Au(x) cinéma(s) du 25 au 31 janvier

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Bonjour à tous !

Tout d'abord, nous y sommes, ce dimanche Entretoiles vous propose une  soirée , sur le thème "Croire" avec 2 films : Les Voisins de Dieu, un film israelien de Meni Yaesh où on peut avoir l'espoir que les "pires têtes de bois puissent s'ouvrir à la tolérance" et Le Disciple, un film russe de Kiril Sebrennikov qui montre un féroce combat contre l'obscurantisme. Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films.

Cette semaine, en ciné-club, au CGR, Mademoiselle de Park Chan Wook, un très beau thriller historique et érotique, hélas projeté qu'à 11h ! Plusieurs autres films intéressants dans la programmation : signalons d'abord 2 films "militants" : La Sociale de Gilles Perret, dans le cadre des ciné-débats citoyens,, en présence du réalisateur et Qu'est-ce qu'on attend ?, de Marie Monique Robin, en présence de la réalisatrice et proposé par Colibris. Ensuite on peut voir La La Land de Damien Chazelle (Whiplash) (en VF hélas), "une bouffée de bonheur", et Your Name de Makoto Shinkai, un film d'animation riche et plastiquement très beau.

Au  Vox, ne manquez pas Tempête de sable, un film israélien de Elite Zexer, Neruda de Pablo Larrain, "un récit trépidant et une mise en scène virtuose".
À Lorgues, Salernes, et Fréjus, Manchester by the sea, un film bouleversant et magnifique de Kenneth Lonergan
Sinon, toujours au Vox, on peut voir Le Divan de Staline de Fanny Ardant, un film audacieux et attachant, Ouvert la Nuit de Edouard Baer, un film tourbillonnant, épique et joyeux, Primaire de Hélène Angel un film bouillonnant et généreux comme une cour d'école.
À Salernes, Parterson de Jim Jarmusch, un film magnifique et poétique,

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir : Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Réparer les vivants de Katele Quillevéré, Manchester by the sea de Kenneth Lonergan.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 25 AU 31 JANVIER

