Au(x) cinéma(s) du 28 octobre au 3 novembre

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Pour cette deuxième semaine de vacances de Toussaint, rien de nouveau au CGR...
Par contre au Vox de Fréjus, allez savourer L'homme irrationnel de Woody Allen, une comédie fantaisiste et légère. Et ni fantaisiste ni léger, mais trouble et envoutant, ce film de la quête de sens qu'est le grand film de Kurosawa Vers l'autre rive...
Ne manquez pas non plus Fatima, ce beau portrait de femme, moins étrangère qu'elle n'en a l'air, et Adama, film d'animation si plein de sens, de beauté et de richesse, qui s'adresse réellement à tous, jeunes et moins jeunes !
Et on peut encore voir Marguerite où Catherine Frot joue une inénarrable cantatrice, Belles familles, un film vif et alerte, et enfin Youth de Sorrentino avec ses dialogues savoureux !
Alors : profitez de ce beau 7ème art sans modération !
Bonne semaine de cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)


PROGRAMMATION DU 28 OCTOBRE AU 3 SEPTEMBRE 2015
L'Homme irrationnel
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L'Homme irrationnel
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2015 1h36mn VOSTF
avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey, Jamie Blackley...
Abe Lucas est prof de philo mais pour l'heure c'est surtout un homme seul, qui a perdu toute joie de vivre. Son étude des grands penseurs ne l'a pas rendu heureux et ne lui a pas apporté non plus de réponses satisfaisantes quant au sens de la vie. S'il a autrefois aimé son métier d'enseignant, il estime aujourd'hui que ses cours n'auront aucune influence sur la plupart de ses étudiants. Bref, Abe déprime. C'est dans ce sombre état d'esprit qu'il débarque dans une petite bourgade de la côte est, dotée d'une modeste fac où il doit enseigner pendant l'été. Précédé d'une réputation sulfureuse (publications iconoclastes, rumeurs persistantes de frasques sexuelles avec des étudiantes), le professeur Lucas est donc attendu avec une certaine fébrilité dans la communauté universitaire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche, lundi 16h et 20h45 - jeudi 18h10 et 20h45 - vendredi 16h -samedi, mardi 18h10
Vers l'autre rive
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Vers l'autre rive
Réalisé par Kiyoshi KUROSAWA
Japon 2015 2h08mn VOSTF
avec Eri Fukatsu, Tadanobu Asano, Yû Aoi, Akira Emoto, Masao Komatsu...
Scénario de Kiyoshi Kurosawa et Takashi Yujita, d'après le roman de Kazumi Yumoto
Revenue de son travail, une jeune femme retrouve, brusque apparition plantée au milieu de son salon, son mari. Celui-ci est mort il y a plusieurs années, disparu en mer, et pourtant il est là. Ce spectre que rien ne semble distinguer d’un être bien vivant propose à son épouse d’entreprendre un voyage sur les lieux d’un passé commun, une petite ville, un village d’enfance, autant d’endroits d’où remontent divers souvenirs, peuplés de personnages accueillant l’homme et la femme comme s’ils revenaient d’une longue absence. Certaines des personnes qu’ils retrouvent sont, comprend-on progressivement, mortes aussi, revenants familiers d’une mémoire qui se revivifie au cours de ce périple. Mais ce voyage est l’occasion, pour les deux protagonistes, de tenter de trouver une réponse à diverses questions laissées ouvertes par la mort de l’homme et que le récit laissera d’ailleurs irrésolues... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi, mardi 18h et 20h - lundi 20h30
Belles familles
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Belles familles
Réalisé par Jean-paul RAPPENEAU
France 2015 1h53mn
avec Mathieu Amalric, Marine Vacth, Gilles Lellouche, Karin Viard, Nicole Garcia, Guillaume de Tonquédec, André Dussollier...
Jérôme Varenne (Mathieu Amalric, égal à lui-même), qui vit à Shanghai, est de passage à Paris chez sa mère (Nicole Garcia, inoxydable). Il apprend que la maison de famille où il a grandi, sur le point d’être vendue, est au cœur d’un litige entre l’acheteur (Gilles Lellouche) et le maire de sa ville natale (André Dussollier, savoureux). Plus curieux que son frère (Guillaume de Tonquédec, drolatique), il décide de se rendre sur place pour tenter de démêler l’affaire. Il ne se doute pas que ce retour vers son passé va bouleverser sa vie... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi, jeudi, vendredi, dimanche 11h et 17h45 - samedi 17h45 - lundi, mardi 11h, 13h45, 17h45
