Au(x) cinéma(s) du 31 janvier au 6 février 2018

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Bonjour à tous !

Voici les prochains événements proposés par Entretoiles, à noter au plus vite dans vos agendas !

Dimanche prochain 4 février, Lucky  de John Caroll Lynch, une chronique bouleversante, tendre et drôle sur la fin d'une vie,
Dimanche 11 février  soirée sur le thème "Enfance innocente ?" avec I Am Not a Witch de Rungano Nyoni, un film très fort sur les prétendues sorcières de Zambie et Menina de Christina Pinheiro, un film qui parle de sujets graves avec légèreté. Et bien sûr, toujours l'apéritif offert par Entretoiles entre les 2 films.
Vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 mars, un mini festival sur le thème Amérique du sud, avec 4 films : Mariana de Marcela Saïd, Citoyen d'honneur de Mariano Cohn et Gaston Duprat, El Presidente de Santiago Mitre et 7 jours à La Havane par 7 réalisateurs différents.  CGR proposera un pass pour les 4 films à 19€ pour les adhérents et 30€ pour les non adhérents. Cochez déjà les dates sur vos agendas !

Au CGR cette semaine en ciné-club, Marvin ou la belle éducation de Pierre Trividic et Anne fontaine, une ode à l'éducation servie par des acteurs exceptionnels, et hors ciné-club en VF, hélas, Pentagon Papers, un film puissant sur l'indépendance de la presse de Steven Spielberg (et à Cotignac).

Au Vox à Fréjus, vous pouvez voir L'Insulte de Ziad Doueiri, un film d'une intelligence rare, magnifiquement interprété,  Les heures sombres de Joe Wright, un film passionnant et exaltant (bientôt en ciné-club au CGR), Fortunata de Sergio Castellitto, un film débordant d'énergie, Marie Curie de Marie Noelle Sehr, un beau biopic sur la célèbre chercheuse, et Un homme intègre de Mohamed Rasoulof  un formidable thriller tendu : on est tenu en haleine jusqu'au dénouement.

À Lorgues, Normandie Nue de Philippe Le Guay,(aussi à Salernes et au Luc) ou la crise des éleveurs tournée en comédie loufoque, et L'Intelligence des Arbres, un documentaire de Guido Tolke et Julia Dordel.

À Cotignac,  El Presidente de Santiago Mitre (que nous vous proposons au mini festival Amérique du Sud), une exploration réjouissante de la sphère du pouvoir (jeudi 1er 20h30).

À Salernes, L'Échappée belle de Paolo Virzi, un joli film doux amer,

Les prochains films ciné club au CGR seront :  Les Gardiennes et La Promesse de l'aube et Les heures sombres : que du bonheur !

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 31 JANVIER AU 6 FEVRIER 2018

 