Affiche
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Les Voisins de Dieu
Écrit et réalisé par Meni YAESH
Israël 2011 1h38mn VOSTF
avec Roy Assaf, Gal Friedman, Itzik Golan, Rotem Ziesman-Cohen...
Habemus papam ! Après une bonne quinzaine d'errances et de quête de guide, nous voilà dotés d'un nouveau garant de l'unité catholique. Sous couvert d'un autre étendard religieux, tout aussi propice à l'ouverture et à la tolérance, Les Voisins de Dieu nous emmène chez les jeunes des quartiers d'une ville d'Israël. Trois bons gaillards, issus du courant Breslev, qui prône une pratique religieuse plutôt cool et joyeuse tout en respectant la loi juive et les Mitzvas, mais qui permet en même temps de boire, fumer de l'herbe et jouer au foot, autant d'activités innocentes qui ne sauraient s'accompagner cependant de la compagnie du moindre jupon. Et voilà nos loustics auto-proclamés gardiens de l'ordre et de la vertu de leur quartier de Bat Yam, ville champignon limitrophe de Jaffa... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 18h
Affiche
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Le Disciple
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV
Russie 2016 1h58 VOSTF
avec Petr Skvortsov, Viktoria Isakova, Svetlana Bragarnik, Anton Vasiliev...
D'après la pièce Martyr, de Marius von Mayenburg
Veniamin est un adolescent à la gueule d'ange, troublé par la vie qu'il sent bouillonner en lui et qui l'a sans doute déjà un peu écorché. Mais ça on va tout aussitôt l'oublier ! C'est la première originalité du sujet qui n'enfonce pas des portes ouvertes. L'analyse est ailleurs, bien plus dérangeante. On met les pieds hors des sentiers battus et on ne sait pas où le chemin va nous conduire. En tout cas on est vite embarqué et dépassé, comme l'entourage du beau gosse.
Première scène, nous voilà dans l'antre d'une famille de la petite ville de Kaliningrad. Un appartement rococo et sombre, qui suinte la misère intellectuelle. À l'arrière plan une télé, éternelle compagne perpétuellement allumée, débite ses sornettes. À peine Veniamin met-il les pieds à l'intérieur qu'une blonde un peu épaisse, mal coiffée et sans éclat, sa mère, se met à éructer, exigeant des explications. La voit-on sous le prisme du regard du garçon, ou est-elle vraiment cette harpie, inquisitrice vulgaire, qui choque, pousse son fils dans ses derniers retranchements ?...
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CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 20h
affiche
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Mademoiselle
Réalisé par PARK Chan-wook
Corée du Sud 2016 2h25mn VOSTF
avec Kim Minh-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong, Kim Hae-sook, Sori Moon...
Scénario de Park Chan-wook et Chung Seo-kyung, d'après le roman de Sarah Waters, Du bout des doigts
Voilà un thriller érotique et historique subliment beau, divinement intelligent, délicieusement alambiqué, un véritable joyau comme on en voit rarement. Au départ il y a l’œuvre de la romancière britannique Sarah Waters, Du bout des doigts, qui situait son action dans le Londres victorien des années 1860. L'histoire d'une jeune orpheline des classes miséreuses qui croyait voir son avenir assuré grâce à une machination par laquelle elle devait convaincre une jeune héritière d'épouser un beau garçon a priori bien sous tout rapport, en fait un escroc déguisé en aristocrate, bien décidé à dépouiller la donzelle une fois marié. Le réalisateur coréen Park Chan-wook a adoré le roman et a décidé de le transposer dans la Corée des années 1930, alors sous occupation japonaise... lire la suite
CGR (Draguignan) : Hélas seulement les mercredi 25, jeudi 26, vendredi 27, samedi 28 et mardi 31 à 11h
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La Sociale
Réalisé par Gilles Perret
Documentaire France 2016 1h24
Et si, plutôt que financier, le plus grand trou de la Sécu était mémoriel ? Après Ma mondialisation (disponible en Vidéo en Poche), Walter, retour en résistance, De mémoires d’ouvriers, et avoir retracé l’histoire du programme du Conseil National de la Résistance, intitulé magnifiquement Les jours heureux, Gilles Perret suit le parcours de ces lois littéralement révolutionnaires, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Il nous conte ainsi cette utopie folle qui, dans cette période sombre, devint réalité à la Libération…
La sécurité sociale prend en charge l’assurance maladie, la retraite, les allocations familiales et les accidents du travail. En plus du régime général des salariés, elle gère aussi celui des agriculteurs, des indépendants et les régimes spéciaux. Son budget équivaut à deux fois et demi celui de l’État, autant dire qu’il suscite des convoitises, ce qui explique pourquoi la Sécurité Sociale est régulièrement attaquée.
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CGR (Draguignan) : Jeudi 26 à 20h dans le cadre des ciné-débats citoyens en présence du réalisateur Gilles Perret
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Qu'est-ce qu'on attend ?
Réalisé par Marie Monique ROBIN
Documentaire France 2016 1h59mn
La transition… un mot très à la mode, on le croise un peu partout, à toutes les sauces. Mais au fond qu'est ce que ça veut dire « la transition » ? Rien de mieux, finalement, que la preuve par l'exemple. Nous sommes en 2016 après Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les lobbies énergétiques. Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Alsaciens, Ungersheim, a décidé de résister à l'envahisseur… Ils ne sont pas tous tombés dans la marmite, loin de là et c'est ici que commence la transition. Car pas moins de quatre mandats auront été nécessaire au maire de cette petite commune pour convaincre les 2200 âmes dont il a la charge, de sa première adjointe aux nouveaux habitants, de se mettre en marche vers un monde plus écolo-responsable, plus solidaire, pour remettre de la joie dans les vies et de l'espoir dans le futur. Et cela passe évidemment par une vision un peu plus juste de la démocratie, la voix de chacun pouvant se faire entendre, les décisions sont prises en communs... lire la suite
CGR (Draguignan) : le jeudi 2 février à 20h en présence de la réalisatrice Marie Monique Robin, proposé par Colibris
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La La Land
Ecrit et réalisé par Damien CHAZELLE
USA 2016 2h08mn
avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K Simmons, Rosemarie Dewitt...
Du haut de ses trente piges, Damien Chazelle confirme que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a talent fou, voilà tout ! Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et confirme que le jeune réalisateur n’a sans doute pas peur de grand chose : ni de croquer à pleines dent dans le mythe, ni de faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor... lire la suite
CGR (Draguignan) : tous les jours à 11h, 14h, 16h30, 19h45 et 22h15 (en VF hélas)
Affiche
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Manchester by the sea
Ecrit et réalisé par Kenneth LONERGAN
USA 2016 2h16mn VOSTF
avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges, Gretchen Mol, CJ Wilson...
C’est bien depuis la mer qu’il faut découvrir Manchester by-the-Sea, Massachusetts, petite ville côtière des Etats-Unis repérable sur la carte à quelques centimètres de Boston. Depuis la mer, tout paraît calme et serein : les bateaux de pêche vont et viennent, les résidences plantées au bord de l’eau semblent couler des jours indéfiniment paisibles, même les bâtisses industrielles du port, couleur rouge brique, semblent s’intégrer avec élégance au paysage. Depuis la mer, Manchester by-the-Sea est une ville où il fait bon vivre, une ville où l’on naît et où l’on meurt, sans l’once d’un regret de n’en être jamais parti, sans avoir eu l’envie ni le goût d’un ailleurs tant la vie ici semble belle et simple. Depuis la mer, la vue d’ensemble décrit des courbes et des couleurs en parfaite harmonie avec les hommes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 26 à 17h et 20h, lundi 30 à 18h
Lorgues : mercredi 25 à 21h en VF, samedi 28 à 18h05 en VF, Dimanche 29 à 18h en V.O
Salernes : samedi 28 à 20h30, dimanche 29 à 18h
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Le Divan de Staline
Écrit et réalisé par Fanny ARDANT
France/Portugal 2016 1h32mn
avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Paul Hamy, François Chattot, Luna Picoli-Truffaut...
D'après le roman de Jean-Daniel Baltassat
Soit un énorme palais décadent orné d'inquiétantes gargouilles, perdu au fond de bois profonds en Géorgie, le genre d'antre fait sur mesure pour un ogre solitaire et pas gentil du tout comme on en croise dans les contes qui font peur aux enfants et frissonner même ceux qui les racontent. Staline s'est isolé pour quelques jours avec son étrange et belle maitresse Lidia Semionova. Elle lui lit Pouchkine, il écoute la Callas chantant l'aria de Lady Macbeth qui « convoque les pouvoirs du mal pour l'ambition de son mari : Callas a dans sa voix la folie des rêves et la terreur des visions »… Il fume la pipe dans son fauteuil, il a l'air cruel d'un gros matou perfide qui semble s'amuser de la crainte qu'il inspire. Ses généraux n'en mènent pas large, mais Lidia lui tient tête. Dans le bureau où il dort trône un divan en tout point identique à celui du bureau de Freud à Londres. Alors germe dans son esprit tordu l'idée d'un jeu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 à 16h, jeudi 26 à 15h30, vendredi 27 et lundi 30 à 14h, samedi 28 à 16h05, mardi 31 à 14h
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Your Name
Réalisé par Makoto SHINKAI
Film d'animation Japon 2016 1h48mn VOSTF
Pour les enfants à partir de 10 ans
Your name nous arrive précédé d'une réputation hors norme : film phénomène au Japon, énorme succès critique et public, le film a détrôné à la troisième place du box office national de tous les temps l'indéboulonnable Princesse Mononoke du maître Miyazaki. Les studios Ghibli de Miyazaki et Takahata régnaient sans partage sur l'animation japonaise… jusqu’à ce que surgisse le tout jeune Makoto Shinka. Et vous savez quoi ? Cette réputation n'est pas usurpée, ce succès est bien mérité ! Au cœur de Your name, conte fantastique contemporain aussi romantique qu'impressionnant visuellement, il y a deux personnages d'adolescents qui n'ont rien en commun... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 25, jeudi 26, lundi 30 à 22h20 et vendredi 27, mardi 31 à 13h30
Affiche
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Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin
Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 à 20h30, vendredi 27 à 16h, dimanche 29 à 20h30, mardi 31 à 16h
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Paterson
Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...
La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel... lire la suite
Salernes : samedi 28 à 18h et lundi 30 à 20h30
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Tempête de sable
Écrit et réalisé par Elite ZEXER
Israël 2016 1h28mn VOSTF
avec Lamis Ammar, Ruba Blal, Hitham Omari, Khadija Aladel...
Grand prix du jury, Festival de Sundance 2016
Première scène simple et réjouissante : un père, Suliman, confie le volant à sa fille Layla. On est sur une petite route poussiéreuse, perdue et interminable qui trace tout droit vers leur village dépareillé. Le désert du Néguev, on l'apercevra peu, aux antipodes de celui des cartes postales. La seule tempête qui va secouer cette petite communauté bédouine sera celle qui se déroulera au cœur des hommes. Ou plutôt dans la tête des femmes, omniprésentes, comme autant de minuscules grains de sable perdus et ballotés dans des mécanismes sociaux qui les dépassent. Ce n'est pas parce que l'histoire prend sa source au fin fond d'Israël, à la frontière de la Jordanie, qu'elle ne fera pas résonner en nous quelque chose d'étrangement familier... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 et samedi 28 à 14h, 18h15, 20h30, jeudi 26 à 15h30 et 18h, vendredi 27 à 14h, 18h15 et 20h30, dimanche 29 et lundi 30 à 16h05 et 20h30, mardi 31 à 14h, 16h et 20h30
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Primaire
Réalisé par Hélène ANGEL
France 2016 1h45mn
avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Olivia Côte, Guilaine Londez, Patrick D'Assumçao...
Scénario de Yann Coridian et Hélène Angel, avec le concours d'Olivier Gorce et Agnès de Sacy
Elle a une pêche d'enfer Florence, et le charisme décapant et sauvage de Sara Forestier ! Une vitalité, une présence, une imagination débordantes, à faire craquer des hordes de gamins indisciplinés. Florence est institutrice, enfin, maîtresse, heu… pardon, je veux dire Professeur des écoles puisque l’institution adore les nouvelles appellations, les nouveaux sigles, les nouveaux programmes… Pour Florence, qu’importe le titre, puisqu’elle a plus que la motivation : la passion. Enseigner est pour elle un engagement, un émerveillement, un défi permanent qu’elle n’a de cesse de réinventer, de nourrir, puisant son énergie et ses idées dans la relation avec ces bambins qu’elle accompagne et pour lesquels elle est prête à tout donner : son temps, son talent, son empathie... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 28 à 14h, lundi 30 à 15h55
Le Coeur régulier : Affiche
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Neruda
Réalisé par Pablo LARRAIN
Chili 2016 1h48mn VOSTF
avec Luis Gnecco, Gael Garcia Bernal, Mercedes Moran, Diego Munoz, Alfredo Castro...
Neruda est à la hauteur de Neruda. Neruda le film est à la (dé)mesure de Neruda le poète, le militant, l’homme politique, figure emblématique d’un Chili pensant, créant, résistant. Soyons clair : ceux qui espèrent un biopic classique retraçant la vie et la carrière du grand écrivain, compagnon de Garcia Lorca et de Picasso au moment de la Guerre d’Espagne, Prix Nobel de littérature en 1971, mort dans des circonstances suspectes peu de temps après le coup d’état de Pinochet… ceux-là resteront sur leur faim. Mais tous ceux qui sont sensibles à l’imagination, à l’invention, au romanesque, à la poésie – tous qualificatifs évidemment adaptés à l’œuvre de Pablo Neruda – seront autant que nous enthousiasmés par ce film magistral du très remarquable Pablo Larrain qui s’est imposé, en quelques films essentiels et radicaux, comme un observateur incisif de l’histoire troublée de son pays... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 27  à 16h, dimanche 29 à 15h30, lundi 30 à 20h, mardi 31 à 18h15
Affiche
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Fais de beaux rêves
Réalisé par Marco BELLOCCHIO
Italie 2016 2h08mn VOSTF
avec Valerio Mastandra, Bérénice Bejo, Barbara Ronchi, Guido Caprino, Nicolo Cabras, Emmanuelle Devos...
Scénario de Vallia Santena, Edoardo Albinati et Marco Bellocchio, d'après le récit autobiographique « Fais de beaux rêves mon enfant », de Massimo Gramellini
Turin, années 1960. Massimo a neuf ans et sa mère remplit sa vie d’une joie immense. Une mère aimante, dansante, enjouée, fascinée par Belphegor, (oui, l'héroïne du feuilleton populaire du temps de l'ORTF incarnée par Juliette Greco). Mais c’est aussi une mère qui semble parfois absente, lointaine, comme perdue dans son monde, recluse entre les murs qu'elle dresse elle-même autour d'elle. Une mère qui passe du rire le plus naturel à la gravité la plus insondable, sans prévenir. Massimo l'aime inconditionnellement, cette mère, comme elle est : privilège des enfants d’aimer sans réserve. Mais au matin d'une nuit pas comme les autres, agitée, décousue, Massimo se réveille et sa mère a disparu, partie comme une étoile filante. Son départ laisse évidemment un vide abyssal, que rien ni personne ne peut combler... lire la suite
Lorgues : mercredi 25 à 18h40, lundi 30 à 19h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Les Voisins de Dieu
Écrit et réalisé par Meni YAESH
Israël 2011 1h38mn VOSTF
avec Roy Assaf, Gal Friedman, Itzik Golan, Rotem Ziesman-Cohen...

