Au(x) cinéma(s) du 31 août au 6 septembre

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Bonjour à tous !

Ça y est ! Les vacances sont finies et Entretoiles vous revient pour vous proposer sa moisson de l'été !

Commençons par vous parler des 2 prochaines propositions Entretoiles : le 12 septembre au Bucéphale, venez nous rejoindre pour voir avec nous Chaque jour que Dieu fait de de Paolo Virzi, une comédie romantique pleine de sens et d'intelligence. Et le 18 septembre au CGR, une soirée "Suède", liée à d'autres événements suédois de ce weekend des 17 et 18 septembre là à Draguignan. Avec à 18h30 My skinny sister, une délicate chronique de l'amour entre 2 sœurs. Puis à 21h Le Lendemain, présenté au Festival de Cannes, et salué par la critique sur la solitude d'un adolescent paria.

Quant à cette semaine-ci, vous pouvez voir au CGR D'une famille à l'autre, un film brésilien d'Anna Muylaert, un film  touchant et sensible sur les liens de filiation.

Sur ce même sujet de la filiation, mais traité de toute autre manière, et cette fois ci, au Vox à Fréjus, Le Fils de Jean, sensible, inattendu et très émouvant. Et aussi Dernier train pour Busan, un film coréen, "film d'horreur, violent et ludique...".

Avec Toni Erdman de Maren Ade, toujours au Vox, vous aurez le sourire aux lèvres avec un père plus ou moins border line et sa fille parfaite business woman... Vous pouvez voir aussi le thriller psychologique Moka de Fréderic Mermoud, L'Économie du couple de Joachim Lafosse et le film d'animation Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur, qui aborde très joliment la question des droits de l'enfant.

