Au(x) cinéma(s) du 29 juin au 5 juillet

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Bonjour à tous !

L'été est bien là cette fois-ci et les vacances approchent ! Avant de nous séparer pour ces deux prochains mois, Entretoiles vous propose une dernière soirée sur le thème "Portraits d'hommes", une soirée à ne pas manquer, même pour cause d'Euro !

Car c'est une bien belle soirée qui clôt cette année : à 18h30, un film "coup de poing", un film bouleversant sur le parcours exceptionnel d'un homme hors du commun, le Docteur Denis Mukwege. Ce film, L'homme qui répare les femmes de Thierry Michel, vous sera présenté par le Docteur Serge Boyer, lui-même très impliqué dans le mouvement humanitaire "GSF", mouvement qui a travaillé entre autre, aux côté du Docteur Mukwege. (Ce film est par ailleurs en "ciné-club" toute la semaine). Après ce film, le Docteur Boyer mènera peut-être un petit moment de débat, avant que nous partagions comme à notre habitude un apéritif Entretoiles. Ensuite, à 21h, nous passerons à un tout autre type de film, L'Histoire du géant timide de Dagur Kari, un film "plein de finesse et de surprises, drôle et touchant"... Et en plus, un film islandais !

Donc : ne ratez pas cette dernière soirée de l'année !

A part, ça, à Lorgues vous pouvez voir Money Monster de Jodie Foster, "divertissement sarcastique, thriller haletant, impertinent et jubilatoire" ! A Lorgues, au Vox et à Cotignac, allez donc  voir Folles de joie de Paolo Virzi, très bien joué et déroutant (mais n'y allez pas, comme vous le dit la critique, pour être "fous de joie" : on rit jaune et pas souvent...). Au Vox et au Lido de Saint Raphaël Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer, un film "pas confortable, pas gentil, tranchant" sur le monde des affaires... Et plusieurs autres films que nous vous décrivons ci-dessous...

Et pour les enfants, et les grands enfants, Le monde de Dory, film d'animation à gros succès, mais dont nous parlons quand même, parce que, mine de rien, il aborde les thèmes du handicap, de la solidarité et de la tolérance...

A dimanche donc ! (enregistrez le match !)

On vous espère nombreux !

Voilà ! et puis nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).


