Au(x) cinéma(s) du 29 mai au 4 juin 2019

Bonjour à tous !

 
La prochaine soirée Entretoiles aura lieu le  dimanche  16 juin avec  deux  film italiens: un documentaire de Nanni Moretti  Santiago, Italia  et un film de Sorgio Castellito  Fortunata.
 
Cette semaine pas de film en ciné club . Les  prochains films  seront :  Marie Stuart reine d 'Ecosse, Ma vie avec John F donavan ,  Nos vies formidables, Le silence des autres, La lutte des classes et L 'adieu à la nuit.
 
A Lorgues vous pourrez  un documentaire de Samuel Bigiaoui  68, mon père et les clousun regard pudique et modeste, qui en dit long sur les relations filiales, et bien plus encore sur une époque qui entendait faire rimer liberté avec égalité, et égalité avec fraternité, Mais vous êtes fou, d'Audrey Diwan une subtile reflexion sur le couple, El reino  de Sorogoyen  un thriller politique ultra tendu, mis en scène avec virtuosité  et un documentaire français Les arbres remarquables.
 
A Salernes mais aussi au Vox le dernier Almodovar Douleur et gloire où le grand cinéaste nous livre un bouleversant autoportrait semi-fictif et offre au comédien Antonio Banderas son meilleur rôle et Debout de Stephane Haskell l’histoire d’un drame surmonté et d’une envie d’œuvrer pour le bien commun en transmettant un trésor.
 
Au Vox Petra  où  non-dits et violence psychologique sont la colonne vertébrale de ce film du réalisateur espagnol Jaime  Rosales, Le jeune Ahmed  des frères Dardenne , portrait d'un adolescent pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie , Sybil  de Justine Triet , film sélectionné au Festival de Cannes avec une Virginie Efira époustouflante et The dead don't die réalisé par Jim Jarmush  sur un thème mythique du cinéma fantastique : les morts vivants.
 
Bonne semaine de cinéma!
 
Nous vous rappelons que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et les films Entetoiles et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

 Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (si vous avez demandé à la recevoir et que vous ne la recevez pas, c'est que votre adresse n'était pas assez lisible : redemandez !) (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!). Vous pouvez aussi consulter le site d'Entretoiles : entretoiles.e-monsite.com
 
 

68, MON PÈRE ET LES CLOUS

Samuel BIGIAOUI - documentaire France 2019 1h24mn -
Le monde est immense et toujours surprenant : pas une planète, pas une galaxie, pas un coin de notre terre qui, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, ne déploie une diversité que les plus grands explorateurs, savants, docteurs en machin chose ne cessent de découvrir… Plus ils étudient ces espaces infinis, cherchent, fourrent leur nez dans tous les recoins les plus éloignés d'un univers qui ne cesse de se déployer et plus l'horizon se déplace. On le supputait déjà, depuis notre petit carré d'ignorance : plus on sait et plus on découvre que l'on ne sait rien.
Il en va de même pour le cinoche : les sources d'inspirations ne sont pas près de se tarir et plus on plonge dans l'intime et plus on flirte avec l'universel et plus le cinéma surprend par sa capacité de renouvellement. Tenez, par exemple, ce film-là, 68, mon père et les clous  
C'est une petite quincaillerie qui ne paie pas de mine, en plein cœur du Quartier latin, rue Monge. On y trouve tout ce qui est nécessaire pour installer le quotidien basique d'une vie, depuis les pitons pour tableaux aux cartons pour collectionneur de papillons.
Cette boutique, où toutes sortes de destins se croisent, est d'abord un havre d'humanité : on vient s'y ressourcer, y papoter pour se changer les idées, faire le plein de chaleur humaine avec un patron qui lui non plus ne paie pas de mine, mais est une source inépuisable d'étonnement. Qu'est ce qui a pu pousser à choisir de vendre des clous, il y a 30 ans, ce sympathique Jean qui s'apprête à plier boutique ? Militant de la gauche prolétarienne, engagé jusqu'au trognon, intellectuel diplômé de partout… il aurait pu prétendre à un rôle de premier de cordée, comme dirait l'autre.
Depuis, il n'a cessé de faire de ce lieu ordinaire un point de ralliement pour une humanité de proximité aussi diverse et riche que banale, aussi anonyme qu'attachante : un boucher trotskiste, un tireur d'élite russe qui a fui son pays, une immigrée croate, une bourgeoise… De tous les milieux, de tous les pays, de tous les âges. C'est son fils qui le filme, le poursuit de questions dans les recoins de son magasin, capte les échanges sans en modifier le cours…
Dans cette boutique au bric-à-brac magique se croise l'incroyable diversité de la fourmilière humaine et les récits de vies des uns et des autres brassent avec humour quelques vérités fondamentales, racontent l'histoire d'une époque mouvante entrecoupée de drôleries et de moments d'émotion. Ici on parle cinéma, politique, bricolage, société. On y partage un café, les pâtisseries de fin de Ramadan. On y philosophe tout en brassant les petites contrariétés de base. Les meilleurs copains de Jean sont des vieux militants, intellectuels de haut vol ayant fait le choix d'une vie modeste, curieux de tout, toujours bienveillants, jamais amers. La poignée de salariés qui travaillent dans la boutique essuient une larme et racontent l'attachement au lieu, leur amitié pour Jean, le rôle qu'il a joué dans leur vie… Zora rigole : vous seriez un bon psychanalyste, revendique d'avoir le monopole du balai et son fils ironise sur son mauvais sens des affaires, le fric perdu. Les clients se désolent de voir disparaître cette caverne d'Ali Baba qui leur fournissait des clous et tant d'autres choses, escamotent leur émotion dans une pirouette.
Samuel, le réalisateur et fils de Jean, filme avec sa tête, son cœur et beaucoup de talent, le montage est vif et signifiant. Il y a de la tendresse et de la fierté quand la caméra regarde son père partir vers sa nouvelle vie, ne reniant rien de l'ancienne, une vie qui ne devait rien au hasard mais à des choix, faite de sens et nourrie de belles rencontres. Superbe !  (Utopia)
 
