Au(x) cinéma(s) du 9 au 15 novembre

entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Commençons par les 2 prochaines propositions Entretoiles : ce lundi 14 à 20h au Bucéphale, nous vous invitons à venir partager avec nous Les Ogres de Léa Fenher, "une fable un brin amorale et à plusieurs vitesse". Puis le dimanche 20 novembre, nous vous invitons cette fois-ci à une soirée sur le thème "Vies de couples" avec 2 films L'Économie du couple et Olmo et la Mouette, avec notre traditionnel apéritif dinatoire entre les 2 films.

Cette semaine au CGR, en film ciné-club Divines de Houda Benyamina, un film tendre mais terrible sur la vie de 3 jeunes filles à la dérive. Et dans un tout autre genre Vino Veritas, une seule séance, (et au Vox)

Au Vox, ne manquez pas le dernier film de Asghar Farhadi, Le Client, superbe pladoyer pour la nécessité vitale d'une plus grande liberté dans la société iranienne et surtout pour les femmes, ni d'ailleurs le dernier  de Ken Loach, Palme d'or au Festival de Cannes, Moi, Daniel Blake, un film "beau à tomber" dit la critique,  ni encore  le dernier film des Frères Dardenne La Fille Inconnue, "sec et tendu comme un thriller, un diamant des frères Dardenne" (seulement à Cotignac), ni  enfin le film d'animation Ma vie de Courgette, "tragique, poétique, rigolo sur la vie des enfants qui ont morflé".

Au Vox aussi, allez voir Le Ciel Attendra, de Castille Mention Schaar, un film plein de tact, passionnant et efficace sur une jeunesse ordinaire embrigadée dans Daech.

Nous vous rappelons comme toujours que les adhérents Entretoiles bénéficient  du tarif réduit à 4€90 au CGR  pour les films ciné clubs et à 6 € au Vox de Fréjus pour tous les films sur présentation de leur carte. (Le parking est gratuit après 18h au Vox).

Profitez  bien de cette belle semaine : allez au cinéma !

Et comme toujours, on vous le redit : transférez, adhérez, renouvelez (bulletin ci-dessous), demandez à recevoir cette lettre si vous ne l'avez pas directement (à entretoiles83@laposte.net, et même si vous n'adhérez pas!).

PROGRAMMATION DU 9 AU 15 NOVEMBRE 2016

Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Les Ogres
Réalisé par Léa FENHER
France 2015 2h24mn
avec Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas...
Léa Fenher nous avait bouleversés avec son premier film Qu’un seul tienne et les autres suivront, elle nous en offre un second dans un tout autre registre. Les Ogres ! Voilà un titre rudement bien choisi, qui colle aux personnages pantagruéliques de cette fable un brin amorale et à plusieurs vitesses. Ils croquent la vie à pleines dents, sans se retourner sur leurs ravages : à quoi bon ? Cela fait partie de la nature de ces grands insolents qui n'ont pas renié la folie de leur enfance. Baladins sur scène comme dans la vie, ils surgissent d'on ne sait où, sautant de ville en village, de scènes en plateaux, de sourires en crises – de rire, de colère comme de larmes. Ils osent tout, de la tendresse à l'hystérie, se jurant toujours de ne jamais abdiquer leur liberté. Ils bousculent le monde et s'étonnent de le voir se fâcher ! On ne sait si on doit les haïr ou les aimer, mais peut-être est-ce au fond un peu la même chose, tant l'amour et la haine peuvent être des sentiments dévorants. Et si Léa Fenher les dépeint avec autant d'humour et si peu de complaisance, si elle ose les chatouiller et les égratigner jusqu'à la mœlle épinière, c'est qu'il coule en elle le même sang. Être une ogresse et l'assumer fait partie de ses gènes... lire la suite
Le Bucéphale (Draguignan) : séance unique le lundi 14 novembre à 20h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen
« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout. Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich.
.. lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 20 novembre à 18h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Olmo et la Mouette
Réalisé par Petra Costa et Léa Glob
France / Brésil 2016 1h25mn
avec Olivia Corsini , Serge Nicolaï , Arman Saribekyan...
Alors qu’ils répètent la Mouette de Tchékhov, Olivia et Serge découvrent qu’ils attendent un enfant. Olivia réalise alors que la frontière entre sa propre vie et le rôle qu’elle doit jouer s’en trouve bouleversée. Avant de devenir réalisatrice, Petra Costa, d’origine brésilienne, suit une formation théâtrale et se tourne vers la fiction. Léa Glob est une réalisatrice et chef opératrice danoise. Elle est plutôt attirée par le documentaire. Elles se rencontrent au festival de Copenhague et rêvent de réaliser un projet à double création. C’est ainsi qu’elles donnent naissance à Olmo et la mouette, chronique vivante et sincère mettant en scène à la fois la fabrication d’un spectacle de théâtre et la fabrication d’un enfant. Olivia, comédienne de théâtre, doit tenir le rôle d’Arkadina, personnage principal de la Mouette de Tchékhov. Son enthousiasme pour ce rôle est palpable mais peu de temps après le début des répétitions, elle se rend compte qu’elle est enceinte... lire la suite
CGR (Draguignan) : dimanche 20 novembre à 20h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016

Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks ! Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !... lire la suite
CGR (Draguignan) : mercredi 9, samedi 12 et mardi 15 à 17h45, jeudi 10 et lundi 14 à 15h45, vendredi 11 à 13h45 et dimanche 13 à 20h
affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Le Client
Écrit et réalisé par Asghar FARHADI
Iran 2016 2h05 VOSTF
avec Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti, Babak Karimi, Farid Sajjadihosseini...
Festival de Cannes 2016 : Prix du scénario et Prix d'interprétation masculine pour Shahab Hosseini
Mystères de la traduction : le titre persan « forushande » signifie « le vendeur » et le film sortira en France sous le titre « le client »… Pas essentiel sans doute, mais garder en tête le sens du mot persan permet de mieux comprendre les ponts que Farhadi jette entre son histoire et la pièce de théâtre que jouent ses protagonistes… Emad et Rana sont en effet comédiens et on entre dans leur intimité au moment où approche la première représentation de La Mort d'un commis voyageur, dans laquelle ils interprètent les rôles principaux du père et de la mère, largement quinquagénaires. Dans la vie en vrai, ils sont bien plus jeunes, sans enfant, avec tout le temps devant eux pour se découvrir, construire un foyer. Un couple de la classe moyenne supérieure, deux êtres cultivés partageant les mêmes centres d'intérêt… Cela ne donnerait guère matière à une histoire s'il n'y avait un « mais », si chaque détail, loin d'être innocent, ne s'attachait à refléter le malaise social ambiant... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 14h, 18h15 et 20h45, jeudi 10 à 14h, 15h45, 18h15 et 20h45, vendredi 11 et dimanche 13 à 15h30, 18h et 20h30, samedi 12 et mardi 15 à 15h30, 18h15 et 20h45, lundi 14 à 14h, 17h55 et 20h
affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Mal de Pierres
Réalisé par Nicole GARCIA
France 2016 1h56mn
avec Marion Cotillard, Alex Brendemühl, Louis Garrel, Brigitte Rouan, Victoire Du Bois...
Scénario de Nicole Garcia et Jacques Fieschi, librement adapté du roman de Milena Agus
Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole de Provence où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque, la fin des années 1950, où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. « Elle est malade. Ce sont les nerfs… » Gabrielle cause décidément bien des tracas à sa famille qui souhaite, avant toute chose, sauver les apparences. La jeune femme est rebelle, remplie d'une passion bouillante qui fait désordre. Pour sa mère, il n'y a que deux solutions possibles : la faire interner ou la caser avec le premier venu, l'homme fort qui saura l'éloigner, supporter son caractère, ses extravagances et son goût de la liberté. C'est José, un saisonnier agricole espagnol, qui sera l'élu. Lui a les nerfs solides et ça tombe bien, car ils vont être mis à rude épreuve. José avale les couleuvres contre une promotion sociale orchestrée par la famille. Ce couple n'en est pas un – « je ne coucherai pas avec vous, je ne vous aimerai jamais » – même si, souvent, il ne manque pas grand-chose pour que ces deux-là se rencontrent enfin... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 15h50, jeudi 10 à 18h, vendredi 11 à 17h45 et 20h30, samedi 12 à 17h30, dimanche 13 à 17h35, lundi 14 à 15h30 et mardi 15 à 14h et 18h
Lorgues : mercredi 9 à 17h, samedi 12 à ,20h15 et lundi 14 à 21h
Salernes : mercredi 9, vendredi 11 et samedi 12 à 20h30, jeudi 10 et lundi 14 à 18h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Moi, Daniel Blake
Réalisé par Ken LOACH
GB 2016 1h39mn VOSTF
avec Dave Johns, Hayley Squires, Micky McGregor, Dylan McKiernan, Briana Shann...
Scénario de Paul Laverty
Palme d'Or Festival de Cannes 2016 • Prix du public, Festival de Locarno

Ken Loach et son scénariste Paul Laverty, unis au sommet de leur art, nous offrent un film qui donne envie de ruer dans les brancards, invite à ne pas courber l'échine. Qui dresse un tableau à la fois terrible et magnifiquement humain du délabrement du modèle social anglais – mais on a tôt fait de comprendre que notre sort n'est pas tant éloigné de celui de nos voisins d'outre-Manche. Ils n'ont sans doute qu'une encablure d'avance. Après des mois d'enquête sur le terrain, le récit de Loach-Laverty est un condensé de situations si dramatiquement ubuesques qu'il a même fallu les édulcorer pour les rendre crédibles à l'écran. Nul besoin d'effets de style pour ce cinéma-là ! Le sujet est tellement fort, le propos si limpide qu'il ne s'embarrasse pas de fioritures. Ken Loach s'efface derrière ses personnages et les situations qu'ils traversent avec tact et grâce, humblement, faisant presque oublier qu'il y a derrière la caméra une équipe de choc et la patte d'un immense réalisateur... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 15h30 et 20h45, jeudi 10 et mardi 15 à 14h et 20h45, vendredi 11 à 16h05 et 20h30, samedi 12 à 15h50 et 20h45, dimanche 13 à 15h30, lundi 14 à 14h et 20h30
Résultat de recherche d'images pour "affiche chaque jour est une fete"
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Le Ciel Attendra
Réalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France 2016 1h40mn
avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Naomi Amarger, Clotilde Courau, Zinedine Soualem, Yvan Attal… et Dounia Bouzar (dans son propre rôle)...
« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans… Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade… » À l'époque de Rimbaud, on pouvait s'embraser dans de candides envolées lyriques ! La jeunesse avait droit à l'insouciance, elle était l'âge de tous les possibles. On osait inventer un monde idéal, tissé de paix, se griser d'amour et d'amitié. Puis les tilleuls laissèrent la place à l'asphalte, la promenade au zapping ou au surf sur internet. Les babillages se transformèrent en tchat, les belles expressions en smileys. Qu'est ce qu'avoir dix-sept ans maintenant, alors que les adultes semblent avoir abdiqué leurs rêves ? Comment aborder sans frémir un avenir tout bouché, promis au chômage, aux compromis ? Si autour de soi, on ne voit pas d'alternative, on s'en va fouiller dans les réseaux sociaux où l'on découvre des sites aux titres séduisants : « Et si on changeait le monde ? ». De quoi épancher sa soif d'idéaux... lire la suite
Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 et mardi 15 à 18h15, vendredi 11 à 14h, dimanche 13 à 17h55 et lundi 14 à 16h
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...
Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin...
lire la suite
Cotignac : vendredi 11 à 20h30
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Ma vie de Courgette
Réalisé par Claude BARRAS
Film d'animation France/Suisse 2016 1h06mn
avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine de Léan, Marie-Thérèse Fortin...
Scénario de Céline Sciamma, inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette. Grand Prix, Festival du film francophone d'Angoulême • Grand Prix, Festival du film d'animation d'Annecy. Pour les enfants à partir de 7 ans
Courgette ? Courgette ! Pour un garçon, c'est un petit nom charmant mais qui prête un peu à rire… pas bien longtemps. Ce garçonnet qui cache une mine espiègle et tendre sous une tignasse d'un bleu soutenu fait vite oublier qu'il n'est qu'une marionnette dans un décor de carton pâte. Et à la fin du film on a dû mal à le quitter, comme s'il reflétait une part de notre enfance. C'est qu'au delà d'une animation époustouflante de vérité, Ma vie de Courgette aborde des sujets graves tout en les teintant d'humour et de légèreté. Une œuvre tout en nuances et en délicatesse, truffée de petits détails croquignolets qui ne cessent de nous émerveiller. Il y a l'intrigue et puis il y a l'arrière plan, soigné, qui apporte de la fraîcheur dans ce monde de brutes. Notre regard parfois s'attarde sur les nuages immaculés qui peuplent le ciel, les oiseaux qui se taquinent sur une branche… Tout un univers précis et gracieux qui enchante... lire la suite
Le Vox (Fréjus) :mercredi 9 et mardi 15 à 14h et 16h30, jeudi 10 à 14h, 16h30 et 18h30, vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 à 14h et 16h05, lundi 14 à 14h et 16h25


Et si vous voulez en savoir un peu plus...

 

Les Ogres
Réalisé par Léa FENHER
France 2015 2h24mn
avec Adèle Haenel, Marc Barbé, François Fehner, Marion Bouvarel, Inès Fehner, Lola Dueñas...

