Au(x) cinéma(s) du 21 au 27 février 2018

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Bonjour à tous !

Cette semaine à CGR, pas de film en ciné club ! Vous pouvez toujours aller voir pour vous consoler Le retour du héros de Laurent Tirard, une petite comédie bondissante et joyeuse (à Cotignac aussi). Les prochains films dans le cadre du  ciné club de CGR seront en mars  L‘Échange des princesses et  Les Heures sombres.

Cette semaine à Lorgues , Marie Curie de Marie Noelle Sehr, un beau biopic sur la célèbre chercheuse. A Salernes Une saison en France de Mahamat Salet-Haroun, un film salutaire qu'Entretoiles espère vous montrer au mois d'avril et au Luc Pentagon Papers de Steven Spielberg, formidable enquête journalistique dans les sphères du pouvoir américain dans les années 1970.

Au Vox, à Fréjus  Phantom Thread avec Daniel Day Lewis, un film classique et vénéneux, La forme de l'eau de Guillermo del Toro, un conte gothique, brillant et enivrant, Wonder Wheel de Woody Allen, qui nous tend un miroir entre le vrai et le faux, Gaspard va au mariage  de Antony Cordier, entre humour, sensualité et énergie, d'Emmanuel Finkiel, d'après le récit de Marguerite Duras, un film magnifique, contemporain et accessible, La Douleur ainsi que 3 Billboards Les panneaux de la  vengeance, entre mélodrame et comédie noire un film corrosif de Martin mac Donagh (aussi à Salernes et Cotignac),  L’Apparition film où Xavier Gianolli  explore la nature humaine dans toute sa complexité.

Nous vous rappelons aussi notre festival au mois de mars sur le thème "Amérique du sud", avec 4 films : vendredi 23 mars Mariana de Marcela Saïd et l'intervention de Téo Saavedra, directeur des Nuits du Sud à Vence et écrivain chilien, samedi 24 mars Citoyen d'honneur de Mariano Cohn et Gaston Duprat, et  El Presidente de Santiago Mitre avec un apéritif Entretoiles spécial "Amérique du Sud", et dimanche 25 mars 7 jours à La Havane par 7 réalisateurs différents, suivi de l'intervention de Francisco Tulu, peintre cubain.  CGR proposera un pass pour les 4 films à 19€ pour les adhérents et 30€ pour les non adhérents. Cochez déjà les dates sur vos agendas !
 
Bonne semaine dans les salles de cinéma!

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 21 AU 27 FEVRIER 2018

 