LORGUES
mer. 29 mai / 18h00         lun. 03 juin / 18h00

 

MAIS VOUS ÊTES FOUS

Audrey DIWAN - France 2018 1h37mn - avec Pio Marmaï, Céline Salette, Nailia Harzoune, Maxence Tual, Valérie Donzelli, Carole Franck... Scénario d’Audrey Diwan et Marcia Romano.
 
Ça commence comme si de rien n’était, le hasard d’une rencontre, une soirée entre amis qui s’est prolongée un peu trop tardivement, un petit coup de mou dans l’existence, un coup de cafard, ou de fatigue. Le premier pas est toujours le plus facile, le plus festif, celui qui ne fait pas peur, parce que l’on croit, à tort, que la maîtrise est là, solide comme un rempart. Romain est passé depuis longtemps de l’autre côté et il est maintenant bien installé dans une relation toxique avec son addiction. Elle est là, au quotidien, dans son ombre, le suivant pas à pas au travail, à la maison, en ville. Le jour elle l’accompagne et lui donne de l’énergie, la nuit elle le visite, sans prévenir, l’enfermant dans de terribles insomnies. Comme un vieille copine collante qui fait semblant de ne pas comprendre que sa présence est devenue pénible, elle s’accroche et s’obstine mais rien n’y fait : Romain ne peut plus se débarrasser d’elle.

Et puis un jour, c’est l’accident, sa plus jeune fille fait une crise d’épilepsie dont on met très vite en évidence la cause : un taux élevé de substances prohibées. Pour sa femme Camille, c’est un cataclysme, elle découvre que l’homme qu’elle aime, qu’elle croyait si bien connaître, avec lequel elle a construit sa vie lui a caché pendant des années sa dépendance. Pire que tout : sa conduite a mis leurs enfants en danger. Très vite, la procédure judiciaire se met en action, parce que des mineurs sont concernés et qu’ils doivent avant tout être protégés et Camille, elle-même, a peut-être une part de responsabilité… Qui peut jurer qu’elle n’est pas, elle aussi, une droguée ?
Séparée de son conjoint, puis de ses enfants, Camille va devoir faire face et comprendre comment ils ont pu en arriver là et surtout, comment elle a pu laisser son homme s’enfermer seul dans un mensonge qui a tout détruit à petit feu. Comment renouer le dialogue quand la confiance est brisée ? Comment apprendre à vivre sous le regard inquisiteur de la famille, des amis, de la société qui ont tôt fait d’enfermer Romain dans son statut de coupable ? Comment poursuivre une relation alors qu’une autre, l’addiction, s’est invitée dans leur couple, maîtresse indésirable dont les traces du passage ne peuvent s’effacer.

