Au(x) cinéma(s) du 27 avril au 3 mai

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Bonjour à tous !

Cette semaine, dans les perles à ne pas manquer, vous avez tout d'abord au Vox La Saison des femmes de Leena Yadev, un film indien réjouissant, et un séduisant pamphlet féminin. Ensuite, Quand on a 17 ans d'André Téchiné, un film lumineux sur l'adolescence (au Vox, à Lorgues, à Salernes et au Luc). Offrez vous aussi Le Potager de mon grand-père de Martin Esposito, un hymne à la vie, bénéfique pour le corps et pour l'esprit, au CGR, à Lorgues et à Salernes. A Lorgues encore, un film important sur le thème "la sexualité aujourd'hui", dans le cadre des ciné-débats citoyens, avec Jeune & Jolie de François Ozon, jeudi 28 à 20h.

Et enfin retenez pour la semaine suivante, la date du lundi 9 mai à 20h au Bucéphale où Entretoiles vous propose un film qui respire l'intelligence, l'inspiration, la drôlerie : Arrête ou je continue de Sophie Fillières.

Nous vous rappelons aussi que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR et à 6 € au Vox de Fréjus sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 27 AVRIL AU 3 MAI 2016

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The Lady In The Van
Réalisé par Nicholas Hytner
Royaume-Uni 2016 1h44mn VOSTF
avec Maggie Smith, Jim Broadbent, Alex Jennings...
Adaptation d’une pièce à succès de l’écrivain-dramaturge Alan Bennett
Un homme découvre qu’une femme habite dans sa voiture, qui se trouve être garée dans l’allée de sa maison. Une relation étonnante va alors naître.Le pitch est tiré de l’histoire personnelle et improbable de l’écrivain britannique Alan Bennett. Son jardin a, pendant 20 ans, accueilli une étrange fourgonnette où logeait une vieille dame acariâtre, sale et hallucinée, dont l’excentricité attachante s’est mue en magnifique amitié entre l’auteur et sa voisine paria.
L’écrivain en a fait une oeuvre hommage (La Dame à la Camionnette), une pièce, et a brossé le scénario du film.
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CGR (Draguignan) : mercredi 27 et samedi 30 à 18h, jeudi 28 à 13h30, vendredi 29 à 16h, dimanche 1er à 19h45, lundi 2 à 16h30 et mardi 3 à 11h
Peur de rien : Affiche
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Le Potager de mon grand-père
Réalisé par Martin Esposito
Documentaire France 2016 1h16mn
Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé avec amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger. La protection de la planète et le retour à des habitudes de vie plus saines sont devenues de véritables enjeux politiques qui semblent désormais inspirer le cinéma. Après le Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui nous avait fait voyager à travers le monde à la recherche de solutions durables, ce documentaire signé Martin Esposito nous promène sous le ciel de Provence dans un jardin familial, celui de Vincent Esposito. Après avoir réalisé en 2008 Super Trash, un documentaire choc dénonçant le problème du traitement des déchets et de la surconsommation, ce jeune réalisateur a ressenti la nécessité de nous faire partager les valeurs et le savoir-faire d’un monde oublié à qui il souhaite redonner toutes ses lettres de noblesse... lire la suite
CGR (Draguignan) : lundi 2 à 20h en présence du réalisateur
Lorgues : samedi 30 et lundi 2 à 19h
Salernes : vendredi 29 à 20h30
Affiche
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Merci Patron !
Réalisé par François RUFFIN
Documentaire France / Belgique 2015 1h30mn
Jocelyne et Serge Klur, ouvriers dans l’industrie textile depuis plus de trente ans, fabriquaient des costumes pour la marque Kenzo dans le nord de la France jusqu’à que leur usine soit délocalisée en Pologne. Désormais au chômage, criblés de dettes, ils risquent simplement de perdre leur maison. Bernard Arnaud est PDG du groupe LVMH. La firme est numéro un mondial du luxe grâce à son portefeuille de plus de soixante marques de prestige dont certaines sont plusieurs fois centenaires. « Groupe à caractère familial, LVMH a pour vocation d’assurer le développement à long terme de chacune de ses Maisons dans le respect de leur identité, leur héritage, leur savoir-faire. » Cette gentille phrase de présentation du groupe sur la page d’accueil de son site internet est située juste en deçà du petit compteur qui nous donne la valeur de l’action en temps réel… François Ruffin, vous connaissez sa voix de journaliste enquêteur dans l’émission Là-bas si j’y suis. Sensible aux sorts et causes des classes populaires aujourd’hui sous-représentées dans les médias mais toujours plus présentes dans la composition de la société française il est également le fondateur du journal de contre-désinformation Fakir que vous pouvez trouver dans tous les bons kiosques mais aussi et toujours à la caisse de votre ciné préféré... lire la suite
Salernes : samedi 30 à 18h et mardi 3 à 20h30
Affiche
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Arrête ou je continue
Écrit et réalisé par Sophie FILLIÈRES
France 2014 1h42mn
avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Anne Brochet, Nelson Delapalme, Joséphine de la Baume, Laurent Poitrenaux...
Musique de Christophe
Pomme et Pierre. Pierre et Pomme. Entre eux d’eux, une histoire où la pomme a été croquée depuis bien des années, suffisamment de temps pour que du goût sucré il ne reste plus qu’un peu de saveur acide, suffisamment de saisons pour que la chair gourmande ait laissé place à quelques pépins desséchés. De gros pépins, pourtant, point. Une vie de couple qui s’est nourrie de belles choses joyeuses et fulgurantes et puis qui s’est vidée de sa mœlle tout doucement, tranquillement, l’air de rien du tout. Est-ce encore de l’amour, ce reliquat de sentiments qui se dilue peu à peu dans les eaux endormies du quotidien, de la routine, des habitudes ? Bien sûr il y a de la complicité, et de la tendresse… quoique ces deux-là adorent plus que de raison s’en balancer quelque bien bonnes à la tronche, histoire de tester leur seuil de tolérance mutuel autant que leur pouvoir de toucher en plein cœur, et tant pis (tant mieux ?) si ça fait un peu mal... lire la suite
Soirée Entretoiles : lundi 9 mai à 20h au Bucéphale (boulevard de la Liberté à Draguignan) - 6€
Affiche
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Jeune & Jolie
Écrit et réalisé par François OZON
France 2013 1h34mn
avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot , Fantin Ravat, Johan Leysen, Charlotte Rampling, Nathalie Richard...
Les moralistes et les amateurs d'explications définitives resteront sur leur faim : Jeune et jolie n'est en rien un film à thèse sur le destin des jeunes étudiantes obligées de se livrer à la prostitution occasionnelle pour financer leurs études, ni sur les dangers des réseaux plus ou moins mafieux d'exploitation sexuelle des femmes. La jeune et jolie Isabelle, qui s'apprête à rentrer à l'université, n'a aucun problème d'argent, sa famille vit et la fait vivre très confortablement, et pourtant elle va s'adonner à la pratique de la prestation sexuelle tarifée. Avant d'être une quelconque tentative de réflexion sur ces « sujets de société », Jeune et jolie est le portrait sensible et acéré d'une adolescente assez fascinante, incarnée par la splendide et mystérieuse Marine Vacth, en proie à la découverte, aux doutes, aux vertiges de la transgression et à l'envie de voir jusqu'où on peut aller autant dans sa tête qu'avec son corps. Un portrait au rythme des saisons et des chansons, depuis l'été où Isabelle perd sa virginité lors d'une étreinte laborieuse et facilement oubliable sur la plage des vacances (« c'est fait ») jusqu'à la fin de l'année scolaire suivante... lire la suite