Youth
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Youth
Écrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...
Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche : 18h
Fatima
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Fatima
Écrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19mn
avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele...
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima Elayoubi
Fatima, c'est plus qu'un magnifique portrait de femme, c'est le portrait d'une foultitude d'autres et même, en filigrane, celui de notre société. C'est un film qui vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu'il sera impossible de regarder de la même manière les passantes inconnues que l'on croise dans la rue têtes nues ou discrètement voilées. Il n'y a qu'une chose à faire : éteindre complètement son portable, se lover dans son siège préféré puis se laisser porter pendant une petite heure dix neuf minutes où tout est merveilleusement dit et montré, avec une justesse de ton et une élégance discrète qui confirment que Philippe Faucon est décidément un grand cinéaste (on n'a pas oublié Samia, Dans la vie, le prémonitoire La Désintégration…). Et au fait, plus que jamais : arrivez à l'heure ! Il est impensable de louper le premier plan !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : vendredi, lundi 18h10 - samedi 14h
Marguerite
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Marguerite
Réalisé par Xavier GIANNOLI
France 2015 2h07mn
avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau, Christa Théret, Denis Mpunga, Sylvain Dieuaide, Aubert Fenoy...
Scénario de Xavier Giannoli, avec la collaboratio de Marcia Romano
Florence Foster Jenkins était une richissime américaine qui se rêvait diva. Persuadée d'être une grande soprano, elle fut beaucoup moquée, mais termina son étonnante carrière sur un concert mémorable à Carnegie Hall (les billets s'arrachèrent des semaines à l'avance, on refusa un monde fou). La particularité de cette grande originale était de ne pas s'entendre chanter, et donc d'être parfaitement inconsciente de la fausseté de sa voix. Loin de briser sa carrière dans l'œuf, ce petit inconvénient ne l'a pas empêchée de laisser une trace indélébile dans l'histoire du chant lyrique : Orson Welles s'en est d'ailleurs inspiré pour créer le personnage de l'épouse de son Citizen Kane, et on dit même que Hergé s'en est nourri pour créer la Castafiore que croise Tintin dans une de ses aventures les plus célèbres. Mais si son histoire a été le point de départ du film, Xavier Giannoli en fait une évocation toute personnelle et superbe, fatalement cocasse mais aussi pleine d'ambigüité, de beauté, d'émotions contradictoires, d'humanité, de poésie... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 14h - vendredi, dimanche et mardi 15h50
Adama
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Adama
Réalisé par Simon ROUBY
Film d'animation France 2015 1h22mn
Scénario de de Julien Lilti et Simon Rouby
Pour les enfants à partir de 9 ans
C’est un pari magnifique, presque insensé dans le monde souvent formaté du film d’animation. Le pari d’un conte initiatique qui s’enracine dans l’une des pages d’histoire les plus dramatiques du monde occidental moderne, mais à hauteur d’enfant. Le pari d’un récit au fil d’un extraordinaire voyage qui va des grands plateaux africains aux tranchées de Verdun. Le pari d’une animation aux mille et un visages, qui a su prendre le meilleur des techniques anciennes ou dernier cri sans perdre ni son âme ni sa générosité. Mais surtout le pari de miser sur l’intelligence, la curiosité, l’ouverture au monde et aux autres des jeunes spectateurs. C’est dire si nous recommandons plus que chaudement la vision en famille d’Adama qui parvient, avec poésie, force et beauté, à brasser des sujets complexes sans jamais être pesant ou donneur de leçons, et en gardant à l’esprit la dimension divertissante indispensable aux jeunes spectateurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, lundi et mardi : 14h

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

L'Homme irrationnel
L'HOMME IRRATIONNELÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2015 1h36mn VOSTF
avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey, Jamie Blackley...