Affiche
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Lucky
Réalisé par John Carroll LYNCH
USA 2017 1h28mn VOSTF
avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skeritt, Beth Grant...
Scénario de Logan Sparks et Drago Sumonja
Une preuve de plus qu'un beau film peut se bâtir sur trois fois rien. Lucky, à partir de situations on ne peut plus ordinaires, traitées avec un flegme imperturbable, s'impose tranquillement comme une chronique aussi simple que bouleversante, aussi tendre que drôle sur la fin d'une vie. Il suffit, pour créer un univers et nous embarquer, d'un paysage : le désert californien, de quelques lieux : le bar vieillot et chaleureux, la maison précaire du héros, et surtout d'un acteur hors du commun : Harry Dean Stanton et ses plus de 90 ans au compteur au moment du tournage, son phrasé, sa démarche unique de cowboy sans cheval, ses expressions mi blasées mi ironiques... lire la suite
Soirée Entretoiles au CGR : Dimanche 4 février à 20h30
Affiche
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Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine
Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là... lire la suite
Ciné-club CGR : mercredi 31 19h50, jeudi 1er 13h30, vendredi 2 15h45, samedi 3 17h50, lundi 5 11h
Affiche
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Menina
Réalisé par Cristina PINHEIRO
France 2017 1h37mn
avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda, Thomas Brazete, Sarah-Lou Verlhac, Camille Constantin...
Scénario Cristina Pinheiro, Laura Piani et Ghislain Cravatte
Voilà un film qui réconciliera toutes les générations tout en ne prenant pas les enfants pour des quiches à coups de clichés un peu trop guimauves. Menina parle de sujet graves (le racisme, la maladie, les difficultés familiales) à regard et hauteur d'enfant, avec légèreté et humour. La très jolie première scène est assez emblématique : nous sommes au printemps 1979, au bord de la Méditerranée, dans la commune populaire de Port Saint Louis du Rhône, au cœur d'une famille d'origine portugaise, alors que depuis la fin des années 60, la misère au pays et la dictature de Salazar ont conduit des milliers de Portugais à chercher refuge et travail en France. Cette année-là, la communauté portugaise fête les 4 ans de la Révolution des œillets qui a déposé le dictateur. On boit en chantant des chansons révolutionnaires, on laisse s'exprimer la nostalgie du pays (la fameuse saudade)... lire la suite
Soirée CGR "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février 20h30
Affiche
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I Am Not a Witch
Écrit et réalisé par Rungano NYONI
Zambie 2017 1h34mn VOSTF
avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...
Depuis le Haut Moyen Âge jusqu’au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu’elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd’hui mais loin d’ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l’on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d’y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable... lire la suite
Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février à 18h, suivi de l'apéritif Entretoiles
Salernes : mercredi 31 à 20h30, vendredi2 et mardi 6 à 18h, dimanche 4 à 16h
Affiche
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Pentagon Papers
Réalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer
Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue... lire la suite
CGR : mercredi 31, jeudi 1er, vendredi 2, samedi 3, lundi 5 et mardi 6 à 10h45, 14h, 16h20, 19h50 et 22h20, dimanche 4 à 10h45, 14h, 16h20 en VF seulement
Cotignac : dimanche 4 18h
Affiche
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Les heures sombres
Réalisé par Joe WRIGHT
GB 2017 2h05mn
avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Stephen Dillane, Lily James, Ben Mendelsohn, Ronald Pickup, Samuel West...
Scénario d'Anthony McCarten
On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de Churchill qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux. Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31  en VF 15h50, jeudi 1er en VO et dimanche 4 en VF  18h, vendredi 2 en VO 20h45, mardi 6 en VO 20h30
Affiche
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Fortunata
Réalisé par Sergio CASTELLITO
Italie 2017 1h43mn VOSTF
avec Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Alessandro Borghi, Hanna Schygulla...
Scénario de Margaret Mazzantini
Télérama titrait au moment du Festival de Cannes : « Fortunata, portrait solaire d’une Antigone moderne »… On approuve : Jasmine Trinca dans le rôle titre crève l’écran, littéralement lumineuse, un tourbillon de vie et de sensualité. Elle porte le film, à la manière de son personnage, Fortunata, qui porte son entourage sur ses jolies épaules tout en vacillant parfois sur ses talons hauts qui ripent sur les pavés de Rome, ceux du quartier de Torpignattara dans lequel Pasolini tourna jadis Mamma Roma… La première scène, dont on vous laisse la surprise, donne allègrement le ton, par un décalage spatiotemporel délicieux, une chorégraphie que Beethoven aurait peiné à imaginer à son époque. Ne sortez pas de la salle, cela se passe bien en Italie ! Puis on découvre Fortunata, pressée, toujours pressée, parce qu’elle se démène, qu’elle doit survivre... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 16h05, jeudi 1er 20h30, vendredi 2 15h50, samedi 3 16h15, lundi 5 13h45
Affiche
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Un homme intègre
Écrit et réalisé par Mohamed RASOULOF
Iran 2017 1h57mn VOSTF
avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi, Missagh Zareh...
Festival de Cannes 2017 : Grand Prix Un certain regard
Les mollahs à la triste figure voudraient sans doute nous faire oublier à quel point l’Iran est un grand pays de libre-penseurs, d’artistes aussi audacieux que talentueux. Et c'est particulièrement vrai pour ses cinéastes, qu'on admire d'autant plus qu'ils savent ce qu'ils risquent en bravant la censure. Si vous avez pu ignorer un ou deux films récemment, il faut d'urgence voir ce magistral Un homme intègre et signer la pétition en ligne sur change.org afin de soutenir son réalisateur Mohamed Rasoulof qui risque six ans de prison dans son pays et vient de se voir confisquer son passeport. Il vous sautera aux yeux que ce thriller tendu, de haute tenue, est une œuvre éminemment politique, qui offre une une analyse terriblement lucide et décapante des dessous d’une société où il n’existe guère d’autre alternative que d’être oppresseur ou opprimé, corrupteur ou corrompu... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 18h10, samedi 3 20h45, lundi 5 18h, mardi 6 13h45
Affiche
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L'Insulte
Réalisé par Ziad DOUEIRI
Liban 2017 1h52mn VOSTF
avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek, Christine Choueiri, Camille Salameh, Dimand Bou Addoud...
Scénario de Ziad Doueiri et Joelle Touma. Festival de Venise 2017 : Coupe Volpi du meilleur acteur pour Kamel El Basha
Voilà un film d'une intelligence rare, porté par des acteurs remarquables (le prix de Kamel El Basha à Venise n'a pas été volé), qui nous donne des nouvelles d'un pays dont toute l'histoire a été marquée par la violence et la guerre civile, et qui évoque la difficile mais toujours possible réconciliation d'humains aux histoires antagonistes.
Et comme souvent dans les films réussis, la grande Histoire se nourrit des petites histoires, celles qu'on pourrait au premier abord juger anecdotiques, voire insignifiantes. Nous sommes à Beyrouth Est, dans le quartier chrétien – malgré la fin de la guerre dans les années 1990, la géographie de la ville est encore marquée par la juxtaposition des communautés. C'est là que vit et travaille Toni, garagiste de son état, membres des Forces Libanaises, parti chrétien nostalgique du président assassiné Bachar Gemayel, et futur jeune père quadragénaire...
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er et lundi 5 à 13h45, 18h15 et 20h30, vendredi 2 et dimanche 4 à 13h45, 16h05 et 20h45, samedi 3 à 13h45, 18h15 et 20h15, mardi 6 à 15h55, 18h15 et 20h30
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Marie Curie
Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll
Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité… lire la suite
Le Vox (Fréjus): mercredi 31 et mardi 6 13h45, jeudi 1er 15h50 et 18h15, vendredi 2 16h, samedi 3 16h, 18h30, dimanche 4 13h45 et 15h50, lundi 5 15h et 20h30
Affiche
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L'Échappée belle
Réalisé par Paolo VIRZI
USA/Italie 2017 1h52mn VOSTF
avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay, Janel Moloney, Dana Ivey, Dick Gregory...
Scénario de Francesca Archibugi, Francesco Piccolo, Stephen Amidon, Paolo Virzi, d'après le roman de Michael Zadoorian Le Cherche-bonheur
The Leisure seeker, titre que l’on pourrait traduire par « le cherche-bonheur », c’est le nom du camping-car d’Ella et John Spencer, qu’ils ont acheté, on l’imagine, au tout début de leur histoire commune, quand la famille s’écrivait : jeune couple avec deux enfants. Ce camping-car, c’était bien plus qu’un simple moyen de locomotion pour transporter la petite tribu le temps des vacances. C’était la promesse du bon temps, des petits moments de bonheur partagés, ces choses futiles qui riment à trois fois rien quand on les vit dans l’instant et qui reviennent en force, trésors chargés d'émotion, une fois que le temps a fait son boulot. Ce camping-car, John, en bon universitaire curieux, aimait qu’il les emmène vers les paysages tout neufs et les rencontres impromptues tandis que Jane, plus casanière, l’adorait surtout quand il la ramenait vers les endroits familiers où elle prenait plaisir à renouer avec ses habitudes... lire la suite
Le Luc : jeudi 2 18h et samedi 3 15h
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Normandie Nue
Réalisé par Philippe Le Guay
France 2018 1h45mn
avec François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison, Grégory Gadebois, Philippe Rebbot, Patrick d'Assumçao...
Scénario de Victoria Bedos, Olivier Dazat et Philippe Le Guay
Nous sommes en Normandie… Enfin pour moi qui écris ce texte, la Normandie c’est plutôt du côté de Rouen… ou de Cherbourg, alors le Mêle-sur-Sarthe, ça me semble vraiment un peu trop au Sud pour être normand… Mais bon, administrativement c’est situé dans l’Orne, en Normandie donc, même si la « frontière » avec la Sarthe n’est qu’à un jet de pierre… Et surtout, au Mêle-sur-Sarthe, il y a plus de vaches que d’habitants, ce qui est finalement la caractéristique essentielle de tout bon village normand et, ici comme ailleurs, les éleveurs sont touchés par la crise... lire la suite
Lorgues : mercredi 31 14h30, vendredi 2 20h55, samedi 3 17h45, dimanche 4 18h, lundi 5 16h30
Salernes : samedi 3 et mardi 6 20h30, lundi 5 18h
Le Luc : mercredi 31 18h, samedi 3 21h, dimanche 4 18h35
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El Presidente
Réalisé par Santiago MITRE
Argentine 2017 1h54mn VOSTF
avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Erica Rivas, Christian Slater, Elena Anaya, Alfredo Castro...
Dans le magnifique palais de la Casa Rosada à Buenos Aires, on pénètre à pas de velours, par la porte de service, en se faufilant derrière les employés de maison. Un univers feutré où chacun s’affaire dans les coulisses du pouvoir, rouage d'un mouvement perpétuel infernal à filer le tournis. L’on chuchote, l’on murmure… Si quelques-voix s’élèvent, c’est pour mieux entourer le nouveau Président de la République pris dans le tourbillon de cette ruche humaine – à moins que ce ne soit un véritable guêpier ? S’il n’est élu que depuis six mois, celui qui s’est forgé la réputation d’un homme du peuple « normal » pour mieux séduire n’en est pas moins un animal politique aguerri, à l’œil perçant et à l’intelligence acérée. Hernan Blanco (Ricardo Darin, impressionnant), sans avoir à élever la voix, en impose immédiatement. Ses silences retenus, ses sourires énigmatiques, son regard impénétrable font de lui un adversaire au charisme et au sang froid redoutables. Tout cela, les chefs d’états qu’il s’apprête à rencontrer ne le devinent pas encore... lire la suite
Cotignac : jeudi 1er 20h30
Affiche
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L'Intelligence des Arbres
Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Documentaire France 2016
Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres... lire la suite
Lorgues : lundi 5 19h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Lucky

 

 

Réalisé par John Carroll LYNCH
USA 2017 1h28mn VOSTF
avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skeritt, Beth Grant...
Scénario de Logan Sparks et Drago Sumonja

Une preuve de plus qu'un beau film peut se bâtir sur trois fois rien. Lucky, à partir de situations on ne peut plus ordinaires, traitées avec un flegme imperturbable, s'impose tranquillement comme une chronique aussi simple que bouleversante, aussi tendre que drôle sur la fin d'une vie. Il suffit, pour créer un univers et nous embarquer, d'un paysage : le désert californien, de quelques lieux : le bar vieillot et chaleureux, la maison précaire du héros, et surtout d'un acteur hors du commun : Harry Dean Stanton et ses plus de 90 ans au compteur au moment du tournage, son phrasé, sa démarche unique de cowboy sans cheval, ses expressions mi blasées mi ironiques.

