Au(x) cinéma(s) du 21 au 27 octobre 2020

Bonjour à tous !
 
Voici le mail Entretoiles de cette première semaine de vacances de Toussaint . Il n'y en aura pas la semaine prochaine, et nous vous donnons donc directement rendez-vous pour notre prochaine soirée le mardi 3 novembre. Ce sera une soirée cinéma "spéciale élections américaines" avec 2 films américains : The Climb de Mickaël Angelo Corvino, une comédie légère, centrée sur une amitié cabossée, et I am not your negro de Raoul Peck, un magnifique documentaire sur l'histoire des Etats Unis et sa population noire.
Le dimanche 15 novembre nous vous proposerons La femme des steppes, le flic et l'oeuf de Wang Quanan, une comédie mongole, un pur bijou, une oeuvre atypique d'une beauté à vriller l'âme.(sous réserve de confirmation par CGR)
Nous comptons sur vous pour venir partager avec nous tous ces films
 
Cette semaine à CGR, Adieu les cons où armé du scalpel aiguisé de la satire, Albert Dupontel le réalisateur est  parti une fois de plus pour lacérer le vernis de nos sociétés modernes violemment aseptisées. et dans la semaine suivante Basta capital, présenté par les Ciné débats citoyens, en présence du réalisateur (aussi à Salernes et au Vox)

A Lorgues vous pourrez voir Maternal de Maura Delpero, un film subtil et intense.
 
A Salernes, Mon cousin de Jan Kounen, dans un étonnant et détonant duo (aussi à Cotignac), et Eléonore de Hamro Hamzawiun film qui marie charme, drôlerie et désinvolture.
 
Au Luc Les héros ne meurent jamais de Aude Léa Rapin, déroutant et intrigant, Lupin III the first de Takashi Yamasaki où Lupin et sa bande rivalisent d'esprit et d'audace.
 
Au Vox à Fréjus  ne ratez pas Michel Ange de Andrei Konchalovsky qui nous brosse un Michel Ange puissant, magnifique, indomptable et indémodable, Chien pourri la vie à Paris,  Josep (aussi à Cotignac) de Aurel, un magnifique  film d'animation pour adultes sur la retraite des républicains espagnols fuyant le franquisme vers la France Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait d'Emmanuel Mouret, peintre du sentiment amoureux , Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal : un film et une actrice irrésistible,  Les apparences de Marc Fitoussi (aussi à Cotignac),où le jeu des apparences devient terrifiant, Drunk de Thomas Winterberg, un retour gagnant pour un film aussi enthousiasmant que désespéré, confirmant ainsi le retour au premier plan du cinéaste danois, et Yalda, la nuit du pardon un grand film iranien de Massoud Backhshid. 
 
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Bonne semaine de cinéma ! Continuez à aller voir des films !
L'équipe d'Entretoiles
 

THE CLIMB

Michael Angelo CORVINO - USA 2019 1h36 VOSTF - avec Kyle Marvin, Michael Angelo Corvino, Gayle Rankin, Talia Balsam, Judith Godrèche... Scénario de Michael Angelo Corvino et Kyle Marvin.


THE CLIMBÇa commencerait presque comme une blague nulle : « c’est l’histoire de deux Américains qui font du vélo sur les routes de France, et dont l’un avoue à l’autre qu’il a couché avec sa future femme… » ; et de fait lorsque Mike apprend à Kyle, son ami de toujours, qu’il entretient une relation avec sa promise, on s’attend à ce que ces deux-là en viennent aux mains, explication virile et chute triviale. Et puis non, rien de tout ça : les deux compères continuent l’ascension du Col de Vence… Oh bien sûr, Kyle menace bien d’étriper Mike si jamais il le rattrape – c’est justement pour ça que Mike a attendu un raidillon bien traître avant de passer aux aveux ! – mais il ne viendrait à l’idée d’aucun des deux de rompre ici leur relation. Dès cette scène d’ouverture, à la fois banale et fantasque par sa cocasserie, tout est dit ou presque de la nature du lien – un peu toxique mais indéfectible – qui rapproche ces deux olibrius par-delà les années.
Cette amitié cabossée, c’est le centre du film. Écrit par le réalisateur-acteur Michael Angelo Corvino avec la complicité de l’autre acteur principal Kyle Marvin, lointainement (on l’espère !) inspiré de leur propre amitié et nourri d’anecdotes plus ou moins autobiographiques, The Climb dresse le portrait d’un duo de trentenaires inséparables et que pourtant tout sépare, à commencer par leur caractère : Kyle, le bon gars, toujours prêt à recoller les morceaux, à
voir le bon côté des choses, à pardonner les excès de son alter-ego, et Mike, le passionnel, l’excessif, obstiné jusqu’à la déraison, le genre de type capable d’interrompre un mariage pendant le traditionnel échange de vœux pour s’opposer à l’union des tourtereaux parce qu’il considère que la demoiselle n’est pas à la hauteur de l’époux… Une bombe à retardement toujours prête à exploser, Mike, mais paradoxalement le plus fidèle des amis, prêt à attendre toute sa vie qu’on lui pardonne ses conneries plutôt que de tirer un trait sur Kyle. Ça en fait, du temps… … et le temps justement est l’autre grande affaire de ce film, celui qui passe pour les personnages – chaque scène ou presque est séparée de la suivante par un intermède musical censé figurer le passage des années et les variations de l’état psychologique des protagonistes – et celui de l’action elle-même : filmé en autant de plans-séquences que l’histoire compte de chapitres, The Climb nous immerge dans le chaos de leur quotidien, de leurs disputes, de leurs doutes, de leurs fous-rires, de leurs brouilles puis de leurs retrouvailles, alors qu’autour d’eux le monde change et vieillit : des mariages ratés, des parents disparus, des enfants qui grandissent… Ainsi, par l’élégance discrète de sa mise en scène, Corvino nous fait ressentir certains sentiments d’une profondeur et d’une subtilité qu’on ne s’attendait pas à trouver dans une comédie a priori aussi légère : celui de la vie qui passe, vous laisse un pincement mélancolique au cœur et un sourire un peu triste aux lèvres.

Admirateur déclaré du cinéma européen, Corvino est parvenu à extraire l’essence des comédies classiques du vieux continent, de Lubitsch, Monicelli, Tati et Etaix (les personnages visionnent un extrait du Grand amour !) pour l’injecter dans un canevas hérité des « screwball comedies » américaines. Et par on ne sait quel miracle, la greffe prend ! Alors, pour paraphraser un sage d’un autre temps, laissez-vous tenter par ce beau roman, cette belle histoire : une « bromance » d’aujourd’hui…(Utopia)
CGR  soirée Entretoiles spéciale "élections américaines" mardi 3 novembre 17h50
 

I AM NOT YOUR NEGRO

Raoul PECK - documentaire France / USA 2016 1h33mn VOSTF - Écrit par James Baldwin et Raoul Peck. Texte dit par Samuel L. Jackson.
I AM NOT YOUR NEGRO« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur »
« Humainement, personnellement, la couleur n'existe pas, politiquement elle existe. » James Baldwin

Il est plus que jamais indispensable d'écouter la parole, de lire les mots de l'écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), qui sont la chair et l'âme de ce magnifique documentaire réalisé de main de maître par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Un film qui évoque l'histoire américaine à travers le destin tragique de trois leaders incontestés de la lutte des Noirs : Medgar Evers, mort assassiné le 12 Juin 1963. Malcolm X, mort assassiné le 21 Février 1965. Martin Luther King Jr, mort assassiné le 4 Avril 1968. À travers leur personnalité et leur parcours, à travers leur combat, à travers les pouvoirs, les puissances, les croyances, les préjugés qu'ils ont dû affronter, I am not your negro (quel titre !) nous donne un éclairage passionnant sur l'évolution et l'état actuel de nos sociétés.

