Au(x) cinéma(s) du 24 au 30 mai

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Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Sage Femme de Martin Provost, "un film ample et magique" nous dit-on...

Mais l'événement de la semaine, c'est celui-là : Entretoiles vous invite à venir partager avec nous ce  dimanche 28 mai,  une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films : Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces. et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films ! Venez nombreux !

Dans sa programmation ordinaire, CGR présente Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues et à Salernes,  Tunnel de Kim Seong-hun, un vrai divertissement très spectaculaire et à Lorgues seulement, L'Opéra un documentaire de Jean Stéphane Bron, envoûtant de bout en bout.
Au Vox à Fréjus, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées. Au Vox et au Luc :  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb, Au Vox seulement, allez voir Une Famille heureuse de  Nana Ekvtimishvili, un film tour à tour drôle, acide, subtil ou bouleversant. A Cotignac,  Après la tempête de Kore Eda, infatigable peintre des familles japonaises et enfin au Vox et au Luc allez voir Aurore de Blandine Lenoir, un film subtil et vivifiant.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir : De toutes mes forces de Chad Chenouga.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 17 AU 24 MAI

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Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...
C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !... lire la suite
CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 24 à 17h45, jeudi 25 à 15h45, vendredi 26 et samedi 27 à 17h30, lundi 29 à 20h et mardi 30 à 13h45
Affiche
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 16h25 et 21h, dimanche 28 à 16h15 et 18h30, lundi 29 à 15h, 20h45, mardi 30 à 15h et 21h
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : Tous les jours à 20h10 et 22h30
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Aurore
Réalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin
On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24, jeudi 25, samedi 27 et dimanche 28 à 14h
Le Luc : mercredi 24 mai et dimanche 28 à 18h, vendredi 26 à 21h, samedi 27 à 21h
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Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won
Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse... lire la suite
Lorgues : mercredi 24 à 16h, jeudi 25 à 20h15, samedi 27 à 18h15, lundi 29 à 21h15
Salernes : samedi  27 à 18h, dimanche 28 à 21h, lundi 29 à 20h30
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 et dimanche 28 à 14h, 16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 14h, 16h15, 18h30 et 21h, vendredi 26 et mardi 30 à 15h, 18h30 et 21h, lundi 29 à 15h, 18h15 et 20h45
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L'Opéra
Film documentaire de Jean-Stéphane BRON
Documentaire France 2016 1h50mn
avec tous ceux qui s’activent pour faire vivre l’Opéra de Paris...
Scène d’ouverture splendide sur le toit de l’opéra Bastille. On surplombe Paris sous les pâles rayons du soleil qui s’éveille : océan d’immeubles et de monuments encore grisés par la nuit qui s’achève, ciel aux bleus hésitants, volutes de nuages teintés de blancs et de gris luminescents. Deux pompiers, rendus minuscules par ce décor grandiose, s’activent sur une musique magistrale, de toute beauté. L’instant d’après, plongée directe dans un bureau cossu où l’on va assister à un conseil d’administration digne d’un scénario d’opéra bouffe. Pris avec distanciation, les non dits, les manœuvres diplomatiques… deviennent autant de petits clins d’œils comiques et parfois cyniques qui donneront complexité et relief à la suite du récit... lire la suite
Lorgues : samedi 27 à 16h, dimanche 28 à 21h10, lundi 29 à 21h15
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Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...
Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés. Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences... lire la suite
Cotignac : lundi 29 mai à 18h
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 18h20, jeudi 25 à 18h30 et 21h, vendredi 26 à 15h et 21h, samedi 27 à 16h et 18h30, dimanche 28 à 16h et 20h45, lundi 29 à 18h15 et 20h45, mardi 30 à 15h et 21h
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 25 à 14h, vendredi 26 et mardi 30 à 18h30, samedi 27 à 21h, dimanche 28 à 18h25 et lundi 29 à 15h
Le Luc : mercredi 24 à 20h30, jeudi 25 à 18h30, samedi 27 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...

C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !
Avoir réuni tout ce petit monde à l’écran, savoir lui donner vie, n’est pas le moindre talent de Martin Provost (le réalisateur de Séraphine). L’intrigue est là, prenante. Elle brode en filigrane un pamphlet percutant pour une société plus juste où la finance ne prendrait pas le pas sur l’humain. C’est d’une beauté simple et saisissante comme tous ces petits riens de l’existence qu’on oublie trop souvent d’admirer et qui s’accumulent pêle-mêle devant nos sens engourdis.
Les reflets sur l’asphalte mouillé après la pluie, les murmures de la nature, la sensualité d’une main qui s’avance, timide, la patience des graines, le premier fris- son d’un nourrisson : son premier cri, sa première larme, son premier sourire. De tout cela, sans bêtifier, Claire (Catherine Frot), sage-femme de son état, ne se lasse pas. Pourtant, il y aurait de quoi ! Oh ! combien de vagins, combien de fontanelles elle aura vu passer entre ses mains expertes en trente ans de carrière ! Des bébés de toutes les couleurs, des pour lesquels tout paraît d’emblée facile, d’autres dont la première bouffée d’air semble moins insouciante, plus amère. Des mères parfois battantes, radieuses, parfois effrayées... Même rituels toujours renouvelés... Pourtant aucune lassitude dans les gestes précis de Claire et de ses consœurs, leurs expressions sont plus éloquentes qu’un long discours. Malgré les gémissements, la sueur et le sang, chaque nouvelle mise au monde reste aussi grisante et précieuse que la toute première fois.

