Au(x) cinéma(s) du 27 mai au 2 juin

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Bonjour à tous,

Une semaine de cinéma sans changement pour ce qui est de CGR, avec toujours La tête haute d'Emmanuelle Bercot, le film d'ouverture du Festival de Cannes, un film sur la jeunesse, la société, la justice... un beau film.
Heureusement, grâce aux autres cinémas de la région nous pouvons diversifier nos plaisirs ! Si vous voulez vous faire du bien, allez voir Les Optimistes, documentaire scandinave et ode à la vie. Un autre documentaire sur notre société malade En quête de sens nous apporte des éléments de réponse et d'espoir.... Vous pouvez voir aussi un film algérien Les terrasses, très intéressant pour mieux comprendre la diversité et la complexité de l'Algérie d'aujourd'hui. D'autres beaux films que nous avions déjà ces dernières semaines : Taxi TéhéranMy old ladyLe labyrinthe du silenceCaprice,  et Voyage en Chine, Everything will be fine...
Dans les bonnes nouvelles cinématographiques, il faut compter la réouverture du cinéma du Luc !
Quant à nous, nous travaillons pour le moment dans 2 directions : l'une à court et moyen terme qui serait de faire des projections cet été au Théâtre de Verdure, et d'avoir une programmation au Pôle Culturel, et l'autre à plus long terme qui serait de réouvrir l'Eldo. Mais nous avons besoin pour toutes ces questions que nos élus nous suivent, et de trouver les bonnes solutions, donc les choses ne vont pas très vite !
Bonne semaine de cinéma !
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PROGRAMMATION DU 27 MAI AU 2 JUIN 2015

La Tête haute
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La Tête haute
Réalisé par Emmanuelle BERCOT
France 2015 2h
avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier...
Scénario d'Emmanuelle Bercot et Marcia Romano
Festival de Cannes 2015, Sélection officielle, Film d'ouverture hors compétition

