Au(x) cinéma(s) du 21 au 27 septembre

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Bonjour à tous !

CGR vous propose  le dernier film de Xavier Dolan Juste La Fin Du Monde , Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2016, mais aussi Un petit boulot de Pascal Chaumeil,(aussi au Luc) un "polar acide et plaisant", et Comancheria, de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des années..." (et au Vox pour la VO...) En formule "cinéclub", c'est le film Florence Foster Jenkins, de Stephen Fears, une comédie joyeuse. Et Colibris vous propose Nouveau Monde, pour réfléchir à un nouveau monde possible en présence du réalisateur.

Au Vox, le dernier film de François Ozon, Frantz, un très beau film romanesque (aussi à Cotignac), Le Fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant. Mais aussi, voici le retour de notre lanceur d'alerte qu'est Michael Moore avec Where To Invade Next où il nous propose de découvrir les vertus du "nous", au lieu de l'obsession du "soi"... Rester Vertical de Alain Guiraudie, un thriller érotique mais pas que.... et l’inénarrable Toni Erdman de Maren Ade (aussi  à Lorgues, Salernes et Cotignac) Et aussi, pour les enfants, le film d'animation Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur, qui aborde très joliment la question des droits de l'enfant.

Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez  vite à Salernes : c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse. A Salernes aussi L'Économie du couple, un film magnifique de Joachim Lafosse. Enfin à Lorgues, Le Professeur de Violon nous plonge dans le monde de la musique à São Paulo.
Vous pouvez déjà noter dans vos agendas notre prochaine proposition Entretoiles au Bucéphale le mercredi 5 octobre à 20h, avec le film italien Comme le vent de Marco Simon Puccioni, l'histoire d'une femme ... libre comme le vent !