Voilà ! Et puis nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE 2016

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D'une famille à l'autre
Réalisé par Anna MUYLAERT
Brésil 2016 1h23mn VOSTF
avec Naomi Nero, Dani Nefusi, Daniel Bothelo, Matheus Nachtergaele...
Scénario d'Anna Muylaert et Marcelo Caetano
Ça commence dans les pas cadencés d'une jeunesse brésilienne branchée qui explore tous les genres. Les nuits endiablées de São Paulo, la musique qui cogne, les filles et les garçons qui se dévorent des yeux, puis des lèvres… L'alcool ou les substances que l'on prend pour se sentir vibrer toujours plus haut, toujours plus fort. Soif inextinguible de liberté, d'appétit de vivre, commune à tous ceux qui rêvent de voler de leurs propres ailes. Parmi eux, Pierre, dix-sept ans, aime se vernir les ongles façon dark rock'n roller androgyne, mais il n'est pas pour autant insensible au charme féminin, surtout quand ces demoiselles le provoquent, l'air coquin. C'est que ce brunet frisé à l'air diaphane n'a rien pour leur déplaire ! On emboîte donc son pas, découvrant ses passions, son groupe de musique, sa manière d'être avec les autres et peu à peu on pénètre dans son jardin secret, où il aime à se maquiller à l'abri des regards, explorant cette part de féminité qui transpire de lui sans qu'il ait l'air de savoir trop quoi en faire... lire la suite
CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 31 à 13h30, jeudi 1er et dimanche 4 à 20h, vendredi 2 à 16h, samedi 3 à 18h, lundi 5 à 18h15 et mardi 6 à 11h15
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Chaque jour que Dieu fait
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2012 1h35mn VOSTF
avec Luca Marinelli, Federica Victoria Caiozzo, Micol Azzurro, Claudio Pallitto, Stefania Felicioli...
Scénario de Francesco Bruni, Paolo Virzi et Simone Lenzi, librement inspiré de son roman La Generazione
Ça pourrait être le bonheur… ça devrait être le bonheur puisque Guido et Antonia ont ce dont tout le monde rêve : l'Amour ! Il est le plus adorable et le plus lunaire des hommes : patient, gentil, cultivé… Veilleur de nuit dans un hôtel, il étudie les langues anciennes, a toujours des histoires à raconter… Elle est charmante, instable, impatiente, rêve d'être chanteuse avec de bonne probabilités d'y arriver (d'ailleurs c'est elle qui a fait la musique du film), travaille le jour comme vendeuse de voiture, chante le soir… et chaque matin il la réveille en lui racontant à sa sauce l'histoire du saint du jour (d'où le titre original : tutti i santi giorni). Bref, ces deux-là ne manquent pas de centres d'intérêt, on ne s'ennuie pas avec eux et leur vie pétille avec en perspective un avenir jamais ennuyeux... lire la suite
Le Bucéphale (Draguignan) : lundi 12 septembre à 20h
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My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...
Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr... lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre, SOIRÉE SUÈDE
Affiche
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Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...
Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier...
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CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45 - jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h, 18h30; 20h45 - samedi 3 et dimanche 4 à 14h, 16h15, 18h30 et 20h45 - lundi 5 à 14h, 16h, 18h
Le Coeur régulier : Affiche
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Dernier train pour Busan
Rréalisé par YEON Sang-ho
Corée du Sud 2016 1h58mn VOSTF
avec Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Jeong Yu-mi, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik...
Scénario de Park Joo-suk
Un film horrifique jubilatoire qui, évidemment, file à un train d'enfer ! On croyait tout connaître des morts-vivants, jusqu'à ce qu'on découvre leur version sud-coréenne. S'ils ont autant la gnaque que leurs homologues occidentaux, ceux-là ont pourtant subi une mutation assez préoccupante : ce sont des zombies à grande vitesse (des ZGV ?). Contrairement aux créatures lentes et hébétées qui traînent leurs pantalons déchirés dans les séries B du vieux maître Romero, ces monstres extrêmes asiatiques sont des rapides. Ils cavalent à toute blinde derrière leurs proies, comme une meute de rats affamés aux yeux blancs, d'autant plus flippants qu'ils opèrent en milieu clos, à l'intérieur d'un train plein d'innocents voyageurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, vendredi 2, samedi 3 et mardi 6 à 20h45 et lundi 4 à 20h
Affiche
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Toni Erdmann
Écrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...
Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.
La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 et dimanche 4 à 15h40, 20h - jeudi 1er à 15h, vendredi 2 à15h et 20h, samedi 3 à 15h40et 20h30, lundi 5 à 16h20 et mardi 6 à 20h30
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Moka
Réalisé par Frédéric MERMOUD
France / Suisse 2016 1h29mn
avec Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, David Clavel, Diane Rouxel, Samuel Labarthe, Jean-Philippe Ecoffey...
Scénario de Frédéric Mermoud et Antonin Martin-Hilbert, d'après le roman de Tatiana de Rosnay
Elle a quelque chose d'un héros de western, ou de polar… enfin, un truc dans lequel on imagine mal habituellement une femme. Une femme, c'est doux, ça pleure, ça souffre, ça peut aimer, être terrible… mais ça va rarement acheter un gun et se mettre en quête de résoudre le problème qui lui pourrit la vie, en poursuivant de façon solitaire, obsessionnelle, obstinée, calculée… un projet de vengeance. On n'est pas dans un polar, on n'est pas dans un western, il y a un peu de ça mais ici les choses sont plus subtiles. On est entre la Suisse et la France, entre Evian et Lausanne, on reste autour du Lac Léman, qui est assez peu rassurant, malgré son aspect lisse : plutôt étrange, et finalement inquiétant peut-être… on sent qu'on n'est pas à l'abri de surprises... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 18h, jeudi 1er à 18h30 et 20h45, vendredi 2 à 18h30, samedi 3 à 18h40, dimanche 4 à 18h et 20h45, lundi 5 à 14h et mardi 6 à 15h
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L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen
« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout. Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 et dimanche 4 à 18h45, jeudi 1er à 15h, samedi 3 et mardi 6 à 18h30
Peur de rien : Affiche
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Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Réalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF
Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants. Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 14h et 16h15


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

D'une famille à l'autre
Réalisé par Anna MUYLAERT
Brésil 2016 1h23mn VOSTF
avec Naomi Nero, Dani Nefusi, Daniel Bothelo, Matheus Nachtergaele...
Scénario d'Anna Muylaert et Marcelo Caetano