Lucky vit donc quelque part au milieu de nulle part, à quelques encablures de Los Angeles mais très loin des fastes de la Cité des Anges, dans une bourgade de western qui pourrait voir passer Zorro et quelques mariachis égarés. Aujourd'hui à la retraite d'on ne sait quel passé professionnel, Lucky partage désormais sa vie entre les mots croisés, les jeux télévisés, et des haltes plus ou moins longues dans le snack et le bar local, où il a quotidiennement les mêmes rituels et où il retrouve les mêmes amis qui supportent paisiblement ses accès de mauvaise humeur. Le film est finalement, à l'heure où l'injonction est à la nouveauté, la flexibilité, l'aventure permanente sans lesquelles le modèle néo libéral décrète qu'on rate sa vie, un hommage à la petite routine quotidienne qui construit ce que nous sommes, avec son réseau d'amis fidèles, sa communauté que l'on respecte même si parfois on est fatigué de voir toujours les mêmes tronches, mais ces tronches sont là pour vous quand ça va mal ou quand, comme c'est le cas de Lucky, la fin est proche…
La réussite et le charme de Lucky tiennent donc avant tout à un acteur incroyable. Harry Dean Stanton a débuté sa carrière (ça donne le tournis) dans les années 1950, vous ne pouvez pas l'avoir oublié en héros du Paris Texas de Wenders, et vous l'avez sans aucun doute repéré dans trois films d'un homonyme du réalisateur de Lucky, un certain David Lynch : Sailor et Lula, Twin Peaks, fire walk with me et Une histoire vraie. David Lynch qui incarne d''ailleurs ici un vieil ami fantasque qui compte faire de sa tortue centenaire sa légataire… John Caroll Lynch a construit le rôle de Lucky pour Stanton, parce que l'acteur partageait selon lui avec le personnage la même soif de liberté, la même indépendance, et probablement le même caractère de cochon ! Stanton savait évidemment être arrivé à cette période de la vie où l'on peut estimer le temps qu'il vous reste en mois plutôt qu'en années et tout aussi évidemment le rendu est magnifique, en particulier dans quelques scènes : cette consultation au cours de laquelle le médecin local conseille à Lucky, en parfaite santé si ce n'est son grand âge, d'accepter sereinement sa finitude ; ou ce moment où Lucky confie à une infirmière sa peur de la mort…

Harry Dean Stanton est décédé quelques semaines après la présentation du film au Festival de Locarno. Son interprétation est le superbe testament d'un acteur trop peu utilisé pendants ses six décennies de carrière. Et le personnage de Lucky restera sans doute comme un des plus beaux derniers rôles de l'histoire du cinéma…


Soirée Entretoiles au CGR : Dimanche 4 février à 20h30

 


Marvin ou la belle éducation
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2017 1h53mn
avec Finnegan Oldfield, Gregory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée, Jules Porier, Catherine Mouchet, Charles Berling, Isabelle Huppert...
Scénario de Pierre Trividic et Anne Fontaine

Dans ce petit village des Vosges que la jeunesse fuit dès qu'elle a atteint l'âge de décider seule, dans cette famille de paysans bourrus et guère attentifs dont la vie ne fait pas rêver, Marvin semble, comme le vilain petit canard du conte, s'être trompé de couvée, résolument pas à sa place : joli comme un ange, trop aimable, trop tendre, il est une proie facile pour les balourds de sa classe qui lui imposent jour après jour harcèlements et plaisanteries douteuses d'ados frustrés et bas du front dans un contexte social qui ne pousse pas à la finesse. On dirait même que cette grâce presque féminine qui se dégage de ses moindres regards, ses moindres gestes, les excite, tout comme elle désole son père qui a un peu honte de ne pas avoir engendré un bon gros bagarreur primaire et buveur de bière, à l'image de ce qu'on attend d'un rejeton mâle dans ces coins-là, en ce temps-là.

Avec le recul, pourtant, quand Marvin raconte son histoire, on ne lui sent pas vraiment de rejet ni de haine pour un passé qui le marque pourtant d'une souffrance qui entrave sa vie, l'empêche d'exister : c'est que rien n'est si simple et, malgré tout, sous l'air bourru du père, les coups de gueule et les mots maladroits d'une famille à la vie précaire trop coincée dans une pauvreté qui ne peut qu'engendrer une vision sommaire et réactionnaire du monde, il y a quelque chose qui ressemble à de l'amour.
Le jour où la nouvelle principale déboule dans son collège, elle repère vite que ce garçon délicat et solitaire a du goût pour les lettres et l'horizon de Marvin va s'ouvrir : il suffit qu'elle lui demande de jouer quelque chose de sa vie dans un petit cours de théâtre pour qu'un déclic se produise et que le jeune garçon commence à sortir de l'enlisement qui semblait fatal… Labiche, Victor Hugo, son plaisir pour les mots, leur subtilité libératrice vont le faire choisir pour une classe théâtre, puis il y aura d'autres rencontres, surtout celle avec Abel, metteur en scène grâce à qui il va pouvoir nommer ce qui l'oppresse et franchir une étape de plus… Abel dont l'histoire ressemble à la sienne, et qui a su « faire quelque chose de sa différence », en tirer le meilleur, humain, bienveillant et attentif pour les autres.
Ce qui est formidable dans le film et qu'Anne Fontaine utilise à merveille, c'est sa construction qui nous fait tanguer entre le passé et le présent de Marvin, nous fait ressentir très fort le processus de son évolution, d'autant que le spectacle qu'il sortira de son histoire va devenir comme une forme de dialogue entre l'enfant qu'il était et l'adulte qu'il est en train de devenir. Dans ce spectacle, il joue sa vie, interprétant tous les personnages, dans un dialogue avec son père, avec sa mère, avec lui-même jusqu'à ce qu'il parvienne à une forme de catharsis, de réconciliation avec lui-même, assumant ses désirs, ses amours, sa différence…

Le film ne serait pas aussi attachant si les acteurs n'étaient tous exceptionnels : Grégory Gadebois qui arrive à donner de la subtilité et de la tendresse au personnage du père brutal et gras du bide au point de nous le faire aimer, les deux Marvin, le grand, comme le petit sont en parfaite cohérence… Catherine Mouchet, dans le rôle de la principale, tout comme Vincent Macaigne dans celui d'Abel font exister leurs personnages avec une foultitude de nuances… Et Charles Berling en pygmalion charismatique, et Isabelle Huppert qui joue ici son propre rôle avec beaucoup d'élégance et d'humanité : tous contribuent à faire en sorte que le film soit une sorte d'ode à l'éducation et à la culture qui nous entrainent au-delà de nous-même, nous aident à nous aimer et à grandir. (Utopia)


Ciné-club CGR : mercredi 31 19h50, jeudi 1er 13h30, vendredi 2 15h45, samedi 3 17h50, lundi 5 11h

 Menina

Réalisé par Cristina PINHEIRO
France 2017 1h37mn
avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda, Thomas Brazete, Sarah-Lou Verlhac, Camille Constantin...
Scénario Cristina Pinheiro, Laura Piani et Ghislain Cravatte

Voilà un film qui réconciliera toutes les générations tout en ne prenant pas les enfants pour des quiches à coups de clichés un peu trop guimauves. Menina parle de sujet graves (le racisme, la maladie, les difficultés familiales) à regard et hauteur d'enfant, avec légèreté et humour. La très jolie première scène est assez emblématique : nous sommes au printemps 1979, au bord de la Méditerranée, dans la commune populaire de Port Saint Louis du Rhône, au cœur d'une famille d'origine portugaise, alors que depuis la fin des années 60, la misère au pays et la dictature de Salazar ont conduit des milliers de Portugais à chercher refuge et travail en France. Cette année-là, la communauté portugaise fête les 4 ans de la Révolution des œillets qui a déposé le dictateur. On boit en chantant des chansons révolutionnaires, on laisse s'exprimer la nostalgie du pays (la fameuse saudade)… Mais pour les enfants, majoritairement nés en France, et notamment pour Luisa, 10 ans, c'est juste une fête au bord de la mer, dans ce cadre à la fois chiche et idyllique fait de cabanons exigus posés au bord de l'eau. Luisa vit entre son père Joao qui travaille beaucoup et boit presque autant, cachant peut être quelque secret, et sa mère Leonor qui tient avec fermeté et parfois dureté la maison. Et puis il y a Pedro le fils déjà adulte, qui veut profiter de la vie en France et se trouve souvent en conflit avec le père.

