Au(x) cinéma(s) du 7 au 13 février 2018

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Bonjour à tous !

Voici les prochains événements proposés par Entretoiles, à noter au plus vite dans vos agendas !

Ce dimanche 11 février  soirée sur le thème "Enfance innocente ?" avec I Am Not a Witch de Rungano Nyoni, un film très fort sur les prétendues sorcières de Zambie et Menina de Christina Pinheiro, un film qui parle de sujets graves avec légèreté. Et bien sûr, toujours l'apéritif offert par Entretoiles entre les 2 films. À ce dernier sujet, nous ne pouvons que vous inciter à apporter votre (délicieuse) contribution à ce buffet !

Vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 mars, un mini festival sur le thème "Amérique du sud", avec 4 films : vendredi 23 mars Mariana de Marcela Saïd et l'intervention de Téo Saavedra, directeur des Nuits du Sud à Vence et écrivain chilien, samedi 24 mars Citoyen d'honneur de Mariano Cohn et Gaston Duprat, et  El Presidente de Santiago Mitre avec un apéritif Entretoiles spécial "Amérique du Sud", et dimanche 25 mars 7 jours à La Havane par 7 réalisateurs différents, suivi de l'intervention de Francisco Tulu, peintre cubain.  CGR proposera un pass pour les 4 films à 19€ pour les adhérents et 30€ pour les non adhérents. Cochez déjà les dates sur vos agendas !

Au CGR cette semaine en ciné-club, Les Gardiennes de Xavier Beauvois, portrait de femmes soudées par la nécessité se survivre pendant la guerre de 14-18  et hors ciné-club en VF, hélas, Pentagon Papers, un film puissant sur l'indépendance de la presse de Steven Spielberg, et Le maître est l'enfant de Alexandre Mourot, un film intéressant sur la pédagogie Montessori (aussi à Salernes).

Au Vox à Fréjus, vous pouvez voir 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh, un film et un scénario formidablement réussis, L'Insulte de Ziad Doueiri, un film d'une intelligence rare, magnifiquement interprété, Gaspard va au mariage de Anthony Cordier,un film d'une drôlerie poétique, Marie Curie de Marie Noelle Sehr, un beau biopic sur la célèbre chercheuse, et In the Fade de Fath Akin, une fiction passionnante et sombre (aussi à Lorgues et au Luc).

À Lorgues, La Douleur d'Emmanuel Finkiel, d'après le récit de Marguerite Duras, un film magnifique, contemporain et accessible et Les heures sombres de Joe Wright, un film passionnant et exaltant (bientôt en ciné-club au CGR).

À Salernes, L'Intelligence des Arbres, un documentaire de Guido Tolke et Julia Dordel.

Les prochains films ciné club au CGR seront :  La Promesse de l'Aube et Les heures sombres : que du bonheur !

Bonne semaine de cinéma ! Profitez bien de tous ces films.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).
Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement dans votre boîte (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)

PROGRAMMATION DU 7 AU 13 FEVRIER 2018

 

