Au(x) cinéma(s) du 31 mai au 6 juin

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Bonjour à tous !

Cette semaine, au ciné-club de CGR, c'est De toutes mes forces de Chad Chenouga, un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces. Dans sa programmation ordinaire, CGR présente toujours Get Out de Jordan Peele, un thriller horrifique réjouissant.

Pour le mois de juin, et pour terminer cette année, Entretoiles  propose,  une soirée à film unique avec Une famille heureuse de Nana Ekvtimishvili le dimanche 11 juin, à 20h, et une soirée à 2 films sur le thème "Films d'Asie", (pour laquelle on attend la confirmation de CGR),  avec Adieu Mandalay de Midi Z et Tunnel de Kim Seong-hun, avec l'apéritif Entretoiles entre les 2, le dimanche 25 juin.

Au Vox à Fréjus, allez voir Le Chanteur de Gaza, film palestinien de Hany Abu-Assad, un de ces contes vrais et trop rares qui réchauffent le cœur. Sinon, on vous propose Les Fantômes d'Ismaël de Arnaud Despleschin, un film à tiroirs, subtil assemblage de morceaux de vies éclatées,  Django de Etienne Comar, un biopic sur la vie du personnage mythique interprété par Reda Kateb,  Une Famille heureuse de  Nana Ekvtimishvili, un film tour à tour drôle, acide, subtil ou bouleversant (avec Entretoiles le 11 juin)
A Lorgues, cette semaine, c'est Les Mauvaises herbes de Louis Bélanger, un film qui "réjouit son monde" et à Salernes, A voix haute de Stéphane Freihas, un documentaire captivant et emballant.

Au CGR, la semaine prochaine en ciné-club, vous pourrez voir : Une Vie ailleurs de Olivier Peyon.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 31 MARS AU 6 AVRIL 2017

 

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De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga
Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 juin et lundi 5 à 17h45, jeudi 1er à 11h et 17h45, vendredi 2 et mardi 6 à 11h et 16h, dimanche 4 à 20h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et mardi 6 à 18h30, jeudi 1er à 21h, vendredi 2 à 15h, dimanche 4 à 14h, lundi 5 à 18h
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Get Out
Réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...
Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez ! Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 et lundi 5 à 22h30, jeudi 1er, vendredi 2, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30 et 22h30
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Le Chanteur de Gaza
Réalisé par Hany ABU-ASSAD
Palestine 2016 1h40mn VOSTF
avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah, Ahmed Al Rock, Abdel Kareem Barakeh, Nadine Labaki...
Scénario de Hani Abu-Assad et Sameh Zoabi
L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 16h15 et 21h, jeudi 1er à 15h et 18h30, vendredi 2 à 18h30, lundi 5 à 16h et 18h30, mardi 6 à 21h
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Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15 et 21h, jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h et 21h, samedi 3 à 14h, 18h45 et 21h, dimanche 4 à 14h et 21h, lundi 5 à 13h30, 16h15 et 18h30
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Les Mauvaises herbes
Réalisé par Louis BÉLANGER
Québec 2016 1h47mn
avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard, Myriam Côté...
Scénario de Louis Bélénger et Alexis Martin. Festival du Film francophone d'Angoulême : Prix du Scénario et Prix du Public
Youhou, c'est le printemps ! Crocus, jonquilles, primevères, tulipes pointent leur nez tour à tour… Alors rien de tel pour célébrer tout ça qu'une joyeuse comédie concoctée par nos cousins québecois et qui rend hommage à l'herbe dont il est toujours plus ou moins question que son usage soit dépénalisé… Autant vous dire tout de suite que le printemps n'est pas de saison dans le film ! Nous sommes à Montréal au cœur de l'hiver, neige abondante et température glaciale de rigueur. Jacques Sauvageau est un comédien un peu raté qui vivote entre représentations théâtrales de seconde zone et publicités télévisuelles. Le problème, c'est qu'il ne ne se contente pas de jouer sur scène, il joue aussi aux machines à sous, qui lui boulottent la plus grande partie de ses modestes cachets. Et il se trouve qu'il a eu la très mauvaise idée de s'endetter lourdement auprès d'un usurier assez peu sensible à l'art théâtral dès qu'il s'agit de retard dans les remboursements. Le début du film nous apprend que Jacques est très très à la bourre et que son prêteur est très très impatient. Au point que ça le rend très très menaçant... lire la suite
Lorgues : jeudi 1 à 20h15, samedi 3 à 18h, dimanche 4 à 21h, lundi 5 à 19h
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Une Famille heureuse
Réalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili
La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 18h40
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Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko
Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 16h10, jeudi 1er et dimanche 4 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 16h15 et mardi 6 à 15h
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À voix haute - La force de la parole
Réalisé par Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire France 2016 1h39mn
avec Margita Gosheva, Stefan Denolyubov, Kitodar Todorov, Milko Lazarov...
C'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes... Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute... De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non... lire la suite
Salernes : vendredi 2 et dimanche 4 à 20h30, samedi 3 et dimanche 4 à 18 h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

