Au(x) cinéma(s) du 30 décembre au 5 janvier

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Bonjour à tous !

Tout d'abord : Bonne année à tout le monde ! Espérons ensemble que cette nouvelle année 2016 sera davantage porteuse de paix que celle qui s'achève et qui n'a pas beaucoup honoré l'humanité !
Et peut-être que l'excellent film chinois Au-delà des montagnes de Jia Zhang Ke ne vous mettra pas de baume au cœur, mais cette "fresque somptueuse" devrait quand même vous ravir !
Il n'y a pas d'autre nouveauté dans notre petit périmètre mais plusieurs films à ne pas manquer : Et avant tout, Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, au Vox à Fréjus, un film qui nous montre des expériences réussies dans plusieurs domaines, pour vivre dans un monde meilleur ! Il faut y aller ! Vous pourrez aussi voir ce film en présence des réalisateurs jeudi 14 janvier à 20h au CGR Chabran de Draguignan, proposé par Colibris.
On peut encore voir Un + une au CGR et à Salernes, romance de Claude Lelouch - A Fréjus, à Lorgues, à Cotignac et au Luc, on peut voir le beau, le sensible Mia Madre de Nanni Moretti, et au Vox Le Grand jeu de Nicolas Pariser, "inquiétant et envoutant", pris Louis Delluc 2015 du meilleur premier film.

Pour terminer ce panorama, nous vous rappelons de noter d'ores et déjà dans vos agendas qu'Entretoiles vous propose au CGR Chabran dimanche 17 janvier une soirée "Portraits de femmes" : à 18h Much Loved, un film marocain de Nabil Ayouch "qui balaie fièrement les obscurantismes", et à 20h45  un film japonais de Kore Eda Notre petite sœur, "une leçon de zénitude d'où l'on ressort conquis et apaisé".  Un apéritif vous sera proposé entre les 2 films de 20h à 20h45
Enfin, toujours à noter dans vos agendas,  pour les adhérents seulement cette fois-ci : Entretoiles fera son assemblée générale le vendredi 29 janvier à 18h - Lieu à préciser, mais vous recevrez une convocation officielle !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

Bonne semaine de cinéma !

