Au(x) cinéma(s) du 4 au 10 novembre

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Bonjour à tous !

Cette semaine, CGR nous propose dans le cadre du ciné club La dernière leçon, un film de Pascale Pouzadoux, un beau film sur un sujet grave. A CGR toujours, on peut voir aussi  Nous trois ou rien, une comédie populaire sur l'intégration et le vivre ensemble.
A Lorgues, un film éthiopien, Lamb, une superbe histoire d'amitié, et aussi une réflexion sur la place des femmes et celle de l'espoir. A Salernes, Je suis à vous tout de suite, de Baya Kasmi, une comédie populaire encore, sur le thème de l'intégration aussi, mais fine, drôle et intelligente... Et puis une comédie assez drôle, loufoque et humaine avec Asphalte et qui nous parle de la banlieue au Vox de Fréjus ! A part ça on peut encore voir L'Homme irrationnel de Woody Allen, une comédie légère, et Adama, un très beau film d'animation qui n'est pas que pour les enfants ! et sans oublier Youth et ses dialogues savoureux !
Et enfin à Salernes et au Vox, signalons Mune, le gardien de la lune, un très joli conte lunaire !

Voilà un très beau programme : il y en a pour tous les goûts et que du bon !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

Bonne semaine de cinéma !


PROGRAMMATION DU 4 AU 10 NOVEMBRE 2015

 

