Au(x) cinéma(s) du 7 au 13 octobre

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Surtout, n'oubliez pas l'événement de la semaine : la projection "Entretoiles" du film de Pascale Ferran Bird People, inattendu, étrange et poétique qui vous sera présenté par Anthony Salmon. Une seule séance mercredi 7 octobre à 19h45 à la salle Lily Pons. Cotisation de 5€. Venez nombreux !

Ensuite, vous pourrez voir à CGR et au Vox  Youth de Paolo Sorrentino (dont, d'ailleurs, nous vous présenterons très bientôt 2 autres films : La grande Belezza et Il Divo), un film brillant et plein d'humour !
Et aussi un très beau portrait de femme Fatima, où l'on découvre petit à petit une intimité riche et profonde avec une femme dont tout nous sépare... Un film historique aussi, romanesque et bouleversant Mémoires de jeunesse... Et toujours Les Chaises musicales et Les chansons que mes frères m'ont apprises...
Voilà ! Bonne semaine de cinéma !
A mercredi 19h45 à Lily Pons !

Par ailleurs, nous ne saurions trop recommander à ceux qui n'ont pas renouvelé leur adhésion, de le faire : il faut remplir le bulletin ci-dessous et le renvoyer avec la cotisation !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!)


PROGRAMMATION DU 7 AU 13 OCTOBRE 2015
Bird People
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Bird People
Réalisé par Pascale FERRAN
France 2014 2h08mn VOSTF
avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, Camélia Jordana, Hyppolite Girardot, Anne Azoulay, l'oiseau...
Festival de Cannes 2014 : Sélection officielle – Un certain regard
« Les gens sont dingues, ils courent partout comme des lapins sans tête » dit Gary, super-ingénieur en informatique, présentement en transit dans un hôtel de luxe international avec vue plongeante sur les pistes de Roissy Charles de Gaulle. Gary était hier à New-york et, après une réunion à l'hôtel, doit repartir pour Dubaï… Toujours entre deux vols, relié au monde entier par le fil invisible d'Internet. Là et ailleurs en permanence, partout et nulle part à la fois, toujours seul et jamais seul… comme tous ici : de quoi attraper le vertige.
Audrey, elle, nettoie les chambres de tous ces gens qui ne font que passer, collée à son chariot : ramasser les chaussettes, ranger les papiers, tirer les lits, refaire, défaire, frotter, essuyer… Toujours là quand il n'y a plus personne. Elle est supposée faire des études et court elle aussi tout le temps, mais toujours au ras du sol : dix heures de trajet par semaine pour se rendre à son boulot, quarante heures par mois.
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Salle Lily Pons (Théâtre de Draguignan) : séance unique le mercredi 7 octobre 19h45. 5€
Youth
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Youth
Écrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...
Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ?... lire la suite
CGR (Draguignan) : jeudi à 13h30, vendredi à 16h30, samedi à 11h, dimanche à 17h45, lundi à 19h30 et mardi à 13h45
Le Vox (Fréjus) : mercredi à 15h40, jeudi à 17h40 et 20h, vendredi et mardi 15h et 18h, samedi et dimanche 18h, lundi 20h
Le Luc  : mercredi samedi et dimanche à 18h, vendredi à 21h
Mémoires de jeunesse
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Mémoires de jeunesse
Réalisé par James KENT
GB 2015 2h09mn VOSTF
avec Alicia Vikander, Kit Harington, Taron Egerton, Colin Morgan, Emily Watson, Hayley Hatwell, Dominic West, Miranda Richardson...
Scénario de Juliette Towhidi, d'après les ouvrages et la correspondance de Vera Brittain
C'est un film aussi beau et romanesque que bouleversant, une fresque historique et intime qui nous plonge au cœur de la tragédie que fut la première guerre mondiale tout en brossant le portrait passionnant d'une femme passionnante : Vera Brittain. Tout commence paradoxalement par une scène de liesse. Nous sommes en 1918 dans les rues de Londres et tout le monde fête l'armistice. Dans la foule, une belle jeune femme garde un visage grave, étrangère à l'allégresse générale. Son regard est celui d'une génération perdue, décimée, passée de l'innocence à la conscience de l'indicible. Cette femme, c'est Vera Brittain, qui deviendra quelques années plus tard une grande écrivaine et une militante anti-guerre acharnée... lire la suite
