Le programme du 11 au 17 mars 2015

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Une grande et belle mobilisation se fait autour de l'Eldo : plusieurs d'entre vous proposent leur savoir-faire, leurs compétences, leur expérience, ou tout simplement leur temps, pour nous aider à tout faire pour sauver ce cinéma !
Nous ne vous cachons pas que la partie est difficile, CGR est un grand groupe peu enclin aux concessions et exploitant exclusif sur Draguignan. Mais nous ne baissons pas les bras, nous nous servons de toutes vos idées pour arriver à cette fameuse réunion du 24 mars ( Maire, CGR, les propriétaires des murs, et nous, Entretoiles), avec de solides arguments, des propositions fortes et des pressions de communication importantes.
Quelle que soit l'issue de cette réunion, nous organiserons dans la foulée une Assemblée Générale Extraordinaire dont nous vous donnerons la date mardi prochain pour parler ensemble de l'avenir du cinéma d'auteurs à Draguignan.
Mais, REGARDEZ, nous avons encore cette semaine une magnifique programmation : ALLEZ AU CINÉMA , notre nombre dans les salles reste un problème majeur : à supposer que CGR veuille maintenir ce cinéma, cela ne se peut pas sans votre fréquentation !
Au programme donc L'enquête, thriller politico-financier au coeur de l'affaire Clearstream, avec l'excellent duo Gilles Lellouche - Charles Berling, Hope, un film beau et fort sur des aventuriers d'un genre que nous méconnaissons. Et les films déjà présents cette semaine : Le prix à payer, documentaire canadien passionnant, Coming home, film chinois très émouvant sur l'amour brisé, toujours l'irremplaçable Timbuktu et ses 7 Césars, et encore Imitation game et Whiplash
Voilà : 7 films de grande qualité, 7 films très différents les uns des autres, 7 films d'auteur, 7 films qui font la raison d'exister de l'Eldo... si vous y allez !!!

