Le programme du 11 au 17 février 2015

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Bonjour à tous !
Super semaine, encore plus que d'habitude !!! Car cette semaine, c'est la semaine du CYCLE POLARS !
Avec 4 films de renom, qui ont tous reçu plusieurs distinctions de premier plan ! C'est le film SOUND OF NOISE de Ole Simonsson qui ouvre le bal vendredi 13 février à 20h30, après l'apéritif offert par la Ville à 20h. "Un thriller musical aussi cocasse qu'inattendu" qui a reçu rien moins que le Prix de la Jeune Critique et le Prix du grand rail d'or au Festival de Cannes. Ensuite, vous pourrez voir samedi 14 février à 18h DANS SES YEUX de José Campanella, "dans la tradition du film noir, du film d'enquête, romanesque", film argentin qui a reçu le Premio Goya du meilleur film étranger et le Prix Ariel du meilleur film latino-américain.
En sortant de ce film, vous pourrez venir partager dans le hall du cinéma un APÉRITIF DINATOIRE, confectionné et offert par Entretoiles à tous les spectateurs, avant de voir METRO MANILA de Sean Ellis, "un film qui passe de la chronique sociale à un thriller mené tambour battant" et qui a eu le Prix du public Sundance 2013 et le Prix Awards 2014.
 Le cycle Polars se terminera le dimanche 15 février à 18 h avec LES NEUF REINES de Fabien Bielinsky, "un polar sophistiqué entre charme et duperie..." qui a été récompensé par le Grand Prix du Festival de Cognac et le Prix du public du Festival de Bogota!!
Voilà beaucoup d'excellentes raisons de réserver vos 3 soirées du weekend pour cet événement exceptionnel !
Le reste de la semaine vous offre encore beaucoup d'autres pépites : dans les nouveautés de la semaine, il y a Qui vive de Marianne Tardieu, qualifié par la critique de "rare, modeste et superbe", et A capella de Lee S-jin ,coréen, "un film soigné, maîtrisé, faussement lisse". Et nous avons toujours sur les écrans Imitation gameWhiplashQu'Allah bénisse la France, un film qui vaut le coup, sur l'intégration, les jeunes des banlieues, ceux qui réagissent et ceux qui se détruisent... Et aussi Love is strange sans oublier le très beau Timbuktu qu'il ne faut pas laisser repartir sans l'avoir vu !
Donc, bonne, très bonne semaine de cinéma ! Nous vous attendons nombreux vendredi, samedi et dimanche pour le CYCLE POLARS !
Et toujours...
Si vous souhaitez recevoir ce billet directement dans votre boîte, envoyez un e-mail à entretoiles83300@gmail.com.
Adhérez si ce n'est pas fait ...
Et allez au cinéma !!

