Au(x) cinéma(s) du 28 mars au 3 avril 2018

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Bonjour à tous !

Le festival de cinéma Amérique du sud que nous vous avons proposé avec la collaboration de CGR,  a été un franc succès, tant pour la fréquentation (325 spectateurs), que pour la qualité des films, les interventions intéressantes de Téo Saavedra et Francisco Tullu que nous remercions encore de leur participation, et enfin pour le magnifique buffet (à ce dernier sujet, si vous avez pris des photos, nous sommes preneurs) : nous réitérerons l'aventure !

N'oubliez pas de noter les 2 prochains rendez-vous Entretoiles : le dimanche 8 avril,  Ni juge ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant, avec la participation d'une magistrate, ancienne juge d'instruction, qui a accepté de débattre avec nous ; et le dimanche 15 avril, ce sera une soirée sur le thème "Partir ?" avec Les Bienheureux de Sofia Djama et Une Saison en France de Mahamat Saleh Haroun, avec, bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les deux !

Cette semaine en ciné-club au CGR, c'est  3 Billboards Les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh  un film remarquable, passionnant et surprenant. Colibris nous propose Sugarland, un documentaire très pédagogique sur le sucre de Damien Gameau. On peut aussi voir Tout le monde debout de Franck Dubosq (qu'on peut aussi voir à Salernes et au Luc), un film qui, comme Intouchable et Patients, parle avec intelligence et humour du handicap.
Les prochains films ciné-club de CGR sont  Phantom Thread et Gaspard va au mariage.

A Lorgues c’est le Festival Cin'Edison de 2018  : Mala Junta, un film chilen, l'histoire d'une amitié adolescente sur fond de conflit mapuche, L’œil du cyclone de Fred Schepisi sur les liens familiaux difficiles, Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck, film qui dégage une forte impression d'authenticité et Vent du Nord de Walid Mattar, un vrai road movie, au cœur de la mondialisation qui marche sur la tête !

Au Vox, à Fréjus, Mektoub My Love d'Abdellatif Kechiche, un incroyable torrent de soleil et de sensualité, La Forme de l'eau  de Guillermo del Toro (à Salernes aussi), un beau conte gothique, chef d’œuvre du genre, La Prière de Cédric Kahn, lieu de la dernière chance et film où on passe sans cesse du doute à la conviction, le magnifique Razzia de Nabil Ayouch, un film qui emporte et captive, et enfin La Belle et la Belle  de Sophie Fillières, un enchantement !

A Salernes, Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, un récit qui se tend au fur et à mesure du déroulement du film, comme une toile aussi somptueuse que dangereuse et au Luc Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, un film en état de grâce, d'une beauté radieuse et d'une sensualité enivrante !

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films. !

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 28 MARS AU 3 AVRIL 2018

 

