Au(x) cinéma(s) du 3 au 9 mai

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Bonjour à tous !

Riche semaine  de cinéma pour les cinéphiles que vous êtes !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est Loving  de Jeff Nichols. "une vraie, belle et formidable réussite" !
Notez nos prochaines propositions  Entretoiles :  le dimanche 14 mai,  Félicité de Alain Gomis, "un cinéma lumineux avec de purs moments de grâce". Et le dimanche 28 mai, nous vous proposons une soirée Entretoiles sur le thème "Chères amitiés" (dans les 2 sens du terme), avec 2 films Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud, un film lumineux, engagé, et féministe et De toutes mes forces de Chad Chenouga, et bien sûr l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !
Les ciné débats vous proposent vendredi au CGR  Chez Nous de Lucas Belvaux, un film fort et engagé.

Cette semaine,  vous pouvez voir à Lorgues, L'autre côté de l'espoir une petite merveille que nous offre Aki Kaurismaki, Je danserai si je veux (et aussi à Salernes) et Sage Femme de Martin Provost, un film ample et magique

Au Vox à Fréjus, on vous propose Cessez-le-feu d'Emmanuel Courcol, un film touchant sur  l'après guerre , Le procès du siècle de Mick Jackson, qui tient le spectateur en haleine, La jeune fille et son aigle, film mongol de Otto Bell beau et dépaysant, et Emily Dickinson, A Quiet Passion de Terence Davies, film rare qui vous retourne l'âme
Au Luc, allez voir Orpheline de Arnaud des Pallières, aussi surprenant que fascinant.

Au CGR, les prochaines semaines en ciné-club, vous pourrez voir :  Ouvert la nuit d'Edouard Baer, Gimme Danger de Jim Jarmush et Sage Femme de Martin Provost.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 3 AU 9 MAI

Affiche
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Loving
Écrit et réalisé par Jeff NICHOLS
USA 2016 2h03mn VOSTF
avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas, Michael Shannon, Nick Kroll...
La vraie, belle, formidable réussite de Jeff Nichols, c'est d'avoir su restituer l'humanité, la simplicité, le refus catégorique de tout héroïsme de la part de Mildred et Richard Loving, amoureux, amants puis mari et femme, dont la petite histoire se retrouve au cœur d'un de ces tourbillons vertigineux qui façonnent l'Histoire. Pas qu'ils refusent le combat, ils ont si peu à y perdre, mais dans le tumulte qu'ils provoquent, ils se mettent volontairement en retrait, avec humilité et dignité. Et le film, d'une classe folle, tout aussi humble et digne, adopte leur regard et leur distance, les magnifie sans en faire des icônes, accompagne leur lutte sans jamais verser dans l'hagiographie, souligne l'émotion sans sombrer dans le pathos... lire la suite
CGR (Draguignan) en VO :  mercredi 3 et mardi 9 à 11h, jeudi 4 et lundi 8 à 13h30, vendredi 5 à 17h40, samedi 6 à 22h et dimanche 7 à 20h
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Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY
La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h
Affiche
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Chez Nous
Réalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy
Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film : « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues.... lire la suite
Ciné débat à CGR (Draguignan) : vendredi 5 mai à 20h
Affiche
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La jeune fille et son aigle
Film documentaire d'Otto BELL
Mongolie 2016 1h27mn VF
Pour les enfants à partir de 8 ans
Bon, la musique est parfois un chouia envahissante, je vous le concède… mais bon sang de bonsoir que les images sont belles ! Et grandioses et somptueux les paysages de l'Altaï mongol : à perte de vue ce ne sont que plaines immenses perchées entre des sommets enneigés et arides avec, au cœur de cette immensité, quelques yourtes qui fument… Sans ce décor d'une ampleur à vous couper le souffle, les hommes depuis plus de mille ans dressent les aigles royaux, seuls êtres vivants qui osent regarder le soleil en face. C'est une pratique ancestrale qui se transmet de père en fils, dans un long, solitaire et obstiné apprentissage : grimper jusqu'au nid de l'aigle, capturer un aiglon peu après sa naissance, de préférence une femelle, plus forte, plus fidèle, l'affamer d'emblée et commencer à tisser une relation avec elle en la nourrissant pour la dresser à chasser les renards et autres prédateurs qui menacent les maigres troupeaux. C'est tout un art dont les nomades Mongols sont fiers et qui fait l'objet d'un festival chaque année : chacun sort son plus beau costume, coiffés de chapeaux de renard ou de zibeline… car il ne fait pas chaud à cette hauteur là. Après quelques années à pratiquer la chasse, le chasseur rend à l'aigle sa liberté et en guise de cadeau d'adieu, il arrive qu'il leur laisse un mouton fraichement abattu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 16h30, vendredi 5 à 14h et 21h, samedi 6 à 14h et 16h, dimanche 7 à 14h et 16h25, lundi 8 à 16h10 et 18h, mardi 9 à 15h
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Le Procès du siècle
Réalisé par Mick JACKSON
USA/GB 2016 1h51mn VOSTF
avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott...
Scénario de David Hare, d’après le livre de Deborah Lipstadt
Si vous n’êtes ni enseignant en lycée ni parent d’adolescents, vous n’en avez peut-être pas conscience : une des principales plaies du xxie siècle est probablement le développement exponentiel des théories conspirationnistes sur internet. Il n’y a pas si longtemps, les idées les plus nauséabondes et les plus délirantes de l’extrême droite n’étaient véhiculées que par le bouche à oreille et les publications confidentielles de quelques groupes nazillons. Désormais les théories les plus dingos et malfaisantes se propagent en trois clics et quelques secondes auprès de millions de gens, qui sont malheureusement souvent jeunes et au début de leurs humanités, pour reprendre une expression désuète. Et voilà les cours d’histoire de lycées parasités par des jeunes gens qui se disent hors système et contestent l’enseignement de leurs professeurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 14h, 20h45, jeudi 4 et mardi 9 à 20h45, vendredi 5 à 14h et 18h30, samedi 6 à 14h et 21h, dimanche 7 à 16h15, lundi 8 à 18h30
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Emily Dickinson, A Quiet Passion
Écrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell…
Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume ! Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! »... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi 4, lundi 8 et mardi 9 à 18h00 et 20h45, vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 à 18h15 et 21h
Affiche
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Cessez-le-feu
Écrit et réalisé par Emmanuel COURCOL
France 2017 1h45mn
avec Romain Duris, Céline Salette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schlitz, Wabinlé Nabié...
Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Éteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 et vendredi 5 à 16h15, jeudi 4 à 15h, samedi 6 à 21h, dimanche 7 à 16h, lundi 8 à 14h
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Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...
C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai
Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 16h, dimanche 7 et lundi 8 à 21h
Salernes : mercredi 3 à 18h, samedi 6 à 20h30 et mardi 9 à 20h25
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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai
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L’autre côté de l’espoir
Écrit et réalisé par Aki KAURISMAKI
Finlande 2017 1h40mn VOSTF
avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji, Janne Hyytiäinen, Ilkka Koivula, Nuppu Koivu...
FESTIVAL DE BERLIN 2017 : Ours d’argent du meilleur réalisateur
Dès les premières images on retrouve avec un bonheur intense Aki Kaurismaki et son univers de cinéma muet rehaussé de couleurs saturées, de bande son rockabilly et d’accessoires issus au plus tard des années 60. Mais L'Autre côté de l’espoir est bien ancré dans notre époque et nous propulse dans une actualité des plus urgentes au travers de deux personnages aussi fabuleux qu’inoubliables : Wikhström, Finlandais pépère en train de mettre sa vie de quin- quagénaire sur de nouveaux rails, et Khaled, jeune réfugié syrien échoué à Helsinki et demandeur de papiers. Avec son humour pince-sans-rire, le cinéma de Kaurismaki a toujours été l’abri des laissés-pour-compte, des prolétaires... lire la suite
Lorgues : jeudi 4 à 20h15, lundi 8 à 19h
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Glory
Réalisé par Kristina GROZEVA et Petar VALCHANOV
Bulgarie 2016 1h41mn VOSTF
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
Scénario de Kristina Grozera, Petar Valchanov et Decho Taralezhkov
« C’est une belle chose d’être honnête, mais il est également important d’avoir raison. » Winston Churchill. Voilà un film jubilatoire et acide à la fois, un conte cruel solidement ancré dans la réalité contemporaine de son pays : la Bulgarie (profitons-en, les films bulgares sont rarissimes sur nos écrans). Ce film a en même temps le goût délicieusement doux-amer du meilleur de la comédie italienne des années 60, celle qui observait la société transalpine sans angélisme, avec une lucidité d’autant plus efficace qu’elle était drôle... lire la suite
Cotignac : dimanche à 20h30
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Orpheline
Réalisé par Arnaud des PALLIÈRES
France 2016 1h51mn
avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Vega Cuzytek, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou...
Scénario de Christelle Berthevas et Arnaud des Pallières
C'est un récit surprenant, aussi déstabilisant que fascinant, écrit par les deux orfèvres du scénario que sont Arnaud des Pallières et Christelle Berthevas, qui avaient déjà composé ensemble Michael Koolhas,
remarquable western moyenâgeux avec Madds Mikkelsen, d'après une nouvelle d'Heinrich Von Kleist. Cette fois c'est un scénario original, l'intrigue est bien actuelle, en tout cas son point de départ puisque nous allons découvrir à rebours dans le temps les quatre vies d'une jeune femme, tour à tour enfant campagnarde et malheureuse, adolescente fuyant un père violent et perdu, jeune fille aventurière et indépendante aux liaisons dangereuses et enfin future mère et directrice d'école installée avant que.
.. lire la suite
Le Luc : mercredi 3 à 20h30, vendredi 5 à 21h, samedi 6 à 21h
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L'Homme aux mille visages
Réalisé par Alberto RODRIGUEZ
Espagne 2016 2h02mn VOSTF
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot...
Scénario de Rafael Cobos et Alberto Rodriguez
Ça pourrait être le mariage improbable et jubilatoire entre les péripéties d'un film d'espionnage et les affres d'un scandale politique qui ferait passer les successives affaires Fillon pour un forfait de cour de récréation. Un scandale symptomatique de la difficulté de l'Espagne nouvellement démocratique des années 80/90 à rompre définitivement avec les mauvaises habitudes d'un pouvoir terroriste et mafieux. Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l'ETA est le prétexte à l'installation d'un système militaro-policier qui s'affranchit souvent des règles de justice et de droits humains, comme au bon vieux temps du Caudillo... lire la suite
Salernes : jeudi 4 à 18h, dimanche 7 à 18h
Affiche
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Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...
C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !... lire la suite
Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 18h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Loving
LOVINGÉcrit et réalisé par Jeff NICHOLS
USA 2016 2h03mn VOSTF
avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas, Michael Shannon, Nick Kroll...