PROGRAMMATION DU 30 DECEMBRE 2015 AU 5 JANVIER 2016
Demain
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Demain
Réalisé par Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h
Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements... lire la suite
Le Vox (Fréjus)  : jeudi 31 et samedi 2 à 18h - dimanche 3 à 20h30, lundi 4 à 20h et mardi 5 à 17h45
Au-delà des montagnes
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Au-delà des montagnes
Écrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...
En 1999, en Chine, Tao, institutrice, est courtisée par deux hommes, ses amis d'enfance Jinsheng et Liangzi. Alors que Liangzi est employé d'une mine de charbon, Jinsheng est l'heureux propriétaire d'une station-service. Cette romance à trois finit par avoir raison de l'amitié qui unissait les deux hommes, d'autant que Tao choisit d'épouser Jinsheng. En 2014, Liangzi vit dans une autre ville. Toujours employé par une mine de charbon, il apprend qu'il a un cancer. Parallèlement, Tao, qui a divorcé de Jinsheng, vit seule, tandis que leur fils, Dollar, est élevé par son père... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 30 , samedi 2 et dimanche 3 : 15h30, 18h et 20h30 - jeudi 31 : 15h30 et 18h - vendredi 1er : 15h, 17h30 et 20h - lundi 4 14h30, 17h30 et 20h - mardi 5 : 14h30, 17h45 et 20h30
Un + une
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Un + une
Ecrit et réalisé par Claude LELOUCH
France 2015 1h53mn
avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert...
Après Salaud, on t’aime et Ces amours là, Claude Lelouch nous offre un cinquante-quatrième film avec Un plus Une. Le réalisateur nous enivre avec poésie dans une romance sur les berges du Gange et nous fait vivre un certain art de la culture indienne, imprégné de spiritualité (et de désordre). Un film délicat et rayonnant qui met en scène deux couples en chassé croisé interprétés par Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert et Alice Pol. Antoine et Alice forment un couple de musiciens. Compositeur de bandes originales de film, Antoine est appelé en Inde pour enregistrer la musique du film d’un grand réalisateur local dont le titre choisi sera Juliette et Roméo. Sur place, les mondanités d’usage attendent l’artiste campé par Jean Dujardin, convié à un diner à l’ambassade de France. Assis à côté de l’épouse de l’ambassadeur, il va faire renverser le coeur de la belle Anna, interprétée par Elsa Zylberstein. Un jeu de séduction va alors s’installer durablement entre les deux personnages et constituer la colonne vertébrale du film... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 30, jeudi 31, vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3 à 17h45 - lundi 4 et mardi 5 :11h15, 13h45, et 17h45
Salernes : dimanche 3 à 17h30
Le Grand jeu
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Le Grand jeu
Écrit et réalisé par Nicolas PARISER
France 2015 1h39mn
avec Melvil Poupaud, André Dussolier, Clémence Poésy, Sophie Cattani, Antoine Chappey...
PRIX LOUIS DELLUC 2015 DU MEILLEUR PREMIER FILM
Melvil Poupaud incarne parfaitement un quarantenaire assez bien fait de sa personne, Pierre Blum, un écrivain en panne habitué aux mondanités. De ces garçons classieux, un peu vains mais charmants, qui hantent les salons et dont on se demande à quoi ils croient, à quoi ils jouent, éventuellement à quoi ils servent… Encore drapé dans l'aura de l'instant de gloire remporté lors du succès littéraire de son premier et unique roman, il semble devoir glisser irrémédiablement dans l'oubli. Le cynisme élégant derrière lequel il tente de camoufler sa durable vacance ne fait plus trop illusion. C'est dans cet état d'esprit de chien désabusé qu'il est abordé un soir, sur la terrasse d'un casino, par un étrange personnage qui semble en savoir long sur lui. Joseph Pasquin (campé par l'impeccable André Dussolier) est trop poli pour être complètement honnête... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 30 à 13h45 et 20h30 _ vendredi 1er à15h, samedi 2 à 15h50, dimanche 3 à 13h45, lundi 4 et mardi 5 à 14h30
Mia Madre
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Mia Madre
Réalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique
Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage !.
.. lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 30à 18h, jedui 31 à 15h50, vendredi 1er à 17h, samedi 2 à 20h30, dimanche 3 à 18h et lundi 4 à 17h30
Lorgues : mercredi 30 à 17h, samedi 2 à 20h, dimanche 3 à 16h et lundi 4 à 21h
Cotignac : lundi 4 à 20h30
Le luc : mercredi 30 à 18h et samedi 2 à 21h

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Demain
DEMAIN !Cyril DION et Mélanie LAURENT
Documentaire France 2015 2h

Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements…


Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le développement durable cher au greenwashing, vous allez voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer, notre extraordinaire capacité à faire. Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada, Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce, France…
Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur sens du terme, qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines. Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines, c’est forcément inspirant ! »

Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui est aussi un spectacle passionnant et exaltant.

Le Vox (Fréjus) : jeudi 31 et samedi 2 à 18h - dimanche 3 à 20h30, lundi 4 à 20h et mardi 5 à 17h45

Au-delà des montagnes
AU-DELÀ DES MONTAGNESÉcrit et réalisé par Jia ZHANG-KE
Chine 2015 2h06mn VOSTF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia Chang...