PROGRAMMATION DU 4 AU 10 MARS 2015

L'Enquête
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L'Enquête
Réalisé par Vincent GARENQ
France - 2014 - 1h46mn
avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto, Florence Loiret-Caille, Eric Naggar...
Scénario de Vincent Garenq, Stéphane Cabel et Denis Robert d'après ses deux livres, L'Affaire des affaires et La Boîte Noire
Le film porte très bien son titre et commence comme le précédent opus de Vincent Garenq, Présumé coupable : l'arrestation par les gendarmes, au petit matin, d'un homme incrédule et sonné sous les yeux de sa famille. Un homme qui, comme le héros de Présumé Coupable croyait non seulement n'avoir rien à se reprocher mais pensait incarner un certain idéal de justice. Dans Présumé Coupable, c'était l'huissier Alain Marécaux, victime d'un des plus incroyables flops judiciaires de ces dernières années, la fameuse affaire d'Outreau. Ici le type menotté, c'est le journaliste et écrivain Denis Robert, un homme qui a cru, envers et contre tout, que la recherche de la vérité finirait par avoir raison des obstructions savamment orchestrées par la grande finance internationale et ses complices... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 et vendredi 13 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 20h30 - dimanche 15 : 14h et 18h15 - mardi 17 : 14h
Hope
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Hope
Ecrit et réalisé par Boris LOJKINE
France - 2014 - 1h31mn - VOSTF
avec Justin Wang, Endurance Newton, Dieudonné Bertrand Balo'o, Bobby Igiebor (tous les comédiens du film sont des non professionnels)...
L'ancien jeune philosophe Boris Lojkine est désormais un grand cinéaste de l'aventure humaine. Il passe aujourd'hui à la fiction et c'est une autre bouleversante aventure qu'il est allé tourner en Afrique. Car ce sont bien des aventuriers, des aventuriers en quête d'un futur meilleur pour eux et leurs proches restés au pays, qui affrontent aujourd'hui les rudesses du Sahara, les flots qui engloutissent les pirogues de fortune, qui essaient de franchir les murs infranchissables de notre Europe, les murs de barbelés de l'enclave espagnole de Mellila. Hope et Léonard sont de ceux là. Rien ne devait les faire se rencontrer : il est camerounais, elle est nigériane... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 : 14h et 20h30- jeudi 12 : 18h15 - vendredi 13 et mardi 17 : 20h30 - samedi 14 : 14h - dimanche 15 : 16h15 - lundi 16 : 14h et 18h15
Le Prix à payer
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Le Prix à payer
Réalisé par Harold CROOKS
Canada - 2014 - 1h33mn - VOSTF
Documentaire écrit par Harold Crooks et Brigitte Alepin, d'après son livre
En ces temps de tourments économiques et sociaux qui, dans le monde entier, affectent brutalement les plus fragiles, voici un film salutaire et pédagogique qu'il faut montrer* à toutes celles et ceux qui sont persuadés de ne rien entraver à la complexité des règles économiques que nous subissons, sans avoir le plus souvent les outils pour les décrypter et encore moins les armes pour les combattre. Un film passionnant, antidote à la fatalité pour celles et ceux qui se résigne à croire que les inégalités et l'austérité sont les conséquences inévitables de la crise. Le documentariste Harold Crooks est parti enquêter, de la City de Londres jusqu'aux îles anglo-normande ou des Caraïbes en passant par le Luxembourg, sur les paradis fiscaux et sur les nouvelles pratiques des grandes firmes internationales pour échapper à tout impôt dans les états où elles génèrent leurs profits... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11, vendredi 13 et mardi 17 : 20h30 -jeudi 12 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 14h - dimanche 15 : 16h
Coming Home
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Coming Home
Réalisé par ZHANG YIMOU
Chine - 2014 - 1h50 - VOSTF
avec Gong Li, Chen Daoming, Zhang Huiwen, Guo Tao... Scénario de Zou Jingzhi, d'après le roman Le Criminel Lu Yanshi, de Yan Geling.
On est heureux et très agréablement surpris de voir revenir Zhang Yimou, avec ce Coming home, à cette veine du drame social qui était si belle dans Qiu Ju, une femme chinoise (1992), dans lequel Gong Li incarnait une paysanne obstinée, bien décidée à défendre l'honneur bafoué de son mari devant les tribunaux compétents de la ville. L'action se situe ici pendant et après la Révolution culturelle. Feng Wanyu vit modestement de la couture et élève sa fille Dan Dan, brillante jeune danseuse qui espère vivement décrocher le rôle titre d'une comédie musicale révolutionnaire. On comprend vite que le mari et père, Lu Yanshi, est un de ces nombreux intellectuels emprisonnés par le régime pour déviationnisme petit bourgeois. Il va d'ailleurs réussir à s'échapper de son camp d'internement, ce qui va faire basculer la vie de la famille, avant d'être rattrapé... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 : 13h45 - jeudi 12 et dimanche 15 : 20h30 - vendredi 13 : 14h - samedi 14, mardi 17 : 18h15- lundi 16 : 16h
Imitation Game
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Imitation Game
Réalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...
A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant.
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
.. lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 : 16h - jeudi 12 : 20h30 - samedi 14 et lundi 16 : 18h15 - dimanche 15 : 13h45 - mardi 17 : 14h
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall
Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ?... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 : 16h -jeudi 12 : 14h - vendredi 13, dimanche 15 et mardi 17 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 20h30
Whiplash
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Whiplash
Réalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville
« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle. Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 11 : 18h15 - jeudi 12 et vendredi 13 : 14h - dimanche 15 : 20h30 - lundi 16 : 16h



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

L'Enquête
L'ENQUÊTERéalisé par Vincent GARENQ
France - 2014 - 1h46mn
avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto, Florence Loiret-Caille, Eric Naggar...
Scénario de Vincent Garenq, Stéphane Cabel et Denis Robert d'après ses deux livres, L'Affaire des affaires et La Boîte Noire

Le film porte très bien son titre et commence comme le précédent opus de Vincent Garenq, Présumé coupable : l'arrestation par les gendarmes, au petit matin, d'un homme incrédule et sonné sous les yeux de sa famille. Un homme qui, comme le héros de Présumé Coupable croyait non seulement n'avoir rien à se reprocher mais pensait incarner un certain idéal de justice. Dans Présumé Coupable, c'était l'huissier Alain Marécaux, victime d'un des plus incroyables flops judiciaires de ces dernières années, la fameuse affaire d'Outreau. Ici le type menotté, c'est le journaliste et écrivain Denis Robert, un homme qui a cru, envers et contre tout, que la recherche de la vérité finirait par avoir raison des obstructions savamment orchestrées par la grande finance internationale et ses complices.