Ciné-débat à Lorgues : jeudi 28 avril à 20h
Le Coeur régulier : Affiche
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La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...
Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 16h et 20h30, jeudi 28 à 16h, 18h10 et 20h30, vendredi 29 à 13h50, 16h10 et 20h30, samedi 30 à 16h15, dimanche 1er à 13h50, 18h15 et 20h30, lundi 2 à 13h50 et 1h15, mardi 3 à 13h50, 16h et 18h15
Affiche
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Quand on a 17 ans
Réalisé par André TÉCHINÉ
France 2016 1h55
avec Sandrine Kiberlain, Tracey Mottet Klein, Corentin Fila, Alexis Loret...
Scénario de Céline Sciamma et André Téchiné
Inspiré peut-être par l'air des montagnes (le film a été tourné à Luchon et dans ses environs, les Pyrénées sont magnifiques) et sans aucun doute par la complicité au scénario de Céline Sciamma (réalisatrice de Tomboy et Bande de filles), André Téchiné signe avec Quand on a 17 ans son meilleur film depuis Les Témoins en 2007. Remarquablement écrit et construit, le scénario s'intéresse aux relations complexes, contradictoires, entre Thomas et Damien (Corentin Fila et Kacey Mottet Klein, formidables), deux lycéens qui ne cessent de s'affronter, de se battre, de se chercher – dans tous les sens du terme. Construit comme un triptyque autour des trois trimestres d'une année scolaire, le film prend d'abord le temps de poser son récit, de caractériser les personnages et d'installer des intrigues secondaires qui sont autant de fondations. Il y a bien sûr les deux adolescents que tout semble opposer : l'intellectuel et le paysan, le fils de bourgeois – une médecin et un militaire, en mission en Afghanistan – et l'enfant adopté par des cultivateurs, le gars de la (petite) ville et celui du haut de la montagne. Immédiatement, cela fourmille de thèmes et de possibilités... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 28 à 13h50, vendredi 29 à 16h, lundi 2 à 16h05 et mardi3 à 16h10
Lorgues : mercredi 27 à 19h et dimanche 1er à 20h
Salernes : jeudi 28 à 20h30 et mardi 3 à 18h
Le Luc : mercredi 27 et samedi 30 à 18h et vendredi 29 à 20h30
Affiche
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Remember
Réalisé par Atom EGOYAN
Canada 2015 1h35mn VOSTF
avec Christopher Plummer, Martin Landau, Bruno Ganz, Dean Norris, Henry Czerny, Jürgen Prochnow...
Scénario de Benjamin August
Zed a 85 ans, une allure de vieux monsieur très classe, et se perd un peu entre passé et présent. Dans une chouette maison pour vieux un peu largués mais qui ont les moyens, il a beaucoup de mal à se rappeler que sa femme Esther est décédée depuis huit jours et la cherche à chaque réveil… Son vieux copain Max est là aussi avec son fauteuil à roulettes, son oxygène dans le nez, ses airs de méphisto à la retraite (Martin Landau), mais toute sa tête et une furieuse haine qui l'a accompagnée toute sa vie et sera le moteur de l'aventure incroyable qui va s'élaborer à partir de sa chambre... lire la suite
Lorgues : mercredi 27 à 21h05 et dimanche 1er à 18h
Affiche
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Brooklyn
Écrit et réalisé par Pascal TESSAUD
France 2015 1h23mn
avec Kt Gorique, Rafal Uchiwa, Jalil Naciri, Liliane Rovère, Despee Gonzales, Véronique Ruggia, Blade MC...
Triple bonheur avec cet épatant premier film quasiment autoproduit, réalisé en toute indépendance, avec une solide connaissance du sujet comme moteur et l'enthousiasme comme carburant : celui de découvrir le visage rayonnant et la forte personnalité de la rappeuse helvético-ivoirienne KT Gorique ; celui de voir la banlieue – en l'occurrence Saint-Denis – dans toute sa vitalité, loin des clichés stigmatisants ; celui enfin de plonger au cœur de la création hip hop et slam, sa richesse, sa complexité, ses contradictions. On va suivre Coralie, une jeune rappeuse de 22 ans dont le nom de scène est Brooklyn, qui quitte son père obtus et sa Suisse natale – pas vraiment terre de hip hop – pour venir s'installer et tenter sa chance en région parisienne. A Saint-Denis où elle pose ses valises, elle trouve rapidement une chambre chez une vieille dame (trop rare et géniale Liliane Rovère) et un emploi de femme de ménage polyvalente dans une association musicale de quartier où les apprentis MC tentent de développer leur flow et enrichissent leur écriture. Pour arrondir les fins de mois plus que difficiles, elle se laisse entraîner dans des petits larcins par un complice gouailleur et sympa… Système D pas vraiment recommandable mais pas vraiment méchant... lire la suite
Cotignac : vendredi 29 et dimanche 1er à 18h
Affiche
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Fritz Bauer, un héros allemand
Réalisé par Lars KRAUME
Allemagne 2015 1h46mn VOSTF
avec Burghart Klaussner, Ronald Zehrfeld, Lilith Stangenberg, Jörg Schüttauf, Sebastian Blomberg...
Scénario de Lars Kraume et Olivier Guez
70 ans après la chute du régime nazi, le cinéma allemand n'a pas fini d'explorer les zones d'ombre de cette sinistre période. Entreprise pédagogique ô combien louable qui nous donne en plus des films passionnants. Dans Le Labyrinthe du silence, on découvrait fugitivement la figure de Fritz Bauer, Juif allemand devenu procureur au tout début des années 1930, arrêté sous le régime hitlérien, mais qui parvint à fuir vers le Danemark puis la Suède avant de revenir exercer ses fonctions dans la nouvelle Allemagne prétendument débarrassée du nazisme. Fritz Bauer (interprété par un comédien magnifique : Burghart Klaussner, inoubliable pasteur dans Le Ruban blanc de Michael Haneke) est aujourd'hui le personnage central d'un film qui raconte des événements qui se sont déroulés près de dix ans avant ceux relatés dans Le Labyrinthe du silence... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 17h30, jeudi 28, vendredi 29 et dimanche 1er à 18h15, lundi 2 à 16h05 et mardi3 à 16h10
Les Innocentes : Affiche
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Le Sel de la terre
Réalisé par Wim WENDERS et Julliano RIBEIRO SALGADO
Documentaire France/Brésil 2014 1h50mn
avec Sebastiao Salgado et ses photos...
D'abord les mots de Wim Wenders : « C’est un film modeste, un film dédié aux images d’un autre. L’un des plus grands photographes d’aujourd’hui. » Wenders s’est effacé derrière l’artiste et l’homme qu’il admire et dont il a choisi de montrer le travail. Quelle découverte, et quel hommage pour ceux qui découvriront l’œuvre de Sebastiao Salgado, né au Brésil en 1944, et qui a parcouru le monde pendant quarante ans, à la recherche de l’humanité sous toutes ses formes. Le procédé de Wenders est élégant et sobre : faire parler les images de Salgado, toujours en noir et blanc. La voix off du photographe vient commenter les clichés, son visage, en fondu noir et blanc, semble parfois sortir des images, pour nous raconter l’homme derrière le photographe, l’aventurier aussi.
D’abord, Wenders, dont on entend aussi la voix, rappelle que la photographie, c’est « écrire sur la lumière ». Sans lumière, pas de bonne photographie. Sans humanité non plus. Les premières images montrent une mine d’or au Brésil, où des grappes entières d’hommes accrochés aux flancs de la terre rappellent les bâtisseurs de pyramides. Salgado ne cesse, dans son travail, de chercher l’humanité originelle, l’intrinsèque nature humaine.
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Salernes : samedi 30 à 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

