Au(x) cinéma(s) du 5 au 11 octobre

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Bonjour à tous !

Pour ce mois d'Octobre, Entretoiles se penche sur le cinéma roumain : notre prochaine proposition, ce mercredi 5  est Le Trésor, film de Corneliu Porumboiu, récit d'un épopée surréaliste et absurde, et pourtant ancrée dans la réalité, un film "fin, subtil, touchant et irrésistiblement drôle". Et dimanche 16 octobre, notre proposition,  au CGR cette fois ci, sera un autre film roumain : Sieranevada de Crisit Puiu, l'histoire d'un repas familial chaotique, alternant rire et angoisse : le sujet n'est pas sans rappeler celui de Juste la fin du monde de Xavier Dolan...

Passons maintenant à ce que nous proposent nos écrans : au CGR le film "Cinéclub" est Nocturama, un film écrit bien avant les attentats, mais à l'actualité brûlante... Mais sinon, vous pouvez aussi voir le dernier film de Xavier Dolan Juste La Fin Du Monde, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2016, (et au Vox),  Cézanne et moi,  un récit intimiste et libre de l'amitié entre Cézanne et Zola, et Comancheria, de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des années..." .

Au Vox,  La Danseuse  de Stéphanie Di Giusto, Divines de Houda Benyamina, caméra d'or au Festival de Cannes 2016, un film "brillant, emballant, magnifiquement interprété" (aussi à Lorgues), Le Fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant (aussi à Salernes et Le Luc) et Brooklyn village, une superbe histoire d'amitié.

Ceux qui n'ont pas vu cet été La Tortue rouge film d'animation franco-japonais-belge, alors courez  vite au Vox: c'est un spectacle grandiose et d'une simplicité merveilleuse. Un petit boulot de Pascal Chaumeil ( à Salernes) un "polar acide et plaisant".

Signalons enfin la conférence d'Alexandre Pottier, dans le cadre de l'Université pour tous,  sur "L'identité américaine à travers l'histoire du western" le vendredi 14 octobre à 18h15 dans l'amphi de la fac de droit.

A Lorgues, dans le cadre des ciné débats citoyens, vous pourrez voir Norma Rae de Martin Ritt, un grand film social, humaniste et combatif.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 5 AU 11 OCTOBRE 2016

Affiche
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Le Trésor
Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU
Roumanie 2015 1h29mn VOSTF
avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu, Corneliu Cozmei, Cristina Toma...
Costi est un jeune père de famille, aimant, aimé et pas malheureux, mais un peu enfermé dans une vie domestique ronronnante et un boulot pas franchement passionnant. Et puis un soir, Adrian, un voisin qu'il connaît à peine, vient toquer à sa porte et solliciter son aide. Il est étranglé financièrement, accablé de dettes, et aurait besoin de huit cents euros pour se sortir de cette situation insoluble. Costi est touché mais forcé de refuser, cette somme est beaucoup plus qu'il ne peut se le permettre. L'autre revient à la charge et s'explique : ces huit cents euros sont en réalité un investissement pour acheter le matériel nécessaire à la recherche du magot que son arrière-grand-père aurait enterré avant l'arrivée des communistes dans le jardin de la maison familiale. Sa demande se mue alors en offre : en compensation de son investissement et de son aide pour aller déterrer le fameux magot, Adrian partagerait avec Costi la moitié de la fortune planquée par son ancêtre. Costi, que l'ennui guette et qui aime lire à son fils des contes et des histoires – celle de Robin des Bois notamment –, se laisse entraîner dans cette invraisemblable promesse d'aventure... lire la suite
Le Bucéphale (Draguignan) : séance Entretoiles le mercredi 5 octobre à 20h
affiche
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Sieranevada
Écrit et réalisé par Cristi PUIU
Roumanie 2016 2h53mn VOSTF
avec Mimi Branescu, Judith State, Bogdan Dumitrache, Dana Dogaru, Ana Ciontea...
Le nouveau film de Cristi Puiu (le grand nom, avec Cristian Mungiu, du cinéma roumain, réalisateur du mémorable La Mort de Dante Lazarescu), passionnant, foisonnant, virtuose, autour d'une cérémonie familiale censée rassembler et apaiser et qui tourne à la foire d'empoigne. Quarante jours après la mort de son père, Lary, médecin de son état, la quarantaine barbue et bourrue, vient passer son Samedi au sein de la famille réunie, comme le veut la tradition, pour saluer la mémoire du défunt. Ça commence sur les chapeaux de roues… avec une voiture pourtant à l’arrêt, garée en double file. La scène de micro-embouteillage crée d’emblée un double suspense. Pressés et agacés, les protagonistes se reprochent mutuellement leur retard au repas funéraire où ils sont attendus. L’habitacle de la voiture, comme plus tard l’appartement entre les murs duquel se passe la majorité du film, se transforme alors en cocotte-minute prête à imploser sous les règlements de compte familiaux... lire la suite
CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles dimanche 16 octobre à 19h30, suivi d'un apéritif dinatoire
Affiche
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Nocturama
Écrit et réalisé par Bertrand BONELLO
France 2016 2h10
avec Finnegan Oldfield, Vincent Rottiers, Hamza Meziani, Manal Issa, Martin Guyot, Jamil McCraven...
Sur le papier, le projet est brûlant, épineux, sulfureux : un groupe de jeunes gens commettent des attentats dans des lieux symboliques de Paris, puis se retranchent toute une nuit dans un grand magasin de la capitale. Dans les faits, Nocturama n'est pas où on l'attend. Certes, l'action se déroule dans un contexte politique avéré, mais Bertrand Bonello a délibérément choisi de ne coller à aucune réalité historique. Nocturama se place résolument du côté de la fiction, de l'imaginaire, voire du cauchemar, loin de toute lecture sociologique ou de tout regard journalistique sur les choses. D'ailleurs, l'activisme dans le film n'a rien à voir avec celui qui sévit en France en ce moment. Les personnages se rapprochent plutôt d'un sentiment insurrectionnel d'extrême-gauche, rappelant certains mouvements des années 70... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 5 et samedi 8 à 17h45, jeudi 6 à 13h30, vendredi 7 à 16h30, dimanche 9 à 20h, lundi 10 à 15h30, mardi 11 à 11h
Affiche
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Cézanne et moi
Écrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...
C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola. Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 5 et dimanche 9 à 18h et 20h15, jeudi 6 et mardi 11 à 11h, 15h45, 18h, et 20h15, vendredi 7 et lundi 10 à 11h, 18h et 20h15
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Juste La Fin Du Monde
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue... lire la suite
CGR (Draguignan) :mercredi 5, samedi 8 et mardi 11 à 16h, 18h et 20h - jeudi 6, vendredi 7 et lundi 10 à 11h15, 16h, 18h et 20h - dimanche 9 à 16h et 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 , jeudi 6 et dimanche 9 à 16h15, 18h30 et 20h45, vendredi 7 et mardi 11 à 14h, 18h30 et 20h45, samedi 8 à 15h45 et 18h30, lundi 10 à 15h et 17h45
Affiche
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi 6, vendredi 7, lundi 10 et mardi 11 à 13h30
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 5, vendredi 7 et mardi 11 à 16h15, jeudi 6 à 14h
Salernes : mercredi 5 à 18h
Le Luc : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 à 19h et samedi 8 à 20h30
Le Coeur régulier : Affiche
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Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...
De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 à 20h45, vendredi 7 et dimanche 9 à 14h et 18h30, samedi 8 et mardi 11 à 16h15 et 20h45, lundi 10 à 15h et 20h
Affiche
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La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista
La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 5,et samedi 8 à 14h, 16h15 et 20h45, jeudi 6 à 14h, 18h30 et 20h45, vendredi 7 et dimanche 9 à 16h15, 18h30 et 20h45, lundi 10 à 17h45 et 20h, mardi 11 à 14h et 18h30
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Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016

Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks ! Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 et mardi 11 à 16h15, dimanche 9 à 14h et lundi 10 à 20h
Lorgues : mercredi 5 à 21h, samedi 8 à 16h et dimanche 9 à 21h15
Affiche
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Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison
C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service... lire la suite
Salernes : jeudi 6 et samedi 8 à 20h30 et dimanche 9 à 18h
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Norma Rae
Réalisé par Martin RITT
USA 1979 1h53mn VOSTF
avec Sally Field, Ron Leibman, Beau Bridges, Pat Hingle, Barbara Baxley...
Scénario d’Irving Ravetch et Harriet Frank Jr. Prix d'Interprétation à Cannes 1979 et Oscar de la meilleure actrice pour Sally Field
orté par une magnifique Sally Field, Norma Rae est l'un des meilleurs films de ce cinéaste mésestimé, sinon méconnu, qu'est Martin Ritt. Mésestimé, méconnu, mais sûrement pas par nous, qui avons célébré comme il se doit la réédition de son chef d'œuvre, The Molly Maguires, en 2009. Norma Rae est devenu un classique du cinéma social américain, dans la grande tradition humaniste et combative du genre. Une vraie réussite, d'une constante justesse et d'une grande puissance d'émotion. 1978. Une petite ville traditionaliste du Sud des Etats Unis. Nom : Rae. Prénom : Norma. Âge : 32 ans. Profession : ouvrière à la filature. Situation de famille : divorcée, deux enfants. Vit chez ses parents, qui travaillent dans la même usine, comme d'ailleurs la quasi-totalité de la population. Comme tous, et peut-être un peu plus que tous, Norma mène une existence rude, rythmée par son boulot pénible, les courses, le train-train ménager, les soucis pour sa petite famille et les rares éclaircies des rares amours de passage... lire la suite
Lorgues : ciné débats citoyens jeudi 6 octobre à 20h
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La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans
Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 et samedi 8 à 14h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Le Trésor
Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU
Roumanie 2015 1h29mn VOSTF
avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu, Corneliu Cozmei, Cristina Toma...

Il y a une dizaine d'années, Corneliu Porumboiu était un des ces réalisateurs par lesquels nous découvrions la vitalité du jeune cinéma roumain, qui trustait alors les grands festivals de cinéma du monde entier et nous régalait de pépites aussi étonnantes que passionnantes. Nous fîmes sa connaissance à l'occasion de son premier film, 12h08 à l'est de Bucarest, lauréat en 2006 de la Caméra d'Or (prix du meilleur premier film, toutes compétitions confondues) au Festival de Cannes. Trois ans plus tard, nous retrouvions Corneliu sur la Croisette où son deuxième film, Policier, adjectif, gagnait le Prix du Jury de la sélection Un Certain Regard. Ces deux premiers films dévoilaient le talent d'un cinéaste qui s'attachait à ausculter l'histoire de son pays avec un vrai sens de la mise en scène et des dialogues, un cinéma d'une apparente austérité toujours contrebalancée par une fantaisie décalée et un humour pince-sans-rire réjouissants. Et puis nous l'avions un peu perdu de vue alors que ses deux films suivants, Métabolisme et Match retour, tendaient vers un conceptuel un peu trop aride à notre goût… Nous sommes donc bien contents de retrouver avec Le Trésor le Porumboiu que nous avons tant aimé !

