Au(x) cinéma(s) du 28 septembre au 4 octobre

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Bonjour à tous !

Pour ce mois d'Octobre, Entretoiles se penche sur le cinéma roumain : notre prochaine proposition, mercredi prochain est Le Trésor, film de Corneliu Porumboiu, récit d'un épopée surréaliste et absurde, et pourtant ancrée dans la réalité, un film "fin, subtil, touchant et irrésistiblement drôle". Et le 16 octobre, notre proposition,  au CGR cette fois ci, sera un autre film roumain : Sieranevada de Crisit Puiu, l'histoire d'un repas familial chaotique, alternant rire et angoisse : le sujet n'est pas sans rappeler celui de Juste la fin du monde de Xavier Dolan...

Passons maintenant à ce que nous proposent nos écrans : au CGR le film "Cinéclub" est Dernier train pour Busan, film coréen "horrifique jubilatoire". Mais sinon, vous pouvez aussi voir le dernier film de Xavier Dolan Juste La Fin Du Monde, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2016, Cézanne et moi,  un récit intimiste et libre de l'amitié entre Cézanne et Zola, mais aussi Un petit boulot de Pascal Chaumeil,(aussi à Cotignac) un "polar acide et plaisant", et Comancheria, de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des années..." .


Au Vox,  La Danseuse  de Stéphanie Di Giusto, Divines de Houda Benyamina, caméra d'or au Festival de Cannes 2016, un film "brillant, embalant, magnifiquement interprêté". , Frantz, le dernier film de François Ozon, un très beau film romanesque (aussi à Lorgues et Salernes), Le Fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant.(aussi à Salernes) Au Luc, voici le retour de notre lanceur d'alerte qu'est Michael Moore avec Where To Invade Next où il nous propose de découvrir les vertus du "nous", au lieu de l'obsession du "soi"...
Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez  vite à Lorgues  et à Salernes : c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 28 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2016

Affiche
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Le Trésor
Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU
Roumanie 2015 1h29mn VOSTF
avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu, Corneliu Cozmei, Cristina Toma...
Costi est un jeune père de famille, aimant, aimé et pas malheureux, mais un peu enfermé dans une vie domestique ronronnante et un boulot pas franchement passionnant. Et puis un soir, Adrian, un voisin qu'il connaît à peine, vient toquer à sa porte et solliciter son aide. Il est étranglé financièrement, accablé de dettes, et aurait besoin de huit cents euros pour se sortir de cette situation insoluble. Costi est touché mais forcé de refuser, cette somme est beaucoup plus qu'il ne peut se le permettre. L'autre revient à la charge et s'explique : ces huit cents euros sont en réalité un investissement pour acheter le matériel nécessaire à la recherche du magot que son arrière-grand-père aurait enterré avant l'arrivée des communistes dans le jardin de la maison familiale. Sa demande se mue alors en offre : en compensation de son investissement et de son aide pour aller déterrer le fameux magot, Adrian partagerait avec Costi la moitié de la fortune planquée par son ancêtre. Costi, que l'ennui guette et qui aime lire à son fils des contes et des histoires – celle de Robin des Bois notamment –, se laisse entraîner dans cette invraisemblable promesse d'aventure... lire la suite
Le Bucéphale (Draguignan) : séance Entretoiles le mercredi 5 octobre à 20h
Le Coeur régulier : Affiche
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Dernier train pour Busan
Rréalisé par YEON Sang-ho
Corée du Sud 2016 1h58mn VOSTF
avec Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Jeong Yu-mi, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik...
Scénario de Park Joo-suk
Un film horrifique jubilatoire qui, évidemment, file à un train d'enfer ! On croyait tout connaître des morts-vivants, jusqu'à ce qu'on découvre leur version sud-coréenne. S'ils ont autant la gnaque que leurs homologues occidentaux, ceux-là ont pourtant subi une mutation assez préoccupante : ce sont des zombies à grande vitesse (des ZGV ?). Contrairement aux créatures lentes et hébétées qui traînent leurs pantalons déchirés dans les séries B du vieux maître Romero, ces monstres extrêmes asiatiques sont des rapides. Ils cavalent à toute blinde derrière leurs proies, comme une meute de rats affamés aux yeux blancs, d'autant plus flippants qu'ils opèrent en milieu clos, à l'intérieur d'un train plein d'innocents voyageurs... lire la suite
CGR (Draguignan) en Ciné-club : mercredi 28 à 18h - jeudi 29 à 13h30 - vendredi 30 à 15h45 - samedi 1er à 17h45 - dimanche 2 à 20h - lundi 3 à 15h30 - mardi 4 à 11h
Affiche
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Cézanne et moi
Écrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...
C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola. Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée... lire la suite
CGR (Draguignan) : tous les jours : 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h15
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 28, jeudi 29 et dimanche 2 à ,11h, 13h45, 16h, 18h15, 20h15 et 22h15 - vendredi 30 et mardi 4 : 11h, 13h45, 16h, 18h, 20h15, 22h15 -  samedi 1er à 11h, 13h15, 15h45, 18h15, 20h15 et 22h15 - lundi 3 à 11h, 13h45, 16h, 18h, 20, 22h15
Affiche
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Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison
C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi 29 et vendredi 30 à 11h15
Cotignac : dimanche 2 à 18h
Affiche
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
CGR (Draguignan) : en VF uniquement Tous les jours à 17h45
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 à 18h30, vendredi 30 à 15h40, samedi 1er et dimanche 2 à 14h, mardi 4 à 16h15
Cotignac : jeudi 29 à 20h30
Salernes : jeudi 29, vendredi 30 et lundi 3 à 20h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...
L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.
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Le Vox (Fréjus) :mercredi 28 à 16h15 et 20h45, jeudi 29 à 15h et 17h30, vendredi 30 à 16h15, samedi 1er à 16h15 et 18h15, dimanche 2 à 15h40 et 20h45, lundi 3 à 15h, mardi 4 à 16h15 et 18h30
Lorgues : mercredi 28 à 17h et lundi 3 à 21h
Salernes : jeudi 29 et dimanche 2 à 18h - mardi 4 à 21h
Affiche
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Where To Invade Next
Écrit et réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.
Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière. Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump... lire la suite
Le Luc : jeudi 29 à 19h et samedi 1er à 18h
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La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista
La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28, vendredi 30, samedi 1er, mardi 4 à 14h, 18h30, 20h45 - jeudi 29 et lundi 3 : 15h, 17h30 et 20h - dimanche 2 : 14h, 16h15 et 21h
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Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016

Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks ! Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 à 15h45, vendredi 30 à 17h45, samedi 1er et mardi 4 à 20h45, dimanche 2 à 18h30 - lundi 3 à 17h30
Cotignac : vendredi 30 à 20h30
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Genius
Réalisé par Michael GRANDAGE
GB 2016 1h44mn VOSTF
avec Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman, Laura Linney, Guy Pearce, Dominic West...
Scénario de John Logan d'après la biographie Max Perkins, Editor of Genius d'Andrew Scott Berg (prix Pulitzer)
Lorsque Thomas Wolfe vient trépigner devant la célèbre maison d'édition Scribner à New-York, en quête de la réponse pour un manuscrit qu'il leur a confié, il s'attend une fois de plus à essuyer un refus. Il ne se doute pas du tout qu'il va y rencontrer un re-lecteur fabuleux qui va bouleverser sa vie. Un de ceux qui vous aiguillent, vous redonnent du courage, ne vous lâchent jamais. Un vrai passionné qui va bien au-delà de sa fonction première de correcteur. Nous sommes dans les années vingt et, Max Perkins, c'est le nom de l'éditeur, malgré ses airs trop propres sur lui, a une audace intellectuelle rare et sait repérer ce que ses collègues ne voient pas. Il va savoir reconnaître une littérature qui émerge et sort des sentiers battus alors que ses confrères passent tous à côté. Grâce à lui va être mise en lumière toute une nouvelle génération d'écrivains dont les fameux Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway... lire la suite
Lorgues : mercredi 28 à 21h05, samedi 1er à 18h et dimanche 2 à 19h
Affiche
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
.. lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 28, vendredi 30, samedi 1er, dimanche 2 et mardi 4 à 14h
Salernes : Samedi 1er à 18h et dimanche 2 à 15h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Le Trésor
Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU
Roumanie 2015 1h29mn VOSTF
avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu, Corneliu Cozmei, Cristina Toma...

Il y a une dizaine d'années, Corneliu Porumboiu était un des ces réalisateurs par lesquels nous découvrions la vitalité du jeune cinéma roumain, qui trustait alors les grands festivals de cinéma du monde entier et nous régalait de pépites aussi étonnantes que passionnantes. Nous fîmes sa connaissance à l'occasion de son premier film, 12h08 à l'est de Bucarest, lauréat en 2006 de la Caméra d'Or (prix du meilleur premier film, toutes compétitions confondues) au Festival de Cannes. Trois ans plus tard, nous retrouvions Corneliu sur la Croisette où son deuxième film, Policier, adjectif, gagnait le Prix du Jury de la sélection Un Certain Regard. Ces deux premiers films dévoilaient le talent d'un cinéaste qui s'attachait à ausculter l'histoire de son pays avec un vrai sens de la mise en scène et des dialogues, un cinéma d'une apparente austérité toujours contrebalancée par une fantaisie décalée et un humour pince-sans-rire réjouissants. Et puis nous l'avions un peu perdu de vue alors que ses deux films suivants, Métabolisme et Match retour, tendaient vers un conceptuel un peu trop aride à notre goût… Nous sommes donc bien contents de retrouver avec Le Trésor le Porumboiu que nous avons tant aimé !

