Au(x) cinéma(s) du 22 au 28 mars

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Bonjour à tous !

Ce dimanche Entretoiles vous propose sa soirée sur le  thème : "Adolescences" avec 2 films, Jamais contente d’Émilie Deleuze, "un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence" et Les Géants de Bouli Lanners, "un formidable conte sur l'apprentissage". Et, cela va sans dire, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films...

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Silence de Martin Scorsese, à la fois réflexion sur la foi et magistrale leçon de cinéma !

On peut aussi voir au CGR Patients de Grand corps malade et Mehdi Idir, un film énergique, à l'humour décapant, sur le handicap.

Passez votre semaine à Lorgues qui propose sa semaine de rencontres cinématographiques avec une quantité extraordinaire de bons films : nous vous en avons sélectionné quelques uns des plus fameux ! En ouverture ce mercredi : Divines de Houda Benyamina, Caméra d'or au festival de Cannes, mais aussi Le Ciel Attendra de M C Menton Schaar, plein de tact et passionnant, Folles de Joie , comédie grinçante de Paolo Virzi, le superbe documentaire lumineux et plein d'espoir Toto et ses Sœurs  de A Nanau, Sing Street de J Carney, Corniche Kennedy de D Cabrera, et L'Olivier, une parabole rocambolesque de I Billain.

Sinon vous pouvez voir entre autres au Vox, The Lost City of Z de James Gray, un film épique, Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos, une comédie romantique très drôle, La Confession de Nicolas Boukhrief (à Cotignac aussi), un film fort sur la spiritualité. Et Moonlight, le très beau film aux Oscars de Barry Jenkins.

A Salernes, Chez Nous de Lucas Belvaux  un film engagé sur le parcours politique d'une infirmière du Nord de la France, et Lion de Garth Davis.

En bas du mail, les propositions de films de l'association Colibris dans le cadre du festival de la terre.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Silence de Martin Scorsese, Lion de Garth Davis et Neruda de Pablo Larrain.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma ! Bonnes vacances à ceux qui en prennent !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas.

PROGRAMMATION DU 22 AU 28 MARS

Affiche
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Silence
Réalisé par Martin Scorsese
USA 2016 2h41mn VOSTF
avec Liam Neeson , Andrew Garfield, Adam Driver...
Cette réflexion sur la foi est une magistrale leçon de cinéma, qui apaise dans sa ferveur et épate dans son intelligence, au-delà de tout prosélytisme déplacé. XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves. Scorsese met sous Silence ses ambitions commerciales avec son dernier long de 2h40m et délivre une oeuvre contemplative sur fond de sujet religieux austère, peu fédérateur. L’auteur revient au spirituel de La Dernière tentation du Christ ou de Kundun, délaissant l’action, ici inexistante, malgré la présence -toutefois rare à l’écran- de Liam Neeson au casting... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 22 et samedi 25 à 10h45, jeudi 23 à 16h, vendredi 24 et mardi 28 à 13h30, lundi 27 à 19h30
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Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin
« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? »... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h
Affiche
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Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion
On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30
Affiche
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Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre
Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon... lire la suite
CGR (Draguignan) :  mercredi 22, samedi 25 et dimanche 26 à 13h45, 18h, 20h10, jeudi 23, vendredi 24 et lundi 27 à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10, mardi 28 à 11h, 15h45, 18h et 20h10
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Le Ciel Attendra
Réalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France 2016 1h40mn
avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Naomi Amarger, Clotilde Courau, Zinedine Soualem, Yvan Attal… et Dounia Bouzar (dans son propre rôle)...
« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans… Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade… » À l'époque de Rimbaud, on pouvait s'embraser dans de candides envolées lyriques ! La jeunesse avait droit à l'insouciance, elle était l'âge de tous les possibles. On osait inventer un monde idéal, tissé de paix, se griser d'amour et d'amitié. Puis les tilleuls laissèrent la place à l'asphalte, la promenade au zapping ou au surf sur internet. Les babillages se transformèrent en tchat, les belles expressions en smileys. Qu'est ce qu'avoir dix-sept ans maintenant, alors que les adultes semblent avoir abdiqué leurs rêves ? Comment aborder sans frémir un avenir tout bouché, promis au chômage, aux compromis ? Si autour de soi, on ne voit pas d'alternative, on s'en va fouiller dans les réseaux sociaux où l'on découvre des sites aux titres séduisants : « Et si on changeait le monde ? ». De quoi épancher sa soif d'idéaux... lire la suite
Lorgues : jeudi 23 à 20h15 et mercredi 28 à 17h45
Affiche
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Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs
Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience. Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains »... lire la suite
Lorgues : vendredi 24 à 17h45 et samedi 25 à 20h
Affiche
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Toto et ses Soeurs
Écrit et réalisé par Alexander NANAU
Documentaire Roumanie 2015 1h33mn VOSTF
avec l'incroyable Totonel et ses soeurs Andrea et Ana...
Grand Prix, Festival Premiers Plans d'Angers • Grand Prix, Festival International du Film des Droits de l'Homme de Paris
Ça commence par une séquence qui aurait pu figurer en bonne place dans Les 400 coups de François Truffaut, bijou de la Nouvelle Vague dont les héros sont des enfants. Un enfant escalade un muret pour chaparder une pomme, hélé par sa sœur qui s’inquiète pour lui. La suite sera moins champêtre : Toto, le gamin chapardeur de pommes (son prénom entier est Totonel), vit dans une des banlieues misérables de Bucarest où s’entassent les familles roms, dans des logements sociaux en partie à l’abandon. On comprend vite que la mère a été incarcérée pour plusieurs années pour trafic de drogue et depuis, Toto et ses sœurs Andrea et Ana, l’aînée, survivent tant bien que mal dans un appartement au confort minimal, sous la « surveillance » d’oncles qui sont d’affreux junkies n’hésitant pas à se piquer devant les enfants... lire la suite
Lorgues : vendredi 24 à 20h et lundi 27 à 17h45
Affiche
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Sing Street
Écrit et réalisé par John CARNEY
Irlande 2016 1h46mn VOSTF
avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Maria Doyle Kennedy, Aidan Gillen, Jack Reynor, Kelly Thornton...
Dublin dans les années 80 : la pop, le rock, le métal, la New-wave… illuminent le quotidien d'une jeunesse à la recherche d'une identité. Bowie, Duran Duran, The Cure font le miel de Top of the Pops, émission qui rameute des fans à la pelle, et pimentent la bande son d'un film largement tonique et bienveillant qui a fait se lever le public de la salle du festival de Deauville pour une standing ovation interminable… Il faut dire que dans ces temps de rentrée colorée de pessimisme inquiet, il n'est pas désagréable de plonger dans un film qui fait du bien et où il apparaît que l'art en général et la musique en particulier peuvent être un bouclier contre la bêtise, la méchanceté, l'ignorance… un levier pour sortir de la grisaille d'un contexte économique, social et familial plombé... lire la suite
Lorgues : dimanche 26 à 18h et mardi 28 à 20h
Affiche
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Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016

Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks ! Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !... lire la suite
Lorgues : A L'Espace Mitterand. Pensez à réserver ! mercredi 21 à 17h45
Affiche
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La Confession
Écrit et réalisé par Nicolas BOUKHRIEF
France 2017 1h56mn
avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre...
D'après le roman Léon Morin prêtre, de Beatrix Beck
« S'il me manque l'amour, je ne suis rien », dit Léon Morin du haut de sa chaire… et le film parle de l'appel à la transcendance certes, mais aussi de cette force invisible qui attire deux êtres l'un vers l'autre. Une force d'autant plus puissante qu'ici les interdits liés à un idéal fort obligent chacun à résister à une attraction qui se trouve ainsi portée à un niveau d'incandescence qui les marquera à jamais. Dans ce petit village de la province française sous occupation allemande, les hommes sont prisonniers ou ont pris le maquis et les femmes se retrouvent entre elles et continuent à vivre, remplaçant les hommes partout où ils s'activaient : les commerces, les bureaux, les champs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) mercredi 22 et jeudi 23 à 13h45, 17h40, vendredi 24 à 15h30, 20h45, vendredi 24 à 16h10, 18h30, samedi 25 à 13h45, dimanche 26 à 15h40, lundi 27 à 15h45, mardi 28 à 15h40, 18h20
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Moonlight
Écrit et réalisé par Barry JENKINS
USA 2016 1h51mn VOSTF
avec Trevante Rhodes, Alex. R. Hibbert, Ashton Sanders, Mahershala Ali, Janelle Monae, Naomie Harris, André Holland...
D'après le livre de Tarell Alvin McCraney
Moonlight se passe exclusivement dans la communauté noire défavorisée de Miami, mais pas de confusion : on est à 10 000 lieux du film de ghetto avec guerre des gangs endémique et coups de flingue pour un bout de trottoir où vendre du crack. Moonlight captive et émeut en nous montrant avec sincérité et sensibilité l'évolution et la construction de l'identité d'un enfant au destin tourmenté. Un récit en trois volets où l'on suit Chiron dans le quartier de Liberty à Miami, d'abord à l'âge de neuf ans – il est alors surnommé Little – puis à seize ans en adolescent solitaire avant de le retrouver quand il est devenu un homme de vingt-cinq ans au physique impressionnant et à la prestance de caïd, mais cachant de toute évidence au plus profond quelques blessures jamais refermées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : lundi 27 à 18h
Affiche
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The Lost City of Z
Réalisé par James GRAY
USA 2016 2h23mn VOSTF
avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, Tom Holland...
Scénario de James Gray d'après le livre de David Grann
A moins d'être frappé d'une souche particulièrement virulente du virus de l'immobilisme, il y a en chacun de nous une fascination – qui reste souvent inassouvie – pour les territoires lointains, encore inexplorés, pour ces contrées du globe encore vierges de toute civilisation. Au fil des décennies, ces terres d'aventure absolue se sont raréfiées... Mais il y a un siècle à peine, une immense partie du monde restait à découvrir, construisant la légende des explorateurs intrépides, dont les exploits enflammaient les imaginations. Les périples extraordinaires de ces aventuriers ont nourri bien des romans exaltants (Le Monde perdu de Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, pour n'en citer qu'un) qui firent le bonheur des enfants rêveurs, mais aussi la bande dessinée (Corto Maltese...) et bien entendu le cinéma (King Kong...). Le nouveau et magnifique film de James Gray s'inscrit dans cette tradition épique en s'attachant à l'incroyable et pourtant bien réelle destinée de Percival Harrison Fawcett... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 20h30, jeudi 23, vendredi 24 et dimanche 26 à 20h45, samedi 25 à 21h, lundi 27 à 20h15
Affiche
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Monsieur & Madame Adelman
Réalisé par Nicolas BEDOS
France 2017 2h
avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Denis Podalydès, Christiane Millet, Pierre Arditi, Julien Boissellier, Zabou Breitman...
Scénario de Nicolas Bedos et Doria Tillier
Une neurobiologiste tout ce qu'il y a de sérieuse a découvert que l'amour ne durerait que trois ans, le temps à un homme et une femme de tomber raide frappadingue et de procréer. Un état de grâce conditionné par la fabrication de l'ocytocine, fameuse hormone du plaisir, produite en grande quantité par le cerveau amoureux puis déclinant tristement au fil des mois pour sceller la fin du roman, de la belle histoire. Amour ne rimerait donc pas avec toujours… La fulgurance du début, cet état de grâce où l'autre est tellement tout qu'on en oublie les défauts qui font tache dans le tableau, s'effilocherait comme un vieux pull en laine pour finir collé dans un album photo oublié dans le tiroir du bas de la commode de famille… c'est moche. Et bien, sachez-le, réjouissez-vous : il ne faut pas croire les scientifiques, c'est faux archi-faux, totalement faux et j'en ai la preuve : Madame et Monsieur Adelman !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 13h15 et 18h, jeudi 23 à 13h45 et 18h15, vendredi 24 à 13h45 et 20h45, samedi 25 à 16h05, dimanche 26 à 18h25 et 21h, lundi 27 à 13h45 et mardi 28 à 15h55 et 20h45
Cotignac : lundi 27 à 18h et 20h30
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Certaines Femmes
Écrit et réalisé par Kelly REICHARDT
USA 2016 1h47mn VOSTF
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros...
Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d'un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d'un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite construire sa maison avec les pierres présentes sur le terrain d’un vieil homme. En compagnie de son mari, elle rend visite à ce dernier et tente de le convaincre. Ryan n'est d'aucune aide. Cette négociation est une nouvelle fois révélatrice du fossé qui s'est creusé dans leur couple. Jamie, une jeune femme solitaire, travaille dans un ranch. Lors d'un cours du soir, elle tombe sous le charme de Beth, une jeune avocate harassée par les kilomètres qu'elle doit parcourir pour faire classe... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 23 à 16h05, vendredi 24 à 18h30, samedi 25 à 18h55, dimanche 26 à 14h45, lundi 27 à 20h, mardi 28 à 13h45
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Madame B. Histoire d'une Nord-Coréenne
Réalisé par Jero YUN
Documentaire Corée-du-Sud France 2016 1h11mn VOSTF
Depuis que les premiers opérateurs Lumière ont parcouru le monde pour aller témoigner en images du monde tel qu'il l'était à la toute fin du xixe siècle, il s'est écoulé près de cent-vingt ans. Des millions d'heures d'images ont été tournées sur le moindre recoin de notre planète, et sur les soubresauts de son histoire. On pourrait croire qu'on a tout vu tout entendu, que l'on connaît presque tout grâce au cinéma et à la télévision. Et pourtant un film vient de temps en temps nous surprendre et nous faire découvrir des réalités inconnues : c'est le cas avec cet étonnant Madame B qui nous ouvre une fenêtre sur un pays très rarement filmé, la Corée du Nord et ses habitants... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 16h05, jeudi 23 à 13h45, vendredi 24 à 18h30, samedi 25 à 17h25, dimanche 26 à 16h55, lundi 27 à 16h25, mardi 28 à 16h30
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Chez Nous
Réalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy
Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film : « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues.... lire la suite
Salernes : jeudi 23 à 18h15
Affiche
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Lion
Réalisé par Garth DAVIS
Australie/Inde 2016 1h58mn VOSTF
avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, David Wenham, Sunny Pawar...
Scénario de Luke Davies, d’après le récit autobiographique de Saroo Brierley « A Long Way Home »
C'est bien connu, la réalité dépasse parfois la fiction. Et Lion, incroyable récit inspiré d'une histoire tout ce qu'il y a de vraie qui nous entraîne de l'Inde à la Tasmanie, est la parfaite illustration de cet adage. Et n'en déplaise aux cœurs de pierre qui trouveront le film trop empreint de bons sentiments, par les temps qui courent on ne les refuse pas. Quoi de plus beau que l'obstination démesurée d'un fils pour retrouver sa mère envers et contre tous les pronostics réalistes ? Car c'est cela, l'histoire de Saroo. L'histoire d'un petit garçon qui perd sa mère et son frère et qui fait tout pour les retrouver, quinze ans plus tard et à quelques milliers de kilomètres de distance !... lire la suite
Salernes : mercredi 22 à 18h, jeudi 23, lundi 27 et mardi 28 à 20h30, samedi 25 à 18h, dimanche 26 à 16h30


PRÉSENTÉS PAR COLIBRIS DANS LE CADRE DU FESTIVAL  DE LA TERRE :

LES AGRONAUTES
Vendredi 24 mars 2017   Draguignan
20 h    MSJ (derrière l'office du tourisme)
Débat animé par Gérard BOINON
Les lotissements et zones commerciales grignotent peu à peu l'espace agricole. Les prix des terres flambent et deviennent inaccessibles pour des paysans, alors même que les citadins réclament une agriculture de proximité.
Le film pointe la complexité et l'incohérence des règles et usages qui régissent le foncier agricole en zone péri-urbaine.
Entrée participation à prix libre.

VINO VERITAS
Samedi 25 mars 2017   Flayosc
20 h  Salle Frédéric Mistral   (salle des mariages)
Entrée à participation libre

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Silence
Résultat de recherche d'images pour "scorsese silence allocine"Réalisé par Martin Scorsese
USA 2016 2h41mn VOSTF
avec Liam Neeson , Andrew Garfield, Adam Driver...

Cette réflexion sur la foi est une magistrale leçon de cinéma, qui apaise dans sa ferveur et épate dans son intelligence, au-delà de tout prosélytisme déplacé. XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves. Scorsese met sous Silence ses ambitions commerciales avec son dernier long de 2h40m et délivre une oeuvre contemplative sur fond de sujet religieux austère, peu fédérateur. L’auteur revient au spirituel de La Dernière tentation du Christ ou de Kundun, délaissant l’action, ici inexistante, malgré la présence -toutefois rare à l’écran- de Liam Neeson au casting. D’ailleurs point de bons sentiments chrétiens chers aux productions destinées aux apôtres du Tea Party américain, en lieu et place de leçon de catéchisme, Scorsese, le Croyant, délivre une profonde réflexion sur la foi qu’il met en scène au 17e siècle, dans un contexte historique insolite, le Japon médiéval, insoumis aux efforts de christianisation du Vatican.