La vraie, belle, formidable réussite de Jeff Nichols, c'est d'avoir su restituer l'humanité, la simplicité, le refus catégorique de tout héroïsme de la part de Mildred et Richard Loving, amoureux, amants puis mari et femme, dont la petite histoire se retrouve au cœur d'un de ces tourbillons vertigineux qui façonnent l'Histoire. Pas qu'ils refusent le combat, ils ont si peu à y perdre, mais dans le tumulte qu'ils provoquent, ils se mettent volontairement en retrait, avec humilité et dignité. Et le film, d'une classe folle, tout aussi humble et digne, adopte leur regard et leur distance, les magnifie sans en faire des icônes, accompagne leur lutte sans jamais verser dans l'hagiographie, souligne l'émotion sans sombrer dans le pathos.
C'est que Mildred et Richard Loving ne se veulent en rien exemplaires de quoi que ce soit. Tout ce qu'ils demandent, en définitive, se résume en peu de choses : qu'on les laisse vivre, paisiblement, chez eux, élever leur petite famille, pas trop loin de leurs parents, dans ce petit coin d'Amérique rurale qu'ils ont toujours connu. Problème, et de taille : Mildred est noire, Richard est blanc – et dans l'État de Virginie où ils vivent, en 1958, le Racial Integrity Act en vigueur interdit les mariages mixtes, considérés comme une « menace à la paix et la dignité de la communauté ».

Richard Loving, maçon, un peu charpentier, est un taiseux, un rien tête de mule. Blanc, noir, qu'importe : sa famille, sa classe, n'est pas raciale mais sociale. Les ouvriers, artisans, paysans, qu'il côtoie dans son bled, à la santé desquels il trinque à la fin d'une semaine de labeur, n'ont pas de couleur. Qu'il bricole des carburateurs pour organiser des courses de voitures le Dimanche ou qu'il scelle, l'une après l'autre, des briques dans les murs qu'ils monte, les maisons qu'il bâtit, il avance dans la vie de la même façon : avec l'obstination, la certitude de faire quelque chose de droit, de juste, de bien. De fait, lorsque sa Mildred se retrouve enceinte, il ne cherche pas midi à quatorze heure : ils filent dans l'État voisin de Washington DC pour légaliser leur union – et ni une ni deux, presque ingénument, reviennent au nid filer le parfait amour et reprendre le train train de leur vie bien réglée. Arrêtés, jugés, ils sont condamnés à de la prison avec sursis, peine assortie de 25 ans d’exil hors du territoire de Virginie. Et comme il leur est dit, ce n'est pas de la ségrégation puisque noire et blanc encourent la même peine…
Transplantée à Washington, ville pleine de bruit, de danger et de fureur, la famille (rapidement enrichie de trois enfants) peine à retrouver l'harmonie antérieure. Mais c'est là, à la télévision, que Mildred découvre la figure de Martin Luther King et la grande marche pour les droits civiques. Là que la femme noire qu'elle est s'éveille à une conscience politique, là que va naître l'idée et grandir la détermination de se battre pour faire reconnaître son union, ses droits et ceux de sa famille.