Menina (la fille en portugais) est largement autobiographique et raconte avec tendresse, drôlerie et poésie, la complexe construction de l'identité d'une petite fille qui a parfois honte de ses parents trop portugais et qui se demande sans cesse si elle doit choisir entre ses deux cultures, dans un pays où les Portugais, même s'ils ont été reçus à bras ouverts, sont parfois victimes de petites vexations racistes. Cristina Pinheiro, réalisatrice autrefois actrice, qui connaît bien le sujet pour l'avoir vécu, observe avec compréhension les deux parents torturés par leurs contradictions, notamment le père, magnifiquement incarné par Nuno Lopes, ancien militant incompris, ouvrier qui s'est tué probablement à la tâche et qui aujourd'hui cache sa maladie et noie surtout son terrible mal du pays dans l'alcool. On retiendra cette scène magnifique dans laquelle, ivre mort, il retourne la maison pour retrouver son passeport dans l'idée de rentrer immédiatement au Portugal. Face à lui, Beatriz Batarda (actrice pour le grand Manœl de Oliveira) incarne superbement la dureté et la fierté des femmes qui ont tenu à bout de bras le foyer familial pour maintenir coûte que coûte la réputation. Bien sûr Menina bouleversera tous les spectateurs d'origine portugaise quel que soit leur âge, qui y verront leur propre destin ou celui de leurs parents ou grands-parents. Mais il touchera aussi toutes celles et ceux dont les familles se sont battues envers et contre tout pour trouver leur voie, parfois difficilement, dans la France d'aujourd'hui. Il y a des accents loachiens ou dignes de Robert Guédiguian dans cette chronique de Cristina Pinheiro.


Soirée CGR "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février 20h30

I Am Not a Witch
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Rungano NYONI
Zambie 2017 1h34mn VOSTF
avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...

Depuis le Haut Moyen Âge jusqu’au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu’elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd’hui mais loin d’ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l’on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d’y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable…
Shula, neuf ans, est victime des accusations des villageois qui la croient sorcière. Dans une première scène presque cocasse, la plainte est enregistrée bon gré mal gré par une policière dubitative, devant une Shula mutique, malgré les témoignages peu crédibles d’accusateurs improbables. Un choix ubuesque est proposé à la petite fille : soit elle reconnaît qu’elle est bien la collègue des Carabosse et autres Morgane, soit elle sera transformée en chèvre pour finir probablement en méchoui ! Shula préfère évidemment la première solution et rejoint donc un camp de sorcières, endroit étonnant où sont rassemblées des femmes, toutes reliées par un immense ruban de plusieurs centaines de mètres de long, accrochées à de grandes bobines juchées sur un camion. Tout ça pour le plaisir des touristes occidentaux, friands de prétendue sauvagerie africaine, comme aux bon vieux temps des colonies.

La jeune réalisatrice Rungano Nyoni (zambienne de naissance et galloise d’adoption) évoque avec un talent fou, mariant émotion et burlesque pince-sans-rire, l’absurdité des pratiques de ses concitoyens. Aussi ridicule que la croyance dans la sorcellerie de Shula, Rungano Nyoni pointe du doigt la duplicité des puissants, à travers un personnage pathétique et odieux de fonctionnaire qui monnaie la gamine, exhibée sur des plateaux télé où l’homme prétend lui faire vendre des œufs magiques. Ce personnage stigmatise à lui tout seul les maux du pays : le rapport étrange au pouvoir coutumier, alors même que le fonctionnaire représente l’État, l’obsession matérialiste incarnée par sa femme qui affectionne le luxe et les perruques blondes. Mais la réalisatrice brille aussi par l’invention de sa mise en scène, avec notamment ces très beaux plans des femmes attachées à leur ruban interminable, reliées vers le ciel à leur bobine. Et l’on voit aussi la belle et grande solidarité des femmes enfermées, unies par leur mise à l’écart de la communauté des hommes.
Il est amusant de savoir qu’une des principales influences du film est la fable de la chèvre de Monsieur Seguin, ce pauvre animal qui voulait briser son licol… L’autre influence revendiquée par la réalisatrice est Michael Haneke, et on pense en effet au Ruban blanc , l’un de ses plus grands films. On notera aussi l’utilisation inattendue de la musique jazz et classique, qui rend plusieurs scènes fascinantes. Et on ne peut pas conclure sans souligner la performance incroyable de la petite Margaret Mulubwa, repérée par hasard et grâce à son visage étrange dans la campagne profonde, très loin de la capitale, qui incarne avec une force extraordinaire cette gamine passant de l’apathie à la plus courageuse détermination. (Utopia)

Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février à 18h, suivi de l'apéritif Entretoiles
Salernes : mercredi 31 à 20h30, vendredi 2 et mardi 6 à 18h, dimanche 4 à 16h

Pentagon Papers
Pentagon Papers : Photo Meryl StreepRéalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer

Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue. Et comme en l'occurence il n'y a pas de hasard, l'un des scénaristes de Pentagon papers, Josh Singer, a également co-écrit Spotlight avec le réalisateur Tom McCarthy !

Les « Pentagon papers » (Papiers du Pentagone), c'est l'équivalent seventies de Wikileaks et autres Panama ou Paradise Papers actuels, et le précurseur du Watergate qui allait exploser trois ans plus tard : un des scoops les plus fondamentaux du journalisme américain, la publication en 1971, d'abord par le New York Times et ensuite par le Washington Post, de documents classés « secret défense » – exfiltrés par Daniel Ellsberg, expert militaire et lanceur d'alerte avant la lettre, qualifié à l'époque d'« homme le plus dangereux d'Amérique » par le sinistre Henry Kissinger – qui détaillaient les relations entre les Etats-Unis et le Vietnam de 1945 à 1967 et qui démontraient clairement que les hauts dirigeants américains, et plus spécifiquement les présidents Johnson et Nixon, savaient que la guerre du Vietnam, délibérément étendue et intensifiée, était un bourbier tragiquement ingagnable et avaient sciemment menti au Congrès et au public sur l’avancement de cette guerre.
La publication de ces documents entraîna une féroce réaction du gouvernement américain qui chercha par tous les moyens à museler les journalistes, ces « fils de putes » comme n'hésitait pas à les désigner Richard Nixon. Devant le refus d'obtempérer du New York Times et du Washington Post, l'affaire remonta jusqu'à la Cour Suprême qui donna timidement raison aux artisans d'une presse libre.