Costi est un jeune père de famille, aimant, aimé et pas malheureux, mais un peu enfermé dans une vie domestique ronronnante et un boulot pas franchement passionnant. Et puis un soir, Adrian, un voisin qu'il connaît à peine, vient toquer à sa porte et solliciter son aide. Il est étranglé financièrement, accablé de dettes, et aurait besoin de huit cents euros pour se sortir de cette situation insoluble. Costi est touché mais forcé de refuser, cette somme est beaucoup plus qu'il ne peut se le permettre. L'autre revient à la charge et s'explique : ces huit cents euros sont en réalité un investissement pour acheter le matériel nécessaire à la recherche du magot que son arrière-grand-père aurait enterré avant l'arrivée des communistes dans le jardin de la maison familiale. Sa demande se mue alors en offre : en compensation de son investissement et de son aide pour aller déterrer le fameux magot, Adrian partagerait avec Costi la moitié de la fortune planquée par son ancêtre. Costi, que l'ennui guette et qui aime lire à son fils des contes et des histoires – celle de Robin des Bois notamment –, se laisse entraîner dans cette invraisemblable promesse d'aventure. Les deux compères se lancent donc dans la préparation de leur chasse au trésor, et particulièrement dans la recherche d'un indispensable détecteur de métaux qui leur sera livré avec un troisième larron pour le manipuler. Et voilà nos trois pieds-nickelés qui prennent la route jusqu'à la demeure de la famille d'Adrian…

Le Trésor est donc le récit de cette épopée aussi surréaliste et absurde qu'ancrée dans la réalité, révélatrice de la situation passée et présente de la Roumanie. Au fur et à mesure que les trois personnages s'enfoncent dans les complications et dans le trou qu'ils creusent sans relâche, Porumboiu dévoile avec intelligence les différentes époques qui ont marqué le pays et dont la maison familiale fut le témoin. Et si le suspense monte inexorablement quand les recherches s'approchent de leur but, les situations burlesques et les gags cocasses se multiplient alors que la tension s'installe entre les trois personnages épuisés par leurs efforts. Sans cesse surprenant jusqu'à un dénouement mêlant à l'ironie mordante une émouvante touche de poésie, Porumboiu réussit avec Le Trésor un film fin, subtil, touchant et irrésistiblement drôle, le retour en grande forme d'un réalisateur brillant et singulier. (Utopia)


Le Bucéphale (Draguignan) : séance Entretoiles le mercredi 5 octobre à 20h

 

 

Dernier train pour Busan
Réalisé par YEON Sang-ho
Corée du Sud 2016 1h58mn VOSTF
avec Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Jeong Yu-mi, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik...
Scénario de Park Joo-suk

Un film horrifique jubilatoire qui, évidemment, file à un train d'enfer ! On croyait tout connaître des morts-vivants, jusqu'à ce qu'on découvre leur version sud-coréenne. S'ils ont autant la gnaque que leurs homologues occidentaux, ceux-là ont pourtant subi une mutation assez préoccupante : ce sont des zombies à grande vitesse (des ZGV ?). Contrairement aux créatures lentes et hébétées qui traînent leurs pantalons déchirés dans les séries B du vieux maître Romero, ces monstres extrêmes asiatiques sont des rapides. Ils cavalent à toute blinde derrière leurs proies, comme une meute de rats affamés aux yeux blancs, d'autant plus flippants qu'ils opèrent en milieu clos, à l'intérieur d'un train plein d'innocents voyageurs.

Là aussi c'est une première : avec Dernier train pour Busan, l'horreur est sur des rails, dans une enfilade de compartiments, si semblables à nos propres TGV qu'on ne pourra plus jamais aller boire un café en voiture bar sans claquer des dents. Couloirs, portes coulissantes, toilettes, étagères porte-bagages, le réalisateur déniche dans chaque recoin de cette espace étroit, tout en longueur, des occasions de suspense haletant, de formidables idées de mise en scène.
Piège en mouvement : une grappe de mordeurs (moins gourmand que le zombie classique, le zombie coréen se contente de mâchouiller pour transmettre son « virus ». C'est quand même très saignant) en voiture 14, une autre en voiture 9, et leurs victimes au milieu… Pourquoi ne pas simplement arrêter le train pour s'enfuir ? Parce que dehors, c'est pire ! Les zombies sont partout, le pays est à feu et à sang, l'état de siège est déclaré. Lancés à pleine vitesse vers Busan, la seule ville (peut-être) épargnée, les passagers doivent tenir.

Le film se concentre sur un petit groupe de survivants, plus vivants et incarnés que dans la plupart des autres films d'horreur/catastrophe du même genre : un père divorcé et sa fillette, une femme enceinte, un blagueur costaud, deux ados, un homme d'affaires… toute une micro-société témoin, où se combattent lâcheté et courage, solidarité et individualisme féroce, héros et salauds. Car bien sûr, ici comme chez Romero, le réjouissant jeu de massacre se fait conte politique : pas seulement parce qu'on nous dit que l'épidémie est un effet secondaire de la course au profit, de la spéculation autour d'une industrie biochimique manifestement peu fiable, mais aussi parce que le film démontre, à sa manière ludique et ultra-violente, que la seule chance de survie passe par l'entraide.