 

De toutes mes forces
Réalisé par Chad CHENOUGA
France 2017 1h38mn
avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko...
Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga

Nassim (Khaled Alouach) est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer en banlieue. Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau évidemment), Nassim refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre, catalogués comme des « cas sociaux ». Il s’est donc inventé une autre vie, qui n’aurait rien à envier à celle de ses potes de lycée. C’est celle- là qu’il présente maintenant aux yeux du monde et il n’y a aucune raison que ça change...

Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, celle de Paris et celle de la banlieue, celle du foyer et celle du lycée, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer... Chad Chenouga, qui a connu une trajectoire comparable à celle de Nassim, le héros, adapte ici avec Christine Paillard la pièce de théâtre qu’il a écrite et lui-même mise en scène en 2011 au Théâtre des Amandiers. Un scénario qui a valu à ses deux auteurs le Grand Prix Sopadin 2015 du meilleur scénariste, une référence.

« J’avais envie de transmettre les énergies d’un groupe d’adolescents, au travers de la danse, de leurs meurtrissures cachées, de leurs parcours chaotiques. J’avais envie aussi de raconter les deux mondes séparés de Nassim... Je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres... Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir.
« Tout au long du processus d’écriture, ma volonté était de prendre une certaine distance par rapport à ma propre histoire, mais en préservant la justesse de mon ressenti et de celle des personnages que l’on avait créés. Il s’agissait aussi de ne sur- tout pas tout dire, de transmettre en priorité un sentiment de vitalité plus que raconter de bout en bout les parcours des uns et des autres.
« Quand j’ai proposé à Yolande Moreau le rôle de la directrice du foyer, Madame Cousin, elle m’a dit : “Cette histoire ne raconte pas d’histoires, j’y crois”. J’étais content. » Chad Chenouga

 

CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 juin et lundi 5 à 17h45, jeudi 1er à 11h et 17h45, vendredi 2 et mardi 6 à 11h et 16h, dimanche 4 à 20h10
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et mardi 6 à 18h30, jeudi 1er à 21h, vendredi 2 à 15h, dimanche 4 à 14h, lundi 5 à 18h

Get Out
Get Out : Photo Allison Williams, Daniel KaluuyaÉcrit et réalisé par Jordan Peele
USA 2017 1h44mn
avec Catherine Keener, Bradley Whitford, Daniel Kaluuya, Allison Williams...

Un thriller horrifique réjouissant qui, faute de renouveler le genre, utilise une thématique ethnique qui renouvelle l’utilisation d’un casting noir dans le cadre d’une production hollywoodienne. Foncez !

