Au(x) cinéma(s) du 6 au 13 septembre

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Bonjour à tous !

Tout d'abord, commençons par vous parler des 2 prochaines propositions Entretoiles :
le 12 septembre au Bucéphale, venez nous rejoindre pour voir avec nous Chaque jour que Dieu fait de de Paolo Virzi, une comédie romantique pleine de sens et d'intelligence.
Et le 18 septembre au CGR, une soirée "Suède", liée à d'autres événements suédois de ce weekend des 17 et 18 septembre là à Draguignan, et en partenariat avec l'Association Culture Provence Suède. Avec à 18h30 My skinny sister, une délicate chronique de l'amour entre 2 sœurs. Puis à 21h Le Lendemain, présenté au Festival de Cannes, et salué par la critique sur la solitude d'un adolescent paria. Comme à l'habitude, un apéritif dinatoire sera servi entre les 2 films, mais cette fois-ci, ce sera un apéritif suédois offert par l’Association et Ikéa.

Le film "ciné-club" proposé par CGR cette semaine est Ma Loute de Bruno Dumont avec Fabrice Lucchini, plus cabotin que jamais... Mais vous pouvez aussi voir dans le programme ordinaire de CGR Comancheria, un film américain de David Mackenzie, "un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres...". Il est en VF seulement au CGR et en VO au Vox.
Au Vox, le dernier film de François Ozon, Frantz, un très beau film romanesque,  Le Fils de Jean, de Philippe Lioret,  sensible, inattendu et très émouvant, et le film d'animation Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur, qui aborde très joliment la question des droits de l'enfant.
Et pour le moment les petits cinémas de nos villages ne publient pas encore leur programme : peut-être n'ont-ils pas fait leur rentrée !

Voilà ! Et puis nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 7 AU 13 SEPTEMBRE 2016

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Chaque jour que Dieu fait
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2012 1h35mn VOSTF
avec Luca Marinelli, Federica Victoria Caiozzo, Micol Azzurro, Claudio Pallitto, Stefania Felicioli...
Scénario de Francesco Bruni, Paolo Virzi et Simone Lenzi, librement inspiré de son roman La Generazione
Ça pourrait être le bonheur… ça devrait être le bonheur puisque Guido et Antonia ont ce dont tout le monde rêve : l'Amour ! Il est le plus adorable et le plus lunaire des hommes : patient, gentil, cultivé… Veilleur de nuit dans un hôtel, il étudie les langues anciennes, a toujours des histoires à raconter… Elle est charmante, instable, impatiente, rêve d'être chanteuse avec de bonne probabilités d'y arriver (d'ailleurs c'est elle qui a fait la musique du film), travaille le jour comme vendeuse de voiture, chante le soir… et chaque matin il la réveille en lui racontant à sa sauce l'histoire du saint du jour (d'où le titre original : tutti i santi giorni). Bref, ces deux-là ne manquent pas de centres d'intérêt, on ne s'ennuie pas avec eux et leur vie pétille avec en perspective un avenir jamais ennuyeux... lire la suite
Le Bucéphale (Draguignan) : lundi 12 septembre à 20h
Affiche
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My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...
Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr... lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre, SOIRÉE SUÈDE
Affiche
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Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...
Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier...
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CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE
Affiche
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Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016
C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 7 à 18h, jeudi 8 à 15h45, vendredi 9 à 13h30, samedi 10 à 17h45, dimanche 11 à 20h, lundi 12 à 13h30, mardi 13 à 11h15
Affiche
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Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VOSTF/VF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan
C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit... lire la suite
CGR (Draguignan) : en VF uniquement tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 20h et 22h15
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 7 à 20h45, jeudi 8 à 18h30, vendredi 9 et dimanche 11 à 14h et 20h45, samedi 10 à 18h40, lundi 12 à 16h15 et 20h, mardi 13 à 14h et 18h30
Affiche
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Le Fils de Jean
Réalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois
Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 8 et lundi 12 à 14h, 16h et 18h, vendredi 9 à 14h, 16h15 et 18h30, dimanche 11 à 14h, 16h15 et 20h45, mardi 13 à 14h, 16h et 20h45
Le Coeur régulier : Affiche
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Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...
L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.
.. lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 14h,16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 8, dimanche 11 et mardi 13 à 16h, 18h30 et 20h45, vendredi 9 à 14h, 18h30 et 20h45, lundi 12 à 14h, 16h15; 18h30 et 20h45
Affiche
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Toni Erdmann
Écrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...
Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.
La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 à 15h40, jeudi 8 et mardi 13 à 20h, samedi 10 et dimanche 11 à 15h40
Peur de rien : Affiche
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Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Réalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF
Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants. Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments.
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 à 14h