Le thème est passionnant, nous ramenant aux heures noires d’une conquête du globe par les Européens, en guise de prémices à une forme de mondialisation du culte. Silence puise sa force dans l’accomplissement d’une union entre ténèbres et lumières, un big bang né du choc des cultures qui se résistent, des fois qui se contredisent. L’épopée quasi biblique pose son combat sur la terre nippone où les nouveaux Chrétiens, fraîchement convertis par les missionnaires du bout du monde, sont humiliés, torturés, jusqu’à la renonciation de leur foi, s’ils acceptent de renoncer au culte qu’ils devront insulter. Le supplice peut être plus élevé pour l’envahisseur catholique, crucifié, ou, comble de l’horreur pour le prêtre, forcé à se détourner de sa croyance, si, philosophiquement, il en est capable. En cela réside l’incroyable ressource narrative du film... la rétractation possible du croyant dans ses convictions comme suspense ultime. Un sujet de thriller original, où les mots, pensées et décisions sont extrêmement pesés, sur fond de souffrances sacrificielles, qui invitent à réfléchir. Scorsese, visiblement hanté par les atrocités commises au nom de la foi - massacres de Chrétiens, guerres aux impies, terrorisme... - substitue à notre époque la barbarie de la période impérialiste du christianisme chez les barbares japonais. A priori, la religion catholique y est dépeinte dans sa bonté et sa générosité... le grand inquisiteur est à trouver du côté du peuple à assouvir par sa croyance, un peuple éclaté en îles et villages où les ténèbres de l’isolement, de l’ignorance, et de la répression font régner un sentiment prégnant de peur. Las de tout manichéisme, Scorsese étire la pensée religieuse à son paroxysme, confrontant les dogmes, exposant les contradictions, et surtout faisant montre de la relativité des cultures et des cultes qu’il renvoie à l’intimité, à l’individualité, au respect des différences et du pluralisme, à notre époque où l’obscurantisme grandit pour réimposer les hiérarchies des cultes.

Il ressort de ce voyage plus métaphysique qu’ésotérique un formidable sentiment d’apaisement, où les convictions de chaque spectateur sont préservés, sur fond de cinéma total, celui d’un maître du visuel et de l’art narratif, qui arrive encore par nous surprendre par la puissance cinégénique de ses transes. Les nouvelles recrues que sont Andrew Garfield et Adam Driver épousent la rigueur de son cinéma, avec la même ferveur que des DiCaprio et De Niro en leurs temps.
Scorsese continue donc de régner comme un dieu sur le cinéma d’auteur américain, nonobstant le désaveu commercial du film aux USA. Silence est un vrai miracle. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) :  mercredi 22 et samedi 25 à 10h45, jeudi 23 à 16h, vendredi 24 et mardi 28 à 13h30, lundi 27 à 19h30

Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin

« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? » (Aurore, l'héroïne de Jamais contente)

Enfin ! Vous qui désespérez de comprendre l'adolescent ou – exercice tout aussi malaisé – le préadolescent, cet être étrange au regard parfois / souvent (rayez la mention inutile) absent, qui vous toise comme si vous étiez une amibe, avec qui la communication est aussi facile que celle des papous avec les premiers explorateurs australiens, vous tous, mes sœurs, mes frères, réjouissez vous ! Voilà une joyeuse comédie caustique et intelligente que vous pourrez partager avec vos ados préférés et qui vous permettra d'entamer ou de renouer un semblant de dialogue. Il va sans dire que vous pouvez tout à fait la voir seulement entre adultes consentants, histoire de commencer à entrevoir un mode d'emploi…

Celle qui n'est jamais contente, c'est Aurore, une jeune Parisienne d'un milieu et d'une famille ordinaires, une petite nana pas forcément super brillante (elle redouble sa cinquième), pas particulièrement canon et populaire sans du tout être moche et souffre-douleur, une jeune fille de 13 ans qui a justement l'impression qu'elle est invisible, qu'elle est négligée par ses parents (alors que sa petite sœur, bonne élève, est selon elle la chouchoute), méprisée par ses professeurs… Et c'est parti pour une nouvelle rentrée dont elle sait déjà « qu'elle sera pourrie ». Une vraie petite teigne à la langue bien pendue, qui sait dire à son tout nouveau prof de français – qu'il faut bien un peu bizuter – que la Princesse de Clèves, ça ne tient pas debout. Qui n'a pas forcément l'intention de sortir de nouveau cette année avec le gentil grand dadais de l'année passée qui pourtant la relance (« déjà c'était fatigant de t'aimer tous les jours » lui dit-elle cruellement). Elle peut d'autant plus se permettre de faire la fine bouche qu'elle va être abordée par des lycéens d'au moins quinze ans qui lui proposent de devenir la chanteuse de leur groupe de rock naissant…

Jamais contente est l'adaptation maline et enlevée de la trilogie à succès de Marie Desplechin (la sœur d'Arnaud), Le Journal d'Aurore. Le portrait d'une jeune fille des classes moyennes, loin des clichés et des explications toutes faites. Une jeune fille qui vit à une porte de Paris avec des parents (savoureux Patricia Mazuy et Philippe Duquesne) qui sont tout sauf horribles, compréhensifs et ouverts tout au contraire, même s'il leur arrive forcément d'être exaspérés par la tornade de contradictions qu'ils ont engendrée. Le charme contagieux de ce film épatant tient autant à sa justesse de ton, à sa galerie de personnages tous parfaitement croqués (excellent Alex Lutz dans le rôle du prof de français réveilleur de cancres) qu'à la gouaille incroyable de sa jeune actrice Léna Magnien, une vraie révélation. En secouant bien ce cocktail, Emilie Deleuze réussit un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence.

CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h


Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion

On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle.

Nous sommes dans un endroit indéterminé aux confins forestiers et vallonnés du plat pays, probablement quelque part entre les Ardennes belges et le Luxembourg. Un endroit sombre et majestueux où ne règne pas forcément la prospérité et l’harmonie sociale, on peut même dire que le coin est peuplé d’affreux bouseux wallons à moitié dégénérés, vivant entre casses de voitures, maisons abandonnées et forêts primaires. Une sorte de version belge de l’atmosphère du Delivrance de John Boorman qui se situait dans le Sud profond américain des années 70. Au milieu de tout ça, deux frères à peine adolescents, Zak et Seth, tentent de survivre dans la maison de leurs grands-parents disparus : ils sont livrés à eux-mêmes, avec le strict minimum pour passer l’été, abandonnés semble-t-il par une mère négligente, qu’ils tentent désespérément de joindre au téléphone. Ils sont rejoints par Dany, un autre ado, persécuté par un grand-frère ultra-violent à qui il semble manquer quelques neurones… Et, assez naturellement, ils font tout et n’importe quoi : des virées dans la guimbarde du grand père alors qu’ils sont loin d’avoir l’âge du permis, des nuits passées dans une cabane sur pilotis branlante menaçant de s’effondrer dans la rivière, boire beaucoup, fumer de l’herbe qui fait rêver et parler de sexe sans vraiment l’avoir pratiqué. En quelque sorte ça pourrait être une version moderne et gentiment trash des Quatre cents coups.
Les choses se compliquent un peu quand ils décident, pour se faire un peu d'argent, de louer la maison familiale au trafiquant local de drogue, un gars du genre qui ne rigole pas et qui projette d'y installer sa production…

Les Géants est un formidable conte sur l’apprentissage de la vie, dans des conditions certes un peu limite, un vrai conte avec tout ce qu'il faut pour se laisser embarquer : sa forêt inquiétante, son ogre, sa gentille fée (incarnée par la toujours magnifique Marthe Keller), sa rivière qui est le chemin vers l’espoir… Mais avec aussi la découverte de la faim, de la peur, et d’une certaine forme d’héroïsme face à l’adversité. Parsemé de dialogues décalés et hilarants, d'échappées surréalistes, de personnages de freaks (le trafiquant de drogue et sa fiancée ne sont vraiment pas piqués des hannetons !) aussi effrayants qu’attachants, Les Géants, porté par des comédiens adolescents assez stupéfiants, est surtout merveilleusement poétique, autant par les images qui magnifient la forêt – certains plans font penser à la beauté sépulcrale des tableaux romantiques allemands – que par des scènes d’une douceur infinie, comme celle où nos Pieds Nickelés sont recueillis par une bonne dame et sa fille trisomique, deux fées surgies du chaos, et plongés soudainement dans la chaleur bienheureuse d’un foyer accueillant.

 CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30


Patients
Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR
France 2017 1h50mn
avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu...
Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre

Marcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon.