James Baldwin, jeune écrivain ouvertement homosexuel, avait quitté les Etats Unis ségrégationnistes et homophobes pour rejoindre en 1948 le Paris Rive gauche et bohème de l'après guerre, bien plus ouvert. Mais au début des années 60, alors que débutait la lutte pour les droits civiques aux USA, il se lie d'amitié avec les trois leaders cités plus hauts, malgré leurs différences, malgré leurs divergences. Leurs assassinats (pour Medgar Evers, le jour même de le déclaration de John Kennedy sur les droits civiques !) inspirent le texte splendide qui accompagne le film en voix off et qui est le fil directeur reliant les images d'archives et les interviews de Baldwin lui-même. Une des premières séquences d'interview télé met en lumière, de manière tragiquement ironique, le profond ancrage de la pensée raciste ordinaire : ça se passe en 1965, un journaliste persuadé d'être bienveillant rappelle à son invité que « les Noirs ont connu de nombreux progrès récents, et qu'on les voit même dans les publicités » ! L'écrivain rétorque que tant qu'on parlera comme cela des Noirs, rien ne sera réglé…
Nombre d'images d'archives sont saisissantes… On croit avoir tout vu de la connerie crasse des théories racistes, mais dans cet extrait où une blanche ségrégationniste déclare que si Dieu peut pardonner le meurtre ou l'adultère, il ne pardonnera jamais la fin de la ségrégation à l'école… on se dit que la réalité peut dépasser la fiction. On citera encore ces images terrifiantes de visages – y compris d'enfants – déformés par la haine quand, en 1957, la jeune Dorothy Counts, 15 ans, est la première collégienne noire d'un Etat du Sud à tenter de rentrer dans un collège blanc, encadrée par des policiers qui la protègent.

Le film de Raoul Peck – réalisateur entre autres de Lumumba, splendide portrait du leader africain – restitue toute la grandeur, toute la dignité, toute l'intelligence du combat pour la justice et les droits civiques des Afro-américains, aujourd'hui confrontés au racisme de l'Etat Trump. Il n'est probablement pas indifférent que Raoul Peck soit haïtien, citoyen du premier pays à s'être libéré par ses propres moyens du joug colonial, face à ce qui était alors la première armée occidentale au monde, celle de Napoléon. Et comme le rappelait James Baldwin, la liberté ne se donne pas, elle se prend. C'est ce qu'on fait les Haïtiens, sans attendre l'abolition de l'esclavage accordé par les dominants. Black Lives Matter ! (Utopia)
 
CGR  soirée Entretoiles spéciale "élections américaines" mardi 3 novembre 20h20

ADIEU LES CONS

Écrit et réalisé par Albert DUPONTEL - France 2020 1h27 - avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jacky Berroyer, Bouli Lanners, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker...
 
 
 
Quel titre ! À lui tout seul, il donne envie de foncer voir le film, sans rien en savoir de plus ! Et vous auriez raison ! Ce pourrait être la meilleure des résolutions : faire l’impasse sur le texte qui va suivre, vous fier à votre instinct, au choix de votre cinéma, à l’affiche très réussie qui annonce le trio de choc : Albert Dupontel – Virginie Efira – Nicolas Marié… Sans parler des rôles secondaires, truculents, grand-guignolesques, touchants. L’univers de Dupontel est plus que jamais méticuleusement indiscipliné, profondément libertaire, farouchement anticonformiste. Armé du scalpel aiguisé de la satire, le voilà parti une fois de plus pour lacérer le vernis de nos sociétés modernes violemment aseptisées.
Qu’est-ce donc qui cloche sous la chape policée de cette civilisation ultra-connectée, dans cette ville faussement intelligente ? Et dans le corps de Suze Trappet (merveilleuse Efira) ? Planqué derrière sa fonction déshumanisée, un médecin désabusé (interprété par Bouli Lanners dont les propos cliniques contrastent de façon drolatique avec sa bonhomie naturelle) va lui asséner benoîtement la terrible nouvelle : notre jolie coiffeuse dans la fleur de l’âge se meurt sans qu’elle le sente arriver. Irrémédiablement condamnée pour avoir trop consciencieusement coiffé et colorisé ses clientes, pour avoir sniffé moult vapeurs, laques, persulfates alcalins, dichlorométhane ! Ça défrise, non ? Chères spectatrices, si vous n’avez pas pitié de votre crâne, ayez pitié de votre capillicultrice préférée : renoncez à L’Oréal, parce qu’elle le vaut bien ! Pourrait-il y avoir une erreur de diagnostic ? Toubib Bouli de lancer : « C’est comme la police, quand elle se trompe, ça fait des dégâts ». C’est dit : le film ne sera pas tendre avec les forces de l’ordre…

Nous voilà projetés dans une ambiance loufoque qui navigue entre le noir grinçant d’un humour sans concession et la fraîcheur acidulée des contes de fée. La touche finale, c’est une bonne rasade de poésie pour y noyer avec élégance la désespérance du pauvre monde. Une fois le choc passé, Suze n’aura de cesse de retrouver avant qu’il ne soit trop tard l’enfant qu’on lui a arraché bien des années plus tôt, à son corps défendant…
Autre lieu, autre scène, dans une cité administrative ubuesque travaille JB (Dupontel, parfait dans la peau d’un bosseur obsessionnel et solitaire). Son rôle ? Renforcer la sécurité des systèmes informatiques qui régissent tout du sol au plafond, des ascenseurs aux coffres-forts. Dans son domaine c’est un cador. Normal diront les cons, il n’a que ça à faire, pas de vie privée, non rien de rien à regretter. Alors quand son supérieur le convoque pour le mettre sur le banc de touche, notre salarié docile va se déchaîner. Puisque c’est comme ça, il ne lui reste qu’une chose à faire : acheter un fusil ! Pour quoi faire ? Vous verrez bien. Mais sachez-le, plus intellectuel que manuel, il va rater son coup et pas qu’un peu ! Et ça va provoquer une sacrée pagaille…