C’est sous cette angle du rapport amoureux malmené que l’addiction est ici traitée et ce premier film va essentiellement s’attacher à la relation entre Camille et Romain, l’épreuve endurée par chacun d’eux, seul avec sa peine, puis la délicate reconstruction d’un avenir commun. Sans jugement moral, sans fascination déplacée, Audrey Diwan filme l’addiction comme ce qu’elle est : un poison vicieux qui est, avant de devenir destructeur, un puissant exhausteur de plaisir, de puissance, de confiance et elle montre bien comment Romain, homme a priori brillant et bien installé dans sa vie, a pu y trouver un soutien pour surmonter ses failles, ses faiblesses, ses blessures. Alors qu’on l’a quitté il y a peu dans un registre comique (En liberté !), Pio Marmaï montre ici une autre facette de son talent, plus sombre, plus dramatique. Face à lui, Céline Salette, forte et délicate, passionnée et révoltée, incarne un magnifique personnage féminin, entre la glace et le feu.   (Utopia)
 
LORGUES
 mer. 29 mai / 16h00      sam. 01 juin / 16h00       dim. 02 juin / 21h00
 
EL REINO
Rodrigo SOROGOYEN - Espagne 2018 2h11mn VOSTF - avec Antonio de la Torre, Monica Lopez, José Maria Pou, Nacho Fresneda, Ana Wagener, Barbara Lennie... Scénario   d'Isabel Peña et Rodrigo Sorogoyen.
 
 
« La corruption politique en Espagne – et surtout, la totale impunité de ses leaders depuis une dizaine d’années – nous a laissés, ma co-scénariste Isabel Peña et moi, d’abord perplexes, indignés puis déprimés, et enfin presque anesthésiés. C’est la répétition des affaires de corruption de ces dernières années qui nous a décidés à raconter cette histoire. Comme dans Que Dios nos perdone, nous voulions faire un thriller, un film à suspense qui accroche le spectateur mais qui parle aussi des êtres humains et de leur noirceur. »  L’action démarre dans un restaurant de luxe, autour d’un plateau de fruits de mer débordant de gambas plus énormes et plus rouges que partout ailleurs. Ici l’herbe est plus verte que partout ailleurs ! On ingurgite goguenards et sans s’extasier les vins millésimés, la cuisine fine, on se gausse, on critique les absents, on trame des complots avec des airs entendus. Il nous faut un moment pour comprendre qu’on est dans la cour des grands, des puissants de ce monde, parmi lesquels une seule et unique femme. Tellement sûrs d’eux, de leur impunité éternellement acquise qu’ils en finissent par oublier d’être discrets. C’est à l’heure du digestif, quand sort de l’ombre un petit carnet où sont alignés les comptes occultes de campagne, qu’on sait définitivement qu’on est dans une grande famille politique. Laquelle ? Ce ne sera jamais dit… Les scénaristes ont pris soin de doter le parti fictif du film des mêmes caractéristiques que les formations politiques qui s’affrontaient en Espagne en 2007, année où se situe l’action. 
 
Pour Manuel López-Vidal (Antonio de la Torre, juste parfait !), l’un des cadors de la petite bande plus habituée aux yachts qu’au métro, l’avenir s'annonce radieux. C’est au moment où il est sur le point de satisfaire son ambition galopante, de passer à la direction nationale, qu’un bon gros scandale dévoilé par la presse va éclater : malversations, corruption, compte d’initiés… Alors qu’ils nageaient tous dans les mêmes eaux glauques et profondes, Manuel va vite comprendre que c'est sur lui seul que la nasse risque de se refermer. Ses alliés de jadis auront tôt fait de charger sa barque pour se défausser et ne pas sombrer avec lui. Mais notre bouc émissaire n’a pas dit son dernier mot…mme dans Que Dios nos perdone, nous voulions faire un thriller, un film à suspense qui accroche le spectateur mais qui parle aussi des êtres humains et de leur noirceur. »  (Utopia)
 
LORGUES   
sam. 01 juin / 20h00        lun. 03 juin / 20h00
 
 

LES ARBRES REMARQUABLES, un patrimoine à protéger

Un film de Jean-Pierre Duval, Georges Feterman et Caroline Breton - documentaire France 2019 1h30mn - Avec la participation de Alain Baraton, Delphine Batho, Denis Cheissoux, Francis Hallé, Béatrice Rizzo, Yann Wehrling... avec l'association A.R.B.R.E.S



 
 