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Chaque jour que Dieu fait
Réalisé par Paolo VIRZI
Italie 2012 1h35mn VOSTF
avec Luca Marinelli, Federica Victoria Caiozzo, Micol Azzurro, Claudio Pallitto, Stefania Felicioli...
Scénario de Francesco Bruni, Paolo Virzi et Simone Lenzi, librement inspiré de son roman La Generazione

Ça pourrait être le bonheur… ça devrait être le bonheur puisque Guido et Antonia ont ce dont tout le monde rêve : l'Amour ! Il est le plus adorable et le plus lunaire des hommes : patient, gentil, cultivé… Veilleur de nuit dans un hôtel, il étudie les langues anciennes, a toujours des histoires à raconter… Elle est charmante, instable, impatiente, rêve d'être chanteuse avec de bonne probabilités d'y arriver (d'ailleurs c'est elle qui a fait la musique du film), travaille le jour comme vendeuse de voiture, chante le soir… et chaque matin il la réveille en lui racontant à sa sauce l'histoire du saint du jour (d'où le titre original : tutti i santi giorni). Bref, ces deux-là ne manquent pas de centres d'intérêt, on ne s'ennuie pas avec eux et leur vie pétille avec en perspective un avenir jamais ennuyeux…
Mais voilà, il y a les hormones et surtout la pression sociale et familiale omniprésente, lancinante : autour d'Antonia, toutes les filles pondent des bambins dodus et rigolards et semblent lui répéter à longueur de rencontres : qu'est-ce qui ne va pas pour que leur joli couple n'ait pas trouvé à leur amour ce prolongement qu'on dit indispensable à l'épanouissement de toute femme, un Bébé ?

Il n'y pensait pas vraiment, et c'est elle qui s'interroge la première : après six ans d'amour, il n'est pas possible qu'elle n'en ait pas envie… il leur faut un enfant. Mais ils ont beau s'en donner à cœur joie, le ventre d'Antonia reste obstinément plat. Pourquoi n'y arrivent-ils pas ? Ovocytes flemmards, spermatozoïdes flappis… Le meilleur gynéco de Rome (celui qui travaille pour le Pape !) est sollicité pour passer au crible spectogrammes, échographies et trouver la solution à la crise… Antonia s'impatiente, les rapports s'enveniment : leur bel amour, leur grand amour serait-il menacé par une incapacité à rejoindre la cohorte des heureux parents de bébés insupportables et braillards ? Pourront-ils un jour décliner la litanie des dimanches en famille où « lorsque l'enfant paraît… son doux regard qui brille fait briller tous les yeux… » ?

Au départ du film, il y a le livre de Simone Lenzi, La Generazione, probablement en partie autobiographique, qui interroge sur le désir d'enfant et le pourquoi du manque, le parcours du combattant que représente la procréation assistée, la différence d'approche de la question entre l'homme et la femme… « la vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience dangereuse, le jugement difficile »… c'est l'épigraphe qui ouvre le livre et qui pourrait annoncer le film aussi : comme quoi une comédie romantique peut aussi brasser les préoccupations humaines les plus fondamentales…
Paolo Virzi cherchait une comédienne qui soit d'abord une bonne chanteuse, mais pas trop connue pour rester crédible dans son rôle, une fille du sud qui n'aurait pas de racines à Rome… Federica Victoria Caiozzo a été le choix parfait au point que c'est elle qui a écrit la musique du film. Thony, le nom porté au générique, est son pseudonyme de chanteuse et elle n'est pas le plus petit atout du film. (Utopia)


Le Bucéphale (Draguignan) : lundi 12 septembre à 20h


My skinny sister
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35mn VOSTF
avec Rebecka Josephson, Amy Deasimont, Annika Hallin, Henrik Norlén, Maxim Mehmet...

Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille et la bouille joufflue de la rouquine Stella, épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec l'enfance. Stella a douze ans et c'est une pré-ado comme bien d'autres : grande gueule, un peu trop boulotte, pas assez conforme aux modèles imposés pour être à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on dit tout pour elle : grande et svelte, un visage de nymphe scandinave, elle s'est en plus hissée, à force de travail opiniâtre, au rang d'espoir local du patinage artistique, un sport prestigieux entre tous dans son pays, un sport auquel elle sacrifie tout son temps libre et l'essentiel de son énergie, aux côtés de son entraîneur étranger qui fait rêver la môme Stella, en vain bien sûr…

Tout pourrait continuer ainsi, dans cette espèce de déséquilibre familial harmonieux où chacun trouve finalement sa place, cahin-caha, malgré petites bisbilles et menues jalousies… Mais on sent bien, dans le volontarisme forcené de la patineuse, sa soif perpétuelle d'exercice, ses obsessions culinaires que s'installe un malaise de plus en plus palpable.
My skinny sister, au titre évocateur même pour l'anglophile balbutiant (skinny = maigre), pose un très beau regard sur un fléau qui touche des millions d'adolescentes, leur famille, leurs amies : l'anorexie, une maladie qui s'accompagne le plus souvent du terrible déni de l'intéressée, laquelle finit par se couper du reste du monde, parfois avec agressivité, toute à son obsession morbide. Il montre aussi à quel point les proches ne se doutent pas de la gravité de la situation jusqu'au jour, souvent tardif, où la maladie a fait des ravages profonds, tant physiologiques que psychologiques. Tout cela est traité avec une grande authenticité, une grande justesse et on n'est pas du tout étonné que la réalisatrice déclare « avoir une expérience personnelle des troubles alimentaires…

Mais ce qui est très beau dans My skinny sister, c'est qu'il échappe avec grâce au film à thèse sur l'anorexie pour s'épanouir en une très belle et très délicate chronique de l'amour entre deux sœurs et des tourments de l'adolescence. Avec ses moments bouleversants mais aussi ses moments extrêmement drôles et impertinents, à l'image de l'imprévisible et craquante Stella. On rit de bon cœur à l'audace de la gamine qui drague ouvertement le prof de patinage de sa sœur à qui elle dédie des poèmes licencieux. Et face au désarroi des parents qui, entre coercition et dialogue, ne savent plus quoi faire pour enrayer la spirale infernale dans laquelle s'enferme leur fille aînée, c'est bien leur irréductible benjamine qui, avec son énergie et son appétit de vivre, va peu à peu sauver Katya, envers et contre tout, et d'abord envers et contre elle-même… (Utopia)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 18h30, SOIRÉE SUÈDE


Le Lendemain
Écrit et réalisé par Magnus von HORN
Suède/Pologne 2015 1h42mn VOSTF
avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren, Wieslaw Komasa...

Il a une gueule d'ange, des cheveux blonds, un sourire doux qui, en temps normal, devraient faire craquer les filles. Mais tout le monde a peur de lui… Après deux ans d'internement dans une prison pour mineurs, John retourne vivre dans la ferme de son père, dans le centre de la Suède. Par manque de communication entre le père et le fils, les retrouvailles ne son pas chaleureuses.
John a tenu à se réinscrire dans son ancien lycée, aux côtés de son petit frère, pour mieux retrouver sa vie d'avant. La proviseure, bien que réticente, et son professeur principal sont prêts à lui donner une seconde chance. Mais ses camarades de classe le rejettent. L'un des élèves en particulier ne manque pas une occasion de l'humilier…
Quel crime horrible a bien pu commettre l'adolescent pour être l'objet d'une telle haine ? Magnus von Horn, l'auteur de cet impressionnant premier film, distille les indices au compte-gouttes avec une maîtrise de vieux routier du scénario : pas d'explications psychologiques dans les rares et courts dialogues. L'incertitude habilement entretenue sur le passé maintient une tension permanente. On sent à tout moment que la violence, contenue tant bien que mal par les appels au calme des enseignants, peut éclater…