« Cette année, on a voulu commencer par un bon film » a déclaré Thierry Frémaux, directeur et sélectionneur en chef, après avoir annoncé que La Tête haute serait projeté en ouverture du Festival de Cannes. Il dit vrai, La Tête haute est un très bon, un très beau film. « C’est un film universel, qui exprime bien les questions qui se posent sur nos modèles de société ; un film qui parle de la jeunesse, de transmission, du rapport entre la justice et la société, des mécanismes sociaux et éducatifs mis en place dans un pays comme la France pour traiter des cas de délinquance… Et c'est un film très émouvant. » Là encore, Thierry Frémaux parle d'or.
La Tête haute suit le parcours mouvementé d'un jeune garçon de six à dix-huit ans, qu'une juge des enfants et un éducateur tentent de sauver presque malgré lui..
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CGR Chabran : Tous les jours : 11h15, 14h 16h30, 19h45, 22h15
Les Optimistes
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Les Optimistes
Réalisé par WESTHAGEN MAGNOR
Documentaire Norvège 2014 1h30mn VOSTF
avec les incroyables optimistes Goro, Birgit, Lillemor, Irma, Gerd, Aase Marit, Marit, Anni et Eldbjorg...
Voilà un joli film qui devrait comme on dit être remboursé par la Sécu tant il est un parfait substitut à tous les antidépresseurs, un remède à toutes les angoisses métaphysiques face à la finitude de l'existence. Tout ça grâce à une bande de filles qui font du volley-ball ! Des filles qui présentent une petite particularité : la benjamine de leur équipe est une jeunette de 66 ans, et la doyenne porte fièrement ses 96 printemps ! On savait que la consommation de rollmops et l'air vivifiant des fjords constituaient des élixirs de jouvence mais là ça nous coupe le sifflet. On ne prétendra pas que ces joueuses sont des compétitrices sans défaut, leur technique laisse parfois à désirer, les petits rhumatismes des unes et des autres ralentissent le jeu… mais leur inextinguible envie de jouer et surtout de se retrouver hiver (en Norvège il est long) comme été balaie tout... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27, vendredi 29 et mardi 2 à 15h et 20h30 - jeudi 28, samedi 30 et lundi 1er à 18h30 - dimanche 31 à 15h
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : dimanche 31 à 18h
Taxi Téhéran
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Taxi Téhéran
Ecrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Festival de Berlin 2015
L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi 29 , samedi 30 , dimanche 31  et lundi 1er à 18h15
Le Cinéma (Lorgues) : samedi 30à 18h et lundi 1er à 21h
My Old Lady
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My Old Lady
Écrit et réalisé par Israël HOROVITZ
USA/GB 2014 1h47mn VOSTF
avec Maggie Smith, Kevin Kline, Kristin Scott Thomas, Dominique Pinon, Noémie Lvovsky...
Le film commence comme une jolie balade romantique dans le « Paris éternel ». Le décor est planté, Mathias, beau quinquagénaire, débarque fraîchement de New York, sans le sou mais plein de projets. En fait surtout un, bien précis : vendre au plus vite l'appartement dont il a hérité de son défunt père… mais il découvre encore plus vite que ce logement délicieux en plein cœur du Marais est habité par une vieille dame, Mathilde, et sa fille Chloé. En fait d'héritage, c'est d'un viager qu'il s'agit, système typiquement français qu'il a du mal à comprendre dans un premier temps et qui vient dans un second ombrager son tout frais bonheur d'héritier unique. On comprend que ce Mathias n'est pas que réussites et bonheur : trois divorces, pas de boulot, totalement fauché, c'était un peu sa dernière chance. Si Mathilde n'est en rien surprise, pas question pour Chloé et Mathias de se supporter le moins du monde : de subterfuges en contre-propositions malhonnêtes, se sera à qui fait la meilleure offre pour acquérir ou vendre en morceaux ce cadeau empoisonné... lire la suite
Carré Gaumont (Sainte-Maxime) : jeudi 28 à 18h45 et mardi 2 à 16h15
Le Vox (Fréjus) : vendredi 29 à 15h
Les Terrasses
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Les Terrasses
Écrit et réalisé par Merzak ALLOUACHE
Algérie 2014 1h32mn VOSTF
avec Adila Bendimerad, Nassima Belmihoub, Ahcene Benzerari, Aïssa Chouat, Mourad Khen, Myriam Ait El Hadj...
Certaines villes façonnent notre imaginaire, les villes portuaires plus que d'autres, presque par essence. Que dire d'Alger, cité surpeuplée, effervescente et aux couleurs multiples ? Le nouveau film de Merzak Allouache nous propose une vision éminemment symbolique de sa ville tant aimée, Alger, dont il est originaire. Cette vision, il nous la livre gâce à un dispositif singulier et réussi : tout se voit, se vit, s'appréhende depuis les terrasses de la cité, qui deviennent le lieu nécessaire de toutes les intrigues, accueillent malheurs, espoirs, petits et gros gros défauts des protagonistes... lire la suite
Le Vox (Fréjus) mercredi 27, vendredi 29, dimanche 31 et mardi 2 à 20h30 -  jeudi 28, samedi 30 et lundi 1er à 18h30, mardi 2 à 15h
Le Labyrinthe du silence
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Le Labyrinthe du silence
Réalisé par Giulio RICCIARELLI
Allemagne 2014 2h03mn VOSTF
avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Gert Voss...
Grand Prix, Prix du Public et Prix du jury étudiant - Festival du Film d'histoire de Pessac 2014
Nous sommes en 1958 à Francfort, la toute jeune République Fédérale d'Allemagne tente de se reconstruire, de panser les blessures de sa société meurtrie par la barbarie nazie. Un peintre en balade lâche soudain chevalet et pinceaux en reconnaissant, derrière les grilles d'une école, un homme qui a été un de ses tortionnaires dans le camp d'extermination d'Auschwitz et qui est devenu depuis professeur, sans être inquiété semble-t-il. Relayé par un journaliste tenace, Thomas Gnielka, le témoignage du peintre juif va changer la vie d'un tout jeune procureur, Johann Radmann, jusque là préposé aux délits routiers. Intègre et obstiné, le jeune magistrat va découvrir non seulement la réticence de ses collègues à prendre en compte la demande de justice d'une victime du régime nazi – la raison d'État prône la réconciliation nationale, pas la recherche des anciens tortionnaires – mais aussi la totale ignorance de beaucoup de ses compatriotes, y compris au sein du Palais de Justice... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 27, jeudi 28,  dimanche 31 et mardi 2 : 15h, 18h15 et 20h45 - vendredi 29 à 18h15 et 20h45 - samedi 30  : 15h et 20h45 - lundi 1er 15h et 20h
Caprice
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Caprice
Écrit et réalisé par Emmanuel MOURET
France 2015 1h40mn
avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Emmanuel Mouret, Laurent Stocker, Thomas Blanchard...
En musique, « capriccio » désigne des mouvements enjoués, des formes libres… C'est léger, rapide, charmant, intense, souvent virtuose et parfois romantique. Emmanuel Mouret nous livre ici une partition délicieuse, qui brode sur le sentiment amoureux, ses doutes, ses illusions, ses variantes avec vivacité et bonheur. Clément est un heureux instituteur sans ambition particulière, adoré par les gamins qui le pratiquent. Notre héros qui n'en est pas un est complètement subjugué par une actrice sublime et adulée dont il retourne voir plusieurs fois les pièces… Hasard curieux, il se retrouve à trois reprises au théâtre à côté d'une jolie fille qui n'a pas sa langue dans sa poche et voit dans cette proximité répétée un signe du destin : c'est Caprice, alias Anaïs Demoustier, dont on soulignera le talent certain pour jouer les perturbatrices patentées, lui conseillant même, pragmatique et obstinée, de considérer ces deux amours comme complémentaires : « sois infidèle, ne sois pas égoïste »... lire la suite
Le Cinéma (Le Luc) : mercredi 27 à 21h - jeudi 29 à 18h - samedi 30 à 21h
En quête de sens
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En quête de sens
Réalisé par Nathanael Coste et Marc de La Ménardiere
France 2014 1h27mn
avec Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Hervé Kempf, Arnaud Desjardins, Satish Kumar, Samdong Rimpoche, Trinh Xuan Thuan, Bruce Lipton, Tim Jackson...
Quand Nathanaël rend visite à Marc à New York en septembre 2008, les deux amis ne se sont pas vus depuis dix ans et leurs trajectoires les ont éloigné : alors que Nathanaël vient de finir un film sur la gestion de l’eau en Inde, Marc, lui, exporte de l’eau en bouteille pour une grande multinationale… Installé à deux pas de Wall Street, Marc vit le rêve américain sans se poser de questions. Suite à un accident, il ingurgite depuis son lit une série de documentaires que lui a prêté Nathanaël… Dès lors, sa conscience ne le laissera plus tranquille, et les deux amis décident de prendre la route avec une caméra et un micro pour essayer de comprendre à quel moment notre civilisation s’est égarée et d’où pourrait venir un véritable changement... lire la suite
Le Cinéma (Lorgues) : samedi 30 à 20h et lundi 1er à 19h
Voyage en Chine
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Voyage en Chine
Écrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...
Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place... lire la suite
Le Cinéma (Lorgues) : mercredi 27 à 19h et dimanche 31 à 20h
Every Thing Will Be Fine
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Every Thing Will Be Fine
Réalisé par Wim WENDERS
France/Canada/Allemagne 2015 1h55mn VOSTF
avec Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams, James Franco...
Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, tandis que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire... lire la suite
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : jeudi 28 à 20h30 et vendredi 29 à 18h