PROGRAMMATION DU 29 JUIN AU 5 JUILLET 2016

Affiche
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L'Homme qui répare les femmes
Réalisé par Thierry MICHEL
Documentaire Belgique 2015 1h52mn
Écrit par Colette BRAECKMAN et Thierry MICHEL
Le Sud Kivu, en République Démocratique du Congo, est une zone frontière avec le Rwanda et le Burundi. La frontière avec le Rwanda a vu le passage, en avril 1994, de milliers de Tutsis fuyant les miliciens hutus auteurs du génocide… puis, en Juillet de la même année, l'arrivée de centaines de milliers de Hutus, fuyant à leur tour le Rwanda dès l'arrivée au pouvoir du Front patriotique rwandais dirigé par Paul Kagame… C'est ainsi que l'Est du Congo a subi plusieurs crises humanitaires successives et a été le théâtre de plusieurs guerres, accompagnées évidemment d'atrocités à l'encontre des populations civiles et en particulier des femmes. C'est dans ce contexte terrible que le docteur Denis Mukwege accomplit son extraordinaire travail... lire la suite
CGR (Draguignan) : SOIRÉE ENTRETOILES DIMANCHE 3 A 18H30, AVEC PRÉSENTATION DU FILM PAR LE DOCTEUR BOYER, TRÈS IMPLIQUE DANS LE MOUVEMENT GSF.
CGR (Draguignan) : jeudi 30 à 15h45, vendredi 1er à 13h30, samedi 2 à 18h, lundi 4 à 20h et mardi 5 à 11h
Le Coeur régulier : Affiche
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L'Histoire du géant timide
Écrit et réalisé par Dagur KARI
Islande 2015 1h34mn VOSTF
avec Gunnar Jonsson, Ilmur Kristjansdottir, Margret Helga Johannsdottir, Sigurjon Kjartansson...
On connaît le refrain reggae de Gainsbourg : « La beauté cachée des laids, des laids, se voit sans délai, délai ». Ici c'est la délicatesse introvertie des gros qui se révèle au grand jour. C'est la profonde gentillesse (au sens fort du terme) des maous, des ventrus, des XXL qui nous met du baume au cœur et le sourire aux lèvres. L'Histoire du géant timide, c'est un conte moral, une chronique douce-amère à l'islandaise (pas de doute, le film est bien le cousin germain du récent et plébiscité Béliers), c'est à dire décalée, pince-sans-rire, tout en retenue et en non-dits, se méfiant comme de la peste des épanchements intempestifs, des effets de manche, des grands mots mais pas des grands bipèdes. C'est rien de dire qu'on s'attache à ce gros nounours de Fusi (c'est son prénom, c'est aussi le titre original du film, en principe il y a un accent aigu sur le u mais nos claviers tempérés ne connaissent pas les subtilités de l'alphabet du grand Nord), personnage magnifique qui, plus le film avance, gagne en complexité, en finesse, en charme. Personnage qui doit évidemment beaucoup à son interprète, l'incroyable Gunnar Jonsson... lire la suite
CGR (Draguignan) : SOIRÉE ENTRETOILES DIMANCHE 3 A 21h (séance unique)
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Café Society
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016
C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage… New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi 30 à 18h
Affiche
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Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016
C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 18h20
Affiche
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Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs
Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience. Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 16h10
Lorgues : samedi 2 à 18h, dimanche 3 à 21h et lundi 4 à 19h
Cotignac : jeudi 30 à 21h
Affiche
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Julieta
Écrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...
« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar. Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité. Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 18h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Elle
Écrit et réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...
Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise. Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi29,dimanche 3 et mardi 5 à 21h, jeudi 1er à 18h20, lundi 4 à 16h10
Affiche
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Money Monster
Réalisé par Jodie FOSTER
USA 2016 1h39mn VOSTF
avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell, Caitriona Balfe, Dominic West...
Imaginez un de ces plateaux télé insupportables, tape à l'œil, plein de bruit et de fureur. C'est l'heure du direct. Une équipe de techniciens sur la brèche, pendue aux lèvres d'un présentateur faussement déjanté : Lee Gates (George Clooney au meilleur de sa forme). Tout semble tourner autour du nombril de cet imposant monstre du petit écran, tellement imbu de lui-même ! Les coulisses de « Money Monster » sont loin d'être un havre de paix et de bienveillance. Qu'attendre d'autre d'une émission qui fait l'apologie de l'argent facile, met en scène un capitalisme décomplexé, débridé, arrogant ? Clap de début. Les jingles pleuvent en tous sens. Les rampes de lumière mitraillent la scène. Lee Gates comme à son habitude fait son show, sautille, se trémousse comme le vulgaire pantin d'une farce abjecte. Dans une ambiance décérébrante, hystérique, il assène d'infaillibles conseils au vulgum pecus pour l'inciter à jouer en bourse. Il faut le voir pérorer, insupportable m'as-tu-vu, dont on ne sait plus s'il nous donne envie de rire ou de gerber ! Lui et ses certitudes à la sauce Wall Street ! Sorte de gourou pour téléspectateurs idolâtres, il file froid dans le dos... lire la suite
Lorgues : mercredi 29 à 21h, samedi 2 à 16h et dimanche 3 à 19h
Affiche
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Diamant noir
Réalisé par Arthur HARARI
France 2016 1h55mn
avec Niels Schneider, August Diehl, Hans-Peter Cloos, Abdel Hafed Benotman, Raphaele Godin, Raghunath Manet, Jos Verbist, Guillaume Verdier, Hilde Van Mieghem...
Prix du jury, Festival international du film policier de Beaune 2016
C'est un film noir de haute volée : Diamant noir captive, nous envoûte de sa belle lumière étrange et nous plonge, brusquement, de l'esthétique de l'image à la violence et la complexité des relations humaines. Issu d'une famille de diamantaires d'Anvers, Pier Ulmann vivote de petits chantiers pour la bourgeoisie parisienne qu'il ne manque pas de dépouiller dès que l'occasion se présente… Sa « famille » c'est Rachid, le seul être qui compte à ses yeux, il est le chef d'un modeste réseau d'arnaqueurs et il rêve de réussir enfin un gros coup. Et de se ranger des voitures après. Un événement qui aurait pu passer inaperçu, tant le divorce du sang semblait être consommé, va bouleverser la trajectoire de Pier et lui donner l'occasion de toucher du doigt ce qui le guide depuis toujours : à deux rue de chez lui, un clochard manchot meurt dans l'indifférence générale. Pier va apprendre que le malheureux était son père, que ce père est le frère d'un gros diamantaire belge, et le mouton noir d'une longue et prestigieuse dynastie.Pier a grandi en marge de cette famille qui roule sur le diamant. L'éloignement, le mystère autour de l'accident qui a brisé son père n'ont eu de cesse de nourrir en lui un sentiment d'exclusion, une soif de revanche à la fois personnelle et sociale. L'enterrement du père sera le lieu des retrouvailles avec la famille... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 18h30 et lundi 4 à 18h40
Affiche
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La Forêt de Quinconces
Écrit et réalisé par Grégoire LE PRINCE RINGUET
France 2016 1h49mn
avec Pauline Caupenne, Amandine Truffy, Grégoire Le Prince Ringuet, Marilyne Canto, Antoine Chappey, Thierry Hancisse...
C’est un drôle d’objet que ce film-là, littéraire et audacieux en diable, d’une fraîcheur insolente, d’une énergie folle, d'un romantisme échevelé. Ce qui frappe d'abord dans La Forêt de Quinconces, ce sont les mots. Des mots comme on en n'entend (presque) jamais. Des mots ciselés qui pourraient paraître trop écrits, trop déclamés, trop travaillés mais qui prennent, par le rythme, par le souffle, par la formidable manière dont le jeune et talentueux trio les habite, une énergie dévorante qui emporte tout sur son passage, nos préjugés et nos craintes en premier. Car sans discontinuité apparente avec leur vie ordinaire, les personnages de La Forêt de Quinconces se trouvent brusquement embrasés d’une fièvre verbale à la hauteur des sentiments qui les enflamment, et conversent alors éperdument… en vers ! Le fond se confond avec la forme comme par enchantement... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 29, vendredi 1er et dimanche 3 à 18h30, jeudi 30 à 16h10, lundi 4 et mardi 5 à 21h
Affiche
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Tout de suite maintenant
Réalisé par Pascal BONITZER
France 2016 1h38mn
avec Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Isabelle Huppert, Jean Pierre Bacri, Pascal Greggory, Lilia Faure...
C'est une fille bien d'aujourd'hui… Et ce n'est pas ça qui va nous rassurer sur l'état de notre présent ! Le prototype parfait de la gonzesse performante, ambitieuse aux canines acérées, à l'esprit aussi coupant et vif que son physique est superbe et glacé, sortie brillamment diplômée des plus grandes écoles, époustouflante d'efficacité dès qu'il s'agit de jouer sur l'échiquier de la finance internationale… Trentenaire au top, réactive comme la bourse : il faut du résultat et du gain TDSM (Tout De Suite Maintenant) comme on dit dans ces milieux-là qui sont le cœur agité et stressé de l'air du temps où on n'a plus le temps de le prendre, le temps, où tout doit filer à la vitesse d'un tweet… Plus le temps de divaguer, d'hésiter, de rêver, d'avoir des états d'âme… la productivité de chaque seconde compte, même en amour, même quand on est tout seul… Sauf que les humains ça peut aussi les déglinguer grave, ce nouveau moule dans lequel ils se contraignent à se couler... lire la suite
Le Lido (Saint-Raphaël) : mercredi 29, jeudi 30, vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3, lundi 4 et mardi 5 à 19h50
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29; vendredi 1er et dimanche 3 à 16h15, jeudi 30 et mardi 5 à 18h30, lundi 4 à 21h
Affiche
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Le Monde de Dory
Réalisé par Andrew Stanton et Angus MacLane
Film d'animation USA 2016 1h35mn VF
Souvenez-vous c'était il y a… treize ans. Oui déjà, et nous découvrions comme des millions de mômes et de parents à travers le monde l'histoire d'un petit poisson clown qui avait malencontreusement été enlevé à son habitat naturel pour se retrouver dans un bocal chez un dentiste australien. Vous y êtes, c'était Le monde de Nemo. Sans doute le plus gros succès des studios Disney/Pixar. À l'époque c'était Marin, le papa poule du petit poisson qui partait à la recherche de son rejeton. Chemin faisant il croisait la route (maritime) d'une poisson bavarde et frappée de crises d'amnésie passagères qui occasionnaient gags et quiproquos. Depuis les années ont passé mais les amis sont restés... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 29 à 9h, 11h15, 13h45, 15h45; 18h, 20h15 et 22h30 - jeudi 30, vendredi 1er, samedi 2, lundi 4 et mardi 5 : 11h15, 14h, 18h, 20h, 22h15 - dimanche 3 : 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 et jeudi 30 à 14h, 18h10 et 21h - vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3 à 14h, 16h10 et 21h - lundi 4 à 14h, 16h10 et 19h30 - mardi 5 à 14h, 16h10 et 18h30
Salernes : samedi 2 à 16h et 21h - mardi 5 à 16h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