Patients raconte une année dans la vie de Ben. Une année pas comme les autres, passée dans un centre de rééducation pour les traumas en tous genre, les poly, les semi, les crâniens, les para, les tétra. Une année pour tenter de se réparer, de se reconstruire, une année toute entière pour apprendre à accepter sa nouvelle condition et peut-être aussi pour s’en échapper.
Coincé dans ce nouveau corps qui ne répond plus présent à l’appel, Ben va faire l’apprentissage complexe et surréaliste de l’assistanat 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Redevenu nourrisson, mais avec la tchatche et l’énergie de ses vingt ans, Ben n’a d’autre choix que de se laisser guider dans ce drôle de nouveau monde où chaque geste banal devient aussi balèze qu’un des douze travaux d’Hercule, et peut provoquer, selon l’humeur et le moral, un fou rire ou des cris de rage.
Dans le centre, c’est une véritable communauté, patients et soignants, qui vit au rythme des séances de kiné, de piscine, des repas… et que le temps est long quand il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre le prochain soin ! Patient, on l’est ici dans tous les sens du terme. Chacun gère son trauma de son côté, avec son histoire, avec ses mots, avec son humour, souvent grinçant, parfois tendre, avec ses forces et chacun aborde la vie et l’avenir comme il le peut. Mais ensemble, la vie dans le centre est tout de même un chouïa moins pénible.

L’histoire de Ben, c’est l’histoire de Fabien Marsaud, plus connu sous son nom d’artiste, Grand Corps Malade, et ce film est tiré de son livre Patients, gros succès de librairie. On prédit à peu près la même destinée à ce film qui va réunir les jeunes, les moins jeunes, les associations, les familles, ceux qui avancent en courant, en boitant, les accidentés, les valides, les vaillants, les cassés, les solides, les cabossés, les réparés, bref, il va embarquer dans le sillon de sa belle énergie ce qu’il est convenu de nommer un large public. Parce qu’il est souvent drôle, terriblement humain et tendre, parce que c’est un chant incroyable qui dit l’amour de la vie et qui raconte aussi, avec une franche sincérité, la force du lien entre les corps cassés et les cœurs généreux, cette force qui donne envie de se battre et d’avancer, avec ou sans roues.
Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule qualité à ce film décidément étonnant, c’est bien sa fraîcheur. Elle vient de ses auteurs, de ses comédiens, tous plus formidables les uns que les autres, mais elle émane surtout de ce refus catégorique de n’aborder cette histoire que via le seul prisme d’une cause, au demeurant tout à fait louable, celle du handicap. En décalant ainsi le regard, tout devient beaucoup plus fort, plus universel, plus intense. Sans jamais chercher à asséner vérité définitive ou morale bien pensante, juste par la force des dialogues et des situations, le film parvient, avec grâce et pudeur, l’air de rien, à profondément changer notre regard sur le handicap ; il le fait avec un peps, une énergie, un humour décapants et ça, c’est formidable.

CGR (Draguignan) :  mercredi 22, samedi 25 et dimanche 26 à 13h45, 18h, 20h10, jeudi 23, vendredi 24 et lundi 27 à 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h10, mardi 28 à 11h, 15h45, 18h et 20h10


Le Ciel Attendra
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France 2016 1h40mn
avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Naomi Amarger, Clotilde Courau, Zinedine Soualem, Yvan Attal… et Dounia Bouzar (dans son propre rôle)...

« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans… Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade… » À l'époque de Rimbaud, on pouvait s'embraser dans de candides envolées lyriques ! La jeunesse avait droit à l'insouciance, elle était l'âge de tous les possibles. On osait inventer un monde idéal, tissé de paix, se griser d'amour et d'amitié. Puis les tilleuls laissèrent la place à l'asphalte, la promenade au zapping ou au surf sur internet. Les babillages se transformèrent en tchat, les belles expressions en smileys. Qu'est ce qu'avoir dix-sept ans maintenant, alors que les adultes semblent avoir abdiqué leurs rêves ? Comment aborder sans frémir un avenir tout bouché, promis au chômage, aux compromis ? À dix-sept ans, on a eu le temps de comprendre que les pollueurs ne sont pas les payeurs. Que les puissants ne sentent pas la puanteur de leur argent. Qu'ils sont en outre sourds aux cris des peuples affamés, aveugles face aux enfants qui meurent aux portes de la Méditerranée. Avoir dix-sept ans dans nos sociétés malades, au consumérisme hypertrophié, c'est avoir envie de fuir ou d'enfouir sa tête dans le sable pour ne plus voir à son tour. Mais c'est aussi le temps de la révolte, celui où l'on se met en quête de ses semblables, ceux qui veulent faire la peau au capitalisme. Si autour de soi, on ne voit pas d'alternative, on s'en va fouiller dans les réseaux sociaux où l'on découvre des sites aux titres séduisants : « Et si on changeait le monde ? ». De quoi épancher sa soif d'idéaux.

C'est ainsi que Mélanie, rousse jeune fille un brin timide, rencontre un garçon charmant, presque un prince sorti des Mille et une nuits. Elle se montre curieuse puis de plus en plus subjuguée par cet être qui parait si bien la comprendre. Elle boit avidement ses paroles, se gorge de chaque compliment qu'il lui fait. La voilà qui vibre, s'émancipe, se sent valorisée. Il est désormais essentiel à sa vie sans qu'ils se soient jamais croisés… C'est comme une toile d'araignée virtuelle, méticuleusement tissée au fil des sentiments de Mélanie et dont il sera difficile de s'extraire. C'est également ainsi que Sonia, la jolie brunette, rentrera dans un cercle de filles qui seront comme autant d'âmes-sœurs, de confidentes. En leur compagnie elle se sentira rassurée, heureuse d'être écoutée, comprise. De points communs en idées communes, elles donneront un nouveau sens à leur vie, convaincues d'avoir trouvé une voie pour purifier le monde. Sonia sera galvanisée par ce groupe qui la rend plus forte, courageuse.
Mélanie, Sonia… Deux jeunes filles intelligentes, brillantes, choyées, dorlotées, élevées dans des milieux cultivés, juste cueillies à un moment charnière de leur vie. Elles pourraient être vous, elles pourraient être moi, nos sœurs, nos cousines, nos filles… Pourtant le film commence par l'intrusion violente des forces de l'ordre dans le pavillon coquet où vit Sonia. Perquisition, arrestation de la jouvencelle qui s'est laissée embrigadée par Daesh sans que son entourage s'en doute. Ces mères et ces pères qui s'effondrent, qui ont fait de leur mieux et culpabilisent de n'avoir rien vu venir, ça aurait pu être nous, vous, nos parents, nos amis…

Forcément, dans le climat actuel, quand on nous a proposé un film sur la « radicalisation », on a chaussé notre regard le plus critique. On guettait le détail démagogue, l'explication toute faite, le faux pas : il n'y en a pas ! Marie-Castille Mention-Schaar déconstruit les raccourcis faciles, stigmatisants, qui ne servent que la carrière de ceux qui les professent. Et en plus elle nous tient en haleine, comme dans un thriller psychologique très bien renseigné (elle a passé des mois à étudier, rencontrer notamment des ados en voie de déradicalisation). Excellent outil pour décortiquer les processus d'embrigadement, comprendre combien il est facile de se laisser aspirer par des mécaniques psychologiques si bien huilées. Puis combien, par la suite, il est difficile, mais pas impossible, d'en réchapper. Long processus décrit avec tact dans lequel Dounia Bouzar accompagne des jeunes et leurs parents tous les jours, dans la vie en vrai comme à l'écran. Quant aux acteurs professionnels, ils se sont investis à tel point qu'ils nous font oublier qu'ils interprètent des rôles. C'est plein de tact, passionnant, efficace.

Lorgues : jeudi 23 à 20h15 et mercredi 28 à 17h45


Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs

Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience.
Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains ».

Il fallait un certain culot pour embrasser un tel thème sans avoir peur de faire rire. Mais attention, pas un rire moqueur ou pire encore cynique. Bien au contraire, Paolo Virzi nous offre l'occasion d'un rire salvateur et sincère. Un rire qui vient comme une libération, comme un sort jeté à la tête du malheur qui guette nos deux folles et qui a déjà une bonne longueur d'avance. Le réalisateur signe une œuvre tendre, sans pathos ni caricature, qui aborde avec autant d'intelligence que d'humour le sujet sensible de l'internement et de la normalité. Mais surtout il dresse un portrait amoureux de ces héroïnes ordinaires, de ces femmes qui se battent, se débattent, pour vivre et gagner leur part de joie et de bonheur.
Et on peut parier que l'aventure n'aurait pas été aussi heureuse sans l'immense talent de ses deux interprètes.
Sans du tout minimiser la performance de Micaella Ramazzotti, Valéria Bruni-Tedeschi, déjà présente dans le précédent film du réalisateur, Les Opportunistes – et qu'on peut voir aussi dans le détonnant Ma Loute de Bruno Dumont –, livre sans doute une de ses plus belles performances. Elle porte le film, littéralement, y insuffle une force, un rythme et une énergie qui entrainent tout et tous sur son passage. Elle est enthousiaste aussi bien que désespérée mais jamais vaincue ni à court d'une de ses idées génialement dévastatrices. Et la comédienne démontre ici toute l'étendue de son talent comique.
Les deux actrices construisent un duo que l'on a l'habitude de voir formé par des hommes : l'auguste et le clown blanc. Deux amochées de la vie, issues de milieux sociaux diamétralement opposés, trahies par les hommes et partageant un savoir quasi encyclopédique en matière de pharmacopée. Une sorte de Thelma et Louise de la psychiatrie, une échappée belle, qui on l'espère vous rendra fous de joie à votre tour.