The Lady In The Van
Afficher l'image d'origineRéalisé par Nicholas Hytner
Royaume-Uni 2016 1h44mn VOSTF
avec Maggie Smith, Jim Broadbent, Alex Jennings...

Adaptation d’une pièce à succès de l’écrivain-dramaturge Alan Bennett, par le réalisateur de La Folie du Roi George.

Un homme découvre qu’une femme habite dans sa voiture, qui se trouve être garée dans l’allée de sa maison. Une relation étonnante va alors naître.Le pitch est tiré de l’histoire personnelle et improbable de l’écrivain britannique Alan Bennett. Son jardin a, pendant 20 ans, accueilli une étrange fourgonnette où logeait une vieille dame acariâtre, sale et hallucinée, dont l’excentricité attachante s’est mue en magnifique amitié entre l’auteur et sa voisine paria.
L’écrivain en a fait une oeuvre hommage (La Dame à la Camionnette), une pièce, et a brossé le scénario du film.

Réalisée par Nicholas Hytner, cinéaste un peu classique et souvent redondant (La Folie du Roi George et History Boys, pour le meilleur, La Chasse aux sorcières, Danse ta vie pour le pire), la version cinéma ne manque pas de charme, celui d’une Grande-Bretagne des campagnes et de la petite banlieue londonienne des années 70. Le caractère  de l’histoire, de la narration sont un peu laborieux parfois (l’auteur qui se dédouble pour parler à son reflet) , le  charisme des personnages principaux, en particulier de la dite dame dans la camionnette, tout cela nous émeut, un peu....  Maggie Smith, nommée aux BAFTA et aux Golden Globes, donne de l’empathie à une figure intrépide un peu rêche.


CGR (Draguignan) : mercredi 27 et samedi 30 à 18h, jeudi 28 à 13h30, vendredi 29 à 16h, dimanche 1er à 19h45, lundi 2 à 16h30 et mardi 3 à 11h


Le Potager de mon grand-père
Afficher l'image d'origineRéalisé par Martin Esposito
Documentaire France 2015 1h16mn

Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé avec amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger. La protection de la planète et le retour à des habitudes de vie plus saines sont devenues de véritables enjeux politiques qui semblent désormais inspirer le cinéma. Après le Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui nous avait fait voyager à travers le monde à la recherche de solutions durables, ce documentaire signé Martin Esposito nous promène sous le ciel de Provence dans un jardin familial, celui de Vincent Esposito. Après avoir réalisé en 2008 Super Trash, un documentaire choc dénonçant le problème du traitement des déchets et de la surconsommation, ce jeune réalisateur a ressenti la nécessité de nous faire partager les valeurs et le savoir-faire d’un monde oublié à qui il souhaite redonner toutes ses lettres de noblesse.

Nostalgique, Vincent Esposito, 85 ans évoque l’époque où, en famille, il cultivait toutes ces parcelles de terre. Mais c’est un battant et il ne reste pas triste longtemps. Il lui suffit de retourner à ses plantations pour retrouver goût à la vie. Son jardin, c’est sa thérapie. C’est bien ce qui donne envie à son petit-fils de le suivre. En élève appliqué, il pose des questions, il copie les gestes de son grand-père et comprend que même s’il est rude (peut-être même parce qu’il est rude ?) le contact avec la terre l’apaise. Nous offrant des plans larges aux couleurs multiples et aux senteurs qu’il nous est facile d’imaginer, le documentariste filme encore et toujours pour que nous puissions tous profiter de ce bel héritage. Tout au long de l’année, on sème, on cueille, on récolte, on fait même des conserves de tomates et de haricots en vue de l’hiver à venir. Rien n’arrête Papy Vincent. Même quand il tombe de l’échelle, il se relève en riant. Seul Martin a eu peur. En plus d’être légèrement cascadeur, il a l’œil qui frétille, Papy. Sans jugement d’aucune sorte, mais quand même avec une pointe de commisération, il regarde le jardin de son voisin aux légumes parfaitement alignés et aux calibres parfaits, poussés à l’aide de quelques produits qu’ils jugent peu recommandables. Chez lui, c’est un peu le désordre. Mais il revendique cette anarchie horticole. En lui sommeille, l’âme d’un rebelle, de celui qui n’est pas prêt à se plier aux lois du marché et c’est pour ça qu’on l’aime. La seule loi qui peut le faire obéir, c’est celle de la nature et des saisons.