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Sugarland
Réalisé par Damon GAMEAU
Documentaire Australie 2017 1h42mn VOSTF
avec Damon Gameau, Kyan Khohandi, Hugh Jackman, Stephen Fry, Isabel Lucas...
40 cuillères à café de sucre par jour pendant deux mois. Voici le régime que s'est imposé Damon Gameau, réalisateur australien et protagoniste-cobaye de Sugarland. Damon Gameau a choisi de débusquer les sucres cachés. Ceux que les professionnels de l'agroalimentaire ont très largement saupoudré sur les produits dits transformés. Pourquoi ? Pour en rehausser le goût à bas coût, le tout avec une étiquette « light », histoire de donner bonne conscience aux consommateurs. Entouré d'un nutritionniste, d'un médecin et d'un biologiste, le réalisateur a élaboré un régime drastique qui ne prévoit pas de le faire manger directement des morceaux de sucre ni de le gaver de sodas et de sucreries mais de ne lui faire consommer que ces aliments dits allégés. En pratique, 160 grammes de sucres par jour, essentiellement du saccharose et du sirop de glucose-fructose, des sucres particulièrement présents dans les céréales et boissons dites « light », les muesli étiquetés « sains », les smoothies et aussi les barres de céréales… qui, à elles seules, contiennent en général la ration journalière recommandée de sucres (soit de 20 à 30 g) !... lire la suite
CGR présenté par Colibris : jeudi 29 20h
Le Vox (Fréjus) : vendredi 30 20h
Affiche
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3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...
Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !... lire la suite
Ciné-club CGR : mercredi 28 et lundi 2 20h, jeudi 29 et mardi 3 10h50, vendredi 30 22h10, samedi 31 13h30
Affiche
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La Forme de l'eau
Réalisé par Guillermo del TORO
USA 2017 2h03mn VOSTF
avec Michael Shannon, Sally Hawkins, Richard Jenkins, Michael Stuhlbarg, Octavia Spencer...
Scénario de Guillermo del Toro et Vanessa Taylor
C’est un conte gothique dont la beauté atteint une universalité et une résonance politique qui sont la marque des chefs-d’œuvre du genre. Brillant, drôle, enivrant, c’est sans doute le film le plus abouti de Guillermo del Toro, qui réussit l’alliance parfaite entre maîtrise du style et poésie de la narration. Femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra-secret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée du reste monde qu’elle est muette. Sa vie est rythmée par ses horaires de travail, monotones, le tic tac de sa pendule, monocorde, le trajet en bus pour se rendre au labo, immuable, et ses petites habitudes de célibataire, plus ou moins avouables… Une existence qui n’est ni triste ni gaie, qui est juste la sienne et qu’embellit une foisonnante vie intérieure peuplée de rêves d’eau, de pas de danses et de séances de cinéma... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 29 18h, vendredi 3013h50, dimanche 1er 16h15, lundi 2 18h15
Salernes : vendredi 30 et dimanche 1er 18h
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Phantom Thread
Écrit et réalisé par Paul Thomas ANDERSON
USA 2017 2h10 VOSTF
avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, Camilla Rutherford, Brian Gleeson...
Impossible de parler de Phantom thread (littéralement « fil fantôme ») sans évoquer le travail remarquable du costumier Mark Bridges. Ses costumes étoffent admirablement le récit, ajoutent la réalité charnelle de la matière, l’évidence du détail au panache des acteurs, à la richesse de l’intrigue, à la classe de la mise en scène magistrale orchestrée par Paul Thomas Anderson. Tant Daniel Day-Lewis en couturier génial et torturé que Lesley Manville dans le rôle de sa sœur implacable et dévouée et que Vicky Krieps dans celui de l’amoureuse éperdue et follement déterminée portent subtilement le scénario et font de ce film une œuvre singulière, de haute volée. Un film classique de prime abord, qui s’installe lentement, se déguste à petites gorgées, pour se révéler finalement plus vénéneux qu’il n’y parait... lire la suite
Salernes : samedi 31 20h30
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Tout le monde debout
Écrit et réalisé par Franck Duboscq
France 2018 1h47mn 
avec Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Elsa Zylberstein...
Jocelyn, homme d’affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d’être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu’au jour où elle lui présente sa sœur elle-même handicapée… Acteur, scénariste et réalisateur, Dubosc fait face à la tout aussi populaire Alexandra Lamy, et se moque gentiment de son image de playboy vieux et beau, sur fond de message bienveillant sur l’amour et le handicap. Gérard Darmon, Elsa Zylberstein (qui confirme son gros potentiel comique), Claude Brasseur ou encore la jolie Caroline Anglade complètent la distribution de ce conte moderne. « Tout le Monde Debout » sentait fort la lourdeur d’une comédie française imbuvable, comme on n’en voit que trop sur les écrans chaque année. La surprise n’en est donc que plus réjouissante quand se dessine à l’écran un autre film, finalement sympathique, engageant et agréable à regarder... lire la suite
CGR : mercredi 28,jeudi 29, lundi 2 : 10h50, 13h30, 15h40, 20h, 22h15 - vendredi 30 10h50, 13h30, 15h40, 20h - samedi 31 13h30, 15h40, 20h, 22h15 - dimanche 1er 10h50, 15h40, 20h, 22h15 - mardi 3 10h50, 13h30, 15h40, 22h15
Salernes : mercredi 28 et samedi 31 18h, vendredi 30 20h30, dimanche 1er 16h, mardi 3 18h et 20h30
Le Luc : mercredi 2 14h, samedi 31 et dimanche 1er 18h30
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Mektoub My Love : Canto Uno
Réalisé par Abdellatif KECHICHE
France / Italie 2017 2h55mn
avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Lou Luttiau, Hafsia Herzi, Mel Einda...
Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalia Lacroix, d'après le roman de François Bégaudeau
Au moment où l'on écrit ses lignes, les frimas de l'hiver glacent encore nos corps endormis, et voilà que déboule cet incroyable torrent visuel de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l'amour sans entraves, aux corps libérés. On est au cœur de l'été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu'à danser ou aller à la plage. Amine, qui fait ses études à Paris mais qui surtout se cherche (il écrit aussi des scénarios de cinéma), est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l'amour : scène d'une intensité digne de celles que l'on pouvait voir dans La Vie d'Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle – même si elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 et vendredi 30 16h30, jeudi 29 et lundi 2 14h, samedi 31 17h30, dimanche 1er 17h50, mardi 3 14h et 20h30
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La Prière
Réalisé par Cédric KAHN
France 2017 1h47mn
avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl, Louise Grimberg, Hanna Schygulla...
Scénario de Cédric Kahn, Fanny Burdino et Samuel Doux
C'est un endroit magique où l'air est pur, l'espace si profond qu'on n'en perçoit pas les limites : le regard se perd vers des sommets enneigés qui se fondent avec l'horizon. On devine qu'il est rude de vivre là, mais l'esprit et les sens semblent se dilater au contact d'une immensité qui modifie la perception qu'on a des autres, de soi-même et laisse un goût d'éternité. Vit là une petite communauté, créée il y a déjà longtemps par une religieuse hors normes, pour permettre à des âmes perdues de raccrocher avec l'humanité en trouvant refuge, réconfort et l'énergie nécessaire pour sortir de leur dépendance à toutes sortes de substances. Ceux qui viennent là on fait le choix de s'extraire de l'agitation, des sollicitations multiples de la ville. Ils ont le corps meurtri, l'esprit en capilotade, au bord de l'asphyxie. Pour eux c'est souvent la dernière chance de renouer avec l'espoir d'un avenir possible... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 14h, 18h15 - jeudi 29 16h05, 20h45 - vendredi 30 13h40, 16h10, 18h30 - samedi 31 13h40, 18h30 - dimanche 1er 13h40, 18h45 - lundi 2 13h40, 20h45 - mardi 2 16h10, 21h
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Razzia
Réalisé par Nabil AYOUCH
Maroc 2017 1h59mn VOSTF
avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Dounia Binebine, Amine Ennaji, Abdelilah Rachid...
Scénario de Nabil Ayouch et Maryam Touzani
Récapitulons : que savons-nous vraiment du Maroc aujourd'hui ? D'accord, il a obtenu son indépendance en 1956… Et puis 150 000 tonnes de dattes y sont consommées tous les ans, personne n'ira dire le contraire… Il y a les cornes de gazelle, le Zaalouk et la Pastilla aussi… Sans oublier les dunes de Merzouga et les cascades d'Ouzoud… Et la ville de Casablanca à laquelle on pense forcément parfois, parce que c'est le titre du classique de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman… « Mais tout ça, c'est de la surface, une vague culture gé, ça ne nourrit pas son homme ». Aïe, nous avons affaire à un cas typique de curiosité et vous en demandez encore… Un seul remède : aller voir le nouveau film de Nabil Ayouch, foisonnant d'histoires et de paysages. Vous en sortirez avec la sensation d'avoir exploré ce pays sublime, dans ses dimensions aussi bien sociales que politiques et culturelles. Attention quand même à ne pas vous fouler une cheville sur l'Atlas… lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 15h50, 20h45 - jeudi 29 13h40, 18h15 - vendredi 30 et dimanche 1er 13h40 et 21h - samedi 31 16h05, 21h - lundi 2 15h50, 21h - mardi 3 13h40, 18h
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La Belle et la Belle
Écrit et réalisé par Sophie FILLIERES
France 2017 1h36mn
avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud, Lucie Desclozaux, Brigitte Roüan, Aurélie Dupont...
C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques. Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 et jeudi 29 16h05
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L'Oeil du cyclone
Réalisé par Fred Schepisi
Australie 2013 2h04mn
avec Charlotte Rampling, Judy Davis, Geoffrey Rush...
Alors qu’Elizabeth Hunter fait un accident vasculaire cérébral, son fils et sa fille accourent de l’autre côté de la terre à son chevet, ranimant les anciennes frictions et rancœurs de la famille. Admettre leur propre personnalité et leur place vis-à-vis des autres est une lutte de chaque instant, de même que réussir à trouver la paix dans leur vie - leur propre œil du cyclone. Prix Nobel de littérature, l’écrivain australien Patrick White fut largement influencé par des auteurs comme James Joyce et Virginia Woolf. Ainsi, ses différents romans se fondent sur une narration originale qui ne tient pas compte des impératifs logiques, préférant se laisser porter par le flux de conscience des différents personnages. Rétive à l’adaptation, son œuvre passionne par sa capacité à saisir la complexité psychologique des personnages, tout en dressant un portrait sans concession des rapports familiaux... lire la suite
Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 16h
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Le Jeune Karl Marx
Réalisé par Raoul PECK
Allemagne/France 2017 1h58mn VOSTF
avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Hannah Steele, Olivier Gourmet, Alexander Scheer...
Scénario de Raoul Peck et Pascal Bonitzer
Coïncidence amusante, nous écrivons ces lignes peu de temps après que le magazine Challenges, une des publications préférées des possédants dynamiques, a publié une étude de la banque Natixis alertant les lecteurs de la possibilité imminente d’une révolte ouvrière face à « des inégalités de revenus toujours plus grandes, la déformation du partage des revenus en faveur du profit, l’accroissement de la pauvreté, la faible hausse du revenu réel depuis 2000 et la pression fiscale de plus en plus forte »… A croire qu’un pigiste marxiste s’est glissé dans la rédaction à la faveur de l’été. Se pourrait-il que même pour les médias libéraux, cette bonne vieille lutte des classes, théorisée par Marx et Engels il y a 170 ans, ringardisée depuis des décennies par le MEDEF et ses amis journalistes, soit finalement bel et bien d’actualité au point de faire trembler les actionnaires ?... lire la suite
Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 20h
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Vent du Nord
Réalisé par Walid MATTAR
Belgique 2017 1h29mn
avec Philippe Rebbot, Corinne Masiero, Mohamed Amine Hamzaoui, Kacey Mottet Klein...
Scénario de Leyla Bouzid, Claude Le Pape et Walid Mattar
Rien de nouveau sous les embruns du Nord. Quand les délocalisations pleuvent sur l’avenir des hommes, leur horizon semble soudain tout bouché malgré la mer qui s’étend à perte de vue. Hervé Lepoutre, en grand dadais hébété, ne se rebelle même pas quand il apprend qu’il est viré et que l’usine qui l’embauche dans cette petite ville côtière en banlieue de Boulogne-sur-mer va fermer. Et lui qui attendait paisiblement sa retraite pour aller pêcher !
À quelques milliers de kilomètres de là, dans une autre petite ville côtière, en banlieue de Tunis, la même usine est relocalisée, prometteuse d’une nouvelle prospérité. Pour le jeune chômeur Foued, c'est pain béni. Le voilà qui retrouve un emploi, adoptant les mêmes gestes mécaniques que ceux qui ont fait le quotidien d’Hervé durant des dizaines d’années, sur les mêmes machines...
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Festival de cinéma de Lorgues : vendredi 30 16h
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Mala Junta
Écrit et réalisé par Claudia HUAIQUIMILLA
Chili 2017 1h29mn VOSTF
avec Andrew Bargsted, Francisco Perez-Banne, Eliseo Fernandez, Francisco Gavilan...
Voilà un petit bijou qui, à travers l'histoire d'un amitié adolescente, évoque un conflit méconnu et oublié, un film qui raconte une certaine réalité du Chili, celui qui n'a malheureusement pas renoncé à ses vieux fantômes des heures sombres de Pinochet, quand la police arrêtait, violentait, torturait, assassinait en toute impunité celles et ceux qui se mettaient en travers du pouvoir militaire. Le conflit en question, c’est le conflit mapuche, une lutte centenaire menée par cette minorité amérindienne qui n’a jamais totalement accepté la conquête espagnole sur les deux pays où elle est installée, le Sud du Chili et de l’Argentine. Les Mapuches revendiquent un statut d’autonomie pour leurs terres ancestrales, le respect de leur identité culturelle et surtout l’arrêt de l’exploitation des multinationales qui pillent les ressources naturelles du territoire tout en dévastant l’environnement... lire la suite
Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 18h
Affiche
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Call Me By Your Name
Réalisé par Luca GUADAGNINO
USA/Italie 2017 2h10mn VOSTF
avec Arnie Hammer, Timothé Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel...
Scénario de James Ivory, d'après le roman d'André Aciman, titre français Plus tard ou jamais
Un film en état de grâce. Solaire, d'une beauté radieuse, d'une sensualité enivrante. Écrit par le vétéran James Ivory (oui, le réalisateur un peu oublié de Chambre avec vue, Retour à Howards End, Les Vestiges du jour…) d'après le roman d'André Aciman (par ailleurs éminent spécialiste de Proust, ce qui n'est pas anodin), Call me by your name transcende un sujet qui aurait pu rester banal – et un ancrage dans un milieu très bourgeois qui peut au départ irriter – pour faire naître une magnifique et assez bouleversante histoire d'amour et pour incarner une véritable philosophie de la vie, basée sur l'esprit d'ouverture, la soif de découverte, la bienveillance fondamentale vis-à-vis des êtres et des événements... lire la suite
Le Luc : mercredi 28 16h et jeudi 29 18h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Sugarland
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Damon GAMEAU
Documentaire Australie 2017 1h42mn VOSTF
avec Damon Gameau, Kyan Khohandi, Hugh Jackman, Stephen Fry, Isabel Lucas...