Lorgues : vendredi 24 à 17h45 et samedi 25 à 20h


Toto et ses Soeurs
Écrit et réalisé par Alexander NANAU
Documentaire Roumanie 2015 1h33mn VOSTF
avec l'incroyable Totonel et ses soeurs Andrea et Ana...
Grand Prix, Festival Premiers Plans d'Angers • Grand Prix, Festival International du Film des Droits de l'Homme de Paris

Ça commence par une séquence qui aurait pu figurer en bonne place dans Les 400 coups de François Truffaut, bijou de la Nouvelle Vague dont les héros sont des enfants. Un enfant escalade un muret pour chaparder une pomme, hélé par sa sœur qui s’inquiète pour lui.

La suite sera moins champêtre : Toto, le gamin chapardeur de pommes (son prénom entier est Totonel), vit dans une des banlieues misérables de Bucarest où s’entassent les familles roms, dans des logements sociaux en partie à l’abandon. On comprend vite que la mère a été incarcérée pour plusieurs années pour trafic de drogue et depuis, Toto et ses sœurs Andrea et Ana, l’aînée, survivent tant bien que mal dans un appartement au confort minimal, sous la « surveillance » d’oncles qui sont d’affreux junkies n’hésitant pas à se piquer devant les enfants.

Ce qui est tout à fait fascinant, c’est qu’au vu des situations, on met du temps à se rendre compte que nous ne sommes pas dans une fiction mais bien dans un documentaire, ce qui démontre le degré d’intimité incroyable que le réalisateur a su construire avec ses protagonistes pour faire accepter à ce point sa caméra dans des circonstances parfois extrêmement délicates. Et alors que le contexte aurait pu tirer le film vers un misérabilisme plombant, tant ce que subissent les enfants nous paraît violent, c’est tout le contraire qui se produit : Toto et ses sœurs est un film lumineux et plein d’espoir, une véritable ode à la vie même quand elle semble vaciller, grâce à l’énergie de ses deux jeunes héros, Toto, toujours plein de rire et d’amour pour ses sœurs, et Andrea, la cadette prête à tout bien qu’analphabète pour sauver sa fratrie de la misère et de la toxicomanie. Grâce aussi à l’énergie des éducateurs, des professeurs, qui déploient, avec les moyens du bord, des trésors de compréhension, de patience, pour sauver ces enfants perdus. (Utopia)

Lorgues : vendredi 24 à 20h et lundi 27 à 17h45

Sing Street
Écrit et réalisé par John CARNEY
Irlande 2016 1h46mn VOSTF
avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Maria Doyle Kennedy, Aidan Gillen, Jack Reynor, Kelly Thornton...

Dublin dans les années 80 : la pop, le rock, le métal, la New-wave… illuminent le quotidien d'une jeunesse à la recherche d'une identité. Bowie, Duran Duran, The Cure font le miel de Top of the Pops, émission qui rameute des fans à la pelle, et pimentent la bande son d'un film largement tonique et bienveillant qui a fait se lever le public de la salle du festival de Deauville pour une standing ovation interminable… Il faut dire que dans ces temps de rentrée colorée de pessimisme inquiet, il n'est pas désagréable de plonger dans un film qui fait du bien et où il apparaît que l'art en général et la musique en particulier peuvent être un bouclier contre la bêtise, la méchanceté, l'ignorance… un levier pour sortir de la grisaille d'un contexte économique, social et familial plombé…

Qu'on ne lui dise pas que l'adolescence est le plus bel âge de la vie : l'année s'annonce morose pour Conor, lycéen mignon comme un cœur. Ses parents au bord de la rupture décident, vu l'évolution de leurs finances, de le changer d'école. Lui qui a toutes les bonnes manières acquises en école privée, le voilà qui se retrouve dans un lycée public avec profs rigides et élèves violents qui le malmènent. Rien désormais dans sa vie ne lui procure un apaisement, et seuls les autres souffre-douleur perdus dans cet univers agressif tentent de se rapprocher de lui.
Jusqu'à ce qu'il tombe sur une vision de rêve : plantée en face de la sortie du lycée, la belle et gothique Raphina pose avec dédain le regard de ses yeux violets sur le jeune homme qui va n'avoir de cesse de trouver le truc qui pourra la séduire, l'emballer… Elle est plus âgée que lui, en a vu d'autres sans doute, celui qu'elle attend a une bagnole de sport à la mode et lui promet de l'emmener à Londres… Mais rien ne décourage Conor. Jamais à court d'imagination, il s'improvise leader d'un groupe de rock qui n'existe pas encore, lui propose de tourner dans un clip et entraîne dans son rêve une poignée de jeunots en mal de copains. Son grand frère, fan de vinyls sublimes, va sortir de sa léthargie schizophrène pour le coacher et apporter ses connaissances musicales au groupe qui s'improvise… C'est pas tout de raconter des salades, il va falloir que Conor les cultive pour rendre crédible son histoire : le clip se tournera, le groupe se montera… et la suite, je ne vous la raconte pas !

Il émane une énergie formidable de cette bande de jeunes ados irlandais recrutés à l'issue d'un casting qui a rameuté des centaines de volontaires branchés musique et qui se révèlent excellents dans ce qui est pour tous leur premier rôle. Mais pour emballante qu'est leur histoire, elle nous immerge dans un contexte très inspiré par la vie du réalisateur : l'Irlande des années 80 était en pleine récession après le choc pétrolier de 1979, le divorce était encore interdit et les très puissantes Églises catholiques et anglicanes irlandaises tenaient particulièrement au statu quo. Les parents de Conor, qui ne se supportent plus, sont donc dans une situation qui ne favorise guère un climat serein à l'intérieur du microcosme familial, pas plus que la rigidité des curés qui enseignent dans le lycée ne crée les conditions d'un épanouissement scolaire… Tout le film traduit remarquablement le climat de ces années-là où nombreux étaient ceux qui rêvaient d'émigrer vers l'Angleterre. Par chance, l'architecture de Dublin n'a guère évoluée depuis et il n'a pas été trop difficile de faire en sorte que rien ne semble artificiel ou recomposé. (Utopia)

Lorgues : dimanche 26 à 18h et mardi 28 à 20h

Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau.
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016


Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks !
Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !

Qu'attendre d'une société qui relègue une partie de ses gosses à la case « banlieue », citoyens de seconde zone, dès leurs premiers pas ? L'avenir consisterait à avaler des couleuvres, tenter de s'intégrer sagement aux rares places accessibles dans le monde du salariat ? Et quoi d'autre ? Se fondre dans des tenues moulantes ou sous un voile selon les fantasmes des mecs auxquels on veut plaire ? Décidément Dounia n'est pas dupe. La voilà partie pour se frayer son propre chemin de traverse à travers cette jungle d'hypocrisie, en compagnie de sa plus fidèle amie Maimouna. Ensemble elles forment le plus pur des duos, un tandem façon Laurel et Hardy au féminin, aux répliques savoureuses. L'une aussi grande et forte que l'autre est gringalette. Tour à tour effrontées ou tendres, gentilles mais jamais serviles. Au lieu de le subir, voilà qu'elles soutiennent le regard des garçons, qui les matent « comme des big macs au milieu du ramadan ». Mieux, elles décortiquent leurs gestes, se les approprient, les reproduisent : embryons de caïds sans jupons, indomptables !
Et naturellement, de combine en combine, leurs pas vont les porter dans l'antre de la big boss, la dealeuse du quartier : Rebecca… Celle qui se paye les plus beaux gosses et se fend d'une petite claque sur leurs fesses pour les renvoyer à la case Kent, jouet sexuel, façon : « Hey poupée, va m'attendre à côté, j'ai des affaires sérieuses à traiter ! ». Maimouna et Dounia sont estomaquées et admiratives : c'est comme si, soudain, la docilité et la domination pouvaient changer de camp. Rebecca les prend d'abord de haut, ces merdeuses, les toise, puis, décidément… le culot de Dounia fait pencher la balance. Après les avoir testées, elle les affranchit, les endurcit, leur apprenant à être toujours moins impressionnables… Rien ne paraît pouvoir faire vaciller la détermination de Dounia. Si ce n'est cette rencontre, avec Djigui, un danseur fascinant et hypnotique, qu'elle épie, s'ouvrant à un univers artistique, chargé d'une sensualité inconnue jusque là…
Mais le plus bel amour de l'histoire reste celui des deux âmes sœurs, fidèles à la vie, à la mort : Dounia et Mamounia, qui nous font sourire, éclater de rire, pleurer, nous bouleversent et donnent envie de bastonner toutes les injustices. Dans leur fusion il y a un message universel, qui tire vers le haut, le sacré… les rend définitivement divines.