Et c’est vidée de toute énergie, après ses heures de garde, que notre sage-femme
s’en retourne vers sa cage d’immeuble en banlieue pour s’endormir, alors qu’au loin, Paris s’éveille. Une vie de célibataire réduite à peu de choses à côté d’un métier si prenant. Cultiver son jardin (un petit lopin ouvrier), regarder les salades et son grand fils (étudiant en médecine) pousser... Et surtout respirer, pédaler au grand air, se ressourcer pour pouvoir encore donner le meilleur aux prochaines parturientes qui ne manqueront pas de venir frapper à la porte du service public. C’est un coup de téléphone qui va venir briser l’apparente quiétude de Claire, une voix surgie de son adolescence, et qui la propulse des décennies en arrière. Cette voix au bout du fil, celle de Béatrice (Catherine Deneuve), l’ancienne amante de son père défunt, est comme une claque qui résonne, synonyme d’un impossible pardon... Claire raccroche aussi sec. Mais Béatrice insiste... L’espace d’un premier rendez-vous, voilà deux antithèses réunies : l’une, telle la fourmi, sérieuse, méticuleuse, responsable ; l’autre, telle la cigale, hâbleuse, joueuse, rêveuse. L’une s’oubliant pour les autres, l’autre ne vivant que pour attirer leurs regards, surtout celui des hommes... Entre l’une et l’autre, des choix de vie irréconciliables. Entrevue tendue et explosive entre deux aimants à la polarité opposée.

Claire, pour oublier l’interlude, se réfugie derechef dans ses plantations, essayant de retrouver le calme... Mais un malheur n’arrivant jamais seul, voilà que le fils d’un vieux voisin malade vient troubler sa solitude... Elle prend des airs renfrognés pour dissuader l’intrus (Olivier Gourmet)...
Car Claire est bien décidée à ne laisser ni le passé ni le monde extérieur pénétrer dans son intimité. Ce cocon intérieur dans lequel elle se protège, depuis des années, mais où elle oublie peut-être un peu de vivre, il va bien falloir qu’elle en brise un peu la carapace.(Utopia)


CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 24 à 17h45, jeudi 25 à 15h45, vendredi 26 et samedi 27 à 17h30, lundi 29 à 20h et mardi 30 à 13h45

Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...

C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté.

Suite au mariage d’une troisième colocataire, Nour, étudiante en informatique, débarque un matin dans l’appartement pour occuper la place vacante. Discrète et studieuse, pudique et voilée, Nour ne souhaite qu’une chose : pouvoir étudier en toute tranquillité et recevoir de temps en temps, en toute chasteté, son fiancé. Nour va bientôt se marier mais pour l’heure, elle est surtout concentrée sur ses examens. Chacune vit sa vie sans porter de jugement sur celle des autres, elles se croisent parfois, au petit matin, autour d’un café, parfois elles se parlent et parfois pas, elles ont appris à respecter leurs choix, leurs rythmes de vie autant que leurs envies. Laila est sans doute la plus libre. Elle est avocate et traite aussi bien ses affaires en arabe qu'en hébreu, elle fait exactement ce qu’elle veut, s’habille comme bon lui semble en maitrisant d’une poigne de velours sa destinée. Elle est belle, sexy, sensuelle, insoumise, volontaire, rebelle et si elle aime, c’est selon ses règles. Salma est DJ amateur et vivote de petits boulots en petits boulots : cuistot, barmaid, elle a trouvé à Tel Aviv le bouillonnement culturel et musical qui correspond à sa curiosité, à ses élans. Mais quand elle retourne dans son village, elle redevient la petite fille bien docile qu’elle était, écoutant sans broncher le discours de ses parents qui veulent la marier très vite et n’ont de cesse de lui présenter des garçons bien sous tous rapports. Mais les apparences sont souvent trompeuses… Nour quant à elle se pose bien des questions. Ses études sont un moyen pour elle de s’affranchir du système patriarcal dans lequel elle a toujours évolué mais elle pressent bien que son futur mari préfèrerait la voir derrières ses fourneaux plutôt que dans un bureau. Si elle pouvait être docile, aimante et silencieuse, ce serait la femme idéale… Mais la femme idéale, c’est peut-être celle qui a décidé de danser, ou pas.
Suite à une rencontre, un événement qui sera peut-être doux comme un baiser ou violent comme une claque, elles vont chacune être rattrapée par la terrible réalité d’une société pleine de conservatismes et de tabous.