Un jeune afro américain, lors de sa visite sur le domaine de la famille blanche de sa petite amie, va vite se rendre compte de la sinistre raison cachée derrière cette invitation. Couple mixte, Chris (Daniel Kaluuya) et sa petite amie Rose (Allison Williams) filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy (Catherine Keener) et Dean (Bradley Whitford) lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. C’est beau, léché, avec un piqué de cinéma qui redore le blason du cinéma de genre, loin des found-footages habituels auxquels Blumhouse Productions nous avait habitués tout au long de la décennie. Get out, c’est en fait le retour aux thrillers pavillonnaires anxiogènes des années 70-80, ceux qu’affectionnait un certain John Carpenter dans Halloween : la nuit des Masques, avec le même sens de l’espace, ample et structuré.

La banlieue américaine (Suburb, en VO) est le cadre du film de Jordan Peele, cet espace sans problème des productions Amblin Entertainment, ciment de la "whitocracy" où la diversité, amorphe, est un concept urbain lointain. Avec une ironie féroce, le cinéaste y injecte la menace noire, ce cliché défavorisé des quartiers pauvres de la ville, cet élément de résistance à l’hégémonie blanche, qui pourrait être un avatar de gang, ou, pourquoi pas, un élément comique de seconde catégorie pour suspendre la tension dans des gags vaseux. Il n’en sera rien.
Le protagoniste principal a l’intelligence de sa conscience, celle d’un jeune homme bien dans ses baskets, avec une vraie épaisseur psychologique, conscient qu’en se rendant chez les parents "blancs" de sa copine, dans une banlieue tranquille, il va se frotter aux stéréotypes racistes d’une catégorie bien-pensante de la population.

Ce qui aurait pu être une version ethnique de Mon beau-père et moi se transforme en une virée paranoïaque dans l’enfer blanc d’une population repliée sur sa communauté, avec ses modes de pensées où l’ébène interpelle avec la complaisance de la hiérarchie sociale, mais aussi physique. Pourtant loin d’une simple chasse à l’homme noir, la virée lynchienne de Jordan Peele dans cet univers barré, se joue des codes de couleurs pour présenter la différence ethnique comme une norme sociale et culturelle, basée sur la relativité. Le protagoniste principal joué par un quasi inconnu - Daniel Kaluuya, absolument épatant -, apparaît plus équilibré que n’importe quel autre élément de casting, blanc ou noir. Autour de lui, tous les représentants de la communauté noire, chez les parents de la petite-amie, semblent avoir subi un lavage de cerveau ahurissant ou sont sous l’influence des séances d’hypnose de la mère, psychiatre mal-intentionnée, jouée par Catherine Keener, complètement allumée.
Naît de ce décalage entre la normalité du héros et la dégénérescence de cette belle famille au protocole étrange, une ironie forcément savoureuse qui apporte un humour salvateur, au milieu de moments flippants ou à la suite de scènes d’angoisse pétrifiantes, à l’esthétique sombre d’un Under the Skin.

Avec plus de 170M$ au box-office américain, Get Out est devenu un phénomène. Plus gros succès du producteur Jason Blum (Split, Paranormal Activity, Insidious), carton historique pour le cinéma d’épouvante (on a - à peu près- jamais vu ça !), Get Out a tout d’une date maline dans son genre et les Français devraient se ruer sur l’électro-choc. (àvoiràlire)


CGR (Draguignan) : mercredi 31, samedi 3 et lundi 5 à 22h30, jeudi 1er, vendredi 2, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30 et 22h30

 

Le Chanteur de Gaza

 

AURORERéalisé par Hany ABU-ASSAD
Palestine 2016 1h40mn VOSTF
avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah, Ahmed Al Rock, Abdel Kareem Barakeh, Nadine Labaki...
Scénario de Hani Abu-Assad et Sameh Zoabi

L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille… Toute la première partie du film décrit de manière à la fois joyeuse et réaliste le quotidien de ces enfants palestiniens qui pourraient être les alter ego d'un Antoine Doinel dans Les 400 Coups.