Léa Fenher nous avait bouleversés avec son premier film Qu’un seul tienne et les autres suivront, elle nous en offre un second dans un tout autre registre. Les Ogres ! Voilà un titre rudement bien choisi, qui colle aux personnages pantagruéliques de cette fable un brin amorale et à plusieurs vitesses. Ils croquent la vie à pleines dents, sans se retourner sur leurs ravages : à quoi bon ? Cela fait partie de la nature de ces grands insolents qui n'ont pas renié la folie de leur enfance. Baladins sur scène comme dans la vie, ils surgissent d'on ne sait où, sautant de ville en village, de scènes en plateaux, de sourires en crises – de rire, de colère comme de larmes. Ils osent tout, de la tendresse à l'hystérie, se jurant toujours de ne jamais abdiquer leur liberté. Ils bousculent le monde et s'étonnent de le voir se fâcher ! On ne sait si on doit les haïr ou les aimer, mais peut-être est-ce au fond un peu la même chose, tant l'amour et la haine peuvent être des sentiments dévorants.
Et si Léa Fenher les dépeint avec autant d'humour et si peu de complaisance, si elle ose les chatouiller et les égratigner jusqu'à la mœlle épinière, c'est qu'il coule en elle le même sang. Être une ogresse et l'assumer fait partie de ses gènes. C'est comme un exorcisme aux vertus libératoires qu'elle nous offre là. Elle semble avoir chaussé ses yeux de petite fille pour filmer avec émerveillement l'exubérance déconcertante de ces géants, ces monstres de scène, ces adultes qui peuplèrent son enfance pour le pire et le meilleur, à commencer par ses propres parents.

Elle aurait pu se contenter d'en tirer une plate autobiographie ? Mais non ! Il fallait un défi à la démesure de sa tribu sans renier l'infidélité de ses souvenirs travestis par le temps, s'en servir au contraire, comme d'une trame pour broder, repeupler, réinventer un univers, en faire cette pure fiction, cette allégorie prise dans les feux de glace du rêve et de la réalité. Nous voilà engloutis par ces grandes gueules d'artistes, émus ou énervés par leurs débordements qui questionnent nos tiédeurs, nos docilités.
Drôle de road-movie perpétuel que celui de la troupe du Davaï, théâtre itinérant où il faut, à chaque étape, se lancer dans un rituel éternellement renouvelé. Planter le chapiteau, aller appâter le chaland : faire la parade quoi qu'il arrive ! Donner le change même si le temps ou quelques-uns font grise mine. C'est comme un sacerdoce païen, grivois, libertaire. Un engagement au service d'un art populaire où l'on rend la culture à la rue. La gravité, les grands mots camouflés sous le voile de farces légères, voilà nos saltimbanques prêts refaire le monde sans trop d'illusion. C'est une vie de bohème tout à la fois exaltante et éprouvante dans laquelle François, le fondateur de la troupe, a entraîné femme, enfants, comédiens et, dans leur sillage, une ribambelle de loupiots incontrôlables, à l'instar de leurs aînés.

Une famille d'adoption qui protège mais où l'on n'échappe jamais tout à fait au regard des autres. Ici tout se sait et on rigole de tout, sinon on boit pour oublier. En tout cas on ne fait rien dans la mesure. Alors, même s'il les tait, le chagrin qui traverse le cœur de Monsieur Déloyal, sa capacité d'autodestruction, n'échappent pas à ses pairs. Et quand il va merdoyer ferme, c'est toute la tournée et l'équilibre de la compagnie qui vont en être affectés. Puis l'arrivée de la pétillante Lola, son passif avec Marion, la compagne de François, va finir par rendre la situation explosive… (Utopia)


Le Bucéphale (Draguignan) : séance unique le lundi 14 novembre à 20h
 

 

L'Économie du couple
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Belgique / France 2016 1h40mn
avec Bérénice Bejo, Cédric Khan, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens...
Scénario de Mazarine Pingeot, Fanny Burdino, Joachim Lafosse et Thomas Van Suylen

« Autrefois, on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires… maintenant on jette. Dès qu'il y a un problème, on jette. C'est pareil dans un couple : plus de désir, on jette. » dit la mère à sa fille. Autre temps, autres mœurs… autre façon de concevoir la vie de couple.
Entre Marie et Boris, on voit bien que l'histoire a été forte et intense. Mais après quinze ans, la belle relation est en train d'imploser, les cœurs sont à vifs, les mots violents et les adorables jumelles, prises dans le tourbillon de querelles qui n'en finissent pas de suinter l'amour passé, ont le cœur tout écartillé entre deux combattants qu'elles aiment autant l'un que l'autre, témoins involontaires d'un conflit dont elles ne pigent pas tout.
Ils se sont aimés, c'est sûr, ça se sent, dans chaque objet d'une maison qu'ils ont fabriquée ensemble pour abriter un bonheur qui leur file désormais entre les doigts. Mais quand vient le moment des comptes, aucun ne veut rien lâcher de ce qu'il pense avoir apporté et les petites choses matérielles deviennent l'expression visible de sentiments refoulés, de contentieux inavoués. Ich liebe dich, ich töte dich…

C'est elle qui reste, c'est lui qui doit partir : elle l'a décidé ainsi, ne supporte plus de l'avoir dans les pattes, tout ce qu'elle adorait chez lui jadis est désormais objet de répulsion : son odeur, ses bras puissants, sa vitalité ombrageuse. Lui aimerait rester, et d'ailleurs comment partir ? Sans travail fixe, sans moyens pour trouver un logement ailleurs… Il va falloir cohabiter un moment, et ça devient difficile. La maison, c'est elle qui l'a achetée, elle avait l'argent, grâce à sa famille. Lui avait la force, les bras, le savoir faire qui lui a permis de faire les travaux. Mais au moment des comptes, le travail, aux yeux de Marie, pèse peu de poids en rapport de l'argent qu'elle a apporté.
C'est une histoire trempée dans l'air du temps et si les femmes se sont émancipées et n'hésitent plus à remettre leur couple en cause, il n'est toujours pas bien vu qu'une femme gagne plus qu'un homme et le capital est toujours plus respecté que le travail. Quel que soit le camp dans lequel on se trouve, c'est un sujet d'humiliation pour l'homme et un moyen de réprobation pour la femme…
La mère de Marie (superbe Marthe Keller) cherche à temporiser, à concilier, plaidant l'indulgence et une répartition équitable, mais dans ces histoires-là il est difficile pour les belligérants de faire la part des choses, de reconnaître la contribution de l'autre. « J'ai tout payé depuis le début » s'énerve Marie. Boris plaide son investissement physique, « j'y ai laissé mes mains, ma sueur, mon amour »… Humilié de s'entendre traiter de « pauvre » devant ses deux gamines, il tente de leur dire que la vraie richesse est ailleurs…
Dans ce chaos tumultueux, surgit pourtant un moment de formidable grâce, une danse, une chanson où tout le monde baisse les armes, une accalmie bienfaisante où on mesure, bouleversé, tout ce que leur relation a pu nourrir de bonheur, de tendresse. Il faudra bien, une fois la tempête passée, que vienne le temps de l'apaisement, il faudra bien arriver à faire la part des choses, il faudra bien que la vie, l'amour, d'une façon ou d'une autre, continuent… et c'est tant mieux.