Autre aspect essentiel du film, il se trouve que le Washington Post était à l'époque dirigé par Katharine Graham (Mery Streep), la toute première femme à occuper le poste de directrice de la publication d'un grand journal américain. On imagine sans peine à quel point sa position était délicate et le niveau de courage dont elle a dû faire preuve pour faire face à la situation. Le duo explosif qu'elle forme avec Ben Bradlee, son rédacteur en chef (Tom Hanks, qui reprend donc le rôle joué par Jason Robards dans Les Hommes du président) est un des atouts du récit. (Utopia)


CGR : mercredi 31, jeudi 1er, vendredi 2, samedi 3, lundi 5 et mardi 6 à 10h45, 14h, 16h20, 19h50 et 22h20, dimanche 4 à 10h45, 14h, 16h20 en VF seulement
Cotignac : dimanche 4 18h

Les heures sombres
Les heures sombres : Photo Gary OldmanRéalisé par Joe WRIGHT
GB 2017 2h05mn
avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Stephen Dillane, Lily James, Ben Mendelsohn, Ronald Pickup, Samuel West...
Scénario d'Anthony McCarten

Il est de tradition à Utopia que l'on vous déniche pour l'an nouveau un film qui trouve joliment à s'incarner dans cette période de fête. C'est chose faite en cet an de grâce 2018 avec ces Heures sombres, qui malgré les moments terribles qu'elles évoquent, sont curieusement dignes d'un véritable conte de Noël.
On reste en effet confondu de bonheur devant une histoire qui aurait pu être mise en scène par Frank Capra lui-même, dont on se souvient du merveilleux La Vie est belle. Et pourtant, classer au rayon des contes de fées ce récit qui se déroula sur deux ou trois semaines en Mai 1940 pourrait passer pour une très mauvaise blague, tant elles furent marquées par le bruit et la fureur, mais aussi par la personnalité d'un homme qui tenait plus, selon la légende, d'un bouledogue que d'un aimable gentleman. D'ailleurs Lady Litton, une bonne copine libérale et féministe avec qui, hier encore, je prenais le thé au château de Downtown Abbey, m'avouait que lorsqu'elle avait rencontré Winston pour la première fois, elle avait vu d'emblée tous ses défauts, avant de passer le reste de sa vie à admirer ses qualités et son humour.

Vous l'avez deviné, chères spectatrices, ce Winston dont cause notre lady est ce Churchill qui encombra nos livres d'histoire au delà du raisonnable mais qui, dans ces heures sombres, se contente d'un petit tour à l'écran et puis s'en va, à l'issue de quelques jours qui suivirent sa nomination comme premier ministre en Mai 1940. Un petit tour, mais quel petit tour ! Qui le vit alors prendre en main, seul contre tous, un pouvoir dont personne ne voulait plus, après l'impayable parcours politique d'un Chamberlain partisan obstiné d'une politique d'apaisement avec Hitler qui l'avait conduit à signer les désastreux accords de Munich. On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de notre homme Winston qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux.
Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour.

Comment notre homme Winston réussit-il à sauver l'armée britannique coincée à Dunkerque, comment le parlement finit-il par capituler devant la furia churchillienne ? La réponse est sans doute dans cette phrase : « On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule » et sans doute aussi dans cette curieuse anecdote rapportée par De Gaulle dans ses Mémoires de Guerre et qui scella entre deux stations de métro londonien le destin d'un Hitler jusque là victorieux. Tout cela est montré dans ce film passionnant et exaltant, remarquablement écrit et mené, et interprété au-delà de tous les qualificatifs par un Gary Oldman époustouflant. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31  en VF 15h50, jeudi 1er en VO et dimanche 4 en VF  18h, vendredi 2 en VO 20h45, mardi 6 en VO 20h30

Fortunata
Fortunata : Photo Jasmine Trinca, Nicole CentanniRéalisé par Sergio CASTELLITO
Italie 2017 1h43mn VOSTF
avec Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Alessandro Borghi, Hanna Schygulla...
Scénario de Margaret Mazzantini

Télérama titrait au moment du Festival de Cannes : « Fortunata, portrait solaire d’une Antigone moderne »… On approuve : Jasmine Trinca dans le rôle titre crève l’écran, littéralement lumineuse, un tourbillon de vie et de sensualité. Elle porte le film, à la manière de son personnage, Fortunata, qui porte son entourage sur ses jolies épaules tout en vacillant parfois sur ses talons hauts qui ripent sur les pavés de Rome, ceux du quartier de Torpignattara dans lequel Pasolini tourna jadis Mamma Roma…

La première scène, dont on vous laisse la surprise, donne allègrement le ton, par un décalage spatiotemporel délicieux, une chorégraphie que Beethoven aurait peiné à imaginer à son époque. Ne sortez pas de la salle, cela se passe bien en Italie ! Puis on découvre Fortunata, pressée, toujours pressée, parce qu’elle se démène, qu’elle doit survivre. On devine d’emblée que les seuls nantis qu’elle croise sont ceux qu’elle coiffe à domicile. Son métier semble avoir déteint sur elle, en la croisant dans la rue sans la connaître, on pourrait deviner qu’elle est coiffeuse. Ses cheveux un brin trop décolorés, ses robes cheap aux décolletés provocants. Tout dans son allure, malgré ses efforts pour paraître classe, révèle une appartenance à la grande famille des prolétaires… N’empêche, plus que n’importe quelle bourgeoise bien apprêtée, elle a du chien ! C’est d’une évidence criante. Elle est de celles que les hommes convoitent. D’ailleurs on comprend que pour dompter la belle l’un d’eux se soit empressé de l’engrosser, alors qu’elle découvrait à peine sa féminité, l’appel de ses désirs… Huit ans plus tard, le feu des sens éteint, la voilà flanquée d’un mari pas encore ex, un macho râblé comme tout dont elle ne parvient pas à se débarrasser, et d’une gosse espiègle et adorable, Barbara. Pour elle, elle donnerait tout. Elle déborde tellement d’amour qu’elle ne connaît plus les limites, la dorlote, la couve, lui permet de prendre un espace dans sa vie qui leur laisse à peine la possibilité d’exister, de respirer l’une sans l’autre. Elle sait si peu ce qu’est être mère, ni ne connaît les recettes pour le devenir.

Fortunata, loin d’avoir goûté à la fortune annoncée par son prénom, est une gamine qui a grandi trop vite, comme elle a pu, telle une jolie fleur sur le bitume aride. Et pour mieux s’en sortir, notre pétulante capillicultrice entreprend, avec son ami tatoueur déjanté, de monter un salon de coiffure… Pleine de courage et de gnaque, la voilà qui court de plus belle, d’immeuble en immeuble, de porte en porte, pour gagner l’argent nécessaire, tâchant de laisser Barbara entre de bonnes mains, essayant de lui faire comprendre que si elle galope si vite, c’est pour justement pouvoir se poser, être plus présente à l’avenir. Mais à huit ans, l’avenir est un mot bien lointain et Barbara ne voit que ce présent contrariant marqué par l’absence : celle de sa mère qui travaille trop, celle de son père qui oublie ses temps de garde… Alors, bouillonnante de colère, elle sème la zizanie, tant et si bien qu’à l’école on exige qu’elle consulte un psy… Voilà Fortunata en train de cavaler encore plus pour honorer ces nouveaux rendez-vous, bien décidée à ne pas se laisser impressionner par le praticien qui peut en un clin d’œil faire basculer sa vie et celle de sa mioche, même si, ma foi, il est bel homme…

C’est un film foutraque, débordant d’énergie, d’ironie, peuplé d’une galerie de personnages épiques, un véritable patchwork humain improbable. Aux Romains de souche se mêlent des ribambelles de Chinois, quelques bonnes sœurs, une Allemande théâtrale en train de perdre la boule (l’occasion si rare de revoir Hanna Schygulla à l’écran)… et j’en passe. Mais d’où qu’on vienne, dans ce quartier-là on s’accepte mutuellement et on avance la tête haute… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 16h05, jeudi 1er 20h30, vendredi 2 15h50, samedi 3 16h15, lundi 5 13h45


Un homme intègre
Écrit et réalisé par Mohamed RASOULOF
Iran 2017 1h57mn VOSTF
avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi, Missagh Zareh...
Festival de Cannes 2017 : Grand Prix Un certain regard

Les mollahs à la triste figure voudraient sans doute nous faire oublier à quel point l’Iran est un grand pays de libre-penseurs, d’artistes aussi audacieux que talentueux. Et c'est particulièrement vrai pour ses cinéastes, qu'on admire d'autant plus qu'ils savent ce qu'ils risquent en bravant la censure. Si vous avez pu ignorer un ou deux films récemment, il faut d'urgence voir ce magistral Un homme intègre et signer la pétition en ligne sur change.org afin de soutenir son réalisateur Mohamed Rasoulof qui risque six ans de prison dans son pays et vient de se voir confisquer son passeport. Il vous sautera aux yeux que ce thriller tendu, de haute tenue, est une œuvre éminemment politique, qui offre une une analyse terriblement lucide et décapante des dessous d’une société où il n’existe guère d’autre alternative que d’être oppresseur ou opprimé, corrupteur ou corrompu.