La deuxième partie suit Mohamed désormais adulte et devenu chauffeur de taxi, qui a fait un trait sur la plupart de ses rêves d'enfant. Mais les circonstances qui dirigent la vie des hommes vont le pousser à reprendre le micro, avec la seule ambition de se produire sur des scènes locales. Mais le succès dépasse ses espérances et avec les encouragements de tous ses amis va naître un rêve fou : concourir pour l'émission « Arab Idol », l'équivalent moyen oriental de nos télé-crochets à succès « The Voice » ou « Nouvelle Star ». Autant dire que ce ne sera pas facile : tout est plus compliqué quand on est un jeune Gazaoui sans le sou. Les liaisons internet pour les présélections en visioconférence sont aléatoires et peuvent dépendre d'un groupe électrogène au fonctionnement chaotique, même quand on veut communiquer avec la Cisjordanie si proche. Se rendre en Égypte pour la sélection est une expérience longue et pleine de dangers : le passage des checkpoints, la corruption obligatoire des officiels… Et quand on arrive enfin à l'hôtel cairote qui accueille la compétition, comment réussir à faire partie des sélectionnés quand une foule de candidats potentiels fait la queue depuis des jours ?

On suit donc Mohammed qui franchit les différentes étapes de la compétition (que les allergiques aux télés-crochets se rassurent, là n'est quand même pas le nœud du film) et ce qui est formidable, c'est l'engouement que va créer son parcours dans tout le peuple palestinien, même à Gaza où en théorie le Hamas condamne la futilité de ce genre de compétitions musicales : on verra pourtant des cadres du très sérieux mouvement islamiste se débrouiller pour ne louper aucune des émissions au cours desquelles Mohammed Assaf se produit. Car Mohammed n'est pas juste un crooner de charme, il n'hésite pas à venir sur les télés arabes chanter la résistance de son peuple et ainsi galvaniser tous les téléspectateurs autour de la cause gazaouie. Et Le Chanteur de Gaza, très chouette film palestinien pour une fois visible par tous, toutes générations confondues, s'avère un joyeux chant de résistance, hommage à la liberté, à la vitalité, à la détermination de la jeunesse palestinienne.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, samedi 3 et dimanche 4 à 16h15 et 21h, jeudi 1er à 15h et 18h30, vendredi 2 à 18h30, lundi 5 à 16h et 18h30, mardi 6 à 21h

Les Fantômes d’Ismaël
Réalisé par Arnaud DESPLECHIN
France 2017 1h50mn
avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Laszlo Szabo, Hippolyte Girardot...
Scénario d'Arnaud Desplechin, Julie Peyr et Léa Mysius. Festival de Cannes 2017 : Film d'ouverture

Après l'oubli – assez incompréhensible – par le comité de sélection du très beau Trois souvenirs de ma jeunesse il y a deux ans, Arnaud Desplechin est de retour dans la sélection officielle du Festival de Cannes, hors compétition – il s'en fiche probablement un peu et nous aussi – mais en ouverture. Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël bien des références, des chassés-croisés, de simples clins-d’œil ou des échos plus intimes à la filmographie d’Arnaud Desplechin, et plus largement au cinéma qu’il affectionne, qui le nourrit, qu’il admire.
Qui le voudra verra dans Les Fantômes d’Ismaël un hommage à peine dissimulé aux héroïnes hitchcockiennes, en particulier celles de Vertigo (le personnage interprété par Marion Cotillard se prénomme Carlotta…) ou de Rebecca : femmes à la beauté excessive et sauvage ou à la grâce plus froide et discrète dont les âmes sont traversées par la passion amoureuse, les fantômes du passé ou l’éternelle question de l’identité. Mais on peut bien évidemment plonger avec Ismaël et ses fantômes en étant vierge de toutes traces cinéphiles, le voyage n’en sera pas moins agréable, ni moins fort, peut-être même sera-t-il encore plus surprenant, plus déconcertant. C’est un film à tiroirs, un puzzle, un subtil assemblage de morceaux de vies éclatés, comme Desplechin les affectionne. Un film où la fiction dans la fiction se joue de nous et des codes classiques de narration, où le fantastique n’est jamais très loin. Un récit qui caresse comme pour s’en moquer les histoires d’amour tourmentées de ces pantins faits de chair et de mélancolie, puis qui glisse doucement vers la farce avant de se tourner comme par erreur vers le film d’espionnage et de finir dans les beaux draps de la comédie dramatique, sous lesquels, immanquablement, s’agite le trio amoureux (un homme, deux femmes). Autant dire que vous serez un peu baladé au milieu de ces personnages un peu fous… fous d’amour ou de regrets, fous de l’irruption inattendue des fantômes du passé, fous de la laborieuse fabrication d’un film, fous d'être promenés dans les arcanes des services secrets internationaux…