 

Habemus papam ! Après une bonne quinzaine d'errances et de quête de guide, nous voilà dotés d'un nouveau garant de l'unité catholique. Sous couvert d'un autre étendard religieux, tout aussi propice à l'ouverture et à la tolérance, Les Voisins de Dieu nous emmène chez les jeunes des quartiers d'une ville d'Israël. Trois bons gaillards, issus du courant Breslev, qui prône une pratique religieuse plutôt cool et joyeuse tout en respectant la loi juive et les Mitzvas, mais qui permet en même temps de boire, fumer de l'herbe et jouer au foot, autant d'activités innocentes qui ne sauraient s'accompagner cependant de la compagnie du moindre jupon. Et voilà nos loustics auto-proclamés gardiens de l'ordre et de la vertu de leur quartier de Bat Yam, ville champignon limitrophe de Jaffa.

Trois caïds du Talmud donc, qui s’évertuent, entre deux parties de Backgammon et quelques verres d'arak, de faire respecter ce qu'ils ont interprété des leçons inculquées de manière humoristique par le Rabbin Nahman. Musiciens à leurs heures, Avi, Kobi et Taniv se chauffent sur des psaumes rythmés de techno, qu'ils scandent avec ferveur et s'en vont, soirs de Shabbat de préférence, faire des tournées de surveillance des quartiers. La violence qu'ils sont capables de déployer va se montrer à la hauteur de la haine et du mépris qu'ils éprouvent envers ceux qui ne suivent pas les règles les plus strictes du Judaïsme. Sûrs d'eux, ils ne font pas dans la dentelle quand il s'agit de réprimander voire d'intimider ceux qui ne pensent et ne font pas comme eux.
Fan de films d'action des années 80, le réalisateur s'en donne à cœur joie dans des scènes d'action « coup de poing » qui témoignent, par ce biais, des mœurs quasiment fascistes de ces « gardiens » de Dieu.

Mais cette image délirante et pervertie de la religion, aux antipodes d'une pratique mesurée de la foi, va être bouleversée par une rencontre. Miri, jeune femme libre et moderne, habitante du quartier, est perçue très vite comme mécréante aux yeux de nos petites frappes. Elle arbore décolletés plongeants, jupes raccourcies, et nourrit une sensibilité religieuse humaniste qui fait fi depuis longtemps du bric-à-brac idolâtre qui encadre la pratique religieuse de nos loubards. Bien qu'un peu impressionnée par son culot, sa liberté de pensée, son côté non conformiste et rebelle, Avi lui ferait bien tâter de ses biscotos en lui écrasant le nez dans une façon bien à lui de la ramener à l'amour de Dieu. Mais difficile, malgré ses copains, de taper sur une si petite créature quand on a de si gros poings. La belle, au lieu d'encaisser des coups, finira par faire germer des doutes dans la tête de la bête. Elle deviendra pour Avi source de réflexion, puis, finalement d'affection. Notre Avi commencera alors à mettre de l'eau dans son vin de messe sous l'œil éberlué de ses acolytes. Pas manichéen pour deux sous et décrivant des personnages complexes, immatures de prime abord mais capables, au fil des rencontres et des confrontations, de faire preuve d'empathie, Les Voisins de Dieu laissent planer l'espoir que les pires têtes de bois peuvent parfois s'ouvrir à la tolérance.


CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 18h

 

Le Disciple
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV
Russie 2016 1h58 VOSTF
avec Petr Skvortsov, Viktoria Isakova, Svetlana Bragarnik, Anton Vasiliev...
D'après la pièce Martyr, de Marius von Mayenburg

Veniamin est un adolescent à la gueule d'ange, troublé par la vie qu'il sent bouillonner en lui et qui l'a sans doute déjà un peu écorché. Mais ça on va tout aussitôt l'oublier ! C'est la première originalité du sujet qui n'enfonce pas des portes ouvertes. L'analyse est ailleurs, bien plus dérangeante. On met les pieds hors des sentiers battus et on ne sait pas où le chemin va nous conduire. En tout cas on est vite embarqué et dépassé, comme l'entourage du beau gosse.
Première scène, nous voilà dans l'antre d'une famille de la petite ville de Kaliningrad. Un appartement rococo et sombre, qui suinte la misère intellectuelle. À l'arrière plan une télé, éternelle compagne perpétuellement allumée, débite ses sornettes. À peine Veniamin met-il les pieds à l'intérieur qu'une blonde un peu épaisse, mal coiffée et sans éclat, sa mère, se met à éructer, exigeant des explications. La voit-on sous le prisme du regard du garçon, ou est-elle vraiment cette harpie, inquisitrice vulgaire, qui choque, pousse son fils dans ses derniers retranchements ? Elle ne comprend rien à sa progéniture mais, après tout, c'est le lot de bien des parents. Les crises d'adolescence, les confrontations qui tournent aux insultes n'ont rien de surprenant. Ce qui l'est davantage, ce sont les passages de la bible que Veniamin déclame, exigeant le repentir de la divorcée (donc pécheresse) ! Ce serait presque drôle. Tout ça pour obtenir une dispense pour le cours de piscine !?

La piscine ! Nous y voici… Les corps à demi dénudés, troublants. Surtout celui de cette donzelle filiforme en bikini rouge qui sait comment attirer les regards. Veniamin, caparaçonné sous ses vêtements sobres, a du mal à cacher son émoi. Sa camarade de classe ne semble d'ailleurs pas insensible à son charme. Il suffirait d'un rien pour que l'histoire s'achève de manière banale par des bécots et la découverte du sexe opposé. Au lieu de cela, le prude se claquemure dans la lecture de la Bible qu'il ne lâche jamais…
Sonne l'heure de la classe de sciences où l'on enseigne les théories de l'évolution, la contraception : toutes choses contraires aux textes sacrés ! Vous imaginez la suite ? Ne croyez pas que ce soit si facile ! Certes notre bel apôtre va y aller de son couplet biblique, semer la zizanie, contredire sa prof, Elena Lvovna, jusqu'à atterrir dans le bureau de la principale. Mais c'est là que ça se corse. Tout autre élève s'en serait sorti avec un blâme, une colle, mais pas Veniamin ! Charismatique, brillant, ce manipulateur autoritaire va tenir tête aux adultes jusqu'à complètement retourner son auditoire. En bout de course c'est l'enseignante qui se fait réprimander !
À compter de ce moment, Elena Lvovna entame un féroce combat contre l'obscurantisme jusqu'à en perdre la mesure. Athée, rationaliste, elle va étudier les Évangiles afin de démonter les arguments fallacieux de son élève et leur duel, d'abord oral, va devenir toujours plus tendu, cruel, sanglant…
La mise en scène percutante, rythmée, ne laisse pas le temps de souffler. Les acteurs sont parfaits ! Difficile de ne pas rester rivé à son siège, subjugué et effrayé par la figure emblématique du prédicateur tout aussi brillant que monstrueux. Aussi délirant soit-il, on comprend le basculement des adultes, rendus d'autant plus malléables par des années de soumission à la dictature de la pensée. C'est une analyse intemporelle qui peut s'appliquer à toutes les formes de fanatismes, d’extrémismes. Démonstration implacable, s'il en fallait encore une, qu'en s'appuyant sur les textes sacrés on peut tout aussi bien faire la guerre que l'amour.

CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles "Croire" : dimanche 29 janvier 20h

Mademoiselle
Réalisé par PARK Chan-wook
Corée du Sud 2016 2h25mn VOSTF
avec Kim Minh-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong, Kim Hae-sook, Sori Moon...
Scénario de Park Chan-wook et Chung Seo-kyung, d'après le roman de Sarah Waters, Du bout des doigts

Voilà un thriller érotique et historique subliment beau, divinement intelligent, délicieusement alambiqué, un véritable joyau comme on en voit rarement. Au départ il y a l’œuvre de la romancière britannique Sarah Waters, Du bout des doigts, qui situait son action dans le Londres victorien des années 1860. L'histoire d'une jeune orpheline des classes miséreuses qui croyait voir son avenir assuré grâce à une machination par laquelle elle devait convaincre une jeune héritière d'épouser un beau garçon a priori bien sous tout rapport, en fait un escroc déguisé en aristocrate, bien décidé à dépouiller la donzelle une fois marié. Le réalisateur coréen Park Chan-wook a adoré le roman et a décidé de le transposer dans la Corée des années 1930, alors sous occupation japonaise.