La Dernière leçon
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La Dernière leçon
Réalisé par Pascale POUZADOUX
France 2015 1h45mn
avec Marthe Villalonga, Sandrine Bonnaire, Antoine Duléry, Gilles Cohen, Grégoire Montana, Sabine Pakora...
Scénario de Pascale Pouzadoux et Laurent de Bartillat, d’après le livre de Noëlle Chatelet
Madeleine s’apprête à fêter ses 92 ans devant fille et beau-fils, fils et belle-fille et petits enfants, avec banderole, cotillons, gâteau et discours de circonstances. Sauf que Madeleine a prévu un petit speech qui va jeter un grand froid. Elle annonce que, dans quelques mois, à une date précisément choisie, elle mettra fin à ses jours, quoi qu’il arrive. Stupéfaction, révolte. Et puis, dans un deuxième temps, la famille va se diviser. La fille Diane fait un long cheminement pour comprendre sa mère et accepter sa décision tandis que Pierre, le fils, homme d’affaires pressé, refuse l’impensable, allant jusqu’à décider de faire enfermer sa mère... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 11h, 18h et 20h15 - jeudi et mardi 11h, 15h45, 18h et 20h15 - vendredi et lundi 11h, 15h45 18h et 20h - samedi et dimanche 11h, 18h et 20h
Nous trois ou rien
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Nous trois ou rien
Réalisé par KHEIRON
France 2015 1h42mn
avec Gérard Darmon, Zabou Breitman, Michel Vuillermoz, Eriq Ebouaney, Leïla Bekhti...
D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble. Révélé par le Jamel Comedy Club et par la mini-série Bref de Canal +, Kheiron Tabib est d’abord connu pour ses talents d’humoriste et de rappeur. Avec Nous trois ou rien, le jeune artiste français d’origine iranienne, étend encore sa palette artistique, pour notre plus grand plaisir. Car, si ce premier long-métrage est une telle réussite, c’est grâce à la richesse, l’originalité et l’efficacité de son scénario. Tout commence dans une prison iranienne, où Hibat (interprété par Kheiron lui-même) est incarcéré depuis sept ans pour avoir osé contester l’action du Shah. Ainsi, dès les premières minutes, le film fait nécessairement écho aux nombreux conflits et aux tensions qui secouent la péninsule arabe depuis trop longtemps... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi, jeudi, vendredi, samedi : 11h15, 14h, 16h, 20h, 22h15 - dimanche 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h, 22h15
L'Homme irrationnel
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L'Homme irrationnel
Écrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2015 1h36mn VOSTF
avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey, Jamie Blackley...
Abe Lucas est prof de philo mais pour l'heure c'est surtout un homme seul, qui a perdu toute joie de vivre. Son étude des grands penseurs ne l'a pas rendu heureux et ne lui a pas apporté non plus de réponses satisfaisantes quant au sens de la vie. S'il a autrefois aimé son métier d'enseignant, il estime aujourd'hui que ses cours n'auront aucune influence sur la plupart de ses étudiants. Bref, Abe déprime. C'est dans ce sombre état d'esprit qu'il débarque dans une petite bourgade de la côte est, dotée d'une modeste fac où il doit enseigner pendant l'été. Précédé d'une réputation sulfureuse (publications iconoclastes, rumeurs persistantes de frasques sexuelles avec des étudiantes), le professeur Lucas est donc attendu avec une certaine fébrilité dans la communauté universitaire... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche 16h05 - jeudi, samedi, lundi 20h40 - vendredi, mardi 14h
Youth
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Youth
Écrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...
Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ?... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi,vendredi, samedi et mardi à 18h10 et lundi à 20h10
Asphalte
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Asphalte
Réalisé par Samuel BENCHETRIT
France 2015 1h40mn
avec Isabelle Huppert, Gustave Kervern, Valéria Bruni Tedeschi, Jules Benchetrit, Tassadi Mandi, Michael Pitt...
À coups de gags hilarants, de situations cocasses, de dialogues ciselés, Samuel Benchetrit réussit le tour de force de nous parler de sa banlieue sans la caricaturer et en bousculant les clichés. Son Asphalte est une merveille de comédie loufoque, intelligente et humaine, qui fuse en tous sens. Qui dit immeuble dit ? Copropriété ! Qui dit copropriété dit ? Réunion des copropriétaires ! Le début des emmerdements donc ! Quoi de plus laborieux que d’essayer d’obtenir l’unanimité dans un tel groupe ? Eh bien là, pour une fois, c’est idyllique : tous sont d’accord pour se cotiser afin d’avoir enfin un ascenseur qui fonctionne. Tous ? Lorsque qu’on s’apprête à voter pour entériner la décision, un doigt désabusé se lève, le doigt d’un gros ours bourru apathique… « Oui ? Monsieur Sternkowitz ? » interroge le meneur de la réunion, découragé par avance… « Moi je suis pas d’accord » laisse tomber le gonze partisan de l'escalier pour tous, qui n'est autre que Gustave Kervern au sommet de son art de bougonneur magistral... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : jeudi, lundi 14h et 18h15 - vendredi, mardi 16h05 et 20h40 - samedi 18h15 - dimanche 20h40
Lamb
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Lamb
Ecrit et réalisé par Yared ZELEKE
Ethiopie / France 2015 1h34mn VOSTF
avec Rediat Amare, Kidist Siyum, Welela Assefa, Surafel Teka, Rahel Teshome, Indris Mohamed...
Pour les enfants à partir de 10 ans
L’enfant enfouit sa main dans la fourrure, l'animal est tout contre lui, chaud, rassurant, il sent son cœur qui bat la chamade à chacun de leurs pas qui vont en cadence, inséparables. Ephraïm et Chuni, le garçon et sa brebis. C’est une amitié comme seule l’enfance sait les faire naître, une amitié à la vie à la mort à laquelle les adultes ne peuvent rien comprendre… Ici sans doute encore moins qu’ailleurs, sur ces terres magnifiques et sauvages d’Ethiopie où l’homme doit arracher au sol sa pitance, dans la peine et la souffrance. Un animal est avant tout une richesse, une viande qui nourrit, pas un compagnon de route, ni un confident, ni un complice. Mais Ephraïm a su imposer à son entourage la douce et tendre relation qui l’unit à sa brebis. Il faut dire que Chuni appartenait à sa mère et sa mère vient de mourir… Avancer dans la vie avec Chuni, c’est un peu comme tenir encore un peu la main de celle qui le rassurait, le consolait, le berçait... lire la suite
Lorgues : samedi 18h10, dimanche 20h15 et lundi 21h
Je suis à vous tout de suite
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Je suis à vous tout de suite
Réalisé par Baya KASMI
France 2015 1h40mn
avec Vimala Pons, Agnès Jaoui, Ramzy, Mehdi Djaadi, Laurent Capeluto, Claudia Tagbo, Camelia Jordana, Anémone...
Scénario de Baya Kasmi et Michel Leclerc
Il y a cinq ans, on s’était explosé les zygomatiques devant Le Nom des gens de Michel Leclerc, comédie trépidante, dont le personnage principal Bahia Benmahmoud, incarné par la foldingo Sarah Forestier, était une jeune militante de gauche très engagée et très libérée au point de coucher systématiquement avec des hommes de droite pour leur faire virer leur cuti politique. Un film hilarant qui s’offrait même Lionel Jospin en guest star pour une apparition réjouissante d’autodérision… Pour notre bonheur, Baya Kasmi, co-scénariste du Nom des gens, revient avec un personnage assez proche de celui de Bahia. Hanna, incarnée par la pétulante, drôle, sensuelle Vimala Pons (la serveuse qui enflamme Bruno Podalydès dans Comme un avion) est une jolie trentenaire pas forcément raccord ni avec l’idée qu’on peut se faire de ses origines ni avec son métier. Hanna est d’origine algérienne par son père (formidable Ramzy), « épicier social » de quartier (il se met en quatre pour satisfaire ses clients capricieux mais fauchés) mais malgré les quolibets et les sifflets, elle s’habille de manière très affriolante et vit une sexualité sans entrave... lire la suite
Salernes : samedi 20h30 et dimanche 18h
Mune Le gardien de la lune
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Mune Le gardien de la lune
Réalisé par Benoît Philippon et Alexandre Heboyan
Film d'animation France 2015 1h26mn
avec les voix de Omar Sy, Izïa Higelin, michael Gregorio...
Pour les enfants à partir de 5 ans
Présenté en juin dernier à Annecy dans le cadre du festival d’animation, Mune, le gardien de la lune des réalisateurs français Benoît Philippon et Alexandre Heboyan nous incite à évoquer l’effervescence française qui germe actuellement dans le terreau fertile du cinéma d’animation. Mune, le gardien de la lune renferme une singularité offrant un souffle unique à ce projet. Le duo Philippon/Heboyan donne vie à un monde féerique (un métissage rafraîchissant entre fantastique et fantasy) doté d’une créativité débordante. La mythologie de cet fable rêveuse truffée de créatures merveilleuses où il est possible de décrocher la lune et d’harponner le soleil enchante par ses étonnantes trouvailles esthétiques... lire la suite
Salernes : samedi 18h et mardi 17h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi, samedi et dimanche à 14h
Adama
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Adama
Réalisé par Simon ROUBY
Film d'animation France 2015 1h22mn
Scénario de de Julien Lilti et Simon Rouby
Pour les enfants à partir de 9 ans
C’est un pari magnifique, presque insensé dans le monde souvent formaté du film d’animation. Le pari d’un conte initiatique qui s’enracine dans l’une des pages d’histoire les plus dramatiques du monde occidental moderne, mais à hauteur d’enfant. Le pari d’un récit au fil d’un extraordinaire voyage qui va des grands plateaux africains aux tranchées de Verdun. Le pari d’une animation aux mille et un visages, qui a su prendre le meilleur des techniques anciennes ou dernier cri sans perdre ni son âme ni sa générosité. Mais surtout le pari de miser sur l’intelligence, la curiosité, l’ouverture au monde et aux autres des jeunes spectateurs. C’est dire si nous recommandons plus que chaudement la vision en famille d’Adama qui parvient, avec poésie, force et beauté, à brasser des sujets complexes sans jamais être pesant ou donneur de leçons, et en gardant à l’esprit la dimension divertissante indispensable aux jeunes spectateurs... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, samedi et dimanche à 17h55