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Le Retour du Héros
Réalisé par Laurent TIRARD
France 2018 1h30mn
avec Jean Dujardin, Mélanie Laurent, Noémie Merlant, Féodor Atkine, Evelyne Buyle...
Scénario de Laurent Tirard et Grégoire Vigneron
Jean Dujardin s'en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine… Ah qu'il est craquant, ah qu'il est fringant, le beau soldat sanglé dans son bel uniforme rouge de hussard qui caracole panache au vent sur son beau cheval blanc ! Les dames ont le palpitant qui s'affole et les messieurs ont le nez qui s'allonge. Mais le capitaine Neuville doit rejoindre Napoléon Bonaparte qui l'appelle sur les champs de bataille, ce qui lui permet d'échapper in extremis à des promesses de mariage un peu hâtives… La jeune Pauline en son grand château familial en est toute retournée, mais le bellâtre l'assure, promis-juré, qu'il lui écrira chaque jour entre deux escarmouches, espérant bien esquiver les boulets des canons ennemis… Son cheval se cabre, il fouette et file... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 21 et mardi 27 10h50, 18h10, 20h10, 22h10- jeudi 22 10h50, 13h50, 20h10, 22h10 - vendredi 23 10h50, 13h50, 18h10, 20h10, 22h10 - samedi 24 et lundi 26 10h50, 20h10, 22h10 - dimanche 25 10h50, 18h10, 22h10
Cotignac : vendredi 23 18h, 20h30
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La Forme de l'eau
Réalisé par Guillermo del TORO
USA 2017 2h03mn VOSTF
avec Michael Shannon, Sally Hawkins, Richard Jenkins, Michael Stuhlbarg, Octavia Spencer...
Scénario de Guillermo del Toro et Vanessa Taylor
C’est un conte gothique dont la beauté atteint une universalité et une résonance politique qui sont la marque des chefs-d’œuvre du genre. Brillant, drôle, enivrant, c’est sans doute le film le plus abouti de Guillermo del Toro, qui réussit l’alliance parfaite entre maîtrise du style et poésie de la narration. Femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra-secret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée du reste monde qu’elle est muette. Sa vie est rythmée par ses horaires de travail, monotones, le tic tac de sa pendule, monocorde, le trajet en bus pour se rendre au labo, immuable, et ses petites habitudes de célibataire, plus ou moins avouables… Une existence qui n’est ni triste ni gaie, qui est juste la sienne et qu’embellit une foisonnante vie intérieure peuplée de rêves d’eau, de pas de danses et de séances de cinéma... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 VF 13h40, 20h45 - jeudi 22 VO 15h45, 20h45 VF 18h15 - vendredi 23 VF 13h40, 21h VO 18h30 - samedi 24 VO 13h35, 21h15 VF 18h45 - dimanche 25 VF 15h35 VO 18h30, 21h - lundi 26 VO 16h20 VF 18h30 - mardi 27 VF 13h40, 20h45 VO 18h15
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Phantom Thread
Écrit et réalisé par Paul Thomas ANDERSON
USA 2017 2h10 VOSTF
avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, Camilla Rutherford, Brian Gleeson...
Impossible de parler de Phantom thread (littéralement « fil fantôme ») sans évoquer le travail remarquable du costumier Mark Bridges. Ses costumes étoffent admirablement le récit, ajoutent la réalité charnelle de la matière, l’évidence du détail au panache des acteurs, à la richesse de l’intrigue, à la classe de la mise en scène magistrale orchestrée par Paul Thomas Anderson. Tant Daniel Day-Lewis en couturier génial et torturé que Lesley Manville dans le rôle de sa sœur implacable et dévouée et que Vicky Krieps dans celui de l’amoureuse éperdue et follement déterminée portent subtilement le scénario et font de ce film une œuvre singulière, de haute volée. Un film classique de prime abord, qui s’installe lentement, se déguste à petites gorgées, pour se révéler finalement plus vénéneux qu’il n’y parait... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 VO 13h40 20h45, VF 18h15 - jeudi 22 VO 13h40 VF 20h30 - vendredi 23 VO 15h45 VF 18h15 - samedi 24 VF 16h15, 21h15 - dimanche 25 VF 13h40 VO 20h45, lundi 26 VF 13h40, 21h - mardi 27 VF 13h40 VO 20h45
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Wonder Wheel
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2017 1h41mn VOSTF
avec Kate Winslet, James Belushi, Justin Timberlake...
Et dire que certains pensent encore qu'il tourne toujours le même film ! Avec cette variation tragique à la théâtralité assumée qui évoque Tennessee Williams et Eugene O'Neill, Woody Allen prolonge les réflexions sur le hasard et le destin de ses récent opus – L'Homme irrationnel tout particulièrement – en plongeant quatre personnages dans un Coney Island sublimé par la lumière de l'incomparable Vittorio Storaro… Allen livre l'un de ses films les plus sombres, où la destinée attend au coin de la rue des personnages en quête de bonheur, bercés par de chimériques illusions. Il y offre à Kate Winslet, douze ans après le rendez-vous manqué de Match point (elle devait tenir le rôle finalement attribué à Scarlett Johansson), le sommet d'une carrière pourtant riche en performances marquantes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 18h30 , jeudi 22 21h, vendredi 23 15h50, lundi 26 13h40, mardi 27 16h10
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Gaspard va au mariage
Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...
Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 16h10, vendredi 23 16h40, dimanche 25 21h
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3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...
Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 22 18h40 - dimanche 25 16h10
Salernes : jeudi 22 18h
Cotignac : jeudi 22 18h, 20h30
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Pentagon Papers
Réalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer
Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue... lire la suite
Le Luc : mercredi 21 20h30, jeudi 22 18h30
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L'Apparition
Écrit et réalisé par Xavier GIANNOLI
France 2017 2h20mn
avec Vincent Lindon, Galatéa Bellugi, Patrick d'Assumçao, Anatole Taubman, Elina Löwenshon...
Jacques (Vincent Lindon) est grand reporter pour un journal du Sud-Ouest. Il a vécu des situations terribles sur des territoires en guerre qui l'ont laissé meurtri. Alors qu'il se replie sur lui même, se barricade dans une solitude douloureuse, il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican : il doit venir sans délai à Rome où un prélat qui apprécie son travail souhaite lui confier une mission particulière qu'il n'est pas question de divulguer avant qu'une rencontre ait lieu. Dans une petite ville du Sud-Est, une jeune fille au visage d'ange prétend avoir vu la Vierge et la curie romaine s'inquiète de l'ampleur que prend le phénomène. Il y a de quoi surprendre Jacques qui s'étonne d'avoir été choisi, lui l'agnostique, le mécréant, pour faire partie du petit groupe de travail qui rassemble théologiens, psychiatre, historiens mandatés pour conduire une très sérieuse enquête canonique qui doit déterminer si l'affaire a des fondements sérieux... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 15h45, 20h35, jeudi 22 14h, 17h30, vendredi 23 18h, 20h45, samedi 24 13h30, 15h45, dimanche 25 13h40, 18h15, lundi 26 16h30, mardi 27 15h45, 20h45
Affiche
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Une Saison en France
Écrit et réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN
France 2017 1h41mn
avec Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Aalayna Lys, Ibrahim Burama Darbœ, Bibi Tanga, Léonie Simaga...
C'est le nouveau film, tourné en France, d'un des plus grands cinéastes africains actuels. Après avoir sublimé et exploré sans complaisance, dans plusieurs films mémorables (Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris), la réalité et les fictions de son Tchad natal, Mahamat-Saleh Haroun, qui vit le plus souvent en France, a pensé qu'il fallait maintenant qu'il « questionne la mémoire de l'exil qui se fabrique ici, qu'il montre des visages qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma dominant. » C'est ainsi qu'il consacre aujourd'hui ce beau film à ceux qui ont quitté l'Afrique pour échapper à la guerre ou au désespoir économique et qui tentent de trouver une place dans un pays qui se revendique de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, un pays qui sut être le refuge de bien des exilés... lire la suite
Salernes : samedi 24 21h
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Marie Curie
Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll
Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité… lire la suite
Lorgues : mercredi 21 et samedi 24 18h, vendredi 23 21h, lundi 26 19h
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La Douleur
Écrit et réalisé par Emmanuel FINKIEL
France 2017 2h06mn
avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Shulamit Adar, Grégoire Leprince-Ringuet, Emmanuel Bourdieu...
D'après le récit de Marguerite Duras
Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 22 16h10, mardi 27 18h15


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Le Retour du Héros
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Laurent TIRARD
France 2018 1h30mn
avec Jean Dujardin, Mélanie Laurent, Noémie Merlant, Féodor Atkine, Evelyne Buyle...
Scénario de Laurent Tirard et Grégoire Vigneron

Jean Dujardin s'en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine… Ah qu'il est craquant, ah qu'il est fringant, le beau soldat sanglé dans son bel uniforme rouge de hussard qui caracole panache au vent sur son beau cheval blanc ! Les dames ont le palpitant qui s'affole et les messieurs ont le nez qui s'allonge. Mais le capitaine Neuville doit rejoindre Napoléon Bonaparte qui l'appelle sur les champs de bataille, ce qui lui permet d'échapper in extremis à des promesses de mariage un peu hâtives… La jeune Pauline en son grand château familial en est toute retournée, mais le bellâtre l'assure, promis-juré, qu'il lui écrira chaque jour entre deux escarmouches, espérant bien esquiver les boulets des canons ennemis… Son cheval se cabre, il fouette et file…
La sœur aînée de Pauline, Elisabeth (délicieuse Mélanie Laurent), qui n'a pas froid aux yeux du tout, ricane… mais lorsqu'elle voit sa sœur dépérir faute de recevoir par courrier spécial les mots d'amour de son « fiancé », son cœur persifleur se fend, elle n'y tient plus et griffonne chaque soir dans sa chambrette (domino mino, domino minette) les épitres brûlantes et poétiques que le Don Juan de pacotille n'écrira jamais à sa cadette, agrémentant sa prose du récit d'exploits guerriers qui ont tôt fait de faire passer le gredin, aux yeux de toute la famille, pour le héros du siècle.

