Au(x) cinéma(s) du 27 janvier au 2 février

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Pas mal encore la semaine de cinéma ! Beaucoup de bonheurs cinématographiques et cinéphiles en perspective!
Tout d'abord à CGR Chabran, l'excellent film chinois Au delà des montagnes de Jia Zhang Ke, une fable intime et politique où la vie des uns se heurte à la déshumanisation des autres.
Ensuite, nous ne résistons pas plus longtemps au plaisir de vous annoncer une nouvelle soirée Entretoiles, jeudi prochain 4 février, à Lily Pons avec Géronimo de Tony Gatlif, "un film violent sur la non violence, un salut fraternel que nous adresse Tony Gatlif en ces temps mauvais..."
Mais ce n'est pas fini ! A CGR, à Fréjus et à Salernes, on passe encore Demain ! Ne manquez pas ce film d'espoir bourré d'énergie ! Pour la séance de Draguignan, pensez à réserver ! Le film sera suivi d'un débat sur les initiatives locales !
Samedi 30 janvier : le film Deux au carré, en présence de l'acteur Olivier Sitruk : cette projection est faite par l'association "Gynécologie sans frontière" pour soutenir leur action dans la jungle de Calais. Et Millions can walk, le jeudi 4 février présenté par le festival des films des droits de l'homme.
A CGR, toujours, le documentaire animalier qui nous interroge sur notre rapport à notre planète et ses habitants : Les Saisons de Jacques Perrin (Microcosmos, Peuple migrateur, et Océans).

Ceux qui ont apprécié Still the Water de Kawase et les autres aussi d'ailleurs, allez donc à Fréjus voir Les Délices de Tokyo, son film suivant, plein de surprises, bonnes et mauvaises, et de délices aussi... Mais vous pouvez tout aussi bien rester camper devant le Vox pour voir aussi 45 ans de Andrew Haigh, Ours d'argent de la meilleure actrice et du meilleur acteur, avec Charlotte Rampling, excellente dans son rôle, un film complexe sur l'amour, et la place qu'on y a... et puis My skinny sister de Sanna Lenken qui nous parle de l'amour entre deux sœurs, mais pas que... Et avant de replier votre tente, deux très beaux films d'animation : Tout en haut du monde de Rémi Chayé et Le garçon et la Bête de Mamoru Hosoda...

Ceux qui restent de l'autre côté de Draguignan pourront quand même se délecter avec Mia Madre de Nanni Moretti à Lorgues, Desert Dancer à Salernes ("un film beau à pleurer" m'a t-on dit), et L'étreinte du serpent, "magnifique fable sur la vulnérabilité de l'homme".
Que peut on vous dire de plus avec toutes ces propositions que : Belle semaine de cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 27 JANVIER AU 2 FEVRIER 2016

 