Costi est un jeune père de famille, aimant, aimé et pas malheureux, mais un peu enfermé dans une vie domestique ronronnante et un boulot pas franchement passionnant. Et puis un soir, Adrian, un voisin qu'il connaît à peine, vient toquer à sa porte et solliciter son aide. Il est étranglé financièrement, accablé de dettes, et aurait besoin de huit cents euros pour se sortir de cette situation insoluble. Costi est touché mais forcé de refuser, cette somme est beaucoup plus qu'il ne peut se le permettre. L'autre revient à la charge et s'explique : ces huit cents euros sont en réalité un investissement pour acheter le matériel nécessaire à la recherche du magot que son arrière-grand-père aurait enterré avant l'arrivée des communistes dans le jardin de la maison familiale. Sa demande se mue alors en offre : en compensation de son investissement et de son aide pour aller déterrer le fameux magot, Adrian partagerait avec Costi la moitié de la fortune planquée par son ancêtre. Costi, que l'ennui guette et qui aime lire à son fils des contes et des histoires – celle de Robin des Bois notamment –, se laisse entraîner dans cette invraisemblable promesse d'aventure. Les deux compères se lancent donc dans la préparation de leur chasse au trésor, et particulièrement dans la recherche d'un indispensable détecteur de métaux qui leur sera livré avec un troisième larron pour le manipuler. Et voilà nos trois pieds-nickelés qui prennent la route jusqu'à la demeure de la famille d'Adrian…

Le Trésor est donc le récit de cette épopée aussi surréaliste et absurde qu'ancrée dans la réalité, révélatrice de la situation passée et présente de la Roumanie. Au fur et à mesure que les trois personnages s'enfoncent dans les complications et dans le trou qu'ils creusent sans relâche, Porumboiu dévoile avec intelligence les différentes époques qui ont marqué le pays et dont la maison familiale fut le témoin. Et si le suspense monte inexorablement quand les recherches s'approchent de leur but, les situations burlesques et les gags cocasses se multiplient alors que la tension s'installe entre les trois personnages épuisés par leurs efforts. Sans cesse surprenant jusqu'à un dénouement mêlant à l'ironie mordante une émouvante touche de poésie, Porumboiu réussit avec Le Trésor un film fin, subtil, touchant et irrésistiblement drôle, le retour en grande forme d'un réalisateur brillant et singulier. (Utopia)


Le Bucéphale (Draguignan) : séance Entretoiles le mercredi 5 octobre à 20h

 

 

Sieranevada
Écrit et réalisé par Cristi PUIU
Roumanie 2016 2h53mn VOSTF
avec Mimi Branescu, Judith State, Bogdan Dumitrache, Dana Dogaru, Ana Ciontea...

Le nouveau film de Cristi Puiu (le grand nom, avec Cristian Mungiu, du cinéma roumain, réalisateur du mémorable La Mort de Dante Lazarescu), passionnant, foisonnant, virtuose, autour d'une cérémonie familiale censée rassembler et apaiser et qui tourne à la foire d'empoigne.
Quarante jours après la mort de son père, Lary, médecin de son état, la quarantaine barbue et bourrue, vient passer son Samedi au sein de la famille réunie, comme le veut la tradition, pour saluer la mémoire du défunt.

Ça commence sur les chapeaux de roues… avec une voiture pourtant à l’arrêt, garée en double file. La scène de micro-embouteillage crée d’emblée un double suspense. Pressés et agacés, les protagonistes se reprochent mutuellement leur retard au repas funéraire où ils sont attendus. L’habitacle de la voiture, comme plus tard l’appartement entre les murs duquel se passe la majorité du film, se transforme alors en cocotte-minute prête à imploser sous les règlements de compte familiaux. L’autre forme de tension, plus discrète, provient de la mise en scène. Cette première séquence est filmée à distance, depuis l’autre bout de la route, comme par une caméra de surveillance. Une caméra qui n’entend pas tout mais qui voit tout.
Cristi Puiu filme en temps réel un repas familial chaotique réunissant une quinzaine de participants entassés dans cet appartement où chacun court et se bouscule. Abandonnant certains protagonistes pour se concentrer sur d’autres, la caméra passe de pièce et pièce, chacune étant le théâtre d’une sous-intrigue. Le réalisateur nous plonge dans cette famille affairée comme une fourmilière en panique. La caméra capte tout cela à hauteur d’homme, immergée et pourtant curieusement distante, comme si elle épousait le point de vue même du défunt et le regard ironique que celui-ci pourrait porter sur la vaine agitation des vivants.
De la recette de la soupe à l’histoire entière de la Roumanie communiste et même jusqu’au 11 Septembre : les membres de cette famille mettent tout sur la table, discutent de tout et n’arrivent à s’entendre sur rien. Au milieu d’une cacophonie accentuée par une radio que personne ne songe pourtant à éteindre (oh, du Ace of Base !), chacun tente de sauver les meubles et s’affaire à respecter les habitudes familiales et les rituels funéraires jusqu’à l’absurde. Jusqu’à décaler le véritable début du repas, sans cesse retardé dans un running gag absurde et kafkaien. On pense au Bunuel de L'Ange exterminateur ou du Charme discret de la bourgeoisie…

Sieranevada (ne cherchez pas à trouver une signification littérale au titre, Cristi Puiu l'a choisi avant tout pour sa sonorité et son étrangeté…) pratique avec brio l'art de la variation des registres : alternant rire et angoisse, la dérive de cette famille coincée entre héritage historique non résolu et traditions vides de sens a beau durer près de trois heures, elle est passionnante jusqu’au bout.

(G. Coutaut, filmdeculte.com)


CGR (Draguignan) : soirée Entretoiles dimanche 16 octobre à 19h30, suivi d'un apéritif dinatoire


Nocturama
Écrit et réalisé par Bertrand BONELLO
France 2016 2h10
avec Finnegan Oldfield, Vincent Rottiers, Hamza Meziani, Manal Issa, Martin Guyot, Jamil McCraven...