40 cuillères à café de sucre par jour pendant deux mois. Voici le régime que s'est imposé Damon Gameau, réalisateur australien et protagoniste-cobaye de Sugarland. Damon Gameau a choisi de débusquer les sucres cachés. Ceux que les professionnels de l'agroalimentaire ont très largement saupoudré sur les produits dits transformés. Pourquoi ? Pour en rehausser le goût à bas coût, le tout avec une étiquette « light », histoire de donner bonne conscience aux consommateurs.
Entouré d'un nutritionniste, d'un médecin et d'un biologiste, le réalisateur a élaboré un régime drastique qui ne prévoit pas de le faire manger directement des morceaux de sucre ni de le gaver de sodas et de sucreries mais de ne lui faire consommer que ces aliments dits allégés. En pratique, 160 grammes de sucres par jour, essentiellement du saccharose et du sirop de glucose-fructose, des sucres particulièrement présents dans les céréales et boissons dites « light », les muesli étiquetés « sains », les smoothies et aussi les barres de céréales… qui, à elles seules, contiennent en général la ration journalière recommandée de sucres (soit de 20 à 30 g) !

Avant le film, l’Australien est en forme : 76 kilos, un tour de taille de 84 cm et un bilan biologique tout à fait normal. 60 jours et 2.400 cuillères à café plus tard, son bilan de santé tourne au drame : plus 8,5 kilos sur la balance, 10 cm supplémentaires de tour de taille, des analyses sanguines annonçant l’installation d’un diabète de type 2, un foie devenu gras, des troubles de l’humeur… Le tout heureusement réversible en quelques semaines avec le retour à une alimentation équilibrée. Tout au long du film, des séquences historiques rappellent comment le gras a été diabolisé dès les années 1970, comment le sucre a été dans le même temps exonéré et évoquent les basses manœuvres sucrières, calquées sur celles de l’industrie tabac, comme l’a démontré une étude scientifique publiée en 2016 et comme l’a révélé le New York Times.
Pédagogique et en même temps très ludique, le film, au montage nerveux, aux couleurs saturées et aux effets spéciaux très réussis, s’achève sur un clip où l’acteur réalisateur métamorphosé en Mr Sugar, évolue dans les rayons d’un supermarché.

Le message est parfaitement clair : ne vous laissez pas abuser ni engluer par les promesses des étiquettes et réduisez votre consommation en sucres. Elle est en moyenne, dans nos pays industrialisés, de 100 grammes par jour, soit 36 kilos par an, c'est à dire quatre fois supérieure aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

(S. Riou-Milliot, Sciences et Avenir)


CGR présenté par Colibris : jeudi 29 20h
Le Vox (Fréjus) : vendredi 30 20h

 

 

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...

Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !

Mildred Hayes est une femme en colère. Et ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. On comprend vite que ça fait un sacré bout de temps que Mildred ronge son frein. Son bandana serré sur le front, ses surchemises de bûcheron, son air pas commode, elle ne les arbore pas depuis que sa fille est morte assassinée, non, on a l'impression que depuis toujours elle affiche cette allure de combattante. Depuis que son amoureux lui a mis des trempes, depuis qu'elle est femme et qu'il a fallu survivre. Mais il semble bien qu'aujourd'hui Mildred en a assez de subir, et que le temps de l'action est venu. Alors quand elle avise les trois panneaux publicitaires laissés à l'abandon sur la route qui mène à sa maison, juste à la sorte d'Ebbing dans le Missouri, elles se dit que, ma foi, ils pourraient bien servir à quelque chose, au lieu de simplement défigurer le paysage. Mildred décide illico de les louer et d'y afficher ce qu'elle a sur le cœur. À la vue de tous. Depuis des mois l'enquête sur la mort de sa fille n'avance pas d'un pouce : alors elle fait imprimer trois phrases vengeresses, une par panneau, visant nommément le chef de la police. Cet acte, qui pourrait passer pour une mauvaise farce ou une provocation inacceptable, question de point de vue, va bouleverser la vie de la paisible localité.

McDonagh nous embarque dans une bourgade du Midwest, dans cette Amérique profonde que l'on qualifie chez nous – sans doute de manière un peu simpliste – d'« Amérique de Trump », où il sera donc question de vengeance pour mieux en questionner le principe, mais aussi de rédemption, de pardon, d'agression de dentiste… et d'un certains nombre de coups tordus et de rebondissements inattendus, mais tout ça on vous laisse le plaisir de le découvrir.
Tous les personnages qui peuplent cette histoire sont caractérisés avec un soin égal et les comédiens choisis pour les incarner sont tous formidables. À commencer bien sûr par la fabuleuse, l'immense, la bouleversante Frances McDormand, qui joue cette mère ravagée par le chagrin d'avoir vu sa fille enlevée puis assassinée, rongée par la culpabilité d'avoir sans doute raté quelque chose et conduit sa gamine vers son funeste destin. Face à cette mère courage et cible de son courroux, le shérif Bill Willoughby, interprété par un Woody Harrelson magnifique de justesse et d'humanité. Un homme apprécié de tous, un homme fondamentalement honnête. Ce qui explique que les panneaux accusateurs de Mildred ne feront pas l'unanimité. Mais aussi son adjoint qui claironne à l'envie que son passe temps favori est la torture, de préférence sur des individus de couleur, interprété par Sam Rockwell dans un numéro de flic alcoolique et raciste aussi réussi que finalement touchant. (Utopia)


Ciné-club CGR : mercredi 28 et lundi 2 20h, jeudi 29 et mardi 3 10h50, vendredi 30 22h10, samedi 31 13h30

 La Forme de l'eau
LA FORME DE L'EAURéalisé par Guillermo del TORO
USA 2017 2h03mn VOSTF
avec Michael Shannon, Sally Hawkins, Richard Jenkins, Michael Stuhlbarg, Octavia Spencer...
Scénario de Guillermo del Toro et Vanessa Taylor

C’est un conte gothique dont la beauté atteint une universalité et une résonance politique qui sont la marque des chefs-d’œuvre du genre. Brillant, drôle, enivrant, c’est sans doute le film le plus abouti de Guillermo del Toro, qui réussit l’alliance parfaite entre maîtrise du style et poésie de la narration.
Femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra-secret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée du reste monde qu’elle est muette. Sa vie est rythmée par ses horaires de travail, monotones, le tic tac de sa pendule, monocorde, le trajet en bus pour se rendre au labo, immuable, et ses petites habitudes de célibataire, plus ou moins avouables… Une existence qui n’est ni triste ni gaie, qui est juste la sienne et qu’embellit une foisonnante vie intérieure peuplée de rêves d’eau, de pas de danses et de séances de cinéma.

Mais il va suffire d’un regard, un seul… Le motif romantique par excellence, le déclic d’une fraction de seconde qui va tout faire basculer, et l’amour va arriver, chamboulant tout sur son passage, traînant dans son sillage son cortège de malheurs car c’est bien connu : il n’y a pas d’amour heureux, à plus forte raison quand ceux qui s’aiment sont séparés par un peu plus qu’une simple lettre dans un code génétique. Le partenaire de coup de foudre, « l’actif » comme ses geôliers l’appellent, est une étrange créature mi-homme mi… non, ne rien dire, vous laisser découvrir.