PROGRAMMATION DU 11 AU 17 FEVRIER 2015

Sound Of Noise
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Sound of Noise
Écrit et réalisé par Ola SIMONSSON et Johannes STJÄRNE NILSSON
Suède - 2010 - 1h42 - VOSTF
avec Bengt Nilsson, Sanna Persson Halapi, Magnus Börjeson, Anders Vestergard, Fredrik Myhr, Marcus Haraldson Boij, Johannes Björk...
Prix de la Jeune Critique et Prix du grand rail d'or au Festival de Cannes
Wizz, Tchak, Poum, Tchak, Schrik, Wouf, Wizzz, Schlicka… C’est un peu ce que l’on entend tout au long de ce joyeux et iconoclaste hommage aux faiseurs de sons, ceux qui, à partir de quelques petits riens audibles, créent un univers magique. Ils sont six musiciens, six percussionnistes qui ne feront jamais carrière mais qui sont d'authentiques passionnés et qui n’en peuvent plus des sons que la vie en société occidentale développée nous impose... lire la suite
CGR Eldorado : vendredi 13 février 20h30
Dans ses yeux
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Dans ses yeux
Réalisé par Juan José CAMPANELLA
Argentine - 2009 - 2h09 - VOSTF
avec Ricardo Darin, Soledad Villamil, Pablo Rago, Javier Godino, Guillermo Francella...
Premio Goya du meilleur film étranger, Prix Ariel du meilleur film latino-américain et Oscar du meilleur film étranger
Benjamin Esposito était fonctionnaire de justice dans les années 1970 et participa à l'enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme. Avant d'en être évincé pour des raisons évidemment politiques. L'affaire fut rapidement résolue par l'inculpation de travailleurs émigrés, qui arrangeait tout le monde. Aujourd'hui, pour occuper son inconfortable retraite, Benjamin a décidé d'écrire un roman inspiré de ces faits réels, une manière comme une autre d'en finir avec ce meurtre qui continue de l'obséder... lire la suite
CGR Eldorado : samedi 14 février 18h
Metro Manila
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Metro Manila
Réalisé par Sean ELLIS
GB / Philippines - 2012 - 1h55 - VOSTF
avec Jake Macapagal, Althea Vega, John Arcilla, Ana Abad-Santos...
Prix du public Sundance 2013 et Prix Awards 2014
Plongée sans filet au cœur de Manille, mégalopole asiatique dont la mauvaise réputation n'est plus à faire… Prostitution – en particulier enfantine : Manille est la proie du tourisme sexuel le plus cradingue –, criminalité galopante, corruption omniprésente… Sans parler des embouteillages monstrueux et de la pollution infernale qui asphyxient cette capitale vorace, la plus densément peuplée du monde… Autant de réalités qu'on ne peut nier et que les films du grand cinéaste philippin Brillante Mendoza nous ont brillamment et intensément montrées... lire la suite
CGR Eldorado : samedi 14 février 20h45
Les Neuf Reines
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Les Neuf Reines
Réalisé par Fabián BIELINSKI
Argentine - 2002 - 1h55 - VOSTF
avec Gastón Pauls , Ricardo Darin , Leticia Brédice...
Grand Prix du Festival de Cognac et Prix du public du Festival de Bogota
Marcos est un arnaqueur qui possède un certain savoir-faire. Un jour, il sauve Juan d'un mauvais coup et lui propose de remplacer son coéquipier qui a disparu. Juan commence son apprentissage près de son mentor, lorsque Sandler, un ancien associé de Marcos, appelle à l'aide. Il voudrait vendre à un millionnaire philatéliste, Gandolfo, la copie de neuf timbres rares de la République de Weimar : les «Neuf Reines». La soeur de Marcos, plutôt récalcitrante car ce dernier a dilapidé leur héritage, accepte néanmoins de leur prêter main-forte. Rendez-vous est donc pris avec Gandolfo, qui se dit prêt à payer 450 000 dollars... lire la suite
CGR Eldorado : dimanche 15 février 18h
Qui vive
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Qui vive
Réalisé par Marianne TARDIEU
France - 2014 - 1h24 
avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Moussa Mansaly, Rashid Debbouze...
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre ! Avec Qui vive, la jeune réalisatrice Marianne Tardieu nous donne un film rare, aussi modeste que superbe. Superbe parce que modeste. Modeste et juste. D'une pénétrante justesse qui s'impose d'emblée, qui fait immédiatement exister les rues, les immeubles, les lumières, les mouvements de cette cité de banlieue. Et les personnages, d'autant plus passionnants qu'ils sont ordinaires, qu'ils ressemblent à tout un tas de gens qu'on croise tous les jours et auxquels on ne prête pas attention. Ici c'est la banlieue de Rennes mais ça pourrait être celle de n'importe qu'elle grande ville. Ici le personnage central c'est Chérif, mais des Chérif il doit y en avoir des milliers, semblables et singuliers... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, vendredi, samedi, mardi 14h - lundi 16h15 - dimanche 18h30 - mercredi 20h30
A Cappella
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A Cappella
Écrit et réalisé par LEE Su-jin
Corée du Sud - 2013 - 1h52 - VOSTF
avec Chun Woo-hee, Jung In-sun, Kim So-young, Lee Young-lan...
C'est un remarquable thriller psychologique et social, un puzzle fascinant qui se dessine pièce par pièce, dévoilant progressivement une intrigue qui plonge aux tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. Au début du film, son héroïne, la lycéenne Han Gong-ju, dont le visage d'ange contraste avec la tragédie qu'elle semble cacher, doit rassembler en catastrophe ses affaires, quitter précipitamment son établissement scolaire et intégrer un nouveau lycée, pour une raison inconnue mais, de toute évidence, grave... lire la suite
CGR Eldorado : samedi, lundi, mardi 14h - jeudi 18h - mercredi, dimanche 20h30
Qu’Allah bénisse la France
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Qu'Allah bénisse la France
Réalisé par Abd AL MALIK
France - 2014 - 1h36mn
avec Marc Zinga , Zesau , Maxime Tshibangu...
Le titre annonce déjà ses intentions : faire vivre de concert l'islam et la France. Le rappeur reconnu Abd Al Malik retrace son itinéraire en adaptant lui-même son livre autobiographique. Il remonte à l'adolescence, lorsqu'il s'appelait encore Régis et vivait avec ses deux frères et leur mère dans un quartier difficile de Strasbourg, le ­Neuhof. Un univers plombé, sans autre issue que le rap, porteur d'énergie et d'espoir, et la délinquance, moyen de subsistance et d'intégration à un groupe. Régis (interprété par Marc Zinga) a la chance d'aimer les mots, la littérature. Le jour, il est bon élève, la nuit, il deale. Une double casquette difficile à porter longtemps.... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, dimanche 14h - lundi 16h15 - jeudi, vendredi 18h - mercredi 18h15- mardi 20h30
Love is Strange
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Love is Strange
Réalisé par Ira SACHS
USA - 2014 - 1h35mn - VOSTF
avec Alfred Molina, John Lithgow, Marisa Tomei, Charlie Tahan, Cheyenne Jackson, Manny Perez, Darren Burrows...
Scénario d'Ira Sachs et Mauricio Zacharias
C'est un très beau, très doux et très déchirant film d'amour, dont les protagonistes formidablement attachants sont deux hommes plus tout jeunes, qui ne perdent pas leur temps à le camoufler. George et Ben sont respectivement maître de chorale et peintre dilettante, douillettement installés dans un appartement coquet de l'East Village. Après 39 ans de vie commune, ils viennent de se marier et de décider d'un petit voyages de noces européen. Mais George n'a pas anticipé la réaction de son employeur, une vénérable institution catholique qui, sous la pression de parents scandalisés par le mariage homosexuel d'un des enseignants, se sent obligée de le licencier malgré plusieurs décennies de bons et loyaux services... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, vendredi 14h - mercredi 16h - lundi 18h - mardi 20h25 - dimanche 20h30
Imitation Game
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Imitation Game
Réalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...
A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant.
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
.. lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, lundi 14h - dimanche 16h - samedi 18h - jeudi 20h30
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall
Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ?... lire la suite
CGR Eldorado : dimanche 16h - mercredi, vendredi, mardi 18h - lundi 18h15 - jeudi, samedi, lundi 20h30
Whiplash
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Whiplash
Réalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville
« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle. Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire... lire la suite
CGR Eldorado : dimanche 14h - mercredi 16h15 - mardi 18h - vendredi, lundi 20h30