Une coiffeuse qui a soif de vivre encore un peu, un informaticien trahi qui veut sans plus attendre mourir en fanfare ? Ces deux-là n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, ils se rencontrèrent bel et bien, grâce au hasard taquin qui veille l’air de rien sur les pires bras cassés. Bien sûr, on ne vous dira pas comment, pas plus qu’on ne vous racontera l’improbable parachutage de l’exceptionnel Monsieur Blin (inénarrable Marié) dans cette folle aventure qui, tout en nous faisant mourir de rire, nous tend un miroir déformant. Car évidemment Dupontel dresse le constat cinglant d’un monde absurde, le nôtre, qui marche sur la tête… Mais en grand romantique sombre, il nous colle aussi dans les pattes un manifeste tendre et touchant, un véritable hymne à l’amour fou. Et on n’est pas prêts d’oublier la manière dont Dupontel et Efira disent adieu aux cons ! (Utopia)
 
CGR : Tous les jours 14h, 16h, 18h15, 20h15, 22h15
 
 
 
 
CINE DEBAT CITOYEN : BASTA CAPITAL en présence du réalisateur
 
 
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Synopsis: En 2020, dans un contexte social plus tendu que jamais, une communauté d'activistes perd l'un des leurs lors d'une manifestation, sous les coups des forces de l'ordre. Suite à ce drame, ils vont enlever des patrons du CAC40 pour forcer Emmanuel Macron à appliquer une réelle politique anticapitaliste.
Pour en savoir plus : https://www.destinydistribution.com/distribution/basta-capital/



CGR jeudi 29 à 20h, Vox Fréjus vendredi 30 à 20h, samedi 31 à Salernes à 20h

 

MATERNAL

Écrit et réalisé par Maura DELPERO - Argentine 2019 1h31mn VOSTF - avec Lidiya Liberman, Denise Carrizo, Agustina Malale, Isabella Cilia...
MATERNALC’est un film subtil et intense, aussi peu manichéen que possible, qui nous plonge au cœur d’un hogar religieux argentin, exclusivement féminin : foyer géré par des femmes (les religieuses), accueillant des filles mères adolescentes…
Lu et Fatima ont 17 ans et, comme toutes les autres pensionnaires, se dépatouillent mal de leur maternité récente : prises entre les pulsions bouillonnantes de vie des filles de leur âge et ces responsabilités nouvelles qu’elles ne savent par quel bout prendre, l’impossibilité de s’assumer économiquement les a poussées à chercher refuge dans cette austère demeure.
On pourrait s’étonner que les religieuses du hogar, ne réagissent pas plus aux tenues provocantes, aux maquillages exagérés, aux fugues de leurs jeunes pensionnaires : c’est que sous leurs airs un peu revêches, elles sont néanmoins des bienveillantes. La vieille directrice en a tant vu passer de toutes les couleurs qu’elle semble comprendre ce mal de vivre dont sa foi la préserve… sans pour autant l’aveugler : vouée à servir Dieu elle veille sur ses créatures, fussent-elles un peu perdues, respectueuse de leurs fragilités.

Quand Paola, novice à peine plus vieille que les jeunes mères qui sont là, déboule d’Italie (ce hogar a été créé par des religieuses italiennes) pour achever sa formation de religieuse et prononcer ses vœux, c’est comme un rayon de soleil qui pénètre l’univers étouffant de cet entre soi dont les enfants et les ventres ronds sont le centre. Lu vient de se tirer, ne supportant plus l’enfermement, entichée d’un garçon qu’on ne verra pas, illusion passagère d’un amour improbable… laissant à ses copines son adorable petite fille aussitôt éblouie par le sourire lumineux de Paola. Entre la petite fille délaissée et la jeune fiancée de Dieu, une relation douce s’installe, substitut maternel qui laisse deviner que pour être au bord de prononcer ses vœux, elle n’est pas exempte du désir d’être femme et que l’amour total de Dieu n’est pas antinomique d’un amour profond pour ces humains qu’il a tiré de la glaise… si l’on en croit la Bible.
Le principal personnage du film, au fond, c’est la maternité : absente pour les unes, trop précoce pour les autres, mais dans tous les cas, les femmes de ce foyer ont une relation complexe et ambiguë à leur enfant, à leur corps, aux autres : l’instinct maternel est il associé aux liens du sang ? La grande richesse du film est d’arriver avec empathie, compréhension fine mais à bonne distance, à capter les vibrations humaines entre attirance et doute, le désir d’être mère et la peur de l’être ou de ne pas savoir… ne prenant pas parti entre des sentiments contradictoires : l’humanité est ainsi, à la fois simple et complexe et ce film-là sait regarder sans juger, simple et profond.

C’est le premier film de fiction d’une jeune réalisatrice habituellement portée vers le documentaire et si elle franchit ici le pas, c’est que le sujet lui tient à cœur et que, pour des raisons diverses, elle connaît bien ce dont elle cause. Si elle a choisi des comédiennes professionnelles pour interpréter les religieuses, les jeunes mères trouvent là leur premier rôle, parfois très proche de leur propre vie, comme Lu, mère adolescente, elle-même née d’une adolescente.
Sans en avoir l’air, car le film est plaisant et l’interprétation superbe (une mention particulière à la petite fille de Lu), c’est un état des lieux d’un pays, l’Argentine, où l’avortement est toujours interdit et sévèrement puni : cliniques privées pour les riches, avortements clandestins (et donc dangereux) pour les pauvres… On pense à la situation qui prévalait en France avant que les filles du MLAC et d’autres se battent pour que la situation évolue. Une pensée émue au passage pour Gisèle Halimi qui vient de nous quitter. (Utopia)
Lorgues : mercredi 21 20h30, vendredi 23 17h,samedi 24 16h30

 

MON COUSIN

Jan KOUNEN - France 2019 1h44mn - avec Vincent Lindon, François Damiens, Pascale Arbillot, Alix Poisson... Scénario de Jan Kounen, Fabrice Roger-Lacan et Vincent Lindon.
MON COUSINPierre Pastié, c’est un genre de Bernard Arnault : le rejeton fortuné d’une grande famille dont le nom est à lui seul synonyme de réussite industrielle. Un gars né avec dans la bouche une cuiller en argent massif et dont l’activité consiste à faire fructifier la fortune reçue en héritage. En l’occurrence, Pierre est pédégé du Groupe Pastié, qui réunit les plus grandes marques internationales d’alcool mais aussi de grands crus classés. « Pastié : le goût du goût ». La devise familiale n’a pas seulement l’air ridicule : elle l’est. Nonobstant, notre Pierre, de contrat en réunion, d’assemblée en déplacements, court, vole, roule – court encore, le téléphone vissé à l’oreille et le point de croissance comme seul horizon.