Où est l’humain ? Qui est le monstre ? Guillermo del Toro interroge une fois encore cette thématique chère à son univers, dans la droite ligne du Tim Burton d'Edward aux mains d'argent. Del Toro retrouve ici la quintessence de son cinéma, qu’il avait atteinte dans son Labyrinthe de Pan. Le dispositif est d’ailleurs similaire : introduire dans un contexte historique tendu (l'Espagne au début du franquisme dans Le Labyrinthe, les États-Unis du début des années 60, en pleine guerre froide, dans Shape of water) un élément fantastique qui va exacerber les pires comme les meilleures attitudes humaines.

Mais là où son film parvient à créer l'émotion à l’état pur, c’est assurément dans l’alchimie que la mise en scène parvient à faire naître entre ses deux personnages principaux. La prestation des acteurs n’y est évidemment pas pour rien : face à Doug Jones, qui a déjà interprété presque toutes les créatures du bestiaire de del Toro, Sally Hawkins fait preuve d’un charme magnétique irrésistible et parvient à exprimer, sans un mot, une candeur et une sensibilité qui la rendent bouleversante.
En plus de ces deux êtres marginaux qui apprendront à communiquer à la seule force de leur amour, del Toro imagine un colocataire gay et fantasque, un scientifique russe pris entre deux feux, ainsi qu’une collègue afro-américaine et un directeur de cinéma fauché mais passionné. Autant dire que l’Amérique, telle qu’elle apparaît ici, est composée de minorités, toutes désocialisées à leur façon. Et dans le rôle de l’agent du pouvoir, incarnation de la classe dominante blanche, machiste, bassement raciste et prête à tout pour que surtout rien ne change, Michael Shannon est comme à son habitude : grandiose. Une histoire histoire d’amour dont les images, l’ambiance et l’éclat nous hanteront longtemps… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : jeudi 29 18h, vendredi 3013h50, dimanche 1er 16h15, lundi 2 18h15
Salernes : vendredi 30 et dimanche 1er 18h

 

Phantom Thread
PHANTOM THREADÉcrit et réalisé par Paul Thomas ANDERSON
USA 2017 2h10 VOSTF
avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, Camilla Rutherford, Brian Gleeson...

Impossible de parler de Phantom thread (littéralement « fil fantôme ») sans évoquer le travail remarquable du costumier Mark Bridges. Ses costumes étoffent admirablement le récit, ajoutent la réalité charnelle de la matière, l’évidence du détail au panache des acteurs, à la richesse de l’intrigue, à la classe de la mise en scène magistrale orchestrée par Paul Thomas Anderson.
Tant Daniel Day-Lewis en couturier génial et torturé que Lesley Manville dans le rôle de sa sœur implacable et dévouée et que Vicky Krieps dans celui de l’amoureuse éperdue et follement déterminée portent subtilement le scénario et font de ce film une œuvre singulière, de haute volée. Un film classique de prime abord, qui s’installe lentement, se déguste à petites gorgées, pour se révéler finalement plus vénéneux qu’il n’y parait.

Tout se passe en Angleterre, dans le Londres des fifties. Jeunes ou vieilles, laides ou belles, les femmes de la haute bourgeoisie, celles de la noblesse, celles qui en ont les moyens s’arrachent à prix d’or les robes composées sur mesure par le très convoité Reynolds Woodcock, créateur monomaniaque parvenu au firmament de son art. Dès potron-minet, les petites mains minutieuses de son atelier sont à pied d’œuvre, aux aguets, à l’affût des moindres volontés de leur patron intransigeant. C’est toute une mécanique bien huilée qui se remet en marche chaque matin. Une maisonnée qui ne respire que par cet homme insatiable, éternel insatisfait. Ici pas un fil ne dépasse, ni un poil de son nez, ni un cheveu de sa maîtresse du moment. Sa vie est brodée à l’instar de ses robes, ne laissant aucune place à l’imperfection. Même le temps semble dompté par des rituels quotidiens incontournables. Tout est maîtrise. Tout ne doit être qu’excellence.
Derrière le couturier se protège un homme dont la passion le nourrit autant qu’elle le consume. Dès qu’il revient dans l’intimité de son antre, cet être porté aux nues par le microcosme mondain se transforme en tyran aussi irascible que fragile, hanté par des démons invisibles, qui fait régulièrement le vide autour de lui, qui sème les amourettes déjà mortes avant même d’avoir pu exister. Seule sa sœur Cyril résiste stoïquement à tout, pardonnant tout, anticipant chacun des mots, chacune des attentes de son frère. Ils forment une sorte de couple fusionnel, à l’atelier comme à la ville, qui laisse bien peu d’espace à une autre, aussi remarquable, aussi forte, aussi amoureuse soit-elle. D’ailleurs l’histoire débute par une rupture aussi inélégante que lapidaire : l’éconduite partira sans un mot d’explication, Cyril faisant le sale boulot à la place de son frangin qu’elle envoie aussi sec se ressourcer à la campagne en attendant que la tempête soit passée. C’est là que Reynolds croise le regard d’Alma. Jeune serveuse maladroite, demoiselle un peu gauche mais d’une candeur radieuse qui détonne avec les manigances des dames engoncées de la capitale. Coup de foudre réciproque, complicité immédiate. Voilà la fille de peu propulsée dans un monde qui lui est inconnu, entre fines dentelles, pures soieries, soirées mondaines… Vite elle y prend goût tandis que Reynolds se remet d’arrache pied à son œuvre. Alma devient sa muse, sa plus belle source d’inspiration. Mais tandis que Reynolds l’habille et la couvre de compliments, l’éternelle Cyril guette les signes de la descente aux enfers, s’apprêtant à éjecter sans ménagement cette nouvelle intruse dont son frère se lassera vite, fatalement… Mais rien ne se passera exactement comme on s’y attendrait…
Subrepticement le récit se tend comme un arc prêt à décocher ses flèches impitoyables. On finit comme Cyril par essayer de tout comprendre à quart de mot. Tout se passe dans les regards, dans les silences, dans d’infimes détails criants. On se prend à aimer profondément ces personnages, à percevoir les fils ténus qui tissent progressivement une toile aussi somptueuse que dangereuse.(Utopia)

Salernes : samedi 31 20h30


Tout le monde debout
Écrit et réalisé par Franck Duboscq
France 2018 1h47mn
avec Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Elsa Zylberstein...

Jocelyn, homme d’affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d’être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu’au jour où elle lui présente sa sœur elle-même handicapée…

Acteur, scénariste et réalisateur, Dubosc fait face à la tout aussi populaire Alexandra Lamy, et se moque gentiment de son image de playboy vieux et beau, sur fond de message bienveillant sur l’amour et le handicap. Gérard Darmon, Elsa Zylberstein (qui confirme son gros potentiel comique), Claude Brasseur ou encore la jolie Caroline Anglade complètent la distribution de ce conte moderne. « Tout le Monde Debout » sentait fort la lourdeur d’une comédie française imbuvable, comme on n’en voit que trop sur les écrans chaque année.

La surprise n’en est donc que plus réjouissante quand se dessine à l’écran un autre film, finalement sympathique, engageant et agréable à regarder. Franck Dubosc fait preuve de beaucoup de sensibilité et de tendresse pour emballer un joli film au message simple, mais efficace sur la différence, défendant l’idée que l’amour peut balayer tous les obstacles, à commencer par les obstacles physiques. Alors certes, l’effort est un peu naïf, souvent convenu et globalement inoffensif, mais sans verser dans la fable sociale subtile et profonde, Dubosc réussit à emballer un film populaire au charme indéniable. Une comédie romantique à la fois amusante, ludique et très attachante, nourrie par quelques belles idées de mise en scène.

Le nouveau réalisateur n’hésite pas à injecter du personnel dans une histoire universelle (Dubosc parle beaucoup de sa mère), et par ces réflexions aux allures de déclaration humble, émouvante et universelle adressée aux gens et à la vie. Dans le paysage surpeuplé des comédies françaises, c’est sans vulgarité et avec beaucoup de bienveillance, que Dubosc fait ses débuts de metteur en scène. À travers « Tout le Monde Debout », il exprime des choses simples avec un langage simple. On est ému et nous rions du parcours de ce playboy arrogant et sans vergogne qui va se découvrir un cœur, et nous nous émouvons du quotidien de cette femme pétillante qui ne demande qu’à être vu ainsi, au-delà de son fauteuil roulant, emblème de sa condition de handicapée et, barrière sociale évidente. Refusant que la balourdise et le potache ne s’invitent dans sa première expérience de réalisation, Franck Dubosc signe un film au contraire galant et élégant, un film finalement à l’image de ce qu’il est dans la vie, modeste et bienveillant, observant l’histoire avec un œil rieur dénué de la moindre méchanceté, mais bourré d’empathie.