La Tomette (Salernes) : jeudi 18h, vendredi 20h30 et samedi 18h
Fatima
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Fatima
Écrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19mn
avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele...
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima Elayoubi
Fatima, c'est plus qu'un magnifique portrait de femme, c'est le portrait d'une foultitude d'autres et même, en filigrane, celui de notre société. C'est un film qui vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu'il sera impossible de regarder de la même manière les passantes inconnues que l'on croise dans la rue têtes nues ou discrètement voilées. Il n'y a qu'une chose à faire : éteindre complètement son portable, se lover dans son siège préféré puis se laisser porter pendant une petite heure dix neuf minutes où tout est merveilleusement dit et montré, avec une justesse de ton et une élégance discrète qui confirment que Philippe Faucon est décidément un grand cinéaste (on n'a pas oublié Samia, Dans la vie, le prémonitoire La Désintégration…). Et au fait, plus que jamais : arrivez à l'heure ! Il est impensable de louper le premier plan !... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi, samedi et dimanche : 14h, 18h et 20h30 - vendredi, lundi et mardi 15h, 18h et 20h30
Les Chaises musicales
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Les Chaises musicales
Réalisé par Marie BELHOMME
France 2015 1h23mn
avec Isabelle Carré, Carmen Maura, Philippe Rebbot, Nina Meurisse...
Scénario de Michel Leclerc et Marie Belhomme
C’est une très jolie comédie sentimentale un peu barjot qui fait chaud au cœur et qui déride bien les zygomatiques. Au centre de tout cela il y a Perrine, qui à une syllabe près aurait pu s’appeler Perrette tant elle pourrait évoquer la malheureuse porteuse maladroite de pot au lait dans la fable de La Fontaine. Perrine se définit sur les petites annonces qu’elle colle dans la ville comme une « presque musicienne ». Bientôt la quarantaine mais sans travail ni amoureux fixes, elle survit en animant tant bien que mal anniversaires et goûters de maisons de retraite dans des déguisements improbables, armée d’une guitare sèche sans avoir une seconde la dextérité d’un Paco Ibanez. Perrine est une miss catastrophe ambulante doublée d’une grande timide paniquée, ce qui la conduit à s’excuser à longueur de journée, même de ce qu’elle n’a pas fait. C’est sans aucun doute une fille drôle et adorable, mais elle passe sa vie à gaffer et à être en retard... lire la suite
Lorgues : mercredi 19h et samedi 20h
Les Chansons que mes frères m’ont apprises
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Les Chansons que mes frères m’ont apprises
Écrit et réalisé par Chloé ZHAO
USA 2015 1h34mn VOSTF
avec John Reddy, Jashaun St. John, Irene Bedard, Taysha Fuller, Eleonore Hendricks...
Découvert à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, voici un premier film d'une maturité rare, poignant de réalisme et bouleversant d'amour. Les Chansons que mes frères m’ont apprises décrit avec retenue et sensibilité le quotidien d'une réserve indienne au cœur des grandes plaines du Dakota du Sud. Passionnée par la communauté Lakota de Pine Ridge, la jeune réalisatrice – d'origine chinoise, paradoxe – Chloé Zhao s'est immergée pendant près de quatre ans dans cette réserve avant de filmer avec respect et humilité l'un des drames de l'histoire américaine, la condition actuelle des « Native Americans ».
Les deux héros principaux sont frère et sœur : Johnny et Jashaun (formidables, non professionnels comme la plupart des acteurs du film) grandissent à Pine Ridge, le cœur et les veines nourries du sang de leurs ancêtres Lakotas.
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Le Vox (Fréjus) : mardi 20h30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Bird People
BIRD PEOPLERéalisé par Pascale FERRAN
France 2014 2h08mn VOSTF
avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, Camélia Jordana, Hyppolite Girardot, Anne Azoulay, l'oiseau...
Festival de Cannes 2014 : Sélection officielle – Un certain regard