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I Am Not a Witch
Écrit et réalisé par Rungano NYONI
Zambie 2017 1h34mn VOSTF
avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...
Depuis le Haut Moyen Âge jusqu’au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu’elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd’hui mais loin d’ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l’on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d’y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable... lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février à 18h, suivi de l'apéritif Entretoiles
Affiche
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Menina
Réalisé par Cristina PINHEIRO
France 2017 1h37mn
avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda, Thomas Brazete, Sarah-Lou Verlhac, Camille Constantin...
Scénario Cristina Pinheiro, Laura Piani et Ghislain Cravatte
Voilà un film qui réconciliera toutes les générations tout en ne prenant pas les enfants pour des quiches à coups de clichés un peu trop guimauves. Menina parle de sujet graves (le racisme, la maladie, les difficultés familiales) à regard et hauteur d'enfant, avec légèreté et humour. La très jolie première scène est assez emblématique : nous sommes au printemps 1979, au bord de la Méditerranée, dans la commune populaire de Port Saint Louis du Rhône, au cœur d'une famille d'origine portugaise, alors que depuis la fin des années 60, la misère au pays et la dictature de Salazar ont conduit des milliers de Portugais à chercher refuge et travail en France. Cette année-là, la communauté portugaise fête les 4 ans de la Révolution des œillets qui a déposé le dictateur. On boit en chantant des chansons révolutionnaires, on laisse s'exprimer la nostalgie du pays (la fameuse saudade)... lire la suite
CGR : Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février 20h30
Affiche
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Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon
Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 7, vendredi 9, samedi 10, mardi 13 à 13h30 et lundi 12 à 19h50
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Le Maître est l'enfant
Réalisé par Alexandre MOUROT
Documentaire France 2017 1h30mn
avec les 28 enfants âgés de 3 à 6 ans et leur maître Christian Maréchal, dans la plus ancienne école Montessori de France, à Roubaix...
« Que serait l'adulte sans l'enfant qui l'aide à s'élever ? » Maria Montessori
Quand le réalisateur Alexandre Mourot est devenu père, il a tout naturellement observé sa fille, sa façon d'être, de réagir au monde autour d'elle… Il s’est aperçu qu’en ne cherchant à la guider, à la contrôler en permanence, qu’en ne dirigeant pas ses actions et ses gestes, elle déployait une énergie folle et elle semblait trouver un vrai bonheur à apprendre par elle-même, à découvrir et à progresser… Ces premiers constats, qui ont donné lieu à de premières images, lui ont donné envie de poursuivre ses observations et l’ont amené à s’intéresser à la pédagogie Montessori. Il a alors recherché des écoles qui s’inscrivaient dans ces pratiques et choisi de poser sa caméra dans l’une d’entre-elles pour observer ce qui s’y passait.
.. lire la suite
CGR : jeudi 8 à 20h
Salernes : vendredi 9 à 20h30
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Gaspard va au mariage
Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...
Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et dimanche 11 : 13h45, 16h et 20h30, jeudi 8 et mardi 13 13h45 et 20h30, vendredi 9 13h45 et 18h15, samedi 10 à 13h45 et 20h45, lundi 12 à 13h45 et 20h
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3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...
Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 : VO 13h45, 18h15 et VF 20h30, jeudi 8 : VF 13h45, 18h15 et VO16h, 20h30, vendredi 9 VF 13h45, 20h45 et VO 18h15, samedi 10VF 15h30, 18h15, VO 20h45, dimanche 11 VF 13h45, 18h15, VO 16h et 20h30, lundi 12 VO 13h45, 20h, VF 17h50, mardi 13 VF 15h50, 20h30, VO 18h15
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Pentagon Papers
Réalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer
Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue... lire la suite
CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 7, vendredi 9, samedi 10 et mardi 13 à 16h120, jeudi 8, dimanche 11 et lundi 12 à 13h30 et 16h
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Les heures sombres
Réalisé par Joe WRIGHT
GB 2017 2h05mn
avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Stephen Dillane, Lily James, Ben Mendelsohn, Ronald Pickup, Samuel West...
Scénario d'Anthony McCarten
On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de Churchill qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux. Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour... lire la suite
Lorgues : vendredi 9 17h, samedi 10 20h30, dimanche 11, 18h
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In the Fade
Réalisé par Fatih AKIN
Allemagne 2017 1h46mn VOSTF
avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar, Samia Muriel Chancrin, Johannes Krisch, Rafaele Santana...
Scénario de Fatih Akin et Hark Bohm. Festival de Cannes 2017 : Prix d’interprétation féminine pour Diane Kruger
In the fade est une fiction puissante et sombre, construite à rebours. Elle commence par une descente aux enfers, opère une remontée vers les limbes pour se conclure par une impossible rédemption. Donner corps et âme à cette épreuve sans pathos inutile, sans que cela devienne ridicule était un pari particulièrement périlleux que Diane Kruger relève avec une présence et une force de conviction hors normes, qui justifient amplement son prix d’interprétation à Cannes. Époustouflante, crédible de bout en bout, elle rend palpable les sentiments contradictoires qui agitent son personnage, Katja. Elle est la première raison de ne pas passer à côté de ce film non consensuel. S’il ne s’affiche pas comme un pamphlet politique, les interrogations qu’il déploie le sont. In the fade questionne en filigrane l'attitude de la police, l’application de la loi, la manière dont une partie de la population turco-allemande a trop vite été cataloguée et stigmatisée lors des attentats perpétrés principalement contre elle par l’extrême-droite néo-nazie du NSU (traduction littérale de l'acronyme : Clandestinité Nationale Socialiste). Une fois de plus, Fatih Akin transmet le point de vue trop rare des enfants d’immigrés... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 18h15 et samedi 10 16h
Lorgues : mercredi 7 20h30, vendredi 9 21h20, dimanche 11 20h25, lundi 12 17h
Le Luc : mercredi 7 et jeudi 8, 18h
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L'Insulte
Réalisé par Ziad DOUEIRI
Liban 2017 1h52mn VOSTF
avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek, Christine Choueiri, Camille Salameh, Dimand Bou Addoud...
Scénario de Ziad Doueiri et Joelle Touma. Festival de Venise 2017 : Coupe Volpi du meilleur acteur pour Kamel El Basha
Voilà un film d'une intelligence rare, porté par des acteurs remarquables (le prix de Kamel El Basha à Venise n'a pas été volé), qui nous donne des nouvelles d'un pays dont toute l'histoire a été marquée par la violence et la guerre civile, et qui évoque la difficile mais toujours possible réconciliation d'humains aux histoires antagonistes.
Et comme souvent dans les films réussis, la grande Histoire se nourrit des petites histoires, celles qu'on pourrait au premier abord juger anecdotiques, voire insignifiantes. Nous sommes à Beyrouth Est, dans le quartier chrétien – malgré la fin de la guerre dans les années 1990, la géographie de la ville est encore marquée par la juxtaposition des communautés. C'est là que vit et travaille Toni, garagiste de son état, membres des Forces Libanaises, parti chrétien nostalgique du président assassiné Bachar Gemayel, et futur jeune père quadragénaire...
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Le Vox (Fréjus) : mercredi 7, dimanche 11, mardi 13 15h50, 20h30, jeudi 8 et samedi 10 13h45, 18h15, vendredi 9 15h55, 20h45, lundi 12 13h45, 17h45
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Marie Curie
Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll
Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité… lire la suite
Le Vox (Fréjus): mercredi 7, vendredi 9, dimanche 11 et mardi 13 13h45, jeudi 8 15h55, lundi 12 18h
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La Douleur
Écrit et réalisé par Emmanuel FINKIEL
France 2017 2h06mn
avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Shulamit Adar, Grégoire Leprince-Ringuet, Emmanuel Bourdieu...
D'après le récit de Marguerite Duras
Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous... lire la suite
Lorgues : mercredi 7 et samedi 10 à 18h, lundi 12 à 19h05
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L'Intelligence des Arbres
Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Documentaire France 2016
Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres... lire la suite
Salernes : samedi 10 20h30


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

I Am Not a Witch
I AM NOT YOUR NEGROÉcrit et réalisé par Rungano NYONI
Zambie 2017 1h34mn VOSTF
avec Margaret Mulubwa, Henry B.J Phiri, Nancy Mulilo, Margaret Sipaneaia...

Depuis le Haut Moyen Âge jusqu’au xixe siècle, les histoires de sorcières, qu’elles soient de Salem ou possédées de Loudun, ont toujours été le prétexte fantasmatique pour opprimer les femmes que les hommes considéraient comme différentes, anormales. I am not a witch se passe bel et bien aujourd’hui mais loin d’ici : dans la lointaine Zambie, un pays où l’on croit encore aux histoires de sorcières. En tout cas certains font semblant d’y croire, pour garantir la paix sociale, ou pour constituer une attraction touristique non négligeable…
Shula, neuf ans, est victime des accusations des villageois qui la croient sorcière. Dans une première scène presque cocasse, la plainte est enregistrée bon gré mal gré par une policière dubitative, devant une Shula mutique, malgré les témoignages peu crédibles d’accusateurs improbables. Un choix ubuesque est proposé à la petite fille : soit elle reconnaît qu’elle est bien la collègue des Carabosse et autres Morgane, soit elle sera transformée en chèvre pour finir probablement en méchoui ! Shula préfère évidemment la première solution et rejoint donc un camp de sorcières, endroit étonnant où sont rassemblées des femmes, toutes reliées par un immense ruban de plusieurs centaines de mètres de long, accrochées à de grandes bobines juchées sur un camion. Tout ça pour le plaisir des touristes occidentaux, friands de prétendue sauvagerie africaine, comme aux bon vieux temps des colonies.