Si tous les films étaient écrits et mis en scène avec le même talent, si tous faisaient preuve de la même fantaisie profonde, de la même légèreté grave pour épingler nos travers et nos lubies, pour en rire beaucoup et en pleurer un peu, le cinéma serait un perpétuel bain de jouvence. Depuis ses débuts, Woody Allen est passionné par la philosophie. Elle imprègne mine de rien ses films des grandes questions existentielles qu'il traite avec plus ou moins de noirceur ou d'humour. L'Homme irrationnel prend la philo à bras le corps, en fait sa matière même, qu'il malaxe avec délectation…
Abe Lucas est donc prof de philo mais pour l'heure c'est surtout un homme seul, qui a perdu toute joie de vivre. Son étude des grands penseurs ne l'a pas rendu heureux et ne lui a pas apporté non plus de réponses satisfaisantes quant au sens de la vie. S'il a autrefois aimé son métier d'enseignant, il estime aujourd'hui que ses cours n'auront aucune influence sur la plupart de ses étudiants. Bref, Abe déprime. C'est dans ce sombre état d'esprit qu'il débarque dans une petite bourgade de la côte est, dotée d'une modeste fac où il doit enseigner pendant l'été. Précédé d'une réputation sulfureuse (publications iconoclastes, rumeurs persistantes de frasques sexuelles avec des étudiantes), le professeur Lucas est donc attendu avec une certaine fébrilité dans la communauté universitaire. Woody Allen ne pouvait pas faire un meilleur choix que de confier le rôle à Joaquin Phoenix : son charisme, sa beauté inquiétante, la fragilité qu'il dégage font que l'on croit immédiatement en son personnage, et à tout ce qui se dit sur lui. Il incarne ce prof borderline avec une telle justesse, sans effet ni maniérisme, que l'on touche à la perfection.

Ce qui devait arriver arrive et peu de temps après son arrivée sur le campus, Abe entame deux liaisons. D'abord avec Rita Richards (formidable Parker Posey), collègue en manque d'affection qui compte sur Abe pour lui faire oublier un mariage qui s'ankylose. Ensuite avec Jill Pollard, (lumineuse Emma Stone, déjà présente et épatante dans Magic in the moonlight). Elle est sa plus brillante étudiante et devient très vite sa meilleure amie dans cette ville où il ne connaît personne. Et même si Jill est amoureuse de son petit ami Roy, elle trouve très vite irrésistible le tempérament torturé et fantasque de ce prof imprévisible, capable de lui proposer une gorgée de bourbon en pleine journée au milieu du campus. Mais la phase dépressive d'Abe s'aggrave et malgré les avances de plus en plus pressantes de la belle étudiante, il la rejette.
C'est alors que le hasard bouscule le destin de nos personnages : Abe et Jill surprennent dans une cafétéria une conversation qui va les bouleverser. Elle pousse Abe à prendre une décision cruciale, qui va le rendre à lui-même, prêt de nouveau à jouir pleinement de son existence, persuadé d'avoir repris les choses en main. Mais cette décision aura d'autres conséquences…

Il est des artistes qui, comme un artisan perfectionniste, remettent sans cesse sur le métier leur ouvrage, recherchant la forme idéale, chaise après chaise, toile après toile, film après film. Woody Allen est un de ceux-là, un des plus éminents, en version stakhanoviste : un film par an, sans exception, depuis trente-trois ans ! Cette régularité de métronome entraîne forcément quelques réactions désabusées : « Déjà ! », « Encore ! », « Le dernier n'était déjà pas terrible », « Il n'a rien fait de vraiment bien depuis Match point »… bla bla bla. Laissons les bla-blasés faire la fine bouche. Pour notre part, nous préférons nous souvenir des multiples moments de pur bonheur et de vive intelligence que nous avons partagés avec le bonhomme. Nous choisissons le camp des modestes jouisseurs, appréciant à sa juste et haute valeur ce Woody Allen 2015. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche, lundi 16h et 20h45 - jeudi 18h10 et 20h45 - vendredi 16h -samedi, mardi 18h10


Vers l'autre rive
VERS L’AUTRE RIVERéalisé par Kiyoshi KUROSAWA
Japon 2015 2h08mn VOSTF
avec Eri Fukatsu, Tadanobu Asano, Yû Aoi, Akira Emoto, Masao Komatsu...
Scénario de Kiyoshi Kurosawa et Takashi Yujita, d'après le roman de Kazumi Yumoto

