Au(x) cinéma(s) du 29 avril au 5 mai

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous,

Ne cherchez pas le film "Entretoiles" au CGR Chabran, il n'y en a pas! Et cela pour la troisième semaine consécutive. Cela dit, pour cette semaine c’était prévu puisque qu’on nous avait avertis que nous n'aurions pas de créneau horaire les semaines de vacances scolaires. CGR n’a pas non plus donné de suite favorable à notre proposition d’avoir 4 films sur une durée d’un mois plutôt qu’un seul sur une semaine, brandissant une nouvelle fois l’argument massue de l’insuffisance de la fréquentation (notamment des films qu’on n’a pas demandés, sans doute !).  Mais on aurait tort de se plaindre car nous avons « tout de même droit à un tarif à 4.90€ sur un film en sortie nationale [en VO] à la place de 8.90€ » nous dit Mme Raffaillac, directrice du CGR Chabran…

Il faudra donc faire à nouveau un peu de route pour voir de bons films au cinéma cette semaine.  En nouveauté, Une belle fin (tiens, un film qu’on avait demandé !), histoire d’un héros très discret et pétri d’humanité… que vous pourrez voir au Vox à Fréjus, tout comme d’autres bons voire très bons films toujours à l’affiche : l’hilarant Taxi Téhéran, le beau Voyage en Chine, le feutré Journal d’une femme de chambre, le poignant Selma, ou encore le dernier Wenders Every Thing Will Be Fine. Le Cinéma de Lorgues programme  American Sniper, et celui de Cotignac propose Still Alice.

Bonne semaine de cinéma, et n’oubliez pas : transférez, adhérez (bulletin à la fin de cette lettre) !
Et si vous ne recevez pas cette lettre directement, demandez-la nous (entretoiles83@laposte.net).