La jeune réalisatrice Rungano Nyoni (zambienne de naissance et galloise d’adoption) évoque avec un talent fou, mariant émotion et burlesque pince-sans-rire, l’absurdité des pratiques de ses concitoyens. Aussi ridicule que la croyance dans la sorcellerie de Shula, Rungano Nyoni pointe du doigt la duplicité des puissants, à travers un personnage pathétique et odieux de fonctionnaire qui monnaie la gamine, exhibée sur des plateaux télé où l’homme prétend lui faire vendre des œufs magiques. Ce personnage stigmatise à lui tout seul les maux du pays : le rapport étrange au pouvoir coutumier, alors même que le fonctionnaire représente l’État, l’obsession matérialiste incarnée par sa femme qui affectionne le luxe et les perruques blondes. Mais la réalisatrice brille aussi par l’invention de sa mise en scène, avec notamment ces très beaux plans des femmes attachées à leur ruban interminable, reliées vers le ciel à leur bobine. Et l’on voit aussi la belle et grande solidarité des femmes enfermées, unies par leur mise à l’écart de la communauté des hommes.
Il est amusant de savoir qu’une des principales influences du film est la fable de la chèvre de Monsieur Seguin, ce pauvre animal qui voulait briser son licol… L’autre influence revendiquée par la réalisatrice est Michael Haneke, et on pense en effet au Ruban blanc , l’un de ses plus grands films. On notera aussi l’utilisation inattendue de la musique jazz et classique, qui rend plusieurs scènes fascinantes. Et on ne peut pas conclure sans souligner la performance incroyable de la petite Margaret Mulubwa, repérée par hasard et grâce à son visage étrange dans la campagne profonde, très loin de la capitale, qui incarne avec une force extraordinaire cette gamine passant de l’apathie à la plus courageuse détermination. (Utopia)

du cinéma…

CGR : Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février à 18h, suivi de l'apéritif Entretoiles

 Menina
Réalisé par Cristina PINHEIRO
France 2017 1h37mn
avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda, Thomas Brazete, Sarah-Lou Verlhac, Camille Constantin...
Scénario Cristina Pinheiro, Laura Piani et Ghislain Cravatte

Voilà un film qui réconciliera toutes les générations tout en ne prenant pas les enfants pour des quiches à coups de clichés un peu trop guimauves. Menina parle de sujet graves (le racisme, la maladie, les difficultés familiales) à regard et hauteur d'enfant, avec légèreté et humour. La très jolie première scène est assez emblématique : nous sommes au printemps 1979, au bord de la Méditerranée, dans la commune populaire de Port Saint Louis du Rhône, au cœur d'une famille d'origine portugaise, alors que depuis la fin des années 60, la misère au pays et la dictature de Salazar ont conduit des milliers de Portugais à chercher refuge et travail en France. Cette année-là, la communauté portugaise fête les 4 ans de la Révolution des œillets qui a déposé le dictateur. On boit en chantant des chansons révolutionnaires, on laisse s'exprimer la nostalgie du pays (la fameuse saudade)… Mais pour les enfants, majoritairement nés en France, et notamment pour Luisa, 10 ans, c'est juste une fête au bord de la mer, dans ce cadre à la fois chiche et idyllique fait de cabanons exigus posés au bord de l'eau. Luisa vit entre son père Joao qui travaille beaucoup et boit presque autant, cachant peut être quelque secret, et sa mère Leonor qui tient avec fermeté et parfois dureté la maison. Et puis il y a Pedro le fils déjà adulte, qui veut profiter de la vie en France et se trouve souvent en conflit avec le père.

Menina (la fille en portugais) est largement autobiographique et raconte avec tendresse, drôlerie et poésie, la complexe construction de l'identité d'une petite fille qui a parfois honte de ses parents trop portugais et qui se demande sans cesse si elle doit choisir entre ses deux cultures, dans un pays où les Portugais, même s'ils ont été reçus à bras ouverts, sont parfois victimes de petites vexations racistes. Cristina Pinheiro, réalisatrice autrefois actrice, qui connaît bien le sujet pour l'avoir vécu, observe avec compréhension les deux parents torturés par leurs contradictions, notamment le père, magnifiquement incarné par Nuno Lopes, ancien militant incompris, ouvrier qui s'est tué probablement à la tâche et qui aujourd'hui cache sa maladie et noie surtout son terrible mal du pays dans l'alcool. On retiendra cette scène magnifique dans laquelle, ivre mort, il retourne la maison pour retrouver son passeport dans l'idée de rentrer immédiatement au Portugal. Face à lui, Beatriz Batarda (actrice pour le grand Manœl de Oliveira) incarne superbement la dureté et la fierté des femmes qui ont tenu à bout de bras le foyer familial pour maintenir coûte que coûte la réputation. Bien sûr Menina bouleversera tous les spectateurs d'origine portugaise quel que soit leur âge, qui y verront leur propre destin ou celui de leurs parents ou grands-parents. Mais il touchera aussi toutes celles et ceux dont les familles se sont battues envers et contre tout pour trouver leur voie, parfois difficilement, dans la France d'aujourd'hui. Il y a des accents loachiens ou dignes de Robert Guédiguian dans cette chronique de Cristina Pinheiro.


CGR : Soirée Entretoiles "Enfance innocente ?" le dimanche 11 février 20h30

Les Gardiennes
Réalisé par Xavier BEAUVOIS
France 2017 2h14mn
avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Cyril Descours, Olivier Rabourdin, Nicolas Giraud...
Scénario de Xavier Beauvois et Frédérique Moreau, d'après le roman d'Ernest Pérochon

Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine.

Les Gardiennes nous transporte donc en 1915 et nous plonge dans le quotidien de la Ferme charentaise du Paridier, tenue par Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet)… Le quotidien est rythmé par le labeur harassant dans les champs, par les tâches pénibles qui autrefois incombaient aux hommes et par la terrible attente des nouvelles du front. Les femmes redoutent plus que tout les visites du maire, qui annoncent souvent le pire, et ne peuvent s'empêcher d'espérer les trop rares et trop courtes permissions qui leur ramènent pour quelques heures les deux fils de la famille, Georges et Constant, ou le mari de Solange, le taciturne Clovis.
Pour répondre aux exigences de la ferme, Hortense va accepter de prendre avec elle la jeune Francine, une orpheline de l'Assistance Publique qui se fait rapidement une place dans la famille par sa ténacité au travail et qui va se rapprocher peu à peu de Georges. Mais l'arrivée en 1917, via Saint-Nazaire et La Rochelle, des premiers soldats américains, fringants et souvent à l'aise financièrement, va peut être changer le destin de la Ferme du Paridier et de ses femmes…

De la même manière qu'il s'était intéressé à la communauté des moines de Thibérine dans le splendide Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois s'attache ici à la communauté de ces femmes soudées par la nécessité de survivre, loin des champs de bataille qui leur confisquent leurs hommes. Comme toujours Beauvois a su choisir des actrices magnifiques, emmenées par Nathalie Baye (qu'il avait déjà dirigée dans Le Petit lieutenant, avec un César à la clé) et Laura Smet, qui incarnent à la perfection ces deux femmes ambivalentes, pas faciles, pas forcément sympathiques mais d'une force, d'une détermination incroyables. Et bien sûr, à travers le destin des femmes se démenant comme elles peuvent à l'arrière, le film évoque la cruauté du sort réservé à tous les hommes broyés par cette absurde tragédie que fut la « grande Guerre », traumatisme majeur du vingtième siècle.

(Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 7, vendredi 9, samedi 10, mardi 13 à 13h30 et lundi 12 à 19h50

Le Maître est l'enfant
Réalisé par Alexandre MOUROT
Documentaire France 2017 1h30mn
avec les 28 enfants âgés de 3 à 6 ans et leur maître Christian Maréchal, dans la plus ancienne école Montessori de France, à Roubaix...