Sur le papier, le projet est brûlant, épineux, sulfureux : un groupe de jeunes gens commettent des attentats dans des lieux symboliques de Paris, puis se retranchent toute une nuit dans un grand magasin de la capitale. Dans les faits, Nocturama n'est pas où on l'attend. Certes, l'action se déroule dans un contexte politique avéré, mais Bertrand Bonello a délibérément choisi de ne coller à aucune réalité historique. Nocturama se place résolument du côté de la fiction, de l'imaginaire, voire du cauchemar, loin de toute lecture sociologique ou de tout regard journalistique sur les choses. D'ailleurs, l'activisme dans le film n'a rien à voir avec celui qui sévit en France en ce moment. Les personnages se rapprochent plutôt d'un sentiment insurrectionnel d'extrême-gauche, rappelant certains mouvements des années 70.
Il faut savoir que Bertrand Bonello a écrit ce film en 2011, au moment où il tournait L'Apollonide, bien avant les attentats contre Charlie Hebdo et au Bataclan. Il n’est donc pas une réponse à ces événements mais davantage une réflexion globale sur un climat d’extrême tension palpable au sein de la société française, sur les ambiguïtés profondes de ceux qui basculent dans l'action politique radicale, sur le désarroi d’une certaine jeunesse face à une marche du monde qui lui échappe.

Ce qui frappe en premier, c’est leur très jeune âge. À l'exception de deux d'entre eux, qui ont une dizaine d'années de plus, on leur donne à peine la vingtaine, l’un d’entre eux est encore un gamin. Ils sont une petite dizaine, garçons et filles, d’horizons et de milieux très divers. Rien ne les unit si ce n’est une aversion profonde pour la société et une pulsion de révolte impossible à canaliser.
Bertrand Bonello n’a pas souhaité décrire un mouvement en particulier mais réunir, à la manière d’un postulat, plusieurs profils autour d’un projet sans visage. La première partie du film se concentre sur la préparation et la mise en œuvre des attentats. L’efficacité du plan est impressionnante et la mise en scène d’horloger de Bonello le suit avec un rythme et une méticulosité spectaculaires. Les cibles, notamment, sont évocatrices : une bombe au Ministère de l’Intérieur, la mise à feu de la statue de Jeanne d’Arc, le meurtre du PDG d’HSBC France, une explosion dans la tour de Total dans le quartier d'affaires de La Défense. Bonello crée des images à la puissance symbolique ravageuse.
Puis le plan amène le groupe à investir la Samaritaine avec la complicité d’un vigile. A la tombée du soir, dans le magasin vidé de toute présence, les activistes se cloîtrent pour laisser passer la nuit et ainsi échapper à la traque de la police. Dans cette longue seconde partie, les jeunes gens se retrouvent confrontés à ce qu’ils n’avaient absolument pas prévu : l’attente. Coincés dans un monde des objets et un lieu phare de la logique consumériste qu’ils réprouvent, les individualités se dévoilent peu à peu…

Comme si l'actualité incontestable du film suffisait à lui donner sa pertinence politique, Nocturama se saisit de questions incandescentes pour les explorer sur un plan esthétique. Il y a dans la démarche de Bertrand Bonello quelque chose de l’ordre de la fascination, l’envie d'investir sur le mode artistique ces motifs qui intriguent, ces actions qui font peur. C’est que Nocturama n'est ni provocateur, ni visionnaire, mais tire sa force de sa précision formelle et analytique, de son art assumé du contrepoint. (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 5 et samedi 8 à 17h45, jeudi 6 à 13h30, vendredi 7 à 16h30, dimanche 9 à 20h, lundi 10 à 15h30, mardi 11 à 11h

Cézanne et moi
CÉZANNE ET MOIÉcrit et réalisé par Danièle THOMPSON
France 2016 1h56mn
avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Deborah François, Sabine Azéma, Alice Pol, Gérard Meylan, Laurent Stocker...

C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola.
Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée…
Alors bien entendu, on a connu plus sobre et plus intimiste dans les portraits au cinéma de grands artistes : Pialat quand il fait son inoubliable Van Gogh ou même Michel Bouquet quand il incarne Renoir au crépuscule de sa vie… Danièle Thompson est dans une autre démarche, plus flamboyante et son histoire est à l’image de cette amitié incandescente entre deux fougues inépuisables que rien ne semble freiner… alors oui bien sûr, parfois, on a un peu le tournis, ça s’enflamme et ça jaillit de tous côtés, ça explose souvent, ça va et vient entre les époques, les œuvres, les succès, les déceptions. Mais à chaque fois que le film semble s’alourdir, l’écriture reprend le flambeau du récit. Les dialogues sont ciselés avec une rare intelligence, le rythme est parfait, le ton juste et le verbe reprend toujours ses droits, portés par deux comédiens habités par l’aura de ces grands hommes.

Il faut dire qu’elle est intense, cette histoire d’amitié, elle ne connaît pas la tiédeur. Cézanne et Zola se rencontrent à Aix, ils ont treize ans et partagent les mêmes rêves, les mêmes utopies… tous deux montent à Paris, fréquentent les même quartiers : Montmartre, les Batignolles, tous deux crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, tous deux ont soif de reconnaissance et de gloire aussi… Mais alors que Zola va connaître rapidement le succès et devenir très vite « un auteur » reconnu et respecté, son ami Paul, impétueux, colérique, intransigeant avec son art et avec lui-même, ne parvient pas à percer et s’enferme peu à peu dans la posture de l’artiste incompris et maudit, bohème, éternellement fauché, irrémédiablement tourmenté. Danièle Thompson film cette douloureuse marche à contre-courant des deux hommes, l’un filant tranquillement vers la gloire avec tout le confort, la sécurité et les concessions que cela suppose, l’autre fuyant tout compromis, toute modération dans son rapport aux autres pour servir un art dont il sent pourtant qu’il est plus fort ou plus grand que lui, un art qui, comme le succès, lui échappe.
Au cœur du film, comme un point d’ancrage, il y a un roman de Zola, L’œuvre qui scellera définitivement la brouille entre les deux hommes. Une œuvre qui interroge précisément la place de l’artiste et de la création, mais pose au-delà le lien douloureux et complexe entre la fiction et le vécu. Pour la peinture, l’époque est passionnante : on y croise Monsieur Manet et les premiers peintres impressionnistes (que Zola, jeune critique d’Art défendra), on y croise aussi (bon d’accord, de loin) les tumultes politiques…