Ça commence dans les pas cadencés d'une jeunesse brésilienne branchée qui explore tous les genres. Les nuits endiablées de São Paulo, la musique qui cogne, les filles et les garçons qui se dévorent des yeux, puis des lèvres… L'alcool ou les substances que l'on prend pour se sentir vibrer toujours plus haut, toujours plus fort. Soif inextinguible de liberté, d'appétit de vivre, commune à tous ceux qui rêvent de voler de leurs propres ailes. Parmi eux, Pierre, dix-sept ans, aime se vernir les ongles façon dark rock'n roller androgyne, mais il n'est pas pour autant insensible au charme féminin, surtout quand ces demoiselles le provoquent, l'air coquin. C'est que ce brunet frisé à l'air diaphane n'a rien pour leur déplaire ! On emboîte donc son pas, découvrant ses passions, son groupe de musique, sa manière d'être avec les autres et peu à peu on pénètre dans son jardin secret, où il aime à se maquiller à l'abri des regards, explorant cette part de féminité qui transpire de lui sans qu'il ait l'air de savoir trop quoi en faire.
Et tout cela est possible grâce à sa mère, Arcay, toujours aux petits soins mais jamais inquisitrice. Elle semble fermer les yeux sur ses frasques et lui accorder une confiance aveugle, aussi inconditionnelle que son amour. Et on devine qu'elle fera pareil avec sa cadette Jaqueline quand elle sera en âge de sortir à son tour. Les moments complices passés en famille sont simples, rassurants et offrent une base sécurisante pour aller de l'avant. Rien ne présage de ce qui va advenir par la suite. Ce sont d'abord des hommes en voiture qui épient Pierre, le photographient subrepticement dans la rue…

Puis un soir, Arcay tarde à rentrer… Comme ce n'est pas dans ses habitudes, voilà les deux gosses fichtrement inquiets. Quand elle arrive enfin, camouflant difficilement son embarras, elle ne parvient pas à fournir d'explications… À compter de ce moment-là, tout va se déglinguer. De convocations en convocations, les services sociaux vont expliquer à Pierre qu'Arcay n'est pas sa génitrice et qu'il a été volé à une autre famille… Une autre famille ? Et si Pierre n'en voulait pas ? C'est comme un précipice, un abîme qui engloutit son ancienne vie. Pas le temps d'en faire le deuil, voilà sa mère traitée comme une criminelle et Pierre propulsé dans le logis de ses « vrais » parents, légitimes aux yeux de tout le monde sauf de lui-même. Le pays entier, presse à l'appui, semble s'émouvoir de ces retrouvailles. Nulle part n'est laissée à un minimum d'intimité, ni à la parole des enfants : la loi du sang semble prévaloir sur toute autre considération. Le sort de la fratrie est scellé sans même qu'ils aient vraiment eu droit au chapitre.

D'un fait divers qui défraya la chronique dans son pays, la réalisatrice Anna Muylaert tire un récit universel en se plaçant du point de vue de l'adolescent. Comme dans son excellent film précédent,une seconde mère,  elle interroge de manière peu conventionnelle le rapport à la filiation, à la maternité. Plutôt qu'aborder son sujet par le prisme du pathos, elle le fait par celui de la révolte qui sourd, gronde et va aller en s'amplifiant, libératrice, comme une arme jubilatoire offerte à Pierre pour lui permettre de se redresser, de se découvrir et d'affirmer enfin qui il est. Mais si jamais une larme ne coule, le film n'en est pas moins touchant, sensible. Aucun personnage n'est caricatural, surtout pas les deux « mères » si différentes mais qui pourraient tout aussi bien être le prolongement l'une de l'autre (il y a d'ailleurs un détail surprenant du casting dont on parlera quand vous aurez vu le film… (Utopia)


CGR (Draguignan) en ciné-club : mercredi 31 à 13h30, jeudi 1er et dimanche 4 à 20h, vendredi 2 à 16h, samedi 3 à 18h, lundi 5 à 18h15 et mardi 6 à 11h15


Chaque jour que Dieu fait
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2012 1h35mn VOSTF
avec Luca Marinelli, Federica Victoria Caiozzo, Micol Azzurro, Claudio Pallitto, Stefania Felicioli...
Scénario de Francesco Bruni, Paolo Virzi et Simone Lenzi, librement inspiré de son roman La Generazione