« Pétri d’éléments puisés dans la spiritualité japonaise, ce film offre aux esprits occidentaux une possibilité de penser autrement la mort, tout comme la vie. » Masa Sawada, producteur du film
Avec son nouveau film, il semblerait bien que Kiyoshi Kurosawa soit parvenu à un lumineux et splendide dépassement de son art, à une sorte d’épure débarrassée de ce qui, de l’épouvante cinématographique nipponne, résistait encore à sa singularité. Les fantômes philosophiques de l’auteur de Kairo ne font plus peur. Ils témoignent, par un apparent paradoxe, de l’unicité et de l’étrangeté d’une réalité qui ne se laisse pas réduire par les étroites conceptions des humains.

Revenue de son travail, une jeune femme retrouve, brusque apparition plantée au milieu de son salon, son mari. Celui-ci est mort il y a plusieurs années, disparu en mer, et pourtant il est là. Ce spectre que rien ne semble distinguer d’un être bien vivant propose à son épouse d’entreprendre un voyage sur les lieux d’un passé commun, une petite ville, un village d’enfance, autant d’endroits d’où remontent divers souvenirs, peuplés de personnages accueillant l’homme et la femme comme s’ils revenaient d’une longue absence.
Certaines des personnes qu’ils retrouvent sont, comprend-on progressivement, mortes aussi, revenants familiers d’une mémoire qui se revivifie au cours de ce périple. Mais ce voyage est l’occasion, pour les deux protagonistes, de tenter de trouver une réponse à diverses questions laissées ouvertes par la mort de l’homme et que le récit laissera d’ailleurs irrésolues.
La figure du fantôme est essentiellement associée à l’obsession de la vengeance, au remords et à la culpabilité. Si ces deux sentiments ne sont pas absents de cette odyssée de la remémoration, ils sont très vite submergés par celui, plus fort, du deuil impossible et de la résignation nécessaire. Bouleversante quête d’un sens introuvable, Vers l’autre rive souligne que la seule réconciliation possible n’existe que dans la conscience de son impossibilité. Sans doute, pour la première fois de façon directe et littérale, apparaît dans un cinéma marqué depuis toujours par le questionnement philosophique une de ses sources possibles, le shintoïsme.
Et sans doute le film devait-il déboucher sur une séquence particulièrement étrangère à l’inquiétude clinique qui caractérise la filmographie de Kurosawa, une scène au cours de laquelle l’homme et la femme s’unissent enfin, et à nouveau, charnellement. Le sexe est ici exalté comme ce qui demeure la seule réalité possible et vitale de l’amour. (J.F. Rauger, Le Monde)

Ce n’est pas une découverte mais Kiyoshi Kurosawa est un grand metteur en scène, créant le trouble par de simples raccords, par la disposition des présences dans des espaces géométriques et souvent symétriques, une extrême attention aux corps et des visages – quelques gros plans très marquants où les personnages ont les yeux plantés dans ceux du spectateur : on pense évidemment à Ozu. On retient aussi des compositions du décor et un travail sur la lumière admirables. Il fait naître ici de superbes suspenses émotionnels par le (simple) dévoilement de nouvelles parcelles d’espace par des recadrages dans le plan en usant de travellings ou zooms arrière délicats. (A. Hée, critikat.com)

Le Vox (Fréjus) : jeudi, mardi 18h et 20h - lundi 20h30


Belles familles
BELLES FAMILLESRéalisé par Jean-paul RAPPENEAU
France 2015 1h53mn
avec Mathieu Amalric, Marine Vacth, Gilles Lellouche, Karin Viard, Nicole Garcia, Guillaume de Tonquédec, André Dussollier...
Scénario de Jean-Paul Rappeneau en collaboration avec Philippe Le Guay et Julien Rappeneau