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 21 AU 27 SEPTEMBRE 2016

Affiche
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Florence Foster Jenkins
Réalisé par Stephen FREARS
Angleterre 2016 1h50 VOSTF
avec Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg, John Cavanagh, Rebecca Ferguson, Nina Arianda...
Le film de Stephen Frears est un portrait fidèle de la chanteuse soprano américaine, célèbre dans le monde entier… pour son manque total de rythme, sa prononciation aberrante et d’une manière générale son incapacité à chanter juste ou à tenir une note ! En dépit d’une éducation musicale complète comme la grande bourgeoisie américaine savait la prodiguer à la fin du 19e siècle, et malgré un intérêt frisant l’addiction pour la musique avec laquelle elle vivait presque nuit et jour, il faut bien le dire tout net : Florence chantait comme une casserole... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 18h, jeudi 22 à 13h45, vendredi 23 à 15h45, samedi 24 à 17h45, dimanche 25 à 20h, lundi 26 à 19h45 et mardi 27 à 11h
Lorgues : mercredi 21 et dimanche 25 à 19h
Affiche
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Nouveau Monde
Réalisé par Yann Richet
Documentaire France 2016 0h52mn
Planète globalisée, crise existentielle, fin du monde annoncée... Et si le modèle collaboratif était la solution ? Alors que notre système repose sur le principe consommation / croissance et que les prophéties de fin du monde battent leur plein, j'ai décidé de réaliser un film documentaire qui me mènera de Lille à Cuzco sur des hommes qui œuvrent pour changer les choses. Quoi de mieux qu'un financement collaboratif pour un film dont c'est le sujet ? Notre système économique est fondé sur une croissance infinie, l'exploitation des ressources de la planète et cette logique génère frustration, pauvreté, fragilisation de l’écosystème.
De nouveaux modèles de développement sont à inventer.
Ces crises économiques et écologiques amènent la société civile à réfléchir et à faire des propositions pour un changement nécessaire d'organisation...
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CGR (Draguignan) : une séance unique proposée par Colibris. Film présenté par le réalisateur. Vendredi 23 à 20h
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 21, lundi 26, mardi 27 à 14h, 16h, 18h, 20h15, 22h15 - jeudi 22, samedi 24, dimanche 25 à 14h, 16h, 18h, 20h, 22h - vendredi 23 à 14h, 16h, 17h45, 20h, 22h
Affiche
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Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison
C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 20h15, jeudi 22, vendredi 23 et dimanche 25 à 18h - samedi 24, lundi 26, mardi 27 à 18h et 20h
Le Luc : mercredi 21 à 18h30, jeudi 22 à 20h et samedi 24 à 20h30
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 22, samedi 24, dimanche 25 à 11h et 22h - jeudi 22 et vendredi 23 à 11h et 16h - lundi 26 et mardi 27 à 11h, 16h, 22h
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 21 à 18h30, jeudi 22, samedi 24 et dimanche 25 à 20h45 - vendredi 23 à 16h20 - mardi 27 à 17h30
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 17h05, jeudi 22 à 14h, vendredi 23 à 14h et 18h, samedi 24 à 16h et 20h45, dimanche 25 à 14h et 16h15, lundi 26 à 18h et mardi 27 à 16h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...
L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.
.. lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 14h, 15h40 et 20h45, jeudi 22 à 14h, 16h, 18h15 et 20h45, vendredi 23 et mardi 27 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45, samedi 24 à 16h, 18h15 et 20h45, dimanche 25 à 15h40, 18h15 et 20h45, lundi 26 à 15h, 18h et 20h45
Cotignac : vendredi 23 à 20h30
Affiche
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Where To Invade Next
Écrit et réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.
Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière. Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 21, jeudi 22 et mardi 27 à 14h et 20h45, vendredi 23 à 14h et 18h20, samedi 24 et dimanche 25 à 16h et 20h45
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Rester Vertical
Écrit et réalisé par Alain GUIRAUDIE
France 2016 1h40
avec Damien Bonnard, India Hair, Raphaël Thiéry, Christian Bouillette, Laure Calamy, Basile Meilleurat, Sébastien Novac...
Photo magnifique dirigée par Claire Mathon
Alain Guiraudie ne se repose pas sur les lauriers de son Inconnu du lac. Confirmant qu'il est bien l'un des cinéastes français les plus créatifs et les plus originaux de l'époque, Guiraudie livre un film libre comme le vent. Rester vertical, son cinquième long métrage, n'a peut-être pas l'efficacité irrésistible du précédent, mais, conformément à son titre, c'est du cinéma debout : pas question pour Guiraudie de se reposer sur une recette (le thriller érotique) qui lui a réussi. Aucune concession aux normes et aux standards, qu'il s'agisse de l'histoire, de la mise en scène, des acteurs ou de la pensée. Tout bouge tout le temps, dans ce suspense existentiel sur fond de Lozère... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 16h20 et 18h30, jeudi 22 et dimanche 25 à 18h30, vendredi 23 à 15h55, samedi 24 à 15h40, lundi 26 à 20h et mardi 27 à 18h30
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Toni Erdmann
Écrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...
Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.
La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques.
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Le Vox (Fréjus) : jedui 22 à 17h15, samedi 24 à 17h40 et mardi 27 à 20h
Lorgues : jeudi 22 à 20h et samedi 24 à 18h
Salernes : vendredi 22 et samedi 24 à 20h30
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Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Réalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF
Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants. Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 21, samedi 24 et dimanche 25 à 14h
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Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio Machado
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...
Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes... lire la suite
Lorgues : mercredi 21 à 17h et lundi 26 à 21h
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L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen
« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout. Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich.
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Salernes : mercredi 21 à 20h30, jeudi 22 à 18h et mardi 27 à 20h30
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
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Salernes : mercredi 21 et vendredi 23 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Florence Foster Jenkins
Réalisé par Stephen FREARS
Angleterre 2016 1h50 VOSTF
avec Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg, John Cavanagh, Rebecca Ferguson, Nina Arianda...

Pour apprécier à sa juste valeur le nouveau film de Stephen Frears, il faudra en oublier un autre, celui de Xavier Giannoli. Oublier Marguerite… enfin, pas vraiment l'oublier complètement… mais plutôt accepter de se laisser raconter sensiblement la même histoire d’une tout autre manière. Il est sans doute dommage que quelques mois seulement séparent les deux opus, mais il serait encore plus dommage de vous priver de l’interprétation émouvante et grandiose de Meryl Streep dans le rôle de Florence Foster Jenkins.

Le paragraphe précédent ne concerne évidemment pas celles et ceux qui n'ont pas vu Marguerite avec l'également superbe Catherine Frot, et qui découvriront donc Florence Foster Jenkins avec des yeux et des oreilles tout neufs.