On a tous en nous un souvenir d'arbre. Remarquable parce qu'il nous a marqué. Comme ce souvenir très fort d'une photo prise à l'orée des années 90 sous un chêne planté majestueusement sur la place de la mairie du village. Toute une ribambelle de gamins rassemblés autour du tronc, grimés pour le bicentenaire de la révolution. On n'avait que 4 ans, mais ce souvenir là, de la prise de cette photo, de cet arbre là, est aussi vif et frais qu'un bourgeon laissant bientôt place à une tendre feuille. On a aussi le souvenir d'une plaque près du tronc énorme de ce branchu et au moment où on écrit ces lignes, on apprend qu'il y est mentionné : « Arbre remarquable ».
Majestueux, millénaires, insolites, liés à une légende ou tout simplement beaux, les arbres en imposent dans le règne végétal comme les tortues dans le monde animal : pouvant vivre plus que centenaires, ils ont quelque chose d'immuable, d'éternel – et on les sait porteurs d'une mémoire commune qu'il faut à tout prix préserver. Le film, remarquablement écrit et réalisé à six mains, nous emmène dans un captivant tour de France et d’Outre-mer de ces arbres si particuliers. La diversité de ces ancêtres vénérables se dévoile sous nos yeux entre forêts et campagne, villes et montagnes. Certains d’entre eux paraîtront un peu « jeunes », ne dépassant pas les 300 ans. Les plus vieux cèdres ou catalpas, séquoias ou tulipiers ont tout simplement l’âge de leur arrivée en Europe ! Oliviers, Châtaigniers, Chênes, Ifs, Tilleuls, Zamana, et tant d’autres sont eux aussi au rendez-vous. Ne vous pressez pas. Ils seront encore là quand vous passerez les voir. Pour eux, le temps n’a pas la même dimension.  (Utopia)
 
LORGUES    vendredi 31 /19h30
 

DOULEUR ET GLOIRE

Écrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR - Espagne 2019 1h53mn VOSTF - avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia, Nora Navas, Julieta Serrano… et Penélope Cruz... Festival de Cannes 2019, Sélection officielle, en compétition.

 
 
 
 Disons le d'emblée, avec enthousiasme : Douleur et gloire est l'un des plus beaux films de Pedro Almodovar, et probablement le plus intime, le plus personnel. Un film ample et maîtrisé, superbement écrit et construit, d'une élégance formelle, d'une puissance évocatrice renversantes, touchant à la perfection dans son interprétation, dans son image, dans sa musique, dans sa direction artistique, dans ses dialogues, dans ses ellipses… et dans l'assemblage fluide de tous ces éléments !
Antonio Banderas (extraordinaire) y campe le célèbre cinéaste Salvador Mallo, alter-ego d'Almodovar qui lui a prêté ses costumes pittoresques, sa coupe de cheveux et jusqu'à son propre mobilier… Sans oublier sa douleur, condensé de maux physiques, existentiels, émotionnels, psychologiques. Une douleur qui tiraille quasiment chacun de ses gestes, y compris artistiques. Comment créer quand la souffrance n'est plus un moteur, mais une entrave ? Comment ne pas douter quand la gloire confine au déclin ? Salvador, ainsi pris en étau entre son manque d'inspiration, le sentiment d'avoir déçu et son anatomie malade, plonge dans ses souvenirs pour trouver le repos et reprendre goût au présent. 
D'abord pris dans l'apesanteur amniotique d'une piscine, les yeux fermés, Salvador se rappelle un des plus beaux moments qu'il ait vécus : sa mère Jacinta, joyeuse au bord de la rivière, chante au diapason d'autres lavandières et étend le linge fraîchement lavé sur les joncs et la menthe. Le petit garçon d'alors ne peut cacher sa fascination pour cette mère d'après-guerre, dont la beauté voluptueuse transcende la rusticité de l'époque. Les cheveux en bataille, le sourire éclatant, la prunelle ténébreuse… Le récit est bousculé puis revient au présent. Celui d'un homme qui a vécu. Celui d'un homme qui a souffert. Puis viennent d'autres souvenirs. Son premier amour, la douleur de la rupture qui suivit, l'écriture comme seule thérapie pour oublier l'inoubliable, la découverte précoce du cinéma et du vide, la difficulté de se séparer des passions qui donnent à la vie sens et espoir.