A la fin des années 1990, Denis Robert est depuis plus de dix ans un journaliste d'investigation du quotidien Libération. Il est devenu spécialiste de la corruption et du financement occulte des partis politiques. Il découvre un peu par hasard, en interviewant un de ses fondateurs luxembourgeois puis un de ses comptables, l'existence de la chambre de compensation financière Clearstream (autrefois Cedel), qui permet à des banques internationales et à leurs clients importants de dissimuler des transactions délicates. C'est de manière totalement indépendante, sans le soutien d'un journal, qu'il mènera l'enquête. Il dévoile ainsi dans un premier livre, Révélation$, tout un système dont multinationales et États profitent au détriment des citoyens. Les procès pleuvent sur la tête du journaliste et sa corporation, dans sa grande majorité, se montre circonspecte voire hostile, probablement frileuse face aux menaces judiciaires de Clearstream. Mais les révélations de Denis Robert intéresseront la commission parlementaire sur le blanchiment dirigée entre autres par le député Vincent Peillon. Se greffera par la suite une deuxième affaire, qui malheureusement éclipsera médiatiquement la première pourtant bien plus importante, celle des fichiers liés à l'affaire des rétro-commissions de la vente de frégates à Taïwan, fichiers falsifiés par le financier Imane Lahoud pour le compte de Jean Louis Gergorin, vice président du consortium militaire EADS, affaire qui verra la guerre entre Sarkozy et De Villepin finir en justice.
Le grand intérêt du film, c'est, à travers un thriller politico-financier, d'expliquer de manière limpide une affaire et un système qui semblent encore occultes au plus grand nombre, malgré tous les sujets télévisés réalisés à la va-vite. Vincent Garenq montre avec lucidité l'acharnement d'une justice manœuvrée par les moyens démesurés des services juridiques des multinationales concernées (Denis Robert fut à la fois poursuivi par Clearstream mais aussi par des banques d'affaires russes ou luxembourgeoises). Mais il épingle aussi la complicité d'une partie des médias.

Pour donner chair à cette histoire complexe, Vincent Garenq articule son film autour de trois personnages et trois acteurs remarquables : Gilles Lellouche – qu'on a rarement l'occasion de voir à Utopia vu les films qu'il choisit – est ici parfait de présence et de charisme dans le rôle du journaliste aventurier, parfois à la limite de la légalité. L'intégrité du juge Van Ruymbecke est parfaitement interprétée par l'excellent Charles Berling et la schizophrénie et le sens de la manipulation du financier Imane Lahoud sont bien rendues par l'étonnant Laurent Capellutto. Intelligent et efficace, passionnant à suivre, L'Enquête est une ode salutaire à la démocratie et à la justice envers et contre tous les petits arrangements du monde de la finance et de la politique.(Utopia)

CGR Eldorado : mercredi 11 et vendredi 13 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 20h30 - dimanche 15 : 14h et 18h15 - mardi 17 : 14h




Hope
HOPEEcrit et réalisé par Boris LOJKINE
France - 2014 - 1h31mn - VOSTF
avec Justin Wang, Endurance Newton, Dieudonné Bertrand Balo'o, Bobby Igiebor (tous les comédiens du film sont des non professionnels)...