Au-delà des montagnes
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Au-delà des montagnes
Écrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...
En 1999, en Chine, Tao, institutrice, est courtisée par deux hommes, ses amis d'enfance Jinsheng et Liangzi. Alors que Liangzi est employé d'une mine de charbon, Jinsheng est l'heureux propriétaire d'une station-service. Cette romance à trois finit par avoir raison de l'amitié qui unissait les deux hommes, d'autant que Tao choisit d'épouser Jinsheng. En 2014, Liangzi vit dans une autre ville. Toujours employé par une mine de charbon, il apprend qu'il a un cancer. Parallèlement, Tao, qui a divorcé de Jinsheng, vit seule, tandis que leur fils, Dollar, est élevé par son père... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi 28 à 13h30, vendredi 29 à 15h30, samedi 30 à 16h30, dimanche 31 à 19h30, lundi 1er à 17h30 et mardi 2 à 11h
Lorgues : mercredi 27 à 19h , dimanche 31 à 20h30 et lundi 1er à 19h
Geronimo : Affiche
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Geronimo
Écrit et réalisé par Tony GATLIF
France 2014 1h45mn
avec Céline Salette, Rachid Youcef, Nailia Harzoune, David Murgia, Vincent Heneine...
Un travelling époustouflant pour commencer : deux jeunes gens à moto roulent à fond de train sur une plage. Elle, sublime, hurle : « Je t'aime ! » à son compagnon. Incroyable mélange de flamenco et de musiques turques en bande-son, immédiate sensation de liberté : pas de doute, Tony Gatlif est de retour. Reviennent en mémoire des images de films comme Latcho Drom, Gadjo Dilo ou Exils. Qu'a bien pu encore inventer ce diable de cinéaste, né il y a soixante-six ans à Alger d'un père kabyle et d'une mère gitane ? Rien moins que Roméo et Juliette, West Side Story et Noces de sang, de Garcia Lorca, réunis dans un même film – on exagère à peine. À ceci près qu'il y a autre chose encore, de plus troublant : un personnage d'éducatrice qui ne va pas tarder à illuminer le film. Elle s'appelle Geronimo, c'est Céline Sallette. Capable, d'entrée de jeu, d'asséner à un ado qui lui parle mal un coup de tête d'une violence telle qu'on jurerait qu'elle l'a fait pour de vrai... lire la suite
Séance unique Entretoiles : sale Lily Pons (Théâtre de Draguignan) Jeudi 4 février à 20h
Les Saisons : Affiche
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Les Saisons
Réalisé par Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
Documentaire France 2015 1h37mn
Depuis "Le Peuple Migrateur" (2001), "La Planète Bleue" (2003), "Océans" (2010), Jacques Perrin s'est fait la spécialité de la réalisation de films documentaires. Avec sa voix si particulière, il tend à nous éveiller une conscience écologique au cours d'une heure trente de film. Mais sa démarche va au-delà du réquisitoire contre l'influence malsaine de l'homme sur son environnement... qu'on pourrait lui attribuer trop facilement. D'abord, il renouvelle le genre "docu" en créant une proximité qu'on avait jamais ressenti jusqu'à alors. Comme à peu près dans ses derniers films, il s'entoure de la meilleure équipe pour livrer les images les plus percutantes. Alors que beaucoup de cameramans se contenteraient de filmer depuis le champ de vision de l'oeil humain, Jacques Perrin essaye de saisir des instants de vie à l'échelle des animaux, à même le sol... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 27, jeudi 28, vendredi 29, samedi 30, lundi 1er, mardi 2  à11h15, 13h30, 15h30 et 20h - dimanche 31 : 13h30, 15h30 et 20h
Demain
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Demain
Réalisé par Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h
Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements... lire la suite
CGR (Draguignan) : vendredi 29 à 20h (Réserver)
Le Vox (Fréjus) : samedi 30 à 16h15
Salernes : mardi 2 à 18h
Millions Can Walk
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Millions Can Walk
Réalisé par Christoph Schaub et Kamal Musale
Suisse/Inde 2014 1h28mn VOSTF
avec Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi, Biras Topno, Anil Kindo, Rajagopal P.V., Jairam Ramesh, Ramesh Sharma...
Ils sont cent mille en marche, paysans sans terre et Adivasi – les aborigènes de l’Inde – tous en marche. A pied sur les routes poussiéreuses, sur la « National Highway », à travers villes et villages, en marche. L’extraction massive des richesses du sol, l’apparition d’immenses plantations et la construction d’infrastructures pharaoniques les ont chassés de leurs terres et ont sapé les fondements de leur vie paisible. Et cette spirale tourne, inexorablement, toujours plus vite. Ils sont venus du pays entier lutter ensemble pour une existence dans la dignité. Parmi eux, le charismatique Rajagopal, le leader et maître à penser du mouvement. Leur marche de protestation les mène de Gwalior à Delhi, 400 kilomètres plus loin. Ils résistent à la chaleur, à la maladie, aux rigueurs de la route. Car rien ne les déviera de leur résolution : ils ne céderont ni ne rentreront à la maison avant que le gouvernement ait satisfait à leurs revendications... lire la suite
CGR (Draguignan) : Festival du film des Droits de l'homme - Ciné débat Jeudi 4 février à 20h
Deux au carré : Affiche
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Deux au carré
Réalisé par Philippe Dajoux
France 2015 1h27mn
avec Charlie Dupont, Tania Garbarski, Olivier Sitruk...
Deux couples se retrouvent face à face pendant les quelques heures de train qui les séparent de Paris à Cannes : Elise et William sont gérants d’un petit restaurant. Niais à tendance « ploucs », ils sont les antonymes respectifs de Thierry, ancien joueur de foot, et d’Annabelle, présentatrice de la météo. Il n’y a pas de hasard… Quelque chose relie ces improbables personnages… Mais quoi ? Deux au carré est une idée originale de Charlie Dupont, portée ici à l’écran par le réalisateur Philippe Dajoux. Sous de premiers aspects convenus, Deux au carré n’a de cesse de nous cueillir, de nous surprendre à chaque fois que l’on pensait savoir où l’histoire se dirigeait... lire la suite
Film présenté par l'association "Gynécologie sans frontières", en présence de l'acteur Olivier Sitruk : samedi 30 janvier à  18h - Entrée 12€ pour soutenir l'action dans la jungle de Calais
Les délices de Tokyo : Affiche
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Les Délices de Tokyo
Écrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2015 1h53mn VOSTF
avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida...
D'après le roman An, de Durian Sukegawa
Tokyo… Un quartier, excentré, banal et terne, s'il n'y avait… les cerisiers en fleurs ! Les voilà qui rivalisent d'exubérance, déployant de subtiles dentelles de pétales, saupoudrant d'un rose fragile le monde grisonnant des hommes. Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées et sans charme. Mais le printemps peine à pénétrer dans certaines boutiques. Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l'image de son gérant et de la pâte « an » des « dorayakis » qu'il cuisine… Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Qu'importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous pourlécher les babines et entendre votre ventre gargouiller… Mais ne croyez pas que vous avez affaire à un film culinaire : nous sommes dans l'univers de Naomi Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la vie. Ces dorayakis se révèlent être plus que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l'essence des choses, la saveur de l'enfance, l'attention aux autres, aux moindres petites choses. Ils sont une invitation à s'ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 15h25, 17h45 et 20h30 - jeudi 28 et lundi 1er à 14h30, 17h30 et 20h - vendredi 29 à 14h30, 17h45 et 20h30 - samedi 30 à 13h45, 18h et 20h30 - dimanche 31 à14h, 17h50 et 20h - mardi 2 à 14h30, 18h et 20h30
45 ans : Affiche
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45 ans
Écrit et réalisé par Andrew HAIGH
Angleterre 2015 1h35mn VOSTF
avec Charlotte Rampling, Tom Courtenay, Geraldine James, Dolly Wells...
Festival de Berlin 2015 : Ours d'argent de la Meilleure actrice et du Meilleur acteur
Charlotte Rampling est Kate, mariée à Geoff (Tom Courtenay). Il vont prochainement célébrer comme il se doit leurs quarante-cinq ans de mariage, les préparatifs commencent, la fête sera belle. Mais une ombre surgit : le corps disparu d'une jeune femme que le mari a aimée dans sa jeunesse – et qu'il n'a visiblement jamais oubliée – vient d'être retrouvé dans une fissure d'un glacier des Alpes, cinquante ans après sa disparition. Cette ombre du passé va grandir, de plus en plus présente, trop présente. Le doute s'invite à la fête et dans le quotidien de Kate, les mauvaises questions surgissent. Lui ai-je suffi ? M'a-t-il aimée autant qu'elle ? Ces questions ne la lâcheront plus. Tout devient alors amer et se brouille, points de vue subjectifs et objectifs, réalités et projections cauchemardesques. Est-ce le passé ou le présent qui fait souffrir ? Qui est le plus affecté, elle, lui ? On s'arrange comme on peut avec ses vulnérabilités, c'est l'effondrement du couple et de sa propre structure interne... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 15h50 et 20h30 - jeudi 28 à 14h30, 17h30 et 20h _ vendredi 29à 14h30, 17h45 et 20h30 - samedi 30 à 13h45,18h et 20h30 - dimanche 31 à 14h, 15h45 et 20h - lundi 1er à 14h15, 16h, 18h et 20h - mardi 2 à 14h30, 18h et 20h30
My skinny sister : Affiche
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My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...
Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 17h40 - vendredi 29 à20h - dimanche 31 à 18h05 - lundi 1er à 16h10 - mardi 2 à 20h30
Tout en haut du monde : Affiche
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Tout en haut du monde
Film d'animation de Rémi CHAYÉ
France 2015 1h20mn
avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols, Rémi Caillebot...
PRIX DU PUBLIC Festival du film d’animation d’Annecy 2015
1882… Plongée dans la majestueuse Saint Pétersbourg de l'époque, son palais de marbre, ses dorures, ses calèches et ses canaux romantiques… Un endroit digne d'un conte de fée !
Sacha a tout juste quatorze ans. Fruit d'une aristocratie russe cossue, notre candide blondinette semble avoir un avenir tout tracé. Sa famille, son père surtout, imagine lui trouver un beau parti qui renforcera encore sa position sociale. À l'âge où les jeunes filles en fleurs ne rêvent que de robes couleur de lune et de pantoufles de vair, Sacha rêve de coques, de haubans, de drisses, de cordages, de bastingages, de compas… bref de bateaux ! D'un surtout : le Davaï ! Un magnifique voilier conçu par son grand-père explorateur Ouloukine. Pour Sacha, c'est plus qu'une simple embarcation échouée dans la mythologie familiale, c'est le dernier lien qui la relie à celui qu'elle a tant aimé, le lien ténu de l'espoir.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 16h- jeudi 28 à 17h30, vendredi 29 à 17h50 _ samedi 30 à 13h45 et 15h50 - dimanche 31 à 14h et 16h - lundi 1er à 14h15 et mardi 2 à 16h20
Le garçon et la bête : Affiche
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Le Garçon et la Bête
Réalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...
En 2012, Mamoru Hosoda se révélait au public français et annonçait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques. Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 18 h - samedi 30 à 15h40
Mia Madre
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Mia Madre
Réalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique
Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage !.
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Lorgues : mercredi 27 à 17h et dimanche 31 à 14h
Desert Dancer : Affiche
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Desert Dancer
Réalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2016 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...
Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), Desert Dancer vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté... lire la suite
Salernes : vendredi 29 à 18h30
L'étreinte du serpent
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L'étreinte du serpent
Réalisé par Ciro GUERRA
Colombie 2015 2h05mn VOSTF
avec Jan Bijvoet, Brionne Davis, Nilbio Torres, Antonio Bolivar, Yauenkü Migue...
Scénario de Ciro Guerra et Jacques Toulemonde Vidal. Inspiré des journaux des premiers explorateurs de l’Amazonie colombienne
Tel un immense serpent, le fleuve rampe au milieu d'arbres centenaires, enracinés dans une terre de mystères. La nature vigilante semble tenir à l'œil celui qui s'aventure à la lisière de ses songes. La jungle amazonienne renvoie celui qui y pénètre à sa condition chétive et vulnérable. Evans fait partie de ceux-là. Ethno-botaniste passionné, il n'a pu résister à braver les dangers pour venir vérifier les dires de ses livres et partir à la recherche de la « yakruna », liane sacrée rarissime, réputée pour ces fortes vertus hallucinogènes. « Jamais un blanc n'a dit un truc aussi sensé ! » s'exclame Karamate, le chamane qu'on lui a indiqué comme guide. Un étranger qui quémande son aide et s'intéresse aux végétaux ? Ça c'est exotique ! Pourtant, il en a vu passer des conquistadors venus-là pour prendre ou pour évangéliser. Il les as vus, puis les a oubliés, comme il a oublié de se souvenir. Peu à peu il est devenu ce « chullachaqui », ce corps vide, dépourvu d'émotions, presque hors du temps, qui hante la forêt, se remplit d'elle... lire la suite
Cotignac : jeudi 28 à 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

Au-delà des montagnes
AU-DELÀ DES MONTAGNESÉcrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...