Au-delà d’un film sur l’œuvre (magistrale) de Zola ou sur la peinture (tout aussi majeure) de Cézanne, Cézanne et moi est finalement le récit intimiste et libre (quoique parfaitement documenté) de l’amitié entre Paul et Émile mise à l’épreuve du feu de la célébrité et de celui, peut-être plus dangereux encore, de l’orgueil. (Utopia)

CGR (Draguignan) : mercredi 5 et dimanche 9 à 18h et 20h15, jeudi 6 et mardi 11 à 11h, 15h45, 18h, et 20h15, vendredi 7 et lundi 10 à 11h, 18h et 20h15


Juste La Fin Du Monde
JUSTE LA FIN DU MONDEÉcrit et réalisé par Xavier DOLAN
Québec / France 2016 1h35mn
avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard...
D'après la pièce de Jean-Luc Lagarce. FESTIVAL DE CANNES 2016 : GRAND PRIX DU JURY

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990 alors qu’il se savait atteint du sida, ce sixième long-métrage de Xavier Dolan (vingt-sept ans cette année !) est son plus abouti, son plus fort à ce jour. Il saisit Louis, alter ego de l’auteur interprété par Gaspard Ulliel, dans un avion, tandis qu’en « off », la voix de l’acteur annonce le programme : revenir sur ses pas, retrouver sa famille, leur annoncer sa mort « prochaine et irrémédiable ». « En être l’unique messager… Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. »
Ce prologue funèbre diffuse sa terrible gravité dans la course folle qui suit, un voyage en taxi recomposé comme un flip book d’images filantes au son, poussé à plein volume, d’une musique conquérante, qui propulse le film sur sa rampe de lancement. Et nous voilà chez Martine (Nathalie Baye, impayable sous sa perruque noir corbeau), où tout le monde attend le retour du fils prodigue. Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. La rencontre de ce personnage qui vient pour annoncer sa mort et de ceux à qui il vient l’annoncer, qui attendent de sa part la promesse d’un avenir partagé, ne peut provoquer qu’un hurlement muet. On est par-delà l’incommunicable, dans la zone irréparable du déjà trop tard.

Douze ans que Louis n’a pas vu sa mère, ni son frère, ni sa sœur. Avec ces gens mal dégrossis, incapables de communiquer autrement que par l’invective ou l’insulte, l’homosexuel sophistiqué qu’il est, intellectuel brillant, doux et posé dans son rapport aux autres, ne partage rien. « J’ai peur d’eux », dit-il à un ami, au téléphone. Comment trouver non seulement la force, mais aussi, simplement, un moment pour prendre la parole dans ce climat délétère, très Dolan première époque, où personne n’écoute personne et où tout le monde se coupe en vociférant ? Ce régime d’hystérie à haute intensité n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde lors du Festival de Cannes…
C’est dommage, car malgré le poids de la situation qui vous cloue littéralement au fond de votre siège, c’est souvent drôle. Dans son rôle de « connard ascendant violent », Vincent Cassel, notamment, est dément. Dolan, en outre, a l’élégance d’offrir à ses spectateurs des échappées fantasques comme cette chorégraphie (très mal) improvisée par Léa Seydoux et Nathalie Baye au son d’un vieux tube d’O-Zone. Ou cette réminiscence lumineuse, provoquée par la découverte, dans la remise, du vieux matelas qui accueillit jadis les amours de Louis et de Pierre, dit Joli-Cœur.

Dans la gabegie qui masque mal le champ de ruines de cette famille rongée par la souffrance, la honte et le ressentiment qu’a nourris le vide laissé par un dieu vivant qui fut un jour des leurs, la mise en scène baroque de Dolan travaille les creux ; réveillant, ici, dans un échange de regards furtif, la mémoire d’une complicité ; révélant, là, l’indicible à la surface d’une alternance hallucinée de gros plans de visages. Elle exprime ce que les personnages sont incapables de dire eux-mêmes. Elle raconte en silence que la bouleversante Catherine (merveilleuse Marion Cotillard) – épouse hypersensible et souffre-douleur d’Antoine que tout le monde prend pour une idiote – a compris la raison de la visite de Louis, que les autres, murés dans leurs névroses, ne s’expliqueront jamais.

(I. Regnier, Le Monde)

CGR (Draguignan) :mercredi 5, samedi 8 et mardi 11 à 16h, 18h et 20h - jeudi 6, vendredi 7 et lundi 10 à 11h15, 16h, 18h et 20h - dimanche 9 à 16h et 18h
Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 , jeudi 6 et dimanche 9 à 16h15, 18h30 et 20h45, vendredi 7 et mardi 11 à 14h, 18h30 et 20h45, samedi 8 à 15h45 et 18h30, lundi 10 à 15h et 17h45


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


CGR (Draguignan) : jeudi 6, vendredi 7, lundi 10 et mardi 11 à 13h30

Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 5, vendredi 7 et mardi 11 à 16h15, jeudi 6 à 14h
Salernes : mercredi 5 à 18h
Le Luc : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 à 19h et samedi 8 à 20h30


Brooklyn Village
Écrit et réalisé par Ira SACHS
USA 2016 1h25mn VOSTF
avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Theo Taplitz, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Alfred Molina...