Et dans les recoins de cette charmante comédie romantique gaie et affectueuse, Franck Dubosc de glisser plein de petites idées, sur la différence, sur le handicap, sur les personnes qui ne s’aiment pas, sur celles qui se sentent invisibles, sur le paraître qui peut cacher un profond mal-être, sur la perte de nos parents ou la difficulté de les voir vieillir… Autant de petits éléments qui ne font que renforcer l’affinité qui se noue entre le spectateur et un premier film vraiment réussi.

Il ne nous reste donc plus qu’à vous dire … bon film !!! (cinéfil)

CGR : mercredi 28,jeudi 29, lundi 2 : 10h50, 13h30, 15h40, 20h, 22h15 - vendredi 30 10h50, 13h30, 15h40, 20h - samedi 31 13h30, 15h40, 20h, 22h15 - dimanche 1er 10h50, 15h40, 20h, 22h15 - mardi 3 10h50, 13h30, 15h40, 22h15
Salernes : mercredi 28 et samedi 31 18h, vendredi 30 20h30, dimanche 1er 16h, mardi 3 18h et 20h30
Le Luc : mercredi 2 14h, samedi 31 et dimanche 1er 18h30

Mektoub My Love : Canto Uno
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Abdellatif KECHICHE
France / Italie 2017 2h55mn
avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Lou Luttiau, Hafsia Herzi, Mel Einda...
Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalia Lacroix, d'après le roman de François Bégaudeau

Au moment où l'on écrit ses lignes, les frimas de l'hiver glacent encore nos corps endormis, et voilà que déboule cet incroyable torrent visuel de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l'amour sans entraves, aux corps libérés composée par Abdellatif Kechiche, palmé à Cannes en 2013 pour La Vie d'Adèle.

On est au cœur de l'été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu'à danser ou aller à la plage. Amine, qui fait ses études à Paris mais qui surtout se cherche (il écrit aussi des scénarios de cinéma), est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l'amour : scène d'une intensité digne de celles que l'on pouvait voir dans La Vie d'Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle – même si elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni…
Peu après Toni et Amine se rendent à la plage où ils draguent gentiment des vacancières, Charlotte et Céline. Charlotte s'amourache très vite de Toni, qui se sert de ce genre d'amourettes comme paravent à sa relation avec Ophélie, tandis que Céline va papillonner d'aventures en aventures, filles et garçons confondus.

Le film va suivre les circonvolutions festives et sensuelles de ce groupe de jeunes gens durant trois heures qu'on ne voit absolument pas passer, tant Kechiche sait nous attraper pour nous entraîner dans cet ouragan de tchatche et de corps déchainés. Le tout dans une ambiance joyeusement méditerranéenne où tout le monde (et on s'en réjouit) se fout des différentes origines des uns et des autres. Mais tout cela pourrait être anecdotique voire répétitif si Kechiche ne maitrisait pas admirablement les cassures de rythmes. Alternent les séquences bluffantes d'énergie, quand toutes les générations confondues s'éclatent à la mer ou dansent dans les boites de nuits – scène d'anthologie avec un groupe de filles en transe, parmi lesquelles l'impressionnante Hafsia Herzi, dont on se souvient dans La Graine et le mulet du même Kechiche –, et des moments beaucoup plus sereins voire élégiaques : un des plus beaux nous montre Amine, passionné de photographie, guetter la nuit l'accouchement d'agneaux dans la ferme des parents d'Ophélie. Après les débordements festifs, Kechiche parvient à nous émouvoir aux larmes face à l'apparition simple et belle de la vie.

Kechiche, à côté du tourbillon des corps, parvient à générer le mystère et la poésie à travers un couple atypique et platonique mais à la tension sexuelle omniprésente : la terrienne et voluptueuse Ophélie, pour qui semble avoir été créé le qualificatif de callipyge et dont Kechiche filme les formes avec gourmandise, et Amine, témoin beau et troublant des amours des autres, confident tendre et à l'écoute, intellectuel qui aime regarder la nuit des classiques du cinéma soviétique pendant que d'autres s'enivrent. Un personnage fascinant dont on peut se demander s'il n'est pas l'alter ego du réalisateur, lui-même observateur derrière sa caméra de la furia des corps et des passions des âmes.(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 et vendredi 30 16h30, jeudi 29 et lundi 2 14h, samedi 31 17h30, dimanche 1er 17h50, mardi 3 14h et 20h30


La Prière
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Cédric KAHN
France 2017 1h47mn
avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl, Louise Grimberg, Hanna Schygulla...
Scénario de Cédric Kahn, Fanny Burdino et Samuel Doux

C'est un endroit magique où l'air est pur, l'espace si profond qu'on n'en perçoit pas les limites : le regard se perd vers des sommets enneigés qui se fondent avec l'horizon. On devine qu'il est rude de vivre là, mais l'esprit et les sens semblent se dilater au contact d'une immensité qui modifie la perception qu'on a des autres, de soi-même et laisse un goût d'éternité.
Vit là une petite communauté, créée il y a déjà longtemps par une religieuse hors normes, pour permettre à des âmes perdues de raccrocher avec l'humanité en trouvant refuge, réconfort et l'énergie nécessaire pour sortir de leur dépendance à toutes sortes de substances. Ceux qui viennent là on fait le choix de s'extraire de l'agitation, des sollicitations multiples de la ville. Ils ont le corps meurtri, l'esprit en capilotade, au bord de l'asphyxie. Pour eux c'est souvent la dernière chance de renouer avec l'espoir d'un avenir possible. Ici, on ne condamne pas, on ne juge pas, on ne vous fait pas la morale, on vous accepte sans vous demander d'où vous sortez mais sans vous faire de câlins non plus : ils en ont bavé des ronds de chapeau, tous ceux qui composent cette communauté où isolement ne signifie pas solitude, où la pitié n'a pas de place mais ou la solidarité ne faiblit jamais.

Ils viennent de tous horizons, de tous milieux. Fils de bourgeois ou « fils de rien », ils sont croyants, athées ou agnostiques, mais tous sont à la même enseigne, pour tous les règles sont les mêmes, elles sont strictes, reposent sur trois socles solides : le travail, la prière et l'amitié. Pour commencer, le sevrage sera brutal, total, sans concession : pas la moindre cigarette, le moindre verre, le moindre écart. Un plus ancien, qui est passé par là, vous sert d'ange gardien dans les moments insupportables, vous suit partout, prompt à appeler l'ensemble de la communauté à la rescousse pour faire front en cas de passage risqué. On parle, on prie, on rit, on crapahute vers les sommets, on entraine son corps à l'effort répété… et on apprend à se regarder sans se mépriser ou se haïr.
Si Thomas déboule un beau soir, c'est qu'il a été ramassé dans la rue, alors qu'il était au bord du néant, par un prêtre qui passait par là et l'a convaincu de jouer sa dernière carte en rejoignant le petit groupe. Quand le film commence, son regard est lourd de détresse et d'emblée accroche celui du spectateur. La prière, la foi, la vie avec d'autres : cet univers lui est totalement étranger. Avant… il se serait moqué sans doute. Dans cet endroit paumé il devra couper tout contact avec le monde : ni musique, ni télé, ni internet, ni journaux, ni oisiveté. L'esprit est occupé en permanence pour ne pas penser à la drogue, pour échapper à ce manque vertigineux qui l'aspire vers son abîme intérieur. Tous bossent dur, chantent beaucoup, prient souvent, parlent à tour de rôle, se réjouissent du moindre progrès et s'il est beaucoup question des forces de l'esprit, de la foi et de Dieu, rien n'est imposé à personne : les chants dans la chapelle, les longues marches dans le brouillard… Thomas sort peu à peu de son isolement mental, commence à se soucier de ses compagnons, acquiert le réflexe de leur tendre la patte à son tour, doute parfois. Mais, quand lui prend l'envie de fuir, il rencontre Sybille dans le village voisin. Éclatante de santé, elle a des yeux magnifiques et si elle ne fait pas partie de la communauté, elle comprend, capable de trouver les mots pour convaincre Thomas d'aller au bout de ce cheminement douloureux qu'il a amorcé… vers quelque chose de moins sombre qui passe par un retour sur soi, une rencontre…

On pense à la chanson de Brel : « À l'église où j'allais, on l'appelait le Bon Dieu… l'amoureux l'appelle l'amour, le mendiant la charité, le soleil l'appelle le jour et le brave homme, la bonté »… La Prière « est un film qui passe de la conviction au doute, de la mort à l'amour… il ne répond pas à la question de la foi mais l'interroge » dit Cédric Kahn. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 14h, 18h15 - jeudi 29 16h05, 20h45 - vendredi 30 13h40, 16h10, 18h30 - samedi 31 13h40, 18h30 - dimanche 1er 13h40, 18h45 - lundi 2 13h40, 20h45 - mardi 2 16h10, 21h