Sookee vient d'être embauchée pour s'occuper de Hideko, une jeune héritière japonaise qui vit dans un immense et inquiétant manoir aux côtés de son oncle et tuteur, un homme irascible et inquiétant, un bibliophile obsessionnel qui semble principalement obsédé par sa collection de livres rares. Très vite la jeune servante découvre une jeune aristocrate totalement dépressive qui semble cacher un lourd secret et souffre de sa réclusion dans cette prison dorée…

On est tout de suite impressionné par la mise en scène et le choix des décors qui constitueront, tout au long de cette intrigue palpitante, le théâtre des cruautés. Il y a déjà ce manoir incroyable dont l'architecture est un mélange étonnant de construction victorienne ou gothique occidentale et d'aménagements japonais traditionnels. Ainsi Hideko passe le plus clair de son temps dans une chambre à la décoration surchargée qui pourrait être celle d'une jeune aristocrate anglaise, tandis que Sookee dort dans l'austérité de ce qui pourrait être un placard à futon derrière un paravent. D'ailleurs beaucoup de choses se découvrent derrière un panneau entrouvert ou par le trou d'une serrure. Et il s'en passe des choses, derrière les portes, mais on ne vous en dira rien… sinon que les deux jeunes femmes vont se rapprocher dangereusement.
Mais le lieu le plus incroyable reste la bibliothèque du maître des lieux, inquiétante, le plus souvent fermée : mélange fascinant de bibliothèque à l'ancienne et d'espace de méditation japonais, le tout magnifié par les cadrages sublimes d'une image en format large. Même les somptueux jardins japonais et leurs fameux cerisiers fleuris ont une connotation morbide, car on peut se pendre à leurs branches…

L'intrigue est – pour notre plus grand plaisir – tout à fait tortueuse et les manipulateurs seront à leur tour manipulés et les manipulés manipulateurs seront peut être une nouvelle fois manipulés… Nous sommes pris dans les rêts d'un récit à la Rashomon (référence au chef d'œuvre de Kurosawa), la même action étant décrite selon trois point de vues, suspense assuré jusqu'à la dernière séquence.
Park Chan-wook, abandonnant la violence assumée de ses films précédents (le plus célèbre et le plus réussi étant sans doute le terrible Old boy), livre un thriller avant tout psychologique, magnifique d'élégance et de classicisme raffiné. Mais que les fans du maître du polar coréen soient consolés, il nous a quand même réservé quelques scènes croquignolettes qui ne décevront pas les lecteurs du Divin Marquis. (Utopia)


CGR (Draguignan) : Hélas seulement les mercredi 25, jeudi 26, vendredi 27, samedi 28 et mardi 31 à 11h

La Sociale
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par Gilles Perret
Documentaire France 2016 1h24

Et si, plutôt que financier, le plus grand trou de la Sécu était mémoriel ? Après Ma mondialisation (disponible en Vidéo en Poche), Walter, retour en résistance, De mémoires d’ouvriers, et avoir retracé l’histoire du programme du Conseil National de la Résistance, intitulé magnifiquement Les jours heureux, Gilles Perret suit le parcours de ces lois littéralement révolutionnaires, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Il nous conte ainsi cette utopie folle qui, dans cette période sombre, devint réalité à la Libération…
La sécurité sociale prend en charge l’assurance maladie, la retraite, les allocations familiales et les accidents du travail. En plus du régime général des salariés, elle gère aussi celui des agriculteurs, des indépendants et les régimes spéciaux. Son budget équivaut à deux fois et demi celui de l’État, autant dire qu’il suscite des convoitises, ce qui explique pourquoi la Sécurité Sociale est régulièrement attaquée.

La sécurité sociale a fêté ses soixante-dix ans en octobre dernier : soixante-dix ans et toutes ses branches ! Le problème est que cette célébration est médiatisée par ceux qui s’inscrivent dans le sillage d’autant d’années de démantèlement de la Sécurité sociale, utilisant la figure de Pierre Laroque. Or Pierre Laroque n’était qu’un fonctionnaire d’Ambroise Croizat, qui fut le véritable bâtisseur de la Sécurité Sociale. Cette utilisation relève de la manipulation, elle permet d’une part de ne pas évoquer les actions des communistes dont celles d’Ambroise Croizat, ministre du travail, et de François Billoux, ministre de la Santé de l’époque. Et d’autre part d’effacer la notion même de construction collective de la Sécurité Sociale. Car celle-ci est une fabrication du peuple de France. De tous ses ouvriers, essentiellement cégétistes qui ont bâti les caisses dans un enthousiasme absolument indescriptible.

Ambroise Croizat fait partie de ces hommes issus de la Libération qui ont su mettre l’Homme au centre de leurs choix politiques. Sa force est d’avoir su faire le lien entre le social et le politique : « Si on veut une économie de qualité à la hauteur des besoins d’une nation il faut un véritable statut social à la hauteur des besoins des hommes ». L’idée était de protéger l’individu de sa naissance à la mort. Rien n’aurait été possible sans rapports de force, qui dans l’Histoire, ont permis de faire plier le patronat. Il n’existe aucun conquis social qui n’ait été précédé d’une intervention populaire. Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est de garder en tête ses paroles : « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

CGR (Draguignan) : Jeudi 26 à 20h dans le cadre des ciné-débats citoyens en présence du réalisateur Gilles Perret


Qu'est-ce qu'on attend ?
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par Marie Monique ROBIN
Documentaire France 2016 1h59mn

La transition… un mot très à la mode, on le croise un peu partout, à toutes les sauces. Mais au fond qu'est ce que ça veut dire « la transition » ? Rien de mieux, finalement, que la preuve par l'exemple.

Nous sommes en 2016 après Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les lobbies énergétiques. Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Alsaciens, Ungersheim, a décidé de résister à l'envahisseur… Ils ne sont pas tous tombés dans la marmite, loin de là et c'est ici que commence la transition. Car pas moins de quatre mandats auront été nécessaire au maire de cette petite commune pour convaincre les 2200 âmes dont il a la charge, de sa première adjointe aux nouveaux habitants, de se mettre en marche vers un monde plus écolo-responsable, plus solidaire, pour remettre de la joie dans les vies et de l'espoir dans le futur. Et cela passe évidemment par une vision un peu plus juste de la démocratie, la voix de chacun pouvant se faire entendre, les décisions sont prises en communs.
Le mouvement « village en transition » est une initiative de Rob Hopkins, mise en œuvre pour la première fois à Totnes au Royaume-Unis. Ça vous dit quelque chose ? C'est sûrement parce que vous l'avez vu vous expliquer le fonctionnement d'une monnaie locale dans Demain. Ce professeur en permaculture définit Ungersheim comme étant « la championne des villes en transition ». Cinéaste et militante, Marie Monique Robin donne à voir comment, tranquillement, un tel changement peut se construire – et nous offre au passage de magnifiques portraits d'humains qui ont choisis de prendre les choses en mains. (Utopia)

CGR (Draguignan) : le jeudi 2 février à 20h en présence de la réalisatrice Marie Monique Robin, proposé par Colibris

La La Land
Écrit et réalisé par Damien CHAZELLE
USA 2016 2h08mn
avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K Simmons, Rosemarie Dewitt...

Du haut de ses trente piges, Damien Chazelle confirme que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a talent fou, voilà tout ! Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et confirme que le jeune réalisateur n’a sans doute pas peur de grand chose : ni de croquer à pleines dent dans le mythe, ni de faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor.
La la land, c’est la comédie musicale comme on n'osait plus la rêver, c’est un étalon lancé à cent kilomètres heure sur la piste de danse étoilée. Ce ne serait que cela, ce serait déjà très bien, mais quand le cavalier qui tient les rênes est un type passionné de musique, brillant, audacieux, fougueux, il devient vite évident que l'on est ici un niveau au-dessus et qu’au-delà du simple film de genre, c’est bien un pan tout entier de l’âge d’or du cinéma hollywoodien que le bougre a décidé de parcourir à bride abattue. La course sera éblouissante et le voyage digne d’un aller-retour sur la lune.