En dire trop serait sacrilège… alors voilà ce qu’en dit le maître de marionnettes : « C'est le portrait d'Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n'y rien comprendre. C'est le portrait d'Ismaël, un réalisateur de films qui traverse sa vie sans n'y rien comprendre non plus. C'est le retour d'une femme, d'entre les morts. C'est aussi un film d'espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock… » Ismaël (Mathieu Amalric, qui ré-endosse ici l'identité d'Ismaël Vuillard qu'il avait dans Rois et reine) – pas plus que Bloom, son maître en même temps que son exbeau-père – ne se remet pas de la mort de sa jeune épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans. Il vit cependant une relation forte avec Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne discrète mais passionnée : il l'aime, elle l'aime aussi, ils sont heureux, voilà tout. Mais à la veille du tournage de son nouveau film, consacré au portrait d'Ivan, personnage largement inspiré par son frère, Carlotta, pourtant déclarée officiellement morte, revient. Et bouleverse tout. Sylvia s'enfuit… Ismaël refuse que Carlotta revienne dans sa vie. Il a peur de devenir fou, s'échappe du tournage et s'enferme dans sa maison familiale à Roubaix. Peut-être qu’en tirant les ficelles des personnages de son film, loin du monde, il parviendra à recomposer les fragments passés et présents de sa tumultueuse existence… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 14h, 16h15 et 21h, jeudi 1er, vendredi 2 et mardi 6 à 15h et 21h, samedi 3 à 14h, 18h45 et 21h, dimanche 4 à 14h et 21h, lundi 5 à 13h30, 16h15 et 18h30

Les Mauvaises herbes
Réalisé par Louis BÉLANGER
Québec 2016 1h47mn
avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard, Myriam Côté...
Scénario de Louis Bélénger et Alexis Martin. Festival du Film francophone d'Angoulême : Prix du Scénario et Prix du Public

Youhou, c'est le printemps ! Crocus, jonquilles, primevères, tulipes pointent leur nez tour à tour… Alors rien de tel pour célébrer tout ça qu'une joyeuse comédie concoctée par nos cousins québecois et qui rend hommage à l'herbe dont il est toujours plus ou moins question que son usage soit dépénalisé…
Autant vous dire tout de suite que le printemps n'est pas de saison dans le film ! Nous sommes à Montréal au cœur de l'hiver, neige abondante et température glaciale de rigueur. Jacques Sauvageau est un comédien un peu raté qui vivote entre représentations théâtrales de seconde zone et publicités télévisuelles. Le problème, c'est qu'il ne ne se contente pas de jouer sur scène, il joue aussi aux machines à sous, qui lui boulottent la plus grande partie de ses modestes cachets. Et il se trouve qu'il a eu la très mauvaise idée de s'endetter lourdement auprès d'un usurier assez peu sensible à l'art théâtral dès qu'il s'agit de retard dans les remboursements. Le début du film nous apprend que Jacques est très très à la bourre et que son prêteur est très très impatient. Au point que ça le rend très très menaçant.