Flashback. Salvador émigre avec ses parents à Paterna, un village près de Valence où ils espèrent trouver la prospérité. Ils s’installent dans une grotte troglodyte – le temple de son enfance. On porte l'eau dans des seaux, Jacinta reprise des chaussettes avec un œuf de couture, symbole ultime de résurrection et de vie. Qui sert astucieusement à relier, dans la narration, le fil du passé et celui du présent. Soit l'enfance des années 60, la maturité triomphante des années 80 à Madrid et Salvador de nos jours, isolé, dépressif, victime de plusieurs maux, retiré du monde et du cinéma.
Ne vous méprenez pas, Douleur et gloire n'a rien de cérébral, rien d'élitiste. Au contraire : c'est une œuvre lumineuse, cathartique, qui tire admirablement parti des ressources de la fiction – de ces « coïncidences » qui n'arrivent que dans les films (ou presque). Tel le premier amant de Salvador tombant par hasard sur sa pièce de théâtre disant tout de son remord face à leur rupture… Ce même amant qui dira : « Il n'y a pas un film de toi que je n'aie pas vu », comme soulagé de voir que leur histoire continue à vivre, par des évocations, des réminiscences en images. Encore coïncidence, avec la réapparition mystérieuse d'un portrait de Salvador en train de lire un livre dans la grotte de Paterna. Il a neuf ans. Les murs blanchis à la chaux contrastent avec les fleurs en pots, les carreaux de ciment multicolores aux motifs matissiens. La lumière zénithale achève de donner au cadre une dimension fantasmagorique. Un jeune maçon – amateur de peinture – contemple Salvador, fasciné par la scène, et décide de le dessiner sur un sac de ciment, puis d’emporter le croquis pour le mettre en couleurs chez lui. La candeur mêlée au désir inavouable des deux garçons est d'une telle intensité que Salvador perd connaissance, comme foudroyé. Au-delà des deux histoires d'amour qui marquèrent le héros et vont ici trouver une issue dans la fiction, ce sont les regrets vis-à-vis de sa mère qui vont s'effacer dans un délicieux retournement final. Les douleurs, ainsi exorcisées, finissent par apparaître mineures, quand elles ne sont pas directement moquées…

Douleur et gloire continue donc d'affirmer cette liberté qui a toujours défini le cinéma d'Almodóvar, par sa manière de multiplier les mises en abyme, d'éclater la narration entre le passé et le présent, entre l'auto-fiction et l'imaginaire. Sans jamais perdre de vue la beauté, ni l'émotion. O. J.   (Utopia)
 
SALERNES
 mer. 29 mai / 18h00     ven 31/18h et 21h    sam1juin /18h    dim2/18h        lun3/18h et 21h    mar4/21h
 
LE VOX 
VF : mer29/15h45      jeu30/15h45      sam1/18h15           dim2/13h50    /13h50   mar4/16h
V.O :mer29/18h15      jeu30/20h45      ven31/13h50  18h15     sam1/13h50  21h     dim2/18h10  20h30   lun3/18h15  mar4/18h15
 
 

DEBOUT

Stéphane Haskell - documentaire France 2019 1h25mn VOSTF - avec la voix de Raphaël Personnaz...
 
La quarantaine, jeune réalisateur photographe, Stéphane Haskell brûle la vie par les deux bouts. Alcool, excès en tous genre… Un soir, il se retrouve paralysé, incapable de bouger. Transporté à l'hôpital, on lui diagnostique un syndrome de la queue de cheval – une garcerie neurologique peu commune qui, malgré son nom sympathique, laisse durablement de sales séquelles et handicape parfois à vie ceux qui en sont porteurs. Après plusieurs opérations, il réussit péniblement à marcher, perclus de douleurs. Des mois de rééducation, des années de souffrance. Jusqu'à ce qu'une rencontre change le cours de son destin… une rencontre avec le yoga. Thérèse Poulsen, une professeure le convainc de la suivre en Allemagne où elle donne des cours dans un centre spirituel. Elle l’initie aux postures de base et à la philosophie du yoga. De là, un début de victoire, même infime, une voie s’ouvre à lui : la guérison est peut-être possible.
Caméra au poing, Stéphane Haskell part à la rencontre de ceux pour qui le yoga représente une forme de libération. Libération des contraintes imposés par le corps, acceptation de la privation de liberté pour des détenus de la prison de San Quentin aux État-Unis, manière d'évacuer les traumatismes au Kenya… 

« Le yoga est la forme moderne de la liberté : pour un ouvrier face à la machine, un prisonnier face à l’absurdité du monde carcéral, aux pauvres pour s’abstraire de la misère, un malade face à l’enfer de la souffrance… Nous sommes tous prisonniers de quelque chose. Le Yoga est la forme moderne d’accès à une certaine liberté. » (Stéphane Haskell, extrait de Respire • Ed. Michel Lafon)    (Utopia)