« Les gens sont dingues, ils courent partout comme des lapins sans tête » dit Gary, super-ingénieur en informatique, présentement en transit dans un hôtel de luxe international avec vue plongeante sur les pistes de Roissy Charles de Gaulle. De fait : les gens courent, ont toujours un vol ou un métro à prendre, tourbillonnent. Il sont pressés, oppressés, sous pression, le portable vissé à l'oreille, soliloquant, l'œil ailleurs…
Gary était hier à New-york et, après une réunion à l'hôtel, doit repartir pour Dubaï… Toujours entre deux vols, relié au monde entier par le fil invisible d'Internet. Là et ailleurs en permanence, partout et nulle part à la fois, toujours seul et jamais seul… comme tous ici : de quoi attraper le vertige.
Audrey, elle, nettoie les chambres de tous ces gens qui ne font que passer, collée à son chariot : ramasser les chaussettes, ranger les papiers, tirer les lits, refaire, défaire, frotter, essuyer… Toujours là quand il n'y a plus personne. Elle est supposée faire des études et court elle aussi tout le temps, mais toujours au ras du sol : dix heures de trajet par semaine pour se rendre à son boulot, quarante heures par mois…

C'est plutôt beau Roissy, la nuit comme le matin, une beauté glacée, glaçante, inhumaine, fascinante, angoissante… résolument moderne, pleine de lumières et d'avions qui s'arrachent en vibrant très fort. Tous comptes faits, Gary n'ira pas défendre ce formidable contrat à Dubaï, tous comptes faits il ne retournera pas aux USA… et ni sa femme ni ses associés ni personne au monde ne pourront lui faire modifier cette décision brutale, prise un soir, en sirotant une petite bouteille de whisky trouvée dans le frigo, dans une chambre d'hôtel de luxe surplombant les pistes de l'aéroport international de Roissy. Ils auront beau protester, gesticuler, laisser des messages, des tweet, des SMS, s'énerver sur Skype, ils n'auront pas aucune explication : qu'ils se débrouillent tous avec son avocat… Quant à Audrey, il va lui arriver quelque chose de très inattendu…

Drôle d'histoire, drôle de film qui semble se dédoubler, comme qui dirait un film hybride. Il commence dans une réalité furieusement contemporaine et bifurque tout à coup dans une autre dimension, étrange, poétique, où un moineau indiscret et curieux, personnage à part entière, se faufile d'une intimité à l'autre, se prend pour un avion, pose pour un charmant dessinateur japonais… Étrange succession de rencontres déroutantes, intrigantes où on se demande plus d'une fois, comment elle va bien pouvoir, Pascale Ferran (c'est son premier film depuis son mémorable Lady Chatterley), atterrir sur ses pattes, ramener Audrey à son chariot de ménage… Que va-t-elle faire de Gary et de tous ces hommes d'affaire furibards ?
Bird people, c'est aussi l'occasion de découvrir qu'il existe des dresseurs de moineaux, Céline Reding et Guillaume Collin ont fait de celui du film un brillant comédien…

Salle Lily Pons (Théâtre de Draguignan) : séance unique le mercredi 7 octobre 19h45. 5€


Youth
YOUTHÉcrit et réalisé par Paolo SORRENTINO
Italie/GB 2015 1h58mn VOSTF
avec l'irrésistible duo Michael Caine – Harvey Keitel et Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda...

Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée… Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament – Harvey Keitel – et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite – Michael Caine. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande pour une raison que nous apprendrons plus tard… Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ? Cela dit, même à 80 ans, les choses ne sont pas si simples, surtout quand on a une grande fille qui est aussi son agent personnel et qui a des idées bien arrêtées sur ce qu'est la carrière d'un grand maître de la musique…

La présence de ces personnages dans ce lieu de rencontre naturel qu'est l'hôtel va permettre de multiples échanges qui seront source de réflexion et même d'évolution pour certains. La vie, la mort, la création, la beauté, le sens des choix que l'on fait, le temps qui passe, l'amitié, la paternité, l'amour, la fidélité, ce qui nous obsède, ce dont on se souvient, ce que l'on préfère oublier… autant de thèmes évoqués ou sous-entendus lors de ces discussions plus profondes qu'elles n'en ont l'air sur le moment. Cela n'empêche d'ailleurs pas nos octogénaires d'aborder des questions plus terre à terre, comme de s'enquérir chaque jour du nombre de gouttes qu'ils auront réussi à pisser ! Et l'on peut faire confiance à Paolo Sorrentino pour déployer tout au long du film une finesse, une subtilité, une tendresse, une drôlerie qui font tout son prix.
Ce nouveau film de l'italien Sorrentino est tourné en anglais et l'immense Michael Caine prend en quelque sorte le relais de Toni Servillo, l'acteur fétiche du réalisateur, dans le rôle de l'homme d'âge mur impassible, au regard affûté, qui occupe son temps à scruter les habitudes et les manies de ses semblables. Les autres acteurs sont tout autant à leur place dans l'univers de Sorrentino, Paul Dano, parfait, ou Harvey Keitel dont vous n'oublierez pas le face à face avec Jane Fonda.

