aime, craignant de les corrompre tel le fruit gâté qui contamine le reste du panier. Et puis, elle a ce projet inavouable, périlleux, insensé dont nul ne doit se douter, dont elle doit éloigner Abby pour la protéger. Mais, ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’Abby en est la clef et que sans son aide elle ne pourra pas remonter la piste de celui qu’elle recherche…

Nous voilà embarqués avec elles, au gré des rencontres incertaines. La grande faisant tout pour garder une distance, la petite faisant tout pour la rompre. Une relation tout aussi bancale que magique rendue crédible grâce au jeu de deux actrices fabuleuses et forcément débutantes, vu leur âge. Tatum (qui interprète merveilleusement Abby) a été découverte lors d’une compétition de step dance, Dominique Fishback (Angel) a été nommée aux IT Award pour la Meilleure Performance Solo dans son one-woman-show intitulé Subverted sur la destruction de l’identité black aux Etats-Unis, dans lequel elle interprète 22 personnages ! Le duo cathartique fonctionne à merveille, tour à tour joyeux ou poignant, toujours extrêmement crédible et touchant, partant ensemble pour pêcher la tendresse… Une petite merveille !  (Utopia)
LORGUES   mer20/16h
 
 
 

STAN & OLLIE

Jon S. Baird - GB/USA 2018 1h40mn VOSTF - Scénario de Jeff Pope, d'après le livre Laurel and Hardy : The British Tours de A. J. Marriot.
 
 
1953. Laurel et Hardy, le plus grand duo comique de tous les temps, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre. Désormais vieillissants et oubliés des plus jeunes, ils peinent à faire salle comble. Mais leurs capacités à se faire rire mutuellement et à se réinventer vont leur permettre de reconquérir le public, et renouer avec le succès. Même si le spectre du passé et de nouvelles épreuves ébranlent la solidité de leur duo, cette tournée est l’occasion unique de réaliser à quel point, humainement, ils comptent l’un pour l’autre…

C’est peut-être le duo comique le plus drôle que le cinéma ait connu à sa grande époque des clowns de l’écran. Laurel et Hardy, c’est plus d’une centaine de films en 30 ans de carrière, entre 1921 et 1952. Une œuvre monumentale qui les a propulsés sur le toit du monde. Ils étaient populaires, ils étaient gentils, ils étaient drôles, et Stan et Ollie leur rend un vibrant hommage à travers un biopic centré sur les années de la fin et du déclin, alors qu’ils pouvaient mesurer aux portes de l’oubli, le poids de leur légende qui les raccrochait encore aux cœurs des spectateurs du monde entier. 
 
Stan et Ollie, c’est l’histoire de deux mythes, l’histoire d’un duo hilarant, l’histoire d’une amitié bouleversante, et un regard mélancolique sur la triste disparition de ces légendes du cinéma balayées par la modernité et l’attrait du jeunisme. Classique dans sa confection accompagnée d’un doux académisme feutré, le film de Jon S. Baird est la démonstration d’un biopic réussi, exercice jamais évident. Le cinéaste trouve le parfait dosage entre tous les ingrédients qui composent sa savoureuse recette. Par son humour imparable, Stan et Ollie nous plonge littéralement dans l’univers des comédies de Laurel et Hardy, ressuscitant leurs meilleurs gags et parvenant à les intégrer à merveille dans un film bourré d’imagination et de trouvailles scénaristiques. En regardant un film sur Laurel et Hardy, on en vient à avoir l’impression de regarder du Laurel et Hardy, chose facilitée par l’immense prestation du tandem John C. Reilly et Steve Coogan, le premier sublimant l’innocente bonhommie touchante d’Oliver Hardy et le second régalant en reprenant à son compte la candide maladresse de Stan Laurel.