SALERNES
sam1juin /21h  
 

PETRA

Jaime ROSALES - Espagne 2018 1h47mn VOSTF - avec Barbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey, Marisa Paredes... Scénario de Jaime Rosales, Michel Gatzambide et Clara Roquet.
C’est là, au sommet des collines qui dominent les vignes, que la brune Petra vient chercher une sorte de rédemption, loin de tout mysticisme. Sous couvert de participer à une résidence d’artiste, elle débarque par un beau matin clair dans les pattes d’un plasticien qui aurait l’âge d’être son père. La renommée internationale de Jaume Navarro en impose déjà à la jeunette subjuguée, sans même qu’elle l’ait rencontré. Il va vite s’avérer que notre souricette est tombée dans la tanière d’un raminagrobis expérimenté dans l’art et la manière de torturer longuement ses proies. Oh pas physiquement, non ! Notre patriarche est plus subtil, plus pervers… Il se plait à ferrer intellectuellement ses disciples, à les humilier doucement, à les égratigner verbalement jusqu’à les faire abjurer toute estime de soi.
 
L’accueil dans sa grande propriété cossue est roide. Marisa, sa compagne, peu engageante, se révèle aigrie et cassante comme le sont les êtres dominés, prompts à évacuer leur haine retenue sur la première bouc-émissaire venue. On ne sait si elle met en garde Petra par solidarité féminine ou pour protéger ses arrières et sa cage dorée. Toutes deux se regardent en chiennes de faïence, guettant les pas du maître, jalousant l’attention qu’il pourrait porter à l'autre. Elles se reniflent mutuellement, jaugeant les failles de la potentielle adversaire, prêtes à dégainer leurs crocs. Elles pourraient tout aussi bien être deux alliées ou rivales piégées dans la maison de Barbe bleue, chacune se demandant laquelle est la première capable de vendre la peau de l’autre pour épargner la sienne. Leur ton policé peine à cacher leur stratégie guerrière. 
 
L’espace d’un souffle glacial, on songe avec effroi à quel point il est facile de passer du statut de victime à celui de tortionnaire. L’inconstance humaine nous glace les sangs. Quand Petra déclare rechercher la vérité dans l’art, Marisa la questionne sur ceux qui mentent. Quand Petra affirme que l’argent ne l’intéresse pas, Marisa lui rétorque que la seule chose que Jaume peut lui apprendre est pourtant comment en gagner. De fait le grand artiste est en tous points un être détestable. Même son fils le décrira un peu plus tard comme un être hybride et cruel. Tous ceux qui surnagent dans l’aréopage du grand mâle dominant y tiennent un rôle ambigu et peu reluisant.
 
Pourtant Petra, obstinée, malgré les propos malveillants qui fusent de tous bords, va étonnement ne pas lâcher l’affaire, même si les mots que lui décoche Jaume sont choisis pour la blesser profondément. Petra est un personnage complexe, imprévisible, qui essaie de dissimuler son besoin de reconnaissance sous une assurance de façade. Que cherche-t-elle, qui est elle vraiment ? Elle semble courir aveuglément après un idéal inaccessible, comme animée par une forme de recherche identitaire, encore tout endolorie par la perte de sa mère. Progressivement les doutes s’invitent, vénéneux. Dans ce microcosme toxique, on se prend à douter de tout. On ne sait plus si on est dans la froide réalité alors même que chaque piste suggérée se distord constamment, fuyant la lumière sereine du jour. C’est trouble, hypnotique, tout à fait captivant…
 
Barbara Lennie excelle dans le rôle-titre, tandis que les trop courtes apparitions de Marisa Paredes transpercent l’écran. Ensemble elles forment un duo impeccable qui progressivement s’impose, défie l’ordre établi. Le récit est orchestré de façon magistrale par Jaime Rosales (découvert il y a douze ans avec le très beau La Soledad), qui amène chaque retournement avec une précision millimétrée et une élégance folle. (Utopia)
 
LE  VOX
mer29/18h20     jeu30/16h15    ven31/20h45  sam1/18h20     dim2/18h10
 
 

LE JEUNE AHMED

Écrit et réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE - Belgique 2019 1h24 - avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou, Victoria Bluck, Claire Bodson, Othmane Moumen... Festival de Cannes 2019, Sélection officielle, en compétition
 