C'est un film magnifique, écrit à plusieurs mains et autant de sensibilités, impliquant également les comédiens qui ont eu leur mot à dire, modifiant parfois leur texte pour se l'approprier, et le rendu final est saisissant : il y a quelque chose de profond et de fort qui tient sans doute au vécu de chacun, à la connivence qui s'est établie au cours du tournage et leur a permis d'appréhender de l'intérieur des personnages qui immédiatement nous parlent, nous concernent, nous touchent durablement. Bérénice Béjo et Cédrik Khan sont impressionnants de justesse et d'intensité. Les gamines jumelles sont épatantes, peu préparées à ce genre d'exercice, sans texte particulier à dire, mais travaillant avec l'équipe jusqu'à répéter quarante fois la même scène sans s'énerver pour autant, elles sont époustouflantes, touchantes et discrètes, spectatrices impuissantes d'un amour qui se défait et dont elles sont un des enjeux. (Utopia)

CGR (Draguignan) : dimanche 20 novembre à 18h


Olmo et la Mouette
http://images.commeaucinema.com/galerie/347092_f89ce8064e0e970ee3b2d01614c3998c.jpgRéalisé par Petra Costa et Léa Glob
France / Brésil 2016 1h25mn
avec Olivia Corsini , Serge Nicolaï , Arman Saribekyan...

Alors qu’ils répètent la Mouette de Tchékhov, Olivia et Serge découvrent qu’ils attendent un enfant. Olivia réalise alors que la frontière entre sa propre vie et le rôle qu’elle doit jouer s’en trouve bouleversée. Avant de devenir réalisatrice, Petra Costa, d’origine brésilienne, suit une formation théâtrale et se tourne vers la fiction. Léa Glob est une réalisatrice et chef opératrice danoise. Elle est plutôt attirée par le documentaire. Elles se rencontrent au festival de Copenhague et rêvent de réaliser un projet à double création. C’est ainsi qu’elles donnent naissance à Olmo et la mouette, chronique vivante et sincère mettant en scène à la fois la fabrication d’un spectacle de théâtre et la fabrication d’un enfant. Olivia, comédienne de théâtre, doit tenir le rôle d’Arkadina, personnage principal de la Mouette de Tchékhov. Son enthousiasme pour ce rôle est palpable mais peu de temps après le début des répétitions, elle se rend compte qu’elle est enceinte. Peu importe, elle veut continuer à faire partie de la troupe et espère même pouvoir participer à la tournée qui s’annonce. Hélas, quelques soucis de santé la contraignent à l’immobilité. L’appartement d’Olivia, où est filmée la grande majorité des scènes, devient la matrice d’une gestation à la fois créatrice et organique. A mi-chemin entre le documentaire et le journal intime, le récit nous livre les doutes et la solitude de la femme enceinte. Nous berçant de sa voix off et n’hésitant pas à briser le « socialement correct » trop souvent véhiculé par les media et consistant à ne considérer la grossesse que comme un « heureux événement », elle nous raconte, entre émotion et humour, le sacrifice de son statut d’artiste, la perte de sa sexualité, son ennui et ce qu’elle perçoit comme une décadence de sa vie. L’histoire révèle alors des concordances évidentes entre réalité et monde artistique et nous propulse en douceur dans l’univers poétique d’Olivia qui se soumet à l’image des deux personnages féminins de la pièce : Arkadina, la comédienne vieillissante et Nina, l’actrice atteinte de folie.

Olivia Corsini et Serge Nicolaï sont partenaires de scène et couple à la ville. C’est la véritable grossesse d’Olivia que les réalisatrices ont filmée. Sans vouloir nier leurs incontestables talents respectifs, il est évident que cette proximité quotidienne donne une intensité supplémentaire à leur jeu et insuffle une vérité totale à leurs personnages. Il incarne avec une tendresse bourrue cet homme partagé entre le bonheur de devenir père et les errances de sa compagne isolée du collectif et de la vie. Elle joue avec toutes les nuances dont on pouvait rêver le rôle d’une actrice qui...ne joue pas ! Devenir mère n’est pas qu’un processus biologique. C’est aussi et avant tout un phénomène psychique qui crée un sentiment d’étrangeté indicible. Le lien avec l’enfant se construit de manière inavouée entre haine et amour. Ce récit balançant sans cesse entre gravité et légèreté, onirisme et réalité brutale nous convainc aisément que le don de la vie n’est pas seulement ce moment merveilleux indispensable à l’épanouissement de toutes les femmes. Sans féminisme aucun, il est essentiel de rendre hommage à ces deux réalisatrices qui ont choisi d’aborder sans détours ce sujet trop rarement évoqué.

CGR (Draguignan) : dimanche 20 novembre à 20h30


Divines
Réalisé par Houda BENYAMINA
France 2016 1h45mn
avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda...
Scénario de Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau.
Caméra d'Or, Festival de Cannes 2016


Voilà un film qui a du clitoris ! Et pas qu'un peu ! À l'instar de sa réalisatrice et de ses actrices, de vraies bombes pétillantes : « Vingt pains de dynamite » dit Les Inrocks !
Cent ans après la révolte des ouvrières du textile aux States, qui ne se contentaient pas de réclamer du pain mais voulaient aussi des roses, Dounia veut plus que des biffetons : elle revendique ce qui est précieux, et inaccessible à celles de son rang : l'or ! Plus qu'un pouvoir d'achat, tout un symbole ! Il faut avoir des rêves suffisamment énormes pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant… Ceux que notre époque propose à Dounia semblent mesquins et étriqués, incapables d'étancher sa soif de liberté, sa curiosité. Il y a chez elle une force vive en son sein qui en fait plus qu'une rebelle : une résistante. À la prof qui lui fait jouer le rôle d'une hôtesse d'accueil soumise, elle finit par répliquer avec une drôlerie, une pertinence insupportables pour l'institution qui la taxera d'insolence. Pourtant elle devrait avoir un 20/20 en matière de lucidité et de répartie !