Certes, il n’est pas comédien professionnel mais il sait parfaitement nous suggérer, non sans malice, sa compassion plus ou moins feinte, face aux tomates chétives de sa belle-sœur, grandies sans amour selon lui. Car Papy Vincent est drôle et généreux. On prend plaisir à l’écouter délivrer son message de bon sens. Sa parole posée et authentique nous persuade sans difficulté de la nécessité de ce retour aux sources. Un Dialogue avec mon jardinier tout simple mais tellement bénéfique pour le corps et pour l’esprit. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : lundi 2 à 20h en présence du réalisateur
Lorgues : samedi 30 et lundi 2 à 19h
Salernes : vendredi 29 à 20h30



Merci Patron !
BELGICARéalisé par François RUFFIN
Documentaire France / Belgique 2015 1h30mn

Jocelyne et Serge Klur, ouvriers dans l’industrie textile depuis plus de trente ans, fabriquaient des costumes pour la marque Kenzo dans le nord de la France jusqu’à que leur usine soit délocalisée en Pologne. Désormais au chômage, criblés de dettes, ils risquent simplement de perdre leur maison. Bernard Arnaud est PDG du groupe LVMH. La firme est numéro un mondial du luxe grâce à son portefeuille de plus de soixante marques de prestige dont certaines sont plusieurs fois centenaires. « Groupe à caractère familial, LVMH a pour vocation d’assurer le développement à long terme de chacune de ses Maisons dans le respect de leur identité, leur héritage, leur savoir-faire. » Cette gentille phrase de présentation du groupe sur la page d’accueil de son site internet est située juste en deçà du petit compteur qui nous donne la valeur de l’action en temps réel… François Ruffin, vous connaissez sa voix de journaliste enquêteur dans l’émission Là-bas si j’y suis. Sensible aux sorts et causes des classes populaires aujourd’hui sous-représentées dans les médias mais toujours plus présentes dans la composition de la société française il est également le fondateur du journal de contre-désinformation Fakir que vous pouvez trouver dans tous les bons kiosques mais aussi et toujours à la caisse de votre ciné préféré.

À priori pas grand chose en commun entre ces trois protagonistes. Sauf que Les Klur travaillaient pour Kenzo, que Kenzo appartient au groupe LVMH et que Ruffin a une fâcheuse tendance à prendre fait et cause pour les valeureux travailleurs plutôt que pour les patrons de multinationales. Notre journaliste d’investigation s’invite donc à une assemblée générale du groupe LVMH et tente de prendre la parole. Sitôt monté sur l’estrade sitôt délogé, il semble difficile de croire que David puisse encore l’emporter sur Goliath. Mais il prend des forces, avale quelques petits fours, une rasade de champagne et fomente une action digne d’un Robin des bois des temps modernes, tendance carnavalesque. Du suspense donc, de l’émotion, de la franche rigolade, et même de l’espionnage sont au programme de ce thriller social qui semble s’inscrire, telle une nouvelle variante des pieds Nickelés version Picarde contre entreprise tentaculaire, dans la longue caravane des combats pour des causes désespérées mais qui, au final, nous conforte dans l’idée que, tel que le proclame Fakir à longueur de numéros : « À la fin, c’est nous qu’on va gagner ! » (Utopia)

 

Salernes : samedi 30 à 18h et mardi 3 à 20h30


Arrête ou je continue
THE REVENANTÉcrit et réalisé par Sophie FILLIÈRES
France 2014 1h42mn
avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Anne Brochet, Nelson Delapalme, Joséphine de la Baume, Laurent Poitrenaux...
Musique de Christophe

Pomme et Pierre. Pierre et Pomme. Entre eux d’eux, une histoire où la pomme a été croquée depuis bien des années, suffisamment de temps pour que du goût sucré il ne reste plus qu’un peu de saveur acide, suffisamment de saisons pour que la chair gourmande ait laissé place à quelques pépins desséchés. De gros pépins, pourtant, point. Une vie de couple qui s’est nourrie de belles choses joyeuses et fulgurantes et puis qui s’est vidée de sa mœlle tout doucement, tranquillement, l’air de rien du tout. Est-ce encore de l’amour, ce reliquat de sentiments qui se dilue peu à peu dans les eaux endormies du quotidien, de la routine, des habitudes ?
Bien sûr il y a de la complicité, et de la tendresse… quoique ces deux-là adorent plus que de raison s’en balancer quelque bien bonnes à la tronche, histoire de tester leur seuil de tolérance mutuel autant que leur pouvoir de toucher en plein cœur, et tant pis (tant mieux ?) si ça fait un peu mal. Bien sûr il y a encore cet espace intime dans lequel l’humour qu’ils cultivent forme comme un dernier rempart à la fuite magistrale de leurs désirs… Mais l’humour lui aussi prend la tangente et devient de plus en plus cinglant, voir carrément cynique. Aïe ! (c’était le titre d’un des précédents films de Sophie Fillières) Quand ça commence à glisser sur ce genre de pente, le moins que l’on puisse dire est que la remontée va être une course d’endurance, un exercice périlleux, voire une mission impossible.

Pourtant Pomme et Pierre ont en eux de grandes forces, ultime manifestations de la vitalité de leur histoire, et preuve qu’ils ne sont pas encore perdus : premièrement, ils sont lucides, et ça, c’est le sésame pour la liberté ; et deuxièmement, ils aiment faire de longues randonnées en forêt, et ça, c’est le sésame pour la liberté. « Arrête ou je continue ! », l’un comme l’autre pourrait le dire. Arrête tes conneries ou bien… Continue de me gonfler de la sorte et je… Arrête d’être comme ça sinon… Continue et je me… Arrête de m’aimer ainsi, continue de m’aimer quand même. La liste pourrait s’étendre ainsi comme une prière ressassée qui aurait perdu sa substance, injonction creuse et paradoxale qui dirait autant l’envie de tenter une dernière opération de sauvetage qu’une extinction définitive des feux de la rampe sur la scène conjugale.
Mais revenons à la forêt. Une promenade comme une autre sauf que cette fois, Pomme a pris soin de mettre pour le pique-nique du tarama dans une boîte plastique hermétique et étanche et aussi un petit vin blanc dans une bouteille d’eau minérale. Les voilà partis. Les voilà en short et gros godillots, les voilà s’aventurant au cœur de la nature, au gré d’une météo changeante. Ici peut-être, la machine va repartir, ici peut-être, l’amour va refleurir.
Et puis Pomme dit non. Non. Juste non. Elle ne veut pas rentrer. Qu’il lui file le k-way, qu’il lui file le sac, qu’il se barre. Elle, elle reste, elle prend le maquis… La suite, ne comptez pas sur moi pour vous la raconter.

Bien malin celui qui pourra l'imaginer, la suite, car Sophie Fillières, en plus d’être une sacrée brillante scénariste (l’écriture est ici aux petits oignons et tout – rythme, tonalité, dialogues – respire l’intelligence, l'inspiration, la drôlerie), est une réalisatrice d’une irréductible liberté, limite provocatrice. Affranchie des ficelles usées de la narration classique, du réalisme réducteur, de la psychologie explicative, elle fait de cette histoire a priori banale d’un couple qui se défait une sublime danse mexicaine : à la fois joyeuse et macabre.