C’est cette société que Maysaloun Hamoud tente de secouer et de faire évoluer à travers ce film lumineux, éminemment féministe et engagé. Membre de « Palestinema », un groupe de jeunes cinéastes dont le but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est très minoritaire, son engagement artistique n’est pas sans rappeler celui de Ronit Elkabetz, voir même de Nabil Ayouch dont les héroïnes de Much Loved pourraient être les cousines de cœur de Laila, Selma et Nour. Et pour ne rien gâcher, la bande son, issue de la scène underground palestinienne, est particulièrement soignée… et vous donne une furieuse envie de bouger.(Utopia)

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 18h

De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga

Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change...

Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, celle de Paris et celle de la banlieue, celle du foyer et celle du lycée, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer... Chad Chenouga, qui a connu une trajectoire comparable à celle de Nassim, le héros, adapte ici avec Christine Paillard la pièce de théâtre qu’il a écrite et lui-même mise en scène en 2011 au Théâtre des Amandiers. Un scénario qui a valu à ses deux auteurs le Grand Prix Sopadin 2015 du meilleur scénariste, une référence.

« J’avais envie de transmettre les énergies d’un groupe d’adolescents, au travers de la danse, de leurs meurtrissures cachées, de leurs parcours chaotiques. J’avais envie aussi de raconter les deux mondes séparés de Nassim... Je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres... Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir.
« Tout au long du processus d’écriture, ma volonté était de prendre une certaine distance par rapport à ma propre histoire, mais en préservant la justesse de mon ressenti et de celle des personnages que l’on avait créés. Il s’agissait aussi de ne sur- tout pas tout dire, de transmettre en priorité un sentiment de vitalité plus que raconter de bout en bout les parcours des uns et des autres.
« Quand j’ai proposé à Yolande Moreau le rôle de la directrice du foyer, Madame Cousin, elle m’a dit : “Cette histoire ne raconte pas d’histoires, j’y crois”. J’étais content. » Chad Chenouga

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai à 20h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 16h25 et 21h, dimanche 28 à 16h15 et 18h30, lundi 29 à 15h, 20h45, mardi 30 à 15h et 21h

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Get Out : Photo Allison Williams, Daniel KaluuyaÉcrit et réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...

Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez !

Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. C’est beau, léché, avec un piqué de cinéma qui redore le blason du cinéma de genre, loin des found-footages habituels auxquels Blumhouse Productions nous avait habitués tout au long de la décennie. Get out, c’est en fait le retour aux thrillers pavillonnaires anxiogènes des années 70-80, ceux qu’affectionnait un certain John Carpenter dans Halloween : la nuit des Masques, avec le même sens de l’espace, ample et structuré.

La banlieue américaine (Suburb, en VO) est le cadre du film de Jordan Peele, cet espace sans problème des productions Amblin Entertainment, ciment de la "whitocracy" où la diversité, amorphe, est un concept urbain lointain. Avec une ironie féroce, le cinéaste y injecte la menace noire, ce cliché défavorisé des quartiers pauvres de la ville, cet élément de résistance à l’hégémonie blanche, qui pourrait être un avatar de gang, ou, pourquoi pas, un élément comique de seconde catégorie pour suspendre la tension dans des gags vaseux. Il n’en sera rien.
Le protagoniste principal a l’intelligence de sa conscience, celle d’un jeune homme bien dans ses baskets, avec une vraie épaisseur psychologique, conscient qu’en se rendant chez les parents "blancs" de sa copine, dans une banlieue tranquille, il va se frotter aux stéréotypes racistes d’une catégorie bien-pensante de la population.

Ce qui aurait pu être une version ethnique de Mon beau-père et moi se transforme en une virée paranoïaque dans l’enfer blanc d’une population repliée sur sa communauté, avec ses modes de pensées où l’ébène interpelle avec la complaisance de la hiérarchie sociale, mais aussi physique. Pourtant loin d’une simple chasse à l’homme noir, la virée lynchienne de Jordan Peele dans cet univers barré, se joue des codes de couleurs pour présenter la différence ethnique comme une norme sociale et culturelle, basée sur la relativité. Le protagoniste principal joué par un quasi inconnu - Daniel Kaluuya, absolument épatant -, apparaît plus équilibré que n’importe quel autre élément de casting, blanc ou noir. Autour de lui, tous les représentants de la communauté noire, chez les parents de la petite-amie, semblent avoir subi un lavage de cerveau ahurissant ou sont sous l’influence des séances d’hypnose de la mère, psychiatre mal-intentionnée, jouée par Catherine Keener, complètement allumée.
Naît de ce décalage entre la normalité du héros et la dégénérescence de cette belle famille au protocole étrange, une ironie forcément savoureuse qui apporte un humour salvateur, au milieu de moments flippants ou à la suite de scènes d’angoisse pétrifiantes, à l’esthétique sombre d’un Under the Skin.