Le film de Stephen Frears est un portrait fidèle de la chanteuse soprano américaine, célèbre dans le monde entier… pour son manque total de rythme, sa prononciation aberrante et d’une manière générale son incapacité à chanter juste ou à tenir une note ! En dépit d’une éducation musicale complète comme la grande bourgeoisie américaine savait la prodiguer à la fin du 19e siècle, et malgré un intérêt frisant l’addiction pour la musique avec laquelle elle vivait presque nuit et jour, il faut bien le dire tout net : Florence chantait comme une casserole.
Le film ne s’attache qu’aux derniers mois de son existence : Florence est déjà la fameuse fondatrice et bienfaitrice du Club Verdi, qu’elle finance généreusement. Elle aime par dessus tout organiser des récitals dont le clou est l’arrivée spectaculaire sur scène de sa propre personne dans des tenues extravagantes – traduisez : la plupart du temps totalement ridicules – dont la chronique raconte qu’elle les dessinait et confectionnait elle-même. Mais Florence est aussi une vieille dame à la santé sur le déclin qui tente par tous les moyens de se rattacher au sel de sa vie : la musique. Son dernier rêve, sa dernière folie : se produire sur la glorieuse scène du Carnegie Hall de New-York.
La beauté du personnage, ce qui en fait un être bouleversant de candeur et de fragilité, c’est que jamais Florence n’a failli dans la foi qu’elle portait en son talent de soprano. Était-ce son rêve d’enfant qu’elle ne voulut jamais lâcher, même à soixante-dix ans passés, ou bien une manière de côtoyer au plus près des étoiles les âmes des plus grands compositeurs ?

Sous la direction alerte d'un Stephen Frears très en forme, Florence Foster Jenkins avance au rythme joyeux de la comédie, enlevée par une Meryl Streep magnifique et touchante, qui se garde de tout cabotinage, entourée d'une kyrielle de personnages secondaires tous plus attachants les uns que les autres : le mari dévoué corps et âme menant double vie, le pianiste tiraillé entre la peur du ridicule et la soif de reconnaissance, et quelques personnages à la zazou, hauts en couleurs, qui annoncent la fin d’une époque, celle de Florence, et l’avènement d’une autre, dont la bande son fera une grande place au jazz.

Florence Foster Jenkins, le film qui chante faux mais qui touche juste ! (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 18h, jeudi 22 à 13h45, vendredi 23 à 15h45, samedi 24 à 17h45, dimanche 25 à 20h, lundi 26 à 19h45 et mardi 27 à 11h
Lorgues : mercredi 21 et dimanche 25 à 19h



Nouveau Monde
Réalisé par Yann Richet
Documentaire France 2016 0h52mn

Planète globalisée, crise existentielle, fin du monde annoncée... Et si le modèle collaboratif était la solution ? Alors que notre système repose sur le principe consommation / croissance et que les prophéties de fin du monde battent leur plein, j'ai décidé de réaliser un film documentaire qui me mènera de Lille à Cuzco sur des hommes qui œuvrent pour changer les choses. Quoi de mieux qu'un financement collaboratif pour un film dont c'est le sujet ?

Notre système économique est fondé sur une croissance infinie, l'exploitation des ressources de la planète et cette logique génère frustration, pauvreté, fragilisation de l’écosystème.

De nouveaux modèles de développement sont à inventer.

Ces crises économiques et écologiques amènent la société civile à réfléchir et à faire des propositions pour un changement nécessaire d'organisation.

De la théorie à la pratique :Montrer  la réalisation de ces actions, à leur différentes échelles, globale et locale, permettra de mettre en perspectives différentes approches pour un Nouveau Monde. Pourra-t-on faire évoluer la condition humaine, basée sur l’individualisme et le consumérisme, vers un développement harmonieux avec son environnement ?

Ce film aura la forme d’un road movie numérique sur la toile, et d’une enquête personnelle sur fond de musique électronique composée par Franck de Villeneuve.


CGR (Draguignan) : une séance unique proposée par Colibris. Film présenté par le réalisateur. Vendredi 23 à 20h


Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)


CGR (Draguignan) :  mercredi 21, lundi 26, mardi 27 à 14h, 16h, 18h, 20h15, 22h15 - jeudi 22, samedi 24, dimanche 25 à 14h, 16h, 18h, 20h, 22h - vendredi 23 à 14h, 16h, 17h45, 20h, 22h

Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison

C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. La tradition dans le genre est plutôt anglo-saxonne (le scénario est d'ailleurs adapté d'un roman de l'américain d'origine écossaise Iain Levison) ou belge. Ou alors il faut remonter aux polars parodiques et anars des années soixante, dont les plus réussis étaients souvent dialogués par Michel Audiard.
Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service.