(C. Mury, Télérama)


CGR (Draguignan) en Ciné-club : mercredi 28 à 18h - jeudi 29 à 13h30 - vendredi 30 à 15h45 - samedi 1er à 17h45 - dimanche 2 à 20h - lundi 3 à 15h30 - mardi 4 à 11h


Cézanne et moi
CÉZANNE ET MOIÉcrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...

C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola.
Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée…
Alors bien entendu, on a connu plus sobre et plus intimiste dans les portraits au cinéma de grands artistes : Pialat quand il fait son inoubliable Van Gogh ou même Michel Bouquet quand il incarne Renoir au crépuscule de sa vie… Danièle Thompson est dans une autre démarche, plus flamboyante et son histoire est à l’image de cette amitié incandescente entre deux fougues inépuisables que rien ne semble freiner… alors oui bien sûr, parfois, on a un peu le tournis, ça s’enflamme et ça jaillit de tous côtés, ça explose souvent, ça va et vient entre les époques, les œuvres, les succès, les déceptions. Mais à chaque fois que le film semble s’alourdir, l’écriture reprend le flambeau du récit. Les dialogues sont ciselés avec une rare intelligence, le rythme est parfait, le ton juste et le verbe reprend toujours ses droits, portés par deux comédiens habités par l’aura de ces grands hommes.

Il faut dire qu’elle est intense, cette histoire d’amitié, elle ne connaît pas la tiédeur. Cézanne et Zola se rencontrent à Aix, ils ont treize ans et partagent les mêmes rêves, les mêmes utopies… tous deux montent à Paris, fréquentent les même quartiers : Montmartre, les Batignolles, tous deux crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, tous deux ont soif de reconnaissance et de gloire aussi… Mais alors que Zola va connaître rapidement le succès et devenir très vite « un auteur » reconnu et respecté, son ami Paul, impétueux, colérique, intransigeant avec son art et avec lui-même, ne parvient pas à percer et s’enferme peu à peu dans la posture de l’artiste incompris et maudit, bohème, éternellement fauché, irrémédiablement tourmenté. Danièle Thompson film cette douloureuse marche à contre-courant des deux hommes, l’un filant tranquillement vers la gloire avec tout le confort, la sécurité et les concessions que cela suppose, l’autre fuyant tout compromis, toute modération dans son rapport aux autres pour servir un art dont il sent pourtant qu’il est plus fort ou plus grand que lui, un art qui, comme le succès, lui échappe.
Au cœur du film, comme un point d’ancrage, il y a un roman de Zola, L’œuvre qui scellera définitivement la brouille entre les deux hommes. Une œuvre qui interroge précisément la place de l’artiste et de la création, mais pose au-delà le lien douloureux et complexe entre la fiction et le vécu. Pour la peinture, l’époque est passionnante : on y croise Monsieur Manet et les premiers peintres impressionnistes (que Zola, jeune critique d’Art défendra), on y croise aussi (bon d’accord, de loin) les tumultes politiques…

Au-delà d’un film sur l’œuvre (magistrale) de Zola ou sur la peinture (tout aussi majeure) de Cézanne, Cézanne et moi est finalement le récit intimiste et libre (quoique parfaitement documenté) de l’amitié entre Paul et Émile mise à l’épreuve du feu de la célébrité et de celui, peut-être plus dangereux encore, de l’orgueil. (Utopia)


CGR (Draguignan) : tous les jours : 11h, 13h30, 15h45, 18h, 20h15

Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)

CGR (Draguignan) : mercredi 28, jeudi 29 et dimanche 2 à ,11h, 13h45, 16h, 18h15, 20h15 et 22h15 - vendredi 30 et mardi 4 : 11h, 13h45, 16h, 18h, 20h15, 22h15 -  samedi 1er à 11h, 13h15, 15h45, 18h15, 20h15 et 22h15 - lundi 3 à 11h, 13h45, 16h, 18h, 20, 22h15


Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison

C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. La tradition dans le genre est plutôt anglo-saxonne (le scénario est d'ailleurs adapté d'un roman de l'américain d'origine écossaise Iain Levison) ou belge. Ou alors il faut remonter aux polars parodiques et anars des années soixante, dont les plus réussis étaients souvent dialogués par Michel Audiard.
Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service.