La mise en scène, par ses cadres oppressants, sa lumière glacée (superbe photo du Polonais Lukasz Zal, le chef opérateur d'Ida, disponible en Vidéo en Poche) exprime constamment la solitude de John, en proie à l'incompréhension de ses proches et à l'intolérance des lycéens.
Le jeune cinéaste, décidément très prometteur, a aussi un sens du casting surprenant. Pour incarner son héros paria, il a choisi un chanteur pour adolescentes très populaire en Suède. Dans ce premier rôle au cinéma, Ulrik Munther compose un personnage buté, opaque, qui voudrait se fondre dans la masse mais en est systématiquement exclu. Qui rêve de se faire oublier mais, rongé par la culpabilité, est en quête de rédemption…

(S. Douhaire, Télérama)


CGR (Draguignan) : dimanche 18 septembre à 21h, SOIRÉE SUÈDE


Ma Loute
Écrit et réalisé par Bruno DUMONT
France 2016 2h02mn
avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavievillle, Raph, Didier Despres, Thierry Lavieville, Caroline Carbonnier...
Sélection officielle, en compétition, Festival de Cannes 2016. Photographie magnifique de Guillaume Deffontaines

C'est l'apothéose de la transformation d'un cinéaste que l'on savait magnifiquement inspiré mais que d'aucuns trouvaient plombant (Fabrice Luchini, qui a pas mal hésité avant d'accepter de tourner dans Ma Loute, le désignait d'ailleurs comme « un Rohmer austère, ou un Truffaut qui ne voulait pas faire d'entrées ! »). Bruno Dumont, cinéaste nordiste primé à Cannes pour L'Humanité et Flandres, admiré pour La Vie de Jésus ou Hors Satan, autant de films splendides mais n'invitant en effet pas franchement à la rigolade, est devenu le roi de la comédie policière déglinguée depuis P'tit Quinquin, mini série pour Arte où des sales gosses, sorte de Club des Cinq ch'ti et trash, suivaient l'enquête maladroite de flics d'opérette sur des crimes commis entre les blockhaus de la Côte d'Opale. Ma loute creuse ce sillon en l'amplifiant, en lui donnant une dimension dantesque : c'est à la fois tordant et terrifiant.

Nous sommes en 1910 dans la baie de Slack, quelque part entre Boulogne sur Mer et Calais, lieu de villégiature estivale pour les bourgeois de la métropole lilloise qui viennent profiter des bains de mer et des falaises offrant une vue imprenable sur les côtes britanniques, 40 km en face. Les Van Peteghem font partie de ces envahisseurs privilégiés. André (Luchini), industriel pompeux qui se pique de son bon goût pour l'architecture et les automobiles, vient là accompagné de son épouse, la fragile Isabelle (Valeria Bruni-Tedeschi), de leur deux filles et de leur neveu Billie. Complèteront bientôt le tableau des bourgeois en vacances le frère de Madame, Christian, et la sœur de Monsieur, Aude.
Mais le séjour va être perturbé par de mystérieuses disparitions en série de touristes, sur lesquelles enquête un duo de limiers aussi gauches qu'imbéciles, l'éléphantesque inspecteur Machin et son maigre adjoint Malfoy, les Laurel et Hardy de la police locale. Se pourrait-il que les Beaufort, famille de pêcheurs de moules de la baie – qui, idée surréaliste, font aussi office de porteurs pour les estivants qui ne veulent pas se mouiller les pieds –, aient quelque chose à se reprocher ? La relation naissante entre Ma Loute, le fils des pêcheurs, et Billie Van Peteghem, qui s'habille en fille dès qu'il (elle ?) en a l'occasion et qui dégage un charme pour le moins troublant, a-t-elle un lien quelconque avec l'affaire ? Nous n'en dirons pas plus tant le scénario réserve quelques surprises… que nous qualifierons pudiquement de perturbantes…

Car Bruno reste Dumont et il ne faut évidemment pas vous attendre à une plaisante comédie familiale. Comme annoncé plus haut, Ma Loute est à la fois hilarant, jouant à fond le jeu du comique grotesque et dévastateur – on saluera ici la performance histrionesque des trois « vedettes » à qui Dumont fait subir un traitement de choc – et terrible, d'un pessimisme célinien. D'un côté la nullité vaniteuse de la bourgeoisie dégénérée, de l'autre la misère bornée des prolétaires. Ma Loute, c'est donc le mélange détonant de la caricature burlesque, de la comédie policière à la Gustave le Rouge, le créateur de Chéri Bibi, des brûlots antibourgeois d'un Octave Mirbeau (Journal d'une femme de chambre) ou d'un Georges Darien (Le Voleur) et de la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel. Ce qui nous amène tout naturellement à signaler la beauté renversante des images composées par Bruno Dumont et son chef opérateur Guillaume Deffontaines, qui nous offrent des plans magnifiques des paysages du Nord, lumière irréelle, couleurs pastels, horizon bas…