Ça pourrait être le bonheur… ça devrait être le bonheur puisque Guido et Antonia ont ce dont tout le monde rêve : l'Amour ! Il est le plus adorable et le plus lunaire des hommes : patient, gentil, cultivé… Veilleur de nuit dans un hôtel, il étudie les langues anciennes, a toujours des histoires à raconter… Elle est charmante, instable, impatiente, rêve d'être chanteuse avec de bonne probabilités d'y arriver (d'ailleurs c'est elle qui a fait la musique du film), travaille le jour comme vendeuse de voiture, chante le soir… et chaque matin il la réveille en lui racontant à sa sauce l'histoire du saint du jour (d'où le titre original : tutti i santi giorni). Bref, ces deux-là ne manquent pas de centres d'intérêt, on ne s'ennuie pas avec eux et leur vie pétille avec en perspective un avenir jamais ennuyeux…
Mais voilà, il y a les hormones et surtout la pression sociale et familiale omniprésente, lancinante : autour d'Antonia, toutes les filles pondent des bambins dodus et rigolards et semblent lui répéter à longueur de rencontres : qu'est-ce qui ne va pas pour que leur joli couple n'ait pas trouvé à leur amour ce prolongement qu'on dit indispensable à l'épanouissement de toute femme, un Bébé ?

Il n'y pensait pas vraiment, et c'est elle qui s'interroge la première : après six ans d'amour, il n'est pas possible qu'elle n'en ait pas envie… il leur faut un enfant. Mais ils ont beau s'en donner à cœur joie, le ventre d'Antonia reste obstinément plat. Pourquoi n'y arrivent-ils pas ? Ovocytes flemmards, spermatozoïdes flappis… Le meilleur gynéco de Rome (celui qui travaille pour le Pape !) est sollicité pour passer au crible spectogrammes, échographies et trouver la solution à la crise… Antonia s'impatiente, les rapports s'enveniment : leur bel amour, leur grand amour serait-il menacé par une incapacité à rejoindre la cohorte des heureux parents de bébés insupportables et braillards ? Pourront-ils un jour décliner la litanie des dimanches en famille où « lorsque l'enfant paraît… son doux regard qui brille fait briller tous les yeux… » ?

Au départ du film, il y a le livre de Simone Lenzi, La Generazione, probablement en partie autobiographique, qui interroge sur le désir d'enfant et le pourquoi du manque, le parcours du combattant que représente la procréation assistée, la différence d'approche de la question entre l'homme et la femme… « la vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience dangereuse, le jugement difficile »… c'est l'épigraphe qui ouvre le livre et qui pourrait annoncer le film aussi : comme quoi une comédie romantique peut aussi brasser les préoccupations humaines les plus fondamentales…
Paolo Virzi cherchait une comédienne qui soit d'abord une bonne chanteuse, mais pas trop connue pour rester crédible dans son rôle, une fille du sud qui n'aurait pas de racines à Rome… Federica Victoria Caiozzo a été le choix parfait au point que c'est elle qui a écrit la musique du film. Thony, le nom porté au générique, est son pseudonyme de chanteuse et elle n'est pas le plus petit atout du film. (Utopia)


Le Bucéphale (Draguignan) : lundi 12 septembre à 20h


My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...

Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr…

Tout pourrait continuer ainsi, dans cette espèce de déséquilibre familial harmonieux où chacun trouve finalement sa place, cahin-caha, malgré petites bisbilles et menues jalousies… Mais on sent bien, dans le volontarisme forcené de la patineuse, sa soif perpétuelle d'exercice, ses obsessions culinaires que s'installe un malaise de plus en plus palpable.
My skinny sister, au titre évocateur même pour l'anglophile balbutiant (skinny = maigre), pose un très beau regard sur un fléau qui touche des millions d'adolescentes, leur famille, leurs amies : l'anorexie, une maladie qui s'accompagne le plus souvent du terrible déni de l'intéressée, laquelle finit par se couper du reste du monde, parfois avec agressivité, toute à son obsession morbide. Il montre aussi à quel point les proches ne se doutent pas de la gravité de la situation jusqu'au jour, souvent tardif, où la maladie a fait des ravages profonds, tant physiologiques que psychologiques. Tout cela est traité avec une grande authenticité, une grande justesse et on n'est pas du tout étonné que la réalisatrice déclare « avoir une expérience personnelle des troubles alimentaires…