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Sound of Noise
SOUND OF NOISEÉcrit et réalisé par Ola SIMONSSON et Johannes STJÄRNE NILSSON
Suède - 2010 - 1h42 - VOSTF
avec Bengt Nilsson, Sanna Persson Halapi, Magnus Börjeson, Anders Vestergard, Fredrik Myhr, Marcus Haraldson Boij, Johannes Björk...
Prix de la Jeune Critique et le Prix du grand rail d'or au Festival de Cannes


Wizz, Tchak, Poum, Tchak, Schrik, Wouf, Wizzz, Schlicka… C’est un peu ce que l’on entend tout au long de ce joyeux et iconoclaste hommage aux faiseurs de sons, ceux qui, à partir de quelques petits riens audibles, créent un univers magique. Ils sont six musiciens, six percussionnistes qui ne feront jamais carrière mais qui sont d'authentiques passionnés et qui n’en peuvent plus des sons que la vie en société occidentale développée nous impose. Mais oui, vous savez de quoi je parle, mais peut être ne vous en rendez vous plus compte tellement ces sons sont noyés dans notre paysage mental et urbain : je parle de ces infâmes musiques, de cette guimauve préfabriquée que l’on subit dès qu’on franchit les portes d’un centre commercial, d'un grand magasin, voire pire quand elle est diffusée sans notre consentement dans certaines rues commerçantes via de petits hauts parleurs.

Face à ce gloubiboulga sonore, nos six activistes soniques (d'aucuns, par un curieux glissement sémantique en ces temps où l’on utilise ce terme pour désigner un simple manifestant insoumis, parleront de « terroristes » du pouet et du tchak tchak poum) ont décidé de faire de la ville leur terrain de jeu, d'utiliser toutes les possibilités de l’espace urbain et tout ce qui peut y produire un son original pour foutre un sacré bordel, à travers d’étonnants et détonants attentats musicaux. Tout y passe ! Un bloc opératoire et un de ces clients (une ventripotente star de la télé préalablement anesthésiée) deviennent ainsi une inépuisable source de sons : les bip de l’electro-cardiogramme, le souffle des machines respiratoires, les grincements du lit d’hôpital que l’on peut surélever à merci. Puis à plus grande échelle, les bougres perturbent un opéra en venant interpréter devant les marches de ce temple de la musique officielle une symphonie pour marteaux-piqueurs, tractopelles et autres bulldozers. Même les lignes à haute tension et leur wouf si caractéristique peuvent être utilisées à bon escient ! En tout cas les musiciens d’avant-garde, comme le pionnier des musiques électroniques Pierre Henry, ou plus récemment les percussionnistes de Stomp ou des Tambours du Bronx n’auraient pas renié ces sacré(e)s gaillard(e)s (il y a une fille dans la bande, elle en est même la co-initiatrice et la meneuse).
Par contre les autorités ne voient évidemment pas d'un bon oeil ces débordements musicaux et l’ironie du sort fait que c’est l’inspecteur Amadeus Warnebring (son prénom en dit long), vilain petit canard non mélomane d’une famille de grands musiciens, qui doit se coltiner l’enquête, alors que le pauvre déteste plus que tout la musique et n'aspire qu'au silence. Et le film va devenir un thriller musical aussi cocasse qu'inattendu…

Sound of noise est tout à fait typique d’un certain cinéma scandinave qu'on aime énormément (rappelons-nous Kitchen stories, Norway of life ou Nous, les vivants) : une réelle poésie, une manière tout à fait étonnante de filmer l’espace (la scène d’équilibrisme sur les lignes à hautes tensions au dessus de la ville qui clignote au rythme des coupures de courant est magnifique), un humour totalement foldingue, une tendresse pour les marginaux, les hors-cadre que certains cyniques trouveront gnangnan, mais qui touchera les cœurs purs comme les vôtres. Bref, pour nous Sound of noise c'est la non-mélodie du bonheur ! (Utopia)

CGR Eldorado : vendredi 13 février 20h30




Dans ses yeux
DANS SES YEUXRéalisé par Juan José CAMPANELLA
Argentine - 2009 - 2h09 - VOSTF
avec Ricardo Darin, Soledad Villamil, Pablo Rago, Javier Godino, Guillermo Francella...
Premio Goya du meilleur film étranger, Prix Ariel du meilleur film latino-américain et Oscar du meilleur film étranger


Une fois de plus le Palmarès des Oscars nous a pris par surprise, et pas qu'un peu ! Cette année pour l'Oscar du meilleur film étranger, on attendait un film qui nous avait déjà conquis : Un prophète de Jacques Audiard, sur sa lancée des César, ou Le Ruban blanc de Michael Haneke, fort de sa Palme d'Or à Cannes… Et bing : c'est l'argentin Dans ses yeux qui décroche la timbale (souvenez-vous : l'an dernier, c'est le très beau et japonais Departuresqui fut récompensé) !
Que pouvait donc bien avoir de plus le film de Juan José Campanella pour remporter la statuette tant convoitée ? Ce polar politico-romantique a été le plus grand succès du box-office argentin en 2009 ! Avec le grand Ricardo Darin (Les Neuf reines et quelques autres films où son charme latin et ses yeux de braise firent merveille) dans le rôle d’un homme obsédé par le meurtre d’une femme commis vingt cinq ans plus tôt.