Pas qu’on pense que c’est un fils à papa bien feignant (c’est sans doute là qu’il diffère de certains modèles), le moins qu’on puisse dire c’est qu’il mouille la chemise. Mais Pierre Pastié a un caillou dans son mocassin de luxe. Un caillou persistant qui se rappelle à lui tous les cinq ans. Car Pierre a hérité du bazar avec son cousin, Adrien, qui lui n’en a que fiche du « goût du goût » et du groupe Pastié. Rêveur, maladroit, d’une gentillesse spontanée, il soigne périodiquement son mal de vivre dans une clinique psychiatrique. Pour Pierre, Adrien, c’est « le fou ». Or, du « fou » il a besoin, tous les cinq ans, pour qu’il lui renouvelle devant notaire le mandat de gérer les affaires familiales. Il se trouve que cette fois, le groupe Pastié vacille et Pierre a un besoin vital de la signature de son cousin. Or Adrien est au plus mal et bien décidé à y mettre son nez, dans les affaires familiales, pour retrouver l’affection de Pierre. Pendant quelques jours, Adrien et Pierre vont donc cohabiter, poussés chacun par un besoin contradictoire de celui de l’autre. Et le contact des deux cousins, outre quelques étincelles, va produire des catastrophes en chaine.

Qu’on se le dise d’emblée : Mon cousin n’est résolument pas, du tout, le film le plus représentatif de l’œuvre de Jan Kounen. Plutôt adepte d’un cinéma au montage épileptique et nourri de prouesses visuelles (on lui doit aussi bien un Blueberry hermétique et halluciné qu’un documentaire fascinant sur le chamanisme amérindien), sa seule incursion à ce jour dans le domaine de la comédie, l’adaptation de 99 Francs de Beigbeder, ne le changeait guère de ses sujets (ni de sa forme) de prédilection. Or, ici, surprise ! À quelques rares scènes oniriques près et une séquence virtuose de crash aérien, on se pincerait pour y croire tellement il se trouve rangé, assagi, attentif à capter simplement l’humanité de ses personnages. Et on vous le dit tout net : ça lui va bien au teint. Il adapte sobrement sa mise en scène à la confrontation, tantôt douce et posée, tantôt raide et agressive, des cousins campés dans des registres très différents par Vincent Lindon et François Damiens, chacun évoluant à travers le regard de l’autre. Éberlué, ahuri, Pierre n’en finit pas de ronger son frein en observant la cascade de dégâts collatéraux que provoque l’irruption, comme un chien dans un jeu de quilles, du lunaire Adrien dans son environnement professionnel et familial. De son côté, le doux quoique dérangé Adrien est, suppose-t-on, susceptible à tout moment d’entrer en éruption : il observe avec une tristesse teintée de nostalgie les gesticulations d’un homme d’affaires qui lui semble totalement déconnecté de ses sentiments, voire des sensations humaines. Les compères, appairés par la force des choses, vont devoir voyager ensemble, traverser un nombre raisonnable d’épreuves et de catastrophes pour tenter de se retrouver, se reconstruire, chacun de son son côté, et renouer ensemble un lien qu’ils croyaient perdu. (Utopia)
Salernes : mercredi 21 et mardi 27 20h30, dimanche 25 et lundi 26 18h
Cotignac : jeudi 22 17h35 et vendredi 23 20h30

 

ÉLÉONORE

Écrit et réalisé par Hamro HAMZAWI - France 2020 1h25mn - avec Nora Hamzawi, Dominque Raymond, André Marcon, Julia Faure...
ÉLÉONOREVous l’ignorez sans doute, mais sachez que l’élaboration d’une gazette telle que celle que vous tenez entre vos mains est une grande aventure. Une sorte de « telenovela » qui dure depuis plus de trente ans dont les épisodes seraient reconduits toutes les cinq semaines avec une dramaturgie bien menée. Il y a le film illégitime, qui, tel le fils du même nom, revient dans la grille après avoir été mis au banc de toute la famille utopienne. Il y a les héros identifiés « incontournables » à qui l’on déroule le tapis rouge (plein de séances). Sans oublier moult rebondissements (des films dont la sortie est décalée à des jours lointains plus cléments pour le cinéma), des revirements de situation, des portes qui claquent, des engueulades légendaires, des réconciliations quand les avis sont partagés. Comme dans les bonnes séries, certains épisodes sont essentiels, d’autres plus anecdotiques. Dans une bonne gazette Utopia, certains films sont fondamentaux, importants, nous portent, nous font rêver ou penser, et d’autres, plus mineurs, nous font juste et tout simplement plaisir. Alors quand on a vu Éléonore, perdu au milieu de pas mal d’excellents films mais pas toujours des plus fendards, on s’est dit qu’il assumerait parfaitement ce rôle du film sympathique et léger, sans prétention, sans ambition démesurée, un film qui apporterait à l’ensemble de la programmation une petite touche colorée, festive, légère.

À plus de trente ans passés, Éléonore est un vrai boulet pour sa famille. Pas de boulot durable, pas de petit ami durable, elle vit dans un studio aux allures de caravane et se comporte comme une éternelle ado : une vie quelque peu dissolue, sans horaires fixes, baskets et jeans troués… Si elle assume plutôt bien cette vie de bohème, sa mère et sa sœur aînée, pour lesquelles « si à 30 ans t’as pas un mari et un joli bébé, t’as raté ta vie », voudraient bien la faire rentrer dans le moule.
Plus par lassitude et pour avoir la paix que par réelle motivation, Éléonore se laisse finalement coacher pour devenir la parfaite trentenaire, elle qui se rêvait plutôt en parfaite auteure de romans. Sexy, dynamique, la voilà donc embarquée dans une maison d’éditions de récits de charme pour devenir l’assistante d’un patron moins coriace qui n’y paraît (André Marcon, toujours excellent). Le vernis ne va pas tenir bien longtemps et n’en déplaise à sa frangine qui a tout réussi (du moins en est-elle convaincue), le naturel va revenir façon boomerang, parce qu’à trop vouloir rentrer dans le moule, on finit par devenir une pauvre quiche.

Comme Laetitia Doesch enchantait Jeune femme, Nora Hamzawi campe cette Éléonore avec un charme fou, avec drôlerie et désinvolture. À prendre tout simplement. (Utopia)
Salernes : vendredi 23 et samedi 24 20h30



 

LES HÉROS NE MEURENT JAMAIS

Aude Léa RAPIN - France / Bosnie Herzégovine 2019 1h25mn VOSTF - avec Adèle Haenel, Jonathan Couzinié, Antonia Buresi, Hasija Boric, Vesna Stilinovic... Scénario d’Aude Léa Rapin, avec la collaboration de Jonathan Couzinié.
LES HÉROS NE MEURENT JAMAISSur le balcon de son appartement, Joachim raconte à son amie Alice une histoire assez incroyable qui vient de lui arriver et qui le trouble au plus haut point : au tournant d’une rue, il s’est fait apostropher par un mendiant assis sur le trottoir. Sans sommation, l’homme lui a hurlé : « Tu t’appelles Zoran, tu étais un monstre, un assassin et tu es mort le 21 août 1983 en Bosnie ! ». Si Joachim est secoué à l’extrême, c’est que le 21 août 1983 est très précisément la date de sa propre naissance. De là à imaginer qu’il pourrait être la réincarnation de ce Zoran criminel de guerre, il n’y a qu’un pas… qu’il semble prêt à franchir.
Cette confession est filmée de bout en bout par la caméra tremblotante d’Alice, cinéaste documentariste de son état, qui capture la réalité presque par réflexe, et qui connaît bien l’ex-Yougoslavie pour y avoir déjà tourné un film. Les deux amis n’y réfléchissent pas à deux fois : ils vont se rendre en Bosnie et se lancer sur les traces du défunt Zoran…