Notre comédien n'a d'autre choix que de se carapater toutes affaires cessantes et prendre le premier bus vers nulle part, encore affublé de son costume de scène, un seyant ensemble Louis XVI fort peu adapté à la campagne québécoise en hiver. Le voilà au bord de la congélation ultime, obligé de demander le gîte à un fermier septuagénaire pas qu'un peu étonné de voir débarquer ce touriste perruqué et chaussé de souliers vernis.
Tout se complique quand le fermier taciturne s'avère être le cultivateur productiviste d'un produit à très haute valeur ajoutée : le cannabis. Jacques va devenir ouvrier agricole malgré lui, otage – de plus en plus volontaire – de son hôte, l'un trouvant son intérêt dans une planque tranquille, l'autre trouvant à bon marché main d'œuvre et compagnie dans sa solitude rurale. Les deux compères sont bientôt rejoints par une invitée qui n'en demandait pas tant, une employée du service des eaux trop curieuse, plutôt fantasque et résolument lesbienne.

Dans la lignée du très plaisant Starbuck qui fit un triomphe dans nos salles il n'y a guère, Les Mauvaises herbes réjouit son monde avec ses situations cocasses et ses dialogues savoureux, évidemment pimentés par le délicieux vocabulaire québécois et portés par trois excellents comédiens incarnant trois personnages réunis par le plus grand des hasards – et par un scénario malin comme un singe – et qui vont devoir s'entendre pour faire face à des circonstances improbables. L'ambiance enneigée et l'humour décalé du film créent un climat chaleureux nourri par le regard tendre que porte le réalisateur sur ces trois êtres un peu à côté des normes acceptables et des rôles attendus, qui vont se compléter, former une « famille » joyeusement dysfonctionnelle et trouver dans cette expérience un nouveau rebond à leurs vies encalminées.(Utopia)

Lorgues : jeudi 1 à 20h15, samedi 3 à 18h, dimanche 4 à 21h, lundi 5 à 19h

Une Famille heureuse

HARMONIUMRéalisé par Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß
Géorgie 2016 1h59mn VOSTF
avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili...
Scénario de Nana Ekvtimishvili

La première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous... Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris... sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totale- ment effacé les pratiques d'antan.

Mais ceci étant dit, nul besoin de s'intéresser particulièrement à la Géorgie
pour être touché par le film, dont le propos et la portée sont universels. Car ce qui arrive aux protagonistes d'Une famille heureuse – le titre est doucement ironique – pourrait concerner à quelques spécificités culturelles près n'importe quelle famille des classes moyennes ou populaires de nos contrées. Ce dont il est question, c'est l'usure naturelle du temps qui passe, c'est la destruction des liens forts et de tout un tas de belles choses par ce tueur implacable qu'est l'habitude. Ce dont il question, ce sont les choix qui peuvent s'imposer à chacun d'entre nous pour faire rebondir sa vie lorsque l'âge mûr arrive puis s'installe.

Manana est une quinquagénaire – dont tout porte à penser qu'elle est équilibrée – qui vit depuis 25 ans avec son mari Soso, un homme tendre et prévenant, mais aussi avec ses vieux parents, son fils, sa fille et son gendre qui s'est peu à peu incrusté au sein du foyer. Tout ce petit monde rassemblé dans un appartement agréable mais un peu exigu pour une telle smala ! Une famille géorgienne ordinaire, pour qui le quotidien est parfois bruyant et compliqué, la confrontation entre les générations s'avérant conflictuelle et folklorique, entre papy un peu gâteux, grand-mère d'une exubérance très méditerranéenne, jeunes un peu sans gêne et parents au milieu... qui supportent tout ça la plupart du temps en silence. Un seul truc dénote dans ce chaos somme toute harmonieux : le côté dépressif et taciturne de Manana, que rien ne semble devoir illuminer. D'ailleurs ce jour-là est celui de son 52e anniversaire et elle n'a en rien envie de le fêter. Cependant nous sommes en Géorgie et on ne rate jamais une occasion de boire et festoyer, et famille, collègues, voisins s'invitent d'eux mêmes, ce qui a pour résultat de pousser Manana à se replier davantage encore sur elle-même... Et le lendemain, elle annonce à Soso qu'elle veut le quitter, abandonner la maison pour vivre seule. La nouvelle plonge évidemment toute la famille dans l'incompréhension, et ils ont beau faire, rien ne semble pouvoir la faire changer d'avis... On ne vous dévoilera pas la suite des événements, mais ce n'est que le dé- but d'un engrenage où vont apparaître au grand jour les petits secrets plus ou moins avouables de chacun. Le genre d'épreuve dont on en ressort détruit ou au contraire grandi...