Bien entendu la sœurette reprend des couleurs et écrit en retour et sur le même ton des lettres enflammées que l'aînée intercepte, Elisabeth ripostant dès le lendemain, etc. Ne pouvant indéfiniment se livrer à ces acrobaties épistolaires, la belle blonde finit par annoncer que le beau gosse est tombé au champ d'honneur… Pauline trouvera un cœur de rechange, et lui pondra deux beaux enfants… Là où les choses se gâtent sérieusement c'est le jour où, quelques trois ans plus tard… Elisabeth croise, au marché bio du coin, un voleur de pommes hirsute, poilu partout et mal fagoté, qu'elle reconnaît sur le champ… Devant les féroces soldats ennemis, le couard hussard a pris la poudre d'escampette, et revient au pays démuni et pas fier… Devant ses velléités de débouler au château familial, Elisabeth lui avoue tout de ses manœuvres mensongères, lui déconseille de ressusciter…
Mais le présumé mort ne l'entend pas de cette oreille : on lui fournit un personnage de héros tout cuit à point et il n'en profiterait pas un peu ? Et après tout, cette blondinette pétillante lui titille les sens assez pour qu'il rechausse son ancien uniforme, se brosse les dents, se taille les poils et fasse un come-back qui laisse tout le monde sur le séant. Fort des exploits inventés par la sœurette dans ses lettres, il brode un peu, rajoute son grain de sel et tout le monde s'esbaudit, le cajole et le sert pour lui faire oublier les supposés tourments guerriers passés…

Ouf ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais tout vous raconter, mais cette petite comédie bondissante et joyeuse qui finira joliment comme il se doit… Joli vaudeville qui vaut bien quelques succès populaires d'antan, entre Cartouche et Les Mariés de l'an II, la patine en moins, mais ça viendra… (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 21 et mardi 27 10h50, 18h10, 20h10, 22h10- jeudi 22 10h50, 13h50, 20h10, 22h10 - vendredi 23 10h50, 13h50, 18h10, 20h10, 22h10 - samedi 24 et lundi 26 10h50, 20h10, 22h10 - dimanche 25 10h50, 18h10, 22h10
Cotignac : vendredi 23 18h, 20h30


 La Forme de l'eau
LA FORME DE L'EAURéalisé par Guillermo del TORO
USA 2017 2h03mn VOSTF
avec Michael Shannon, Sally Hawkins, Richard Jenkins, Michael Stuhlbarg, Octavia Spencer...
Scénario de Guillermo del Toro et Vanessa Taylor

C’est un conte gothique dont la beauté atteint une universalité et une résonance politique qui sont la marque des chefs-d’œuvre du genre. Brillant, drôle, enivrant, c’est sans doute le film le plus abouti de Guillermo del Toro, qui réussit l’alliance parfaite entre maîtrise du style et poésie de la narration.
Femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra-secret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée du reste monde qu’elle est muette. Sa vie est rythmée par ses horaires de travail, monotones, le tic tac de sa pendule, monocorde, le trajet en bus pour se rendre au labo, immuable, et ses petites habitudes de célibataire, plus ou moins avouables… Une existence qui n’est ni triste ni gaie, qui est juste la sienne et qu’embellit une foisonnante vie intérieure peuplée de rêves d’eau, de pas de danses et de séances de cinéma.

Mais il va suffire d’un regard, un seul… Le motif romantique par excellence, le déclic d’une fraction de seconde qui va tout faire basculer, et l’amour va arriver, chamboulant tout sur son passage, traînant dans son sillage son cortège de malheurs car c’est bien connu : il n’y a pas d’amour heureux, à plus forte raison quand ceux qui s’aiment sont séparés par un peu plus qu’une simple lettre dans un code génétique. Le partenaire de coup de foudre, « l’actif » comme ses geôliers l’appellent, est une étrange créature mi-homme mi… non, ne rien dire, vous laisser découvrir.

Où est l’humain ? Qui est le monstre ? Guillermo del Toro interroge une fois encore cette thématique chère à son univers, dans la droite ligne du Tim Burton d'Edward aux mains d'argent. Del Toro retrouve ici la quintessence de son cinéma, qu’il avait atteinte dans son Labyrinthe de Pan. Le dispositif est d’ailleurs similaire : introduire dans un contexte historique tendu (l'Espagne au début du franquisme dans Le Labyrinthe, les États-Unis du début des années 60, en pleine guerre froide, dans Shape of water) un élément fantastique qui va exacerber les pires comme les meilleures attitudes humaines.

Mais là où son film parvient à créer l'émotion à l’état pur, c’est assurément dans l’alchimie que la mise en scène parvient à faire naître entre ses deux personnages principaux. La prestation des acteurs n’y est évidemment pas pour rien : face à Doug Jones, qui a déjà interprété presque toutes les créatures du bestiaire de del Toro, Sally Hawkins fait preuve d’un charme magnétique irrésistible et parvient à exprimer, sans un mot, une candeur et une sensibilité qui la rendent bouleversante.
En plus de ces deux êtres marginaux qui apprendront à communiquer à la seule force de leur amour, del Toro imagine un colocataire gay et fantasque, un scientifique russe pris entre deux feux, ainsi qu’une collègue afro-américaine et un directeur de cinéma fauché mais passionné. Autant dire que l’Amérique, telle qu’elle apparaît ici, est composée de minorités, toutes désocialisées à leur façon. Et dans le rôle de l’agent du pouvoir, incarnation de la classe dominante blanche, machiste, bassement raciste et prête à tout pour que surtout rien ne change, Michael Shannon est comme à son habitude : grandiose. Une histoire histoire d’amour dont les images, l’ambiance et l’éclat nous hanteront longtemps… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 VF 13h40, 20h45 - jeudi 22 VO 15h45, 20h45 VF 18h15 - vendredi 23 VF 13h40, 21h VO 18h30 - samedi 24 VO 13h35, 21h15 VF 18h45 - dimanche 25 VF 15h35 VO 18h30, 21h - lundi 26 VO 16h20 VF 18h30 - mardi 27 VF 13h40, 20h45 VO 18h15

Phantom Thread
PHANTOM THREADÉcrit et réalisé par Paul Thomas ANDERSON
USA 2017 2h10 VOSTF
avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, Camilla Rutherford, Brian Gleeson...