Dans le cinéma de Joachim Trier, la littérature, et par extension l’écriture sous toutes ses formes, a quelque chose de séminal. Déjà dans Nouvelle donne, son premier long, les protagonistes Erik et Philip cherchaient à devenir écrivains à tous prix. Tandis qu’Anders tentait de refaire surface en postulant dans la rédaction d’un prestigieux magazine culturelle, dans Oslo, 31 août – l’adaptation cryptique du Feu Follet de Drieu la Rochelle. Ainsi, l’acte d’écrire se présentait à chaque fois comme un horizon cathartique, seule façon d’éviter l’inertie et la mort. Dans Plus fort que les bombes, le cinéaste norvégien conserve cette logique en ancrant son récit autour du personnage de Conrad, cadet d’une famille dont la mère, photoreporter de guerre, a trouvé la mort dans un mystérieux accident de voiture trois ans auparavant. Peu de chances que le prénom de l’adolescent soit un hasard, lorsque l’on sait que l’écrivain Joseph Conrad affirmait qu’il n’avait que la littérature comme moyen d’existence. Si l’auteur de La folie Almayer faisait allusion à l’aspect financier de la chose, nul doute qu’il percevait aussi cet acte créateur comme un antidote. La preuve ici : c’est une fois encore par l’écriture que le jeune Conrad permettra indirectement à chacun dans Plus fort que les bombes de retrouver de la quiétude.A l’occasion des trois ans de la mort de sa mère Isabelle, photographe hyperactive à la renommée internationale, une exposition hommage doit lui être consacrée à New York. Mais rien à faire : Conrad ne parvient pas à faire son deuil et s’enferme dans le mutisme, fuyant les assauts bienveillants de son père Gene. Pendant ce temps, son frère aîné Jonah, jeune professeur de sociologie à l’Université, pense pouvoir conjurer le sort grâce à la récente naissance de son fils. Mais cette échappatoire est un leurre, et ce dernier ne manque pas de tomber dans les bras d’une ex que sa mère trouvait jadis séduisante. Bientôt, ce trio déchiré se retrouve au complet dans la maison familiale. Le temps est venu de réunir les planches contacts d’Isabelle pour préparer l’exposition, mais aussi surtout de dénouer l’indicible, pour que chacun puisse reprendre le cours de sa vie, apaisé.

En y regardant de plus près, Plus fort que les bombes peut se lire sous le prisme de l’Œdipe, du moins de la psychanalyse : Conrad a perdu sa mère et cherche à palier son absence via son attirance pour une camarade de classe. A noter que la séquence onirique dans un sous-bois au clair de Lune, qui traduit sa passion conjointe pour l’adolescente et le souvenir de sa mère, montre en quelques secondes ce que La Forêt des songes a été incapable de produire en 2h de film. De même, Jonah retombe dans les bras d’une ex petite amie dont la mère est également décédée - ces derniers feront d’ailleurs l’amour avec l’un des vieux préservatifs de la mère défunte. Enfin, Gene vit quant à lui une aventure avec une enseignante de lycée de Conrad, qui contribue, sans se substituer à une mère, à accompagner la trajectoire de son fils. Des penchants qui ne tiennent pas du hasard.Via sa dépression latente et son rapport tronqué au monde, Conrad va involontairement permettre à la vérité d’éclore. Une résolution qui s’accompagne d’une mise en scène inventive où s’entremêlent ses rêves, les photographies de sa mère, ses parties de jeux vidéo en ligne – où son père désemparé tente de le retrouver –, les projections mentales de son frère et de Gene. Pour exprimer la façon dont Isabelle a permis à son jeune fils d’accéder à la vérité du monde, ce dernier se rappelle plein cadre au souvenir de photographies comme La fille à la fleur, de Marc Riboud. Masquer ou pas la partie gauche de l’image transforme en effet le sens de l’image. Ainsi, le diable, de même que toute la complexité du monde, seraient bel et bien cachés dans les détails. Cette façon bien particulière d’observer les choses, c’est elle qui permet à Conrad de percevoir ce que son père et son grand frère sont incapables d’assimiler. Mais comme le jeune homme est inapte à transcrire par les mots ce regard si singulier, il ne lui reste que l’écriture pour le partager. Lorsque Jonah, fatigué de le voir s’isoler devant ses jeux vidéo, lui fait remarquer que ses jeux de guerre présentent une vision unilatérale des conflits et de la géopolitique, Conrad ouvre un fichier Word en guise de réponse. Si Jonah juge à la fois étrange et brillant cet agrégat de mots, il vient en réalité sans le savoir de retrouver le chemin vers sa mère.
Dès lors qu’il s’agit de représenter les visions poétiques de Conrad, Joachim Trier éblouit. Reprenant parfois à son compte les codes du teen movie, il donne à son personnage un côté chaotique étonnant. L’on se remémore alors le flot de pensées d’Anders dans Oslo, 31 août. Ce moment prodigieux où il se projetait dans la peau de tous les badauds alentour, pour tenter de savoir si oui ou non le suicide lui serait apparu comme inéluctable s’il était quelqu’un d’autre. Malheureusement, Back Home n’égale qu’à de rares exceptions les réussites de son prédécesseur. La faute peut-être à un casting trop mainstream (Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg), et à des péripéties un peu trop lancinantes. Pour autant, il serait dommage de se détourner du dernier film de Joachim Trier. (à voir à lire)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 30 , samedi 2 et dimanche 3 : 15h30, 18h et 20h30 - jeudi 31 : 15h30 et 18h - vendredi 1er : 15h, 17h30 et 20h - lundi 4 14h30, 17h30 et 20h - mardi 5 : 14h30, 17h45 et 20h30


Un + une
Résultat de recherche d'images pour "un + une"Écrit et réalisé par Claude LELOUCH
France 2015 1h53mn
avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert...