Mais plus qu’un simple déroulé factuel alternant rire, émotion, légèreté et mélancolie, Stan et Ollie surprend par sa capacité à prendre de l’épaisseur au fur et à mesure qu’il nous conte l’histoire du duo Laurel et Hardy. En creux de cette balade tragicomique tournant autour de l’amitié indéfectible de deux inséparables du septième art, Jon S. Baird saisit avec justesse un regard sur la vieillesse, le temps qui passe -immuable et inarrêtable-, la condition de l’artiste, la vie et les regrets. Des sujets sérieux traités avec un ton parfois empreint d’une amertume littéralement déchirante, mais qui est compensé par une générosité humoristique débordante, laquelle rythme avec savoir-faire un biopic dont la belle intelligence se cache dans ses plus petits recoins, avec tact, tendresse, subtilité et discrétion. Tout simplement magnifique, un film que l’on aurait aimé voir aux Oscars.( Utopia NicolasRieux sur Mondociné)
 
LE LUC     mer20/18h30   sam23/ 21h   dim24/16h30
 


MARIE STUART, REINE D'ÉCOSSE

(Mary queen of Scots) Josie ROURKE - GB/USA 2018 2h05mn VOSTF - avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden, Jœ Alwyn, David Tennant, Guy Pearce... Scénario de Beau Willimon et Alexandra Byrne, d'après le livre de John Guy.
 
Voilà une nouvelle reine qui descend de son piédestal, exhumée de nos livres d’histoire pour apparaître plus complexe à l’écran, plus humaine et contemporaine que ne la momifiaient nos leçons moult fois rabâchées. Décidément, les cinéastes, ces temps derniers, prennent un malin plaisir à farfouiller dans les jupons illustres du passé, dans ces destinées qui nous faisaient rêver petits avant qu’on découvre le revers de la médaille, les têtes qui tombent, la violence sanguinaire des prétendants aux trônes, mais aussi la place de ces femmes tout autant souveraines que prisonnières de leurs cours. Après les récents L’Échange des princesses ou La Favorite – et dans un tout autre genre –, c’est une Marie Stuart comme on ne se l’imaginait guère que l’on découvre dans ce film à la fois spectaculaire et subtil, fastueux dans sa reconstitution historique et intelligent dans son développement. Pourtant, le personnage de Marie 1re d’Ecosse n’aura cessé durant presque cinq siècles de fasciner les auteurs et c’est tout naturellement cette figure emblématique que choisit pour son premier film Josie Rourke, débutante au cinéma mais très connue et appréciée dans le monde du théâtre londonien.
 
C’est que la personnalité de Marie et son parcours sont aussi atypiques que romanesques, avant de la conduire à une fin tragique. En définitive, celle qui faillit devenir triplement reine finit, en quelque sorte, par être triplement décapitée, tant le bourreau qui tenait la hache était ivre. Mais ne commençons pas par le début de la fin…

D’abord reine d’Écosse par la naissance, puis de France par son mariage avec François II, Marie Stuart aspirera toute sa vie à devenir souveraine d’Angleterre, bien que la place soit occupée par sa cousine Élisabeth 1ère, qui refusera de reconnaitre sa légitimité. Dans le fond, les deux souveraines partagèrent toujours la même ambition qui les divisa : regrouper leurs deux pays. Aucune n’étant prête à plier le genou devant l’autre, une haine jalouse ne cessera de grandir entre ces deux femmes d’exception qui avaient sans doute tout pour se comprendre et s’aimer. Une haine attisée par leurs entourages respectifs, prêts à toutes les trahisons pour étancher leur soif de pouvoir. Et c’est à ce duel par procuration entre les deux reines que le récit s’attache, exaltant, passionné. L’une et l’autre aux prises avec un alter ego fantasmé, toutes deux accablées par le poids de leur couronne, entourées de mâles qui n’ont d’autre désir que de les détrôner. On s’empresserait bien vite de les engrosser si on pouvait, histoire de dominer leur ventre et la scène politique, de les reléguer à des rôles de pantins, de femmes de paille, subalternes. Ni l’une ni l’autre ne sont dupes. Et s’il serait tentant de baisser la garde, de se reposer un peu sur les épaules bien charpentées d’un homme, chacune à sa manière résiste, cultivant son indépendance. Même ténacité, même détermination, deux intelligences vives, deux femmes d’une grâce inouïe, dressées pour surplomber le monde. Chacune composant avec ses failles, camouflant sa vulnérabilité. Élisabeth avec son ventre stérile qui l’empêche de consolider sa dynastie. Marie avec avec ses élans du cœur mal maîtrisés, imprudente jusqu’à prêter le flanc à ses détracteurs. La douce rêveuse, qui se croyait capable de réunifier protestants et catholiques, ira de Charybde en Scylla…