Razzia
I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Nabil AYOUCH
Maroc 2017 1h59mn VOSTF
avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Dounia Binebine, Amine Ennaji, Abdelilah Rachid...
Scénario de Nabil Ayouch et Maryam Touzani

Récapitulons : que savons-nous vraiment du Maroc aujourd'hui ? D'accord, il a obtenu son indépendance en 1956… Et puis 150 000 tonnes de dattes y sont consommées tous les ans, personne n'ira dire le contraire… Il y a les cornes de gazelle, le Zaalouk et la Pastilla aussi… Sans oublier les dunes de Merzouga et les cascades d'Ouzoud… Et la ville de Casablanca à laquelle on pense forcément parfois, parce que c'est le titre du classique de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman… « Mais tout ça, c'est de la surface, une vague culture gé, ça ne nourrit pas son homme ». Aïe, nous avons affaire à un cas typique de curiosité et vous en demandez encore… Un seul remède : aller voir le nouveau film de Nabil Ayouch, foisonnant d'histoires et de paysages. Vous en sortirez avec la sensation d'avoir exploré ce pays sublime, dans ses dimensions aussi bien sociales que politiques et culturelles. Attention quand même à ne pas vous fouler une cheville sur l'Atlas… Razzia suit cinq destinées qui se croisent sans se rencontrer vraiment, mais toutes reflètent la même soif de liberté, déchirées qu'elles sont entre le passé et le présent, par la perte de repères et les troubles identitaires.

Tout commence dans les années 80 avec Abdallah, un instituteur aux yeux gorgés d'étoiles qui s'illuminent quand il regarde un oiseau ou lit des poèmes. Il enseigne dans une petite école berbère perdue dans les montagnes, guidant pas à pas ses élèves sur la voie de l'émerveillement doublé d'une raison sensible et tolérante… Jusqu'au jour où on lui interdit de continuer l'enseignement en berbère, parce que la seule langue désormais officielle est l'arabe classique. Quelques décennies plus tard nous voilà en 2015 à Casa, ville moderne et lumineuse, au moment où les manifestations des islamistes battent leur plein, en réaction à la réforme du code de l'héritage (qui instaure l'égalité homme-femme dans les successions). On y rencontre Salima, révolutionnaire de l'intime qui s'oppose quotidiennement aux diktats de son mari, hostile à ce qu'elle fume, travaille, attire les regards, attise les convoitises… Hakim, jeune des milieux populaires qui aimerait être chanteur comme Freddie Mercury, son idole, inspirateur de son look fantasque et vilipendé dans les rues… Monsieur Joe, le Juif épicurien qui sédimente malgré lui des conflits enfouis… Et Inès, adolescente comme prisonnière dans son ghetto de riches, où l'impudeur régnante se passerait bien de moralité et d'humanisme. Au beau milieu de ce foisonnement culturel et social, chacun a des rêves d'ailleurs et vit dans une société qui, elle, n'est pas du tout ailleurs. Cela crée chez eux des paradoxes insensés, un refus de ployer, de laisser l'obscurantisme hisser son drapeau noir, car ce serait admettre qu'on puisse accabler ad vitam les femmes, la culture berbère, les gays, les atypiques et ceux qui ne manquent pas d'humour…

Razzia est un film sans concessions qui n'arrangera pas la situation de Nabil Ayouch au Maroc, quand on se souvient du tollé que Much loved, son précédent film, y avait soulevé en 2015 : interdiction de diffusion, harcèlement de la part d'extrémistes islamistes, agression physique de l'actrice principale qui avait dû se réfugier en France… Razzia est donc un film nécessaire, qui emporte et captive, et qui ne doit pas nous faire oublier que la situation européenne n'est pas loin d'être à nouveau en proie à « la longue nuit » que Stefan Zweig dénonçait dans sa lettre d'adieu avant de mettre fin à ses jours, et que Nabil Ayouch, en filigrane, dénonce à son tour. Avec lucidité, force et bienveillance, Razzia remet les choses à leur place et nous rappelle ainsi l'essentiel : nous sommes capables du pire, mais surtout du meilleur. Et c'est ici que ces cinq destinées rencontreront la vôtre. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 15h50, 20h45 - jeudi 29 13h40, 18h15 - vendredi 30 et dimanche 1er 13h40 et 21h - samedi 31 16h05, 21h - lundi 2 15h50, 21h - mardi 3 13h40, 18h

La Belle et la Belle

I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Sophie FILLIERES
France 2017 1h36mn
avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud, Lucie Desclozaux, Brigitte Roüan, Aurélie Dupont...

C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques.
Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse. Il faut dire qu’elle a choisi pour les interpréter des filles formidables qu’elle connaît bien : Sandrine Kiberlain, dont on ne doute plus une seule seconde de l’incroyable potentiel comique et qui interpréta son premier rôle dans son premier court-métrage Des filles et des chiens, et Agathe Bonitzer, qu’elle a déjà dirigée dans Un chat un chat et qui n’est autre que sa fille.

Point de bête, donc, dans cette histoire-ci, mais bien deux belles pour le prix d’une, ou plutôt une belle pour le prix de deux… je m’explique. Au cours d’une soirée, Margaux, 20 ans, fait la connaissance improbable de Margaux, 45 ans. Margaux 20 est pétillante, belle comme un cœur qui reste à prendre et profite de sa jeunesse, de son insouciance et de la vie, tout en cultivant une douce mélancolie qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle était déjà revenue de bien des questionnements existentiels de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit en plein dedans, l’air de rien. Margaux 45 est pétillante, belle comme un astre qui reste à prendre et trimballe sa nonchalance, sa vitalité et son manteau rouge tout en cultivant une douce folie juvénile qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle n’était pas encore revenue de bien des questionnement existentielles de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit encore en plein dedans, l’air de rien.
Face au miroir où la blonde et la rousse se croisent, déployant sans le savoir les mêmes gestes et même intonations de voix, il faut bien se rendre à l’évidence : ces deux-là ne sont qu’une seule et même personne, rapprochées par 25 ans qui ne font plus qu’une microseconde. Acquis ce présupposé qui n’a besoin ni d’explications rationnelle ou paranormale, ni de précisions, ni même de preuves – manquerait plus que ça ! –, nous allons suivre les deux Margaux sur le chemin de leur vie, entre un passé composé de futurs antérieurs et de presque parfait pour ce qui est du choix des chemins à suivre et des amoureux à conquérir.

Et comme dans tout conte qui se respecte, aussi improbable soit-il, il y aura un prince, altier, beau gosse, charmeur et délicat qui pourra sans aucun problème conquérir le cœur de Margaux 25 autant que (re)découvrir celui de Margaux 45… la réciproque étant également vraie ! C’est frais, très drôle, délicat comme un poème de Prévert dont Sophie Filière emprunte, sans le savoir (?), le phrasé simple et touchant, s’exprimant avec fougue comme le flot d’une rivière qui coulerait, comme par enchantement, dans un délicieux contre-courant… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 et jeudi 29 16h05

L'Oeil du cyclone

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenRéalisé par Fred Schepisi
Australie 2013 2h04mn
avec Charlotte Rampling, Judy Davis, Geoffrey Rush...
D'après le roman de Patrick White.avec Charlotte Rampling

Alors qu’Elizabeth Hunter fait un accident vasculaire cérébral, son fils et sa fille accourent de l’autre côté de la terre à son chevet, ranimant les anciennes frictions et rancœurs de la famille. Admettre leur propre personnalité et leur place vis-à-vis des autres est une lutte de chaque instant, de même que réussir à trouver la paix dans leur vie - leur propre œil du cyclone. Prix Nobel de littérature, l’écrivain australien Patrick White fut largement influencé par des auteurs comme James Joyce et Virginia Woolf. Ainsi, ses différents romans se fondent sur une narration originale qui ne tient pas compte des impératifs logiques, préférant se laisser porter par le flux de conscience des différents personnages. Rétive à l’adaptation, son œuvre passionne par sa capacité à saisir la complexité psychologique des personnages, tout en dressant un portrait sans concession des rapports familiaux. L’œil du cyclone rédigé en 1973 est justement le roman qui lui a permis d’obtenir le Nobel et l’on était donc en droit d’attendre une adaptation, sinon fidèle dans sa progression narrative, au moins à l’esprit de l’écrivain. Même si le réalisateur Fred Schepisi a pu faire preuve de quelques fulgurances au cours de sa longue carrière (on pense notamment à ses premiers films australiens des années 70 ou encore à Six degrés de séparation tourné en 1993 d’après la pièce de John Guare), il n’en demeure pas moins un auteur d’un classicisme formel aux antipodes du style de White.