CGR (Draguignan) : mercredi 7 à 18h, jeudi 8 à 15h45, vendredi 9 à 13h30, samedi 10 à 17h45, dimanche 11 à 20h, lundi 12 à 13h30, mardi 13 à 11h15


Comancheria
Réalisé par David MACKENZIE
USA 2016 1h42mn VF/VOSTF
avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland, Katy Mixon, Margaret Bowman...
Scénario de Taylor Sheridan

C'est un formidable polar, le meilleur qu'on ait vu depuis des lustres. Qui se déroule dans des décors de western. Les deux genres grâce auxquels le cinéma américain nous a laissé quelques uns de nos plus impérissables souvenirs de spectateur. Alors qu'on finissait par se dire que le Hollywood actuel avait perdu la main sur ce terrain (laissant l'intelligence et l'invention aux séries télé), Comancheria fait figure de divine surprise et nous procure un plaisir sans partage. Jubilatoire parce qu'il respecte les codes indispensables : les grands espaces écrasés par le soleil, deux frères dissemblables mais unis à la vie à la mort, des braquages, un duo de flics – un vieux shérif et son partenaire de sang indien ! –, le suspense de l'enquête et de la poursuite. Passionnant parce que, comme tout bon film noir qui se respecte, il brosse un tableau sans concession de la société américaine, de son rêve délavé, confisqué par les banques, de ses laissés pour compte qui n'ont d'autre alternative que de crever la gueule ouverte ou devenir des héros de faits divers. Dans le nouvel Ouest toujours aussi sauvage, les bandits les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit.


Les deux frères : Tanner et Toby Howard. L'eau et le feu. Le chien fou et l'homme raisonnable. Tanner, l'aîné, a toujours fait les 400 coups, il a bourlingué, il est sorti de prison depuis peu. Toby est resté dans leur coin natal de l'Ouest du Texas, il a accepté son sort, a continué à s'occuper de la ferme familiale qui n'a cessé de péricliter. Les deux frères s'étaient perdus de vue mais aujourd'hui ils sont réunis et ils ont décidé d'agir ensemble parce qu'ensemble ils sont plus forts. Leur mère vient de mourir – leur père, on n'en parle pas, c'était une brute, un odieux. Leur ferme est hypothéquée des fondations à la cheminée, la banque va la saisir dans quelques jours s'ils ne trouvent pas l'argent pour payer les traites. Et elle fera un maximum de profits supplémentaires grâce au pétrole qu'on a découvert récemment sur leurs terres. Pas question d'accepter ça qui est inacceptable. Toby et Tanner vont s'improviser braqueurs, ils vont dévaliser les petites succursales de la Texas Midlands Bank jusqu'à réunir la somme nécessaire pour récupérer le seul bien qui a jamais appartenu à leur famille de péquenauds texans. Avec la satisfaction de payer le banquier avec l'argent qu'il lui auront dérobé ! Mais leur scénario de robins des bois du Texas va évidemment avoir des ratés…
Les deux flics : le Texas Ranger Marcus Hamilton et l'adjoint Alberto Parker. Hamilton est un vieux de la vieille, à deux coudées de la retraite. Il en faut beaucoup pour le désarçonner, surtout depuis que les shérifs ne vont plus à cheval mais en pickup à quatre roues motrices. Les deux ahuris qui commettent ces braquages pour des cacahuètes, il les a calculés d'emblée : des amateurs, des gagne-petit, des désespérés. Il suffit de les guetter au bon endroit et d'attendre l'erreur qu'ils feront inévitablement. Son partenaire Parker est d'accord avec lui, même s'il est plus circonspect, plus prudent, moins péremptoire. Il mènerait volontiers une enquête un peu plus minutieuse, serait enclin à s'attacher davantage aux détails, aux indices, bref à tout ce qui fait le quotidien du boulot d'un policier. Mais il connaît son Hamilton par cœur, il sait bien que ça ne sert à rien de ne serait-ce que penser à le contredire. De même que ça ne sert à rien d'essayer de répliquer à toutes les vannes que dégaine le vieux shérif à propos de ses origines comanches… Quel duo ! Impayable…