L'Homme qui répare les femmes
Réalisé par Thierry MICHEL
Documentaire Belgique 2015 1h52mn
Écrit par Colette BRAECKMAN et Thierry MICHEL

Le Sud Kivu, en République Démocratique du Congo, est une zone frontière avec le Rwanda et le Burundi. La frontière avec le Rwanda a vu le passage, en avril 1994, de milliers de Tutsis fuyant les miliciens hutus auteurs du génocide… puis, en Juillet de la même année, l'arrivée de centaines de milliers de Hutus, fuyant à leur tour le Rwanda dès l'arrivée au pouvoir du Front patriotique rwandais dirigé par Paul Kagame… C'est ainsi que l'Est du Congo a subi plusieurs crises humanitaires successives et a été le théâtre de plusieurs guerres, accompagnées évidemment d'atrocités à l'encontre des populations civiles et en particulier des femmes.

C'est dans ce contexte terrible que le docteur Denis Mukwege accomplit son extraordinaire travail. Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui « répare » des milliers de femmes violées durant vingt ans de conflits dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres de la planète, mais qui dispose d'un sous-sol extrêmement riche. Il mène une lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables.
Menacé de mort, ce médecin au destin exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans son hôpital de Bukavu, sous la protection des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo.
Mais il n’est plus seul à lutter. A ses côtés se trouvent des femmes auxquelles il a restitué intégrité physique et dignité, et qui sont devenues grâce à lui de véritables activistes de la paix, assoiffées de justice.

Le film propose un portrait en miroir. D’un côté le docteur qui accueille des femmes dévastées physiquement comme psychologiquement et pour qui il est le dernier espoir. De l’autre, des femmes qui se reconstruisent et qui restituent à leur médecin des raisons d’espérer… (Utopia)

CGR (Draguignan) : SOIRÉE ENTRETOILES DIMANCHE 3 A 18H30, AVEC PRÉSENTATION DU FILM PAR LE DOCTEUR BOYER, TRÈS IMPLIQUE DANS LE MOUVEMENT GSF.
CGR (Draguignan) : jeudi 30 à 15h45, vendredi 1er à 13h30, samedi 2 à 18h, lundi 4 à 20h et mardi 5 à 11h


L'Histoire du géant timide
Écrit et réalisé par Dagur KARI
Islande 2015 1h34mn VOSTF
avec Gunnar Jonsson, Ilmur Kristjansdottir, Margret Helga Johannsdottir, Sigurjon Kjartansson...

On connaît le refrain reggae de Gainsbourg : « La beauté cachée des laids, des laids, se voit sans délai, délai ». Ici c'est la délicatesse introvertie des gros qui se révèle au grand jour. C'est la profonde gentillesse (au sens fort du terme) des maous, des ventrus, des XXL qui nous met du baume au cœur et le sourire aux lèvres. L'Histoire du géant timide, c'est un conte moral, une chronique douce-amère à l'islandaise (pas de doute, le film est bien le cousin germain du récent et plébiscité Béliers), c'est à dire décalée, pince-sans-rire, tout en retenue et en non-dits, se méfiant comme de la peste des épanchements intempestifs, des effets de manche, des grands mots mais pas des grands bipèdes. C'est rien de dire qu'on s'attache à ce gros nounours de Fusi (c'est son prénom, c'est aussi le titre original du film, en principe il y a un accent aigu sur le u mais nos claviers tempérés ne connaissent pas les subtilités de l'alphabet du grand Nord), personnage magnifique qui, plus le film avance, gagne en complexité, en finesse, en charme. Personnage qui doit évidemment beaucoup à son interprète, l'incroyable Gunnar Jonsson. Le réalisateur Dagur Kari (dont on avait défendu naguère le tout premier film, Noi Albinoi) explique d'ailleurs que c'est en voyant l'acteur dans un petit rôle à la télévision qu'il a eu l'idée de construire un film autour de lui : « Je suis tombé sous son charme, je le trouvais génial, avec une présence absolument unique. Il a un talent fou, un jeu incroyablement naturel. »

Fusi aura bientôt quarante-cinq ans et il vit toujours chez sa maman. Une forte femme, aimante et dévouée sans aucun doute, mais qui a des idées bien arrêtées sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, et qui a dû jouer un rôle non négligeable dans l'évolution de son grand gaillard de fiston. Renfermé, complexé, solitaire. Passionné par la reconstitution en modèles réduits de grandes batailles du passé avec tanks et petits soldats qu'il peint lui-même, avec une patience et une précision qui disent bien qu'il ne se résume pas à son physique de balourd.
Fusi travaille à l'aéroport, il transporte les bagages. Il fait bien son boulot mais doit subir les plaisanteries, toujours stupides et souvent cruelles, de ses collègues. Il les supporte stoïquement, ne se rebiffe pas, ne les dénonce pas. Fusi n'a en lui pas une once de méchanceté, pas l'ombre d'un ressentiment. C'est un grand naïf qui ne demande qu'à rendre service, à faire plaisir. C'est ainsi qu'il devient le compagnon de jeux d'une petite gamine qui vient d'emménager dans son immeuble et se sent seule. Une relation toute naturelle pour lui. Mais pas pour tout le monde. Un grand costaud comme ça avec une petite fille, c'est louche… Là encore Fusi ne s'offusque pas, se défend à peine. Il ne veut de mal à personne, pourquoi quelqu'un lui voudrait-t-il du mal ?