PROGRAMMATION DU 29 AVRIL AU 5 MAI 2015

Une belle fin
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Une belle fin (Still life)
Écrit et réalisé par Uberto PASOLINI
GB 2014 1h32mn VOSTF
avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury, Andrew Buchan...
John May est un drôle de bonhomme effacé, dont le regard de cocker attendri laisse deviner des trésors d'humanité, des richesses insondées. Sensible, inventif, espiègle, notre homme parle au nom des sans voix, ces solitaires délaissés qui viennent peupler sa propre solitude lorsque, le soir venu, il regagne son bercail spartiate où tout semble figé comme dans une nature morte (en anglais « still life » : le titre original du film). Les jours du célibataire pas du tout endurci se suivent et se ressemblent, ponctués de repas en tête-à-tête avec du thon en boite, de rituels méticuleux aussi réguliers que le triste. Économe en mots, en gestes, John donne l'impression de traverser l'existence sans soulever le moindre grain de poussière, flottant dans un univers qui ne peut aller qu'en se rétrécissant... Puis un jour tout part en capilotade ! Le voici licencié sans ménagement par le service public auquel il s'est dévoué. Celui qui jamais ne bronche ose pourtant une dernière volonté : aller jusqu'au bout du dernier dossier en cours, pour la beauté du geste, l'honneur du devoir accompli… Une affaire qui précisément le trouble : le mort n'est autre que son voisin d'en face… C'est là que la mécanique bien huilée va insensiblement dérailler et John se libérer, s'épanouir.... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 16h, 21h - jeudi 30 à 18h15 - vendredi 1er à 16h, 21h - samedi 2 à 14h, 18h15 - dimanche 3 à 16h, 21h - lundi 4 à 18h15, 20h - mardi 5 à 16h, 21h
Taxi Téhéran
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Taxi Téhéran
Ecrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Festival de Berlin 2015
L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 14h, 16h30, 18h30, 21h - jeudi 30 à 16h30, 18h30 et 21h -vendredi 1er à 14h, 16h30, 18h30, 21h - samedi 2 à 16h30, 18h30 et 21h - dimanche 3 : 14h, 16h30, 18h30, 21h - Lundi 4 à 16h30, 18h15 - mardi 5 : 14h, 16h30, 18h30, 21h
Every Thing Will Be Fine
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Every Thing Will Be Fine
Réalisé par Wim WENDERS
France/Canada/Allemagne 2015 1h55mn VOSTF
avec Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams, James Franco...
Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, tandis que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29, vendredi 1er, dimanche 3, mardi 5 : 18h15 - jeudi 30, samedi 2 et lundi 4 : 21h
Voyage en Chine
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Voyage en Chine
Écrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...
Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place... lire la suite
Le Vox (Fréjus)  : jeudi 30 et lundi 4 à 14h
Selma
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Selma
Réalisé par Ava DUVERNAY
USA 2014 2h02mn VOSTF
avec David Oyelowo, Tom Wilkinson, Carmen Ejogo, Giovanni Ribisi, Lorraine Toussaint, Tim Roth...
L'après-midi du 7 Mars 1965, à Selma, Alabama (voilà l'explication du titre du film), des policiers attaquent à coups de matraques, de clubs de golf et de gaz lacrymogène des manifestants pour les droits civiques, qui veulent marcher jusqu'à Montgomery pour réclamer le droit de vote pour les Noirs. Car si ce droit leur est en principe accordé, d'innombrables embûches rendent de facto impossible leur inscription sur les listes électorales. Parmi les marcheurs, Martin Luther King, fraîchement auréolé de son Prix Nobel de la Paix, veut essayer de faire pacifiquement bouger les lignes. Mais ce dimanche sera baptisé du triste nom de « Bloody Sunday » (un de plus…). La bataille est loin d'être gagnée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 30, samedi 2 et lundi 4 à 15h50
Still Alice
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Still Alice
Écrit et réalisé par Richar GLATZER et Wash WESTMORELAND
USA 2014 1h39mn VOSTF
avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart, Kate Bosworth, Shane McRae...
D'après le roman de Lisa Genova
Alice est une belle quinquagénaire à qui tout sourit. Alice Howland, brillante professeure de linguistique à l'université de Columbia, enseigne la cognition des jeunes enfants. Elle mène une existence heureuse avec son mari aimant et ses trois enfants. Et puis, lors d'une conférence, elle se retrouve à buter bêtement sur quelques phrases de son intervention qu'elle connaît pourtant sur le bout des doigts. Coup de fatigue ? Stress ? Mais quelques jours plus tard, alors qu'elle fait son jogging matinal à proximité de l'université où elle se rend tous les jours, tout devient flou, elle est désemparée et ne reconnait plus les lieux. Peu après le verdict du neurologiste tombe : Alice est atteinte d'une forme précoce d'Alhzeimer. Pour elle dont l'activité intellectuelle et le langage sont le cœur de sa vie, le monde s'effondre. Car se pose la terrible question : combien de temps encore Alice, personnalité si complexe et subtile, sera-t-elle encore Alice ?... lire la suite
Le Cinéma (Cotignac) : vendredi 1er à 18h
Journal d’une femme de chambre
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Journal d’une femme de chambre
Réalisé par Benoît JACQUOT
France 2015 1h35mn
avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Vincent Lacoste, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Patrick d'Assumçao, Rosette...
Scénario de Benoît Jacquot et Hélène Zimmer, d'après le roman d'Octave Mirbeau
Le 14 Septembre 1898, Célestine, jeune soubrette au minois charmant, la langue bien pendue et l'esprit vif, arrive dans sa nouvelle place. C'est sa douzième en deux ans ! « Faut-il que les maîtres soient difficiles à servir maintenant… C'est à ne pas croire ! » Elle, la Parisienne jusqu'au bout des bottines, se retrouve au Mesnil-Roy, un bled normand paumé, dans la maison des Lanlaire, un couple de bourgeois racornis, aussi ridicules que leur nom, où elle va devoir supporter la maniaquerie perverse et insultante de Madame Euphrasie – « Euphrasie ! Je vous demande un peu… » – et repousser les avances de Monsieur Isidore, un libidineux frustré qui ne pense qu'à la tripoter dès que sa marâtre a le dos tourné… Tout ça sous le regard impénétrable de Joseph, l'énigmatique jardinier de la propriété, pour qui elle ne va pas tarder à éprouver une véritable fascination... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : dimanche 3 et lundi 4 à 15h50
Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 3 à 18h et lundi 4 à 20h30



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Une belle fin (Still life)
UNE BELLE FINÉcrit et réalisé par Uberto PASOLINI
Italie 2014 1h51mn VOSTF
avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury, Andrew Buchan...