Le jeune Ahmed, 13 ans, la caméra puissante et discrète ne le lâche pas un instant. Désarmée par les choix de son petit protagoniste, elle se fait même insistante, prête à l’épauler s’il chute. Elle se tient à l’affût de ses moindres soupirs, plus criants que des mots. Elle ne loupe aucun souffle des personnages, nous laisse à peine le temps de reprendre le nôtre. Ce n’est pas tant l’action qui est mise en scène ici, mais bel et bien l’impuissance des adultes qui gravitent autour de ce jeune Ahmed à l’âme impénétrable. C’est pourtant un gentil garçon qui évolue sous nos yeux. Il transpire la bonne volonté. Poli, il s’applique à être celui qu’on lui demande d’être, même trop. Car la voix prépondérante dans sa tête n’est plus celle de cette enseignante remarquable qui ne s’économise pas pour élever les mômes du quartier au dessus de leur condition sociale. Ni celle de cette mère imparfaite comme toutes mais prête à tout pour ses enfants. Ni celle des copains, jugés insuffisamment pieux. La voix prépondérante ne sera même plus celle de l’imam intégriste qu’Ahmed s’était mis à suivre aveuglément. Tous seront dépassés par cet élève, ce fils, ce disciple. La voix prépondérante ne sera bientôt plus que celle de Dieu lui-même, ou plutôt celle d’un Coran revisité pour pousser à la haine plutôt qu’à l’amour.


C’est simple de détourner un adolescent qui se cherche et redoute les changements de son corps, c’est presque trop facile d’utiliser sa peur de ne pas être à la hauteur. Quand on a treize ans, on a soif d’absolu. Quand on a treize ans, on a des certitudes, refuges illusoires. Quand on a treize ans, on ne mesure pas toutes les conséquences de ses mots et de ses actes. On connaît peu la fragilité de l’existence ou on ne veut pas la voir, car elle aussi fait peur.


C’est ainsi qu’entre deux révisions, deux prières, Ahmed va avoir la volonté d’un geste brave, pour purifier son monde et se faire une place dans l’autre, auprès de son cousin mort au jihad et glorifié comme martyr. L’imam au verbe haut lui semble soudain bien pleutre, l’heure venue de passer à l’action. Ahmed s’apprête donc à le faire avec ses maigres moyens, mais une détermination farouche. Quelques connexions internet plus tard, le voilà prêt à commettre un acte aussi irréparable que stupide. Tout autour, sans imaginer l’impensable, les adultes s’inquiètent, désemparés de voir leurs bonnes vieilles recettes inopérantes face à l’adolescent en pleine ébullition intérieure, devenu indocile et qui se pense en droit de leur donner des leçons. Placé en centre fermé, entouré d’éducateurs redoutablement patients, respectueux et aguerris, Ahmed refusera d’abord toutes les mains tendues, s’enfermant dans son mutisme, refusant jeux, travaux à la ferme et tout contact avec cette vie organique où pourtant une jeune adolescente drôle et sensuelle le dévore des yeux… La suite ? On l’espère, tout autant qu’on la redoute.


S’il nous exaspère, s’il nous effraie, jamais on ne parviendra à détester Ahmed. C’est toute la force du cinéma des Dardenne, toute la force de ce film qui nous laisse avec la vision indélébile d’un gosse mal dégauchi qui fait ses ablutions, de ses gestes répétitifs, presque des tocs, de sa fragilité adolescente, de sa démarche mal assurée, de ses pieds introvertis, rentrés en dedans comme s’ils ne pouvaient aller vers le monde, s’ouvrir à lui. Avec son popotin un peu trop présent qui lui donne de dos des courbes androgynes, Ahmed n’a pas fini de nous déconcerter. Pas si loin de ce qu’on était à cet âge-là, pas si loin de tous les ados que l’on croise dans la rue, dans nos vies.(Utopia)


LE VOX       mer29/  13h50 18H30 20h45      jeu30/13h50 16h15 18h15      ven31/  13h50 16h15 20h45     sam1/ 13h50 16h15 18h30    dim2/ 16h15 18h15     lun3/13h50 16h15 18h      mar4/ 13h50 16h15 20h45 


  
 

SIBYL

Justine TRIET - France 2019 1h40mn - avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Hulliel, Niels Schneider, Sandra Hüller, Laure Calamy... Scénario de Justine Triet et Arthur Harari. Festival de Cannes 2019, Sélection officielle, en compétition.


Écrire l'éloge de Sybil, c'est d'abord clamer celui de Virginie Efira, absolument incroyable, irrésistible dans le rôle titre. Virginie Efira qui s'impose film après film comme une comédienne exceptionnelle dans tous les registres, que ce soit dans la pure comédie – Caprice, d'Emmanuel Mouret, Victoria, de Justine Triet déjà – ou dans une veine plus dramatique – Elle, de Paul Verhoeven, en second rôle capital, et plus encore Un amour impossible, de Catherine Corsini. Bref la magnifique Virginie Efira constitue à elle seule une bonne raison de voir le nouveau film de Justine Triet, qui elle aussi s'impose à vitesse grand V comme une réalisatrice importante dans le cinéma français.