Impossible de parler de Phantom thread (littéralement « fil fantôme ») sans évoquer le travail remarquable du costumier Mark Bridges. Ses costumes étoffent admirablement le récit, ajoutent la réalité charnelle de la matière, l’évidence du détail au panache des acteurs, à la richesse de l’intrigue, à la classe de la mise en scène magistrale orchestrée par Paul Thomas Anderson.
Tant Daniel Day-Lewis en couturier génial et torturé que Lesley Manville dans le rôle de sa sœur implacable et dévouée et que Vicky Krieps dans celui de l’amoureuse éperdue et follement déterminée portent subtilement le scénario et font de ce film une œuvre singulière, de haute volée. Un film classique de prime abord, qui s’installe lentement, se déguste à petites gorgées, pour se révéler finalement plus vénéneux qu’il n’y parait.

Tout se passe en Angleterre, dans le Londres des fifties. Jeunes ou vieilles, laides ou belles, les femmes de la haute bourgeoisie, celles de la noblesse, celles qui en ont les moyens s’arrachent à prix d’or les robes composées sur mesure par le très convoité Reynolds Woodcock, créateur monomaniaque parvenu au firmament de son art. Dès potron-minet, les petites mains minutieuses de son atelier sont à pied d’œuvre, aux aguets, à l’affût des moindres volontés de leur patron intransigeant. C’est toute une mécanique bien huilée qui se remet en marche chaque matin. Une maisonnée qui ne respire que par cet homme insatiable, éternel insatisfait. Ici pas un fil ne dépasse, ni un poil de son nez, ni un cheveu de sa maîtresse du moment. Sa vie est brodée à l’instar de ses robes, ne laissant aucune place à l’imperfection. Même le temps semble dompté par des rituels quotidiens incontournables. Tout est maîtrise. Tout ne doit être qu’excellence.
Derrière le couturier se protège un homme dont la passion le nourrit autant qu’elle le consume. Dès qu’il revient dans l’intimité de son antre, cet être porté aux nues par le microcosme mondain se transforme en tyran aussi irascible que fragile, hanté par des démons invisibles, qui fait régulièrement le vide autour de lui, qui sème les amourettes déjà mortes avant même d’avoir pu exister. Seule sa sœur Cyril résiste stoïquement à tout, pardonnant tout, anticipant chacun des mots, chacune des attentes de son frère. Ils forment une sorte de couple fusionnel, à l’atelier comme à la ville, qui laisse bien peu d’espace à une autre, aussi remarquable, aussi forte, aussi amoureuse soit-elle. D’ailleurs l’histoire débute par une rupture aussi inélégante que lapidaire : l’éconduite partira sans un mot d’explication, Cyril faisant le sale boulot à la place de son frangin qu’elle envoie aussi sec se ressourcer à la campagne en attendant que la tempête soit passée. C’est là que Reynolds croise le regard d’Alma. Jeune serveuse maladroite, demoiselle un peu gauche mais d’une candeur radieuse qui détonne avec les manigances des dames engoncées de la capitale. Coup de foudre réciproque, complicité immédiate. Voilà la fille de peu propulsée dans un monde qui lui est inconnu, entre fines dentelles, pures soieries, soirées mondaines… Vite elle y prend goût tandis que Reynolds se remet d’arrache pied à son œuvre. Alma devient sa muse, sa plus belle source d’inspiration. Mais tandis que Reynolds l’habille et la couvre de compliments, l’éternelle Cyril guette les signes de la descente aux enfers, s’apprêtant à éjecter sans ménagement cette nouvelle intruse dont son frère se lassera vite, fatalement… Mais rien ne se passera exactement comme on s’y attendrait…
Subrepticement le récit se tend comme un arc prêt à décocher ses flèches impitoyables. On finit comme Cyril par essayer de tout comprendre à quart de mot. Tout se passe dans les regards, dans les silences, dans d’infimes détails criants. On se prend à aimer profondément ces personnages, à percevoir les fils ténus qui tissent progressivement une toile aussi somptueuse que dangereuse.(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 VO 13h40 20h45, VF 18h15 - jeudi 22 VO 13h40 VF 20h30 - vendredi 23 VO 15h45 VF 18h15 - samedi 24 VF 16h15, 21h15 - dimanche 25 VF 13h40 VO 20h45, lundi 26 VF 13h40, 21h - mardi 27 VF 13h40 VO 20h45

Wonder Wheel
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2017 1h41mn VOSTF
avec Kate Winslet, James Belushi, Justin Timberlake...

Et dire que certains pensent encore qu'il tourne toujours le même film ! Avec cette variation tragique à la théâtralité assumée qui évoque Tennessee Williams et Eugene O'Neill, Woody Allen prolonge les réflexions sur le hasard et le destin de ses récent opus – L'Homme irrationnel tout particulièrement – en plongeant quatre personnages dans un Coney Island sublimé par la lumière de l'incomparable Vittorio Storaro… Allen livre l'un de ses films les plus sombres, où la destinée attend au coin de la rue des personnages en quête de bonheur, bercés par de chimériques illusions. Il y offre à Kate Winslet, douze ans après le rendez-vous manqué de Match point (elle devait tenir le rôle finalement attribué à Scarlett Johansson), le sommet d'une carrière pourtant riche en performances marquantes.