Il fallait tout le talent de Saoirse Ronan pour interpréter Marie Stuart et celui de Margot Robbie pour lui tenir tête. Incandescentes, elles composent à l’écran un duo indissociable, comme les deux faces d’une même pièce, destinées à ne jamais se rencontrer. (Utopia)
 
LE VOX   VF mer20/15h40   lun25/15h50   mar26/13h505    V.O SAM23/16H30
LE LUC     mer20/21h   sam23/18h30   dim24/16h  
 
 

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

(The Death and life of John F. Donovan) Xavier DOLAN - Canada 2018 2h03mn VOSTF - avec Kit Harington, Natalie Portman, Jacob Tremblay, Susan Sarandon, Kathy Bates, Thandie Newton, Chris Zylka... Scénario de Xavier Dolan et Jacob Tiernay.
À chacun ses idoles d'enfance et d'adolescence, qui prennent une importance démesurée, au delà du raisonnable – le cœur… vous connaissez le refrain. Moi, à 11 ans, je suis tombé raide amoureux de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci en la voyant rafler le premier 10 de l'histoire olympique à Montréal. Tenant absolument à lui écrire, dans un anglais balbutiant, mon admiration, je lui fis passer une lettre qui, j'en étais persuadé, arriverait à sa destinataire grâce à mon père, responsable communiste. Étrangement, elle ne me répondit jamais…

Cette introduction perso pour vous parler du nouveau petit bijou du prodige Xavier Dolan, son premier film anglophone. En deux parties séparées d'une dizaine d'années, Dolan nous raconte l'histoire qui aurait pu être autobiographique du jeune Rupert Turner, 11 ans et vivant à Londres au début de l'intrigue, qui entretient pendant plusieurs années une correspondance amicale avec l'acteur de séries américain John F. Donovan, jusqu'à sa mort mystérieuse. Dans le présent du film, dix ans plus tard donc, Rupert, devenu à son tour acteur, répond à une journaliste à l'occasion de la publication de sa correspondance avec John F.Donovan. Et nous découvrons son histoire au cours de flash-back successifs…

Rupert, alors enfant acteur, est déjà venu à New York avec sa mère. Dans l'hôtel où ils sont descendus, il attend avec une impatience insoutenable une lettre, un signe de son ami et idole John F Donovan, qu'il va peut être enfin rencontrer. C'est alors qu'il apprend à la télévision la découverte du corps sans vie de l'acteur et cette nouvelle lui brise le cœur. La suite du film, à travers le récit de Rupert adulte, revient sur ces deux vies parallèles séparées par l'Atlantique. Si le film est aussi bouleversant, c'est que la personnalité du jeune réalisateur québécois se retrouve tout autant dans le personnage de Rupert que dans celui de John F. Donovan. Dolan fut comme Rupert un enfant acteur (il joua dans des publicités puis dans des séries), probablement incompris de ses camarades, déjà moqué pour son univers imaginaire et son attirance naissante pour les garçons. Parallèlement le destin de John.F.Donovan, héros de série adulé des jeunes fans et du petit milieu de Hollywood, obligé de simuler sa vie au point d'épouser pour de faux sa meilleure amie pour dissimuler ses passions homosexuelles, mentant à ses fans, à sa propre famille et à lui même, est celui qu'aurait pu connaître Dolan s'il n'avait pas choisi d'assumer son statut si particulier et sa singularité.