Qu'attendre d'une société qui relègue une partie de ses gosses à la case « banlieue », citoyens de seconde zone, dès leurs premiers pas ? L'avenir consisterait à avaler des couleuvres, tenter de s'intégrer sagement aux rares places accessibles dans le monde du salariat ? Et quoi d'autre ? Se fondre dans des tenues moulantes ou sous un voile selon les fantasmes des mecs auxquels on veut plaire ? Décidément Dounia n'est pas dupe. La voilà partie pour se frayer son propre chemin de traverse à travers cette jungle d'hypocrisie, en compagnie de sa plus fidèle amie Maimouna. Ensemble elles forment le plus pur des duos, un tandem façon Laurel et Hardy au féminin, aux répliques savoureuses. L'une aussi grande et forte que l'autre est gringalette. Tour à tour effrontées ou tendres, gentilles mais jamais serviles. Au lieu de le subir, voilà qu'elles soutiennent le regard des garçons, qui les matent « comme des big macs au milieu du ramadan ». Mieux, elles décortiquent leurs gestes, se les approprient, les reproduisent : embryons de caïds sans jupons, indomptables !
Et naturellement, de combine en combine, leurs pas vont les porter dans l'antre de la big boss, la dealeuse du quartier : Rebecca… Celle qui se paye les plus beaux gosses et se fend d'une petite claque sur leurs fesses pour les renvoyer à la case Kent, jouet sexuel, façon : « Hey poupée, va m'attendre à côté, j'ai des affaires sérieuses à traiter ! ». Maimouna et Dounia sont estomaquées et admiratives : c'est comme si, soudain, la docilité et la domination pouvaient changer de camp. Rebecca les prend d'abord de haut, ces merdeuses, les toise, puis, décidément… le culot de Dounia fait pencher la balance. Après les avoir testées, elle les affranchit, les endurcit, leur apprenant à être toujours moins impressionnables… Rien ne paraît pouvoir faire vaciller la détermination de Dounia. Si ce n'est cette rencontre, avec Djigui, un danseur fascinant et hypnotique, qu'elle épie, s'ouvrant à un univers artistique, chargé d'une sensualité inconnue jusque là…
Mais le plus bel amour de l'histoire reste celui des deux âmes sœurs, fidèles à la vie, à la mort : Dounia et Mamounia, qui nous font sourire, éclater de rire, pleurer, nous bouleversent et donnent envie de bastonner toutes les injustices. Dans leur fusion il y a un message universel, qui tire vers le haut, le sacré… les rend définitivement divines.

C'est un film brillant, emballant, interprété par des actrices incroyablement efficaces et justes malgré leur jeune âge. Des têtes bien faites tout droit élevées au dessus de 1000 visages, association crée par la réalisatrice pour promouvoir un cinéma plus représentatif de la richesse et la diversité de notre pays. (Utopia)


CGR (Draguignan) : mercredi 9, samedi 12 et mardi 15 à 17h45, jeudi 10 et lundi 14 à 15h45, vendredi 11 à 13h45 et dimanche 13 à 20h

Le Client
Écrit et réalisé par Asghar FARHADI
Iran 2016 2h05 VOSTF
avec Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti, Babak Karimi, Farid Sajjadihosseini...
Festival de Cannes 2016 : Prix du scénario et Prix d'interprétation masculine pour Shahab Hosseini

Mystères de la traduction : le titre persan « forushande » signifie « le vendeur » et le film sortira en France sous le titre « le client »… Pas essentiel sans doute, mais garder en tête le sens du mot persan permet de mieux comprendre les ponts que Farhadi jette entre son histoire et la pièce de théâtre que jouent ses protagonistes… Emad et Rana sont en effet comédiens et on entre dans leur intimité au moment où approche la première représentation de La Mort d'un commis voyageur, dans laquelle ils interprètent les rôles principaux du père et de la mère, largement quinquagénaires.
Dans la vie en vrai, ils sont bien plus jeunes, sans enfant, avec tout le temps devant eux pour se découvrir, construire un foyer. Un couple de la classe moyenne supérieure, deux êtres cultivés partageant les mêmes centres d'intérêt… Cela ne donnerait guère matière à une histoire s'il n'y avait un « mais », si chaque détail, loin d'être innocent, ne s'attachait à refléter le malaise social ambiant. Car la salve du réalisateur envers la société iranienne contemporaine est violente pour qui sait être attentif. Tout ce qui semble de prime abord anecdotique ne l'est pas du tout et se décline de manière toujours plus complexe au fil des avancées du récit.
D'abord ce premier appartement, dans un vieil immeuble ébranlé par les chantiers environnants, que le jeune couple doit quitter en catastrophe. Une fuite de gaz, des fissures inquiétantes, comme celles qui viennent vriller les fondements de la vie à Téhéran, sa pollution qui rend la vie irrespirable.

Puis ce nouvel appartement, qu'ils n'obtiennent que par copinage, dans lequel subsiste une pièce inaccessible, celle où l'ancienne locataire a laissé des effets personnels, des souvenirs dont on ne peut se débarrasser aisément. Comme si, en voulant fuir la décrépitude de leur passé, ils avaient hérités des impedimenta encombrants d'un autre. Prophétie d'un avenir qui ne tiendra pas ses promesses… Tout procède irrémédiablement vers une sorte d'instabilité générale, comme dans la pièce d'Arthur Miller. Ambiance tissée dans les non-dits, dans la peur du qu'en-dira-t-on et lestée par le poids des convenances, telle une oppressante toile d'araignée qui risque de se refermer inexorablement sur ses proies.
Quel est le premier silence coupable qui va amorcer le piège ? Celui du loueur qui tait le métier de la locataire précédente ? Celui de Rana, qui, lorsqu'elle se fait agresser sous la douche, ne va même pas porter plainte ? Celui d'Emad, qui s'enfonce dans une forme de mutisme héroïque et décide de venger son orgueil mal placé ? Celui de la troupe qui fait semblant de ne rien voir ? Il y a tant d'autres silences encore… Mais peut-être est-ce, dans le fond, un seul et même silence, celui d'une société tout entière, fuyante, oppressée par le poids des règles qui imposent un rôle aux hommes comme aux femmes, jusque dans leur intimité, et dont il faudra un jour ou l'autre s'émanciper. En attendant, chacun, solitaire, fait comme il peut et affronte ces carcans qui corsètent les âmes et font que jamais ne tombent les voiles qui occultent parfois des plaies profondes.

Après un petit détour par la France avec Le Passé, Asghar Faradhi revient à ses racines. Le Client, dans la belle et forte lignée d'À propos d'Elly ou Une séparation (disponibles en Vidéo en Poche), est un superbe apologue sur la nécessité vitale d'une plus grande liberté pour le peuple iranien, et d'abord pour les femmes…


Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 14h, 18h15 et 20h45, jeudi 10 à 14h, 15h45, 18h15 et 20h45, vendredi 11 et dimanche 13 à 15h30, 18h et 20h30, samedi 12 et mardi 15 à 15h30, 18h15 et 20h45, lundi 14 à 14h, 17h55 et 20h

Mal de Pierres
Réalisé par Nicole GARCIA
France 2016 1h56mn
avec Marion Cotillard, Alex Brendemühl, Louis Garrel, Brigitte Rouan, Victoire Du Bois...
Scénario de Nicole Garcia et Jacques Fieschi, librement adapté du roman de Milena Agus

Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole de Provence où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque, la fin des années 1950, où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. « Elle est malade. Ce sont les nerfs… » Gabrielle cause décidément bien des tracas à sa famille qui souhaite, avant toute chose, sauver les apparences. La jeune femme est rebelle, remplie d'une passion bouillante qui fait désordre. Pour sa mère, il n'y a que deux solutions possibles : la faire interner ou la caser avec le premier venu, l'homme fort qui saura l'éloigner, supporter son caractère, ses extravagances et son goût de la liberté. C'est José, un saisonnier agricole espagnol, qui sera l'élu. Lui a les nerfs solides et ça tombe bien, car ils vont être mis à rude épreuve. José avale les couleuvres contre une promotion sociale orchestrée par la famille. Ce couple n'en est pas un – « je ne coucherai pas avec vous, je ne vous aimerai jamais » – même si, souvent, il ne manque pas grand-chose pour que ces deux-là se rencontrent enfin. Mais Gabrielle a la tête ailleurs, elle ne peut se contenter d'un mariage arrangé. Ce sera le grand amour ou rien.