L'ancien jeune philosophe Boris Lojkine est désormais un grand cinéaste de l'aventure humaine. Dans Ceux qui restent (2001) et Les Ames Errantes(2005), il observait avec une immense générosité le parcours des hommes et des femmes qui, au cœur du Vietnam, trente ans après la guerre, recherchaient inlassablement, dans cette jungle qui avale la vie et la mort, les traces de leurs chers disparus et ne parvenaient pas à faire leur deuil. Il passe aujourd'hui à la fiction et c'est une autre bouleversante aventure qu'il est allé tourner en Afrique.
Car ce sont bien des aventuriers, des aventuriers en quête d'un futur meilleur pour eux et leurs proches restés au pays, qui affrontent aujourd'hui les rudesses du Sahara, les flots qui engloutissent les pirogues de fortune, qui essaient de franchir les murs infranchissables de notre Europe, les murs de barbelés de l'enclave espagnole de Mellila. Hope et Léonard sont de ceux là. Rien ne devait les faire se rencontrer : il est camerounais, elle est nigériane et, sur la route de l'exil, communautés ethniques et religions ne se mélangent pas, même si tous se retrouvent entassés dans le même camion brinqueballant, soumis au bon vouloir de passeurs cupides. Mais quand Hope, après avoir été abusée par des policiers algériens, est laissée pour morte, l'humanité de Léonard le pousse à sauver la jeune fille. Et pourtant cela ne l'enchante guère, car la malheureuse va inévitablement ralentir son voyage vers l'Europe et aussi contribuer à grignoter son maigre pécule… Entre eux, il n'est donc pas question d'amitié, encore moins d'amour, mais de donnant-donnant. Car la migration est un marathon pour la survie et le chemin est long, long, long jusqu'à l'Espagne…

Boris Lojkine concilie parfaitement un récit haletant, avec moult rebondissements, et une description aussi lucide que terrible d'un monde qu'on voit peu dans les films mettant en scène les immigrants. Il montre bien notamment leur vie dans les villes étapes d'Algérie ou du Maroc : on découvre ces ghettos organisés par nationalité (le ghetto camerounais, le ghetto nigérian, le ghetto guinéen…) sur lesquels règnent des « chairmen », souvent des petits mafieux qui pratiquent l'extorsion et utilisent les quelques femmes comme des objets marchandables à merci. L'homme est un loup pour l'homme si on l'avait oublié, et de la période de l'esclavage à aujourd'hui, la souffrance du peuple noir est largement nourrie par la complicité de certains Africains qui profitent de la détresse de leurs frères de sang. Mais heureusement le sursaut d'humanité de certains autres permet à la solidarité et à l'amour de reprendre le dessus et nous dit de ne pas perdre tout espoir.

Emaillé de moments cruels mais aussi de moments très beaux, comme ces échanges sur la colline qui surplombe Melilla avant que chacun ne tente sa chance à l'assaut des barbelés, le film de Boris Lojkine est profondément authentique, grâce en particulier à ses acteurs non professionnels, qui ont connu eux-mêmes les souffrances de leurs personnages, qui peuvent aussi être d'anciens petits truands comme celui qui incarne l'inquiétant chairman nigérian. D'ailleurs il n'y a pas de miracle au bout de l'aventure humaine et cinématographique : si le sort des deux remarquables Justin Wang et Endurance Newton s'est amélioré grâce au film, ils demeurent néanmoins des migrants espérant un avenir meilleur. (Utopia)

CGR Eldorado : mercredi 11 : 14h et 20h30- jeudi 12 : 18h15 - vendredi 13 et mardi 17 : 20h30 - samedi 14 : 14h - dimanche 15 : 16h15 - lundi 16 : 14h et 18h15





Le Prix à payer
LE PRIX À PAYERRéalisé par Harold CROOKS
Canada - 2014 - 1h33mn - VOSTF
Documentaire écrit par Harold Crooks et Brigitte Alepin, d'après son livre

En ces temps de tourments économiques et sociaux qui, dans le monde entier, affectent brutalement les plus fragiles, voici un film salutaire et pédagogique qu'il faut montrer* à toutes celles et ceux qui sont persuadés de ne rien entraver à la complexité des règles économiques que nous subissons, sans avoir le plus souvent les outils pour les décrypter et encore moins les armes pour les combattre. Un film passionnant, antidote à la fatalité pour celles et ceux qui se résigne à croire que les inégalités et l'austérité sont les conséquences inévitables de la crise. Le documentariste Harold Crooks est parti enquêter, de la City de Londres jusqu'aux îles anglo-normande ou des Caraïbes en passant par le Luxembourg, sur les paradis fiscaux et sur les nouvelles pratiques des grandes firmes internationales pour échapper à tout impôt dans les états où elles génèrent leurs profits.