Reza, l'homme intègre du titre, est à la tête d'un petit élevage de poissons rouges – lesquels font partie intégrante de la tradition de Norouz, le nouvel an iranien. Reza a quitté Téhéran pour s'installer à la campagne et il compte sur son élevage pour se refaire un avenir. Sous l’apparence paisible de la jolie bicoque familiale perdue entre deux étendues d’eau, se trame un drame, et la petite ferme piscicole parait bien fragile, tout comme la vie, sous les couleurs mordorées de l’hiver interminable. Tous, à l’image de la nature endormie, semblent attendre un renouveau qui tarde à venir.
Son regard ténébreux, son allure obstinée, chaque fibre, chaque geste de Reza témoignent qu’il est un homme qui bout intérieurement, habité par une juste colère. Plus chêne que roseau, il fait partie de ces êtres qui ne plient pas, qui ne cèdent à aucune compromission. Même pour obtenir un report d'échéance pourtant salvateur, il ne peut se résoudre à verser un pot-de-vin à son banquier, selon une pratique communément admise. « Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul ! »… Reza a le panache qui sied aux vrais héros, aux justes… Mais à quoi cela sert-il dans un pays où règne la loi du plus fort et la corruption à tous les étages ? Il serait seul contre tous sans la présence complice et les conseils avisés d’Hadis, son épouse, une belle femme à l’intelligence brillante : elle est directrice d'un lycée. Mais aussi admirable soient-elles, les convictions de Reza ne suffisent plus. Se débattre dans un milieu hostile, dont on n’est pas issu, nécessite plus que de la vaillance et de la grandeur d’âme et ses efforts acharnés, son travail opiniâtre, risquent bien d'être anéantis par les magouilles scélérates d’une compagnie de distribution d'eau prête à tout pour l’exproprier. Reza se trouve pris dans un véritable cauchemar éveillé. À l'instar de son entourage découragé, on se dit qu'à sa place, dans une situation à ce point inextricable, David lui-même aurait pu sans déchoir renoncer à combattre une armée entière de Goliath déloyaux ! Reza va-t-il apprendre la résignation ?

Le récit de cet affrontement implacable est ponctué de moments de douceur et de grâce indicibles… Comme ceux où Reza vient se réfugier dans un havre secret au creux des collines, une grotte placentaire aux eaux opalines. Il se love dans cette matrice tiède, se laissant griser loin des affres du monde par un vin de pastèque fabriqué en cachette. Petite gorgée de bonheur nécessaire pour continuer de croire à cette humanité qui lui est chère, se ressourcer et repartir inlassablement au combat. On est tenus en haleine jusqu’au dénouement, très fort, d'une férocité ravageuse…
On se doute que le personnage de Reza est un reflet de Mohamed Rasoulof, le réalisateur qui vit constamment aux aguets, dans la peur des représailles. « J’étais prêt à être arrêté et emprisonné… Finalement, le bureau de la censure m’a juste demandé de faire un film optimiste. Je crois, dit-il avec malice, que c’est le cas, non  ? » (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 18h10, samedi 3 20h45, lundi 5 18h, mardi 6 13h45

L'Insulte

Réalisé par Ziad DOUEIRI
Liban 2017 1h52mn VOSTF
avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek, Christine Choueiri, Camille Salameh, Dimand Bou Addoud...
Scénario de Ziad Doueiri et Joelle Touma. Festival de Venise 2017 : Coupe Volpi du meilleur acteur pour Kamel El Basha

Voilà un film d'une intelligence rare, porté par des acteurs remarquables (le prix de Kamel El Basha à Venise n'a pas été volé), qui nous donne des nouvelles d'un pays dont toute l'histoire a été marquée par la violence et la guerre civile, et qui évoque la difficile mais toujours possible réconciliation d'humains aux histoires antagonistes.
Et comme souvent dans les films réussis, la grande Histoire se nourrit des petites histoires, celles qu'on pourrait au premier abord juger anecdotiques, voire insignifiantes. Nous sommes à Beyrouth Est, dans le quartier chrétien – malgré la fin de la guerre dans les années 1990, la géographie de la ville est encore marquée par la juxtaposition des communautés. C'est là que vit et travaille Toni, garagiste de son état, membres des Forces Libanaises, parti chrétien nostalgique du président assassiné Bachar Gemayel, et futur jeune père quadragénaire.

Tout bascule bêtement quand des travaux sont réalisés dans la rue. Yasser, chef de chantier palestinien, veut mettre en conformité les canalisations et couper ce bout de tuyau qui fait dégouliner l'eau du balcon de Toni jusque dans la rue. Opposition énervée du garagiste soupe-au-lait, insulte de Yasser quand Toni brise le raccordement effectué, refus de présenter des excuses… L'engrenage est lancé. Et ce qui, en d'autres contrées à l'histoire moins pesante, se serait arrêté à une banale dispute de voisinage va faire remonter les horreurs du passés (le massacre de Sabra et Chatila par les phalanges chrétiennes alliées d'Israël, les exactions des militants pro-syriens contre des villages chrétiens…) et provoquer bagarres de rues entre belligérants des deux communautés avant de finir devant les tribunaux… et même bien plus haut !
L'Insulte est le premier « film de procès » de l'histoire du cinéma libanais et c'est très important. Ziad Doueiri, citoyen d'un pays où tout s'est le plus souvent réglé par la violence et les jeux de pouvoir, lui même fils d'avocat, a souhaité montrer que le recours à la justice organisée pouvait aussi amener ceux que l'on croyait irréconciliables à aller l'un vers l'autre, à enfin accepter et exorciser le poids du passé. Car derrière le petit conflit, les insultes, les coups, les préjugés que chacun des protagonistes nourrit envers l'autre, il y a des blessures enfouies et tues parce que la fin de la guerre et l'amnistie générale – qui s'est confondue dans le cas du Liban avec l'amnésie générale – n'ont permis à aucune des communautés de formuler ses souffrances. Et on comprend que le combat de chacun est avant tout un combat pour la dignité. Ce que raconte magnifiquement le film, c'est que seule l'intermission de la justice peut apaiser ces souffrances, justice magnifiquement incarnée ici par le duo d'avocats : l'accusé et le plaignant sont défendus par le père et sa fille, opposés devant le tribunal, transcendant ainsi les guerres communautaires.