Benjamin Esposito (Ricardo Darin donc) était fonctionnaire de justice dans les années 1970 et participa à l'enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme. Avant d'en être évincé pour des raisons évidemment politiques. L'affaire fut rapidement résolue par l'inculpation de travailleurs émigrés, qui arrangeait tout le monde. Aujourd'hui, pour occuper son inconfortable retraite, Benjamin a décidé d'écrire un roman inspiré de ces faits réels, une manière comme une autre d'en finir avec ce meurtre qui continue de l'obséder. Il se confie à Irène (Soledad Villamil), son ancienne collègue et supérieure hiérarchique, devenue aujourd’hui Présidente du Tribunal pénal. Cette affaire, les a profondément marqués tous les deux : en se battant contre ce qu’ils savaient être un mensonge, Benjamin et Irène avaient découvert l'identité véritable meurtrier, Isidoro Gomez. Mais l’Argentine venait de tomber sous le contrôle de la junte militaire, le climat était délétère, l’atmosphère étouffante, les apparences trompeuses et la justice était loin d’être équitable… et un an seulement après son emprisonnement, comme par hasard, Isidoro a été libéré et est entré au service d’un parti péroniste d’extrême droite, comme homme de main…
Irène, la belle Irène, intelligente, déterminée à faire carrière dans la justice, socialement bien née et, très logiquement par la suite, socialement bien mariée et mère de famille comblée (?), Irène, dont Benjamin fut secrètement et intensément épris, émet des réserves sur cette idée de roman, pour des raisons qui apparaîtront plus tard. Mais il arrive à la convaincre. Elle l’aidera à faire la lumière sur cette affaire. Son ancien collègue et ami Sandoval, aussi. Dans sa recherche, il va réussir à apporter de nouvelles preuves, puis à faire rouvrir l’enquête. Mais remuer le passé ne se fait pas sans conséquence… sans risques. Où cela va-t-il les entrainer ?

On est dans la tradition du film noir, du film d'enquête, romanesque et même romantique… jusqu'au bout ! Mais Dans ses yeux n'oublie jamais le contexte social et politique très dur de la dictature argentine : nulle hagiographie d’un héros cherchant à faire éclater la vérité, mais plutôt appropriation collective « de cette soif de justice ressentie par de nombreux argentins, plus d’un quart de siècle après la fin de la dictature » (d’où sans doute l’énorme succès en Argentine) dont parle Campanella et qu'il aborde en confrontant deux enquêtes : celle des années 1970, et celle menée aujourd’hui. Le style se veut réaliste dans l’action, un peu à la manière des séries américaines (les bonnes) : scène de crime présentée sans ménagement, assassinat brutal, visages filmés de très près, surtout les regards. Mais il sait aussi prendre de la distance, se faire presque onirique.(Utopia)

CGR Eldorado : samedi 14 février 18h




Metro Manila
METRO MANILARéalisé par Sean ELLIS
GB / Philippines - 2012 - 1h55 - VOSTF
avec Jake Macapagal, Althea Vega, John Arcilla, Ana Abad-Santos...
Prix du public Sundance 2013 et Prix Awards 2014


Plongée sans filet au cœur de Manille, mégalopole asiatique dont la mauvaise réputation n'est plus à faire… Prostitution – en particulier enfantine : Manille est la proie du tourisme sexuel le plus cradingue –, criminalité galopante, corruption omniprésente… Sans parler des embouteillages monstrueux et de la pollution infernale qui asphyxient cette capitale vorace, la plus densément peuplée du monde… Autant de réalités qu'on ne peut nier et que les films du grand cinéaste philippin Brillante Mendoza nous ont brillamment et intensément montrées..
Le réalisateur anglais Sean Ellis (auteur de Cashback, montré chez nous en 2007) avait été frappé, lors d'un séjour à Manille, par une rixe d'une incroyable violence entre deux convoyeurs de fonds. Convoyeur de fonds, un métier dont l'actualité nous rappelle sans cesse qu'il est un des plus dangereux au monde. Alors autant dire que devenir convoyeur de fonds à Manille relève presque de la pratique suicidaire. Sean Ellis tenait là un vrai bon sujet de cinéma…