Deux hommes aiment une femme. Elle choisit. Et à travers l'histoire de ce trio, dans les conséquences de leurs décisions, dans les chemins qu'ils empruntent et ceux qu'ils délaissent, c'est tout le destin de la Chine d'aujourd'hui et de demain, entre 1999 et 2025, qui nous est raconté. Au-delà des montagnes allie la beauté poignante d'un grand mélodrame et l'acuité d'un regard politique sur son époque. On connaît son auteur, Jia Zhang-Ke, 45 ans et déjà immense cinéaste, pour son habileté à jauger l'état de son pays et de ses concitoyens. Ce fut l'objet de tous ses films jusqu'ici, tous plus remarquables les uns que les autres, de Still life au récent A touch of sin. Il y ajoute aujourd'hui une dimension temporelle passionnante puisque son récit s'étale sur deux générations, celle du trio puis de sa descendance, et nous conte l'itinéraire d'individus qui ont vu la Chine passer de la promesse d'une libération à l'aveuglement capitaliste complet. Avec ce nouvel opus, Jia Zhang-Ke réalise une fresque familiale entre passé proche et futur imminent, aussi simple que vertigineuse, aussi maîtrisée que profondément émouvante.

L'histoire se déroule en trois chapitres. Le premier se situe en 1999 dans la ville de Fenyang, au nord du pays. La jeunesse chinoise danse alors sur le tube Go West des Pet Shop Boys, scandé comme un hymne à la liberté d'un Occident fantasmé. A la veille du xxie siècle, les feux d'artifices pétaradent de toutes parts et la population s'impatiente plus que jamais de basculer dans une nouvelle ère, loin du régime autoritaire encore au pouvoir. Tout oppose les deux amis d'enfance qui courtisent la jeune et belle Tao : Liangzi, au tempérament réservé, est un ouvrier modeste ; Zhang, le flambeur, a investi dans une station service lucrative. L'un trime à la mine, l'autre déboule en berline rouge éclatant. Tao hésite mais son choix est probablement davantage motivé par l'effervescence de l'époque que par l'écoute du tréfonds de son cœur. En choisissant Zhang, elle opte pour l'impératif d'une rupture, pour la promesse du nouveau millénaire. Liangzi a tout d'un homme bon et attentionné, mais elle choisit le plus ambitieux, le plus étincelant. Il se révélera être le plus cupide aussi… Et assez vite, ce choix inaugural irriguera toute la vie de Tao du sentiment amer d'être passée à côté de quelque chose. Liangzi quitte la région pour faire sa vie autrement, vers un sort de misère. Tao et Zhang ont un enfant que le père tient à prénommer Dollar (!)…
Les deuxième et troisième parties se déroulent respectivement en 2014 où s'approfondit l'atomisation du trio d'amis d'enfance, puis en 2025 pour un déracinement sobrement futuriste situé en Australie, où Dollar connaîtra un sursaut affectif et identitaire.

C'est un monde en proie à une graduelle déshumanisation et au règne de l'argent que nous peint Jia Zhang-Ke. Avec une liberté formelle permanente, l'esthétique même du film en témoigne : les couleurs franches du début laissent peu à peu place à des teintes lissées, le cadre de l'image s'élargit progressivement jusqu'à acculer les protagonistes dans les recoins isolés de l'image. De même, la narration se révèle d'une grande ingéniosité, en multipliant les ellipses, en essaimant ses personnages avant de mieux les retrouver. Plein d'empathie pour eux, Jia Zhang-Ke revient sans cesse sur le noyau de son histoire : l'inconsolable sensation que nous avions toutes les cartes en main mais que quelque chose a raté. Certes, c'est bien de la Chine dont nous parle Jia Zhang-Ke. Mais il faut bien reconnaître que ce sentiment, ainsi qu'une certaine marche du monde, confère à son récit un caractère d'universalité. Au-delà des montagnes se déploie alors comme une fable intime autant que politique, inquiète des imbrications que les mutations économiques provoquent dans nos manières de vivre et dans notre capacité à aimer. Et s'épanouit la beauté d'une mélancolie exprimée, noire et lyrique à la fois.(Utopia)

 

CGR (Draguignan) : jeudi 28 à 13h30, vendredi 29 à 15h30, samedi 30 à 16h30, dimanche 31 à 19h30, lundi 1er à 17h30 et mardi 2 à 11h
Lorgues : mercredi 27 à 19h , dimanche 31 à 20h30 et lundi 1er à 19h


Geronimo
GERONIMOÉcrit et réalisé par Tony GATLIF
France 2014 1h45mn
avec Céline Salette, Rachid Youcef, Nailia Harzoune, David Murgia, Vincent Heneine...

Un travelling époustouflant pour commencer : deux jeunes gens à moto roulent à fond de train sur une plage. Elle, sublime, hurle : « Je t'aime ! » à son compagnon. Incroyable mélange de flamenco et de musiques turques en bande-son, immédiate sensation de liberté : pas de doute, Tony Gatlif est de retour. Reviennent en mémoire des images de films comme Latcho Drom, Gadjo Dilo ou Exils. Qu'a bien pu encore inventer ce diable de cinéaste, né il y a soixante-six ans à Alger d'un père kabyle et d'une mère gitane ? Rien moins que Roméo et Juliette, West Side Story et Noces de sang, de Garcia Lorca, réunis dans un même film – on exagère à peine. À ceci près qu'il y a autre chose encore, de plus troublant : un personnage d'éducatrice qui ne va pas tarder à illuminer le film. Elle s'appelle Geronimo, c'est Céline Sallette. Capable, d'entrée de jeu, d'asséner à un ado qui lui parle mal un coup de tête d'une violence telle qu'on jurerait qu'elle l'a fait pour de vrai…

Au centre du film, il y a donc deux femmes, libres et fortes. D'origine turque, Nil Terzi n'en peut plus des traditions. Ne voulant pas du mariage forcé que son clan tente de lui imposer, elle n'a qu'un seul désir : qu'on la laisse épouser l'homme qu'elle aime, Lucky Molina. L'autre femme, c'est justement l'éducatrice, Geronimo. Une solitaire sans attache, totalement dévouée aux autres, chargée d'apaiser les tensions au sein du quartier. Elle va tout faire pour venir en aide à Nil et tenter d'éviter l'affrontement qui se prépare entre les deux clans.
Tout le film semble procéder de la force qui émane du regard bleu azur de Céline Sallette. Un regard à plat, tranchant comme une lame, qui rappelle par moments celui de Lauren Bacall. Les Gitans, aime à répéter Gatlif, disent que l'on voit quelqu'un à travers son âme, que l'âme se penche au bord des yeux et sort du regard, comme par une fenêtre. Dès lors, nul doute : l'âme de Geronimo est belle. Libre et pure.