C’est l’histoire de Mia et de Sebastian… Elle est serveuse dans un café niché au creux d’imposants décors d’un grand studio hollywoodien et court obstinément les castings dans l’attente du grand rôle. Il est pianiste de jazz, fan de Thelonius Monk mais pour l'heure il est surtout fauché et doit cachetonner en attendant d’accomplir son rêve : reprendre une mythique boîte de jazz à son compte et y jouer toute la musique qu’il aime. Entre eux, l'indifférence voire le mépris d'abord… avant les étincelles !
Embrassant avec délice tous les clichés, jonglant avec les références les plus prestigieuses – de Chantons sous la pluie à La Fureur de vivre en passant par Un américain à Paris, West Side Story ou les mélos flamboyants à la Douglas Sirk, sans oublier quelques clins d'œil admiratifs autant qu'affectueux à Jacques Demy – La la land parvient pourtant à tout réinventer. Les codes, dont il se moque avec tendresse, les chansons, traditionnelles mais souvent détournées avec humour, les décors, sublimes dans leur écrin de carton pâte mais qui jamais ne font toc, et les deux protagonistes, clichés sur pattes (la jeune serveuse qui veut percer à Hollywood, le musicien idéaliste et un peu dédaigneux qui se veut l’héritier des plus grands) mais terriblement humains. Même le récit, dont la trame est classique, parvient à nous surprendre grâce à une construction singulière (la toute dernière partie du film est en cela une belle trouvaille).

S’il s’agit plus d’un hommage abouti que d’une véritable révolution cinématographique, La la land est une vrai bouffée de bonheur, colorée, enjouée, rythmée, qui vous prend par la taille, vous entraîne dans la danse et ne vous lâche qu’au bout de deux heures… Ou qui ne vous lâche pas, la la la…

CGR (Draguignan) : tous les jours à 11h, 14h, 16h30, 19h45 et 22h15 (en VF hélas)

Manchester by the sea
Ecrit et réalisé par Kenneth LONERGAN
USA 2016 2h16mn VOSTF
avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges, Gretchen Mol, CJ Wilson...

C’est bien depuis la mer qu’il faut découvrir Manchester by-the-Sea, Massachusetts, petite ville côtière des Etats-Unis repérable sur la carte à quelques centimètres de Boston. Depuis la mer, tout paraît calme et serein : les bateaux de pêche vont et viennent, les résidences plantées au bord de l’eau semblent couler des jours indéfiniment paisibles, même les bâtisses industrielles du port, couleur rouge brique, semblent s’intégrer avec élégance au paysage. Depuis la mer, Manchester by-the-Sea est une ville où il fait bon vivre, une ville où l’on naît et où l’on meurt, sans l’once d’un regret de n’en être jamais parti, sans avoir eu l’envie ni le goût d’un ailleurs tant la vie ici semble belle et simple. Depuis la mer, la vue d’ensemble décrit des courbes et des couleurs en parfaite harmonie avec les hommes… mais depuis la mer, les hommes, on les distingue à peine, silhouettes frêles en mouvement dont on ne soupçonne pas les visages, dont on n’imagine pas les fêlures, dont on ne voit ni les sourires ni les larmes.

Lee Chandler a quitté Manchester by-the-Sea, la ville de son enfance, là où il aurait dû vivre heureux et puis vieillir. Il a quitté ses amis, sa famille, son frère, son neveu pour s’installer dans une métropole dont on comprend vite qu’elle lui apporte les deux seules choses qu'il semble désormais désirer : l’anonymat et un boulot alimentaire, en l’occurrence concierge à tout faire. Pendant qu’il répare les toilettes, vide les poubelles, déneige les allées, visse ou repeint, Lee n’a pas trop le temps de penser aux raisons qu’ils l’ont poussé à partir loin de Manchester. On imagine assez vite, par son regard perdu dans le vide d’une profonde solitude, par son air détaché de tout et de tous, que Lee a vécu un drame. Un drame dont on ne revient pas vivant. On peut dire que Lee est un homme déjà mort, en sursis forcé en attendant l’ultime délivrance.
Mais Lee va devoir revenir à Manchester, retrouver ce qu’il reste de sa famille, retrouver le clapotis de l’eau sur la coque increvable du bateau de pêche de son frère, retrouver les embruns marins et la saveur amère du bonheur disparu. Il va aussi faire la connaissance d’un jeune garçon qu’il avait laissé enfant : Patrick, son neveu.

Manchester by the sea, c’est une tragédie grecque portée par une chanson de Dylan, c’est l’Amérique laborieuse qui vit au rythme des saisons, des naissances et des enterrements, c’est aussi le portrait d’une famille morcelée par les drames et celui d’une communauté humaine simple et bienveillante. Mais plus que tout, c’est le portrait touchant de Lee, admirable Casey Affleck, un homme qui n’aura d’autre choix que celui de vivre. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 26 à 17h et 20h, lundi 30 à 18h
Lorgues : mercredi 25 à 21h en VF, samedi 28 à 18h05 en VF, Dimanche 29 à 18h en V.O
Salernes : samedi 28 à 20h30, dimanche 29 à 18h


Le Divan de Staline

Afficher l'image d'origineÉcrit et réalisé par Fanny ARDANT
France/Portugal 2016 1h32mn
avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Paul Hamy, François Chattot, Luna Picoli-Truffaut...
D'après le roman de Jean-Daniel Baltassat

Soit un énorme palais décadent orné d'inquiétantes gargouilles, perdu au fond de bois profonds en Géorgie, le genre d'antre fait sur mesure pour un ogre solitaire et pas gentil du tout comme on en croise dans les contes qui font peur aux enfants et frissonner même ceux qui les racontent. Staline s'est isolé pour quelques jours avec son étrange et belle maitresse Lidia Semionova. Elle lui lit Pouchkine, il écoute la Callas chantant l'aria de Lady Macbeth qui « convoque les pouvoirs du mal pour l'ambition de son mari : Callas a dans sa voix la folie des rêves et la terreur des visions »…
Il fume la pipe dans son fauteuil, il a l'air cruel d'un gros matou perfide qui semble s'amuser de la crainte qu'il inspire. Ses généraux n'en mènent pas large, mais Lidia lui tient tête. Dans le bureau où il dort trône un divan en tout point identique à celui du bureau de Freud à Londres. Alors germe dans son esprit tordu l'idée d'un jeu, Staline installe sa maitresse en retrait :
- « Toi sur le fauteuil et moi sur le divan. Moi je me souviens de mes rêves et toi tu fais le charlatan. »
- Pourquoi tu veux jouer à ça ?
- Ça te fait peur d'entendre mes rêves ?… »

Dans le château de Barbe bleue se joue alors une curieuse et fascinante relation où on mesure les effets du pouvoir absolu sur celui qui l'exerce comme sur ceux qui le subissent ou sur celle qui l'affronte… Staline raconte ses rêves, ses obsessions tandis que Lidia réplique. Un jeune peintre, Danilov, invité par Lidia, attend d'être reçu par Staline pour lui présenter son projet d'un monument qu'il a conçu à sa gloire. Les généraux de Staline l'interrogent, eux-mêmes imprégnés d'un sentiment de peur qui redescend jusqu'au plus petit serviteur en cascade. Il y a quelque chose de terrifiant dans cette relation à trois dont on ne sait jamais vraiment comment elle va évoluer et Depardieu est formidable, tantôt le regard froid, intense et cynique, tantôt touchant et humain, un bourreau dans l'âme capable de s'émouvoir à la vue d'une fleur… sorte de monstre grandiose à qui Emmanuelle Seigner donne une troublante réplique.

Dans le roman, l'histoire se passe trois ans avant la mort de Staline dans un palais du grand duc Mikhaïlovitch. Fanny Ardant n'a pas voulu dater son film pas plus qu'elle n'a cherché à se rapprocher du personnage réel de Staline… et le château est au Portugal ! Il s'agissait plutôt de faire une forme de fable : vous ne trouverez pas ici le Staline des livres d'histoire et des documentaires et, comme dans un conte, les grilles du château s'ouvrent symboliquement au début et se ferment à la fin. La musique de Chostakovitch ajoute aux crépusculaires images un mystère, une ampleur qui fait de ce film audacieux un objet hors du temps, hors des modes, mais fichtrement attachant.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 à 16h, jeudi 26 à 15h30, vendredi 27 et lundi 30 à 14h, samedi 28 à 16h05, mardi 31 à 14h


Your Name

Résultat de recherche d'images pour "allocine image your name"Réalisé par Makoto SHINKAI
Film d'animation Japon 2016 1h48mn VOSTF
avec Maisa Abd Elhadi, Raida Adon, Karim Saleh, Nadira Omran...
Pour les enfants à partir de 10 ans

Your name nous arrive précédé d'une réputation hors norme : film phénomène au Japon, énorme succès critique et public, le film a détrôné à la troisième place du box office national de tous les temps l'indéboulonnable Princesse Mononoke du maître Miyazaki. Les studios Ghibli de Miyazaki et Takahata régnaient sans partage sur l'animation japonaise… jusqu’à ce que surgisse le tout jeune Makoto Shinka. Et vous savez quoi ? Cette réputation n'est pas usurpée, ce succès est bien mérité !