C'est un film brillant, emballant, interprété par des actrices incroyablement efficaces et justes malgré leur jeune âge. Des têtes bien faites tout droit élevées au dessus de 1000 visages, association crée par la réalisatrice pour promouvoir un cinéma plus représentatif de la richesse et la diversité de notre pays. (Utopia)

Lorgues : A L'Espace Mitterand. Pensez à réserver ! mercredi 21 à 17h45

La Confession
Ecrit et réalisé par Nicolas BOUKHRIEF
France 2017 1h56mn
avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre...
D'après le roman Léon Morin prêtre, de Beatrix Beck

« S'il me manque l'amour, je ne suis rien », dit Léon Morin du haut de sa chaire… et le film parle de l'appel à la transcendance certes, mais aussi de cette force invisible qui attire deux êtres l'un vers l'autre. Une force d'autant plus puissante qu'ici les interdits liés à un idéal fort obligent chacun à résister à une attraction qui se trouve ainsi portée à un niveau d'incandescence qui les marquera à jamais.
Dans ce petit village de la province française sous occupation allemande, les hommes sont prisonniers ou ont pris le maquis et les femmes se retrouvent entre elles et continuent à vivre, remplaçant les hommes partout où ils s'activaient : les commerces, les bureaux, les champs… Dans le microcosme de la poste, se retrouvent chaque jour une brochette de filles sous la houlette d'une chef sévère mais sympa. Il y a de la chaleur dans leurs relations formidablement humaines, mélange d'affect, de jalousie, de solidarité : les unes flirtent avec l'occupant, apportent des gourmandises au bureau, les autres soutiennent les résistants, retiennent certaines lettres méchantes… Collées les unes aux autres, elles percutent les moindres états d'âme à demi mot, n'ignorent rien des positions de chacune. Parmi elles Barny fait figure d'idéaliste intransigeante. Fille superbe au regard intense, profondément accrochée à un idéal communiste pur jus, elle vit seule avec sa fille, espérant le retour de son homme.

Quand un nouveau prêtre déboule dans le village, toutes ces femmes privées de leur époux, leur amant, sont en émoi. C'est qu'il est beau, Léon Morin, et d'autant plus troublant que son rôle le rend inaccessible. Il est habité par une foi sincère mais aussi par un profond humanisme qui l'ouvre aux autres. Sa religion n'est ni étriquée ni sectaire, il écoute et comprend, trouvant toujours le petit trait d'humour, le mot qui fait mouche. D'une solide culture, il donne à toutes ces dames des lectures qui les font cogiter et dont elles parlent constamment au boulot.
De quoi agacer Barny qui est la seule à se déclarer athée, qui ne comprend pas cet engouement, irritée par ce prêtre qui ne se démonte jamais et trouve toujours la faille, la phrase juste énoncée d'une voix chaude. Celui qui croyait en Dieu, celle qui n'y croyait pas… Barny va provoquer la rencontre, ou plutôt la confrontation : tous deux sont habités par cette forme de lumière qui caractérise ceux qui se projettent dans une transcendance. Elle est intelligente, passionnée et belle, elle va chercher à comprendre, il va lui donner les arguments de son engagement et sa vision de la vie et des êtres. L'échange est profond, troublant : s'interdisant la fusion des corps, c'est celle des esprits qui ne cesse de croître, laissant dans les cœurs une empreinte indélébile et magnifiée.

On se souvient que Léon Morin prêtre a d'abord été un roman superbe qui a reçu le prix Goncourt en 1952, on se souvient du film de Melville avec Belmondo et Emmanuelle Riva qui vient de disparaître, il y a eu d'autres adaptations… Nicolas Boukhrief en fait une interprétation libre, personnelle et moderne qui rentre fortement en résonance avec l'air du temps et questionne la nature humaine, le désir et le manque, le besoin d'idéal, les frémissements de l'âme, la perspective du néant… le tout dans un contexte exceptionnel de guerre qui bouscule les lignes, force les êtres et les révèle, intensifie leur vie en les confrontant à la mort, à ce désir qui leur donne raison d'exister.
Romain Duris semble l'incarnation même de Léon Morin et sa relation avec Marine Vacth (découverte dans Jeune et jolie d'Ozon) est riche et intense… mais autour de ces deux premiers rôles magnifiques, il y a toute la bande de la poste (Anne le Ny en tête) qui contribue à enrichir constamment le film de récits croisés, de caractères forts, d'échanges passionnants et subtils, et puis il y a l'humour, celui de Léon Morin qui permet la distance : « Parce que la spiritualité rend joyeux. La vraie croyance, l'humanisme, rend heureux. Regardez les moines bouddhistes !… C'est le doute qui rend sombre » dit Nicolas Boukhrief.

Le Vox (Fréjus) mercredi 22 et jeudi 23 à 13h45, 17h40, vendredi 24 à 15h30, 20h45, vendredi 24 à 16h10, 18h30, samedi 25 à 13h45, dimanche 26 à 15h40, lundi 27 à 15h45, mardi 28 à 15h40, 18h20


Moonlight
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Barry JENKINS
USA 2016 1h51mn VOSTF
avec Trevante Rhodes, Alex. R. Hibbert, Ashton Sanders, Mahershala Ali, Janelle Monae, Naomie Harris, André Holland...
D'après le livre de Tarell Alvin McCraney

Moonlight se passe exclusivement dans la communauté noire défavorisée de Miami, mais pas de confusion : on est à 10 000 lieux du film de ghetto avec guerre des gangs endémique et coups de flingue pour un bout de trottoir où vendre du crack. Moonlight captive et émeut en nous montrant avec sincérité et sensibilité l'évolution et la construction de l'identité d'un enfant au destin tourmenté. Un récit en trois volets où l'on suit Chiron dans le quartier de Liberty à Miami, d'abord à l'âge de neuf ans – il est alors surnommé Little – puis à seize ans en adolescent solitaire avant de le retrouver quand il est devenu un homme de vingt-cinq ans au physique impressionnant et à la prestance de caïd, mais cachant de toute évidence au plus profond quelques blessures jamais refermées.

Quand on découvre Chiron, c'est un enfant apeuré qui fuit trois ou quatre petits durs en bermuda et se réfugie dans un de ces appartements abandonnés qui servent de planque aux dealers locaux. C'est ainsi que Chiron va rencontrer Juan, un vendeur de crack au grand cœur (ça « devrait » être un oxymore et pourtant…) qui va devenir pour quelques temps avec sa compagne Teresa – très beau personnage, soigné comme tous les seconds rôles du film – une famille de substitution qui permettra au gamin de trouver affection et confiance.

Moonlight, dont le titre évoque la lueur de la lune perçant l'obscurité de la nuit et de la vie, éclairant la part d'ombre de chacun, décrit de manière formidable comment un petit être grandit et se construit dans toutes ses contradictions alors qu'il est très mal parti dans la vie, enfermé dans une case par une prédestination sociale, culturelle, sexuelle dont il va tenter – ou pas – de se défaire avec l'aide des rencontres qui vont jalonner son parcours. Comment, dans une communauté où tout le monde se connait et où tout le monde obéit à des règles et à un contrôle social pas forcément propice à la liberté individuelle, un jeune garçon noir des quartiers pauvres peut s'affranchir des codes sociaux, de la masculinité revendiquée et presque obligatoire. Comment il peut faire exploser ce statut de souffre-douleur qui lui est assigné depuis l'enfance. Comment il peut concilier l'amour naturel pour sa mère en perdition et la préservation de son avenir. Comment il peut accepter l'amitié protectrice d'un dealer alors que celui ci fournit en produit mortifère sa propre mère. Moonlight est un film éminemment intelligent sur la complexité des âmes et des sentiments : celui qui vous protège et vous aime peut aussi contribuer à la perte de vos proches, celui que vous aimez peut s'avérer aussi votre bourreau malgré lui. Et il faut s'en débrouiller pour grandir.

Pour incarner toute la richesse ambigüe de cette destinée, le réalisateur a trouvé trois comédiens exceptionnels pour les trois périodes de la vie de son personnage principal, avec une palme du cœur à Trevante Rhodes qui incarne Chiron adulte, montagne de muscles incarnant parfaitement, à travers la sobriété du jeu, les blessures profondes et les sentiments intenses qui hantent ses nuits, avec notamment deux scènes bouleversantes de retrouvailles avec sa mère et un ami perdu de vue. Autre personnage fascinant du film : Miami, avec ses palmiers et son soleil permanent, incarnant dans l'imaginaire collectif le paradis subtropical pour retraités fortunés, dont Moonlight nous montre, derrière la beauté et les couleurs, les arrière-cours moins reluisantes, filmées dans un splendide Cinémascope.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : lundi 27 à 18h

The Lost City of Z

Réalisé par James GRAY
USA 2016 2h23mn VOSTF
avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, Tom Holland... Scénario de James Gray d'après le livre de David Grann...