Plus encore que dans ses précédents films, La Grande bellezza ou Il Divo, l'humour est ici très présent : il s'exprime essentiellement à travers des dialogues savoureux, mais aussi au détour de quelques épatantes trouvailles visuelles, qu'il s'agisse d'un tatouage que nous découvrons petit à petit ou de la surprise rencontrée par une petite fille dans une allée sombre de l'établissement… Bref, un qualificatif résume bien la forte impression que nous fait ce film : brillant ! (Utopia)

CGR (Draguignan) : jeudi à 13h30, vendredi à 16h30, samedi à 11h, dimanche à 17h45, lundi à 19h30 et mardi à 13h45
Le Vox (Fréjus) : mercredi à 15h40, jeudi à 17h40 et 20h, vendredi et mardi 15h et 18h, samedi et dimanche 18h, lundi 20h
Le Luc  : mercredi samedi et dimanche à 18h, vendredi à 21h


Mémoires de jeunesse
MÉMOIRES DE JEUNESSERéalisé par James KENT
GB 2015 2h09mn VOSTF
avec Alicia Vikander, Kit Harington, Taron Egerton, Colin Morgan, Emily Watson, Hayley Hatwell, Dominic West, Miranda Richardson...
Scénario de Juliette Towhidi, d'après les ouvrages et la correspondance de Vera Brittain 

C'est un film aussi beau et romanesque que bouleversant, une fresque historique et intime qui nous plonge au cœur de la tragédie que fut la première guerre mondiale tout en brossant le portrait passionnant d'une femme passionnante : Vera Brittain. Tout commence paradoxalement par une scène de liesse. Nous sommes en 1918 dans les rues de Londres et tout le monde fête l'armistice. Dans la foule, une belle jeune femme garde un visage grave, étrangère à l'allégresse générale. Son regard est celui d'une génération perdue, décimée, passée de l'innocence à la conscience de l'indicible. Cette femme, c'est Vera Brittain, qui deviendra quelques années plus tard une grande écrivaine et une militante anti-guerre acharnée…

Puis le film nous ramène à l'été 1914, dans le bucolique Derbyshire, au bord d'un lac qui invite à la baignade. Vera est une jeune fille de la bonne société qui vit une existence heureuse et confortable auprès de parents aimants, même si on père fait preuve d'un autoritarisme et d'un conformisme pesants : leur sujet de conflit principal est la volonté irréductible de Vera d'intégrer Oxford. À l'époque, une telle ambition universitaire est hors de propos pour une fille (les premiers diplômes ne seront délivrés aux femmes que dans les années vingt). Mais soutenue par son frère cadet Edward, Vera ne va rien céder et va réussir à rejoindre les bancs de la prestigieuse université britannique. C'est durant ce même été 1914 qu'elle trouve l'amour en la personne avenante de Roland Leighton, un ami de son frère, féru de poésie, romantique exalté et moderne comme certains jeunes hommes savent l'être en cette période qui fait suite à plusieurs décennies victoriennes étouffantes.
L'arrivée de la guerre va évidemment tout changer, tout bouleverser. Roland, Edward et leur ami Victor (profondément bien que discrètement amoureux de Vera) partent gonflés d'élan patriotique sur les terribles champs de bataille de la Somme, eux qui sont passés par les meilleurs et les plus nationalistes lycées militaires. Et Vera, transie d'angoisse pour les hommes de sa vie, va comprendre rapidement que pour l'heure, sa place n'est plus entre les bois séculaires de l'université d'Oxford mais auprès des combattants, à la mesure de ses moyens : elle s'engage donc en tant qu'infirmière volontaire d'abord dans un hôpital londonien puis à proximité du front, dans le terrifiant hôpital de campagne d'Etaples.
La puissance évocatrice du film doit sans doute beaucoup aux récits de Vera Brittain dont il est directement inspiré. Mémoires de jeunesse montre cette guerre d'hommes à travers les yeux d'une femme qui y a participé et dont la vie a définitivement basculé. Sans surenchère ni complaisance, le film n'édulcore à aucun moment l'horreur des combats telle qu'elle apparaît aux équipes soignantes débordées : voir cette scène magnifique – dont on imagine qu'elle a contribué à forger le pacifisme viscéral de la future écrivaine – où Vera recueille les dernières paroles d'un officier allemand agonisant, qui dans son délire la prend pour sa femme sans qu'elle le détrompe, le laissant partir avec un ultime sourire ; ou cette autre dans laquelle l'uniforme ensanglanté d'un des protagonistes est rendu à ses parents pour les convaincre d'abandonner tout espoir même si le corps de leur fils n'a pas été retrouvé.