Dans ces conditions, difficile de refuser un petit boulot, surtout quand il peut vous rapporter près vingt mille euros en une journée. À ce tarif, inutile de vous dire que ce n'est pas n'importe quel petit boulot : Gardot, le bookmaker-mafieux local demande à Jacques de tuer sa femme adultère. Il lui fait sa proposition dans une scène aux dialogues savoureux : « Pourquoi tu me demandes ça à moi ? — Parce que tu es un ami » répond Gardot. D'ailleurs l'humour noir et très efficace du film réside essentiellement dans ce personnage de Gardot, un truand à l'ancienne, capable de buter son homme de main sur un simple soupçon, mais aussi de s'inquiéter de tous ses amis et de se montrer affable, avec un air débonnaire de bon bourgeois affublé de petits chiens ridicules. Un rôle savoureux que le scénariste-dialoguiste Michel Blanc a mitonné aux petits oignons pour Michel Blanc l'excellent acteur. Romain Duris, qui se bonifie comme un vieil Armagnac, lui donne parfaitement la réplique dans le rôle de l'ouvrier bon gars qui se laisse embarquer par nécessité dans une spirale meurtrière. Parce que c'est bien connu : quand on a tué une fois, on peut remettre ça plus facilement. Et tant mieux si ça permet de se débarrasser du cadre sadique (savoureusement incarné par Alex Lutz) envoyé par la compagnie pétrolière pour chercher des poux dans la tête de son ami Tom !

Au fil d'un scénario qui dit plein de choses sans en avoir l'air, Pascal Chaumeil livre un polar acide qu'on suit avec plaisir au premier degré sans jamais oublier l'arrière plan bien présent : les ravages du capitalisme sauvage face auxquels l'ouvrier floué pourrait être tenté de réagir en sortant le calibre (la présence de Gustave Kervern aidant, on pense évidemment au bien aimé Louise-Michel de lui-même et Benoît Delépine, à voir ou revoir en Vidéo en Poche)…


CGR (Draguignan) : mercredi 21 à 20h15, jeudi 22, vendredi 23 et dimanche 25 à 18h - samedi 24, lundi 26, mardi 27 à 18h et 20h
Le Luc : mercredi 21 à 18h30, jeudi 22 à 20h et samedi 24 à 20h30


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 22, samedi 24, dimanche 25 à 11h et 22h - jeudi 22 et vendredi 23 à 11h et 16h - lundi 26 et mardi 27 à 11h, 16h, 22h
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 21 à 18h30, jeudi 22, samedi 24 et dimanche 25 à 20h45 - vendredi 23 à 16h20 - mardi 27 à 17h30


Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 17h05, jeudi 22 à 14h, vendredi 23 à 14h et 18h, samedi 24 à 16h et 20h45, dimanche 25 à 14h et 16h15, lundi 26 à 18h et mardi 27 à 16h30


Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...

L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.

Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l'absence, jusqu'à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d'Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d'Adrien n'est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ?
François Ozon a été inspiré par la pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite au lendemain de la Guerre, quand la France voulait croire en une paix et une réconciliation possibles… Cette pièce avait déjà inspiré Ernst Lubistsch pour l'un de ses films les plus méconnus, Broken Lullaby (1932). Dans les deux cas, c'est le jeune Français qui était le personnage central, par qui le lecteur / spectateur suivait le déroulement du récit. Ozon, grand dramaturge des femmes, a fait de la jeune Anna le cœur de son film : magnifique personnage (incarné par une actrice tout aussi magnifique : Paula Beer) à la fois passionné et rigoureux, en proie aux plus grands tourments avant de trouver une juste voie. Face aux traumatismes de la guerre, qui ont laissé les hommes comme des enfants peureux, c'est bien la femme qui domine la situation…

Tourné majoritairement dans un très beau noir et blanc qui donne une réelle authenticité à cette Allemagne se réveillant péniblement de la guerre (on pense à la saga Heimat d'Edgar Reitz, on pense aussi au Ruban blanc de Haneke), Frantz est un très beau film romanesque, qui évoque l'espoir – peut-être vain – dans la réconciliation de peuples qui se sont récemment déchirés, qui dit le tourment des âmes prises dans la fureur de l'histoire et qui peuvent se fourvoyer, se désespérer, se racheter, s'élever, se mentir… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 14h, 15h40 et 20h45, jeudi 22 à 14h, 16h, 18h15 et 20h45, vendredi 23 et mardi 27 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45, samedi 24 à 16h, 18h15 et 20h45, dimanche 25 à 15h40, 18h15 et 20h45, lundi 26 à 15h, 18h et 20h45
Cotignac : vendredi 23 à 20h30


Where To Invade Next

Réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.

Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière.

Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump.

Après une pause de 7 ans, la plus longue de son illustre carrière (Bowling For Columbine, Roger & Moi et Fahrenheit 9/11 sont ses oeuvres les plus célèbres), Moore revient aux valeurs qui sont les siennes, et prêche à nouveau sa bonne parole dans une Amérique évangélique, plus sensible aux discours religieux et de réussite personnelle que par ceux de partage et de socialisme. En 2016, l’apôtre de la classe ouvrière revient secouer l’Amérique en lui proposant l’alternative sociale qu’elle a toujours niée, et en fantasmant cette fois-ci l’importation - ce qui est un jargon opportun pour une telle économie de marché - du meilleur des démocraties étrangères. Propulsé par la mort de son père vers des rivages lointains, hors de ses frontières (en Amérique, il ne filme point), comme pour exorciser la douleur et éviter la dépression certaine, Michael Moore a donc voyagé vers des terres bien connues des Français, mais souvent dénigrées par les clichés ethnocentriques d’une Amérique peu curieuse de l’autre, convaincue de sa supériorité par l’économie, qui pourtant ne couvre qu’une minorité d’Américains, laissant à terre indigents et l’ancienne classe moyenne, annihilée avec l’avènement de la mondialisation exponentielle.

Aux clichés d’une Europe et d"une Afrique (il visite aussi la Tunisie) au bord du chaos, il a décidé d’éclaircir l’obscurantisme d’une nation, en renvoyant dos à dos le négativisme ambiant par des clichés positifs dont peut s’enorgueillir chaque nation. Non sans manipulation de discours, le metteur en scène dresse des portraits consensuels de pays qui semblent tous bâtis sur une utopie sociale qui, malheureusement, n’existe pas ou du moins qui peut paraître exagérée, mais l’intention est de proposer une contrepartie à l’Amérique libérale et conservatrice, en lui faisant miroiter un pot-pourri culturel instructif, bien que naïf.
Mais au diable la naïveté, les bonnes intentions et l’efficacité de l’approche, par la satire inoffensive, la parodie de l’impérialisme américain fait mouche. Michael Moore part à la reconquête de ses principes, brassant des thèmes bien connus dans sa filmographie, faisant tomber pendant 2 heures instructives et délicieusement cocasses les frontières des états pour évoquer le monde comme une constellation d’idées glorieuses à généraliser sur le globe aux détriments de la pluralité des peuples, comme si elles pouvaient s’appliquer partout. Armé d’une caméra et de la bannière étoilée, le géant du documentaire engagé s’amuse à incarner l’envahisseur américain prêt à s’arroger le meilleur des cultures étrangères et provoque l’hilarité en se présentant comme un colonialiste yankee avide du meilleur pour faire fructifier sa propre patrie.
De la généreuse politique des congés payés en Italie aux prisons idylliques norvégiennes, où l’on s’assure que les prisonniers sont heureux, choyés par un sens national du pardon qui ferait de Un Prophète et Un justicier dans la ville deux films de science-fiction, on apprend, un peu, on s’amuse, beaucoup, tout en gardant ses distances vis-à-vis de la réalité dépeinte à l’écran, toutefois construite sur des chiffres authentiques.