 


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

La Tête haute
LA TÊTE HAUTERéalisé par Emmanuelle BERCOT
France 2015 2h
avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier...
Scénario d'Emmanuelle Bercot et Marcia Romano. Festival de Cannes 2015, Sélection officielle, Film d'ouverture hors compétition 

« Cette année, on a voulu commencer par un bon film » a déclaré Thierry Frémaux, directeur et sélectionneur en chef, après avoir annoncé que La Tête haute serait projeté en ouverture du Festival de Cannes. Il dit vrai, La Tête haute est un très bon, un très beau film. « C’est un film universel, qui exprime bien les questions qui se posent sur nos modèles de société ; un film qui parle de la jeunesse, de transmission, du rapport entre la justice et la société, des mécanismes sociaux et éducatifs mis en place dans un pays comme la France pour traiter des cas de délinquance… Et c'est un film très émouvant. » Là encore, Thierry Frémaux parle d'or.
La Tête haute suit le parcours mouvementé d'un jeune garçon de six à dix-huit ans, qu'une juge des enfants et un éducateur tentent de sauver presque malgré lui. Dans le rôle central, Rod Paradot fait sa première apparition à l'écran et on peut déjà parier qu'on reverra ce garçon incroyable, tout à la fois émouvant, effrayant et complexe, rendant à l'écran la fragilité aussi bien que la dureté de cet être en construction.

D'emblée le rythme est donné. Nous sommes dans l'urgence, l'urgence de sauver un enfant de son destin qui semble déjà tout tracé. Malony est un petit bout de six ans et alors que sa mère vocifère dans le bureau du juge des enfants, on sent dans ses regards, saisis au vol par la caméra, la peur, l'incompréhension de ce petiot qui entend sa mère dire qu'il est un démon comme son père, qu'elle n'en peut plus de lui, avant de claquer la porte et de le laisser planté là. Interprétée par une Sara Forestier volontairement défigurée par un mauvais dentier, elle est la mère qu'on aurait envie de secouer un bon coup si on s'arrêtait à une première impression, mais que la cinéaste rendra au fil du récit plus démunie qu'irresponsable.
On retrouve Malony dix ans plus tard au volant d'une voiture, qu'il conduit sans permis évidemment, sa mère hilare à l'arrière, lui disant qu'il pilote comme un dieu (sic). Retour chez la juge, mais cette fois les choses ont changé, ce n'est plus une famille d'accueil qu'on lui propose mais le choix entre une mise à l'épreuve et la prison. On comprend bien que les choses n'ont pas évolué dans le bon sens pour l'adolescent. Déjà à la tête d'un casier judiciaire conséquent, Malony, casquette sur la tête ou capuche sur les yeux, semble irrécupérable. Violent avec ses éducateurs, ne supportant aucune frustration, aucun encadrement, immédiatement ressenti comme une atteinte à sa personne et à ses droits… La juge décide de le placer dans un centre éducatif à la campagne. Malony commence alors un nouveau parcours, en rupture avec son environnement habituel…

Emmanuelle Bercot nous plonge dans les arcanes de l'institution judiciaire chargée de la protection de l'enfance. Un univers qu'elle avait déjà exploré dans le Polisse de Maiwen, qu'elle avait co-écrit et interprété, et dont elle affirme ici encore qu'il est le dernier maillon, l'ultime filet de sécurité pour des milliers d'enfants qui sont les premières victimes d'une société de plus en plus brutale. Son film est juste, intense et souvent bouleversant. (Utopia)


CGR Chabran : Tous les jours : 11h15, 14h 16h30, 19h45, 22h15

 

Les Optimistes
LES OPTIMISTESRéalisé par Gunhild WESTHAGEN MAGNOR
Documentaire Norvège 2014 1h30mn VOSTF
avec les incroyables optimistes Goro, Birgit, Lillemor, Irma, Gerd, Aase Marit, Marit, Anni et Eldbjorg...

Voilà un joli film qui devrait comme on dit être remboursé par la Sécu tant il est un parfait substitut à tous les antidépresseurs, un remède à toutes les angoisses métaphysiques face à la finitude de l'existence. Tout ça grâce à une bande de filles qui font du volley-ball ! Des filles qui présentent une petite particularité : la benjamine de leur équipe est une jeunette de 66 ans, et la doyenne porte fièrement ses 96 printemps ! On savait que la consommation de rollmops et l'air vivifiant des fjords constituaient des élixirs de jouvence mais là ça nous coupe le sifflet. On ne prétendra pas que ces joueuses sont des compétitrices sans défaut, leur technique laisse parfois à désirer, les petits rhumatismes des unes et des autres ralentissent le jeu… mais leur inextinguible envie de jouer et surtout de se retrouver hiver (en Norvège il est long) comme été balaie tout.