« Que serait l'adulte sans l'enfant qui l'aide à s'élever ? » Maria Montessori

Quand le réalisateur Alexandre Mourot est devenu père, il a tout naturellement observé sa fille, sa façon d'être, de réagir au monde autour d'elle… Il s’est aperçu qu’en ne cherchant à la guider, à la contrôler en permanence, qu’en ne dirigeant pas ses actions et ses gestes, elle déployait une énergie folle et elle semblait trouver un vrai bonheur à apprendre par elle-même, à découvrir et à progresser… Ces premiers constats, qui ont donné lieu à de premières images, lui ont donné envie de poursuivre ses observations et l’ont amené à s’intéresser à la pédagogie Montessori. Il a alors recherché des écoles qui s’inscrivaient dans ces pratiques et choisi de poser sa caméra dans l’une d’entre-elles pour observer ce qui s’y passait…

Le film nous propose de partager la vie quotidienne, les relations établies entre l'enseignant et les élèves, les exercices pratiqués et les progrès parfois fulgurants de certains enfants dans un cadre aménagé pour leur évolution autonome : une salle lumineuse, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, une ambiance calme… Chacun travaille, seul ou à plusieurs, à l’activité qu’il a choisie.
L’éducateur (le maître qui n’en porte pas le nom) se fait discret et s’avère être au service de ceux qui en ont besoin. Au sein de ce microcosme, chaque année, des nouveaux arrivent et s’adaptent rapidement, accompagnés naturellement par les plus âgés.
Certains guident le réalisateur, mais la plupart du temps sa caméra essaie d’être suffisamment discrète pour éviter de briser la concentration… À travers ces images, il essaie de décrypter le travail pédagogique qui se met doucement en place et qui permet aux enfants de se construire sans compétition et en autonomie : un témoignage riche et profondément vivifiant !

« Actuellement on assiste en France à un véritable engouement pour la méthode Montessori. De nombreuses écoles ouvrent leurs portes chaque année (et malheureusement certaines ferment aussi).
« Mes rencontres avec des créateurs et directeurs d'école révèlent qu'à l'origine de leur projet, bien souvent, il y a un enfant, mais aussi une réticence à le conduire dans l'école traditionnelle, jugée peu respectueuse de sa personnalité, insuffisamment bienveillante ou trop peu efficace dans la transmission des savoirs. Le plus surprenant est de voir que le mouvement provient aussi des professeurs des écoles traditionnelles eux-mêmes.
« Le Printemps de l'éducation, né en 2011, déjà très connu et fort actif, est une association représentative de cette volonté actuelle de faire changer l'école. Elle tente de fédérer les autres approches éducatives pour encourager les réformes et la liberté de choix pédagogique au sein de l'éducation nationale.
Les différents centres de formation à la pédagogie Montessori, toujours pleins, accueillent de plus en plus d'enseignants. A lui seul, L'institut Supérieur Maria Montessori, organisme agréé par l'Association Montessori Internationale (AMI), forme une centaine d’éducateurs par an. Les livres sur Montessori sont sans cesse réédités. Cependant, il semblait n'exister aucun film présentant la pédagogie Montessori.
« Ce contexte m'a semblé favorable à la réalisation et à la diffusion d'un film sur la pédagogie Montessori. Pour autant, ma motivation première à réaliser ce film n'est pas tant de démontrer la validité des thèses de la pédagogue que d'inviter à une découverte, une observation des grands principes et valeurs de la pédagogie. Ceci, à partir de ma propre observation : celle des enfants, d'une classe et des questionnements des éducateurs. »Alexandre Mourot( Utopia)


CGR : jeudi 8 à 20h
Salernes : vendredi 9 à 20h30

 

Gaspard va au mariage

Réalisé par Antony Cordier
France 2018 1h43mn
avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...

Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir. Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n'a pas conscience qu'il s'apprête à vivre les derniers jours de son enfance...

Voici qu’on tient, au moins le temps d’un film, notre Wes Anderson français. Celui de La Famille Tenenbaum et d’A bord du Darjeeling Limited, qui mettait en scène des fratries de trentenaires inconsolables, en deuil de leurs dons enfantins et de leurs chastes amours incestueuses. La comparaison avec l’Américain ne s’arrête pas aux thèmes : avec Gaspard va au mariage, hanté par toutes sortes de chimères, le réalisateur Anthony Cordier accède à une drôlerie poétique absente de ses deux premiers longs métrages, Douches froides (2005) et Happy Few (2010).

Gaspard (Félix Moati) est un garçon d’aujourd’hui, encore libre comme l’air mais pas léger pour autant. Il s’est tenu, pendant des années, à l’écart de sa famille, qui tient un zoo dans le Limousin. Invité au remariage de son père et mal dans sa solitude, il convainc, en chemin, une fille paumée de tenir, pendant la noce, le rôle de sa petite amie. Laetitia Dosch, la révélation du récent Jeune Femme, aux accents imprévisibles et délicieusement énervants, permet alors au film de quitter, dès les premières minutes, les rails du naturalisme.

Sur place, la maison familiale, située au milieu du zoo, a tout d’un vieux coffre plein de jouets cassés. L’entreprise coule. Les souvenirs d’une mère radieuse (Elodie Bouchez), disparue top tôt, planent encore. La compagne du père, un infidèle compulsif, se ravise quant au mariage. Les frère et sœur restent englués dans leur enfance. Lui (Guillaume Gouix) se dévoue entièrement à ce zoo qu’il a toujours connu. Elle (Christa Théret) aussi, en s’identifiant, qui plus est, à une ourse dont elle garde en permanence la fourrure sur elle, façon Peau d’âne…

La proximité entre les hommes, les animaux et la nature, discrètement féerique, ou maléfique, renvoie sans cesse à l’univers des contes, transgressions incluses. De fait, chaque personnage se retrouve bientôt devant une frontière invisible, contraint à se métamorphoser. Et le film captera la dernière étreinte familiale avant la dispersion inévitable. Entre-temps, grâce à sa formidable troupe d’acteurs, Anthony Cordier accumule assez d’humour, de sensualité et d’énergie pour que cet enterrement, qui ne dit pas son nom, reste une fête. Des plus réussies. (Télérama)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 et dimanche 11 : 13h45, 16h et 20h30, jeudi 8 et mardi 13 13h45 et 20h30, vendredi 9 13h45 et 18h15, samedi 10 à 13h45 et 20h45, lundi 12 à 13h45 et 20h


3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
Écrit et réalisé par Martin McDONAGH
USA 2017 1h55mn VOSTF
avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage, John Hawkes...