John May est un drôle de bonhomme effacé, dont le regard de cocker attendri laisse deviner des trésors d'humanité, des richesses insondées. Les premières scènes sont cocasses : voilà notre homme, dégaine à la Droopy, apparaissant aux quatre coins de maintes funérailles, s'adaptant avec la même solennité tenace aux rituels de confessions parfois diamétralement opposées. Du kilt au costard cravate, du rockabilly à la musique classique, les façons de dire adieu sont aussi multiples que le furent les défunts. La seule chose qui semble immuable, incontournable au milieu de tout ça, c'est la présence de John May ! Cela dit, s'il n'était désespérément seul dans ces lieux de cultes, on pourrait l'oublier, tant certains êtres deviennent transparents à force de sembler ternes, gris. D'un gris cendré sans grande nuance, presque une non-couleur en somme pour teinter cette vie qui n'en est presque pas une, avec un boulot qui n'en est presque pas un : s'occuper des macchabées dont personne ne réclame le corps, oubliés morts comme ils le furent vivants. C'est là que notre preux fonctionnaire anglo-saxon entre en lice, sondant les maisons, les univers intimes des disparus afin de retrouver trace d'un semblant d'entourage. C'est pas gagné ! Le peu de fois où il parvient à prendre contact avec un ex, une progéniture, d'anciens amis… ceux-ci lui raccrochent au nez ! C'est qu'il exhume, malgré lui, des margouillis de souvenirs douloureux, de secrets nauséabonds, de rancœurs vivaces, de fractures si grandes dans les cœurs que même la mort ne peut les combler. Il y aurait de quoi décourager n'importe quel mortel, sauf John May qui, tout comme la camarde, n'oublie aucun de ses « usagers ». Il s'applique, s'implique, les accompagne dignement jusqu'à leur dernière demeure ! Le voilà qui compose des odes funéraires personnalisées, comble les lacunes du passé des trépassés, camoufle leurs imperfections, leur donne des couleurs à la manière d'un talentueux restaurateur de tableaux, brodant à partir des vestiges de ces vies consumées. C'est tour à tour touchant, joli, drôle…

Sensible, inventif, espiègle, notre homme parle au nom des sans voix, des disparus, des amours perdues, des fantômes… ou du chat – quand il ne reste que lui. Dans le fond, ces inconnus devenus familiers, ces solitaires délaissés viennent peupler sa propre solitude lorsque, le soir venu, il regagne son bercail spartiate où tout semble figé comme dans une nature morte (en anglais « still life » : le titre original du film). Les jours du célibataire pas du tout endurci se suivent et se ressemblent, ponctués de repas en tête-à-tête avec du thon en boite, de rituels méticuleux aussi réguliers que le triste chant d'un coucou garanti sans surprise jusqu'à la fin des temps. Économe en mots, en gestes, John donne l'impression de traverser l'existence sans soulever le moindre grain de poussière, flottant dans un univers qui ne peut aller qu'en se rétrécissant : bureau, dodo, caveau… Cela durerait jusqu'à ce que John May soit à son tour dissous dans le temps qui passe.
Puis un jour tout part en capilotade ! Le voici licencié sans ménagement par le service public auquel il s'est dévoué mais qui se plie désormais aux lois d'un marché de plus en plus dérégulé, pour lequel John fait figure de dinosaure périmé et improductif. Celui qui jamais ne bronche ose pourtant une dernière volonté : aller jusqu'au bout du dernier dossier en cours, pour la beauté du geste, l'honneur du devoir accompli… Une affaire qui précisément le trouble : le mort n'est autre que son voisin d'en face… C'est là que la mécanique bien huilée va insensiblement dérailler et John se libérer, s'épanouir.
On se prend à l'admirer, lui et son incroyable bienveillance. Il fait partie de ces héros trop discrets qui ne revendiquent rien pour eux, ne réclament aucune reconnaissance, refusent de traiter leurs concitoyens comme des marchandises. On aurait presque envie de crier : vive l'improductivité, les espaces de vie non marchands, le service public ! Le gris est parfois plus lumineux que les couleurs criardes des étalages de nos sociétés de consommation.