Le film nous fait découvrir la vie de chacune dans son intimité qui n'est pas forcément toute rose, malgré la bonne humeur qui prend le dessus. Ce qui compte avant tout et s'avère très beau, c'est l'énergie du collectif. Un collectif qui décide un beau jour de trouver coûte que coûte une équipe à affronter : la scène où toutes ces dames googlisent frénétiquement à la recherche d'adversaires potentiels est très drôle… Et elles vont trouver leur bonheur dans une équipe suédoise composée de vétérans… masculins ! Commencent alors les préparatifs pour le grand match : trouver un sponsor pour les maillots, dégoter un entraîneur compétent, planifier le voyage qui sera une grande première – elles n'ont jamais joué à l'étranger !

Les Optimistes est une ode merveilleuse à la vie, à l'espoir jusqu'à la fin, à la solidarité et accessoirement au mode de vie scandinave, qui n'est sûrement pas pour rien dans la joie de vivre indéfectible de la bande. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27, vendredi 29 et mardi 2 à 15h et 20h30 - jeudi 28, samedi 30 et lundi 1er à 18h30 - dimanche 31 à 15h
Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : dimanche 31 à 18h

 


Taxi Téhéran
TAXI TÉHÉRANÉcrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Berlin 2015

C'est un magnifique et allègre bras d'honneur aux barbus barbons barbants. Les BBB (c'est plus court comme ça), ce sont les mollahs du régime iranien et leurs fonctionnaires zélés qui ont tenté par tous les moyens de faire taire le réalisateur Jafar Panahi. En 2010, les autorités l'ont d'abord emprisonné puis, après l'avoir libéré, lui ont interdit toute sortie du territoire et surtout ont essayé de l'empêcher de tourner. Mais on ne peut pas interdire à un être humain de respirer et durant les cinq dernières années, Panahi a naturellement désobéi en tournant clandestinement trois films, montrés dans les plus grands festivals internationaux. Taxi Téhéran a donc été projeté au Festival de Berlin où il a reçu à l'unanimité du jury la récompense suprême, l'Ours d'or. Panahi bloqué à Téhéran, c'est sa toute jeune nièce qui est venue recevoir en son nom la statuette, une gamine formidable qui est une des protagonistes importantes du film. Un grand moment !

L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux.
La première séquence montre une discussion ubuesque autour de la justice, entre une institutrice et un homme ostensiblement macho, qui croit aux vertus d'exemplarité de la peine de mort, y compris pour les délits mineurs. La femme rappelle le triste record de l'Iran en terme d'exécutions capitales, avant de comprendre que l'homme est lui même voleur à la tire… Plus tard, Jafar le taximan chargera pour l’hôpital une femme et son mari accidenté, l'épouse se préoccupant surtout du testament improvisé du blessé, que notre chauffeur est sommé d'enregistrer sur son téléphone portable : l'épisode souligne en creux la précarité du sort des femmes. Il y aura aussi cette avocate porteuse d'un énorme bouquet de fleurs, une femme au sourire aussi magnifique que son courage, comme son échange avec Jafar nous le fera deviner…
Mais Taxi Téhéran est aussi une merveilleuse et drôlatique déclaration d'amour au cinéma, à sa vitalité, à son pouvoir d'évocation et de transmission. Un vendeur à la sauvette de DVD reconnaît immédiatement Jafar Panahi, s'avérant connaître mieux le cinéma d'auteur mondial que bien des cinéphiles auto-déclarés… et nous montre à quel point la passion du cinéma ne saurait être étouffée par les ayatollahs. On savourera la géniale tractation entre le vendeur et Panahi autour des films de Woody Allen… On jubilera aussi à la séquence hilarante avec la nièce citée plus haut, quand la petite fille un peu peste énumère les conditions imposées pour la réalisation d'un d'un court métrage dans le cadre scolaire : respect bien entendu du voile et autres règles de bienséance religieuse mais aussi interdiction du « réalisme sordide » – oncle Jafar semble s'interroger mais on sent bien qu'intérieurement il se gondole…

Ce formidable film de résistance nous irrigue de son irréductible énergie et nous amène à nous demander ce qui pourrait bien arrêter la soif du cinéma et de la vie qui habite Panahi. Une leçon de volonté et d'ingéniosité – leçon d'écriture et de mise en scène aussi, en passant – dont bien des cinéastes plus libres de leurs mouvements pourraient s'inspirer…(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : vendredi 29 , samedi 30 , dimanche 31  et lundi 1er à 18h15
Le Cinéma (Lorgues) : samedi 30à 18h et lundi 1er à 21h
 


My Old Lady
MY OLD LADYÉcrit et réalisé par Israël HOROVITZ
USA/GB 2014 1h47mn VOSTF
avec Maggie Smith, Kevin Kline, Kristin Scott Thomas, Dominique Pinon, Noémie Lvovsky...

Le film commence comme une jolie balade romantique dans le « Paris éternel ». Le décor est planté, Mathias, beau quinquagénaire, débarque fraîchement de New York, sans le sou mais plein de projets. En fait surtout un, bien précis : vendre au plus vite l'appartement dont il a hérité de son défunt père… mais il découvre encore plus vite que ce logement délicieux en plein cœur du Marais est habité par une vieille dame, Mathilde, et sa fille Chloé. En fait d'héritage, c'est d'un viager qu'il s'agit, système typiquement français qu'il a du mal à comprendre dans un premier temps et qui vient dans un second ombrager son tout frais bonheur d'héritier unique. On comprend que ce Mathias n'est pas que réussites et bonheur : trois divorces, pas de boulot, totalement fauché, c'était un peu sa dernière chance. Si Mathilde n'est en rien surprise, pas question pour Chloé et Mathias de se supporter le moins du monde : de subterfuges en contre-propositions malhonnêtes, se sera à qui fait la meilleure offre pour acquérir ou vendre en morceaux ce cadeau empoisonné.