Nicole Garcia filme joliment son héroïne, Marion Cotillard, souvent captive (de sa famille, de son mari ou de l'établissement thermal qui la soigne pour des calcules rénaux, son « mal de pierres »), jouant avec subtilité de l'omniprésence de l'eau (celle du lac, apaisante et qui calme ses fièvres, celle brutale des jets puissants qui lui attaquent le dos et les hanches lors des séances de thalasso, ou encore la mer qui borde sa maison, ou le Rhône sur les rives duquel un amant s'est pendu…). Si la réalisation est classique, Nicole Garcia donne de la chair à ces histoires d'amours qui ne se connectent pas, à ces contretemps des passions. (P.Y. Grenu, Culturebox)

Ce film mélancolique et ardent repose sur Marion Cotillard. C'est la comédienne la plus douée, actuellement, pour provoquer l'émotion et susciter la connivence : qu’on se souvienne de Deux jours, une nuit des frères Dardenne. Ou de The Immigrant, le plus méconnu des James Gray qui, dans une église, la filmait comme une Madone, comme Lillian Gish dans ses chefs d’œuvre muets… Excellente directrice d'acteurs, Nicole Garcia sublime sa sensibilité. Alors qu'elle freine celle de Louis Garrel, toujours prêt à en faire trop et qui devient, soudain, grâce à elle, impressionnant de retenue. Elle offre à Alex Brendemühl, peu connu en France, un magnifique rôle de mari consentant, parce que trop aimant. Le film est âpre et lumineux. Triste, aussi, comme peuvent l'être les vies à contre temps, comme en décrivait, jadis, Maupassant. (P. Murat, Télérama)


Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 15h50, jeudi 10 à 18h, vendredi 11 à 17h45 et 20h30, samedi 12 à 17h30, dimanche 13 à 17h35, lundi 14 à 15h30 et mardi 15 à 14h et 18h
Lorgues : mercredi 9 à 17h, samedi 12 à ,20h15 et lundi 14 à 21h
Salernes : mercredi 9, vendredi 11 et samedi 12 à 20h30, jeudi 10 et lundi 14 à 18h

Moi, Daniel Blake
CÉZANNE ET MOIRéalisé par Ken LOACH
GB 2016 1h39mn VOSTF
avec Dave Johns, Hayley Squires, Micky McGregor, Dylan McKiernan, Briana Shann...
Scénario de Paul Laverty
Palme d'Or Festival de Cannes 2016 • Prix du public, Festival de Locarno


Ken Loach et son scénariste Paul Laverty, unis au sommet de leur art, nous offrent un film qui donne envie de ruer dans les brancards, invite à ne pas courber l'échine. Qui dresse un tableau à la fois terrible et magnifiquement humain du délabrement du modèle social anglais – mais on a tôt fait de comprendre que notre sort n'est pas tant éloigné de celui de nos voisins d'outre-Manche. Ils n'ont sans doute qu'une encablure d'avance. Après des mois d'enquête sur le terrain, le récit de Loach-Laverty est un condensé de situations si dramatiquement ubuesques qu'il a même fallu les édulcorer pour les rendre crédibles à l'écran.
Nul besoin d'effets de style pour ce cinéma-là ! Le sujet est tellement fort, le propos si limpide qu'il ne s'embarrasse pas de fioritures. Ken Loach s'efface derrière ses personnages et les situations qu'ils traversent avec tact et grâce, humblement, faisant presque oublier qu'il y a derrière la caméra une équipe de choc et la patte d'un immense réalisateur. Daniel Blake, Katie deviennent peu à peu comme des extensions de nous-même, de nos parts lumineuses, de nos destins brisés ou de nos déchirures. C'est beau à tomber, puis à se relever pour lutter.

« On a tous besoin d'un peu de vent dans le dos de temps en temps »… Petite phrase rayonnante qui scintille telle un clin d'œil bienveillant, un phare dans la nuit, celle de Katie. Car c'est bien la seule chose gentille qu'elle entende alors qu'elle arrive hagarde dans les bureaux du pôle emploi, éreintée d'avoir tant couru, de s'être perdue dans cette ville qui lui est étrangère. Elle est là, brune et fébrile, encore essoufflée, flanquée de ses deux mômes, avec pour toute fortune dix livres en poche. Face à elle se dresse l'accueil hermétique d'une administration devenue aveugle et sourde, prête à la laisser à la rue, sanction disproportionnée pour dix malheureuses minutes de retard. Entre ces murs gris et durs, tout n'est que résignation. Celle des usagers venus quémander de l'aide, celle des « conseillers » désemparés qui ne peuvent rien accorder et peut-être celle, plus sourdement violente, des collaborateurs du libéralisme qui semblent avoir refoulé toute forme de sentiments. Que d'impuissance face aux visages figés, aux gestes désabusés, plongés dans cet univers Kafkaïen qui nous questionne. Comment une institution « d'accompagnement » a-t-elle pu se transformer en ce purgatoire déshumanisé ? Alors, quand la voix chaleureuse de Daniel Blake s'élève pour venir à la rescousse de sa semblable, elle est comme une bouffée d'espoir, une petite fleur qui essaie de croître vaillamment en zone stérile. Elle porte en elle toute une philosophie de vie. Savoir que nul n'est à l'abri de trébucher un jour, qu'il n'y a aucune honte à cela, ni à attraper la main tendue, pas plus qu'il n'y a à s'enorgueillir d'être la main qui se tend. Le vent qui apporte la force d'avancer au voilier épuisé le fait sans prétention, tout simplement, parce que c'est dans sa nature. Comme il doit être dans celle des humains de s'entraider.