Dans ces conditions, difficile de refuser un petit boulot, surtout quand il peut vous rapporter près vingt mille euros en une journée. À ce tarif, inutile de vous dire que ce n'est pas n'importe quel petit boulot : Gardot, le bookmaker-mafieux local demande à Jacques de tuer sa femme adultère. Il lui fait sa proposition dans une scène aux dialogues savoureux : « Pourquoi tu me demandes ça à moi ? — Parce que tu es un ami » répond Gardot. D'ailleurs l'humour noir et très efficace du film réside essentiellement dans ce personnage de Gardot, un truand à l'ancienne, capable de buter son homme de main sur un simple soupçon, mais aussi de s'inquiéter de tous ses amis et de se montrer affable, avec un air débonnaire de bon bourgeois affublé de petits chiens ridicules. Un rôle savoureux que le scénariste-dialoguiste Michel Blanc a mitonné aux petits oignons pour Michel Blanc l'excellent acteur. Romain Duris, qui se bonifie comme un vieil Armagnac, lui donne parfaitement la réplique dans le rôle de l'ouvrier bon gars qui se laisse embarquer par nécessité dans une spirale meurtrière. Parce que c'est bien connu : quand on a tué une fois, on peut remettre ça plus facilement. Et tant mieux si ça permet de se débarrasser du cadre sadique (savoureusement incarné par Alex Lutz) envoyé par la compagnie pétrolière pour chercher des poux dans la tête de son ami Tom !

Au fil d'un scénario qui dit plein de choses sans en avoir l'air, Pascal Chaumeil livre un polar acide qu'on suit avec plaisir au premier degré sans jamais oublier l'arrière plan bien présent : les ravages du capitalisme sauvage face auxquels l'ouvrier floué pourrait être tenté de réagir en sortant le calibre (la présence de Gustave Kervern aidant, on pense évidemment au bien aimé Louise-Michel de lui-même et Benoît Delépine, à voir ou revoir en Vidéo en Poche)…


CGR (Draguignan) : jeudi 29 et vendredi 30 à 11h15
Cotignac : dimanche 2 à 18h


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


CGR (Draguignan) : en VF uniquement Tous les jours à 17h45


Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 à 18h30, vendredi 30 à 15h40, samedi 1er et dimanche 2 à 14h, mardi 4 à 16h15
Cotignac : jeudi 29 à 20h30
Salernes : jeudi 29, vendredi 30 et lundi 3 à 20h30


Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...

L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.

Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l'absence, jusqu'à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d'Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d'Adrien n'est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ?
François Ozon a été inspiré par la pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite au lendemain de la Guerre, quand la France voulait croire en une paix et une réconciliation possibles… Cette pièce avait déjà inspiré Ernst Lubistsch pour l'un de ses films les plus méconnus, Broken Lullaby (1932). Dans les deux cas, c'est le jeune Français qui était le personnage central, par qui le lecteur / spectateur suivait le déroulement du récit. Ozon, grand dramaturge des femmes, a fait de la jeune Anna le cœur de son film : magnifique personnage (incarné par une actrice tout aussi magnifique : Paula Beer) à la fois passionné et rigoureux, en proie aux plus grands tourments avant de trouver une juste voie. Face aux traumatismes de la guerre, qui ont laissé les hommes comme des enfants peureux, c'est bien la femme qui domine la situation…

Tourné majoritairement dans un très beau noir et blanc qui donne une réelle authenticité à cette Allemagne se réveillant péniblement de la guerre (on pense à la saga Heimat d'Edgar Reitz, on pense aussi au Ruban blanc de Haneke), Frantz est un très beau film romanesque, qui évoque l'espoir – peut-être vain – dans la réconciliation de peuples qui se sont récemment déchirés, qui dit le tourment des âmes prises dans la fureur de l'histoire et qui peuvent se fourvoyer, se désespérer, se racheter, s'élever, se mentir… (Utopia)


 Le Vox (Fréjus) :mercredi 28 à 16h15 et 20h45, jeudi 29 à 15h et 17h30, vendredi 30 à 16h15, samedi 1er à 16h15 et 18h15, dimanche 2 à 15h40 et 20h45, lundi 3 à 15h, mardi 4 à 16h15 et 18h30
Lorgues : mercredi 28 à 17h et lundi 3 à 21h
Salernes : jeudi 29 et dimanche 2 à 18h - mardi 4 à 21h


Where To Invade Next

Réalisé par Michael Moore
Documentaire USA 2015 2h00mn VOSTF
avec Michael Moore.

Retour de notre lanceur d’alerte favori. A 60 ans Michael Moore, n’a rien perdu de sa superbe idéologique. Difficile de ne pas adhérer à son travail de persuasion par le cliché, drôle et percutant, qui ravive l’espoir d’un monde sans frontière.

Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. Malgré des succès colossaux et une Palme d’Or, la vision sociale, contestataire du lanceur d’alerte Michael Moore n’a guère changé l’Amérique contemporaine. Les armes nourrissent de façon journalière les tueries de masse, les ethnies sont plus que jamais divisées avec un sentiment d’abandon de la population afro-américaine qui est victime de préjudices quotidiens et de bavures, le capitalisme entretient les passions ardentes, creusant dans son sillon toujours plus profondément le fossé entre les différentes classes sociales et enterrant la classe moyenne du siècle dernier, et surtout les populismes, à l’image de celui grimpant sur notre vieux continent, s’octroient un forum d’expression médiatique sans précédent, notamment via l’ascension irrésistible de l’ogre Donald Trump.