Jérôme Varenne (Mathieu Amalric, égal à lui-même), qui vit à Shanghai, est de passage à Paris chez sa mère (Nicole Garcia, inoxydable). Il apprend que la maison de famille où il a grandi, sur le point d’être vendue, est au cœur d’un litige entre l’acheteur (Gilles Lellouche) et le maire de sa ville natale (André Dussollier, savoureux). Plus curieux que son frère (Guillaume de Tonquédec, drolatique), il décide de se rendre sur place pour tenter de démêler l’affaire. Il ne se doute pas que ce retour vers son passé va bouleverser sa vie…
Jean-Paul Rappeneau est un cinéaste rare (c’est seulement son troisième opus depuis Cyrano de Bergerac) car perfectionniste. Une fois encore, il réussit un film comme on n’en fait plus beaucoup à présent, qui n’a pas peur des grands sentiments, et qui, par le nombre de ses péripéties, son souffle, l’importance qu’il accorde à sa galerie de personnages, acquiert une densité romanesque. Bondissant, vif, alerte, le film, imparablement rythmé, est un régal de chaque instant.

« Jean-Paul Rappeneau, c’est l’auteur du Sauvage, l’une des très rares comédies françaises dignes des grandes comédies américaines des années trente et quarante. Dans Belles familles, on retrouve cette orfèvrerie des comédies sophistiquées, cent coudées au-dessus de l’ordinaire comique de notre cinéma. Rappeneau ne cherche pas à exploiter un filon commercial à la mode, à faire un coup facile au box-office, mais à fignoler patiemment et amoureusement un film de genre « comédie » avec les méthodes anciennes. Ces méthodes anciennes consistent en un récit complexe mais limpide, avec une intrigue à plusieurs tiroirs et doubles fonds, des dialogues à double sens et sous-entendus, des échos et rimes qui miroitent tout du long, des quiproquos, des personnages pas à leur place, des ellipses, une gestuelle quasi-burlesque, des plans et un montage qui parlent parfois mieux qu’une ligne de dialogue, des variations entre le rire, la gravité et la profondeur. Belles familles est un subtil et gracile édifice.
« Méthodes old school ne veut pas dire film vieillot. Belles familles parle d’aujourd’hui, de notre temps mondialisé et accéléré par les technologies. Ou plutôt, il montre l’entrechoquement entre une certaine France, ses vieilles pierres, ses anciennes familles, ses règles et lois immuables, ses classes sociales, ses rythmes lents, son art de vivre et sa pesanteur, et le monde de la classe affaires internationale, sa fluidité, sa rapidité, son métissage, son efficacité, sa froideur, son cynisme. Tout le film est construit sur le frottement entre ces vitesses asynchrones, fuseaux horaires contre ancrage ancestral, tradition-héritage contre modernité-nomadisme : comment dilater, retarder, le moment de signer un deal franco-chinois à Londres (capitale de la finance-business globalisée) et comment concentrer, accélérer le règlement d’une succession dans une sous-préfecture de province. Le héros, Mathieu Amalric, est écartelé entre ces deux options de vitesse, qui sont aussi des choix politiques, romantiques, existentiels. Dans le registre comédie française grand public, je n’échangerais pas ce Belles familles haut cru contre tout ce qui se fait et cartonne depuis des années. » (Serge Kanganski, Les Inrockuptibles)


CGR (Draguignan) : mercredi, jeudi, vendredi, dimanche 11h et 17h45 - samedi 17h45 - lundi, mardi 11h, 13h45, 17h45


Youth
YOUTHÉcrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...

Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament – Harvey Keitel – et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite – Michael Caine. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ? Cela dit, même à 80 ans, les choses ne sont pas si simples, surtout quand on a une grande fille qui est aussi son agent personnel et qui a des idées bien arrêtées sur ce qu'est la carrière d'un grand maître de la musique…