Avec plus de 170M$ au box-office américain, Get Out est devenu un phénomène. Plus gros succès du producteur Jason Blum (Split, Paranormal Activity, Insidious), carton historique pour le cinéma d’épouvante (on a - à peu près- jamais vu ça !), Get Out a tout d’une date maline dans son genre et les Français devraient se ruer sur l’électro-choc. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : Tous les jours à 20h10 et 22h30

 

Aurore

 

AURORERéalisé par Blandine LENOIR
France 2016 1h29mn
avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet...
Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin

On ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25.

Avouez que ça vous en bouche un coin ! Notre Aurore qui, comme la plupart de ses amies, se trouve confrontée à la solitude amoureuse (son ex est allé voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte), à la ménopause (ah ! les bouffées de chaleur), à la maternité longuement mûrie de sa fille Marina (devenir grand-mère, non merci), au départ de sa fille cadette Lucie (dire qu’il y a 16 ans, il fallait encore lui donner la becquée) et à la perte de son job (tant qu’à faire). Décidément, qu’il est beau de ne pas naître femme histoire de mieux le devenir dans une société où la féminité connaît ses brèves heures de gloire avant celles de son obsolescence programmée… Dans ces conditions, après être femme devenue, ne faudrait-il pas tout simplement : renaître ?
C’est le déclic qui s’active dans l’esprit d’Aurore lorsqu’elle croise par hasard Totoche, son amour d’adolescence, perdu de vue depuis des lustres. Chic type en l’occurrence. Médecin, prévenant, belle allure encore, une pincée de nostalgie au fond de la prunelle… Il n’en faut pas plus – ni moins – pour qu’Aurore se retrouve de nouveau saisie par ce sentiment dont elle s’aperçoit qu’il est resté intact au fil du temps. L’eau a beau couler sous les ponts, ça ne les empêche pas de tenir… Il en va de même pour l’amour, dès lors qu’on s’intéresse un peu à ce type d’architecture informelle. Et voilà qu’Aurore, éperdument « totochisée », replonge dans la frénésie romantique de ses quinze ans. De son côté, en bon mâle responsable, Totoche a construit quelques barrages et se montre moins enthousiaste. Si la vie était simple…
Mais au fond, ce qui sauve Aurore de sa solitude de cinquantenaire délaissée n’est pas tant le fait de tomber amoureuse que celui de retrouver sa dignité et son éclat, intacts, le surgissement de ses rêves de jeunesse marquant essentiellement le décloisonnement d’une destinée vouée à l’échec social, à l’acceptation résignée des stéréotypes de genre et de génération. Moralité : il n’y a pas d’âge, qu’on soit femme ou homme, pour aimer, pour être heureux, pour se connaître, pour exister. Ce qui fait de cette formidable et joyeusement subversive comédie un film à voir toutes affaires cessantes par tous les garçons et les filles de tous les âges, jeunes, plus vieux, parents, grands-parents, ados… C’est d’ailleurs la rencontre de personnages de toutes générations et la confrontation de leurs expériences diverses et variées qui permettra à Aurore d’apprendre à être en phase avec elle-même.

Agnès Jaoui, sublime Aurore, redonne de la chair et de l’esprit, des formes et du fond, à un cinéma de comédie trop souvent habité par des corps formatés et des cerveaux maigrelets : on ne se lasse pas de contempler ses hanches, ses fesses et sa poitrine de Madone, généreuses et bouleversantes, on n’en finit pas d’être épaté par sa vivacité, son naturel, son intelligence, son humour imprévisible. Bref nous sommes tous des Totoche envoyant valser la prudence et la pusillanimité (13 lettres), prêts à (re) tomber amoureux de cette magnifique femme de 52 ans. Et merci à Bertrand Belin pour la bande originale qu’il a ici composée, incroyablement subtile et vivifiante, à l’image du film ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 24, jeudi 25, samedi 27 et dimanche 28 à 14h
Le Luc : mercredi 24 mai et dimanche 28 à 18h, vendredi 26 à 21h, samedi 27 à 21h

Tunnel
Écrit et réalisé par KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07mn VOSTF
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D'après le livre de So Jae-won

Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s'y engouffre sans détours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l'attend avec impatience pour fêter l'anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse.