Il faudrait parler de la magie de certains plans, par exemple lorsque Terzi et Lucky s'égarent dans des hautes herbes et que le blanc de la robe de mariée se confond avec le blanc des feuillages. Il faudrait aussi parler de l'utilisation des squats comme décors ; de la musique qui inonde le film, jusqu'à en faire une quasi-tragédie musicale. Chez Gatlif, le cadre, puisqu'il en faut bien un, se met au service du mouvement perpétuel. Les acteurs y entrent et en sortent avec une liberté telle que tout cela finit par donner, au film comme au spectateur, une sensation d'énergie peu commune. Splendide, Geronimo est un film violent sur la non-violence. Un manifeste moral et politique, un salut fraternel que nous adresse Tony Gatlif en ces temps de vent mauvais.(F. Nouchi, Le Monde)


Séance unique Entretoiles : sale Lily Pons (Théâtre de Draguignan) Jeudi 4 février à 20h


Les Saisons
Les Saisons : AfficheRéalisé par Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
Documentaire France 2015 1h37mn

Depuis "Le Peuple Migrateur" (2001), "La Planète Bleue" (2003), "Océans" (2010), Jacques Perrin s'est fait la spécialité de la réalisation de films documentaires. Avec sa voix si particulière, il tend à nous éveiller une conscience écologique au cours d'une heure trente de film. Mais sa démarche va au-delà du réquisitoire contre l'influence malsaine de l'homme sur son environnement... qu'on pourrait lui attribuer trop facilement.

D'abord, il renouvelle le genre "docu" en créant une proximité qu'on avait jamais ressenti jusqu'à alors. Comme à peu près dans ses derniers films, il s'entoure de la meilleure équipe pour livrer les images les plus percutantes. Alors que beaucoup de cameramans se contenteraient de filmer depuis le champ de vision de l'oeil humain, Jacques Perrin essaye de saisir des instants de vie à l'échelle des animaux, à même le sol. La technologie la plus moderne est au service de son oeil de réalisateur et sa passion lui permet d'obtenir des plans de qualité d'une image léchée. Pari réussi, nous sommes frappés par tant de réalisme, si bien que la caméra peut tout autant suivre une course de loups affamés poursuivant un sanglier, que s'insérer dans un tronc d'arbre à travers un trou minuscule pour voir ce qu'il s'y cache à l'intérieur, ou encore effectuer un long plan séquence dans lequel elleprécède l'envol d'un scarabé à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Autre exemple, lorsqu'on s'arrête sur la vie des insectes, le moindre détail est perçu dans le tachement des ailes... Jacques Perrin est passé maître dans l'art des films tableaux renversants, ce qui prouve, une fois encore, que la 3D n'est pas inéluctable pour asseoir le spectateur au coeur d'un film. Mais ce n'est pas le plus surprenant, car ils insufflent une dose de fiction qui muscle un peu le film, et s'attardent parfois sur le parcours de certains gibiers... Et plus qu'un réel film environnemental c'est une réelle histoire sur des bêtes qui sont considérés comme des personnages. L'Homme apparaît furtivement. Jacques Perrin a donc voulu inverser les rôles. Par-dessus ses images qu'il commente très légèrement, la musique prend une place prépondérante et c'est finalement elle, qui annote les scènes.Le synchronisme entre les changements d'ambiance, par exemple des percusions plus graves pour annoncer un danger, ou plus légères, lorsqu'il s'agit de résolutions d'enjeux, confortent les animaux dans leurs places centrales. Son film c'est une fresque historique sur notre continent européen, mais pas du point de vu des Hommes : depuis les débuts de l'ère glaciaire avec l'époque des grandes forêts "primaires" dans lesquelles vivaient des animaux exotiques, précédant l'installation des tribus humaines sédentaires qui ont progressivement conduit à la lente dérofestation et à la disparition de certaines espèces, paroxysme atteint avec les grandes Révolutions Industrielles des siècles plus tard... En préambule, Jacques Perrin rappelle les dramatiques conséquences de l'activité humaine sur le réchauffement climatique et ses bouleversements sur l'éco-système. Mais il est encore possible de vivre avec ses partenaires de planète. Car Jacques Perrin est avant-tout un homme d'action, bien ancré dans les réalités. Certes, il a fait le pari de filmer la vie d'animaux qui ont disparu depuis bien longtemps, mais pas question pour lui de recourir à des effets spéciaux. Son équipe s'est rendue aux confins de l'Europe, à Bélovej, à la limite de la Pologne, où on trouve une des dernières forêts "primitives" de l'ère glaciaire, mais également en Scandinavie...Ce grand monsieur a le souci du réalisme et le sens des réalités. Il participe positivement à retourner les mentalités en faveur d'une protection de l'environnement, à laisser croire qu'un autre avenir est possible, et il le défend bien en citant notamment l'ensemble des associations et fondations, qui le soutiennent dans sa démarche, ainsi que les projets possibles en devenir : re-peuplement des forêts, protection des espèces, mise en place d'un développement durable... Mais pas question de se lancer en politique, seul son regard d'artiste compte. Et c'est bien son rôle que de tracer l'avenir grâce à sa vision et sans se soucier des contraintes, qui peuvent entraver sa liberté. "Il faut faire des films politiques sur la nature" comme il le rappelle à la fin de la projection.


CGR (Draguignan) : mercredi 27, jeudi 28, vendredi 29, samedi 30, lundi 1er, mardi 2  à11h15, 13h30, 15h30 et 20h - dimanche 31 : 13h30, 15h30 et 20h

Demain
DEMAIN !Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h

Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements…


Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le développement durable cher au greenwashing, vous allez voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer, notre extraordinaire capacité à faire. Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada, Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce, France…
Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur sens du terme, qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines. Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines, c’est forcément inspirant ! »

Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui est aussi un spectacle passionnant et exaltant.


CGR (Draguignan) : vendredi 29 à 20h (Réserver)
Le Vox (Fréjus) : samedi 30 à 16h15
Salernes : mardi 2 à 18h 



Millions Can Walk
MILLIONS CAN WALKÉcrit et réalisé par Christoph Schaub et Kamal Musale
Suisse/Inde 2014 1h28mn VOSTF
avec Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi, Biras Topno, Anil Kindo, Rajagopal P.V., Jairam Ramesh, Ramesh Sharma...

Ils sont cent mille en marche, paysans sans terre et Adivasi – les aborigènes de l’Inde – tous en marche. A pied sur les routes poussiéreuses, sur la « National Highway », à travers villes et villages, en marche. L’extraction massive des richesses du sol, l’apparition d’immenses plantations et la construction d’infrastructures pharaoniques les ont chassés de leurs terres et ont sapé les fondements de leur vie paisible. Et cette spirale tourne, inexorablement, toujours plus vite.
Ils sont venus du pays entier lutter ensemble pour une existence dans la dignité. Parmi eux, le charismatique Rajagopal, le leader et maître à penser du mouvement. Leur marche de protestation les mène de Gwalior à Delhi, 400 kilomètres plus loin. Ils résistent à la chaleur, à la maladie, aux rigueurs de la route. Car rien ne les déviera de leur résolution : ils ne céderont ni ne rentreront à la maison avant que le gouvernement ait satisfait à leurs revendications.

Comment lutter pour ses droits sans violence ? Avec ce questionnement à la fois actuel et essentiel, le film de Christoph Schaub et de Kamal Musale rayonne bien au-delà de l’Inde.Millions can walk est un film militant et philosophique, nourri d’émotions et d’images étonnantes, d’une grande force métaphorique. Il développe un véritable suspense : ces hommes et ces femmes réussiront-ils ? Le gouvernement satisfera-t-il à leurs revendications ?
Ce qui se passe en Inde se passe dans le monde entier : au Brésil, en Chine, en Indonésie – la course au développement des pays que l’on appelle émergents. Ils veulent acquérir la richesse de leurs voisins occidentaux. Ils veulent se montrer attractifs pour les investisseurs et maintenir leur taux de croissance au plus haut niveau des marchés mondiaux. Cette dynamique ne tient aucun compte des traditions des aborigènes de l’Inde et des intouchables. Pratiqué à l’échelle globale, ce capitalisme de consommation sauvage - sans valeurs, sans garde-fous, sans éthique ou religion, sans aucune considération pour le futur - est voué à nous conduire à l’apocalypse.