La présence de ces personnages dans ce lieu de rencontre naturel qu'est l'hôtel va permettre de multiples échanges qui seront source de réflexion et même d'évolution pour certains. La vie, la mort, la création, la beauté, le sens des choix que l'on fait, le temps qui passe, l'amitié, la paternité, l'amour, la fidélité, ce qui nous obsède, ce dont on se souvient, ce que l'on préfère oublier… autant de thèmes évoqués ou sous-entendus lors de ces discussions plus profondes qu'elles n'en ont l'air sur le moment. Cela n'empêche d'ailleurs pas nos octogénaires d'aborder des questions plus terre à terre, comme de s'enquérir chaque jour du nombre de gouttes qu'ils auront réussi à pisser ! Et l'on peut faire confiance à Paolo Sorrentino pour déployer tout au long du film une finesse, une subtilité, une tendresse, une drôlerie qui font tout son prix.
Ce nouveau film de l'italien Sorrentino est tourné en anglais et l'immense Michael Caine prend en quelque sorte le relais de Toni Servillo, l'acteur fétiche du réalisateur, dans le rôle de l'homme d'âge mur impassible, au regard affûté, qui occupe son temps à scruter les habitudes et les manies de ses semblables. Les autres acteurs sont tout autant à leur place dans l'univers de Sorrentino, Paul Dano, parfait, ou Harvey Keitel dont vous n'oublierez pas le face à face avec Jane Fonda.

Plus encore que dans ses précédents films, La Grande bellezza ou Il Divo, l'humour est ici très présent : il s'exprime essentiellement à travers des dialogues savoureux, mais aussi au détour de quelques épatantes trouvailles visuelles, qu'il s'agisse d'un tatouage que nous découvrons petit à petit ou de la surprise rencontrée par une petite fille dans une allée sombre de l'établissement… Bref, un qualificatif résume bien la forte impression que nous fait ce film : brillant ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche : 18h


Fatima
FATIMAÉcrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19mn

avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele..
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima Elayoubi

Fatima, c'est plus qu'un magnifique portrait de femme, c'est le portrait d'une foultitude d'autres et même, en filigrane, celui de notre société. C'est un film qui vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu'il sera impossible de regarder de la même manière les passantes inconnues que l'on croise dans la rue têtes nues ou discrètement voilées. Il n'y a qu'une chose à faire : éteindre complètement son portable, se lover dans son siège préféré puis se laisser porter pendant une petite heure dix neuf minutes où tout est merveilleusement dit et montré, avec une justesse de ton et une élégance discrète qui confirment que Philippe Faucon est décidément un grand cinéaste (on n'a pas oublié Samia, Dans la vie, le prémonitoire La Désintégration…). Et au fait, plus que jamais : arrivez à l'heure ! Il est impensable de louper le premier plan !

Fatima, un prénom de princesse presque devenu un nom commun tant on l'associe aux dames de ménage corvéables à merci, prolétaires de l'ombre destinées à la serpillière. Notre Fatima ne rompt pas avec ce cliché. Le pâle sourire qui illumine son visage débonnaire, son allure de quarantenaire plantureuse, vêtue soigneusement mais sans souci d'effets de mode, son voile qui cache ses cheveux : tout contribue à en faire une Fatima semblable à ces milliers d'autres qu'on voit circuler dans l'indifférence générale de nos cités. Dans la grisaille du petit jour, elle semble presque glisser, anodine et frêle, pour aller travailler dans divers lieux où l'on s'adresse à elle avec une condescendance déshonorante (plus encore d'ailleurs pour ceux qui en font preuve que pour elle qui la subit). Le soir, rentrée à l'appartement, il lui reste encore à affronter l'arrogance de sa plus jeune fille, Souad, qui du haut de ses quinze ans la juge de manière tranchante. Comme si Fatima était le symbole de l'entrave à son intégration, l'empêcheuse de se normaliser en rond. Sa révolte se trompe d'ennemie, elle est le fruit d'une société qui l'incite à avoir honte d'une mère qui n'est bonne qu'à « laver la merde des Français » et qui ne sait même pas parler leur langue…
Heureusement, son aînée, Nesrine, remet un peu sa cadette en place. Elle connaît le prix de l'ascension sociale, les sacrifices maternels pour qu'elle parvienne jusqu'au concours de médecine… Tout un discours tellement ressassé par la voix haut perchée de Fatima que Souad le rejette en bloc et ne veut plus l'entendre. Elle mériterait bien des baffes parfois, et on aurait presque envie de secouer Fatima qu'on pourrait prendre tout d'abord, bêtement, comme le fait une bonne partie de son entourage, pour le prototype de la femme soumise. Progressivement on découvre combien on a tout faux, à quel point on est tombé dans le piège du délit de faciès et on fond d'admiration pour cette bonne femme à la volonté tenace, pour son obstination à ne céder ni à la violence ni au mépris qu'on lui renvoie de toutes parts. Elle a cette force insoupçonnable de celle qui n'a rien à prouver. On peut bien la prendre pour une imbécile, cela n'altère en rien ce qu'elle est, ses mérites. Si elle ne fait pas de vagues, c'est qu'elle reste tendue vers son but, ne s'en détourne jamais : amener ses filles vers un rivage qui l'a elle même rejetée ou en tout cas bien mal accueillie. Et la traversée est tellement semée d'embûches que dans la bataille, cette altruiste s'est tout simplement oubliée, sacrifiant une part d'elle-même.