Le film est tour à tour drôle, acide, subtil, parfois bouleversant. Aucun des personnages n'est blanc ou noir, aucun n'est à aucun moment jugé. Une chronique familiale intelligente et sensible. Une étude subtile de l'usure du couple. Et plus particulièrement un magnifique portrait de femme.

CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles, dimanche 11 juin à 20h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 31, jeudi 1er, dimanche 4 et mardi 6 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 18h40

Django
Réalisé par Etienne COMAR
France 2017 1h58mn
avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimbam Merstein, Gabriel Mirété, Vincent Frade, Johnny Montreuil, Raphaël Dever, Patrick Mille...
Scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko

Django, dont on n'a plus besoin de dire le nom. Unique, inimitable, Django le manouche, génie de la gratte, figure incontournable de l’histoire du jazz à qui il apporta sa patte, son swing, son style, mais surtout son âme : l’âme manouche. L’âme manouche, cela pourrait être le sous-titre de ce biopic qui n’en est pas tout à fait un et qui – comme récemment Neruda et Jackie de Pablo Larrain – ne s’attache qu’à une période précise et déterminante du parcours de son protagoniste : on gagne en intensité ce qu'on perd en années… Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (il est mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée.

1943. Django, au sommet de son art, reconnu, adulé, fait swinguer le tout Paris aux Folies Bergères avec son quintet. Comme bon nombre d’artistes français de cette époque, on joue devant un parterre composé en partie d’officiers allemands, sans trop se soucier du chaos lointain, ni de ce qui se trame aux quatre coins de l’Europe. Django a sa guitare, sa famille, sa canne à pêche, son public et une certaine immunité acquise par sa célébrité et son talent… Cette guerre, c’est celle des gadjos, certainement pas la sienne.
Mais l’Allemagne en veut toujours plus et l'agent du guitariste négocie avec l'occupant une magistrale tournée qui le mènerait à Berlin, orchestrée par la propagande nazie, pour le bon plaisir des hauts officiers du Reich, avec, aux premiers rangs Gœbbels et peut-être même Hitler. Flairant le danger, Django décide alors de fuir en zone libre, aidé par la belle et mystérieuse Louise De Klerk, une vieille connaissance, amatrice éclairée de jazz, reine des nuits parisiennes, admiratrice fidèle, et peut-être encore plein d’autres choses plus ou moins secrètes, plus ou moins avouables…
A Thonon-les-Bains, il va attendre plusieurs semaines le moment propice pour un passage en Suisse. Entouré de sa famille proche – sa femme enceinte, sa mère qui est aussi sa costumière et son meilleur impresario, son frère qui l’accompagne sur scène – mais aussi de sa famille de cœur et d’histoire – les habitants d'un camp tzigane rencontrés sur place – Django va découvrir la terrible réalité de son temps.