Pas vraiment à l’aise dans le film psychologique, le cinéaste applique dès lors un traitement formel classique à une intrigue qui ne s’y prête guère. Alors qu’il semble en quête constante de son sujet, Schepisi n’arrive pas à trouver l’angle d’attaque qui lui permettrait d’aborder les nombreux thèmes de l’ouvrage adapté. Un temps envisagé comme un règlement de comptes entre une mère vieillissante et ses enfants, le film se veut ensuite une analyse sans concession des rapports de classe à travers une confrontation entre maîtres et serviteurs, avant de se recentrer sur le trauma d’une Charlotte Rampling aussi odieuse que séduisante. Au passage, l’actrice vampirise une bonne part du long-métrage grâce à une performance enthousiasmante et un personnage qui est de loin le plus fouillé de tous. Sans son interprétation galvanisante et glaçante à la fois, le film s’écroulerait sous le poids de son académisme formel. Face à elle, Judy Davis en fait un peu trop en fille rongée par la jalousie, tandis que Geoffrey Rush ne force pas son talent en fils chéri totalement irresponsable.

Foncièrement inégal, L’œil du cyclone a tout de même réussi à glaner quelques récompenses dans différents festivals. . (àvoiràlire)


Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 16h

Le Jeune Karl Marx

I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Raoul PECK
Allemagne/France 2017 1h58mn VOSTF
avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Hannah Steele, Olivier Gourmet, Alexander Scheer...
Scénario de Raoul Peck et Pascal Bonitzer

Coïncidence amusante, nous écrivons ces lignes peu de temps après que le magazine Challenges, une des publications préférées des possédants dynamiques, a publié une étude de la banque Natixis alertant les lecteurs de la possibilité imminente d’une révolte ouvrière face à « des inégalités de revenus toujours plus grandes, la déformation du partage des revenus en faveur du profit, l’accroissement de la pauvreté, la faible hausse du revenu réel depuis 2000 et la pression fiscale de plus en plus forte »… A croire qu’un pigiste marxiste s’est glissé dans la rédaction à la faveur de l’été. Se pourrait-il que même pour les médias libéraux, cette bonne vieille lutte des classes, théorisée par Marx et Engels il y a 170 ans, ringardisée depuis des décennies par le MEDEF et ses amis journalistes, soit finalement bel et bien d’actualité au point de faire trembler les actionnaires ?

De Marx, l’imagerie populaire a retenu l’impressionnant visage barbu d’un philosophe quinquagénaire a priori sentencieux, un visage associé depuis bientôt deux siècles par la propagande anti-marxiste aux régimes totalitaires russes, chinois ou nord-coréens, un raccourci aussi ridicule que celui qui associerait Jésus Christ aux crimes de l’Inquisition. Raoul Peck – qui, après I am not your negro, s’impose comme un des grands réalisateurs de l’année – a la très bonne idée d’aborder le cas Marx par l’angle que l’on connaît le moins, celui de sa jeunesse et de la construction d’une pensée qui changera le monde. Il le fait à travers un biopic qui, tout en se démarquant des codes hollywoodiens simplificateurs et appauvrissants, nous plonge dans un récit enlevé qui pourra passionner les non spécialistes du sujet.
Le scénario, resserré dans le temps, suit Marx depuis sa rencontre en 1844 avec Friedrich Engels, son binôme indissociable, jusqu’en1848, juste après la rédaction du « Manifeste du Parti Communiste » qui ne sera pas étranger à l’émergence des nombreuses révolutions qui mettront à bas plusieurs régimes monarchiques.
Ce qui est particulièrement excitant, c’est de voir la naissance d’une pensée en action par la friction de deux esprits : d’un côté Marx, le jeune philosophe hegelien en butte avec le maître et quelques uns de ces disciples, de l’autre Friedrich Engels, fils d’un gros industriel allemand installé en Angleterre, fondé de pouvoir de son père, qui profite de sa situation pour rédiger un mémoire exceptionnel sur la situation des ouvriers, majoritairement irlandais. La réflexion théorique se marie avec l’expérience sociologique de terrain et la synthèse permet ainsi de construire les concepts concrets et applicables que l’on connaît. Le film s’articule donc beaucoup autour des discussions passionnantes entre Marx, Engels mais aussi les deux femmes de leur vie, qui prendront une place importante dans leurs luttes, et d’autres théoriciens socialistes comme Proudhon, porteur d’une vision plus utopiste et libertaire mais aussi plus théorique.

Le réalisme pointilleux de Raoul Peck, son souci du détail font merveille – en particulier la précision quasi-documentaire pour tout ce qui concerne la condition des ouvriers et de la jeunesse, y compris intellectuelle –, le film dégage une forte impression d’authenticité, accentuée par des acteurs allemands peu connus et tous formidables. Raoul Peck, qui a étudié pendant 5 ans l’économie à Berlin, inquiet de la faillite actuelle des idéologies et de la perte du sens de l’histoire, voulait par ce film remettre en évidence la modernité du discours marxiste. Pari totalement réussi. (Utopia)


Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 20h

Vent du Nord

I AM NOT YOUR NEGRORéalisé par Walid MATTAR
Belgique 2017 1h29mn
avec Philippe Rebbot, Corinne Masiero, Mohamed Amine Hamzaoui, Kacey Mottet Klein...
Scénario de Leyla Bouzid, Claude Le Pape et Walid Mattar

Rien de nouveau sous les embruns du Nord. Quand les délocalisations pleuvent sur l’avenir des hommes, leur horizon semble soudain tout bouché malgré la mer qui s’étend à perte de vue. Hervé Lepoutre, en grand dadais hébété, ne se rebelle même pas quand il apprend qu’il est viré et que l’usine qui l’embauche dans cette petite ville côtière en banlieue de Boulogne-sur-mer va fermer. Et lui qui attendait paisiblement sa retraite pour aller pêcher !
À quelques milliers de kilomètres de là, dans une autre petite ville côtière, en banlieue de Tunis, la même usine est relocalisée, prometteuse d’une nouvelle prospérité. Pour le jeune chômeur Foued, c'est pain béni. Le voilà qui retrouve un emploi, adoptant les mêmes gestes mécaniques que ceux qui ont fait le quotidien d’Hervé durant des dizaines d’années, sur les mêmes machines. Mais même dans ce pays de rêve truffé d'hôtels pour touristes fauchés, l’avenir n’est pas moins bouché. La classe ouvrière est bien sûr la grosse dinde de la farce, perpétuellement perdante face à des actionnaires lâchement anonymes. On connait la chanson. Nul n’est dupe désormais, aucune reconnaissance à attendre, aucune fierté à retirer, aucun épanouissement à espérer d’un travail mécanique, purement alimentaire. Peu importe ce que l’on produit ici, l’emporte pièce qui découpe le cuir entaille chaque jour un peu plus l’espoir d’une vie qui aurait du sens.

Retour au bord de la Manche. Pour Hervé, tout n’a plus l’air si sombre car il est porté par le rêve d’une mer grande et belle. Sans le dire à personne, même pas à sa grande gueule de compagne Véronique, il caresse l’espoir secret de devenir marin. Il a tôt fait d’investir sa prime (en cachette, le gros vilain !) dans un petit bateau, et décide de passer ses journées à sillonner les vagues, d’aller respirer ce parfum de liberté qui semble à portée de ses pognes.
Véro sent bien qu’il y a anguille sous roche, mais elle est loin d’imaginer tout ce qu’il tait. Quand elle essaie de lui tirer les vers du nez, son benêt de mari prend des airs ahuris. « Les médias exagèrent ! » s’écrie-t-il. La fermeture prochaine de l’usine ? Les licenciements annoncés ? La grogne qui monte ? La grève qui menace ? Rien de tout ça en vue, ma capitaine ! Véro ne sait pas qu’il ne fait déjà plus partie de ce combat-là. Hervé s’embourbe progressivement dans une position de moins en moins tenable, de moins en moins crédible. Jusqu’à ce que la vérité jaillisse, incompressible, grand moment de panique à bord, engueulades tragi-comiques, mais quand on s’aime vraiment, cela n’a qu’un temps. Une fois la tempête passée, voilà l’épouse fidèle qui se pique au jeu, tâchant de refourguer les bars, les loups et autres poissons peu règlementaires aux voisines du quartier…
Pendant ce temps, de l’autre côté de la méditerranée, Foued perd peu à peu ses illusions. Il se met à rêver lui aussi de prendre le large, attiré comme tant d’autres miséreux par un Eldorado, un pays où les droits des hommes seraient respectés, où le travail coulerait à flot, un pays de rêve qu’on appellerait la France…