De fait, c'est de Brooklyn Brownstone qu'il sagit dans ce très joli film, ainsi appelé à cause du grès rouge qui caractérise ses maisons anciennes (xixe siècle) devenues récemment, après rénovation, la coqueluche des milieux les plus favorisés qui se sont mis à affluer dans ce coin de New-York, faisant flamber les prix, chassant plus loin les fauchés qui s'y concentraient jadis…
Brian est un acteur talentueux, mais c'est sa compagne qui fait bouillir la marmite. A la mort de son père, qu'il ne voyait guère, il hérite dans ce quartier de Brooklyn d'une maison que, de sa vie, le couple n'aurait jamais pu s'offrir. Une aubaine que ne goûte guère Jake, leur ado de treize ans, qui doit quitter Manhattan où il avait copains et habitudes.

Heureusement au rez-de-chaussée de l'adorable maison, il y a une couturière et son fils, Tony, et les deux garçons accrochent tout de suite : l'un rêve d'être artiste, l'autre d'être acteur, ils vont vite prendre l'habitude de faire le chemin jusqu'à leurs cours, l'un en roller l'autre en skate, de partager leurs chambres qu'un tout petit étage sépare, mangeant chez les parents de l'un ou la mère de l'autre… Et sur ce déracinement si mal vécu en son début par Jake se construit une de ces chouettes amitiés qui vous illuminent une vie.
Côté parents, la sympathie avec la couturière est immédiate : de toute évidence elle était très proche du père qui oubliait d'ailleurs de lui faire payer son loyer, déjà pas très gros. La confection n'est plus ce qu'elle était, et elle a beau s'user les yeux et les doigts à la tâche, Leonor, immigrée d'origine latino américaine, qui élève seule son gamin, n'aurait jamais pu rester là si elle avait dû assumer la grimpette incessante des coûts de l'immobilier… Problème bien connu sur toute la planète et particulièrement dans nos pays gavés, où le travail se concentre dans et autour des villes, attirant une foultitude de personnes en demande de boulot mais dont les salaires ne suivent pas l'augmentation constante du coût de la vie… Les grandes villes, riches de musées, de manifestations culturelles, de festivités diverses, deviennent peu à peu des réserves de nantis et le fossé se creuse inexorablement, tandis que les tensions montent, entre ceux qui ont accès à tout et ceux qui n'ont pas grand chose.
Mine de rien, c'est l'histoire de l'évolution de nos sociétés qui se joue là à Brooklyn village. Ils sont sympas les parents de Jake, mais ils ont besoin de sous… Surtout le père, qui conçoit une forme d'humiliation à gagner moins que sa femme : ne serait-il pas juste qu'à l'occasion de cet héritage tombé du ciel, il rétablisse un peu une égalité financière des apports ? Sans oublier sa sœur qui voudrait bien profiter elle aussi de l'aubaine… Alors peu à peu les relations vont se tendre entre les nouveaux proprios et leur locataire qui ne peut répondre à leurs nouvelles exigences. Jake et Tony, bien loin de ces préoccupations, n'apprécient guère, les relations entre générations se détériorent et Jake entame une grève de la parole, ne répondant plus à ses parents…

Superbe, cette histoire d'amitié, mais pas simple de répondre à la question : a-t-on encore les moyens de vivre au niveau d'aussi jolis sentiments, est-il encore possible que l'amitié puisse survivre à cette nouvelle lutte des classes ? Jack et Tony se tiennent, main dans la main, sur l'abîme qui se creuse entre leurs géniteurs. Savent-ils à quel point leur amitié est précieuse et combien elle va leur manquer s'ils se laissent avaler par les conflits des grands ? (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 à 20h45, vendredi 7 et dimanche 9 à 14h et 18h30, samedi 8 et mardi 11 à 16h15 et 20h45, lundi 10 à 15h et 20h


La Danseuse
Réalisé par Stéphanie Di GIUSTO
France 2016 1h48mn
avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp...
Scénario de Stéphanie Di Giusto, Sarah Thibau et Thomas Bidegain, d'après le livre de Giovanni Lista

La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.

Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli... (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 5,et samedi 8 à 14h, 16h15 et 20h45, jeudi 6 à 14h, 18h30 et 20h45, vendredi 7 et dimanche 9 à 16h15, 18h30 et 20h45, lundi 10 à 17h45 et 20h, mardi 11 à 14h et 18h30


Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau.
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016


Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks !
Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !

Qu'attendre d'une société qui relègue une partie de ses gosses à la case « banlieue », citoyens de seconde zone, dès leurs premiers pas ? L'avenir consisterait à avaler des couleuvres, tenter de s'intégrer sagement aux rares places accessibles dans le monde du salariat ? Et quoi d'autre ? Se fondre dans des tenues moulantes ou sous un voile selon les fantasmes des mecs auxquels on veut plaire ? Décidément Dounia n'est pas dupe. La voilà partie pour se frayer son propre chemin de traverse à travers cette jungle d'hypocrisie, en compagnie de sa plus fidèle amie Maimouna. Ensemble elles forment le plus pur des duos, un tandem façon Laurel et Hardy au féminin, aux répliques savoureuses. L'une aussi grande et forte que l'autre est gringalette. Tour à tour effrontées ou tendres, gentilles mais jamais serviles. Au lieu de le subir, voilà qu'elles soutiennent le regard des garçons, qui les matent « comme des big macs au milieu du ramadan ». Mieux, elles décortiquent leurs gestes, se les approprient, les reproduisent : embryons de caïds sans jupons, indomptables !
Et naturellement, de combine en combine, leurs pas vont les porter dans l'antre de la big boss, la dealeuse du quartier : Rebecca… Celle qui se paye les plus beaux gosses et se fend d'une petite claque sur leurs fesses pour les renvoyer à la case Kent, jouet sexuel, façon : « Hey poupée, va m'attendre à côté, j'ai des affaires sérieuses à traiter ! ». Maimouna et Dounia sont estomaquées et admiratives : c'est comme si, soudain, la docilité et la domination pouvaient changer de camp. Rebecca les prend d'abord de haut, ces merdeuses, les toise, puis, décidément… le culot de Dounia fait pencher la balance. Après les avoir testées, elle les affranchit, les endurcit, leur apprenant à être toujours moins impressionnables… Rien ne paraît pouvoir faire vaciller la détermination de Dounia. Si ce n'est cette rencontre, avec Djigui, un danseur fascinant et hypnotique, qu'elle épie, s'ouvrant à un univers artistique, chargé d'une sensualité inconnue jusque là…
Mais le plus bel amour de l'histoire reste celui des deux âmes sœurs, fidèles à la vie, à la mort : Dounia et Mamounia, qui nous font sourire, éclater de rire, pleurer, nous bouleversent et donnent envie de bastonner toutes les injustices. Dans leur fusion il y a un message universel, qui tire vers le haut, le sacré… les rend définitivement divines.