L'affaire Loving vs. Virginia (Loving contre l'État de Virginie) est un épisode peu connu chez nous du « mouvement des droits civiques aux États Unis ». Pour autant, Jeff Nichols ne semble qu'à peine nous raconter le long combat des époux Loving, jusqu'au jugement de la Cour suprême des États Unis rendant inconstitutionnelles toutes les lois interdisant les unions mixtes. Pas de prêchi-prêcha, pas de coups d'éclat ni de confessions tire-larmes, pas de révélations fracassantes ni de vibrantes plaidoiries de tribunal, il fait l'économie de tous les poncifs du genre, laisse tout ce fatras hors-champ. Mais nous invite à partager du temps qui s'étire au quotidien, tout ce qui témoigne à l'évidence du « crime » de s'aimer. Dans une très belle séquence, alors que leurs avocats tentent de médiatiser l'« affaire Loving », un photographe du magazine Life vient dans leur retraite faire un reportage sur les époux hors la loi. Et, ne sachant où trouver sa place, comment tirer le portrait de ceux-là qui ne pensent tellement pas à se mettre en avant, il finit par s'oublier, partager le bonheur simple de la famille et en tirer les plus beaux des clichés. De la même façon, Jeff Nichols met au rencard les effets de mise en scène virtuose qui ont fait sa petite renommée, comme si la fragilité du sujet, des personnages, imposait délicatesse, sobriété et respect. C'est insensiblement, tout comme Mildred semble toujours s'excuser d'avoir à combattre – mais n'en lâche pas la lutte pour autant – que se tisse le fil de la petite histoire qui la relie à la grande. Bien que relatant un épisode des années 60, Loving n'a rien de la reconstitution historique traditionnelle et, à cinquante ans de distance, tend un miroir à nos sociétés contemporaines, l'Amérique trumpiste au premier chef bien sûr, mais le repli réactionnaire ne semble pas connaître de frontières. Loving (le film) est un beau récit populiste, au vrai sens noble, littéraire, du terme. Un film qui nous raconte avec une empathie non feinte et sans la moindre condescendance, que ce ne sont pas les grandes figures héroïques, mais les gens du peuple, des Mildred et des Richard Loving, qui écrivent l'Histoire. C'est rarissime – et absolument enthousiasmant.

« Je ne suis toujours pas versée dans la politique, mais je suis fière que notre nom à Richard et à moi soit celui d'un arrêt de la Cour qui puisse favoriser l'amour, l'engagement, l'équité et la famille, ce que tant de personnes, noires ou blanches, jeunes ou vieilles, homo ou hétéros, recherchent dans la vie. Je suis pour la liberté de se marier pour tous. C'est de ça qu'il s'agit dans Loving (l'arrêt) et dans loving (l'amour). » (Mildred Loving, en 2007)


CGR (Draguignan) en VO : mercredi 3 et mardi 9 à 11h, jeudi 4 et lundi 8 à 13h30, vendredi 5 à 17h40, samedi 6 à 22h et dimanche 7 à 20h

Félicité
Réalisé par Alain GOMIS
France 2017 2h05mn VOSTF
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars...
Scénario d'Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Loustau. FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY

La nuit bat son plein… Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler que pour s'amuser elles-même. Parfois une serveuse remet une main baladeuse à sa place. Parfois le ton monte. Moments de beuverie désabusés. Ici, qu'on refasse le monde avec les copains ou qu'on l'observe en solitaire, ça ne change rien à l'affaire. Nul n'est dupe. L'alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Une fois la bouteille bue, viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l'inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine.
Ce pourrait bien être une quête vaine… Mais non ! Car s'élève une voix intemporelle, profonde, puissante, magnétique. La voix de Félicité qui berce, vous transporte ailleurs, dans une forme de rêve, de méditation, peut-être même de transe. Elle semble réveiller la vie, alors que le regard de la chanteuse semble étrangement vouloir la fuir. Nul besoin de comprendre les mots, la mélodie évidente, éternelle, raconte tout à leur place : le présent intimement entrelacé au passé, le réalisme à l'onirisme. Mélange de tradition et de modernité sur lequel le temps n'a plus d'emprise. Après tout, ce que nous appelons l'avenir deviendra un jour un passé immémorial pour nos lointains descendants.

Tabu, mécanicien bien charpenté (et bien alcoolisé pour l'heure), semble comme hypnotisé, transfiguré. Il oublie l'espace d'un instant ses manières brutes, ses provocations violentes qui escamotent ses bons côtés. Impossible de résister à cette vague douce qui le transperce. Son regard de mauvais démon prend des airs angéliques. Mais cette belle femme plantureuse à la voix chaude, qui n'a pas l'abord facile, n'est certainement pas pour lui. La soirée finira donc, comme trop souvent, en queue de poisson…

Le matin venu, le réveil est lent et rude pour les noctambules. On retrouve Félicité le regard sombre, accablée par la chaleur pesante de sa piaule sans charme. D'autant plus mal lunée que son réfrigérateur est en panne. Quand le réparateur qui se présente se trouve être le même Tabu qui a semé la zizanie sur son lieu de travail, elle est d'autant moins encline à lui accorder sa confiance. Elle lui fait la leçon, le rembarre. Lui la regarde bien penaud… C'est par là que va commencer leur étrange aventure… Qui pourrait-être classique mais ne le sera pas ! Si le récit débute dans une forme aux codes familiers, c'est pour mieux nous ferrer et il va vite s'en émanciper de manière brillante, extrêmement vivante. Son originalité et sa richesse prennent racine dans ses interstices. Tantôt des silences habités de mille voix nous propulsent dans le songe d'une nuit équatoriale. Tantôt les envolées lyriques du « Fratres » d’Arvo Pärt jouées par un incroyable orchestre symphonique surgit de nulle part font naître en nous un véritable sentiment d'élévation. De purs moments de grâce, hypnotiques, où l'on se sent trimballés comme d'impuissants fœtus dans une matrice à la fois rassurante et immense, universelle. C'est un cinéma des contrastes, lumineux, qui n'occulte jamais pour autant la part d'obscurité des hommes et de leur société.

Quand Félicité va apprendre que son fils a eu un accident de moto, tout va basculer. Ici, au Congo, nulle sécurité sociale pour les indigents. Le système est sans cœur et on opère uniquement ceux qui ont les moyens de payer. Pour sauver la jambe de l'adolescent, il faudrait accumuler une montagne d'argent. Voilà cette femme digne, qui jamais n'a quémandé, prête à pulvériser tous les obstacles. Comme si la peur de la perte la ramenait elle-même à la vie. Cette détermination tenace, énergique, sans concession va ébranler Tabu, qui, oubliant presque de la désirer, va se mettre à son service, sans plus rien attendre en retour. Et si l'impossible rédemption tenait en cela… tout simplement donner au lieu de prendre…

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, séance unique le dimanche 14 mai à 20h


Chez Nous

 

HARMONIUMRéalisé par Lucas BELVAUX
France 2016 1h54mn
avec Émilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps...
Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy. Scénario de Lucas Belvaux et Jérôme Leroy

Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :

« Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
« Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
« Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
« Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)

 

Ciné débat à CGR (Draguignan) : vendredi 5 mai à 20h

La jeune fille et son aigle
Film documentaire d'Otto BELL
Mongolie 2016 1h27mn VF
Pour les enfants à partir de 8 ans