Les premières minutes du film se déroulent pourtant bien loin de Manille et de son brouhaha : nous sommes dans les régions montagneuses et splendides où l'on cultive courageusement le riz sur des terrasses en espaliers. Un vrai paradis sur terre pour couverture de National Geographic. Mais pas du tout pour Oscar et Mai Ramirez, leur petite fille et leur nouveau-né : le cours du riz, qui se décide bien loin de chez eux, sur des places financières peu soucieuses de leur existence, est tellement bas qu'ils n'auront même pas de quoi acheter les semences de l'année suivante. Ils doivent donc se résoudre à l'exode, comme bien des Philippins des zones rurales : cela explique que l'on retrouve largement les hommes comme marins au long cours sur les cargos battant pavillons de complaisance et les femmes dans la domesticité des pays du Golfe…
Pour les Ramirez ce sera, au moins dans un premier temps, Manille où Oscar va tenter de louer ses bras. L'arrivée sur la métropole tentaculaire est particulièrement traumatisante pour la famille, d'autant que dès le premier jour ils se font arnaquer par un marchand de sommeil qui leur loue une chambre en fait déjà attribuée à d'autres par l'Etat… Mai se résigne à accepter un boulot d'hôtesse dans un bar de charme, où elle est contrainte d'exhiber les siens. Quant à Oscar, le hasard le conduit à devenir convoyeur de fonds, recruté par Ong, un ancien qui semble en toute bienveillance vouloir prendre sous son aile le jeune campagnard. Commence alors pour lui la vie stressante mais excitante des rondes en camion blindé dans la capitale aux mille dangers. Arrivent aussi les premiers salaires et l'espoir pour la famille de s'en sortir…

Mais tout cela n'est il pas un miroir aux alouettes ? D'où Ong peut-il bien tenir son insolente aisance ? Que cache sa générosité ? Sean Ellis, grâce à une mise en scène tendue, passe de la chronique sociale à un thriller mené tambour battant, qui fait monter la tension à partir de l'espace clos du fourgon blindé, particulièrement cinégénique et symbolique. Mais le film donne aussi toute sa place au peuple de Manille, qui n'a d'autre choix que de jouer le jeu de la corruption et des petites magouilles : tout est finalement bon à prendre pour faire survivre sa famille, tout est envisageable pour parvenir à ce but, tout jusqu'à son propre sacrifice, un mot qui n'est pas vain dans un pays profondément emprunt de religiosité. (Utopia)

CGR Eldorado : samedi 14 février 20h45




Les Neuf Reines
Neuf ReinesRéalisé par Fabián BIELINSKY
Argentine - 2002 - 1h55 - VOSTF
avec Gastón Pauls , Ricardo Darin , Leticia Brédice...
Grand Prix du Festival de Cognac et le Prix du public du Festival de Bogota


Marcos est un arnaqueur qui possède un certain savoir-faire. Un jour, il sauve Juan d'un mauvais coup et lui propose de remplacer son coéquipier qui a disparu. Juan commence son apprentissage près de son mentor, lorsque Sandler, un ancien associé de Marcos, appelle à l'aide. Il voudrait vendre à un millionnaire philatéliste, Gandolfo, la copie de neuf timbres rares de la République de Weimar : les «Neuf Reines». La soeur de Marcos, plutôt récalcitrante car ce dernier a dilapidé leur héritage, accepte néanmoins de leur prêter main-forte. Rendez-vous est donc pris avec Gandolfo, qui se dit prêt à payer 450 000 dollars...

A Buenos Aires, Juan, escroc débutant, rencontre Marcos, un vrai pro, qui le tire d'un mauvais pas. Par hasard ? Juan obtient une sorte de CDD, avec mission d'assister le maître dans ses arnaques. Les dés sont lancés, forcément pipés, le jeu peut commencer, un stimulant casse-tête avec péripéties gigognes. On part des petites embrouilles pour se glisser dans les grandes. En l'occurrence, vendre de faux timbres (les fameuses « neuf reines ») à un collectionneur, sans lésiner sur les ruses.

Fabián Bielinsky concocte un polar sophistiqué, nouant avec le spectateur une forme réjouissante de complicité : celle du trompe-l'oeil, du charme et de la duperie, fiction dans la fiction. Cette habileté narrative lui permet aussi d'explorer une forme particulière de compulsion. Ses deux héros « sociopathes » usent de leur étrange mode de vie comme d'une drogue dure. Des personnages séduisants, certes, mais qui sont-ils vraiment ? Des crapules ? des artistes ? Eux-mêmes ne le savent plus. Pour évoquer cette forme d'opacité, le réalisateur les filme comme à distance, presque froidement.

Dans son petit monde parallèle, Bielinsky (disparu prématurément en juin 2006) s'offrait en plus, mine de rien, une séance de contestation, glissant des répliques goguenardes sur une société qui survit tant bien que mal, entre fraude et système D.(Télérama)

CGR Eldorado : dimanche 15 février 18h




Qui vive
QUI VIVERéalisé par Marianne TARDIEU
France - 2014 - 1h24 
avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Moussa Mansaly, Rashid Debbouze...

Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre ! Avec Qui vive, la jeune réalisatrice Marianne Tardieu nous donne un film rare, aussi modeste que superbe. Superbe parce que modeste. Modeste et juste. D'une pénétrante justesse qui s'impose d'emblée, qui fait immédiatement exister les rues, les immeubles, les lumières, les mouvements de cette cité de banlieue. Et les personnages, d'autant plus passionnants qu'ils sont ordinaires, qu'ils ressemblent à tout un tas de gens qu'on croise tous les jours et auxquels on ne prête pas attention. Ici c'est la banlieue de Rennes mais ça pourrait être celle de n'importe qu'elle grande ville. Ici le personnage central c'est Chérif, mais des Chérif il doit y en avoir des milliers, semblables et singuliers. Semblables par leurs conditions de vie, par le début de leur parcours ; singuliers, uniques par leur façon de faire face, de construire la suite de leur chemin.