Vous dire combien ce film est un ravissement qui ne s'oublie pas ! Subtil, il procède par touches infiniment délicates, suggestives. Sous ses airs modestes, il dépeint en filigrane ce qui fait l'humanité, la fin d'un monde, l'avènement d'un autre. Et l'acteur Eddie Marsan est génial ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 16h, 21h - jeudi 30 à 18h15 - vendredi 1er à 16h, 21h - samedi 2 à 14h, 18h15 - dimanche 3 à 16h, 21h - lundi 4 à 18h15, 20h - mardi 5 à 16h, 21h


Voyage en Chine
VOYAGE EN CHINEÉcrit et réalisé par Zoltan MAYER
France / Chine 2014 1h36mn
avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing, Lin Dong Fu, Liu Ling Zi, Dong Qing, Yiling Yang, André Wilms...

Notre chère Yolande Moreau est une fois de plus magnifique dans ce très chouette film, premier long métrage de Zoltan Mayer, remarqué jusqu'ici pour son travail de photographe – qui lui a sans doute bien servi pour composer les images magnifiques de ce Voyage en chine. Elle est ici Liliane et dans les premières séquences on la sent comme absente, à côté d'elle-même, infirmière quinquagénaire fonctionnant en pilotage automatique, pas vraiment malheureuse mais pas non plus très épanouie dans son mariage avec Richard, son compagnon de toujours (comme d'habitude impeccable André Wilms). Si elle prenait le temps, si elle courait le risque de faire une pause, de regarder en arrière, elle en conclurait sans doute qu'elle est un peu passée à côté de sa vie. Mais pas de quoi en faire un plat…

Et puis, au milieu d'une nuit pas plus insomniaque qu'une autre, le téléphone sonne, un de ces appels brefs qui vous réveillent et changent le cours de votre existence. Son fils unique Christophe vient de mourir accidentellement. Loin, très loin, au fin fond de la Chine, où il habitait depuis des années et où elle n'est jamais allée lui rendre visite. Pour couronner le tout, le corps ne peut être rapatrié que si un des parents se rend sur place. Sur un coup de tête, Liliane décide d'y aller seule, elle qui n'a jamais été une grande voyageuse intercontinentale… Et la voilà, sans connaître un mot de vocabulaire chinois et en baragouinant un anglais plus qu'approximatif, qui s'embarque pour la Chine, d'abord perdue dans la tentaculaire Shanghaï puis se dirigeant jusqu'à un petit village des montagnes du Sichuan, cette région luxuriante du centre de la Chine, pas très loin des confins himalayens.

C'est d'abord le voyage géographique qui séduit, on ouvre de grands yeux, on s'étonne de chaque détail en même temps que notre héroïne… et en parallèle on est profondément touché par le voyage intérieur qu'entame Liliane : au fur et à mesure qu'elle découvre ce qui faisait la vie de son fils dans ce pays du bout du monde, au fil des rencontres avec la femme qu'il aimait, avec les gens qu'il côtoyait, elle renoue avec lui les liens qui s'étaient rompus… Il y a en particulier cette scène superbe et puissamment évocatrice : Liliane, errant dans le village, entend soudain les échos d'une chanson de Jacques Brel, elle se laisse guider par la musique et arrive jusqu'à une petite cour où un groupe de jeunes gens s'est réuni pour fêter entre amis son fils disparu… Zoltan Mayer filme amoureusement les forêts de bambous où semble flotter l'esprit de Christophe, il traduit de manière très sensible la spiritualité qui se dégage des célébrations taoïstes, et on se met en même temps que Liliane à s'attacher à cette terre belle et hospitalière, à ces gens simples, d'une générosité sans égale, qui savent être drôles et élégants comme la splendide petite amie de Christophe ou la logeuse facétieuse, alter ego chinoise de Liliane.