Comancheria raconte cette équipée et cette poursuite avec un panache qui nous emporte. Sans détourner les yeux du côté tragique de l'histoire tout en faisant la part belle à un humour qui fait mouche. Avec aussi une vraie tendresse pour ses personnages, tous caractérisés avec beaucoup de soin, d'intelligence et de sensibilité. Même les seconds rôles sont traités avec une attention qui les fait exister et les rend attachants : on pense en particulier à ces deux serveuses de restaurant, qui ne font que passer et qu'on n'oublie pas. (Utopia)


CGR (Draguignan) : en VF uniquement tous les jours à 11h, 13h30, 15h45, 20h et 22h15
Le Vox (Fréjus) : en VO mercredi 7 à 20h45, jeudi 8 à 18h30, vendredi 9 et dimanche 11 à 14h et 20h45, samedi 10 à 18h40, lundi 12 à 16h15 et 20h, mardi 13 à 14h et 18h30



Le Fils de Jean
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Philippe LIORET
France/Québec 2016 1h38mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario Philippe Lioret et Nathalie Carter, librement adapté de Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois 

Avec un tel titre, on se doute qu'il y a là-dessous une histoire de paternité. Mais si l'intrigue paraît de prime abord classique, la subtilité avec laquelle elle est mise en scène est peu commune. Nul besoin de grandiloquence pour tenter une percée au fond de l'âme humaine. Sous le miroitement serein du moindre lac grouille une vie insoupçonnable. Le visage de Mathieu reflète ainsi le calme apparent des eaux profondes. Ce trentenaire n'est pas un sanguin, un qui fonce tête baissée. Le quotidien qu'il s'est bâti est à son image, régulier, paisible, comme inébranlable, rythmé par le son du réveil, les moments complices avec sa compagne et son gamin, puis son travail à Paris. Si ce n'est pas du bonheur, ça en a du moins la saveur et Mathieu ne donne pas l'impression de vouloir autre chose de la vie. Jusqu'à cet étrange coup de téléphone qui va agir par ricochet et venir égratigner le fragile vernis de l'oubli. Au bout du fil la voix d'un homme qui lui annonce le décès d'un inconnu, son père, Jean. Mathieu prend cette annonce avec l'apparente neutralité qui lui est coutumière, sans presque sourciller. Pourtant c'est comme si un pavé était venu réveiller un manque, tapi au fond de la mare des secrets de famille. Instantanément le jeune homme décide d'aller à l'enterrement de son géniteur, à la rencontre de ses frères, au Canada. Quand il l'annonce à son interlocuteur, qui s'appelle Pierre, ce dernier fait tout pour l'en dissuader, arguant que ce serait un choc pour l'entourage du défunt (qui était son meilleur ami) d'apprendre l'existence d'un enfant illégitime… Mais rien n'y fait et la détermination de Mathieu est telle que Pierre finit par n'avoir d'autre choix que d'aller l'accueillir à contre-cœur à l'aéroport de Montréal.

Mal à l'aise et contrarié, il reçoit ce grand enfant naturel comme un chien dans un jeu de quilles, espérant toujours le bouter loin de là, se montrant récalcitrant dans ses réponses, dressant de Jean et de ses proches des portraits anguleux, au couteau, factuels, ne laissant aucune accroche sentimentale ou nostalgique à un Mathieu animé par le désir d'en découvrir plus sur l'auteur de ses jours et sur cette fratrie qui lui tombe du ciel. Pour éviter d'avoir à expliquer sa présence et ses liens ici, Pierre le case d'abord dans un hôtel impersonnel.
Mais on se doute vite que cette situation ne pourra pas durer et qu'il est illusoire de vouloir cacher à tous, indéfiniment, l'existence de cet autre fils de Jean. C'est d'abord à ses propres femme et fille que Pierre devra présenter le charmant garçon et le fait que ces deux sentimentales l'adoptent d'emblée le mettra encore plus sur la défensive. D'autant que Mathieu voudra bientôt mettre à exécution une nouvelle idée saugrenue : partir à la recherche du corps du disparu en compagnie de ses frangins. Comment expliquer à ces derniers, sans que cela paraisse suspect, la présence et l'insistance d'un Français surgi de nulle part qui, au lieu de jouer les touristes, préfère venir sonder le fond d'un lac avec de stricts inconnus ? C'est là, au milieu de la nature majestueuse qui ramène les humains à leur fragilité que l'aventure prendra une tournure inattendue… et particulièrement émouvante.