Tandis qu'il s'insurge ainsi, Daniel en oublie presque que sa condition n'est pas plus enviable que celle de cette inconnue qu'il défend. C'est qu'il a du mal à digérer ce qui lui arrive, lui qui fut toujours un battant. Toute une vie de dur labeur, sans cesser de cotiser, jusqu'à ce que son cœur lâche, dise stop. Quand l'administration s'obstine à le déclarer apte au travail, contre toute évidence médicale, il perd toute illusion sur ce qu'il qualifie de vaste plaisanterie. À quoi bon courir après des boulots inexistants ? Alors qu'il y a tellement mieux à faire dans la vie : par exemple redonner à Katie un peu d'amour propre, ne pas la laisser tomber, elle et sa marmaille…

Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 à 15h30 et 20h45, jeudi 10 et mardi 15 à 14h et 20h45, vendredi 11 à 16h05 et 20h30, samedi 12 à 15h50 et 20h45, dimanche 13 à 15h30, lundi 14 à 14h et 20h30


Le Ciel Attendra
JUSTE LA FIN DU MONDERéalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France 2016 1h40mn
avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Naomi Amarger, Clotilde Courau, Zinedine Soualem, Yvan Attal… et Dounia Bouzar (dans son propre rôle)...

« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans… Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade… » À l'époque de Rimbaud, on pouvait s'embraser dans de candides envolées lyriques ! La jeunesse avait droit à l'insouciance, elle était l'âge de tous les possibles. On osait inventer un monde idéal, tissé de paix, se griser d'amour et d'amitié. Puis les tilleuls laissèrent la place à l'asphalte, la promenade au zapping ou au surf sur internet. Les babillages se transformèrent en tchat, les belles expressions en smileys. Qu'est ce qu'avoir dix-sept ans maintenant, alors que les adultes semblent avoir abdiqué leurs rêves ? Comment aborder sans frémir un avenir tout bouché, promis au chômage, aux compromis ? À dix-sept ans, on a eu le temps de comprendre que les pollueurs ne sont pas les payeurs. Que les puissants ne sentent pas la puanteur de leur argent. Qu'ils sont en outre sourds aux cris des peuples affamés, aveugles face aux enfants qui meurent aux portes de la Méditerranée. Avoir dix-sept ans dans nos sociétés malades, au consumérisme hypertrophié, c'est avoir envie de fuir ou d'enfouir sa tête dans le sable pour ne plus voir à son tour. Mais c'est aussi le temps de la révolte, celui où l'on se met en quête de ses semblables, ceux qui veulent faire la peau au capitalisme. Si autour de soi, on ne voit pas d'alternative, on s'en va fouiller dans les réseaux sociaux où l'on découvre des sites aux titres séduisants : « Et si on changeait le monde ? ». De quoi épancher sa soif d'idéaux.

C'est ainsi que Mélanie, rousse jeune fille un brin timide, rencontre un garçon charmant, presque un prince sorti des Mille et une nuits. Elle se montre curieuse puis de plus en plus subjuguée par cet être qui parait si bien la comprendre. Elle boit avidement ses paroles, se gorge de chaque compliment qu'il lui fait. La voilà qui vibre, s'émancipe, se sent valorisée. Il est désormais essentiel à sa vie sans qu'ils se soient jamais croisés… C'est comme une toile d'araignée virtuelle, méticuleusement tissée au fil des sentiments de Mélanie et dont il sera difficile de s'extraire. C'est également ainsi que Sonia, la jolie brunette, rentrera dans un cercle de filles qui seront comme autant d'âmes-sœurs, de confidentes. En leur compagnie elle se sentira rassurée, heureuse d'être écoutée, comprise. De points communs en idées communes, elles donneront un nouveau sens à leur vie, convaincues d'avoir trouvé une voie pour purifier le monde. Sonia sera galvanisée par ce groupe qui la rend plus forte, courageuse.
Mélanie, Sonia… Deux jeunes filles intelligentes, brillantes, choyées, dorlotées, élevées dans des milieux cultivés, juste cueillies à un moment charnière de leur vie. Elles pourraient être vous, elles pourraient être moi, nos sœurs, nos cousines, nos filles… Pourtant le film commence par l'intrusion violente des forces de l'ordre dans le pavillon coquet où vit Sonia. Perquisition, arrestation de la jouvencelle qui s'est laissée embrigadée par Daesh sans que son entourage s'en doute. Ces mères et ces pères qui s'effondrent, qui ont fait de leur mieux et culpabilisent de n'avoir rien vu venir, ça aurait pu être nous, vous, nos parents, nos amis…

Forcément, dans le climat actuel, quand on nous a proposé un film sur la « radicalisation », on a chaussé notre regard le plus critique. On guettait le détail démagogue, l'explication toute faite, le faux pas : il n'y en a pas ! Marie-Castille Mention-Schaar déconstruit les raccourcis faciles, stigmatisants, qui ne servent que la carrière de ceux qui les professent. Et en plus elle nous tient en haleine, comme dans un thriller psychologique très bien renseigné (elle a passé des mois à étudier, rencontrer notamment des ados en voie de déradicalisation). Excellent outil pour décortiquer les processus d'embrigadement, comprendre combien il est facile de se laisser aspirer par des mécaniques psychologiques si bien huilées. Puis combien, par la suite, il est difficile, mais pas impossible, d'en réchapper. Long processus décrit avec tact dans lequel Dounia Bouzar accompagne des jeunes et leurs parents tous les jours, dans la vie en vrai comme à l'écran. Quant aux acteurs professionnels, ils se sont investis à tel point qu'ils nous font oublier qu'ils interprètent des rôles. C'est plein de tact, passionnant, efficace.

Le Vox (Fréjus) : mercredi 9 et mardi 15 à 18h15, vendredi 11 à 14h, dimanche 13 à 17h55 et lundi 14 à 16h


La Fille Inconnue
Écrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre DARDENNE
Belgique 2016 1h46mn
avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier, Fabrizio Rongione, Louka Minnella, Christelle Cornil, Nadège Ouedraogo, Olivier Gourmet...

Tous ceux qui identifient les Dardenne à un cinéma naturaliste, social, misérabiliste, ouvriront peut-être enfin les yeux (il serait temps) en découvrant leur magnifique et bressonien La Fille inconnue. Rien n’est plus travaillé, précis, minutieusement sculpté, intelligemment formaliste et moralement complexe que le cinéma des frères liégeois.
Leur dynamo est cette fois-ci le docteur Jenny Davin, une jeune généraliste qui refuse un soir d’ouvrir sa porte à une jeune femme en détresse parce que l’horaire est dépassé d’une heure. Elle apprend que celle qui sonnait a été retrouvée morte sur une berge, sans identité, sans famille et sans sépulture. Davin en conçoit une culpabilité obsédante et n’a plus qu’un but : retrouver le nom de la fille inconnue et lui offrir une dernière demeure digne. Davin, c’est Adèle Haenel, sainte laïque et guerrière, petit bloc obsessionnel qui rappelle ses devancières Rosetta ou Lorna. La différence, c’est que Jenny Davin n’est pas une victime mais une femme de la bourgeoisie dont le métier, ou plutôt la vocation, consiste précisément à réduire le malheur du monde, un peu comme si les deux frères étaient passés de l’autre côté de leur caméra par le biais de Davin. Dans ce rôle portant tout le film, Haenel étincelle par son énergie, son tranchant, sa dualité enfantine et batailleuse, à la fois petite pieuvre et combattante, moteur crépitant de tous les plans du film.