Le Vox (Fréjus)  : jeudi 30 et lundi 4 à 14h
 


Taxi Téhéran
TAXI TÉHÉRANÉcrit et réalisé par Jafar PANAHI
Iran 2015 1h22mn VOSTF
Ours d'Or Berlin 2015

C'est un magnifique et allègre bras d'honneur aux barbus barbons barbants. Les BBB (c'est plus court comme ça), ce sont les mollahs du régime iranien et leurs fonctionnaires zélés qui ont tenté par tous les moyens de faire taire le réalisateur Jafar Panahi. En 2010, les autorités l'ont d'abord emprisonné puis, après l'avoir libéré, lui ont interdit toute sortie du territoire et surtout ont essayé de l'empêcher de tourner. Mais on ne peut pas interdire à un être humain de respirer et durant les cinq dernières années, Panahi a naturellement désobéi en tournant clandestinement trois films, montrés dans les plus grands festivals internationaux. Taxi Téhéran a donc été projeté au Festival de Berlin où il a reçu à l'unanimité du jury la récompense suprême, l'Ours d'or. Panahi bloqué à Téhéran, c'est sa toute jeune nièce qui est venue recevoir en son nom la statuette, une gamine formidable qui est une des protagonistes importantes du film. Un grand moment !

L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux.
La première séquence montre une discussion ubuesque autour de la justice, entre une institutrice et un homme ostensiblement macho, qui croit aux vertus d'exemplarité de la peine de mort, y compris pour les délits mineurs. La femme rappelle le triste record de l'Iran en terme d'exécutions capitales, avant de comprendre que l'homme est lui même voleur à la tire… Plus tard, Jafar le taximan chargera pour l’hôpital une femme et son mari accidenté, l'épouse se préoccupant surtout du testament improvisé du blessé, que notre chauffeur est sommé d'enregistrer sur son téléphone portable : l'épisode souligne en creux la précarité du sort des femmes. Il y aura aussi cette avocate porteuse d'un énorme bouquet de fleurs, une femme au sourire aussi magnifique que son courage, comme son échange avec Jafar nous le fera deviner…
Mais Taxi Téhéran est aussi une merveilleuse et drôlatique déclaration d'amour au cinéma, à sa vitalité, à son pouvoir d'évocation et de transmission. Un vendeur à la sauvette de DVD reconnaît immédiatement Jafar Panahi, s'avérant connaître mieux le cinéma d'auteur mondial que bien des cinéphiles auto-déclarés… et nous montre à quel point la passion du cinéma ne saurait être étouffée par les ayatollahs. On savourera la géniale tractation entre le vendeur et Panahi autour des films de Woody Allen… On jubilera aussi à la séquence hilarante avec la nièce citée plus haut, quand la petite fille un peu peste énumère les conditions imposées pour la réalisation d'un d'un court métrage dans le cadre scolaire : respect bien entendu du voile et autres règles de bienséance religieuse mais aussi interdiction du « réalisme sordide » – oncle Jafar semble s'interroger mais on sent bien qu'intérieurement il se gondole…

Ce formidable film de résistance nous irrigue de son irréductible énergie et nous amène à nous demander ce qui pourrait bien arrêter la soif du cinéma et de la vie qui habite Panahi. Une leçon de volonté et d'ingéniosité – leçon d'écriture et de mise en scène aussi, en passant – dont bien des cinéastes plus libres de leurs mouvements pourraient s'inspirer…(Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 14h, 16h30, 18h30, 21h - jeudi 30 à 16h30, 18h30 et 21h -vendredi 1er à 14h, 16h30, 18h30, 21h - samedi 2 à 16h30, 18h30 et 21h - dimanche 3 : 14h, 16h30, 18h30, 21h - Lundi 4 à 16h30, 18h15 - mardi 5 : 14h, 16h30, 18h30, 21h


Every Thing Will Be Fine
Every Thing Will Be FineRéalisé par Wim WENDERS
France/Canada/Allemagne 2015 1h55mn VOSTF
avec Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams, James Franco...

Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, tandis que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire.