Il suffit parfois d'une brise modeste pour faire vibrer un simple bout de roseau et l'emplir d'une musique qui nous dépasse. Le scénario de Philippe Lioret n'avait besoin que du souffle d'acteurs formidables pour toucher à l'universel… Le jeu de Gabriel Arcand et Pierre Delalonchamps (qui interprètent respectivement Pierre et Mathieu) est tout en retenue sensible. Ils tiennent l'intrigue jusqu'au bout, lui donnant une vraie densité, la chargeant d'émotions sous-tendues qui procurent de beaux frissons. (Utopia)

 

Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 8 et lundi 12 à 14h, 16h et 18h, vendredi 9 à 14h, 16h15 et 18h30, dimanche 11 à 14h, 16h15 et 20h45, mardi 13 à 14h, 16h et 20h45

Frantz
Écrit et réalisé par François OZON
France / Allemagne 2016 1h53mn VOSTF
avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Marie Gruber, Johann Von Bülow, Anton Von Lucke, Cyrielle Clair, Alice de Lencquesaing...

L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.

Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l'absence, jusqu'à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d'Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d'Adrien n'est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ?
François Ozon a été inspiré par la pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite au lendemain de la Guerre, quand la France voulait croire en une paix et une réconciliation possibles… Cette pièce avait déjà inspiré Ernst Lubistsch pour l'un de ses films les plus méconnus, Broken Lullaby (1932). Dans les deux cas, c'est le jeune Français qui était le personnage central, par qui le lecteur / spectateur suivait le déroulement du récit. Ozon, grand dramaturge des femmes, a fait de la jeune Anna le cœur de son film : magnifique personnage (incarné par une actrice tout aussi magnifique : Paula Beer) à la fois passionné et rigoureux, en proie aux plus grands tourments avant de trouver une juste voie. Face aux traumatismes de la guerre, qui ont laissé les hommes comme des enfants peureux, c'est bien la femme qui domine la situation…

Tourné majoritairement dans un très beau noir et blanc qui donne une réelle authenticité à cette Allemagne se réveillant péniblement de la guerre (on pense à la saga Heimat d'Edgar Reitz, on pense aussi au Ruban blanc de Haneke), Frantz est un très beau film romanesque, qui évoque l'espoir – peut-être vain – dans la réconciliation de peuples qui se sont récemment déchirés, qui dit le tourment des âmes prises dans la fureur de l'histoire et qui peuvent se fourvoyer, se désespérer, se racheter, s'élever, se mentir… (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et samedi 10 à 14h,16h15, 18h30 et 20h45, jeudi 8, dimanche 11 et mardi 13 à 16h, 18h30 et 20h45, vendredi 9 à 14h, 18h30 et 20h45, lundi 12 à 14h, 16h15; 18h30 et 20h45


Toni Erdmann
NAHIDÉcrit et réalisé par Maren ADE
Allemagne 2016 2h42mn VOSTF
avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Thomas Loibl...

Ami jeune réalisateur/trice, tu crois qu’il est difficile voire impossible de faire un film à la fois hilarant et bouleversant ? Tu crois tout aussi périlleux de tenter un hommage conjugué à la famille et ses liens inaliénables et à la liberté la plus débridée ? Eh bien demande quelques conseils à Maren Ade, jeune réalisatrice allemande (son précédent film Everyone else, pourtant auréolé de deux récompenses au Festival de Berlin était étrangement passé inaperçu lors de sa sortie en France), notre chouchoute de la compétition du dernier festival de Cannes, incroyable oubliée du Palmarès.