Sous ce titre assez improbable, aussi bien dans sa version originale que dans sa demi traduction française, se cache un film formidablement réussi, doté d'un scénario remarquable en tous points, toujours passionnant, sans cesse surprenant – je défie quiconque de deviner le déroulement du récit et l'évolution des personnages – et qui s'avère d'une profondeur véritablement émouvante tout en distillant en permanence un humour noir ravageur. Les critiques vont sans doute évoquer les frères Coen et pour le coup la référence n'est pas usurpée : on pense à Fargo, on pense à No country for old men, on est bien à ce niveau-là !

Mildred Hayes est une femme en colère. Et ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. On comprend vite que ça fait un sacré bout de temps que Mildred ronge son frein. Son bandana serré sur le front, ses surchemises de bûcheron, son air pas commode, elle ne les arbore pas depuis que sa fille est morte assassinée, non, on a l'impression que depuis toujours elle affiche cette allure de combattante. Depuis que son amoureux lui a mis des trempes, depuis qu'elle est femme et qu'il a fallu survivre. Mais il semble bien qu'aujourd'hui Mildred en a assez de subir, et que le temps de l'action est venu. Alors quand elle avise les trois panneaux publicitaires laissés à l'abandon sur la route qui mène à sa maison, juste à la sorte d'Ebbing dans le Missouri, elles se dit que, ma foi, ils pourraient bien servir à quelque chose, au lieu de simplement défigurer le paysage. Mildred décide illico de les louer et d'y afficher ce qu'elle a sur le cœur. À la vue de tous. Depuis des mois l'enquête sur la mort de sa fille n'avance pas d'un pouce : alors elle fait imprimer trois phrases vengeresses, une par panneau, visant nommément le chef de la police. Cet acte, qui pourrait passer pour une mauvaise farce ou une provocation inacceptable, question de point de vue, va bouleverser la vie de la paisible localité.

McDonagh nous embarque dans une bourgade du Midwest, dans cette Amérique profonde que l'on qualifie chez nous – sans doute de manière un peu simpliste – d'« Amérique de Trump », où il sera donc question de vengeance pour mieux en questionner le principe, mais aussi de rédemption, de pardon, d'agression de dentiste… et d'un certains nombre de coups tordus et de rebondissements inattendus, mais tout ça on vous laisse le plaisir de le découvrir.
Tous les personnages qui peuplent cette histoire sont caractérisés avec un soin égal et les comédiens choisis pour les incarner sont tous formidables. À commencer bien sûr par la fabuleuse, l'immense, la bouleversante Frances McDormand, qui joue cette mère ravagée par le chagrin d'avoir vu sa fille enlevée puis assassinée, rongée par la culpabilité d'avoir sans doute raté quelque chose et conduit sa gamine vers son funeste destin. Face à cette mère courage et cible de son courroux, le shérif Bill Willoughby, interprété par un Woody Harrelson magnifique de justesse et d'humanité. Un homme apprécié de tous, un homme fondamentalement honnête. Ce qui explique que les panneaux accusateurs de Mildred ne feront pas l'unanimité. Mais aussi son adjoint qui claironne à l'envie que son passe temps favori est la torture, de préférence sur des individus de couleur, interprété par Sam Rockwell dans un numéro de flic alcoolique et raciste aussi réussi que finalement touchant. (Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 : VO 13h45, 18h15 et VF 20h30, jeudi 8 : VF 13h45, 18h15 et VO16h, 20h30, vendredi 9 VF 13h45, 20h45 et VO 18h15, samedi 10VF 15h30, 18h15, VO 20h45, dimanche 11 VF 13h45, 18h15, VO 16h et 20h30, lundi 12 VO 13h45, 20h, VF 17h50, mardi 13 VF 15h50, 20h30, VO 18h15

Pentagon Papers
Pentagon Papers : Photo Meryl StreepRéalisé par Steven SPIELBERG
USA 2017 1h55mn en VF uniquement
avec Meryl Streep, Tom Hanks, Alison Brie, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Carrie Coon, Jesse Plemons, Matthew Rhys...
Scénario de Liz Hannah et Josh Singer

Dans la veine de son excellent Le Pont des espions, Steven Spielberg se consacre ici à ce qui est presque devenu un genre à part entière dans le grand cinéma américain classique : le film sur la presse, sur la grandeur et la nécessité du travail des journalistes qui, pour peu qu'ils soient indépendants et conscients de l'importance de cette indépendance, sont régulièrement amenés à jouer un rôle essentiel dans la bonne marche de la démocratie. Le titre original de Pentagon papers est d'ailleurs le nom d'un journal : The Post, diminutif pour The Washington Post, celui-là même qui révéla, quelques années après les faits relatés dans Pentagon papers, le scandale du Watergate. Ce qui amène évidemment à faire référence à un des films emblématiques du genre qui nous occupe : Les Hommes du président d'Alan Pakula, avec le duo mythique Woodward - Redford et Bernstein - Hoffman. Mais on pense aussi au plus récent et formidable Spotlight, dont le titre reprenait l'intitulé de l'équipe d'investigation du Boston Globe, au centre de l'intrigue. Et comme en l'occurence il n'y a pas de hasard, l'un des scénaristes de Pentagon papers, Josh Singer, a également co-écrit Spotlight avec le réalisateur Tom McCarthy !

Les « Pentagon papers » (Papiers du Pentagone), c'est l'équivalent seventies de Wikileaks et autres Panama ou Paradise Papers actuels, et le précurseur du Watergate qui allait exploser trois ans plus tard : un des scoops les plus fondamentaux du journalisme américain, la publication en 1971, d'abord par le New York Times et ensuite par le Washington Post, de documents classés « secret défense » – exfiltrés par Daniel Ellsberg, expert militaire et lanceur d'alerte avant la lettre, qualifié à l'époque d'« homme le plus dangereux d'Amérique » par le sinistre Henry Kissinger – qui détaillaient les relations entre les Etats-Unis et le Vietnam de 1945 à 1967 et qui démontraient clairement que les hauts dirigeants américains, et plus spécifiquement les présidents Johnson et Nixon, savaient que la guerre du Vietnam, délibérément étendue et intensifiée, était un bourbier tragiquement ingagnable et avaient sciemment menti au Congrès et au public sur l’avancement de cette guerre.
La publication de ces documents entraîna une féroce réaction du gouvernement américain qui chercha par tous les moyens à museler les journalistes, ces « fils de putes » comme n'hésitait pas à les désigner Richard Nixon. Devant le refus d'obtempérer du New York Times et du Washington Post, l'affaire remonta jusqu'à la Cour Suprême qui donna timidement raison aux artisans d'une presse libre.