C'est un film brillant, emballant, interprété par des actrices incroyablement efficaces et justes malgré leur jeune âge. Des têtes bien faites tout droit élevées au dessus de 1000 visages, association crée par la réalisatrice pour promouvoir un cinéma plus représentatif de la richesse et la diversité de notre pays. (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 à 18h30, jeudi 6 et mardi 11 à 16h15, dimanche 9 à 14h et lundi 10 à 20h
Lorgues : mercredi 5 à 21h, samedi 8 à 16h et dimanche 9 à 21h15


Un petit boulot
Réalisé par Pascal CHAUMEIL
France 2016 1h39mn
avec Romain Duris, Michel Blanc, Gustave Kervern, Alex Lutz, Alice Belaïdi, Charlie Dupont, Philippe Grand'Henry...
Scénario de Michel Blanc avec la collaboration de Frantz Bartelt, d'après le roman de Iain Levison

C'est une réjouissante comédie noire et grinçante, d'autant plus savoureuse qu'on en voit peu de cet acabit dans le cinéma français. La tradition dans le genre est plutôt anglo-saxonne (le scénario est d'ailleurs adapté d'un roman de l'américain d'origine écossaise Iain Levison) ou belge. Ou alors il faut remonter aux polars parodiques et anars des années soixante, dont les plus réussis étaients souvent dialogués par Michel Audiard.
Iain Levison situait son intrigue dans une petite ville industrielle de l'Amérique profonde dévastée par le transfert au Mexique de l'entreprise locale. Ici on est en France, dans une bourgade dont la brique rouge et les cités ouvrières rappellent le Nord des dures années de désindustrialisation et de misère sociale. L'usine du coin, qui fournissait l'essentiel du travail, a fermé, pas assez rentable, et les salariés sont restés sur le carreau. Jacques (qui a le charme gouailleur de Romain Duris) fait partie de ces victimes collatérales. Fuyant la débine, sa copine l'a plaqué, le vent peut parcourir son frigo entre les quelques bières restantes. Pas folichon tout ça. Heureusement il a quelques potes pour lui remonter le moral, comme Tom (formidable Gustav Kervern), à peine mieux loti après avoir accepté d'être surexploité comme gérant d'une station service.

Dans ces conditions, difficile de refuser un petit boulot, surtout quand il peut vous rapporter près vingt mille euros en une journée. À ce tarif, inutile de vous dire que ce n'est pas n'importe quel petit boulot : Gardot, le bookmaker-mafieux local demande à Jacques de tuer sa femme adultère. Il lui fait sa proposition dans une scène aux dialogues savoureux : « Pourquoi tu me demandes ça à moi ? — Parce que tu es un ami » répond Gardot. D'ailleurs l'humour noir et très efficace du film réside essentiellement dans ce personnage de Gardot, un truand à l'ancienne, capable de buter son homme de main sur un simple soupçon, mais aussi de s'inquiéter de tous ses amis et de se montrer affable, avec un air débonnaire de bon bourgeois affublé de petits chiens ridicules. Un rôle savoureux que le scénariste-dialoguiste Michel Blanc a mitonné aux petits oignons pour Michel Blanc l'excellent acteur. Romain Duris, qui se bonifie comme un vieil Armagnac, lui donne parfaitement la réplique dans le rôle de l'ouvrier bon gars qui se laisse embarquer par nécessité dans une spirale meurtrière. Parce que c'est bien connu : quand on a tué une fois, on peut remettre ça plus facilement. Et tant mieux si ça permet de se débarrasser du cadre sadique (savoureusement incarné par Alex Lutz) envoyé par la compagnie pétrolière pour chercher des poux dans la tête de son ami Tom !

Au fil d'un scénario qui dit plein de choses sans en avoir l'air, Pascal Chaumeil livre un polar acide qu'on suit avec plaisir au premier degré sans jamais oublier l'arrière plan bien présent : les ravages du capitalisme sauvage face auxquels l'ouvrier floué pourrait être tenté de réagir en sortant le calibre (la présence de Gustave Kervern aidant, on pense évidemment au bien aimé Louise-Michel de lui-même et Benoît Delépine, à voir ou revoir en Vidéo en Poche)…


Salernes : jeudi 6 et samedi 8 à 20h30 et dimanche 9 à 18h


Norma Rae
imageRéalisé par Martin RITT
USA 1979 1h53mn VOSTF
avec Sally Field, Ron Leibman, Beau Bridges, Pat Hingle, Barbara Baxley...
Scénario d’Irving Ravetch et Harriet Frank Jr. Prix d'Interprétation à Cannes 1979 et Oscar de la meilleure actrice pour Sally Field

Porté par une magnifique Sally Field, Norma Rae est l'un des meilleurs films de ce cinéaste mésestimé, sinon méconnu, qu'est Martin Ritt. Mésestimé, méconnu, mais sûrement pas par nous, qui avons célébré comme il se doit la réédition de son chef d'œuvre, The Molly Maguires, en 2009. Norma Rae est devenu un classique du cinéma social américain, dans la grande tradition humaniste et combative du genre. Une vraie réussite, d'une constante justesse et d'une grande puissance d'émotion.