Bon, la musique est parfois un chouia envahissante, je vous le concède… mais bon sang de bonsoir que les images sont belles ! Et grandioses et somptueux les paysages de l'Altaï mongol : à perte de vue ce ne sont que plaines immenses perchées entre des sommets enneigés et arides avec, au cœur de cette immensité, quelques yourtes qui fument… Sans ce décor d'une ampleur à vous couper le souffle, les hommes depuis plus de mille ans dressent les aigles royaux, seuls êtres vivants qui osent regarder le soleil en face. C'est une pratique ancestrale qui se transmet de père en fils, dans un long, solitaire et obstiné apprentissage : grimper jusqu'au nid de l'aigle, capturer un aiglon peu après sa naissance, de préférence une femelle, plus forte, plus fidèle, l'affamer d'emblée et commencer à tisser une relation avec elle en la nourrissant pour la dresser à chasser les renards et autres prédateurs qui menacent les maigres troupeaux. C'est tout un art dont les nomades Mongols sont fiers et qui fait l'objet d'un festival chaque année : chacun sort son plus beau costume, coiffés de chapeaux de renard ou de zibeline… car il ne fait pas chaud à cette hauteur là. Après quelques années à pratiquer la chasse, le chasseur rend à l'aigle sa liberté et en guise de cadeau d'adieu, il arrive qu'il leur laisse un mouton fraichement abattu…

Aishopan est une gamine de treize ans, courageuse et accrochée à sa terre, à ses traditions. Elle est la fierté de son père, brillant adepte de « burtkitshi » (chasse à l'aigle). Depuis toute petite, elle l'a vu faire puis a voulu apprendre à son tour contre l'avis des anciens : a-t-on déjà vu une femme se mêler de chasse ! De quoi provoquer un petit scandale local et pas mal de méchantes réflexions. Mais Aïshopan a l'obstination et la passion que beaucoup de garçons n'ont pas. Avec le soutien de son père, elle va défier les ancêtres en visant la première place de la compétition annuelle. Les aigles nichent dans des rochers inaccessibles : pour avoir son aigle, elle va devoir grimper haut pour dénicher l'oiseau qui ne va plus la quitter jusqu'au grand jour, répétant inlassablement les mêmes gestes, les mêmes cris jusqu'à ce que l'aigle lui obéisse avec la précision et la rapidité indispensables pour se mesurer avec les plus vieux, les plus tannés des dresseurs d'aigle.

C'est pas tout les jours qu'on voit un film mongol, pas tous les jours qu'on voit une fille dresser un aigle et mieux encore rabattre leur caquet à tous ces vieux grincheux qui voudraient renvoyer les filles aux fourneaux… Ce film dépaysant en diable peut se voir en famille et si, ce qui semble inévitable, vous en sortez avec l'envie furieuse de partir randonner dans l'Altaï kazakh, précisons ici que le meilleur moment c'est entre Juin et fin Août et prenez tout de même une bonne doudoune : mais quel voyage !

 Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 16h30, vendredi 5 à 14h et 21h, samedi 6 à 14h et 16h, dimanche 7 à 14h et 16h25, lundi 8 à 16h10 et 18h, mardi 9 à 15h


Le Procès du siècle
Réalisé par Mick JACKSON
USA/GB 2016 1h51mn VOSTF
avec Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall, Andrew Scott...
Scénario de David Hare, d’après le livre de Deborah Lipstadt

Si vous n’êtes ni enseignant en lycée ni parent d’adolescents, vous n’en avez peut-être pas conscience : une des principales plaies du xxie siècle est probablement le développement exponentiel des théories conspirationnistes sur internet. Il n’y a pas si longtemps, les idées les plus nauséabondes et les plus délirantes de l’extrême droite n’étaient véhiculées que par le bouche à oreille et les publications confidentielles de quelques groupes nazillons. Désormais les théories les plus dingos et malfaisantes se propagent en trois clics et quelques secondes auprès de millions de gens, qui sont malheureusement souvent jeunes et au début de leurs humanités, pour reprendre une expression désuète. Et voilà les cours d’histoire de lycées parasités par des jeunes gens qui se disent hors système et contestent l’enseignement de leurs professeurs… La critique soit, mais quand c’est pour nier la Shoah ou voir dans n’importe quelle circonstance la main secrète de tel ou tel lobby, il devient urgent de réagir. Dans ce contexte, voilà un film hollywoodien assez classique au demeurant mais salvateur : Le Procès du siècle (le titre est certes un peu racoleur) raconte des événements bien réels qui ont fait vibrer au début des années 2000 toute l’Angleterre et plus largement le monde scientifique, à savoir le combat juridique qui vit s’affronter l’historienne américaine de la Shoah, Deborah Lipstadt, et l’autoproclamé historien britannique David Irving.

Autodidacte acharné, Irving était depuis la fin des années 60 obsédé par l’histoire de la deuxième Guerre mondiale. De fil en aiguille, à force d’explorer méticuleusement et d’interpréter à sa convenance les zones grises de cette histoire (comme il y en a eu dans tous les grands conflits), il devint l’enfant chéri de l’extrême droite européenne. Après avoir pointé du doigt le terrible bilan du bombardement de Dresde par les alliés, il avait enquêté sur le rôle trouble de Churchill dans la disparition du chef de gouvernement polonais en exil. Mais dès les années 80, il s’aventura plus loin en cherchant à prouver qu’Hitler n’était en rien responsable de la solution finale, mise en œuvre derrière son dos par Heydrich et Himmler ! Il relaya ainsi le pseudo rapport Leuchter, bible du négationniste français Faurisson, qui tentait de démontrer l’impossibilité technique des chambres à gaz…
En 1994, l’historienne Deborah Lipstadt démontait ces thèses dans un livre et expliquait que les motivations d’Irving résidaient dans son antisémitisme obsessionnel et ses liens avec l’extrême droite, discréditant ainsi l’historien faussaire et lui faisant perdre son dernier éditeur. Il contre-attaqua en poursuivant Lipstadt en diffamation à Londres.
Le film raconte, à travers le déroulement de ce procès où les défendeurs durent prouver l’existence des camps d’extermination, comment on peut se défendre scientifiquement et juridiquement face aux idées négationnistes, sans avoir recours – et on comprend à quel point ce put être difficile – à l’émotion : les rescapés ne furent pas appelés à la barre, pour ne pas risquer de les voir déstabilisés, humiliés par les attaques d’Irving, par sa mauvaise foi prétendument érudite. Le récit montre combien la recherche historique et la dialectique sont des armes de combat efficaces face aux idées révisionnistes et plus largement face aux délires complotistes.

Le film tient le spectateur en haleine grâce en particulier au brio des acteurs : Rachel Weisz incarne parfaitement la détermination teintée de rage contenue de l’historienne américaine, et, donnant une fois de plus raison à Hitchcock qui disait que « plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film », Timothy Spall, acteur fétiche de Mike Leigh (inoubliable Turner) joue à merveille l’intelligence perverse de David Irving, génie du mal et de la haine d’autrui.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 à 14h, 20h45, jeudi 4 et mardi 9 à 20h45, vendredi 5 à 14h et 18h30, samedi 6 à 14h et 21h, dimanche 7 à 16h15, lundi 8 à 18h30


Emily Dickinson, A Quiet Passion
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Terence DAVIES
GB 2016 2h04mn VOSTF
avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May, Keith Carradine, Catherine Bailey, Emma Bell...

Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume !

Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! » Cette scène résume le destin de celle qui sera reconnue – seulement à titre posthume – comme une des plus grandes poétesses américaines. Emily Dickinson restera jusqu'au bout un esprit libre, refusant de se conformer aux injonctions de la religiosité ambiante, pleinement consciente de la condition sociale inférieure qui lui est faite en tant que femme. Mais elle passera le plus clair de sa vie au près de sa famille et gardera sa révolte pour elle, sans la transmettre au monde si ce n'est par ses poèmes. De là la réputation un peu absurde qui lui fut accolée de poétesse dépressive, voire dérangée – étiquette régulièrement collée au front des grandes artistes femmes. Elle vivra de plus en plus recluse, ne s'adressant même aux étrangers, à la fin de sa vie, qu'à travers l’entrebâillement des portes.
Terence Davies restitue à Emily Dickinson toute sa complexité et fait même d'elle, du moins dans la première partie de sa vie, un être doté d'un humour redoutable, capable avec sa sœur et meilleure amie, suffragette particulièrement impertinente et cynique, de balancer des vannes vachardes et autres répliques assassines. Donc, aussi étonnant que cela puisse paraître, le film de Terence Davies est aussi un film drôle, aux dialogues délicieusement ciselés et incisifs, par exemple quand les deux sœurs remettent à leur place leur tante idiote et bigote.

Le grand talent du réalisateur britannique est d'avoir réussi à intégrer à son récit les poèmes d'Emily Dickinson, faisant du film lui-même une œuvre poétique. Dès sa jeunesse, à peine le séminaire abandonné, Emily se levait chaque nuit pour écrire, avec l'espoir secret d'être un jour publiée. Ses interrogations bouleversantes, de plus en plus graves alors que l'âge avance, alors que la vie se fait cruelle, que ses proches disparaissent ou s'éloignent, rythment le récit. Et la mise en scène superbe de précision traduit bien le monde qui s'assombrit autour de la poétesse, avec cette scène inoubliable où l'on voit vieillir les protagonistes, ou ces inserts pour évoquer la guerre de Sécession, grande rupture dans la vie d'Emily Dickinson.
À travers les couleurs, la lumière, la musique, le film suit les états d'âme et de création de l'artiste : lumière douce pour toute la première partie, la jeune femme semble être un modèle de Vermeer ; couleurs sombres pour la fin du film, contrastant avec les robes blanches que l'héroïne choisit de porter à la mort de sa mère…

Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi 4, lundi 8 et mardi 9 à 18h00 et 20h45, vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 à 18h15 et 21h


Cessez-le-feu
CESSEZ-LE-FEUÉcrit et réalisé par Emmanuel COURCOL
France 2017 1h45mn
avec Romain Duris, Céline Salette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schlitz, Wabinlé Nabié...

Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Éteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées.

Brillant plaidoyer pour la paix, car on imagine bien que l’horreur de la guerre est la même, à des kilomètres ou des siècles de distances, c’est un film à la fois déroutant et touchant qui raconte ce douloureux retour à la vie à travers le portrait de Georges et de son frère Marcel. Construit avec une grande intelligence, avec ce qu’il faut de retours en arrière pour nourrir les personnages, et porté par deux formidables comédiens dont le trop rare Grégory Gadebois, tout en force tendre et mots retenus, Cessez-le-feu nous touche et nous poursuit discrètement... comme les lignes bouleversants de ces lettres de poilus anonymes. Ils étaient trois frères partis au combat, tous les trois très vite plongés dans l’enfer des tranchées. Le cadet n’est jamais rentré, est-il mort ? disparu ? ou fou errant sans mémoire ? Marcel, lui, est revenu vivre chez sa mère, mais la parole l’a quitté et il passe ses journées perdu dans monde dont on se doute bien qu’il est peuplé de fantômes et de baïonnettes. Seule la visite d’une jeune femme, Hélène, venue lui enseigner le langage des signes, égaie un peu ses journées.
Le troisième enfin, Georges, est revenu vivant lui aussi mais il est très vite reparti, sur des terres lointaines et sauvages, en Afrique, comme si la barbarie des combats lui avait soudain imposé un besoin vital et urgent de sentir d’autres visages, d'autres couleurs, d’autres parfums d’humanité.

La vie a repris son cours, les poilus ne sont plus les héros de la patrie mais des rescapés, meurtris, traumatisés, voire complètement détruits, qui peinent à retrouver leur place au sein des familles, des villages, de la société. Et puis il y a le commerce d’après-guerre, les monuments aux morts, les champs à perte de vue qu’il faut déminer, les cadavres qu’il faut déterrer et identifier... un vrai chantier de Titan.

Il y a Marcel, le robuste et doux Marcel qui a peut-être trouvé l’amour sous les traits d’une jeune veuve, et puis il y a la mère... et enfin il y a Hélène. Mais rien ni personne ne peut comprendre la solitude oppressante de ceux qui vivent avec les fantômes de leurs compagnons d’infortune, les gamins partis la fleur au fusil et jamais revenus. Personne ne peut entendre le bruit effrayant des balles qui sifflent et résonnent pour toujours sous les crânes... pourtant, un jour il faut bien que cesse le feu, d’une manière ou d’une autre.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 3 et vendredi 5 à 16h15, jeudi 4 à 15h, samedi 6 à 21h, dimanche 7 à 16h, lundi 8 à 14h

Je danserai si je veux
Écrit et réalisé par Maysaloun HAMOUD
Israël / Palestine 2016 1h42mn VOSTF
avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, Mahmood Shalabi, Henry Andrawes, Ahlam Canaan...

C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté. Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté.

Suite au mariage d’une troisième colocataire, Nour, étudiante en informatique, débarque un matin dans l’appartement pour occuper la place vacante. Discrète et studieuse, pudique et voilée, Nour ne souhaite qu’une chose : pouvoir étudier en toute tranquillité et recevoir de temps en temps, en toute chasteté, son fiancé. Nour va bientôt se marier mais pour l’heure, elle est surtout concentrée sur ses examens. Chacune vit sa vie sans porter de jugement sur celle des autres, elles se croisent parfois, au petit matin, autour d’un café, parfois elles se parlent et parfois pas, elles ont appris à respecter leurs choix, leurs rythmes de vie autant que leurs envies. Laila est sans doute la plus libre. Elle est avocate et traite aussi bien ses affaires en arabe qu'en hébreu, elle fait exactement ce qu’elle veut, s’habille comme bon lui semble en maitrisant d’une poigne de velours sa destinée. Elle est belle, sexy, sensuelle, insoumise, volontaire, rebelle et si elle aime, c’est selon ses règles. Salma est DJ amateur et vivote de petits boulots en petits boulots : cuistot, barmaid, elle a trouvé à Tel Aviv le bouillonnement culturel et musical qui correspond à sa curiosité, à ses élans. Mais quand elle retourne dans son village, elle redevient la petite fille bien docile qu’elle était, écoutant sans broncher le discours de ses parents qui veulent la marier très vite et n’ont de cesse de lui présenter des garçons bien sous tous rapports. Mais les apparences sont souvent trompeuses… Nour quant à elle se pose bien des questions. Ses études sont un moyen pour elle de s’affranchir du système patriarcal dans lequel elle a toujours évolué mais elle pressent bien que son futur mari préfèrerait la voir derrières ses fourneaux plutôt que dans un bureau. Si elle pouvait être docile, aimante et silencieuse, ce serait la femme idéale… Mais la femme idéale, c’est peut-être celle qui a décidé de danser, ou pas.
Suite à une rencontre, un événement qui sera peut-être doux comme un baiser ou violent comme une claque, elles vont chacune être rattrapée par la terrible réalité d’une société pleine de conservatismes et de tabous.