Dans ce Wonder wheel, Allen tend constamment un miroir entre le vrai et le faux – entre un quotidien forcément décevant, frustrant, générateur d'amertume, et une projection de soi fictive, théâtralisée et sublimée par la dramaturgie. Ginny (Kate Winslet) en est la plus parfaite incarnation. Accablée par une vie mortifère dans laquelle elle ne trouve aucune satisfaction, elle arbore ses anciens costumes de scène et ses faux bijoux pour s'imaginer être toujours la comédienne qu'elle fut brièvement dans sa jeunesse. Plus grave encore, elle s'illusionne en entamant une relation amoureuse chimérique avec Mickey (Justin Timberlake)… Elle répète à qui veut l'entendre qu'elle « joue un rôle » en étant serveuse et se referme littéralement sur elle-même en se réfugiant derrière ses migraines qui oblitèrent le reste du monde…
Bien moins fragile psychologiquement, Carolina (Juno Temple) a, elle aussi, nourri des rêves d'ailleurs quand elle avait 20 ans. Elle a tourné le dos à la morne réalité qui s'imposait à elle et a choisi d'épouser un malfrat au petit pied qui lui a offert une vie luxueuse – et factice. Elle n'a pas tardé à déchanter et doit désormais se résoudre à vivre dans la clandestinité. Fuyant les hommes de main de son mari lancés à sa poursuite – elle a témoigné devant la justice –, elle finit par venir se réfugier chez son père qui avait juré de ne plus jamais la voir. C'est Humpty (Jim Belushi), le mari bedonnant et loser de Ginny, avec laquelle il a eu un fils, Richie (un gamin rouquin dans lequel on retrouve l'avatar enfantin de Woody Allen tel qu'on a pu le voir dans plusieurs de ses films).
À chaque fois, on le constate, les chimères mènent au désastre. Mais n'est-ce pas le matériau même de la fiction que guettent tous les écrivains ? Mickey, le maître nageur qui a l'ambition de devenir un grand auteur de théâtre, raconteur d'histoires en embuscade, est aussitôt fasciné par la trajectoire tragique de Ginny et davantage encore par le parcours follement audacieux de Carolina. À la fois personnage du film et narrateur omniscient s'adressant directement, face caméra, au spectateur pour commenter l'action, l'apprenti dramaturge, double du cinéaste, semble provoquer le hasard. Comme s'il voulait prouver que le temps de la fiction est plus captivant que le temps de la réalité. C'est ainsi qu'il « croise » à trois reprises Carolina et tombe à chaque fois un peu plus sous son charme…

Rarement chez Woody Allen le décor et la mise en scène auront autant participé à la théâtralité du propos. Le réalisateur circonscrit quasi exclusivement l'action à l'immense parc d'attractions de Coney Island, décor d'opérette à ciel ouvert, aux couleur acidulées. Tout ici respire l'artifice et esquisse un univers en trompe l'œil, où les visiteurs affluent justement pour fuir le réel. Mieux, l'appartement de Ginny et Humpty se présente comme une scène de théâtre en surplomb dont la grande roue (la wonder wheel du titre) en arrière-plan constitue le décor obsédant…

(d'après le texte de F. Garbarz dans Positif n°683)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 18h30 , jeudi 22 21h, vendredi 23 15h50, lundi 26 13h40, mardi 27 16h10

Gaspard va au mariage

 

 

Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...

Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance...

Voici qu’on tient, au moins le temps d’un film, notre Wes Anderson français. Celui de La Famille Tenenbaum et d’A bord du Darjeeling Limited, qui mettait en scène des fratries de trentenaires inconsolables, en deuil de leurs dons enfantins et de leurs chastes amours incestueuses. La comparaison avec l’Américain ne s’arrête pas aux thèmes : avec Gaspard va au mariage, hanté par toutes sortes de chimères, le réalisateur Anthony Cordier accède à une drôlerie poétique absente de ses deux premiers longs métrages, Douches froides (2005) et Happy Few (2010).

Gaspard (Félix Moati) est un garçon d’aujourd’hui, encore libre comme l’air mais pas léger pour autant. Il s’est tenu, pendant des années, à l’écart de sa famille, qui tient un zoo dans le Limousin. Invité au remariage de son père et mal dans sa solitude, il convainc, en chemin, une fille paumée de tenir, pendant la noce, le rôle de sa petite amie. Laetitia Dosch, la révélation du récent Jeune Femme, aux accents imprévisibles et délicieusement énervants, permet alors au film de quitter, dès les premières minutes, les rails du naturalisme.

Sur place, la maison familiale, située au milieu du zoo, a tout d’un vieux coffre plein de jouets cassés. L’entreprise coule. Les souvenirs d’une mère radieuse (Elodie Bouchez), disparue top tôt, planent encore. La compagne du père, un infidèle compulsif, se ravise quant au mariage. Les frère et sœur restent englués dans leur enfance. Lui (Guillaume Gouix) se dévoue entièrement à ce zoo qu’il a toujours connu. Elle (Christa Théret) aussi, en s’identifiant, qui plus est, à une ourse dont elle garde en permanence la fourrure sur elle, façon Peau d’âne…

La proximité entre les hommes, les animaux et la nature, discrètement féerique, ou maléfique, renvoie sans cesse à l’univers des contes, transgressions incluses. De fait, chaque personnage se retrouve bientôt devant une frontière invisible, contraint à se métamorphoser. Et le film captera la dernière étreinte familiale avant la dispersion inévitable. Entre-temps, grâce à sa formidable troupe d’acteurs, Anthony Cordier accumule assez d’humour, de sensualité et d’énergie pour que cet enterrement, qui ne dit pas son nom, reste une fête. Des plus réussies. (Télérama)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 16h10, vendredi 23 16h40, dimanche 25 21h

 

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...

Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !

Mildred Hayes est une femme en colère. Et ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. On comprend vite que ça fait un sacré bout de temps que Mildred ronge son frein. Son bandana serré sur le front, ses surchemises de bûcheron, son air pas commode, elle ne les arbore pas depuis que sa fille est morte assassinée, non, on a l'impression que depuis toujours elle affiche cette allure de combattante. Depuis que son amoureux lui a mis des trempes, depuis qu'elle est femme et qu'il a fallu survivre. Mais il semble bien qu'aujourd'hui Mildred en a assez de subir, et que le temps de l'action est venu. Alors quand elle avise les trois panneaux publicitaires laissés à l'abandon sur la route qui mène à sa maison, juste à la sorte d'Ebbing dans le Missouri, elles se dit que, ma foi, ils pourraient bien servir à quelque chose, au lieu de simplement défigurer le paysage. Mildred décide illico de les louer et d'y afficher ce qu'elle a sur le cœur. À la vue de tous. Depuis des mois l'enquête sur la mort de sa fille n'avance pas d'un pouce : alors elle fait imprimer trois phrases vengeresses, une par panneau, visant nommément le chef de la police. Cet acte, qui pourrait passer pour une mauvaise farce ou une provocation inacceptable, question de point de vue, va bouleverser la vie de la paisible localité.