Le film montre comment toute une génération enthousiaste et prometteuse a été brisée, fauchée en pleine jeunesse ou hantée à jamais par le souvenir de l'horreur, avec la farouche détermination du plus jamais ça. Et la tragédie est d'autant plus saisissante qu'on la voit dans les yeux limpides, le visage lumineux de Vera, incarnée par la merveilleuse actrice suédoise Alicia Vikander…


La Tomette (Salernes) : jeudi 18h, vendredi 20h30 et samedi 18h


Fatima
FATIMAÉcrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19mn

avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele..
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima Elayoubi

Fatima, c'est plus qu'un magnifique portrait de femme, c'est le portrait d'une foultitude d'autres et même, en filigrane, celui de notre société. C'est un film qui vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu'il sera impossible de regarder de la même manière les passantes inconnues que l'on croise dans la rue têtes nues ou discrètement voilées. Il n'y a qu'une chose à faire : éteindre complètement son portable, se lover dans son siège préféré puis se laisser porter pendant une petite heure dix neuf minutes où tout est merveilleusement dit et montré, avec une justesse de ton et une élégance discrète qui confirment que Philippe Faucon est décidément un grand cinéaste (on n'a pas oublié Samia, Dans la vie, le prémonitoire La Désintégration…). Et au fait, plus que jamais : arrivez à l'heure ! Il est impensable de louper le premier plan !

Fatima, un prénom de princesse presque devenu un nom commun tant on l'associe aux dames de ménage corvéables à merci, prolétaires de l'ombre destinées à la serpillière. Notre Fatima ne rompt pas avec ce cliché. Le pâle sourire qui illumine son visage débonnaire, son allure de quarantenaire plantureuse, vêtue soigneusement mais sans souci d'effets de mode, son voile qui cache ses cheveux : tout contribue à en faire une Fatima semblable à ces milliers d'autres qu'on voit circuler dans l'indifférence générale de nos cités. Dans la grisaille du petit jour, elle semble presque glisser, anodine et frêle, pour aller travailler dans divers lieux où l'on s'adresse à elle avec une condescendance déshonorante (plus encore d'ailleurs pour ceux qui en font preuve que pour elle qui la subit). Le soir, rentrée à l'appartement, il lui reste encore à affronter l'arrogance de sa plus jeune fille, Souad, qui du haut de ses quinze ans la juge de manière tranchante. Comme si Fatima était le symbole de l'entrave à son intégration, l'empêcheuse de se normaliser en rond. Sa révolte se trompe d'ennemie, elle est le fruit d'une société qui l'incite à avoir honte d'une mère qui n'est bonne qu'à « laver la merde des Français » et qui ne sait même pas parler leur langue…
Heureusement, son aînée, Nesrine, remet un peu sa cadette en place. Elle connaît le prix de l'ascension sociale, les sacrifices maternels pour qu'elle parvienne jusqu'au concours de médecine… Tout un discours tellement ressassé par la voix haut perchée de Fatima que Souad le rejette en bloc et ne veut plus l'entendre. Elle mériterait bien des baffes parfois, et on aurait presque envie de secouer Fatima qu'on pourrait prendre tout d'abord, bêtement, comme le fait une bonne partie de son entourage, pour le prototype de la femme soumise. Progressivement on découvre combien on a tout faux, à quel point on est tombé dans le piège du délit de faciès et on fond d'admiration pour cette bonne femme à la volonté tenace, pour son obstination à ne céder ni à la violence ni au mépris qu'on lui renvoie de toutes parts. Elle a cette force insoupçonnable de celle qui n'a rien à prouver. On peut bien la prendre pour une imbécile, cela n'altère en rien ce qu'elle est, ses mérites. Si elle ne fait pas de vagues, c'est qu'elle reste tendue vers son but, ne s'en détourne jamais : amener ses filles vers un rivage qui l'a elle même rejetée ou en tout cas bien mal accueillie. Et la traversée est tellement semée d'embûches que dans la bataille, cette altruiste s'est tout simplement oubliée, sacrifiant une part d'elle-même.