Les Héros ne meurent jamais fonctionnera donc sur une mise en abyme astucieuse : le film se construit autour du faux tournage d’un faux documentaire cherchant à établir la réalité de l’existence de Zoran et à percer le mystère de sa supposée réincarnation en Joachim. Le spectateur épousera le regard de Paul, caméraman invisible dans le faux film et chef-opérateur du vrai (Paul Guilhaume). Alice s’improvise metteuse en scène du réel, cherchant à fabriquer son récit de toutes pièces. La caméra doit embellir le récit, à la recherche du plan parfait (enfermée dans le coffre d’une voiture pour filmer Alice et Joachim au loin, par exemple). Pourtant, elle ne s’arrête jamais de filmer, et se transforme en témoin accidentel du réel, qui révèle toute l’humanité de ces personnages. La barrière de la langue et l’inattendu constituent alors un ressort comique, accentué par le volontarisme têtu et un peu gauche d’Adèle Haenel et la naïveté de la monteuse son Antonia Buresi.
Derrière ce dispositif hyper-réaliste, le fantastique refait surface. Lors d’une soirée dans un bar en Bosnie, la musique ne fait que cracher. La caméra, elle, s’éteint parfois. Comme si le matériel était brouillé par des interférences surnaturelles. Les morts hantent le récit. La Bosnie, marquée par la guerre, ressasse inlassablement son histoire et celle de ceux qui l’ont quittée.

Joachim est à la recherche de sa propre mort, qu’il va mettre en scène, comme maître de son propre destin. Surgit alors une idée d’une douce poésie. Le cinéma emprisonne les morts pour les rendre vivants, et les faire exister éternellement. La réincarnation existe dans l’image qui capture des instants de vie, animant des corps qui bougent, pleurent et rient. Le cinéma comme souvenir, comme devoir de mémoire, comme spectre du temps. Les Héros ne meurent jamais traduit le besoin insatiable de l’humanité de se raconter des histoires. Un objet déroutant, intrigant, parfois drôle, et qui confirme, s’il le fallait encore, l’immense talent d’Adèle Haenel. (d’après A. Dall'omo, lebleudumiroir.fr)
Le Luc : jeudi 22 et vendredi 23 18h

 

LUPIN III : The First

Écrit et réalisé par Takashi Yamazaki - film d'animation Japon 2020 1h33mn - D’après le manga de Monkey Punch et, lointainement, le personnage créé par Maurice Leblanc. À voir en famille ! Programmé en VF l'après-midi et en VOSTF en début de soirée.
LUPIN III : The FirstC’est bien lui, le plus grand des voleurs, qui déboule sur nos écrans… oui, mais c’est un gentleman, un tantinet dépoussiéré, mis au goût du jour de l’animation moderne, qui ne nous est pas tout à fait familier ni totalement inconnu. Lupin III : The First est le dernier-né des exploits bien croqués du gaillard : silhouette dégingandée et bobine malicieuse, ce dandy de la cambriole a hérité des talents et du charme associés à son nom – il n’est autre que le petit-fils du grand Arsène Lupin, le fameux héros de Maurice Leblanc.

Créé en 1967 par le mangaka Monkey Punch, l’intrépide rejeton de notre prince national de la chourave caracole dans de nombreux mangas et séries animées depuis le début des années 1970 – en France, il a longtemps sévi sur le petit écran sous le nom d'« Edgar de la cambriole » (Monkey Punch n’ayant jamais demandé aux héritiers Leblanc la permission d’utiliser l’illustre patronyme de Lupin). L’œuvre de Maurice Leblanc étant aujourd’hui tombée dans le domaine public, Lupin III a fièrement retrouvé le nom de son illustre papy, sans rien perdre de sa malice. Une fête à grand spectacle, portée par l’inventivité ludique d’un scénario qui doit moins à Maurice Leblanc qu’à l’univers d’Indiana Jones (à grand renfort d’inénarrables méchants nazis, de mystères archéologiques et de poursuites démentielles) avec un brin d’Homme de Rio. Une filiation très BD, joyeuse et assumée à la japonaise.

Et pour son retour au cinéma, le rejeton de la dynastie des « gentlemen cambrioleurs » s’aventure pour la première fois en France, au pays de son illustre arrière grand-père ! Associé à la jeune Laëtitia pour faire main basse sur un trésor que même Arsène Lupin (premier du nom) n’a jamais réussi à dérober. Entre pièges mortels, escapades aériennes et abracadabrantes évasions, Lupin et sa bande de casse-cou rivalisent d’esprit et d’audace dans ce long-métrage d’animation qui ravira autant les fans de la série légendaire, les amoureux des romans de Maurice Leblanc que les nouveaux venus de 7 à 77 ans ! (d’après Cécile Mury, Télérama)
Le Luc : samedi 24 16h, dimanche 25 14h

 

MICHEL-ANGE

(Il Peccato)
Andreï KONCHALOVSKY - Italie 2019 2h14 VOSTF - avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudiello, Orso Maria Guerrini.

Scénario d’Elena Kiseleva et Andreï Konchalovsky.
MICHEL-ANGECe n’est pas un film sur fond de renaissance que nous offre Andreï Konchalovsky, c’est la Renaissance elle-même, avec sa texture, son univers sensoriel, sonore, sans apparats superflus. Il tord le cou à tous les clichés à grand renfort de recherches, de conseils pris auprès d’historiens, de spécialistes de la période. C’est un travail de clan, de troupe à l’unisson, de petites mains virtuoses et invisibles, que Konchalovsky orchestre pour aboutir à un résultat aussi vrai que nature. On nous dirait que chausses, pourpoints, perruques […] sont d’époque, on y croirait aveuglément ! On n’imagine pas une seconde que rues, galeries, tavernes… aient été recréées pour les besoins d’un seul film… jusqu’au port de Carrare et à la Chapelle Sixtine qui ont été reproduits par une trentaine de maîtres artisans sculpteurs, charpentiers, peintres et plâtriers. Il y a comme une forme d’humilité orgueilleuse qui se tapit à l’arrière-plan pour s’effacer derrière l’essentiel, le sujet. Tout comme la rugosité du marbre s’est estompée au fil du temps derrière David, La Pietà, L’Esclave mourant… sculptures criantes d’humanité. Qui, en les admirant, se représente les solides paluches du sculpteur, ses colères insensées, sa truculence, son anxiété fébrile ? Et c’est tout cela que le réalisateur nous restitue, la substance d’un homme, son charisme, sa folie magnifique qui transcende ses parts d’ombre. On sort de l’expérience avec l’impression d’avoir été brinquebalés sur les routes caillouteuses de l’Italie de l’époque, entre Rome et ses provinces, d’avoir goûté à la poussière d’une carrière, d’avoir croisé l’insondable Michel-Ange, au moins une fois dans notre vie, jusqu’à pouvoir décrire l’odeur de l’homme, raconter sa peau burinée, ses regards taiseux, ses terribles tempêtes…
Nous voilà rendus au début du xvie siècle. La Florence d’alors est belle et terrible, tendre et violente. Michelangeo Buonarroti est déjà ce maître incontesté, et donc jalousé, qui attire les convoitises des puissants. Les mécènes capables d’engager des sommes importantes pour produire des œuvres imposantes ne sont pas si nombreux. Les artistes d’alors se les disputent, prêts à quelques bassesses pour récupérer les faveurs d’un clan qui les entretiendra à l’année et couvrira leurs frais. Enjeu d’autant plus important pour ceux qui sculptent, dont le matériau coûte cher à extraire, à transporter, à apprivoiser. Et c’est peut-être là le premier génie de Michel-Ange : comprendre la roche, ses veines, ses pulsations… Dévoiler ce que recèle la matière… Issu du milieu des artisans, il est du genre brut de décoffrage : il ne fait pas salon, inapte à se pomponner, à se parer de rubans, bien incapable d’une once de diplomatie. Pas plus capable de respecter les délais impartis, tant il est obnubilé par la poursuite d’un idéal divin inaccessible aux simples mortels. Rien n’est jamais assez parfait pour lui sembler achevé. Pourtant les puissants semblent prêts à tout lui pardonner, même sa crasse et ses ardeurs délirantes, son incapacité à gérer un budget. Étonnant de le découvrir sans le rond, constamment au seuil de la mendicité, celui dont l’œuvre n’a pourtant pas de prix. Cela l’amènera à bafouer ses engagements avec ses protecteurs historiques, la famille Della Rovere, pour céder aux injonctions de la famille De Medicis… Voilà notre homme tiraillé entre deux commanditaires, torturé par sa conscience, sa force vitale indomptable, ses hallucinations mystiques, ses ambiguïtés jalouses, dans un monde où la compassion n’a guère sa place…