Harold Crook n'est pas un perdreau de l'année question journalisme et cinéma d'investigation. Bhopal en quête de justice, film qu'il a produit pour la télé canadienne, montrait le rôle criminel de l'industrie chimique dans une des plus terribles catastrophes industrielles et écologiques de l'histoire, qui provoqua plusieurs centaines de morts et des milliers de contaminations, à l'origine de malformations génétiques sur plusieurs générations. The Corporation, dont il a écrit le commentaire, montrait les ambitions dévorantes des multinationales… On voit que notre homme ne fait pas de cadeaux au capitalisme triomphant…
On ne pourra pas pour autant accuser ce film d'être un pensum gauchisant nourri exclusivement d'intervenants anticapitalistes notoires. A côté des militants de la transparence financière et d'économistes médiatiques comme Thomas Piketty, Harold Crooks a interrogé des représentants de la très officielle OCDE mais aussi retrouvé de nombreux acteurs plus ou moins repentis de la bulle financière des paradis fiscaux. Banquiers des îles Caïman et ancien vice-président de Goldman Sachs déballent ainsi de manière assez stupéfiante les petites combines fiscales des multinationales. Le documentaire revient aux origines, quand la City of London, Etat dans l'Etat au cœur du Grand Empire Britannique, créait aux lendemains de la guerre ces petits paradis offshore où les fortunes de leurs clients pouvaient s'exempter de l'impôt : Caïmans, Jersey, Iles Vierges… Mais c'est bien aujourd'hui que se déploient sans vergogne les grandes combines des géants comme Amazon, Apple ou Google pour externaliser leurs profits (tous les profits européens d'Amazon sont par exemple centralisés au Luxembourg), et ainsi échapper aux impôts nationaux : leurs basses manœuvres intéressent au plus haut point les commissions parlementaires britanniques ou américaines dont les auditions édifiantes émaillent le film de manière quasi cocasse.

Mais au-delà de l'aspect presque risible de l'arrogance affichée par les représentants de ces entreprises pratiquant l'évitement fiscal, c'est un drame économique et social qui se joue. Ce sont plusieurs millions d'euros ou de dollars qui manquent aux Etats nations, qui auraient dû être légitimement perçus, qui ne sont donc pas redistribués dans le cadre des politiques sociales, justifiant ainsi les cures d'austérité imposées aux différents états, entretenant par conséquent les inégalités croissantes. On est effaré au passage par l'incapacité des fiscalités nationales, archaïques et inopérantes faute de coopération internationale réellement efficace, à maitriser des flux financiers qui ne prennent plus que quelques secondes. Pourtant, comme le soulignent certains intervenants, les remèdes sont connus : harmonisation des politiques fiscales à l'échelle européenne, taxes même symboliques sur les transactions financières… Des mesures a minima, immédiatement décidables, afin que la démocratie cesse enfin d'être bafouée par certains acteurs du marché et que les Etats regagnent ce que l'on appelle à juste titre leur « richesse manquante », ou plutôt celle de tous.

CGR Eldorado : mercredi 11, vendredi 13 et mardi 17 : 20h30 -jeudi 12 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 14h - dimanche 15 : 16h




Coming Home
COMING HOMERéalisé par ZHANG YIMOU
Chine - 2014 - 1h50 - VOSTF
avec Gong Li, Chen Daoming, Zhang Huiwen, Guo Tao... Scénario de Zou Jingzhi, d'après le roman Le Criminel Lu Yanshi, de Yan Geling.
Festival de Cannes 2014 : Grand Prix « Un certain regard »


On ne va pas s'en cacher, on n'attendait plus grand chose de Zhang Yimou, cinéaste chinois qu'on avait pourtant beaucoup aimé à ses débuts (Le Sorgho rouge, Ju Dou, Epouses et concubines, Vivre !). Mais il s'était depuis lancé dans la réalisation de super-productions historico-héroïques pour le moins indigestes, avant de se déconsidérer en acceptant servilement de coordonner la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, pour la plus grande gloire du gouvernement chinois…
On est donc heureux et très agréablement surpris de le voir revenir, avec ce Coming home, à cette veine du drame social qui était si belle dans Qiu Ju, une femme chinoise (1992), dans lequel Gong Li incarnait une paysanne obstinée, bien décidée à défendre l'honneur bafoué de son mari devant les tribunaux compétents de la ville.