Durant ces deux heures, qui peinent juste un peu durant la dernière demi-heure, ouvertement féministe, mais redondante et hors rythme, Michael Moore découvre la vie sans stress dans les usines allemandes, où l’on oeuvre aussi pour le bien-être des employés que pour celui de l’entreprise ; il dépeint les cantines françaises, et même des villes pauvres de Normandie, comme des modèles de nutrition, loin de la malbouffe américaine, ce qui ravive les clichés à la Ratatouille ; il évoque l’université gratuite en Slovénie et les manifestations étudiantes dans le monde pour faire vivre le droit à l’éducation supérieure d’une jeunesse mondiale qui réfute l’obligation de crédit à vie dès sa 20e année ; il dresse le portrait magnifique d’une école finlandaise fondée sur le principe d’égalité entre tous les établissements, et donc entre tous les élèves, où les devoirs sont bannis pour légitimer une vision de l’épanouissement de l’apprenant par l’écoute, la solidarité et l’envie d’apprendre. Moins sardonique qu’à l’accoutumée, se plaçant bien moins en danger qu’auparavant, lorsqu’il se frottait aux grands lobbies et aux entreprises tentaculaires, avec une volonté de subvertir le système de l’intérieur, Michael Moore, 60 ans, n’a nullement perdu de sa bonhomie et de son humanité salvatrice. En épousant l’international, il démontre son amour inconditionnel pour sa patrie que d’aucuns défendraient dans la violence des armes à feu, mais qu’il a décidé d’exhorter en ravivant la flamme des grands idéaux, ceux des pères fondateurs qui aujourd’hui s’étoufferaient en découvrant ce qu’est devenu leur héritage. Au lieu de l’obsession du soi, il propose de croire avant tout dans les vertus du nous. Pourquoi punir et entretenir les ravages et les haines, quand on peut comprendre et améliorer en profondeur le monde. (àvoiràlire)

Le Vox (Fréjus) :mercredi 21, jeudi 22 et mardi 27 à 14h et 20h45, vendredi 23 à 14h et 18h20, samedi 24 et dimanche 25 à 16h et 20h45


Rester Vertical
Écrit et réalisé par Alain GUIRAUDIE
avec Damien Bonnard, India Hair, Raphaël Thiéry, Christian Bouillette, Laure Calamy, Basile Meilleurat, Sébastien Novac...
France 2016 1h40
Photo magnifique dirigée par Claire Mathon

Alain Guiraudie ne se repose pas sur les lauriers de son Inconnu du lac. Confirmant qu'il est bien l'un des cinéastes français les plus créatifs et les plus originaux de l'époque, Guiraudie livre un film libre comme le vent. Rester vertical, son cinquième long métrage, n'a peut-être pas l'efficacité irrésistible du précédent, mais, conformément à son titre, c'est du cinéma debout : pas question pour Guiraudie de se reposer sur une recette (le thriller érotique) qui lui a réussi. Aucune concession aux normes et aux standards, qu'il s'agisse de l'histoire, de la mise en scène, des acteurs ou de la pensée. Tout bouge tout le temps, dans ce suspense existentiel sur fond de Lozère.

Léo, la trentaine bien sonnée, n'a ni domicile fixe ni travail bien défini. Double possible du réalisateur (l'acteur Damien Bonnard lui ressemble), il doit un scénario à un producteur, mais ne cesse de fuir. Après sa rencontre amoureuse avec la fille d'un éleveur de moutons sur le causse, il veut un bébé. Mais la petite cellule familiale explose vite. Léo se retrouve seul avec le nourrisson. Enfin, pas vraiment seul : dans la même campagne, trois hommes plus ou moins gays, un jeune, un mûr, un vieux, croisent régulièrement sa trajectoire en zigzag.
Hostilités, désirs, volte-face, les sentiments et les aspirations de chacun se reconfigurent à vue d'œil, comme si l'ensemble des personnages essayait la totalité des rôles, indépendamment du sexe et de l'âge. Plus que le réalisme et la psychologie, la logique des rêves, parfois des cauchemars, sous-tend les multiples rebondissements. Entre inquiétude et utopie, entre Lynch et Depardon pour ainsi dire, Guiraudie filme les ruraux et les clodos, mais aussi le cycle complet de la vie, de la naissance à la mort – la petite et la grande.

Difficulté à trouver sa place dans le monde, désarroi paysan, misère sexuelle : le cinéaste aveyronnais bricole des solutions fantaisistes, des combinaisons drôles et dingues, à la précarité assumée. La métaphore du loup, qui terrorise moutons et éleveurs sur le causse, se révèle lumineuse. Pendant la plus grande partie film, il s'agit de le tuer. Mais, finalement, mieux vaudra vaincre la peur elle-même. Alain Guiraudie, lui, n'a peur de rien.

(L. Guichard, Télérama)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 21 à 16h20 et 18h30, jeudi 22 et dimanche 25 à 18h30, vendredi 23 à 15h55, samedi 24 à 15h40, lundi 26 à 20h et mardi 27 à 18h30


Toni Erdmann
Écrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...

Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.