Le morne cours des choses va se trouver bousculé grâce à Rolf, le « fiancé » de sa mère (constater que sa mère a toujours une activité sexuelle alors qu'on en est soi-même privé : dur dur pour un fils dans la force de l'âge !), qui, pour les quarante-cinq ans de Fusi, lui offre un chapeau de cow-boy en même temps qu'un abonnement à des cours de danse country : le moyen idéal selon lui pour se faire des amies. Et de fait, après un premier réflexe de fuite, c'est là que Fusi va rencontrer Sjöfn (en Islande, c'est un prénom féminin). Et comme nous ne sommes pas dans une banale comédie romantique mais dans un film plein de finesse et de surprises, la suite des événements sera souvent drôle et infiniment touchante… (Utopia)


CGR (Draguignan) : SOIRÉE ENTRETOILES DIMANCHE 3 A 21h (séance unique)


Café Society
AfficheÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2016 1h36mn VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carrell, Corey Stoll, Parker Posey, Ken Stott, Anna Camp...
Film d'ouverture, Festival de Cannes 2016

C'est la troisième fois que Woody Allen fait l'ouverture du Festival de Cannes. Un record de plus à son actif. En 2002 c'était avec Hollywood ending et en 2011 avec Midnight in Paris, un des films les plus savoureux de sa dernière période. Il se trouve que Café Society, tout comme Midnight, nous transporte dans un passé revisité par le magicien Allen, avec toute la fantaisie dont il est capable et juste ce qu'il faut de nostalgie (ici les années 30 à Hollywood, là les années 20 à Saint-Germain des Prés). On a le droit d'y voir un heureux présage…
New York, dans les années 30 donc. Coincé entre des parents en perpétuelle bagarre, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier.
À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux de Vonnie, l'assistante de son oncle. Malheureusement, la belle n'est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu'au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l'horizon s'éclaire pour Bobby et l'amour semble à portée de main…

Quant au « Café society » du titre, il s'agit d'un club très prisé de l'époque, où se retrouvaient stars et mécènes du cinéma, ainsi que les derniers talents du jazz, dont on imagine bien qu'il va irriguer la bande son du film.
Depuis qu'il ne fait plus l'acteur (sauf occasionnellement pour les autres), Woody Allen ne se prive pas pour choisir ce qui se fait de mieux parmi les comédiens du cinéma américain actuel. Il dirige ici les formidables Jesse Eisenberg et Kristen Stewart, entourés de quelques pointures telles que Steve Carrell ou Parker Posey.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 15 et lundi 20 à 15h en VF, jeudi 16 à 15h en VO, vendredi 17 à 18h15 en VF, samedi 18, dimanche 19 et mardi 21 à 18h15 en VO

Lorgues : mercredi15 à 21h30, samedi 18 à 18h10, dimanche 19 à 19h et lundi 20 à 21h20


Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016. Photographie magnifique de Guillaume Deffontaines

C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant.

Nous sommes en 1910 dans la baie de Slack, quelque part entre Boulogne sur Mer et Calais, lieu de villégiature estivale pour les bourgeois de la métropole lilloise qui viennent profiter des bains de mer et des falaises offrant une vue imprenable sur les côtes britanniques, 40 km en face. Les Van Peteghem font partie de ces envahisseurs privilégiés. André (Luchini), industriel pompeux qui se pique de son bon goût pour l'architecture et les automobiles, vient là accompagné de son épouse, la fragile Isabelle (Valeria Bruni-Tedeschi), de leur deux filles et de leur neveu Billie. Complèteront bientôt le tableau des bourgeois en vacances le frère de Madame, Christian, et la sœur de Monsieur, Aude.
Mais le séjour va être perturbé par de mystérieuses disparitions en série de touristes, sur lesquelles enquête un duo de limiers aussi gauches qu'imbéciles, l'éléphantesque inspecteur Machin et son maigre adjoint Malfoy, les Laurel et Hardy de la police locale. Se pourrait-il que les Beaufort, famille de pêcheurs de moules de la baie – qui, idée surréaliste, font aussi office de porteurs pour les estivants qui ne veulent pas se mouiller les pieds –, aient quelque chose à se reprocher ? La relation naissante entre Ma Loute, le fils des pêcheurs, et Billie Van Peteghem, qui s'habille en fille dès qu'il (elle ?) en a l'occasion et qui dégage un charme pour le moins troublant, a-t-elle un lien quelconque avec l'affaire ? Nous n'en dirons pas plus tant le scénario réserve quelques surprises… que nous qualifierons pudiquement de perturbantes…

Car Bruno reste Dumont et il ne faut évidemment pas vous attendre à une plaisante comédie familiale. Comme annoncé plus haut, Ma Loute est à la fois hilarant, jouant à fond le jeu du comique grotesque et dévastateur – on saluera ici la performance histrionesque des trois « vedettes » à qui Dumont fait subir un traitement de choc – et terrible, d'un pessimisme célinien. D'un côté la nullité vaniteuse de la bourgeoisie dégénérée, de l'autre la misère bornée des prolétaires. Ma Loute, c'est donc le mélange détonant de la caricature burlesque, de la comédie policière à la Gustave le Rouge, le créateur de Chéri Bibi, des brûlots antibourgeois d'un Octave Mirbeau (Journal d'une femme de chambre) ou d'un Georges Darien (Le Voleur) et de la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel. Ce qui nous amène tout naturellement à signaler la beauté renversante des images composées par Bruno Dumont et son chef opérateur Guillaume Deffontaines, qui nous offrent des plans magnifiques des paysages du Nord, lumière irréelle, couleurs pastels, horizon bas…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 à 18h20


Folles de Joie
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2016 2h VOSTF
avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaella Ramazzotti, Anna Galiena, Valentina Carnelutti...
Scénario de Francesca Archibugi et Paolo Virzi. Festival de Cannes 2016, Quinzaine des Réalisateurs

Pour une fois les traducteurs de titres ont eu le verbe heureux. Folles de joie, elles le sont définitivement, les deux héroïnes de ce film qui navigue entre rires et larmes avec un égal bonheur. Et la joie qu'elles n'auront de cesse de rechercher empruntera des chemins nécessitant une bonne dose de douce dinguerie, quand ce ne sera pas tout simplement de l'inconscience.
Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif, aujourd'hui on dit bipolaire. Donatella est une jeune femme fragile et introvertie, au corps meurtri et tatoué. On comprendra plus tard d'où lui viennent l'atèle qu'elle porte sur la jambe et les marques sur son visage renfrogné. La rencontre de ces deux caractères va se faire sur un quiproquo mais on sent immédiatement que le courant est passé et qu'une forme de tendresse réciproque vient de voir le jour. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient donc d'amitié. Une après-midi, elles décident – enfin, surtout Béatrice – de s'enfuir, bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains ».