En plus de bousculer les spectateurs, ce renversement narratif permet d’étudier les différents protagonistes qui sont tous confrontés à une situation extrême : Jeong-soo, bien sûr, tente de survivre, c'est une occupation à plein-temps ; Se-hyun, son épouse, communique régulièrement avec son mari tout en portant le poids et le jugement du pays qui se demande si le gigantisme des moyens déployés n'est pas disproportionné pour sauver un seul et unique survivant ; Dae-kyong, le chef de l’opération de sauvetage, doit quant à lui trouver un équilibre entre valeurs éthiques et obligations administratives… Tout cela est très habilement et intelligemment agencé…
L’apparition d’une deuxième personne accidentée – une jeune femme flanquée d'un chien assez marrant – dans les décombres permet de renouveler le récit, qui évite ainsi de tomber dans l’automatisme, tout en introduisant des questionnements sur l’intégrité de Jung-soo, puisqu'il doit désormais partager ses maigres vivres… et les réserves d'énergie de son téléphone portable.

Mélangeant les genres et les registres avec une belle énergie qu'on retrouve dans la plupart des films coréens, Tunnel fait alterner sans cesse le drame et la comédie. Plus d'une fois des situations plutôt drôles ont des conséquences dramatiques, et vice-versa. On citera juste la séquence où l'essai d'un collier anti-aboiement sur le chien cité plus haut entraînera un nouvel éboulement, ou encore ce gros plan ingénieux lorsque Jeong-soo est contraint de boire sa propre urine.
Le film porte par ailleurs un regard féroce sur l'attitude de la presse et des autorités coréennes. Tandis que les officiels pensent en chiffres et en visibilité médiatique, les journalistes font fi de l'éthique la plus élémentaire pour fournir du contenu sensationnaliste – la séquence avec les drones est à ce titre l’un des moments les plus drôles du film. Enfin, le scénario évoque une forme de culpabilité nationale, conséquence (in)directe du tragique incident du ferry Sewol et des problématiques de sécurité. Au final un vrai divertissement spectaculaire qui oublie d'être idiot et qui capte notre attention de bout en bout. (Utopia)

Lorgues : mercredi 24 à 16h, jeudi 25 à 20h15, samedi 27 à 18h15, lundi 29 à 21h15
Salernes : samedi  27 à 18h, dimanche 28 à 21h, lundi 29 à 20h30


Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture


Après l'oubli – assez incompréhensible – par le comité de sélection du très beau Trois souvenirs de ma jeunesse il y a deux ans, Arnaud Desplechin est de retour dans la sélection officielle du Festival de Cannes, hors compétition – il s'en fiche probablement un peu et nous aussi – mais en ouverture. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire.
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité. Mais on peut bien évidemment plonger avec Ismaël et ses fantômes en étant vierge de toutes traces cinéphiles, le voyage n’en sera pas moins agréable, ni moins fort, peut-être même sera-t-il encore plus surprenant, plus déconcertant. C’est un film à tiroirs, un puzzle, un subtil assemblage de morceaux de vies éclatés, comme Desplechin les affectionne. Un film où la fiction dans la fiction se joue de nous et des codes classiques de narration, où le fantastique n’est jamais très loin. Un récit qui caresse comme pour s’en moquer les histoires d’amour tourmentées de ces pantins faits de chair et de mélancolie, puis qui glisse doucement vers la farce avant de se tourner comme par erreur vers le film d’espionnage et de finir dans les beaux draps de la comédie dramatique, sous lesquels, immanquablement, s’agite le trio amoureux (un homme, deux femmes). Autant dire que vous serez un peu baladé au milieu de ces personnages un peu fous… fous d’amour ou de regrets, fous de l’irruption inattendue des fantômes du passé, fous de la laborieuse fabrication d’un film, fous d'être promenés dans les arcanes des services secrets internationaux…

En dire trop serait sacrilège… alors voilà ce qu’en dit le maître de marionnettes : « C'est le portrait d'Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n'y rien comprendre. C'est le portrait d'Ismaël, un réalisateur de films qui traverse sa vie sans n'y rien comprendre non plus. C'est le retour d'une femme, d'entre les morts. C'est aussi un film d'espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock… » Ismaël (Mathieu Amalric, qui ré-endosse ici l'identité d'Ismaël Vuillard qu'il avait dans Rois et reine) – pas plus que Bloom, son maître en même temps que son exbeau-père – ne se remet pas de la mort de sa jeune épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans. Il vit cependant une relation forte avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne discrète mais passionnée : il l'aime, elle l'aime aussi, ils sont heureux, voilà tout. Mais à la veille du tournage de son nouveau film, consacré au portrait d'Ivan, personnage largement inspiré par son frère, Carlotta, pourtant déclarée officiellement morte, revient. Et bouleverse tout. Sylvia s'enfuit… Ismaël refuse que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou, s'échappe du tournage et s'enferme dans sa maison familiale à Roubaix. Peut-être qu’en tirant les ficelles des personnages de son film, loin du monde, il parviendra à recomposer les fragments passés et présents de sa tumultueuse existence… (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 et dimanche 28 à 14h, 16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 25 et samedi 27 à 14h, 16h15, 18h30 et 21h, vendredi 26 et mardi 30 à 15h, 18h30 et 21h, lundi 29 à 15h, 18h15 et 20h45