Avec ce qu’il faut de fiction et d’entorses bienveillantes à la réalité, Django nous offre le portrait admiratif – mais pas toujours aimable – d’un musicien hors norme qui va voir sa vie et son art bouleversés au contact de l’horreur en marche. Si les scènes de concerts sont remarquablement filmées et rendent toute l’énergie vitale de ce jazz manouche, la manière dense et pudique dont le film traite de l’oppression puis de l’extermination du peuple tzigane est particulièrement émouvante.
À travers ce personnage mythique interprété par Reda Kateb avec le talent, la grâce, la gouaille dandy qu'on lui connaît, Django interroge la place de l’artiste et de l’art dans ces moments terribles de l’histoire où la poésie et la liberté sont elles aussi pourchassées, parquées, exécutées. Si le film s’ouvre sur le roi du swing parisien, il évolue peu à peu vers quelque chose de plus mélancolique et se referme sur le « Requiem pour mes frères tziganes » pour orgue, orchestre et chœur. Jouée une seule fois à la Libération, cette messe funèbre dont la partition est aujourd’hui perdue fut dédiée par Django à tous les Tziganes massacrés pendant la Seconde Guerre mondiale.(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 31 à 16h10, jeudi 1er et dimanche 4 à 18h30, vendredi 2 et lundi 5 à 21h, samedi 3 à 16h15 et mardi 6 à 15h

À voix haute - La force de la parole
Réalisé par Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire France 2016 1h39mn

C'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes... Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute... De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non. Chaque année une centaine de candidats se lancent dans l'aventure et se préparent à la finale avec l'aide d'une poignée de professionnels, slameurs, avocats, théâtreux... Il fallait bien qu'un jour, avant de partir vers d'autres horizons, Stéphane De Freitas s'empare d'une caméra et filme, pour témoigner de cette fabuleuse aventure qui continue désormais sans lui. Son film suit la pro- motion de 2015 tout au long de la préparation jusqu'au concours...

Qu'il est difficile au début de se lancer ! Oser ses premières phrases, affirmer un point de vue personnel, s'ouvrir aux autres, faire surgir du fond de soi une sincérité qui semble impudique, passer outre la crainte du ridicule... Les débuts sont timides et les exercices maladroits. Puis, à mesure que chacun se laisse apprivoiser, la peur s'estompe, le spectacle de la fragilité de ses alter ego aide à l'indulgence vis-à-vis de ses propres faiblesses et peu à peu la parole se libère. On s'interpelle, on argumente, on plaide... Tous prennent de l'assurance, les phrases viennent mieux, le plaisir de jouer avec les mots s'installe et de notre côté de l'écran, on jubile. Au bout du chemin, un des participants sera couronné « Meilleur orateur du 93 », mais tous seront sortis de ce qu'ils croyaient être leurs limites, apprenant à connaître les autres en commençant par mieux se connaître eux-mêmes...

On les suit aussi dans leur vie et on mesure les efforts que beaucoup doivent faire pour surmonter les handicaps les plus divers. On pense à Eddy, ce garçon amoureux de Victor Hugo qui se tape à pied deux fois par jour et sans rechigner les 10km qui séparent la maison de ses parents de la gare où il prend le train qui l'emmène à la fac. On pense à Elhadj, qui vivait dans la rue et continuait néanmoins ses études jusqu'à préparer une maitrise de sociologie et qui se sert de la parole pour témoigner de ce qu'il a vécu... À Leïla, jeune fille d'origine syrienne qui porte le voile et milite dans un collectif féministe... On constate – ou on découvre si on n'en avait pas idée – que, foin des clichés réducteurs, la banlieue est multiple, dans ses paysages, dans son architecture, comme dans les cultures de la jeunesse qui l'habite, une jeunesse prête à s'accrocher, à bosser dur pour trouver la place qui lui sied.

Plus le film avance et plus ont prend goût et plaisir aux mots chargés du sens de toutes ces vies qui s'en emparent dans un processus d'émancipation excitant en diable : rap, slam, poésie, joutes verbales, jeux de rôle... tous les moyens sont bons pour apprendre à structurer sa pensée, dompter ses gestes, gérer son stress et ne plus avoir peur d'affronter les autres, d'affronter sa propre vie. Quelle émotion ! (Utopia)

Salernes : vendredi 2 et dimanche 4 à 20h30, samedi 3 et dimanche 4 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

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