Il fallait un certain culot pour embrasser un tel thème sans avoir peur de faire rire. Mais attention, pas un rire moqueur ou pire encore cynique. Bien au contraire, Paolo Virzi nous offre l'occasion d'un rire salvateur et sincère. Un rire qui vient comme une libération, comme un sort jeté à la tête du malheur qui guette nos deux folles et qui a déjà une bonne longueur d'avance. Le réalisateur signe une œuvre tendre, sans pathos ni caricature, qui aborde avec autant d'intelligence que d'humour le sujet sensible de l'internement et de la normalité. Mais surtout il dresse un portrait amoureux de ces héroïnes ordinaires, de ces femmes qui se battent, se débattent, pour vivre et gagner leur part de joie et de bonheur.
Et on peut parier que l'aventure n'aurait pas été aussi heureuse sans l'immense talent de ses deux interprètes.
Sans du tout minimiser la performance de Micaella Ramazzotti, Valéria Bruni-Tedeschi, déjà présente dans le précédent film du réalisateur, Les Opportunistes – et qu'on peut voir aussi dans le détonnant Ma Loute de Bruno Dumont –, livre sans doute une de ses plus belles performances. Elle porte le film, littéralement, y insuffle une force, un rythme et une énergie qui entrainent tout et tous sur son passage. Elle est enthousiaste aussi bien que désespérée mais jamais vaincue ni à court d'une de ses idées génialement dévastatrices. Et la comédienne démontre ici toute l'étendue de son talent comique.
Les deux actrices construisent un duo que l'on a l'habitude de voir formé par des hommes : l'auguste et le clown blanc. Deux amochées de la vie, issues de milieux sociaux diamétralement opposés, trahies par les hommes et partageant un savoir quasi encyclopédique en matière de pharmacopée. Une sorte de Thelma et Louise de la psychiatrie, une échappée belle, qui on l'espère vous rendra fous de joie à votre tour.


Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 16h10
Lorgues : samedi 2 à 18h, dimanche 3 à 21h et lundi 4 à 19h
Cotignac : jeudi 30 à 21h

Julieta
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgÉcrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR
Espagne 2016 1h36mn VOSTF
avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Dario Grandinetti, Michelle Jenner, Pilar Castro...

« Il est possible que l'austérité soit à partir de maintenant ma voie… » Pedro Almodovar

Le nouveau film de Pedro Almodovar a été dans un premier temps fraîchement accueilli en Espagne (il faut dire aussi que sont entrés en ligne de comptes des paramètres largement extra-cinématographiques : mais que diable allait-il faire dans cette galère panaméenne ?), les critiques lui reprochant justement sa froideur, sa distance, son manque d'émotion manifeste, regrettant la fantaisie, la loufoquerie, le sens de la provocation du Almodovar des débuts – dont on a connu une résurgence pas vraiment convaincante avec Les Amants passagers – ou alors le sens du mélodrame flamboyant qui emportait ses œuvres de la maturité.

Et puis, au fur et mesure que les spectateurs – professionnels ou amateurs – voient le film à tête reposée, sans a priori, il semble bien que la tendance est en train de s'inverser, que les réactions se font de plus en plus positives, voire assez enthousiastes, rapprochant ce Julieta de La Fleur de mon secret, un des films les plus beaux – et des plus retenus – du réalisateur.
Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía, la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt.
Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 18h30


Elle
Réalisé par Paul Verhoeven
Pays-Bas 2016 2h10mn
avec Isabelle Huppert, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira, Laurent Lafitte...

Tordu, drôle, choquant, réjouissant... Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise.

 Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.Dix ans - une éternité - que l’on n’avait pas croisé l’insoumis Paul Verhoeven, lui dont le précédent film distribué en salles, Black Book, signait le retour aux Pays-Bas, sa terre natale. Fatigué de subvertir Hollywood, ses mythes et ses utopies, le papa de Robocop renaît encore une fois avec Elle. Et bonne nouvelle : les concessions lui sont toujours aussi impensables dans cette production sous bannière française. Mené tambour battant par Isabelle Huppert, le film est une adaptation d’un roman de Philippe Djian, Oh... (Prix Interallié 2012). Œuvre tranchante à tel point raccordée au style de Verhoeven qu’elle laissait craindre la superficialité, du moins la tautologie. Fort heureusement, la rencontre entre le néerlandais et Huppert fait vite oublier ces quelques réserves : la corrélation du duo est celle d’un artiste et de sa muse. D’autre part, le parfum de scandale et le dynamitage de la bonne conscience ne sont pas les seuls points de convergence de Elle. Car Verhoeven, lassé d’offrir comme il le fait souvent à ses spectateurs de quoi exorciser leur amoralité refoulée, explore cette fois d’autres territoires infiniment plus vertigineux. D’où une structure polymorphe complexe. Tout à la fois thriller, drame social que comédie grotesque, Elle est le récit d’une double transmutation fracassante : celle du cinéma de Verhoeven, puis celle d’Isabelle Huppert. Le "hollandais violent" trouve en l’actrice le porte-étendard absolu de sa provocation. Une association fructueuse à laquelle il fallait s’attendre, mais qui atteint des sommets d’inventivité étourdissants, dentelés d’ambigüité et d’inconfort. Réduire cependant Elle à une simple hybridation synthétique des précédentes fulgurances du cinéaste ne serait pas lui faire honneur. L’Eros et le Thanatos, composantes séminales de Verhoeven, servent toujours à sonder une question plus tortueuse - ici les relents de la vieille bourgeoisie française. Même si ses petites manies transgressives continuent d’imprégner le moindre plan et la moindre tournure de phrase. Mais une transfiguration plus implacable a lieu cette fois, comme si le réalisateur s’égayait de sa propre mythologie, déconstruisant son système de pensée jusqu’à l’absurde. Michelle - la Elle du titre - est une dirigeante de société de jeux vidéo, espace professionnel connu pour sa misogynie crasse. Cette femme caractérise de façon assez fantasque à elle seule toutes les attributions les plus formatées de la féminité : mère d’un garçon à la petite amie tyrannique, elle est séparée d’un écrivain raté, l’amante du compagnon de sa meilleure amie et associée, mais aussi la fille d’un tueur en série sur le point de trépasser derrière les barreaux. Sa mère, nymphomane notoire, n’accepte quant à elle pas de faner. Un jour qu’elle se trouve seule chez elle, Michelle est agressée puis violée par un homme à cagoule noire - la scène est foudroyante et impitoyable. Elle reprend conscience allongée dans les débris de verre de la porte, caresse son chat - personnage clé et presque magique de Elle - puis prend un bain, mais choisit résolument et en silence de continuer sa vie comme si de rien n’était. Ces tâches de sang rouges écarlates qui tranchent à la surface avec la mousse blanche du bain, seul témoignage de son sexe meurtri, seront l’unique cri d’alarme allégorique de cette femme a priori inébranlable. Alors que l’on pourrait imaginer Michelle devenir dès lors l’héroïne d’un thriller-Cluedo où l’entourage serait petit à petit passé au crible par celle-ci, Verhoeven en décide autrement. "Elle" ne sera pas la protagoniste tétanisée dans l’attente infinie et angoissée d’une possible récidive, mais fera au contraire tout pour inverser les rôles. Où la chassée devient chasseresse.Plutôt que de percevoir en ces viols répétés un possible plaisir tordu de la part de Michelle, il s’avère nécessaire de déplacer le curseur. Cette femme au demeurant insubmersible souffre intérieurement, bien que Verhoeven choisisse de passer outre la psychologie pour ne s’en tenir qu’à son combat. C’est la virulence et le caractère insoutenable des outrages sexuels qui pousse Michelle à se détacher d’elle-même et à ne plus se focaliser que sur sa vengeance. "Elle", cette autre en elle lui permettant de faire abstraction de ce cauchemar, va agir comme un réceptacle. Comme si les atrocités vécues glissaient vers un inconscient passif-actif. Dans cette configuration, Michelle va ainsi passer de victime à prédateur. Comme les mantes religieuses de Spetters, Basic Instinct et autres Showgirls, Michelle reprend peu à peu le contrôle, dans une recherche de pouvoir symbolique assez stupéfiante. Qu’importent finalement pour elle les affres de la violence sexuelle, la souffrance n’est plus qu’un lointain souvenir, dès lors qu’il est question de domination. Sans doute la posture royale et mutique de son chat, seul témoin insensible des viols, aura-t-il insufflé à Michelle cette dynamique prédatrice. À noter que Verhoeven multiplie les allégories à ce niveau, notamment lorsque le félin profite de l’état d’inconscience d’un moineau pour l’éventrer.
Réduits à l’état d’objets inertes et emasculés, les hommes ne représentent bientôt plus pour Michelle que des cosses tributaires de sa toute-puissance - voir la scène dans la cave de l’orgasme se poursuivant longtemps après l’éjaculation de l’oppresseur. Il faudrait décidément être aveugle pour continuer à dénoncer une quelconque complaisance sexiste chez Verhoeven. À mesure que Michelle achève sa mutation - que seule Isabelle Huppert était à même de retranscrire - et reprend le contrôle sur son environnement social, le cinéaste passe d’une dynamique glaciale et sardonique à de la fable pure. Deux transformations viennent alors de s’achever : celle de Michelle et du réalisateur, passé pour l’une de victime à reine inflexible des hommes, pour l’autre de chantre d’un monde inhumain à logisticien de la métamorphose. Quelque chose d’infiniment vivant, de presque biologique, ressort de cette vision du sang et des sécrétions conjuguées de la sorte, à l’instar des pendus de La Chair et le Sang. Usant du rire, de la peur, du mauvais goût - voir les scènes de jeu vidéo désopilantes - et de la honte comme d’un matériau malléable à l’infini, cette nouvelle satire sociale de Verhoeven prend une tournure presque cosmique. Nous attendions cela depuis fort longtemps. (àvoiràlire)


Le Vox (Fréjus) : mercredi29,dimanche 3 et mardi 5 à 21h, jeudi 1er à 18h20, lundi 4 à 16h10


Money Monster
Réalisé par Jodie FOSTER
USA 2016 1h39mn VOSTF
avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell, Caitriona Balfe, Dominic West...

Imaginez un de ces plateaux télé insupportables, tape à l'œil, plein de bruit et de fureur. C'est l'heure du direct. Une équipe de techniciens sur la brèche, pendue aux lèvres d'un présentateur faussement déjanté : Lee Gates (George Clooney au meilleur de sa forme). Tout semble tourner autour du nombril de cet imposant monstre du petit écran, tellement imbu de lui-même ! Les coulisses de « Money Monster » sont loin d'être un havre de paix et de bienveillance. Qu'attendre d'autre d'une émission qui fait l'apologie de l'argent facile, met en scène un capitalisme décomplexé, débridé, arrogant ? Clap de début. Les jingles pleuvent en tous sens. Les rampes de lumière mitraillent la scène. Lee Gates comme à son habitude fait son show, sautille, se trémousse comme le vulgaire pantin d'une farce abjecte. Dans une ambiance décérébrante, hystérique, il assène d'infaillibles conseils au vulgum pecus pour l'inciter à jouer en bourse. Il faut le voir pérorer, insupportable m'as-tu-vu, dont on ne sait plus s'il nous donne envie de rire ou de gerber ! Lui et ses certitudes à la sauce Wall Street ! Sorte de gourou pour téléspectateurs idolâtres, il file froid dans le dos…

Tout baigne au pays des traders et notre inénarrable chroniqueur testostéroné commente grossièrement des courbes, fait des prédictions sur le cours des actions, se prépare à lancer une de ces interviews provocatrices dont il a le secret. On n'est plus à une contradiction près ! Après avoir pourfendu les mauvais perdants, le voilà prêt à endosser le costume d'un super justicier anti-capitaliste. Que voulez-vous… La fatuité n'a pas plus de limite que l'argent n'a d'odeur et « Money Monster » semble avoir de beaux jours devant elle…
Seule Patti Fenn (Julia Roberts), la productrice, montre des signes de fatigue, lassée par le stress et les pantomimes un peu vaines, mais aussi par Lee qui n'est pas plus respectueux de ses congénères que de son public. Même les dessous de son intimité ne sont pas bien propres tant il est prêt à tout pour ne pas rester seul une seconde, ne supportant plus de vivre sans cette effervescence constante.
Mais voilà qu'hors du champ de vue de ce petit monde, arrive par la porte de service, celles des anonymes, des sans grades, de quoi perturber la routine télévisuelle. Cela a l'apparence d'un jeune livreur de pizza à la bouille sympathique. Même les agents de sécurité ne font pas la différence et ne prennent pas la peine de le fouiller. Et c'est ainsi que Kyle, tendu, inquiet, arrive dans les coulisses du show… Autant dire que dans ses boîtes il y a bien autre chose que des calzones ou des margheritas : de quoi remonter les bretelles des bouffons sans foi ni loi qui lui ont fait perdre toutes ses économies…