Au cœur de Your name, conte fantastique contemporain aussi romantique qu'impressionnant visuellement, il y a deux personnages d'adolescents qui n'ont rien en commun.
Mitsuha est la fille aînée du maire d'un petit village de la région montagneuse de Ginfu. Depuis la mort de sa mère, elle vit avec sa grand-mère et sa jeune sœur, et se montre très soucieuse de faire perdurer les traditions (fêtes ancestrales, fabrication d'un saké « très spécial », danses rituelles), tout en désirant plus ou moins secrètement, comme beaucoup d'adolescentes des régions rurales, de quitter son cocon pour mener une vie trépidante à Tokyo. Justement à quelques centaines de kilomètres vit Taki, lycéen tokyoite qui se partage entre ses études, ses sorties entre amis, sa passion du dessin et un petit boulot dans une pizzeria, dirigée par la troublante mademoiselle Okudera, qui littéralement le subjugue.
Deux existences parallèles qui ne devaient jamais se croiser… mais voilà : la nuit, chacun sans le savoir rêve de l'existence de l'autre, s'imagine dans le corps de l'autre, se surprenant au réveil dans un corps qui lui semble étranger. Chacun des deux adolescents va commencer à enquêter pour savoir si l'être qui hante ses songes existe vraiment, par delà le temps et l'espace. Une quête trépidante, pleine de rebondissements, une course contre l'inéluctable et contre une catastrophe annoncée dont on ne vous dira évidemment rien de plus…

Le charme du film tient d'abord à la richesse de ses thématiques, intelligemment explorées : la question très bouddhiste du double ou de l'âme sœur existant quelque part dans le monde, celle de l'âme qui habite un autre corps, ignorant d'ailleurs les frontières de l'identité sexuelle – le manga japonais est friand des personnages qui changent de sexe. Et puis aussi le thème de l'opposition éternelle au Japon entre tradition et modernité, entre une vie rurale qui respecte depuis des siècles les mêmes coutumes et la vie de Tokyo où le Japonais urbain est condamné à respecter de nouveaux rituels dictés par la dictature du succès économique. Une nouvelle norme rejetée par nombre d'adolescents qui veulent vivre autrement et ailleurs.
Très présente aussi dans le film l'obsession de la catastrophe, qu'elle soit naturelle, guerrière ou technologique, dans un pays traumatisé par les grands tremblements de terre, les tsunamis, par les bombardements de Nagasaki et Hiroshima et par l'accident nucléaire de Fukushima.

Mais tous ces thèmes passionnants ne feraient pas un aussi grand film s'ils n'étaient pas transcendés par une incroyable splendeur plastique, autant dans la description minutieuse des paysages urbains ou ruraux (à tel point que la région du Ginfu a vu sa fréquentation touristique augmenter de manière spectaculaire grâce au dessin animé) que dans certaines scènes de fiction inoubliables comme celle de la chute de météorites.

CGR (Draguignan) : mercredi 25, jeudi 26, lundi 30 à 22h20 et vendredi 27, mardi 31 à 13h30


Ouvert la nuit
Réalisé par Edouard BAER
France 2016 1h40mn
avec Edouard Baer, Audrey Tautou, Sabrina Ouazani, Christophe Meynet, Jean-Michel Lami, Gregory Gadebois, Patrick Boshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Michel Galabru...
Scénario d’Edouard Baer et Benoit Graffin

Ouvert la nuit aurait pu s’appeler « Ouvrir les portes » (d’un théâtre, d’un cinéma, de chez soi) ou bien « Ouvrir une bouteille » (de champagne, de vin) voir même « Ouvrir son cœur »… Bref un titre généreux, avenant, engageant, un titre qui donne envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu, vers les lumières de la ville et de la nuit. Alors on va ouvrir tout ça en même temps – parce que c'est comme ça que la vie ne devrait jamais cesser d'être : ouverte comme une fenêtre – et suivre le facétieux, l’incorrigible, le séduisant… j’ai nommé l’inénarrable et incroyable Luigi.

Luigi (Edouard toujours délicieusement Baer) est le directeur inspiré et définitivement imprévisible d’un théâtre parisien. C’est la veille de la première et sur scène, il n’y a pas que les rideaux de velours rouge qui sont tendus. Il n’y a plus un sou dans les caisses et l’équipe n’a pas été payée depuis… depuis trop longtemps. Ils ont beau tous aimer très fort ce sympathique Luigi de patron, ils ont beau aimer l’art avec un grand A, et le théâtre parisien privé, faut quand même pas pousser l’intermittent dans les orties. Grève générale donc. Pendant que dans la salle un célèbre metteur en scène excessivement japonais et son assistante-interprète complètement sadique tentent de mener à terme les ultimes répétitions, dussent-elles épuiser le grand Michel Galabru qui aimerait bien rentrer chez lui, Luigi, fidèle à lui-même, a totalement le contrôle de la situation. Rien ni personne, nippon ni gréviste, ni sa meilleure amie et administratrice, ni la nuit et encore moins Paris ne l’empêcheront de lever le rideau le lendemain pour la première représentation.

Le pognon n’est qu’une histoire d’argent et les histoires, Luigi, il maîtrise : scénario, dialogues, costumes et même la bande son, tout lui va, rien n’est grave, tout peut arriver y compris le meilleur, il suffit juste d’y croire. Assisté d’une stagiaire de Sciences-Po aussi rationnelle et stressée qu’il est zen et lunaire, aussi sûre de son jugement qu’il est à l’aise avec ses doutes, le voilà parti au cœur de la nuit en quête d’argent frais. Mais les vieux tours de passe-passe de Luigi, son baratin et ses blagues un peu lourdingues ont pris du plomb dans l’aile… Luigi n’est plus tout à fait le magicien de la nuit, le séducteur saltimbanque qu’il était, le monde autour de lui n’est plus tout à fait le même et les gens, ces autres qui l’inspirent, ont peut être envie d’avoir la paix, voir comme Michel d’aller se coucher.

Tourbillonnant, virevoltant, épique, mélancolique, joyeux, insomniaque, Ouvert la nuit est un film de mission qui ressemble à Cendrillon… passé minuit, le smoking du dandy redeviendra la tenue de travail du garçon de café et le carrosse doré une flûte en plastique contenant un champagne tiède… Mais chut… Luigi le doux, l’inconstant, le rêveur, l'irresponsable, le tchatcheur a peut-être un ultime tour dans sa poche trouée. Un homme qui, comme le poète Ferré, parle à un chimpanzé n’a peut-être pas encore dévoilé sa dernière tirade.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 à 20h30, vendredi 27 à 16h, dimanche 29 à 20h30, mardi 31 à 16h


Paterson

Écrit et réalisé par Jim JARMUSCH
USA 2016 1h58mn VOSTF
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Barry Shabaka Henley, Kara Hayward, Trevor Parham, Masatoshi Nagase...

La bande son a beau être d’une sobriété surprenante pour un film de Jim Jarmusch, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-Yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux en couple et poète à ses heures. Sept jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun. Avec Paterson, Jarmusch réussit un splendide film en mode mineur, parfaitement anti-dramatique puisqu’il ne s’y passe (presque) rien d’extraordinaire mais qui, par l’épure proche d’un haïku, parvient à toucher à l’essentiel.

Paterson, c’est le nom de famille du personnage principal qui se lève tous les matins à 6h15 pour avaler son bol de céréales et rejoindre à pied le dépôt de bus duquel il part faire sa tournée. Curiosité des choses, Paterson c’est aussi le nom de la ville du New Jersey où Paterson fait sa tournée pour transporter les habitants qu’il écoute souvent bavarder d’une oreille indiscrète. Paterson enfin, c’est le titre d’un recueil de poèmes que Paterson (le chauffeur) affectionne particulièrement, écrit par William Carlos Williams (1883-1963) sur Paterson (la ville) dans laquelle il habitait naguère lui aussi. Jarmusch a toujours eu un goût pour ces bizarreries : le film n'a pas encore commencé qu'il repose déjà sur un enchevêtrement de sens à explorer. Sauf que contrairement à la plupart des films du cinéaste, Paterson reste sur place, circonscrit à une localité et à quelques lieux récurrents. Et pour cause, notre chauffeur de bus est un type à la vie bien rodée. Il partage avec sa petite amie Laura et leur bouledogue Marvin une harmonie domestique très ritualisée. Laura est aussi excentrique et naïve que Paterson est taiseux et contemplatif. Tous les soirs, il découvre avec circonspection la nouvelle trouvaille créative de sa bien-aimée, sous le regard inébranlable de Marvin, prolongement flegmatique et comique du couple. Tous les menus épisodes de cette vie sont pour Paterson une grande source d'inspiration. Il les consigne dans un petit carnet qu'il transporte partout en une prose ciselée et concrète : évocation des petits bonheurs familiers, de son amour pour Laura, de bribes de conversations glanées au cours de la journée ou de pensées vagabondes surgies au cours de ses trajets. Une poésie d'autant plus touchante qu'elle est modeste et simple (Paterson n'entend pas la publier, contrairement à Laura), témoignage d'un rapport au monde sain et complet.