Après Salaud, on t’aime et Ces amours là, Claude Lelouch nous offre un cinquante-quatrième film avec Un plus Une. Le réalisateur nous enivre avec poésie dans une romance sur les berges du Gange et nous fait vivre un certain art de la culture indienne, imprégné de spiritualité (et de désordre). Un film délicat et rayonnant qui met en scène deux couples en chassé croisé interprétés par Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert et Alice Pol.

Antoine et Alice forment un couple de musiciens. Compositeur de bandes originales de film, Antoine est appelé en Inde pour enregistrer la musique du film d’un grand réalisateur local dont le titre choisi sera Juliette et Roméo. Sur place, les mondanités d’usage attendent l’artiste campé par Jean Dujardin, convié à un diner à l’ambassade de France. Assis à côté de l’épouse de l’ambassadeur, il va faire renverser le coeur de la belle Anna, interprétée par Elsa Zylberstein. Un jeu de séduction va alors s’installer durablement entre les deux personnages et constituer la colonne vertébrale du film.

Comme un catalyseur de la magie indienne, le personnage crédule et fleur bleue d’Anna est formidablement exploité par Claude Lelouch qui en dresse une peinture aux mille nuances sentimentales, soulignées par l’humour d’Antoine, charmeur irrésistible et mystérieux. Avec son sens du timing, le réalisateur et scénariste (le scénario est co-signé par Valérie Perrin) offre des tirades souvent drôles et percutantes, toujours dans l’émotion au service d’un romantisme où vient parfois se nicher le spectre dramatique.

Mais Un plus une  ne se limite pas à une romance joliment tournée et parée de mots justes. C’est aussi un film tourné vers l’Inde, ses rites spirituels, son peuple si nombreux et fourmillant, son Gange sacré et sa célèbre divinité vivante Amma qui étreint des dizaines de milliers de pèlerins venus la voir chaque jour pour guérir de tous les maux. Claude Lelouche semble fasciné par ce pays qu’il filme avec beaucoup d’amour à travers des plans en longueur mais d’une grande beauté. Il propose dans UN plus Une un véritable voyage au milieu de la foule indienne que la caméra filme comme un seul être : dans le train, en bateau ou encore à pied.

Comme le réalisateur en a l’habitude, il multiplie les hommages amoureux au septième art (Ces amours là n’était-il pas un hommage appuyé – et auto-biographique – à son amour de la réalisation ?). C’est plus particulièrement la place de la musique dans le cinéma qui est cette fois mise en abîme avec sensibilité, voire avec sensualité. A travers le personnage d’Antoine et son travail qu’on admire dans certaines séquences du film, Un plus une est aussi un clin d’oeil à cette profession de compositeur. Le film est ainsi habillé d’une bande originale à l’architecture omniprésente qu’il parait important sinon fondamental de souligner.

CGR (Draguignan) : mercredi 30, jeudi 31, vendredi 1er, samedi 2, dimanche 3 à 17h45 - lundi 4 et mardi 5 :11h15, 13h45, et 17h45
Salernes : dimanche 3 à 17h30


Le Grand jeu
LE GRAND JEUÉcrit et réalisé par Nicolas PARISER
France 2015 1h39mn
avec Melvil Poupaud, André Dussolier, Clémence Poésy, Sophie Cattani, Antoine Chappey...
PRIX LOUIS DELLUC 2015 DU MEILLEUR PREMIER FILM