Bien que personnelle et intime, l’enquête du docteur Davin revêt bien sûr une dimension politique jamais explicitée. La fille sans nom et sans tombe fait écho à toutes les victimes décédées dans l’anonymat des faits divers mais aussi des guerres et des massacres de masse. Quant au défilé de personnages qui somatisent devant la toubib (vomissements, problèmes cardiaques, perte de sommeil…), ils incarnent une honte intériorisée et une culpabilité collective, les nôtres, celles des nantis (plus ou moins) indifférents ou impuissants face au spectacle visible des souffrances du monde.
Comme toujours chez les Dardenne, la portée politique ne découle pas d’un « vouloir dire » mais d’une histoire, de personnages, de situations, de gestes très banals et concrets. Leur beau souci, ce sont les détails. Demander à Haenel une diction blanche, désaffectée (« il faut dominer ses sentiments pour être un bon médecin » dit-elle au début) ; distiller les sonneries de portable qui scandent le film et intensifient ses suspenses ; ménager de longs silences avant que la parole des témoins du drame ne soit accouchée ; multiplier patiemment les écoutes au stéthoscope des bronches d’un patient avant d’énoncer un diagnostic (métaphore de la méthode des Dardenne ?) ; filmer le profil ultra-expressif d’Haenel et saisir la moindre inflexion de son visage comme un événement émotionnel faisant avancer le récit…
Même soin minutieux dans le colorisme, entre les hauts bleus ou rouges de Davin et les murs blancs en fond d’écran. Sec et tendu comme un thriller, politiquement plus parlant que la plupart des films à messages, La Fille inconnue est un nouveau diamant brut de nos orfèvres de Seraing, leur plus éclatant et coupant depuis L’Enfant.

(S. Kaganski, Les inrocks)

Cotignac : vendredi 11 à 20h30


Ma vie de Courgette
http://fr.web.img4.acsta.net/c_300_300/pictures/15/09/16/17/10/228737.jpgRéalisé par Claude BARRAS
Film d'animation France/Suisse 2016 1h06mn
Scénario de Céline Sciamma, inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette.
Grand Prix, Festival du film francophone d'Angoulême • Grand Prix, Festival du film d'animation d'Annecy.
Pour les enfants à partir de 7 ans


Courgette ? Courgette ! Pour un garçon, c'est un petit nom charmant mais qui prête un peu à rire… pas bien longtemps. Ce garçonnet qui cache une mine espiègle et tendre sous une tignasse d'un bleu soutenu fait vite oublier qu'il n'est qu'une marionnette dans un décor de carton pâte. Et à la fin du film on a dû mal à le quitter, comme s'il reflétait une part de notre enfance. C'est qu'au delà d'une animation époustouflante de vérité, Ma vie de Courgette aborde des sujets graves tout en les teintant d'humour et de légèreté. Une œuvre tout en nuances et en délicatesse, truffée de petits détails croquignolets qui ne cessent de nous émerveiller. Il y a l'intrigue et puis il y a l'arrière plan, soigné, qui apporte de la fraîcheur dans ce monde de brutes. Notre regard parfois s'attarde sur les nuages immaculés qui peuplent le ciel, les oiseaux qui se taquinent sur une branche… Tout un univers précis et gracieux qui enchante.

De passages tragiques en moments rigolos ou poétiques, on pénètre dans le monde écartelé des enfants qui ont morflé. De ceux que la société essaie de préserver et tente de réparer en les éloignant de leurs proches qui ne les ont parfois pas épargnés. Mais commençons par le commencement… Ce jour-là est un jour comme un autre dans la vie de Courgette. Du moins il commence comme beaucoup d'autres. Dans sa chambre sous les combles, il dessine sur les murs, invente des histoires, des super héros qui le font s'évader. Avec deux bouts de papier, quelques crayons, il se crée tout un monde. Dans le salon au dessous, sa mère, lovée dans un fauteuil devant un soap opéra à la télé, éructe et rumine : « Tous des menteurs… ». Aigreur et vécu qu'elle cuve dans sa bière. Le sol est jonché de cannettes que Courgette vient récupérer histoire de construire des châteaux. Faute de sable ?
Pourquoi la marâtre sort-elle de sa torpeur ? Qu'importe… On comprend que ce n'est pas la première fois qu'elle se met dans une rage folle contre son rejeton. Mais cette fois-là, sans penser à mal et pour se protéger, Courgette rabat la trappe de sa chambre sur la tête de sa daronne qui dégringole dans le raide escalier… Après une audition au commissariat, Courgette va atterrir dans un foyer d'accueil, loin de ce qu'il a toujours connu… Mais tout n'est pas si sombre. D'abord, le flic qui l'interroge est un vrai gentil. Il s'appelle Raymond et la loi de la gravitation universelle a décidé que son crâne était fait pour recevoir les bombes à eau des mômes qui adorent le taquiner. Et puis le foyer qui accueille l'orphelin est une unité à taille humaine.

Les autres gosses ne sont pas forcément tendres, principalement Simon, qui se prend pour un caïd avec sa banane de rockeur rouquin. Pour lui tout nouvel arrivant est un potentiel bouc émissaire qu'on peut discrètement martyriser. Mais tout n'est pas si simple et derrière les fanfaronnades se cachent des êtres déjà bien égratignés. Tous comme des lions coincés derrière les barreaux de souvenirs qui font des ravages et donnent envie de défoncer les murs ou de se battre. Contre qui, contre quoi ? Peut-être tout simplement pour survivre. Le pari éducatif devient alors de transformer cette force dévastatrice en envie de vivre, en joie retrouvée. Et heureusement on la sent tapie dans l'ombre, prête à bondir comme un nouveau départ. Elle explose dans les moments de jeux, de jovialité… Surtout à l'arrivée de la petite dernière : Camille. Avec sa voix de flûte alto cassée, ses grands yeux bleus et son sens de la répartie bien aiguisé, elle peut mettre tout le monde en boîte, même ce gros dur de Simon !

Le Vox (Fréjus) :mercredi 9 et mardi 15 à 14h et 16h30, jeudi 10 à 14h, 16h30 et 18h30, vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 à 14h et 16h05, lundi 14 à 14h et 16h25
Cotignac : jeudi 10 à 18h

Pour adhérer ou renouveler son adhésion, il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € pour l'adhésion ordinaire, 20 € pour une adhésion de soutien et montant libre pour une adhésion de membre bienfaiteur, à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Madame, Mademoiselle, Monsieur.....................................................................................

demeurant....................................................................................................................................................................................

désire adhérer ou renouveler son adhésion (barrer la mention inutile) à l'association du ciné-club Entre Toiles

Date et signature :


×