McDonagh nous embarque dans une bourgade du Midwest, dans cette Amérique profonde que l'on qualifie chez nous – sans doute de manière un peu simpliste – d'« Amérique de Trump », où il sera donc question de vengeance pour mieux en questionner le principe, mais aussi de rédemption, de pardon, d'agression de dentiste… et d'un certains nombre de coups tordus et de rebondissements inattendus, mais tout ça on vous laisse le plaisir de le découvrir.
Tous les personnages qui peuplent cette histoire sont caractérisés avec un soin égal et les comédiens choisis pour les incarner sont tous formidables. À commencer bien sûr par la fabuleuse, l'immense, la bouleversante Frances McDormand, qui joue cette mère ravagée par le chagrin d'avoir vu sa fille enlevée puis assassinée, rongée par la culpabilité d'avoir sans doute raté quelque chose et conduit sa gamine vers son funeste destin. Face à cette mère courage et cible de son courroux, le shérif Bill Willoughby, interprété par un Woody Harrelson magnifique de justesse et d'humanité. Un homme apprécié de tous, un homme fondamentalement honnête. Ce qui explique que les panneaux accusateurs de Mildred ne feront pas l'unanimité. Mais aussi son adjoint qui claironne à l'envie que son passe temps favori est la torture, de préférence sur des individus de couleur, interprété par Sam Rockwell dans un numéro de flic alcoolique et raciste aussi réussi que finalement touchant. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : jeudi 22 18h40 - dimanche 25 16h10
Salernes : jeudi 22 18h
Cotignac : jeudi 22 18h, 20h30

Pentagon Papers
Pentagon Papers Bande-annonce VORéalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer

Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue. Et comme en l'occurence il n'y a pas de hasard, l'un des scénaristes de Pentagon papers, Josh Singer, a également co-écrit Spotlight avec le réalisateur Tom McCarthy !

Les « Pentagon papers » (Papiers du Pentagone), c'est l'équivalent seventies de Wikileaks et autres Panama ou Paradise Papers actuels, et le précurseur du Watergate qui allait exploser trois ans plus tard : un des scoops les plus fondamentaux du journalisme américain, la publication en 1971, d'abord par le New York Times et ensuite par le Washington Post, de documents classés « secret défense » – exfiltrés par Daniel Ellsberg, expert militaire et lanceur d'alerte avant la lettre, qualifié à l'époque d'« homme le plus dangereux d'Amérique » par le sinistre Henry Kissinger – qui détaillaient les relations entre les Etats-Unis et le Vietnam de 1945 à 1967 et qui démontraient clairement que les hauts dirigeants américains, et plus spécifiquement les présidents Johnson et Nixon, savaient que la guerre du Vietnam, délibérément étendue et intensifiée, était un bourbier tragiquement ingagnable et avaient sciemment menti au Congrès et au public sur l’avancement de cette guerre.
La publication de ces documents entraîna une féroce réaction du gouvernement américain qui chercha par tous les moyens à museler les journalistes, ces « fils de putes » comme n'hésitait pas à les désigner Richard Nixon. Devant le refus d'obtempérer du New York Times et du Washington Post, l'affaire remonta jusqu'à la Cour Suprême qui donna timidement raison aux artisans d'une presse libre.

Autre aspect essentiel du film, il se trouve que le Washington Post était à l'époque dirigé par Katharine Graham (Mery Streep), la toute première femme à occuper le poste de directrice de la publication d'un grand journal américain. On imagine sans peine à quel point sa position était délicate et le niveau de courage dont elle a dû faire preuve pour faire face à la situation. Le duo explosif qu'elle forme avec Ben Bradlee, son rédacteur en chef (Tom Hanks, qui reprend donc le rôle joué par Jason Robards dans Les Hommes du président) est un des atouts du récit. (Utopia)


Le Luc : mercredi 21 20h30, jeudi 22 18h30

Une Saison en France
http://fr.web.img3.acsta.net/c_300_300/pictures/17/11/08/17/42/0357831.jpgÉcrit et réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN
France 2017 1h41mn
avec Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Aalayna Lys, Ibrahim Burama Darbœ, Bibi Tanga, Léonie Simaga...

C'est le nouveau film, tourné en France, d'un des plus grands cinéastes africains actuels. Après avoir sublimé et exploré sans complaisance, dans plusieurs films mémorables (Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris), la réalité et les fictions de son Tchad natal, Mahamat-Saleh Haroun, qui vit le plus souvent en France, a pensé qu'il fallait maintenant qu'il « questionne la mémoire de l'exil qui se fabrique ici, qu'il montre des visages qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma dominant. » C'est ainsi qu'il consacre aujourd'hui ce beau film à ceux qui ont quitté l'Afrique pour échapper à la guerre ou au désespoir économique et qui tentent de trouver une place dans un pays qui se revendique de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, un pays qui sut être le refuge de bien des exilés…
C'est donc l'histoire d'Abbas, qui était professeur de français en Centrafrique et qui a fui avec sa famille la guerre civile dans son pays, un pays artificiellement créé, marqué par l'impérialisme français et ses fantoches (souvenons-nous du tristement fameux Bokassa). L'épouse d'Abbas est morte en chemin – son fantôme hante nombre de ses nuits –, le laissant père esseulé de deux jeunes enfants, l'exubérante Asma et le discret Yacine. Sur ces ruines, Abbas tente de reconstruire sa vie à Paris, travaillant sur un marché où il a rencontré Carole, une fleuriste qui s'est attachée à cet homme courageux et cultivé. Comme son titre l'indique, le film se déroule sur une saison, un hiver qui sépare peut être l'espoir des désillusions, le temps de l'interminable attente administrative, entre le dépôt d'une demande et la réponse de la commission nationale du droit d'asile.