L'Opéra
Film documentaire de Jean-Stéphane BRON
Documentaire France 2016 1h50mn
avec tous ceux qui s’activent pour faire vivre l’Opéra de Paris...

Scène d’ouverture splendide sur le toit de l’opéra Bastille. On surplombe Paris sous les pâles rayons du soleil qui s’éveille : océan d’immeubles et de monuments encore grisés par la nuit qui s’achève, ciel aux bleus hésitants, volutes de nuages teintés de blancs et de gris luminescents. Deux pompiers, rendus minuscules par ce décor grandiose, s’activent sur une musique magistrale, de toute beauté. L’instant d’après, plongée directe dans un bureau cossu où l’on va assister à un conseil d’administration digne d’un scénario d’opéra bouffe. Pris avec distanciation, les non dits, les manœuvres diplomatiques… deviennent autant de petits clins d’œils comiques et parfois cyniques qui donneront complexité et relief à la suite du récit.

La tension dramaturgique qui s’ensuit n’a rien à envier à une tragédie grecque ! Mais où sont donc cachés ceux qui vivent d’amour et d’eau fraîche, de passion musicale dans cette honorable maison ? Où sont passés les cantatrices (chauves ou pas), les grands musiciens, les petits rats de l’opéra et leurs entrechats ? Ne vous inquiétez pas : eux aussi sont-là ! Ainsi qu’un Benjamin Millepied et mille autres petites voix… Seulement Jean-Stéphane Bron ne limite pas le champ de sa caméra à un cadre conventionnel. Son documentaire n’est pas le fruit d’un regard spécialisé dans les arts lyriques mais celui d’un curieux amusé, lucide et gourmand. Il croque sur le vif un tableau surprenant, inattendu et accessible même aux plus profanes d’entre nous. Il filme avec autant de bonheur et d’intensité les personnes qui effectuent les tâches ingrates (mais ô combien essentielles) que celles qui tiennent le haut du plateau. Il se faufile dans les coulisses, s’intéresse tout aussi bien à ceux qui tiennent une serpillière qu’à ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Et surtout il n’aborde pas la vieille dame tricentenaire religieusement, avec des pincettes. Loin de limiter son investigation au seul paraître, il survole vite fait ses fards et ses paillettes pour aller mieux farfouiller sous ses jupons (le petit fripon !). On ne s’extasie peut-être pas des heures sur la beauté d’une œuvre mais on n’en ressort pas moins nourris, touchés par la douleur d’une danseuse après sa prestation, réjouis par le bonheur communicatif d’un jeune baryton qui réussit son audition, oppressés par le trac des vedettes ou par la tension qui règne autour du plateau…

Pom pom pom pom ! Voilà l’orchestre qui arrive au grand complet. Puis les chœurs de chanteurs qui vocalisent ou de syndicalistes qui revendiquent, tandis qu’au dehors, dans la rue, gronde la colère des intermittents. L’opéra de Paris c’est comme le condensé d’une planète mystérieuse, si lointaine et si proche de la nôtre, peuplée par le ballet incessant de petites mains humbles qui s’affairent sous le regard indifférent des puissants de notre monde. Ici la classe ouvrière côtoie de si près les classes dirigeantes, l’oligarchie, que ça donne le tournis quand on y songe. Ces techniciens, ces balayeurs, ces coiffeuses, ces costumières, ces régisseuses… virtuoses de l’ombre, peu reconnus, mais souvent tout aussi impliqués et passionnés que les artistes eux-mêmes. On les découvre attentifs, stressés, dévoués, émouvants, drôles, parcourus par des rires nerveux… Personnages hauts en couleurs, arrogants ou effacés, généreux ou mesquins, subtils ou caricaturaux… multiples. Ici le beau côtoie le laid, le grotesque flirte avec la délicatesse, la mesquinerie avec la générosité… Mais tous finissent par œuvrer à l’unisson dans un même élan pour atteindre la perfection à chaque levée du rideau.