Melvil Poupaud incarne parfaitement un quarantenaire assez bien fait de sa personne, Pierre Blum, un écrivain en panne habitué aux mondanités. De ces garçons classieux, un peu vains mais charmants, qui hantent les salons et dont on se demande à quoi ils croient, à quoi ils jouent, éventuellement à quoi ils servent… Encore drapé dans l'aura de l'instant de gloire remporté lors du succès littéraire de son premier et unique roman – publié dix ans auparavant, ça commence à dater –, il semble devoir glisser irrémédiablement dans l'oubli. Peu à peu les étoiles du passé s'éteignent et briller en société devient de plus en plus aléatoire. De fait tout et tous peu à peu le lâchent, à commencer par sa dulcinée, lassée d'attendre qu'il devienne enfin l'auteur à la carrière prolifique dont on pouvait rêver après ses débuts prometteurs. Le cynisme élégant derrière lequel il tente de camoufler sa durable vacance ne fait plus trop illusion. Le voilà destiné à retourner au plus triste anonymat, incarné par le studio minuscule qu'il est en contraint d'intégrer, loin des strass, des paillettes et des humains, sans doute condamné à se désocialiser lentement.

C'est dans cet état d'esprit de chien désabusé qu'il est abordé un soir, sur la terrasse d'un casino, par un étrange personnage qui semble en savoir long sur lui. Joseph Pasquin (campé par l'impeccable André Dussolier) est trop poli pour être complètement honnête. Sa mise soignée, son affabilité à l'ancienne, ses sourires insistants peinent à camoufler le regard d'acier qui darde sous ses cheveux blancs : un œil acéré qui scrute, déshabille, jauge ses interlocuteurs. Parfois, sans crier gare, son visage se referme et devient alors plus impénétrable qu'un centre d'interrogatoire. Pierre d'abord se méfie et essaie de se montrer distant. Mais rien n'y fait ! Non seulement Joseph est pugnace mais il sait comment appâter l'écrivain à la dérive. À force de flatteries, de propositions alléchantes, il obtient que Pierre entre dans son jeu et accepte une étrange commande qui peut lui permettre de renflouer ses finances mais aussi de remettre incognito un pied à l'étrier après son interminable panne d'inspiration. Pierre finit par accepter et presque à s'attacher à cet homme qui l'intrigue. Le voilà donc en charge de donner du style et de la crédibilité à un ouvrage sensé semer le désordre dans le grand jeu politique, jusqu'à redistribuer les cartes du pouvoir. Il devient ainsi le rouage fragile d'un complot pour le moins hasardeux et nébuleux, aux enjeux incontrôlables et de plus en plus inquiétants.
Tandis que le commun des mortels préfèrerait sagement cultiver ses salades, voilà nos compères en train de jouer aux apprentis sorciers, au risque de se mettre en péril. Car peu à peu la vision de Joseph se brouille, ses mystérieux appuis se dérobent et il semble maîtriser à grand peine les règles du jeu alambiqué qu'il a lui même lancé. De moins en moins serein, il se sent menacé et on ne sait si ses craintes sont fondées ou s'il tombe dans une étrange paranoïa. En tout cas il y entraîne Pierre qui part se mettre au vert chez une bande de gauchistes qui, eux, ont la sagesse de les cultiver, leurs salades !

Inspiré d'affaires et de faits divers plus ou moins récents, troubles et non résolus (les affaires Tarnac et Boulin entre autres), Le Grand jeu impose une voix et une manière tout à fait originales dans le cinéma français actuel. Préférant la carte du romanesque à celle du film-dossier réaliste et documentaire, il crée un univers aussi prenant qu'inquiétant, avec un sens aigu de l'atmosphère et des dialogues ciselés. Le débutant Nicolas Pariser s'inscrit sous le patronage de Balzac et de Chabrol : on a connu plus mauvaises influences… et il ne les trahit pas. C'est un beau compliment.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 30 à 13h45 et 20h30 _ vendredi 1er à15h, samedi 2 à 15h50, dimanche 3 à 13h45, lundi 4 et mardi 5 à 14h30


Mia Madre
MIA MADRERéalisé par Nanni MORETTI
Italie 2015 1h47mn VOSTF
avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti...
Festival de Cannes 2015, Prix du jury oecuménique