Plus on rentre dans son intimité, plus on dépasse sa difficulté à s'exprimer, cette barrière de la langue qui crée un fossé infranchissable entre les humains, plus sa beauté intérieure se dévoile, irradie. Personnage complexe et subtil, à l'intelligence vive, aux propos pertinents. On souhaiterait tous avoir une telle Fatima dans sa vie ! Pour l'heure Philippe Faucon nous l'offre dans son film : ne la laissons pas passer !

Le Vox (Fréjus) : mercredi, jeudi, samedi et dimanche : 14h, 18h et 20h30 - vendredi, lundi et mardi 15h, 18h et 20h30


Les Chaises musicales
LES CHAISES MUSICALESRéalisé par Marie BELHOMME
France 2015 1h23mn
avec Isabelle Carré, Carmen Maura, Philippe Rebbot, Nina Meurisse...
Scénario de Michel Leclerc et Marie Belhomme

« J’aime les gens qui doutent, Les gens qui trop écoutent Leur cœur se balancer, J’aime les gens qui disent Et qui se contredisent » Anne Sylvestre, Les Gens qui doutent

C’est une très jolie comédie sentimentale un peu barjot qui fait chaud au cœur et qui déride bien les zygomatiques. Mais pas seulement car cette chronique bretonne (elle se situe intégralement en terre rennaise) a la douceur et la tendresse humaniste des films de Capra, le charme décalé des premiers Woody Allen, l’absurdité poétique d’un Tati et son actrice principale la fragilité mutine d’une Audrey Hepburn.
Au centre de tout cela il y a Perrine, qui à une syllabe près aurait pu s’appeler Perrette tant elle pourrait évoquer la malheureuse porteuse maladroite de pot au lait dans la fable de La Fontaine. Perrine se définit sur les petites annonces qu’elle colle dans la ville comme une « presque musicienne ». Bientôt la quarantaine mais sans travail ni amoureux fixes, elle survit en animant tant bien que mal anniversaires et goûters de maisons de retraite dans des déguisements improbables, armée d’une guitare sèche sans avoir une seconde la dextérité d’un Paco Ibanez. Perrine est une miss catastrophe ambulante doublée d’une grande timide paniquée, ce qui la conduit à s’excuser à longueur de journée, même de ce qu’elle n’a pas fait. C’est sans aucun doute une fille drôle et adorable, mais elle passe sa vie à gaffer et à être en retard…

C’est justement en arrivant en retard qu’elle provoque dans des circonstances ubuesques la chute accidentelle d’un homme dans la benne à gravats d’une déchetterie, le malheureux se retrouvant par sa faute dans le coma. Elle culpabilise d’autant plus qu’elle a pris la fuite après avoir appelé les pompiers. Au point de courir désormais tous les jours à l’hôpital pour rendre visite à sa victime en se faisant passer pour sa « demi-cousine ». Une victime dont elle va progressivement voler plus ou moins involontairement la vie et à qui elle va de plus en plus s’attacher malgré les bandages qui lui masquent la moitié du visage. Elle pénètre chez lui par effraction, craignant pour son chien enfermé, elle va même finir par le remplacer dans la petite école de musique communale où il est prof…

Les Chaises musicales, c’est donc l’histoire drolatique et parfois tragi-comique d’une fille qui ne s’est jamais sentie à sa place (d’où le titre à double sens) et qui étrangement va tout faire, après avoir passé sa vie à fuir, pour en conquérir une (de place) par des moyens franchement pas orthodoxes. Parfois hilarant, sans faire dans le comique forcé, ce premier film d’une jeune réalisatrice semble-t-il tout aussi timide que son personnage et son actrice sait parfaitement trouver un ton décalé et tendre pour raconter les aventures improbables de Perrine. Et il est évidemment porté par son incroyable actrice, Isabelle Carré, présente dans quasi tous les plans, elle fait vivre et vibrer toutes les facettes de son personnage, tour à tour maladroite, anxieuse, déterminée, amoureuse.

Lorgues : mercredi 19h et samedi 20h


Les Chansons que mes frères m’ont apprises
LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISESÉcrit et réalisé par Chloé ZHAO
USA 2015 1h34mn VOSTF
avec John Reddy, Jashaun St. John, Irene Bedard, Taysha Fuller, Eleonore Hendricks...