En attendant que le week-end déjoue subtilement la routine, la répétition stricte du schéma journalier de Paterson est ponctuée de ce que Jim Jarmusch fait le mieux et qui donne au film tout son charme : rencontres aussi improbables que savoureuses, micro-événements comico-burlesques et divagations oniriques intériorisées. En un instant, la mise en scène parvient à transcender l’ordinaire en dénichant dans le commun du réel les manifestations poétiques les plus inattendues, parfois aux frontières du fantastique. Jim Jarmusch joue avec les apparences, multipliant les rimes visuelles et détournant avec amusement les règles consacrées (Paterson attachant Marvin tous les soirs devant son bar préféré comme un cheval devant un saloon). Ce n'est pas pour rien que Jarmusch place son film sous la référence à William Carlos Williams, ce poète américain qui rompit avec la tradition littéraire en utilisant un vocabulaire populaire, débarrassé de toute affèterie, dans le but d'évoquer le monde au plus proche de ce qu'il est. Dans sa foulée, Jim Jarmusch s'en tient à une vision prosaïque du monde et des affects, prouvant ainsi que le cinéma n’a nul besoin d’emphase pour être exaltant. Tant que les sentiments sont purs, ils suffisent à être bouleversants.


Salernes : samedi 28 à 18h et lundi 30 à 20h30

Tempête de sable
PREMIER CONTACTÉcrit et réalisé par Elite ZEXER
Israël 2016 1h28mn VOSTF
avec Lamis Ammar, Ruba Blal, Hitham Omari, Khadija Aladel...
Grand prix du jury, Festival de Sundance 2016

Première scène simple et réjouissante : un père, Suliman, confie le volant à sa fille Layla. On est sur une petite route poussiéreuse, perdue et interminable qui trace tout droit vers leur village dépareillé. Le désert du Néguev, on l'apercevra peu, aux antipodes de celui des cartes postales. La seule tempête qui va secouer cette petite communauté bédouine sera celle qui se déroulera au cœur des hommes. Ou plutôt dans la tête des femmes, omniprésentes, comme autant de minuscules grains de sable perdus et ballotés dans des mécanismes sociaux qui les dépassent. Ce n'est pas parce que l'histoire prend sa source au fin fond d'Israël, à la frontière de la Jordanie, qu'elle ne fera pas résonner en nous quelque chose d'étrangement familier.
Entre le père et sa fille, à laquelle il apprend à conduire, transparaissent une complicité, une affection et une admiration indéfectibles. On devine que sous les traits de cette étudiante sérieuse se profile la promesse d'un avenir lumineux où les femmes auraient voix au chapitre, le choix de leur devenir, de leur carrière. Layla semble animée par une rage vitale, rentrée, maîtrisée, une volonté inaliénable qui lui permettront d'aller plus loin que ses ancêtres ne le pouvaient. On y croit ! On a envie d'y croire ! Bien sûr, lorsqu'on arrive près des demeures rapiécées, parfois miteuses, le père reprend le volant. Le doute fait une première brève incursion… Là les regards épient, les langues critiquent, les traditions reprennent le dessus. Il y a des choses qui ne se font pas, que l'on n'évoque pas, même si la modernité semble en marche.

La seconde fille de la famille c'est Tasnim, la cadette d'une douzaine d'années. Envers elle, le même lâcher prise semble régner. Privilège de l'âge ? De sa petite taille qui fait qu'on l'oublie ? De ses allures de garçon manqué ? Elle semble pouvoir traîner ses guêtres et ses oreilles un peu partout en se faisant oublier des adultes. C'est donc par elle que les informations arrivent parfois, de manière déconcertante. Trop spontanée et sans malice, la langue bien pendue, elle ne sait pas encore qu'il vaut parfois mieux se taire. Témoin malicieux et innocent qui fera naître bien des remous dans la maisonnée.
Et puis il y a la mère, Jalila, maîtresse femme, personnage qui n'a pas fini de nous étonner, peut-être le plus subtil, le plus profond. De prime abord elle apparaît plus rêche, moins progressiste que le père. Toujours en train de rappeler à l'ordre, de surveiller la mise de ses filles… qui comprendront plus tard la justesse et la portée de ses propos d'une lucidité douloureuse. Quand leurs vies et les rapports avec leur paternel vont basculer le jour où ce dernier ramène une seconde femme au village. Le jour des noces, c'est Jalila qui réceptionne dignement la jeune mariée au visage lourdement poudré de blanc, engoncée dans une robe naïvement immaculée. L'intruse aura le statut de seconde épouse tant que Jalila assurera celui de première. Amères sont les félicitations que les vaincus adressent aux vainqueurs.

Suliman met la dose pour accueillir sa nouvelle et beaucoup plus jeune compagne. La différence de traitement entre les deux maisonnées devient chaque jour plus criante. Mais si la cage de l'une est plus dorée que celle de l'autre, elle n'en reste pas moins liberticide. Rien n'est aussi simple et aucune de ces femmes, aux caractères ciselés par le vent et l'aridité de terres ingrates depuis des générations, ne l'ignore. Les victimes désignées sont parfois plus résistantes que leurs bourreaux et les bourreaux plus lâches et soumis qu'il n'y paraît. Tous et toutes complices d'un système archaïque, aux multiples facettes et aux rouages vicieux, contre lequel aucun pion du jeu ne peut gagner la partie seul.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 25 et samedi 28 à 14h, 18h15, 20h30, jeudi 26 à 15h30 et 18h, vendredi 27 à 14h, 18h15 et 20h30, dimanche 29 et lundi 30 à 16h05 et 20h30, mardi 31 à 14h, 16h et 20h30


Primaire

Afficher l'image d'origineRéalisé par Hélène ANGEL
France 2016 1h45mn
avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Olivia Côte, Guilaine Londez, Patrick D'Assumçao...
Scénario de Yann Coridian et Hélène Angel, avec le concours d'Olivier Gorce et Agnès de Sacy

Elle a une pêche d'enfer Florence, et le charisme décapant et sauvage de Sara Forestier ! Une vitalité, une présence, une imagination débordantes, à faire craquer des hordes de gamins indisciplinés. Florence est institutrice, enfin, maîtresse, heu… pardon, je veux dire Professeur des écoles puisque l’institution adore les nouvelles appellations, les nouveaux sigles, les nouveaux programmes… Pour Florence, qu’importe le titre, puisqu’elle a plus que la motivation : la passion. Enseigner est pour elle un engagement, un émerveillement, un défi permanent qu’elle n’a de cesse de réinventer, de nourrir, puisant son énergie et ses idées dans la relation avec ces bambins qu’elle accompagne et pour lesquels elle est prête à tout donner : son temps, son talent, son empathie.
Florence est de ces enseignants qui croient dur comme fer au pouvoir magique des mots, de la transmission et qui pensent que rien n’est jamais perdu pour un élève tant qu’un adulte peut le prendre par la main et lui montrer la voie. C’est un peu naïf, elle se casse parfois les dents, elle en fait quelquefois des tonnes, mais elle poursuit sa route, obstinée, convaincue qu’elle est dans le vrai. Pas question de laisser ne serait-ce qu'un des gamins qu'on lui confie à la traîne – à part le sien parfois peut-être. Mais on demande toujours plus à ceux qu'on a toujours sous la main et qui font tellement partie de vous-mêmes qu'on oublie qu'ils sont fragiles…

Elle va s'intéresser tout particulièrement à Sacha (qui n’est pas dans sa classe, ce qui complique les choses) : un enfant agité, secret, un gamin pas franchement teigneux mais à fleur de peau dont l’équipe enseignante réalise vite qu’il est livré à lui-même, délaissé par une mère débordée qui compense en lui glissant quelques billets pour que le môme se débrouille seul. Interpellée dans son rôle de mère et d’enseignante, Florence se met en tête de l’aider… quitte à perturber les habitudes de l’équipe pédagogique, quitte à outrepasser son rôle, quitte à se mettre elle-même en danger. Habitée par sa rage de bien faire et sa générosité, Florence ne réalise pas que tout n’est pas toujours aussi simple qu’elle le voudrait. Cerise sur le gâteau, c’est pile poil le moment où le mammouth, euh pardon, l’Education Nationale, choisit pour l’inspecter dans sa classe de CM2, heu pardon, de deuxième année du cycle 3.