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

La Dernière leçon
LA DERNIÈRE LEÇONRéalisé par Pascale POUZADOUX
France 2015 1h45mn
avec Marthe Villalonga, Sandrine Bonnaire, Antoine Duléry, Gilles Cohen, Grégoire Montana, Sabine Pakora...
Scénario de Pascale Pouzadoux et Laurent de Bartillat, d’après le livre de Noëlle Chatelet

On ne va pas se raconter d’histoires. Nous trainons comme tout le monde notre petit fardeau de préjugés… Parmi eux, il y avait Marthe Villalonga. S’apprêter à voir un film abordant un sujet grave, celui du droit à mourir dans la dignité, avec dans le rôle principal Marthe Villalonga, qui incarna de manière parfois caricaturale un nombre considérable de braves mères juives couvrant leurs rejetons toujours mâles d’amour et de falafels… nous laissait un chouïa perplexes. Et puis il fallut se rendre à l’évidence ; les préjugés existent pour être démontés et à 82 ans, Marthe Villalonga a enfin trouvé un rôle à sa mesure, où son potentiel comique peut laisser une bonne place à un jeu plus grave.
Au départ de ce projet, il y a un livre magnifique du même titre, écrit par Noëlle Chatelet, écrivaine et par ailleurs sœur de Lionel Jospin. Un livre où elle raconte comment elle accompagna sa mère Mireille dans son choix de vie ou plutôt de mort, celle-ci ayant décidé que si la vie méritait d’être vécue, elle méritait aussi de finir dignement, avant que, la vieillesse aidant, tout foute le camp. Un livre qui fit date et œuvra il y a plus de dix ans au combat de ceux qui, autour de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité que la mère et la fille cofondèrent, militent pour un suicide assisté.

La réalisatrice Pascale Pouzadoux a été persévérante et a donc attendu une bonne décade pour obtenir l’autorisation d’adaptation au cinéma. Une des choses fondamentales qui a convaincu Noëlle Chatelet était le choix audacieux mais si juste de faire aussi de ce récit une comédie. Car même si la mort est au bout du chemin, l’histoire qui précède le terme choisi est avant tout une histoire de vie où l’on rit de situations parfois ubuesques, comme quand mère et fille convoquent une dizaine de médecins à domicile en une seule journée pour obtenir un maximum de médicaments…
Mais au début du récit, on n’en est pas là. Madeleine s’apprête à fêter ses 92 ans devant fille et beau-fils, fils et belle-fille et petits enfants, avec banderole, cotillons, gâteau et discours de circonstances. Sauf que Madeleine a prévu un petit speech qui va jeter un grand froid. Elle annonce que, dans quelques mois, à une date précisément choisie, elle mettra fin à ses jours, quoi qu’il arrive. Stupéfaction, révolte. Et puis, dans un deuxième temps, la famille va se diviser. La fille Diane fait un long cheminement pour comprendre sa mère et accepter sa décision tandis que Pierre, le fils, homme d’affaires pressé, refuse l’impensable, allant jusqu’à décider de faire enfermer sa mère.

Ce qui rend le film très beau, c’est qu’il montre bien comment l’approche de la mort permet de renforcer des liens et de donner sens et importance à chacun des instants qui restent. Comment, durant ces quelques ultimes mois, on redécouvre toute la richesse de celle qui ne sera bientôt plus. Madeleine/Mireille fut une sage-femme féministe de la première heure, combattive et militante - les chats ne font pas des chiens - et c’est au terme de sa vie que ses enfants s’en souviennent. Il y a tout ce qui se passe entre la mère et la fille, avec les moments de doute, de culpabilité aussi, alors même que Diane devient de plus en plus complice du projet de Madeleine. Mais il y a aussi ce qui se passe avec le petit-fils Max, qui grandit d’un coup, ou avec Victoria, l’aide de vie de Madeleine, avec qui elle entretient une relation très proche, et même tendre car les gestes physiques sont essentiels pour celles et ceux qui savent que ce sont les derniers… On sort donc rasséréné et heureux de ce film sur la fin de vie, illuminé par le jeu remarquable de Sandrine Bonnaire et Marthe Villalonga. (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 11h, 18h et 20h15 - jeudi et mardi 11h, 15h45, 18h et 20h15 - vendredi et lundi 11h, 15h45 18h et 20h - samedi et dimanche 11h, 18h et 20h


Nous trois ou rien
Afficher l'image d'origineRéalisé par KHEIRON
France 2015 1h53mn
avec Gérard Darmon, Zabou Breitman, Michel Vuillermoz, Eriq Ebouaney, Leïla Bekhti...

Une œuvre cinématographique et sociale audacieuse, qui dépasse largement toutes les polémiques dont se rassasient les médias à longueur de journées.