Cette patte, ce style à nuls autres pareils, ce regard plein d'un humour tendre qui ne baisse jamais sa garde… C'est du grand Moretti, du très bon Nanni, petit garnement anxieux qui se cache dans l'ombre du grand réalisateur. Il nous entraine dans son univers gracieux où l'intime flirte avec l'universel ! Savoureuse fiction diablement personnelle : quelle est la part de rêve, d'imaginaire, d'autobiographie ? Qu'importe ! Tout s'imbrique dans un récit qui diffracte la réalité de la même façon qu'un kaléidoscope joue avec la lumière.
Premières images… On est au cœur d'un rang de CRS… Au travers des visières on scrute les manifestants. Ils scandent « … lavoro per tutti ! » Tiens ? Cela raisonne comme un écho : « Une terre, un toit… un travail pour tous » petit clin d'œil au Pape François (Habemus papam !) ? Aux victimes de la crise ? Les ouvriers partent à l'affrontement, coups de matraque, canons à eau… Images prises sur le vif, réalistes et pourtant… Quelque chose sonne faux… « - Coupez ! » On est sur un tournage ! Cette voix qui ordonne, c'est celle de Margherita ! Elle aussi trouve que quelque chose cloche. Est-ce le débit de l'eau, le débit des mots, les ouvrières trop apprêtées ? Elle analyse, s'angoisse, se démultiplie : rabroue le caméraman, rouspète contre les techniciens, passe à la question son assistante, gourmande gentiment une actrice : « Tu joues très bien. Mais ne sois pas ton personnage, n'oublie pas que tu es juste à côté. » « - Ah oui ! Euh… » La comédienne admirative s'efforce de comprendre, mais dès que la réalisatrice tourne le dos, une telle moue dubitative s'empare de sa frimousse qu'on explose de rire !


Être le personnage, tout en restant à côté ? Nébuleux leitmotiv schizophrénique que Margherita martèle désespérément à chacun de ses acteurs, qui prennent dès lors des airs inspirés pour cacher la tempête qu'elle provoque sous leur crâne ! C'est fichtrement drôle… Nanni Moretti se projette dans cette femme, ses angoisses, ses colères, ses incohérences, son envie de tout maîtriser qui la rend tyrannique. À travers elle, il raconte sa passion du cinéma, ses agacements, caricature le milieu avec tendresse, se moque de lui-même…
La journée de tournage achevée, rien n'entame son rythme frénétique. Margherita continue de vouloir tout gérer comme un plateau de tournage : sa famille, ses amours… Mais les personnages de la vraie vie sont moins malléables, on ne maîtrise pas le scénario, certaines choses vous dépassent comme la maladie, la mort… C'est au chevet d'Ada, sa vieille mère subtile et espiègle coincée à l'hôpital, que à peu les choses se dénouent, que tout est remis en perspective. C'est là que ses liens avec son frère Giovanni (interprété par Nanni Moretti) se renforcent. Pourtant, elle le trouve exaspérant, avec ses airs de premiers de la classe, son calme, sa patience, sa présence constante et dévouée… Tout ce qu'elle ne parvient pas à être !

Ada (Giulia Lazzarini, géniale !), quant à elle, curieuse et gourmande de tout, dévore chaque instant avec bonhommie. Elle passe chaque événement au crible des enseignement des philosophes grecs, des belles lettres. Et on comprend d'où tout ce petit monde a tiré ce sens de l'auto-dérision, le recul nécessaire pour affronter avec élégance les affres de la vie. C'est la grande classe !
Et le tableau serait incomplet si on oubliait Barry Huggins (John Turturro), acteur italo-américain qui tient le premier rôle du film tourné à l'intérieur du film ! Hâbleur intarissable, fanfaron insupportable, il cabotine jusqu'à épuiser son entourage et principalement Margherita ! Moments irrésistiblement drôles qui permettent de parler de choses graves à la légère, en ne sombrant jamais dans l'auto-apitoiement. Une belle leçon de vie, comme de cinéma. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 30à 18h, jedui 31 à 15h50, vendredi 1er à 17h, samedi 2 à 20h30, dimanche 3 à 18h et lundi 4 à 17h30
Lorgues : mercredi 30 à 17h, samedi 2 à 20h, dimanche 3 à 16h et lundi 4 à 21h
Cotignac : lundi 4 à 20h30
Le Luc : mercredi 30 à 18h et samedi 2 à 21h


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358 chemin du peyrard
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