On pourrait vous en dire plus, mais on préfère vous laisser la surprise… Money Monster est non seulement un divertissement sarcastique, mais aussi un thriller haletant, impertinent, jubilatoire où le petit peuple prend sa revanche. Un pamphlet anti-capitaliste complètement barré, servi par une très belle distribution d'acteurs… Jack O'Connell est une véritable révélation ! (Utopia)

Lorgues : mercredi 29 à 21h, samedi 2 à 16h et dimanche 3 à 19h


Diamant noir
Réalisé par Arthur HARARI
France 2016 1h55mn
avec Niels Schneider, August Diehl, Hans-Peter Cloos, Abdel Hafed Benotman, Raphaele Godin, Raghunath Manet, Jos Verbist, Guillaume Verdier, Hilde Van Mieghem...
Prix du jury, Festival international du film policier de Beaune 2016

C'est un film noir de haute volée : Diamant noir captive, nous envoûte de sa belle lumière étrange et nous plonge, brusquement, de l'esthétique de l'image à la violence et la complexité des relations humaines. Issu d'une famille de diamantaires d'Anvers, Pier Ulmann vivote de petits chantiers pour la bourgeoisie parisienne qu'il ne manque pas de dépouiller dès que l'occasion se présente… Sa « famille » c'est Rachid, le seul être qui compte à ses yeux, il est le chef d'un modeste réseau d'arnaqueurs et il rêve de réussir enfin un gros coup. Et de se ranger des voitures après.
Un événement qui aurait pu passer inaperçu, tant le divorce du sang semblait être consommé, va bouleverser la trajectoire de Pier et lui donner l'occasion de toucher du doigt ce qui le guide depuis toujours : à deux rue de chez lui, un clochard manchot meurt dans l'indifférence générale. Pier va apprendre que le malheureux était son père, que ce père est le frère d'un gros diamantaire belge, et le mouton noir d'une longue et prestigieuse dynastie.Pier a grandi en marge de cette famille qui roule sur le diamant. L'éloignement, le mystère autour de l'accident qui a brisé son père n'ont eu de cesse de nourrir en lui un sentiment d'exclusion, une soif de revanche à la fois personnelle et sociale. L'enterrement du père sera le lieu des retrouvailles avec la famille.
Sur l'invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la firme Ullman. En bon rejeton du banni, du déchu, la place qui lui est accordée dit bien ce qu'elle veut dire : il doit tenir à sa place, à la marge de ce milieu dont il ne connait rien et dont il n'a pas les codes. Mais il va peu à peu séduire et intriguer ce clan – et en particulier son oncle, le chef vieillissant – qui, doucement, précautionneusement, lui ouvre ses portes. Il va donc avoir le « privilège » de fréquenter de près cette famille à la fois fascinante et repoussante mais surtout de découvrir un art pour lequel il va faire preuve d'un talent quasi inné.

« Tu vas là-bas pour voir, et prendre » ordonne Rachid… mais la situation devient plus complexe, les relations entre les personnages sont plus subtiles, sans cesse mouvantes. La galerie de portraits est saisissante, mais chacun des « monstres » s'humanise doucement et nous fait glisser de l'inconfort de départ vers l'empathie pour des personnages qui, chacun de leur côté, révèlent leur vérité intérieure, se laissent polir, tailler tels les diamants dont ils font marché et dont la lumière entre comme dans un miroir pour en ressortir amplifiée, décuplée pour enfin montrer toute la brillance de leurs facettes.       (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : samedi 2 à 18h30 et lundi 4 à 18h40


La Forêt de Quinconces
Écrit et réalisé par Grégoire LE PRINCE RINGUET
France 2016 1h49mn
avec Pauline Caupenne, Amandine Truffy, Grégoire Le Prince Ringuet, Marilyne Canto, Antoine Chappey, Thierry Hancisse...

C’est un drôle d’objet que ce film-là, littéraire et audacieux en diable, d’une fraîcheur insolente, d’une énergie folle, d'un romantisme échevelé. Ce qui frappe d'abord dans La Forêt de Quinconces, ce sont les mots. Des mots comme on en n'entend (presque) jamais. Des mots ciselés qui pourraient paraître trop écrits, trop déclamés, trop travaillés mais qui prennent, par le rythme, par le souffle, par la formidable manière dont le jeune et talentueux trio les habite, une énergie dévorante qui emporte tout sur son passage, nos préjugés et nos craintes en premier. Car sans discontinuité apparente avec leur vie ordinaire, les personnages de La Forêt de Quinconces se trouvent brusquement embrasés d’une fièvre verbale à la hauteur des sentiments qui les enflamment, et conversent alors éperdument… en vers ! Le fond se confond avec la forme comme par enchantement.

Tourné avec les moyens du bord, à Paris, à la campagne, dans une cage d’escalier, une chambre de bonne mais aussi dans les coulisses et sur la scène d’un théâtre, c'est donc un film qui dit, qui proclame son amour du texte et des mots, des mots plus puissants et plus grands que le cadre dans lequel ils prennent vie. Et si la rime peut parfois paraître incongrue, elle n’est jamais ni ridicule ni anachronique, parce qu’au fond, ce qu’elle raconte de la fulgurance, de la passion, des chassés-croisés amoureux a toujours la même saveur depuis Tristan et Yseult.
Il y a dans La Forêt de Quinconces un jeune homme trop amoureux, Paul, et une jeune femme qui le quitte, Ondine. Il y a la déception et l’horreur de l’abandon, puis l’envie de vengeance… Il y a la nouvelle venue, jalouse de toutes celles d’avant. Il y a un trio amoureux, deux femmes que tout oppose et un homme au milieu. Il y aussi un chœur antique, des danses, de la musique, du slam, un clochard philosophe et quelques sortilèges… sans oublier un coucher de soleil. Ça fait beaucoup pour un seul film ? Peut-être… Mais ça change de tous ceux qui se contentent de peu.
Loin de toutes les modes, hors des cadres, hors des codes, La Forêt de Quinconces possède la grâce et l’audace des vingt-huit ans de son jeune réalisateur, Grégoire Leprince-Ringuet, comédien vu chez André Téchiné, Christophe Honoré ou Robert Guédiguian. Le cinéaste débutant orchestre son petit monde avec un talent incontestable et un lyrisme presque rageur qui parfois frise l’ivresse. Pour sûr que cela ne plaira pas à tout le monde, mais faut-il plaire à tout le monde ?         (Utopia)

Le Vox (Fréjus) :mercredi 29, vendredi 1er et dimanche 3 à 18h30, jeudi 30 à 16h10, lundi 4 et mardi 5 à 21h


Tout de suite maintenant
Réalisé par Pascal BONITZER
France 2016 1h38mn
avec Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Isabelle Huppert, Jean Pierre Bacri, Pascal Greggory, Lilia Faure...