Découvert à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, voici un premier film d'une maturité rare, poignant de réalisme et bouleversant d'amour. Les Chansons que mes frères m’ont apprises décrit avec retenue et sensibilité le quotidien d'une réserve indienne au cœur des grandes plaines du Dakota du Sud. Passionnée par la communauté Lakota de Pine Ridge, la jeune réalisatrice – d'origine chinoise, paradoxe – Chloé Zhao s'est immergée pendant près de quatre ans dans cette réserve avant de filmer avec respect et humilité l'un des drames de l'histoire américaine, la condition actuelle des « Native Americans ».
Les deux héros principaux sont frère et sœur : Johnny et Jashaun (formidables, non professionnels comme la plupart des acteurs du film) grandissent à Pine Ridge, le cœur et les veines nourries du sang de leurs ancêtres Lakotas.

Johnny, tout juste sorti de l'adolescence, est plein d'espoir et de projets. Son avenir, c'est l'ouverture vers le monde, vers l’ailleurs, très loin. Ici les espaces sont à perte de vue, pourtant il se sent enfermé. Partir, suivre sa petite amie à Los Angeles est la seule issue raisonnable pour échapper à la pauvreté endémique de sa communauté gangrenée par l'alcool, prohibé et donc objet de commerces sous-terrains et de guerres fraticides. Johnny veut s'envoler, mais son père – qu'il ne voyait quasiment plus – meurt subitement dans l'incendie de sa maison et les scrupules l'étreignent : quitter sa sœur chérie, sa mère esseulée, le peut-il ?
Sa jeune sœur Jashaun, gamine lumineuse, se construit au travers des traditions et de tous ceux qui l'entourent : ses grands demi-frères, images tutélaires qui eux ont eu la chance de vivre sous le toit paternel, et un grand-oncle de substitution, formidable styliste marginal, hobo lunaire qui aurait pu sortir de l'imagination d'un Kerouac et qui lui promet sa robe de pow wow.
La mise en scène est d'une belle élégance, d'une fluidité parfaitement maîtrisée, sans excès de style ni de séduction mal placée, l'émotion monte, par saccades régulières, et ne nous laisse pas tout à fait indemne. Les visages et les gestes de Jashaun et Johnny (les acteurs ont le même prénom que leurs personnages) sont d'une justesse, d'une vérité saisissantes : cette vie-là, c'est vraiment la leur, le film, c'est bien leur quotidien. C'est sensuel, c'est charnel, les êtres sont reliés viscéralement à leur terre, à leur peau d'Indien, leurs chevaux, le rodéo est presque un sport national. La réalisatrice a un vrai sens du cadre et de l'espace, elle offre à notre regard émerveillé les paysages sublimes du Dakota du Sud, ses grands espaces fascinants. La photographie est majestueuse et solaire. Difficile de ne pas penser au Terrence Malick de Badlands ou Les Moissons du ciel… Les plaines à perte de vue sont pour le spectateur de vrais moments de respiration, on s'y perd, s'y retrouve, et pour nos héros ce sont le lieu des réponses et des silences nécessaires.

Dans un souci d'authenticité et de collaboration permanente avec les habitants de la Réserve, la réalisatrice n'avait pas de scénario définitif, juste une ébauche, chaque scène étant écrite le matin même, inspirée du quotidien. Certaines séquences – l'incendie de la maison d'enfance de la jeune Jashaun, le portrait de l'ami qui vient de se donner la mort – sont bien réelles mais replacées avec intelligence au fil de la fiction, en accord avec les acteurs qui rejouent ainsi leur bribe de vie disparue.
La danse finale du pow wow de la jeune fille nous transporte. Jashaun semble voler, décoller comme si dans l'air une musique symphonique, des êtres immatériels – des « élémentals » comme les nomment les Indiens – venaient la faire tournoyer, dans une communion des esprits et de ses frères. La danse traditionnelle, c'est à peu près tout ce qui reste de cette civilisation sacrifiée, la religion est oubliée, la langue et les chansons se perdent, les traditions s'effritent… Mais comme le murmure un des héros du film, Sitting Bull prophétisait que tout recommencerait avec la septième génération…
Geronimo, lui, disait : « Nous sommes en train de disparaître de la surface de la terre, mais je continue à croire qu’il doit y avoir une bonne raison pour que Yoséné (Dieu) nous ait crées. » Grâce à ce film magnifique, nous en sommes plus que jamais persuadés.

Le Vox (Fréjus) : mardi 20h30

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