Mais ce qui est très beau dans My skinny sister, c'est qu'il échappe avec grâce au film à thèse sur l'anorexie pour s'épanouir en une très belle et très délicate chronique de l'amour entre deux sœurs et des tourments de l'adolescence. Avec ses moments bouleversants mais aussi ses moments extrêmement drôles et impertinents, à l'image de l'imprévisible et craquante Stella. On rit de bon cœur à l'audace de la gamine qui drague ouvertement le prof de patinage de sa sœur à qui elle dédie des poèmes licencieux. Et face au désarroi des parents qui, entre coercition et dialogue, ne savent plus quoi faire pour enrayer la spirale infernale dans laquelle s'enferme leur fille aînée, c'est bien leur irréductible benjamine qui, avec son énergie et son appétit de vivre, va peu à peu sauver Katya, envers et contre tout, et d'abord envers et contre elle-même… (Utopia)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 18h30, SOIRÉE SUÈDE


Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...

Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier…
Quel crime horrible a bien pu commettre l'adolescent pour être l'objet d'une telle haine ? Magnus von Horn, l'auteur de cet impressionnant premier film, distille les indices au compte-gouttes avec une maîtrise de vieux routier du scénario : pas d'explications psychologiques dans les rares et courts dialogues. L'incertitude habilement entretenue sur le passé maintient une tension permanente. On sent à tout moment que la violence, contenue tant bien que mal par les appels au calme des enseignants, peut éclater…

La mise en scène, par ses cadres oppressants, sa lumière glacée (superbe photo du Polonais Lukasz Zal, le chef opérateur d'Ida, disponible en Vidéo en Poche) exprime constamment la solitude de John, en proie à l'incompréhension de ses proches et à l'intolérance des lycéens.
Le jeune cinéaste, décidément très prometteur, a aussi un sens du casting surprenant. Pour incarner son héros paria, il a choisi un chanteur pour adolescentes très populaire en Suède. Dans ce premier rôle au cinéma, Ulrik Munther compose un personnage buté, opaque, qui voudrait se fondre dans la masse mais en est systématiquement exclu. Qui rêve de se faire oublier mais, rongé par la culpabilité, est en quête de rédemption…

(S. Douhaire, Télérama)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE


Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

 

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15, 18h30, 20h45 - jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h, 18h30; 20h45 - samedi 3 et dimanche 4 à 14h, 16h15, 18h30 et 20h45 - lundi 5 à 14h, 16h, 18h

 


Dernier train pour Busan
Réalisé par YEON Sang-ho
Corée du Sud 2016 1h58mn VOSTF
avec Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Jeong Yu-mi, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik...
Scénario de Park Joo-suk

Un film horrifique jubilatoire qui, évidemment, file à un train d'enfer ! On croyait tout connaître des morts-vivants, jusqu'à ce qu'on découvre leur version sud-coréenne. S'ils ont autant la gnaque que leurs homologues occidentaux, ceux-là ont pourtant subi une mutation assez préoccupante : ce sont des zombies à grande vitesse (des ZGV ?). Contrairement aux créatures lentes et hébétées qui traînent leurs pantalons déchirés dans les séries B du vieux maître Romero, ces monstres extrêmes asiatiques sont des rapides. Ils cavalent à toute blinde derrière leurs proies, comme une meute de rats affamés aux yeux blancs, d'autant plus flippants qu'ils opèrent en milieu clos, à l'intérieur d'un train plein d'innocents voyageurs.

Là aussi c'est une première : avec Dernier train pour Busan, l'horreur est sur des rails, dans une enfilade de compartiments, si semblables à nos propres TGV qu'on ne pourra plus jamais aller boire un café en voiture bar sans claquer des dents. Couloirs, portes coulissantes, toilettes, étagères porte-bagages, le réalisateur déniche dans chaque recoin de cette espace étroit, tout en longueur, des occasions de suspense haletant, de formidables idées de mise en scène.
Piège en mouvement : une grappe de mordeurs (moins gourmand que le zombie classique, le zombie coréen se contente de mâchouiller pour transmettre son « virus ». C'est quand même très saignant) en voiture 14, une autre en voiture 9, et leurs victimes au milieu… Pourquoi ne pas simplement arrêter le train pour s'enfuir ? Parce que dehors, c'est pire ! Les zombies sont partout, le pays est à feu et à sang, l'état de siège est déclaré. Lancés à pleine vitesse vers Busan, la seule ville (peut-être) épargnée, les passagers doivent tenir.