La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques. Winfried est un sexagénaire atypique, mais assez emblématique d’une génération qui s’est battue contre le modèle capitaliste, pour la libération sexuelle, contre les normes établies et l’éducation traditionnelle. Il est professeur de musique plus ou moins dilettante et, se fichant comme d’une guigne de ce qu’on attend de lui. Sa fille Inès est tout ce que son père n’a jamais voulu être. Parfait produit de la réussite économique allemande, elle travaille pour un cabinet d’audit à Bucarest où elle conseille des entreprises locales pour les aider à licencier au plus vite et sans bavures. Elle mène une vie confortable et amorale, dénuée d’amour et d’idéal…
Mais le cours des choses va changer quand Winfried débarque à l’improviste à Bucarest, ce qui exaspère au plus haut point la jeune femme. Au sommet de l’incommunicabilité, croyant s’en être débarrassée au bout de quelques jours, elle le voit redébouler sous les atours d’un personnage de substitution, Toni Erdmann, perruque ridicule et dentier factice proéminent : Winfried/Toni se fait passer pour un éminent « coach » et il va s’immiscer dans le milieu professionnel vermoulu de sa fille où des hommes d’affaires toujours plus impitoyables se partagent entre soirées dans des clubs de strip tease et réceptions chez l’ambassadeur. N’ayant pas vraiment le choix, Inès joue le jeu et se trouve entraînée dans des scènes ubuesques.

Petit à petit père et fille vont néanmoins se rapprocher autour d’une question simple : c’est quoi le bonheur ?
L’immense force du film tient à son côté gentiment malséant et décalé. Hilarant par sa maîtrise du burlesque de certaines situations mais plaçant aussi le spectateur dans une situation gênante, au fur et à mesure des mystifications de plus en plus énormes du père qui permet enfin à sa fille (la formidable Sandra Hüller) de se révéler à elle-même et d’assumer pleinement sa place de femme indépendante dans un monde dominé par l’argent et le sexisme. Le pari était de réaliser un film aussi drôle qu’émouvant ? Pari tenu haut la main ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jedui 22 à 17h15, samedi 24 à 17h40 et mardi 27 à 20h
Lorgues : jeudi 22 à 20h et samedi 24 à 18h
Salernes : vendredi 22 et samedi 24 à 20h30



Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Afficher l'image d'origineRéalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF

Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants.

Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments. Croyant bien faire, Iqbal part pour la ville à la recherche d'aide. Mais il va croiser le chemin d'odieux personnages sans scrupules et sans coeur, prêts à tout pour faire de l'argent sur le dos des plus démunis, en l’occurrence les enfants pauvres, corvéables à souhait, qu'ils exploitent dans une manufacture de tapis aux allures de prison. Mais le jeune garçon a de la ressource, et beaucoup d'espoir.

Ce film est librement inspiré de l’histoire vraie d'Iqbal Masih, enfant pakistanais réduit à l’esclavage dès ses quatre ans pour rembourser la dette familiale. A 9 ans, il fuit l’usine de tapis dans laquelle il travaille enchaîné douze heures par jour. Grâce à un avocat, Iqbal devient à dix ans l'une des figures mondiales de la lutte contre l’esclavage moderne, multipliant les interventions dans des conférences internationales pour l’UNICEF ou encore devant les Nations Unies à New-York. Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais fermera plusieurs dizaines de fabriques de tapis où travaillaient des enfants dans des conditions d’esclavage, en libérant ainsi plus de 3 000. Mais à douze ans Iqbal est assassiné par la « mafia du tapis » pakistanaise, dans son village, alors qu’il faisait du vélo... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 21, samedi 24 et dimanche 25 à 14h


Le Professeur de Violon
Réalisé par Sérgio Machado
Brésil 2016 1h40mn VOSTF
avec Elzio Vieira, Fernanda de Freitas, Lázaro Ramos, Sandra Corveloni, Kaique Jesus...