C’est beau, puissant, d’une modernité folle… Fruit d’une rencontre platonique entre deux êtres inclassables, un réalisateur ancré dans notre époque et un Michel-Ange anguleux, à la fois minéral et organique, tout aussi indomptable qu’indémodable (Utopia)
Vox Fréjus : mercredi 21 13h30, 20h, jeudi 22 15h, 20h, vendredi 23, dimanche 25 15h30, 18h, samedi 24 15h30, 20h30, lundi 26 15h, 20h, mardi 27 14h, 18h



 

CHIEN POURRI, LA VIE À PARIS

Programme de 5 courts films réalisés par Davy DURAND, avec la participation de PATAR et AUBIER - film d'animation France / Belgique 2019 1h - D’après les romans de Colas Gutman et Marc Boutavant. Pour les enfants à partir de 4 ans.
CHIEN POURRI, LA VIE À PARISGrande nouvelle pour nos jeunes spectateurs – et pour leurs parents, dont on sait pertinemment qu’ils se régalent des bouquins en prétendant faire la lecture à leurs petiots : l’inénarrable Chien pourri débarque au cinéma ! Né en 2009 de l’imagination débordante de l’écrivain Colas Gutman, ce chien des rues parisien généreux et candide a d’abord dû se contenter d’un second rôle dans un premier ouvrage avant de devenir à partir de 2013 la vedette à part entière de 13 romans écrits par Gutman et merveilleusement illustrés par Marc Boutavant. Treize pépites d’humour décalé et potache, d’observation tendre et amusée des travers de notre société, publiées par l’excellente maison d’édition L’École des loisirs. C’est donc un événement de découvrir cet univers chaleureux et hyper inventif adapté pour le grand écran (et le petit aussi sous la forme d’une série).

Il était donc une fois un chien parisien, naïf et passionné, appelé Chien Pourri. Persuadé que tous ceux qui l’entourent sont ses amis, il ne se méfie jamais des autres et prend tout au pied de la lettre. Il n’en est que plus drôle et attachant. Avec Chaplapla, son fidèle compagnon de gouttière, Chien Pourri arpente les rues de Paris la truffe au vent. Peu importe les catastrophes qu’il provoque, Chien Pourri retombe toujours sur ses pattes, tant et si bien que les autres chiens commencent à trouver ça louche ! (Utopia)
Vox Fréjus : mercredi 21, vendredi 23, samedi 24, dimanche 25 et mardi 27 14h, jeudi 22 15h et 16h30,  lundi 26 15h



 
 
JOSEP
Réalisé par AUREL - film d'animation France / Espagne 2020 1h20mn VOSTF - avec les voix de Sergi Lopez, Gérard Hernandez, Bruno Solo, François Morel, Valérie Lemercier, Sophia Aram... Scénario de Jean-Louis Milesi.
TRÈS REMARQUABLE FILM D’ANIMATION RÉSOLUMENT POUR ADULTES.
En quelques années, Aurel est devenu un dessinateur incontournable. Cela n’aura pas échappé aux lecteurs du Canard Enchaîné, du Monde (Diplomatique ou pas), de Politis… ni aux passionnés de BD. Le sujet de son premier et splendide long-métrage, plus encore qu’un récit historique, est un vibrant hommage et la rencontre en filigrane avec un autre dessinateur : Josep Bartoli. Mais aussi la rencontre véritable d’un petit-fils avec son grand-père : un gendarme tellement représentatif de ces héros ordinaires restés dans l’ombre de la Grande Histoire, celle qu’écrivent les vainqueurs dans des manuels qui ont fâcheusement tendance à oublier ou minimiser ses parties honteuses ou peu glorieuses. Quand on parle de la période 39/45, on évoque rarement La Retirada, et pourtant : elle parvint jusque sur nos plages et dans nos campagnes, où l’on parqua dans des camps qu’on peut dire de concentration les résistants républicains espagnols venus chercher refuge chez nous…
Février 1939. Des hommes marchent dans la neige, seuls ou en petites bandes, émaciés, affamés, parfois blessés. La traversée des Pyrénées est rude en plein hiver. Pas un seul oiseau ne chante dans les arbres secs et creux… Ils seront des centaines, ils seront des milliers à marcher ainsi jusqu’en France. Là où ils croyaient trouver un havre pour reprendre des forces, ils ne trouveront que désolation. Parmi eux, un bel homme au regard expressif et au nez aquilin. Il s’appelle Josep Bartolí et ne rêve que de rejoindre Maria, son épouse, qui porte son enfant. Comment ce dessinateur de presse de renom, ce résistant de la première heure, aurait-il pu imaginer qu’après avoir combattu et fui le franquisme, serait parqué à Argelès-sur-mer, insulté et traité comme un malfrat ? Aveuglément les gardiens de camp suivent la tendance du moment, reléguant leur cerveau au vestiaire, se laissant aller à leurs plus bas instincts, cédant à cet effet de bande qui peut rendre très con le plus pondéré des bonshommes. Pourtant une nouvelle recrue fera modestement un pas de côté. Il faut un vrai courage pour sortir du rang, ne pas céder au conformisme ambiant, au courant de pensée dominant. Un courage qu’on n’aurait pas su déceler sur la bouille joviale de notre bon gendarme consciencieux, un courage que lui-même ne revendiquera jamais. Progressivement, malgré son respect des règles et des ordres, il éprouve un respect admiratif, solidaire pour ces détenus supposés être la lie de l’humanité. En particulier pour Josep… C’est ainsi qu’une amitié mutuelle va naître entre les deux hommes, mettant à mal les conceptions simplistes du sens du devoir. Obéir pour honorer sa fonction, certes, mais que faire quand cela va à l’encontre de ce pourquoi on s’est engagé ? Comme, par exemple, la défense de la veuve et de l’orphelin, ou les valeurs de la république ? Découvrir que ces « rouges » contre lesquels se déchaîne la France de Daladier sont en fait de véritables justes, des humains avant tout, va être un sacré choc…
L’utilisation des couleurs est subtile et mouvante : réduites à la portion congrue – comme la ration des prisonniers – lors des séquences dans les camps, elles se font exubérantes lors de la rencontre avec Frida Kahlo… Tout une symbolique, tout un langage, qui s’émancipe des mots, les sublime, dans le souci de ne pas se substituer à Josep, de ne surtout pas le trahir…
Pour aborder ce vaste sujet, on passe par la tête d’un adolescent contemporain, aimant les tags et le rap, un peu saoulé à l’idée de venir visiter son grand-père, ancien gendarme. Il ne sait pas encore à quel point il va être passionné par ce que son aïeul va lui raconter. Avant que s’anime à l’écran ce magnifique Josep, le spectateur est un peu comme cet ado : il ne sait pas encore… (Utopia)