Plus on rentre dans son intimité, plus on dépasse sa difficulté à s'exprimer, cette barrière de la langue qui crée un fossé infranchissable entre les humains, plus sa beauté intérieure se dévoile, irradie. Personnage complexe et subtil, à l'intelligence vive, aux propos pertinents. On souhaiterait tous avoir une telle Fatima dans sa vie ! Pour l'heure Philippe Faucon nous l'offre dans son film : ne la laissons pas passer !

Le Vox (Fréjus) : vendredi, lundi 18h10 - samedi 14h


Marguerite
MARGUERITERéalisé par Xavier GIANNOLI
France 2015 2h07mn
avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau, Christa Théret, Denis Mpunga, Sylvain Dieuaide, Aubert Fenoy...
Scénario de Xavier Giannoli, avec la collaboratio de Marcia Romano

Florence Foster Jenkins était une richissime américaine qui se rêvait diva. Persuadée d'être une grande soprano, elle fut beaucoup moquée, mais termina son étonnante carrière sur un concert mémorable à Carnegie Hall (les billets s'arrachèrent des semaines à l'avance, on refusa un monde fou). La particularité de cette grande originale était de ne pas s'entendre chanter, et donc d'être parfaitement inconsciente de la fausseté de sa voix. Loin de briser sa carrière dans l'œuf, ce petit inconvénient ne l'a pas empêchée de laisser une trace indélébile dans l'histoire du chant lyrique : Orson Welles s'en est d'ailleurs inspiré pour créer le personnage de l'épouse de son Citizen Kane, et on dit même que Hergé s'en est nourri pour créer la Castafiore que croise Tintin dans une de ses aventures les plus célèbres. Mais si son histoire a été le point de départ du film, Xavier Giannoli en fait une évocation toute personnelle et superbe, fatalement cocasse mais aussi pleine d'ambigüité, de beauté, d'émotions contradictoires, d'humanité, de poésie…
Il baptise sa diva Marguerite et la fait vivre en France dans les années vingt, période foisonnante aussi bien dans l'évolution des mœurs que dans celle des arts, l'entoure de personnages qui contribuent à donner au film un intérêt et une profondeur bien au-delà du simple récit d'un destin surprenant. Et il a l'idée imparable de confier ce rôle périlleux à une Catherine Frot baroque et bouleversante : des atouts qui devraient bien lui valoir quelque prix à la Mostra de Venise pour laquelle il a été sélectionné.

Marguerite vit dans un décor de rêve : château cossu, lourdes tentures, lumière veloutée, personnel dévoué, mari séduisant dont elle est profondément amoureuse. La mode de l'époque, épatante d'élégance et de sensualité, lui donne belle allure et sa fortune lui vaut la bienveillance ostentatoire d'une petite cour qui se presse dans ses salons pour participer aux soirées musicales qu'elle organise avec un sens du détail où se manifeste sa nature généreuse. Pas de doute, Marguerite sait recevoir et elle a les moyens de ne pas lésiner. Elle est la bienfaitrice d'un groupe de musique qui lui doit son existence, et si des artistes de talent se produisent lors de ses petits concerts privés, elle en est la vedette obligée. Marguerite a pour passion la musique et particulièrement l'opéra. Une passion qui l'absorbe tout entière, la dévore, fait exulter sa vie : elle aime chanter, elle veut chanter et travaille comme une forcenée à exercer sa voix, n'hésite pas à aborder les morceaux les plus ardus qu'elle écorche avec une obstination qui force l'admiration. Pas un de ses prétendus admirateurs n'ose lui dire qu'elle chante horriblement faux, « sublimement faux, divinement faux, sauvagement faux » s'extasie un petit journaliste qui ne va surtout pas le lui répéter mais qui va la convaincre au contraire de se produire devant un vrai public.
Chacun l'encourage : par hypocrisie, par intérêt financier, par lâcheté ou encore parce qu'elle est confondante de gentillesse et que cette passion pour le chant lui est tellement essentielle qu'on imagine qu'elle s'écroulerait si on l'en privait… Chanter est pour elle à la fois souffrance et bonheur, un remède à sa profonde solitude, une tentative désespérée de gagner le cœur d'un mari qui ne sait pas toujours s'il a envie de fuir ou de la protéger, une nécessité pour se sentir vivre, pour ne pas sombrer… Il y a quelque chose de grandiose, de drôle et de tragique dans cette obstination à ne pas voir, à ne pas comprendre les réactions d'un entourage où toutes et tous sont complices du mensonge ambiant.