Laerte est un violoniste ambitieux qui se prépare depuis des années à passer le concours d’entrée d’un des orchestres les plus prestigieux du Brésil. Le film commence par son audition au cours de laquelle, cédant à la trop forte pression, Laerte craque et échoue sans même réussir à jouer une seule note. Sans argent et sans autre option, obligé de mentir à sa famille pour ne pas décevoir les espoirs placés en lui, Laerte accepte malgré lui d’enseigner la musique dans le quartier d’Héliopolis, l’un des plus pauvres et des plus dangereux de São Paulo. Entre le musicien désillusionné et les élèves dissipés, les débuts sont difficiles. Mais au contact de Samuel, l’un des jeunes du quartier passionné de musique et pétri de talent brut, Laerte retrouve peu à peu le plaisir de jouer, en même temps qu’il découvre la dure réalité à laquelle sont confrontés ses jeunes élèves. Et l’orchestre de fortune devient peu à peu un refuge dans lequel les notes sont de plus en plus justes…

Si la trame de cette histoire peut paraître classique, la grande réussite du film est la sincérité avec laquelle il nous plonge à la fois dans le monde de la musique et dans la ville de São Paulo. Et c’est avec beaucoup de plaisir que nous voyons les différents personnages du film, tous crédibles et touchants, s’ouvrir aux autres et s’épanouir au contact de la musique. Et si la réalité et ses difficultés reprennent souvent le dessus, cette expérience de la musique en commun restera pour chacun une promesse d’évasion… (Utopia)


Lorgues : mercredi 21 à 17h et lundi 26 à 21h

L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen

« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout.
Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich…

C'est elle qui reste, c'est lui qui doit partir : elle l'a décidé ainsi, ne supporte plus de l'avoir dans les pattes, tout ce qu'elle adorait chez lui jadis est désormais objet de répulsion : son odeur, ses bras puissants, sa vitalité ombrageuse. Lui aimerait rester, et d'ailleurs comment partir ? Sans travail fixe, sans moyens pour trouver un logement ailleurs… Il va falloir cohabiter un moment, et ça devient difficile. La maison, c'est elle qui l'a achetée, elle avait l'argent, grâce à sa famille. Lui avait la force, les bras, le savoir faire qui lui a permis de faire les travaux. Mais au moment des comptes, le travail, aux yeux de Marie, pèse peu de poids en rapport de l'argent qu'elle a apporté.
C'est une histoire trempée dans l'air du temps et si les femmes se sont émancipées et n'hésitent plus à remettre leur couple en cause, il n'est toujours pas bien vu qu'une femme gagne plus qu'un homme et le capital est toujours plus respecté que le travail. Quel que soit le camp dans lequel on se trouve, c'est un sujet d'humiliation pour l'homme et un moyen de réprobation pour la femme…
La mère de Marie (superbe Marthe Keller) cherche à temporiser, à concilier, plaidant l'indulgence et une répartition équitable, mais dans ces histoires-là il est difficile pour les belligérants de faire la part des choses, de reconnaître la contribution de l'autre. « J'ai tout payé depuis le début » s'énerve Marie. Boris plaide son investissement physique, « j'y ai laissé mes mains, ma sueur, mon amour »… Humilié de s'entendre traiter de « pauvre » devant ses deux gamines, il tente de leur dire que la vraie richesse est ailleurs…
Dans ce chaos tumultueux, surgit pourtant un moment de formidable grâce, une danse, une chanson où tout le monde baisse les armes, une accalmie bienfaisante où on mesure, bouleversé, tout ce que leur relation a pu nourrir de bonheur, de tendresse. Il faudra bien, une fois la tempête passée, que vienne le temps de l'apaisement, il faudra bien arriver à faire la part des choses, il faudra bien que la vie, l'amour, d'une façon ou d'une autre, continuent… et c'est tant mieux.

C'est un film magnifique, écrit à plusieurs mains et autant de sensibilités, impliquant également les comédiens qui ont eu leur mot à dire, modifiant parfois leur texte pour se l'approprier, et le rendu final est saisissant : il y a quelque chose de profond et de fort qui tient sans doute au vécu de chacun, à la connivence qui s'est établie au cours du tournage et leur a permis d'appréhender de l'intérieur des personnages qui immédiatement nous parlent, nous concernent, nous touchent durablement. Bérénice Béjo et Cédrik Khan sont impressionnants de justesse et d'intensité. Les gamines jumelles sont épatantes, peu préparées à ce genre d'exercice, sans texte particulier à dire, mais travaillant avec l'équipe jusqu'à répéter quarante fois la même scène sans s'énerver pour autant, elles sont époustouflantes, touchantes et discrètes, spectatrices impuissantes d'un amour qui se défait et dont elles sont un des enjeux. (Utopia)

Salernes : mercredi 21 à 20h30, jeudi 22 à 18h et mardi 27 à 20h30


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Salernes : mercredi 21 et vendredi 23 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


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