Primaire est un film généreux, bouillonnant comme une cour d’école, lumineux comme le regard d’un enfant quand il comprend que des lettres alignées font des mots et que ces mots ont un sens. Si ce film ambitieux peut sembler dense, tant le métier et le monde qu’il décrit sont riches et intenses, il n’est en rien simpliste et introduit moult nuances. Ni tract ni complainte, c’est simplement un formidable hommage à un métier formidable qui a tant à offrir et qui est paradoxalement toujours malmené par les gouvernements successifs.

Le Vox (Fréjus) : samedi 28 à 14h, lundi 30 à 15h55


Neruda
Réalisé par Pablo LARRAIN
Chili 2016 1h48mn VOSTF
avec Luis Gnecco, Gael Garcia Bernal, Mercedes Moran, Diego Munoz, Alfredo Castro...

Neruda est à la hauteur de Neruda. Neruda le film est à la (dé)mesure de Neruda le poète, le militant, l’homme politique, figure emblématique d’un Chili pensant, créant, résistant. Soyons clair : ceux qui espèrent un biopic classique retraçant la vie et la carrière du grand écrivain, compagnon de Garcia Lorca et de Picasso au moment de la Guerre d’Espagne, Prix Nobel de littérature en 1971, mort dans des circonstances suspectes peu de temps après le coup d’état de Pinochet… ceux-là resteront sur leur faim. Mais tous ceux qui sont sensibles à l’imagination, à l’invention, au romanesque, à la poésie – tous qualificatifs évidemment adaptés à l’œuvre de Pablo Neruda – seront autant que nous enthousiasmés par ce film magistral du très remarquable Pablo Larrain qui s’est imposé, en quelques films essentiels et radicaux, comme un observateur incisif de l’histoire troublée de son pays (Tony Manero sur l’ambiance de plomb à l’époque du régime de Pinochet sous protection américaine, Santiago 73 - en Vidéo en Poche, autour du coup d’Etat, No, sur la fin surprise du régime Pinochet, El Club, sur les sordides reliquats aujourd’hui du régime dictatorial).

Loin donc de toute tentative ampoulée de biographie plus ou moins exhaustive, le film s’attache à un épisode bien précis de la vie de Neruda quand, au lendemain de l’élection en 1946 du président Gabriel Gonzalez Videla, il devient, après l’avoir soutenu en tant que sénateur communiste, l’un de ses plus farouches opposants, suite au ralliement du dirigeant au camp américain dans la Guerre Froide naissante. Neruda, malgré un important soutien populaire et un parti communiste au sommet de sa puissance, va devoir fuir puisque le PC est bientôt interdit par le gouvernement et ses militants pourchassés.
L’anti-biopic de Larrain bouscule l’icône Neruda, décrivant, sans jamais oublier le génie littéraire ni la figure politique de premier plan, son égoïsme, sa mégalomanie, son goût du luxe et des fêtes dispendieuses contrastant avec la défense affichée de la classe ouvrière ainsi que le goût pour les prostituées malgré l’amour d’une épouse qui aura tout sacrifié pour lui. Le réalisateur et son scénariste ont de manière jubilatoire transformé cet épisode historique en un récit policier et d’aventures aux quatre coins du Chili. On suit un Neruda (Luis Gnecco) qui, avant de partir à l’étranger, fuit ses poursuivants à travers tout le pays, des maisons bourgeoises de Santiago jusqu’aux frimas de la Patagonie et aux bordels de Valparaiso en passant par les hauteurs enneigées des Andes. À ses trousses, un personnage de roman noir, l’inspecteur Peluchonneau (Gael Garcia Bernal), policier obsessionnel, habité par la légende d’un ancêtre qui aurait créé la police chilienne, tout aussi fasciné par sa proie que déterminé à la capturer. Un personnage résolument romanesque dont la voix off accompagne le récit (le texte écrit par le scénariste Guillermo Calderon est magnifique) et qui devient, en une mise en abyme vertigineuse, une sorte de création littéraire de Neruda lui-même.

Au fil d’un récit trépidant, porté par une mise en scène virtuose et des images d’une beauté souvent renversante, secoué par un humour irrévérencieux, habité par deux acteurs géniaux, Neruda est certes iconoclaste envers le héros national mais il est aussi et surtout un magnifique hommage à son génie poétique – la poésie est omniprésente tout au long du film, irriguant le texte en voix off déjà cité, transcendant des dialogues, des situations, des rebondissements d’une invention éblouissante. Et à travers l’histoire picaresque de la fuite de Neruda traqué par le policier Peluchonneau, Larrain préfigure la triste suite de l’histoire chilienne à laquelle il a consacré jusqu’ici son œuvre, le sinistre Augusto Pinochet apparaissant brièvement en jeune officier au regard bleu glacial, garde-chiourme en chef d’un camp d’internement.


Le Vox (Fréjus) : vendredi 27  à 16h, dimanche 29 à 15h30, lundi 30 à 20h, mardi 31 à 18h15

Fais de beaux rêves
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Marco BELLOCCHIO
Italie 2016 2h08mn VOSTF
avec Valerio Mastandra, Bérénice Bejo, Barbara Ronchi, Guido Caprino, Nicolo Cabras, Emmanuelle Devos...
Scénario de Vallia Santena, Edoardo Albinati et Marco Bellocchio, d'après le récit autobiographique « Fais de beaux rêves mon enfant », de Massimo Gramellini 


Turin, années 1960. Massimo a neuf ans et sa mère remplit sa vie d’une joie immense. Une mère aimante, dansante, enjouée, fascinée par Belphegor, (oui, l'héroïne du feuilleton populaire du temps de l'ORTF incarnée par Juliette Greco). Mais c’est aussi une mère qui semble parfois absente, lointaine, comme perdue dans son monde, recluse entre les murs qu'elle dresse elle-même autour d'elle. Une mère qui passe du rire le plus naturel à la gravité la plus insondable, sans prévenir. Massimo l'aime inconditionnellement, cette mère, comme elle est : privilège des enfants d’aimer sans réserve. Mais au matin d'une nuit pas comme les autres, agitée, décousue, Massimo se réveille et sa mère a disparu, partie comme une étoile filante. Son départ laisse évidemment un vide abyssal, que rien ni personne ne peut combler.

A cette époque (mais est-ce si différent aujourd'hui ?), on croit encore qu’il est préférable de ne pas tout dire aux enfants, qu’ils ne peuvent pas comprendre, que le secret voire le mensonge sont préférables à la douloureuse vérité. Et Massimo ne saura rien ou presque… Alors pour accepter l'inacceptable il va chercher de l'aide auprès de leur amie Belphégor…
Avec une extrême délicatesse, Marco Bellochio filme Massimo à plusieurs âges de sa vie, jusqu'à la quarantaine. Nous sommes avec lui, parfois aussi perdus que lui, dans ce monde où les enfants ne sont informés que par des bribes de conversations volées aux adultes. Nous sommes encore avec lui quand, adolescent, il se fabrique une carapace en mentant aux autres et un peu à lui-même. Mais, tant bien que mal, il trace sa vie. Ainsi, grandi avec le stade de l'équipe du Torino juste sous ses fenêtres, il sera d'abord journaliste sportif, puis il deviendra reporter de guerre. Une profession où il parle des autres pour mieux se cacher encore. Mais sa fêlure intérieure ne lui permet jamais d'être véritablement relié au monde.

La caméra virtuose de Bellochio donne à ce drame intimiste une réelle ampleur, notamment par la beauté des plans et par l'ambiance si juste qui parcourt tout le film. Le réalisateur ne choisit pas une narration linéaire, et ce choix n'est pas gratuit. Les allers-retours entre les différentes périodes évoquées de la vie de Massimo nous permettent de découvrir en même temps que notre héros les vérités de cette histoire personnelle, à la fois assez banale et pourtant tellement particulière. Il y a une vraie construction, un montage réfléchi et intelligent dans ce film où rien ne semble laissé au hasard.(utopia)

Lorgues : mercredi 25 à 18h40, lundi 30 à 19h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

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