Autre aspect essentiel du film, il se trouve que le Washington Post était à l'époque dirigé par Katharine Graham (Mery Streep), la toute première femme à occuper le poste de directrice de la publication d'un grand journal américain. On imagine sans peine à quel point sa position était délicate et le niveau de courage dont elle a dû faire preuve pour faire face à la situation. Le duo explosif qu'elle forme avec Ben Bradlee, son rédacteur en chef (Tom Hanks, qui reprend donc le rôle joué par Jason Robards dans Les Hommes du président) est un des atouts du récit. (Utopia)


CGR (Draguignan) : en VF uniquement mercredi 7, vendredi 9, samedi 10 et mardi 13 à 16h120, jeudi 8, dimanche 11 et lundi 12 à 13h30 et 16h

Les heures sombres
Les heures sombres : Photo Gary OldmanRéalisé par Joe WRIGHT
GB 2017 2h05mn
avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Stephen Dillane, Lily James, Ben Mendelsohn, Ronald Pickup, Samuel West...
Scénario d'Anthony McCarten

Il est de tradition à Utopia que l'on vous déniche pour l'an nouveau un film qui trouve joliment à s'incarner dans cette période de fête. C'est chose faite en cet an de grâce 2018 avec ces Heures sombres, qui malgré les moments terribles qu'elles évoquent, sont curieusement dignes d'un véritable conte de Noël.
On reste en effet confondu de bonheur devant une histoire qui aurait pu être mise en scène par Frank Capra lui-même, dont on se souvient du merveilleux La Vie est belle. Et pourtant, classer au rayon des contes de fées ce récit qui se déroula sur deux ou trois semaines en Mai 1940 pourrait passer pour une très mauvaise blague, tant elles furent marquées par le bruit et la fureur, mais aussi par la personnalité d'un homme qui tenait plus, selon la légende, d'un bouledogue que d'un aimable gentleman. D'ailleurs Lady Litton, une bonne copine libérale et féministe avec qui, hier encore, je prenais le thé au château de Downtown Abbey, m'avouait que lorsqu'elle avait rencontré Winston pour la première fois, elle avait vu d'emblée tous ses défauts, avant de passer le reste de sa vie à admirer ses qualités et son humour.

Vous l'avez deviné, chères spectatrices, ce Winston dont cause notre lady est ce Churchill qui encombra nos livres d'histoire au delà du raisonnable mais qui, dans ces heures sombres, se contente d'un petit tour à l'écran et puis s'en va, à l'issue de quelques jours qui suivirent sa nomination comme premier ministre en Mai 1940. Un petit tour, mais quel petit tour ! Qui le vit alors prendre en main, seul contre tous, un pouvoir dont personne ne voulait plus, après l'impayable parcours politique d'un Chamberlain partisan obstiné d'une politique d'apaisement avec Hitler qui l'avait conduit à signer les désastreux accords de Munich. On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de notre homme Winston qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux.
Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour.

Comment notre homme Winston réussit-il à sauver l'armée britannique coincée à Dunkerque, comment le parlement finit-il par capituler devant la furia churchillienne ? La réponse est sans doute dans cette phrase : « On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule » et sans doute aussi dans cette curieuse anecdote rapportée par De Gaulle dans ses Mémoires de Guerre et qui scella entre deux stations de métro londonien le destin d'un Hitler jusque là victorieux. Tout cela est montré dans ce film passionnant et exaltant, remarquablement écrit et mené, et interprété au-delà de tous les qualificatifs par un Gary Oldman époustouflant. (Utopia)

Lorgues : vendredi 9 17h, samedi 10 20h30, dimanche 11, 18h

In the Fade
Fortunata : Photo Jasmine Trinca, Nicole CentanniRéalisé par Fatih AKIN
Allemagne 2017 1h46mn VOSTF
avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar, Samia Muriel Chancrin, Johannes Krisch, Rafaele Santana...
Scénario de Fatih Akin et Hark Bohm. Festival de Cannes 2017 : Prix d’interprétation féminine pour Diane Kruger

In the fade est une fiction puissante et sombre, construite à rebours. Elle commence par une descente aux enfers, opère une remontée vers les limbes pour se conclure par une impossible rédemption. Donner corps et âme à cette épreuve sans pathos inutile, sans que cela devienne ridicule était un pari particulièrement périlleux que Diane Kruger relève avec une présence et une force de conviction hors normes, qui justifient amplement son prix d’interprétation à Cannes. Époustouflante, crédible de bout en bout, elle rend palpable les sentiments contradictoires qui agitent son personnage, Katja. Elle est la première raison de ne pas passer à côté de ce film non consensuel. S’il ne s’affiche pas comme un pamphlet politique, les interrogations qu’il déploie le sont. In the fade questionne en filigrane l'attitude de la police, l’application de la loi, la manière dont une partie de la population turco-allemande a trop vite été cataloguée et stigmatisée lors des attentats perpétrés principalement contre elle par l’extrême-droite néo-nazie du NSU (traduction littérale de l'acronyme : Clandestinité Nationale Socialiste). Une fois de plus, Fatih Akin transmet le point de vue trop rare des enfants d’immigrés.

Ceux qui ont connu des débuts de parcours chaotique savent d’autant mieux profiter des instants de simple bonheur. Les petits déjeuners en famille, les gestes doux qui coulent de source, Katja et Nuri les dégustent d’autant plus qu’ils ont été séparés et qu’il leur a fallu ramer à contre-courant pour mener enfin une vie dite « normale ». Se marier en prison, fuir leurs vieux démons, éviter les mauvaises fréquentations, trimer dur pour obtenir des diplômes et puis s’émerveiller à la naissance de leur fils Rocco, le regarder grandir… Le fruit de l’amour de la belle Allemande aux yeux bleus et du Turc au regard noir est un petit bonhomme délicieux au regard noisette, à la bouille aussi ronde que ses lunettes. Du premier coup d’œil on perçoit sa nature rigolarde, joviale, on devine quel bel adulte il deviendra. Ce jour-là, quand Katja laisse Rocco au bureau avec son père, elle est loin d’imaginer qu’elle ne les reverra pas.
À son retour le soir, ce ne sont pas les baisers de ses deux amours qui l’attendent, mais des gyrophares qui clignotent tels de funestes guirlandes sonnant le glas de noëls qui ne viendront plus. Dans la rue sombre et agitée, Katja se débat seule contre l’impensable, la perte de ceux qu’elle chérissait, pulvérisés dans un attentat à la bombe. On lui a volé son fils. On lui a volé son homme. On lui a même volé la possibilité de pleurer sur leurs dépouilles. Et comme si cela ne suffisait pas, on lui vole son statut – leur statut – de victime. Le flic qui l’interroge sur le vif et sans ménagement ne se gêne pas en effet pour insinuer que Nuri n’est sûrement pas étranger à ce qui est arrivé, pour le considérer comme un coupable potentiel, rajoutant à l’insoutenable. Officiellement on aimerait vite classer l’affaire comme un vulgaire règlement de compte entre bandes rivales turques. Katja, tout en sombrant au plus profond du désespoir, sent sourdre une violente colère, le désir de réhabiliter son époux, de comprendre la mort de son enfant, de coincer les coupables. D’autant plus quand elle prend conscience qu’elle a croisé la poseuse de bombes, laquelle, loin d’être une noiraude, est une jeune Aryenne de souche aussi blonde qu’elle-même…

S’en suivra un long procès très réaliste aux conclusions surréalistes, dont les répliques les plus invraisemblables sont celles que Fatih Akin a empruntées à de vraies affaires… Et puis viendra le temps de la vengeance… Tandis que Katja se perd dans les étapes inaccessibles d’un impossible deuil.