Cette description peut sembler radicale, mais sa réalité est criante pour nos protagonistes Pankhi Bai, Ghinnu Kole, Sushmita, Selva, Lakshmi et Biras Topno. Ils représentent les 100 000 personnes qui marchent sur Delhi, qui, à leur tour, sont les émissaires des centaines de millions de victimes sans terre, fermiers ou indigènes, expulsés de leur propriété pour satisfaire l’appétit des industries et des multinationales.


CGR (Draguignan) : Festival du film des Droits de l'homme - Ciné débat Jeudi 4 février à 20h


Deux au carré
Afficher l'image d'origineRéalisé par Philippe Dajoux
France 2015 1h27mn
avec Charlie Dupont, Tania Garbarski, Olivier Sitruk...

Deux couples se retrouvent face à face pendant les quelques heures de train qui les séparent de Paris à Cannes : Elise et William sont gérants d’un petit restaurant. Niais à tendance « ploucs », ils sont les antonymes respectifs de Thierry, ancien joueur de foot, et d’Annabelle, présentatrice de la météo.

Il n’y a pas de hasard… Quelque chose relie ces improbables personnages… Mais quoi ?

Deux au carré est une idée originale de Charlie Dupont, portée ici à l’écran par le réalisateur Philippe Dajoux. Sous de premiers aspects convenus, Deux au carré n’a de cesse de nous cueillir, de nous surprendre à chaque fois que l’on pensait savoir où l’histoire se dirigeait.

Ce film pourrait réunir tous les ingrédients qui font d’ordinaire « tourner » les comédies romantiques francophones, mais ici, la magie opère. Tantôt acide, tantôt charmant, subtil, puis potache, le rythme nous garde suspendu aux retournements de situations entre lesquels les personnages s’invitent à nous balader.

Des « interviews » face caméra des personnages viennent entrecouper et relever avec une grivoiserie délicieuse une mise en scène plutôt conventionnelle. Elles ancrent une existence des personnages palpable et achèvent de révéler leurs savoureux dialogues.

La complicité du couple Tania Garbarski – Charlie Dupont est évidente. L’actrice rayonne plus que jamais, et lui se réinvente comptable inadapté pour notre plus grand plaisir. Arthur Jugnot est le liant parfaitement cocasse entre les deux couples, tandis qu’Olivier Sitruk et Elodie Frenck sont aussi touchants que détestables dans ce vaudeville romantique aux accents joliment grotesques.

Deux au carré est un film drôle et poétique, où l’on sent de la part de ses créateurs une réelle sincérité, et malgré quelques notes bleues, on ressort de la salle conquis par son authenticité et son charme loufoque.


Film présenté par l'association "Gynécologie sans frontières", en présence de l'acteur Olivier Sitruk : samedi 30 janvier à  18h - Entrée 12€ pour soutenir l'action dans la jungle de Calais


Les Délices de Tokyo
LES DÉLICES DE TOKYOÉcrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2015 1h53mn VOSTF
avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida...
D'après le roman An, de Durian Sukegawa

Tokyo… Un quartier, excentré, banal et terne, s'il n'y avait… les cerisiers en fleurs ! Les voilà qui rivalisent d'exubérance, déployant de subtiles dentelles de pétales, saupoudrant d'un rose fragile le monde grisonnant des hommes. Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées et sans charme. Mais le printemps peine à pénétrer dans certaines boutiques. Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l'image de son gérant et de la pâte « an » des « dorayakis » qu'il cuisine… Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Qu'importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous pourlécher les babines et entendre votre ventre gargouiller… Mais ne croyez pas que vous avez affaire à un film culinaire : nous sommes dans l'univers de Naomi Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la vie. Ces dorayakis se révèlent être plus que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l'essence des choses, la saveur de l'enfance, l'attention aux autres, aux moindres petites choses. Ils sont une invitation à s'ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem…

Mais revenons à Sentaro. Pour lui, les jours se suivent… Le réveil sonne l'heure de la clope qu'il fume, solitaire, sur une terrasse, avant de se mettre au boulot sans conviction. Des litres de pâte qu'il transforme en dizaines de petites crêpes pour les gosiers voraces d'une poignée de collégiennes qui les ingurgitent en se moquant de lui, de ses airs bougons. Seule Wakana semble prendre racine, une fois la nuée de ses copines passée. Elle n'a guère d'alternative puisque ses camarades filent vers des cours particuliers qu'elle n'a pas les moyens de s'offrir. Elle n'ose tout bonnement plus espérer accéder à l'université faute de l'argent nécessaire. C'est une drôle de complicité qui se tisse en silence entre le quadragénaire et la collégienne. La tristesse désabusée de ces deux égratignés de la vie n'a pas besoin de mots pour s'exprimer.
Les jours pourraient dériver ainsi longtemps encore, lorsqu'une drôle de petite vieille, hésitante et bancale, passe sa frimousse dans l'embrasure de la petite échoppe. Le patron cherche un commis pour l'aider ? Elle dit être la femme de la situation ! Sentaro refuse, la voyant trop âgée, trop abimée, trop tordue de la tête aux mains… Poliment il tente de la dissuader en lui parlant du salaire minable… Mais, chose saugrenue, ne voilà-t-il pas que la grand-mère, loin de se décourager, négocie son salaire encore à la baisse ! Sentaro ne sait plus comment s'en dépêtrer… D'autant que tous les jours la dame semble revenir à la charge jusqu'à l'obliger à goûter la délicieuse pâte « an » qu'elle a réalisée : un comble pour celui qui déteste le sucré ! Voilà comment Tokue va finir par imposer sa présence réjouissante dans le quartier, bouleverser la routine de Sentaro, à coup de savoir faire, à coup de savoir être. Elle semble ré-enchanter le monde partout où elle vient piétiner, hésitante et gauche. Étonnante Tokue qui sait écouter aussi bien les murmures des feuilles qui frissonnent que ceux du cœur des hommes ou des haricots rouges qui patientent dans la casserole.
Ceci n'est qu'un début, un prétexte ou presque, vous le découvrirez lorsque le film va basculer dans un tout autre registre évoquant un pan honteux de l'histoire nipponne… Et on comprend que l'indéracinable capacité d'émerveillement de Tokue a cru dans la fange d'un terrible passé. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 15h25, 17h45 et 20h30 - jeudi 28 et lundi 1er à 14h30, 17h30 et 20h - vendredi 29 à 14h30, 17h45 et 20h30 - samedi 30 à 13h45, 18h et 20h30 - dimanche 31 à14h, 17h50 et 20h - mardi 2 à 14h30, 18h et 20h30


45 ans
45 ANSÉcrit et réalisé par Andrew HAIGH
Angleterre 2015 1h35mn VOSTF
avec Charlotte Rampling, Tom Courtenay, Geraldine James, Dolly Wells...
D'après la nouvelle de David Constantine. Festival de Berlin 2015 : Ours d'argent de la Meilleure actrice et du Meilleur acteur