Une saison en France montre parfaitement les réalités quotidiennes de ces exilés, leur vie toujours en suspens : les enfants tentent d'avoir une vie d'élèves français comme les autres tout en sachant qu'elle sera rythmée par les déménagements intempestifs ; Abbas et son ami Étienne – également demandeur d'asile, intellectuel comme lui, qui a trouvé refuge dans une cabane de fortune – attendent tous deux désespérément de savoir enfin s'ils vont être régularisés ou expulsés, dans l'incapacité de faire quelque projet que ce soit, dans l'impossibilité de seulement s'engager dans une histoire d'amour. Carole, de son côté, attend elle aussi dans l'angoisse que la situation de l'homme qu'elle aime s'éclaircisse, pour construire avec lui un éventuel avenir.
Il est ici essentiellement question de dignité, celle qu'on tente de préserver malgré les conditions matérielles difficiles, malgré les humiliations, malgré les tracasseries de l'administration et de la police. Avec en permanence les questions qui taraudent : et si la vie ici était impossible ? Et s'ils avaient fait le mauvais choix, malgré la guerre là bas ? Et si le bonheur était ailleurs ?
Quand on regarde les implacables statistiques qui placent la France dans les derniers rangs des pays occidentaux pour l'accueil des réfugiés, on se dit tristement qu'on a une partie de la réponse. Et le film de Mahamet-Saleh Haroun paraît décidément salutaire. (Utopia)

Salernes : samedi 24 21h

L'Apparition
Fortunata : Photo Jasmine Trinca, Nicole CentanniÉcrit et réalisé par Xavier GIANNOLI
France 2017 2h20mn
avec Vincent Lindon, Galatéa Bellugi, Patrick d'Assumçao, Anatole Taubman, Elina Löwenshon...

Jacques (Vincent Lindon) est grand reporter pour un journal du Sud-Ouest. Il a vécu des situations terribles sur des territoires en guerre qui l'ont laissé meurtri. Alors qu'il se replie sur lui même, se barricade dans une solitude douloureuse, il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican : il doit venir sans délai à Rome où un prélat qui apprécie son travail souhaite lui confier une mission particulière qu'il n'est pas question de divulguer avant qu'une rencontre ait lieu.
Dans une petite ville du Sud-Est, une jeune fille au visage d'ange prétend avoir vu la Vierge et la curie romaine s'inquiète de l'ampleur que prend le phénomène. Il y a de quoi surprendre Jacques qui s'étonne d'avoir été choisi, lui l'agnostique, le mécréant, pour faire partie du petit groupe de travail qui rassemble théologiens, psychiatre, historiens mandatés pour conduire une très sérieuse enquête canonique qui doit déterminer si l'affaire a des fondements sérieux.

La plongée de Jacques dans cet univers dont il ne soupçonnait pas l'existence commence par les archives secrètes du Vatican où s'empilent, soigneusement répertoriés, toutes les enquêtes sur toutes sortes de faits que la raison a du mal à admettre. On lui sort les documents de ceux qui ont fait l'objet d'une reconnaissance officielle : Fatima, Lourdes, d'autres encore (Notre Dame du Laus, lieu bien connu de pèlerinage, est à deux pas de l'endroit où se tourne le film…)
Quand il arrive sur les lieux de la prétendue apparition, Jacques est reçu avec réticence, l'annonce d'une enquête irrite, inquiète l'entourage de celle que beaucoup considèrent déjà comme une sainte. Son statut d'incroyant ajoute à la méfiance générale, d'autant que Jacques manifeste son intention de mener sérieusement sa mission à terme, fouillant méthodiquement dans le passé des uns, des autres et particulièrement dans celui de l'élue : Anna dont l'étonnant regard accroche le sien.
Elle n'est pas banale, cette fille qui a grandi de famille d'accueil en foyer et qui est désormais l'objet d'une notoriété et d'un culte qui la dépassent, sous la vigilance constante du prêtre qui a pris dès le début ses paroles au sérieux, à deux doigts de se rebeller contre sa hiérarchie. S'agit-il d'une supercherie, la jeune fille est-elle manipulée ? Qu'y a-t-il a dans la tête de ce prêtre qui lui sert de garde rapprochée, orchestre cérémonies et rencontres, assure l'intendance, canalise la foule, l'interpelle de ses sermons : est-il sincère, est-il particulièrement tordu ? Anna est-elle aussi limpide qu'elle le paraît, quel crédit accorder à son histoire ?

Le film n'a rien d'anecdotique et Xavier Giannoli creuse profond dans les questionnements qui se posent à cet homme pétri de rationalisme et qui se trouve confronté tout soudain à une rencontre perturbant ses incertitudes. Jacques n'a pas d'a-priori : la présence fascinante de cette belle fille fragile et déterminée, la foi qui habite ceux qu'il rencontre, les coïncidences troublante qui interviennent dans sa propre vie…
Il lui apparaît vite que sa présence sur cette affaire ne doit rien au hasard. Quelle explication donner à des choses qui dépassent l'entendement, comment interpréter l'inexplicable ? Faut-il croire au surnaturel ? Le film ouvre mille questions et ne prend pas parti. Les faits sont ce qu'ils sont, croit celui qui peut croire… Xavier Giannoli, qui ne laisse rien au hasard et construit des films solidement documentés, a un talent certain pour explorer la nature humaine dans sa complexité la plus intime, sans a priori, sans jugement de valeur, avec cette curiosité et cette empathie pour ses personnages qui nous avaient fait aimer ses films précédents (Marguerite, A l'origine, Quand j'étais chanteur…)(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 15h45, 20h35, jeudi 22 14h, 17h30, vendredi 23 18h, 20h45, samedi 24 13h30, 15h45, dimanche 25 13h40, 18h15, lundi 26 16h30, mardi 27 15h45, 20h45

Marie Curie
Résultat de recherche d'images pour "allocine marie curie"Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll

Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité.