Soirée Entretoiles : lundi 9 mai à 20h au Bucéphale (boulevard de la Liberté à Draguignan) - 6€

 

 

 

Jeune & Jolie
Écrit et réalisé par François OZON
France 2013 1h34mn
avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot , Fantin Ravat, Johan Leysen, Charlotte Rampling, Nathalie Richard...

Les moralistes et les amateurs d'explications définitives resteront sur leur faim : Jeune et jolie n'est en rien un film à thèse sur le destin des jeunes étudiantes obligées de se livrer à la prostitution occasionnelle pour financer leurs études, ni sur les dangers des réseaux plus ou moins mafieux d'exploitation sexuelle des femmes. La jeune et jolie Isabelle, qui s'apprête à rentrer à l'université, n'a aucun problème d'argent, sa famille vit et la fait vivre très confortablement, et pourtant elle va s'adonner à la pratique de la prestation sexuelle tarifée. Avant d'être une quelconque tentative de réflexion sur ces « sujets de société », Jeune et jolie est le portrait sensible et acéré d'une adolescente assez fascinante, incarnée par la splendide et mystérieuse Marine Vacth, en proie à la découverte, aux doutes, aux vertiges de la transgression et à l'envie de voir jusqu'où on peut aller autant dans sa tête qu'avec son corps. Un portrait au rythme des saisons et des chansons, depuis l'été où Isabelle perd sa virginité lors d'une étreinte laborieuse et facilement oubliable sur la plage des vacances (« c'est fait ») jusqu'à la fin de l'année scolaire suivante. Un portrait scandé par quatre chansons doucement mélancoliques de Françoise Hardy, qui offrent un contraste ironique à la dureté de l'état d'esprit d'Isabelle et de certains événements qu'elle choisit de vivre.

Ozon décrit sans provocation ni tentative d'explication lourdingue comment, par attrait du danger et par le hasard de la vie, l'adolescente sans problème se livre à la prostitution, en pleine connaissance de cause. Non par quête effrénée du plaisir, mais par attirance pour l'inconnu et fascination pour ce rituel lié à la rencontre avec les clients. Ozon met remarquablement en scène, au son de la voix off de l'héroïne, ce mystère qui entoure l'avant : la discussion et la tractation sur internet, le trajet jusqu'à l'hôtel généralement luxueux, la tension avant de rentrer dans la chambre, sans savoir quelles seront les envies du client, les détails de son corps, son comportement courtois ou au contraire violent, tout cet inconnu qui, elle l'avoue, excite Isabelle. Et cette addiction qui la pousse à recommencer, l'argent s'accumulant dans le placard de sa chambrette, puisqu'elle n'en a pas besoin.
Puis vient le client de trop, celui avec qui elle noue une relation plus forte… Georges, un homme âgé qui fascine Isabelle et avec qui elle prend réellement du plaisir. C'est à cause de Georges que les proches d'Isabelle découvriront sa coupable activité : stupéfaction, incompréhension totale, méfiance. Sa propre mère commence à craindre que sa fille perverse ne jette son dévolu sur son nouveau compagnon, une amie de la famille craint aussi pour son mari… C'est l'occasion de quelques scènes ubuesques qui virent au tragi-comique, le film transgressant les genres et flirtant parfois avec la comédie grinçante, comme quand Isabelle a rendez vous avec un psychanalyste (incarné avec beaucoup d'humour par le vrai psy Serge Hafez) et qu'elle demande à le payer avec le produit de ses passes…

Sans rien dévoiler de la fin du film – marquée par l'apparition lumineuse de Charlotte Rampling, qui incarne la femme de Georges –, elle n'apportera nullement la touche finale morale que certains attendraient peut être.

 

 

Ciné-débat à Lorgues : jeudi 28 avril à 20h


La Saison des femmes
Écrit et réalisé par Leena YADAV
Inde 2015 1h57mn VOSTF
avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan...

Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre Bollywood chatoyant et séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu'elles des règles de convenance imposées par leur société patriarcale. Cet effeuillage candide nous livre les dessous d'une Inde contemporaine très éloignée de nos images d'Épinal occidentales. Non content de nous faire passer un agréable moment, La Saison des femmes remet les pendules à l'heure efficacement. Trop ? Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C'est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile… Mais Leena Yadav n'a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses qui vous feront tourner la tête.

Il y a Rani, la toujours sage, celle qui s'étiole dans une morne tenue de jeune veuve et peine à élever seule son insupportable fiston. Il y a Bijli, la délurée, celle dont le métier est de se trémousser, d'émoustiller ces messieurs, voire un peu plus à la demande de son patron. Entre les deux femmes : un monde ! Et pourtant Rani refuse, malgré l'opprobre de son entourage, de renier cette amitié « contre nature », construite dans les ferments de l'enfance. Cette façon de résister, de tenir tête, c'est peut-être un de leurs points communs les plus forts. Chacune a réussi à s'émanciper de la gouvernance d'un homme : l'une en n'en ayant aucun, l'autre en les ayant tous. Pourtant, sous leurs carapaces d'amazones indomptables, toutes deux partagent ce désir inavoué de l'autre, la même sensualité, une soif inextinguible de romantisme. Les hormones qui les titillent, torrides, poussent leurs corps à exulter. Oser rêver de s'échouer sur des rivages voluptueux d'un monde de jouissances et de libertés inaccessibles aux femmes ? C'est déjà franchir bon nombre d'interdits.
Bijli et Rani représentent tout un pan de la population féminine de leur pays, mais le tableau resterait incomplet sans Lajjo, la femme maltraitée par un mari qui lui reproche sa stérilité ; et sans la toute jeune Lehar Khan, qui incarne a elle seule le cercle vicieux que chaque génération a tendance à reproduire. Celui dans lequel s'enferre Rani en voulant la marier avec son propre fils, faisant subir aux deux jeunes ce qu'elle a dû endurer jadis à son corps défendant. Difficile de sortir des schémas que la pression sociale martèle sans arrêt.

Pourtant la bande des quatre (Rani, Bijli, Lajjo et Lehar) va s'enhardir peu à peu et devenir un quatuor explosif, vibrant, exalté. Si elles n'ont pas encore les mots pour la décrire, sourd une saine révolte grisante, radieuse. Sentir le vent dans ses cheveux, déposer son voile, mettre les voiles… Tant de choses à expérimenter, à inventer. Certes, en face ils ont la puissance pour les rappeler à l'ordre, mais qu'est-ce que la puissance face à la force que donne le sentiment de n'avoir rien à perdre ?