Vous l’aurez compris, c’est un chassé croisé non dénué d’ironie, entre deux continents, deux histoires parallèles qui témoignent avec dérision de l’état d’une classe ouvrière abandonnée par les dirigeants. Le couple Lepoutre (épatants Philippe Rebbot et Corinne Masiero) est jubilatoire. La plus belle trouvaille du film est peut-être sa manière de nous faire passer d’un continent à l’autre par voies légales, illégales, navigables ou pas… Un vrai road-movie à niveau de container au cœur de la mondialisation, d’un capitalisme débridé qui marche sur la tête ! (Utopia)


Festival de cinéma de Lorgues : vendredi 30 16h

Mala Junta

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenÉcrit et réalisé par Claudia HUAIQUIMILLA
Chili 2017 1h29mn VOSTF
avec Andrew Bargsted, Francisco Perez-Banne, Eliseo Fernandez, Francisco Gavilan...

Voilà un petit bijou qui, à travers l'histoire d'un amitié adolescente, évoque un conflit méconnu et oublié, un film qui raconte une certaine réalité du Chili, celui qui n'a malheureusement pas renoncé à ses vieux fantômes des heures sombres de Pinochet, quand la police arrêtait, violentait, torturait, assassinait en toute impunité celles et ceux qui se mettaient en travers du pouvoir militaire.
Le conflit en question, c’est le conflit mapuche, une lutte centenaire menée par cette minorité amérindienne qui n’a jamais totalement accepté la conquête espagnole sur les deux pays où elle est installée, le Sud du Chili et de l’Argentine. Les Mapuches revendiquent un statut d’autonomie pour leurs terres ancestrales, le respect de leur identité culturelle et surtout l’arrêt de l’exploitation des multinationales qui pillent les ressources naturelles du territoire tout en dévastant l’environnement. Ce conflit ne s'est pas arrêté avec la chute de Pinochet, pas même sous les deux présidences de la femme de gauche Michelle Bachelet, qui n'a pas cessé d'utiliser pour lutter contre les activistes mapuches la loi antiterroriste qui prévalait sous le dictateur…
Mais au début du film, on est bien loin des montagnes mapuches du Sud. Nous sommes dans la banlieue de la capitale Santiago où Tano, un jeune adolescent turbulent et délaissé par sa mère, a décidé avec ses copains de braquer une station service. Mais l'affaire tourne mal, le jeune homme est arrêté. Son destin semble tracé : passer les deux ans qui lui restent jusqu'à sa majorité en centre de rééducation – un de ces établissements extrêmement contestés au Chili, réputés pour leur violence et les mauvais traitements infligés aux jeunes pensionnaires. Mais il lui reste une dernière chance : accepter de rejoindre son père, qu'il n'a pas vu depuis longtemps et qui est installé en Araucanie, dans la région méridionale où les Mapuches mènent des actions violentes contre l'immense usine de cellulose qui pollue toute la région. Il y va bon gré mal gré, plutôt mal que bon…
La première partie du film est centrée sur la reconstruction difficile des liens entre le fils et le père longtemps absent, et sur la rencontre entre Tano et Cheo, un adolescent qui est tout son opposé : timide et maladroit, victime désigné des caïds du lycée local, qui le harcèlent d'autant plus que le garçon est mapuche. Tano va peu à peu perdre de sa morgue de jeune voyou de la capitale, alors que Cheo va gagner en confiance, assumant de plus en plus sa dignité mapuche grâce au soutien de son nouvel ami. Tout cela dans le contexte de plus en plus tendu du conflit.
Mala junta réussit avec beaucoup de sensibilité à parler de l'intime à travers l'évolution de deux adolescents qu'a priori tout oppose, l'un trouvant la sérénité et un but dans la vie dans l'amitié et la redécouverte de l'amour d'un père, l'autre parvenant grâce à la force de cette relation naissante et inespérée à affirmer son identité. Tout en décrivant magnifiquement la lutte d'un peuple auquel appartient la réalisatrice qui, en tant que femme mapuche totalement extérieure au monde du cinéma chilien, a connue bien des difficultés pour mener à bien son projet. Quand on voit Mala junta, on se dit qu'elle a eu raison de s'accrocher ! (Utopia)


Festival de cinéma de Lorgues : jeudi 29 18h

Call Me By Your Name

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenRéalisé par Luca GUADAGNINO
USA/Italie 2017 2h10mn VOSTF
avec Arnie Hammer, Timothé Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel...
Scénario de James Ivory, d'après le roman d'André Aciman, titre français Plus tard ou jamais

Un film en état de grâce. Solaire, d'une beauté radieuse, d'une sensualité enivrante. Écrit par le vétéran James Ivory (oui, le réalisateur un peu oublié de Chambre avec vue, Retour à Howards End, Les Vestiges du jour…) d'après le roman d'André Aciman (par ailleurs éminent spécialiste de Proust, ce qui n'est pas anodin), Call me by your name transcende un sujet qui aurait pu rester banal – et un ancrage dans un milieu très bourgeois qui peut au départ irriter – pour faire naître une magnifique et assez bouleversante histoire d'amour et pour incarner une véritable philosophie de la vie, basée sur l'esprit d'ouverture, la soif de découverte, la bienveillance fondamentale vis-à-vis des êtres et des événements.

Bercé par la langueur estivale de Crema, dans la campagne lombarde, Elio, brillant jeune homme de 17 ans, vif, joueur et volontiers fantasque, passe ses vacances dans une sublime villa familiale aux côtés de parents intellectuels, mère traductrice et père archéologue. Le père est américain, la mère française, et l'Italie est leur terre culturelle d'élection, lumineuse, riche de son histoire et de sa douceur de vivre. Le décor ainsi posé, écrin paradisiaque bercé par les notes de piano de l’adolescent prodige, installe le récit dans un hors temps propice aux expériences initiatiques sans contraintes apparentes. En ce début des années 1980, Elio profite d’un statut privilégié et d’une aisance naturelle qui fournissent à sa curiosité d’exceptionnelles conditions d’épanouissement.
Loin d’endormir le propos, le postulat de départ l’affranchit de toute faiblesse narrative. En écartant les barrières faciles et les clichés inhérents au sujet, le récit se concentre sur l’essentiel et permet à l’éveil sensuel, amoureux et sexuel du jeune homme de s’exprimer dans toute sa puissance. Si la découverte de l’homosexualité s’inscrit de fait au cœur du film, les craintes, la peur ou la culture du secret qui en découlent proviennent davantage de questionnements intimes que de règles sociales.
Alors qu’Elio entretient avec Marzia une relation amicale aux frontières floues, sa rencontre avec Oliver, un étudiant un peu plus âgé que lui venu en stage auprès de l'éminent spécialiste en culture antique qu'est son père, va progressivement bouleverser son existence et le propulser dans une zone de turbulences aussi exaltante que déstabilisante. En expérimentant la puissance de l’amour et du désir, le jeune homme plein d’assurance découvre en lui une fragilité qu’il ne connaissait pas. Demeurant audacieux, parfois arrogant, mais devenu vulnérable, il franchit comme tout adolescent le gué menant de l’enfance à l’âge adulte.

La subtilité de l’approche de Luca Guadagnino se développe sur la durée. Après avoir installé ses personnages dans un confort enviable, il densifie le récit et transforme progressivement la romance en vibrante histoire d’amour. Tirant parti de la lumière naturelle, brûlante le jour et contrastée la nuit, profitant de la beauté italienne (nature luxuriante, sensualité de l’architecture, saveur des mets…), le cinéaste dévoile les corps, filme les peaux et enveloppe le récit d’une sensualité prégnante. L’habillage bourgeois cède alors le pas à un flux bouillonnant qui évoque le sexe sans détours et capte les infimes manifestations du désir amoureux jusqu’à son point d’incandescence… Les comédiens sont tous formidables – et beaux à se damner pour ce qui est des deux principaux –, les ambiances musicales sont parfaitement choisies, la mise en scène d'une élégance fluide… la grâce vous dis-je. (larges emprunts au texte de P. Guiho, cultoropoing.com)


Le Luc : mercredi 28 16h et jeudi 29 18h30


Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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