1978. Une petite ville traditionaliste du Sud des Etats Unis. Nom : Rae. Prénom : Norma. Âge : 32 ans. Profession : ouvrière à la filature. Situation de famille : divorcée, deux enfants. Vit chez ses parents, qui travaillent dans la même usine, comme d'ailleurs la quasi-totalité de la population. Comme tous, et peut-être un peu plus que tous, Norma mène une existence rude, rythmée par son boulot pénible, les courses, le train-train ménager, les soucis pour sa petite famille et les rares éclaircies des rares amours de passage…
Lorsqu'un syndicaliste de New York arrive dans le patelin, la population réagit avec une vive méfiance, voire une franche hostilité, d'autant que l'homme est Juif… Norma sera l'une des premières à comprendre l'urgence et la nécessité de l'implantation d'une section syndicale à la filature. Au risque de briser le tout récent équilibre familial qu'elle vient de se trouver, elle s'engagera totalement dans ce combat quotidien, dont elle sent qu'il peut donner un nouveau sens à sa vie, et à celle de ses camarades d'usine…
Constante justesse disions-nous plus haut : filmée de l'intérieur, l'organisation de la lutte apparaît dans toute sa quotidienneté, dans toute sa vérité humaine. En montrant les mille et un élans et reculs de ses personnages, en soulignant les joies, les incertitudes, les lassitudes… en même temps que l'indéracinable espoir, Martin Ritt exprime toute la sève des situations en refusant tout effet facile, toute dramatisation superflue. Son récit est tout en nuances, servi par une mise en scène aussi discrète qu'efficace, qui saisit à nu les protagonistes dans leurs moindres gestes, sans jamais les isoler du contexte général dans lequel ils évoluent, sans jamais les réduire au statut de simples marionnettes au service d'une quelconque démonstration. Pas de doute décidément : un grand film social humaniste et combatif.
(d'après La Revue du Cinéma 1979)

Lorgues : ciné débats citoyens jeudi 6 octobre à 20h


La Tortue rouge
Réalisé par Michael DUDOK DE WIT
Film d'animation France / Japon / Belgique 2015 1h20mn
Scénario de Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran. Pour les enfants à partir de 8 ans

Trop souvent et injustement cantonné dans la case enfantine, alors qu'il sait déborder du cadre avec une imagination folle, c’est pourtant bel et bien le cinéma d’animation qui a cueilli notre émotion et notre émerveillement sans crier gare lors du récent Festival de Cannes, grâce à trois films splendides. Deux que vous découvrirez un peu plus tard dans l'année : La Jeune fille sans mains et Ma vie de courgette. Et le plus magnifique des trois, dont il est ici question et qui va vous enchanter dès le 29 Juin : La Tortue rouge.
C’est un film sans paroles mais peuplé de sons, de musique et des bruits de la vie. Un film qui s’adresse à tous, adultes, adolescents et enfants pas trop petits, un film qui vous transporte ailleurs, dans un univers fait d'invention, de sérénité et de poésie. De l'invention et de la poésie, il y a en dans chaque plan de La Tortue rouge… Une invention subtile, tout en douceur, mais qui sait aussi être spectaculaire – l'extraordinaire séquence du tsunami –, une poésie simple, minimaliste, aussi évidente que le trait d’encre noire porté par la main de Picasso quand il dessine un oiseau, aussi naïve que les traits délicats et presque inachevés dans les tableaux de La Princesse Kaguya, le chef d'œuvre d'Isao Takahata, qui a prêté son concours attentif à La Tortue rouge.

Il ne s'est pas trompé, le studio Ghibli, quand il a accordé sa confiance et apporté son soutien et ses compétences à Michael Dudok de Wit, réalisateur plus tout jeune et pourtant débutant dans le long métrage, après plusieurs courts multi-primés (Le Moine et le poisson, Père et fille). Il y a dans La Tortue rouge toute la beauté onirique des films de Miyazaki et surtout de Takahata, en même temps qu'un sens certain de l’épure propre à la culture japonaise. Économie des traits qui vont droit à l’essentiel, palette délicate et douce de couleurs dont les nuances ténues imposent à l’œil une attention de chaque instant : tout dans cette histoire nous tire vers le haut, au diapason de la belle et fière exigence indispensable à la réussite de ce bijou de l'animation.
Un homme, seul rescapé d'un naufrage, échoue sur le sable d'une île aussi désertique que tropicale. Une fois réveillé, il s'active : explorer l’île, trouver de quoi survivre, se faire chatouiller les orteils par les crabes… et tenter coûte que coûte de construire un radeau pour partir. Mais à chaque tentative, une tortue rouge vient heurter son embarcation de fortune et l'empêcher de prendre le large, le ramenant à chaque fois sur la plage. Elle semble être son ennemie, ce sera en réalité sa seule alliée. Car nous sommes dans un film d’animation, là où tout devient possible. De la tortue rouge éclot une femme. L’homme n’est plus seul. L’histoire peut continuer, se poursuivre, filer le temps de cette nouvelle humanité qui commence.

Chacun pourra lire cette histoire à sa manière, chacun y glissera l’écho de sa propre sensibilité, de ses propres croyances peut-être. Quel que soit l'angle d’approche, quel que soit l’âge du spectateur, le spectacle sera grandiose… et d'une simplicité merveilleuse. L’instinct de vie plus fort que tout, la force de la nature qui n'a d'égale que celle de l’amour, le temps qui passe, les liens d’humanité, l’envie farouche de découvrir le vaste monde… On trouve tout cela sous la carapace rouge de la tortue, et bien plus encore, il suffit juste d’avoir envie d'être un brin curieux.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 5 et samedi 8 à 14h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

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