Vox Fréjus : mercredi 21 16h20, 18h15, jeudi 22 17h45, vendredi 23 14h, samedi 24 16h20, dimanche 25 16h15 lundi 2616h25, mardi 27 14h, 16h40

Cotignac : dimanche 25 18h
 
 

LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT

Écrit et réalisé par Emmanuel MOURET - France 2020 2h02mn - avec Camélia Jordana, Niels Schneider, Emilie Dequenne, Vincent Macaigne, Jenna Thiam, Guillaume Gouix.
 
 
« Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. Comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. » (Roland Barthes, Fragments du discours amoureux)
Dans la filmographie d’Emmanuel Mouret, il y aura incontestablement un avant et un après Mademoiselle de Joncquières. D’abord parce que ce film aura donné au réalisateur une belle notoriété par son succès public et critique, mais surtout parce qu’il semble avoir agi comme un puissant activateur de son cinéma, révélant le meilleur de son talent, affirmant sa maîtrise de la mise en scène, offrant un solide écrin pour son écriture, si particulière, si littéraire.
Qui l’a suivi depuis ses premiers films  pourra incontestablement mesurer le chemin parcouru et se rendre à l’évidence qu’il fait aujourd’hui partie des grands peintres/cinéastes du sentiment amoureux. Qui demeure, pris sous toutes ses formes et à travers toutes ses lumières, une inépuisable source d’inspiration. Et quand il s’exprime à travers le regard espiègle et kaléidoscopique d’Emmanuel Mouret, c’est une fois encore un ravissement. Parce qu’il faut bien l’admettre : quand le texte est beau, minutieusement travaillé, sans pour autant sonner faux, ou creux, ou pédant, c’est du miel pour nos oreilles. Qui entraînent nos yeux dans la danse. Et de miel, en ce moment, on en a bien besoin.
Mademoiselle de Joncquières nous montrait des personnages éminemment modernes bien qu’en costumes du xviiie siècle, Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait raconte des couples d’aujourd’hui qui n’auraient pas déparé dans les salons éclairés à la bougie d’un siècle révolu. Ils possèdent tous un art de se raconter, une affinité singulière pour penser et décrire ce qu’ils ressentent qui semblent venus d’une autre époque. Une époque où l’art de la conversation n’avait pas abandonné le terrain au tout numérique, une époque où l’on tendait vraiment l’oreille à ces fragments d’un discours peut-être déjà, ou pas tout à fait encore, « amoureux ».
Comme souvent, le cinéaste a pris le parti non pas d’une seule narration, mais d’un entrelacement de récits qui se choquent, se croisent, s’interrogent et s’interpellent, comme une poupée russe révélerait ses multiples secrets.
Daphné, enceinte de quelques mois, est en vacances avec François, amoureux d’il y a peu. Contraint de s’absenter quelques jours pour son travail, François la laisse seule accueillir Maxime, son cousin qu’elle n’a jamais vu… Un garçon tout ce qu’il y a de plus charmant, délicieusement timide, et quelque peu impressionné par la sémillante future mère.
Chacun se livre alors et les histoires se déroulent. Comment Maxime est tombé amoureux de Victoire qui a craqué pour son meilleur ami Gaspard… Comment Daphné, éperdue secrètement d’un réalisateur charismatique, est tombée sous le charme de François, un homme marié… Et comment Louise, épouse bafouée, a fièrement réécrit l’histoire de sa propre trahison.
Au son délicieux d’une Valse d’Adieu de Chopin, d’une Arabesque de Debussy ou d’une Sonate de Hayden, on en saura bien plus encore… Ce que chacun a dit sans le faire, ce que chacune a fait sans oser le dire… Tous les personnages, sentimentaux, cruels, lâches ou flamboyants, sont animés d’un même élan amoureux et pour cela, on leur pardonnera tout.(Utopia)

« Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, ce titre évoque pour moi l’un des grands plaisirs du cinéma, celui qui consiste à confronter un personnage à ses paroles : fera-t-il ce qu’il a dit ? Est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Le suspense au cinéma peut aussi être créé par la parole et c’est au spectateur de s’amuser à mesurer l’écart entre celle-ci et les actions qui suivront. » (Emmanuel Mouret)
Fréjus Vox : vendredi 23 16h, lundi 26 17h20


 

ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES

Écrit et réalisé par Caroline VIGNAL - France 2020 1h35mn - avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Marc Fraize, Jean-Pierre Martins...
 
  « Une nuit je m’endors avec lui / Mais je sais qu’on nous l’interdit / Et je sens la fièvre qui me mord / Sans que j’aie l’ombre d’un remords / Et l’aurore m’apporte le sommeil / Je ne veux pas qu’arrive le soleil / Quand je prends sa tête entre mes mains / Je vous jure que j’ai du chagrin… » (Véronique Sanson, Amoureuse)

Là vous vous dites que le chroniqueur d’Utopia, ce boomer vieillissant, profite des trois colonnes qui lui sont imparties dans la gazette pour recycler une vieille chanson de 1976 qui a dû bercer sa prime jeunesse… Eh bien non, chère lectrice, cher lecteur, ravale tes sarcasmes, cette chanson d’amour iconique des années 70 est le prétexte d’une des scènes d’introduction les plus étrangement drôles vues dans une comédie française depuis bien longtemps. Car c’est cette chanson qu’Antoinette, pétulante institutrice quadragénaire, a décidé de faire chanter à sa classe de CM pour la fête de fin d’année de l’école. Un choix pour le moins décalé, voire totalement incongru, autant que la robe en lamé de l’enseignante, totalement habitée par les paroles de Véronique Sanson. On comprend mieux quand, un moment plus tard, Antoinette est rejointe en catimini par Vladimir, le père d’une de ces élèves, avec qui elle entretient de toute évidence une relation aussi adultérine que passionnée : c’est à lui qu’Amoureuse était adressée…