Pour construire et incarner ce récit fascinant, d'un romantisme échevelé, à l'émotion contagieuse, Dolan a réuni un casting hors normes, en premier lieu Kit Harington, le John Snow adoré des fans de la série Game of Thrones, parfait collage en acteur de séries tourmenté, miné par l'obligation qui lui est faite de correspondre à son image publique. À ses côtés, Natalie Portman est magnifique dans le rôle de la mère de Rupert, actrice frustrée qui reporte sur son fils ses aspirations : Dolan, roi du mélo, lui offre une grandiose scène grandiose sur la chanson Stand by Me ; et puis Kathy Bates, géniale en agent de stars à la fois cynique et attachante, Susan Sarandon en mère mûre colérique et alcoolique, personnage typiquement dolanien, et enfin le jeune Jacob Tremblay, étonnamment sobre et pourtant expressif.
Plus « classique », plus économe que les précédents films de Dolan en prouesses de mises en scène pour mieux se concentrer sur le récit, Ma vie avec John F. Donovan ajoute une pierre, plus polie, aux arêtes moins vives, à une œuvre en construction, profondément personnelle et touchante.    (Utopia)
LE VOX   VF          mer20/  13H50  20H45      jeu21/14h    ven22/13h50    sam23/21h    dim24/13h50  20h45    lun25/13h50    mar26/18h15   
                  V.O          jeu21/18h    ven22/21H    sam23/14h    dim24/18H15    lun25/18h15   mar26/13h50   20H45
COTIGNAC    ven22/20h30

DERNIER AMOUR

Benoît JACQUOT - France 2019 1h38 - avec Vincent Lindon, Stacty Martin, Valeria Golino, Julia Roy, Nancy Tate, Anna Cottis... Scénario de Chantal Thomas (dont Jacquot a adapté récemment le roman Les Adieux à la reine), Jérôme Beaujour et Benoît Jacquot, d’après Histoire de ma vie, de Giacomo Casanova.
A l'origine de ce projet singulier, il y a les mémoires de Giacomo Casanova, écrits dans la langue de Molière qui n'était pourtant pas la sienne et découverts par Benoît Jacquot alors qu'il a vingt ans à peine. Cette œuvre le marqua profondément, au point de devenir comme un compagnon secret de sa route artistique, jusqu'à devenir aujourd'hui (enfin ?) la source d'inspiration directe d'un film. Dans ce texte, Casanova évoque avec sincérité sa vie, ses rencontres, ses voyages (l'histoire a retenu le grand séducteur, mais il était avant tout un véritable aventurier) mais Jacquot a décidé de s'attacher à un épisode plus particulièrement marquant : sa rencontre avec une jeune femme, La Charpillon, qui restera son dernier et peut-être son seul et unique amour. 
 
Nous sommes dans les années 1760. Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, doit s'exiler à Londres. L'homme a atteint cet âge de maturité où plus rien ne semble l'effrayer et s’accommode volontiers de cette nouvelle escale dans une ville qu'il connaît peu et dont il ne parle pas la langue. Mais comme tout aventurier qui se respecte, il a dans chaque port quelques connaissances qui vont lui permettre de tenir son rang et le train de vie qui va avec : dîners mondains, bals plus ou moins clandestins et autres parties de jeux de hasard. 
 
l rencontre ainsi, et à plusieurs reprises, une jeune fille mystérieuse dont il va s'éprendre et qu'il va vouloir conquérir. Mais cette courtisane, dont chacun sait ici qu'elle peut être à tout le monde, va se dérober à chacune de ses avances, distillant dans les jeux complexes de la séduction un venin troublant dont l'homme aux « cent quarante deux conquêtes » (c'est ce qu'il prétend dans ses mémoires) ne va pas sortir indemne. Elle lui lance un défi : elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire. Au nom de sa liberté, de l’idée qu’elle se fait d’elle-même, La Charpillon va décider que cet homme qui les possède toutes ne la possèdera pas, elle. À charge pour lui de comprendre alors que ce qu'elle veut, ce ne sont pas les caresses ni la passion charnelle, mais bien l'essence même de l'amour, un sentiment noble et pur, le seul finalement qui vaille d'être vécu, et que Casanova n'a peut-être jamais encore éprouvé.
 
 Casanova, c'est Vincent Lindon, qui s'est glissé dans le costume avec son charisme animal et porte merveilleusement la lassitude que l'on perçoit dans le visage, dans les yeux de cet éternel voyageur arrivé peut-être au seuil de sa dernière grande épopée. Il a le rugueux du baroudeur et les gestes délicats de l'homme habitué aux salons, aux sonates, aux pas de danse sur des parquets vernis. 
 