La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques. Winfried est un sexagénaire atypique, mais assez emblématique d’une génération qui s’est battue contre le modèle capitaliste, pour la libération sexuelle, contre les normes établies et l’éducation traditionnelle. Il est professeur de musique plus ou moins dilettante et, se fichant comme d’une guigne de ce qu’on attend de lui. Sa fille Inès est tout ce que son père n’a jamais voulu être. Parfait produit de la réussite économique allemande, elle travaille pour un cabinet d’audit à Bucarest où elle conseille des entreprises locales pour les aider à licencier au plus vite et sans bavures. Elle mène une vie confortable et amorale, dénuée d’amour et d’idéal…
Mais le cours des choses va changer quand Winfried débarque à l’improviste à Bucarest, ce qui exaspère au plus haut point la jeune femme. Au sommet de l’incommunicabilité, croyant s’en être débarrassée au bout de quelques jours, elle le voit redébouler sous les atours d’un personnage de substitution, Toni Erdmann, perruque ridicule et dentier factice proéminent : Winfried/Toni se fait passer pour un éminent « coach » et il va s’immiscer dans le milieu professionnel vermoulu de sa fille où des hommes d’affaires toujours plus impitoyables se partagent entre soirées dans des clubs de strip tease et réceptions chez l’ambassadeur. N’ayant pas vraiment le choix, Inès joue le jeu et se trouve entraînée dans des scènes ubuesques.

Petit à petit père et fille vont néanmoins se rapprocher autour d’une question simple : c’est quoi le bonheur ?
L’immense force du film tient à son côté gentiment malséant et décalé. Hilarant par sa maîtrise du burlesque de certaines situations mais plaçant aussi le spectateur dans une situation gênante, au fur et à mesure des mystifications de plus en plus énormes du père qui permet enfin à sa fille (la formidable Sandra Hüller) de se révéler à elle-même et d’assumer pleinement sa place de femme indépendante dans un monde dominé par l’argent et le sexisme. Le pari était de réaliser un film aussi drôle qu’émouvant ? Pari tenu haut la main ! (Utopia)

Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 à 15h40, jeudi 8 et mardi 13 à 20h, samedi 10 et dimanche 11 à 15h40


Iqbal, l'enfant qui n’avait pas peur
Afficher l'image d'origineRéalisé par Michel FUZELLIER et Babak PAYAMI
Film d'animation Italie France 2016 1h20mn VF

Le cinéma d'animation sait, bien mieux que les fictions de chair et d'os, parler aux jeunes spectateurs de sujets délicats quand les adultes, familles ou enseignants, peinent à trouver les mots justes. Iqbal a été conçu, en partenariat avec l'UNICEF, pour cela : aborder auprès des plus jeunes la question des droits des enfants, de l'esclavagisme moderne et plus particulièrement celle, malheureusement toujours d'actualité, du travail des enfants.

Malgré un sujet dur, Iqbal est donc une oeuvre destinée aux plus jeunes : son rythme, ses personnages, sa poésie, sa naïveté, ses couleurs répondent parfaitement aux codes habituels du dessin animé traditionnel.
Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Mais un jour, tout va changer : son frère tombe malade et sa famille n'a pas d'argent pour acheter les médicaments. Croyant bien faire, Iqbal part pour la ville à la recherche d'aide. Mais il va croiser le chemin d'odieux personnages sans scrupules et sans coeur, prêts à tout pour faire de l'argent sur le dos des plus démunis, en l’occurrence les enfants pauvres, corvéables à souhait, qu'ils exploitent dans une manufacture de tapis aux allures de prison. Mais le jeune garçon a de la ressource, et beaucoup d'espoir.

Ce film est librement inspiré de l’histoire vraie d'Iqbal Masih, enfant pakistanais réduit à l’esclavage dès ses quatre ans pour rembourser la dette familiale. A 9 ans, il fuit l’usine de tapis dans laquelle il travaille enchaîné douze heures par jour. Grâce à un avocat, Iqbal devient à dix ans l'une des figures mondiales de la lutte contre l’esclavage moderne, multipliant les interventions dans des conférences internationales pour l’UNICEF ou encore devant les Nations Unies à New-York. Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais fermera plusieurs dizaines de fabriques de tapis où travaillaient des enfants dans des conditions d’esclavage, en libérant ainsi plus de 3 000. Mais à douze ans Iqbal est assassiné par la « mafia du tapis » pakistanaise, dans son village, alors qu’il faisait du vélo... (Utopia)


 Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 à 14h


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358 chemin du peyrard
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