Si le film reste de bout en bout envoûtant, une de ses plus belles scènes le film est peut-être celle où la caméra saisit au vol le regard d’une femme de ménage noire dont les pas croisent ceux d’un groupe de très jeunes musiciens, tout aussi noirs qu’elle. Un regard complexe, magnifique qui dit tout : l’étonnement, la fierté, l’espoir que les temps changent enfin ! Au final le rideau se referme sur un très bel hymne à l’humanité, aux petits, aux obscurs, aux sans-grades dont on ressort envoûté.(Utopia)

Lorgues : samedi 27 à 16h, dimanche 28 à 21h10, lundi 29 à 21h15

Après la tempête
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA
Japon 2016 2h VOSTF
avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...

Le cinéma d'Hirokazu Kore-Eda, infatigable peintre des familles japonaises, semblait stagner depuis quelque temps dans une entêtante ritournelle de tendresse et de mélancolie. Son nouveau film, Après la tempête, marque une inflexion salutaire, puisqu'il s'intéresse cette fois à une famille disloquée par le divorce, la garde partagée d'un enfant et la mort récente d'un aïeul. Une amertume auxquelles le cinéaste ne nous avait pas habitués depuis les très beaux Nobody knows (2004) et Still walking (2008), et qui a pour effet d'accroître l'épure et la concentration de sa mise en scène, sans pour autant oublier de les moduler à travers une riche palette d'humeurs.

Après la tempête met en scène toute une galerie de personnages, mais dresse parmi eux le portrait d'un sublime perdant, tchekhovien en diable : Ryota, espoir déçu de la littérature dont l'immaturité crasse l'entraîne à végéter dans le métier parfois sordide de détective privé. Cette grande tige au regard doux (physique incroyable de l'acteur Hiroshi Abe) a hérité de son père une passion pour le jeu qui ne lui laisse jamais le moindre sou en poche. C'est à cause de ces excentricités, impropres à la vie de famille, que le bonhomme vit séparé de son fils Shingo, onze ans, et de sa femme Kyoko (Yoko Maki), qui depuis a rencontré un autre homme. Mais, un soir de typhon, tous les trois se retrouvent à devoir passer la nuit chez la mère de Ryota, qui nourrit le secret espoir de les voir réconciliés.
Le film, fait de conversations, ne s'en tient pas à cette seule trame, mais la laisse infuser dans le flux d'une existence ordinaire – ici la préparation d'un repas, là le cours tranquille d'une promenade – au rythme faussement apaisé des heures creuses. Affleurent alors, au détour d'un mot drôle ou d'une situation cocasse, la douleur larvée, le désappointement, l'inexorable érosion des existences.
Kore-Eda recueille ces humeurs dans un subtil camaïeu de beiges et de gris, lié aussi bien à la lourdeur du climat saisonnier qu'à ces fades barres d'immeubles qu'habitent les personnages, écrins blêmes de leurs sentiments. Dans la très belle et longue scène du typhon, les paroles scintillent au plus profond d'une nuit tourmentée, où chacun apprendra à accepter la séparation comme la seule clé possible d'une continuité malgré tout. (M. Macheret, Le Monde)

« Avoir accepté les changements qui se sont opérés en moi après la mort de ma mère et de mon père donne ce film qui est celui qui me ressemble le plus. Après ma mort, si je me retrouve devant Dieu ou le Juge de l’Au-delà et qu’on me demande : “Qu’as-tu fait sur Terre ?” Je pense que je leur montrerai Après la tempête en premier. » (Hirokazu Kore-Eda)

Cotignac : lundi 29 mai à 18h

Une Famille heureuse

HARMONIUMRéalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili

La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan.

Mais ceci étant dit, nul besoin de s'intéresser particulièrement à la Géorgie
pour être touché par le film, dont le propos et la portée sont universels. Car ce qui arrive aux protagonistes d'Une famille heureuse – le titre est doucement ironique – pourrait concerner à quelques spécificités culturelles près n'importe quelle famille des classes moyennes ou populaires de nos contrées. Ce dont il est question, c'est l'usure naturelle du temps qui passe, c'est la destruction des liens forts et de tout un tas de belles choses par ce tueur implacable qu'est l'habitude. Ce dont il question, ce sont les choix qui peuvent s'imposer à chacun d'entre nous pour faire rebondir sa vie lorsque l'âge mûr arrive puis s'installe.