Tourné en 3D, en prises de vue réelles, Every thing will be fine emprunte à l’univers du conte une singularité fantastique. Les grains de poussière scintillent à la lumière du jour, les flocons de neige abondent en cascade de ciels gris, les personnages se détachent du cadre. Epris de compositions naturalistes, Wim Wenders embrasse les nouvelles techniques technologiques et de cette étreinte naît l’un des exemples les plus flagrants du nouveau cinéma stéréoscopique. L’utilisation de travelling compensés abouti à de superbes déformations de perspectives. Sublimée par le relief, la mise en scène permet au spectateur d’éprouver flottements et vertiges. Au seuil des maisons, la caméra se fixe et enferme l’oeil curieux dans d’intimistes espaces clos.© Bac Films

Wim Wenders et le directeur de la photographie Benoît Debie puisent leurs inspirations dans le travail de peintres comme Andrew Wyeth, Vilhem Hammershoi ou Edward Hopper. Le traitement de la lumière et ses couleurs s’en ressent. Un immense champ de soja doré par le soleil, un ancienne grange, un arbre centenaire planté au milieu d’un pré, une vallée verdoyante... Les cadres travestissent les paysages en songes. La bande-originale du film, composée par Alexandre Desplat et interprétée par l’orchestre symphonique de Gotheburg -orchestre national de Suède-, entretient cette atmosphère féérique et favorise la mise en place d’une dimension psychologique nouvelle.© Bac Films

L’utilisation de la 3D exige un minimalisme extrême dans le jeu des acteurs. James Franco, pièce maîtresse du film, adopte la technique du dépouillement. Mis à nu, il exprime à travers un visage clos les sentiments fluctuants qui l’habitent. Mélodrame glacial, Everything will be fine explore le processus de guérison d’un traumatisme. Wim Wenders nous fait part de ses scrupules d’artistes. Est-il moral d’exploiter les souffrances d’autrui si il s’agit de création ? Mâtiné de pathos, le long-métrage n’en demeure pas moins le témoignage d’un metteur en scène à la recherche d’un cinéma nouveau.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 29, vendredi 1er, dimanche 3, mardi 5 : 18h15 - jeudi 30, samedi 2 et lundi 4 : 21h



Selma
SELMA Réalisé par Ava DuVERNAY
USA 2014 2h02mn VOSTF
avec David Oyelowo, Tom Wilkinson, Carmen Ejogo, Giovanni Ribisi, Lorraine Toussaint, Tim Roth...

L'après-midi du 7 Mars 1965, à Selma, Alabama (voilà l'explication du titre du film), des policiers attaquent à coups de matraques, de clubs de golf et de gaz lacrymogène des manifestants pour les droits civiques, qui veulent marcher jusqu'à Montgomery pour réclamer le droit de vote pour les Noirs. Car si ce droit leur est en principe accordé, d'innombrables embûches rendent de facto impossible leur inscription sur les listes électorales. Parmi les marcheurs, Martin Luther King, fraîchement auréolé de son Prix Nobel de la Paix, veut essayer de faire pacifiquement bouger les lignes. Mais ce dimanche sera baptisé du triste nom de « Bloody Sunday » (un de plus…). La bataille est loin d'être gagnée…

Selma va nous livrer le fil des événements qui mèneront à l'introduction du « Voting Rights Act » par le président Lyndon B. Johnson… fortement poussé aux fesses par ces impressionnants mouvements pour les droits civiques. Ava DuVernay a extirpé de souvenirs lissés par la légende un matériau brut, pour toucher au plus près la réalité politique et sociale américaine du milieu des années soixante : courage et lâcheté s'affrontent, l'idéalisme s'appuie sur d'intenses manœuvres politiques, les coalitions se forment, les rapports de force s'installent.

En nous montrant ainsi les coulisses et l'intensité des jeux politiques, au sens noble – encore que parfois moins – du terme,Selma s'inscrit dans la droite ligne du Lincoln de Spielberg : il s'agit de rendre l'Histoire vivante, aussi incertaine, tragique et passionnante que si elle se déroulait au présent. La réalisatrice a choisi de s'en tenir au cadre restreint de quelques mois de l'année 1965 mais elle ne se prive ce faisant ni d'ambition ni d'ampleur, bien au contraire. Tendu et captivant, Selma est truffé de personnages fascinants et se consacre au portrait de tout un mouvement plutôt qu'à l'hagiographie d'un homme providentiel.
Martin Luther King est bien sûr très présent à l'écran, à travers son parcours politique autant que dans sa vie privée (il est sous la surveillance constante du FBI et Hoover veut politiquement sa peau). Mais le film s'intéresse moins à réaffirmer sa grandeur qu'à comprendre son origine et ses limites, à restaurer sa dimension humaine. David Oyelowo interprète avec passion le pasteur, transmet parfaitement sa ténacité et sa dignité, mais aussi ses traits d'humour, ses doutes et ses faiblesses.