Le Vox (Fréjus) : mercredi 7 18h15 et samedi 10 16h
Lorgues : mercredi 7 20h30, vendredi 9 21h20, dimanche 11 20h25, lundi 12 17h
Le Luc : mercredi 7 et jeudi 8, 18h


L'Insulte

Réalisé par Ziad DOUEIRI
Liban 2017 1h52mn VOSTF
avec Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek, Christine Choueiri, Camille Salameh, Dimand Bou Addoud...
Scénario de Ziad Doueiri et Joelle Touma. Festival de Venise 2017 : Coupe Volpi du meilleur acteur pour Kamel El Basha

Voilà un film d'une intelligence rare, porté par des acteurs remarquables (le prix de Kamel El Basha à Venise n'a pas été volé), qui nous donne des nouvelles d'un pays dont toute l'histoire a été marquée par la violence et la guerre civile, et qui évoque la difficile mais toujours possible réconciliation d'humains aux histoires antagonistes.
Et comme souvent dans les films réussis, la grande Histoire se nourrit des petites histoires, celles qu'on pourrait au premier abord juger anecdotiques, voire insignifiantes. Nous sommes à Beyrouth Est, dans le quartier chrétien – malgré la fin de la guerre dans les années 1990, la géographie de la ville est encore marquée par la juxtaposition des communautés. C'est là que vit et travaille Toni, garagiste de son état, membres des Forces Libanaises, parti chrétien nostalgique du président assassiné Bachar Gemayel, et futur jeune père quadragénaire.

Tout bascule bêtement quand des travaux sont réalisés dans la rue. Yasser, chef de chantier palestinien, veut mettre en conformité les canalisations et couper ce bout de tuyau qui fait dégouliner l'eau du balcon de Toni jusque dans la rue. Opposition énervée du garagiste soupe-au-lait, insulte de Yasser quand Toni brise le raccordement effectué, refus de présenter des excuses… L'engrenage est lancé. Et ce qui, en d'autres contrées à l'histoire moins pesante, se serait arrêté à une banale dispute de voisinage va faire remonter les horreurs du passés (le massacre de Sabra et Chatila par les phalanges chrétiennes alliées d'Israël, les exactions des militants pro-syriens contre des villages chrétiens…) et provoquer bagarres de rues entre belligérants des deux communautés avant de finir devant les tribunaux… et même bien plus haut !
L'Insulte est le premier « film de procès » de l'histoire du cinéma libanais et c'est très important. Ziad Doueiri, citoyen d'un pays où tout s'est le plus souvent réglé par la violence et les jeux de pouvoir, lui même fils d'avocat, a souhaité montrer que le recours à la justice organisée pouvait aussi amener ceux que l'on croyait irréconciliables à aller l'un vers l'autre, à enfin accepter et exorciser le poids du passé. Car derrière le petit conflit, les insultes, les coups, les préjugés que chacun des protagonistes nourrit envers l'autre, il y a des blessures enfouies et tues parce que la fin de la guerre et l'amnistie générale – qui s'est confondue dans le cas du Liban avec l'amnésie générale – n'ont permis à aucune des communautés de formuler ses souffrances. Et on comprend que le combat de chacun est avant tout un combat pour la dignité. Ce que raconte magnifiquement le film, c'est que seule l'intermission de la justice peut apaiser ces souffrances, justice magnifiquement incarnée ici par le duo d'avocats : l'accusé et le plaignant sont défendus par le père et sa fille, opposés devant le tribunal, transcendant ainsi les guerres communautaires.

Il faut savoir que Ziad Doueiri est issu d'une famille sunnite qui paya de son sang le soutien aux Palestiniens alors que sa co-scénariste Joelle Touma vient elle d'une famille phalangiste chrétienne. Cette magnifique ode à la paix et à la compréhension s'est pourtant trouvée confrontée à la brutalité du réel puisque, de retour au Liban après le Festival de Venise en Septembre dernier, Ziad Doueiri a été brièvement arrêté pour collusion avec l'ennemi (traduire Israël) parce que cinq ans auparavant, il s'était rendu en Israël sans autorisation pour son précédent et remarquable film L'Attentat. Comme quoi au Liban il y a encore du boulot, mais Ziad Doueiri y contribue remarquablement !(Utopia)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 7, dimanche 11, mardi 13 15h50, 20h30, jeudi 8 et samedi 10 13h45, 18h15, vendredi 9 15h55, 20h45, lundi 12 13h45, 17h45


Marie Curie
Résultat de recherche d'images pour "allocine marie curie"Réalisé par Marie-Noëlle SEHR
Pologne/Allemagne/France 2017 1h35mn
avec Karoline Gruzka, Arieh Worthalter, Charles Berling, Malik Zidi, André Wilms, Izabela Kuna...
Scénario de Marie-Noëlle Sehr et Andrea Stoll

Elle est l’une des plus célèbres scientifiques du xxe siècle : deux fois nobelisée, inhumée au Panthéon, elle a donné son nom à des facultés des sciences, à un éminent institut et à bien des établissement scolaires… Quelle femme que cette Marie Sklodowska ! Et quelle destinée hors morne que celle de cette singulière chercheuse qui consacra sa vie tout entière, ses nuits, ses jours et sa santé aux lois complexes de la physique ! C’est un regard à la fois extrêmement admiratif, mais aussi fidèle et très documenté que nous livre ici la réalisatrice allemande Marie-Noëlle Sehr pour faire le portrait de Marie Curie, femme moderne dans ce début de siècle au paternalisme dominant, féministe sans jamais porter son statut comme un étendard, passionnée par son travail et prête à braver toutes les contraintes pour mener à bien son ultime projet : l’application médicale de ses recherches sur la radioactivité.