Le casting est impeccable et le jeu d'acteur tout en finesse. Kevin Kline toujours juste, Kristin Scott Thomas immarcescible et Maggie Smith (qu'on peut voir aussi dans le second Indian Palace) pour toujours rayonnante portent le film. Ils cristallisent à eux trois toutes les histoires de vie d'une famille, plutôt de deux familles. Car sans dévoiler l'intrigue, vous saisirez aisément, fines mouches que vous êtes, que notre Mathias n'hérite pas par hasard – Mathias/Mathilde, on vous laisse deviner les connivences – de cet appartement. Il est lié à lui depuis bien longtemps, et il deviendra le lieu des révélations, la clef d'années de souffrance et de sentiment d'abandon, de solitude ineffable, puis leur catharsis et sûrement le salut de chacun.
Ce film n'est définitivement pas seulement une plaisante comédie de situation, c'est aussi un drame sur les existences torturées depuis l'enfance, les héritages, l'atavisme un peu trop lourd et les labyrinthes tortueux des secrets et du dysfonctionnement familial. On passe sa vie à vouloir plaire ou déplaire, à essayer de s'affranchir, mais on reste toujours le fils de son père.

Plus histoire progresse, et plus Chloé avec sa vie d'adulte craintive et Mathias avec sa colère incoercible vont se raconter, se rencontrer et se reconnaître, s'autoriser à laisser l'opaque et le superflu derrière eux. Chacun de ces trois personnages garde sa part d'ombre et d’égoïsme, tout autant que l'élan de vie doit rester plus fort. Jusqu'où l’égoïsme est-il acceptable pour préserver son bonheur ? Est-il vraiment possible de pardonner ? C'est un film émouvant sur les relations et les liens familiaux, tout simplement, offert avec force aux spectateurs par des huis-clos et des portraits de personnages finalement seuls avec eux-même puis éclairés par leurs choix plus justes. Pour ce qui est du décor, les amoureux de Paris seront servis, on arpente la ville et les bords de Seine, « le sang » de Paris, comme le désigne le trop rare Dominique Pinon qui incarne ici un drolatique agent immobilier. 

Le film est l'adaptation de la pièce à succès titrée en français « Très chère Mathilde », portée à l'écran par l'auteur lui-même. Réalisateur débutant, Israël Horovitz est un scénariste et dramaturge américain aussi productif que reconnu : plus de 50 pièces traduites dans le monde entier, et c'est aujourd’hui l’écrivain le plus joué en France. Ce film fait du bien, la vie toujours continue et fait des cadeaux, et il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse… (Utopia)

Carré Gaumont (Sainte-Maxime) : jeudi 28 à 18h45 et mardi 2 à 16h15
Le Vox (Fréjus) : vendredi 29 à 15h
 


Les Terrasses
LES TERRASSES Écrit et réalisé par Merzak ALLOUACHE
Algérie 2014 1h32mn VOSTF
avec Adila Bendimerad, Nassima Belmihoub, Ahcene Benzerari, Aïssa Chouat, Mourad Khen, Myriam Ait El Hadj...

Certaines villes façonnent notre imaginaire, les villes portuaires plus que d'autres, presque par essence. Que dire d'Alger, cité surpeuplée, effervescente et aux couleurs multiples ? Le nouveau film de Merzak Allouache nous propose une vision éminemment symbolique de sa ville tant aimée, Alger, dont il est originaire. Cette vision, il nous la livre gâce à un dispositif singulier et réussi : tout se voit, se vit, s'appréhende depuis les terrasses de la cité, qui deviennent le lieu nécessaire de toutes les intrigues, accueillent malheurs, espoirs, petits et gros gros défauts des protagonistes.

C'est un film mosaïque soigneusement articulé : le cinéaste vient ordonner son film par des histoires successives, cinq exactement, indépendantes les unes des autres, qui se dessinent le temps d'une journée, de l'aube à la tombée de la nuit, et résonnent au rythme des cinq appels à la prière provenant des nombreuses mosquées de la ville. Le film avance au travers des visages de ses héros du quotidien, ni plus ni moins, on s'attarde sur ces morceaux de vie et cela suffit à créer tout un monde. Plus que son histoire, ce qui intéresse le cinéaste, c'est le personnage en lui-même. Ces Algérois ordinaires sont placés au cœur de son propos, et leur authenticité, leurs espoirs, leur détresse, leurs élans laissent toute latitude aux spectateurs pour puiser dans son imaginaire.
Les cinq terrasses choisies par Merzak Allouache sont situées dans différents quartiers ou communes d'Alger (Casbah, Bab El Oued, Notre dame d'Afrique, Centre ville et Belcourt), et ces espaces restreints, loin d'enfermer le film, lui offrent au contraire une grande ouverture, vers l'ailleurs, vers le voyage… peut-être immobile. Les terrasses donnent sur le port, la baie, la mer et son horizon lointain. Elles accrochent la lumière, et leur blancheur nitide contraste avec ces plans magnifiques de port et de mer qui renferment, la nuit tombée, les secrets de la ville…
Sur ces terrasses, à travers les quelques personnages mis en scène par Allouache, se condense toute la ville et ses soubresauts : jeunes musiciens pleins d'espoir, malfrats en plein désarroi face à leur sentiment familial, religieux hypocrite, femmes perturbées, mari violent, boxeur sur les nerfs…