Antoinette jubile à l’idée d’une semaine de vacances en amoureux promise par son amant. Sauf que l’épouse de Vladimir a prévu une surprise qui contrecarre tous leurs plans : une randonnée familiale dans les Cévennes, sur les traces de Stevenson et de son fameux journal de voyage. Antoinette encaisse le coup mais ne fait pas de scène, Vladimir pense s’en être tiré à bon compte, sans tapage. Mais en fait l’amante déçue décide de ne pas lâcher l’affaire et de s’élancer sur les traces cévenoles de son chéri !
C’est en parfaite Parisienne absolument pas préparée qu’Antoinette débarque dans les Cévennes et se confronte à ce monde étrange de randonneurs chevronnés, rompus aux rituels de la marche au long cours. Pour sa part elle a choisi l’option « avec âne » et se retrouve flanquée d’un quadrupède bâté répondant (si l’on ose dire) au nom de Patrick qui, comme tous ses congénères insoumis de nature, ne chemine que lorsqu’il le veut bien.

Au-delà des gags cocasses liés à l’inadaptation totale d’Antoinette à la randonnée, au-delà de sa relation compliquée avec Patrick, au-delà de la situation vaudevillesque de la maîtresse malheureuse qui va finir par croiser la petite famille de son amant, au-delà du charme bien réel de la balade, le film s’avère beaucoup plus profond et délicat qu’une simple comédie décalée. Car au long des sentiers, au fil des paysages qui changent insensiblement à la vitesse du pas laissant toute sa place à la méditation, à mesure que les rencontres impromptues s’enchaînent, Antoinette se reconstruit, redéfinit son rapport à la vie, aux hommes. Et le film prend des accents aussi touchants que poétiques, aussi mélancoliques que burlesques.
On ne saurait conclure sans dire tout ce que le film doit à son actrice principale, la formidable Laure Calamy, qui trouve ici le grand rôle qui la met définitivement en lumière. Laure Calamy, c’est le mélange quasi unique dans le cinéma français d’un potentiel comique ravageur, d’une sensualité solaire digne des actrices italiennes de la dolce vita et d’un talent exceptionnel pour décliner toute la gamme des sentiments. Elle est irrésistible, et le film avec elle. (Utopia) 
 
Vox Fréjus : mercredi 21 14h, 20h30, jeudi 22 17h55, vendredi 23 et samedi 24 20h45, dimanche 25 14h, 20h45, lundi 26 18h10, mardi 27 20h45

LES APPARENCES

Écrit et réalisé par Marc FITOUSSI - France 2020 1h50mn - avec Karin Viard, Benjamin Biolay, Pascale Arbillot, Evelyne Buyle, Laetitia Dosch... Librement adapté du roman Trahie, de Karin Alvtegen.
 
Trompeuses, flatteuses, pernicieuses, elles font et défont les gloires et les réputations, elles importent tant mais valent finalement peu : les apparences…
Dans ce film âpre et parfaitement mené, Claude Chabrol est implicitement convié à la valse (viennoise), lui qui était passé maître dans la peinture cinglante et souvent très noire de ces milieux de bourgeoisie provinciale où le vernis cachait les desseins les plus vils, où les pires vacheries se faisaient avec de grands sourires et où, surtout, il fallait à tout prix et quoi qu’il en coûte les sauver, ces belles apparences.
Mais les temps ont changé et, mondialisation oblige, on a élargi le cercle du jeu de massacre : c’est au niveau européen que la partie se joue. A Vienne, les « expats », comme ils s’appellent entre eux, forment une petite communauté bien à part. On se reçoit chez les uns, puis chez les autres, on se retrouve dans les mêmes endroits chics, on va aux mêmes spectacles et l’on se sourit poliment devant la même grille de la mission française où l’on a inscrit, en toute évidence, sa progéniture. Une vie qui s’écoule au gré des mutations et où les seules grandes préoccupations de l’existence semblent être de trouver le bon plan pour dénicher la meilleure baguette de la ville, ou la meilleure recommandation pour récupérer la perle rare qui saura parfaitement découper et servir le saumon lors de la prochaine réception mondaine… Dans ce microcosme, les femmes ont un statut bien défini. Souvent simples épouses qui ont suivi la mutation de monsieur, elles assurent fièrement l’intendance, la gestion des relations, la déco de l’appartement de fonction, la scolarité des enfants et permettent au vernis social d’être impeccable et brillant en toutes circonstances. En France, elles seraient considérées comme de banales femmes au foyer, ici à Vienne, elles sont des privilégiées.

Eve semble évoluer avec la plus grande aisance dans ce bain bourgeois. Il faut dire qu’elle a une place de choix, en sa qualité d’épouse du célèbre chef d’orchestre Henri Montlibert, venu pour quelques saisons diriger le prestigieux orchestre symphonique de la ville. Au-delà de son rang, elle jouit d’un éclat supplémentaire, celui d’être associée à l’art, le noble, le grand, celui qui se hisse au-dessus de la plèbe. D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait un hasard si Eve occupe aussi les fonctions de directrice de la bibliothèque française, histoire de bien cocher aussi la case « expat cultivée ».
Eve s’appelle en réalité Evelyne et à l’entendre converser de manière agacée avec sa maman, on sent bien qu’elle prend ici une revanche sur sa classe sociale d’origine, bien plus modeste que celle de ses amies, et qu’elle met du cœur et de l’énergie à se glisser dans la peau et le brushing de l’épouse bourgeoise modèle. Peine perdue pourtant… puisqu’elle découvre la plus que probable infidélité de son mari…
Le jeu des apparences s’exacerbe alors et il est terrifiant… Ce qu’elle va dire, ce qu’elle va manigancer, ce qu’elle va imaginer pour conserver son aura, sa réputation, pour garder la face et ne perdre aucune miette de tout ce qu’elle a acquis… tout ce déploiement de coups tordus va la mener sur un terrain aussi périlleux que boueux.
Mécanique et comédiens impeccables, seconds rôles brillants et un scénario mené parfois aux limites de la caricature (mais c’est volontaire), voilà un divertissement diablement efficace sur fond de thriller amoureux.  (Utopia)
  Fréjus Vox : samedi 24 18h15, dimanche 25 14h,lundi 26 17h45, mardi 27 20h45
Cotignac : lundi 26 20h30
 
Pour ceux qui voudraient adhérer juste pour cette fin d'année 2020, envoyez le coupon ci-dessous à :
Victor THERY
535, route du Flayosquet
83780 Flayosc

accompagné d'un chèque de 5 pour l'adhésion ordinaire valable du 21/10 /2020 au 31/12/2020 à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse  
Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera  droit au tarif de 4,90 € d'entrée au cinéma, uniquement pour les films Entretoiles,, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.  
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