L'action se situe ici pendant et après la Révolution culturelle. Feng Wanyu vit modestement de la couture et élève sa fille Dan Dan, brillante jeune danseuse qui espère vivement décrocher le rôle titre d'une comédie musicale révolutionnaire. On comprend vite que le mari et père, Lu Yanshi, est un de ces nombreux intellectuels emprisonnés par le régime pour déviationnisme petit bourgeois. Il va d'ailleurs réussir à s'échapper de son camp d'internement, ce qui va faire basculer la vie de la famille, avant d'être rattrapé.
Plusieurs années après sa libération et sa réhabilitation, la fin de la Révolution culturelle ne va pas pour autant être synonyme de bonheur et de renouveau pour la famille : Feng Wanyu semble totalement amnésique et ne reconnait pas son mari, s'obstinant chaque mois à aller à l'arrivée des trains attendre son retour alors qu'il est rentré depuis longtemps et qu'il vit tout à côté de chez elle…

Très beau récit sur l'amour brisé par les soubresauts de l'Histoire, Coming home est un film sans concessions sur les conséquences tragiques de la Révolution culturelle, période de tous les aveuglements, de toutes les paranoias qui brisèrent des familles entières, les enfants dénonçant leurs parents, vivant des années plus tard dans le secret et la culpabilité. Quelques scènes terribles sont symptomatiques : quand Lu Yanshi en fuite attend désespérément que sa famille lui ouvre la porte, ou quand la jeune Dan Dan est furieuse du retour de ce père qui risque de compromettre sa prometteuse carrière de danseuse… Mais en contrepoint, on est bouleversé par le repentir de la jeune fille ou l'abnégation de ce mari qui reste, année après année, voisin de sa femme qui ne le reconnaît plus, tentant de gagner son affection par des subterfuges. Et Zhang Yimou retrouve, comme dans ses meilleurs films, une élégance de mise en scène, une maîtrise de chaque plan, un souci du détail qui magnifient cette chronique déchirante.
Ironie de l'histoire pour Zhang Yimou, longtemps considéré comme cinéaste officiel du régime – et parallèle imprévu avec le sort de Dan Dan dans le film, recalée pour cause de père dissident – : malgré sa sélection au Festival de Cannes et son succès au box-office chinois, Coming home s'est vu écarté de la sélection aux Oscars, la Chine lui préférant pour la représenter le très tiède film franco-chinois Le Promeneur d'oiseau de Philippe Muyl. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un des coproducteurs de Coming home est tombé en disgrâce politique et se retrouve menacé de poursuites judiciaires. Comme quoi les démons de la Chine dénoncés par le film ont encore de beaux jours sombres devant eux…

CGR Eldorado : mercredi 11 : 13h45 - jeudi 12 et dimanche 15 : 20h30 - vendredi 13 : 14h - samedi 14, mardi 17 : 18h15- lundi 16 : 16h




Imitation Game
Imitation gameRéalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...

A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant. 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Premier constat : Imitation Game est un film calibré pour la course aux Oscars. Hollywood aime les biopics, les vies douloureuses, les destins exceptionnels, d’autant plus quand l’intimité d’un homme se mêle à la grande Histoire. On pense à Harvey Milk, au Discours d’un roi, à Lincoln, qui ont tous trois valus une statuette à leur acteur principal.
Aucun doute, Benedict Cumberbatch a de très bonnes chances de leur succéder, d’autant plus que son interprétation d’un génie profondément solitaire et mal dans sa peau est vraiment étonnante, donnant à la narration sophistiquée d’Imitation Game de troublantes nuances d’humanité.
Morten Tyldum décide de nous présenter la vie d’Alan Turing, dont les travaux servirent de fondements à l’informatique, sous la forme d’un mystérieux casse-tête, avec la volonté d’imprégner son film de l’esprit de son héros. En tant que narrateur principal, celui-ci nous raconte son histoire comme une énigme, comme s’il essayait de partager avec nous sa passion pour la résolution de problèmes inextricables.