Et on comprend que ce choix de scénographie n'est pas là seulement pour le décor, l'illustration : la sclérose, l'impossibilité d'être résonnent d'autant plus fort qu'elles s'expriment dans ces espaces ouverts, à la vue de tous, si proches du ciel, et qui pourtant protègent les pires des secrets, les us et coutumes passéistes. C'est le théâtre des pulsions inavouables, des hypocrisies, chacun s'arrangeant franchement avec sa foi, sa morale, les diktats de la société.
Merzak Allouache nous fait ressentir l'universalité de ses personnages : ces jeunes musiciens pourraient être des « chats persans » dans un autre orient. Son film est sans doute un portrait au vitriol de l'Algérie contemporaine, mais on sent aussi, dans l'impression de vitalité et de bouillonnement qui s'en dégage, un salutaire geste de vie, face à l’obscurité.

Le Vox (Fréjus) mercredi 27, vendredi 29, dimanche 31 et mardi 2 à 20h30 -  jeudi 28, samedi 30 et lundi 1er à 18h30, mardi 2 à 15h


Le Labyrinthe du silence
LE LABYRINTHE DU SILENCERéalisé par Giulio RICCIARELLI
Allemagne 2014 2h03mn VOSTF
avec Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Gert Voss...
Grand Prix, Prix du Public et Prix du jury étudiant - Festival du Film d'histoire de Pessac 2014 

Nous sommes en 1958 à Francfort, la toute jeune République Fédérale d'Allemagne tente de se reconstruire, de panser les blessures de sa société meurtrie par la barbarie nazie. Un peintre en balade lâche soudain chevalet et pinceaux en reconnaissant, derrière les grilles d'une école, un homme qui a été un de ses tortionnaires dans le camp d'extermination d'Auschwitz et qui est devenu depuis professeur, sans être inquiété semble-t-il.
Relayé par un journaliste tenace, Thomas Gnielka, le témoignage du peintre juif va changer la vie d'un tout jeune procureur, Johann Radmann, jusque là préposé aux délits routiers. Intègre et obstiné, le jeune magistrat va découvrir non seulement la réticence de ses collègues à prendre en compte la demande de justice d'une victime du régime nazi – la raison d'État prône la réconciliation nationale, pas la recherche des anciens tortionnaires – mais aussi la totale ignorance de beaucoup de ses compatriotes, y compris au sein du Palais de Justice : la majorité des gens qu'il questionne ne connaît même pas l'existence d'Auschwitz ! Heureusement Radmann aura le soutien du procureur général Fritz Bauer, lui même Juif exilé en Scandinavie durant la guerre alors qu'il était jeune parquetier.

Le Labyrinthe du silence évoque l'histoire tout à fait réelle du procès historique mais méconnu de quelques uns des SS d'Auschwitz (malheureusement seulement 22 des 6000 qui ont servi dans le camp de concentration !) qui s'est tenu de 1963 à 1965. Un procès historique parce que, contrairement à celui de Nüremberg en 1945-1946, engagé par les Alliés contre les dignitaires du régime vaincu, celui-ci fut mené par la jeune justice allemande et s'attaquait bien à la machine concentrationnaire et d'extermination et non uniquement aux crimes de guerre strico sensu. Il visait ainsi tous les niveaux du système, depuis le simple kapo zélé jusqu'aux responsables du camp. Le film rend remarquablement la complexité de cette entreprise dantesque. Les procureurs ont dû affronter tous les blocages possibles à tous les échelons d'une administration comptant encore dans ses rangs nombre d'anciens nazis : documents introuvables, volonté affichée de la police de ne pas collaborer, dans un contexte politique où le chancelier Adenauer lui-même faisait tout pour freiner le nécessaire devoir de reconnaissance de la culpabilité d'une grande partie du peuple allemand.
Mais il fallut aussi recueillir les témoignages de victimes souvent réticentes après qu'on les ait ignorées plus d'une décennie, sans compter que beaucoup de ces témoins avaient quitté l'Allemagne… La complexité était aussi psychologique pour bien des protagonistes, car une grande majorité parmi ceux qui avaient plus de quarante ans étaient d'anciens membres du Parti nazi, y compris dans l'entourage des procureurs, comme le montre une très belle scène dans laquelle le jeune Radmann est confronté au passé de sa propre famille… Le film montre au passage le rôle ambigu des sauveurs américains, qui s'accommodent de la présence aux affaires des anciens nazis pour assurer la gestion du pays, la priorité étant désormais pour eux la lutte contre l'influence soviétique. Rôle ambigu aussi des Israéliens, qui établissent une priorité discutable dans la capture des anciens responsables nazis, Eichmann leur paraissant par exemple plus important que le terrible docteur Mengele – qui leur échappera d'ailleurs et mourra accidentellement au Brésil après avoir vécu tranquille pendant vingt ans.

Utilisant intelligemment le personnage du jeune procureur idéaliste découvrant à la fois la complexité de son métier et l'histoire cachée de son pays, ponctué de moments particulièrement forts et émouvants, Le Labyrinthe du silence se suit tout autant comme un thriller judiciaire que comme un plaidoyer nécessaire contre l'oubli. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 27,jeudi 28,  dimanche 31 et mardi 2 : 15h, 18h15 et 20h45 - vendredi 29 à 18h15 et 20h45 - samedi 30  : 15h et 20h45 - lundi 1er 15h et 20h

 

Caprice
CAPRICEÉcrit et réalisé par Emmanuel MOURET
France 2015 1h40mn
avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Emmanuel Mouret, Laurent Stocker, Thomas Blanchard...