C’est cette société que Maysaloun Hamoud tente de secouer et de faire évoluer à travers ce film lumineux, éminemment féministe et engagé. Membre de « Palestinema », un groupe de jeunes cinéastes dont le but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est très minoritaire, son engagement artistique n’est pas sans rappeler celui de Ronit Elkabetz, voir même de Nabil Ayouch dont les héroïnes de Much Loved pourraient être les cousines de cœur de Laila, Selma et Nour. Et pour ne rien gâcher, la bande son, issue de la scène underground palestinienne, est particulièrement soignée… et vous donne une furieuse envie de bouger.(Utopia)

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai
Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 16h, dimanche 7 et lundi 8 à 21h
Salernes : mercredi 3 à 18h, samedi 6 à 20h30 et mardi 9 à 20h25

De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga

Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change...

Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, celle de Paris et celle de la banlieue, celle du foyer et celle du lycée, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer... Chad Chenouga, qui a connu une trajectoire comparable à celle de Nassim, le héros, adapte ici avec Christine Paillard la pièce de théâtre qu’il a écrite et lui-même mise en scène en 2011 au Théâtre des Amandiers. Un scénario qui a valu à ses deux auteurs le Grand Prix Sopadin 2015 du meilleur scénariste, une référence.

« J’avais envie de transmettre les énergies d’un groupe d’adolescents, au travers de la danse, de leurs meurtrissures cachées, de leurs parcours chaotiques. J’avais envie aussi de raconter les deux mondes séparés de Nassim... Je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres... Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir.
« Tout au long du processus d’écriture, ma volonté était de prendre une certaine distance par rapport à ma propre histoire, mais en préservant la justesse de mon ressenti et de celle des personnages que l’on avait créés. Il s’agissait aussi de ne sur- tout pas tout dire, de transmettre en priorité un sentiment de vitalité plus que raconter de bout en bout les parcours des uns et des autres.
« Quand j’ai proposé à Yolande Moreau le rôle de la directrice du foyer, Madame Cousin, elle m’a dit : “Cette histoire ne raconte pas d’histoires, j’y crois”. J’étais content. » Chad Chenouga

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 28 mai


L’autre côté de l’espoir

HARMONIUMÉcrit et réalisé par Aki KAURISMAKI
Finlande 2017 1h40mn VOSTF
avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji, Janne Hyytiäinen, Ilkka Koivula, Nuppu Koivu...
FESTIVAL DE BERLIN 2017 : Ours d’argent du meilleur réalisateur

Dès les premières images on retrouve avec un bonheur intense Aki Kaurismaki et son univers de cinéma muet rehaussé de couleurs saturées, de bande son rockabilly et d’accessoires issus au plus tard des années 60. Mais L'Autre côté de l’espoir est bien ancré dans notre époque et nous propulse dans une actualité des plus urgentes au travers de deux personnages aussi fabuleux qu’inoubliables : Wikhström, Finlandais pépère en train de mettre sa vie de quin- quagénaire sur de nouveaux rails, et Khaled, jeune réfugié syrien échoué à Helsinki et demandeur de papiers. Avec son humour pince-sans-rire, le cinéma de Kaurismaki a toujours été l’abri des laissés-pour-compte, des prolétaires. Aujourd’hui, il accueille très naturellement un personnage de réfugié avec, au fond, cette idée lumineuse que ce qu’il peut arriver de mieux aux uns dans leur quête du bonheur, c’est sûrement de rencontrer les autres.

Impossible de ne pas penser à Chaplin en voyant L’Autre côté de l’espoir : la même générosité intemporelle, la même alchimie du tragique et du rire, la même pertinence politique aux côtés des opprimés en tous genres. Sans une once d’effusion, sans le moindre angélisme, Aki Kaurismaki amène deux itinéraires opposés à se croiser et réalise un film truffé de lucidité, jamais aussi drôle que lorsqu’il est sérieux, vertigineux d’intelligence et d’humanité.

Enseveli sous un tas de houille, couvert de suie dans la nuit noire du port d’Hel- sinki, il n’a pas de nom, pas de visage, pas d’identité. Aux yeux de la ville qu’il parcourt, il est une énigme. Dans le cinéma du finlandais, il est entré comme chez lui : faux-frère de L’Homme sans passé (tête bandée et amnésique), complice par son vêtement souillé de tous les ouvriers kaurismakiens. Il faut attendre un bon moment avant qu’une halte aux douches publiques ne le lave de son anonymat. Et ce n’est que plus tard encore, lors de l’audition pour sa demande d’asile, que Khaled racontera son histoire, digne et sans sentimentalisme.

En parallèle, Wikhström (interprété par le génial Sakari Kuosmanen, habitué du cinéma de Kaurismaki) vient de quitter sa femme alcoolique sans un mot (quelle scène !) et il est bien décidé à se débarrasser des fardeaux de sa vie passée. A commencer par son boulot de représentant en chemises. Une fois son stock 100% nylon refourgué, il pourra réaliser son rêve : devenir patron d’un petit res- taurant. Un bon filon, comme lui confie sa vieille cliente : « un métier où quand les affaires vont bien, on boit ; et quand elles vont mal, on boit aussi ». L’établissement convoité est en perte complète de vitesse. Qu’à cela ne tienne, Wikhström achète et récupère du même coup les trois employés : un cuisinier, un portier et une stagiaire. Auxquels s’ajoute vite un quatrième qui occupait indûment le local à poubelles du restaurant : Khaled.

Autant dire que cette aventure ne sent pas du tout la « success story ». La petite merveille que nous offre Kaurismaki est bien plus modeste et vraisemblable. La force des personnages est de ne jamais demander à l’autre plus qu’il ne peut donner. Comme si rien ici n’était fait par idéal, mais plutôt par évidence et par honnêteté. Qui retrouvera Myriam, la sœur que Khaled a perdu dans son exil à travers l’Europe ? Qui montrera à Wikhström l’horizon réel de son bonheur ? Façonné dans des lumières incroyables dont seul Kaurismaki a le secret, redoutable par son économie de moyens et de mots, L'Autre côté de l’espoir déploie avec un charme fou son humour flegmatique, sa vision du monde légèrement désinvolte et pourtant profondément empathique.(Utopia)

Lorgues : jeudi 4 à 20h15, lundi 8 à 19h

Glory
Réalisé par Kristina GROZEVA et Petar VALCHANOV
Bulgarie 2016 1h41mn VOSTF
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
Scénario de Kristina Grozera, Petar Valchanov et Decho Taralezhkov

« C’est une belle chose d’être honnête, mais il est également important d’avoir raison. » Winston Churchill. Voilà un film jubilatoire et acide à la fois, un conte cruel solidement ancré dans la réalité contemporaine de son pays : la Bulgarie (profitons-en, les films bulgares sont rarissimes sur nos écrans). Ce film a en même temps le goût délicieusement doux-amer du meilleur de la comédie italienne des années 60, celle qui observait la société transalpine sans angélisme, avec une lucidité d’autant plus efficace qu’elle était drôle.