Catherine Frot impose comme une évidence une Marguerite merveilleuse de candeur, touchante de sincérité parmi une société de profiteurs et de cyniques où chacun triche, trompe, trahit… Fatalement le film est ponctué de quelques grands airs, parmi les plus audacieux du répertoire classique, et si on est d'abord ahuri par cette voix qui déraille, on en arrive à écouter avec curiosité puis on finit par se laisser convaincre et profondément émouvoir par l'expression de cette passion qui autorise toutes les audaces. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : jeudi et mardi à 15h55


Adama
ADAMARéalisé par Simon ROUBY
Film d'animation France 2015 1h22mn
Scénario de de Julien Lilti et Simon Rouby
Pour les enfants à partir de 9 ans

C’est un pari magnifique, presque insensé dans le monde souvent formaté du film d’animation. Le pari d’un conte initiatique qui s’enracine dans l’une des pages d’histoire les plus dramatiques du monde occidental moderne, mais à hauteur d’enfant. Le pari d’un récit au fil d’un extraordinaire voyage qui va des grands plateaux africains aux tranchées de Verdun. Le pari d’une animation aux mille et un visages, qui a su prendre le meilleur des techniques anciennes ou dernier cri sans perdre ni son âme ni sa générosité. Mais surtout le pari de miser sur l’intelligence, la curiosité, l’ouverture au monde et aux autres des jeunes spectateurs. C’est dire si nous recommandons plus que chaudement la vision en famille d’Adama qui parvient, avec poésie, force et beauté, à brasser des sujets complexes sans jamais être pesant ou donneur de leçons, et en gardant à l’esprit la dimension divertissante indispensable aux jeunes spectateurs.

C’est bien sûr de la guerre 14-18 qu’il s’agit, mais aussi et surtout de fraternité entre les peuples, en dépit des différences de culture ou de tradition… C’est donc l’histoire d’Adama, jeune gamin d’une douzaine d’année, qui vit dans un village isolé d’Afrique de l’Ouest. Au-delà des falaises, loin de l’univers serein régi par les traditions ancestrales, s’agite le Monde des Souffles. Là où règnent les Nassaras, les étrangers, les blancs – et, pourrait-on ajouter, les colons.
Une nuit, Samba, son frère aîné, disparaît. Il a décidé de partir rejoindre les troupes de l’armée française pour combattre un ennemi dont il ne connaît rien, dans un pays qui lui est totalement étranger. Adama, bravant l’interdit des anciens, décide alors de partir à sa recherche. Il entame, avec la détermination sans faille d’un enfant devenant homme, une quête qui va le mener au-delà des mers, au Nord, jusqu’aux lignes de front du conflit, dans un pays glacé et déjà défiguré par les combats. Nous sommes en 1916…

Le film est une invitation à partager une histoire commune à l’Europe et à l’Afrique. Il est dans sa forme même une expression artistique métissée. Adama n’est pas français, européen ou africain, il n’a d’autre nationalité que son identité artistique hybride, composée des influences graphiques et musicales de l’Afrique, de l’Europe, des Caraïbes, de l’Amérique… En ces temps de repli, de rejet, de confrontation parfois brutale entre les hommes, Adama saisit au vol l’épisode tragique d’une fraternité passée pour peut-être tenter de construire au travers du cinéma celle de demain.

Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, lundi et mardi : 14h

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358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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