En musique, « capriccio » désigne des mouvements enjoués, des formes libres… C'est léger, rapide, charmant, intense, souvent virtuose et parfois romantique : Paganini composa 24 caprices pour violon, Brahms en écrivit plusieurs pour le piano en fin de carrière, ce qui prouve bien que la légèreté de l'expression suppose une virtuosité qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain… Et il n'est peut-être pas anodin qu'Emmanuel Mouret ait choisi de donner ce prénom à une de de ses héroïnes qui donne son titre au film : car, à y repenser, il ne fait pas autre chose ici que nous livrer une partition délicieuse, qui brode sur le sentiment amoureux, ses doutes, ses illusions, ses variantes avec vivacité et bonheur. C'est mitonné aux petits oignons, on sent bien que tout est travaillé jusqu'au moindre détail, la moindre virgule, et pourtant on ne sent pas une seconde le tourment du perfectionniste à l'ouvrage qu'est Mouret : le film coule, heureux, drôle et néanmoins troublant car il pose les questions que tout le monde se pose : qu'est ce que l'amour ? Aimons-nous vraiment quand nous croyons aimer, est-ce une illusion, « un honnête mensonge, un heureux malentendu » ?

Clément – Emmanuel Mouret en personne, parfait dans un rôle très au point de séducteur malgré lui, incertain et maladroit, qui justement plait parce qu'il ne cherche pas à plaire et se contente de laisser entrevoir l'éblouissement qui le saisit quand il se retrouve devant l'objet de ses rêves… Clément, disais-je, est un heureux instituteur sans ambition particulière, adoré par les gamins qui le pratiquent. Notre héros qui n'en est pas un est complètement subjugué par une actrice sublime et adulée dont il retourne voir plusieurs fois les pièces… Hasard curieux, il se retrouve à trois reprises au théâtre à côté d'une jolie fille qui n'a pas sa langue dans sa poche et voit dans cette proximité répétée un signe du destin : c'est Caprice, alias Anaïs Demoustier, dont on soulignera le talent certain pour jouer les perturbatrices patentées et qui illumine un autre film de cette gazette, À trois on y va, autre variation inspirée sur l'amour et ses aléas…
La belle actrice adulée par Clément, qui a pour prénom Alicia – merveilleuse Virginie Efira –, se sort à peine de déconvenues amoureuses qui l'ont blessée et voit dans ce garçon drôle et touchant une possibilité d'amour sans mensonges, un antidote à une célébrité et un confort social qui lui valent flatteries et courtisans trompeurs. La modestie et la délicatesse de Clément, qui a du mal à croire au conte de fées qui lui tombe du ciel, sont un indéniable atout : il est doux et profond, trop émerveillé de ce qui lui arrive pour être du genre à vouloir faire d'elle un papillon de plus accroché à un quelconque tableau de chasse.
Un bonheur n'arrivant jamais seul, Caprice ne renonce pas à cet amour désigné par la main du hasard en personne et poursuit Clément de ses assiduités, peu découragée par ses réticences et ses déclarations de fidélité à une autre, lui conseillant même, pragmatique et obstinée, de considérer ces deux amours comme complémentaires : « sois infidèle, ne sois pas égoïste ».

Aime-ton, ou aime-t-on être aimé ? Aime-t-il Caprice ou est-il seulement flatté, lui, l'obscur maître d'école, par toutes ces manifestations amoureuses qu'il n'est pas sûr de mériter ?… Que ces sentiments sont compliqués à comprendre ! Pour rien au monde, il ne voudrait mentir à Alicia… mais Caprice est une petite perfide, une obstinée qui ne lâche pas le morceau facilement et a plus d'un tour dans son sac. Heureusement le directeur d'école de Clément, qui est aussi son copain, pas désagréable à regarder et à fréquenter par ailleurs, est prêt à le conseiller, voire à l'aider dans la recherche d'un équilibre qui lui permettrait d'aimer qui veut l'aimer sans que la chose ne vire à la catastrophe… (Utopia)


Le Cinéma (Le Luc) : mercredi 27 à 21h - jeudi 29 à 18h - samedi 30 à 21h

 


En quête de sens
EN QUÊTE DE SENSRéalisé par Nathanael Coste et Marc de La Ménardiere
France 2014 1h27mn
avec Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Hervé Kempf, Arnaud Desjardins, Satish Kumar, Samdong Rimpoche, Trinh Xuan Thuan, Bruce Lipton, Tim Jackson...

Quand Nathanaël rend visite à Marc à New York en septembre 2008, les deux amis ne se sont pas vus depuis dix ans et leurs trajectoires les ont éloigné : alors que Nathanaël vient de finir un film sur la gestion de l’eau en Inde, Marc, lui, exporte de l’eau en bouteille pour une grande multinationale… Installé à deux pas de Wall Street, Marc vit le rêve américain sans se poser de questions. Suite à un accident, il ingurgite depuis son lit une série de documentaires que lui a prêté Nathanaël… Dès lors, sa conscience ne le laissera plus tranquille, et les deux amis décident de prendre la route avec une caméra et un micro pour essayer de comprendre à quel moment notre civilisation s’est égarée et d’où pourrait venir un véritable changement.