Manana est une quinquagénaire – dont tout porte à penser qu'elle est équilibrée – qui vit depuis 25 ans avec son mari Soso, un homme tendre et prévenant, mais aussi avec ses vieux parents, son fils, sa fille et son gendre qui s'est peu à peu incrusté au sein du foyer. Tout ce petit monde rassemblé dans un appartement agréable mais un peu exigu pour une telle smala ! Une famille géorgienne ordinaire, pour qui le quotidien est parfois bruyant et compliqué, la confrontation entre les générations s'avérant conflictuelle et folklorique, entre papy un peu gâteux, grand-mère d'une exubérance très méditerranéenne, jeunes un peu sans gêne et parents au milieu... qui supportent tout ça la plupart du temps en silence. Un seul truc dénote dans ce chaos somme toute harmonieux : le côté dépressif et taciturne de Manana, que rien ne semble devoir illuminer. D'ailleurs ce jour-là est celui de son 52e anniversaire et elle n'a en rien envie de le fêter. Cependant nous sommes en Géorgie et on ne rate jamais une occasion de boire et festoyer, et famille, collègues, voisins s'invitent d'eux mêmes, ce qui a pour résultat de pousser Manana à se replier davantage encore sur elle-même... Et le lendemain, elle annonce à Soso qu'elle veut le quitter, abandonner la maison pour vivre seule. La nouvelle plonge évidemment toute la famille dans l'incompréhension, et ils ont beau faire, rien ne semble pouvoir la faire changer d'avis... On ne vous dévoilera pas la suite des événements, mais ce n'est que le dé- but d'un engrenage où vont apparaître au grand jour les petits secrets plus ou moins avouables de chacun. Le genre d'épreuve dont on en ressort détruit ou au contraire grandi...

Le film est tour à tour drôle, acide, subtil, parfois bouleversant. Aucun des personnages n'est blanc ou noir, aucun n'est à aucun moment jugé. Une chronique familiale intelligente et sensible. Une étude subtile de l'usure du couple. Et plus particulièrement un magnifique portrait de femme.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 24 à 16h15 et 18h20, jeudi 25 à 18h30 et 21h, vendredi 26 à 15h et 21h, samedi 27 à 16h et 18h30, dimanche 28 à 16h et 20h45, lundi 29 à 18h15 et 20h45, mardi 30 à 15h et 21h

Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko


Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée.

1943. Django, au sommet de son art, reconnu, adulé, fait swinguer le tout Paris aux Folies Bergères avec son quintet. Comme bon nombre d’artistes français de cette époque, on joue devant un parterre composé en partie d’officiers allemands, sans trop se soucier du chaos lointain, ni de ce qui se trame aux quatre coins de l’Europe. Django a sa guitare, sa famille, sa canne à pêche, son public et une certaine immunité acquise par sa célébrité et son talent… Cette guerre, c’est celle des gadjos, certainement pas la sienne.
Mais l’Allemagne en veut toujours plus et l'agent du guitariste négocie avec l'occupant une magistrale tournée qui le mènerait à Berlin, orchestrée par la propagande nazie, pour le bon plaisir des hauts officiers du Reich, avec, aux premiers rangs Gœbbels et peut-être même Hitler. Flairant le danger, Django décide alors de fuir en zone libre, aidé par la belle et mystérieuse Louise De Klerk, une vieille connaissance, amatrice éclairée de jazz, reine des nuits parisiennes, admiratrice fidèle, et peut-être encore plein d’autres choses plus ou moins secrètes, plus ou moins avouables…
A Thonon-les-Bains, il va attendre plusieurs semaines le moment propice pour un passage en Suisse. Entouré de sa famille proche – sa femme enceinte, sa mère qui est aussi sa costumière et son meilleur impresario, son frère qui l’accompagne sur scène – mais aussi de sa famille de cœur et d’histoire – les habitants d'un camp tzigane rencontrés sur place – Django va découvrir la terrible réalité de son temps.

Avec ce qu’il faut de fiction et d’entorses bienveillantes à la réalité, Django nous offre le portrait admiratif – mais pas toujours aimable – d’un musicien hors norme qui va voir sa vie et son art bouleversés au contact de l’horreur en marche. Si les scènes de concerts sont remarquablement filmées et rendent toute l’énergie vitale de ce jazz manouche, la manière dense et pudique dont le film traite de l’oppression puis de l’extermination du peuple tzigane est particulièrement émouvante.
À travers ce personnage mythique interprété par Reda Kateb avec le talent, la grâce, la gouaille dandy qu'on lui connaît, Django interroge la place de l’artiste et de l’art dans ces moments terribles de l’histoire où la poésie et la liberté sont elles aussi pourchassées, parquées, exécutées. Si le film s’ouvre sur le roi du swing parisien, il évolue peu à peu vers quelque chose de plus mélancolique et se referme sur le « Requiem pour mes frères tziganes » pour orgue, orchestre et chœur. Jouée une seule fois à la Libération, cette messe funèbre dont la partition est aujourd’hui perdue fut dédiée par Django à tous les Tziganes massacrés pendant la Seconde Guerre mondiale.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 25 à 14h, vendredi 26 et mardi 30 à 18h30, samedi 27 à 21h, dimanche 28 à 18h25 et lundi 29 à 15h
Le Luc : mercredi 24 à 20h30, jeudi 25 à 18h30, samedi 27 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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