Le film se concentre sur un petit groupe de survivants, plus vivants et incarnés que dans la plupart des autres films d'horreur/catastrophe du même genre : un père divorcé et sa fillette, une femme enceinte, un blagueur costaud, deux ados, un homme d'affaires… toute une micro-société témoin, où se combattent lâcheté et courage, solidarité et individualisme féroce, héros et salauds. Car bien sûr, ici comme chez Romero, le réjouissant jeu de massacre se fait conte politique : pas seulement parce qu'on nous dit que l'épidémie est un effet secondaire de la course au profit, de la spéculation autour d'une industrie biochimique manifestement peu fiable, mais aussi parce que le film démontre, à sa manière ludique et ultra-violente, que la seule chance de survie passe par l'entraide.

(C. Mury, Télérama)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, vendredi 2, samedi 3 et mardi 6 à 20h45 et lundi 4 à 20h

Toni Erdmann
NAHIDÉcrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...

Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.

La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques. Winfried est un sexagénaire atypique, mais assez emblématique d’une génération qui s’est battue contre le modèle capitaliste, pour la libération sexuelle, contre les normes établies et l’éducation traditionnelle. Il est professeur de musique plus ou moins dilettante et, se fichant comme d’une guigne de ce qu’on attend de lui. Sa fille Inès est tout ce que son père n’a jamais voulu être. Parfait produit de la réussite économique allemande, elle travaille pour un cabinet d’audit à Bucarest où elle conseille des entreprises locales pour les aider à licencier au plus vite et sans bavures. Elle mène une vie confortable et amorale, dénuée d’amour et d’idéal…
Mais le cours des choses va changer quand Winfried débarque à l’improviste à Bucarest, ce qui exaspère au plus haut point la jeune femme. Au sommet de l’incommunicabilité, croyant s’en être débarrassée au bout de quelques jours, elle le voit redébouler sous les atours d’un personnage de substitution, Toni Erdmann, perruque ridicule et dentier factice proéminent : Winfried/Toni se fait passer pour un éminent « coach » et il va s’immiscer dans le milieu professionnel vermoulu de sa fille où des hommes d’affaires toujours plus impitoyables se partagent entre soirées dans des clubs de strip tease et réceptions chez l’ambassadeur. N’ayant pas vraiment le choix, Inès joue le jeu et se trouve entraînée dans des scènes ubuesques.

Petit à petit père et fille vont néanmoins se rapprocher autour d’une question simple : c’est quoi le bonheur ?
L’immense force du film tient à son côté gentiment malséant et décalé. Hilarant par sa maîtrise du burlesque de certaines situations mais plaçant aussi le spectateur dans une situation gênante, au fur et à mesure des mystifications de plus en plus énormes du père qui permet enfin à sa fille (la formidable Sandra Hüller) de se révéler à elle-même et d’assumer pleinement sa place de femme indépendante dans un monde dominé par l’argent et le sexisme. Le pari était de réaliser un film aussi drôle qu’émouvant ? Pari tenu haut la main ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 et dimanche 4 à 15h40, 20h - jeudi 1er à 15h, vendredi 2 à15h et 20h, samedi 3 à 15h40et 20h30, lundi 5 à 16h20 et mardi 6 à 20h30

Moka
ImageRéalisé par Frédéric MERMOUD
France / Suisse 2016 1h29mn
avec Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, David Clavel, Diane Rouxel, Samuel Labarthe, Jean-Philippe Ecoffey...
Scénario de Frédéric Mermoud et Antonin Martin-Hilbert, d'après le roman de Tatiana de Rosnay