En quête de sens est un projet documentaire qui est né d’un constat partagé par un nombre croissant de citoyens : notre société occidentale est malade, prisonnière d’une logique qui engendre plus de destructions, d’injustices et de frustrations que d’équilibre et de bien être. L’impératif de rentabilité économique à court terme prend aujourd’hui le pas sur l’intérêt général en dépit du bon sens. La logique prédatrice qui s’impose comme la norme, assombrit notre avenir commun. Pour sortir de cette impasse ce n’est pas de plus de savoir, de plus de technologie, ou de croissance dont les hommes ont besoin, mais de plus de recul, de bon sens, en un mot : de plus de sagesse.

Tissé autour de rencontres improbables, de doutes et de joies, ce film apporte un message d’espoir à ceux qui se sentent impuissants : le changement est en marche de par le monde.


Le Cinéma (Lorgues) : samedi 30 à 20h et lundi 1er à 19h


Voyage en Chine
VOYAGE EN CHINEÉcrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...

Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique dans ce très chouette film, premier long métrage de Zoltan Mayer, remarqué jusqu'ici pour son travail de photographe – qui lui a sans doute bien servi pour composer les images magnifiques de ce Voyage en chine. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Si elle prenait le temps, si elle courait le risque de faire une pause, de regarder en arrière, elle en conclurait sans doute qu'elle est un peu passée à côté de sa vie. Mais pas de quoi en faire un plat…

Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place. Sur un coup de tête, Liliane décide d'y aller seule, elle qui n'a jamais été une grande voyageuse intercontinentale… Et la voilà, sans connaître un mot de vocabulaire chinois et en baragouinant un anglais plus qu'approximatif, qui s'embarque pour la Chine, d'abord perdue dans la tentaculaire Shanghaï puis se dirigeant jusqu'à un petit village des montagnes du Sichuan, cette région luxuriante du centre de la Chine, pas très loin des confins himalayens.

C'est d'abord le voyage géographique qui séduit, on ouvre de grands yeux, on s'étonne de chaque détail en même temps que notre héroïne… et en parallèle on est profondément touché par le voyage intérieur qu'entame Liliane : au fur et à mesure qu'elle découvre ce qui faisait la vie de son fils dans ce pays du bout du monde, au fil des rencontres avec la femme qu'il aimait, avec les gens qu'il côtoyait, elle renoue avec lui les liens qui s'étaient rompus… Il y a en particulier cette scène superbe et puissamment évocatrice : Liliane, errant dans le village, entend soudain les échos d'une chanson de Jacques Brel, elle se laisse guider par la musique et arrive jusqu'à une petite cour où un groupe de jeunes gens s'est réuni pour fêter entre amis son fils disparu… Zoltan Mayer filme amoureusement les forêts de bambous où semble flotter l'esprit de Christophe, il traduit de manière très sensible la spiritualité qui se dégage des célébrations taoïstes, et on se met en même temps que Liliane à s'attacher à cette terre belle et hospitalière, à ces gens simples, d'une générosité sans égale, qui savent être drôles et élégants comme la splendide petite amie de Christophe ou la logeuse facétieuse, alter ego chinoise de Liliane.


Le Cinéma (Lorgues) : mercredi 27 à 19h et dimanche 31 à 20h
 

Every Thing Will Be Fine
Every Thing Will Be FineRéalisé par Wim WENDERS
France/Canada/Allemagne 2015 1h55mn VOSTF
avec Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams, James Franco...

Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, tandis que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire.

Tourné en 3D, en prises de vue réelles, Every thing will be fine emprunte à l’univers du conte une singularité fantastique. Les grains de poussière scintillent à la lumière du jour, les flocons de neige abondent en cascade de ciels gris, les personnages se détachent du cadre. Epris de compositions naturalistes, Wim Wenders embrasse les nouvelles techniques technologiques et de cette étreinte naît l’un des exemples les plus flagrants du nouveau cinéma stéréoscopique. L’utilisation de travelling compensés abouti à de superbes déformations de perspectives. Sublimée par le relief, la mise en scène permet au spectateur d’éprouver flottements et vertiges. Au seuil des maisons, la caméra se fixe et enferme l’oeil curieux dans d’intimistes espaces clos.© Bac Films

Wim Wenders et le directeur de la photographie Benoît Debie puisent leurs inspirations dans le travail de peintres comme Andrew Wyeth, Vilhem Hammershoi ou Edward Hopper. Le traitement de la lumière et ses couleurs s’en ressent. Un immense champ de soja doré par le soleil, un ancienne grange, un arbre centenaire planté au milieu d’un pré, une vallée verdoyante... Les cadres travestissent les paysages en songes. La bande-originale du film, composée par Alexandre Desplat et interprétée par l’orchestre symphonique de Gotheburg -orchestre national de Suède-, entretient cette atmosphère féérique et favorise la mise en place d’une dimension psychologique nouvelle.© Bac Films

L’utilisation de la 3D exige un minimalisme extrême dans le jeu des acteurs. James Franco, pièce maîtresse du film, adopte la technique du dépouillement. Mis à nu, il exprime à travers un visage clos les sentiments fluctuants qui l’habitent. Mélodrame glacial, Everything will be fine explore le processus de guérison d’un traumatisme. Wim Wenders nous fait part de ses scrupules d’artistes. Est-il moral d’exploiter les souffrances d’autrui si il s’agit de création ? Mâtiné de pathos, le long-métrage n’en demeure pas moins le témoignage d’un metteur en scène à la recherche d’un cinéma nouveau.


Cinéma Marcel Pagnol (Cotignac) : jeudi 28 à 20h30 et vendredi 29 à 18h

 

 

Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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