CGR Eldorado : mercredi 11 : 16h - jeudi 12 : 20h30 - samedi 14 et lundi 16 : 18h15 - dimanche 15 : 13h45 - mardi 17 : 14h




Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall

Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n’a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu’elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n’est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu’ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c’est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…

C’est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu’on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s’être fait rappeler à l’ordre comme de mauvais garnements qui n’ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l’Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n’a pour tout bouclier qu’une frêle lueur d’espoir contre l’obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l’injustice que rendent ses tribunaux. C’est peu et pourtant… C’est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d’un courage collectif à reconquérir. C’est cet espoir qui permet nombre d’actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s’est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d’une technologie qui n’arrive pas jusque-là… C’est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C’est beau, très beau, d’une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l’allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c’est l’humour – il fallait l’oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration.

C’est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…

CGR Eldorado : mercredi 11 : 16h -jeudi 12 : 14h - vendredi 13, dimanche 15 et mardi 17 : 18h15 - samedi 14 et lundi 16 : 20h30




Whiplash
WHIPLASHRéalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville


« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle

Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire. C'est un film sur l'effort forcené d'un féru pour affûter la finesse de ses frappes sur les fûts, la répétition des roulements, la précision de leur déroulement, du plus lent au plus rapide et du plus rapide au plus lent. Et c'est au rythme trépidant d'un récit mené tambour battant que se bâtit l'itinéraire de ce débutant se battant pour abattre les obstacles l'empêchant d'être un batteur épatant.

Andrew est un apprenti batteur qui trime plus qu'il ne frime, passant souvent ses soirées en solitaire, perfectionnant son swing dans le sous-sol insonorisé du prestigieux conservatoire de jazz où il vient d'être accepté. Sans compromis ni demi-mesure, il a l'ambition démesurée de se mesurer aux meilleurs. Il s'acharne et s'accroche, s'échine sur des noires, croches, double-croches, répétant ses enchaînements jusqu'à en chasser la moindre anicroche. Et c'est justement lors de l'une de ces répétitions qu'il attire l'attention du professeur star de l'institution, celui pour lequel il a décidé son inscription mais face auquel il se laisse gagner par la tension, échouant de ce fait à cette première évaluation. À défaut d'avoir marqué des points, Andrew s'est tout de même fait remarquer, et quand le batteur de l'orchestre dudit professeur est débarqué, le voilà donc embarqué dans l'orchestre des cracks parmi les cracks, partagé entre la peur de craquer et l'espoir d'avoir enfin l'occasion de se démarquer. Sous la férule de Terence Fletcher, professeur féroce et terrifiant, fouillant au plus profond de ses fidèles la frénésie qui leur fera franchir leurs frontières physiques et psychiques, le néophyte Andrew devra faire fi de la fatigue et de la souffrance pour intensifier ses frappes et affiner son jeu. Car s'il découvre l'excitation et l'exaltation de s'exercer au sein d'un orchestre d'exception, il explore aussi les excès et les vexations exigés par la recherche exacerbée de l'excellence. Fletcher le pousse jusqu'à l'impasse, le tire jusqu'à la rupture, passant comme dans un tour de passe-passe de la confiance aux pires injures. Il est le maestro qui donne le la, Andrew le disciple cloué au sol. Mais l'envie de l'élève est si vive de devenir virtuose que les énervements et les revirements avivent sa volonté plutôt que de l'en dévier. Les regards désapprobateurs deviendront son moteur, Andrew vise comme bonheur d'être un grand batteur, à la bonne heure, il fera ce qu'il faut pour être à la hauteur.

Whiplash est un film qui file vite et frappe fort, une chronique unique des accrocs iniques entre un jeune loup ambitieux et un vieil ours odieux – les deux acteurs, le débutant comme le plus vieux, sont fabuleux. Il relate à un rythme haletant la réalité d'une relation complexe et extrême, accordant ses caméras à la cadence infernale d'un solo de batterie, sans temps mort ni répit, jusqu'au final en point d'orgue résonnant comme un énorme coup de cymbale après un morceau particulièrement enlevé et exceptionnel… whi… PLASH !

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