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Révélé par le Jamel Comedy Club et par la mini-série Bref de Canal +, Kheiron Tabib est d’abord connu pour ses talents d’humoriste et de rappeur. Avec Nous trois ou rien, le jeune artiste français d’origine iranienne, étend encore sa palette artistique, pour notre plus grand plaisir. Car, si ce premier long-métrage est une telle réussite, c’est grâce à la richesse, l’originalité et l’efficacité de son scénario. Tout commence dans une prison iranienne, où Hibat (interprété par Kheiron lui-même) est incarcéré depuis sept ans pour avoir osé contester l’action du Shah. Ainsi, dès les premières minutes, le film fait nécessairement écho aux nombreux conflits et aux tensions qui secouent la péninsule arabe depuis trop longtemps. Malgré les cellules vétustes, les gardiens violents et tyranniques et les grillages de barbelés qui entourent le centre de détention, Kheiron parvient à nous faire oublier l’enfer carcéral grâce à des situations cocasses, des personnages hauts en couleur (comme par exemple un maniaque fétichiste, obsédé par les chaussures, qui ne peut s’empêcher de voler les babouches de ses codétenus et du personnel pénitentiaire) et des dialogues extra-croustillants, dignes de Michel Audiard. S’inspirant de l’histoire de ses parents, l’humoriste se moque ouvertement du régime de Mohammad Reza Pahlavi – dont le personnage apparaît sous les traits d’un vieil enfant gâté et capricieux – et filme avec beaucoup d’entrain les prémices de la Révolution populaire, qui aboutira à la nouvelle Constitution de 1979.Au milieu des manifestations, dans une société de propagande et de terreur militaire, Hibat rencontre la jeune et belle Fereshteh (Leïla Bekhti), dont il tombe éperdument amoureux. Après de longues heures de négociations avec les parents de cette dernière – un père attaché aux traditions et une mère plus progressiste, campés par Gérard Darmon et Zabou Breitman – les tourtereaux finissent par se marier et par donner naissance à un enfant prénommé… Kheiron. Soucieux de l’avenir de leur fils, Hibat et Fereshteh parviennent, au moyen de combines aussi improbables qu’hilarantes, à fuir l’Iran et à rejoindre la France. La seconde partie du film prend alors des allures de chronique sociale, tendre, juste, drôle et émouvante.
Le couple de protagonistes, qui a pris ses quartiers en plein cœur de la banlieue parisienne, s’attache à aider ses concitoyens à s’insérer dans la société et le monde du travail. Hibat devient éducateur social, tandis que Fereshteh travaille auprès de femmes cherchant à s’émanciper du machisme et de la misogynie des hommes. Transcendant la démagogie lourdingue de certains films, tels Agathe Cléry, d’Etienne Chatiliez, Kheiron fait voir, en douceur et en humour, l’utopie de l’intégration et du vivre ensemble, tout en gardant le sens des réalités, passant habilement de la drôlerie à la gravité, sans jamais tomber dans la surenchère vulgaire ou larmoyante.Les partis pris de mise en scène ne sont pas en reste. Fort de son expérience dans le stand-up, Kheiron compose finement ses plans, en travaillant, de manière très rigoureuse, l’espace filmique où évoluent ses personnages. Même les décors les plus chargés (notamment la grande salle où Hibat et Fereshteh célèbrent leurs noces) paraissent épurés à l’écran, et sont très agréables à regarder. Le jeu des comédiens, quant à lui, est précis, tout en restant ouvert et généreux.
Grande réussite comique et dramatique, Nous trois ou rien est bien parti pour devenir l’un des plus grands succès populaires (au sens noble du terme) de cette fin d’année, et achever de consacrer son réalisateur comme l’un des artistes les plus complets de sa génération. (Avoir - alire)


CGR (Draguignan) : mercredi, jeudi, vendredi, samedi : 11h15, 14h, 16h, 20h, 22h15 - dimanche 11h15, 14h, 16h, 18h, 20h, 22h15


L'Homme irrationnel
L'HOMME IRRATIONNELÉcrit et réalisé par Woody ALLEN
USA 2015 1h36mn VOSTF
avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey, Jamie Blackley...

Si tous les films étaient écrits et mis en scène avec le même talent, si tous faisaient preuve de la même fantaisie profonde, de la même légèreté grave pour épingler nos travers et nos lubies, pour en rire beaucoup et en pleurer un peu, le cinéma serait un perpétuel bain de jouvence. Depuis ses débuts, Woody Allen est passionné par la philosophie. Elle imprègne mine de rien ses films des grandes questions existentielles qu'il traite avec plus ou moins de noirceur ou d'humour. L'Homme irrationnel prend la philo à bras le corps, en fait sa matière même, qu'il malaxe avec délectation…
Abe Lucas est donc prof de philo mais pour l'heure c'est surtout un homme seul, qui a perdu toute joie de vivre. Son étude des grands penseurs ne l'a pas rendu heureux et ne lui a pas apporté non plus de réponses satisfaisantes quant au sens de la vie. S'il a autrefois aimé son métier d'enseignant, il estime aujourd'hui que ses cours n'auront aucune influence sur la plupart de ses étudiants. Bref, Abe déprime. C'est dans ce sombre état d'esprit qu'il débarque dans une petite bourgade de la côte est, dotée d'une modeste fac où il doit enseigner pendant l'été. Précédé d'une réputation sulfureuse (publications iconoclastes, rumeurs persistantes de frasques sexuelles avec des étudiantes), le professeur Lucas est donc attendu avec une certaine fébrilité dans la communauté universitaire. Woody Allen ne pouvait pas faire un meilleur choix que de confier le rôle à Joaquin Phoenix : son charisme, sa beauté inquiétante, la fragilité qu'il dégage font que l'on croit immédiatement en son personnage, et à tout ce qui se dit sur lui. Il incarne ce prof borderline avec une telle justesse, sans effet ni maniérisme, que l'on touche à la perfection.