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 16h et 20h30, jeudi 28 à 16h, 18h10 et 20h30, vendredi 29 à 13h50, 16h10 et 20h30, samedi 30 à 16h15, dimanche 1er à 13h50, 18h15 et 20h30, lundi 2 à 13h50 et 1h15, mardi 3 à 13h50, 16h et 18h15

Quand on a 17 ans
Réalisé par André TÉCHINÉ
France 2016 1h55
avec Sandrine Kiberlain, Tracey Mottet Klein, Corentin Fila, Alexis Loret...
Scénario de Céline Sciamma et André Téchiné

Inspiré peut-être par l'air des montagnes (le film a été tourné à Luchon et dans ses environs, les Pyrénées sont magnifiques) et sans aucun doute par la complicité au scénario de Céline Sciamma (réalisatrice de Tomboy et Bande de filles), André Téchiné signe avec Quand on a 17 ans son meilleur film depuis Les Témoins en 2007. Remarquablement écrit et construit, le scénario s'intéresse aux relations complexes, contradictoires, entre Thomas et Damien (Corentin Fila et Kacey Mottet Klein, formidables), deux lycéens qui ne cessent de s'affronter, de se battre, de se chercher – dans tous les sens du terme.

Construit comme un triptyque autour des trois trimestres d'une année scolaire, le film prend d'abord le temps de poser son récit, de caractériser les personnages et d'installer des intrigues secondaires qui sont autant de fondations. Il y a bien sûr les deux adolescents que tout semble opposer : l'intellectuel et le paysan, le fils de bourgeois – une médecin et un militaire, en mission en Afghanistan – et l'enfant adopté par des cultivateurs, le gars de la (petite) ville et celui du haut de la montagne. Immédiatement, cela fourmille de thèmes et de possibilités.
Il y a également leurs parents (Sandrine Kiberlain en tête, parfaite dans le rôle de cette mère fantasque et joyeuse), que Sciamma et Téchiné incluent largement au récit, prenant le contrepied des habituels films sur une adolescence évoluant dans sa propre sphère, loin du monde des adultes. Quand on a 17 ans est en cela d'une grande subtilité, montrant notamment une relation mère-fils harmonieuse et simple qui dynamite les clichés du genre.
Et puis, au fur et à mesure qu'avance le film, le scénario continue de se nourrir avec des intrigues parallèles qui tour à tour font écho à l'histoire des deux adolescents, ou lui servent de catalyseur. Cela permet de faire exister les personnages secondaires et de garder une grande homogénéité dans la narration qui devient limpide et presque évidente, tout en ménageant surprises, chemins de traverse et rebondissements.
Car si, au départ, on croit voir arriver les grosses ficelles du scénario, on s'aperçoit rapidement que Téchiné neutralise tout ce qui pourrait être outré, se contente de suggérer ce qui est indispensable, et s'amuse avec les attentes du spectateur. Passée la première demi-heure de mise en place, le film bascule ainsi dans un mélange d'humour, de douceur et de complicité qui rend la situation de départ éminemment plus subtile qu'elle ne le paraissait au départ.
On est alors bouleversé par la manière dont le cinéaste (âgé tout de même de 72 ans) s'approprie les affres de l'adolescence et filme avec grâce leurs corps-à-corps brutaux, expiatoires et ambigus. Il capte avec une simplicité déconcertante cet aspect purement physique de la relation conflictuelle entre Thomas et Damien qui ont besoin de passer par les coups pour en arriver aux mots. Puis aux gestes d'amour, filmés eux aussi avec une sensualité spontanée, sans effets ni calculs.
Comme souvent, il n'est pas tant question dans Quand on a 17 ans d'homosexualité que de la rencontre amoureuse entre deux adolescents qui s'avèrent être deux garçons. Nuance de taille pour un film lumineux qui prend le sujet de l'adolescence à bras-le-corps mais joue la carte de la retenue, du sens du détail et de la légèreté. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 28 à 13h50, vendredi 29 à 16h, lundi 2 à 16h05 et mardi3 à 16h10
Lorgues : mercredi 27 à 19h et dimanche 1er à 20h
Salernes : jeudi 28 à 20h30 et mardi 3 à 18h
Le Luc : mercredi 27 et samedi 30 à 18h et vendredi 29 à 20h30


Remember
Réalisé par Atom EGOYAN
Canada 2015 1h35mn VOSTF
avec Christopher Plummer, Martin Landau, Bruno Ganz, Dean Norris, Henry Czerny, Jürgen Prochnow...
Scénario de Benjamin August

Zed a 85 ans, une allure de vieux monsieur très classe, et se perd un peu entre passé et présent. Dans une chouette maison pour vieux un peu largués mais qui ont les moyens, il a beaucoup de mal à se rappeler que sa femme Esther est décédée depuis huit jours et la cherche à chaque réveil… Son vieux copain Max est là aussi avec son fauteuil à roulettes, son oxygène dans le nez, ses airs de méphisto à la retraite (Martin Landau), mais toute sa tête et une furieuse haine qui l'a accompagnée toute sa vie et sera le moteur de l'aventure incroyable qui va s'élaborer à partir de sa chambre.

Zed a toujours sur le bras le numéro qui lui rappelle qu'il est avec Max un des rares survivants de leurs deux familles exterminées par les nazis. Il ne se souvient pas d’avoir promis à sa femme de les venger en retrouvant le SS qui a directement provoqué leurs morts… Mais Max lui a tout écrit dans une lettre qu'il devra garder sur lui en s'échappant de ce havre médicalisé et la relire chaque fois qu'il perdra le fil : les billets d'avion sont dans une enveloppe, les dollars aussi, les chambres d'hôtels sont payées d'avance… Il suffit que Zed suive les indications pour accomplir ce que Max, cloué dans son fauteuil, ne peut plus accomplir : retrouver et tuer Rudy Kurlander, le coupable, l'exterminateur de Juifs, réfugié aux Etats Unis comme de nombreux nazis qui s'y sont faufilés à la fin de la guerre, se chachant parfois sous le nom de leurs victimes. La quête sera compliquée, pleine de surprises, sorte de polar noir et étrange à rebondissements inattendus, plongée dans des vies troublées, des souvenirs douloureux des camps, où on croise aussi de furieux nostalgiques du nazisme qui continuent à vénérer Hitler (impressionnant Dean Norris que Breaking Bad nous a rendu familier).

Il ne fallait pas s'attendre de la part d'Atom Egoyan à un film lisse et linéaire. Crépusculaire et ponctué de nostalgie, de relents de souffrances qui ne s'estompent pas, ce Remember ouvre plus d'interrogations qu'il n'apporte de réponses. On voit bien que sous ce polar sombre et peu ordinaire se cache l'ambiguïté de l'humanité, qui distingue les bourreaux pour en faire des victimes et transforme les victimes en bourreaux dans un jeu de cache cache morbide… (Utopia)


Lorgues : mercredi 27 à 21h05 et dimanche 1er à 18h


Brooklyn
THE ASSASSINÉcrit et réalisé par Pascal TESSAUD
France 2015 1h23mn
avec Kt Gorique, Rafal Uchiwa, Jalil Naciri, Liliane Rovère, Despee Gonzales, Véronique Ruggia, Blade MC...