Il faut savoir que Ziad Doueiri est issu d'une famille sunnite qui paya de son sang le soutien aux Palestiniens alors que sa co-scénariste Joelle Touma vient elle d'une famille phalangiste chrétienne. Cette magnifique ode à la paix et à la compréhension s'est pourtant trouvée confrontée à la brutalité du réel puisque, de retour au Liban après le Festival de Venise en Septembre dernier, Ziad Doueiri a été brièvement arrêté pour collusion avec l'ennemi (traduire Israël) parce que cinq ans auparavant, il s'était rendu en Israël sans autorisation pour son précédent et remarquable film L'Attentat. Comme quoi au Liban il y a encore du boulot, mais Ziad Doueiri y contribue remarquablement !(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er et lundi 5 à 13h45, 18h15 et 20h30, vendredi 2 et dimanche 4 à 13h45, 16h05 et 20h45, samedi 3 à 13h45, 18h15 et 20h15, mardi 6 à 15h55, 18h15 et 20h30


Marie Curie
Résultat de recherche d'images pour "allocine marie curie"Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll

Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité.

Marie Curie retrace six années qui furent décisives dans la vie de la chercheuse. Six années intenses durant lesquelles elle traversa le petit monde étriqué, machiste et parfois parfaitement réactionnaire de la recherche scientifique française, elle qui cumulait bien des handicaps : femme, étrangère, supérieurement intelligente et déterminée comme une diablesse. Elle se souciait par ailleurs assez peu des conventions et du qu’en-dira-t-on mais elle sut fédérer quelques grands esprits masculins qui furent ses plus fervents alliés.
Le film commence dans l’atelier où Pierre et Marie Curie passent une bonne partie de leur existence : une vie commune animée par la même passion enflammée pour la recherche dont on sent bien qu’elle se nourrit autant de l’intelligence aiguisée de ces deux cerveaux exceptionnels que de l’admiration et du respect mutuels qu’ils se portent.
L’atelier ressemble autant à une salle de cours (le tableau noir et ses équations, les manuscrits) qu’à l’antre de deux apprentis sorciers : chaudrons, épuisettes, minerais en tous genres. Leurs études sur la radioactivité leur valent le prix Nobel de Physique en 1904, prix pour lequel Pierre exige que le prénom de sa femme soit cité conjointement au sien. Mais Pierre Curie meurt brutalement, d’un accident absurde comme le sort en réserve parfois aux êtres exceptionnels (Jean-Baptiste Lully n’est il pas mort de s’être brutalement frappé le pied en battant la mesure avec son bâton ?), et Marie se retrouve démunie, la vie au laboratoire sans le professeur Curie n’ayant ni la même saveur, ni le même sens. Elle a perdu bien plus qu’un être aimé : son mentor, son alter ego, et sans doute son plus fervent défenseur face à une Académie des Sciences exclusivement masculine et peu ouverte au changement.
Marie fait face, redouble d’efforts et de persévérance dans ses recherches ; elle devient la première femme professeur à la Sorbonne, reprenant la chaire de son mari, et va bientôt recevoir son deuxième prix Nobel en 1911, de chimie cette fois, pour la découverte du plutonium et du polonium, et ce en dépit du scandale lié à sa liaison avec le physicien Paul Langevin, un homme marié. Elle continuera inlassablement ses travaux, faisant fi des ragots, fidèle à l’esprit de curiosité qui anima ses premières années d’études, s’inspirant d’une vision résolument moderne de la recherche, tournée vers l’homme et le progrès. Elle croisera la route des plus grands, Albert Einstein et tant d’autres, et inspira bien des jeunes filles pour lesquelles elle fut un modèle d’émancipation.

C’est un biopic qui ne vous réconciliera sans doute pas avec le tableau de Mendeleïev ni avec les concepts de la physique moléculaire si vous n’y compreniez déjà rien au lycée, mais qui vous laissera un beau et grand sentiment d’admiration face à cette étrangère accueillie en France pour étudier et qui donna tant en retour… (Utopia)


Le Vox (Fréjus): mercredi 31 et mardi 6 13h45, jeudi 1er 15h50 et 18h15, vendredi 2 16h, samedi 3 16h, 18h30, dimanche 4 13h45 et 15h50, lundi 5 15h et 20h30

L'Échappée belle

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenRéalisé par Paolo VIRZI
USA/Italie 2017 1h52mn VOSTF
avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay, Janel Moloney, Dana Ivey, Dick Gregory...
Scénario de Francesca Archibugi, Francesco Piccolo, Stephen Amidon, Paolo Virzi, d'après le roman de Michael Zadoorian Le Cherche-bonheur

The Leisure seeker, titre que l’on pourrait traduire par « le cherche-bonheur », c’est le nom du camping-car d’Ella et John Spencer, qu’ils ont acheté, on l’imagine, au tout début de leur histoire commune, quand la famille s’écrivait : jeune couple avec deux enfants. Ce camping-car, c’était bien plus qu’un simple moyen de locomotion pour transporter la petite tribu le temps des vacances. C’était la promesse du bon temps, des petits moments de bonheur partagés, ces choses futiles qui riment à trois fois rien quand on les vit dans l’instant et qui reviennent en force, trésors chargés d'émotion, une fois que le temps a fait son boulot. Ce camping-car, John, en bon universitaire curieux, aimait qu’il les emmène vers les paysages tout neufs et les rencontres impromptues tandis que Jane, plus casanière, l’adorait surtout quand il la ramenait vers les endroits familiers où elle prenait plaisir à renouer avec ses habitudes. Ainsi vont les familles heureuses où chacun a son mot à dire, où l’on s’agace un peu des mauvais caractères ou des volontés définitives mais où tout le monde trouve finalement sa place et ses plaisirs.
Et puis les années ont passé, les enfants en ont fait à leur tour et tout le monde a pris un gros coup de vieux. Le camping-car jadis dernier cri est maintenant totalement vintage et Ella et John ont désormais une grande partie de leur vie derrière eux.
On comprend très vite la situation et que l’heure de faire les bagages a sonné…

Quoique… Après tout… Pourquoi pas… À quoi bon finalement se soumettre à la volonté de ceux qui ont décidé à leur place ? Et s'il était là, l’ultime pied de nez à la grande faucheuse et ses sbires : prendre la route, coûte que coûte et quoiqu’il en coûte du confort, de la sécurité, de la bien pensance, des usages ? Partir loin des emmerdes, loin des enfants qui vous maternent, loin des médecins, loin des lieux clos et des télévisions toujours allumées.
À bord de leur « Leisure Seeker » à peine plus vaillant qu’eux, Ella et John vont renouer avec l’aventure, les rencontres et les soirées diapos qui, bien mieux que tous les médicaments, raniment dans les cœurs la mémoire défaillante. Une chose en tout cas ne s’est pas fait la malle, c’est l’amour qu’ils se portent, mélange de tendresse, celle d’une vie toute entière à s’aimer, et de passion, celle qui enflamma leur rencontre. Sous le signe des mots d’Ernest Hemingway, vénéré et sans secrets pour John, ils reprennent leur route commune, main dans la main.
Il y a bien sûr beaucoup de nostalgie dans ce film-là… Un bien drôle de sentiment, la nostalgie : mal vicieux de la mémoire qui délivre dans une même prescription la douleur de la perte et le baume du souvenir. Ce serait mentir de dire que L'Échappée belle est une folle épopée vers la lumière, que c’est un film drôle et léger. Pourtant de la drôlerie il y en beaucoup et de la légèreté aussi, sans doute parce que le film fait le choix d’un récit doux-amer fait de contrastes et de nuances, mais surtout parce qu’il est porté par deux magnifiques comédiens dont notre mémoire de spectateur a forcément aussi en tête des formidables souvenir de cinéma. (Utopia)


Le Luc : jeudi 2 18h et samedi 3 15h

Normandie Nue

Normandie Nue : Photo Philippe RebbotRéalisé par Philippe Le Guay
France 2018 1h45mn
avec François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison, Grégory Gadebois, Philippe Rebbot, Patrick d'Assumçao...
Scénario de Victoria Bedos, Olivier Dazat et Philippe Le Guay

Nous sommes en Normandie… Enfin pour moi qui écris ce texte, la Normandie c’est plutôt du côté de Rouen… ou de Cherbourg, alors le Mêle-sur-Sarthe, ça me semble vraiment un peu trop au Sud pour être normand… Mais bon, administrativement c’est situé dans l’Orne, en Normandie donc, même si la « frontière » avec la Sarthe n’est qu’à un jet de pierre… Et surtout, au Mêle-sur-Sarthe, il y a plus de vaches que d’habitants, ce qui est finalement la caractéristique essentielle de tout bon village normand et, ici comme ailleurs, les éleveurs sont touchés par la crise.