Chérif a la trentaine, il est intelligent, il a des atouts mais pas forcément ceux qui vous assurent un accueil privilégié lors des entretiens d'embauche… Il a accumulé les petits boulots, les études sans débouché, il est revenu vivre chez ses parents et a accepté un emploi alimentaire de vigile au centre commercial voisin. Le genre de poste costume-cravate et talkie-oreillette qui vous attire le mépris des jeunes glandeurs de la cité, et tout autant celui de la direction qui le pressure et s'en sert comme fusible interchangeable dans un contexte sécuritaire et social tendu. Mais Chérif n'accepte pas le choix qui lui est assigné : croupir dans une situation humiliante mais qui lui garantit le minimum vital ou plonger comme certains de ses amis d'enfance dans les activités illégales plus ou moins risquées, plus ou moins minables. Chérif sait ce qu'il veut : il prépare discrètement le concours d'infirmier qui lui permettra de s'arracher à ce mektoub qui colle aux baskets des jeunes de la cité, de quitter ce quartier auquel il est attaché mais dont il sait qu'il est une prison aux murs invisibles. Il y arrivera si les vieux copains combinards et foireux, ceux qui se baladent en 4x4 flambants neufs, ne l'entraînent pas vers une voie sans issue…
Marianne Tardieu fait exploser les clichés qui collent aux basques des films sur la banlieue en ne se posant jamais en juge des différents protagonistes : petits merdeux désœuvrés qui trainent autour du magasin et humilient quotidiennement Chérif, vieux potes enfermés dans leur glandouille, caïd qui fut son meilleur ami, flics qui se dépatouillent avec tout ce petit monde, chaque personnage existe, aucun n'est caricaturé ou méprisé. Le film les montre surtout prisonniers d'un système où s'affrontent relégation sociale et légitime colère face à un monde qui tente de préserver ses acquis, un monde inégalitaire auquel Chérif veut échapper coûte que coûte. Seuls ceux qui exploitent cette situation, notamment l'odieux patron de la société de sécurité, sont regardés avec dureté.

Marianne Tardieu sait aussi jongler avec des tonalités très différentes, moments drôles, moments graves, moments de tension et même d'action, mais aussi moments de grâce comme quand Chérif rencontre Jenny, lumineuse animatrice de centres de loisirs et réalisatrice de dessins animés craquants, incarnée par la formidable Adèle Exarchopoulos, chopée avant son succès de La Vie d'Adèle. Celui qui l'est encore plus, formidable, c'est Reda Kateb, qu'on a vu récemment impeccable en médecin algérien dans Hippocrate : cette fois il porte le film sur ses épaules, il est de quasiment toutes les scènes, il donne au personnage de Chérif une richesse incroyable, en fait vivre toutes les facettes, tour à tour drôle, séduisant avec Jenny, grave et déterminé. Reda Kateb est un des tout meilleurs acteurs du cinéma français, Qui viveen est la preuve définitive. Il a fallu quatre ans de combat à Marianne Tardieu pour réunir les financements de ce film lumineux. On ne peut que saluer sa combativité, égale à celle de son héros qu'on n'oubliera pas de sitôt. (Utopia)

CGR Eldorado : jeudi, vendredi, samedi, mardi 14h - lundi 16h15 - dimanche 18h30 - mercredi 20h30




A Cappella
A CAPPELLAÉcrit et réalisé par LEE Su-jin
Corée du Sud - 2013 - 1h52 - VOSTF
avec Chun Woo-hee, Jung In-sun, Kim So-young, Lee Young-lan...

C'est un remarquable thriller psychologique et social, un puzzle fascinant qui se dessine pièce par pièce, dévoilant progressivement une intrigue qui plonge aux tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. Au début du film, son héroïne, la lycéenne Han Gong-ju, dont le visage d'ange contraste avec la tragédie qu'elle semble cacher, doit rassembler en catastrophe ses affaires, quitter précipitamment son établissement scolaire et intégrer un nouveau lycée, pour une raison inconnue mais, de toute évidence, grave. Gong-ju, telle un témoin sous protection dans une série policière, est hébergée temporairement et en toute discrétion chez un de ses enseignants, prévenant mais quelque peu paniqué : il faut dire qu'il vit avec sa mère et que celle-ci est peu enthousiaste à la perspective d'accueillir l'intruse… La raison de cette fuite précipitée, nous la découvrirons par bribes à l'occasion des flashs backs qui émaillent le film…

Dans son nouvel univers, Gong-ju se fait solitaire, nageant obstinément comme pour aller de l'avant sans se retourner, mais le passé lui colle aux talons… Elle finit par se lier d'amitié avec quelques camarades, qui remarquent par hasard son joli timbre de voix alors qu'elle s'entraîne seule en cachette. Les filles ont une chorale (d'où le titre français) et veulent convaincre la nouvelle venue d'exploiter son talent, voire de le faire connaître au plus grand nombre en diffusant une de ses chansons sur les réseaux sociaux. Ce qui risque de briser l'anonymat qu'elle tente désespérément de préserver… Et la jolie bulle que Gong-ju avait cru se créer va rapidement éclater, les sombres fantômes du passé s'y engouffrant brutalement. Et quand tout se fragilise, voire s'effondre, se dévoile en gros plan, magnifiquement décrite, la lâcheté terrible des adultes, pathétiques complices de crimes qui resteront probablement impunis.