La Charpillon, c'est la délicieuse Stacy Martin, minois enjôleur qui cache très bien son jeu et dont la silhouette fragile révélera une maturité et une détermination de feu. Et parce qu'il est un réalisateur qui aime et qui sait magnifiquement filmer les femmes, Benoît Jacquot ajoute sa petite touche personnelle avec un personnage secondaire mais très important dans la construction de sa narration. Cette jeune et jolie femme qui déboule au tout début du film dans le salon sombre où un Casanova vieillissant écrit ce que l'on imagine être cette fameuse Histoire de ma vie et viendra recueillir son témoignage, c'est sans doute un alter ego féminin de Jacquot lui-même…  (Utopia)
 
LE VOX  mer20/13h50 16h20 18h30  20h45     jeu21/14h  15h50  20h30      ven22/16h15 18h30 21h      sam23/15h50 18h30 21h    dim24/13h50 15h45 20h45   lun25/13h50 15h45 18h15    mar26/16h20 20h45

LES ÉTERNELS

Écrit et réalisé par JIA Zhang-Ke - Chine 2018 2h15mn VOSTF - avec Zhao Tao, Liao Fan, Xu Zheng, Casper Liang...
Nul doute, Jia Zhang-ke est décidément un des cinéastes majeurs de notre temps. Les Éternels, son huitième long métrage de fiction, en est une preuve – éclatante – supplémentaire. Œuvre subtile, riche par son propos, elle foisonne de références cinématographiques, sociales, dont certaines échapperont à notre culture occidentale, mais qu’importe ! Cette véritable épopée romantique d’un couple de gangsters a tout pour être mythique. Chaque niveau de lecture est aussi excitant que passionnant. Ce n’est qu’un régal supplémentaire d’interpréter les pistes moins évidentes qui échappent à nos oreilles latines, telle la diversité des dialectes employés dans le film. Ils reflètent les multiples visages d’une Chine loin d’être uniforme, ainsi que la distance initiatique parcourue par les protagonistes tout au long de l’intrigue, qui démarre dans le Nord froid et aride, se poursuit dans le Sud-Ouest chaud et humide, pour s’achever dans le lointain Xinjiang (au Nord Ouest). Ce sont ainsi plus de 7700 kilomètres qui défilent sous nos yeux. Les paysages, personnages à part entière, viennent en contrepoint du récit qui procède par étapes entre chaleur humaine et douches froides, grandeur et décadence, humour inénarrable et cynisme décapant. 

Mais une des clefs de décryptage réside dans le titre chinois : « Ernü » (fils et filles) de « Jianghu », littéralement « rivières et lacs », n’évoque pas grand chose pour nous, mais fait référence pour les sinologues à un véritable concept séculaire. Le Jianghu désigne, dans la littérature, une société hétéroclite parallèle à celle traditionnelle de la Chine impériale. Il englobait autant les combattants, les chevaliers et moines errants, les artistes… que les bandits, les prostituées et j’en passe… Par extension, tous ceux qui vivent en marge, défient l’ordre dominant, qu’ils soient mal vus ou admirés, dans la plus généreuse des ambivalences. Car, dans le fond, tout est question de point de vue : Robin des bois, les résistants, les mutins… étaient tout autant des criminels, des parias aux yeux des rois, qu’ils étaient des héros aux yeux des miséreux auxquels ils redistribuaient une part de butin, tout comme le font certaines mafias… 
Quand Qiao rencontre Bin, elle est une jeune fille sans vague, au regard pétillant et grave. Issue de la classe ouvrière du Xinjiang, elle porte à bout de bras son père mineur pas si vieux mais déjà usé. Bin n’est qu’un petit caïd de la pègre locale, pur fruit de l’incontournable Jianghu. Deux mondes si lointains, si proches. Alliance fulgurante entre la glace et le feu, les eaux dormantes et celles des rivières déchainées. Seule femme au milieu de tous ces hommes, Qiao sait déjà s’en faire respecter tout en vivant poliment dans l’ombre du sien. C’est un univers rude, aux principes moraux exigeants mais paradoxaux, dans lequel bonté et vengeance, douceur et violence s’entremêlent, inextricables.
D’emblée tout nous fascine. D’emblée on pressent que la vie du jeune couple ne sera pas un long fleuve tranquille. Les éternels, c’est peut-être justement ce qu’ils ne sont pas. Mais ils en sont à cette étape d’une vie où on se tellement vivant et fort qu’on se croirait presque invincible, même face à la mort.