Triple bonheur avec cet épatant premier film quasiment autoproduit, réalisé en toute indépendance, avec une solide connaissance du sujet comme moteur et l'enthousiasme comme carburant : celui de découvrir le visage rayonnant et la forte personnalité de la rappeuse helvético-ivoirienne KT Gorique ; celui de voir la banlieue – en l'occurrence Saint-Denis – dans toute sa vitalité, loin des clichés stigmatisants ; celui enfin de plonger au cœur de la création hip hop et slam, sa richesse, sa complexité, ses contradictions.
On va suivre Coralie, une jeune rappeuse de 22 ans dont le nom de scène est Brooklyn, qui quitte son père obtus et sa Suisse natale – pas vraiment terre de hip hop – pour venir s'installer et tenter sa chance en région parisienne. A Saint-Denis où elle pose ses valises, elle trouve rapidement une chambre chez une vieille dame (trop rare et géniale Liliane Rovère) et un emploi de femme de ménage polyvalente dans une association musicale de quartier où les apprentis MC tentent de développer leur flow et enrichissent leur écriture. Pour arrondir les fins de mois plus que difficiles, elle se laisse entraîner dans des petits larcins par un complice gouailleur et sympa… Système D pas vraiment recommandable mais pas vraiment méchant…

Mais elle ne perd pas de vue son objectif, elle écrit dans sa chambrette des textes inspirés et volontiers rageurs, elle en interprète même un sur une scène slam où elle fait forte impression, au point de bluffer Issa, le bogoss local qui perce dans le hip hop. Attraction réciproque mais la jeune femme veut aller moins vite que le garçon, un peu trop habitué à avoir tout tout de suite.
Et cette différence de comportement va se retrouver dans la manière dont chacun va suivre son bonhomme de chemin quotidien et artistique. Issa va se laisser détourner de l'atelier dirigé par Yazid – animateur issu du quartier, connaisseur passionné et lucide qui essaie de faire en sorte que ses « poulains » gardent les pieds sur terre – pour les mirages du succès rapide, embobiné par un manager beau parleur. Coralie de son côté persévère sur la voie qu'elle s'est choisie, rigoureuse, modeste, consciente. Brooklyn ce n'est pas l'Amérique…

Le réalisateur Pascal Tessaud, fils d'ouvrier et familier de la périphérie parisienne, est un enfant de Saint-Denis où il a été animateur culturel pendant trois ans avant de réaliser ce Brooklyn. Il connaît parfaitement son terrain, tout son film respire l'authenticité et la justesse et s'avère un bel hommage à cette ville parfois difficile mais forte d'une richesse culturelle, d'une tradition populaire, d'une solidarité active chez ses habitants. Radiographie vivante et chaleureuse de la création hip hop au quotidien, Brooklyn en montre la créativité – le film délivrant une belle série de performances d'artistes inconnus du grand public – mais aussi ses paradoxes, son attirance pour la culture américaine qui n'empêche pas un fort ancrage dans la réalité hexagonale, la tentation de la culture bling bling et de l'argent facile qui contraste avec l'esprit de la rue et les textes réalistes sur le ghetto.
Comme annoncé d'emblée, Brooklyn doit beaucoup à la performance lumineuse de la jeune KT Gorique, qui apporte toute sa fraîcheur et son talent de rappeuse (elle fut malgré son jeune âge championne de free style à New York, première femme à avoir conquis ce titre) et qui se révèle en outre excellente comédienne, subtile et intense, traduisant bien les sentiments contrastés d'une jeune femme indépendante, qui vit tour à tour la galère, les espoirs, l'amour, la trahison et l'amitié. (Utopia)


Cotignac : vendredi 29 et dimanche 1er à 18h


Fritz Bauer, un héros allemand
A PERFECT DAYRéalisé par Lars KRAUME
Allemagne 2015 1h46mn VOSTF
avec Burghart Klaussner, Ronald Zehrfeld, Lilith Stangenberg, Jörg Schüttauf, Sebastian Blomberg...
Scénario de Lars Kraume et Olivier Guez

70 ans après la chute du régime nazi, le cinéma allemand n'a pas fini d'explorer les zones d'ombre de cette sinistre période. Entreprise pédagogique ô combien louable qui nous donne en plus des films passionnants : tout récemment, Elser, un héros ordinaire d'Oliver Hirschbiegel réhabilitait la mémoire du premier (et unique !) civil à avoir tenté d'assassiner Adolf Hitler en 1939. Quelques mois auparavant, Le Labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli revenait sur les efforts menés au début des années 1960 par les procureurs de Francfort pour porter devant les tribunaux les responsables SS qui avaient « travaillé » au camp d'Auschwitz, efforts largement entravés par une méconnaissance des camps dans l'opinion publique, au diapason de la doctrine du chancelier Adenauer prônant l'oubli au nom de la réconciliation, et par la présence d'anciens fonctionnaires nazis au sein de l'administration judiciaire. Dans Le Labyrinthe du silence, on découvrait fugitivement la figure de Fritz Bauer, Juif allemand devenu procureur au tout début des années 1930, arrêté sous le régime hitlérien, mais qui parvint à fuir vers le Danemark puis la Suède avant de revenir exercer ses fonctions dans la nouvelle Allemagne prétendument débarrassée du nazisme. Fritz Bauer (interprété par un comédien magnifique : Burghart Klaussner, inoubliable pasteur dans Le Ruban blanc de Michael Haneke) est aujourd'hui le personnage central d'un film qui raconte des événements qui se sont déroulés près de dix ans avant ceux relatés dans Le Labyrinthe du silence.

Nous sommes en 1952. Le rugueux mais chaleureux Fritz Bauer, magistrat atypique et médiatique, est à la tête d'une escouade de jeunes procureurs dont le but est de tenter de retrouver les anciens responsables nazis, non pas par souci de vengeance mais pour s'assurer de la construction de l'avenir dans une société démocratique. Retrouver les nazis n'est pas très compliqué puisqu'ils sont encore présents à tous les niveaux des administrations, des directions des grandes entreprises, mais ce qui l'est plus est de rassembler des preuves de leur culpabilité dans un contexte où les anciens tenants du pouvoir meurtrier se serrent les coudes. Les enquêtes piétinent, les jeunes substituts se font rudoyer par Fritz Bauer qui ne supporte pas leur manque de zèle… Et puis, cadeau du ciel, arrive une lettre d'un ressortissant allemand en Argentine, indiquant que peut-être s'y trouve Adolf Eichmann, l'horrible concepteur de la solution finale et de toute sa logistique mortifère. Ne faisant plus confiance aux autorités allemandes gangrenées par les complicités nazies, le procureur général Bauer va commettre l'impensable en appelant au secours les services secrets d'Israël, initiative qui s'apparentait clairement, pour la justice allemande, à de la haute trahison.