Marie Curie retrace six années qui furent décisives dans la vie de la chercheuse. Six années intenses durant lesquelles elle traversa le petit monde étriqué, machiste et parfois parfaitement réactionnaire de la recherche scientifique française, elle qui cumulait bien des handicaps : femme, étrangère, supérieurement intelligente et déterminée comme une diablesse. Elle se souciait par ailleurs assez peu des conventions et du qu’en-dira-t-on mais elle sut fédérer quelques grands esprits masculins qui furent ses plus fervents alliés.
Le film commence dans l’atelier où Pierre et Marie Curie passent une bonne partie de leur existence : une vie commune animée par la même passion enflammée pour la recherche dont on sent bien qu’elle se nourrit autant de l’intelligence aiguisée de ces deux cerveaux exceptionnels que de l’admiration et du respect mutuels qu’ils se portent.
L’atelier ressemble autant à une salle de cours (le tableau noir et ses équations, les manuscrits) qu’à l’antre de deux apprentis sorciers : chaudrons, épuisettes, minerais en tous genres. Leurs études sur la radioactivité leur valent le prix Nobel de Physique en 1904, prix pour lequel Pierre exige que le prénom de sa femme soit cité conjointement au sien. Mais Pierre Curie meurt brutalement, d’un accident absurde comme le sort en réserve parfois aux êtres exceptionnels (Jean-Baptiste Lully n’est il pas mort de s’être brutalement frappé le pied en battant la mesure avec son bâton ?), et Marie se retrouve démunie, la vie au laboratoire sans le professeur Curie n’ayant ni la même saveur, ni le même sens. Elle a perdu bien plus qu’un être aimé : son mentor, son alter ego, et sans doute son plus fervent défenseur face à une Académie des Sciences exclusivement masculine et peu ouverte au changement.
Marie fait face, redouble d’efforts et de persévérance dans ses recherches ; elle devient la première femme professeur à la Sorbonne, reprenant la chaire de son mari, et va bientôt recevoir son deuxième prix Nobel en 1911, de chimie cette fois, pour la découverte du plutonium et du polonium, et ce en dépit du scandale lié à sa liaison avec le physicien Paul Langevin, un homme marié. Elle continuera inlassablement ses travaux, faisant fi des ragots, fidèle à l’esprit de curiosité qui anima ses premières années d’études, s’inspirant d’une vision résolument moderne de la recherche, tournée vers l’homme et le progrès. Elle croisera la route des plus grands, Albert Einstein et tant d’autres, et inspira bien des jeunes filles pour lesquelles elle fut un modèle d’émancipation.

C’est un biopic qui ne vous réconciliera sans doute pas avec le tableau de Mendeleïev ni avec les concepts de la physique moléculaire si vous n’y compreniez déjà rien au lycée, mais qui vous laissera un beau et grand sentiment d’admiration face à cette étrangère accueillie en France pour étudier et qui donna tant en retour… (Utopia)


Lorgues : mercredi 21 et samedi 24 18h, vendredi 23 21h, lundi 26 19h

La Douleur

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenÉcrit et réalisé par Emmanuel FINKIEL
France 2017 2h06mn
avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Shulamit Adar, Grégoire Leprince-Ringuet, Emmanuel Bourdieu...
D'après le récit de Marguerite Duras

Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous…

1944 à Paris. Nous sommes dans cette période charnière de l’Histoire de France où on ne sait pas vers quoi elle va basculer. Dans le Paris occupé par les Allemands, chacun avance précautionneusement, tel un funambule, avec la peur au ventre. Malgré les rires et les flonflons des luxueux troquets où les collabos s’affichent avec les nazis, on sent que tous tentent de noyer la frousse qui les gagne dans le fond de leur verre, de leur panse, dans une voracité débridée alors que la majeure partie du pays est affamée. Ambiance trouble qui voit se côtoyer ceux qui ont fait de l’ennemi leur ami, ceux qui ont tout bonnement obéi et ceux qui résistent clandestinement. Avant d’être arrêté par la Gestapo, Robert Antelme, le mari de Marguerite, faisait comme elle partie des résistants. Désormais elle l’attend. Une attente qui est comme un gouffre de douleur, chaque jour plus profond. Ce n’est pas une attente inactive : Marguerite continue de participer au groupe de résistance sous couvert de son travail au Comité d’Organisation du Livre, créé par le régime de Vichy. Elle se lamente sur sa solitude, mais la main de son collègue Dionys (troublant Benjamin Biolay) qui se pose sur son cou laisse entrevoir avec pudeur une vérité plus composite.
Il y a quelque chose d'insaisissable dans cette femme, Duras, qui nous fait partager son intimité. Dans sa manière de réécrire en permanence son récit tout en affirmant ne pas l’avoir retouché mais en laissant sciemment traîner des indices qui prouvent l’inverse. Toutes ces contradictions qui la traversent la rendent terriblement humaine, nous ramènent aux nôtres. Marguerite ne sait pas faire dans la mesure. Tantôt tourbillon, vibrante, séductrice, menteuse… Tantôt calme plat, froide, distante, trop lucide. Et Mélanie Thierry (qui l’interprète) excelle dans ce yoyo perpétuel des sentiments : splendide, agaçante, touchante, capable de faire tourner la tête à n’importe qui. Alors, quand Marguerite croise Rabier, l’agent qui a arrêté son mari, elle use de ses artifices pour qu’il consente à l’aider. Mais, tout subjugué par l’écrivaine, tout passionné de littérature soit-il, Rabier n’en reste pas moins un homme dangereux. S’engage entre eux une sorte de jeu sournois. Rabier multiplie les rendez-vous improbables, Marguerite les redoute et les espère. Tous deux duels et ambigus dans cet affrontement cruel et excitant qui les pousse l’un vers l’autre. On frémit pour Marguerite que l’on découvre fragile sous ses certitudes affichées. On s’étonne d’être touché par ce salaud de Rabier – Benoît Magimel est grandiose dans le rôle, aussi émouvant que dégueulasse et quelques répliques qui n’étaient pas chez Duras rajoutent en subtilité. Sans être une victime, il est aussi un homme bafoué par les classes sociales supérieures.

Mais le plus criant devient le silence de l’état face à toutes ces femmes qui attendent, l’extrême violence du pouvoir, de tous les pouvoirs. Marguerite, de personnage central, devient un petit point flouté, un fragment perdu dans cette humanité vacillante qui évite d’affronter son reflet dans le miroir. Un film magnifique, contemporain, accessible : clin d’œil aux enseignants de français ou d’histoire... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : jeudi 22 16h10, mardi 27 18h15


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