Le décor est posé, maison élégante sans trop de prétention, un couple d'âge plus que mûr, un chien fidèle, un univers de vieux amis et une vie simple et heureuse au village… L'ambiance du film existe de manière immédiate, on y croit ! La campagne anglaise et son spectre chromatique limité infuse tout de suite au film un rythme qui nous invite à l'introspection, à l'écoute attentive de ce qui, on imagine, va cheminer doucement. Le réalisateur Andrew Haigh filme avec un vrai talent pictural les longues routes de campagne et les balades automnales de Kate, la protagoniste principale.
Charlotte Rampling est Kate, mariée à Geoff (Tom Courtenay). Il vont prochainement célébrer comme il se doit leurs quarante-cinq ans de mariage, les préparatifs commencent, la fête sera belle. Mais une ombre surgit : le corps disparu d'une jeune femme que le mari a aimée dans sa jeunesse – et qu'il n'a visiblement jamais oubliée – vient d'être retrouvé dans une fissure d'un glacier des Alpes, cinquante ans après sa disparition. Cette ombre du passé va grandir, de plus en plus présente, trop présente. Le doute s'invite à la fête et dans le quotidien de Kate, les mauvaises questions surgissent. Lui ai-je suffi ? M'a-t-il aimée autant qu'elle ? Ces questions ne la lâcheront plus. Tout devient alors amer et se brouille, points de vue subjectifs et objectifs, réalités et projections cauchemardesques. Est-ce le passé ou le présent qui fait souffrir ? Qui est le plus affecté, elle, lui ? On s'arrange comme on peut avec ses vulnérabilités, c'est l'effondrement du couple et de sa propre structure interne.

La montée progressive de l'émotion tient aussi à la rigueur stylistique du film, à son décor souvent circonscrit à cette maison, avec ses coins et ses recoins privés, analogie dérangeante avec le couple. Ce lieu à demi clos devient alors la scène où tout se défait, en silence. Le récit tire sa force de sa simplicité même, de son épure. Les silences, les regards fuyants soulignent la circularité fatidique de l'amour. Kate cherche des réponses à des questions impossibles et la vérité, qu'on ne dévoilera pas, éclatera un soir à la faveur d'un écran de projection qui va tout révéler. Le secret trop longtemps gardé de Geoff amènera chacun des personnages à une évolution lente mais sûre… dans une direction qu'on ne racontera évidemment pas…

C'est un film qui questionne la place des choix, la place de l'amour dans la vie de chacun. S'aime-t-on, égoïstement, pour la sensation d'être l'unique dans les yeux de l'autre ? Ou peut-on aimer l'autre réellement au delà de soi ? Ai-je besoin de l'autre pour être moi ? Le film explore le doute qui creuse, la jalousie qui mine, et le rejet de tout en bloc. Charlotte Rampling, actrice à la classe folle, compose un personnage d'une puissance et d'une complexité rares, elle écarte en un regard la mièvrerie qui pourrait tirer le film vers le mélodrame pour donner à son jeu une épaisseur presque glaçante. Elle est vertigineuse. 45 ans… Un titre laconique, sibyllin, qui résume en un nombre plus qu'une vie… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 15h50 et 20h30 - jeudi 28 à 14h30, 17h30 et 20h _ vendredi 29à 14h30, 17h45 et 20h30 - samedi 30 à 13h45,18h et 20h30 - dimanche 31 à 14h, 15h45 et 20h - lundi 1er à 14h15, 16h, 18h et 20h - mardi 2 à 14h30, 18h et 20h30


My skinny sister
MY SKINNY SISTERÉcrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...

Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr…

Tout pourrait continuer ainsi, dans cette espèce de déséquilibre familial harmonieux où chacun trouve finalement sa place, cahin-caha, malgré petites bisbilles et menues jalousies… Mais on sent bien, dans le volontarisme forcené de la patineuse, sa soif perpétuelle d'exercice, ses obsessions culinaires que s'installe un malaise de plus en plus palpable.
My skinny sister, au titre évocateur même pour l'anglophile balbutiant (skinny = maigre), pose un très beau regard sur un fléau qui touche des millions d'adolescentes, leur famille, leurs amies : l'anorexie, une maladie qui s'accompagne le plus souvent du terrible déni de l'intéressée, laquelle finit par se couper du reste du monde, parfois avec agressivité, toute à son obsession morbide. Il montre aussi à quel point les proches ne se doutent pas de la gravité de la situation jusqu'au jour, souvent tardif, où la maladie a fait des ravages profonds, tant physiologiques que psychologiques. Tout cela est traité avec une grande authenticité, une grande justesse et on n'est pas du tout étonné que la réalisatrice déclare « avoir une expérience personnelle des troubles alimentaires…

Mais ce qui est très beau dans My skinny sister, c'est qu'il échappe avec grâce au film à thèse sur l'anorexie pour s'épanouir en une très belle et très délicate chronique de l'amour entre deux sœurs et des tourments de l'adolescence. Avec ses moments bouleversants mais aussi ses moments extrêmement drôles et impertinents, à l'image de l'imprévisible et craquante Stella. On rit de bon cœur à l'audace de la gamine qui drague ouvertement le prof de patinage de sa sœur à qui elle dédie des poèmes licencieux. Et face au désarroi des parents qui, entre coercition et dialogue, ne savent plus quoi faire pour enrayer la spirale infernale dans laquelle s'enferme leur fille aînée, c'est bien leur irréductible benjamine qui, avec son énergie et son appétit de vivre, va peu à peu sauver Katya, envers et contre tout, et d'abord envers et contre elle-même…(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 17h40 - vendredi 29 à20h - dimanche 31 à 18h05 - lundi 1er à 16h10 - mardi 2 à 20h30


Tout en haut du monde
TOUT EN HAUT DU MONDEFilm d'animation de Rémi CHAYÉ
France 2015 1h20mn
avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols, Rémi Caillebot...
Scénario de Claire Paoletti Patricia Valeix. PRIX DU PUBLIC Festival du film d’animation d’Annecy 2015. Pour les enfants à partir de 7 ans. Musique originale de Jonathan Morali (Syd Matters)

1882… Plongée dans la majestueuse Saint Pétersbourg de l'époque, son palais de marbre, ses dorures, ses calèches et ses canaux romantiques… Un endroit digne d'un conte de fée !
Sacha a tout juste quatorze ans. Fruit d'une aristocratie russe cossue, notre candide blondinette semble avoir un avenir tout tracé. Sa famille, son père surtout, imagine lui trouver un beau parti qui renforcera encore sa position sociale. À l'âge où les jeunes filles en fleurs ne rêvent que de robes couleur de lune et de pantoufles de vair, Sacha rêve de coques, de haubans, de drisses, de cordages, de bastingages, de compas… bref de bateaux ! D'un surtout : le Davaï ! Un magnifique voilier conçu par son grand-père explorateur Ouloukine. Pour Sacha, c'est plus qu'une simple embarcation échouée dans la mythologie familiale, c'est le dernier lien qui la relie à celui qu'elle a tant aimé, le lien ténu de l'espoir…