Après une pause de 7 ans, la plus longue de son illustre carrière (Bowling For Columbine, Roger & Moi et Fahrenheit 9/11 sont ses oeuvres les plus célèbres), Moore revient aux valeurs qui sont les siennes, et prêche à nouveau sa bonne parole dans une Amérique évangélique, plus sensible aux discours religieux et de réussite personnelle que par ceux de partage et de socialisme. En 2016, l’apôtre de la classe ouvrière revient secouer l’Amérique en lui proposant l’alternative sociale qu’elle a toujours niée, et en fantasmant cette fois-ci l’importation - ce qui est un jargon opportun pour une telle économie de marché - du meilleur des démocraties étrangères. Propulsé par la mort de son père vers des rivages lointains, hors de ses frontières (en Amérique, il ne filme point), comme pour exorciser la douleur et éviter la dépression certaine, Michael Moore a donc voyagé vers des terres bien connues des Français, mais souvent dénigrées par les clichés ethnocentriques d’une Amérique peu curieuse de l’autre, convaincue de sa supériorité par l’économie, qui pourtant ne couvre qu’une minorité d’Américains, laissant à terre indigents et l’ancienne classe moyenne, annihilée avec l’avènement de la mondialisation exponentielle.

Aux clichés d’une Europe et d"une Afrique (il visite aussi la Tunisie) au bord du chaos, il a décidé d’éclaircir l’obscurantisme d’une nation, en renvoyant dos à dos le négativisme ambiant par des clichés positifs dont peut s’enorgueillir chaque nation. Non sans manipulation de discours, le metteur en scène dresse des portraits consensuels de pays qui semblent tous bâtis sur une utopie sociale qui, malheureusement, n’existe pas ou du moins qui peut paraître exagérée, mais l’intention est de proposer une contrepartie à l’Amérique libérale et conservatrice, en lui faisant miroiter un pot-pourri culturel instructif, bien que naïf.
Mais au diable la naïveté, les bonnes intentions et l’efficacité de l’approche, par la satire inoffensive, la parodie de l’impérialisme américain fait mouche. Michael Moore part à la reconquête de ses principes, brassant des thèmes bien connus dans sa filmographie, faisant tomber pendant 2 heures instructives et délicieusement cocasses les frontières des états pour évoquer le monde comme une constellation d’idées glorieuses à généraliser sur le globe aux détriments de la pluralité des peuples, comme si elles pouvaient s’appliquer partout. Armé d’une caméra et de la bannière étoilée, le géant du documentaire engagé s’amuse à incarner l’envahisseur américain prêt à s’arroger le meilleur des cultures étrangères et provoque l’hilarité en se présentant comme un colonialiste yankee avide du meilleur pour faire fructifier sa propre patrie.
De la généreuse politique des congés payés en Italie aux prisons idylliques norvégiennes, où l’on s’assure que les prisonniers sont heureux, choyés par un sens national du pardon qui ferait de Un Prophète et Un justicier dans la ville deux films de science-fiction, on apprend, un peu, on s’amuse, beaucoup, tout en gardant ses distances vis-à-vis de la réalité dépeinte à l’écran, toutefois construite sur des chiffres authentiques.

Durant ces deux heures, qui peinent juste un peu durant la dernière demi-heure, ouvertement féministe, mais redondante et hors rythme, Michael Moore découvre la vie sans stress dans les usines allemandes, où l’on oeuvre aussi pour le bien-être des employés que pour celui de l’entreprise ; il dépeint les cantines françaises, et même des villes pauvres de Normandie, comme des modèles de nutrition, loin de la malbouffe américaine, ce qui ravive les clichés à la Ratatouille ; il évoque l’université gratuite en Slovénie et les manifestations étudiantes dans le monde pour faire vivre le droit à l’éducation supérieure d’une jeunesse mondiale qui réfute l’obligation de crédit à vie dès sa 20e année ; il dresse le portrait magnifique d’une école finlandaise fondée sur le principe d’égalité entre tous les établissements, et donc entre tous les élèves, où les devoirs sont bannis pour légitimer une vision de l’épanouissement de l’apprenant par l’écoute, la solidarité et l’envie d’apprendre. Moins sardonique qu’à l’accoutumée, se plaçant bien moins en danger qu’auparavant, lorsqu’il se frottait aux grands lobbies et aux entreprises tentaculaires, avec une volonté de subvertir le système de l’intérieur, Michael Moore, 60 ans, n’a nullement perdu de sa bonhomie et de son humanité salvatrice. En épousant l’international, il démontre son amour inconditionnel pour sa patrie que d’aucuns défendraient dans la violence des armes à feu, mais qu’il a décidé d’exhorter en ravivant la flamme des grands idéaux, ceux des pères fondateurs qui aujourd’hui s’étoufferaient en découvrant ce qu’est devenu leur héritage. Au lieu de l’obsession du soi, il propose de croire avant tout dans les vertus du nous. Pourquoi punir et entretenir les ravages et les haines, quand on peut comprendre et améliorer en profondeur le monde. (àvoiràlire)

Le Luc : jeudi 29 à 19h et samedi 1er à 18h


La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista

La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.

Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 28, vendredi 30, samedi 1er, mardi 4 à 14h, 18h30, 20h45 - jeudi 29 et lundi 3 : 15h, 17h30 et 20h - dimanche 2 : 14h, 16h15 et 21h


Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau.
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016


Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks !
Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !

Qu'attendre d'une société qui relègue une partie de ses gosses à la case « banlieue », citoyens de seconde zone, dès leurs premiers pas ? L'avenir consisterait à avaler des couleuvres, tenter de s'intégrer sagement aux rares places accessibles dans le monde du salariat ? Et quoi d'autre ? Se fondre dans des tenues moulantes ou sous un voile selon les fantasmes des mecs auxquels on veut plaire ? Décidément Dounia n'est pas dupe. La voilà partie pour se frayer son propre chemin de traverse à travers cette jungle d'hypocrisie, en compagnie de sa plus fidèle amie Maimouna. Ensemble elles forment le plus pur des duos, un tandem façon Laurel et Hardy au féminin, aux répliques savoureuses. L'une aussi grande et forte que l'autre est gringalette. Tour à tour effrontées ou tendres, gentilles mais jamais serviles. Au lieu de le subir, voilà qu'elles soutiennent le regard des garçons, qui les matent « comme des big macs au milieu du ramadan ». Mieux, elles décortiquent leurs gestes, se les approprient, les reproduisent : embryons de caïds sans jupons, indomptables !
Et naturellement, de combine en combine, leurs pas vont les porter dans l'antre de la big boss, la dealeuse du quartier : Rebecca… Celle qui se paye les plus beaux gosses et se fend d'une petite claque sur leurs fesses pour les renvoyer à la case Kent, jouet sexuel, façon : « Hey poupée, va m'attendre à côté, j'ai des affaires sérieuses à traiter ! ». Maimouna et Dounia sont estomaquées et admiratives : c'est comme si, soudain, la docilité et la domination pouvaient changer de camp. Rebecca les prend d'abord de haut, ces merdeuses, les toise, puis, décidément… le culot de Dounia fait pencher la balance. Après les avoir testées, elle les affranchit, les endurcit, leur apprenant à être toujours moins impressionnables… Rien ne paraît pouvoir faire vaciller la détermination de Dounia. Si ce n'est cette rencontre, avec Djigui, un danseur fascinant et hypnotique, qu'elle épie, s'ouvrant à un univers artistique, chargé d'une sensualité inconnue jusque là…
Mais le plus bel amour de l'histoire reste celui des deux âmes sœurs, fidèles à la vie, à la mort : Dounia et Mamounia, qui nous font sourire, éclater de rire, pleurer, nous bouleversent et donnent envie de bastonner toutes les injustices. Dans leur fusion il y a un message universel, qui tire vers le haut, le sacré… les rend définitivement divines.

C'est un film brillant, emballant, interprété par des actrices incroyablement efficaces et justes malgré leur jeune âge. Des têtes bien faites tout droit élevées au dessus de 1000 visages, association crée par la réalisatrice pour promouvoir un cinéma plus représentatif de la richesse et la diversité de notre pays. (Utopia)

 Le Vox (Fréjus) : mercredi 28 à 15h45, vendredi 30 à 17h45, samedi 1er et mardi 4 à 20h45, dimanche 2 à 18h30 - lundi 3 à 17h30
Cotignac : vendredi 30 à 20h30



Genius
Réalisé par Michael GRANDAGE
GB 2016 1h44mn VOSTF
avec Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman, Laura Linney, Guy Pearce, Dominic West...
Scénario de John Logan d'après la biographie Max Perkins, Editor of Genius d'Andrew Scott Berg (prix Pulitzer)

Genius, c'est l'histoire d'un homme de l'ombre. Un de ceux que l'Histoire, même littéraire, a trop vite oubliés. C'est aussi l'histoire d'une rencontre entre un écrivain alors inconnu et celle d'un éditeur au nez fin. Mais plus que cela encore, c'est l'histoire de passions dévorantes qui vous font mettre tout le reste de côté.
Lorsque Thomas Wolfe vient trépigner devant la célèbre maison d'édition Scribner à New-York, en quête de la réponse pour un manuscrit qu'il leur a confié, il s'attend une fois de plus à essuyer un refus. Il ne se doute pas du tout qu'il va y rencontrer un re-lecteur fabuleux qui va bouleverser sa vie. Un de ceux qui vous aiguillent, vous redonnent du courage, ne vous lâchent jamais. Un vrai passionné qui va bien au-delà de sa fonction première de correcteur. Nous sommes dans les années vingt et, Max Perkins, c'est le nom de l'éditeur, malgré ses airs trop propres sur lui, a une audace intellectuelle rare et sait repérer ce que ses collègues ne voient pas. Il va savoir reconnaître une littérature qui émerge et sort des sentiers battus alors que ses confrères passent tous à côté. Grâce à lui va être mise en lumière toute une nouvelle génération d'écrivains dont les fameux Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway…