Elle a quelque chose d'un héros de western, ou de polar… enfin, un truc dans lequel on imagine mal habituellement une femme. Une femme, c'est doux, ça pleure, ça souffre, ça peut aimer, être terrible… mais ça va rarement acheter un gun et se mettre en quête de résoudre le problème qui lui pourrit la vie, en poursuivant de façon solitaire, obsessionnelle, obstinée, calculée… un projet de vengeance. On n'est pas dans un polar, on n'est pas dans un western, il y a un peu de ça mais ici les choses sont plus subtiles. On est entre la Suisse et la France, entre Evian et Lausanne, on reste autour du Lac Léman, qui est assez peu rassurant, malgré son aspect lisse : plutôt étrange, et finalement inquiétant peut-être… on sent qu'on n'est pas à l'abri de surprises.
Notre héroïne n'est pas simple à saisir. Au départ, on peut la trouver bizarre, voire un peu folle, d'ailleurs elle s'échappe d'une clinique où elle semble soigner les suites d'un drame non résolu… Ça n'a pas l'air d'aller fort, mais il émane d'elle une sorte de tension froide et silencieuse, une sorte de violence rentrée, elle apparaît fichtrement résolue avec sa parka qui la banalise, ses basket qui ne font pas de bruit. Et puis bon sang ! Elle a la tête d'Emmanuelle Devos, qui a une façon d'être à l'image qui accroche l'intérêt, séduit, intrigue.

On ne vous racontera pas l'histoire… c'est sans doute mieux parce que ce serait vous priver de cette curiosité qui grandit peu à peu et ne s'arrête pas à l'énoncé de ce qui pourrait avoir l'air à première vue d'un fait divers. Cette belle femme qui largue les amarres, qui semble avoir vacillé un moment sous l'effet d'une grande douleur, tangue comme une équilibriste entre l'appel du vide et un profond appétit de vie. Peu à peu son besoin viscéral de vérité va la propulser du côté moins sombre des choses, au cours de méticuleuses recherches qui la conduiront à résoudre cette affaire qui la concerne au plus profond d'elle même et à laquelle les flics du coin s'intéressent assez peu.
Se faire justice… Au bout de son enquête, elle trouve une femme, et la rencontre ne sera pas banale. Sous l'évidence apparente des faits pourrait bien se cacher une erreur judiciaire. La vie adore les stratégies alambiquées. Diane aurait pu conclure un peu trop vite, en se contentant de la découverte de la propriétaire de la voiture couleur moka qui désigne Marlène comme responsable de son malheur… mais si elle n'est pas pressée, c'est qu'elle ne veut pas seulement savoir, elle veut aussi comprendre.

On croit être prêt à haïr. Mais il suffit qu'on s'approche de plus près, qu'on plonge dans une vie, ce qu'on en découvre change fatalement le regard : celui que l'on abordait en ennemi cesse alors d'être anonyme. Écouter, c'est chercher à comprendre, c'est perdre la distance qui permet la froideur… Comprendre c'est déjà excuser disait l'autre. Ici cette belle femme qui fait face à Diane, fragile et forte à la fois, a elle-même une histoire compliquée. Au delà des apparences il y a la profondeur abyssale de l'humain écartelé entre ses forces et ses faiblesses, fichtrement touchant et attachant (particulièrement quand il a la subtilité et la capacité naturelle de séduction de Nathalie Baye).
Passant à deux doigts d'un nouveau drame, Diane va découvrir en Marlène un autre prototype d'humanité tout aussi fascinant et complexe qu'elle l'est elle-même. En démêlant l'écheveau de cette tragédie qui la touche, elle va se révéler infiniment proche d'elle, rencontre improbable et superbe de deux femmes qui commence par un désir de vengeance et évolue vers une réconciliation avec soi-même donc avec les autres. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 18h, jeudi 1er à 18h30 et 20h45, vendredi 2 à 18h30, samedi 3 à 18h40, dimanche 4 à 18h et 20h45, lundi 5 à 14h et mardi 6 à 15h

L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen

« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout.
Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich…