Le monde imaginaire de Sacha a basculé le jour où Ouloukine, parti à la conquête du pôle nord, a été porté disparu avec son vaisseau pourtant réputé insubmersible (en général c'est un qualificatif qui ne porte pas chance, on se souvient du Titanic…). Dès lors, fidèle à la complicité qui les liait, Sacha s'est plongée dans les notes de son aïeul, a lu et relu ses écrits, est devenu sa plus fidèle experte, malgré son jeune âge… Elle s'est mise à étudier les cartes marines, à appris à compter en nœuds, en milles, à se diriger en plein large… En théorie, bien sûr… Car en pratique, le seul cap que son rang lui impose de tenir, c'est de devenir une future épouse présentable et soumise. D'ailleurs ce soir va être celui de son premier bal qui se doit de devenir inoubliable. Tous les facteurs sont réunis pour qu'elle puisse faire grande impression sur ses potentiels prétendants. Parée de ses plus beaux atours, Sacha esquisse donc docilement ses premiers pas de danse avec le neveu du Tsar, le Prince Tomsky… Ce qui doit rendre vertes de jalousie ses copines la laisse indifférente. Ce Prince-là n'est pas si charmant puisqu'il traite Ouloukine de vieux fou et se moque d'elle. Et c'est là que l'indomptable Sacha va commettre l'irréparable… ou plutôt en être injustement accusée… Et injustement punie…
Alors, en plein cœur de la nuit, Sacha prend une décision qui va changer le cours de sa vie. En cachette elle enfourche un cheval et met les voiles au sens figuré tout en espérant pouvoir le faire bientôt au sens propre. Direction la mer et ses embruns, le grand large et peut-être bien la banquise dans le sillage d'Ouloukine et du Davaï… Tout en haut du monde ! Voilà Sacha embarquée dans une terrible épopée, drôle, poétique, touchante où elle va commencer par se frotter à ceux qui n'appartiennent pas à sa classe sociale, à l'univers des vrais marins, ceux qui disent qu'une femme à bord, ça porte la poisse !

Vous l'aurez compris, on vous recommande plus que chaleureusement ce petit bijou d'animation enthousiasmant. Le choix du dessin tout en à-plats, celui de la musique qui, au lieu de tenter de coller absolument à l'ambiance de l'époque, ajoute une touche contemporaine bienvenue… C'est une œuvre limpide, intelligente, dans laquelle petits ou grands trouveront leur compte, chacun avec un niveau de lecture différent. Il parle tout autant d'aventure que de transmission, de passion ! (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 13h45, 16h- jeudi 28 à 17h30, vendredi 29 à 17h50 _ samedi 30 à 13h45 et 15h50 - dimanche 31 à 14h et 16h - lundi 1er à 14h15 et mardi 2 à 16h20


Le Garçon et la Bête
Afficher l'image d'origineRéalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58mn
avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani...

En 2012, Les Enfants loups, son merveilleux troisième film, faisait connaître Mamoru Hosoda au public français et révélait déjà un possible maître de l'animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses oeuvres précédentes (la famille, l'éducation, la sauvagerie d'enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques.

Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l'un de l'autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d'artisans — vivent en paix sous l'égide d'un lapin sage et souriant comme le maître de la sérieKung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d'être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n'écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence.

Mamoru Hosoda est un conteur à l'imagination foisonnante. Du premier accrochage entre le maître et le disciple jusqu'à la fin, émouvante et apaisée, dix ans s'écoulent, rythmés par mille et un rebondissements et allers-retours entre les deux mondes. Une séquence de quelques minutes — un voyage d'initiation chez des sages — contient, en germe, trois autres films potentiels. Et un plan splendide : un feu de camp sous un ciel étoilé à la Van Gogh.

Dans le cinéma d'animation, la quête d'identité, la mythologie animale, le combat entre le bien et le mal sont des thèmes usés jusqu'à la corde. Mais Hosoda les revitalise. Il a le sens de l'épopée et de la légende. Pourtant, chez cet humaniste, le fantastique n'est qu'un outil pour souligner les petits miracles de la vie quotidienne et des rapports filiaux. Une seule question, éternelle, se pose, quand on est un jeune garçon ou une bête immature : comment devenir adulte ? En apprenant des autres (un fils fait aussi grandir son « père ») et en s'armant pour résister aux ténèbres qui menacent de nous engloutir. Hosoda a alors deux trouvailles merveilleuses. Pour symboliser l'ennemi intérieur d'un adolescent en manque de repères, il convoque Moby Dick, la baleine de Herman Melville, dans les rues de Tokyo. Puis il clôt ce grand film sur la transmission par un sacrifice « paternel » qui fait chaud au coeur, y compris au sens propre. Après presque deux heures de chamailleries comiques, de pics d'émotion et de duels homériques, une chose est sûre : le règne de Miyazaki terminé, l'animation japonaise a trouvé son nouveau seigneur. — Guillemette


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27 à 18 h - samedi 30 à 15h40


Mia Madre
MIA MADRERéalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique

Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage ! Cette voix qui ordonne, c'est celle de Margherita ! Elle aussi trouve que quelque chose cloche. Est-ce le débit de l'eau, le débit des mots, les ouvrières trop apprêtées ? Elle analyse, s'angoisse, se démultiplie : rabroue le caméraman, rouspète contre les techniciens, passe à la question son assistante, gourmande gentiment une actrice : « Tu joues très bien. Mais ne sois pas ton personnage, n'oublie pas que tu es juste à côté. » « - Ah oui ! Euh… » La comédienne admirative s'efforce de comprendre, mais dès que la réalisatrice tourne le dos, une telle moue dubitative s'empare de sa frimousse qu'on explose de rire !


Être le personnage, tout en restant à côté ? Nébuleux leitmotiv schizophrénique que Margherita martèle désespérément à chacun de ses acteurs, qui prennent dès lors des airs inspirés pour cacher la tempête qu'elle provoque sous leur crâne ! C'est fichtrement drôle… Nanni Moretti se projette dans cette femme, ses angoisses, ses colères, ses incohérences, son envie de tout maîtriser qui la rend tyrannique. À travers elle, il raconte sa passion du cinéma, ses agacements, caricature le milieu avec tendresse, se moque de lui-même…
La journée de tournage achevée, rien n'entame son rythme frénétique. Margherita continue de vouloir tout gérer comme un plateau de tournage : sa famille, ses amours… Mais les personnages de la vraie vie sont moins malléables, on ne maîtrise pas le scénario, certaines choses vous dépassent comme la maladie, la mort… C'est au chevet d'Ada, sa vieille mère subtile et espiègle coincée à l'hôpital, que à peu les choses se dénouent, que tout est remis en perspective. C'est là que ses liens avec son frère Giovanni (interprété par Nanni Moretti) se renforcent. Pourtant, elle le trouve exaspérant, avec ses airs de premiers de la classe, son calme, sa patience, sa présence constante et dévouée… Tout ce qu'elle ne parvient pas à être !

Ada (Giulia Lazzarini, géniale !), quant à elle, curieuse et gourmande de tout, dévore chaque instant avec bonhommie. Elle passe chaque événement au crible des enseignement des philosophes grecs, des belles lettres. Et on comprend d'où tout ce petit monde a tiré ce sens de l'auto-dérision, le recul nécessaire pour affronter avec élégance les affres de la vie. C'est la grande classe !
Et le tableau serait incomplet si on oubliait Barry Huggins (John Turturro), acteur italo-américain qui tient le premier rôle du film tourné à l'intérieur du film ! Hâbleur intarissable, fanfaron insupportable, il cabotine jusqu'à épuiser son entourage et principalement Margherita ! Moments irrésistiblement drôles qui permettent de parler de choses graves à la légère, en ne sombrant jamais dans l'auto-apitoiement. Une belle leçon de vie, comme de cinéma. (Utopia)


Lorgues : mercredi 27 à 17h et dimanche 31 à 14h


Desert Dancer
Afficher l'image d'origineRéalisé par Richard RAYMOND
Royaume-Uni 2014 1h38mn
avec Reece Ritchie, Freida Pinto, Tom Cullen (III)...