Le temps attends son heure pour nous prouver l’inverse. Qiao et Bin n’auront jamais d’enfants. Ils vivront heureux, un temps, jusqu’à la fusillade. Ce jour-là, Qiao n’écoute que son cœur pour défendre son amoureux, arme au point. Elle le protégera jusque devant le tribunal, jurant son innocence. Cinq ans de taule… Cinq ans à attendre un geste en retour de sa loyauté… À sa sortie, plus rien ne sera pareil, mais rien ne sera comme on le croit. De retournements de situation en coups du sort, il est impossible d’anticiper le scénario, qui compose en filigrane la fresque d’une Chine en plein bouleversement économique et idéologique au début du xxie siècle.
Entre l’intensité de jeu de Zhao Tao (Qiao), actrice fétiche et épouse du réalisateur, celle impeccable de son partenaire Liao Fan, les images somptueuses concoctée par l’impressionnant Éric Gautier (directeur de la photographie), on ressort des Éternels formidablement bousculés et émus. Si seulement nos vies pouvaient être (allusion au titre « international » du film : Ash is purest white) aussi pures que la blancheur des cendres des volcans… ( Utopia)
 
LE VOX           mer 20/18h   jeu21/16h15  ven22/16h30  sam23/ 18h   dim25/18h25  lun26 /20h15 mar25 /15h45 

 

SANTIAGO, ITALIA

Nanni MORETTI - documentaire Italie 2018 1h20mn VOSTF -
 
Un regard perçant, un sourire à la fois grave et malicieux, n’osant pas être complètement heureux… Ce sont ceux de Salvator Allende le jour de son élection, en 1970, comme si un destin terrible était déjà scellé, alors que la foule galvanisée l’acclame de toutes ses forces. Ce sont les prémices de mois de liesse, de joie virevoltante, car soudain les rêves semblent pouvoir se concrétiser. Mettre fin à la fuite des capitaux, nationaliser les industries et la production de cuivre (qui ne profite jusque-là qu’aux Yankees), donner un emploi digne à chaque citoyen, de quoi vivre décemment, un demi-litre gratuit de lait par enfant quotidiennement afin qu’aucun ne souffre plus de malnutrition, redistribuer les terres agricoles aux paysans… Instruction gratuite pour tous, extension de la couverture maladie, augmentation de 40 % des salaires, gel des prix des produits de base… Ce sont les premières mesures prises par ce nouveau gouvernement qui n'a pas de socialiste que le nom. Nos gilets jaunes n’oseraient pas en demander autant ! Le gouvernement d'Allende ne pleurniche pas auprès des grands patrons pour qu’ils donnent une obole à Noël à leurs employés. Le Chili d'Allende fait confiance à l’intelligence collective des citoyens au lieu de s’en défier.

Le Chili s’effondre-t-il ? Que nenni ! Les résultats économiques sont tels que le PIB progresse de 9% et que le taux de chômage ne sera plus que de 3,1 % en 1972. Les seuls qui ne sont pas ravis sont les classes jusques-là dominantes, qui doivent désormais payer un impôt sur le revenu, et bien sûr les États-Unis qui perdent leur vache à lait. Et si la bonne gouvernance faisait tache d’huile ? Nixon tremble et gronde : « Notre principale préoccupation concernant le Chili, c'est le fait qu'Allende puisse consolider son pouvoir, et que le monde ait alors l'impression qu'il est en train de réussir. Nous ne devons pas laisser l'Amérique latine penser qu'elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences ». La presse nationale inféodée à la classe dominante riche mènera des campagnes de désinformation massives, agressives afin de discréditer le gouvernement de l’Unidad Popular… 
La suite ? C’est le 11 septembre, celui de Santiago en 1973 : l’attaque de la Moneda ! Imaginez l’aviation française en train de bombarder le palais de l’Élysée et son gouvernement démocratiquement élu : « Impensable ! » direz-vous. C’est pourtant ce que vit le peuple Chilien cette année-là. « C’est une chose étrange : une armée qui se bat contre le peuple de son pays pour imposer une situation de force » dit l’un des protagonistes.
Alors que la plupart des pays européens n'ont pas le courage de condamner le putsch (ne serait-ce que pour ne pas heurter les Américains), le film raconte le lien qui va se tisser dès lors entre les Italiens et les réfugiés qu'ils vont accueillir. Un lien qui ne va cesser de croitre et de se consolider. À partir de l’ambassade italienne à Santiago tout d’abord (le bruit circule vite qu’il suffit de sauter son mur pour y trouver refuge), mais en Italie également par la suite. Car cet élan de solidarité spontané, courageux, sans attendre les ordres venus de plus haut, va faire boule de neige, sans qu’il y ait besoin de grands discours. Le jardin de l’Europe accueillera à bras ouvert les Chiliens exilés, leur fournissant non seulement un toit, de quoi manger, mais aussi un travail, pour que tous vivent dans la dignité. Ceux qui croyaient repartir aussi sec dans leur pays d’origine, dès le coup d’état terminé, s’installeront dans le temps, tout comme le régime de Pinochet qui les empêchera de faire marche arrière…