Ce qui devait arriver arrive et peu de temps après son arrivée sur le campus, Abe entame deux liaisons. D'abord avec Rita Richards (formidable Parker Posey), collègue en manque d'affection qui compte sur Abe pour lui faire oublier un mariage qui s'ankylose. Ensuite avec Jill Pollard, (lumineuse Emma Stone, déjà présente et épatante dans Magic in the moonlight). Elle est sa plus brillante étudiante et devient très vite sa meilleure amie dans cette ville où il ne connaît personne. Et même si Jill est amoureuse de son petit ami Roy, elle trouve très vite irrésistible le tempérament torturé et fantasque de ce prof imprévisible, capable de lui proposer une gorgée de bourbon en pleine journée au milieu du campus. Mais la phase dépressive d'Abe s'aggrave et malgré les avances de plus en plus pressantes de la belle étudiante, il la rejette.
C'est alors que le hasard bouscule le destin de nos personnages : Abe et Jill surprennent dans une cafétéria une conversation qui va les bouleverser. Elle pousse Abe à prendre une décision cruciale, qui va le rendre à lui-même, prêt de nouveau à jouir pleinement de son existence, persuadé d'avoir repris les choses en main. Mais cette décision aura d'autres conséquences…

Il est des artistes qui, comme un artisan perfectionniste, remettent sans cesse sur le métier leur ouvrage, recherchant la forme idéale, chaise après chaise, toile après toile, film après film. Woody Allen est un de ceux-là, un des plus éminents, en version stakhanoviste : un film par an, sans exception, depuis trente-trois ans ! Cette régularité de métronome entraîne forcément quelques réactions désabusées : « Déjà ! », « Encore ! », « Le dernier n'était déjà pas terrible », « Il n'a rien fait de vraiment bien depuis Match point »… bla bla bla. Laissons les bla-blasés faire la fine bouche. Pour notre part, nous préférons nous souvenir des multiples moments de pur bonheur et de vive intelligence que nous avons partagés avec le bonhomme. Nous choisissons le camp des modestes jouisseurs, appréciant à sa juste et haute valeur ce Woody Allen 2015. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi, dimanche 16h05 - jeudi, samedi, lundi 20h40 - vendredi, mardi 14h


Youth
YOUTHÉcrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...

Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament – Harvey Keitel – et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite – Michael Caine. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ? Cela dit, même à 80 ans, les choses ne sont pas si simples, surtout quand on a une grande fille qui est aussi son agent personnel et qui a des idées bien arrêtées sur ce qu'est la carrière d'un grand maître de la musique…

La présence de ces personnages dans ce lieu de rencontre naturel qu'est l'hôtel va permettre de multiples échanges qui seront source de réflexion et même d'évolution pour certains. La vie, la mort, la création, la beauté, le sens des choix que l'on fait, le temps qui passe, l'amitié, la paternité, l'amour, la fidélité, ce qui nous obsède, ce dont on se souvient, ce que l'on préfère oublier… autant de thèmes évoqués ou sous-entendus lors de ces discussions plus profondes qu'elles n'en ont l'air sur le moment. Cela n'empêche d'ailleurs pas nos octogénaires d'aborder des questions plus terre à terre, comme de s'enquérir chaque jour du nombre de gouttes qu'ils auront réussi à pisser ! Et l'on peut faire confiance à Paolo Sorrentino pour déployer tout au long du film une finesse, une subtilité, une tendresse, une drôlerie qui font tout son prix.
Ce nouveau film de l'italien Sorrentino est tourné en anglais et l'immense Michael Caine prend en quelque sorte le relais de Toni Servillo, l'acteur fétiche du réalisateur, dans le rôle de l'homme d'âge mur impassible, au regard affûté, qui occupe son temps à scruter les habitudes et les manies de ses semblables. Les autres acteurs sont tout autant à leur place dans l'univers de Sorrentino, Paul Dano, parfait, ou Harvey Keitel dont vous n'oublierez pas le face à face avec Jane Fonda.

Plus encore que dans ses précédents films, La Grande bellezza ou Il Divo, l'humour est ici très présent : il s'exprime essentiellement à travers des dialogues savoureux, mais aussi au détour de quelques épatantes trouvailles visuelles, qu'il s'agisse d'un tatouage que nous découvrons petit à petit ou de la surprise rencontrée par une petite fille dans une allée sombre de l'établissement… Bref, un qualificatif résume bien la forte impression que nous fait ce film : brillant ! (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi,vendredi, samedi et mardi à 18h10 et lundi à 20h10


Asphalte
ASPHALTERéalisé par Samuel BENCHETRIT
France 2015 1h40mn
avec Isabelle Huppert, Gustave Kervern, Valéria Bruni Tedeschi, Jules Benchetrit, Tassadi Mandi, Michael Pitt..