Desert Dancer » nous conte l’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite.« Interprété par Freida Pinto (Slumdog Millionaire, La Planète des Singes: les Origines), Reece Ritchie (Lovely Bones, Hercule), Tom Cullen (Downtown Abbey, Week-end) et Nazanin Boniadi (Homeland, Scandal), DESERT DANCER vous emmènera de Mashhad en Iran où Afshin enfant va découvrir la danse, jusqu’à Téhéran où, étudiant, il va fonder une compagnie clandestine avec la complicité de ses amis de l’Université de Téhéran, et qui s’avèrera être une entreprise extrêmement risquée sous le régime strict de Mahmoud Ahmadinejad dominé par la charia. »Ce film mériterait une analyse profonde, mais sa sortie la première semaine de l’année 2016 me fait presser le pas, et donc je vous livre mon avis à chaud.« Desert Dancer » nous montre la société iranienne. On voit le combat d’étudiants pour pouvoir faire de l’art, et vivre en tout liberté… On pense aux « Chats persans » de Bahman Ghobadi devant ce sujet, sauf qu’ici il s’agit moins de musique que de danse. Le spectateur ne peut que s’émouvoir devant le parcours d’Afshin (Reece Ritchie, convaincant) et de ces jeunes gens courageux, mais aussi de son mentor…La passion de la danse est bien décrite  – on pense toutes proportions gardées à « Billy Elliot »,  car Afshin a la danse dans le sang, il est avide de connaissances en la matière et essaie d’apprendre de façon autodidacte. Afshin se révèle par la danse.Il vit pour sa passion. Cependant le contexte sociopolitique des deux films n’est absolument pas le même.Le film est aussi une belle histoire d’amour,  Afshin tombe amoureux d’une jeune fille (Freida Pinto),  qui a appris la danse par sa mère, ancienne danseuse décédée d’une overdose …

La scène du spectacle de danse dans le désert est poétique, c’est une métaphore de ce qu’a vécu Afshin et ses amis. Un autre moment de danse vous donnera des frissons, je n’en dis pas plus. Les chorégraphies sont intéressantes et les acteurs principaux sont totalement crédibles en danseurs.Le film est ponctué de moments de suspense intense. Comment le héros  menacé de mort va – t-il s’en sortir ? Dans la vraie vie, Afshin Ghaffarian a obtenu l’asile politique en France, a étudié au CND et a monté sa propre compagnie depuis. Ses amis vont -ils être tués ? On a régulièrement la larme à l’œil.J’ignore dans quelle mesure certaines scènes ont été romancées,  mais on ressent beaucoup de choses en regardant « Desert Dancer ».Véritable déclaration d’amour à la danse et plaidoyer pour la liberté et l’art sur toutes ses formes. Un beau film qui prône la liberté d’expression, l’amour et la fraternité.

Desert Dancer est de ces réalisations surprenantes qui, à frôler régulièrement la catastrophe, finissent par trouver une grâce funambulesque au-dessus des gouffres. Ces derniers avaient pourtant des allures abyssales.

Racontant les jeunes années iraniennes du danseur et chorégraphe engagé Afshin Ghaffarian, le film est interprété entièrement en anglais par un casting essentiellement anglophone – mais si bien choisi, si bien suivi par une caméra mobile sans excès, agile, que son naturel donne envie d’y croire. Visiblement construit à partir de deux scènes de danse – tout à fait belles au demeurant – entre lesquelles il s’efforce avec plus ou moins d’adresse de jeter des ponts et de la matière, il avance au fil d’une écriture fragile – mais toujours prompte à esquiver le sentimentalisme,...(Le Monde)


Salernes : vendredi 29 à 18h30

L'étreinte du serpent
L’ÉTREINTE DU SERPENTRéalisé par Ciro GUERRA
Colombie 2015 2h05mn VOSTF
avec Jan Bijvoet, Brionne Davis, Nilbio Torres, Antonio Bolivar, Yauenkü Migue...
Scénario de Ciro Guerra et Jacques Toulemonde Vidal. Inspiré des journaux des premiers explorateurs de l’Amazonie colombienne, l’ethnologue allemand Theodor Koch-Grünberg et le biologiste américain Richard Evans Schultes

Tel un immense serpent, le fleuve rampe au milieu d'arbres centenaires, enracinés dans une terre de mystères. La nature vigilante semble tenir à l'œil celui qui s'aventure à la lisière de ses songes. La jungle amazonienne renvoie celui qui y pénètre à sa condition chétive et vulnérable. Evans fait partie de ceux-là. Ethno-botaniste passionné, il n'a pu résister à braver les dangers pour venir vérifier les dires de ses livres et partir à la recherche de la « yakruna », liane sacrée rarissime, réputée pour ces fortes vertus hallucinogènes. « Jamais un blanc n'a dit un truc aussi sensé ! » s'exclame Karamate, le chamane qu'on lui a indiqué comme guide. Un étranger qui quémande son aide et s'intéresse aux végétaux ? Ça c'est exotique ! Pourtant, il en a vu passer des conquistadors venus-là pour prendre ou pour évangéliser. Il les as vus, puis les a oubliés, comme il a oublié de se souvenir. Peu à peu il est devenu ce « chullachaqui », ce corps vide, dépourvu d'émotions, presque hors du temps, qui hante la forêt, se remplit d'elle. Dernier représentant de son peuple, dépositaire d'un savoir unique, précieux, forgé dans des années d'oubli de soi et d'écoute de la nature, de ses plus infimes murmures comme de ses plus dévorantes colères, de ses orages déchaînés.

Habitué aux duperies de ceux qui cherchent à s'accaparer la terre et ses richesses, Karamate, méfiant, observe, jauge, écoute Evans et accepte en définitive de l'accompagner, même s'il sait qu'il est dans nature de la fourmi d'aimer l'argent.
Voilà nos deux hommes qui s'enfoncent au cœur de la forêt et de ses envoûtements. Dérisoire équipage d'un petit canoë fragile qui glisse sur des eaux sombres, faussement calmes. Parfois ils effleurent des rives qui regorgent de plantes étranges, de vie grouillante, de serpents qui se faufilent. Observateurs observés auxquels la nature n'accorde aucun répit. Les souvenirs de Karamate remontent régulièrement à la surface, le voilà jeune guidant un autre homme, Théo… Ici le temps n'est pas linéaire, comme en occident. Pour les Indiens il est comme une série d'événements qui ont lieu simultanément dans plusieurs univers parallèles. Ce nouveau rythme, cette expérimentation constante pénètre peu à peu chaque fibre des deux explorateurs, Evans et Théo, bouleverse leurs sens, leurs croyances. Il n'y a qu'à se laisser porter, consentir au dépouillement et tâcher d'apprendre à rêver comme ils ne l'ont jamais fait… Leur périple se transforme en quête initiatique hallucinante, hallucinogène, à des années de distance. Là où ils croyaient trouver quelques sauvages attardés, c'est tout une humanité luxuriante qu'ils découvrent, qui possède un savoir peut-être à tout jamais perdu pour l'homme blanc. Certes ce dernier sait se servir d'une boussole, mais dans cet espace sans repères, à quoi servirait le Nord ? Il faut accepter de le perdre. Les communautés Cohiuano, les Ocaina, les Huitoto… n'ont pas besoin des notions occidentales pour trouver leur route dans la moiteur de leur contrée. Leur science est puissante, ils ont l'art de la survie, l'art de vivre en bonne intelligence avec les éléments, les esprits, de respecter et de protéger l'ordre naturel des choses. Si fragiles face à l'infini…

Tout cela est superbement interprété, mis en scène dans un noir et blanc profond, sensuel. On s'enfonce nous aussi dans la beauté intimidante de l'Amazonie, pris au piège d'un royaume intemporel dominé par une nature qui ne nous appartient pas et tout juste nous tolère, où seuls les humbles peuvent subsister. Magnifique fable sur la vulnérabilité de l'homme…


Cotignac : jeudi 28 à 20h30

 

 

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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