C'est une fille bien d'aujourd'hui… Et ce n'est pas ça qui va nous rassurer sur l'état de notre présent ! Le prototype parfait de la gonzesse performante, ambitieuse aux canines acérées, à l'esprit aussi coupant et vif que son physique est superbe et glacé, sortie brillamment diplômée des plus grandes écoles, époustouflante d'efficacité dès qu'il s'agit de jouer sur l'échiquier de la finance internationale… Trentenaire au top, réactive comme la bourse : il faut du résultat et du gain TDSM (Tout De Suite Maintenant) comme on dit dans ces milieux-là qui sont le cœur agité et stressé de l'air du temps où on n'a plus le temps de le prendre, le temps, où tout doit filer à la vitesse d'un tweet… Plus le temps de divaguer, d'hésiter, de rêver, d'avoir des états d'âme… la productivité de chaque seconde compte, même en amour, même quand on est tout seul… Sauf que les humains ça peut aussi les déglinguer grave, ce nouveau moule dans lequel ils se contraignent à se couler… (Voyez le superbe La Nouvelle vie de Paul Sneijder, contrepoint parfait au film de Bonitzer)

Le jour où elle débarque, pimpante, dans des bureaux qui sont des personnages à part entière du film tant ils sont à l'image de ces entreprises branchées sur le monde entier, Nora Sator affiche une assurance qui la met très vite dans le sillage de ceux qui détiennent le pouvoir. Il ne faudra pas trois jours pour que son PDG pousse le pion précédent, un charmant jeune homme pourtant brillant et séduisant, pour l'installer à sa place. Echec et mat ! Pas grand chose à changer, juste son ordinateur à poser sur un autre bureau à l'endroit de l'ordinateur enlevé aussi vite par celui dont elle a pris la place… Cruauté d'un monde de la consommation rapide des salariés comme du reste.
Mais elle s'aperçoit vite qu'il y a quelque chose de bizarre dans cet univers trop clean, trop bien huilé et ce quelque chose tient à son père : quels étaient jadis les liens entre lui et son nouveau et arrogant PDG, avec lequel il semble avoir partagé beaucoup de choses avant de se replier dans son petit appartement en solitaire.
Son PDG l'invite à venir exécuter un travail urgent dans sa villa, moderne et ostensible signe extérieur de richesse, où elle croise son épouse diaphane qui tangue entre deux whiskies… Que s'est-il passé entre son père et cette femme, quel rapport avec l'associé de son PDG qui semble lui-même touché sur le point de couler dans un double jeu cruel plein de mensonges et de pièges ?

Nora est une jeune femme qui a tout pour « réussir » et la vie devant elle, mais ce qui s'est passé avant elle la rattrape au tournant. C'est que sous ses airs de joli robot, fabriqué pour la performance, il lui reste un large fond d'humanité sensible qu'elle n'a pas complètement évacué, entretenu sans doute par ses liens de complicité avec une sœur qui est son exact contraire, brune fantaisiste débordante de sensualité. Il y a aussi les liens qui subsistent avec ce père amer qu'elle aimerait comprendre, comme s'il lui était insupportable de caler devant une équation non résolue qui la concerne d'aussi près… Et puis il a ce collègue de son âge qui n'est peut-être pas aussi prêt qu'elle à tout miser sur son seul projet de carrière, il y a cette femme que son père a connu, si classe, si belle et percluse de désenchantement…
Autant de choses qui la poussent à réagir, à chercher à comprendre le pourquoi du comment, à s'interroger sur la réalité de son envie de faire partie de ce monde-là… Le film est remarquablement écrit, superbement interprété. Tranchant. Pas confortable, pas gentil, tranchant. (Utopia)

Le Lido (Saint-Raphaël) : mercredi 29, jeudi 30, vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3, lundi 4 et mardi 5 à 19h50
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29; vendredi 1er et dimanche 3 à 16h15, jeudi 30 et mardi 5 à 18h30, lundi 4 à 21h


Le Monde de Dory
Réalisé par Andrew Stanton et Angus MacLane
Film d'animation USA 2016 1h35mn VF

Souvenez-vous c'était il y a… treize ans. Oui déjà, et nous découvrions comme des millions de mômes et de parents à travers le monde l'histoire d'un petit poisson clown qui avait malencontreusement été enlevé à son habitat naturel pour se retrouver dans un bocal chez un dentiste australien. Vous y êtes, c'était Le monde de Nemo. Sans doute le plus gros succès des studios Disney/Pixar. À l'époque c'était Marin, le papa poule du petit poisson qui partait à la recherche de son rejeton. Chemin faisant il croisait la route (maritime) d'une poisson bavarde et frappée de crises d'amnésie passagères qui occasionnaient gags et quiproquos. Depuis les années ont passé mais les amis sont restés…

Au fond du bleu océan, Marin et Nemo vivent en parfaite harmonie avec Dory, qu'ils ont adoptée dans leur famille. Mais un événement traumatisant vient perturber leur quiétude, et Dory se retrouve propulsée dans sa famille de naissance. Elle s'embarque alors dans une aventure pour retrouver les membres de sa famille de cœur… Une chouette occasion de replonger dans l’univers du plus célèbre poisson pixar et d’en apprendre un peu plus sur la jolie et amnésique Dory. Pourra-t-elle enfin retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ? (Utopia)

CGR (Draguignan) : mercredi 29 à 9h, 11h15, 13h45, 15h45; 18h, 20h15 et 22h30 - jeudi 30, vendredi 1er, samedi 2, lundi 4 et mardi 5 : 11h15, 14h, 18h, 20h, 22h15 - dimanche 3 : 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 29 et jeudi 30 à 14h, 18h10 et 21h - vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3 à 14h, 16h10 et 21h - lundi 4 à 14h, 16h10 et 19h30 - mardi 5 à 14h, 16h10 et 18h30
Salernes : samedi 2 à 16h et 21h - mardi 5 à 16h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

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