Thomas Wolfe est l'antithèse de Max Perkins… L'un du Nord, l'autre du Sud. L'un toujours exalté, à l'enthousiasme débridé, parlant trop fort, vivant d'excès, ivre de mouvements et de conquêtes féminines. L'autre toujours pondéré, économe en mots, pugnace et fidèle à ses choix, comme à sa famille, ayant pour seule évasion la lecture. Max, patiemment, sans lui accorder aucune concession, va contraindre Thomas, trop prolixe, trop exubérant, à resserrer son écriture, à la sublimer. C'est un partenariat de longue haleine qui se met rapidement en place. Entre ces deux hommes si différents mais liés par l'amour des mots, le goût du travail acharné, va naître une reconnaissance mutuelle, une complicité et une amitié qui va devenir obsessionnelle.
Max est une sorte d'ange gardien pour Thomas Wolfe et pour lui il sort de son rôle professionnel, endossant celui de coach, de banquier, de confident, de compagnon noctambule… À tel point que leurs compagnes respectives auraient de quoi en être jalouses. Là aussi elles sont comme le jour et la nuit, mais tout aussi brillantes, dévouées. Alors que Louise Sanders, la femme et la mère des cinq filles de Max Perkins, est une dramaturge de renom, affable et d'une patience angélique qui ne perd jamais son sang froid, Aline Bernstein l'amante de Thomas Wolf, créatrice de costumes pour le théâtre, est excessive, ardente, prête à tout pour ne pas perdre son ascendant sur son protégé…

Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman, Laura Linney, profondément investis dans la peau de leurs personnages, forment un quatuor détonnant, rocambolesque et rendent ce biopic de facture classique complètement passionnant, particulièrement les scènes de collaboration entre les deux hommes qui nous font pénétrer au cœur même de l'écriture avec un grand « É ».
Du titre de la biographie d'Andrew Scott Berg, Max Perkins : Editor of Genius, le film n'a gardé que le dernier mot Genius : « Génie », lequel, d'après son origine latine, se réfère au dieu tutélaire qui préside à la destinée d'un homme. Perkins a littéralement incarné cette fonction. Mais Genius prête à interprétations diverses : on ne sait si c'est le génie de l'éditeur dont il s'agit, ou celui des écrivains qu'il fit découvrir. À moins que soit les deux. En tout cas, même si Perkins et Wolfe sont un peu tombés dans l'oubli, le film donne envie de fouiner dans la librairie la plus proche pour s'immerger dans leurs univers. (Utopia)

Lorgues : mercredi 28 à 21h05, samedi 1er à 18h et dimanche 2 à 19h


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 28, vendredi 30, samedi 1er, dimanche 2 et mardi 4 à 14h
Salernes : Samedi 1er à 18h et dimanche 2 à 15h


Soirée ciné-soupe

Samedi 1er octobre 2016, 18h30

Salle Escarelle, Tourtour

Projection gratuite pour les adhérents (5 € par an, adhésion sur place) Soupe et desserts maison/boisson : 10 euros

Duel sur les rives de la Mauldre, fiction de Medhi Noblesse, France, 2016, 12 mn

Diego est un pistolero solitaire sur son fidèle destrier. Lorsqu'il arrive en ville pour affronter en duel son ennemi de toujours, Joe Le Barge, Diego doit essuyer les regards méprisants des habitants, en particulier celui du shérif. Seule Jane, jeune et belle domestique, semble accueillir la venue de Diego avec bienveillance..

Mamans , fiction de Maïmouna Doucouré, France, 2015, 21 mn

Aida, huit ans, habite un appartement de banlieue parisienne. Le jour où son père rentre de son voyage au Sénégal, leur pays d'origine, le quotidien d'Aida et de toute la famille est complètement bouleversé ..

Que la mort nous sépare, fiction de Fabien Luszezyszyn, France, 2015, 5mn 30

Dans un futur où il est possible de faire éliminer légalement un proche, Léon commande le meurtre de sa femme qu'il ne supporte plus. Alors que tout semble se dérouler comme prévu, la clause 9-7 du contrat vient compliquer l’affaire ..

Coucou les nuages, fiction de Vincent Cardona, France, 2010, 37 mn

Hans n’a qu’un seul rêve : partir dans l’espace. Frida n’a qu’une seule envie : le suivre. Dans leur village, la fête bat son plein car le Programme spatial du peuple (PSP), est en marche. Claude attrape son accordéon, Hans regarde le ciel et Frida se met à danser.

Bienvenue à tous

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358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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