 

À coups de gags hilarants, de situations cocasses, de dialogues ciselés, Samuel Benchetrit réussit le tour de force de nous parler de sa banlieue sans la caricaturer et en bousculant les clichés. Son Asphalte est une merveille de comédie loufoque, intelligente et humaine, qui fuse en tous sens.
Qui dit immeuble dit ? Copropriété ! Qui dit copropriété dit ? Réunion des copropriétaires ! Le début des emmerdements donc ! Quoi de plus laborieux que d’essayer d’obtenir l’unanimité dans un tel groupe ? Eh bien là, pour une fois, c’est idyllique : tous sont d’accord pour se cotiser afin d’avoir enfin un ascenseur qui fonctionne. Tous ? Lorsque qu’on s’apprête à voter pour entériner la décision, un doigt désabusé se lève, le doigt d’un gros ours bourru apathique… « Oui ? Monsieur Sternkowitz ? » interroge le meneur de la réunion, découragé par avance… « Moi je suis pas d’accord » laisse tomber le gonze partisan de l'escalier pour tous, qui n'est autre que Gustave Kervern au sommet de son art de bougonneur magistral. Consternation, agacement, argumentation : conciliabule entre les autres usagers. Sentence : Sternkowitch est dispensé de mettre la main à la poche mais il lui est formellement interdit d’utiliser le dit monte-charge. Bien sûr, le destin va lui jouer un fameux tour, un retour de pédale pour son manque de solidarité ! Et l’entêtement de ce locataire du premier va prendre des proportions telles qu’on ne pourra que rire de ses malheurs en se disant que, décidément, certains on l’art de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Aux autres étages aussi il s’en passe, des choses ! De véritables tragi-comédies inattendues dans lesquelles l'absurde tutoie le poétique. Au troisième, c'est une grande actrice qui vient s'échouer, tel un cétacé en perdition, un peu désorientée d'être tombée de son piédestal (Isabelle Huppert, qui excelle décidément dans les rôles drôles). Un brin pimbêche mais d'une telle fragilité attachante que Charly, son voisin de palier, un ado joli comme un cœur, va venir à sa rescousse… C'est une rencontre gourmande entre ces deux êtres délaissés, où chacun met la barre haut, ne fait aucun cadeau à l'autre et l'oblige à se redresser. Mention spéciale à Jules Benchetrit, le fils du réalisateur, qui interprète Charly et fait une première apparition brillante au cinéma !
Chaque étage recèle ainsi sont lot d'humanité bariolée. Et même sur le toit, il y a de la vie ! Surtout quand un cosmonaute tombé du ciel atterrit sous le nez de junkies tellement stone qu'ils ne cillent même pas en apercevant capsule spatiale et parachute. Notre pauvre Yankee, paumé, à la recherche d'une âme secourable, sonne à la porte de Madame Hamida, un vrai bonheur de femme généreuse qui a le cœur sur la main, la langue bien pendue et du couscous à revendre. Trop heureuse de cette compagnie inespérée, la voilà qui se colle à ses tajines et essaie de lui faire avaler tous les plats qu’elle ne peut plus cuisiner pour son fils (de retour à la case prison). Notre agent de la NASA, qui ne pige mot, est d’abord méfiant : tout adorable qu’elle soit, cette dame est incontestablement arabe et donc possiblement « terroriste » ! Ce que redoute également son QG… Mais une sombre histoire de rivalité entre nations (pour la conquête des étoiles) fait que ses compatriotes sont prêts à laisser leur camarade en pâture à l'inconnue…

Plus loin, une infirmière au regard et à la voix extrêmement suaves (forcément : c'est Valéria Bruni Tedeschi) trompe l'ennui en faisant des ronds de fumée dans la solitude de la nuit… Jusqu'à l'arrivée d'un prince bedonnant chevauchant un étrange destrier, prince du bitume qui n'est autre que Sieur Sternkowitch, toujours en guerre contre son ascenseur, à moins que ce ne soit l'inverse ! (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : jeudi, lundi 14h et 18h15 - vendredi, mardi 16h05 et 20h40 - samedi 18h15 - dimanche 20h40


Lamb
LAMBEcrit et réalisé par Yared ZELEKE
Ethiopie / France 2015 1h34mn VOSTF
avec Rediat Amare, Kidist Siyum, Welela Assefa, Surafel Teka, Rahel Teshome, Indris Mohamed...
Pour les enfants à partir de 10 ans

L’enfant enfouit sa main dans la fourrure, l'animal est tout contre lui, chaud, rassurant, il sent son cœur qui bat la chamade à chacun de leurs pas qui vont en cadence, inséparables. Ephraïm et Chuni, le garçon et sa brebis. C’est une amitié comme seule l’enfance sait les faire naître, une amitié à la vie à la mort à laquelle les adultes ne peuvent rien comprendre… Ici sans doute encore moins qu’ailleurs, sur ces terres magnifiques et sauvages d’Ethiopie où l’homme doit arracher au sol sa pitance, dans la peine et la souffrance. Un animal est avant tout une richesse, une viande qui nourrit, pas un compagnon de route, ni un confident, ni un complice. Mais Ephraïm a su imposer à son entourage la douce et tendre relation qui l’unit à sa brebis. Il faut dire que Chuni appartenait à sa mère et sa mère vient de mourir… Avancer dans la vie avec Chuni, c’est un peu comme tenir encore un peu la main de celle qui le rassurait, le consolait, le berçait.

Mais les temps sont durs. La pluie n’est pas venue, le sol est sec, la famine guette. Il faut partir, quitter le village pour chercher du travail ailleurs, là où les cieux seront peut-être plus cléments. Ephraïm et son père partent, n’emportant rien car ils n’ont rien, rien excepté Chuni.
Confié à des parents éloignés, Ephraïm va devoir s’adapter à sa nouvelle vie, une vie qui ne lui plaît pas : pas assez de place pour rêver, plus de longues promenades, plus assez de temps collé contre sa brebis. C’est un garçon, on veut faire de lui un homme… Alors il va devoir travailler et le travail d’un homme, c’est la terre… Ephraïm, lui, préfère la compagnie des femmes et il est bien plus doué pour confectionner de délicieux beignets que pour manier la charrue.
Drôle de gamin, qui n’est nulle part à sa place mais qui garde, en dépit des vents contraires, suffisamment de force et de volonté pour surmonter sa solitude, sa peine et ses déboires. Car il n'est pas au bout de ses peines : bientôt, c’est jour de fête et la tradition veut que l’on sacrifie une bête…