Le récit accorde autant de place aux hommes de pouvoir et à leurs stratégies qu'aux femmes et aux hommes de terrain prêts à défiler et à défiler encore, à Selma ou ailleurs. Car il s'agit bien de montrer que le Docteur King travaille au service du mouvement et non l'inverse, entouré de fortes figures qui toutes jouent un rôle capital dans ce combat pour la démocratie : son épouse Coretta Scott King et tous ceux qui portent des noms moins connus, les Amelia Boynton, Bayard Rustin, Fred Gray et bien d'autres… Un beau film tonifiant et émouvant, qui réinvestit le passé sans oublier jamais le présent : aux Etats-Unis comme ailleurs, il est loin d'être égalitaire. (Le journal des Grignoux, Liège)

Le Vox (Fréjus) : jeudi 30, samedi 2 et lundi 4 à 15h50




Still Alice
STILL ALICEÉcrit et réalisé par Richar GLATZER et Wash WESTMORELAND
USA 2014 1h39mn VOSTF
avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart, Kate Bosworth, Shane McRae...
D'après le roman de Lisa Genova

Pour son rôle d'Alice dans ce film aussi bouleversant qu'intelligent, on la donne grande favorite pour l'Oscar de la meilleure actrice, qui lui a très injustement échappé à plusieurs reprises. Après une heure et demie d'une performance incroyable, le cœur passé à la lessiveuse, on doit bien reconnaître que la performance de la sublime Julianne Moore (déjà primée l'an dernier à Cannes avec Maps to the stars de Cronenberg) mérite haut la main la statuette en or massif.
Elle ici une belle (forcément) quinquagénaire à qui tout sourit. Alice Howland, brillante professeure de linguistique à l'université de Columbia, enseigne la cognition des jeunes enfants. Elle mène une existence saine et heureuse dans le quartier huppé de Upper West Side avec son mari aimant, lui même professeur reconnu de physique, et ils ont trois enfants formidables. Seule ombre, légère, au tableau : l'inquiétude qu'Alice ne peut pas s'empêcher d'éprouver pour sa fille cadette Lydia (Kirsten Stewart), qui mène l'existence erratique et bohème d'une jeune comédienne de théâtre.

Et puis, lors d'une conférence devant des étudiants, elle se retrouve à buter bêtement sur quelques phrases de son intervention qu'elle connaît pourtant sur le bout des doigts. Coup de fatigue ? Stress ? Mais quelques jours plus tard, alors qu'elle fait son jogging matinal à proximité de l'université où elle se rend tous les jours, tout devient flou, elle est désemparée et ne reconnait plus les lieux. Peu après le verdict du neurologiste tombe : Alice est atteinte d'une forme précoce d'Alhzeimer, forme qui de surcroit s'annonce rapidement évolutive, d'autant justement qu'Alice est une femme intelligente et cultivée. Pour elle dont l'activité intellectuelle et le langage sont le cœur de sa vie, le monde s'effondre. Car se pose la terrible question : combien de temps encore Alice, personnalité si complexe et subtile, sera-t-elle encore Alice ? Qu'est ce qui nous conserve notre identité quand une partie de notre esprit s'effiloche inexorablement ?
Après la réaction de stupeur – qui frappe aussi tout le monde autour d'elle – , Alice va se battre pour ralentir l'avancée de la maladie grâce à plein d'astuces : jeux de mémoire sur son téléphone, mots à mémoriser sur l'ardoise de sa cuisine, petits billets disséminés dans la maison, tutorials enregistrés sur son ordinateur… Le récit, tout en subtilité, raconte le combat d'Alice et le désarroi de ses proches en évitant tous les écueils : pas de sentimentalisme forcé ni de complaisance faussement pudique, car la maladie est forcément faite de moments terribles, comme celui où Alice cherche désespérément les toilettes dans sa maison de vacances qu'elle connait depuis des décennies…
Il y a aussi des moments magiques de beauté comme cette scène merveilleuse dans laquelle Alice, déjà très malade, fait une intervention poignante devant d'autres patients atteints d'Alzheimer et leurs proches, et on la voit surligner au fur et à mesure ses phrases pour ne pas les répéter…