Nanni Moretti fait le choix d’aller interviewer des gens de terrain, diplomates, résistants, militaires d’alors… et de maintenant ! Il s’efface humblement derrière son sujet qui est tellement puissant, touchant qu’il n’a pas besoin d’effets de manche ou de caméra pour nous saisir. D’autant qu’il résonne fortement avec notre époque : les portes de l'Italie se ferment aujourd'hui à double tour face aux nouveaux migrants. Moretti dit d'ailleurs que c'est l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite italienne qui l'a amené à réaliser ce magnifique film d'espoir et de solidarité. El pueblo unido jamás será vencido ! Il popolo unito non sarà mai sconfitto !(Utopia)
le Vox     ven 22/19h15       lun25 /20h      mar26/18h30
 

VENEZ DONC PRENDRE LE CAFÉ CHEZ NOUS

(Venga a prendere il caffè da noi) Alberto LATTUADA - Italie 1970 1h38 VOSTF - avec Ugo Tognazzi, Milena Vukotic, Angela Goodwin, Francesca Romana Coluzzi... Scénario d’Alberto Lattuada, Adriano Baracco, Tullio Kzeich et Piero Chiara, d’après le roman de ce dernier, La Spartizione.


Dès les premières images, Lattuada donne le ton : un rythme rapide, une succession de plans précis et curieux, joliment colorés, sur les lubies d’un vieil homme, tout affairé à ses empaillages. 
Il succombe à un infarctus, on l’enterre, et ce sont trois paires de jambes que l’on voit s’éloigner de la tombe. Celles de ses trois filles, aussi riches désormais de leur chasteté que de leur héritage.
Non loin de là vit Emerenziano Paronzini (Ugo Tognazzi, génial), un fonctionnaire des impôts grisonnant. Vétéran de la Campagne d’Albanie, mutilé à l’entrecuisse, il n’en reste pas moins doté d’un féroce appétit et aspire à vivre selon les préceptes de la loi des trois C : caresse, chaleur et confort. Découvrant la riche demeure des trois orphelines, il y voit rapidement l’opportunité de tripler son bonheur...
Voilà donc le début d’un conte cruel, un brin pervers. Lattuada prend le parti d’un farouche hédonisme, principalement centré sur les envies de son héros. Le réalisateur s’en amuse, et y voit l’occasion de frapper de coups d’estoc la morale italienne, qu’elle soit bourgeoise ou religieuse.(culturopoing.com)
 
« J’ai essayé de faire une espèce de somme de la vulgarité dans le personnage du protagoniste et j’ai essayé de renverser l’érotisme à base de belles Suédoises et de découvrir le véritable érotisme secret, familier. Emerenziano Paronzini représente le faux gentilhomme, chacune de ses paroles est vulgaire, chacun de ses gestes est vulgaire, il n’apparaît comme un gentilhomme que pour ces vierges mûres et provinciales. » Alberto Lattuada ( Utopia)
 
LE VOX     dim 2418h       lun25/18h - 20h45 
 
Bonjour
Voici la fin du mail. Pourquoi était  il tronqué .Trop long? c'est bizarre!
 
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