Après un énième barrage sur la Nationale 12 où les éleveurs n’ont pas été plus entendus que d’habitude, la colère gronde. Le ras-le-bol est là et chacun y va de sa proposition d’action  : verser du purin devant la Préfecture, séquestrer le directeur de l’Intermarché, monter à Paris et manifester sur les Champs Elysées… Mais Georges Balbuzard (dit Balbu), le maire du village, le sait, tout ça a déjà été fait et ne sert plus à rien… Ce qu’il faut c’est du nouveau, un truc fort qui marquerait les esprits.
Le hasard veut que Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, ait été piégé dans le barrage de la N12. En voulant faire un détour pour contourner l’embouteillage et regagner Paris au plus vite où il devait prendre l’avion, il s’est perdu dans la campagne et a pris quelques photos de prés verdoyants. Lui qui était en panne d’inspiration réalise en regardant ces quelques clichés qu’il a enfin trouvé LE lieu. Celui qu’il a cherché partout en venant en France. Et ce lieu, c’est le champ Cholet au Mêle sur Sarthe ! Et pour sa photo, il a besoin de 200 Normands tout nus ! Balbuzard y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun Normand n’est d’accord pour se mettre à nu…

On aime plutôt bien le cinéma de Philippe Le Guay, réalisateur discret mais attachant (Floride, Alceste à bicyclette, Les femmes du 6e étage…) qui n’hésite pas à parler de notre pays tel qu’il va plus ou moins bien. Ici point de miracle, la crise des éleveurs ne sera pas résolue (ça se saurait), mais nos Normands vont redécouvrir le bonheur de faire un bout de chemin ensemble… et c’est déjà pas si mal ! (Utopia)


Lorgues : mercredi 31 14h30, vendredi 2 20h55, samedi 3 17h45, dimanche 4 18h, lundi 5 16h30
Salernes : samedi 3 et mardi 6 20h30, lundi 5 18h
Le Luc : mercredi 31 18h, samedi 3 21h, dimanche 4 18h35

El Presidente

El Presidente : Photo Ricardo DarínRéalisé par Santiago MITRE
Argentine 2017 1h54mn VOSTF
avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Erica Rivas, Christian Slater, Elena Anaya, Alfredo Castro...

Dans le magnifique palais de la Casa Rosada à Buenos Aires, on pénètre à pas de velours, par la porte de service, en se faufilant derrière les employés de maison. Un univers feutré où chacun s’affaire dans les coulisses du pouvoir, rouage d'un mouvement perpétuel infernal à filer le tournis. L’on chuchote, l’on murmure… Si quelques-voix s’élèvent, c’est pour mieux entourer le nouveau Président de la République pris dans le tourbillon de cette ruche humaine – à moins que ce ne soit un véritable guêpier ? S’il n’est élu que depuis six mois, celui qui s’est forgé la réputation d’un homme du peuple « normal » pour mieux séduire n’en est pas moins un animal politique aguerri, à l’œil perçant et à l’intelligence acérée. Hernan Blanco (Ricardo Darin, impressionnant), sans avoir à élever la voix, en impose immédiatement. Ses silences retenus, ses sourires énigmatiques, son regard impénétrable font de lui un adversaire au charisme et au sang froid redoutables. Tout cela, les chefs d’états qu’il s’apprête à rencontrer ne le devinent pas encore. Ils ne connaissent de ce nouvel arrivant sur l’échiquier international que les dires des journaleux qui le présentent comme un pion bien inoffensif. Entre nous, voilà une réputation bien pratique pour qui veut protéger sa part de mystère, ses points faibles, son intimité. Mais est-ce encore possible parvenu à ce niveau-là ? Comment camoufler indéfiniment aux yeux du monde une vie familiale bancale, une fille adorée mais ingérable (Marina), un gendre corrompu et par là même encombrant ? Malgré ses efforts pour être irréprochable, force est de constater que notre président trimballe quelques casseroles qui pendent au-dessus de sa tête comme autant d’épées de Damoclès alors même qu’il s’apprête à faire son entrée dans la cour des grands.

Car Hernan Blanco va représenter l’Argentine lors d’un sommet décisif pour construire une entente économique capitale entre les pays latino-américains. Il a beau s’être préparé des années à l’exercice de l’état, c’est une première impressionnante qui monopolise toute son énergie. Il n’a d’autre alternative que l’excellence, là se jouent, sans doute définitivement, son image et sa carrière politique internationale. Sa fidèle conseillère le suit à la trace, soufflant les anecdotes, les noms, les attitudes à adopter, le dopant, comme un coach sportif, avec tous les moyens du bord. Un petit vol d’avion présidentiel plus tard, voilà Blanco à Santiago du Chili, accueilli en grande pompe par ses pairs. Tout le gratin est réuni dans un hôtel immense perdu au beau milieu de la Cordillère des Andes. Entre le puissant président brésilien à l'initiative du sommet et le redoutable et machiavélique président mexicain, les chefs des états plus modestes n’en mènent pas large et les pourparlers s’annoncent houleux… Sans oublier la présence d’un négociateur américain qui semble vouloir jouer une tout autre partie. Chacun roule à sa façon des mécaniques, intrigue, affiche sa superbe… C’est alors que la sphère privée vient interférer de la manière la plus inopportune. Marina, acculée par son mari qui s’est emparé de l’occasion pour se livrer à un odieux chantage, déboule tel un fou de trop dans un jeu d’échecs. C’est évidemment là que tout bascule dans un registre inattendu, où le thriller psychologique vient s’imbriquer dans l’intrigue politique. Peu-à-peu l’irrationnel s’immisce, et tandis que la tension monte, ces dirigeant-e-s tellement important-e-s aux yeux du monde semblent rétrécir sous l’œil indifférent des montagnes imposantes et immortelles qui les font paraitre ridiculement minuscules. Ceux qui se voulaient blancs comme neige révèlent face à elle leurs âmes noires…

Pour son troisième film et comme dans les précédents (les déjà remarquables El Estudiante et Paulina), Santiago Mitre continue d’explorer de façon réjouissante la sphère du pouvoir. Il le fait en plongeant toujours plus profond dans les intentions qui animent les êtres, questionnant leur attrait pour la puissance, échafaudant une œuvre passionnante tout aussi politique que philosophique. (Utopia)


Cotignac : jeudi 1er 20h30

L'Intelligence des Arbres
Résultat de recherche d'images pour "allocine intelligence arbres"Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Documentaire France 2016

Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres. Une petite révolution scientifique popularisée par le forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, dans lequel il prouve que les arbres sont des êtres sociaux, qui communiquent et se soutiennent entre eux par le système racinaire. L’empathie, le langage et même l’amitié sont des facultés que cet observateur, soutenu par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), prête depuis peu au monde végétal. Avec ses entretiens en pleine forêt, ce documentaire assume son côté pédagogique, dans la lignée du livre dont il est la déclinaison.(Télérama)


Lorgues : lundi 5 19h30


Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

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