Le jeune réalisateur Lee Su-jin orchestre parfaitement la montée de la tension : le film démarre dans l'inquiétude et le mystère avant de se s'installer dans une parenthèse douce et presque enfantine pour finalement s'accomplir dans un chaos qui met en pleine lumière les travers de la société coréenne : un sexisme effarant, largement et complaisamment accepté, l'obsession de la réussite scolaire, qui conduit parfois les adolescents à la limite de la folie, et de la réussite sociale, qui écrase toute justice, une justice qui est de toute façon foncièrement inégalitaire, protégeant ceux qui sont promis au meilleur avenir…
Il y a une conscience politique et sociale tempétueuse, à la Fassbinder ou à la Pasolini, dans ce film très maîtrisé, très soigné, faussement lisse. Et la jeune actrice, Chun Woo-hee, est vraiment formidable, lycéenne jolie comme un cœur, fragile, douce, respectueuse, qui se laisse gagner par une rage vengeresse.(Utopia)

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Qu'Allah bénisse la France
Qu'AllahRéalisé par Abd AL MALIK
France - 2014 - 1h36mn
avec Marc Zinga , Zesau , Maxime Tshibangu...

Le titre annonce déjà ses intentions : faire vivre de concert l'islam et la France. Le rappeur reconnu Abd Al Malik retrace son itinéraire en adaptant lui-même son livre autobiographique. Il remonte à l'adolescence, lorsqu'il s'appelait encore Régis et vivait avec ses deux frères et leur mère dans un quartier difficile de Strasbourg, le ­Neuhof. Un univers plombé, sans autre issue que le rap, porteur d'énergie et d'espoir, et la délinquance, moyen de subsistance et d'intégration à un groupe. Régis (interprété par Marc Zinga) a la chance d'aimer les mots, la littérature. Le jour, il est bon élève, la nuit, il deale. Une double casquette difficile à porter longtemps.

Avec son noir et blanc contrasté, ses cadrages graphiques, ses joutes oratoires incessantes, le film est une sorte de petit frère de La Haine. Il n'échappe pas au déjà-vu, à certains tics de clip. Abd Al Malik rend compte, malgré tout, des changements survenus depuis 1995 et le film de Kassovitz. D'abord en montrant les dégâts collatéraux du trafic de drogue, sans renchérir sur la violence, mise à distance à coups d'ellipses, de métaphores et d'allusions (jolie séquence où Régis vient rembourser le dealer en jogging qui l'a naguère aidé, devenu, entre-temps, un caïd en costume). Le film se distingue, surtout, grâce à sa dimension humaniste, en décrivant un cheminement personnel qui s'ouvre sur le monde. Ce que la prof de français clairvoyante (Mireille Périer) de Régis résume en expliquant à son protégé qu'il a su faire "un choix : celui d'aimer la vie". (Télérama)

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Love is Strange
LOVE IS STRANGERéalisé par Ira SACHS
USA - 2014 - 1h35mn - VOSTF
avec Alfred Molina, John Lithgow, Marisa Tomei, Charlie Tahan, Cheyenne Jackson, Manny Perez, Darren Burrows...
Scénario d'Ira Sachs et Mauricio Zacharias

C'est un très beau, très doux et très déchirant film d'amour. Dont les protagonistes formidablement attachants sont deux hommes plus tout jeunes – la soixantaine, bien tassée pour le plus âgé des deux – qui ne perdent pas leur temps à camoufler leur calvitie plus ou moins avancée, leur barbe plus sel que poivre, pas plus que leur gracieux embonpoint…
George et Ben sont respectivement maître de chorale et peintre dilettante et sont surtout terriblement new yorkais, douillettement installés dans un appartement coquet de l'East Village, acquis récemment après des années de location. Après 39 ans de vie commune et d'amour fusionnel, malgré les hauts et les bas inhérents à l'exercice, ils viennent de se marier et de décider d'un petit voyages de noces européen, entre Tour Eiffel et Piazza Navona, où l'on peut manger le même spaghetti jusqu'au baiser…

Mais George n'a pas anticipé la réaction de son employeur, une vénérable institution catholique qui, sous la pression de parents scandalisés par le mariage homosexuel d'un des enseignants, se sent obligée de le licencier malgré plusieurs décennies de bons et loyaux services. Et voilà nos vieux amants désormais époux, dans un contexte immobilier impitoyable où la perte de l'emploi signifie immédiatement celle du logement, contraints de se séparer provisoirement pour être hébergés chez des parents respectifs. George trouve refuge chez son neveu flic et gay, dont le salon qui accueille le canapé-lit où il dort est un lieu de fête permanent… Tandis que Ben, lui, échoue dans la chambre du jeune et peu bienveillant Joey, le fils de son neveu Elliot en pleine crise conjugale avec son épouse Kate… Autant dire que la séparation et ces nouvelles conditions de vie, à un âge où les capacités d'adaptation ne sont plus au top, vont être difficiles pour l'un comme pour l'autre…
Il y a bien sûr une dimension politique dans le film sensible d'Ira Sachs, un regard incisif sur la discrimination qui sévit jusqu'au cœur de la gay friendly New York : même dans la Grosse Pomme on est susceptible d'être viré en raison de ses orientations sexuelles et un vieux couple marié peut se voir obligé de se séparer et de chercher un hébergement chez des proches. Un regard aussi sur ce système social inexistant et cette folie immobilière qui font tant et si bien qu'on peut se retrouver à la rue à l'âge de la retraite, après avoir travaillé toute sa vie.