A moins d'être frappé d'une souche particulièrement virulente du virus de l'immobilisme, il y a en chacun de nous une fascination – qui reste souvent inassouvie – pour les territoires lointains, encore inexplorés, pour ces contrées du globe encore vierges de toute civilisation. Au fil des décennies, ces terres d'aventure absolue se sont raréfiées... Mais il y a un siècle à peine, une immense partie du monde restait à découvrir, construisant la légende des explorateurs intrépides, dont les exploits enflammaient les imaginations. Les périples extraordinaires de ces aventuriers ont nourri bien des romans exaltants (Le Monde perdu de Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, pour n'en citer qu'un) qui firent le bonheur des enfants rêveurs, mais aussi la bande dessinée (Corto Maltese...) et bien entendu le cinéma (King Kong...). Le nouveau et magnifique film de James Gray s'inscrit dans cette tradition épique en s'attachant à l'incroyable et pourtant bien réelle destinée de Percival Harrison Fawcett.

Percy Fawcett est, au début du xxe siècle, un jeune officier britannique issu d'une famille quelque peu déchue, en quête de reconnaissance et de gloire. Comme beaucoup, il a fait ses classes dans les colonies britanniques, en Inde et en Afrique, où il a acquis de solides notions de topographie. C'est grâce à elles qu'il se voit proposer en 1906, par la très prestigieuse Société de Géographie britannique, une mission qui va lui permettre de redorer le blason familial : se rendre aux frontières amazoniennes de la Bolivie et du Brésil, alors en conflit territorial, et cartographier les limites des deux pays. Une expédition hautement risquée à l'époque, au cœur d'un territoire hostile, mais qui va prendre une dimension inattendue quand, au détour d'une rivière, Percy va trouver par hasard ce qu'il croit être les vestiges d'une cité perdue, alors que le dogme scientifique affirme que dans ces recoins amazoniens, aucune civilisation amérindienne avancée n'a pu se développer – parfait prétexte à la justification de la colonisation. Prouver la réalité de ces vestiges va devenir l'obsession de son existence, au péril de sa vie, au risque de détruire son mariage – splendide personnage que celui de son épouse, forte, déterminée, bouleversante – et de ne voir qu'à peine grandir ses enfants. Formidable film d'aventures, The Lost City of Z est aussi une réflexion sur la fascination de l'inconnu, sur le vertige qu'elle peut faire naître.

Quand on voit le film, on ne peut pas ne pas penser à l'extraordinaire roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, qui inspira Apocalypse now, ou au génial Aguirre ou la colère de Dieu, de Werner Herzog, qui racontait l'errance désespérée de conquistadors espagnols en territoire amazonien. Le magnifique travail du chef opérateur Darius Khondji donne à la forêt une splendeur inquiétante. Mais le film est aussi le portrait superbe d'une génération perdue, celle qui, à l'époque victorienne, portait les espoirs d'un empire dominateur avant de connaître les horreurs de la Grande Guerre et qui jamais ne s'en releva, préférant se perdre dans l'inconnu pour mieux narguer la mort à laquelle elle avait échappé. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 20h30, jeudi 23, vendredi 24 et dimanche 26 à 20h45, samedi 25 à 21h, lundi 27 à 20h15


Monsieur & Madame Adelman
LES FLEURS BLEUESRéalisé par Nicolas BEDOS
France 2017 2h
avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Denis Podalydès, Christiane Millet, Pierre Arditi, Julien Boissellier, Zabou Breitman...
Scénario de Nicolas Bedos et Doria Tillier

Une neurobiologiste tout ce qu'il y a de sérieuse a découvert que l'amour ne durerait que trois ans, le temps à un homme et une femme de tomber raide frappadingue et de procréer. Un état de grâce conditionné par la fabrication de l'ocytocine, fameuse hormone du plaisir, produite en grande quantité par le cerveau amoureux puis déclinant tristement au fil des mois pour sceller la fin du roman, de la belle histoire. Amour ne rimerait donc pas avec toujours… La fulgurance du début, cet état de grâce où l'autre est tellement tout qu'on en oublie les défauts qui font tache dans le tableau, s'effilocherait comme un vieux pull en laine pour finir collé dans un album photo oublié dans le tiroir du bas de la commode de famille… c'est moche.
Et bien, sachez-le, réjouissez-vous : il ne faut pas croire les scientifiques, c'est faux archi-faux, totalement faux et j'en ai la preuve : Madame et Monsieur Adelman !

Quand Victor, écrivain qui se cherche encore beaucoup, croise Sarah, étudiante en lettres et grande bringue brune à lunettes, on ne peut pas vraiment dire que c'est le coup de foudre. Il est très autocentré, en pleine crise artistico-existentielle et n'a que faire de cette fille qu'il ne trouve même pas canon. Il est en plus persuadé que c'est le genre d'intello castratrice qui va lui couper net tout élan créatif. Non, aucun intérêt cette fille, et puis Victor a déjà bien du mal à gérer ses petits tracas : sa psychanalyse à rallonge, son frère qui vote à droite, sa mère alcoolique amoureuse de son Yorkshire et son grand bourgeois de père (Pierre Arditi : exquis).
Dans le genre intello, Sarah se pose un peu là, mais avec une certaine fraîcheur, l'air de rien de la fille qui se sait brillante mais qui l'est bien trop pour en mettre plein la vue. Sarah quant à elle, sait immédiatement que sa vie toute entière tournera autour de ce gars là, il y a d'intimes convictions qui n'ont besoin d'aucune garantie sur l'avenir pour exister… Et comme l'écrira un peu plus tard Victor : « N'en déplaise à certains, on rencontre parfois l'amour irrémédiable. » L'amour irrémédiable, celui auquel on n'échappe pas, celui qui vous poursuit, celui qui parvient toujours à ses fins.
Nous sommes à la fin des années soixante-dix, on porte des pantalons et des coupes de cheveux improbables, on vit légers sans téléphone portable et Victor et Sarah, après s'être vaguement cherchés, vont enfin se trouver. Elle sera sa muse, sa plus fidèle lectrice, son intarissable source d'inspiration, son carburant, sa dope, sa came, sa raison d'être et d'écrire… Il sera son homme, son ami, son compagnon de route, son auteur préféré, son refuge, son paysage en technicolor et mieux que tout cela : le complice de chaque instant de grâce que la vie fabrique quand on la parcourt à deux. Sur 45 année, une véritable Odyssée !
Les années passent, le succès arrive enfin, puis un premier enfant qui porte tous les espoirs mais ne sera pas tout à fait à la hauteur de la mission, le pauvre (ça c'est pour la partie cynico-grinçante du film et c'est assez drôle quoiqu'un peu méchant), et puis encore le succès… et puis les biens matériels qui vont avec, l'énorme maison statutaire, le petit personnel (mais si mais si, on peut voter à gauche et avoir du personnel de maison, ça s'appelle la gauche caviar) et puis le ronron, et puis l'endormissement, la fin des flonflons… et là, vous n'y comprenez plus rien, vous relisez le début de ce texte et non, vous n'avez pas rêvé : on y disait bien que l'amour était éternel…

Et bien oui, il le sera, avec ses hauts, ses bas, ses mesquineries, ses parenthèses, ses à côté, ses entorses aux promesses et ses petits arrangements avec les idéaux, ceux du couple, de la famille et du peuple de gauche. Écrit à quatre mains avec un sens aigu du rythme et un penchant naturel pour les dialogues qui font mouche, Monsieur & Madame Adelman est une comédie romantique très drôle autant qu'un hommage appuyé à toutes les muses, à toutes les amoureuses, les célèbres, les discrètes, les anonymes, vous, moi.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 13h15 et 18h, jeudi 23 à 13h45 et 18h15, vendredi 24 à 13h45 et 20h45, samedi 25 à 16h05, dimanche 26 à 18h25 et 21h, lundi 27 à 13h45 et mardi 28 à 15h55 et 20h45
Cotignac : lundi 27 à 18h et 20h30


Certaines Femmes
Écrit et réalisé par Kelly REICHARDT
USA 2016 1h47mn VOSTF
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros...

Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d'un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d'un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite construire sa maison avec les pierres présentes sur le terrain d’un vieil homme. En compagnie de son mari, elle rend visite à ce dernier et tente de le convaincre. Ryan n'est d'aucune aide. Cette négociation est une nouvelle fois révélatrice du fossé qui s'est creusé dans leur couple. Jamie, une jeune femme solitaire, travaille dans un ranch. Lors d'un cours du soir, elle tombe sous le charme de Beth, une jeune avocate harassée par les kilomètres qu'elle doit parcourir pour faire classe…


Depuis Old joy, son premier long métrage, la réalisatrice américaine Kelly Reichardt trace le sillon d’un cinéma sensitif, fait de petits riens que sa mise en scène sublime pour toucher durablement le spectateur. En adaptant trois nouvelles de Maile Meloy, la réalisatrice de La Dernière piste raconte « L’Americana », avec une rare économie d’effets mélodramatiques. Dès son premier plan, un train qui passe lentement devant le décor enneigé du Montana, Certaines femmes impose son rythme et demande une minutieuse observation de ce qui se passe dans le cadre. Tout se joue dans les regards et les silences, rien n’est imposé.

Trois histoires non liées se suivent mais une même solitude envahit peu à peu les récits, note de fond ajouté par le quatrième personnage principal du film, le paysage froid du Montana, qui rend les déplacements difficiles et les élans du cœur impossibles à exprimer. La beauté de Certaines femmes tient dans l’empathie que fait éprouver Kelly Reichardt pour ses personnages. Par la beauté sereine de sa mise en scène, le quotidien le plus trivial devient bouleversant. Et quand une jeune femme amoureuse se promène fièrement à cheval pour déclarer sa flamme, le cœur enfin s’emballe et l’émotion nous étreint.

(Yannick Vély)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 23 à 16h05, vendredi 24 à 18h30, samedi 25 à 18h55, dimanche 26 à 14h45, lundi 27 à 20h, mardi 28 à 13h45

Madame B. Histoire d'une Nord-Coréenne
Réalisé par Jero YUN
Documentaire Corée-du-Sud France 2016 1h11mn VOSTF

Depuis que les premiers opérateurs Lumière ont parcouru le monde pour aller témoigner en images du monde tel qu'il l'était à la toute fin du xixe siècle, il s'est écoulé près de cent-vingt ans. Des millions d'heures d'images ont été tournées sur le moindre recoin de notre planète, et sur les soubresauts de son histoire. On pourrait croire qu'on a tout vu tout entendu, que l'on connaît presque tout grâce au cinéma et à la télévision. Et pourtant un film vient de temps en temps nous surprendre et nous faire découvrir des réalités inconnues : c'est le cas avec cet étonnant Madame B qui nous ouvre une fenêtre sur un pays très rarement filmé, la Corée du Nord et ses habitants.
Jero Yun est un réalisateur sud-coréen. Comme tous ses compatriotes, il vit avec la blessure qui fracture depuis les années 1950 le peuple coréen, cette guerre des blocs qui a partagé le territoire en deux, opposant le Nord, une des dernières et plus secrètes dictatures communistes, et le Sud, caricature du capitalisme dans tous ses excès. Et en tant que cinéaste, le destin de ceux qui vivent « de l'autre côté » l'a toujours passionné.

Le film nous fait suivre le périple et le destin de Madame B., Nord-Coréenne qui a décidé de fuir son pays via la Chine afin de rejoindre par la suite la Corée du Sud. Les premières images, caméra cachée ou à l'épaule, sont confuses, traduisant bien la réalité de tous les clandestins qui se dissimulent comme ils peuvent pour fuir, par tous les moyens de transport possibles, une situation devenue insoutenable. Et puis on va retrouver Madame B. en Mandchourie, à l’extrémité septentrionale de la Chine, où elle a été achetée par une famille de paysans chinois. Vous avez bien lu : achetée. Car tel est souvent le sort de certaines clandestines nord-coréennes, contraintes d'épouser un paysan célibataire qui n'a pas les moyens de convoler en justes noces avec une des ses compatriotes. Étrange quotidien que celle de cette femme volontaire, voire autoritaire, mariée d'office avec un vieux garçon qu'elle mène finalement à la baguette en dépit de la présence des beaux-parents et qui finit, pour arrondir les fins de mois de tout le monde, par devenir passeuse et trafiquante de drogue !
Mais le but ultime de Madame B., c'est de rejoindre en Corée du Sud son premier mari, et surtout ses deux enfants qui ont réussi à passer. Le chemin est périlleux puisque, la géopolitique étant ce qu'elle est, elle doit parcourir plusieurs milliers de kilomètres depuis Nord de la Chine à la Thaïlande en passant par le Laos, où elle pourra être volontairement expulsée vers la Corée du Sud par avion, dans le cadre d'un accord de retour au pays des « nouveaux arrivants nord-coréens ». Entre la dureté de la dictature nord-coréenne, la pauvreté de la vie rurale chinoise, la paranoïa anticommuniste de la Corée du Sud qui fait d'elle une suspecte en puissance, autant dire une sous-Coréenne, quelle sera la réalité finalement la plus supportable pour Madame B ?

Le film est avant tout le superbe portrait d'une femme qui se bat pour sa survie, et peut-être plus encore pour assurer un avenir meilleur à ceux qu'elle aime (qui ne sont pas forcément ceux auxquels on s'attend…), au détriment de son propre destin. C'est aussi un coup de pied aux clichés trop faciles qui circulent sur les deux Corée, un constat triste et mélancolique sur ces satanées frontières séparant des êtres qui devraient se rejoindre.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 22 à 16h05, jeudi 23 à 13h45, vendredi 24 à 18h30, samedi 25 à 17h25, dimanche 26 à 16h55, lundi 27 à 16h25, mardi 28 à 16h30

Chez Nous

HARMONIUMRéalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy

Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :

« Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
« Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
« Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
« Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)

Salernes : jeudi 23 à 18h15


Lion

LA CIGALE, LE CORBEAU ET LES POULETSRéalisé par Garth DAVIS
Australie/Inde 2016 1h58mn VOSTF
avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, David Wenham, Sunny Pawar...
Scénario de Luke Davies, d’après le récit autobiographique de Saroo Brierley « A Long Way Home »

C'est bien connu, la réalité dépasse parfois la fiction. Et Lion, incroyable récit inspiré d'une histoire tout ce qu'il y a de vraie qui nous entraîne de l'Inde à la Tasmanie, est la parfaite illustration de cet adage. Et n'en déplaise aux cœurs de pierre qui trouveront le film trop empreint de bons sentiments, par les temps qui courent on ne les refuse pas. Quoi de plus beau que l'obstination démesurée d'un fils pour retrouver sa mère envers et contre tous les pronostics réalistes ? Car c'est cela, l'histoire de Saroo. L'histoire d'un petit garçon qui perd sa mère et son frère et qui fait tout pour les retrouver, quinze ans plus tard et à quelques milliers de kilomètres de distance !

Tout commence quelque part au centre de l'Inde où Saroo, sa mère son frère Guddu mènent une vie misérable mais somme toute heureuse. Saroo et son frère chipent notamment du charbon sur les trains de marchandises qui traversent à vitesse réduite leur village. De temps en temps Guddu va travailler sur des chantiers dans la ville la plus proche, et un jour il accepte d'emmener Saroo. Guddu lui dit de l'attendre à la nuit tombée sur un banc de la gare, mais Saroo préfère s'installer dans un train vide. Quand il se réveille, le train roule tambour battant et ne s'arrêtera qu'à Calcutta, à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui, une ville tentaculaire où l'on ne parle pas la même langue (il parle l'hindi et non le bengali), une ville où les enfants des rues, premières victimes de tous les trafics, sont légion. Incapable de se faire aider pour retrouver son petit village inconnu de tous, il finira après maints rebondissements par se faire adopter par une famille tasmanienne (la Tasmanie n'est pas seulement le pays du diable, c'est une île méridionale de l'Australie).
Mais malgré tout l'amour de sa famille adoptive, Saroo n'oubliera jamais sa mère et son frère biologiques, qu'il n'aura de cesse de retrouver. Mais comment y parviendra-t-il ?
La première partie du film, qui se passe en Inde, est d'un naturalisme saisissant et décrit sans angélisme ni misérabilisme la vie simple, rude, parfois cruelle de la famille de Saroo, puis la situation terrible des enfants des rues de Calcutta. Le jeune Sunny Pawar, choisi parmi 4000 gamins indiens, dégage une émotion formidable, autant dans ses efforts désespérés en Inde que dans le début de sa vie d'enfant adopté, évoquant, comme le dit sa mère adoptive incarnée par Nicole Kidman, le Kid de Charlie Chaplin.
La deuxième partie, qui s'attache aux recherches désespérées et obsessionnelles de Saroo devenu un jeune étudiant australien brillant mais tourmenté par sa quête, est palpitante, rythmée par les échecs et les espoirs de notre héros (excellent Dev Patel).

Et derrière l'aventure et les émotions, Lion est une très jolie réflexion sur le destin complexe mais souvent riche des enfants adoptés de par le monde, qui gardent à cœur de ne pas se couper de leurs racines. (Utopia)

Salernes : mercredi 22 à 18h, jeudi 23, lundi 27 et mardi 28 à 20h30, samedi 25 à 18h, dimanche 26 à 16h30

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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