Portrait initiatique tendre et doux d’un gamin aux grands yeux tristes confronté à la rudesse du monde des adultes, Lamb est une superbe histoire d’amitié. Mais c’est également la rencontre avec un pays dont on n’imaginait même pas qu’il pouvait être aussi beau… Et il est aussi question de la place des femmes dans une société largement patriarcale qui veut que les filles soient très vite mariées pour devenir à leur tour mères, puis épouses et cuisinières…
Pourtant, il y a un véritable espoir, incarné par le personnage de la cousine d’Ephraïm, gamine aux cheveux rebelles qui refuse d’être belle pour son prétendant désigné et qui préfère aux tâches ménagères la lecture des journaux. Les yeux pleins de rêves et d’envie d’ailleurs, elle et Ephraïm symbolisent peut-être le changement d’une société où il est possible, aussi, de rêver en cinémascope.


Lorgues : samedi 18h10, dimanche 20h15 et lundi 21h
 

Je suis à vous tout de suite
JE SUIS À VOUS TOUT DE SUITERéalisé par Baya KASMI
France 2015 1h40mn
avec Vimala Pons, Agnès Jaoui, Ramzy, Mehdi Djaadi, Laurent Capeluto, Claudia Tagbo, Camelia Jordana, Anémone...
Scénario de Baya Kasmi et Michel Leclerc

Il y a cinq ans, on s’était explosé les zygomatiques devant Le Nom des gens de Michel Leclerc, comédie trépidante, dont le personnage principal Bahia Benmahmoud, incarné par la foldingo Sarah Forestier, était une jeune militante de gauche très engagée et très libérée au point de coucher systématiquement avec des hommes de droite pour leur faire virer leur cuti politique. Un film hilarant qui s’offrait même Lionel Jospin en guest star pour une apparition réjouissante d’autodérision… Pour notre bonheur, Baya Kasmi, co-scénariste du Nom des gens, revient avec un personnage assez proche de celui de Bahia. Hanna, incarnée par la pétulante, drôle, sensuelle Vimala Pons (la serveuse qui enflamme Bruno Podalydès dans Comme un avion) est une jolie trentenaire pas forcément raccord ni avec l’idée qu’on peut se faire de ses origines ni avec son métier. Hanna est d’origine algérienne par son père (formidable Ramzy), « épicier social » de quartier (il se met en quatre pour satisfaire ses clients capricieux mais fauchés) mais malgré les quolibets et les sifflets, elle s’habille de manière très affriolante et vit une sexualité sans entrave.
Elle est Directrice des Ressources Humaines chez un grossiste en vins mais ne supporte pas de virer quelqu’un – elle a hérité de son père la névrose de la gentillesse – si bien qu’elle couche avec les licenciés pour les consoler ! Ce qui donne quantité de quiproquos rocambolesques, surtout quand un jeune médecin désemparé par la mort de sa mère croit reconnaître en elle un amour de lycée et qu’elle n’ose le contredire, allant jusqu’à l’accompagner jusqu’à la chambre mortuaire. Il faut dire qu’entre un père qui s’en veut à mort de ne pas avoir réussi à trouver un fruit du jacquier pour une cliente chinoise, une mère psy bénévole pour les chômeurs de la cité (Agnès Jaoui, impeccable), une grand mère arnaqueuse et adepte du chichon (géniale Anémone) et un frère de plus en plus barbu et de plus en plus obtus sur les préceptes religieux au point de vouloir repartir en Algérie… Hanna de quoi être un chouia déboussolée.

Je suis à vous tout de suite aurait pu être une simple comédie efficace avec des personnages typés et hauts en couleurs, mais Baya Kasmi va au-delà. On comprend peu à peu qu’un événement du passé a éloigné le frère et la sœur puis un autre survient, quelque peu dramatique, qui va les réunir et qui permet de faire basculer le film dans quelque chose de bien plus malin et subtil que la première demi-heure pouvait le laisser paraître. Sans stigmatisation ni angélisme, Je suis à vous tout de suite est, sur un registre volontairement comique, un des films les plus intelligents que l’on ait vus sur les questions d’identité pour cette deuxième génération d’immigrés. Comment parvient-on à se construire entre une partie de son cœur de l’autre côté de la Méditerranée et sa volonté de s’intégrer dans la société française qui vous montre des signes de rejets ?
Hanna et son frère ont des réactions opposées, mais Baya Kasmi se moque gentiment des deux avec tendresse, comme dans cette scène hilarante où les cousins algériens demandent au frère d’Hanna s’il revient d’Afghanistan vu son accoutrement. Ni le frère pourtant islamiste gratiné, ni la belle sœur voilée mais libre, intelligente et parfois guide pour son mari, ni Hannah avec tous ces excès et sa trop grande générosité sexuelle ne sont vus avec un jugement moral. Chacun a ses faiblesses, ses défauts, ses barrières mentales qui ne sont pas infranchissables et chacun fait comme il peut avec son identité, son passé et chacun finit par aller vers l’autre quand cela devient impérieux. Et c’est une belle et drôle leçon de tolérance et de vivre ensemble.