Mais Love is strange est avant tout une chronique délicate et drôle sur l'amour qui résiste aux années qui s'écoulent, qui passe par dessus les obstacles (l'infidélité chronique de Ben par exemple). Une chronique servie par deux comédiens exceptionnels de douceur et de charisme. Et c'est aussi une belle réflexion sur la transmission – ce n'est pas un hasard si Ben et George font deux métiers par lesquels on transmet par la beauté. C'est ainsi que chacun, toutes générations confondues, va prendre le meilleur de la cohabitation a priori difficile avec l'oncle Ben, Kate retrouvant un peu de sérénité dans sa vie, et le jeune Joey trouvant sa voie grâce à ce vieil homme au demeurant encombrant. (Utopia)

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Imitation Game
Imitation gameRéalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...

A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant. 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Premier constat : Imitation Game est un film calibré pour la course aux Oscars. Hollywood aime les biopics, les vies douloureuses, les destins exceptionnels, d’autant plus quand l’intimité d’un homme se mêle à la grande Histoire. On pense à Harvey Milk, au Discours d’un roi, à Lincoln, qui ont tous trois valus une statuette à leur acteur principal.
Aucun doute, Benedict Cumberbatch a de très bonnes chances de leur succéder, d’autant plus que son interprétation d’un génie profondément solitaire et mal dans sa peau est vraiment étonnante, donnant à la narration sophistiquée d’Imitation Game de troublantes nuances d’humanité.
Morten Tyldum décide de nous présenter la vie d’Alan Turing, dont les travaux servirent de fondements à l’informatique, sous la forme d’un mystérieux casse-tête, avec la volonté d’imprégner son film de l’esprit de son héros. En tant que narrateur principal, celui-ci nous raconte son histoire comme une énigme, comme s’il essayait de partager avec nous sa passion pour la résolution de problèmes inextricables.

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Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall

Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n’a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu’elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n’est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu’ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c’est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…

C’est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu’on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s’être fait rappeler à l’ordre comme de mauvais garnements qui n’ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l’Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n’a pour tout bouclier qu’une frêle lueur d’espoir contre l’obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l’injustice que rendent ses tribunaux. C’est peu et pourtant… C’est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d’un courage collectif à reconquérir. C’est cet espoir qui permet nombre d’actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s’est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d’une technologie qui n’arrive pas jusque-là… C’est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C’est beau, très beau, d’une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l’allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c’est l’humour – il fallait l’oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration.

C’est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…

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Whiplash
WHIPLASHRéalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville


« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle

Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire. C'est un film sur l'effort forcené d'un féru pour affûter la finesse de ses frappes sur les fûts, la répétition des roulements, la précision de leur déroulement, du plus lent au plus rapide et du plus rapide au plus lent. Et c'est au rythme trépidant d'un récit mené tambour battant que se bâtit l'itinéraire de ce débutant se battant pour abattre les obstacles l'empêchant d'être un batteur épatant.

Andrew est un apprenti batteur qui trime plus qu'il ne frime, passant souvent ses soirées en solitaire, perfectionnant son swing dans le sous-sol insonorisé du prestigieux conservatoire de jazz où il vient d'être accepté. Sans compromis ni demi-mesure, il a l'ambition démesurée de se mesurer aux meilleurs. Il s'acharne et s'accroche, s'échine sur des noires, croches, double-croches, répétant ses enchaînements jusqu'à en chasser la moindre anicroche. Et c'est justement lors de l'une de ces répétitions qu'il attire l'attention du professeur star de l'institution, celui pour lequel il a décidé son inscription mais face auquel il se laisse gagner par la tension, échouant de ce fait à cette première évaluation. À défaut d'avoir marqué des points, Andrew s'est tout de même fait remarquer, et quand le batteur de l'orchestre dudit professeur est débarqué, le voilà donc embarqué dans l'orchestre des cracks parmi les cracks, partagé entre la peur de craquer et l'espoir d'avoir enfin l'occasion de se démarquer. Sous la férule de Terence Fletcher, professeur féroce et terrifiant, fouillant au plus profond de ses fidèles la frénésie qui leur fera franchir leurs frontières physiques et psychiques, le néophyte Andrew devra faire fi de la fatigue et de la souffrance pour intensifier ses frappes et affiner son jeu. Car s'il découvre l'excitation et l'exaltation de s'exercer au sein d'un orchestre d'exception, il explore aussi les excès et les vexations exigés par la recherche exacerbée de l'excellence. Fletcher le pousse jusqu'à l'impasse, le tire jusqu'à la rupture, passant comme dans un tour de passe-passe de la confiance aux pires injures. Il est le maestro qui donne le la, Andrew le disciple cloué au sol. Mais l'envie de l'élève est si vive de devenir virtuose que les énervements et les revirements avivent sa volonté plutôt que de l'en dévier. Les regards désapprobateurs deviendront son moteur, Andrew vise comme bonheur d'être un grand batteur, à la bonne heure, il fera ce qu'il faut pour être à la hauteur.

Whiplash est un film qui file vite et frappe fort, une chronique unique des accrocs iniques entre un jeune loup ambitieux et un vieil ours odieux – les deux acteurs, le débutant comme le plus vieux, sont fabuleux. Il relate à un rythme haletant la réalité d'une relation complexe et extrême, accordant ses caméras à la cadence infernale d'un solo de batterie, sans temps mort ni répit, jusqu'au final en point d'orgue résonnant comme un énorme coup de cymbale après un morceau particulièrement enlevé et exceptionnel… whi… PLASH !

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