C'est elle qui reste, c'est lui qui doit partir : elle l'a décidé ainsi, ne supporte plus de l'avoir dans les pattes, tout ce qu'elle adorait chez lui jadis est désormais objet de répulsion : son odeur, ses bras puissants, sa vitalité ombrageuse. Lui aimerait rester, et d'ailleurs comment partir ? Sans travail fixe, sans moyens pour trouver un logement ailleurs… Il va falloir cohabiter un moment, et ça devient difficile. La maison, c'est elle qui l'a achetée, elle avait l'argent, grâce à sa famille. Lui avait la force, les bras, le savoir faire qui lui a permis de faire les travaux. Mais au moment des comptes, le travail, aux yeux de Marie, pèse peu de poids en rapport de l'argent qu'elle a apporté.
C'est une histoire trempée dans l'air du temps et si les femmes se sont émancipées et n'hésitent plus à remettre leur couple en cause, il n'est toujours pas bien vu qu'une femme gagne plus qu'un homme et le capital est toujours plus respecté que le travail. Quel que soit le camp dans lequel on se trouve, c'est un sujet d'humiliation pour l'homme et un moyen de réprobation pour la femme…
La mère de Marie (superbe Marthe Keller) cherche à temporiser, à concilier, plaidant l'indulgence et une répartition équitable, mais dans ces histoires-là il est difficile pour les belligérants de faire la part des choses, de reconnaître la contribution de l'autre. « J'ai tout payé depuis le début » s'énerve Marie. Boris plaide son investissement physique, « j'y ai laissé mes mains, ma sueur, mon amour »… Humilié de s'entendre traiter de « pauvre » devant ses deux gamines, il tente de leur dire que la vraie richesse est ailleurs…
Dans ce chaos tumultueux, surgit pourtant un moment de formidable grâce, une danse, une chanson où tout le monde baisse les armes, une accalmie bienfaisante où on mesure, bouleversé, tout ce que leur relation a pu nourrir de bonheur, de tendresse. Il faudra bien, une fois la tempête passée, que vienne le temps de l'apaisement, il faudra bien arriver à faire la part des choses, il faudra bien que la vie, l'amour, d'une façon ou d'une autre, continuent… et c'est tant mieux.

C'est un film magnifique, écrit à plusieurs mains et autant de sensibilités, impliquant également les comédiens qui ont eu leur mot à dire, modifiant parfois leur texte pour se l'approprier, et le rendu final est saisissant : il y a quelque chose de profond et de fort qui tient sans doute au vécu de chacun, à la connivence qui s'est établie au cours du tournage et leur a permis d'appréhender de l'intérieur des personnages qui immédiatement nous parlent, nous concernent, nous touchent durablement. Bérénice Béjo et Cédrik Khan sont impressionnants de justesse et d'intensité. Les gamines jumelles sont épatantes, peu préparées à ce genre d'exercice, sans texte particulier à dire, mais travaillant avec l'équipe jusqu'à répéter quarante fois la même scène sans s'énerver pour autant, elles sont époustouflantes, touchantes et discrètes, spectatrices impuissantes d'un amour qui se défait et dont elles sont un des enjeux. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 et dimanche 4 à 18h45, jeudi 1er à 15h, samedi 3 et mardi 6 à 18h30


Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Afficher l'image d'origineRéalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF

Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants.

Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments. Croyant bien faire, Iqbal part pour la ville à la recherche d'aide. Mais il va croiser le chemin d'odieux personnages sans scrupules et sans coeur, prêts à tout pour faire de l'argent sur le dos des plus démunis, en l’occurrence les enfants pauvres, corvéables à souhait, qu'ils exploitent dans une manufacture de tapis aux allures de prison. Mais le jeune garçon a de la ressource, et beaucoup d'espoir.

Ce film est librement inspiré de l’histoire vraie d'Iqbal Masih, enfant pakistanais réduit à l’esclavage dès ses quatre ans pour rembourser la dette familiale. A 9 ans, il fuit l’usine de tapis dans laquelle il travaille enchaîné douze heures par jour. Grâce à un avocat, Iqbal devient à dix ans l'une des figures mondiales de la lutte contre l’esclavage moderne, multipliant les interventions dans des conférences internationales pour l’UNICEF ou encore devant les Nations Unies à New-York. Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais fermera plusieurs dizaines de fabriques de tapis où travaillaient des enfants dans des conditions d’esclavage, en libérant ainsi plus de 3 000. Mais à douze ans Iqbal est assassiné par la « mafia du tapis » pakistanaise, dans son village, alors qu’il faisait du vélo... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 14h et 16h15


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