On connait la suite : l'enlèvement et le rapatriement d'Eichmann à Jérusalem pour un procès qui fera date – pour tout savoir et comprendre sur cet épisode essentiel, on vous renvoie à l'extraordinaire film documentaire d'Eyal Sivan et Rony Brauman, Un Spécialiste. Thriller politique et historique palpitant, le film raconte avec brio la quête de justice et le combat du procureur que la raison d'état a tenté d'entraver – en vain heureusement –, au mépris de la mémoire de millions de victimes.
Sur un plan apparemment plus anecdotique mais finalement éclairant, le film évoque aussi la question de l'homosexualité : Fritz Bauer était gay, ce qui faillit lui coûter son poste et son enquête… On découvre une Allemagne des années 1950 toujours soumise au terrible Paragraphe 175, édité à l'époque nazie, qui punissait de prison toute personne convaincue de pratiques homosexuelles. On perçoit bien ainsi toutes les ambiguïtés de cette Allemagne post nazie, pas encore totalement prête à son examen de conscience et à un plein exercice de la démocratie.(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 17h30, jeudi 28, vendredi 29 et dimanche 1er à 18h15, lundi 2 à 16h05 et mardi3 à 16h10


Le Sel de la terre
LE SEL DE LA TERRERéalisé par Wim WENDERS et Julliano RIBEIRO SALGADO
Documentaire France/Brésil 2014 1h50mn
avec Sebastiao Salgado et ses photos...

D'abord les mots de Wim Wenders : « C’est un film modeste, un film dédié aux images d’un autre. L’un des plus grands photographes d’aujourd’hui. » Wenders s’est effacé derrière l’artiste et l’homme qu’il admire et dont il a choisi de montrer le travail. Quelle découverte, et quel hommage pour ceux qui découvriront l’œuvre de Sebastiao Salgado, né au Brésil en 1944, et qui a parcouru le monde pendant quarante ans, à la recherche de l’humanité sous toutes ses formes. Le procédé de Wenders est élégant et sobre : faire parler les images de Salgado, toujours en noir et blanc. La voix off du photographe vient commenter les clichés, son visage, en fondu noir et blanc, semble parfois sortir des images, pour nous raconter l’homme derrière le photographe, l’aventurier aussi.
D’abord, Wenders, dont on entend aussi la voix, rappelle que la photographie, c’est « écrire sur la lumière ». Sans lumière, pas de bonne photographie. Sans humanité non plus. Les premières images montrent une mine d’or au Brésil, où des grappes entières d’hommes accrochés aux flancs de la terre rappellent les bâtisseurs de pyramides. Salgado ne cesse, dans son travail, de chercher l’humanité originelle, l’intrinsèque nature humaine.

Le film suit ensuite le parcours chronologique des œuvres de Salgado, qui évolue à mesure que sa vie se dessine. Son père aurait voulu qu’il soit avocat mais, seul garçon parmi sept sœurs, Sebastiao se veut aventurier. Il commence des études d’économie, quitte le Brésil pour la France pendant les mouvements de gauche en Amérique latine dans les années soixante, et rencontre la femme de sa vie, Lélia – auquel le film rend aussi un hommage permanent. C’est elle qui lui fournit son premier appareil photo. C’est ensemble qu’ils décident de se lancer dans leur premier grand projet photographique (Sebastiao photographie, Lélia édite), les autres Amériques, consacré à l’Amérique latine que Sebastiao et Lélia retrouvent après dix ans d’exil et la naissance de leur fils Juliano.
Wenders plonge dans les archives de Salgado, nous fait pénétrer au cœur du travail de l’artiste et de ses questionnements incessants sur le sens de son métier. Chaque histoire que Salgado raconte est une leçon de vie, teintée d’humour, de mélancolie, d’humanité. Toujours d’un respect immense pour les hommes qu’il croise, et qu’il regarde. Humble, il livre l’un de ses secrets : « on ne fait pas un bon portrait seul. C’est celui qui est photographié qui vous offre la photo ». Au Pérou, le peuple indigène Saraguros le prend pour un envoyé de Dieu. Au Nord-Est du Brésil, il filme le mouvement des paysans sans terre. S’étonne de ce que la vie y côtoie à ce point la mort, dans une continuité, comme cette image qui montre des cercueils en location dans une petite épicerie.
Mais le vrai choc, pour Salgado, c’est l’Afrique. Le Sahel, le Soudan, dont il ne se remettra pas. Sans relâche, il filme les images d’une famine dont tout le monde se fout, et porte aux yeux du monde la tragédie africaine du siècle. Chaque cliché témoigne d’une empathie infinie pour la nature humaine. Jamais voyeur, son appareil montre ce que traversent des milliers d’hommes sur le continent oublié. Salgado capte leur dignité, leur épuisement. Leur détresse devient la sienne, dans une identification d’une force empathique rare. Puis viennent la Tanzanie, le Rwanda, l’ex-Yougolslavie. Salgado est devenu un photographe de guerre, prêt à se perdre dans les conflits. Il y passe à chaque fois entre six mois et deux ans. Et en revient cassé. Dégoûté de son métier.

C’est Lélia, encore, qui lui redonne goût à la vie en ayant l’idée de replanter la forêt de leur région natale au Brésil, menacée par la sécheresse et la déforestation (elle est aujourd’hui en plein renouveau, avec deux millions d’arbres). Salgado a alors l’idée de sa grande série La genèse, qui retourne aux origines de l’humanité, à la recherche de lieux, de visages ou d’animaux inchangés depuis des milliers d’années. Ce sera les peuples nomades de Sibérie, qui se déplacent avec leurs rennes et dorment toute leur vie dans des bottes en peau. Le peuple Zo’é au Brésil, peuple « paradisiaque » où chaque femme peut avoir trois ou quatre maris (un mari prêcheur, un mari chasseur, et un mari à a maison) ! Salgado n’est plus seulement un photographe de guerre. Il est un photographe des hommes, et de la terre. A la fin, il photographie des gorilles, des ours polaires ou des tortues centenaires, dont il semble partager la sagesse, dans une identification totale.
Ce qui touche au cœur et à l’âme dans le documentaire de Wenders, c’est à quel point l’homme semble se tenir tout entier dans chacun de ses clichés. Salgado est devenu l’homme-photographie. Magnifique.

Salernes : samedi 30 à 20h30

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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