Tsanko est un cheminot solitaire et taciturne d’une cinquantaine d’années, presque mutique, dont la mission consiste à arpenter et réparer le réseau ferré vieillissant, voire carrément délabré. Lors de l’une de ses rondes, il tombe sur une valise éventrée remplie de billets de banque prêts à s’envoler. Un sacré pactole ! Vu le niveau de vie du Bulgare moyen et la corruption généralisée qui règne dans le pays, personne n’aurait trouvé à redire à ce que Tsanko s’approprie ni vu ni connu le magot... Mais notre héros qui ne veut surtout pas en être un se fait un devoir de remettre sa trouvaille aux autorités sans y sous- traire le moindre lev. C’est là que son destin va croiser celui de Julia Staikova, la suractive responsable de la communication du ministère des Transports, qui croit trouver dans cet événement l’occasion de redorer le blason de son patron, empêtré dans une sombre affaire de pots de vin. Julia est bien décidée à organiser une cérémonie officielle au cours de laquelle le cheminot honnête se verra récompensé de son geste par le ministre qui pourra ainsi montrer l’exemplarité de ses services.

Mais tout va tourner rapidement à la grosse farce à cause de l’erreur fatale dans le choix de la récompense honorifique : une affreuse montre digitale, quoique sans doute coûteuse alors que Tsanko ne veut pour rien au monde abandonner sa Slava (c’est le titre original du film), incassable tocante soviétique héritée de son père... dont il sera pourtant contraint de se délester le temps de la ridicule photo officielle ! À partir de là, c’est l’engrenage... La montre paternelle, égarée par l’inconséquente Julia, va devenir l’enjeu d’un enchaînement d’événements de plus en plus incontrôlables, jusqu’à en devenir burlesques : Tsanko va s’acharner sur Julia, soudain devenue injoignable, pour récupérer son bien... Et l’opération mirobolante de communication risque bien de tourner au désastre le plus noir lorsque le cheminot, à bout de patience, menace le ministère de révéler aux médias toute l’étendue de la gabegie et de la corruption qui règnent dans les chemins de fer !
Glory met en lumière, avec un sens aigu de l’observation et de la trouvaille tragi-comique, l’opposition radicale de deux mondes qui se côtoient dans la Bulgarie actuelle (et sans doute dans pas mal d’autres pays de l’ex bloc soviétique). Tsanko est l’incarnation d’une tradition immuable de fierté prolétaire, un homme qui vit depuis toujours et pour toujours selon des valeurs affirmées, balisées. Julia incarne de manière effarante cette nouvelle Bulgarie livrée au libéralisme déferlant, elle se laisse embarquer dans le tourbillon de la course à la réussite au point de passer à côté de sa vie. Ces deux personnages remarquablement écrits et incarnés forment un duo fabuleux. Et tellement emblématique ! (Utopia)

Cotignac : dimanche à 20h30

Orpheline
Réalisé par Arnaud des PALLIÈRES
France 2016 1h51mn
avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Vega Cuzytek, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez, Karim Leklou...
Scénario de Christelle Berthevas et Arnaud des Pallières


C'est un récit surprenant, aussi déstabilisant que fascinant, écrit par les deux orfèvres du scénario que sont Arnaud des Pallières et Christelle Berthevas, qui avaient déjà composé ensemble Michael Koolhas,
remarquable western moyenâgeux avec Madds Mikkelsen, d'après une nouvelle d'Heinrich Von Kleist. Cette fois c'est un scénario original, l'intrigue est bien actuelle, en tout cas son point de départ puisque nous allons découvrir à rebours dans le temps les quatre vies d'une jeune femme, tour à tour enfant campagnarde et malheureuse, adolescente fuyant un père violent et perdu, jeune fille aventurière et indépendante aux liaisons dangereuses et enfin future mère et directrice d'école installée avant que...


Tout commence donc par la fin quand la vie de Renée, institutrice en couple avec le beau Darius, va basculer, ra- menant à la surface un passé tourmenté et secret. Le scénario a été inspiré à Christelle Berthevas par des éléments autobiographiques mais aussi par le livre de la psychothérapeute Hélène Castel qui, à vingt ans, avait participé à un braquage sanglant, puis avait fuit à l'étranger et refait sa vie au Mexique où elle avait donné vie à un enfant avant d'être rattrapée par la justice juste avant la prescription de sa condamnation par contumace... Dans ce film très charnel, où il est beaucoup question des différentes peaux que l'on endosse tout au long de notre vie et de ses rebondissements, Arnaud des Pallières a fait le pari audacieux – et parfaitement réussi ! – de confier à quatre actrices différentes les quatre âges de la vie du personnage, qui par ailleurs est doté de quatre pré- noms différents, dans un jeu de poupées russes qui se dévoilent alors que défilent à rebours les différentes étapes. Une fois passé l'épisode de l'enfance, les trois âges sont incarnés par des actrices emblématiques dont le réalisateur exploite aussi à fond l'identité qu'elles véhiculent de par leurs rôles passés. Renée, vingt-sept ans, est habitée par Adèle Haenel la combattante, toute en détermination et en violence retenue. Adèle Exarchopoulos telle que révélée par La Vie d'Adèle est Sandra, vingt ans, la jeune fille indépendante et sensuelle qui va se jouer des hommes par tous les moyens. Et Solène Rigot (qu'on peut voir aussi dans La Confession), visage encore enfantin sur un corps de femme, est Karine, treize ans, adolescente qui étouffe dans la casse de son père fer- railleur, prête à tout pour le fuir, y compris suivre d'autres hommes bien pires.

Bien que très dissemblables physiquement, le talent exceptionnel des trois actrices les rend totalement crédibles pour incarner les trois âges de ce personnage multiple, emporté par les tour- billons d'une vie.
Quelques personnages secondaires savoureux constituent le fil directeur entre elles : superbe de sensualité trouble, l'actrice anglaise Gemma Arterton est un fascinant fantôme du passé, es- croc troublante adepte des champs de courses et des jeux dangereux. Sergi Lopez est quant à lui un ogre amateur de toute jeunes filles... À travers ce récit en quinconce mené avec un brio époustouflant, qui littéralement incarne les différentes facettes de son personnage central, le film livre un puissant plaidoyer féministe, magnifiant une héroïne marquée par un drame originel, qui dirige son destin au milieu puis au dessus des hommes dont elle a payé le prix fort pour connaître les faiblesses. Très très fort ! (Utopia)

Le Luc : mercredi 3 à 20h30, vendredi 5 à 21h, samedi 6 à 21h

L'Homme aux mille visages
Réalisé par Alberto RODRIGUEZ
Espagne 2016 2h02mn VOSTF
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot...
Scénario de Rafael Cobos et Alberto Rodriguez

Ça pourrait être le mariage improbable et jubilatoire entre les péripéties d'un film d'espionnage et les affres d'un scandale politique qui ferait passer les successives affaires Fillon pour un forfait de cour de récréation. Un scandale symptomatique de la difficulté de l'Espagne nouvellement démocratique des années 80/90 à rompre définitivement avec les mauvaises habitudes d'un pouvoir terroriste et mafieux.

Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l'ETA est le prétexte à l'installation d'un système militaro-policier qui s'affranchit souvent des règles de justice et de droits humains, comme au bon vieux temps du Caudillo. En 1993 Luis Roldan, le patron de la Garde Civile, organe de répression par excellence, est donc tout puissant. Sauf qu'on découvre que cet homme censé incarner à lui seul l'intégrité de la police et de l'État espagnol a depuis son accession à son poste enrichi son patrimoine de 400 millions de pesetas ! Convoqué, Roldan prend illico la poudre d'escampette, son inculpation semble inévitable... Mais le vrai personnage de l'affaire et donc du film n'est pas le falot et corrompu Luis Roldan. C'est un homme de l'ombre, Francisco Paesa. Un homme un peu replet aux lunettes cerclées qui pourrait passer aisément pour un clerc de notaire ou un agent d'assurances, totalement inconnu de l'Espagnol de la rue. Mais il fut en fait pendant deux décennies un des principaux agents secrets freelance de l'État espagnol, contribuant par une opération audacieuse à porter un coup fatal à l'ETA, menant aussi des opérations diplomatico-financières avec des puissances extérieures peu recommandables. Francisco Paesa est à cette époque un agent que l'État a oublié à plusieurs reprises de rétribuer à sa juste valeur et qui en a gardé une rancœur certaine.

Même s'il est préférable de ne pas voir ce film à l'heure de la digestion d’un cassoulet si on veut parvenir à suivre tous les rebondissements et circonvolutions du récit hallucinant de cet imbroglio politico-policier mêlant diplomatie, grand banditisme, terrorisme international et haute finance... on est pris de bout en bout par cette intrigue enlevée qui va nous mener de l'Espagne à une planque parisienne, aux banques de Singapour puis à Bangkok. Une intrigue qui mêle le suspense au comique, avec son cortège de personnages bras cassés dont on se demande ce qu'il peuvent faire dans le milieu de l'espionnage (formidable Philippe Rebbot, en espion amateur et toxicomane). Et il faut bien dire que la manière dont le génial voyou manipulateur Francisco Paesa parvient à berner l'État espagnol est particulièrement réjouissante – Francisco Paesa incarné par Eduard Fernandez, formidable acteur caméléon.

Au fil d'une mise en scène trépidante, Alberto Rodriguez nous fait découvrir – ça fait parfois froid dans le dos – les dessous de l'histoire récente espagnole avec son lot de compromissions, de pratiques héritées de l'époque Franco, où les assassinats politiques sont encore monnaie courante, et où la grande finance prend largement le pas sur la démocratie. Alberto Rodriguez nous avait passionnés avec Isla Minima, polar poisseux qui se déroulait en Andalousie juste après la mort de Franco, il continue dans L'Homme aux mille visages à interroger brillamment l'histoire de son pays sans jamais ennuyer le spectateur. (Utopia)

Salernes : jeudi 4 à 18h, dimanche 7 à 18h

Sage Femme
Écrit et réalisé par Martin PROVOST
France 2017 1h57mn
avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot...

C’est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l’écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d’une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l’un ni dans l’autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d’ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !
Avoir réuni tout ce petit monde à l’écran, savoir lui donner vie, n’est pas le moindre talent de Martin Provost (le réalisateur de Séraphine). L’intrigue est là, prenante. Elle brode en filigrane un pamphlet percutant pour une société plus juste où la finance ne prendrait pas le pas sur l’humain. C’est d’une beauté simple et saisissante comme tous ces petits riens de l’existence qu’on oublie trop souvent d’admirer et qui s’accumulent pêle-mêle devant nos sens engourdis.
Les reflets sur l’asphalte mouillé après la pluie, les murmures de la nature, la sensualité d’une main qui s’avance, timide, la patience des graines, le premier fris- son d’un nourrisson : son premier cri, sa première larme, son premier sourire. De tout cela, sans bêtifier, Claire (Catherine Frot), sage-femme de son état, ne se lasse pas. Pourtant, il y aurait de quoi ! Oh ! combien de vagins, combien de fontanelles elle aura vu passer entre ses mains expertes en trente ans de carrière ! Des bébés de toutes les couleurs, des pour lesquels tout paraît d’emblée facile, d’autres dont la première bouffée d’air semble moins insouciante, plus amère. Des mères parfois battantes, radieuses, parfois effrayées... Même rituels toujours renouvelés... Pourtant aucune lassitude dans les gestes précis de Claire et de ses consœurs, leurs expressions sont plus éloquentes qu’un long discours. Malgré les gémissements, la sueur et le sang, chaque nouvelle mise au monde reste aussi grisante et précieuse que la toute première fois.

Et c’est vidée de toute énergie, après ses heures de garde, que notre sage-femme
s’en retourne vers sa cage d’immeuble en banlieue pour s’endormir, alors qu’au loin, Paris s’éveille. Une vie de célibataire réduite à peu de choses à côté d’un métier si prenant. Cultiver son jardin (un petit lopin ouvrier), regarder les salades et son grand fils (étudiant en médecine) pousser... Et surtout respirer, pédaler au grand air, se ressourcer pour pouvoir encore donner le meilleur aux prochaines parturientes qui ne manqueront pas de venir frapper à la porte du service public. C’est un coup de téléphone qui va venir briser l’apparente quiétude de Claire, une voix surgie de son adolescence, et qui la propulse des décennies en arrière. Cette voix au bout du fil, celle de Béatrice (Catherine Deneuve), l’ancienne amante de son père défunt, est comme une claque qui résonne, synonyme d’un impossible pardon... Claire raccroche aussi sec. Mais Béatrice insiste... L’espace d’un premier rendez-vous, voilà deux antithèses réunies : l’une, telle la fourmi, sérieuse, méticuleuse, responsable ; l’autre, telle la cigale, hâbleuse, joueuse, rêveuse. L’une s’oubliant pour les autres, l’autre ne vivant que pour attirer leurs regards, surtout celui des hommes... Entre l’une et l’autre, des choix de vie irréconciliables. Entrevue tendue et explosive entre deux aimants à la polarité opposée.

Claire, pour oublier l’interlude, se réfugie derechef dans ses plantations, essayant de retrouver le calme... Mais un malheur n’arrivant jamais seul, voilà que le fils d’un vieux voisin malade vient troubler sa solitude... Elle prend des airs renfrognés pour dissuader l’intrus (Olivier Gourmet)...
Car Claire est bien décidée à ne laisser ni le passé ni le monde extérieur pénétrer dans son intimité. Ce cocon intérieur dans lequel elle se protège, depuis des années, mais où elle oublie peut-être un peu de vivre, il va bien falloir qu’elle en brise un peu la carapace.(Utopia)

Lorgues : mercredi 3 à 17h, samedi 6 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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