Répétons le une dernière fois : Julianne Moore est extraordinaire, multiple, changeante, entre espoir et désespoir, dignité et lâcher prise, son visage de plus en plus perdu traduit de manière bouleversante la progression de la maladie. Et n'oublions pas ses partenaires, remarquables eux aussi, notamment Alec Baldwin et Kirsten Stewart (elle est aussi bien que dans Sils Maria). (Utopia)

Le Cinéma (Cotignac) : vendredi 1er à 18h




Le journal d'une femme de chambre
JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE
Écrit et réalisé par Benoît JACQUOT
France 2015 1h35mn
avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Vincent Lacoste, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Patrick d'Assumçao, Rosette...
Scénario de Benoît Jacquot et Hélène Zimmer, d'après le roman d'Octave Mirbeau

Le 14 Septembre 1898, Célestine, jeune soubrette au minois charmant, la langue bien pendue et l'esprit vif, arrive dans sa nouvelle place. C'est sa douzième en deux ans ! « Faut-il que les maîtres soient difficiles à servir maintenant… C'est à ne pas croire ! » Elle, la Parisienne jusqu'au bout des bottines, se retrouve au Mesnil-Roy, un bled normand paumé, dans la maison des Lanlaire, un couple de bourgeois racornis, aussi ridicules que leur nom, où elle va devoir supporter la maniaquerie perverse et insultante de Madame Euphrasie – « Euphrasie ! Je vous demande un peu… » – et repousser les avances de Monsieur Isidore, un libidineux frustré qui ne pense qu'à la tripoter dès que sa marâtre a le dos tourné… Tout ça sous le regard impénétrable de Joseph, l'énigmatique jardinier de la propriété, pour qui elle ne va pas tarder à éprouver une véritable fascination…

Célestine tient scrupuleusement son journal, dans lequel elle note tous les menus événements du quotidien, tous les travers et les turpitudes de ses patrons présents et passés. L'occasion d'une peinture au vitriol de la bourgeoisie française de l'époque, de sa mesquinerie, de son étroitesse d'esprit… Mais pas d'angélisme, pas d'illusion, pas de grand soir à attendre : la domesticité n'a guère plus de morale que ses maîtres, et la mutine Célestine saura se montrer plus calculatrice, plus retorse, plus cruelle que les pathétiques Lanlaire, tralalère… « Un domestique, ce n’est pas un être normal, un être social… C’est quelqu’un de disparate, fabriqué de pièces et de morceaux qui ne peuvent s’ajuster l’un dans l’autre, se juxtaposer l’un à l’autre… C’est quelque chose de pire : un monstrueux hybride humain… Il n’est plus du peuple, d’où il sort ; il n’est pas, non plus, de la bourgeoisie où il vit et où il tend… Du peuple qu’il a renié, il a perdu le sang généreux et la force naïve… De la bourgeoisie, il a gagné les vices honteux, sans avoir pu acquérir les moyens de les satisfaire… et les sentiments vils, les lâches peurs, les criminels appétits, sans le décor, et, par conséquent, sans l’excuse de la richesse… »

Après Jean Renoir et Luis Buñuel – excusez du peu – Benoît Jacquot s'attaque à l'adaptation du Journal d'une femme de chambre, roman le plus célèbre de l'inclassable furieux qu'était Octave Mirbeau. Il choisit de revenir à la lettre du texte et en restitue toute la violence sociale et culturelle, toute la noirceur. Et il offre un rôle en or à Léa Seydoux, qui confirme son exceptionnel talent, sa capacité à aborder tous les registres, à endosser tous les costumes (rappelez-vous : elle était déjà formidable dans Les Adieux à la reine, du même Jacquot, disponible en Vidéo en Poche). Elle dégage ici une force rageuse que n'atténue pas, bien au contraire, une sensualité, un érotisme plus subi que voulu.

Le Vox (Fréjus) : dimanche 3 et lundi 4 à 15h50
Le Cinéma (Cotignac) : dimanche 3 à 18h et lundi 4 à 20h30

Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


×