Sibyl est une psychanalyste qui a décidé de mettre son divan au garde-meuble pour se consacrer à la littérature. Mais il lui faut bien reconnaître que ce changement de vie est laborieux et s'accompagne d'un défilé de patients désespérés, qui vivent très mal ce qu'ils considèrent comme un abandon. Et ça se complique encore quand une jeune actrice suicidaire l'appelle au secours alors qu'elle est face à un choix cornélien : avorter ou pas de l'enfant qu'elle attend de son partenaire à l'écran, marié à la réalisatrice du film qu'elle est en train de tourner ! Et si ce n'était que ça… Sibyl a une vie de famille jamais simple, avec une sœur gentiment caractérielle et fantasque, et surtout elle ne parvient pas à tourner la page d'un amour perdu, qui lui a laissé un enfant.
Comme dans ses précédents films, Justine Triet passe du rire aux larmes, jongle avec les situations extrêmes et absurdes, entremêle les pistes et les récits, le récit réel se mêlant à celui d'un roman en cours, de quoi nous égarer pour mieux nous retrouver, usant de ses thèmes récurrents : les enfants et les responsabilités maternelles, le chaos des sentiments amoureux, l'absurdité de certains milieux professionnels comme celui du cinéma.


D'ailleurs, s'échappant dans une seconde partie des milieux urbains, le scénario nous emmène à Stromboli, la fabuleuse ile éolienne volcanique à l'imaginaire si cinématographique depuis le film de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman. C'est sur cette île mythique que se déroule le tournage qui voit la jeune Margot se débattre entre son partenaire-amant et sa réalisatrice-rivale, tandis que Sibyl est censée soutenir psychologiquement la jeune actrice. Ce décor de carte postale à la fois merveilleusement concret et irréel est parfait pour faire exploser les sentiments les plus extrêmes.
Au cœur de ce grandiose chaos, les actrices déroulent leur talent fou, autour de la reine Virginie : Laure Calamy, qui fait une formidable sœur tourmentée, l'Allemande Sandra Hüller, (l'extraordinaire Inès de Toni Erdmann), la réalisatrice et femme trompée, qui tente de garder son professionnalisme et ne va pas vraiment y arriver, et Adèle Exarchopoulos, parfaite dans le rôle de la jeune femme en proie à un dilemme impossible.(Utopia)


LE VOX   mer29 /13h50  16h  20h45      jeu30/ 13h50  16h30 20h45     ven31/16h15  18h30  20h45      sam1/ 13h50 16h 21h      dim2/ 13h50 16h 20h30  lun3/16h10 20h30  mar4/13h45 18h30 20h45

 

THE DEAD DON’T DIE

Écrit et réalisé par Jim JARMUSH - USA 2019 1h45mn VOSTF - avec Bill Murray, Adam Driver, Selena Gomez, Chloë Sevigny, Tilda Swinton, Carol Kane, Steve Buscemi, Tom Waits, Iggy Pop, Danny Glover, RZA... Festival de Cannes 2019, Film d'ouverture, en compétition.

 
 
Après sa magnifique variation sur les vampires – le divinement mélancolique Only lovers left alive –, pas étonnant finalement que le grand Jim Jarmush consacre un film à un autre thème mythique du cinéma fantastique : les morts vivants. Ce sera donc le bien titré The Dead don't die qui visiblement aborde le sujet sur le registre de la comédie loufoque en même temps que furieusement caustique sur les us et coutumes d'une certaine Amérique profonde repliée sur ses fondamentaux toxiques…
Et mazette, quel générique ! Ils sont venus, ils sont tous là… Le vieux complice Bill Murray, le nouveau disciple Adam Driver, et Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Selena Gomez, Carol Kane, sans oublier les valeureux Steve Buscemi et Danny Glover, ni la famille musicale avec Tom Waits, Iggy Pop, RZA… C'est ce qu'il est convenu d'appeler un casting de rêve, ou le « plus grand casting jamais démembré » comme le dit un des slogans du film… 
 Il y a quelque chose de pourri dans la sereine bourgade de Centerville. En tout cas, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires improbables et les animaux commencent à avoir des comportements bizarres. Personne ne sait vraiment pourquoi, personne ne comprend ce qu'il arrive. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’événement terrifiant qui est sur le point de s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts veulent s'offrir un rab de vie, les cadavres sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux habitants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les Centervillais (Centervillois ? Centervilliens ?). Et il n'est pas exclu qu'elle soit perdue d'avance (Utopia)
 
LE VOX   jeu30/20h45      ven31/15h50         lun3/20h30  mar4 20h45
 
 






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