Marie Curie retrace six années qui furent décisives dans la vie de la chercheuse. Six années intenses durant lesquelles elle traversa le petit monde étriqué, machiste et parfois parfaitement réactionnaire de la recherche scientifique française, elle qui cumulait bien des handicaps : femme, étrangère, supérieurement intelligente et déterminée comme une diablesse. Elle se souciait par ailleurs assez peu des conventions et du qu’en-dira-t-on mais elle sut fédérer quelques grands esprits masculins qui furent ses plus fervents alliés.
Le film commence dans l’atelier où Pierre et Marie Curie passent une bonne partie de leur existence : une vie commune animée par la même passion enflammée pour la recherche dont on sent bien qu’elle se nourrit autant de l’intelligence aiguisée de ces deux cerveaux exceptionnels que de l’admiration et du respect mutuels qu’ils se portent.
L’atelier ressemble autant à une salle de cours (le tableau noir et ses équations, les manuscrits) qu’à l’antre de deux apprentis sorciers : chaudrons, épuisettes, minerais en tous genres. Leurs études sur la radioactivité leur valent le prix Nobel de Physique en 1904, prix pour lequel Pierre exige que le prénom de sa femme soit cité conjointement au sien. Mais Pierre Curie meurt brutalement, d’un accident absurde comme le sort en réserve parfois aux êtres exceptionnels (Jean-Baptiste Lully n’est il pas mort de s’être brutalement frappé le pied en battant la mesure avec son bâton ?), et Marie se retrouve démunie, la vie au laboratoire sans le professeur Curie n’ayant ni la même saveur, ni le même sens. Elle a perdu bien plus qu’un être aimé : son mentor, son alter ego, et sans doute son plus fervent défenseur face à une Académie des Sciences exclusivement masculine et peu ouverte au changement.
Marie fait face, redouble d’efforts et de persévérance dans ses recherches ; elle devient la première femme professeur à la Sorbonne, reprenant la chaire de son mari, et va bientôt recevoir son deuxième prix Nobel en 1911, de chimie cette fois, pour la découverte du plutonium et du polonium, et ce en dépit du scandale lié à sa liaison avec le physicien Paul Langevin, un homme marié. Elle continuera inlassablement ses travaux, faisant fi des ragots, fidèle à l’esprit de curiosité qui anima ses premières années d’études, s’inspirant d’une vision résolument moderne de la recherche, tournée vers l’homme et le progrès. Elle croisera la route des plus grands, Albert Einstein et tant d’autres, et inspira bien des jeunes filles pour lesquelles elle fut un modèle d’émancipation.

C’est un biopic qui ne vous réconciliera sans doute pas avec le tableau de Mendeleïev ni avec les concepts de la physique moléculaire si vous n’y compreniez déjà rien au lycée, mais qui vous laissera un beau et grand sentiment d’admiration face à cette étrangère accueillie en France pour étudier et qui donna tant en retour… (Utopia)


Le Vox (Fréjus): mercredi 7, vendredi 9, dimanche 11 et mardi 13 13h45, jeudi 8 15h55, lundi 12 18h

La Douleur

L'Echappée belle : Photo Donald Sutherland, Helen MirrenÉcrit et réalisé par Emmanuel FINKIEL
France 2017 2h06mn
avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Shulamit Adar, Grégoire Leprince-Ringuet, Emmanuel Bourdieu...
D'après le récit de Marguerite Duras

Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous…

1944 à Paris. Nous sommes dans cette période charnière de l’Histoire de France où on ne sait pas vers quoi elle va basculer. Dans le Paris occupé par les Allemands, chacun avance précautionneusement, tel un funambule, avec la peur au ventre. Malgré les rires et les flonflons des luxueux troquets où les collabos s’affichent avec les nazis, on sent que tous tentent de noyer la frousse qui les gagne dans le fond de leur verre, de leur panse, dans une voracité débridée alors que la majeure partie du pays est affamée. Ambiance trouble qui voit se côtoyer ceux qui ont fait de l’ennemi leur ami, ceux qui ont tout bonnement obéi et ceux qui résistent clandestinement. Avant d’être arrêté par la Gestapo, Robert Antelme, le mari de Marguerite, faisait comme elle partie des résistants. Désormais elle l’attend. Une attente qui est comme un gouffre de douleur, chaque jour plus profond. Ce n’est pas une attente inactive : Marguerite continue de participer au groupe de résistance sous couvert de son travail au Comité d’Organisation du Livre, créé par le régime de Vichy. Elle se lamente sur sa solitude, mais la main de son collègue Dionys (troublant Benjamin Biolay) qui se pose sur son cou laisse entrevoir avec pudeur une vérité plus composite.
Il y a quelque chose d'insaisissable dans cette femme, Duras, qui nous fait partager son intimité. Dans sa manière de réécrire en permanence son récit tout en affirmant ne pas l’avoir retouché mais en laissant sciemment traîner des indices qui prouvent l’inverse. Toutes ces contradictions qui la traversent la rendent terriblement humaine, nous ramènent aux nôtres. Marguerite ne sait pas faire dans la mesure. Tantôt tourbillon, vibrante, séductrice, menteuse… Tantôt calme plat, froide, distante, trop lucide. Et Mélanie Thierry (qui l’interprète) excelle dans ce yoyo perpétuel des sentiments : splendide, agaçante, touchante, capable de faire tourner la tête à n’importe qui. Alors, quand Marguerite croise Rabier, l’agent qui a arrêté son mari, elle use de ses artifices pour qu’il consente à l’aider. Mais, tout subjugué par l’écrivaine, tout passionné de littérature soit-il, Rabier n’en reste pas moins un homme dangereux. S’engage entre eux une sorte de jeu sournois. Rabier multiplie les rendez-vous improbables, Marguerite les redoute et les espère. Tous deux duels et ambigus dans cet affrontement cruel et excitant qui les pousse l’un vers l’autre. On frémit pour Marguerite que l’on découvre fragile sous ses certitudes affichées. On s’étonne d’être touché par ce salaud de Rabier – Benoît Magimel est grandiose dans le rôle, aussi émouvant que dégueulasse et quelques répliques qui n’étaient pas chez Duras rajoutent en subtilité. Sans être une victime, il est aussi un homme bafoué par les classes sociales supérieures.

Mais le plus criant devient le silence de l’état face à toutes ces femmes qui attendent, l’extrême violence du pouvoir, de tous les pouvoirs. Marguerite, de personnage central, devient un petit point flouté, un fragment perdu dans cette humanité vacillante qui évite d’affronter son reflet dans le miroir. Un film magnifique, contemporain, accessible : clin d’œil aux enseignants de français ou d’histoire... (Utopia)


Lorgues : mercredi 7 et samedi 10 à 18h, lundi 12 à 19h05

L'Intelligence des Arbres
Résultat de recherche d'images pour "allocine intelligence arbres"Réalisé par Guido Tölke et Julia Dordel
Documentaire France 2016

Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Les racines : voilà le secret et le mystère des hommes, mais aussi la clé de la compréhension des arbres. Une petite révolution scientifique popularisée par le forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, dans lequel il prouve que les arbres sont des êtres sociaux, qui communiquent et se soutiennent entre eux par le système racinaire. L’empathie, le langage et même l’amitié sont des facultés que cet observateur, soutenu par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), prête depuis peu au monde végétal. Avec ses entretiens en pleine forêt, ce documentaire assume son côté pédagogique, dans la lignée du livre dont il est la déclinaison.(Télérama)


Salernes : samedi 10 20h30


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