Salernes : samedi 20h30 et dimanche 18h


Mune Le gardien de la lune
MUNE le gardien de la luneRéalisé par Benoît Philippon et Alexandre Heboyan
Film d'animation France 2015 1h26mn
avec les voix de Omar Sy, Izïa Higelin, michael Gregorio
Pour les enfants à partir de 5 ans

Présenté en juin dernier à Annecy dans le cadre du festival d’animation, Mune, le gardien de la lune des réalisateurs français Benoît Philippon et Alexandre Heboyan nous incite à évoquer l’effervescence française qui germe actuellement dans le terreau fertile du cinéma d’animation. D’Hélène Giraud et Thomas Szabo (Minuscule, la vallée des fourmis perdues) à Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Phantom Boy) en passant par Franck Ekinci et Christian Desmares(Avril et le monde truqué, tout récent Cristal du long métrage à Annecy), les dernières productions hexagonales ont su se démarquer fièrement du tout-venant dicté par les standards hollywoodiens.
Mune, le gardien de la lune, avec cependant un potentiel plus tourné vers l’international, renferme lui aussi une singularité offrant un souffle unique à ce projet. Le duo Philippon/Heboyan donne vie à un monde féerique (un métissage rafraîchissant entre fantastique et fantasy) doté d’une créativité débordante. La mythologie de cet fable rêveuse truffée de créatures merveilleuses où il est possible de décrocher la lune et d’harponner le soleil enchante par ses étonnantes trouvailles esthétiques.

Depuis des temps immémoriaux, peuples du jour et de la nuit coexistent autour d’un équilibre instauré par les deux astres vénérés, sur lesquels veille un gardien. Quand Mune, un petit faune frêle et peu sûr de lui se voit désigné contre toute attente « gardien de la lune », son initiation à cette nouvelle fonction vire rapidement à la catastrophe. Les ratés se succèdent au point de mettre son monde en péril. Aidé de Sohone, le nouveau gardien du soleil (son parfait opposé : grand, fort, hardi auquel Omar Sy prête sa voix), ils vont devoir se confronter au retour du puissant Necross, titan de roche et de lave à l’âme corrompue qui voit dans les erreurs de Mune l’occasion de prendre sa revanche sur ceux qui l’ont jadis banni de la surface de la terre…
Malgré des intentions scénaristiques on ne peut plus classiques, Mune et ses personnages attachants, immergés dans un patchwork de couleurs splendides, va courtiser l’imaginaire des enfants en définissant les contours d’une belle ode à la responsabilisation emplie d’espoir et d’émotion. Les adultes apprécieront le savoir-faire auquel viennent se greffer en toute homogénéité quelques séquences d’animation traditionnelle. La proposition artistique offerte parMune le gardien de la lune se montre au bout du compte assez singulière et imaginative pour faire succomber un large public devant le charme de ce très joli conte lunaire. (d’après Pierre Vedral sur avoir-alire.com)

Salernes : samedi 18h et mardi 17h30
Le Vox (Fréjus) : mercredi, samedi et dimanche à 14h


Adama
ADAMARéalisé par Simon ROUBY
Film d'animation France 2015 1h22mn
Scénario de de Julien Lilti et Simon Rouby
Pour les enfants à partir de 9 ans

C’est un pari magnifique, presque insensé dans le monde souvent formaté du film d’animation. Le pari d’un conte initiatique qui s’enracine dans l’une des pages d’histoire les plus dramatiques du monde occidental moderne, mais à hauteur d’enfant. Le pari d’un récit au fil d’un extraordinaire voyage qui va des grands plateaux africains aux tranchées de Verdun. Le pari d’une animation aux mille et un visages, qui a su prendre le meilleur des techniques anciennes ou dernier cri sans perdre ni son âme ni sa générosité. Mais surtout le pari de miser sur l’intelligence, la curiosité, l’ouverture au monde et aux autres des jeunes spectateurs. C’est dire si nous recommandons plus que chaudement la vision en famille d’Adama qui parvient, avec poésie, force et beauté, à brasser des sujets complexes sans jamais être pesant ou donneur de leçons, et en gardant à l’esprit la dimension divertissante indispensable aux jeunes spectateurs.

C’est bien sûr de la guerre 14-18 qu’il s’agit, mais aussi et surtout de fraternité entre les peuples, en dépit des différences de culture ou de tradition… C’est donc l’histoire d’Adama, jeune gamin d’une douzaine d’année, qui vit dans un village isolé d’Afrique de l’Ouest. Au-delà des falaises, loin de l’univers serein régi par les traditions ancestrales, s’agite le Monde des Souffles. Là où règnent les Nassaras, les étrangers, les blancs – et, pourrait-on ajouter, les colons.
Une nuit, Samba, son frère aîné, disparaît. Il a décidé de partir rejoindre les troupes de l’armée française pour combattre un ennemi dont il ne connaît rien, dans un pays qui lui est totalement étranger. Adama, bravant l’interdit des anciens, décide alors de partir à sa recherche. Il entame, avec la détermination sans faille d’un enfant devenant homme, une quête qui va le mener au-delà des mers, au Nord, jusqu’aux lignes de front du conflit, dans un pays glacé et déjà défiguré par les combats. Nous sommes en 1916…

Le film est une invitation à partager une histoire commune à l’Europe et à l’Afrique. Il est dans sa forme même une expression artistique métissée. Adama n’est pas français, européen ou africain, il n’a d’autre nationalité que son identité artistique hybride, composée des influences graphiques et musicales de l’Afrique, de l’Europe, des Caraïbes, de l’Amérique… En ces temps de repli, de rejet, de confrontation parfois brutale entre les hommes, Adama saisit au vol l’épisode tragique d’une fraternité passée pour peut-être tenter de construire au travers du cinéma celle de demain.

Le Vox (Fréjus) : mercredi, samedi et dimanche à 17h55


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83300 Draguignan

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